
Selon les dernières recherches, les premières traces de peuplement en Iakumie remonteraient à la fin du Paléolithique. Si nous savons que l’installation des populations polaires et turciques (incluant les Iakumes) s’est faite dans les siècles suivants, l’absence d’écriture et la tradition orale chez de nombreux peuples locaux n’ont pas permis de transmettre une grande partie des connaissances de cette époque jusqu’à nos jours. Au fil des siècles, la Iakumie n’a jamais été organisée en État : la rudesse du climat organisant les différentes communautés de manière autonome, celles-ci ne pratiquant que du troc de manière occasionnelle. Ce n’est qu’avec l’arrivée des colons mors que le territoire commence à se structurer : une administration et un gouverneur — à l’autorité territoriale très relative — sont mis en place dès 1722 et une capitale, Nariakov (actuelle Naryakha), est édifiée. Les Mors facilitent la standardisation des différents dialectes iakumes en une langue plus ou moins commune, bien que de nombreux particularismes locaux subsistent encore aujourd’hui. Dès la fin du XVIIIe siècle, une assemblée autochtone, le Tumuul, est mise en place pour représenter les tribus nomades, tandis qu’une grande majorité de colons mors quittent progressivement le territoire en raison de la rudesse du climat. L’isolement presque total de certaines communautés, couplé au laisser-faire des colons mors, fait que le courant nationaliste iakume ne gagne réellement en importance qu’au début du XXe siècle : le Tumuul gagne en influence tandis qu’un recensement des olons (« communautés ») est effectué parmi la population, et qu’un statu quo est établi avec les autorités mors. Ce statut, qui organise de facto le territoire iakume, perdure jusqu’aux années 1970, lorsque le militant iakume Sergen Bytantay mène une campagne pour l’indépendance officielle et l’organisation de l’État en république. Le Tumuul finit par céder et organise un référendum en 1974, qui approuve l’indépendance à une très large majorité le 19 septembre 1974.
La très grande majorité de la population est composée d’Iakumes (en iakume : Якуумяа / Yakuumyaa), qui, par exonyme, ont donné leur nom à la Iakumie. Les Iakumes sont un peuple turcique appartenant au groupe des populations turciques du Nord du Nazum. Si l’on considère souvent que la majorité des Iakumes sont orthodoxes, appartenant aux divers courants religieux présents sur le territoire, il ne faut pas nier l’importance des croyances autochtones et du paganisme local, qui ont formé un syncrétisme chrétien orthodoxe très particulier, mêlant les préceptes du christianisme à divers mythes locaux. En outre, la population iakumienne compte également une minorité notable de Tchouktches, qui disposent d’un statut d’autonomie reconnu par l’État. On trouve également des minorités nénètses, des descendants de colons mors ainsi que d’autres peuples polaires.

Géographiquement, la Iakumie est composée d’un territoire national de 134 912 km², majoritairement couvert de taïga et de plusieurs reliefs montagneux. Sa partie principale est également parcourue par un fleuve majeur, la Naya. Elle possède aussi une exclave plus septentrionale, quasiment inhabitée si l’on excepte quelques villes et villages notables. La République iakume est particulièrement connue pour son climat extrêmement rude : si l’été peut être marqué par des températures relativement chaudes, les hivers y sont particulièrement rigoureux, avec des extrêmes pouvant atteindre −50, voire −60 °C.
Économiquement, la République iakume s’appuie principalement sur l’exploitation de ses ressources naturelles : l’exploitation des vastes forêts de taïga pour le bois ainsi que l’élevage de rennes, de chevaux et de bovins constituent l’essentiel de l’activité économique pour une grande partie de la population. La Iakumie dispose également de très importantes réserves minières (diamant, or, charbon) qui ne sont que partiellement exploitées, en raison du manque d’infrastructures et des conditions climatiques particulièrement rudes, rendant leur extraction difficile. On trouve également des gisements de gaz et de pétrole, qui ne sont pour l’instant pas exploités.
Jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle, la Iakumie n’est pas organisée en État — chaque communauté aggissant de manière indépendante. Ce n’est que le 19 septembre 2019 que la République iakume proclame officiellement sa souveraineté, reconnue par l’ancienne puissance tutélaire, la lointaine Morakhan. Une constitution est par la suite adoptée, faisant de la République iakume une démocratie représentative, avec un régime décentralisé et un pouvoir exécutif confié au président de la République. Le Tumuul, chambre législative traditionnelle, est institutionnalisé et doté du pouvoir législatif.
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