Posté le : 22 fév. 2024 à 12:56:04
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NOTE : 0012-343-84
Le : 25.11.2012.
De : SPIE/DIR.E/DIR.B
A : CG – EMG – MDN
Objet : Situation au Kolčovo
SECRET DEFENSE FEDERAL
RECOMMANDATION : Lancer une opération militaire d'information en Manche Blanche ainsi qu'un soutien opérationnel aux éléments coalisés, ci-après dénommée « Elapida », en vue de contribuer:
- à la protection du trafic maritime en Manche Blanche;
- à la fourniture de renseignements et d'intelligence de première main aux éléments coalisés au Kolčovo;
- à la fourniture de matériel militaire aux éléments coalisés au Kolčovo;
. . .La récente dégradation de la situation au Kolčovo (anciennement Okaristan) oblige à réagir afin de limiter la dégradation du contexte régional. L'intervention armée des forces coalisés, appuyé par ███████ ███ ███ s'est initialement soldée par la sécurisation d'une importante zone terrestre dans l'ouest de l'oblast de Yuriigrad et la libération de la ville de Dunaske. Néanmoins, au cour de l'été, la Loduarie Communiste a décidé d'intervenir par trois étapes successives jusqu'à la dégradation complète de la situation actuelle.
Premièrement, celle-ci a bombardé des positions coalisées (tcharnoves) le 11 juin après avoir violé de multiples espaces aériens eurysiens. L'efficacité de ce bombardement est très limité, il n'a mené qu'à des pertes légères et à considérablement décrédibilisé la Loduarie en tant qu'interlocuteur auprès de plusieurs états régionaux et auprès de l'intégralité de l'Organisation des Nations Unies.
Deuxièmement, à partir de la fin du mois d'août, une importante flotte loduarienne a quitté le port Dolinne, en direction de la Manche Blanche. Profitant de la faiblesse morale et sans doute d'une corruption endémique locale des dépendances Pharoises de Canta et de Kotios, les forces loduariennes ont pu pénétrer en Manche Blanche. Après plusieurs semaines de préparation, le bombardement des forces coalisées dans l'oblast de Yuriigrad a provoqué, d'après nos sources sur places (███████) des pertes moyennes mais surtout une importante déstabilisation de leur forces. Néanmoins, dans le même temps, les forces communistes de la région se sont disloqués et la capitale, Yuriigrad, a finit par être libérée amenant à la proclamation du Kolčovo. En dépit de l'absence de moyens anti-aériens modernes, les forces aériennes loduariennes sont parvenus à perdre plusieurs appareils sur cette seule journée. Au-delà des pertes humaines (difficilement remplaçables) et matérielles (facilement remplaçables) de la coalition, les pertes aériennes loduariennes pourraient jouer un important rôle dans la suite de la conduite des opérations.
Enfin, bien que cela se soit produit en parallèle du point précédent, des éléments terrestres des forces loduariennes ont débarquées dans l'oblast de Zlagingrad. Il semblerait qu'elles n'aient pas rencontré d'opposition constituée dans cet oblast. Les forces rebelles puis coalisés n'ayant investis que l'ouest du pays, l'est, séparé par le Luminor (neutre), la tâche fut facilité pour les envahisseurs. Ils ont, le 14 novembre, proclamé l'indépendance de la République Populaire de Zlagingrad (RPZ).
. . .Le contrôle loduarien sur la RPZ est complet d'après la propagande du régime. Néanmoins, compte-tenu du dispositif aéronaval initial limité, la force terrestre loduarienne ne dépasse pas les quelques milliers d'hommes. De fait, l'étendu du territoire revendiqué par la RPZ (30 317km²) et sa population (environ 10 millions) permet de conclure avec un haut degré de confiance que les forces loduariennes n'exercent en réalité qu'un contrôle substantiel, voir presque inexistant, sur la province dans son ensemble. Si des éléments, loduariens sont en capacité de se déplacer dans les villages avoisinant leur camp de base (Layatimine, 10km S du camp), et dans la capitale régionale, Zlagingrad, où fut proclamé la RPZ, on peut néanmoins estimer que le contrôle effectif sur les grandes villes de la région et les campagnes éloignés du camp sont presque inexistant. En l'état hormis dans la capitale, nous estimons ainsi que la situation n'a pas changé depuis le 13 novembre 2012.
L'Oblast de Kalland, situé de l'autre côté du détroit de Lumin à 150km des premières côtes Kolčoviennes s'est vu accorder son indépendance. La République Pirate Kallandaise nouvellement formée, comme son nom l'indique, constituera sans aucun doute très prochainement un nouvel état fantoche de la République Pirate Pharoise venant s'ajouter aux autres dépendances pharoises en Manche Blanche (Kotios, Canta, Porto Mundo, Albigärk) confirmant à nouveau la tendance impérialiste du pays. Il ne fait guère de doute que sa nature pirate l'amènera à se placer sous la coupe du Pharois et l'indépendance étant accordée par le pouvoir central, nous excluons donc ce territoire de toute réflexion opérationnelle, pour le futur.
. . .Les forces loduariennes se retrouvent dans en réalité dans une situation complexe. Si elles sont actuellement en position de force du fait de la relative faiblesse des éléments coalisés, elles n'en restent pas moins numériquement très limitées et restreintes dans leur champ des possibles dans l'illégitime RPZ. Si la force navale est plus conséquente, en particulier du fait de la présence d'un porte-avions et d'un porte-hélicoptères, elle n'en reste pas moins à plusieurs milliers de kilomètres de la première base navale loduarienne. Se faisant, toute la logistique navale du blocus imposer par la Loduarie ne repose uniquement que sur les navires cargos devant faire le trajet entre la métropole et leur zone de déploiement. Celle-ci est donc fortement limitée et est soumise à d'importants risques de coupure. Une quelconque gêne de ce cordon ombilical logistique amènerait immérédiablement à d'importantes difficultés voir à la suspension forcée du blocus pour tout ou partie du groupement aéronaval. De plus, le déploiement naval loduarien est désormais long de près de trois mois, si les équipages et les navires sont encore en bon état, les problèmes et la nécessité de maintenance vont s'accroître avec le temps qui passe. De fait, à moins de volontés de mettre à risque l'intégralité de sa flotte, il paraît improbable que les forces navales loduariennes soient en capacité de maintenir un blocus effectif dans la durée, à moins de faire tourner leur dispositif. Celui-ci entraînerait néanmoins le retour, pour plusieurs mois, du porte-avions et du porte-hélicoptères. Pour les forces terrestres, si leur logistique peut être plus aisément assurée par voie aérienne, nécessitant tout de même un important trajet contournant les pays de la région, elles sont tout de même soumises à un important éloignement de leur métropole et, la encore, à un cordon ombilical logistique loin d'être sécurisé. Néanmoins, en l'état actuel, leur poids logistique et leurs contraintes sont moindres que pour les forces navales et il est à prévoir que l'Etat-Major Loduarien améliore la situation de son occupation dans les semaines et mois à venir. Le principal facteur de perturbation réside dans le traitement des populations civiles et leur réaction à l'occupation illégale.
. . .Dans un mauvais état actuel, les forces coalisées dans l'oblast de Yuriigrad ont en réalités de meilleures perspectives. Si elles sont soumises à un bombardement aérien qui a causé de nombreuses pertes, elles restent néanmoins maîtresse de la région aux côtés des forces rebelles. De plus, le dispositif aérien loduarien devant couvrir une zone de 55 212 km² est limité. Les hélicoptères déployés, ne pouvant être ravitaillés en vol et dépendant de leur navire, ont un champ opérationnel restreint et ne peuvent opérer plus de quelques heures sur place, le tout soumis à un risque constant d'embuscade. Pour les avions, si leur capacités sont plus importantes et bénéficient d'un contrôle aérien effectif, leur faible nombre lié aux pertes subies, à la dépendance aux capacités du porte-avions non extensibles, à l'absence signalé, d'après les forces coalisés, de moyens de surveillance en nombre, ont en réalité un impact qui peut être limité. De plus, si elles ont bénéficiées d'une forme d'effet de surprise dans les premières heures du bombardement, leur présence est maintenant connue et mène d'ores et déjà à une réarticulation des forces coalisées sur le territoire.
Il est aussi important de noter que les forces coalisées ont un avantage majeur : une frontière terrestre. Le Tsarat Constitutionnel de Rus've, membre de la coalition, lui même frontalier de la Tcharnovie et proche de l'Empire Raskenois dispose d'une frontière de plusieurs centaines de kilomètres avec l'oblast de Yuriigrad. Sous son contrôle, et du fait de l'importante perméabilité (notamment de nuit) de la frontière, les forces coalisées bénéficient ainsi d'un double avantage. D'une part, elles peuvent se réfugier en territoire Rus've et se mettre à l'abri. D'autre part, elles peuvent transiter, à condition de mettre en place un système de surveillance, aisément en territoire Kolčovien. De plus, cet avantage permet aussi un coût bien moindre de la logistique, à condition, pour les forces coalisées, de ne pas la négliger. Enfin, intervenant aux côtés des milices désormais au pouvoir, elles bénéficient d'une légitimité locale dont ne dispose pas les forces loduariennes.
Ainsi, si la situation actuelle peut apparaître comme nettement favorable à la Loduarie, en l'état actuelle des choses et dans les perspectives décrites (susceptible de changer), le rapport de force pourrait balancer plus rapidement que l'ensemble des belligérants ne pourrait le penser.
. . .Dans ce contexte, la République Fédérale de Tanska peut jouer un rôle pour favoriser le renversement de la balance sans pour autant rentrer dans le conflit.
Tout d'abord, la République est en capacité de fournir aux forces coalisés des renseignements de premier ordre, à commencer par la surveillance à distance des activités anvales loduariennes. Les patrouilles maritimes et aériennes, à distance raisonnable des éléments loduariens, peut permettre un suivi efficace de leur positionnement sans jamais engager de confrontation et ainsi permettre aux coalisés de pouvoir suivre l'évolution du groupe aéronaval et réagir en conséquence.
Ensuite, du fait de la présence d'une frontière terrestre, la République peut fournir aux forces coalisées une assistance matérielle de premier plan pour leur permettre d'accroître leurs capacités. Celle-ci doit se faire sur deux domaines clairement identifiés et de première importance. Le premier est bien évidemment la défense anti-aérienne et la surveillance de l'espace aérien. Si toute livraison d'appareils est exclu par le gouvernement - bien que l'achat d'avions par un Etat de la coalition reste possible - la livraison de matériel anti-aérien pour la surveillance, la communication voir même la défense active est à prévoir en discussion avec les principaux partenaires. Dans l'immédiat, plusieurs radars, postes de communications et lance-missiles antiaériens mobiles pourraient être délivrés dans les plus brefs délais. Le second est la logistique. Primordiale notamment pour permettre un bon maillage territorial des zones contrôlées par le gouvernement et soutenu par la coalition, la livraison d'équipements de logistique (principalement des camions) pourrait avoir un véritable effet de levier pour les coalisés.
Le déploiement de forces aériennes, navales ou terrestres sur le sol Kolčovien est à ce stade complètement exclu par le décideur politique. Cette hypothèse doit toutefois être réfléchie.