
Cette décolonisation ne se fait pas de façon heureuse et malgré l'important dispositif industriel laissé à l'ancienne colonie, son gouvernement provisoire se retrouve face à une situation de crise : l'économie de la région était intégralement dépendante de l'Empire du Nord. Coupé de son ancienne métropole, l'industrie régionale tourne à vide, les exploitations agricoles, dont l'activité consistait notamment à produire des ressources à destination de l'industrie impériale telle que le caoutchouc et l'huile, se retrouve privée de déboucher, une famine s'installe dans tout le pays.
C'est près de 3% de la population qui se retrouve sans logement et 12% qui se retrouve sans emploie. Le seuli de pauvreté - selon les standards impériaux - passe de 2% à 14% et, pour ne rien améliorer, des pans entiers de l'économie sont libéralisés et vendus à bas prix à des étrangers, notamment Jashuriens, le gouvernement de ce pays ayant décidé de prendre le contrôle de l'économie régionale.
La situation se stabilise à l'aide d'une politique de grands travaux consistant notamment à recruter les chômeurs dans des projets d'infrastructure visant à réorganiser l'économie de la région. Le gouvernement provisoire juge la situation assez stable pour permettre la mise en place d'élections.
Le résultat tombe le 22 mai 2010 : c'est Le chef du gouvernement provisoire, Thamwat Sansurin, qui est élu sur un programme libéral-conservateur. Il nomme l'autre grande candidate traditionaliste, Nu Yeon-Hong, première ministre. Dans la foulée de cette élection, le président Sansurin annonce la création d'une assemblée nationale, la poursuite de la politique de grands travaux, la dissolution de l'Union de la Résistance (mouvement armé des indépendantistes) et déclare les candidats malheureux Zhen Kun (fondateur et leader de l'Union de la Résistance) et Aoki Saburo (chef de la Fédération du Communisme Mokhaïen) ennemi nationaux. Les chefs de l'opposition politique ont le choix entre l'exil ou l'incarcération. Des soupçons de fraude électorale émanant de l'opposition interdite et de rares observateurs étrangers achèvera de radicaliser une partie de la population.
Zhen Kun sera exécuté le 25 Décembre 2009 à la suite d'un procès où l'ancien leader des indépendantistes aura été reconnu coupable de crime contre l'humanité, crime de guerre en tant de paix, corruption, évasion fiscale, meurtres, meurtres politiques, création volontaire de famines, pillages, déportation, terrorisme, intelligence avec des nations étrangères en vue de déstabiliser le pays et enfin haute trahison. Les survivants de sa famille doivent aussi payer 5 millions de dollars à l’État. Aoki Saburo fuit le pays pour la Loduarie communiste, où il est accueillit en invité d'honneur.
Rapidement, des partisans de l'opposition essayerons d'envahir des bâtiments publics. Les membres de l'Union de Résistance entreront en insurrection une guerre civile s'engagera. Le président Sansurin mourra d'un tir d'artillerie alors qu'il visitait le front. Sa première ministre - Nu Yeon-Hong - et le gros de son gouvernement suivront rapidement suite à un accident de jet, l'appareil s'écrasant sur le bureau où se tenait une réunion gouvernementale. Quelques jours et 45 milles morts plus tard, les communistes prennent la capitale et contrôlent le pays.
Dans la foulée de sa victoire, le nouveau gouvernement décrète l'expulsion de tout les étrangers ne provenant pas de "pays communistes". L'évacuation de fait dans un certain désordre, en témoignera brillamment le reporter de guerre, Gary Hartnett, du Lofoten.
A partir de là, les évènements se tassent en quelques-sortes. Ou plus exactement, les informations disponibles se font moins nombreuses, bien que l'on sache que plusieurs échanges diplomatiques eurent lieu entre le régime communiste, le Jashuria - soucieux d'imposer ses conditions au Mokhai, le Lofoten - à propos de l'évacuation de ses ressortissants et Priscyllia - dont les instances soupçonnaient le Mokhaï d'abriter et assister des terroristes priscylliens.
Le 13 Avril 2010, un nouvel acteur s'intéresse en la région. C'est le Grand Kah qui écrit au dictateur Aoki Subaro pour, au même titre que le Jashuria, lui imposer des conditions de départs, jouant sur la faiblesse actuelle de ses soutiens eurycommunistes. Si Subaro semble partisan d'accepter la solution kah-tanaise, une autre proposition arrivera jusqu'aux communes unies, celle de Duan Song, députée de l'Assemblée Populaire souhaitant renverser le régime autoritaire et permettre une transition vers un socialisme démocratique. Ce sera elle que l'Union décidera de soutenir.
En l'espace de deux semaines, le Grand Kah monte une coalition internationale visant à soutenir la faction réformatrice. C'est le lancement de l'Opération de Maintien de la Paix au Mokhai, organisé en collaboration avec l’État du Fujiwa, la République Directe de Banairah, l’Empire du Burujoa et la République Autonome de Priscyllia. Si le volet civil de l'OMPM est peut-être le plus important, dans le grand ordre des choses, son activité la plus visible reste celle menée par son importante "force d'interposition", composée de 2 000 militaires kah-tanais, 200 banairais et 500 burujois, dirigé par le général de brigade Oyoshi Kitano.
L'OMPM débarque à Ghaliya la 9 Mai 2010, à bord d'une flotte kah-tanaise composée d'un transporteur de chalands de débarquement, de deux cargos de l'armée et d'une escorte de trois patrouilleurs et deux corvettes. Les 455 hommes d'équipage du détachement ne débarquent pas mais reçoivent pour instruction de se tenir près à réceptionner des VIP, notamment les membres de l'Assemblée Populaire dont on craint qu'elle ne soit en danger.
Le 12 Mai 2010, c'est aux forces Loduariennes de débarquer, en soutien au régime d'Aoki Subaro. S'en suit une semaine intense, durant laquelle le contingent Loduarien se rapprocha de la capitale tenue par l'OMPM. Durant cette semaine fut promulgué une nouvelle constitution communaliste. Un contingent de force spéciale pourra pénétrer dans Ghaliya, laissé faire par les troupes de l'OMPM soucieuses de ne pas initier une bataille dans une métropole peuplée. Les forces communistes emporteront Aoki Subaro pour le mettre à l'abri dans un camp retranché monté à quelques kilomètres de la ville.
Cette intervention poussera l'OMPM à prendre contact avec le chef de mission loduarien, le commandant Fabien Durette. Après un entretien cordial, ce dernier confirmera que la Loduarie espère pouvoir empêcher l'Assemblée populaire d'achever ses réformes, comptant notamment sur le soutien des milices politiques encore présentes sur le territoire.
C'était hier, nous sommes le 22 Mai 2010, et rien n'est encore joué pour le Mokhai.