26/03/2005
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Peuples et paysages izcales

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☀️ Peuples et paysages izcales ☀️


Ce sujet propose des articles sur l'Izcalie sous toutes ses coutures : son histoire, ses peuples, sa culture, son économie, ses mentalités, ses paysages... Les articles permettent d'avoir une vue générale sur une spécificité de la société ou du territoire iscale, sans respecter un formalisme encyclopédique et sans être nécessairement liée à l'actualité.
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☀️ Têtes réduites : une pratique marginalisée mais emblématique de l’Izcalie ☀️

Têtes réduites

S'il y a bien un rituel qui a effaré les colons eurysiens arrivés en Izcalie, c'est celui de la réduction de la tête pratiquée par les communautés autochtones, en particulier les ethnies Xitlalpalli dont il reste quelques reliquats dans les montagnes à l'Est du pays. L’historiographie manquant de preuves écrites à ce sujet, on estime néanmoins que le rituel se pratiquait déjà au Ier millénaire avant Jésus-Christ.

Ces têtes humaines, souvent pas plus grandes que la taille d’un poing adulte, sont le fruit d’une série de manipulations complexes, dont les Xitlalpalli avaient le secret. Elles sont d’abord le fait d’un acte de vengeance, perpétré par l’un des membres de la tribu à l’encontre d’un autre, ou d’un ennemi étranger. Victorieux, l’autochtone procédait à la décapitation de son adversaire en prenant soin de trancher au bas du cou pour garder le maximum de peau. Une incision est ensuite réalisée derrière la nuque jusqu’au sommet de la tête, pour pouvoir libérer la peau du crâne qui, lui, est jeté dans la nature. Le « masque » ainsi obtenu est laissé trempé dans une décoction pendant deux heures, et pas davantage pour ne pas entraîner la chute des cheveux. C’est cette étape qui rend à la peau sa couleur sombre et sa texture caoutchouteuse, ainsi que la réduction de sa taille, de moitié au tiers de sa taille originelle. Les yeux sont cousus et la bouche sertie de pitons en bois pour barrer la route aux esprits vengeurs, qui pourraient menacer la communauté. D’autres opérations, mineures mais laborieuses, sont par la suite réalisées pour donner du volume à la tête et pour faire sécher et durcir la peau.

Au fur et à mesure que la pratique se raréfie, et particulièrement après l’indépendance du pays, alors que la communauté autochtone non métissée s’est réduite à peau de chagrin en raison des épidémies importées d’Eurysie, la réduction de têtes revêtit un caractère noble. Désormais, ce ne sont plus les perdants qui sont décapités et qui voient leur tête réduite, mais les caciques et les notables, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, puisqu’un ancien président izcalien a déjà subi ce traitement, mais post-mortem. Sa tête orne désormais le Musée National de Xallie, dont elle est l’attraction phare. L’Izcalie n’est pas la seule à observer ce rituel puisque des autochtones le pratiquent dans la région de Nalcahuano en Arkencheen, mais à des fins strictement mortuaires, sans le fétichisme qui peut exister en Izcalie.

Ces têtes sont aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs, les autochtones qui possèdent encore de véritables têtes réduites sont pour ainsi dire assis sur une mine d’or. Les prix varient en moyenne entre 25 000 ₷ pour une tête d’esclave et 300 000 ₷ pour certains chefs, mais ces prix varient aussi en fonction de l’historicité, du genre (les têtes de femmes sont plus rares et plus chères) et d’autres facteurs. Avec l’essor d’Internet, on trouve de nombreuses fausses têtes, soit synthétiques, soit issues de singes qui ont été tués et parfois même élevés dans cet objectif.
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☀️ Ollin Sacxoch, la brève aventure du dictateur capitaliste (1982-1987) ☀️

Portrait officiel d’Ollin Sacxoch en 1984
Portrait officiel d’Ollin Sacxoch en 1984

Cinq ans. C’est le court laps de temps dans la vie de la nation izcale dont a eu besoin Ollin Sacxoch pour faire couler le sang de près de 30 000 Izcales, anéantir l’Etat-providence, accaparer les richesses nationales pour en confier la gestion à sa famille et ses amis et bousculer à jamais les structures familiales et communautaires traditionnelles. Malgré son départ précipité du pouvoir en 1987, sa politique a façonné les institutions et le tissu économique actuels, qu’aucun grand parti ne semble remettre en cause.

Né en 1931, Ollin Sacxoch est issue d'une famille modeste de cultivateurs de coca, exerçant sur les hauts-plateaux centraux, au sud de Quecholli. Ces autochtones « dévernis » comme on l’appelle dans le jargon national (c’est-à-dire qui ont rompu avec leur communauté d’origine pour vivre selon le modèle de la famille nucléaire à l’occidentale) sont sous la coupe de cartels qui s’arrogent la part du lion. Le jeune Ollin évolue donc dans un contexte violent, d’autant que son père, drogué aux feuilles de coca, le bat régulièrement. Il fit par prendre son indépendance et devient le chef de la famille après la mort de ce dernier en 1946. Bourreau du travail, il abandonne cependant la culture de coca, excédé par la hausse d’impôts de l’Etat izcale, qui est incapable, en contrepartie, de régler le problème des cartels. Il rejoint l’armée izcale à l’âge de 18 ans, dans laquelle il servira durant dix années. Ses problèmes disciplinaires, son manque de loyauté vis-à-vis de ses frères d’armes et son refus de l’autorité finissent par avoir raison de sa carrière, malgré là encore son travail acharné.

Hostile à l’Etat, il rejoint d’abord les mouvements marxistes, moins pour des raisons idéologiques – il est foncièrement opposé à l’impôt – que pour des raisons stratégiques car ce sont alors les seuls mouvements paramilitaires bien organisés et rencontre durant ces années ceux qui deviendront ses amis et avec lesquels il se partagera le gâteau une fois au pouvoir. S’éloignant de ces mouvances, il montera dans les années 1960 son propre cartel qui approvisionnera Quecholli en drogues plus exotiques que celles qui poussent en Izcalie, à force de réseaux qu’il a constitués à travers le monde. Il fournira quelques grands hommes d’affaires du moment, qui partagent son combat contre l’Etat-providence, et s’assurera la sympathie des locaux, en éradiquant la petite délinquance en lieu et place là encore de l’Etat.

Ollin Sacxoch en 1969
Ollin Sacxoch en 1969, à l’âge de 38 ans, lors d’un entraînement militaire

Dans les années 1970, à la tête d’une petite fortune, dont il blanchira une grande partie grâce à ses sociétés, il est définitivement un notable, à la fois à la tête de plusieurs entreprises et d’un réseau clandestin armé. Il se fait élire député de la nation en 1973, puis réélire en 1977. Le pouvoir politique, qui y voit une menace, commence à répliquer dès 1980, en prononçant des peines d’inéligibilité à son encontre, et en confisquant plusieurs de ses actifs. Cet événement déclenche la mobilisation armée de son réseau paramilitaire, qui finira par séduire une partie de l’armée régulière, et conduira à la chute du président, à son profit en 1982.

Très vite, il se proclame président, un acte qu’il officialisera par un simulacre d’élection en 1982 qui lui accordera les pouvoirs prévus par la Constitution. Il abusera largement d’une disposition qui lui permet de « prendre des mesures exceptionnelles en cas de péril grave menaçant la continuité de l’Etat » et s’engage alors à nettoyer le pays de la délinquance. En réalité, c’est surtout l’occasion pour lui de régler ses comptes et massacrer tous ses anciens concurrents, en commençant par les membres du cartel (pour ceux qui sont encore en vie, et souvent placés en maison de retraite) auxquels sa famille était soumise lors durant son enfance.

Il dépossède ressources et industries de ses propriétaires – en les massacrant, eux et tous leurs potentiels héritiers – pour les confier à ses amis rencontrés lors de son passé dans les mouvances marxistes, mais aussi et surtout aux membres de sa propre famille. L’Izcalie devient une véritable entreprise aux mains de la famille Sacxoch, dont il est le patriarche qui décide ses alliances patrimoniales. Il leur fait jouir de réductions d’impôts, parfois d’exonération totale, et opère des coupes sévères dans le budget, en particulier dans l’éducation et les aides sociales. Il abolit une disposition avantageuse des communautés autochtones, qui pouvaient jouir à titre collectif de certains dispositifs dont on ne pouvait normalement profiter qu’à titre individuel, tels qu’une pension versée à l’ensemble de la tribu lorsqu’un des membres mourrait.

Ollin Sacxoch, entre 1995 et 2000
Photo d’Ollin Sacxoch, prise entre 1995 et 2000, et qui a fuité dans la presse en 2001, lieu inconnu.


Son mandat fait cependant face, dès le début, à une résistance organisée, qui parvient à affaiblir très lentement son autorité, avec la fondation de plusieurs « villes libres » à travers le pays, qui ne reconnaissent plus son autorité et qui luttent de manière acharnée contre les assauts de l’armée régulière. Lente et éprouvante, cette lutte contre les guérillas est aussi coûteuse. Et c’est une dernière réforme, censée renflouer les caisses de l’Etat mais qui met en péril la sacro-sainte gratuité des soins en Izcalie, qui aura raison de lui. Il commence à perdre le soutien de nombreux officiers militaires et craignant de finir la corde au cou pour les nombreux morts qu’il a occasionnés, il préfère fuir de lui-même le pays en hélicoptère, le 20 septembre 1987.

Aujourd’hui, le dictateur a trouvé refuge dans un pays étranger et l’Etat izcale s’attèle à savoir lequel. Toujours est-il que le bilan de Sacxoch, lui, n’a pas fait l’objet d’une remise en question. Certains groupes économiques sont toujours détenus par ses amis, sans que le gouvernement puisse faire quoi que ce soit, craignant leur riposte violente. Le renseignement izcale estime en effet qu’ils ont une puissance de feu équivalente à celle de l’armée régulière. Si quelques gradés ont été condamnés pour leurs crimes, les commanditaires ont pour la plupart échappé à la justice, qui s’est contentée de prononcer des peines à contumace à leur encontre. La politique sacxochiste a irrémédiablement bousculé les structures familiales dans les communautés autochtones, dont nombreux individus se sont affranchis pour opter pour le modèle nucléaire occidentalisé. Enfin, l’Etat-providence qui caractérisait l’Izcalie avant les années 1980, n’a jamais retrouvé ses couleurs : si la gratuité des soins a été préservée, le système éducatif a largement souffert des coupes budgétaires et de la privatisation à outrance. Sacxoch continue de faire des émules puisque l’un de ses partisans, Gabriel Macalipay, militant pour le rétablissement d’un pouvoir autoritaire « efficace » et pourfendeur de l’Etat-providence et des taxes, a bien réussi remporter l’élection présidentielle de 2002, gagnée par l’acteur Fabrice Trottier, actuel président.
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☀️ Les plantes psychotropes, au service de la pharmacopée izcale ☀️

Le peyotl, l’une des plantes psychotropes les plus populaires d’Izcalie

« L’un d’eux me tend un morceau de cactus comme un prêtre me donnerait l’hostie. Le goût est amer et terreux… Tout me sort de la bouche et soudain, j’ai froid, puis chaud, mes pieds ne touchent plus le sol, mes amis se transforment à leur tour en cactus. ». Telle est l’expérience décrite par un Eurysien du XVIIIe siècle, qui a goûté un quartier de peytol, un cactus qui secrète entre autres de la mescaline, une substance hallucinogène. À l’instar de ce récit, nombreux sont les témoignages qui corroborent une consommation régulière et ancienne de plantes psychotropes en Izcalie. Ces dernières constituent encore aujourd’hui un pan non négligeable aussi bien de la culture que de l’économie izcales, avec une diversité qui dépasse largement le seul cannabis sativa, la plus célèbre d’entre elles. Avec un climat très favorable à leur pousse, ces plantes dites enthéogènes – littéralement qui causent une inspiration ou un sentiment à connotation spirituelle ou divine – ont été initialement utilisées à des fins religieuses et chamaniques. Leur usage s’est aujourd’hui largement répandu à l’ensemble d’une société sécularisée et dépasse la sphère de la seule Izcalie, les plantes étant exportées partout dans le monde.

Non seulement la culture et la consommation de ces substances ne sont pas illégales en Izcalie, mais l’Etat les encourage d’une certaine manière, en les intégrant à sa pharmacopée reconnue par le système de santé. Elles sont en particulier indiquées pour les troubles de l’esprit, dans une civilisation qui appelle à soigner l’âme avant de soigner le corps. Plus cyniquement, l’Etat préfère administrer une population droguée en quête de paradis artificiel, et en dépit de pertes de productivité, qu’une population moins malléable et lucide sur la politique qui est menée. « Nous devons rétablir la grandeur de la nation izcale… comme nous n’en avons pas les moyens, jouons sur la perception que les Izcales ont de leur Etat. » aurait d’ailleurs dit Ollin Sacxoch, qui a dirigé le pays d’une main de fer, tout en assurant le correct approvisionnement des familles en substances psychotropes.

Parmi les plantes psychotropes cultivées et consommées en Izcalie, on peut citer les quatre suivantes mais la liste est loin d’être exhaustive :

  • Cannabis – La plus connue d’entre elles mais pas la plus emblématique d’Izcalie. Le cannabis pousse de manière assez homogène sur l’ensemble du territoire et la production s’est industrialisée à grande vitesse.

  • Peyotl – Ce cactus, qui pousse dans les zones reculées arides des plateaux centraux et dans le sud du pays, supporte mal les températures inférieures à 7°C, et provoque une ivresse quelques heures après l’ingestion de ses boutons et notamment une hyperesthésie visuelle très appréciée des peintres, avec un accroissement des détails à l’intérieur du champ visuel et la vision de couleurs bien plus vives, n’existant pas dans la nature.

  • Sauge des divins – À l’inverse du peytol, on la retrouve dans les régions plus humides d’Izcalie. Pour en ressentir les effets très puissants, le consommateur a besoin d’en fumer un grand nombre de feuilles. Il vit alors une expérience mystique, d’altération de l’identité et certains témoignent avoir voyagé dans le temps avec cette substance.

  • Coca – Si la plante est utilisée pour ses feuilles et la conception de cocaïne, ces dernières sont surtout mâchées, pour une stimulation bien plus légère mais aussi à un prix bien plus abordable. Sa consommation est un fléau chez les chauffeurs routiers notamment pour se concentrer sur la route après plusieurs heures de route. On la retrouve à l’état sauvage dans les zones de moyenne à haute montagne.
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☀️ Un système éducatif qui a dû s’adapter aux coupes budgétaires ☀️

Salle de classe en Izcalie

Le système éducatif izcale fait souvent parler de lui dans la presse pour les coupes budgétaires importantes qu’il a subies depuis la dictature, en dépit de la volonté de l’Etat de garantir à chacun de ses jeunes une éducation convenable. Ces coupes ont profondément changé depuis les années 1980 la nature même de l’enseignement et l’encadrement mais les principes philosophiques sont restés les mêmes : viser moins l’intégration et la formation de citoyens que laisser suivre leur propre voie, quitte à faire de l’école une institution laxiste.

Ecole unique, journées courtes, pas d’uniforme : des économies à tous les niveaux
Pour financer son système de soins totalement gratuit, des coupes budgétaires ont été opérées dans plusieurs missions de service public et en particulier le système éducatif. Par ailleurs, la classe politique izcale ne voit pas spécialement les bienfaits d’investir autant dans sa jeunesse si celle-ci est motivée pour s’expatrier, et a toujours préféré l’immigration de familles aux enfants formés ailleurs, aux frais de l’étranger. Les écoles ont malgré tout la charge d’assurer une éducation convenable et ont dû s’adapter bon gré mal gré à ces décisions budgétaires. Aussi, le système éducatif izcale est caractérisé par l’école unique mixte sans spécialisation avant le lycée, pour ne pas avoir à recruter des enseignants spécialisés et dédoubler les classes. Les journées sont relativement courtes : un jeune du secondaire est généralement en cours entre 9 heures et 15 heures, soit à peine cinq heures de cours si on exclut la pause méridienne. On attend de l’écolier un travail autonome en dehors de ces horaires, et il doit venir à l’école en ayant préparé le cours via des ressources données par l’enseignant. Pour les mêmes raisons budgétaires, il n’y a aucun redoublement et il n’y a pas d’uniforme. Les écoliers doivent malgré tout respecter un code couleur vestimentaire défini par l’école (par exemple pantalon bleu, haut blanc) pour qu’ils soient facilement identifiables, mais avec leurs propres vêtements. Les écoles ne sont pas très regardantes sur la tenue de ses écoliers, dont certains sont issus de familles pauvres, ni d’ailleurs de certains accessoires (casquettes, piercings, tatouages, maquillage, bijoux… sont autorisés par défaut).

Une évaluation sur deux grandes catégories : l’individu et le groupe
Pour chaque cours, l’élève est évalué selon deux grands critères : individuel et de groupe. Concrètement, il y a peu de contrôle continu, il n’y a généralement que deux grandes évaluations trimestrielles : un examen individuel qui vérifie les connaissances acquises dans une matière durant tout le trimestre dans une grande salle avec tous les élèves de la section (toutes classes confondues) et un travail de groupe d’ampleur, tel qu’un exposé, une problématique à répondre ou un projet de maquette par exemple. Là encore, ce sont les coupes budgétaires qui ont privilégié cette approche, les heures à surveiller un examen sont considérées comme des heures inutilement perdues, tandis que les travaux de groupe sont plus rapides à noter pour les enseignants. En plus de cela, chaque élève doit constituer un projet sur toute l’année, sur un sujet libre, en fonction de ses affinités propres et de ses compétences. En effet, si un élève est en difficulté dans une matière, le système éducatif izcale l’incite plutôt à abandonner cet apprentissage, plutôt que d’essayer à comprendre, et l’oriente vers ce qu’il aime et ce qu’il sait faire de mieux. Cela donne des « projets d’année » variés en fonction de ses affinités : par exemple, un élève peut être évalué par un tuteur qu’il a choisi sur ses performances sportives s’il est sportif ; sur un véhicule automobile qu’il a réparé s’il aime le cambouis ou quelque chose de plus théorique s’il n’est pas manuel. L’absentéisme de l’élève dans des cours qu’il juge peu utiles et intéressants pour lui est d’ailleurs toléré. Le but premier de l’école izcale est en effet moins l’acquisition de connaissances que l’accomplissement de soi.

Des tabous persistants
À l’école izcale, on ne débat pas, en tout cas de sujets sensibles. On construit, on bâtit un projet, mais on ne formule pas de critiques, que ce soit contre le corps enseignant ou contre l’Etat. Comme mentionné précédemment, l’école izcale ne forme pas des citoyens, elle donne un savoir et elle oriente les jeunes dans ce qu’ils savent faire de mieux. La rhétorique et les qualités dissertatives ne sont pas des qualités reconnues. Ainsi, si le système délivre des cours de philosophie, ces derniers évitent soigneusement les domaines sensibles comme la politique. On préfère discuter de l’esthétique, l’art pour l’art, l’ontologie, la métaphysique. Les cours d’histoire, quant à eux, évitent soigneusement d’aborder le XXe siècle pour éviter que les élèves fassent un lien plus évident avec leur classe politique et d’ailleurs, ce qui s’est déroulé le siècle passé n’est pas considéré comme de l’histoire en Izcalie, qui privilégie l’enseignement de l’ancien, voire de l’antique. Pour avoir un enseignement libre, il faut attendre l’université ou, dans une moindre mesure, préférer les écoles privées.
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☀️ Avant son abolition, l’ambiguïté de la peine de mort en Izcalie, entre honneur et sanction ☀️

Offre aux carnassiers
Représentation d’une « offre aux carnassiers », une ancienne méthode d’exécution typique de l’Izcalie

Le cœur, là où réside l’âme du défunt
La Communauté d’Izcalie a aboli la peine de mort en 1995, sept ans après la chute de la dictature sacxochienne et d’âpres débats. Auparavant, cette peine était réservée à certains cas spécifiques, comme les crimes de guerre, les actes terroristes et certains assassinats, notamment les infanticides. Pourtant, l’imagerie de la mort est omniprésente dans la culture izcale, avec un artisanat très développé de petites icônes et statuettes la représentant, mais aussi via la pratique des têtes réduites. Pourtant, historiquement, la mise à mort en tant que telle, même décidée par une autorité judiciaire, n’était pas toujours associée à une sanction mais parfois à un honneur qu’on réservait aux hommes illustres. Dans la mythologie izcale, la mort n’est vue que comme une étape et notre sort au-delà dépend notamment de la façon dont on est mort. Certaines mises à mort revêtent dès lors un caractère honorifique seulement si la méthode d’exécution est adéquate.

Toujours dans la mythologie et dans l’imaginaire collectif qui en a découlé, c’est dans le cœur que réside l’âme (ou « teyolia » en nahuatl). Pour accomplir leur périple vers le Mictlan, les régions de l’au-delà, le cœur (et donc l’âme qui y réside) devait rester intact dans sa forme. Les hommes illustres étaient donc sacrifiés selon une cérémonie très ritualisée durant laquelle on extrait le cœur (cardiectomie), pour recevoir en plus l’aide des dieux dans leur périple, parfois même sans leur consentement car on s’inquiétait qu’ils meurent autrement. À l’inverse, ceux qui voyaient leur cœur déchiqueté n’avait aucune chance d’atteindre le Mictlan et ce sort était par conséquent réservés à ceux qu’on souhaitait punir. La condamnation à mort comme sanction prenait alors la forme d’une « offre aux carnassiers », c’est-à-dire qu’on attachait le condamné à mort à l’extérieur, à découvert, pour laisser les vautours l’attaquer, le dépecer et lui déchiqueter les organes. Cependant, le condamné mourrait souvent de déshydratation.

Sabre d’exécution du XVIIe siècle
Sabre d’exécution du XVIIe siècle avec lequel on transperçait le cœur

Echec de l’implantation de la pendaison par les colons, consensus pour une exécution par sabre
Les colons eurysiens ont été effarés par cette méthode d’exécution mais ont eu beaucoup de peine à la remplacer par des méthodes qu’ils jugeaient « humaines », comme la pendaison. Les Izcaliens refusaient de considérer que justice était faite avec cette méthode d’exécution, qui préserve le cœur et donc l’âme du condamné. Un consensus fut trouvé, en faveur d’une exécution par lance puis par sabre, à l’endroit du cœur, même si l’offre aux carnassiers a continué d’exister jusqu’au XXe siècle. À partir du XIXe siècle, la méthode d’exécution par sabre était parfois remplacée par une arme à feu, toujours à l’endroit du cœur. Les pratiques rituelles ont néanmoins disparu depuis le XVIIIe siècle, la dernière cardiectomie sacrificielle a été officialisée en 1779, dans une communauté autochtone. La sécularisation de l’Izcalie et les apports des colons ont peu à peu réduit à néant ces pratiques hautement chargées de symbolique religieuse.

La peine de mort est aussi codifiée et appliquée uniformément sur le territoire izcalien mais les premières voix s’élèvent contre celle-ci au début du XIXe siècle, sous la plume de plusieurs auteurs. Un mouvement qui prendra de l’ampleur à partir des années 1950, sous l’influence des mouvances rastafari notamment. Une célèbre grève de la faim de près de 350 personnes, visant son abolition sera organisée en 1952, sur la place qui fait face au Parlement à Xallie. Si elle n’aboutira pas à la concrétisation de cette revendication, elle bousculera les mentalités. La dictature sacxochiste (1982-1987) et ses innombrables exécutions sommaires laisseront quant à elles un traumatise parmi leurs contemporains. Dès le retour à la démocratie en 1988, un débat âpre s’engagera entre les partisans de son abolition, qui entendent marquer une rupture avec la dictature, et les partisans de son maintien qui avancent que justice ne sera rendue que si les criminels de la dictature passent de vie à trépas. Finalement, les premiers gagnent le combat en 1995, par l’abolition de la peine de mort. Une victoire partielle puisque la période 1988-1995 a été l’occasion de nombreuses exécutions (presque uniquement des seconds couteaux, aucun personnage de premier plan de la dictature). Si son éventuel retour fait parfois débat, l’abolition est aujourd’hui actée et la population ne semble pas enthousiaste à l’idée de revenir sur cette décision.
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☀️ L’Art Nouveau en Izcalie, la réaction artistique à la révolution industrielle ☀️

Art Nouveau en Izcalie

S’il y a bien un courant artistique qui a imprégné l’architecture des villes du sud de l’Izcalie, c’est bien l’Art Nouveau, avec la métropole de Clairfeu comme centre névralgique. Ce courant, importé d’Eurysie mais qui a su trouver sa propre expression autonome en Aleucie, a été popularisé à partir des années 1930 en Izcalie. A cette époque, des artistes effarés par le brutalisme albelais trouvent refuge en Izcalie, où ils trouvent une terre plus ouverte aux innovations artistiques. Inspirés par l’Eurysie, ils rejettent le retour des formes artistiques du passé, comme le classicisme, et sa résurgence à travers le néoclassicisme, et entendent créer un art totalement original pour une civilisation nouvelle. La révolution industrielle a en effet été à l’origine d’une rationalisation des villes, qui vise moins l’esthétique que l’utilitarisme. Le développement du chemin de fer a quadrillé les villes, les rendant plus rectilignes et moins sujettes aux courbes. Les artistes izcaliens tentent ainsi de créer des anti-Quechalli, du nom de cette ville qui a été construite sur un schéma directeur dessiné par des ingénieurs.

Valère Donat (1897-1958) est l’artiste le plus emblématique de ce mouvement Art nouveau. Architecte de formation, il a également à l’origine d’une série de tableaux, mais son nom est surtout associé au Palais des Beaux-Arts de Clairfeu (photo en bas à gauche), après avoir répondu à un appel d’offres lancé par la municipalité. Il a également à l’origine de l’intérieur de grandes demeures bourgeoises à travers le pays mais l’essentiel de l’Art Nouveau se situe dans le sud de l’Izcalie, qui a fait l’objet d’une urbanisation plus tardive que ses consœurs du Nord. Alors que le mouvement est né en réaction d’une révolution elle-même issue du développement du chemin de fer, nombreux sont les bâtiments de type Art Nouveau à s’inspirer des gares ferroviaires, par leurs vitraux qui font entrer le maximum de lumière dans l’édifice. L’Art Nouveau a aussi été à l’origine de la construction de nombreux petits kiosques (illustrations en haut, à gauche et à droite), souvent octogonaux, dans les métropoles du pays. Ces kiosques avaient pour but de casser l’alignement typique de bâtiments mitoyens et d’apporter un écrin de nature et de relaxation aux badauds qui peuvent se sentir étouffés par le tumulte de la ville. Ces kiosques ont été majoritairement reconvertis en cafés et restaurants, mais un nombre non négligeable a gardé cette vocation originelle non utilitariste, de contemplation, d’art pour l’art.

Le mouvement est en perte de vitesse dans les années 1950 et fait l’objet d’importantes critiques qui reprochent son style « nouille », en raison de ses courbes exagérées. Mais surtout, l’Art Nouveau se prête mal à la pression démographique et au besoin de construire toujours plus de logement et de services. On lui reproche son aspect pédant, qui répond davantage à des caprices des maîtres d’ouvrage bourgeois. Alors qu’il est né en réaction aux canons esthétiques de l’époque, l’Art Nouveau est devenu élitiste. En réaction, des artistes dont Valère Donat lui-même durant les dernières années de sa vie, ont été à l’origine d’un Art Nouveau « populaire », qui s’est invité dans les quartiers pauvres, au travers de constructions souvent colorées. Mais ces bâtiments se rapprochent dans l’esthétique davantage de l’Art Déco et l’Art Nouveau, même s’ils ont gardé quelques caractéristiques comme l’omniprésence de kiosques, souvent réaménagés en terrains de jeux pour les enfants.

Quartier pauvre inspiré de l’Art Nouveau
Quartier pauvre de Cacahuacallah, construit à la fin des années 1950, inspiré de l’Art Nouveau, voire de l’Art Déco.
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☀️ Le mouvement Rastafari en Izcalie, héritier de l’histoire coloniale ☀️

Salle de classe en Izcalie

Parmi les nombreuses communautés présentes en Izcalie, il y en a une qui est facilement reconnaissable de par son style vestimentaire haut en couleurs, celle du mouvement rastafari. Mais plus qu’une question de parures, de musique et de fumette, c’est une communauté bien ancrée en Izcalie, qui connait une croissance exponentielle auprès de la population noire.

Aux origines des rastafaris en Izcalie : la colonisation eurysienne et ses esclaves afaréens
L’Izcalie est d’abord l’histoire d’une colonisation eurysienne qui a échoué. Au XVIe siècle, des Eurysiens arrivent en Aleucie et voient dans le territoire izcalien une terre promisse, fertile à souhait, regorgeant de ressources exotiques s’arrachant à prix d’or sur leur continent d’origine, telles que le cacao et le tabac. Les Eurysiens tentent d’abord de soumettre les peuples autochtones par la force à des travaux forcés dans les plantations… ils signent leur premier échec, puisque les autochtones sont en partie décimés par les infections virales et bactériennes apportées par les colons. Cette main-d’œuvre malléable est ensuite remplacée par des esclaves venus d’Afarée (notamment d’Ardchouja et des Terres Libres) et de Nazum, qui ne parviennent toutefois pas à réitérer le savoir-faire autochtone. Un terrain d’entente fut trouvé entre les colons et les peuples autochtones, consacré par une première Constitution au XVIIIe siècle, qui prévoit entre autres l’abolition de l’esclavage, après un siècle de travaux forcés dans les plantations. Les Afaréens noirs sont dès lors des hommes libres, tandis que les colons eurysiens ne sont plus la classe politique dominante mais des Izcaliens comme les autres dans cette nouvelle nation, fondée sur l’échange de bons procédés plutôt que sur les rapports de dominations ethniques.

Durant leur soumission à l’esclavagisme colonial, les Afaréens noirs reçoivent également l’enseignement du christianisme occidental et adhèrent massivement à cette foi au détriment de leurs croyances animistes. Il s’agit là du seul réel apport, encore vivant aujourd’hui, des colons eurysiens à la communauté noire d’Izcalie. Profitant dès lors d’une éducation garantie par la nouvelle Constitution Izcale, les Afaréens – désormais considérés citoyens à part entière – sont mieux instruits, apprennent à lire, dans un contexte où le progrès technique a permis la diffusion à un large public de livres, dont la Bible. Cette population a dorénavant accès aux authentiques textes sacrés, dans leur version brute, sans édulcoration ou réaménagement « occidental ». À partir du XXe siècle, sous l’impulsion de plusieurs auteurs afaréens, naît un mouvement qui propose une relecture « afaréenne » de la Bible (et plus spécifiquement la Bible hébraïque), avec une attention apportée à certains passages comme le deuxième exode à Babylone et la première destruction du temple de Jérusalem, qui rappelle leur exode forcé par les Eurysiens vers l’Izcalie. Cette lecture, considérée comme hérétique par la communauté eurysienne blanche, a toutefois libre cours dans une Izcalie attachée à la liberté religieuse, et où le christianisme n’est pas majoritaire. Le mouvement rastafari s’implante à grande vitesse en Izcalie à partir des années 1930.

Une communauté en pleine expansion qui évolue dans un contexte favorable
L’Izcalie est une terre très favorable au développement du mouvement Rastafari, pour les raisons évoquées, si bien que le retour au pays (en Afarée) n’est plus considéré comme un but en soi pour cette communauté qui a pris racine dans les quatre coins du pays, mais plus particulièrement dans la moitié sud. Dans une Izcalie peu regardante de la vie de chacun, qui au contraire valorise leurs excentricités et leurs individualités, les Rastafariens appliquent strictement leur code vestimentaire et de conduite, conformément au vœu de nazarite, dans le Livre des Nombres. Ils ne se coupent les cheveux (d’où les dreadlocks), ne consomment pas de viande (régime Ital, afin de ne pas faire du corps un « cimetière », et produits non transformés) et ne boivent pas d’alcool. Ils consomment en revanche la « ganja », c’est-à-dire le cannabis, considéré comme une herbe sacrée qui permet à l’âme de s’élever et de se connecter à Jah, c’est-à-dire Dieu. En Izcalie, le cannabis est également ancré dans la culture autochtone et intégré à la pharmacopée. Le mouvement est très populaire au sein de la communauté noire izcalienne.

Rastafaris en Izcalie
En Izcalie, les Rastafariens sont une communauté patriarcale, qui met les femmes à l’écart.
Ici un groupe de Rastafariens près de Clairfeu.

Les Rastafariens sont également en nombre croissant dans le pays : en cause, leur liberté sexuelle, et la pratique de la polygamie leur autorisant à avoir jusqu’à une dizaine de femmes différentes mais sans exercer la moindre forme de coercition. Pour les Rastafariens, l’union fait la force et chaque personne est l’élément d’un tout. Cette polygamie assumée et tolérée par l’Etat izcale, en est son avatar. En conséquence, les membres de cette communauté ont un taux de fécondité largement supérieur à la moyenne, jusqu’à deux fois plus important, ce qui contribue d’autant plus à son expansion. Pour autant, le mouvement rastafari, tel qu’il existe en Izcalie, est un mouvement patriarcal, où les femmes occupent une place secondaire, dévolues à des tâches peu gratifiantes au service des hommes. À l’origine de cette dévalorisation des femmes, leurs menstruations, jugées impures, dans le Lévitique : « Quand une femme est atteinte d’un écoulement, que du sang s’écoule de ses organes, elle est pour sept jours dans son indisposition, et quiconque la touche est impur jusqu’au soir. » (Lévitique, 15 :19). L’on considère par ailleurs qu’une femme ne peut accéder au divin que par l’entremise de son homme. De manière corollaire, cette société patriarcale est particulièrement hostile à l’homosexualité.

Leur place dans la société izcale
S’ils rejettent Baylone, c’est-à-dire la domination des anciens empires sur la Palestine, et par analogie, la société de consommation actuelle qui s’impose à nous, et qui est très prégnante en Izcalie, ils ne vivent pourtant pas reclus. Et n’appliquent pas toujours ce rejet de la société de consommation. En 1952, une grève de la faim de 350 personnes est organisée face au Parlement Izcale pour protester contre la peine de mort et celle-ci est à l’initiative des Rastafariens. Cette grève, pourtant, n’évoquera jamais le mot tabou de la mort (selon un principe qui invite à s’en éloigner le plus possible), elle sera à l’inverse l’occasion pour les participants d’y chanter la vie, au travers de « groundations ». Si la grève n’aura pas la finalité escomptée (la peine de mort ne sera abolie qu’en 1995, quarante-trois ans plus tard), elle aura néanmoins permis à la communauté rastafari d’acquérir une visibilité dans la société izcale, et d’accroître leur nombre d’adhérents parmi les noirs.

Les Rastafariens n’ont jamais fait preuve de réel rejet, sinon de certaines autres confessions chrétiennes qui les considèrent comme hérétiques. Ils ne s’investissent pas en politique institutionnelle, qu’ils jugent « babylonienne » et préfèrent des formes de militantisme en dehors du cadre institutionnel, à l’image de cette grève de la faim. Depuis la fin du XXe siècle, ce mouvement gagne aussi des adhérents parmi des individus non afaréen, blancs de peau, qui sont en majorité acceptés mais qui peuvent toujours susciter le rejet de la part des Rastafariens qui pensent que les non-descendants d’esclaves n’ont pas leur place dans cette communauté. La production musicale, et sa large diffusion, ont largement contribué à sa popularité, toutes ethnies confondues…

Rastafarien blanc
Un Izcalien blanc appartenant au mouvement Rastafari
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☀️ L’Izcalie, une nation multiethnique ☀️

Multiculturalisme en Izcalie
Portraits d’Izcales, témoignant du multiculturalisme du pays.

L’Izcalie est assurément un pays multiculturel et multiethnique, qui tient cette caractéristique de son histoire et de ses institutions. L’Izcalie est en effet l’histoire d’une colonisation ratée, de colons eurysiens francophones qui ont échoué à construire une colonie stable, pourvoyeuse de produits exotiques vers le continent de l’autre côté de l’océan. Seule la langue française a su s’imposer au détriment des langues amérindiennes, pour des raisons essentiellement pratiques et d’un vocabulaire mieux adapté aux innovations techniques. Décimés par les maladies apportées par les colons, les autochtones ont pu, par la suite, retrouver un niveau démographique convenable. Le nouvel Etat izcale a par ailleurs fait appel très tôt à l’immigration, essentiellement pour des besoins de main-d’œuvre, en appelant notamment des immigrés noirs afaréens (qui constituent l’essentiel de la communauté Rastafari du pays), mais également en provenance de Nazum. Des politiques très incitatives, comme l’octroi d’un logement à très bas loyer ou d’allocations familiales, ont ainsi constitué la population izcale, au fur et à mesure des vagues d’immigration.

S’il peut exister des tensions communautaires et culturelles, c’est un débat relativement peu présent dans l’espace public. Les institutions izcales n’ont pas de référents en matière d’identité nationale et l’école ne cherche pas à former des citoyens, mais incite au contraire les jeunes à exprimer leur individualité. Il y a globalement une faible adhésion au sentiment nationaliste dans le pays, mais également un relativement faible sentiment d’appartenance à une communauté ethnique, à quelques exceptions près comme les autochtones traditionnels et les noirs rastafariens. Un faible sentiment d’appartenance à une communauté ethnique qui s’explique aussi par une prégnance relativement faible de la religion, qui sert généralement de ciment au communautarisme.

Pourtant, l’Institut Izcale des Statistiques (le « 2IS ») continue d’établir des données assez précises pour déterminer la composition ethnique du pays. Ces données servent uniquement à des fins démographiques et ne peuvent être utilisées à des fins de politiques ciblées, même si elles sont largement utilisées par les partis politiques pour leur campagne. L’ISS divise la population en quatre catégories : les individus issus de la colonisation ancienne, ceux issus des vagues d’immigration plus récentes, les métis et les individus d’origine inconnue.

  • Population issue d’une colonisation ancienne
  • ◼️ Autochtones (populations natives, qu’ils aient gardé leur mode de vie traditionnel ou non)
    ◼️ Eurysiens (originaires de tous pays d’Eurysie confondus)
    ◼️ Hispaniques aleucio-paloterriens (immigration des pays voisins, essentiellement de l’actuel Arkencheen)
    ◼️ Noirs afaréens (souvent descendants d’esclaves affranchis)

  • Population issue d’une immigration récente
  • ◼️ Autres ethnies

  • Métis
  • ◼️ Individus dont les grands-parents proviennent d'au moins deux groupes ethniques différents.

  • Individus d’origine inconnue
  • ◼️ Individus ne pouvant prouver totalement ou partiellement son ascendance.



Pour qu’un individu soit classé dans une des catégories de colonisation ancienne ou récente, il doit avoir au moins trois de ses quatre grands-parents nés dans les pays correspondants à ces classifications ethniques ou qu’ils soient eux-mêmes classifiés comme tels. Si moins de trois des grands-parents appartiennent au même groupe ethnique, alors l’individu sera considéré comme métis. Enfin, s’il ne peut prouver l’origine d’au moins trois des grands-parents, alors il sera classé parmi les « individus d’origine inconnue ». Cette méthodologie fonctionne parce que, depuis le XVIIIe siècle, l’Izcalie dispose de millions d’actes d’état-civil qui permettent d’établir la généalogie de l’immense majorité de la population. L’Etat izcale s’est en effet très tôt doté d’une bureaucratie suffisante pour répondre aux défis de l’immigration de masse.

Le recensement de 2002 donne la composition suivante :

  • Population issue d’une colonisation ancienne [Antérieure au XVIIIe siècle] (51 % de la population totale izcale)
  • ◼️ Autochtones (17 %)
    ◼️ Eurysiens (20 %)
    ◼️ Hispaniques (7 %)
    ◼️ Noirs afaréens (7 %)

  • Population issue d’une immigration récente [Postérieure au XVIIIe siècle] (16 %)
  • ◼️ Autres ethnies

  • Métis (31 %)
  • ◼️ Individus dont les grands-parents proviennent d'au moins deux groupes ethniques différents (sauf si trois des quatre appartiennent à un seul même groupe).

  • Individus d’origine inconnue (2 %)
  • ◼️ Individus ne pouvant prouver totalement ou partiellement son ascendance.

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☀️ Le projet de Constitution de 1988, jamais adopté, jamais soumis à référendum ☀️

Parlement Izcale
Le projet de Constitution prévoyait une transition vers un régime parlementaire plus représentatif, mais d'inspiration libertarienne.

20 septembre 1987. Les rues de Xallie ressemblent à un véritable charnier. Les cadavres de centaines de manifestants tués à balles réelles par les policiers les derniers jours jonchent le sol tandis que plusieurs bâtiments, dont certains du gouvernement, sont en feu. Les rues sont noires de monde, de manifestants qui sentent qu’enfin, le renversement de la dictature d’Ollin Sacxoch est possible. La moitié des militaires refusent désormais de lui obéir et des manifestants parviennent à pénétrer dans la forteresse du Palais présidentiel. De son côté, le président Sacxoch rejoint le sommet du bâtiment, où l’attend son hélicoptère, prêt à décoller. Une ribambelle de nombreux soldats, qui lui sont restés fidèles, pointent leurs canons vers la seule entrée possible, d’où pourraient débouler les manifestants. Il est quinze heures, le dictateur est en fuite, tout comme la plupart de ses ministres, et le Palais présidentiel est assiégé par des Izcales qui se prêtent à rêver de jours meilleurs. Le dictateur, qui pensait s’éclipser le temps que la situation se calme, ne reviendra pas car le pays a déjà tourné la page. Sous l’égide de nations étrangères, un gouvernement provisoire, constitué de grandes figures de la résistance et de ministres appartenant au cabinet déchu en 1982 par Sacxoch, est constitué. Il n’a pour charge que d’expédier les affaires courantes et organiser des élections parlementaires de 1989, la fonction de président étant temporairement suspendue.

Toutefois, les figures de la résistance qui composent ce gouvernement provisoire ne veulent pas obtenir qu’un simple retour des institutions telles qu’elles étaient avant 1982, mais que le peuple puisse se prononcer sur une nouvelle Constitution. Des crispations se créent au sein du gouvernement, avec les représentants de la vieille garde, mais ils consentent à la convocation d’une Assemblée Constituante en janvier 1988, qui a un an pour rédiger la nouvelle Constitution, faute de quoi des élections législatives, régies par la précédente Constitution (jamais abrogée), seront organisées en 1989. Les élections constituantes de janvier 1988 sont les seules de l’histoire izcale à être organisées au scrutin proportionnel et elles donneront une large majorité aux partisans d’un régime démocratique, représentatif et semi-direct. Après de laborieux mois à la rédiger, le projet de Constitution est voté à une courte majorité en décembre 1988. Les principales dispositions sont les suivantes :

  • Libertés fondamentales
  • ◼️ Le projet de Constitution consacre le respect de la dignité de tout être humain, sans distinctions, déjà garantie par la précédente loi fondamentale, mais également – et c’est une nouveauté – un « droit de regard sur les affaires de la société ».
    ◼️ Il rappelle le droit d’association, de manifestation, de grève et consacre la liberté syndicale.
    ◼️ Le projet abroge la disposition de la précédente Constitution selon laquelle « chacun jouit d’un droit inaliénable à une bonne santé ».
    ◼️ La liberté économique et d’entreprise est garantie, mais l’économie de marché est la seule à être reconnue comme « viable ». La Constitution précédente ne faisait aucune référence à un quelconque système économique.
    ◼️ Par rapport à la précédente Constitution, ce projet consacre plus clairement la liberté d’expression, qu’il étend au droit à l’outrage à la Nation.

  • Droits des minorités
  • ◼️ Alors que la Constitution précédente consacrait le droit, pour certaines minorités (plus particulièrement les autochtones), de jouir de dérogations pour perpétuer leurs modes de vie traditionnels, la nouvelle Constitution dispose que nulle communauté ne peut jouir d’avantages législatifs au seul titre de son appartenance à une communauté réelle ou présumée.

  • Pouvoir exécutif et législatif
  • ◼️ Le projet abolit le régime présidentiel izcale au profit d’un régime parlementaire. Le rôle de président de la Communauté d’Izcale existe toujours, mais il n’est plus qu’honorifique, pour assurer la continuité de l’Etat. Il dispose toutefois du pouvoir de nommer le Premier ministre.
    ◼️ Le Parlement Izcale reste monocaméral est devient la principale institution du pays, puisque l’exécutif est maintenant responsable devant lui. Le Parlement vote les lois mais contrôle aussi l’action du gouvernement, et peut voter une motion de censure.
    ◼️ Le Parlement est désormais élu, non plus au scrutin plurinominal majoritaire, mais au scrutin proportionnel sur une circonscription unique (le pays entier), avec un seuil électoral de 3 %.

  • Pouvoir judiciaire
  • ◼️ La Cour Constitutionnelle est élue uniquement par les membres du Parlement pour un mandat de 6 ans, renouvelable, alors que sous l’ancienne Constitution, ils sont pour moitié nommés par le Président et pour l’autre élus par le Parlement. Toutefois, le projet prévoit un droit de destitution par des pétitions citoyennes.
    ◼️ La peine de mort est abolie.

  • Démocratie directe
  • ◼️ Le projet prévoit la possibilité de révoquer toutes les personnes qui ont été élues à une fonction publique par le peuple ou par les représentants du peuple, que ce soit un député ou un membre de la Cour Constitutionnelle. Pour ce faire, les citoyens doivent recueillir les signatures d’au moins 5 % des électeurs inscrits et l’appui de 5 députés minimum. Les électeurs se prononcent ensuite par référendum sur la révocation de l’élu.
    ◼️ Le projet de Constitution prévoit en outre la possibilité d’initier une proposition de loi ou d’amendement constitutionnel, respectivement avec 1 % et 5 % des électeurs inscrits, qui sera soumise à référendum. Les propositions de lois doivent toutefois être soumises au contrôle a posteriori de la Cour Constitutionnelle.

Ce projet est le fruit d’un consensus laborieux entre la gauche et la droite, mais deux dispositions créeront des frustrations : la consécration de l’économie de marché à laquelle s’opposent les résistants socialistes et l’abolition des dérogations législatives dont bénéficiaient les communautés autochtones. Plus largement, la Constitution est d’inspiration libertarienne, comme l’illustre par ailleurs la disparition du « droit inaliénable à une bonne santé ». Les libertariens refusent cette disposition en raison de leur opposition à l’Etat-providence, requalifié « d’Etat nounou ».

En décembre 1988, alors que le projet devait être soumis à référendum, des pressions s’exercent de la part de ces deux groupes pour faire modifier ces dispositions, en vain. Le projet, pourtant, ne sera jamais soumis à référendum parce qu’en mai 1990, interviennent des élections parlementaires, selon le mode de scrutin d’avant, qui débouchent sur un Parlement réfractaire à ce projet de Constitution. D’autant que la reconstruction du pays après la dictature, qui a plongé l’Izcalie dans une crise économique, fait naître le besoin d’un « pouvoir fort ». Les années 1990 à 1992 seront marquées par une série d’émeutes violentes criant au déni de démocratie, exigeant du Parlement, puis du Président élus qu’ils organisent ce référendum, qui aurait dû intervenir entre janvier et mars 1989. Il participera en outre à un profond dégoût des citoyens pour la politique. « Le pays doit se reconstruire, les Izcales attendent qu’on leur propose des solutions pour redresser l’économie, sauver leurs emplois, maintenir le modèle social… ils ne veulent pas perdre de temps dans des chamailleries institutionnelles et une Constitution qui aurait bloqué le pays ! » déclarera le président izcale élu en 1990, enterrant définitivement l’espoir d’un référendum. Les manifestants, de leur côté, seront vus comme des délinquants troublant à l’ordre public, et l’opinion publique se détournera progressivement de leur revendication.

Plus de quinze ans après, ce référendum promis est un serpent de mer, qui revient à chaque campagne électorale. Le parti Progrès & Paradis Sans Eux reprend à compte cette contestation et blâme, comme beaucoup d’autres, la gauche et les autochtones pour avoir fait « rater le coche » avec leurs revendications stériles sur les deux dispositions qui étaient sujettes à caution. Cela contribuera au discrédit de la gauche, qui disparaîtra du Parlement en 1997, et renforcera également le sentiment anti-Autochtones.
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☀️ Les Îles Sabène, le reliquat calviniste rigoriste de l’Izcalie ☀️

Îles Sabène

Composées d’une grande île longiligne et un petit îlot inhabité, les Îles Sabène sont situées au large de Port-Totzic et ses deux millions d’habitants, à une trentaine kilomètres de là. Accessibles uniquement par voie maritime, et uniquement par petit ferry, elles se caractérisent surtout par le mode de vie rigoriste de ses 30 000 habitants, héritée du calvinisme. À Sabène, inutile de chercher après un hôtel ou un quelconque lieu touristique, la population vit le plus sobrement possible, sans connexion Internet, avec un ampérage électrique limité, et des routes pour la plupart non goudronnées. La seule station essence des îles propose d’ailleurs des carburants à un tarif deux plus élevé que sur le continent, conséquence collatérale des rares approvisionnements. La terre rocheuse et sablonneuse se prête mal à l’agriculture de cette petite ville qui vit essentiellement de la pêche et de l’artisanat. En revanche, l’île ne manque pas d’églises, puisqu’elle compte 20, soit un clocher pour 1 500 habitants.

Les Îles Sabène ont été colonisées à la fin du XVIIIe siècle, par une communauté de fervents croyants d’origine eurysienne, unies par la volonté de fuir la débauche et la criminalité qui régnaient alors à Port-Totzic, haut-lieu de la prostitution, des jeux d’argent et de la consommation de psychotropes. Les calvinistes izcales, qui promeuvent une certaine forme d’individualisme et de respect des règles et de la loi en toutes circonstances, ont depuis longtemps acté leur divorce avec les catholiques, qu’ils trouvent hypocrites, et avec les luthériens – majoritaires sur le littoral oriental d’Izcalie. Pour les calvinistes, le salut de l’âme ne dépend pas des bonnes et mauvaises actions accomplies durant la vie mais de la foi la plus sincère des croyants (sola fide). Cette croyance a conduit les habitants des Îles Sabène à un certain ascétisme et une sobriété dans leur mode de vie qu’ils tiennent à préserver du monde extérieur. Pour ce faire, même si la loi et les institutions politiques izcales ne leur permettent pas un tri officiel de la population, les habitants de Sabène gardent un contrôle absolu sur les heureux qui peuvent venir y habiter. Toutes les résidences appartiennent en effet à un syndic de copropriété et les locataires et copropriétaires sont triés sur le volet avant la signature du bail. Ainsi, l’uniformité culturelle des Îles Sabène a-t-elle été conservée.

Les Sabène se tiennent assez éloignés de la vie de l’Izcalie, d’autant qu’ils ne disposent volontairement pas des moyens de télécommunications modernes qui véhiculent l’information depuis le continent. Il s’agit d’une des communautés les plus fermées du pays, avec les tribus autochtones. Si l’accès aux îles n’est pas strictement fermé aux gens extérieurs, aucun extérieur n’a d’intérêt à y aller, sinon pour apprécier le silence et un environnement relativement préservé de la pollution. Plus à l’est, un petit îlot est quant lui inhabité et inhabitable, ne recevant aucune visite : les Îles Sabène sont en effet le lieu endémique d’une espèce de manchots, plus petits que les individus de la famille, le manchot sabène. Cette espèce vulnérable se concentre sur ce petit îlot à raison d’une centaine d’individus.
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☀️ Les Îles Iztaques, la zone franche insulaire anarchique d’Izcalie ☀️

Îles Iztaques

Situées à près de 7 000 kilomètres au sud-ouest de Xallie, les Îles Iztaques sont de petites bandes de terre éloignées les unes des autres, unies à partir du XXe siècle pour des intérêts commerciaux. Disposant initialement chacune de leur propre mode de gouvernance, en toute indépendance de l’Izcalie, ces îles devinrent une seule et même entité sous l’influence du futur dictateur Ollin Sacxoch, qui participera allègrement à leur intégration à la Communauté d’Izcalie lorsqu’il n’était que simple député, dans les années 1970. En effet, avant cette date, l’économie iztaque, essentiellement vivrière et sans perspective, était à la merci des fréquents cyclones qui pouvaient détruire des villes entières. Sacxoch y entreprit un certain nombre d’investissements pour garantir à ces îles une économie stable et fructueuse, éradiquant par la même occasion le fléau de la grande pauvreté. Dépendantes économiquement de l’Izcalie, elles sont incorporées sans résistance à la Communauté après l’accession au pouvoir de Sacxoch en 1982, qui y instaura un régime fiscal avantageux, avec des interventions très limitées de l’Etat. Zone franche depuis cette date, les Îles Iztaques étaient son laboratoire politique qu’il aurait voulu étendre à l’Izcalie.

Depuis la chute du dictateur, aucun gouvernement n’a remis en cause cet avantage fiscal, mais l’Etat izcale s’y est largement désengagé. De nombreuses dispositions constitutionnelles et législatives, censées s’appliquer aux Iztaques comme dans le reste de l’Izcalie, ne sont tout bonnement pas suivies. En dehors des ports francs et de leur hinterland qui sont surveillés de près par l’Etat izcale, l’Etat de droit y est défaillant. Les Iztaques sont sous la coupe de réseaux clandestins qui organisent eux-mêmes l’économie, la vie quotidienne… et la justice. Les exactions et exécutions sommaires sont légion, et d’aucuns considèrent que les Iztaques ne sont pas seulement le lieu idéal pour tourner des « snuff movies » mais un snuff movie à ciel ouvert. Certaines communautés de cette population d’origine polynésienne pratiquent encore la sorcellerie et à l’inverse, d’autres se donnent pour mission de chasser les sorcières, avec la même violence.

Anarchie désorganisée, les Îles Iztaques ont néanmoins des ambitions fortes, comme le développement du tourisme, grâce à ses spots et sa faune remarquables. Mais le cœur de son activité réside dans le blanchiment d’argent et le dumping fiscal. L’opacité de cette « zone grise » permet aux gouvernements izcales de mener des actions auxquelles ils ne pourraient s’adonner sur le territoire métropolitain, le tout en accusant hypocritement les réseaux clandestins locaux.
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☀️ Les naëlles, ces femmes vierges qui murmurent à l’oreille des grands ☀️

Une naëlle

Sorcières malveillantes, prophètes dotées de pouvoirs ou escroques ? Depuis des siècles, les naëlles déchaînent les passions et ce d’autant plus qu’elles ont une place de choix auprès des puissants. Une naëlle est une femme adulte, restée vierge, généralement de grande taille, à la stature plutôt masculine et aux yeux puissants, à qui l’on prête des pouvoirs de divination. Une croyance qui puise ses sources dans les mythes téotlistes antiques, mais qui a également trouvé grâce auprès d’une communauté catholique qui glorifie la chasteté. Malgré la sécularisation de la société izcale, cette tradition est restée profondément enracinée, y compris chez les agnostiques. Généralement vêtues de robes traditionnelles, ces naëlles ne sont pas rares dans les conseils d’administration d’entreprises qui l’interrogent sur la profitabilité de leurs décisions, parfois en remplacement des cadres d’un service marketing, mais aussi grassement payées qu’eux. La parole de ces naëlles est sacrée et lorsqu’une de leurs prophéties s’avère fausse, c’est parce qu’elle se réalisera plus tard, ou parce que la naëlle n’est plus vierge.

Si la loi ne leur prévoit aucun statut à part entière, la jurisprudence a fini par leur accorder un. Ainsi, une naëlle qui n’avait pas donné satisfaction à son employeur s’est vu ordonner de faire un test de virginité (même si l’authenticité médicale d’un tel test est controversée), qui consiste à vérifier si l’hymen est toujours présent. S’il n’est plus présent, l’employeur est en droit de procéder à son licenciement sans qu’il ne soit jugé abusif, et peut parfois obtenir des dommages et intérêts. Les décideurs politiques font également appel à ces oracles au quotidien. Du fait de leur influence, elles sont vulnérables et peuvent être victimes de viol – qui leur ferait perdre ce pouvoir - voire d’assassinat. Les naëlles sont l’exemple même du syncrétisme culturel entre les communautés autochtones et les colons eurysiens. Le nom de « naëlle » est d’ailleurs tout à fait le diminutif gaélique de « Nathanaël » qui signifie « Dieu a donné » qu’une transformation du mot nahuatl « nahualli » qui signifie « sorcière », dans le bon sens du terme. De nombreuses jeunes filles, qui correspondent aux critères physiques, se destinent d'ailleurs à devenir des naëlles, étant donné le statut social qui leur est conféré et en dépit des risques, en adoptant un célibat strict. L’Izcalie regorge d’ailleurs d’écoles qui en forment, et qui dispensent entre autres des cours d’autodéfense, des sensibilisations à la chasteté qui les font dégoûter de la sexualité, et plus particulièrement des leçons de bienséance pour s’adresser du mieux possible aux hommes mais également aux femmes de pouvoir qui feront appel à leurs services.
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