05/09/2008
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Activités étrangères au Grand Kah - Page 3

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17 juillet 2008 - Une dissidence kah-tanaise pourrait se former, après l’étiolement de l’unité nationale et l’usure de guerre des opinions publiques.


Militants pacifistes d'un groupuscule apolitique kah-tanais
Reprenant la couleur rouge du drapeau kah-tanais gisant comme une tâche de sang sur le monde, un groupuscule apolitique kah-tanais exprime sa désapprobation la plus profonde, eu égard à la politique étrangère conduite jusqu'ici par les autorités confédérales de Lac-Rouge.

Dans plusieurs vidéos en ligne, un groupe de militants pacifistes promet la pacification du Grand Kah, se jurant de faire “la guerre à la guerre”. C'est sur cette accroche pour le moins incongrue, que la formalisation d'une opposition citoyenne à l'action gouvernementale kah-tanaise s'est faite. Une action jusqu'ici anecdotique mais qui de l'avis de plusieurs experts, pourrait être la graine d'un arbre destiné à fournir l'abondance et l'accalmie auxquelles certains citoyens kah-tanais aspirent de plus en plus.

Par son bellicisme exacerbé, le Grand Kah pourrait voir naître des mouvements pacifistes d’ampleur sur son territoire, avec des cellules autonomes de saboteurs et des dissidences susceptibles d’ébranler les fondations du régime. “Il se jurait d’être l’agressé mais les faits traduisent le contraire, le Grand Kah est bien de toutes les sorties militaires” une rime qui fait aujourd’hui l’artère fémorale des paroles du refrain de la première chanson de Peter Heng, un chanteur amateur kah-tanais mais déjà bien engagé, qui dédie ses textes à la dénonciation des différentes opérations militaires de son gouvernement, lui qui se décrit lui-même comme un orphelin de celle-ci, après avoir perdu son père dans les Brigades Solaires, des milices mercenaires largement employées par les autorités de Lac-Rouge, pour faire le ménage en opérations étrangères.

Son père mort au profit des élites kah-tanaises, Peter Heng s’est depuis juré de vivre dans l’intérêt du plus grand nombre, multipliant les chansons aux paroles amères, et dirigées contre un gouvernement qui a selon lui saigné le pays à blanc. Pour le jeune homme, qui ne se contente pas que d’écrire des chansons, l’engagement destructeur des autorités kah-tanaises sur la scène internationale prive durablement son peuple des bienfaits d’une coopération intelligente et harmonieuse avec les principaux pôles d’activités économiques et culturels mondiaux.
En plus d’écrire ses chansons, le jeune homme de vingt-et-un ans compile différentes informations sur l’actualité internationale impliquant le gouvernement kah-tanais, étayant les cas où l’autorité politique kah-tanaise, et même parfois l’armée kah-tanaise elle-même, se sont engagées contre des populations ainsi que des états souverains.
Il est revenu, pour nous, sur le résultat de ses travaux.

Izcalie et les territoires autonomes de cobaricie, premier semestre 2007.
Lors de ses opérations militaires, le Grand Kah ne s’encombre pas des pots cassés durant le trajet. Une image toute désignée par les commentateurs télévisés alguarenos, pour rappeler le cheminement exact des forces kah-tanaises qui, non contentes d'envahir le Pontarbello, ont également envahi l’Izcalie et les régions autonomes directement limitrophes au Pontarbello. Les forces armées kah-tanaises des Brigades Solaires, en l’absence d’un quelconque accès militaire, d’une quelconque autorisation de déplacement émise par les pays traversés, ont pénétré plusieurs territoires et états souverains, à l’instar de l’Izcalie et des autres régions sud-aleuciennes limitrophes. Une véritable déclaration de guerre, quand l’on sait que plusieurs milliers de soldats armés et un demi-millier de véhicules de combat, ont sillonné ces territoires.

“Si nous n’avions pas écrasé sous le poids du nombre les forces de défense territoriales des nations visitées, nous serions allés au devant d’une guerre avec ces états (sic l’Izcalie et les régions limitrophes). Car quel état accepterait impunément la traversée de son territoire, par une force militaire étrangère surarmée, profitant du transit par ce pays pour aller en attaquer un autre?” Commente un intervenant kah-tanais de notre radio. “Autoriser cela eût été un mauvais choix politique pour le gouvernement du pays traversé, subissant l’engagement de facto en guerre contre le Pontarbello, par une cobelligérance honteuse née de ce fret militaire parcourant son pays…”

Réussite militaire et échec politique, les manœuvres militaires kah-tanaises en territoires izcales et autonomes des régions limitrophes au Pontarbello sont un recul durable, pour la concorde régionale entre le Grand Kah et les autres États limitrophes. Un premier coup de canife uniquement, nous assure le jeune homme, développant brièvement les autres états régionaux impactés par la politique meurtrière et belliqueuse du gouvernement Kah-tanais.

Pontarbello, premier semestre 2007
Sept-mille trois cents miliciens des Brigades Solaires kah-tanais, affiliés, formés et financés par le gouvernement de Lac-Rouge, pénètrent au Pontarbello, profitant des affrontements entre le gouvernement listonien et des indépendantistes pour installer un état fantoche fertilisé du sang de nombreux kah-tanais et pontarbellois.

Le père de Peter Heng, Maiku Heng, était en effet un ouvrier agricole de métier, avant de tout perdre après s’être mis à son compte comme fermier. Les Brigades Solaires, sous le financement étatique du Grand Kah, offrait alors une rémunération attractive pour qui s’y engageait, l’argent prenant le pas sur les considérations idéologiques. Le Grand Kah, qui n’est pas un pays excessivement riche ou à la richesse équitablement redistribué, pouvait jouer de cette misère humaine perpétuelle pour remplir les rangs de ces bataillons en marge de l’armée gouvernementale et vouée à en être la chair à canon là où un engagement de l’armée kah-tanaise était trop risqué, à la fois sur les plans militaires et politiques.

En s’engageant au Pontarbello, le Grand Kah nourrit l’ambition de reformer l’identité politique du pays à son image, occultant du revers de la main les forces impériales listoniennes, ex-entité colonisatrice, ainsi que les indépendantistes pontarbellois. Les spécialistes s’acharnent en effet à le rappeler, mais lorsque les Brigades Solaires kah-tanaises se sont engagées au Pontarbello, il n’existait aucune alliance défensive militaire entre le Grand Kah et l’Empire listonien, de même qu’il n’existait aucun accès militaire entre le Grand Kah et l’Izcalie lorsque les Brigades Solaires ont emprunté le territoire izcale pour envahir le Pontarbello.

Un acte de guerre manifeste, autant dirigé contre les indépendantistes pontarbellois que les forces impériales listoniennes. “Les Brigades Solaires kah-tanaises se sont imposées dans un territoire étranger et souverain, en dépit de toute alliance ou morale les y obligeant, une démonstration de plus des décisions destructrices défendues par le pouvoir basé à Lac-Rouge.
Ces interventions en territoire étranger, pour rétablir la démocratie, auraient toutefois pu constituer une initiative portée par le soutien populaire, si celle-ci s’était couronnée de succès et qu’elle n’avait pas entraîné la guerre avec la première puissance mondiale qu’est la Fédération d’Alguarena.

Espace aérien alguareno, février 2007
Effectivement, bien qu’ayant déjà entretenu différentes actions hostiles, pour ne pas dire différentes actions de guerre contre les états régionaux limitrophes, le Grand Kah s’est aussi payé le luxe d’une entrée en guerre contre la Fédération d’Alguarena, première puissance économique et militaire mondiale, ainsi que pôle de rayonnement culturel limitrophe de premier plan. Par le déploiement d’environ une soixantaine d’aéronefs armés et en formation de combat, au sein de l’espace aérien alguareno, le Grand Kah a émis un énième acte de guerre, soldé par l’une de ses plus grandes défaites militaires avec le Pontarbello, tant le ratio des appareils perdus et abattus est doté d’un écart important. Ce jour-là, la moitié des appareils kah-tanais engagés seront abattus, soit une trentaine d’entre eux là où la Fédération d’Alguarena en perdra uniquement sept…

Les pacifistes sont vent debout contre cette initiative militaire gratuite en territoire étranger et souverain, mais les nationalistes kah-tanais pourraient également l’être, considérant l’humiliation politique et militaire de dimension internationale, à jamais associée à cette manoeuvre militaire face à la Fédération d’Alguarena.

“Agresser militairement la Fédération d’Alguarena peut révolter une bonne moitié de la population kah-tanaise, les plus pacifistes d’entre nous, mais alors perdre face à elle autant d’éléments révoltera l’autre moitié” résume le jeune homme. “Quand on accepte d’être un salaud fini, on ne peut pas en plus être un perdant… La coupe est pleine mais le trou jamais assez profond pour cacher les errements politiques d’une classe dirigeante, qui a dû partager son cursus scolaire entre une école militaire pour réformés psychomoteurs et des classes en écoles politiques gérées par des assistantes maternelles…”

La déclaration de guerre et la défaite essuyée face à la Fédération d’Alguarena sont des évènements clés susceptibles de fournir un point de bascule pour l’opinion publique kah-tanaise, considérant la manoeuvre hasardeuse et puis finalement malheureuse de leur gouvernement, une partie de la population kah-tanaise pourrait voir à travers cet épisode les errements d’une classe politique déconnectée et ancrée dans des rapports de force que la mondialisation grandissante impose de considérer avec plus de minutie, de hauteur…

Kodeda, décembre 2007
Si la région paltoterrane ou encore aleucienne sont l’une de celles les plus marquées par les agissements nauséabonds des autorités kah-tanaises, le continent afaréen n’est pas en reste, et l’interventionnisme kah-tanais s’y exprime aussi malgré tout. Taxé de laxisme, l’Empire listonien qui avait déjà vu plusieurs milliers de troupes kah-tanaises débarquer au Pontarbello, était de nouveau exposé à une nouvelle ingérence de ces dernières par la conduite d’opérations héliportées, dirigées vers le nord de cet état souverain. Une initiative commandée par la proximité des territoires ultramarins kah-tanais en Afarée, vestiges nostalgiques d’un Empire aujourd’hui en déshérence et l’insécurité supposée du nord-Kodeda, où les autorités listoniennes étaient taxées de négligence et d’incompétence dans la gestion du territoire.

Mahrénie, second semestre 2008
Mais la présence de provinces ultramarines kah-tanaises a bon dos, si l’on considère les autres opérations militaires kah-tanaises, cette fois dirigées en plein cœur de l’Eurysie : la Mahrénie. Sujette à la guerre civile avec la Confédération Kaulthique, la Mahrénie vogue en eaux troubles, animée par des institutions politiques contestées et contestables, que le Grand Kah est sciemment venu renverser, par la conduite d’opérations militaires aboutissant au décès de plusieurs dizaines des forces armées kah-tanaises. Le décès de combattants kah-tanais à des milliers de kilomètres de leurs domiciles et de celui d’un quelconque kah-tanais, peut sciemment ébranler les certitudes de l’opinion publique paltoterrane, qui percevrait dans cette énième sortie militaire, une manœuvre impérialiste tentaculaire au tribut humain trop important et aux incertitudes trop nombreuses, quant au devenir de la sécurité nationale.

Car en effet, en nourrissant la guerre civile kaulthique et abreuvant ses provinces de désolation et de rancœurs, le Grand Kah s'impose de nouveaux ennemis insaisissables, tournés vers l'international et un objectif commun palpable : nuire aux intérêts du Grand Kah et des kah-tanais partout où ils se trouvent. Dans un pays morcelé comme celui-ci, partagé entre les enjeux de différents continents, il n'est pas dit que les citoyens kah-tanais des différents régions du monde se satisfassent de l'évolution tragique du ressentiment nourri à leur encontre, par des entités politiques abstraites dont ils ne savent rien, à l'instar de l'Ordre rosique.

En multipliant les opérations militaires à l’étranger, en intervenant arme au poing contre des factions et groupuscules divers, le Grand Kah pousse à la clandestinité, à la nomadisation, des combattants émérites et maintenant dotés d’une lourde aversion pour les Communes originaires de Paltoterra.

En définitive, machine de guerre ou fabrique d’ennemis pour la nation, la politique étrangère kah-tanaise n’en finit plus de décevoir et d'entamer les rêves d'une partie de sa population. Une situation décadente et périlleuse, qui ouvre le champ du possible à l’intérieur même du territoire, où certains parmi la population kah-tanaise peuvent légitimement aspirer à une meilleure représentativité à l’international, une meilleure réputation, un meilleur modèle, nourrit par des idéaux nouveaux et universels, radicalement opposés à ceux défendus par la politique étrangère actuelle. Ceci, avec l'intime conviction, de pouvoir faire s'éloigner, si ce n'est disparaître, la trajectoire de la guerre totale imposée par une élite viciée, en prise avec différentes nations et factions armées, cultivant la guerre aussi surement qu'on cultive le céréale en été…
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LE GRAND KAH, UNE MENACE LATENTE POUR LA STABILITÉ DU CONTINENT ALEUCIEN ET PALTOTERRAN ?



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tonightshow


"Bienvenue, Welcome, and Velkommen dans le "Tonight Late Show" présenté par votre humble serviteur Waldermar Silfgùrsøn. Ce soir je reçois un spécialiste des relations internationales, ancien diplomate à l'O.N.C et attaché à l'ambassade lofotène d'Axis Mundi, monsieur Gunnar Dewitt-Parker . Tout d'abord, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Notre débat d'aujourd'hui porte sur la troisième puissance mondiale, qui décidément fait encore et toujours parler d'elle, succédant aux opérations impérialistes pharoises en Eurysie, et que dire de la tentative désastreuse d'invasion du Prodnov par l'Union Albienne, sommes-nous encore une fois à l'aune d'une nouvelle crise qui met en jeu les puissances communistes partout où elles se trouvent ?
Alors ma question est toute simple pour nos téléspectateurs : le Grand Kah va t il lui aussi mener sa propre guerre à l'instar de ce qui s'est passé en Eurysie ?"

"Pas du tout, je pense qu'il est essentiel pour nos téléspectateurs de bien dissocier le régime des Communes du Grand Kah et de ce qui se passe en Eurysie du Nord. Il s'agit d'un pays complexe qu'il serait bien difficile et mal venu de simplement qualifier de régime communiste. Tout d'abord, ce ne sont pas des communistes au sens où nous l'entendons, mais des communalistes."

"N'est-ce pas là une simple affaire de sémantique ? On sait tous fort bien que le terme communisme est péjoratif et peu reluisant. Hop je change deux petites lettres dans le mot et tout le monde croira que communalisme et communisme sont deux choses différentes ? N'est-ce pas là simple affaire de propagande et marketing politique comme les dictatures socialistes savent y faire ? "

"Et bien il y a surement un peu de cela en effet, mais cela serait bien trop réducteur. Il est vrai et vous avez mis le doigt sur un biais cognitif, que le mot communisme est entaché de sang et associé à la barbarie et à des images de violence et de répression sanglante. Prodnov, Kronos, Loduarie, autant de régimes qui sont passés maître dans l'art de violenter et d'opprimer leurs peuples respectifs, toutefois rien de tout cela n'a été observé au sein du Grand Kah. Contrairement aux idées reçues, ils ne sont totalement pas hermétiques au principe du libéralisme, ils n'en comprennent tout simplement pas le sens, faisant régulièrement la confusion avec le capitalisme débridé, tel que l'on peut l'observer dans certains pays, Carnavale par exemple, mais cela ne semble guère leur poser de problème de conscience, car le communisme est tout simplement du capitalisme d'état.

Lorsque vous privez la population de la propriété de ses outils de travail, appelons cela le capital et que vous le confiez à une entité qui en a le monopôle exclusif et qui est prêt à tout pour le garder, cela s'appelle du capitalisme. Lorsque cette entité n'est ni plus ni moins que l'état, cela s'appelle du communisme. C'est exactement la même chose, seul la dénomination du propriétaire détenant le monopole change.

Le communalisme reprends des éléments du communisme, il ne faut pas se leurrer, et le Grand Kah n'a guère caché sa sympathie et son soutien aux pires régimes communistes de cette planète, mais cela serait simpliste. L'égalitarisme est une forme de républicanisme forcé, sans oublier la notion de collégialité, qui sont des concepts propres au Grand Kah, mais dévoyés par leur aversion pour le libéralisme économique. Par principe, tout ce qui est de gauche est bon. Même les pires atrocités commises par la Loduarie trouvent une oreille compatissante au Grand Kah. Une radicalité du raisonnement qui a conduit le Grand Kah à se ranger du mauvais côté de l'histoire. Une erreur politique, car le fascisme n'est ni de droite ni de gauche, il est anti humaniste, tout simplement, et son ennemi n'est rien d'autre que la richesse de la pensée et la créativité de l'être humain. Et les dictateurs, peu importe leur obédience idéologique, considèrent la pensée humaine comme un danger et une menace pour leur existence. Et au nom de l'idéologie, le Comité de Volonté Publique Kah Tanais est capable d'aller bien au delà de toutes les compromissions. "


interviewcnn

"Et bien je vous en prie Monsieur Dewitt-Parker, éclairez nous, sur quoi vous basez vous pour dire que le Grand Kah est différent de...de la Loduarie par exemple, je suis sûr que cela intéresse grandement les amateurs de géopolitique qui nous écoutent ? ?"

"Et bien monsieur Silfgùrsøn, je vous répondrais tout simplement que même nos entreprises ont compris qu'il était possible de commercer et d'échanger sur la base de réciprocité avec les Kah-tanais. Leur économie n'est pas fermée, et contre toute attente je peux vous certifier qu'ils ont le sens des affaires, et leur avance technologique dans beaucoup de domaines aurait de quoi faire pâlir d'envie les ingénieurs lofotènes. En outre ils ont adopté une flexibilité et une forme de souplesse du droit du travail et de la fiscalité telle qu'il est possible de l'imaginer dans les démocraties libérales modernes, permettant une fluidité de la masse laborieuse qui a induit un climat des affaires très favorable à l'établissement de nombreuses succursales et entreprises des Provinces Unies dans les enclaves et exclaves du Grand Kah. Cela exerce une forme de fascination et d'attractivité auprès de notre population. D'ailleurs, les patrons des grandes entreprises lofotènes ne s'y sont pas trompés, les plus grandes capitalisations boursières du Pembex30 sont présentes sur le sol Kah-tanais, et avec elles une très forte communauté lofotène expatriée. "



"Pourtant peut t on ce soir qualifier le Grand Kah de démocratie ?"


"Cela serait faire un raccourci fort préjudiciable, bien évidemment qu'il serait peu concevable de le qualifier comme tel, au sens de notre démocratie à nous. Les Kah tanais ont une vision bien particulière de la démocratie, celle ci est rude, peu compatissante, mais égalitaire, mais qui ne souffre pas la contrariété ou la remise en question. Pour autant peut on qualifier le gouvernement kah tanais d'oligarchie par exemple ? Nous y observons en effet une dérive autoritaire caractéristique des nations contre-révolutionnaires. La recherche et la conviction que la société civile cacherait et nourrirait des éléments dits subversifs en son sein est la base d'une forme de gouvernement qui ne conçoit pas sa survie sans exercer un minimum de contrôle mental sur sa population.
Ce principe devient la norme et le standard à suivre. De ce fait, le contrôle et l'autoritarisme impriment et infusent dans toutes les strates gouvernementales, et ne sont jamais, ou bien à de rares occasions, questionnées par la société civile.
Par exemple, la place des personnes transgenres dans la société, la moralité de la peine de mort, l'émergence du véganisme, sont autant de débats qui ont émanés et ont surgit d'associations et de communautés issus du monde civil et ont profondément influé sur le gouvernement fédéral lofotène et les lois qui en ont découlé.
Dans le Grand Kah rien de tout cela, la main mise des autorités sur la société est si prégnante qu'il est peu probable de voir ressurgir de tels mouvements de protestation et de revendication."


"Je vois, on dit les Lofotènes toujours insatisfaits et prêts à faire la guerre pour des menus végétariens à la cantine, mais c'est peut être ce qui nous différencie des nations communistes...pardon communalistes."

"Exactement ! Mais contrairement à beaucoup d'habitants des régions de Kronos, de Loduarie, ou du Reylos pour ne citer qu'eux, les citoyens Kah tanais jouissent de beaucoup de libertés individuelles et fondamentales et j'insisterais même sur l'étonnant vent de libéralisme qui souffle sur la culture, les arts, la littérature du Grand Kah, à défaut de pouvoir sortir du carcan politique et de la vieille recette révolutionnaire qui ne semble qu'exciter les vieux cadres des partis. De plus, les Kah-tanais voyagent à l'étranger, et jouissent de la liberté de mouvement, associé à une partié de pouvoir d'achat qui ne cesse de s'accroître, voilà un marché potentiel que les industries du tourisme et du divertissement tentent de s'emparer. Avez vous regardé la télévision du Grand Kah récemment ? Le nombre de publicités pour des agences de voyages ou des séjours all inclusive dans des hôtel-casinos en est indécent, c'est le mauvais côté du tout-libéral lofotène, qui semble pourtant accepté par la population kah-tanaise. Le soft power et l'impérialisme culturel lofotène est en offensive médiatique sur le Grand Kah.
Et que dire des zeppelins, nous avons ce fantastique point commun, assez rare pour être souligné, de l'usage des dirigeables, souvent décrié comme un mode de transport d'un autre temps, très apprécié et qui suscite toujours autant l'engouement partagé par nos deux nations.
Peut être avons nous plus de points communs que de différences ? En tout cas plus que nous souhaiterions l'assumer d'un point de vue politique ! "


"C'est vrai et vous avez raison de le souligner, parlons maintenant de ce coup de tonnerre dans le domaine maritime, car selon nos sources bien placés au Département d'Etat à la Défense, cela serait l'effervescence et une sources de vives inquiétudes que le Grand Kah se soit vu armé et équipé à grand frais par les chantiers navals de l'Aumérine de nombreux navires de guerre. Alors le Grand Kah vérifierai il l'adage "Qui veut la paix prépare la guerre ?" Et n'est ce pas inquiétant et paradoxal qu'un Etat membre de l'O.N.C, une organisation dont nous les Provinces-Unies sommes membres, arment un ennemi potentiel ?"

"Ennemi, comme vous y allez fort, non je vous inviterais à la mesure de vos allégations. Le Grand Kah n'est pas un ennemi. C'est certes une nation avec laquelle les divergences sont nombreuses, notamment sur le plan politique, mais d'un point de vue diplomatique, les relations sont au mieux neutres, et au pire, relativement frâiches. Concernant lAumérine, c'est un pays marchand d'armes, ils commercent, comment pourrions nous le leur reprocher ? Et nous sommes en temps de paix, ils peuvent avoir les clients qu'ils veulent, la question se poserait et de transformerait en dilemme moral si les Kah tanais et les Lofotèns étaient en conflit, ce qui, et les Dieux de l'Asgard nous en préservent, n'est pas le cas actuellement."

"Mais il ne s'agit pas d'une flotille de surveillance, frégates, destroyers, il s'agit de navires taillés et conçus poiur faire la guerre sur les mers et les océans, et après le Pontarbello que vous avez cité si justement et les tensions croissantes au Vinheimur et en Alguarena, ne craignez vous pas que tout ceci ne soit les prémices d'une guerre en Paltoterra qui couve ?"

"Pour être franc avec vous, non. D'une je vous rappelle que le territoire kah tanais est morcelé et constitué d'îles, d'ilôts, de presqu'iles, bref, c'est un état insulaire qui selon toute logique se doit de posséder une flotte pour pouvoir assurer la cohésion et la sécurité d'un tel territoire. De deux, nous parlons ici de navires de surface, je tiens à relativiser l'importance d'une telle flotte de guerre. Certes, elle dépasse notre propre marine en termede nuisance et de tonnage, mais nous avons deux atouts dans notre jeu : l'expérience, notre agence de renseignement parmi les plus efficaces au monde, et notre flotte sous marine. Notre troisième SMLE sortira bientôt de câle sèche et je vous le garantis, permettra de tenir en respect même les plus grandes flottes du monde.

"Parlons maintenant du Vinheimur et de l'Alguarena. Ces deux pays ont en effet toutes les raisons du monde d'en vouloir au Grand kah, qui a multiplié envers eux les signes manifestes d'intention clairement hostile. Devons nous sans délai nous ranger aux côtés de notre allié ?"

"Je ne suis pas Conseiller d'Etat Fédéral aux Affaires Etrangères, je ne peux pas vous le dire, toutefois, je resterais très prudent et mesuré, et j'invite le gouvernement d'en faire de même. Pourquoi ?
Parce que la Fédération des Duchés du Vinheimur est loin d'être l'Etat victime et agressé, il a fait dernièrement usage intensif d'une propagande militariste peu commune et très inquiétante, exhortant à la haine anti-kah-tanaise, et les dernières nouvelles provenant de l'intérieur du pays, par l'entremise de nombreux témoignages de ressortissants lofotènes, font état d'une tension extrême, de restrictions de certaines libertés fondamentales, et d'actes racistes fort discutables. Il n'y a place que pour un seul discours, largement diffusé, celui des nationalistes et des militaristes.

Le fait que la Fédération de l'Alguarena prenne fait et cause pour le Vinheimur, un soutien quasi instantané et sans faille, doit nous interroger et nous inviter à la modération, les deux camps semblant chercher à tout prix des excuses et des motifs supplémentaires à l'escalade verbale conflictuelle. Notre proximité culturelle avec le peuple vinois et notre alliance avec l'Alguarena feront certainement pencher la balance pour un soutien au Vinheimur. Mais tant que le Grand Kah n'a pas expressément envahit et violé l'intégrité territoriale d'un pays souverain, ligne rouge allègrement franchie par le Norstalkian et le Pharois au Prodnov, il me paraît inconcevable que les Provinces-Unies s'engagent et interviennent militairement. D'ailleurs les intérêts économiques et les investissements au Grand Kah sont bien trop importants et significatifs, je suis persuadé que les grandes entreprises lofotènes pèseront de tout leur poids dans les décisions politiques à venir en matière de diplomatie internationale



"Edifiant, et bien merci beaucoup Monsieur Gunnar Dewitt-Parker pour tous ces éclaircissements, je rappelle à nos téléspectateurs que vous êtes attaché d'ambassade à Axis Mundi ! Et c'est donc avec tristesse que je vous annonce la fin de notre emission "Tonight Late Show". C'était Waldermar Silfgùrsøn votre humble serviteur, pour Federal Network"






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10 août 2008 - La réelle nature de l’humiliation kah-tanaise n'est pas son échec militaire, mais l'empressement déployé pour aller à sa rencontre.

Caricature présentant les déboiresm ilitaires kah-tanais face à la petite armée de l'ANPL, elle-même pourtant affaiblie face aux forces loyalistes listoniennes.
Vaincues par une micronation à peine constituée, les cohortes kah-tanaises armées et préparées pour l’invasion du Pontarbello traduisent aujourd’hui le bellicisme irréfléchi d’un impérialisme paltoterran, en manque de reconnaissance sur la scène internationale.


L’erreur de la Fédération d’Alguarena ne fut pas d’avoir provoqué l’humiliation des forces armées kah-tanaies, sur terre et dans le ciel, après l’invasion d’une soixantaine d’appareils au sein de l’espace aérien alguareno. Non, elle est de ne pas avoir considéré le danger grandissant du bellicisme kah-tanais au titre qu’il s’en prenait jusqu’à présent à des états de seconde zone, en retrait de la scène mondiale. Après l’invasion du Pontarbello par les forces des brigades solaires kah-tanaises, beaucoup se sont accordés à dire que c’était un échec militaire cuisant pour le Grand Kah et les Brigades Solaires kah-tanaises, mais au fond, trop peu ont condamné, par manque d’envie ou absence d’intérêt, la manoeuvre militaire invasive qui s’est tantôt déclarée sur terre en Izcalie puis au Pontarbello, tantôt dans les airs avec l’entrée au sein de l’espace aérien alguareno d’une soixantaine d’appareils de guerre kah-tanais, décidés à faire fi du respect de la souveraineté alguarena.

Dans cette histoire, aucune souveraineté n’a été respectée, l’Empire listonien tout d’abord, gouvernant de jure de la péninsule avant l’émergence du courant indépendantiste, la souveraineté pontarbelloise construite par les indépendatiste et disputée par les Brigades Solaires kah-tanaises, la souveraineté izcalienne qui a vu débarquer l’essentiel des forces terrestres kah-tanaises pour faciliter l’invasion du Pontarbello depuis sa frontière, et enfin même alguarena, par la confrontation des deux forces aériennes dans le ciel alguareno. Le Grand Kah est passé outre l’essentiel des souverainetés acquises par ses voisins depuis maintenant plusieurs centaines d’années, quel état avant lui s’est permis pareille infamie sans être qualifié d’état voyou? Ne cherchez plus il n’y en a aucun…

“La chance des autorités kah-tanaises, c’est leur échec” résume sommairement la politologue Felicity Edminston. “Si les gens ont montré peu d’intérêt pour le cas du Pontarbello, et des effets secondaires régionaux, c’est parce que le Grand Kah s’est vautré et a manqué de crédibilité dans ses entreprises militaires…”

En effet, pour la spécialiste, il flotte au Pontarbello comme une mauvaise note de musique à l’oreille de chaque kah-tanais en transit par ce territoire. Une musique qui revient en boucle, considérant la proximité du Grand Kah et de ses deux ennemis triomphants, l’Alguarena et le Pontarbello. “C’est comme lever ses rideaux chaque matin pour redécouvrir le cimetière où l’on a enterré sa mère à côté du jardin, vous vivez avec un goût d’amertume en bouche…”

Que les kah-tanais se soient réveillés avec la gueule de bois au lendemain de la guerre d’indépendance du Pontarbello est tout à fait concevable compte tenu de l‘importance des moyens, de la survie toute relative de sa force aérienne face à celle alguarena et la capture de nombreux équipements par l’armée fédérale parmi lesquels un avion de guerre électronique et une trentaine d’avions de chasse que le Grand Kah n’aura jamais le courage de négocier.

La guerre au Pontarbello est la plus grave humiliation militaire jamais subie par le Grand Kah et cette humiliation, le Grand Kah l’inflige à son peuple pour plusieurs décennies à venir. Le transit de forces armées en Izcalie, pays neutre, pour aller envahir un territoire en guerre sans alliance militaire ou même défensive préalable, avec l‘un ou l’autre des belligérants, alimente une série de violations des règles élémentaires des droits fondamentaux de chaque état impacté. Une entreprise qui ne pouvait souffrir d’un échec et c’est malheureusement tout ce que l’armée kah-tanaise avait à offrir.

Février à juin 2007, il n’a fallu que cinq mois, aux forces résiduelles de l’Armée Nationale du Pontarbello Libre, pour contenir, repousser et annihiler les Brigades Solaires kah-tanaises. Un véritable exploit quand l’on sait que les Brigades Solaires avaient mobilisé plus de sept milles soldats entraînés et équipés d’un demi-millier de véhicules de combat, là où l’ANPL réunissait cinq cents hommes et une centaine de véhicules. Un combat titanesque dont la victoire pontarbelloise ne peut se justifier que par la détermination exceptionnelle d’une armée agressée et inscrite dans son bon droit. “A cœur vaillant rien d’impossible” ont commenté certains intervenants, se jurant que la formule se prêtait bien pour désigner une devise nationale au Pontarbello.

Le Grand Kah a imposé une guerre à grande échelle au coeur de la Paltoterra, à quelques milliers de kilomètre de sa frontière, se payant au passage le luxe de s’aliéner la Fédération d’Alguarena, première puissance mondiale, à même de renvoyer à l’âge de pierre toute l’aviation kah-tanaise en une heure de duels aériens, un hara-kiri qui ne dit pas son mot mais dont l'étymologie du terme, pourra manifestement et longtemps encore s’associer avec la culture kah-tanaise… La défaite kah-tanaise face à la petitesse pontarbelloise est une humiliation aujourd'hui encore intarissable et dont le gouvernement kah-tanais se refuse à tout commentaire, lui qui avait déjà délégué l'entièrement des démarches pour une médiation à l'Izcalie, se limitant à l'énonciation d'une déclaration plate, "de façade" visant à annoncer un souhait d'arrêter les hostilités sans jamais s'offrir les moyens de construire la paix avec ses paltoterrans et aleuciens...
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13 août 2008 - Offensif et perdant, le Grand Kah belliciste perd finalement la face et alimente une opinion publique défavorable.


Des miliciens des Brigades Solaires kah-tanaises scrutant vers la frontière pontarbelloise qu'ils s'apprêtent à envahir en février 2007.
Février 2007, les pontarbellois humilient le Grand Kah.


Début février 2007, à la frontière nord-pontarbelloise, l’incursion de plusieurs milliers de soldats kah-tanais débouchera à peine cinq mois plus tard, sur l’une des défaites majeures que l’Histoire du Grand Kah a eu à supporter. Obligées de fuir par la frontière dont elles ont conduit leurs forces invasives, les Brigades Solaires kah-tanaises vont se voir décimées, par la désertion ou les combats, face à un ennemi largement moins nombreux mais ô combien déterminé à lui faire payer le prix du sang. Cette guerre perdue par les forces kah-tanaises, consécutivement à la défaite des impériaux listoniens loyalistes face à ces mêmes pontarbellois, est aujourd’hui un rappel constant sur le fait qu’il existe des petites nations avec une valeur martiale susceptible d’ébranler les plus grandes nations de ce monde, laissant un Empire listonien et un Grand Kah mis dos à dos à la frontière pontarbelloise.

Des occupants kah-tanais qui apparaissent comme bien malvenus, après s’être déjà permis de violer l’espace territorial izcale. Intervenants au Pontarbello pour soit-disant priver ses instances gouvernantes d’un pouvoir sympathisant à l’Alguarena, les soldats kah-tanais ont finalement eux-même oubliés que leur présence constituait un impérialisme à elle-seule, plus puissant et marquée que toutes les accusations permises contre la Fédération d’Alguarena. Les Kah-tanais sont arrivés au Pontarbello en miroitant l’espoir de priver l’Alguarena d’une allégeance de la part des autorités pontarbelloises, quelle démarche amnésique que de ne pas avoir pensé que l’argument invoqué se retournerait contre eux dès les premières heures de l’invasion militaire dans le nord du pays.

Après une progression difficile à travers le territoire izcale et les régions autonomes directement limitrophes, les forces des brigades solaires kah-tanaises ont pris leurs quartiers dans le nord du Pontarbello où elles jurent à qui veut l’entendre qu’elles vont libérer le pays et qu’elles sont les amies du peuple. Mais le procédé emprunté pour pénétrer au Pontarbello, suivi des premières victoires de l’Armée Nationale du Pontarbello Libre sur le champ de bataille, ont raison de la sympathie des locaux et le ressentiment s’installe parmi les populations. L’éloignement de la population avec les forces invasives kah-tanaises profite nécessairement aux forces de l’ANPL, qui accentuent du même coup, les réussites militaires, stoppant rapidement toute progression militaire kah-tanaise dans la moitié nord du pays. Perdant le soutien populaire et l’initiative militaire, l’expédition kah-tanaise vire peu à peu au désastre, avec des défaites de plus en plus marquée, notamment à Carosinhos où la cavalerie blindé pontarbelloise parvient à tenir tête à plusieurs bataillons mécanisés et blindés ennemis.

Une réussite qui sonne le glas de l’appétit kah-tanais pour l’Aleucie, l’obligeant à concevoir une opération aérienne de grande envergure, au large des côtes alguarenas, pour espérer renverser la tendance, par la destruction depuis les airs, du fer de lance de la cavalerie blindée pontarbelloise. Mais les agissements en stricts voyous des Brigades Solaires kah-tanaises et la violation de l’espace aérien alguareno par une force aérienne de plus d’une cinquantaine d’aéronefs, ont raison de la patience alguarena qui lui oppose immédiatement ses escadrilles de défense anti-aérienne. Avec le concours des systèmes de la défense antiaérienne côtiers et la DCA intégrée aux forces maritimes fédérales, la débâcle kah-tanaise est totale, dégraissant de moitié ses escadrilles engagées, détruites par des menaces aériennes, navales et terrestres présentées de façon simultanée… Une poignée seulement de ces appareils atteindront la côte pontarbelloise, se mettant plus en danger encore car l’aviation alguarena en alerte, aucun retour ne sera permis pour eux.

Alors même que cette opération aérienne avait vocation à se faire l’expédition punitive d’un état-major kah-tanais humilié sur le sol pontarbellois après avoir participé au déploiement de sept mille miliciens, en peine à l’encerclement et la destruction de trois compagnies pontarbelloises.

Cet article vient analyser le déroulé et les conséquences directes des opérations militaires kah-tanaises au Pontarbello, à partir des écrits fournis par les reporters de guerre et les témoignages de vétérans pontarbellois ou encore de prisonniers kah-tanais. D’autres experts, alguarenos et pontarbellois, ont affirmé à notre micro que le Grand Kah et les Brigades Solaires avaient largement les moyens humains et matériels pour prendre le Pontarbello, mais le cumul d’erreurs tactiques et l’absence totale de considération pour les états limitrophes a projeté les forces kah-tanaise dans un bourbier infâme, où toutes les retraites militaires, qu’elles soient terrestres, aériennes et maritimes, se sont rendues impossibles, compte tenu des actes intolérables perpétrés par les troupes kah-tanaises, en Izcalie et en Alguarena.
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- Vous, les Kah-tanais, êtes les victimes de l’Eurysie alors que nous, les Pharois, nous sommes juste des marginaux, c’est pour ça que vous êtes dans la révolte, et nous dans la subversion. Vous n’avez pas tué le père en quelque sorte, nous eh bien, nous faisons avec.

Et disant cela, il craqua une allumette qu’il glissa dans l’orifice de sa pipe qui se mit presque tout de suite à dégager une forte odeur musquée. Dans la crêperie, les rares clients qui avaient eu la politesse – et la patience – d’écouter jusqu’au bout le monologue du capitaine Ahti échangeaient à présent des moues circonspectes. Il devenait de plus en plus évident, à mesure que le Pharois enchaînait les verres de bière, que son discours se confondait avec des idées plus personnelles et plus décousues qui lui passaient anarchiquement par la tête à mesure qu’il tâchait de se faire comprendre, et brouillaient le message.

Plus que le contenu réel de la discussion, c’était la capacité du capitaine Ahti à enchaîner sans s’arrêter d’un sujet à l’autre, avec l’impression d'avoir une opinion sérieuse sur toutes les questions d’actualité, quand bien même quelques-unes de ses affirmations un peu trop péremptoires avaient à l’occasion fait hausser des sourcils à l’assistance. Visiblement content d’avoir trouvé un public si sympathique et prompt à l’écouter, Ahti ne s’était pas gêné pour passer du coq à l’âne tandis que la soirée avançait, et s’il avait réussi l’exploit de noyer deux clopes en essayant de fumer tout en buvant, le passage à la pipe signifiait sans doute qu’on passait aux choses sérieuses.

- Les grands empires, ouais, l’Etat même, c’est eux qui font la pluie et le beau temps faut le dire, c’est comme un père de famille un peu violent, ok tout le monde fait ce qu’il veut mais en fait c’est lui qui tient la baraque alors… soit tu te casses, hein, tu romps les ponts, soit bin, tu te débrouilles avec ce que t’as, tu fais ton petit nid malgré tout, t’essayes d’être heureux. C’est peut-être ça la clef en fin de compte, essayer d’être heureux, malgré tout, on sait bien que les révolutions sont vouées à finir dans la violence et la tyrannie, tuer le père, ouais ok, mais pourquoi ? Prendre sa place ? Ça veut dire baiser ta mère ça, hein, c’est… comment il s’appelle le type qui baisait sa mère, là ? Dans la mythologie rémienne ? Merde… enfin je dis juste, tu tues le père mais après ? Parce qu’au fond un parent – ou un mari ! – violent, ça reste la famille quoi, ça reste un être humain avec ses merdes aussi. Alors je dis pas, des fois oui, faut s’en protéger, ça ouais, ok mais tu vois… tu peux te protéger autrement, sans tout foutre en l’air, et tant pis si quand tu rentres chez toi c’est pas la toujours la joie, eh, la vie est pas toujours rose, faut juste s’amuser quand on peut, bouffer quand on peut, baiser quand on peut, construire son petit quelque chose dans les interstices, quitte à forcer, non ? j’ai pas raison ? bon…

Personne ne s’était risqué à répondre depuis quelques heures, les premiers qui s’y étaient aventuré, plaisantant poliment avec le Pharois éméché, s’étaient vues embarqués dans une conversation sans fin, où le capitaine Ahti vous fixait comme ça de ses deux yeux bruns avec une telle intensité dans le regard et tellement de conviction dans la bouche qu’on avait du mal à se détourner de lui pendant sa lancée et plus d’un avaient vu leurs crêpes refroidir dans leurs assiettes, faute de pouvoir échapper à la prise à partie du marin.

Du coup, à chaque fois que le capitaine Ahti faisait une pause, tout le monde regardait un peu ses pompes, les plus courageux hochant silencieusement la tête, près à détourner le regard des fois que le Pharois essaye de les prendre à parti. Ça ne durait heureusement jamais bien longtemps, le capitaine Ahti reprenait son monologue et tout le monde se remettait à manger et parler à voix basse.

Cette fois pourtant, une voix s’éleva d’une table près de la porte. S’était assise sur une banquette une vieille Kah-tanaise qui avait le visage tellement plissé qu’on lui aurait donné des airs de pruneaux, et un sourire très fin qui se dissimulait au milieu des rides de sa bouche.

- Une vision bien défaitiste, capitaine… ?

- Ahti ! Pour vous servir… mademoiselle.

Et en souriant, il dévoila sa dentition en or, les quelques dents d’origine qui lui restaient étaient brunies par le tabac.

Comme cela faisait un petit moment que personne n’avait rebondi sur ses paroles, le Pharois prit le temps de faire tourner sa chaise en direction de la vieille femme et s’accoudant sur la table de deux clients qui auraient sans doute aimé manger tranquilles, s’adressa à elle.

- Et à qui ai-je l’honneur ?

- Elza Pie, cher monsieur, grande amatrice de crêpe et de bonnes discussions, vous sembliez bien seul dans votre monologue, je me suis dis que je pourrai peut-être vous offrir la réplique ?

Le regard d’Ahti s’était mis à briller et en raclant les pieds sur le sol il rapprocha sa chaise de la vieille dame. Dans le restaurant, tout le monde sembla un peu soulagé, et les serveurs plus que tous les autres, ils faisaient depuis tout à l’heure beaucoup d’effort pour ménager le repas de leurs clients sans offusquer pour autant le capitaine Pharois.

- Je disais, monsieur le capitaine, que je vous trouvais bien prompt à l’abandon. Si je vous traduis, peut-être mal, mais il faudrait se résigner face à l’adversité et apprendre à vivre avec… ?

- Plutôt que s’accommoder n’est pas se résigner, voyez, on fait avec, on chaloupe, on s’arrange, c’est plus commode pour tout le monde je dis, la quête radicale du bonheur ou de l’émancipation ou je sais pas quoi d’autre, eh, ça tue plus que le tabac et on perd une vie à vouloir en arracher une meilleure.

Elza Pie hocha doucement la tête. Tous ses mouvements avaient la lenteur de son âge et à peu de chose on l’aurait dit prête à se casser en mille morceaux, pourvu qu’un courant d’air un peu violent ne souffle soudain dans le restaurant.
Par prudence, l’un des serveurs alla fermer la porte d’entrée.

- Je vois que vous jouez les grands pragmatiques, monsieur le capitaine, mais j’aurai néanmoins à vous opposer un peu de sagesse. C’est qu’un regard lucide sur le monde ne doit pas être toujours un regard privé de passion. Autorisez-vous à suivre vos rêves, monsieur le capitaine, quand bien même ceux-ci seraient vains, car c’est dans la poursuite qu’on trouve satisfaction, et la poursuite n’a pas à donner de résultats.

Le capitaine Ahti leva un sourcil, mâchonnant sa pipe en bois d’un air circonspect. Son verre de bière était vide, il ne pensa pas à en commander un nouveau.

- Eh donc ! là. Se condamner à une vie d’efforts tout en sachant qu’il n’aboutiront pas ? Est-ce là la description d’une femme réduite en esclavage par sa morale que vous appelez de la sagesse ? Merci mais non merci, jouir ici-bas, pas demain, je ne suis pas un moine soldat.

- Qui parle dont de morale, monsieur le capitaine ? Sondez-vous vous-mêmes et demandez vous si, derrière votre rudesse, il ne reste pas quelques rêves qui vous tiennent chaud ? A quoi bon la jouissance, quand on est une coquille vide ?

- Le plaisir de la vie me remplit tout entier, je n’ai pas besoin de me projeter ailleurs pour y goûter ! Le Grand Kah et ses sbires, vous vivez dans votre tête, mais l’océan, lui n’autorise pas à rêvasser.

- Je connais des Pharois qui ne diraient pas la même chose, et des Kah-tanais également…

- Et qu’en savent-ils, le nez au vent, ah, à regarder les nuages et attendre un avenir plus doux, ils en oublient qu’il y a autour d’eux un monde qui ne demande qu’à être saisi et respecté. Vous n’appréciez les choses qu’en les transformant, en vous les appropriant pour en faire la matière de vos rêves, ce faisant vous les dénaturez et ne savez les apprécier pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire étrangères et précieuses…

- Un bien mauvais procès, monsieur le capitaine, n’est-ce pas vous qui, au nom de ne rien toucher, refusez en définitive de prendre part au monde ? Il vous glisse dessus comme de l’eau et c’est tout juste si vous osez vous sécher, arguant qu'être mouillé vaut la peine d’être vécu. La vérité est que vous subissez et que si je suis esclave de ma morale, vous êtes esclave de tout le reste, car vous ne vous autorisez pas à en être l'acteur.

- J’agis d’abord pour moi, et le reste, nous verrons plus tard !

- A trop refuser les hiérarchies, vous vous refusez à penser. A trop refuser à discriminer, vous vous refusez à voir. C’est oublier monsieur le capitaine que le monde existe dans notre œil et que de fait, nous avons toute légitimité à le changer. Du moins à essayer. C’est notre mise en branle, nos actions, notre vie qui donne du sens aux choses et non pas l’inverse.

- En bran… ?

Le reste de sa phrase fut balayé par un grand souffle alors que pénétraient dans la crêperie une douzaine d’individus, hommes et femmes confondus et entrelacés, manifestement alcoolisés, qui se laissèrent tomber lourdement sur toutes les chaises et banquettes disponibles, dusse cela perturber le repas des tables qui espéraient manger tranquille.
Deux Pharoises vinrent s’asseoir de part et d‘autre de la vieille Pie et un Kah-tanais en face tandis qu’un marin prenait place à côté du capitaine qui continuait de marmonner une réponse que personne n’écoutait.

- Treize crêpes au fromage pour mes amis et moi ! lança une jeune femme « Nous avons dansé toute la soirée, il faut manger ! »

Et tout le monde cria dans la pièce, battant des mains et des pieds sur le sol ce qui fit comme trembler le restaurant dans ses fondations.

- Ah, un collègue ! s’écria un garçon à l’adresse du capitaine Ahti qui semblait partagé dans ses émotions. « Si tu es pirate, tu dois avoir des histoires. »

- Juste marchand, répondit Ahti. « Mais je discutais avec… »

Mais la petite vieille s’était éclipsée. Dommage, pensa le capitaine alors qu’on lui secouait les épaules pour lui demander un récit d’aventure. Puis il fit la moue et se tourna vers ses nouveaux compagnons. Il y aurait d’autres occasions de causer et de débattre, le Grand Kah semblait littéralement bâti de discours et d’idées. C’était sans doute ce qui expliquait cette ambiance vaporeuse, un peu poisseuse parfois, mélange de chaleur et de convictions, qui faisait coller les vêtements. Non, pensa encore Ahti, le Grand Kah est bâti de rêves, il est la réalisation imparfaite de l’imagination fébrile de petites vieilles et de petits vieux qui un jour ont été jeunes et ont rêvé. Le Pharois flotte sur un océan de problèmes, ballotté en tous sens, il sort les rames et insulte la tempête à défaut de pouvoir la vaincre. Nous louvoyons au cœur d'un maelstrom qui menace à chaque instant de nous réduire en miette. Ici, pourtant, la tempête semble n’être qu’une ennemie de plus, un obstacle sur une route de plusieurs siècles que lentement les Kah-tanais gravissent. Il faut les imaginer heureux.
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AMBASSADE DE LODUARIE AU GRAND KAH


Lettre à l'intention de l'ambassade Kah-Tanaise en Loduarie Communiste.
Camarades, le gouvernement a décidé de vous inviter le 30/08/2008 à réaliser une visite du musée de la marine militaire Loduarienne. Il s'agit d'une manière de vous remercier pour notre accord économique et pour votre intervention protectionniste dans le golfe.
Camarades, acceptez mes salutations distinguées,

Mathilde Corne, ambassadrice de la Démocratie Communiste de Loduarie au Grand-Kah
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