15/11/2004
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Les récits des fondateurs et des hommes du pays.

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Les Récits d'une gloire à jamais oublié

Ceci est l'éritage du plus grand chef militaire qu'est connue notre monde.
Ce sont donc les récits écrit par Hyppolite Mialt dans les grandes guerres qui opposera L'empire Rémien et Ancalagons.
Nous sommes en plaine reconquête par l'empereur Maximus des anciens territoires d'Ancalagons pour l'époque. Maximus est l'empereur qui marquera les esprits tant pour son génie militaire et ces victoires qui se compte par dizaines.


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L'empereur Maximus n'est pas née noble ( Arem ) il ne porte donc pas le titre de Basileus. Il est née dans les cartiers malfamé de Balkh en 1788 . Il déteste la bourgeoisie, mais rêve de vivre comme eux. Avec une enfance difficile, il s'engage dans l'armée. Il se fait très vite remarqué dans des batailles et gravi les échelons. Il fera plus tard l'école spécialisée d'Arès, et deviens donc officier. Le 19 février 1812 il deviens le plus jeune général d'Ancalagons. La suite sera le plus étonnant chemin qu'auras connue un jeune garçons des cartiers de Balkh.

LA CONQUÊTE DU MONDE

1812 à 1832
HISTOIRE DE LA MONARCHIE UNIVERSELLE


Balkh, 1842

Avertissement.

C’est une des lois fatales de l’humanité que rien n’y atteigne le but.

Tout y reste incomplet et inachevé, les hommes, les choses, la gloire, la fortune et la vie.

Loi terrible ! qui ne laisse s’écouler ni un peuple, ni un rêve, ni une existence, jusqu’à ce que la mesure soit pleine !

Combien ont soupiré après ces songes interrompus, en suppliant le Ciel de les finir !

Combien, en face de ces histoires inachevées, ont cherché, non plus dans l’avenir ni dans le temps, mais dans leur pensée, un reste et une fin qui pussent les parfaire !

Et que si Maximus Rex, écrasé par cette loi fatale, avait, par malheur, été brisé à la capitale Rémienne, renversé avant quarante-cinq ans de son âge, pour aller mourir dans un roché, au bout de l’Océan, au lieu de conquérir le monde et de s’asseoir sur le trône de la monarchie , ne serait-ce pas une chose à tirer des larmes des yeux de ceux qui liraient une pareille histoire ?

Et si cela, par malheur, avait existé, l’homme n’aurait-il pas droit de se réfugier dans sa pensée, dans son cœur, dans son imagination, pour suppléer à l’histoire, pour conjurer ce passé, pour toucher le but espéré, pour atteindre la grandeur possible ?


Or, voici ce que j’ai fait :

J’ai écrit l’histoire de Maximus depuis 1812 jusqu’en 1839, depuis Sarpedon en flammes jusqu’à sa monarchie Universelle et sa mort, vingt années d’une grandeur incessamment grandissante et qui l’éleva au faîte d’une toute-puissance au-dessus de laquelle il n’y a plus que les Dieux.

J’ai fini par croire à ce livre après l’avoir achevé.

Ainsi, le sculpteur qui vient de terminer son marbre y voit un dieu, s’agenouille et adore.


CHAPITRE PREMIER


Sarpédon

Ces vieux Rémiens ont plus que de l’amour pour leur ancienne capitale, c’est de la dévotion. Pour eux, Sarpédon est la ville sainte, et sa vue leur rappelle leurs ''Dieu'' ; aussi, quand, arrivés sur le mont du Salut, ils aperçoivent leur Ménorophon, ils s’agenouillent et la saluent en faisant le signe de la croix.

L’armée Ancalagonaise, arrivant le 19 décembre 1820 sur le sommet de cette montagne, avait quelque chose de l’enthousiasme des Sarpédoniens ; et, lorsque l’empereur, ayant devancé de quelques toises l’armée qui gravissait en silence, eut le premier placé le pied sur le mamelon sommet de la montagne, et qu’il se fut écrié : « Soldats ! voilà Sarpédon! » ce cri se répéta comme le tonnerre, et les derniers rangs, qui ne voyaient point encore, s’écrièrent aussi : « Voilà Sarpédon! »

Elle était là, cette ville, avec ses trente-deux faubourgs, ses mille clochers, ses coupoles d’or, ses flèches Eurisyennes, gothiques, chrétiennes ; cité immense, qui ondoie parmi les nombreuses collines sur lesquelles elle se repose, semblable à une caravane de tous les peuples du monde, qui se serait arrêtée là, et y aurait tendu ses tentes.

L’armée Ancalagonaise, se déployant sur le mont du Salut, contemplait ce magnifique spectacle, et promenait des yeux éblouis des lourdes tours du Séphire aux clochers étincelants. « La voilà ! » dit l’empereur en piquant son cheval Noir, et il traversait les rangs avec cette splendeur du conquérant qui illuminait son front.

L’armée cependant continuait sa marche.

« Halte ! » s’écria-t-il ; et son ordre retombant comme en cascade sur tous les rangs, mille voix obéissantes, du maréchal au sergent, crièrent à leur tour : « Halte ! »

Les généraux se réunirent auprès de lui, et il tint conseil devant la ville sainte.

Elle paraissait calme et soumise, comme un ennemi vaincu qui tremble ; mais trop silencieuse peut-être.

Les généraux attendaient ses paroles.

« Ils ne viennent pas ! » murmurait-il, et il marchait rapidement au milieu de ces hommes qui reculaient devant ses pas et épiaient quelle pensée s’échappait de ses yeux baissés.

Puis, un quart d’heure après, comme s’il était las d’attendre quelque chose, il demanda au général Diodotes ce que signifiait ce calme.

« Qui aurait cru, dit-il, qu’il ne sortirait pas de cette capitale quelque boïard avec les inutiles clés d’or de la cité. »

En même temps, un officier d’ordonnance arriva, il annonça que les généraux Rémiens venait d’évacuer la ville, et que son arrière-garde en était déjà sortie.

Un autre officier vint ensuite avec quelques Ancalagonais trouvés aux portes de Sarpédon ; ils apprirent qu’elle était déserte.

Deux cent cinquante mille Moscovites s’étaient retirés de leur Ménorophon .

Sarpédon était déserte !…

« Marchons donc, dit l’empereur ; c’est à mon armée à la repeupler. »


CHAPITRE II.

''L'oracle détiope''

Maximus aimait à se coucher dans le lit des autres rois, et à reposer dans les palais dont son apparition les exilait ; l’armée reçut l’ordre de demeurer dans les faubourgs, lui alla droit au Séphire, et là, quand le soir fut venu, il se promena sur les plus hautes tours, seul et silencieux, regardant ce calme d’une ville sans vie et d’un ciel sans soleil ; tout cela était morne et douloureux pour une âme si active.

Il vit son armée qui s’établissait dans les faubourgs éloignés ; dans la ville régnait un long silence, et le calme partout, sauf dans quelques palais épars qui semblaient s’animer sous les généraux qui les avaient choisis pour leurs demeures.

Seulement un cri barbare, des voix scythes se faisaient entendre de loin en loin, et par intervalle ; on eût dit qu’elles se répondaient.

Minuit vint. L’horizon devint rouge. Du milieu de la ville des flammes s’élevèrent : c’était le bazar qui brûlait, puis les églises, puis les maisons, puis les faubourgs ; partout l’incendie éclata, Sarpédon reparut dans la nuit, tout étincelante, avec ses mille clochers de flamme et ses coupoles de feu.

L’empereur comprit ce désastre ; il se souvenait de Carssagène , de Auxesia et de ces villages enflammés qui jalonnaient sa route. « Qu’elle meure donc ! » s’écria-t-il ; et il donna des ordres pour que l’armée sortît sur-le-champ de la ville infernale.

Les soldats s’étaient déjà réveillés avant cet ordre. Le cri : « Au feu ! » retentissait de toutes parts, mais poussé seulement par des voix Ancalagonaise, et le premier sommeil au milieu de la ville conquise s’était troublé dans l’horreur de l’incendie.

Les ordres furent exécutés. À cinq heures du matin, les troupes se replièrent au-delà de Sarpédon, et remontèrent le penchant du mont du Salut. Des éclaireurs ayant pénétré jusqu’à , palais des Basileus, à une lieue de la capitale, le préparèrent pour l’empereur, qui s’y rendit avec son état-major, et, à une demi-lieue plus loin, un château d’une grande apparence ayant été reconnu, le général Garts s’y porta avec les troupes du génie pour s’en emparer et fortifier cette position.

Mais en vue de ce château et à quelques portées de fusil seulement, on vit s’en échapper des tourbillons de fumée suivis de flammes brillantes et d’explosions partielles. Cette habitation magnifique, enveloppée de toutes parts, ne parut plus bientôt qu’un immense foyer. Dans le lointain, quelques voitures s’en éloignaient avec une grande rapidité. Le général Garts ordonna de les poursuivre, mais elles étaient tellement en avant, qu’on désespérait de les atteindre, et déjà elles disparaissaient à la vue lorsqu’elles tombèrent au milieu d’un parti de Ancalagonais. D’autres soldats survinrent, et on les conduisit au général.

Dans la principale de ces voitures, était un homme d’un âge moyen, grand, maigre, à la figure grave et au front élevé ; à la première attaque, il avait essayé de se défendre ; mais, voyant qu’une plus longue résistance était vaine, il céda et parut devant le général, qui, ne reconnaissant aucun signe extérieur sur cet étranger, lui demanda son nom.

« Que vous importe ? » répondit l’inconnu.

Le général, irrité de cette réponse qu’il qualifiait d’insolente, pensait déjà devoir en tirer vengeance, quand l’inconnu lui dit : « Ma position est telle, monsieur, que c’est à l’empereur seul que je dois parler et me faire connaître. » Le général hésita, mais l’assurance de cet homme le fit céder, et il l’envoya à l'Oracle détiope.

L’empereur visitait les postes de cette résidence et traversait une des cours lorsque la voiture de l’inconnu y entra. Un officier qui la suivait descendit de cheval, et fit connaître les circonstances de la capture et l’intention du prisonnier de s’expliquer seulement devant l’empereur. Maximus regarda fixement l’étranger, donna l’ordre d’évacuer la cour, et quand il fût resté seul avec Achille et lui :

— « Qui êtes-vous ? » lui demanda-t-il.

— « Un homme qui avait cru échapper à la vengeance de votre majesté, mais qui, tout chargé d’une action immense, ne craint pas de s’en dire responsable et de se faire connaître ; je suis le gouverneur de Sarpdedon, Vladimir Zwolensk.

— « Et quelle est cette action ? » demanda l’empereur en pâlissant.

— « Votre majesté la sait et la voit, » et Zwolensk montrait du bras le lac de feu où se noyait la ville sainte.

— « L’incendie !!

— « Oui, sire.

— « C’est l’œuvre d’un barbare, monsieur ; votre conscience du crime vous fait deviner le châtiment.

— « Ce sera mon dernier sacrifice, sire ; je l’attends avec calme.

— « Un sacrifice ! Que voulez-vous dire ?…

— « J’avais toute ma fortune à Moscou et dans mon château ; c’est chez moi que le feu a été mis d’abord ; j’ai tout sacrifié à ma patrie, il n’y manque plus que ma vie.

— « Dites que vous avez sacrifié votre patrie, en l’inondant de flammes et la réduisant en cendres.

— « Et s’il n’y a que les flammes et la cendre où votre majesté ne puisse vaincre ! »

L’empereur se promenait rapidement, les lèvres pâles et frémissantes.

— « Quelle rage ! dit-il, quelle folie ! Vous vouliez faire le Brutus Rémien, monsieur, mais sont-ce vos enfants que vous avez tués ?

— « C’est à ma patrie à me juger, sire…

— « Votre patrie !… » et il s’arrêta en le regardant avec des yeux étincelants. « Votre patrie !… mais qui me dit que ce n’est pas plutôt un horrible holocauste que vous faites à votre souverain ! Qui me dit que ce n’est pas le sacrifice de Sarpédon à Hippolyta et la vieille Sarpédéisse que vous immolez à la Rémienne nouvelle ! »

Et s’approchant de lui, il lui dit avec un sourire amer : « Combien vous a-t-il payé votre incendie ? »

Zwolensk fronça le sourcil et pâlit, de colère peut-être :

— « L'empire Rémien me jugera après votre majesté, et on parlera de moi autrement, sire, quand j’aurai été fusillé.

— « Fusillé, c’est le supplice des braves, monsieur, et l’incendiaire…

— « Peut n’être pas un lâche !

— « Infernal mystère ! » murmura Maximus en reculant d’étonnement. Il ajouta quelques instants après :

— « S’il n’y a dans tout cela qu’un patriotisme aveugle… » il n’acheva pas.

— « Votre majesté m’a jugé, dit Zwolensk avec joie, je puis mourir.

— « Non ! vous ne le méritez, ni n’en valez la peine peut-être. Qu’on lui donne un sauf-conduit. Partez, monsieur, votre action vous reste tout entière, mais quelle qu’elle soit, le doute la flétrit… Allez. »

Zwolensk partit, et l’empereur rentra au palais.

à suivre…
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