An de grâce 2007,
Port de Nevskigorod, Prodnov
Bien que les avis divergent à travers le monde sur les méthodes à employer afin de rendre à la lointaine nation du Prodnov un tant sois peu de stabilité durant la période particulièrement troublée, tous s'accordaient en fin de comptes à dire qu'il était plus que temps de passer par un dialogue sain et construit afin de sortir de la course à l'escalade qui était en cours. De fait, ce n'était plus un secret pour personne, depuis des semaines, suite à la déchéance du gouvernement communiste s'étant adonné à des excès contre son propre peuple et ayant de facto déclenché l'indignation mondiale autant que la réaction de certaines puissances, deux larges factions de diverses nations s'étaient formés et avaient chacune déployés leurs pions afin d'assurer leur intérêts propres.
Se faisaient dès lors face d'une part une espèce de coalition qui originellement se composait de ce que l'on nommait "L'Alliance Albienne", ou le Conseil de Sécurité des Mers du Nord, l'organisme avait rapidement été rejoint par plusieurs nations communistes d'Eurysie au fur et à mesure que le temps passait. Ensuite, venait l'Organisation des nations commerçantes dont les membres venaient de tout les horizons, de la lointaine Aleucie jusqu'au Nazum en passant par l'Afarée, la Paltoterra et l'Eurysie même, rassemblés autour d'un même objectif. Mais aussi vertueuses puissent être les raisons, cela n'importait guère plus aux yeux u monde désormais car les nations n'intervenant pas dans cette affaire ne pouvaient qu'observer avec inquiétude le risque concret de déclenchement d'un conflit à grande échelle.
Après tout, les différents acteurs avaient chacun massivement déployés des troupes pour soutenir leurs poulains prodnoviens qu'ils considéraient comme apte à changer le pays pour le mieux et tout à fait capable de redonner grandeur et stabilité à cette nation qui sortait de décennies de tyrannie. Toujours était-il qu'il suffisait souvent d'une simple provocation, d'une escarmouche non autorisée, ou plus généralement d'un léger imprévus afin de mal interpréter les faits et de se lancer sur un coup de tête dans une succession d'évènement que tous assurément regretteraient. Car personne à dire vrai ne souhaitait entrer véritablement en guerre n'est-ce-pas ? Ce n'était encore qu'une énième promenade visant à montrer les muscles ainsi qu'à faire vaciller le rythme cardiaque des honnêtes gens.
Rien n'était moins sur. Quoi qu'il en soit, au rythme où allait les choses, et dû à la constatation que chaque camp, non content de camper uniquement sur ses positions, poursuivait l'escalade, il était évidemment que si personne n'entamait des démarches afin de créer un dialogue, l'on courait à la catastrophe. Habituée des crises et très attachée au statut quo, la Sérénissime qui observait de loin la situation à l'image d'autres nations, se contentant d'observer certaines réserves, évitant de s'exprimer pour un tel ou contre un tel se proposa de se métamorphoser en bonne figure de l'ONC, lançant l'initiative d'entamer des démarches diplomatiques afin de tenir une médiation entre les deux factions visant à éclaircir la situation et à trouver communément des solutions acceptables pour les uns comme pour les autres.
L'UA et autres coalisés avaient de facto acceptés de bon gré de discuter, de même que les nations impliqués de l'ONC. Voilà donc que ni une ni deux, le fameux "artisan de la paix", Nobello Camberlini, diplomate de la Torre Bianca auquel l'on appréciait confier les dossiers épineux avait pris le premier avion à destination de Staïglad par pont aérien avec ses assistants et une solide équipe de mercenaires de la société Militaris. Sa mission, préparer le terrain afin d'accueillir les diplomates de toutes nations et veiller à ce que les discussions se fassent sans heurts. Pour ce faire, et afin de satisfaire tous les partis, il avait été convenu que les négociations se tiendraient à mi chemin entre les deux cités phares de cette crise qu'étaient Prepolo et Staïglad. Le port de Nevskigorod remplissait ses critères et s'il accueillit actuellement des forces Jashuriennes, ses dernières s'étaient engagés à assister du mieux qu'elles le pouvait la tenue des discussions.

Nobello Camberlini, "l'As des Négociations" auquel l'on offre les dossiers les plus épineux.
Voilà donc où nous en étions, les diplomates Fortunéens avaient empruntés un hôtel local non loin des docks, rien de bien fabuleux mais tout de même, l'importance tenant dans la taille des locaux qui étaient assez grandes pour accueillir le monde qui allait assurément s'y pressait. La sécurité directe serait d'ailleurs assurée par les gens d'armes des sociétés privés de Sécurité de la Sérénissime dont le professionnalisme était grandement réputé. Qui plus est, les caméras du monde semblaient s'amasser au plus près du site, de facto l'on pouvait affirmer sans trop se tromper qu'il n'y avait rien à craindre à priori et que quiconque se risquerait à la violence en ses lieux ruinerait durablement sa réputation aux yeux non seulement des participants mais du monde entier.
Ne restait plus qu'à accueillir lesdits participants, ce pourquoi Il Signore Camberlini et ses assistants siégeaient sur le porche de l'hôtel avec les propriétaires de ce dernier qui avaient d'ailleurs largement été généreusement rémunérés pour cette location.