25/03/2005
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Activités étrangères en Albi

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Activités étrangères en Albi

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Albi. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de l'Albi, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Comme chaque année depuis maintenant presque deux siècles, à l'approche de la rentrée des classe s'était pressée sur les quais des ports du Syndikaali la foule estudiantine à destination d'Albigark, donnant partout ce même spectacle bigarré et chevelu de gamins à peine dégrossis fumants joins, causant baise et rigolant tous très fort, leurs valises à la main. Ce n'étaient pas tous les jeunes Pharois qui passaient par Äkräs le cimenté, seuls ceux dont les centres d'intérêts tournaient autour de l'art, de la philosophie et généralement tentés par une expérience civique nouvelle et dépaysante empruntaient les navettes aux couleurs caractéristiques blanches et bleues qui menaient à l'ancienne capitale du pays. La petite enclave d'Albi était en effet une anomalie en termes d'Etat dans le monde moderne : protégée par le Syndikaali, cette communauté anarchiste avait pu prospérer à l'abri de l'interventionnisme de ses puissants voisins pendant tout les XIXème et XXème siècles et ses principes autrefois balbutiants, tâtonnants, s'étaient progressivement institutionnalisés, sinon dans les textes, au moins en pratique.

Äkräs offrait à l'austère et froid Syndikaali son flamboiement, comme un phare dans les régions du Nord ou un âtre au cœur du foyer. Quasiment tous les grands artistes et intellectuels Pharois étaient un jour passés par elle, la plupart y avaient étudié et de leurs propres avoeux cette expérience avait été littéralement révolutionnaire. On sortait changé d'un passage à Albi, éveillé, pour le meilleur et pour le pire, et la tête farcie de nouvelles idées. Certains les rejetaient violemment, retournant avec mépris aux modes de vies plus traditionnels pharois, d'autres revenaient au Syndikaali pleins de projets et d'ambitions. Certains enfin, restaient, tout simplement. Le Syndikaali n'avait jamais vu la présence de l'enclave comme une concurrence, et la fuite de ses cerveaux les plus sensibles ne l'avait jamais inquiété. En fait les deux pays fonctionnaient de manière symbiotique malgré des institutions et des lois distinctes et ce n'étaient pas les plaintes de quelques minorités nationalistes orgueilleuses et dépassées qui changeraient cela. Les frontières étaient poreuses tant au niveau des citoyens que des idées et les uns comme les autres ne manquaient pas de s'enrichir mutuellement. Le Syndikaali apportait sa force de travail, son armée, ses centres scientifiques, sa nourriture, Albigark, elle produisait à la pelle les futurs membres de l’intelligentsia pharoise - bien qu'elle se défende de tout élitisme - et produisait une industrie culturelle majeure et rayonnante à l'internationale qui compensait la relative austérité artistique du Syndikaali.

Rien d'étonnant alors que le passage par "le ciment", comme se plaisaient à l'appeler les étudiants, ait bientôt fait partie intégrante de la vie politique du Syndikaali. Même si l'enclave gardait son autonomie, elle occupait ainsi une place centrale dans les préoccupations politique du pays et cette coexistence était naturellement prise en compte dans les débats. Pour la plupart des citoyens peu informés sur les subtilités institutionnelles, Albi pouvait presque passer pour une partie intégrante du territoire national quoique faisant tout de même figure d'étrangeté, réservée aux idéalistes, aux révolutionnaires, aux artistes et plus généralement à la jeunesse. Ainsi, le séjour à la cité était presque devenu une forme d'expérience initiatique pour les classes les plus éduquées de la population et un objet de méfiance et de fascination pour celles plus traditionalistes. Ces dernières ayant tendance à décliner au profit des premières sous l'influence des politiques de soutien à l'éducation, le voyage à Albigark avait fini par se démocratiser pour devenir un marqueur social, passage nécessaire pour se forger un réseau et symbole des tentions traversant la société Pharoise à l'ère de la mondialisation et du déclassement des travailleurs les moins qualifiés.

C'était également considéré comme une place de détente, dernier lieu d'encanaillement cathartique pour une génération au sortir de l'enfance, l'occasion de quitter ses parents pour rencontrer de nouvelles personnes et s'ouvrir l'esprit pendant quelques années. De fait, elle devint rapidement symboliquement une sorte de laboratoire dantesque et fantastique pour la société Pharoise dans son ensemble, préambule à ce qu'allait devenir la mer en comparaison de la terre, c'est à dire un lieu de liberté, de tous les possibles et fantasmé pour sa tolérance dépourvue de tabous à laquelle s'opposait la société plus traditionaliste Pharoise. Cet imaginaire toutefois n'était pas sans conséquences, jugée décadente et vicieuse, Albigark n'était pas un lieu où il était bien vue de s'attarder. On tolérait sans rien dire, comme un large non-dit, ce qui s'y déroulait pendant les années étudiantes, mais ceux qui choisissaient d'y faire carrière étaient ainsi jugé comme immature, indisciplinés, fantasques et idéalistes. Des traits de caractère s'opposant aux valeurs plus pragmatiquement aventureuses qui dominaient au Syndikaali.

A bien des égards, Albikark cristallisait et incarnait en un seul point géographique la plupart des problématiques actuelles et à venir qui traversaient le pays. De ce simple fait et bien que toute auréolée de splendeur et centre névralgique d'intérêts stratégiques pour la région, les relations qu'entretenait officiellement le Syndikaali avec elle faisaient toujours l'objet d'enjeux dépassant de loin les simples questions géopolitiques régionales. Il était question d'idéologie, de pragmatisme et d'utopie, et ces sujets on le sait sont pour les hommes source de bien de maux.
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