Posté le : 13 nov. 2024 à 15:45:49
6442
SOCIÉTÉ CLOVANIENNE
Les paysans
Lieux de vie :
Les paysans vivent dans les innombrables villages et petites villes situées partout sur le territoire clovanien, dans des communautés appelées seigneuries. Une seigneurie s'organise autour d'un seigneur, la plupart du temps noble. Autour du domicile du seigneur se situe généralement la réserve seigneuriale, puis l'on trouve les terres appartenant aux paysans. La réserve seigneuriale est généralement beaucoup plus grande que les propriétés des paysans et dépasse la plupart du temps, en taille, l'ensemble des propriétés paysannes individuelles qui sont regroupées autour d'elles.
Les habitations paysannes sont regroupées dans des villages autour de la résidence du seigneur (château, manoir...), ou dispersées dans la campagne environnante, directement à l'endroit de l'exploitation.
Activités économiques :
Chaque paysan est donc rattaché à un seigneur. Pour pouvoir exploiter sa terre, il doit travailler au moins trois mois par an dans la réserve seigneuriale, travail sur lequel il touche une somme variable appelée le quartier (car il travaille sur la réserve seigneuriale un quart de l'année). Un paysan peut être salarié et travailler à plein temps sur la réserve seigneuriale, mais la petite propriété est majoritaire, le salariat étant souvent une étape avant cette dernière.
Dans la réserve seigneuriale, les paysans cultivent le plus souvent le blé, parfois d'autres céréales ou de la vigne. Dans leur propriété, ils cultivent aussi des céréales, des légumes et élèvent des animaux. Certaines seigneuries sont spécialisées dans l'élevage, et la réserve seigneuriale n'est alors consacrée qu'à cette activité.
Conditions d'existence :
Le travail des paysans dans la réserve seigneuriale au sein d'une même seigneurie est distribué également, ce qui signifie que le niveau de vie des paysans d'une même seigneurie ne peut se distinguer que par le rendement de sa propre exploitation. Certaines propriétés peuvent être misérables, d'autres peuvent atteindre de grands rendements et comporter des dizaines de salariés. Concurrencer les rendements de la réserve seigneuriale s'avère cependant difficile, dans la mesure où c'est le seigneur qui fixe les prix de sa seigneurie. Toutefois, il arrive parfois que des paysans agrandissent leur propriété pendant plusieurs générations, jusqu'à devenir seigneurs à leur tour.
Moyens de socialisation :
Les paysans, ortholiques pratiquants pour leur écrasante majorité, se réunissent tous les dimanches à la messe dans leur église locale. Cet événement hebdomadaire constitue un élément de sociabilité important pour la communauté, moment au cours duquel tous les habitants d'un village sont réunis. Comme le dimanche est chômé, la messe est souvent suivie d'un grand repas sur la place du village, de bals ou d'autres festivités.
Les nombreuses fêtes et jours fériés sont aussi des moments de convivialité, notamment les jours des Rois (6 janvier) et du Rassemblement (12 septembre, fête nationale).
Valeurs et idéologie :
Les paysans clovaniens sont majoritairement conservateurs, traditionalistes et attachés aux traditions ortholiques. La récente guerre civile provoquée par la secte devotis a renforcé leur enracinement religieux. La plupart soutiennent le régime en place et ont peu de revendications sociales. Les paysans sont patriotes, le service militaire permettant une immersion de tous les hommes dans la Nation, au-delà d'un enracinement local.
Genre et enfance :
Les rencontres maritales se font la plupart du temps au cours des bals et fêtes locales. Une fois mariée, une femme paysanne travaille dans la propriété du ménage mais n'est pas astreinte au travail dans la réserve seigneuriale. Ce temps lui permet d'élever ses enfants.
Un enfant paysan suit le parcours scolaire commun à tous les Clovaniens, participe aux travaux de l'exploitation de ses parents et part en service militaire à l'âge de 17 ans. Il travaille la plupart du temps en tant que salarié ou fonde sa propre exploitation, puis hérite de la propriété de ses parents. La mobilité féminine est forte, puisque ce sont la plupart du temps les femmes qui quittent leur famille en se mariant.
Les ouvriers et artisans
Lieux de vie :
Les ouvriers et artisans clovaniens sont établis dans le pourtour des grandes villes, là où se situent les usines. Ceux qui tiennent de petits commerces peuvent vivre dans le centre des villes, d'autres peuvent détenir de petites maisons de banlieue. Dans les pourtours des grandes villes, la population peut être confrontée à une certaine insécurité et à un manque d'offre culturelle, mais les transports en commun permettent une bonne mobilité entre le centre et la périphérie.
Activités économiques :
Les ouvriers travaillent à l'usine, dans le textile, l'industrie automobile ou la fabrication d'objets de consommation. Les artisans des petits commerces peuvent tenir toute sorte de commerce, de la restauration à la manufacture.
Conditions d'existence :
Les travaux d'usine sont généralement pénibles et faiblement rémunérés, mais les ouvriers disposent d'une certaine sécurité et d'un environnement de solidarité. Les artisans ont souvent un meilleur niveau de vie que les ouvriers mais travaillent à des volumes horaires plus importants et leur emploi est moins sécurisé.
Moyens de socialisation :
Les ouvriers ne travaillent pas le dimanche et ont des congés payés, jours où ils peuvent se réunir à la messe (le dimanche), ou dans des loisirs citadins (foires, cinémas, bars...). La consommation d'alcool est forte chez les ouvriers.
Selon un système archaïque de corporations, les artisans et les ouvriers sont réunis dans des groupes de métier locaux. Ces organismes permettent aux métiers d'avoir une représentation juridique commune, d'avoir une interface de dialogue avec le patronat ou l'État, et offrent en outre un cadre de sociabilité sécurisant. Les corporations définissent les normes de production du métier concerné ainsi que les prix de vente. Certains artisans ne sont pas inscrits dans des corporations afin d'échapper à ces règles mais sont stigmatisés par la majorité.
Exemple : En janvier 2008, la corporation des boulangers de Solgrad a intenté un procès à un boulanger de la ville qui attirait plus de clients en vendant son pain en-dessous des prix fixés. Ce boulanger qui n'était pas dans la corporation, comprenant que ses chances étaient faibles face à une entité juridique plus grande que lui, a préféré se ranger et rejoindre la corporation.
Valeurs et idéologie :
Les ouvriers et artisans sont généralement conservateurs, bien que leur pratique religieuse soit moindre que celle des paysans. Ils peuvent adopter une voix critique, voire contestataire des politiques de l'État par la représentation des corporations s'ils estiment leurs intérêts ou leurs conditions de travail menacées.
Genre et enfance :
Les métiers ouvriers sont très genrés, avec une prédominance des femmes dans les métiers du textile et une surreprésentation des hommes dans l'industrie ou la manufacture. Les petits commerces sont souvent des affaires de famille dans lesquelles mari et femme exercent ensemble leur métier. Dans la disposition du commerce, la femme se trouve généralement au plus proche du client (service).
Les enfants d'ouvriers suivent l'école publique commune, ce qui leur permet une ouverture et une possible ascension sociale. Cependant, les enfants d'artisans sont souvent destinés à reprendre l'affaire familiale. Pour faire perdurer cette dernière, au moins un enfant de la fratrie est promis à ce destin.