03/01/2020
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[Épigraphie/Grammatologie] Inventaire raisonné des hiéroglyphes et pétroglyphes muloquois

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Titre de la section dans une esthétique barberienne : Inventaire raisonné des hiéroglyphes et pétroglyphes muloquois
Mlle Hochet présentant son livre dans son bureau de l'Université de Barbery

On se figure souvent, et bien à tort, que Barbery, et la Nouvelle-Gallouèse en général, serait une terre dont l’histoire débuterait avec l’arrivée de colons eurysiens au début du XVIIe siècle. Qu'avant cela, il n'y avait rien qu'une terre vierge, une forêt primaire de l'hémisphère nord. Cela vient du fait que les premiers colons, qui ont remplacé les populations autochtones, n’ont jamais manifesté un désir bien grand d’en savoir plus sur ces païens barbares qu’ils croisaient peu au début de la colonisation et qu’ils ne croisèrent bientôt plus du tout quand elle se trouva plus avancée et que plus aucune transaction avec les peuples locaux n'étaient nécessaires à la survie des colonies. Il n’est pas question dans cette introduction de faire l’histoire des dernières années des peuples indigènes, ce n’est pas le propos, mais tâchons tout de même de rappeler que si, à l’exception de quelques religieuses courageuses et dévouées, les Néo-Gallouésants n’ont jamais montré un grand intérêt pour leurs hôtes, c’est bien la maladie et non leurs lames qui ont éliminé ces populations. Maladie qui, il est vrai, venait bien d’Eurysie et que véhiculaient les colons (intentionnellement ou non) lors des rares rencontres. On remarquera cependant que l’on n’est pas propriétaire de ses germes et que les Eurysiens devaient vraisemblablement la plupart des leurs — dont certains causèrent de terribles épidémies dans l’Ancien Monde — aux Nazumites ou aux Afaréens sans qu’il ne vienne à personne de leur en adresser le moindre reproche.

Mais laissons cela. Actons seulement le fait que, de nos jours, il n’existe plus d’Aleuciens en Nouvelle-Gallouésie, si l’on excepte quelques populations muloquoises dans les collines du cœur de l’État de Barbery. Et encore ces communautés sont-elles fortement métissées, naturellement christianisées et finalement largement déculturées. Néanmoins, elles n’ont pas tout oublié, et c’est à partir de leurs témoignages, collectés depuis le siècle dernier par des anthropologues savants et curieux, que l’on a pu commencer à détricoter le fil des pétroglyphes. Car, chose plus méconnue encore que les Aleuciens eux-mêmes, on trouve partout en Nouvelle-Gallouésie des inscriptions épigraphiques, la plupart dans la pierre, mais aussi quelques-unes dans de l’écorce, notamment de bouleau. Plus intéressant encore, il apparaît clairement que l’ensemble de ces inscriptions soient écrites dans la même écriture et peut-être, bien que l’on n’en soit pas certain, dans la même langue. Naturellement, ces écrits s’étendent sur des millénaires et connaissent de fortes modifications et une nette complexification avec le temps.

On distingue concrètement trois écritures hiéroglyphiques muloquoises. Le haut muloquois, qui est une écriture sans doute beaucoup plus rustre et dont la structure, archaïque, semble manifestement consister en l’agglomération d’idéogrammes simples pour constituer des aides-mémoire facilitant la conservation d’histoires. Le moyen muloquois, qui est déjà nettement plus construit, où la combinaison d’idéogrammes semble y être quasi systématique, et où l’on voit apparaître la récurrence de certains symboles indiquant clairement l’apparition d’un embryon de grammaire — et en réalité, avec l'avancé des recherches, cet "embryon" se révèle être en réalité de moins en moins embryonnaire, ce qui fait dire à certain qu'il existerait un muloquois classique distinct du muloquois moyen. Et Le bas muloquois, enfin, qui est attesté par les témoignages des colons, correspond à un large abandon de l’idéographie en faveur de la phonétique, pure selon certains, partielle selon d’autres.

Comme nous l’avons indiqué, ces inscriptions se trouvent partout en Nouvelle-Gallouésie, bien qu’elles soient de fait beaucoup plus nombreuses en Barbery qu’au Dakora ou au Makota. On ne peut pas exclure non plus qu’il en existe ailleurs dans les pays limitrophes, mais, pour l’heure, aucune inscription n’a été relevée à l’étranger. La répartition des inscriptions incite à penser que cette écriture aurait comme berceau la Barbery, et plus précisément sa principale ethnie, la tribu des Muloquois, et qu’elle se serait ensuite répandue chez les aleuciens Dakora puis chez les aleuciens Makota. Certains aleuciologues audacieux ont prétendu à l’existence d’une superfédération dite « Fleuve Makota » qui correspondrait très exactement à la zone dans laquelle on a retrouvé ces écritures. Mais c’est une opinion controversée, car elle ne repose sur pas grand-chose d’autre que la présence des pétroglyphes, qui peuvent, en réalité, s’expliquer de bien d’autres façons que par la conquête d’un de ces peuples sur les autres. Du reste, il semblerait que l’on observe des variantes locales dans le tracé des glyphes et dans leur fréquence d'apparition, ce qui semble indiquer l’existence de plusieurs nations influencées les unes par les autres mais aux dialectes divers, ou peut-être même s'agit-il de plusieurs langues distinctes employant une seule écriture.

En tout état de cause, ce sujet servira à accueillir toutes les informations disponibles sur ces curieux symboles et leur signification. Il s’agira de cours, d’extraits d’articles, de rapports d'études, et de communications diverses produites par Mlle Marie-Ambre Hochet, docteur en langues anciennes, grammatologue, experte en idéographie, et qui occupe actuellement la chaire d’épigraphie muloquoise à l’Université de Barbery. Chaire qu’occupait son père avant elle, le docteur Hubert Hocher, l’inventeur de la muloquoisologie moderne. Notons, c'est une obligation légale de vous en informer, que cette chaire est financée par le fonds Hoctemare pour la Préservation et l'Etude des Peuples Premiers de Barbery.

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