13/11/2004
18:38:03
Index du forum Continents Aleucie Izcalie

Presse et médias d'Izcalie

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☀️ Presse et médias d'Izcalie ☀️

La presse quotidienne izcale s'articule autour de deux titres principaux :

Feuilles Brunes
Feuilles Brunes | Le média de référence nationale
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Média mainstream par excellence, les Feuilles Brunes tirent leur nom des
feuilles de tabac séchées qui étaient commercialisées avec l'Eurysie, qui ont à
leur tour donner leur couleur aux pages financières - brunes - de ce journal de
référence, peu critique du pouvoir en place et qui bénéficie des subventions étatiques.

Itztli
Itztli | La voix critique low-cost
-----------
Ce journal tire son nom du mot nahuatl qui fait référence à l'obsidienne, cette
pierre noire qui servait de pointe aux armes des peuples autochtones plusieurs
siècles durant. Cette référence est donc une analogie à la voix critique, "tranchant"
les feuilles des médias conventionnels, mais le journal, autofinancé, dispose de moyens réduits.


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Feuilles Brunes

23 mai 2004 | Agriculture productiviste à hauts rendements ou sans intrants chimiques : comment assurer une bonne santé aux Izcaliens ?


Épandage dans une bananeraie au sud d’Izcalie
Épandage dans une bananeraie au sud d’Izcalie


C’est en quelque sorte le débat entre les classiques et les modernes qui se joue et un vieux serpent de mer médiatique qui remue la classe politique depuis des décennies. La Constitution izcale dispose que chacun de ses citoyens jouit d’un droit inaliénable à une bonne santé, ce qui octroie aux Izcaliens un accès aux soins totalement gratuit. Pour parvenir à cette fin, l’Etat a très tôt misé sur une agriculture à hauts rendements, à base de produits phytosanitaires qui permettent à la fois de réduire le coût de la main-d’œuvre, rendre la terre plus fertile et lutter contre les nuisibles. Largement déployée à partir des années 1970, ce mode de production est une aubaine pour les agriculteurs qui peuvent se dégager des marges plus importantes, mais profite également à l’ensemble de la population izcalienne, luttant ainsi efficacement contre la malnutrition.

Cependant, la toxicité de ces produits fait aujourd’hui débat, après le recensement de cas de cancers autour des plantations, que ce soit chez les agriculteurs ou les riverains. Les fabricants de ces produits, souvent importés d’Arkencheen et d’Albel, nient la toxicité de leurs produits « dans le cadre d’une utilisation adéquate et respectueuse des consignes de sécurité » et mettent en évidence le fait que corrélation n’est pas causalité, autrement dit que ce n’est pas parce qu’il y a plus de cas de cancers autours des exploitations que les produits sont à mettre en cause. Les partisans du modèle productiviste assurent quant à eux qu’une population bien nourrie est à la base de tout système de santé publique et que les produits phytosanitaires sortent victorieux d’un calcul bénéfices-risques. Une agriculture sans intrants chimiques aurait pour conséquence une chute des rendements, et donc une hausse des prix des produits alimentaires et donc, une dégradation de la santé publique. Le Président Fabrice Trottier a d’ores et déjà admis que les modèles ne sont pas exclusifs et plaide pour leur « cohabitation juste et ordonnée ».
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Médias d’Iscalie
Brèves | Journaux, radio, télévision


24 mai 2004 | Un pasteur évangélique izcalien affirme que l’homosexualité donne des hallucinations, en prenant l’exemple des baleines vues par les marins pharois (Reportage télévisé)


Le Pasteur Gaudreau, qui prêche à Beau-de-Maxique, déroule fièrement l’affiche tout juste sortie de ses rotatives : on y voit des marins-pêcheurs pharois grimés en phoques, se tenant main dans la main, et regardant dans l’horizon vers une monstrueuse et effrayante baleine. « Réveillez-vous de ce cauchemar ! » peut-on lire en-dessous. Ce pasteur d’une église évangélique à l’ouest de l’Izcalie, qui propose des « thérapies de conversion » aux homosexuels, se proclame médecin en affirme qu’il y a un lien clair entre l’homosexualité et les tendances hallucinatoires, de la même manière qu’il est illusoire que « deux hommes puissent être en couple ». L’homme d’église, qui y voit une punition de Dieu, fait clairement référence à la « découverte » d’une baleine géante au large de Kotios, dans un Pharois Syndikaali aux mœurs très ouvertes sur cette question des relations homosexuelles entre marins. Cependant, aucune source scientifique n’accrédite le propos du Pasteur Gaudreau.


15 mai 2004 | À Saint-Marquise, la dauphine du président par intérim face à des candidats clivants ou inexpérimentés (Presse internationale critique)


Le 4 juin prochain se tiendra l’élection présidentielle à Saint-Marquise, convoquée suite à la démission du Président Anton Markon. Pris de court, ce sont à peine quatre candidats, mal préparés, qui se présenteront face aux électeurs mais d’ores et déjà, la dauphine du président par intérim, Isabelle Deprey, part favorite en promettant un axe de coopération entre pays d’Eleucie, auquel l’Izcalie pourra prétendre, dans la même lignée du sommet prochainement organisé entre pays paltoterriens, au Yuhanaca. Les candidats de droite, Horace Dumbor et Lynda Harald, font quant à eux campagne sous le bruit des bottes : tous deux annoncent le retour d’un service militaire obligatoire. Une gabegie financière que Lynda Harald compte financer en triplant le taux d’imposition (néanmoins très bas) en vigueur dans le pays. Une marque d’honnêteté de la part d’une femme politique, mais qui difficile à assumer en campagne électorale. Si la candidature mainstream d’Isabelle Deprey ne plait pas, les électeurs auraient pu se rabattre sur l’humoriste Valentin Angus Stanford, mais les avancées promises par le candidat hors-système restent bien timides (recul d’un an de l’âge de la majorité et allocations chômage en cas de licenciement et démission).


20 mai 2004 | Le Banairah, le pays des mosquées domestiques (Reportage radio)


Telle l’étoile sur le drapeau banairais qui semble fuir le croissant islamique, les Banairais boudent les mosquées, et ils le font avec d’autant plus de facilité qu’elles sont interdites dans l’espace public. Les habitants lui préfèrent le credo de la science et de l’ingénierie, mais la décision a été également prise au nom de la lutte contre le communautarisme. Parmi les nouveaux enjeux de la nation banairaise détaillés dans la revue Politiques et Avenir, l’historien N. Ervheh effleure la question des frustrations liées à l’impossibilité de pratiquer sa religion et de s’affirmer comme croyant, la restreignant au strict cadre privé. Mais en voulant lutter contre le communautarisme, le gouvernement n’en a-t-il pas fait son lit avec ces décisions ? Chacun, au Banairah, devient ainsi prophète en sa maison et doit interpréter des textes sacrés et polysémiques, sans l’exégèse d’un imam, sur sa table de chevet ou celle de sa cuisine. Le communautarisme trouve refuge dans ces nouvelles mosquées domestiques, sinon dans des lieux de culte clandestins sur lesquels l’Etat a encore moins d’emprise. En éloignant physiquement la religion de l’espace public, le Banairah l’a aussi éloigné du forum, de cet espace d’échanges philosophiques auquel, pourtant, l’immense majorité de la population agnostique et éduquée pourrait donner une voix critique. L’émergence des nouveaux moyens de communications, notamment Internet, risque de renforcer l’enfermement de ces populations croyantes, qui se réfugieront sur la toile et n’iront lire que ce qui va dans leur sens ou ce qui leur est intelligible, avec en embuscade des prédicateurs radicaux de l’autre côté de l’écran qui vont jouer l’intermédiaire entre le croyant et Dieu…
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Itztli

27 mai 2004 | À un an des prochaines élections parlementaires, le féroce combat des partis politiques pour se réserver les panneaux publicitaires (et en faire cadeau à des lobbies)


Affiche de campagne à Xallie
Affiche de campagne 4X3 à Xallie pour les élections de 2001, pour le compte de l'Alliance pour le Paradis


Les prochaines élections parlementaires n’auront lieu que dans un an que déjà, les grands partis politiques se lancent dans un combat crucial, celui de la visibilité. Les espaces publicitaires grand format (de type 4X3, quatre mètres sur trois) sont notamment pris d’assaut dans des grandes villes déjà fortement victimes de cette pollution visuelle. Tous les partis ne peuvent pas se permettre cette dépense, loin s’en faut : à Xallie, certains espaces sont achetés jusqu’à 50 000 ₷ la semaine, soit le prix d’achat d’un box pour voitures au cœur de la capitale. Surplombant toute la ville, il est difficile de leur échapper, l’occasion idéale pour véhiculer un message. À hauteur d’homme, on ne retrouve que les partis moins-disants, tentant d’exister tant que bien mal dans une campagne électorale déjà biaisée. Le système électoral en vigueur pour les élections parlementaires a eu pour conséquences de concentrer la campagne et les moyens des candidats dans les zones les plus densément peuplées, dans les circonscriptions les plus pourvoyeuses de députés et il est dès lors plus facile pour un petit parti politique de se présenter dans les circonscriptions où, dans le meilleur des cas, il gagnera très peu de sièges.

Cependant, si les partis achètent les espaces publicitaires aussi précocement, à un an de l’échéance, pourquoi ne voit-on malgré tout aucune affiche politique avant les six mois qui précèdent le scrutin ? Tout simplement, parce que les partis achètent bien les espaces mais les sous-louent voire les offrent à des lobbies qui en retour appuieront solidement le parti. Une forme détournée d’achat de voix qui échappe à la réglementation électorale. En 2000, un an avant l’élection, l’Alliance pour le Paradis, actuellement majoritaire au Parlement, avait ainsi céder dans la circonscription de Clairfeu ses droits d’affichage à la chaîne de grande distribution Zotolin, qui avait alors mené une campagne d’affichage tous azimuts pour promouvoir ses nouveaux magasins dans la région. Six mois plus tard, l’Alliance pour le Paradis obtient près de 48 % des voix dans la circonscription, avec des scores largement plus hauts que la moyenne dans la zone de chalandise des supermarchés de la célèbre marque au sapin. Une prouesse qui interpelle mais une pratique aujourd’hui tellement banale.
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Itztli

2 juin 2004 | Il veut vendre les têtes réduites de ses ancêtres : c’est la sienne qui est aujourd’hui mise à prix !


Miztli Colomoxca
Miztli Colomoxca, en rupture avec son ethnie d’origine, veut assurer ses arrières


Ses parents lui destinaient un avenir de chasseur-cueilleur dans la région d’Ihuicamac, fief de l’ethnie xitlalpallie dont il est originaire, il est devenu concessionnaire automobile. Miztli Colomoxca, 43 ans, n’a jamais voulu faire comme tout le monde mais il gardait jusqu’à présent des relations courtoises avec sa tribu. Il lui attribuait une partie de ses revenus, notamment pour lui permettre de subvenir aux moments les plus difficiles. Car si cette ethnie autochtone tente de perpétuer son mode de vie millénaire, elle n’a plus les conditions pour le concrétiser : l’environnement dégradé a réduit certaines zones normalement dévolues à la chasse, avec de nombreuses espèces de gibier qui se sont raréfiées, voire qui ont disparu. Miztli Colomoxca, boiteux né avec un pied bot, a toujours été vu comme un boulet pour sa communauté mais il n’avait pas gardé aucune rancune jusqu’alors et avait senti le besoin de l’aider malgré tout, par l’achat de vivres, non sans l’opposition de quelques-uns de ses anciens voisins. Les relations commencèrent à se tendre à partir de 2003 et du décès de ses parents, qui étaient pour ainsi dire son pass d’entrée dans le village xitlalpalli. L’accès lui est maintenant interdit par les caciques et il est prié de ne plus y remettre les pieds, où il sera traité comme un ennemi, donc potentiellement avec une flèche dans le cœur. Sa décision de quitter le village – où il n’était déjà pas pleinement intégré – pour tenter sa chance chez « l’étranger » izcale n’avait jamais été acceptée.

Un déchirement pour Miztli Colomoxca qui, en retour, s’est faufilé discrètement un soir d’avril 2004 pour subtiliser ce qu’il pense lui appartenir de droit : les têtes réduites de plusieurs de ses ancêtres, une bonne quinzaine au total, datant entre le XVe et le XIXe siècle, qu’il souhaite revendre. Après expertise, ces têtes peuvent se vendre au total près de 800 000 sols izcales (₷), une fortune qui le ferait devenir millionnaire, en ajoutant son patrimoine existant. Forcément, son ancienne ethnie ne l’entend pas de cette oreille, d’autant que la notion de propriété individuelle n’existe pas chez les Xitlalpallis, où toutes les ressources sont mises en commun, et chez qui ces têtes réduites revêtent un caractère symbolique éminemment important. En Izcalie, on appelle ces autochtones qui ont rompu avec leur ethnie d’origine des « dévernis », parce qu’ils n’arborent plus d’encre sur le visage. Menacés de représailles, voire de mort, ils ne bénéficient pourtant d’aucune protection de l’Etat, puisque le gouvernement tente – non sans arrière-pensée électoraliste – de calmer le jeu avec les ethnies autochtones. Du côté de Miztli Colomoxca, le divorce est consommé avec son ancienne famille, d’autant que certains en appellent à ce que sa propre tête soit réduite, dans la lignée du besoin du vengeance qui motivait ce rituel à l’origine. N’accordant pas le moindre intérêt à ce « fétichiste morbide », il entend réinvestir ce pactole, comme il l’a toujours fait depuis qu’il a quitté les Xitlalpallis.
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Feuilles Brunes

7 juin 2004 | Entre les colis arrivés par mégarde et les adolescents fêtards, l’Empire francisquien ne contrôle plus rien !


Illustration de l'étanchéité des frontières francisquiennes
Illustration de l'étanchéité des frontières francisquiennes (ou Francisquien se joignant à la fête pharoise)


Alors que les Pharois partent à la recherche de l’abominable baleine, l’Empire Latin Francisquien préfère traquer l’ado minable, érigé comme ennemi public numéro un. À l’origine de la discorde entre les deux pays, quelques jeunes qui ont fait l’erreur de leur vie de poser un instant leur zodiac sur les côtes francisquiennes. Violation directe des frontières d’un pays qui se protège de l’inconnu en se barricadant qui a conduit à une police apeurée par l’événement à recourir à des moyens disproportionnés, tuant au passage le citoyen Luukas, clope au bec. Des réactions démesurées qui en rappellent une autre puisque la Francisquie interdit également l’immigration de masse de colis échoués : une cargaison de baskets contrefaites de la marque izcalienne Monolith a bien failli causer un conflit diplomatique sérieux. Accordons à la Francisquie le bénéfice du doute, Luukas menaçait peut-être la nation d’un péril grave et immédiat et dans le feu de l’action et l’obscurité de la nuit, la police a jugé nécessaire de ne pas prendre de risque. Après tout, clope au bec et mains dans les poches, Luukas était l’incarnation de l’arrogance et de la subversivité. L’affaire aurait pu s’arrêter là mais ses deux compagnons d’infortune ont connu le même sort, quelques jours plus tard, puisqu’ils ont été pendus au sein du camp de détention dans lequel ils avaient été incarcérés. De simples touristes égarés, ils sont passés à clandestins, puis à terroristes : l’Empire Latin Francisquien adopte finalement un glissement sémantique similaire à son adversaire antifasciste, et se sent menacé par le terrorisme par le moindre papillon qui franchit les frontières, comme les antifascistes voient leur monde avec des lunettes teintées en brun.

Que faire contre l’absurdité du régime francisquien ? L’Empire Latin en a appelé à ses administrés pour tirer à vue et sans sommation sur n’importe quel étranger qui se trouverait sur le territoire impérial, faisant de fait de l’étranger, quel qu’il soit, l’ennemi. Les adolescents pendus l’ont été à cause d’un article de presse insultant l’empereur : en bref, ils sont reconnus coupable par association. Le Gouvernement izcalien a laconiquement annoncé qu’il prenait acte de cette déclaration et qu’il prendrait « les mesures nécessaires pour y répondre », arguant que le dialogue est impossible avec un régime qui ne discerne pas les actions d’un citoyen lambda de celles du pays dont il est ressortissant. Située à un carrefour stratégique au nord de l’Eurysie, la Francisquie a environ 3 500 kilomètres de côtes à protéger contre tout migrant qui fuit son pays pour jouir de la qualité de vie de la Francisquie ; tout jeune fêtard qui a à peine quelques poils au menton ; tout chien errant à trois pattes ou tout colis de baskets et ce dans un monde qui a aujourd’hui la technologie pour faire circuler rapidement personnes et marchandises. En organisant demain l’incinération en public des deux adolescents pendus, l’Empire espère envoyer comme message qu’on ne badine pas avec les frontières même lorsqu’elles sont invisibles. Mais il envoie surtout la preuve du manque total de discernement de son empereur et par conséquent, de sa faiblesse personnelle : loin d’être un chef des armées, il apparaît comme un monarque calfeutré dans sa tour d’ivoire, dans un pays lui-même barricadé. Sa faiblesse personnelle mais aussi celle de son régime tout entier qu’il espère protéger du soft power de l’étranger. Les quelques Francisquiens qui se sont joints à la fête ce soir-là l’ont fait en connaissance des règles qui leur sont rappelées à l’envi du matin au soir par l’administration. Ils ont préféré prendre le risque d’une mise à mort après une fête grandiose, plutôt que vivre sous cloche et sans festivité. En définitive, les défis qui attendent l’Empire latin francisquien dépassent de loin la simple question du contrôle des frontières. S’il veut survivre, le régime devra retrouver une crédibilité auprès du monde comme auprès de ses propres sujets.
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Feuilles Brunes

11 juin 2004 | Dans un parc d’attractions ou expédié en Afarée : le destin funeste du moulin de Jimène


Moulin de Jimène
Les amoureux ne pourront plus s’y prendre en photo.


Il tournait à Jimène depuis 1928. Conçu par des ingénieurs agronomes eurysiens, lorsque la discipline a commencé à se développer, le moulin de Jimène ne sera bientôt plus qu’un souvenir. La municipalité a en effet récemment montré son intérêt pour l’installation d’un parc d’attractions basé sur les licences yuhanac TekmaVision sur le terrain agricole de 100 hectares sur lequel il était implanté. Sa minoterie était utilisée pour fabriquer de la farine de maïs, qu’on cultivait abondamment jusqu’aux années 1980, avant un appauvrissement de la fertilité des sols, qui aujourd’hui ne permettent qu’une agriculture vivrière. À cela s’ajoutent les progrès technologiques qui ont eu raison de l’utilité du moulin de Jimène, comme bien d’autres. La dictature d’Ollin Sacxoch dans les années 1980 y a laissé quelques martyrs et quelques impacts de balle sur les parois de l’édifice, alors reconverti en avant-poste de résistants. Si TekmaPark venait à accepter l’offre izcalienne, le moulin serait dans le meilleur des cas intégré au complexe et sans doute transformé en point de restauration. Plus probablement, il sera déconstruit, au grand dam des locaux, touristes et de ceux qui y voyaient un lieu de mémoire à honorer.

Le moulin est cependant coûteux à entretenir et c’est ce poids financier dont la municipalité tente de se délester. La solution pourrait venir de l’étranger et d’un déménagement à près de 20 000 kilomètres de là, dans la République Directe de Banairah. Le moulin pourrait en effet trouver refuge sur un terrain privé à Abunaj, conformément à l’appel d’offres de la maison Tréak, une famille de mécènes enivrés par la folie des grandeurs et l’extravagance, prête à payer la déconstruction, le transport et la reconstruction à l’identique de cet édifice de plusieurs tonnes de briques et de bois. Une solution qui ravirait encore moins les Izcaliens, nombreux à venir parader à Jimène le temps d’une photo mais sans réellement contribuer à l’économie locale, mais qui en tout cas donnerait à ces riches Banairais le sentiment d’avoir fait une bonne action, en sauvant ce monument historique d’une mort certaine ou tout du mois d’une défiguration totale. Reste la troisième option : ni TekmaPark, ni les Tréak ne sont intéressés par le terrain et le monument. La municipalité se désengagerait dès lors financièrement, et procéderait in fine à sa déconstruction, pour ne pas voir le moulin transformé en lieu de squat et de consommation de psychotropes, dont leur consommation, elle, continue à faire tourner l’économie locale.
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Itztli

23 juin 2004 | Asséchés par la culture de l’avocat, ces agriculteurs devenus pirates


Pirates izcales
Anciens éleveurs, ces deux Izcales parcourent maintenant les mers


Il est six heures du matin, nous embarquons à bord d’un rafiot. Yolizoh et Nochtzi, deux anciens autochtones, nous emmènent faire du repérage. Sous le banc, à côté de la boîte de tabac – pas vraiment tenu au sec – un AKM chargé pour pallier tout imprévu. Nochtzi, qui dirige le bateau nous montre sa cicatrice large de 20 centimètres, lorsqu’il a été pris pour cible par d’autres pirates. Depuis, il s’est promis de ne plus se faire avoir. Son compagnon d’infortune, Yolizoh, qui fume cigarette sur cigarette, est moins loquace sur son passé. On apprendra simplement qu’il élevait des porcs. Tous deux étaient à vrai dire agriculteurs, près de Xoxotle mais ont dû arrêter leur activité à cause d’un assèchement de leurs sols. En cause, non loin de là, une culture d’avocatiers aux mains d’un géant de l’agroalimentaire, qui a capté toutes les ressources en eau du district. Les fruits, à destination essentiellement de l’export, en sont très consommateurs : il faut ainsi près de mille litres d’eau pour faire pousser à peine un kilogramme d’avocats. Yolizoh et Nochtzi ont d’abord rogné sur leurs propres revenus pour abreuver leur bétail, mais tandis que les cadavres d’animaux s’amoncelaient, l’eau était devenue trop chère. Après avoir abandonné leur activité, et sans réponse satisfaisante du gouvernement, les deux hommes se sont d’abord reconvertis dans des emplois salariés dans l’industrie. « Mais on voulait redevenir nos propres patrons ! » nous avoue Nochtzi.

L’ironie de l’histoire, c’est que c’est sur l’eau, cette fameuse eau, qu’ils ont trouvé une échappatoire, et des moyens de subsister. Leur nouveau métier n’a cependant rien d’illégal, puisqu’ils pillent les cargos vulnérables qui arpentent les côtes orientales de l’Izcalie. Il a fallu attendre plusieurs mois avant qu’ils n’acceptent qu’un journaliste embarque dans leur bateau et ont insisté pour être pris en photo à visage découvert. Ils s’assument comme pirates et cette nouvelle activité est en réalité un manifeste politique, un pied-de-nez adressé au gouvernement qui, de toute façon, ne déploiera ses garde-côtes pour des butins si risibles. Ils travaillent dans un groupe de cinq à six personnes de confiance, comme il en existe des dizaines sinon des centaines en Izcalie, qui se livrent une concurrence pour attaquer les meilleurs navires à leur portée. Yolizoh, toujours sans un mot, nous montre quelques photos de leur butin : des caisses de marchandises, de petits appareils électroniques ou de vêtements de marque qu’ils revendent moitié moins chers que les prix du commerce. Suffisant pour boucler le mois, parfois pour se payer un petit extra, mais généralement pour l’épargne pour leurs vieux jours, lorsqu’ils n’auront plus la force de naviguer, par des temps plus ou moins cléments, des heures durant.

La piraterie est vieille de plusieurs siècles en Izcalie, mais les méthodes ont changé, les armes et le code d’honneur aussi. Les sabres et boulets de canons ont laissé leur place à des fusils semi-automatiques, tandis qu’à bord, on a délaissé les principes de démocratie et d’élection, qui faisaient des pirates des avant-gardistes en la matière, pour adopter une hiérarchie plus entrepreneuriale : ce sont les propriétaires des navires qui décident du règlement et les pirates qui n’en sont pas satisfaits sont priés de quitter le pont. Les femmes aussi ont rejoint les équipages modernes, à partir du moment où elles savent manier un fusil ou répondre aux besoins de chair de leurs équipiers qui restent parfois plusieurs semaines en mer pour économiser le carburant. À défaut ou pour ceux qui ont des goûts différents, de jeunes hommes les remplacent dans ce rôle, comme c’est le cas au Pharois. Yolizoh et Nochtzi ne sont pas assez aguerris et sans doute déjà trop rouillés pour faire partie de ces « pirates de luxe », qui disposent de navires cinquante fois plus grands que le leur qui peuvent briser les vagues de la haute mer, là où Yolizoh et Nochtzi doivent se contenter de raser les côtes. « Ils peuvent aller plus loin en mer et assaillir les cargos en amont, plus tôt que nous. Si bien que quand les navires arrivent vers nous, on doit se contenter des objets moins intéressants qu’ils ont laissés. » commente Nochtzi. La piraterie est si intégrée dans ces eaux que les transporteurs venus d’Eurysie prévoient généralement un surplus de marchandises, pour compenser leurs pertes liées aux assauts des pirates.
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Feuilles Brunes

29 juin 2004 | À Quechalli, les fourmis espèrent les retombées du festival de cinéma


Quechalli
Le « Fourmilieu », un lieu entièrement consacré à la fourmi.


Elle est la mascotte de la candidature de Quechalli pour l’organisation du festival international de cinéma de cette année et outre les sculptures qui ornent la ville, elle a été indirectement à l’origine de sa composition sociologique actuelle. La fourmi est intimement liée à cette ville au centre de l’Izcalie, situé en contrebas du massif montagneux. Cet ancien carrefour commercial est sa région endémique et sa présence a gêné les populations les plus riches, au point de créer leur exil. Dans cette région d’Izcalie, c’est l’espèce Pogonomyrmex barbatus qui domine et elle a pu se développer des siècles durant grâce à l’activité commerciale humaine, avec les foires qui laissaient sur le sol de nombreux détritus alimentaires. Une cohabitation avec l’humain difficile car cette espèce, aussi connue sous le nom de « fourmi rouge moissonneuse », est particulièrement vorace, bien différente de sa cousine eurysienne inoffensive. Elle est connue pour sa piqûre douloureuse, provoquant démangeaisons, gonflements et rougeurs. Elle peut, dans les cas de réactions allergiques extrêmes, provoquer la mort mais de tels cas restent exceptionnels. Considérée comme une espèce invasive, elle a fait l’objet d’une lutte importante de la part des pouvoirs publics, jusqu’aux années 1990 et la reconnaissance de son rôle écologique, puisqu’elle est l’hôte de certains autres insectes (papillons, coléoptères…) et champignons ; et parce qu’elle contribue à la dispersion des graines qu’elle trouve en fourrageant dans les zones végétalisées. Sans être protégée, cette fourmi ne fait plus l’objet des campagnes d’éradication des années 1950 et 1980.

Son élévation au rang de mascotte est en quelque sorte une occasion pour la réhabiliter, mais répond aussi à des intérêts touristiques. Même si la ville ne se résume pas au culte de cet hyménoptère, il y a bien un « business de la fourmi » qui s’est développé, et qui a atteint son point d’orgue en 2000 avec l’ouverture du Fourmilieu, un espace qui lui est entièrement dédié, comprenant des activités variées pour la découvrir sous les angles, entre les colonies géantes de plusieurs mètres de long avec des tunnels visibles par les visiteurs, un parcours pour les enfants, des œuvres d’art et des expositions grand public. Tout ce pan de l’économie locale a fait pression sur la municipalité de la Quechalli, qui était parti pour un logo plus banal représentant un aigle, pour mettre la fourmi à l’honneur, avec succès. « L’infiniment petit a gagné la partie ! » s’est ainsi exclamée Rachelle Hébras, à la tête de la principale association de valorisation de l’insecte dans la région, après plusieurs années de lobbying, pour convaincre chacun des administrés. Un vrai travail de fourmi en somme…
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Feuilles Brunes

2 juillet 2004 | La chanteuse izcale Anna Laura Sandoval parmi les victimes de l’attentat à Olkan, en Althenlant


Anna Laura Sandoval
Anna Laura Sandoval effectuait une tournée eurysienne avec sa troupe


La Fédération d’Althenlant a été frappée par une importante vague d’attentats au cœur de sa capitale, Olkan. Il est 17h27 lorsque deux bombes ont explosé entre les arrêts de métro Fiktan St. et Rödelze. À son bord, la chanteuse izcale Anna Laura Sandoval, 48 ans et originaire de Clairfeu, succombe rapidement à ses blessures. Si cette chanteuse de folk est peu connue en Izcalie, elle avait son petit public en Althenlant et d’autres pays eurysiens. La saison des festivals de musique ne venait que commencer, et plusieurs représentations étaient prévues jusqu’au mois de septembre. Elle comptait d’ailleurs se produire le soir-même dans une petite salle du nord-est d’Olkan, avec d’autres musiciens, qu’elle devait rejoindre en prenant le métro. Elle n’est cependant jamais arrivée à destination : comme elle, plusieurs de personnes ont été tuées par une série d’attaques à travers le pays, mais en particulier dans le pays, et tout particulièrement dans les zones à forte population d’origine immigrée. Cet événement tragique intervient alors que le Parlement althenlantais s’apprêtait à débattre de l’extension du droit au regroupement familial, et c’est la piste d’un attentat xénophobe qui est par conséquent largement privilégiée aujourd’hui.

Issue de la communauté hispanique d’Izcalie, Anna Laura Sandoval avait tenté à partir de 1981, à l’âge de 25 ans, une carrière solo dans son pays natal. Mais plongé dans la dictature l’année suivante, l’Izcalie était peu propice aux rassemblements culturels et elle avait investi la scène arkencane, profitant d’une politique publique favorable à la culture hispanophone. Mais c’est en Eurysie qu’elle avait trouvé son public, qui a su apprécier son répertoire joyeux et ensoleillé, notamment dans les pays nordiques. Le Président de la Communauté d’Izcalie, Fabrice Trottier, a présenté ses condoléances au peuple althenlantais mais a aussi adressé quelques mots à sa compatriote qui laisse derrière elle son époux, resté en Izcalie, et leurs trois enfants.

Anna Laura Sandoval lors d'une interview en 2003.
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Itztli

4 juillet 2004 | Des voix s’élèvent pour la libération des contrebandiers arrêtés en Empire Francisquien, le président Trottier botte en touche


Stock de cigarettes saisi
Une importante cargaison de cigarettes a notamment été interceptée avant d’atteindre l’empire


Un réseau de contrebandiers a été démantelé à Dédiolas, dans l’Empire Latin Francisquien la semaine dernière. À sa tête, des pirates izcaliens qui approvisionnent cet Etat hermétique aux échanges internationaux en divers produits, notamment en tabac et petit électronique, dont une partie contrefaite. Le navire qui transportait les marchandises a été intercepté en mer par les autorités francisquiennes, avant même que les contrebandiers eussent le temps d’amarrer et d’entrer en relation avec leurs contacts sur le terrain. L’empire est assez coutumier des trafics izcaliens clandestins dans ses eaux, mais pour la première fois, les autorités ont mis la main sur une ramification d’un réseau de piraterie beaucoup plus large, qui dispose de moyens conséquents, et notamment des soldats aguerris et du matériel militaire. Les Francisquiens entretiennent peu le suspense quant au sort réservé à ces contrebandiers, qui seront certainement condamnés à mort ou même exécutés sans forme de procès. De son côté, le gouvernement de la Communauté d’Izcalie refuse d’en venir en aide à des réseaux clandestins, qui agissent en toute illégalité, avec une marchandise qui l’est tout autant, et en connaissant les risques. Le président Fabrice Trottier a ainsi refusé d’en venir en aide aux contrebandiers.

Mais des voix s’élèvent, non pas pour excuser et disculper les contrebandiers, mais pour leur faire éviter la peine capitale. Abolie en 1995, la peine de mort fait aujourd’hui l’objet d’un assez large rejet dans la société izcale, encore traumatisée par le souvenir de la dictature des années 1980. Et c’est au nom de cette abolition que des voix, au sein de l’opposition comme de la majorité parlementaire tentent de persuader le président d’agir. Mais cette décision lui incombe seul et seulement lui. Pour autant, l’Empire Latin Francisquien joue avec le feu en brandissant la menace de la peine de mort, après l’affaire des adolescents pharois. Un accord de circonstance entre les pirates izcaliens et pharois pourrait notamment été trouvé contre l’Empire si celui-ci mettait son plan à exécution, compromettant durablement la transition démocratique sur laquelle le pays communique depuis plusieurs semaines, après la chute du précédent empereur.
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Feuilles Brunes

8 juillet 2004 | Le constructeur automobile Carridea en passe d’être racheté par le géant tapiolais Minäjan


Unité de production à Xoxotle
L’unité de production de Xoxotle est la plus grande du pays.


La fin d’une aventure industrielle de près de cinquante ans. Confronté depuis la fin des années 1990 à de sérieuses difficultés financières, le constructeur automobile izcalien Carridea a annoncé, par un laconique communiqué de presse, que des négociations étaient sur le point d’aboutir entre lui et le groupe tapiolais Minäjan, dirigé depuis six ans par le jeune Sauli Passikivi, à peine vingt-quatre ans. Après un démarrage raté dans l’électroménager, le groupe Mobbois (ancien nom de Carridea) s’était tourné en 1955 vers la construction automobile, encore très balbutiante en Izcalie. Un pari fou puisqu’aucun ne pensait alors que l’automobile allait révolutionner nos villes, d’autant que Mobbois se lance sur un marché, jusqu’ici négligé : celui des automobiles bon marché, avec pour objectif de permettre à tous les ouvriers d’Izcalie de s’acheter une voiture fonctionnelle pour à peine six mois de salaire. Une opération bien rodée avec les organismes de crédit, qui s’était soldée par un franc succès jusque dans les années 1970. Reconnaissable par son logo en forme de pentagone, la voiture fait l’objet d’une production très standardisée, avec à peine trois coloris différents, une boîte à quatre vitesses, qui permettait d’atteindre au plus les 100 km/h. En 1972, près d’un salarié sur quatre de Xoxotle travaille à l’unité de production mais le vent tourne, avec l’accession d’Ollin Sacxoch au pouvoir. Conscient de la nécessité de séduire les classes populaires, le dictateur réquisitionne les usines et en confie la gestion à son cousin, Ichtaca Sacxoch, qui n’était alors qu’un propriétaire de terres agricoles. Manque d’innovation, prix trop élevés… le groupe a bien failli disparaître une première fois en 1989.

Racheté l’année suivante par le groupe de machinerie industrielle Nitroveille, Mobbois devient Carridea, afin de marquer sa rupture par rapport à son ancien propriétaire. Des investissements conséquents sont apportés à l’unité de production de Xoxotle, des robots sont d’ailleurs importés d’Arkencheen. Plusieurs innovations comme le double lecteur cassette-CD font de la Carridea une voiture technologiquement compétitive mais les ventes ne suivent pas, dans un contexte d’accroissement de la concurrence. Le montant énorme des investissements n’est pas amorti par les nouvelles ventes, et le groupe se retrouve donc avec une unité de production dernier cri mais inutilisable. Plusieurs plans sociaux sont annoncés, conduisant à la fermeture à toutes les unités de production du pays. Jusqu’ici épargnée, l’usine de Xoxotle est finalement affectée dès 1996, par la perte d’un tiers des effectifs, un licenciement collectif qui permet temporairement de sortir la tête de l’eau. Mais les années 2000 ne voient pas le succès escompté par Corridea, qui envisage le dépôt de bilan, menaçant les centaines d’emplois restants. Mais ces derniers pourraient bien conserver leur emploi grâce à… la nouvelle lune. Féru d’astrologie et guidant sa stratégie de groupe (jusqu’ici avec brio) par l’étude des astres, le Tapiolais Sauli Passikivi aurait en effet vu le signe d’un investissement rentable à Xoxotle. Au sein de l’entreprise, les salariés se gardent bien de commenter la passion de celui qui sera certainement leur nouveau patron, ils espèrent simplement de ne pas être, dans leur stratégie de groupe pour les années à venir, la cinquième roue du carrosse…
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Feuilles Brunes

18 juillet 2004 | Le cannabis izcalien à la conquête du monde


Légalisation de la consommation de cannabis à travers le monde
Légalisation de la consommation de cannabis à travers le monde
Carte en grand format


Ancré dans la culture et dans la pharmacopée izcales, le cannabis subit néanmoins, sur le marché national un reflux. La part des consommateurs réguliers dans la population adulte est en effet passée de 40 % à 33 % entre 1994 et 2004 ; une diminution qui a profité à d’autres psychotropes plus puissants, comme la sauge des divins. Pour autant, l’économie du cannabis continue à bien se porter en Izcalie mais les producteurs se tournent davantage vers l’étranger pour préparer l’avenir. En dehors de l’Izcalie, au moins cinq autres pays en ont légalisé entièrement sa consommation : le Grand Kah, l’Althenlant, Pharois Syndikaali, la Lutharovie et Pae-Motu. Les pays consommateurs ne sont donc pas nécessairement les pays producteurs et parmi les cinq susnommés, trois sont bordés par les mers nordiques, avec un climat peu propice à la culture naturelle et extensive, ou alors au prix d’intenses efforts pour la maintenir à des températures supérieures à 15°C. Si les producteurs izcales se vantent de produire de la « sativa authentique », du nom de la principale espèce qui pousse naturellement sous ces latitudes, ils doivent néanmoins faire face à la rude concurrence du Grand Kah mais aussi du Pae-Motu, qui a comme l’Izcalie une importante expérience dans la production et la consommation de psychotropes.

Parmi les pays consommateurs, les « maîtres sativiers » d’Izcalie ont dans leur viseur la Lutharovie et son immense marché de près de 100 millions d’habitants, en dépit d’une législation assez stricte (consommation autorisée en très petite quantité) que les lobbys entendent faire assouplir. Mais l’opération ne sera pas aisée : la Lutharovie est un Etat autoritaire à économie d’inspiration socialiste, qui n’admet pas la libre concurrence. Dès lors, les négociations se feront d’en haut, par l’intermédiaire du gouvernement. Le Pharois et l’Althenlant sont les deux autres cibles secondaires. À défaut, le cannabis izcale pourrait s’inviter sur les tables de l’Albel voisin, où la consommation est localement autorisée.

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Médias d’Iscalie
Brèves | Journaux, radio, télévision


17 juillet 2004 | « Il ne peut y avoir de concours Mister Monde car les hommes sont tous laids » répond une association féministe izcale à l’AFPMES (Interview radio)


Dans une interview donnée sur une radio féministe militante, Margaux Seyrès, féministe médiatique, a pris ses distances vis-à-vis du communiqué de l’Association des Femmes Pêcheuses et Marins d’Eurysie Septentrionale, qui exige l’organisation du pendant masculin du concours masculin. Pour la féministe izcale, cette demande n’a aucun sens car, à l’évidence, « les hommes sont tous laids ». Le concours de Miss Mondial est pour elle la preuve que la beauté est intrinsèquement féminine. « Je m’inquiète en revanche qu’une série aussi odieuse que Volontés & Puissances qui appelle les hommes à commettre des féminicides puisse être consacrée meilleure série de ce festival ! » a ajouté Margaux Seyrès, qui mène un combat depuis le mois de janvier, date du premier épisode, contre ce feuilleton à succès.


14 juillet 2004 | Nouvelle victime izcale dans un attentat, en Ardchouja (Presse internationale)


Douze jours après le décès de la chanteuse Anna Laura Sandoval en Althenlant, un autre Izcalien est mort, en Ardchouja cette fois-ci, victime d’un attentat-suicide dans un commissariat à Al Ayyadh. Isaac Napier, 36 ans, était en voyage touristique avec sa compagne, dans cette ville qui compte une petite communauté izcale, issue pour la plupart du mouvement Rastafari et lointains descendants d’esclaves. Certains d’entre eux sont rentrés au pays, en l’occurrence en Ardchouja pour les proches du défunt. Son portrait souriant, avec ses dreadlocks de plus d’un mètre, orne désormais un autel à sa mémoire, dans son immeuble de Grand-Hospice où il habitait.


19 juillet 2004 | Pour les élections de 2005, la gauche est désunie (Reportage radio)


Malgré de nombreux appels à l’union, la gauche devrait partir désunie l’année prochaine, lors des prochaines élections parlementaires. Principal mouvement de gauche et artisan de cette union avortée, le Front Alternatif, a pris acte de l’échec des négociations et de l’existence de deux branches irréconciliables, l’une révolutionnaire et l’autre réformiste. Etant donné le mode de scrutin appliqué à ces élections, toute désunion de la gauche compromet totalement ses chances d’obtenir des sièges au Parlement, dont elle est absente depuis 1997. Si le Front Alternatif affirme qu’il tentera de présenter une liste dans chacune des circonscriptions du territoire métropolitain, la plupart des militants et des électeurs, dépités, préfèrent s’abstenir ou voter pour le mouvement Progrès & Paradis Sans Eux, une liste hétéroclite qui rassemble aussi bien des libertariens que des sociaux-démocrates, mais unis par la nécessité de changer de Constitution et d’instiller une démocratie directe. Mais au sein de ce mouvement, certains plaident pour une ligne économique encore plus libérale, avec par exemple l’instauration d’une flat tax et une réduction du taux d’imposition.
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Itztli

3 août 2004 | Près de 50 000 manifestants à Xallie pour montrer que la gauche n’est pas morte


Manifestation à Xallie
50 000 manifestants à Xallie pour montrer que la gauche est toujours en vie


L’ambiance était festive sur la place de l’hôtel de ville de la capitale Xallie, pour montrer que l’heure n’était pas aux fiançailles, mais plutôt à la résurrection de la gauche. Au printemps prochain, près de 34 millions d’électeurs seront en effet convoqués aux urnes pour élire les 350 députés pour la mandature 2005-2009. La situation, pourtant, s’annonce mal pour la gauche qui partira désunie, alors même que le système électoral impose une parfaite union autour d’une liste unique, pour espérer l’emporter. Simulacre de représentativité de la population, le Parlement ne compte en son sein que trois partis politiques, tous situés à droite économiquement, une situation qui dure depuis 1997, depuis la scission de la gauche entre le Front Alternatif (de centre-gauche, social-démocrate) et le Bloc Populaire Socialiste (regroupant socialistes, communistes et féministes). Longtemps, le premier a eu l’ascendant sur l’autre. Depuis, l’avantage est moins clair, le Front Alternatif pourrait faire jeu égal avec le BPS dans certaines circonscriptions… Mais le scrutin étant majoritaire, ces listes de gauche peuvent bien faire de bons scores, si elles ne sont pas en tête elles n’obtiendront pas le moindre élu. Si les différences idéologiques sont profondes entre les deux partis – l’un est réformiste, l’autre est révolutionnaire – les électeurs insistent pour qu’ils mettent ces divergences entre parenthèses, pour ne plus subir un Parlement à droite toute quatre ans de plus. À Xallie, les mots n’étaient ainsi pas assez forts pour critiquer les apparatchiks des deux partis, déconnectés de la réalité et plus habiles à se tirer entre eux qu’à cibler la gouvernance droitière de l’Izcalie.

La droite, en effet, domine la vie politique izcale et petit à petit, le territoire est vendu à des intérêts privés et il ne se passe plus un mois sans qu’une infrastructure de transports, de services publics ou une entreprise tombe dans l’escarcelle d’un groupe privé, izcale ou le plus souvent étranger. En Izcalie, le nationalisme est en effet une valeur portée par la gauche, qui souhaite rétablir des frontières pour ralentir l’appétit vorace des investisseurs, et limiter l’immigration pour mieux prendre le temps d’accueillir chacun et veiller à ce qu’ils ne servent pas de variable d’ajustement sur les salaires. Les retraites, quant à elles, sont aujourd’hui majoritairement financées par des fonds de pension, alors que jusqu’en 2000, le système de retraite par répartition dominait. Mais faute de financement, de nombreux ménages ont préféré choisir la capitalisation. Si le Front Alternatif souhaite rendre le système par répartition plus attractif, le BPS veut juste abolir toute possibilité de passer par une retraite par capitalisation, pour ne pas créer un appel d’air. Une pomme de discorde parmi tant d’autres à l’origine de la scission de 1997. Ce sont finalement près de 50 000 manifestants qui se sont donné rendez-vous, avec un bandana vert - couleur de l'espoir - pour appeler la gauche à prendre ses responsabilités, surtout face à l’émergence du parti populiste Progrès & Paradis Sans Eux, qui capitalise justement sur cette colère, et qui regroupe aussi bien des libertariens que des sociaux-démocrates, à coup de promesses de démocratie directe. Au moins là-dessus, la gauche est d’accord : ce parti doit disparaître. En revanche, sur les moyens d’y parvenir…
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