06/09/2005
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Presses de la République de Tapiolie

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La course à la succession de Lucius Mirko s'annonce sans répit | 30/05/2004

jiljkl
Le Premier ministre ayant tenu le plus long mandat de l'histoire nationale s'en va, poussé par l'âge avançant.

La Tapiolie entre peu à peu en effervescence politique à mesure que se rapproche la date du prochain scrutin électoral, cristallisant toutes les attentes des différents camps politiques. Tout se jouera sans aucun doute dans un mouchoir de poche entre les prétendants au poste convoité de chef du gouvernement, succédant ainsi aux 17 années de pouvoir exercé par le Premier ministre Lucius Mirko qui restera dans l’histoire nationale comme ayant détenu le plus long mandat. Âgé et fort affaibli depuis ces dernières années, le Premier ministre a donc fait savoir qu’il comptait quitter ses fonctions à la tête du gouvernement, ne se sentant plus « les épaules assez solides » pour assurer pleinement son rôle de chef de l’exécutif tapiolais. S’est alors lancée la course à sa succession dans une frénésie que connait rarement le pays, ayant l’habitude de longues législatures dépassant souvent les dix années d’exercice. Plus que jamais, une page se tourne dans l’histoire politique de notre pays.

Les prétendants ne manquent pas à l’appel et tous les bords politiques, contrairement à Monsieur Mirko, se sentent les épaules suffisamment larges pour endosser le poste tant convoité. Alors où se trouve le prochain homme fort du pays pour les années à venir ? Un rapide tour d’horizon permettra aux moins initiés de se faire une première idée du nom qu’ils glisseront prochainement dans l’urne.

Les sociaux-démocrates de Petrus Hiermanjarvi se sentent tout naturellement les dignes élus à la succession du Premier ministre qui, bien qu’étant « sans étiquette », s’est autrefois beaucoup appuyé sur le soutien démocrate pour remporter l’adhésion au Parlement dans des projets controversés. La ligne démocrate est claire : continuer dans la lignée Mirko, conservant donc au sein de leur programme le développement d’un modèle d’Etat-providence, tout en ouvrant la Tapiolie aux idées nouvelles d’égalité civique entre les genres, et en favorisant le dialogue entre le pays et les autres sphères culturelles du monde. Selon plusieurs bureaux d’analyse politique, le parti social-démocrate devrait être la formation la mieux représentée au Parlement à la suite du scrutin.

Autre sérieux candidat à la victoire, le parti libéral d’Irven Samsta, duquel s’est progressivement rapproché le Premier ministre Lucius Mirko dans les dernières années de son mandat. Certaines mauvaises langues se plaisent à dire qu’Irven Samsta est, en réalité, déjà en fonction, tirant les ficelles du pays dans le dos d’un chef de gouvernement trop affaibli et dont la sénilité s’entrevoit de plus en plus. Samsta et ses partisans désirent casser l’État-providence bâti aux cours des dernières années et briser le monopole d’État dans de nombreux domaines économiques, ouvrant le pays à la loi des marchés et des investisseurs internationaux.

Autre formation à surveiller, le parti national de Johan Ainola, de récente constitution, qui tente pour la première fois de se lancer dans la course électorale. Héritier de l’ancienne Société des Amis de la Nation, le parti désire mener une politique conservatrice de « préservation » de l’identité nationale, se positionnant donc dans une certaine méfiance vis-à-vis des idéaux d’ouvertures brandis par les deux forces majeures de l’échiquier tapiolais. Le parti national se revendique dans la continuité du projet d’État-providence lancé par le Premier ministre Mirko, mais dit craindre que la population tapiolaise ne s’y « embourgeoise » et que les valeurs « suprêmes » du mérite et du travail en soient dépréciées. La parti de Johan Ainola s’est également prononcé sur la fusion des fonctions de Président et de Premier ministre, chose qui n’a toutefois pas fait l’objet d’une communication sérieusement avancée.

Aux côtés de ces trois candidats sérieux tentent aussi leur chance des formations plus réduites comme Société écologique ou encore Force ouvrière, mais dont les résultats devraient être minimes. Leurs élus devraient, toutefois, être largement convoités dans les éventuelles négociations gouvernementales qui pourraient survenir si aucun parti ne remporte la majorité absolue.

La scrutin à venir sera pour beaucoup de Tapiolais la première fois aux urnes, rendant ainsi les estimations électorales des sondages assez incertaines. Aucun doute, toutefois, que la soirée électorale sera des plus passionnantes et que le prochain détenteur du sceptre tapiolais recevra les rennes du pays dans un moment singulier de son histoire !
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Les attaques d'ours se multiplient, l'irresponsabilité en cause | 04/06/2004

jiljkl
La Tapiolie compte une population d'environ 2000 ours.

Les touristes à la recherche de vacances sauvages, agrémentées de randonnées et de bivouacs, sont chaque année plus nombreux à choisir la Tapiolie comme destination. Avec la promesse d'une nature rude et presque inviolée, que l'Office du Tourisme promeut largement à l'international, les sentiers tapiolais attirent, pour le plus grand bonheur de l'économie de séjour. Une manne de rentrées d'autant plus profitable pour le pays que les frais d'entretiens des espaces naturels s'avèrent presque nuls. "On a jamais voulu déranger quoi que ce soit ici. Tracer de grandes routes, construire de grands hôtels, ce n'est pas comme ça qu'on fait ici. On profite du cadre, on dit aux gens de rester discrets et de ne pas laisser de traces" nous rapporte un employé de l'Office National des Eaux et Forêts. Reste qu'il suffit d'arpenter quelques voies de randonnées prisées pour se confronter aux pratiques et comportements irresponsables en milieu sauvage que les nouvelles fréquentations, toujours plus importantes, amènent logiquement avec elles.

Un problème en particulier se pose : le nombre de promeneurs augmentant, les rencontres avec la faune sont de plus en plus fréquentes, et souvent l'inconscience et l'ignorance des risques encourus peut avoir le lourdes conséquences. L'an dernier, l'Office National des Eaux et Forêts a répertorié pas moins d'une trentaine d'attaques d'ours à l'encontre de vacanciers, qui souvent ne respectaient pas les règles et précautions à respecter. Majoritairement d'origine étrangère, les malheureux pèchent le plus souvent par inconscience, lorsqu'ils transportent avec eux de quoi faire un pick-nick, par exemple. Les ours bruns sont dotés d'une perception olfactive extrêmement fine qui leur permet de sentir de très loin la présence de nourriture à des kilomètres. Bien qu'ils soient souvent peureux vis-à-vis des groupes d'humains, la multiplication des rencontres tend à endormir chez eux cette vigilance primaire, et, de plus en plus, on constate qu'ils s'aventurent farouchement auprès des promeneurs. Dans la majorité des cas, l'affolement et la panique font peur à l'animal qui s'enfuit, mais certains individus n'hésitent pas à charger, auquel cas c'est véritablement la vie des promeneurs qui est menacée.

L'Office National des Eaux et Forêts milite pour qu'une plus grande place soit faite à la prévention dans les agences de voyages à destination de la Tapiolie. De même, l'apport de nourriture en milieu sauvage doit suivre les précautions qui s'imposent : ne pas garder sa nourriture près du camp, éviter les feux durant la saison sèche, faire du bruit, parler à voix haute, chanter, pour signaler sa présence aux animaux, car un ours surpris attaque facilement. De même, certaines associations voient d'un mauvais oeil l'ouverture trop généreuse faite au tourisme extérieur. Les forêts tapiolaises sont des écosystèmes fragiles et sensibles, qui ne conviennent pas toujours à du tourisme léger et déresponsabilisé. La Ministre de l'Environnement, Kaija Paavola, s'appuyant sur ces complaintes, a répondu qu'elle se pencherait prochainement sur la question.
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Incendie dans une déchetterie à Kulerva, un cas d'école | 05/06/2004

jiljkl
Brûler son stock pour accélérer la cadence, une solution risquée mais bien répandue dans le secteur.

Les casernes de l’Ouest du pays ont été rudement sollicitées au cours de la soirée et de la nuit pour contenir un incendie dans une décharge à Kulerva. Appelés aux alentours de 22h, les sapeurs-pompiers ont découvert à leur arrivée les montages de déchets plastiques et de compost en feu. Les installations de la déchetterie étaient vides de leur personnel à l’exception des quelques vigiles présents pour éviter le vol de matériaux, c’est d’eux qu’est venue l’alerte. Au terme d’une longue nuit à combattre le brasier d’une ardeur rarement vue – les feux de plastiques sont parmi les plus difficiles à éteindre – l’incendie a pu être conscrit et finalement maîtrisé en fin de matinée ce jour. Aucune victime n’est à déplorer, et les arrivages de déchets ont pu rapidement reprendre après sécurisation du foyer. La cause de l’incident n’a pas pu être identifiée, elle est supposée accidentelle.

Les feux de décharge sont bien connus des services de sapeurs-pompiers. La Tapiolie ne recycle que peu ses déchets, la faute d’un manque d’initiative de la part du gouvernement et des investisseurs. À la place, on privilégie souvent l’enfouissement ou l’incinération. Des solutions intenables sur le long-terme, mais qui ont l’avantage d’être abordables et d’efficacité immédiate. Cependant, le traitement des déchets en Tapiolie a son lot d’entorses et de contournements aux directives de la loi qui en régit les activités. Payés à chaque arrivage, les déchetteries ont intérêt à rapidement liquider leurs excédents afin d’entretenir l’inertie d’approvisionnement. Un stock plein et c’est la certitude de voir les camions-poubelles et les débris de chantier se diriger ailleurs, et sans doute revoir leurs habitudes en la matière. Dès lors, il n’est pas rare que les contremaîtres, en accord tacite avec la direction des lieux, ne décident de volontairement déclarer un incendie pour libérer de l’espace. Réalisés illégalement et bien souvent sans l’ombre d’un dispositif de sécurité, ces feux clandestins dégénèrent régulièrement jusqu'à menacer l’ensemble du complexe. D’autant que la conclusion d’une cause accidentelle permet généralement d’intégrer à l’équation les aides versées par les assurances, qui, de plus en plus, rechignent à travailler avec les sociétés privées de la traite des déchets en raison du secret de polichinelle entourant ces pratiques.

Qu’on s’en offusque ou s’en amuse, ces débordements sont assurément la conséquence d’une trop faible supervision gouvernementale du traitement des déchets dans notre pays. À ce jour, si le ramassage est effectué aux frais du contribuable, le reste de la chaîne est aux mains d’entreprises privées qui, n’ayant que la rentabilité en ligne de mire, négligent parfois les règles et précautions cruciales qui entourent leurs activités et leur secteur. Nul ne sait si l’incendie déclaré à la déchetterie de Kulerva est attribuables aux habitués de la pratique, l’absence d’antécédents tend toujours à écarter la piste volontaire. Le code pénal tapiolais tient l’incinération non-encadrée de déchet passible d’une amende de 250 Couronnes pour un particulier, variable pour une entreprise, et d’une peine d’emprisonnement.

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Le grand saut dans l'avenir | 08/06/2004

jiljkl
L'Eduskunta sera prochainement reconfiguré, vers où nous emmènera-t-il ?

Troublées et incertaines sont souvent les années qui succèdent au règne long et stable d’un dirigeant. Un monde s’en va avec ses codes, ses habitudes et le souvenir des affaires traitées, un nouveau émerge sans repères, hérite de comptes nets et de grasses réserves pour lesquels il n’aura pas œuvré. Dans ces instants, l’avenir d’une nation se trouve entre les mains des responsables politiques qui se sentent suffisamment dignes pour endosser les lourds insignes du règne, et pour s’accommoder des basses besognes qui se présentent immanquablement alors que l’autorité doit être réaffirmée. La Tapiolie dit au revoir à l’homme qui l’aura dirigée pendant dix-sept ans avec un impeccable maintien et une tempérance que seuls les austères éléments du grand-nord peuvent engendrer. Lucius Mirko, en s’en allant, laisse les clés à la jeune génération à qui reviendra le choix de continuer ou de briser les lignes qu’il aura tracées durant ses trois mandats consécutifs.

Ce sont les partis du centre et de gauche et droite modérées qui souhaitent s’inscrire dans la continuité et dans l’héritage de Lucius Mirko. Ensemble, ses allés Petrus Hiermanjarvi, Irven Samsta et Paavo Troinen, respectivement leaders du Parti Social-Démocrate, du Parti Libéral et du mouvement Avenir, ont signé collectivement une tribune invitant à « préserver l’effort accompli au cours des dernières années ». Ces trois partis, avec qui le Premier ministre sans étiquette a toujours travaillé, espèrent inciter l’électeur à ne pas céder aux slogans aguicheurs des « oiseaux de mauvais augure ». Une habile formulation qui épargne aux auteurs de la tribune de citer directement ceux dont ils déconseillent le vote aux électeurs. Il s’agit bien évidemment de la droite « dure » incarnée par le Parti Chrétien-Conservateur et le récent Parti National, qui se lancera pour la première fois dans la course aux électeurs.

Récemment constitué autour de la personne de Johan Ainola, historien et journaliste à tendance polémiste, le Parti National s’est principalement appuyé sur une diffusion de son programme à destination de la jeunesse, organisant des ateliers et des événements axés autour de l’histoire nationale. Johan Ainola, dont la plume fait souvent la une, a lui-même parcouru l’ensemble des campus du pays pour dispenser ses conférences à l'intention des étudiants.

Dans son programme politique, le Parti National revendique le droit au peuple de « refuser la marche actuelle du monde » et de travailler au renouveau de l’objectif politique en Tapiolie, notamment par l’instauration du droit pour le peuple de porter directement ses propres projets de loi lors de référendums nationaux, et ce sans contrôle de la part du Parlement. En ce sens, il rejoint le Parti Chrétien-Conservateur, qui s’est toujours opposé aux projets d’ouverture du pays à la mondialisation grandissante. N’étant pas fondamentalement opposés au libre-marché, les deux partis se rejoignent sur la défense du modèle des corporations, largement emprunté à sa réalité médiévale, et d’une plus grande intervention de l’État dans les productions économiques du pays.

Alors que les libéraux, sociaux-démocrates et centristes souhaitent, eux, embrasser les valeurs d’égalité entre les sexes, le tandem réactionnaire prône plutôt, quant à lui, celles de complémentarité et s’oppose aux unions des personnes de même sexe, soutenant la conception traditionnelle du mariage chrétien. Car c’est l’autre grand drame pour la Tapiolie qui s’annonce, selon leurs déclarations, celui de la chute de la natalité. La population tapiolaise vieillit, et les jeunes générations plus minces vont payer cher « le droit égoïste à la jouissance sans entrave » de leurs ainés. Sur ce point, à nouveau, les deux partis se rejoignent pour réclamer la mort politique de l’ancienne génération qu’illustre le départ de Lucius Mirko du pouvoir.

Entre chocs de génération et visions opposées sur l’ordre nouveau du monde, la Tapiolie se trouve à un véritable carrefour de son histoire politique, et sans doute de son histoire tout-court. Qui sait sur quel chemin le prochain scrutin nous emmènera et vers quelles félicités ou quelles épreuves il nous conduira.
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La gauche contrainte de durcir le ton en vue des prochaines élections | 16/06/2004

jiljkl
Tyovoima et Société Écologique jouent leur avenir politique.

La gauche tapiolaise, tout comme la droite dure, a passé les dix-sept dernières années dans l’opposition, à la fois au gouvernement et à une population qui, finalement, s’accommodait de la politique centriste libérale promue par Lucius Mirko et ses partenaires. Le départ annoncé du Premier ministre et l’horizon des nouvelles élections qui se présentent sonnent pour les mouvements de lutte sociale comme une ultime chance de conquérir le pouvoir en entrant dans une majorité. Leur seul espoir est, pour cela, de provoquer l’effondrement du vote libéral, qui devrait rediriger le Parti Social-Démocrate au plus près de ses valeurs originelles de gauche et de défense de l’opprimé. « Les démocrates se sont embourgeoisés, ils servent le grand capital tout comme les pingouins libéraux » déclare un militant de Tyovoima (gauche radicale) comme pour inviter au réveil collectif.

Les forces vertes de Société Écologique sont plus embêtées, car leur parti a depuis longtemps lissé son discours, délaissant son analyse de classes et essentiellement marxiste de l’économie qu’elle brandissait aux jeunes années. D’autant que les verts connaissent actuellement un véritable phénomène de fuite des capitaux intellectuels au sein de leur parti. À promouvoir la responsabilision du développement économique à l’égard de la nature, mais depuis une position toujours arrière du champ politique, le parti observe chaque année avec dépit la ponction progressive des idées de son programme au profit des autres formations. Le Parti Libéral comme les Sociaux-Démocrates proposent de plus en plus l’introduction d’un principe de préservation des environnements naturels en Tapiolie, et se font de plus en plus sceptiques sur la nécessité de défaire le pays de sa dépendance envers les énergies fossiles et hydrocarbures.

Les verts sentent, comme l’ensemble du spectre politique, que ce prochain scrutin sera décisif pour l’avenir de leur formation. Il posera les bases de leur crédibilité future et déterminera leur capacité à offrir à l’électeur un projet qui mérite d’être porté au pouvoir. C’est la raison pour laquelle on observe depuis quelques mois, depuis que l’âge du Premier ministre est devenu incompatible avec l’idée d’un quatrième mandat, un durcissement du discours accompagné d’un retour aux préceptes fondateurs, réintroduisant peu à peu sa critique initiale de l’économie libérale et capitaliste. Le mois dernier, une procession écologique scandait des slogans tels que « Pääoma rikkoo Tapiolieta » (Le Capital viole la Tapiolie), « Rikkaiden maksaa vahingonkorvauksensa » (Aux riches de payer leurs dégâts) ou encore « Ne myrkyttävät lapsemme » (Ils empoissonnent nos enfants). À titre comparatif, une manifestation classique d’il y a deux ou trois ans n’allaient guère plus loin qu’en demandant l’imposition de la responsabilité écologique aux entreprises.

Tyovoima, de son côté, a bien conscience du rapprochement possible avec Société Écologique et nul doute que les débats internes qui ont présentent lieu se cristallisent autour de la conduite à adopter vis-à-vis de leurs adversaires écologiques qu’on méprise souvent dans le mieux radical et révolutionnaire. Pour Hans Pettersen, expert politique d’inspiration marxiste : « l’hypothèse d’une alliance électorale, d’une liste commune, entre les deux exilés de la gauche tapiolaise n’est pas absurde. Dans l’idée où il s’agit de réaffirmer les idées de fondatrices et fédératrices, l’électeur pourrait y répondre favorablement. Les centristes (démocrates et libéraux) ne savent que dire de plus que ‘continuons comme nous avons fait depuis dix-sept ans’, ça n’est pas très percutant, ni très convaincant mais suffit à réunir une population qui a tout ce temps vécu dans le confort du pouvoir consensuel et sur lequel on ne posait pas trop de questions ». « L’époque des leaders sans étiquette s’achève ici, et la gauche doit montrer qu’elle est encore capable de proposer un programme coup-de-poing pour remettre l’intérêt social au centre de la cause publique. Sur ce plan, j’encourage les verts comme les rouges à durcir ensemble le ton ».
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Sauli Passikivi, 24 ans, désormais la première fortune de Tapiolie | 28/06/2004

jiljkl
Minajan et son jeune PDG entendent bien répandre le savoir-faire tapiolais à l'international.

Sauli Passikivi est devenu hier l’homme le plus riche de Tapiolie en franchissant le seuil des trente milliards d’actifs (hrp : échelle du jeu). Ayant hérité du groupe automobile Minajan fondé par son père Paavo Passikivi, Sauli Passikivi occupe maintenant le poste de président-directeur de la firme depuis sa majorité, soit six années au cours desquelles l’image de la marque a bénéficié d’une refonte totale et d’un profond rajeunissement, qui n’est pas sans lien avec la même jeunesse de son directeur. D’une marque essentiellement prestigieuse et d’un certain standing, Minajan, grâce à son jeune directeur mais aussi et surtout à sa cour de conseillers, a aujourd’hui conquis l’ensemble du marché automobile et travaille pour s’adresser à tous les portefeuilles. Les modèles premium ont conservé tout leur cachet, quand de nouvelles gammes sont apparues à destination des ménages et des déplacements citadins. En parallèle, les différents rachats d’autres groupes plus anciens et en perte de vitesse ont permis à Minajan de concentrer pas moins de 40% de tout le parc automobile tapiolais, une situation proche du monopole qui pose question.

Du haut de ses vingt-quatre ans, Sauli Passikivi cultive une image d’homme-orchestre partout présent et nulle-part manquant. Il n’hésite pas, dans sa communication, à attribuer le succès du groupe à la cause première de son génie commercial et à ses connexions astrales. Car oui, Sauli Passikivi ne s’en cache pas, il tire les cartes, interprète les rêves et consulte les astres pour définir et affiner la trajectoire de son groupe. Souvent moqué et caricaturé dans la presse ou même au sein de ses propres rangs, l’homme répond fréquemment dans un ton provocateur qu’on lui connait. Il déclarait, à la suite d’une grève parmi ses employés où l’on ne manquait pas de tourner le patron en dérision : « Très, bien qu’ils rient, ils oublieront qu’ils sont pauvres », ne manquant pas ainsi d’attiser encore plus la colère des syndiqués.

Plus généralement, Sauli Passikivi incarne la montée de ces nouveaux décideurs dans les comités de directions, aux méthodes décalées mais reposant sur un savoir-faire décisionnel souvent bien réel. Né dans la promesse de l’héritage paternel, ils s’estiment investis par la grâce providentielle et tirent leurs qualités d’administration directement des nouvelles écoles de communications modernes et ouvertes sur le monde. En ce sens, Passikivi, mais également d’autres jeunes directeurs comme Joszef Sataiken (Sahkovoima) ou Kimi Suulo (Nopea), incarnent une nouvelle face de la grande entreprise tapiolaise, aux tactiques et méthodes agressives et vives, loin derrière le cliché de la « force tranquille » qui a longtemps désigné les apparences paisibles du débat d’affaires et de la politico-économie tapiolaises. Leur objectif est désormais de s’expatrier, de diversifier leurs gammes de produits et de services, et le monde politique les y encourage pour faire croître l’influence nationale dans les affaires du monde. Largement implanté à l’étranger, Minajan compte maintenant s’implanter ailleurs, et racheter d’autres filiales à satelliser dans son système grandissant.
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Barbarie en Althenlant, des récupérations à prévoir | 29/06/2004

jiljkl
Un hommage local à des jeunes Tapiolais figurant parmi les victimes

L'horreur a frappé hier en Althenlant quand plusieurs attaques simultanées ont été lancées contre des civils dans les transports en commun de la capitale, à l'aéroport international de Nekl-Dekl, lors d'un concert et enfin contre les bureaux du parti communiste althais. On parle aussi d'attaques au couteau perpétrées à Halbark, mais les liens avec le reste des événements ne sont pas certains. Plusieurs bombes auraient d'abord explosé en fin de journée dans le métro olkanais et dans une rame de train inter-cités. Le plus grand aéroport international du pays a ensuite été pris pour cible par des groupes équipés et armés qui ont ouvert le feu sur la foule dans le grand hall d'entrée. Les victimes étaient essentiellement en train d'enregistrer leurs bagages avant le départ. Les assaillants ont ensuite pris la fuite. Après quoi plusieurs attaques au couteau ont été déclarées à Halbark, causant la mort de vingt-trois personnes selon les derniers chiffres transmis. Des tirs auraient ensuite retenti dans un stade où se tenait un concert, la foule y aurait été prise pour cible, et, plus tard dans la soirée, des événements similaires ont eu lieu au siège du parti communiste althais. La presse locale est, jusqu'à présent, restée laconique en raison d'un manque d'informations évident, mais nos propres sources semblent indiquer la présence de dix-sept ressortissants tapiolais parmi les victimes.

Le bilan complet se chiffre assurément au delà du millier de morts, et celui-ci n'a sans doute pas fini de grimper en raison des états critiques engendrés par des blessures par balle ou à l'arme blanche. La concomitance des événements et leur apparente synchronisation laisse envisager l'hypothèse d'attaques coordonnées et planifiées partout sur le territoire althais, du jamais vu dans l'histoire contemporaine. Nous sommes à cette heure contraints par le manque de données officielles et vérifiées, mais plusieurs sources semblent converger vers une attaque aux motivations politiques, émanant possiblement des sphères d'extrême-droite nationaliste. Plusieurs cris et slogans, proférés par les terroristes, allant à l'encontre des minorités althaises ou des forces de gauche vont dans ce sens. Pour l'heure, l'ensemble de la communauté internationale s'est dite affectée et les proches voisins de l'Althenlant, auxquels appartient la Tapiolie, ont proposé d'offrir tout le soutien nécessaire au dépassement de cette tragédie.

La classe politique s'est émue de concert contre les images insoutenables et la cruauté arbitraire de ces attaques. La récupération n'est s'est, pour autant, pas faite attendre et les liens présupposés des assaillants avec l'extrême-droite nationaliste ont été l'occasion de discréditer les discours de forces comme le Parti National ou le Parti Chrétien-Conservateur. "Nous avons les mêmes chez nous, qu'on ne s'y méprenne pas" déclare Irven Samsta, le chef de file libéral, dans la suite de ses condoléances et sentiments à l'égard du peuple althais. Dans la même veine, le leader social-démocrate, Petrus Hiermanjarvi a souhaité avertir l'électeur.à l'approche des élections : "Chaque article qu'on leur consacre, chaque antenne qu'on leur laisse libre, chaque vote qu'on projette de leur donner, nous rapproche de connaître un jour en Tapiolie de tels événements odieux par la barbarie de leurs auteurs". La cheffe de file chrétienne-conservatrice, Selma Tjuus, s'est dite "outrée" par les rapprochements faits par les partis du gouvernement entre les crimes commis hier et les idées de son parti. Elle agite également la menace d'une saisie de la justice pour diffamation. Johan Ainola, quant à lui, n'a pas réagi aux invectives de ses adversaires et s'est concentré sur l'apport d'une aide privée à l'intention des familles tapiolaises touchées dans les attentats. Selon d'autres membres du parti, le climat interne et l'imminence électorale "n'autoriserait pas le Parti National à se justifier d'actes qu'il n'a pas commis et qu'il a condamnés comme tout le monde".

Le débat et les discours se tendent à l'approche du scrutin qui redéfinira les cartes électorales pour les années à venir. De tous côtés on cherche à sécuriser ses assises tout en fragilisant celles des adversaires, et les récents attentats althais, dont l'inspiration idéologique serait sans doute prochainement élucidée, n'ajoutent que plus de crispations de parts et d'autres de l'échiquier politique. Une mêlée au sein de laquelle il revient, finalement, toujours à l'électeur de trancher.
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À une semaine du terme, Johan Ainola tend la main aux althanophones | 06/08/2004

jiljkl
Le Parti National Tapiolais ne souhaite laisser aucun citoyen en dehors de son projet.

Invité hier sur AltanSat, chaîne publique destinée à la communauté althanophone de Tapiolie, le président du Parti National, Johan Ainola, s’est exprimé durant de longues minutes sur son souhait de voir les althanophones se saisir à nouveau de leur avenir politique. Dans un althais fluide et parfaitement maîtrisé, Johan Ainola s’est adressé à eux en vue de leur proposer son programme politique à l’approche imminente des élections, qui doivent se tenir dans un peu plus d’une semaine. Le ton était cordial avec l’animateur, et la conversation s’est très largement étendue à tous les sujets de la campagne, touchant de près comme de loin les intérêts des althanophones. Pourtant si proche du terme électoral, c’est la première fois qu’un chef de parti vient faire campagne en s’adressant directement aux althanophones de Tapiolie. Lucius Mirko s’était déjà prêté à l’exercice, mais alors qu’il était en fonction, et seulement pour promouvoir le lancement de ladite chaîne par le service public. Autrement dit, ce qu’est venu faire Johan Ainola, conforté, qui plus est, par son aisance linguistique, c’est planter son étendard où personne n’était venu le planter avant lui. En voici quelques extraits.

À une première question de l’animateur : « Comment expliquez-vous que vous soyez le premier à venir à cette table, répondre directement à nos concitoyens ? », le nationaliste répond : « Écoutez, sachez tout d’abord que je le déplore plus que je ne l’explique véritablement. La réalité c’est sans doute qu’on oublie, une fois pris par les sollicitations de la capitale et des grandes villes, qu’il y a, ici dans l’extrême Nord du pays, une part tout aussi vibrante de la Tapiolie qui n’attend qu’une chose : qu’on l’invite à s’investir dans l’avenir de son pays ».

Si je me fais un tant soit peu le porte-voix des commentaires que j’entends parfois, je dirais qu’également ici, on s’oublie, quelque part, face au reste de la Tapiolie qui prédomine. « Oui, vous avez très certainement raison. Ce que je constate, c’est qu’on a longtemps voulu réduire l’appartenance historique des althanophones, et même des germanophones puisque leur situation n’est pas bien différente finalement, à la Nation. Voyez, par exemple, qu’il est tout à fait véritable qu’une bonne part de l’histoire nous a connus séparés, isolés les uns des autres, chacun dans son coin. Et c’est souvent là-dessus, en plus du marqueur évident de la langue, qu’on s’est basé par le passé pour justifier l’occultation de ces intérêts contre ceux de l’industrialisation, de la modernité et du nationalisme purement tapiolais, dirais-je même de Lemminkaina. Ce je que je constate, moi, en étudiant la manière dont les événements se sont produits, c’est que cela fait deux siècles qu’il y a des althais et des germains en Tapiolie, que nous avons une histoire commune, que plusieurs chefs de gouvernement, et même un président, furent autrefois issus de ces contrées. Que de grands auteurs, de grands poètes, peintres et musiciens venus d’ici participèrent au rayonnement de notre culture commune. Alors certes il y a aujourd’hui un retard de ces contrées plus reculées face aux opportunités qu’on trouve plus facilement dans les grandes villes du sud. Pensez à la jeunesse, il est évident qu’elle ne peut que partir. Toutefois je trouve que cela ne justifie pas qu’on oublie qu’il y a là presque un Tapiolais sur dix qui vit ici, et qui parle cette langue que nous devons reconnaître à l’égal du tapiolais. »

C’est une des mesures que vous souhaitez porter, la reconnaissance de l’althais comme seconde langue nationale de Tapiolie ? « Certainement, cela me semble indispensable, il n’y a pas de citoyens de seconde zone ici. Vous comme moi sommes nés sur le même sol, partageons la même histoire, mais alors vous seul devez abandonner votre langue quand vous descendez, disons, à la capitale, alors que le tapiolais s’emploie légalement partout. La vérité c’est que la Loi traite aujourd’hui l’althais comme la langue d’une diaspora, ce que vous n’êtes absolument pas. Vous comme moi nous sommes Tapiolais, et en cela je crois que nous devons être en tous points égaux dans notre pays. »

En matière d’économie, de pouvoir d’achat, que propose le Parti National qui pourrait bénéficier aux populations d’ici ? : « L’économie est de plus en plus un champ de bataille où la possibilité pour chacun de se gouvernement avec raison décroit continuellement. La pluralité toujours accrue des acteurs, les quantités de biens et les transactions toujours grimpantes, empêchent une bonne gestion de la chose économique à l’écoute d’une population. Tout seul mon parti ne peut rien faire pour inverser la vapeur, c’est une dynamique globale à laquelle on doit le dépeuplement progressif des métiers de la pêche, l’appauvrissement du secteur minier car trop cher, la délocalisation des savoir-faire hors du pays, dans des régions où le coût de main-d’œuvre est dérisoire et ne représente pas une journée payée en Tapiolie. Nous proposons la pose de verrous à ce délitement généralisé qui ira croissant dans les années à venir, des verrous posés par un cadre législatif qui pose clair et net la primauté du travail effectué sur le territoire national. S’il faut repenser toute l’économique pour qu’on cesse de bouder les fruits du travailleur tapiolais, alors nous le ferons, c’est une question de moralité publique, de droiture envers nous même en tant que peuple. Le Parti National, et c’est une chose à laquelle nous travaillons avec d’autres acteurs, cherche à renforcer les organisations professionnelles pour qu’elles puissent lutter contre les forces qui pilotent le monde moderne et changeant qui est le nôtre et le sera de plus en plus. En fin de compte c’est une posture de civilisation que nous choisissons de défendre, un intérêt tribal : les nôtres d’abord. »
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Les sondages favorables aux libéraux, catastrophiques pour les démocrates | 08/08/2004

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La victoire d'Irven Samsta, ici aux côtés de Kurt Suski, est sur toutes les lèvres.

À une semaine du scrutin, alors que les sondages et enquêtes d’opinions fusent, l’hypothèse d’une victoire haut-la-main de la droite libérale s’envisage de plus en plus à la lumière des chiffres alarmants en provenance du camp social-démocrate. Hier, alors que l’extrême droite était l’invitée des communautés althanophones, deux meetings avaient parallèlement lieu à Lemminkaina avec, d’un côté, la présence du Parti Libéral et de son président en vogue, Irven Samsta, et, de l’autre, à seulement quelques rues, celle des Sociaux-Démocrates et de Petrus Hiermanjarvi. Deux discours, deux ambiances, d’un côté l’élan de conquête après plus de dix années de politiques économiques fructueuses, en face, la sécurisation d’une assise populaire solide, menacée par la droitisation du Parti depuis qu’il est entré durablement dans l’équipe de Lucius Mirko il y a cinq ans. La pression aussi mise par la fréquente mise à jour des intentions de vote au sein qui vient chaque fois redéfinir l’équilibre au sein du débat. Par exemple, lors de l’annonce du retrait du Premier ministre, le Parti Social-Démocrate était crédité à près de 35% des voix quand les dernières estimations l’y place désormais sous la barre des 20%. Les enquêtes tendent également à traduire le jeu des vases communicants entre l’électorat démocrate et libéral. Initialement crédités à 30% ou 35% également, le récents indicateurs semblent assurés aux élus libéraux un score proche des 40% d’intention de vote. Des chiffres qui posent question quand on sait que, encore aujourd’hui, c’est le groupe démocrate qui prédomine à l’Eduskunta avec 64 élus, soit presque un tiers du Parlement.

Les deux rassemblent observés dans les rues de la capitale soutiennent l’effritement démocrate constaté dans les sondages. Là où la foule était présente en masse, et non exclusivement peuplée d’adhérents, pour le discours du leader libéral, sur une place noire de monde, le parc où s’étaient donnée rendez-vous les démocrates était nettement plus clairsemé. Si bien que, de leur position, on entendait clairement les haut-parleurs et les acclamations en provenance directe du rassemblement adverse. Interrogés, certains passants que nous avons surpris en train de quitter les lieux pour rejoindre l’événement d’en face nous ont fait part de leurs sentiments : « En 2004, j’ai voté démocrate sans grande conviction, et maintenant je me rends compte qu’ils n’ont fait qu’appliquer la politique des libéraux. Entre l’original et la copie je choisis maintenant l’original. Cela n’a pas de sens de venir faire de l’action sociale quand pendant quatre ans il n’en a pas été question une seule fois, c’est du vent ». De même, un autre se confie à nous sur le vote qu’il glissera prochainement dans l’urne : « Vous savez, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons, à trop se droitiser on finit par convaincre son électorat que, finalement, c’est une politique qui se tient, et quand on réaffirme d’où vient c’est la dissonance cognitive assurée. Je voterai bien démocrate, mais il se peut que ce soit la dernière fois, au train où vont les choses. »

Outre le retour de flamme d’un parti de gauche ayant trop tutoyé la droite pour pouvoir se regarder en face, la fuite de l’électorat plus à droit traduit aussi et surtout l’absence d’alternative sérieuse à gauche. Les écologistes, en fin de compte, souffrent du même problème, tiraillés entre leurs principes fondateurs et leur aile plus moderne qui désire s’impliquer réellement dans la politique nationale, au prix de concessions. Dès lors, il ne reste plus, pour qui désire faire un vote de gauche authentique, qu’à se rabattre sur la gauche dure, la vraie comme ils disent. « Tyovoima devrait plutôt bien s’en tirer si vous voulez mon avis », déclare Hans Lingard, politologue à la rédaction de Lehdisto. Il ajoute : « Au fond, il n’y a qu’eux qui sont restés impassibles et stables dans leurs positions. Les gens les connaissent les tiennent pour sincères. Cela peut tout à fait décider une part plus idéaliste des démocrates, disons la jeunesse, à opter pour un vote dur qui fera parler, plutôt que d’accompagner à nouveau le Parti Social-Démocrate dans les palais chics du pouvoir. Les libéraux ont gagné au cours des dernières années, c’est leur politique qui s’applique, à peu de choses près, et les gens simples, qui voient que leur paye augmente, que leurs impôts diminuent un peu, ils veulent avant tout que ça continue. » À l’écouter la victoire libérale semble inévitable, tout comme l’effondrement démocrate. À voir ce que les jours prochains nous réserverons, alors que la tension électorale remplit l’atmosphère, toujours plus proches du terme.
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L'armée tapiolaise, trop réduite, sous-équipée et hors du temps | 18/08/2004

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L'armée tapiolaise fulmine du manque de considération, tout est à refaire.

« Les décideurs, ça te va les décideurs ?! C’est à eux de s’en occuper, tout est à cause d’eux. L’armée tapiolaise doit se moderniser, nous sommes la risée du continent ! » s’exprime avec une rage incroyable le général en chef Juusi Kirkaudessa au sujet du retard accumulé par la force armée tapiolaise au cours des dernières années. Le constat est en effet sans appel : les équipements sont vétustes, les hommes mal formés et en sous-effectifs, les véhicules sont à peine plus évolués que des engins agricoles et la flotte aérienne comme navale, elle, est simplement inexistante. Un chef d’unité du génie nous confie : « Tenez, il y a deux semaines on a du bouger une dizaine de canons. Avec des chevaux qu’on les a tractés ! Des pauvres canassons pour des vieilles pétoires qui plus est, vraiment y’a pas d’autres mot ! Le pauvre cheval, dans son œil ça se voyait qu’il était lui-même étonné ». L’image paraît surréaliste, mais les deux hommes ne mentent pas. Les situations logistiques, humaines et financières de l’armée sont catastrophiques et posent réellement question sur la capacité du pays à s’affirmer sur la scène internationale. À l’heure d’un grand réveil diplomatique qui s’annonce avec la fin de l’ère Mirko, la Tapiolie risque, toujours selon le général Kirkaudessa, de ne « pas être prise au sérieux quand on voit l’état de son armée ».

Mais qui pointer du doigt pour un problème qui dure depuis la fin de guerre civile, soit plus de quatre-vingts ans ? 1919, après plusieurs années d’une guerre atroce entre les brigades communistes et le pouvoir républicain, après plusieurs années à se battre dans les forêts et les marais, la Tapiolie, traumatisée par des crimes commis des deux côtés, délaisse presque inconsciemment la chose martiale, laissant l’armée dans l’état de 1919 pendant plusieurs décennies. Seule est conservée la garde nationale, une force professionnelle de dix mille hommes qui n’a jamais été déployée hors du territoire, et intérieurement toujours pour des missions de maintien de l’ordre. Aujourd’hui, la réalité dans l’armée tapiolaise c’est le manque de moyens, des formations écourtées et, surtout, une inquiétante perte de sens. Chaque génération est de moins en moins nombreuse à venir sous les drapeaux, les conditions d’accès sont réduites pour assurer les quotas, mais reste le sentiment commun et partagé qu’il y a quelque chose de pourri dans l’armée tapiolaise.

Toutefois, la question que beaucoup se posent dans les sphères intellectuelles et décisionnelles est aussi : faut-il vraiment réarmer la Tapiolie ? Sur ce sujet, le Premier ministre Lucius Mirko, en 1986, sa première année d’exercice, répondait fameusement : « Pour quoi faire ? ». Une réponse passée à la postérité dans le monde politique tapiolais, mais qui met néanmoins le doigt sur le point chaud du dossier. C’est en effet là que semble se cristalliser l’essence du débat. Dans un monde essentiellement pacifique et entouré de voisins de confiance, la Tapiolie a-t-elle réellement le besoin, et aussi l’envie, de s’engager sur un vaste programme de réarmement qui prendra au moins dix ans, et qu’il faudra bien faire payer par le contribuable ? Pour le Parti Libéral, qui s’est saisi de la question lors de son dernier rassemblement, son dirigeant interpellé par un membre de l’audience, la nécessité est de « pourvoir au moins à nos hommes déjà en service un équipement aux normes et une formation de qualité. Il faut accroître les subventions pour refaire de l’armée un lieu de décence nationale, et non un boulet qu’on traine avec soi face aux autres puissances ». Néanmoins, difficile de penser qu’Irven Samsta désire réellement armer la Tapiolie. Il souhaite surtout la remettre aux normes, sans en augmenter les effectifs ni le potentiel d’action. En clair, et c’est une position largement convenue au sein des partis de la majorité, tout comme à gauche, l’armée tapiolaise, dans tous les cas, doit rester à la maison. À droite, bien évidemment, on fustige le laxisme et le Parti National, tout comme le KPP, se plaisent à jouer les Cassandre. Selma Tjuus, la cheffe des Chrétiens-Conservateurs, déclarait récemment : « S’il y a une nouvelle guerre en Tapiolie, une guerre civile j’entends, on ne la gagnera pas ». Paavo Yaltsi, membre du Parti National et député, ironisait, quant à lui, en ces termes : « Les Majavia (fr. les Castors, les mouvements de jeunesses tapiolais) sont mieux pourvus que l’armée régulière ! ». Que l’on pense qu’il faille pouvoir porter sa puissance de feu ailleurs ou simplement tenir son propre territoire, l’armée tapiolaise ne peut, en tous cas, pas rester dans son délabrement progressif et hors du temps. Qu’importe qui sera au pouvoir dans quelques jours, et quelle vision du futur de l'armée portera-t-il avec lui, il faudra faire quelque chose, et vite.

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Le Parti Libéral déferle sur tout le pays | 24/08/2004

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Une démonstration de force qui cloue son ancien partenaire démocrate.

Les Tapiolais ont aujourd’hui convergé comme un seul homme vers les bureaux de vote pour élire le nouveau parlement dont la composition déterminera ligne politique dominante des prochaines années. Ils ont déclaré vainqueur, au terme d’une campagne sage et sans rebondissements, le Parti Libéral qui remporte haut-la-main avec plus de quarante-cinq pour cent des suffrages exprimés, qui le placent loin devant le Parti Social-Démocrate avec seulement quatorze pour cent. Suivent ensuite le Parti National Tapiolais et Tyovoima dans un mouchoir de poche autour des treize pour cent. Société Écologique et les Chrétiens-Conservateurs s’accrochent à six points tandis que le mouvement Avenir est, quant à lui, sauvé de justesse au-dessus du seuil de représentativité avec seulement deux points. L’heure est à l’émotion chez les gagnants. Elle sera au déni puis à la remise en question chez les perdants. Certains perdent gros, comme les démocrates qui enregistrent un revers inouï et sans précédent dans leur histoire en abandonnant près de la moitié de leurs élus au camp libéral qui, lui triomphe véritablement.

Avec presque un bulletin sur deux exprimé en leur faveur, les hommes d’Irven Samsta investiront prochainement le Parlement en grand nombre : nonante-et-un députés qui viendront en véritable guilde libérale brandir et afficher avec arrogance la solidité de leur majorité relative tout en tutoyant l’absolue qu’ils manquent pourtant de peu. Ces dix sièges qui restent à conquérir, il faudra aller les chercher dans les rangs d’une autre formation avec laquelle il faudra parvenir à un accord de majorité. L’hypothèse d’une alliance avec les Démocrates, qui reconduirait la configuration actuelle tout en tenant compte du fossé qui s’est creusé entre les deux camps, paraît improbable au vu de l’étendue des dégâts au sein des rangs démocrates. On imagine mal le parti, autrement que sous l’effet d’une pulsion de mort, signer à nouveau pour ce qui leur a été très certainement reproché par leur électorat, à savoir la complaisance avec la droite. Face à la déculottée subie, les années qui s’ouvrent chez les Démocrates seront sans doute celles d’un profond recalibrage tant dans leur corps directeur que dans les mesures et principes fondamentaux de leur politique. Il est à prévoir que Petrus Hiermanjarvi remette prochainement sa démission comme Président de parti, au profit, peut-être, d’une personnalité plus à même de réinscrire le parti dans ce qui aurait dû rester sa ligne privilégiée : la défense des intérêts populaires.

À trop avoir revêtit les couleurs libérales, les Démocrates ont pris le risque de voir leur électorat le plus volatile, surtout jeune et urbain, partir en face, préférant, finalement et comme toujours, l’original à la copie. Tyovoima enregistre une certaine progression non négligeable qui semble indiquer la présence également du phénomène inverse, à savoir la fuite des plus convaincus vers un discours de gauche plus authentique, sans doute un peu dépassé, mais qui répond proportionnellement à la déception ressentie il y a quatre ans. Difficile d’envisager à son tour l’hypothèse d’une collaboration avec les écologistes, eux-aussi frappés de désamour électoral pour leur indécision chronique. Avec son effondrement et la division par quatre de son nombre de sièges, le mouvement Avenir ne devrait pas même être contacté par les libéraux tant leur apport serait nul. Il est fort à parier que la formation ne survive pas jusqu’aux prochaines élections et que ses élus restants ne se recyclent ailleurs, soit côté démocrate, soit qu’ils ne convoitent une place dans la nouvelle majorité qui émergera sous l’égide libérale.

Dès lors, si pas à gauche, faut-il chercher le futur partenaire du gouvernement à droite ? Le Parti National de Johan Ainola réalise une performance impressionnante pour son premier scrutin national avec l’obtention de vingt-six sièges, soit un de plus que l’extrême gauche Tyovoima. Pourtant, il est peu probable que le parti ne se jette si tôt dans les affaires qui pourraient davantage lui porter préjudice pour son avenir. Il serait, en effet, plus avantageux pour eux de persister dans le rôle plus formateur de l’opposition où il est plus aisé de gagner l’opinion publique que depuis un gouvernement où ils ne se trouveraient, de toute façon, que dans une contraignante minorité. Contrairement aux nationalistes, le Parti Chrétien-Conservateur de Selma Tjuus pourrait faire un partenaire crédible pour la force libéral avec qui ils pourraient très certainement s’accorder sur un programme économique décomplexé. D’un autre côté, la concession de l’un ou l’autre poste ministériel stratégique, notamment l’Éducation ou l’Intérieur, pourrait permettre au KPP de présenter certaines de ses mesures conservatrices, notamment le maintien du mariage traditionnel, qui lui assurerait peut-être la faveur d’un électorat qui lorgne chez les nationalistes.

Quoi qu’il en soit, avec un taux de participation proche des nonante pour cent, qui représente près de dix-huit millions de citoyens, ces élections sont parmi les plus prisées qu’a connues le pays au cours des dernières années. Et pour cause, aujourd’hui Lucius Mirko s’en allait pour de bon, après avoir annoncé son retrait il y a plusieurs mois, et laissait les clés du pays au Président, Paavo Sultsainen, qui endosse aujourd’hui son pouvoir le plus essentiel : celui de sacrer le vainqueur des négociations, lesquelles se tiendront normalement dans les prochains jours, et dont l’issue reste encore incertaine mais d’ores et déjà sujette à toutes les espérances.

Eduskunta post-élection
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