
Le projet est désormais de soumettre à la décision collégiale la gestion interne des services publiques, par les fonctionnaires eux-mêmes, et de soumettre au vote l'attribution du budget du Syndikaali alloué à la planification. Ainsi le choix de consacrer la capacité de production des usines militaires vers tel ou tel projet est désormais laissée à partie du tiers à l'armée elle-même et à partie du tiers aux ouvriers de ce secteur, chacun étant censé faire contre-poids. Le dernier tiers est celui de la société civile par la voix des deux Assemblées Législatives, en cas d'impasse, c'est lui qui a le dernier mot.
De la même manière, le ministère de la Planification et celui du Bien Commun va remettre entre les mains des fonctionnaires le choix définitif de l'allocation de fonds à tel ou tel projet qui devront après avoir été proposés aux Assemblée Législatives être ratifiés par les syndicats de la fonction publique, selon les domaines concernés et sous-divisés en "kollektiivinen d'usines" c'est à dire en assemblées de travailleurs propres à chaque usine.
Il y a actuellement : 95 centres de production militaire au Syndikaali, pour autant de kollektiivinen.
Ces 95 kollektiivinen sont rassemblés sous la bannière de sept syndicats dont la décision dépendra l'orientation de la production.
La Confédération Internationale du Travail (CIT) est perçue comme l'organe du Parti Communiste Pharois et régulièrement accusée d'être téléguidée par le ministère de la Défense territoritale. Engagée à gauche, la CIT met en avant la défense des droits des ouvriers, la reconnaissance des accidents du travail, l'augmentation des salaires, l'obtention de primes et la fin des licenciements. Il s'agit de la principale force de blocage du pays. Si elle s'unit régulièrement avec l'UTMDSO lors de ses combats sociaux, elle s'en éloigne toutefois sur des questions stratégiques en plaidant notamment pour le développement de l'aviation afin de doter le Syndikaali d'une force d'attaque polyvalente : aérienne et navale.
La Confédération Internationale Libertaire du Travail (CILT) est née d'une scission avec la CIT, jugée trop proche du PCP. La CILT lui préfère les élus de la Fédération Anarchiste et tout en s'alliant régulièrement avec sa grande sœur de la CIT, la CILT porte également des combats qualifiés de libertaires, mettant en avant la souveraineté démocratique des travailleurs sur la production ainsi que des revendications plus individualisantes visant notamment à développer un marché publique de l'armement ouvert aux citoyens Pharois afin de ne pas concentrer le monopole de la violence légitime entre les seules mains du gouvernement (fut-il partiellement communiste).
L'Union d'Alliance (UA) est un syndicat souverainiste, classé à droite et défendant la réconciliation des travailleurs et du patronat, y compris dans la fonction publique. Farouchement opposée à toute forme de lutte des classes, elle souhaite convaincre les ouvriers d’œuvrer à "la maison commune" qualifiant la communauté nationale et plaide systématiquement pour un renforcement des budgets alloués à la Défense territoriale afin d'assurer la souveraineté politique et militaire du pays. Considérant la grève comme un moyen d'affaiblir la nation de l'intérieure, le syndicat se porte souvent volontaire pour les briser, quitte à organiser des convois de travailleurs de réserve capables d'intervenir dans les usines à l'arrêt.
La Veille Pacifiste (VP) est le seul syndicat de l'armement à militer pour le désarmement du Syndikaali. Évidement la VP demande à ce que ce désarmement se fasse en concertation avec le reste de la communauté internationale mais soutient, y compris par la grève, toute initiative allant dans ce sens. Elle pousse le ministère à préférer le secteur du génie civile ou les moyens de dissuasion militaire, prenant un rôle actif dans la production de sous-marins lanceurs d'engins, perçus comme un moyen de préserver définitivement la paix en mer du Nord.
Enfin, le Front Démocratique des Kollektiivinen (FDK) est un syndicat libertarien, militant pour la souveraineté totale des kollektiivinens sur la production et notamment leur ouverture au marché privé, argumentant que seule la possibilité donnée à chaque citoyen Pharois de s'armer au moins de manière équivalente à l’État et de jouir des derniers brevets permettra d'éviter la tyrannie de ce-dernier. Le FDK est suspecté d'entretenir des liens avec le Parti Pirate et ses agents et notamment accusés de fournir discrètement le marché noir en armes de toutes sortes.