26/03/2005
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Littérature : la saga littéraire du Légionnaire


Le Légionnaire est, probablement, une des plus grandes sagas littéraires mondiales. En effet, son écriture a commencé en 1943 sous la plume de Jean d’Ersy, nom de plume de Jean Rall, à l’époque simple journaliste sportif au sein du journal Le Matin. Ce dernier propose une histoire absolument novatrice, ce sur quoi nous reviendrons plus tard, qui pose les bases d’un genre nouveau : le roman d’espionnage. Jean Rall publie son roman aux éditions Denclin, une édition qui publie essentiellement des romans de gare. Le succès du premier roman mettant en scène le personnage du Légionnaire est quasiment immédiat. Ce premier roman est le succès littéraire de l’année 1943 juste derrière, Le garçon de Nazum, le récit autobiographique du diplomate hylvète, Adolf Reinhart. Le succès du premier roman entraîne l’écriture d’une suite. Jean Rall reprend sa plume pour accoucher, toujours sous le pseudonyme de Jean d’Ersy, de l’excellent (pour tout amateur de roman d’espionage) Fluide Glacial. Cependant, d’un point de vue idéologique, le roman est déjà très critiqué. En fait, Jean Rall est un anticommuniste notoire et un sympathisant fasciste. Ce deuxième roman voit donc, le Légionnaire faire équipe avec une guérilla fasciste dans un pays fictif mais dont la ressemble avec les Etats communistes d’est Eurysie est troublante. Néanmoins, ce deuxième roman est un succès. Jean Rall quitte alors son travail de journaliste pour se consacrer intégralement à l’écriture de ses romans. Il publie sept autres romans dont le dernier se nomme Rideau pour le Légionnaire. C’est le cas de le dire, fatigué de son personnage, Jean Rall le tue. Il clôt sa saga par ces mots :

« Le Légionnaire marqua une pause, baissant le regard vers sa plaie, il su qu’il ne pourrait pas aller bien loin. Il soupira. Il démarra sa voiture, appuya sur la pédale et fondit vers le soleil couchant. Le sourire aux lèvres, il sombra lentement dans les ténèbres. Ainsi, le Légionnaire trouva le repos qu’il espérait tant dans une dernière course. Le destin avait eu raison de lui. Repose en paix Légionnaire. »

Rall
Jean Rall (1921 - 1961)

Le Légionnaire mort, Jean Rall meurt aussi. En 1961, il est percuté par une voiture en sortant de sa villa à Vevey. Il meurt sur le coup. Sa mort semble mettre un point final à un possible retour du Légionnaire. Mais le contrat fait du Légionnaire, un personnage indépendant de la plume de
Jean Rall. Désormais Denclin cherche un nouvel auteur pour insuffler un nouveau souffle dans la saga du Légionnaire. C’est Werner Doderer qui choisit par Denclin. Werner Doderer traîne un long bagage littéraire derrière lui. Après des études de lettre et un poste de professeur de littérature médiévale à la Faculté de Vern, il change de carrière pour se consacrer à l’écriture d’un roman fleuve mettant en scène Giorno Di Stello, un noble tessinois du quinzième siècle, dans une quête de vengeance et d’amour. Le roman emprunte autant au roman de chevalerie, à l’érotisme, au roman autobiographique et à la philosophie. Le Prince est un succès littéraire mitigé, il est vrai que ses 2567 pages sont un véritable repoussoir pour qui veut lire pour se divertir mais l’intérêt est né pour le public. Ensuite, il publie deux romans mettant en scène le Commissaire Morf dans deux intrigues policières complexes. Morf est décrit par son auteur dans une interview de 1971 comme l’anti-Légionnaire. Et c’est le cas de le dire mais cela nous le développerons après. Il publie ensuite une douteuse romance historique sous le pseudonyme de Cecil Clèves. Le roman sera un succès auprès du lectorat féminin, il recevra le Prix du Meilleur Roman pour Femmes de 1959. Doderer reprend ensuite l’enseignement à l’université de Mont-Pèlerin en 1960. Il annonce mettre fin à sa carrière d’écrivain. Mais c’est dans le même temps qu’il est contacté par Denclin pour reprendre l’écriture du Légionnaire.

Après de longues hésitations, Doderer accepte à deux conditions. Premièrement, il ne signe qu’un contrat pour trois romans. Deuxièmement, il se refuse de ressusciter le Légionnaire de Rall. En effet pour lui, le Légionnaire est mort et le ressusciter serait contraire à la mémoire de Rall. Il conçoit alors un personnage totalement différent du premier Légionnaire. Ce nouveau personnage est un espion cynique, misanthrope et manipulateur. Alors que son prédécesseur était un espion jovial, séducteur et défenseur des opprimés. En 1963, il met un point final au retour du Légionnaire sur le marché littéraire avec L’affaire des crocodiles. Le roman met en scène ce nouveau Légionnaire, qui hérite du nom de code de l’ancien, il se rend en Ouroundie pour démanteler un réseau communiste. Le roman est aujourd’hui critiqué pour son racisme décomplexé. Pour preuve, le mot « nègre » se retrouve 178 fois dans un roman de 355 pages. Son succès est mitigé. Les critiques sont froides. Le personnage ne plaît pas, trop sombre, trop méchant. Cependant, Doderer va au bout de son contrat et accouche dans la foulée des deux autres romans promis, Cap hylvète et Carnage à Paradis. Le succès de la nouvelle saga est toujours mitigé bien que, sur les consignes de son éditeur, Doderer ait opéré un léger changement de ton et de personnalité pour le Légionnaire. Le fait qu’il se marie à la fin de Carnage à Paradis démontre bien un changement. Doderer n’est pas renouvelé dans son contrat. Il écrira pendant cinq ans encore avant de mourir un AVC en 1973. Denclin compte bien redorer le blason du Légionnaire et engage alors un jeune écrivain très prometteur, Sandro Herren.

Doderer
Werner Doderer (1912 - 1973)

Sandro Herren est, jusque là, l’auteur de trois romans d’espionnage où il met scène le capitaine Plouvier, un espion au service de la Fédération d’Albel. Le succès n’est pas au rendez vous et endetté, il accepte le contrat de Denclin avec satisfaction. Son contrat doit durer deux romans. Il change une nouvelle fois de personnage. Son Légionnaire est un homme de bon goût, aristocrate, amateur de belles femmes, rusé et qui joue aussi bien de la gachette que du piano. Il en fait un espion au service de la Confédération. Son premier roman se nomme Péril rouge chez les jaunes. Au-delà d’un titre douteux, le roman raconte l’arrivé du Légionnaire en Jashuria pour retrouver un espion et ami albelois disparu en plein de cœur de la jungle. Il se retrouve à déjouer un complot contre le président du pays, tue un paquet de communistes, sauve son ami, sauve le pays et couche avec la fille à la fin. Ce roman est clairement moins profond que ses prédécesseurs mais le succès auprès du public est immédiat. Il se lance dans la foulée dans l’écriture du deuxième roman de son contrat. Qu’il intitule Coup de chaud au Pharois. Le roman est bien plus subtil que le premier mettant en scène, une course poursuite infernale en pleine banquise entre le Légionnaire et une charmante archéologue du nom de Marie pour retrouver un sous-marin, contenant des informations pour accéder à une base secrète sous-marine où se déroule des expériences génétiques en vue de créer un surhomme, dérobé par une organisation terroriste. A la fin, il massacre un paquet de terroristes (qui s’avèrent être des communistes), sauve le monde, couche avec la fille. Cependant, le roman est dans sa construction un roman à enquête et de survie plus qu’un véritable roman d’espionnage. Le carnage du chapitre final est cependant au-delà de toutes attentes. Il est extrêmement violent pour l’époque et manque de peu d’être censuré. Mais, le gouvernement de l’époque intercède en faveur du roman. Le premier ministre de l’époque, Lorenzo Briner (PSD), étant un grand amateur du personnage. Face au succès du roman, les éditions de Denclin décide de prolonger le contrat de Sandro Herren pour trois romans : Opération Harpon, Du rififi dans les îles et Nouvelle Etoile. Herren tente de nouvelles choses. Nouvelle Etoile est un roman de science fiction où le Légionnaire s’envole pour l’espace avec une astronaute pour déjouer un complot terroriste dont la base se trouve sur la Lune et qui est le fruit du cerveau d’un milliardaire fou. Le public est toujours au rendez-vous et Herren continue dans sa lancée.

Herren
Sandro Herren (1942 - 2001)

Pendant ce temps-là, le cinéma lorgne sur le succès du Légionnaire et une première adaptation avec l’acteur hylvète Waldo Ruppert est mise en marche en 1969. Pour ce premier essai au cinéma, il est décidé d’adapter le premier roman de Jean Rall, Le voyage du Légionnaire en modifiant un peu le scénario. Là où le roman se déroule se déroule en Nazum, le film se déroulera en Arkencheen. On remplace le caricatural Docteur Yang par le chef mafieux Suarez et on étouffe le personnage. Le rôle sera campé par l’acteur arkeenchenois, Orlando Rubio. Le film est succès. Et on lance dans la foulée l’adaptation d’un autre roman de Rall, Un train pour Clairefeu, en 1972. Le film modifie le scénario du roman pour en faire, une course poursuite à bord d’un train plutôt que le navire à aubes comme dans le roman. Puis, on adapte le troisième roman, Pas de paix pour les Judas, nouveau succès. Les films s’exportent très bien à l’étranger. Le personnage du Légionnaire, y est différent des romans, sorte de fusion entre le Légionnaire de Rall et celui de Herren. On adapte d’ailleurs L’affaire des crocodiles de Doderer avec ce personnage unique. Le résultat en est assez étrange. Le personnage coulant difficilement avec la situation très sérieuse du film, étant dans une espèce de perpétuel décalage avec l’action. Mais le film demeure un succès malgré son côté nanar.

Ruppert
Waldo Ruppert (1930 - )

Du côté romanesque du personnage, Herren est reconduit pour deux autres romans. Ce seront ses derniers. Il publie en 1978 Hotêl Désir et son dernier roman mettant en scène le Légionnaire en 1979, Nouvelle aube pour le Légionnaire. Le roman est déchirant. Il signe la fin d’une époque pour Herren et son personnage. Le roman narre la passible retraite du Légionnaire dans les montagnes hylvètes où il finit par être confronté par le fils d’un ancien ennemi. Le Légionnaire prend la décision de se sacrifier pour sauver ceux qu’il aime. Il meurt comme son prédécesseur, sourire aux lèvres avec la satisfaction du devoir accompli. Sandro Herren, devenu riche et célèbre, il poursuit sa carrière littéraire par une séried e succès dans le roman d'espionnage en mettant en scène un nouveau héros, Heinrich Hallen. Il s’installe dans une villa à Konstanz où il meurt en 2001 sans pouvoir achever son dernier roman, Le Pardon, la fin sera écrite par Markus Haulte sur la base des notes de Herren. Le roman raconte le retour d’un espion du nom de G. dans sa ville natale après avoir été trahi par sa hiérarchie, il cherche à renouer contact avec sa famille qu’il a dû laisser derrière lui avant que la vengeance et le destin ne viennent de le rattraper.

Denclin a trouvé depuis 1978 le successeur de Sandro Herren. Philippe Arceneaux. C’est un jeune écrivain qui a débuté sa carrière à cinquante un ans avec un roman d’espionnage mettant en scène un infiltré dans un groupuscule communiste. Le roman est extrêmement réaliste et détaillé. Pour cause, Philippe Arceneaux ne se nomme pas Philippe Arceneaux, il est en réalité un ancien espion des services secrets hylvètes qui a opéré autour du monde. Son contrat avec Denclin stipule qu’il devra écrire deux romans. Pour Arceneaux, la série doit prendre un nouveau tournant. La série se doit d’être une saga réaliste, fourmillante de détails, de réflexions. L’observation prend la place de l’action. Les scénarios tordus à base de voyage spatial sont remplacés par des histoires complexes imbriquant des dizaines de protagonistes. Denclin se retrouve surpris lorsqu’Arceneaux rend la première version de son roman, longue de 789 pages. Denclin lui demande de réécrire certains pages, de rajouter de la romance et un peu plus d’actions. Après deux autres aller-retour entre Denclin et Arceneaux, le roman est publié en septembre 1982 sous le titre La Taupe. Le roman met en scène une nouvelle vision du Légionnaire. Arceneaux en fait un personnage sérieux, froid, calculateur, discret, assis le plus souvent dans un bureau que sur le terrain. L’histoire raconte comment la traque d’une taupe au sein des services secrets hylvètes. C’est un roman d’avantage psychologique où tout se joue sur le détail qu’un véritable roman d’espionnage. Le public n’est pas au rendez-vous. Denclin met Arceneaux à la porte. Le roman va acquérir à mesure des années la réputation d’être le meilleur roman du Légionnaire si l’on cherche de la réflexion et du mystère. Le roman pose en partie les bases du renouveau du thriller psychologique, ce qui va inspirer une génération entière de scénaristes et d’écrivains. Le roman est souvent cité comment étant le meilleur d’un point de vue qualitatif. Arceneaux poursuivra sa carrière jusqu'à sa mort en 1993, il est assassiné au cours d’un cambriolage. De nombreuses théories veulent que ce cambriolage soit un assassinat déguisé. Arceneaux serait mort en espion.

Arceneaux
Philippe Arceneaux (1939 - 1993)

Après le renvoi d’Arceneaux, Denclin se met à la recherche du prochain écrivain qui mettra en scène le Légionnaire. Le choix de la maison d’édition s’arrête sur Luc Howald. Ce dernier est un écrivain déjà fort du succès de ses trois derniers romans : des polars noirs mettant en scène des histoires violentes, de sexe, de règlements de compte sur fond de western à la hylvète dans les montagnes. Luc Howald est promis à un grand avenir littéraire. Il est à la base critique de jazz et critique de jeu de société pour le magazine Metal, un magazine pulp publiant de la bande dessinée, des histoires de jeunes auteurs, des critiques musicales et de jeu de rôles. La plupart des auteurs qui y sont passés sont aujourd’hui mondialement réputés, surtout dans le domaine de la BD. Le plus connu étant sans doute, Michel Valnoir, l’auteur de la saga d’héroïque fantasy, La Compagnie des Flammes. Luc Howald évolue dans ce monde pulp et métalleux, ce qui se ressentira dans sa manière d’écrire et de mettre en scène le Légionnaire. Ses romans sont pulp, hérité d’une littérature aux accents mis sur l’innovation, la rudesse et la violence. Le Légionnaire n’est plus un espion mais un ex-espion reconverti dans le mercenariat pour le compte de dictatures ou d’Etats autoritaires. Le Légionnaire devient un être froid, cynique, violent, misogyne (il viole la fille d’un chef de guerre qu’il a tué), raciste sur les bords et cruel. C’est un antihéros. Le premier des deux romans se nomme Fin de carrière. Il met en scène le Légionnaire prenant part à un coup d’Etat en Afarée ce qui le conduit à liquider tous les opposants au nouveau dictateur. Le roman est ultra-violent et extrêmement cru, rien ne nous est épargné. Le roman sera vu comme libérateur aux débuts des années 80. Publié en 1984, il sera un succès absolu. Le Légionnaire en sera à jamais changé. Le second roman ira encore plus loin, mettant en scène un duel façon western dans un village en ruine en Arkencheen. Ce roman sera publié sous le titre de Noir temps pour la Mort. Ce sera un nouveau succès. Il est couronné du prix littéraire hylvète 1986. Il accepte d’écrire un nouveau roman mettant en scène le Légionnaire : Le Légionnaire, le Truand et le Salaud. Le roman raconte comment le Légionnaire se retrouve au centre d’une vente de drogue internationale qui tourne mal, se retrouvant traqué par un truand et un salaud. Le roman est novateur dans la mesure où il propose une multiplicité de points de vue et de versions sur les événements du roman. Howald choisit de ne pas renouveler son contrat et poursuit sa route de son côté. Il publiera une six romans avant de mourir d’un cancer fulgurant en 1999.

Howald
Luc Howald ( 1946 - 1999)

Du côté cinéma, les adaptations continuent avec un scénario original en 1977 nommé Trouble sur le Thaon. Le Légionnaire est toujours celui de la version cinéma. Trouble sur le Thaon sera adapté en roman en 1990 sous le nom de Paix à Héraclée par Antoine Lajoie. Le roman reprend là où s’arrête le film, relançant le Légionnaire alors espion pour le compte des services secrets hylvètes dans le démantèlement d’un réseau terroriste islamiste qui cache un trafic d’armes bactériologiques. C’est un nanar littéraire. Le pire scénario devant le Légionnaire sur la Lune. Le film est assez médiocre. La décision est prise de poursuivre les adaptations de romans avec un changement d’acteurs, le rôle du Légionnaire passant de Waldo Ruppert à Leon Hundsberger. Il incarnera le rôle pour six films. En 1981, Opération Harpon, c’est un succès qui fonctionne avec toujours la même recette. En 1984, Opération Nouvelle Lune est une adaptation libre du roman Nouvelle Etoile de Sandro Herren. Hôtel Désir est adapté en 1987 pour le cinéma. Cependant, nous ne veut pas se presser pour adapter le dernier roman de Sandro Herren car cela signifierai tuer le personnage joué par Leon Hundsberger. La décision est donc prise d’écrire un nouveau scénario original du nouvel auteur, Arthur Rösli. Ce scénario original se nomme Le flambeur, il raconte l’infiltration du Légionnaire dans un casino pour récupérer un microfilm détenu par un espion renégat fortunéen contenant des documents pouvant faire tomber des dizaines de gouvernement. Le film se déroule intégralement dans un casino fictif de la ville de Konstanz. Le film, sorti en 1990, est un succès, empruntant de nombreux éléments à La Taupe de Philippe Arceneaux. 1992 voit la nouvelle adaptation de Fluide Glacial sous un air beaucoup plus sérieux mettant l’accès sur le film de survie. Le succès est mitigé du fait de cette mise en scène. En 1994 sort le dernier film du Légionnaire avec Leon Hundsberger, La mort du Légionnaire est une libre adaptation de Nouvelle aube pour le Légionnaire.

Hundsberger
Leon Hundesberger (1943 - )

Du côté de la littérature, les éditions Denclin mettent deux ans avant de trouver un digne successeur à Luc Howald. Il s’agit de Rafael Lenzi. C’est un écrivain à succès. Il a déjà trois romans à son actif et est un auteur de best-seller. Ces romans sont des thrillers et des romans noirs dans la droite ligne de ceux d’Howald. Il décide de poursuivre sur cette ligne. Cependant, il fait de sa version du Légionnaire, un espion au passé trouble, aristocrate comme chez Herren mais cynique comme chez Howald. Il place son intrigue en 1970. Une première puisque les auteurs s’étaient toujours contentés d’en faire un contemporain. Il a signé pour deux romans. Le premier se nomme Fiesta à Pomosejo. Il met en scène un Légionnaire désavoué par sa hiérarchie pour un crime dont il est innocent. Le roman raconte la traque du véritable coupable, un espion albelois renégat travaillant pour le compte du Fantôme, une organisation de terroristes freelance. Son deuxième roman se nomme Bon baiser d’Eurysie est met en scène la suite de la traque Fantôme. Les deux romans auront un grand succès. En 1996, Rafael Lenzi publie son troisième est dernier roman mettant en scène le Légionnaire. Il a pour titre Aller simple pour l’As. Le roman se conclut sur la mort du Légionnaire, assassiné par une tueuse à gage et femme fatale.

Lenzi
Rafael Lenzi ( 1959 - )

Le contrat de Lenzi ayant pris. Lenzi ayant tué son Légionnaire, tout est à refaire. Et pour la première, Denclin choisit une femme pour mettre en scène le Légionnaire. Elena Ernst est une auteure d’une série de romans d’espionnage mettant en scène Clara, une femme fatale outil du gouvernement hylvète pour protéger ses intérêts. Le contrat stipule deux romans et une prolongation en cas de succès, c’est-à-dire, 500 000 ventes par roman dans le monde entier, ce qui était la norme pour la série jusque là. Le premier roman se nomme Concerto pour le Légionnaire. Ernst reprend le Légionnaire mercenaire d’Howald et de Lenzi. Cependant, elle change le caractère pour en faire un homme plus sensible que son prédécesseur, un espion désavoué qui cherche à réintégrer les rangs de son agence et qui vit de contrat de protection rapprochée. C’est une espèce de raté, un brun naïf et jovial. Le roman reçoit un accueil mitigé. Le personnage d’Ernst ne parvient pas à convaincre. Son style et son scénario sont bien en dessous de ceux écrient par Howald et Lenzi pour ne citer qu’eux. Pour ne rien arranger, le deuxième roman de Ernst, La route du paradis reçoit un accueil encore plus froid que son prédécesseur. Mais ce ne serait pas lui faire justice. Le roman est bien mieux que le premier. Il met en scène le Légionnaire infiltré dans un réseau terroriste dont le but est de provoquer la chute d’une démocratie afaréenne pour s’emparer des mines de diamants du pays. Le contrat n’est pas renouvelé.

Ernst
Elena Ernst (1962 - )


Du côté du cinéma, trois scénarios originaux se suivent avec Théo Gassner dans le rôle principal. En 1999, Le valet de carreau, Panique dans les tropiques en 2002 et Fantôme en 2004, ce dernier étant une libre adaptation des romans de Lenzi. Un quatrième film avec Gassner est prévu pour 2006, il s’agirait d’un nouveau scénario original.

Gassner
Théo Gassner (1964 - )

Du côté du roman, Denclin a pris une pause dans la publication du Légionnaire après la douche froide des œuvres d’Elena Ernst. En 2002, le Légionnaire revient, sous la plume d’Andrea Mettler, dans un roman intitulé Retour au paradis. Le roman connaît un succès fulgurant. Le roman met en scène le Légionnaire mercenaire recruté par les services secrets albelois pour éliminer un ressortissant communiste, pouvant vendre des informations à l’Arkencheen, mais l’exécution dégénère et le Légionnaire se retrouve avec des centaines d’assassins à ses trousses. Un second roman est attendu pour le courant 2006.

Mettler
Andrea Mettler (1964 - )

Qu’est ce que le Légionnaire ? Un personnage complexe et changeant sous la plume de ses différents auteurs pour à chaque fois des histoires uniques mêlant de nombreux genres littéraires. Il n’a pas d’identité nominale, uniquement une personnalité et des pseudonymes. C’est un succès populaire, mondialement connu et apprécié pour sa différence et sa liberté de ton. C’est une des œuvres majeurs du siècle dernier et l’on est en droit d’espérer une suite toujours plus glorieuse pour l’espion et mercenaire hylvète le plus célèbre.
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Une rapide histoire de la bande dessinée hylvète

L’histoire de la bande dessinée prend ses racines dans le dessin de presse. En effet, le développement de la presse dès les années 1750 et les lois de liberté de la presse, on permit la naissance du métier de caricaturiste. De la simple case et de la simple satire, la caricature a évolué et s’est vu prendre une importance croissante. De simple objet d’illustration, elle est devenue un objet à part dans la presse. Devenant un moyen d’expression à proprement dit. Au début du XIX° siècle, on note la naissance de plusieurs journaux entièrement dédiés à la satire et la caricature. Ces journaux proposent alors un nouveau format : un page complète d’une dizaine de cases mettant en scène une histoire courte à but humoristique. La planche de bande dessinée est née. Cependant, l’auteur fait usage d’un trait simpliste. En effet, les techniques d’imprimeries de l’époque rendent absolument impossible la reproduction d’un dessin complexe pour une diffusion massive. On parle de milliers de tirages par semaine pour les plus gros journaux comme le L’hylvète se déchaîne ou Le satire illustré. Toujours est-il qu’un dessin complexe nécessite une reproduction manuscrite, ce qui pour des tirages massifs est impensable. Cependant, des journaux locaux emploient cette technique mais c’est là, un gouffre financier qui pousse les journaux à investir dans des presses. Les premiers changements s’effectuent à partir des années 1850 avec les progrès de la lithographie. On peut désormais imprimer en couleur, les couleurs de bases, il est vrai, mais cela marque un important tournant. Les journaux proposent des suppléments illustrés destinés aux enfants dans lesquels sont racontés des récits d’aventures comme le roman Les Mousquetaires qui est publié en roman feuilleton dans le journal Le populaire en 1849, et qui paraît avec un supplément illustré, mais là encore, l’image ne se dissocie pas du texte, d’autant que l’on illustre que certains passages.

Créa
Caricature créationniste, 1888, tiré du journal La Croix

Cependant, une idée née dans la tête d’un homme, Niklaus Salzner. Salzner est un illustrateur né en 1821, il est connu pour avoir, en partie, illustré Les aventures du capitaine Conrad et Crimes impossibles, deux romans feuilletons qui sont les piliers de deux genres littéraires : l’aventure et le policier. Salzner entreprend avec l’aide de son ami écrivain, Töbe Kipfer, connu pour avoir écrit Les contes de minuit publié en 1847 dans le journal Le petit hylvète, un hebdomadaire à destination des enfants, d’écrire et de dessiner une histoire où l’image n’est pas un support pour le texte mais où l’image et le texte ne font qu’un. Ils publient en 1851 dans Le petit hylvète : Les exploits d’Héraclès, une bande dessinée racontant l’histoire d’Héraclès. Le numéro 67 du journal est succès phénoménal, douze tirages sont nécessaires pour satisfaire la demande (un tirage représente 3000 numéros). Le journal fait paraître une page par semaine pendant trois ans. Un volume relié est publié par an, regroupant 50 pages à chaque fois. Les personnages s’expriment dans des bulles. L’image n’est plus une illustration du déroulement du texte. L’image est devenue un texte que le lecteur doit crypter pour comprendre le déroulement de l’histoire. Le succès se poursuit durant trois années et la conclusion de l’histoire. Salzner n’aura pas le temps de profiter de son succès et de sa fortune, il meurt d’épuisement en 1855, la faute au rythme de parution et à la quantité de travail demandée. Kipfer continue son travail d’écrivain avant de mourir en 1861 de mort naturelle. Les deux hommes laissent derrière eux une nouvelle voie. Les exploits d’Héraclès se diffusent dans le monde, d’abord dans la République de Fortuna et au Magermelk dans les années suivantes. La bande dessinée est traduite dans le monde entier à partir des années 1860 grâce au processus de colonisation qui se met en route. L’impact Salzner et Kipfer est incalculable.

La nouvelle voie d’expression ouverte par le duo conduit de nombreux jeunes artistes à se lancer dans la bande dessinée. De nombreux hebdomadaires uniquement destinés à la bande dessinée voient le jour. Dès 1855, on compte 23 journaux hebdomadaires destinés à la bande dessinée. De nombreuses œuvres sont publiées, comme Thurgall l’hylvète ou Michel la souris. Il s’agit d’œuvres à destination du jeune public. Elles rencontrent un succès populaire grandissant, les plus gros journaux atteignent 20 000 tirages par semaines. Cependant, la bande dessinée est souvent destinée à un public bourgeois car le prix du journal est élevé, 3 anciens écus en moyenne en 1863, ce qui représente presque une journée de salaire pour les classes les plus pauvres. Dans le même temps, on voit apparaître les premières bandes dessinées à destination des adultes. De nombreux numéros commencent à circuler sous le manteau. En 1870, le gouvernement conservateur, qui craint de voir la littérature classique être supplantée par la bande dessinée, fait passer une loi limitant le commerce de la bande dessinée et une autre loi qui censure partiellement les bandes dessinées érotiques, qui commencent dès lors à circuler sous le manteau avec des contenus de plus en plus osés. Plusieurs dessinateurs sont emprisonnés pour outrage aux mœurs dans les années qui suivent. Des ligues conservatrices se forment pour lutter en faveur d’une interdiction totale de la bande dessinée. Mais rien n’y fait, la bande dessinée continue sur sa lancée pour finir le siècle sur un carton absolu.

Le début du XX° siècle marque la spécialisation des journaux dans un genre précis, on retrouve les romans feuilletons et les bandes dessinées policières dans Délit, l’aventure est publiée dans Le petit aventurier, des bandes dessinées d’horreur et d’épouvante sont publiées dans Etranges histoires au côté de grandes romans feuilletons qui marquent le début de la fantasy comme Le mythe de Sora et des Dix Lunes de Benjamin Zürn, Barbare de Waldo Gutjahr, Le roi crâne de Elias Murri ou des nouvelles horrifiques de Simon Placide, père du genre de l’horreur. La science fiction est publiée dans L’universel. Les auteurs sont de plus en plus libres d’entreprendre d’écrire les histoires qui leur plaisent même si la plupart du temps, il s’agit d’un travail alimentaire, écrit à la va-vite, sous cocaïne. Pourtant, ces hebdomadaires sont des succès populaires, ce qui permet d’établir les premières baissent du prix du journal. Les plus gros tirages sont à 45 000 exemplaires. C’est une page culturelle qui s’écrit. Les années 1920 achèvent ce tournant. Plusieurs associations conservatrices luttent tant bien que mal pour limiter les parutions mais lorsque la génération qui arrive en politique et dans le militantisme est une génération qui a été bercée par ces histoires, les chances de lutter contre reviennent à être nulles. Cependant, les œuvres reliées ne sortent que bien plus tard en ce qui concerne la bande dessinée. En effet, l’impression coûtent affreusement chère pour des ventes qui ne dépassent jamais le millier d’exemplaire vendu, la faute à un prix trop élevé et une demande quasi-inexistante puisque les numéros des journaux peuvent être conservés.

Surhomme
Surhomme, édition de 1995, édition Imaginaire Hylvète

Le début des années 1920 voit la naissance d’un nouveau genre qui va conquérir les foules : le genre du super-héros. En 1921, Le Gardien de la nuit paraît pour la première fois dans le numéro 33 de l’hebdomadaire Etranges histoires. L’histoire est celle d’un mystérieux justicier qui veille sur les citoyens de la ville de Vern lorsque le jour s’achève, on suit l’enquête du commissaire Joss pour remonter jusqu’à l’homme derrière le masque. Le Gardien utilise une panoplie de gadgets ainsi que des armes pour lutter contre le crime. Bientôt, le Gardien est amené à lutter contre les premiers « super-vilains » que sont l’Hirondelle, Homme-Bête et le Docteur Jakob. Le succès de la série conduit à la création de nombreux autres super-héros et cela jusqu’à nos jours avec des licences comme Renart, Surhomme ou Amazone. Les super-héros forment un genre populaire et alors, se développent de nouveaux journaux qui se spécialisent dans l’édition à moindre prix d’aventures super-héroïques. De nombreuses licences aujourd’hui cultes voient le jour et sont perpétuées jusqu’à aujourd’hui. Le succès de la bande dessinée est total mais le début des années 1940 marque le début de l’essoufflement du genre et son renouveau.

Gardien
Le Gardien contre l’Hirondellle, édition de 1981 dans le magazine Metal.


En effet, début 1940, une crise touche le milieu de la bande dessinée : les conditions de travail se font de plus en plus déplorables. Les journaux et les éditeurs sont devenus de plus en plus avides de profit. Ce qui conduit à une explosion de la cadence de publication au détriment de la qualité. Le marché est également devenu beaucoup trop vaste, les sous-genres pullulent créant des publics de niches rendant de nombreuses éditions trop peu rentables pour être poursuivies. 1942 voit la disparition du journal L’universel qui dépose le bilan mettant une dizaine d’auteurs au chômage. Un syndicat est lancé la même année pour protéger l’auteur et demander des changements radicaux dans la production de la bande dessinée. Les éditeurs refusent et une grève générale est déclenchée en juin 1942. Aucun journal ne paraît pendant les trois mois qui suivront, les mois d’été étant les plus rentables, de nombreux journaux se retrouvent à genoux et doivent faire des concessions. Puis, toute l’industrie suit à contre cœur. D’autres auteurs décident de créer leur propre magazine de bande dessinée : NEO en 1943. Le journal fait face à la rude concurrence de l’industrie qui décide de tout mettre en œuvre pour couler le journal indépendant. Le succès est au rendez-vous malgré des histoires toujours plus violentes et à destination d’un public de plus en plus adulte. En réalité, NEO suit son public qui a grandi. Des enfants qui sont désormais âgé de vingt ans et qui lisent encore de la bande dessinée. Le magazine crée un nouveau marché, celui de la bande dessinée à destination des adultes. Les contenus de plus en plus explicites permettent de faire revenir sur le devant de la scène les bandes dessinées érotiques dans des magazines spécialisés mais une nouvelle loi de censure de la presse pornographique vient mettre un coup d’arrêt à ce nouveau marché. De même que les ligues conservatrices parviennent à obtenir une interdiction d’achat au moins de vingt et un ans les magazines estampillés adultes. On assiste à la naissance de la classification qui demeure encore aujourd’hui en place.

Conan
Hull, héros de la série Barbare, représente le celte primaire, guerrier viril et séducteur. Dessin de Magnus Altmann, NEO, 1956.

Cependant, la stricte application de la loi sur la classification voit une nette baisse du chiffre d’affaire de plusieurs maisons d’éditions et journaux qui se retrouvent alors contraints de déposer le bilan car cette baisse étant combinée avec le climat général. On assiste à de nombreux départs d’auteurs et à la naissance de maisons d’éditions indépendantes. Mais les droits des anciens licences étant détenus par les maisons et non par les auteurs voient le début d’un long conflit judiciaire qui aboutira à la récupération d’une partie des droits mais la disparition définitive de nombreuses licences de la bande dessinée. Dans le même temps, les nouveaux journaux et les nouvelles éditions se confrontent à la réalité et souffrent d’un marché ultra concurrentiel combiné à une crise économique qui aboutit à une baisse du chiffre d’affaire conséquente marquant la fin de l’aventure pour des dizaines de journaux. D’anciennes maisons d’éditions en profitent pour racheter à bas coûts des licences comme Le Gardien de la nuit ou Barbare sans pour autant redonner au marché sa grandeur passée. NEO s’en tire le mieux parmi les indépendants et profite de la faillite des concurrents pour recruter de nouveaux auteurs et diversifier son catalogue en proposant des formules pour les enfants et pour les adultes. NEO s’octroie peu à peu le monopole en diversifiant son offre, tout en tentant de garder son image d’indépendance et de liberté de ton. 1950 s’ouvre sur un marché qui voit désormais une lutte entre plusieurs géants : NEO, Incal Editions, Imaginaire Hylvète et Odyssée.

Les décennies 50-70 voit l’affrontement de ces différents groupes. Cependant, NEO en précurseur de la diversité et disposant de nombreux titres phares se positionne au-dessus de la concurrence. Mais l’hégémonie ne dure toujours qu’un temps et la réplique est brutale. Incal Editions aligne de nouveaux titres et grâce au développement d’une stratégie marketing et avec l’essor de la télévision parvient à exporter son média sur de nouveaux médias. Notamment à la radio ou la télévision pour des adaptations d’un titre phare, Le crime ne paye pas !. La diffusion massive permet à la maison d’édition de rattraper son concurrent, de recruter de nouveaux auteurs influencés par la génération précédente et qui crée de nouveaux titres pour la génération suivante. Imaginaire Hylvète s’ancre dans la bande dessinée d’aventure, le policier et le genre super-héroïque avec un titre toujours culte : Surhomme crée par Mathis Luy en 1938. L’auteur entre dans la maison d’édition est entame un titanesque travail de genèse qui conduit à un univers étendu et d’une importance cosmogonie. Luy avec une dizaine d’auteurs créent une quarantaine de héros, les réunissant dans un même univers. Bientôt par l’abondance de ses titres, Imaginaire Hylvète rattrape l’avance prise par ses concurrents. Odyssée demeure à la traîne avec des titres qui se ringardissent à mesure qu’une nouvelle génération émerge sur le marché. Elle parvient néanmoins à se maintenir à flot avec des titres à destination de la famille avant de prendre un virage avec Odyssée Noire, un magazine regroupant de nouveaux titres et licences à destination de la tranche des quinze-vingt ans. Les cultes Route furieuse, l’histoire d’un homme solitaire roulant sur les routes après l’apocalypse, et Mad Dog Churchill, qui raconte l’histoire d’un savant armée d’un fusil à lunette qui défend sa propriété contre des hordes d’aliens, y sont publiés mais un virage prit trop tard condamne l’hebdomadaire à devenir un mensuel et à se séparer de nombreux auteurs. Le magazine est contraint d’abandonner la course.

Valnoir
Valnoir, scénariste de la série Mad Dog Churchill, une histoire de science fiction absolument rocambolesque et riche d’idées


La décennie suivante est marquée de nouveaux arrivants sur le marché. On assiste dans un premier temps à la naissance de nouveaux magazines qui se démarquent par une créativité nouvelle, renversant les acquis et les codes de la bande dessinée. De nouveaux noms apparaissent qui marqueront le monde de la bande dessinée : Eric Fawer, l’auteur de Ravage publié à partir de 1971, un super-héros ultra violent (pour l’époque) qui n’hésite pas à tuer pour accomplir son devoir, Ravage est un héros crypto-fasciste qui ne s’embarrasse pas des questions sur le bien ou le mal et même de la loi. Son succès alertent les organisations de gauche tentent de répliquer sans grand succès. Ravage affrontera le Gardien et Surhomme dans une trilogie devenue culte. Dans le même temps, un nouveau héros voit le jour, Simone Giove, héros de la bande dessinée éponyme qui s’inspire librement des récits autobiographiques de l’aventurier Jan Sager, Un hylvète autour du monde publié à partir de 1901, dont nous parlerons une prochaine fois au vue de son importance fondamentale dans la littérature hylvète. Le succès est total car l’œuvre propose un récit véritablement mature sur le monde qui nous entoure, l’œuvre compte aussi sur son goût pour l’aventure, l’histoire, les chasses aux trésors, la piraterie et la séduction pour un résultat unique mettant en scène les aventures d’un marin qui va là où le guide le vent et l’appel de la mer.

Corto
Simone Giove, marin libre, aventurier et homme à femme.

Dans le même temps, on assiste à un renouveau de la science fiction avec des titres comme Duna publié à partir de 1973 de Wenert Lobsinger où l’on suit une chasseuse de prime dans un monde post-apocalyptique, qui passe de contrat en contrat tout en essayant de mettre la main sur Ace, l’homme qui lui a arraché sa famille. Leo Wenger et Finn Trüssel commencent la publication de Ad Astra la même année. Ad Astra raconte la course poursuite pour mettre la main sur l’Origine, un artéfact mystique qui fut la première chose de l’univers. On y suit la quête de D d’un tueur solitaire dans l’Empire, déterminé à mettre la main dessus pour éliminer l’Omniscient-Empereur. Tout au long de sa quête, il fera face à de nombreux dangers dont le Méta-Guerrier, un chasseur de prime réputé pour être la plus puissante créature qui existe. Le succès de ses deux œuvres est phénoménal et conduit à des univers étendus tout aussi vaste les uns que les autres avec notamment Méta-Guerrier qui revient sur les origines du personnage. Tous ces auteurs décident de se réunir dans un magazine indépendant qui marque le début d’une ère nouvelle avec des œuvres à destination d’un nouveau public adulte, adapte de la contre culture et qui trouve dans ces œuvres, un taux d’hémoglobine, de sexe supérieur au reste de la concurrence qui se refuse à perdre une part de son public. Leur maison d’édition prend le nom de Metal et fonde le magazine du même nom en 1975.

Astra
D, tueur solitaire en quête de vengeance, antihéros de la série Ad Astra.

Toutefois la période est marquée par un ralentissement des magazines et par une augmentation importante des publications en volume relié. L’entrée dans l’ère de la mondialisation porte un coup à la production de la bande dessinée avec de nouveaux genres et de nouveaux titres internationaux comme les mangas. Le prix est plus attractif. Les jeunes générations étant d’avantage mondialisées, elles se dirigent vers la consommation de masse de produits mondiaux. L’ère d’internet permet une explosion des forums et contenus en liant avec ces pratiques rendant le magazine de plus en plus obsolète. Les maisons d’éditions demeurent rentables mais elles ne font désormais plus loi sur leurs terres. Mais, la décennie 90 regorge d’auteurs ancien comme Valnoir ou nouveau comme Frédéric Langle et d’œuvres qui sont déjà considérées comme étant cultes comme La Baronne de Valnoir et Langle ou Mortelle Féerie de Langle et Miller.

Wika
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