06/08/2004
19:02:51
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Rencontre au sud avec le Nhorr

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☀️ Rencontre au sud avec le Nhorr ☀️
Tlalcen, petite ville au sud d'Izcalie
Mai-Juin 2004

Tlalcen, petite ville au sud d’Izcalie

Au sud de Cacahuacallah – littéralement la ville du cacao en nahuatl – la ville de Tlalcen était une petite bourgade où l’essentiel de l’activité économique se concentrait sur une seule et même rue. La ville était réputée pour ses commerces à bons prix, où l’on vendait des plaques de chocolat de piètre qualité, davantage constitués de sucre ajouté que de cacao, en grande quantité en format familial pour des sommes dérisoires. À côté, des remèdes à base de plantes médicinales aux vertus avérés ou contestés. La plupart des boutiques affichent des néons encrassés par l’amas de moustiques morts attirés par la luminosité de ces luminaires.

Oswald, d’âge inconnu et vivant de la mendicité depuis là aussi un temps indéterminé, connaissait mieux la rue centrale de Tlalcen mieux que personne, avant de repartir dormir le soir dans une tente d’une ruelle adjacente. Un matin, il raconta la scène étrange à laquelle il a assisté la vieille au soir à ses compagnons d’infortune : « Mais je t’ai dit que j’ai vu une momie toquer à la porte à la mairie… Ouais, comme en Cémétie, un truc avec plein de bandelettes. Il était accompagné d’autres gars, pas d’ici, grands, peau pâle, certains étaient blonds… ». Son meilleur ami, à qui il fit cette confidence, était interloqué : « Tu pipeautes pas un peu, toi ? », ce à quoi il répondit « Moi, jamais je pipeaute ! ».


Virgile Hualtez, maire de Tlalcen

La scène dont il a été témoin était pourtant bien réelle, Oswald avait vu la « délégation » nhorréenne, qui avait amarré dans une crique, à l’abri des regards (et des droits de mouillage exigés par le port), toquer à la porte de la première autorité locale, en la personne du maire, Virgile Hualtez, qui n’officiait pas à son bureau à ce moment-là. Le lendemain, la rumeur d’une momie qui aurait toqué à la porte de la mairie se répandit comme une traînée de poudre, jusqu’aux oreilles du maire dubitatif, qui avait l’impression qu’on se payait sa poire avec un calembour. Mais la délégation était bien revenue et le maire Hualtez se para de son écharpe mayoral pour les accueillir :

Virgile Hualtez
Maire de Tlalcen
« Messieurs, que puis-je faire pour vous ? »
1738
La rumeur de l'histoire de la momie se répandit dans les rangs des expéditionnaires Nhorréens. A vrai dire, elle fut plutôt bien reçu. Si l'homme brûlé avait en effet une tête de momie. Il avait bien plus conscience des enjeux de sa mission. L'homme brûlé ainsi que sa secrétaire et nouvelle conseillère s'était présenté avec deux autres représentants en costumes à la réunion que ce bon vieux Virgile. La réputation de l'homme brûlé avait surement déclenché plusieurs mouvements de curieux dans le but de confirmer de leurs propres yeux les rumeurs qui s'étaient répandue comme une trainée de poudre.

Son apparence défigurée tranchait avec la prestance qu'il imposait de part son costume impeccable et sa posture. Les interstices entre ses bandelettes révélait une peau craquelée comme marquée par de graves brûlures marquant tout son corps. Il baissa la tête en guise, son regard plongeant dans celui du Maire Virgile.


- "Mes respects monsieur Virgile, Nous avons voulu visiter la mairie hier soir, mais il n'y avait personne, je m'excuse d'avance pour la gêne occasionnée." Avait-il dit d'un ton poli, malgré l'intonation grave et sa voix distordue.

- "Je suis le dragon Dolan Youenn. Et voici mon assistante, Lena Brieuc." La femme baissa la tête à son tour en guise de salutation polie. C'est une femme sur la fin de la quarantaine portant des boucles d'oreilles d'une couleur dorée pâle, surement des imitations. Ses yeux trahissant une certaine fatigue à la vue de ses valises ornant le dessous de chacun de ses yeux. "Un plaisir." Dit-elle, son partenaire reprenant la suite.

"Vous avez les salutations de notre Roi, Alyster de Tual de Nhorr. Notre Roi est intéressé à l'idée de nouer des relations plus cordiales. Mais n'ayant pas le contact de votre gouvernement direct, nous avons décidés de vous rencontrer afin que vous puissiez mettre au courant votre gouvernement de nos intentions et si possible annoncer notre volonté d'établir une entrevue afin d'échanger plus en profondeur avec vos autorités."
1345
Virgile Hualtez regardait avec curiosité le personnage momifié qui se présentait face à lui, mais sans insister pour que cela ne soit pas vu comme un affront. Dans son bureau de la mairie, il servit lui-même à chacun de ses convives un verre de guaro, un alcool à base de jus de sucre à canne à sucre, que les étrangers surnomment bien volontiers la « vodka douce ». Son goût plus sucré que les autres boissons alcoolisées en faisait souvent oublier à son consommateur que c’était bien un alcool et ils provoquaient rapidement une ivresse. À l’assistante qui accompagnait les Nhoréens, le maire fit un clin d’œil au moment de la servir. Quelques cacahuètes complétaient la réception… à vrai dire, Virgile Hualtez n’était pas préparé à recevoir des dignitaires étrangers. Un stagiaire était également présent pour faire la traduction, non sans difficulté. Ses interlocuteurs attendaient à ce qu’il fasse le lien avec le gouvernement, qui n’était pas vraiment du même bord politique que lui, mais Virgile savait qu’il pouvait en tirer bénéfice pour gravir les échelons du pouvoir.

Virgile Hualtez
Maire de Tlalcen
« Je tenterai de vous donner satisfaction et vous adresserez toute ma considération pour Sa Majesté… C’est bien comme ça qu’on dit ? Vous savez, je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de m’adresser à un roi. Et en plus, si j’avais eu vent de votre visite plus tôt, je vous aurais offert bien plus que ces pauvres cacahuètes ! Mais commençons par le commencement… Que pourriez-vous me dire au sujet du Nhorr et de ses intérêts en Aleucie ? »
1840
L'effort de Virgile de tenter de mettre à l'aise Dolan et Lena était tout à son honneur. L'humble maire fit un rapide commentaire, déplorant la modestie des mets et du confort qu'il pouvait offrir. L'homme brûlé leva une main, un fin sourire se discernant entre les bandelettes recouvrant son visage. Dolan Youenn apposa une main sur sa poitrine

- "Ne prenez pas la peine de chercher à nous acheter avec du confort ou du luxe. Semblez valoir plus que ça." Le commentaire n'était pas désobligeant, le ton était amical, emprunt d'humilité. "Vous tentez de satisfaire au mieux vos invités et c'est déjà tout à votre honneur. Sot et indigne de confiance serait le diplomate qui se repose sur un minimum syndical de confort dans son travail."

En effet, des rumeurs racontent que certains Nhorréens éprouvent certains préjugés pour les diplomates et représentant non militaire et pouvaient prendre très mal les potentielles tentatives de corruptions car pouvant faire atteinte à leur honneur et par conséquent à leur image envers les autres chefs de clans Nhorréens. Fort heureusement pour Virgile, L'homme brûlé, bien qu'intimidant de part sa posture et son apparence semblait très diplomate et sympathique. Lena Brieuc prit la parole à son tour.

- "Ne prenez pas attention au dire du dragon. Ce dernier ne veut en aucun cas vous intimider, au contraire. Si nous sommes aujourd'hui venu vous rendre visite. C'est pour apporter les volontés de notre Roi, Alystair de Tual de rapprocher nos peuples. Nous pourrions commencer par un pacte de non agression. Puis quelques accords commerciaux, un traité de libre passage. Tout dépends de ce que vos autorités supérieurs en pensent et peuvent proposer."

Lena sortit d'une poche intérieur de sa veste. Une note qu'elle tendit aimablement au maire.

- "Mais n'allez pas croire que nous n'oublions pas les services rendus. Vous allez nous permettre de prendre contact avec vos autorité supérieur. Mais si vous avez besoin d'un petit coup de pouce et que nous sommes en mesure d'y répondre... Vous n'aurez qu'à appeler." La note indiquait un numéro, de quoi contacter le Roi de Nhorr en personne, spécialement pour Virgile.
1718
Officiellement, Virgine Hualtez avait été remercié par le gouvernement pour avoir joué le rôle de porte-parole dans ces circonstances assez insolites, mais laissons les affaires de l’Etat à l’Etat. Dans les coulisses, on l’a plutôt sermonné et on lui a rappelé quelle était sa place, celle d’un simple bourgmestre sans importance d’une ville pas plus importante. À la place, Amaury Montgomery, le ministre des Affaires étrangères, avait fait le déplacement pour continuer l’entrevue sur l’après-midi. Aux frais de l’Etat, on invita les nordiques à se joindre au patio d’une villa louée pour l’occasion, à l’ombre d’une chaleur caniculaire, avec bien mieux sur la table que de simples cacahuètes. Mais l’ambiance n’était pas guindée, le ministre avait fait tomber la cravate pour l’occasion, et donner à la rencontre un aspect moins formel. Après tout, un type brûlé couvert de bandelettes en avait-il quelque chose à faire du code vestimentaire ? Le ministre était un homme très à l’aise : cet ancien commissaire-priseur s’était constitué au fil du temps un réseau international, qui a été utile pour la campagne du président Trottier. Après les politesses de rigueur, et une fois tout le groupe installé, le ministre entra dans le vif du sujet :

Amaury Montgomery

Amaury Montgomery
Ministre des Affaires étrangères de la Communauté d’Izcalie
« Monsieur Hualtez m’a fait part de votre intention de coopérer avec la Communauté d’Izcalie et c’est avec plaisir que nous l’accueillons. Je pense que nous pouvons avoir des intérêts convergents, eu égard notamment aux événements de l’Empire Latin Francisquien. Les dirigeants changent mais cet Etat reste une hydre à plusieurs têtes : lorsqu’on lui en coupe une, il en repousse deux.

J’aimerais connaître votre point de vue sur le sujet, et plus généralement dans quelle politique diplomatique s’inscrit l’Assemblée des Clans Celtiques de Nhorr au niveau mondial ? »
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