26/03/2005
06:01:42
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Fenêtre sur l'Aumérine et ses activités

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Le Manoir [1]

L’imposante limousine chargée de me ramener chez moi, venait de s’arrêter dans la cour du manoir.

- Est-ce que tout va bien Madame ? me demanda Elias, voyant ma mine déconfite.
- Oui, répondis-je d’une toute petite voix.

Employé par mon père, Elias Prince, de son patronyme complet, m’été attribué comme chauffeur particulier depuis maintenant six semaines. Jusqu’ici toujours ponctuel et prévenant à la fois, Elias était également très élégant dans ses costumes sombres et ne rechignait jamais à m’ouvrir les portes ou à porter mes valises jusque dans mes appartements…

- Madame, dois-je décharger vos affaires ?
- S’il te plaît, Elias. Merci beaucoup.

Tandis que je gravissais une à une les marches du perron, je vis Hannah, une autre de nos employés de maison travaillant ici et facilement reconnaissable à son tablier blanc noué autour de la taille. Hannah était comme toujours à son aise, c’est-à-dire pieds-nus sur le parquet ciré et entrain d’épousseter tout le mobilier du salon, son plumeau à la main.

- Bonjour Hannah ! Aurais-tu aperçu mon père dans les parages ?
- Bonjour, madame ! Votre père n’est toujours pas rentré mais il ne saurait tarder.
- Merci, Hannah.

A ce moment précis où je terminais cet échange avec Hannah, l’horloge qui trônait là au milieu du hall d’entrée et qui datait du XIXe se mit à sonner la demi-heure. Nous étions samedi et le cadran affichait déjà onze heures et demi… Ayant donc juste le temps de me changer pour le déjeuner je me hâtais d’aller vers mes appartements au premier afin d’y défaire mes valises et choisir une nouvelle tenue.

*sifflotements*

Au moment même où j’allais passer le seuil de la porte, je fus intriguée par les sifflotements qui semblaient provenir d’une autre pièce. Une petite salle de bain que j’affectionnais tout particulièrement car située pile en face de ma chambre. La porte de celle-ci était entrouverte et, rongée par la curiosité, j’entrebâillais davantage jusqu’à y voir Elias entrain de se rafraîchir le visage au-dessus du lavabo. Bien qu’il n’ait encore jamais eus à s’en servir, une arme de poing était rangée dans un étui et soigneusement dissimulée sous son aisselle gauche, de sortes qu’on ne la distingue jamais lorsque nous sortions, sauf si bien sûr Elias décidait d’ôter sa veste comme à cet instant présent...

Je ne saisissais pas encore très bien pourquoi Père avait pris toutes ces dispositions. Des gardes armés occupaient maintenant notre domaine depuis quelques mois et notre résidence était elle-aussi placée sous vidéoprotection. Ce en fait, depuis la tragique disparition de ma mère en octobre dernier alors qu’elle se rendait en Arkencheen dans le cadre d’une mission humanitaire. Mère avait en effet le cœur sur la main et consacrait son temps à de nobles causes comme celle de venir en aide aux habitants des favelas arkencanes où le trafic de drogue, véritable fléau local, tuait chaque année des centaines de personnes et laissait de nombreux orphelins livrés à eux-mêmes.

- Êtes-vous certaine que tout va bien Madame ? me lança Elias alors que je tergiversais…
- Oui Elias ! Tout va bien ! Merci de t’en soucier.
- As-tu bientôt terminé avec la salle de bain ? J’aimerais prendre une douche avant de passer à table.
- Je vous en prie Madame ! J’avais justement terminé !
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