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logotype du courrier gondolais


L'IMPRUDENT SÉDITIONNISTE RÉVÈLE UNE MENACE PLUS GRANDE


Un imprudent séditionniste avait surpris les autorités il y a trois semaines en proposant directement au Maire de Porzh-Erwan de trahir la République. Un document retrouvé sur lui hier révélerait un complot plus large et l'implication d'acteurs étrangers. L'édile de Porzh-Erwan a déclaré que tout allégation sur la loyauté de l'administration état infondée.


Il a été arrêté il y a trois semaines mais la police n'avait pas pris le temps de le fouiller. En même temps, sa culpabilité ne faisait aucun doute. Le citoyen gondolais Gérard M. a été placé un détention provisoire pour "tentative de sédition" et "tentative de corruption d'élus" par le parquet régional et pourrait comparaître devant le tribunal de Porzh-Erwan d'ici la fin de la semaine. Cet audacieux personnage avait tenté de rencontrer monsieur Guénolé Kasongo, membre du Sénat Gondolais et maire de la ville, afin de lui proposer de s'opposer au gouvernement, qu'il juge injuste et colonial. Avant d'entrer dans le bureau du maire, il a tenu le même discours aux agents de sécurités, qui l'ont immédiatement placé en garde à vue. Informé par la suite, M.Kasongo a confirmé cette décision. Conscient de sa culpabilité, les autorités n'ont pas pris la peine de fouiller le prévenu. Or il se trouve que Gérard portait une lettre, qu'il a remis à M.Kasongo lorsqu'il l'a rencontré pour la première fois hier matin. L'entretient s'est déroulé sans témoin, nous ne savons donc que ce que monsieur le maire nous a rapporté. Gérard aurait tenté de le convaincre de se révolter contre un gouvernement tyrannique qui ne fait rien pour la municipalité. Des allégations graves à l'encontre de notre gouvernement, mais aussi des arguments "bien faibles pour justifier une sédition" a déclaré monsieur le maire.

La lettre remise à M.Kasongo par Gérard M. n'a pas été transmises à la presse par le cabinet de monsieur le maire. En revanche, des sources judiciaires ont communiqué sur son contenu, mettant en garde sur un possible complot de grande ampleur. Loin de travailler en solitaire, nous dit la source, le prévenu agissait au nom d'un groupe qui se défini comme une société privée et qui "cherche à libérer les populations mondiales d'entraves étrangères". Ce qui suggère bien sûr une portée internationale à ce fait divers, et la potentielle arrivée d'un nouvel acteur étranger pour déstabiliser la région. Mais somme nous bien sûr que Gérard M. représente une menace ?

L'individu n'a en effet pas sollicité de coup de fil et n'a pas tenté de s'évader jusque là. De plus, ses surveillants le disent "très calme" et contrastant avec les autres détenus. Cela a eu pour effet de créer une vague de sympathie de la part de certains habitants, qui ont manifesté à 30 personnes devant la maison d'arrêt ce jeudi. Marion Ngoy, qui organise l'évènement "Libérez Gérard", nous dit que si les propos sur le gouvernement central du Gondo sont "déplacé", Gérard "témoigne aussi d'un ras-le-bol bien présent" vis-à-vis "du MLL (Mouvement de Libération Likra, NDLR) et de la multiplication des acteurs eurysiens dans la région". Pour la municipalité de Porzh-Erwan en revanche la pilule ne passe pas : un communiqué récent rappelle que de telles accusations concernant la République Démocratique Libre sont "dans tous les cas inacceptables". Le procès tranchera.
Maison d'arrêt de Port-Yves,
9 août 2011, 12h56.


Gérard, membre de la S.A.U.C.I.S.S.E. sous couverture au Gondo, passe le temps dans sa cellule. Il a été surpris de voir la réaction des autorités à sa proposition. Comment peut-on repousser avec autant de force la démocratie ? Perdu dans ces questions sans réponse et peiné d'imaginer qu'il pourrait finalement finir ses jour dans cette geôle, il entend un bruit. Quelqu'un est en train de crocheter sa porte. Il a à peine le temps de se redresser qu'un autre détenu entre dans la pièce. Il lui jette une enveloppe. "Tiens, on m'a payé pour te donner ça". Puis il ressort en prenant le soin de refermer la porte par le même procédé.

LETTRE REÇUE PAR GÉRARD

Monsieur, j'ai lu récemment vos exploits dans la presse. Vous vous êtes adressées aux mauvaises personnes. Vous ne trouverez aucun officiel pour combattre le gouvernement. Ceux qui ont le courage de le faire sont déjà avec nous. Nous vous ferons évader demain à 23h. Vous êtes libres de nous suivre ou non.

Vive l'indépendance et la paix.

Le MLL
Maison d'arrêt de Port-Yves, Gondo
10 août 2011, 22h53


"Gérard M." attendait sur sa couchette en fer depuis plusieurs heures que le MLL passe à l'action. À vrai dire, il n'avait pas grand-chose d'autre à faire. Il avait déjà rassemblé avec lui tout les documents qu'il avait dissimulé à l'attention de ses geôliers. Il était donc aux aguets, entre ennui et impatience montante à mesure que les aiguilles de sa montre faisaient le tour de son poignet. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il entende venir de loin les pas feutrés de ses "délivreurs". Il ne s'attendait pas en revanche à ce que le garde lui ouvre lui-même pour le présenter à ces messieurs. Quelles étaient ses motivation, "Gérard" ne savait pas, et il ne voulait pas le savoir. Le "commando" venu le chercher ne portait rien qui cache leur identité ; ils étaient cinq, deux avaient une mitraillette automatique, deux autres portaient des pistolets, le dernier un fusil de chasse. L'un des mitrailleurs, gondolais grand et fort, s'avança et lui balbutia en français :
- "Gérard M. ?"
- "Oui."
- "Vous a reçu le lettre ?"
- "Oui."
- "Vous viens ?"
- "Oui."

Il se tourna vers un gondolais râblé à sa droite tenant un pistolet. Il lui dit en haut-breton, tout en faisant signe "Gérard" de le suivre. « Erwan, a serr dor a-dreñv ar "Wiwi".» Dans le couloir, celui qui semblait être le chef se tourna une dernière fois pour lui signifier par une gestuelle évidente qu'il fallait être très discret. Puis, escorté par les cinq comparses - il ne savaient pas s'il le protégeaient ou s'il le faisaient prisonnier - ils sortirent de la prison en passant par le parloir, toujours avec la complicité du gardien gondolais. Arrivés sur le parking, un des membres du MLL lui mis en sac en toile épaisse sur la tête. On le poussa dans un véhicule haut, on l'assit sur un siège en on démarra. Il fut conduit ainsi pendant plusieurs heures. À un moment la route devint cabossée : on l'emmenait dans la brousse. Le même silence nocturne les accompagnait lorsqu'il fut sortit de la voiture puis guidé sur quelques centaines de mètres jusqu'à ce qu'il pénètre un intérieur. On lui enleva alors son sac. Il se trouvait dans un bungalow de chantier, ou se trouvaient quelques étagères, une table à tréteaux et des chaises en plastique. Sur les meubles étaient posé pèle-mêle des feuillets, des armes, des outils de minage et de bricolage, des canettes et de la nourriture. Devant lui, un gondolais quarantenaire, à la fine moustache, en chemise blanche, pantalon de costume et chaussures en cuir, assis derrière la table, lui fit signe de s'asseoir face à lui.
- "Vous avez fait bon voyage ? Je me présente : Mohamed Gadiel, Porte-Parole du Mouvement de Libération Likra. Et vous, qui êtes-vous ? Que faites-vous au Gondo ? Que voulez-vous ?"
Gérard M a écrit :Bon voyage bon voyage. Façon de parler ! Il a pris une tournure que j'aurais préféré éviter. Soyons franc. Merci du coup d'main.

Il s'arrêta quelques instants

Gérard M a écrit :Qui je suis. Gérard, pour commencer. On va faire simple. Je suis un membre d'une organisation non-étatique. On nous a payé pour venir au Gondo afin de trouver des interlocuteurs désireux de supprimer toute interférence étrangère, en particulier impérialiste, dans le processus politique du pays. Si possible, je voudrais bien une clope et savoir la raison pour laquelle vous m'avez libéré si vous ne connaissez rien sur moi. Enfin, suis-je libre ou actuellement entre vos mains ?
Gadiel se tourna vers le dernier des anges gardiens de Gérard qui franchissait le seuil du bungalow. " Nigor, te a vutun, ro ur sigaretenn din. Na gomz ket. " (Nigor, toi qui fumes, file-moi une cigarette. Discute pas.) L'autre se retourna, sortit une cigarette écornée d'avoir passé trop longtemps dans ses poches, et la donna à son chef. Le porte-parole du MLL la tendit à Gérard avec un briquet pour qu'il puisse l'allumer.

"Vous êtes... dans une position ambigüe, je dois vous l'avouer. Je ne sais pas encore ce qu'on va faire de vous. Ou plutôt si, je sais, mais ça dépendra de vos réponses. On est venu vous chercher car vos exploits ont fait grand bruit dans la presse et que pour être honnête, toute tentative de rébellion dans la région a des comptes à nous rendre. Si on se rebelle en pays likra, on rejoint le MLL. Sinon, on est un agent du gouvernement. Vous voyez la logique ? Alors considérez vous comme un potentiel partenaire, et le cas contraire, un otage. Les otages sont rendus, je vous rassure. Enfin, j'espère que quelqu'un de riche tient à vous !"

Il marqua un temps d'arrêt pour voir si son interlocuteur arrivait à assimiler l'information. Comme il ne semblait pas du genre apeuré, il poursuivit.

"Bon alors, Gérard, ce n'est pas un nom ça. Ça ne me dit rien de vous. Vous n'êtes pas du coin, êtes-vous seulement gondolais ? On a récupéré vos papiers, et on sait reconnaître des faux. Ceux-ci sont beau, je le reconnaît. Mais quand même. Et vous bossez pour une "organisation non-étatique". Étrangère j'imagine ? Comme si il n'y avait déjà pas assez d'étrangers dans ce pays... J'ai du mal à comprendre comment ne pas faire de l'impérialisme, votre organisation a forcément quelque chose à y gagner. Si ce n'est pas un État, très bien, ils ne nous coloniserons pas. Mais ils viendrons nous piquer notre lithium. On est pas dupes. Mettons ça de côté, ce ne sont que des suppositions. Concrètement, quel est le projet de votre employeur ? Vous lui vouliez quoi, concrètement encore une fois, à ce pauvre Kasongo, le maire ? Pour faire simple, dans quel camp êtes-vous ?
Gérard pris la cigarette, se mit à crapoter en écoutant le porte-parole prendre la parole. Il écoutait, sérieusement. Il attendit, puis pris la parole.

"Exploit, vous êtes bien aimable. Le terme est sans doute trop grand."

Il s'arrêta.

"Si je suis gondolais, la réponse est non. Sans doute vous est-elle connue. Mon employeur, l'organisation, je ne connais pas personnellement le directeur, n'est effectivement pas gondolais non plus."

Il s'arrêta, à nouveau, crapota, puis repris.

"Le projet est simple. On est là pour renvoyer gérer chez eux les Etats s'ingérant ici. Tout simplement. Ce que nous voulions faire au maire ? Pas grand chose. C'est plus aux autorités sous contrôle étranger que nous en avions. S'il en faisait parti, nous nous en serions disposé d'une manière, ou d'une autre."

Il crapota à nouveau.

"Nous ne sommes pas là pour imposer un quelconque modèle. Ni un quelconque régime. Ni un quelconque favoritisme envers un Etat ou un autre. On vient, on fait ce qu'on peut pour faire dégager les Etats impérialistes. On s'assure qu'aucun groupe n'en profite pour vouloir en supprimer d'autres. Et on repart. Evidemment, je vais être franc, on aimerait bien que la démocratie et que les droits humains comptent. Comprenez cela comme bon vous semble pour savoir dans quel camp nous sommes. Mais vous, quel intérêt trouvez vous à être venu me libérer, ou me récupérer."
"Notre intérêt, je vous l'ai déjà dit. Toute sédition dans la région à des comptes à nous rendre. Nous ne tolérerons aucun désordre. Et puis, tous les amis de la liberté sont les bienvenus au MLL. Mais attention, monsieur. Il faut respecter le droit des peuples à disposer d'eux-même ! Si les likras veulent une monarchie absolue, nous leur donnerons une monarchie absolue. Il faudra aussi nécessairement supprimer des groupes rebelles, car vous savez bien que certains ont entre eux des intérêts irréconciliables. Maintenant, si votre client cherche à faire respecter l'homme face à la tyrannie de l'étranger, vous pouvez toujours compter sur nous. C'est là que je veux en venir, vous vous en doutiez, non ? Nous sommes prêts à servir de point d'attache à votre employeur, qui, je le devine, semble ne pas en avoir. Pouvons-nous nous arranger sur quelque chose de ce goût là ?"

Il attendit la réponse de son interlocuteur en souriant.
"Le droit des peuples est évidemment respecté. Nous nimposerons rien, nous n'en aurons de toute manière pas les moyens. Seule la suppression des ingérences impérialistes et la liberté du peuple gondolais nous importe. Que les gondolais s'accordent entre eux. Nous souhaitons limiter le recours à la violence entre vous, pas la pour imposer de vainqueur que nous installerons nous même."

Il s'arrêta quelques instants.

"Qu'entendez vous par point d'attache ? Je vais être plus précis. Nous sommes là pour former des groupes capables de déloger les occupants étrangers ou bien d'encourager des populations à leur rendre la vie impossible sans les mettre en danger autant que faire se peu. En bref, pas d'usage de civils aux dépends de leurs propres vies de notre part. Si vous êtes d'accord, alors nous le sommes."
Il eut un sourire et dit jovialement :
"Eh bien ! Je crois nous sommes un groupe capable de déloger les occupants étrangers ! C'est ce à quoi nous nous consacrons, pour certains, depuis que nous sommes en âge de tenir une mitrailleuse ! Et nos soldats, dès lors qu'ils se battent, ils mettent en danger leur propre vie. Mais à ce moment là, ce ne sont plus vraiment des civils. Vous savez, dans une guerre "civile", la notion de "civil" est très floue. Mais nous avons toujours fait tout notre possible pour épargner les innocents. Nous ne sommes pas des terroristes vous avez. Nous menons une guerre "propre". Alors, nous avons un accord, votre organisation va nous soutenir ? Enfin, je dis ça, je ne sait pas quelle autorité vous avez au sein de votre organisation ! Il serait peut-être temps de nous en dire plus, plus précisément, puisque nous sommes sur la bonne voie pour nous entendre. Qui sont les gens qui vous envoyé au Gondo au péril de votre vie, et quel rôle tenez-vous pour eux ?"

Il avait arrêté de sourire et affichait maintenant l'expression imperméable d'un négociant en train de faire affaire.
Puisque vous voulez en savoir plus, je vais vous dire ce que je sais et ce que je peux vous dire. J'ai été envoyé ici par la SAUCISSE.

Il s'arrêta, observa la réaction de son interlocuteur, puis repris.

Le nom fait sourire, je sais. Mais la Société Autonome Utilitaire de Coopération Internationale, de Secours et de Sauvetage Exportable n'est pas uniquement dans l'alimentaire. Je travaille pour eux, et c'est eux qui m'ont envoyé ici avec l'ordre de mission qui fut mien lorsque je l'ai lu, avant naturellement de le détruire. Je sais que cela vous intéresse mais je n'ai pas le nom du client à l'origine de cette mission. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit sans doute d'un organisme ou d'une entité aux fonds importants compte tenu des moyens qui devraient être mis à disposition de la mission. Quant à mon rôle, il est simple, je suis là pour établir une route. Une voie d'entrée, ou de sortie, si vous préférez.

Et, pour vous soutenir, je pense que nous sommes sur la bonne voie, il y aura bien évidemment quelques conditions supplémentaires sur lesquelles il faudra discuter, mais je pense que nous sommes sur de bons rails.
Il y eu un silence.

"Bon ! Si vous voulez nous aider, seriez-vous prêts à fournir du matériel de qualité ? Car plus que des hommes, c'est de ça que nous avons besoin ici. Y aura-t-il des fusils pour nous en plus de ceux des soldats de la SAUCISSE ?"
"Il y aura assez peu de soldats de la Saucisse. Pour ne pas dire presque aucuns. Nous aiderons à former des hommes, mais il n'est pas notre devoir de participer activement aux combats. Pour ce qui est de l'armement, oui, il y en aura. De qualité, nous en discuterons plus tard, mais une première livraison pourrait survenir rapidement. Entre 1 000 et 5 000 fusils pour commencer. De quoi équiper et entraîner convenablement quelques hommes, vous ne trouvez pas ?
"Parfait ! Je ne vois pas de raisons de ne pas vous laisser repartir. Vous pourrez annoncer à la Saucisse qu’elle a trouvé une porte d’entré de choix au Gondo !"

Gadiel se leva pour serrer la main de son nouvel associé.

"Nous allons vous raccompagner de l’autre côté du front."

Il appela en breton deux des hommes qui l’avaient escorté, tout en lui tendant un foulard.

"Je vous laisse vous bander les yeux vous-même ? Non pas que nous ne vous faisons pas confiance, nooon ! Mais… Si vous nous l’avez mise à l’envers - on ne sait jamais ! - mieux vaut que vous ne voyiez pas où nous sommes."

Et ils l’emmènent au-dehors.
L'homme effectua ce qui lui fut demandé sans trop demander son compte et se laissa emmener au dehors. La S.A.U.C.I.S.S.E. serait bientôt informée de la porte d'entrée au Gondo via le Mouvement de Libération Likra. L'opération allait enfin pouvoir commencer, sous de bons augures.
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