Il est l'heure du bilan.
AlinéaSi la République Fédérale Kartienne, son régime, est de nature récente, sa tête de file qu'est Angèle Orlovski ne date pas d'hier. Non, elle est la femme politique en exercice avec le plus d'années consécutives, malgré sa jeunesse, pour une femme d'une quarantaine d'années. D'abord aux institutions législatives sous Von Blonski, puis Chancelière sous l'égide du Tsar, et enfin Gouverneure d'une des plus grandes puissances du monde. Car en effet, aujourd'hui, la République Fédérale Kartienne se glisse au podium des nations par son armée, au déplaisir de certains, au bonheur d'autres. Un pays à la spécificité culturelle unique, aux traditions certes ancestrales mais mutées des nouveaux idéaux qu'arbore le jeune Etat socialiste. Tout un processus en grande majorité permis par cette femme, Angèle Orlovski. Réellement populaire et majoritairement appréciée du peuple, il est certain que les historiens nommeront une ère Orlovski, lorsqu'elle sera achevée. Mais, au delà de la femme politique, que savons nous d'elle ? Personnellement ? Un père militaire mort sous la répression de l'Empire, un amant dissimulé aux yeux du grand public... Peu de choses, en réalité, dans la mesure où ces dernières sont tombées dans l'oubli ou ignorées. La Gouverneure Orlovski, tout comme la plupart des dignitaires, politiques et hautes personnalités, a évacué le Capitole, cette infrastructure qui accueille d'habitude l'exécutif. Pourquoi ? La Loduarie, tout simplement. En raison de la potentialité des événements, leurs risques, il avait été convenu d'évacuer toutes les infrastructures majeures, en vue de bombardements ou d'assassinats. Et ce protocole, pour la Gouverneure, est conséquent. Personne ne sait où elle se trouve, non, quasiment personne. Angèle se déplace à cadence régulière. La dernière fois, un complexe militaire campagnard. Une autre, une infrastructure politique de Barlena. Et ainsi de suite. Aujourd'hui, Angèle doit aller à Volkingrad, pour honorer une conférence de presse. Elle se trouvait dans l'ancienne maison de son père, aux côtés d'une des rares personnes qu'elle avait pu côtoyée ces derniers jours... Cette personne, une militaire, la seule garde de la Gouverneure. Même si d'habitude, de tels protocoles ne sont pas entamés, la situation l'impose.
Fin d'année 2018, sous un ciel froid et de biens pâles rayons.

-"Julia ?"
-"Madame ?"
D'aussi loin que pouvait s'en souvenir la Gouverneure, sa relation avec la militaire avait été fortement particulière. Il y a toujours eu cette sorte de distance professionnelle, qu'elle prenait l'habitude d'effacer avec le temps, une question de conditions de travail plus agréables. Mais cette femme, Julia, avait toujours gardé cette sorte de distance, non pas qu'elle était froide...
-"Rien, laisse."
-"Votre convoi semble présenter du retard, madame."
-"Mh ?... Ce serait vraiment fâcheux d'arriver en retard à un événement d'une telle portée internationale... Y'aurait-il seulement un autre moyen ?"
-"Il me semble, madame, qu'une voiture se trouve dans le garage."
Angèle afficha une tête curieuse, comment pouvait-elle le savoir ? La réponse était simple, Julia avait pris l'habitude plutôt convenante et normale pour son rôle d'inspecter les lieux où elle se rendait. Puis, Angèle eut un éclair de lucidité, comme si elle avait oublié l'existence de ce véhicule jusque là...
-"Maintenant que tu le dis, la voiture de mon père... ça me ferait bizarre de la conduire, ou juste de la voir, après tant d'années... Je ne sais même pas si elle marche encore..."
-"Il serait plus sage, madame, d'attendre le convoi au risque du retard pour votre sécurité."
-"Allons, qui pourrait bien se soucier d'une simple voiture civile, un peu... rétro disons, certes. Ce n'est pas sans dire que Volkingrad est quadrillée par la Kaldrika."
Car en effet, pour cet événement, la sécurité était loin d'être délaissée. La Kaldrika, c'est le nom du groupe armé chargé de protéger Volkingrad, conformément à la constitution. L'armée de terre, elle aussi, se tenait prête à l'intervention de quelconque cas. Les groupes antiaériens, et plus largement l'aviation, avaient été affrétés pour l'occasion, dans le plus grand des silences par les soins de la Vorna, les renseignements. Des mesures auxquelles s'ajoutait la Loi de Gel sur les Juridictions Hostiles. Globalement, tous les journalistes du globe étaient acceptés. Tous, exceptés ceux Loduariens et Illiréens, c'était le contexte de guerre et de sécurité qui prévalait. Une autre mesure, évidente entre autres, était la fouille minutieuse des journalistes, dans le respect évident de leurs personnes: Il en allait de détecteur de métaux ou autres outils.

Ce fut à bord d'une voiture Deska qu'Angèle et Julia se rendirent à la conférence, sous couverture involontairement civile. La Gouverneure conduisait le véhicule de son père avant elle, une marque de collection. Le monde de l'automobile en Karty, c'est véritablement tout un art. Tout Kartien, de toute province, connaît le nom de Steinhart. La marque nationale par excellence, 80% des véhicules sur le sol Kartien lui étant accordé. Deska, c'est une marque niche, disait-on... Un aspect de la culture italienne de Zaverço, connu pour son monde automobile et ses voitures de collection... Finalement, sous les yeux de militaires dissimulés, des projecteurs et des journalistes, dame Orlovski se rendit exactement à l'heure convenue, la précision d'une horlogère. Elle prit place sur la tribune.
Gouverneure Angèle Orlovski-"Kartiens, Kartiennes, citoyens et citoyennes, mesdames et messieurs les journalistes, peuples du monde.
Qu'aujourd'hui soit marqué par le sceau de l'importance de la diplomatie pour la République Fédérale Kartienne. Effectivement, ce présent événement témoigne d'une volonté d'ouverture sur le monde: Vous avez été nombreux à répondre à cet appel, et la République Fédérale Kartienne vous remercie.
Je tâcherais d'entamer ce discours d'ouverture par un bilan de mes désormais trois années de mandat auprès du peuple Kartien. La diplomatie, une valeur par toujours ancrée par la politique œuvrée. En seulement quelques années, nous avons su tisser un réseau diplomatique d'importance, rattraper un retard considérable. De pays isolationniste, nous nous sommes ouverts sur le monde ! Karty resplendit, malgré les embûches qui se sont tendues, aux côtés de ses alliés: L'Empire Raskenois, la République d'Antares, la Fédération Slavis et enfin la République du Latrua. Ces pays se sont illustrés comme nos plus proches alliés, la République Fédérale se tiendra réciproquement à leurs côtés.
C'est enfin l'heure de proclamer, au bout de plus de cent ans, la fin de la phase de transition démocratique pour Karty. Les régimes se sont succédés. Mais enfin, enfin, la stabilité est retrouvée, au profit de la finalité démocratique pour laquelle nous avons œuvrée. Depuis 1909, Karty s'est engagée sur cette voie sinueuse mais de toute gloire !
Mais il reste évidement du chemin à parcourir. C'est tout particulièrement le cas pour les enjeux économiques de notre pays, qui se voit jouir de la plume de nos philosophes et penseurs par la théorisation et l'application, progressive au demeurant, du Dirigisme Souverain. L'économie Kartienne demeure l'une des plus resplendissantes du globe, en témoigne l'efficacité de cette doctrine: Un Produit Intérieur Brut qui avoisine 1 354 000 000 000 $.
Une constante économique qui s'est grandement illustrée par la voie de notre armée. L'armée Kartienne s'est vue, en cinq ans, renforcée de toute part. Passant d'une force archaïque à l'une des plus puissantes armées du monde: Notre armée de l'air se hisse, par la direction de la Générale Ernova, sur le grand podium des nations ! Cependant, la République Fédérale n'usera guère de cette force par abus ou impérialisme, mais bien pour se protéger, pour protéger ses alliés et œuvrer pour la paix internationale.
Il serait, toutefois, ironique de ne présenter que les points positifs de ces dernières années. La République Fédérale Kartienne se voit confrontée à l'un de ses plus grands défis, le mot étant d'une pâleur certaine: L'invasion de la Loduarie sur notre alliée Antarienne. Cette guerre, une infamie, nous sera décisive. Mais jamais. Jamais ! La République Fédérale ne se laissera intimider par la Loduarie Communiste, nous défendrons notre alliée et sœur Antarienne: Nous suivrons cette étoile.
[...]"
Son discours d'ouverture clôturé, les journalistes peuvent prendre la parole... Et, dans un fond de la salle, Julia, la garde d'Angèle... Une occasion en or, pour un journaliste Kartien, qui en réalise un cliché...

Il me paraît clair que le conflit en Loduarie sera abordé durant cette conférence de presse (ou pas !), vous n'êtes pas sans savoir les problèmes de temporalité. Il est donc à considérer que la conférence se déroule fin 2018, avec la conjoncture actuelle: Soit une invasion floue mais démarrée.
La plupart des journalistes de tout Etat sont acceptés, exceptés ceux de la Loduarie et de l'Illirée comme explicité dans le RP (évidement on les vire pas à coup de pied, c'est un refus préalable). Cependant. Cependant, je demande sincèrement de ne pas entamer de RPS trolls, comme ça a déjà pu être fait sur des événements que j'avais lancés. J'ai passé du temps à écrire ceci, je demande donc d'éviter de partir en ce sens, s'il vous plaît. Si le fait que je sois déçu le cas échéant ne vous suffit pas, il faut bien prendre en compte que mes autorités n'accepteraient des débiles mentaux dans la vibe qu'a déjà pu faire Quarta...
Mais trêves de demandes, je suis sûr que tout va bien se passer, hâte de répondre à vos questions !