Mesdames, messieurs, merci de reprendre vos places.
Un silence de quelques secondes s'installa pendant que les derniers députés reprennaient leurs places.
Le projet de loi actuellement à l’étude concerne un projet national militaire. Laissons les porteurs de ce projet l’expliquer eux-même.
Un homme de grande taille s’approcha du pupitre et prit la parole.
Mesdames, messieurs.
Qui n’a jamais rêvé de faire de notre pays une puissance militaire à part entière ? Qui, parmi vous, n'a jamais rêvé de prendre part à la gouvernance d’une nation puissante et respectée sur la scène internationale ? En nous, avouons-le, peu d’entre nous ne se sont pas laissés tenter. Et pour cause, une armée puissante est la garantie que notre pays ne risque pas de tomber sous le giron de quelque despote usant de la force pour s'étendre. C’est une garantie de respect sur la scène internationale. C’est une garantie que personne, jamais, ne tentera de nous forcer la main sous la menace des armes. C’est la garantie de pouvoir protéger, n’importe où dans le monde, nos intérêts et ceux de nos alliés, contre les coups de forces des nations non éclairées. C’est également un devoir. C’est un devoir que nous devons, en vertu des accords de Karménie, à la République Fédérale de Karty. C’est un devoir que nous devons à nos citoyens, pour garantir leur sécurité contre l’impérialisme accrue de certains acteurs géopolitiques menaçants. C’est un devoir de pouvoir réduire à néant, sans aide de la communauté internationale, les menaces existentielles dont nous sommes la cible. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui ce projet de loi de programmation militaire. Nous avons déjà, certe limité, mais tout de même, une force aérienne conséquente. Nous avons, par conséquent, un moyen, certes limité, certes à améliorer par des entraînements répétés avec l’armée kartienne, mais nous avons tout de même un moyen de contrer des invasions à grande échelle arrivant par la terre et par les airs sur notre territoire. Ce que nous n’avons pas, ou pas encore, c’est un moyen fiable de nous battre sur la mer. Nous pouvons repousser un assaut maritime arrivant directement depuis la baie des étoiles, mais dans le cas le plus probable d’un conflit de haute intensité mené par une puissance étrangère, sa base sera un groupe aéronaval, pratiquement inatteignable depuis les côtes par nos missiles de croisière. Pour contrer une telle menace, nous avons besoin d’une marine de guerre puissante, capable de tenir tête à un groupe aéronaval de haute technologie. Et nous trouverons cette marine de guerre dans la République Fédérale de Karty. De plus, il nous manque également un autre atout crucial à toute armée moderne : une capacité de projection de puissance digne de ce nom. C’est pourquoi je propose devant vous ces trois projets :
- La mise en place d’entraînements réguliers, à raison d’au moins un par an, avec la force militaire de la République Fédérale de Karty, ayant pour objet principal l'entraînement à la projection de puissance, pour un camp, et à sa déroute pour l’autre. C’est cela dont notre armée a besoin en priorité, et c’est la seule manière, autre qu’une véritable guerre, d’en acquérir l’expérience. Ces entraînements seront également l’occasion de réaliser, dans les conditions les plus proches d’une réelle opération militaire, des entraînements aux tirs de munitions de haute technologie.
- La mise en place d’une grande commande à l’Ordre Oruzhiya d’une flotte de guerre digne de ce nom, pour pourvoir à la défense nationale contre les menaces maritimes.
- La mise en place d’un chantier pour créer, à partir de la flotte de guerre achetée à Karty, et de navire produits par les chantiers navaux milathiens, d’un groupe aéronaval composé d’un porte avion et d’un navire de débarquement, pour permettre une projection de puissance accrue aux quatres coins du globe.
Merci pour votre attention.
S'ensuivirent des débats, pendant une bonne heure, puis le temps du vote arriva.