05/01/2020
15:09:21
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[RP fermé] VELESIE - Reconquête du territoire national

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Le temps de la reconquête, partie 1


"La reconquête du territoire nationale est notre priorité ! Pour accomplir la destinée de notre race, nous devons contrôler chaque millimètre de terre qui compose notre territoire national. Les peuples barbares du nord n'ont que trop eu d'autonomie. Notre faiblesse les a encouragées et aujourd'hui, ils menacent plus que jamais le cœur de la civilisation mondiale pure. Nos troupes doivent remonter vers le nord pour soumettre chaque tribu ! chaque village ! chaque ferme ! Nous devons en finir avec la débâcle morale et civilisationnelle des peuplades du nord. Nous soumettrons chaque habitant et purifierons les races impures sur notre passage. Les temples hérétiques seront brulés, les villages rebelles rasés et les tribus ne se soumettant pas à notre toute puissance, exterminées. Leurs territoires nous appartiennent et il n'est pas question que nous ne puisons pas en avoir le plein contrôle. Nous réduirons en cendre leurs cultures et leurs traditions hérétiques. Nous les convertirons de gré ou de force à la seule foi de ce monde, la nôtre !

Les races inférieures du nord ne sont bonnes qu'à nous servir et une de leurs vies ne vaut pas 1'000 vies bolekovices ! Ensemble, soldats, nous referons naitre la gloire de notre peuple et accomplirons la destinée que nous ont promis nos dieux. Allez à la guerre sainte, battez-vous pour la nation et soumettez ces ennemis de l'Église !"


Ça, c'est le discours qu'a tenu le Patriarche Omelyan devant l'armée. L'an 100 du calendrier vélèsien approché à grands pas. Et le Patriarche qui a maintenant 81 ans et qui a déjà 32 ans de règne, doit marquer le coup pour réaffirmer son pouvoir, sa puissance et son autorité. Il tente donc la voie militaire pour un succès plus important, mais en parallèle, tente la réussite économique. Passer la barre des 50 milliards de PIB serait symbolique et matérialiserait le retour de la puissance vélèsienne. Mais autant par envie de redorer son image, bien qu'il soit extrêmement populaire, de par la propagande, la désinformation et le dévouement religieux, ou par conviction personnelle, car il croit fermement à ses idées racistes et eugénistes.
Soumettre les peuples du nord permettrait d'amorcer la fameuse prophétie de domination du nord-nazuméen et permettrait de faire taire les voix dissidentes au sein du Conseil des Anciens.

Par les journaux, les discours et des messages plus subtils, il prépare le terrain de ses opérations militaires et fanatise la population et les troupes. Cette opération de soumission des peuplades du nord ne se fera pas sans encombre et il le sait. Certaines ont gardé des traditions militaires fortes. À cela s'ajoute le relief accidenté et le climat dur du nord, et la possibilité d'un enlisement, de maladie, de guérilla ou même de morts par le froid est fort. Il veut donc mettre en place une blitskryh (Blitzkrieg en allemand ou guerre éclaire en français). Dès les derniers préparatifs finalisés, il lancera ses troupes de manière rapide et concentrée dans le nord.

Environ 4'000 soldats seront envoyés dans un premier temps. Les premiers et deuxièmes bataillons d'infanterie, le premier bataillon de hussards et le premier bataillon ecclésiastique. Grâce à la remise en service de vielles armes des années 50, l'armée dispose de plus de moyens pour pouvoir mener sa blitskryh. Des véhicules blindés seront mobilisés, mais le pouvoir compte principalement sur sa cavalerie pour faire des ravages et mener une guerre psychologique. Le plan de base et le suivant :

Une colonne de cavaliers fond sur un village en allant tout droit et tue les personnes qu'elle croise. Puis une heure plus tard doivent arriver une troupe d'infanterie pour tirer un peu dans le tas et effrayer les populations du village. Ce sont eux qui doivent faire des prisonniers s'il en faut. C'est pendant la nuit que sonnent des cors extrêmement bruyants et que les moines soldats arrivent. Ils brulent certaines maisons, torturent et tuent certaines personnes et commettent d'autres atrocités puis partent enfin. Il doit toujours rester un minimum de 50% de survivants pour ne pas totalement dépeupler la zone et que les récits des meurtres et massacres se propagent dans le nord.

Un bataillon doit garder la frontière entre les peuples civilisés et non civilisés pour éviter que trop d'informations arrivent dans le sud. L'objectif final est la soumission totale du nord, l'épuration ethnique, voir le génocide des populations jugées impures, l'exploitation pleine et entière des ressources de ces territoires. L'acquisition de main d'œuvre corvéable et la reprise de reliques sacrées. Mais le Saint-Ordre est prêt à beaucoup de sacrifices pour arriver à ses fins, les tribus du nord on du souci à se faire...

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Le temps de la reconquête partie 2


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Deux heures et demie du matin. Leonid se réveille au son du clairon militaire. Cela fait trois semaines qu'il a été déplacé dans la caserne de Birvoskgrad. Dans cette caserne se trouve le 1ᵉʳ bataillon d'infanterie de l'armée vélèsienne. Leonid n'est qu'un jeune soldat de 26 ans qui s'est engagé par patriotisme. Les films de propagandes de l'armée avaient fait briller ses yeux quand il était enfant et son rêve était de devenir un grand officier de l'armée.

Les discours enflammés du Patriarche Omelyan exacerbaient encore plus son envie de se battre. Il était convaincu comme des centaines de ses camarades que le Patriarche Omelyan était une incarnation de la volonté de dieux et que ses paroles étaient la seule vérité possible. L'annonce de la reconquête du nord était un moyen pour lui de faire ses premières preuves et de servir son pays. Hier, le commandement du bataillon avait annoncé qu'il partirait pour la frontière et que le début de la campagne se ferait très prochainement.

Il se leva comme les autres membres de sa baraque et enfila une chemise chanvre et une tcherkeska. Il slaloma entre ses camarades pour arriver aux vestiaires à uniformes, pris ses bottes, sa veste militaire et son képi. Il prit son arme, vérifia si elle était en bon état et pris son paquetage. Il sortit de la baraque et rejoint les soldats déjà alignés. Il faisait relativement bon pour les normes locales, environ 13 degrés. Le commandant du bataillon, Valerij Bronislavovych Korol arriva et les soldats se mirent au garde-à-vous. "Repos !", cria-t-il. Il s'éclaircit la voix et commença sa déclaration.

- Soldats ! Aujourd'hui est un grand jour pour nous. C'est le lancement de l'opération "pererodzhennya" qui vise à la reconquête de notre territoire national face aux tribus barbares et inférieures du nord. Nous allons nous diriger vers la frontière entre le monde civilisée et le monde hérétique. Une fois les troupes nationales rassemblées, ce qui devrait prendre deux jours approximativement, nous commenceront la bataille du nord. Nous commencerons la marche dans une demi-heure et marcheront durant 4 heures puis feront une pause de 15 minutes. Nous remarcherons jusqu'à midi et repartiront à midi trente. Nous nous arrêterons à seize heures trente et repartiront à 16 heure 15 pour enfin s'arrêter à 21 heures.

Les soldats et Leonid brandirent leurs fusils et acclamèrent leurs commandants. Les derniers préparatifs faits, le bataillon se mit en marche. Il marcha en colonne durant plusieurs heures, de 3 heures à 21 heures, ne s'arrêtant que durant une heure au total. Heureusement pour eux qu'ils avaient deux jours de repos avant l'arrivée des dernières troupes, car ils étaient exténués. Le paysage préservé, mais dur, inhospitalier et gris du territoire qu'ils avaient traversé, étaient représentatifs de la région. Des pluies fréquentes, des forêts épaisses, des routes accidentées, des montagnes et de plaines tristes. Mais les soldats aimaient ces paysages. Ils aimaient leur pays. L'endoctrinement y était certainement pour quelque chose... Le campement était sommaire. Des tentes, des feux de camps. La nuit était fraiche, mais c'était toujours mieux que les nuits d'hivers. La campagne commençait en été et ce n'est pas pour rien. L'état-major redoutait une campagne s'éternisant dans l'hiver vélèsien. S'ils ne voulaient pas le subir, cela devait se faire en cinq mois maximum. Passé octobre, cela allait se durcir. Mais cinq mois ne seraient pas suffisants. La montagne, la pluie, les forêts denses, le peu de routes fonctionnelles et le boulot "civilisationnel" leur prendraient du temps. L'établissement de camps de prisonniers allait être long, le ravitaillement était aussi un problème pour l'armée et les pillages seraient surement leurs principales sources de nourriture.

Les soldats partaient donc la fleur au fusil, sans savoir ce qui les attendait.
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Le temps de la reconquête, partie 3.


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"C'est aujourd'hui que se joue probablement la plus importante partie de votre vie, soldats ! Vous vous êtes engagés pour servir notre belle et grande nation. Pour défendre ses valeurs, sa religion, sa population et pour faire honneur aux dieux et au Patriarche. Aujourd'hui, nous lançons la campagne du nord. Nous partons pour plusieurs semaines, voir plusieurs mois afin d'accomplir une mission des plus importantes. Nous allons purifier les contrées du nord. Reconquérir nos terres. Vous jouerez un rôle militaire, mais aussi un rôle sacré. Vous devrez dispenser la bonne parole aux prisonniers. Vous construirez des camps de rééducation où ils pourront se repentir. Vous serez réquisitionnés pour des fouilles archéologiques. Nous allons retrouver des reliques antiques volées par ces hérétiques ! Nous allons cap sur l'Église Mystique du grand nord. À mon commandement, en avant !"

Ça y est, c'est officiel, la campagne a commencé. La marche jusqu'à la frontière avait été dure et fatigante, pour ne pas dire épuisante, mais au moins, ils étaient arrivés à l'heure et avait eu une journée entière pour se reposer. Leonid était surexcité et n'arrêtait pas d'imaginer les combats épiques auquel il allait participer. C'était un cavalier et il avait été placé dans les colonnes de l'avant-garde de l'armée de reconquête. Il en était très fier, on l'avait choisi pour son enthousiasme, sa jeunesse et se forme physique. Il était aux côtés de vétérans, de soldats ecclésiastiques et sentait que ce qu'il faisait était historique. Son cheval avançait à une allure moyenne, et il était comme bercé par ce mouvement d'avant en arrière. Le premier village attaqué est à une heure de marche, à environ sept kilomètres du camp de départ. Il observait le paysage autours de lui. Il y avait une herbe brune et des arbres verts qui les entouraient. Le sentier était en terre et contenait de nombreux trous. Les nuages étaient gris et bas, une petite brume entourait le paysage. Il apercevait de grandes collines, c'était derrière que se trouvait le monde barbare. Soudain, il entendit une voix forte derrière. Les soldats commençaient à chanter. Certains cavaliers avaient des instruments de musiques sur eux et la troupe se mit à entonner des chants traditionnels et guerriers. Après quelques minutes, ils arrivèrent aux collines presque trop hautes pour des collines, mais pas assez pour des montagnes. Elles étaient très rocheuses et le passage ressemblait à un col escarpé. L'herbe sèche et brune fit place à un sol rocailleux et de terres battues où seules quelques touffes d'herbes bien maigres arrivaient à pousser.

La progression se fit plus lente et les cheveux peinaient un peu plus à avancer, mais cela rester maitrisable. En quelques minutes, l'avant-garde avait passé la grosse montée et progresser à un rythme plus normal désormais. Après avoir slalomé entre les roches durant plusieurs minutes, ils avaient enfin passé ces collines. Le paysage se refaisait le même. La nuit commençait à tomber et le général ordonna à l'armée de s'arrêter et de mettre pieds-à-terre pour les cavaliers. Nous devions faire le moins de bruits possible et nous devions attendre que la nuit soit totalement tombée. Alors, nous attendîmes. Ce fut l'occasion de parler un peu avec tout le monde, de nettoyer ses armes, de soigner son cheval et une fois la nuit tombée, le général nous demanda de nous remettre en selle. Uniquement les cavaliers. Nous allions attaquer les premiers. Je montais donc sur mon cheval, tirais mon sabre de son fourreau et chargeais mon pistolet à silex avant de l'accrocher à ma selle. Notre chef de bataillon saisi un cor et sonna la charge. Un terrible son grave retentit et le sol commença à trembler.
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Le temps de la reconquête, partie 4 (juillet 2012)


Le sol commença à trembler et les cavaliers s'élancèrent vers le village. Les premiers jetèrent des torches enflammées sur des maisons en bois et aux toits de pailles. Les habitants criaient, sous le choc de cette attaque. Leonid chargea lui aussi, sabre à la main. Il arriva à l'entrée du village et fut face à un homme sortant de sa maison avec une fourche. Leonid fendit l'air d'un coup de son arme et reçus trois gouttes de sang sur sa joue droite. L'homme s'écroula par terre, la gorge ouverte de sa mâchoire à la clavicule. Il s'écroula fur le ventre dans un jet de sang et cracha les yeux exorbités avant que sa femme ne sorte pour s'agenouiller près de lui en pleure, et être transpercée d'une lance à son tour.

Leonid continua sa charge en renversant une clôture et en défonçant une porte de maison où il entra toujours à cheval. Aveuglé par l'adrénaline, il donnait des coups de sabre sans regarder qui les recevaient ou s'il y avait quelqu'un. Il donna un coup de sabre dans l'épaule d'une mère tenant sa fille entre ses bras et un qui blessa au visage un homme à sa gauche. Il ressortit au trot et tira une charge de son pistolet à silex sur un homme fuyant le village. Il vit au bout du chemin entre différentes maisons un attroupement de cavalier encerclant des hommes ayant des torches et des pics. Il s'élança en renversant violemment un enfant au passage et donna un coup d'épée dans le tas, les autres cavaliers firent de même et passèrent à cheval sur le petit tas de défenseurs agonisants. Il regarda dernier lui et transperça une dernière femme avec son arme avant de suivre les cavaliers galopant vers la sortie du village. Celui-ci avait des maisons qui commençaient à bruler. Quelques corps gisant par terre, une quarantaine à vue d'œil sur un village d'environ 300 habitants. Puis l'infanterie arriva en marche cadencée au son des instruments de guerre. Ils tirèrent plusieurs salves de tirs avant de charger à pied, sabre et lances aux poings et de décimer les rangs de défenseurs restants. Ils ne rentrèrent pas dans les maisons et se contentèrent de tuer ceux qui se trouvaient sur leur passage. Ils rejoignirent plus loin la cavalerie qui attendait à un petit kilomètre du village à présent. Après approximativement un quart d'heure d'attente, ce fut le bataillon ecclésiastique, les templiers du panthéon polythéiste vélèsien (slave irl), les moines soldats de la foi qui vinrent. Pas de musique cette fois, juste le rythme régulier des bottes puis le silence. Là, certains enfoncèrent les portes pour abattre froidement les mères devant leurs enfants, pour égorger au sabre les survivants et même fracasser les jeunes enfants sur les murs ou les rouer des coups. D'autres ne prirent pas la peine d'enter et brulèrent les maisons en lance-flamme. Les cris des villageois prisonniers de flammes retentissants. Et les moines soldats repartirent à leur tour.

C'était le premier assaut et l'armée était donc au complet, mais après cette bataille qui sonnait le début d'une période sombre et meurtrière, l'armée se diviserait en 3 pour reconquérir le nord de l'île. Le territoire à soumettre était découpé par zone et voici un schéma du trajet des armées :

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En noir, l'armée du nord composée du premier bataillon d'infanterie soit de 1000 hommes et du premier détachement de hussards soit 325 cavaliers donc un total de 1325 soldats.

En bleu, l'armée intérieure composée du second bataillon d'infanterie soit 1000 hommes et du second détachement de hussards soit 350 cavaliers donc un total de 1350 soldats.

En pourpre, l'armée du sud composée du troisième bataillon d'infanterie soit de 1000 hommes et du troisième détachement de hussards soit 325 cavaliers donc un total de 1325 soldats. L'objectif était d'arriver à la vysnovokemli (expression vélèsienne voulant dire la fin de la terre ou la conclusion de la terre) en quatre mois.



Ordre des Voyiny
Troupes engagées :
2000 soldats d'infanterie (professionnels) (-6)
2000 armes d'infanterie lvl 1 (-6)
1000 hussards (soldats professionnels) (-2)
1000 armes d'infanterie lvl 1 (-2)
1000 soldats ecclésiastiques (soldats professionnels) (-0)
1000 armes d'infanterie lvl 2 (-0)

Village attaqué
"Troupes engagées" :
102 hommes adultes (-91)
130 armes de fortunes diverses (-107)
128 femmes adultes (-97)
25 vieillard(e)s (-24)
45 enfants (-23)



* les pertes de soldats annoncées sont assimilables à des combattants tués, blessés/mutilés, démissionnaires/déserteurs, capturés. Les ratios entre chaque cas sont à l'appréciation des parties concernées.

PERTES DÉCOMPTÉES (mais non prise en compte, seulement RP)

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12 février 2015

La brume matinale enveloppait la ville de Novozorsk, dissimulant ses rues pavées, ses maisons de pierre aux contours austères, ses murailles d'un autre âge, ses clochers et ses tours dressés vers le ciel. Nichée dans les terres malheureuse du nord de la Vélèsie, échappant jusqu'alors au contrôle de Syl'Nyy, la cité résistait depuis des mois à l’autorité centrale, refusant de plier sous le joug du Patriarche d'abord, puis Maréchal-Régent Krezymyr Vadymovych Kyrylenko. Les émissaires noirs envoyés n'avaient pas obtenu la soumission immédiate de la ville, ses dirigeants pensant le Saint-Ordre trop affaibli avec la disparition du Patriarche et l'embourbement dans la campagne de reconquête pour s'attaquer à elle. Ils n'oseraient pas attaquer une des plus grandes villes du pays… si ? Mais ce matin-là, le calme fragile, alors que le soleil allait bientôt se lever et qu'on entend nuls bruits dans les rues en dehors des chats errants, ce calme allait être brisé par l’arrivée inattendue, mais redoutée des forces du gouvernement.

Aux abords de la ville, l’armée fédérale, une marée uniforme et obscure de soldats en tenues grises et sombres marquées des symboles de leurs ordres (ceux-ci n'ayant pas encore subi les futures réformes du gouvernement sur l'unification de l'armée), des symboles religieux ou encore de divers symboles du pays, se préparait à l’assaut pour venir à bout de cette poche de résistance importante et montrer l'efficacité des militaires du Saint-Ordre et le second souffle donné à la campagne par l'arrivée du Maréchal-Régent au pouvoir. C'était également une occasion pour lui de légitimer son pouvoir auprès des contestataires et des indécis. À la tête de cette armée, le Général Romanov, un vétéran au visage durci par les campagnes de pacification auxquelles il avait déjà participé par le passé, scrutait la ville avec une intensité aussi froide que le métal de l'infanterie vélèsienne. Ce proche du Maréchal-Régent était un de ses premiers soutiens et un stratège hors pair reconnu de tous au sein du pays. Autour de lui se trouvaient des véhicules blindés parfaitement alignés, leurs canons pointés vers les fortifications de Novozorsk. Mais aussi de l'artillerie, de la cavalerie dont le détachement le plus notable était celui des hussards pourpres, une unité de cavalerie d'élite de l'Ordre.

— Messieurs, déclara le Général d’une voix forte, aujourd'hui, nous ramenons cette ville dans le giron de la Vélèsie. Nous la ramenons sur le droit chemin de la foi et de l'ordre. L’heure de la rébellion est terminée. Finis de s'amuser, nous montrerons aujourd'hui à nos ennemis que nous sommes capables d'arriver à nos objectifs par tous les moyens possibles. Notre mission est plus que sécuritaire, elle est divine. C'est la volonté des Dieux que nous accomplissons aujourd'hui. Aucun d'entre nous ici n'a le droit à la peur, le doute ou la réserve. Nous devons appliquer implacablement les projets supérieurs qui guident notre nation. Que la volonté du Maréchal-Régent s’accomplisse et que ces chiens meurent ou abjurent de leurs crimes et péchés.

Un rugissement sourd s'éleva des rangs, suivi du grondement des moteurs. Les véhicules blindés avancèrent, leurs chenilles déchirant la terre gelée, tandis que les soldats suivaient en formation serrée, leurs pas rythmés par les tambours. La cavalerie encercla les issues de la ville. L'artillerie ajusta sa visée. Au-dessus, des hélicoptères de reconnaissance survolaient la ville, relayant en temps réel les positions des défenseurs. Petit à petit, des habitants proches des périphéries se réveillaient, alertés par le bruit des manœuvres. Une seule sortie avait été laissée avec une défense moindre, la raison échappant pour le moment à beaucoup. Les maisons et bâtiments en dehors des fortifications avaient été encerclés aussi.

Lorsque chaque unité avait rejoint sa position et que l'ensemble des troupes étaient prêtes, une première salve retentit. Elle déchira l'air avec fracas et une explosion sourde qui fit trembler les murailles qui entouraient la ville de Novozorsk. Les fortifications de la ville, un mélange de barricades improvisées et de structures médiévales renforcées, commencèrent à être ciblées par l'artillerie lourde. Sous les ordres du Général Romanov, les troupes commencèrent à avancer dans les structures extra-muros méthodiquement. Les portes étaient enfoncées, les vitres brisées. Certains bâtiments prirent feux, d'autre furent vidés de leurs habitants en étant soit sorti de force, soit tués, car ils résistaient ou puisque leurs cris agaçaient les soldats.

Dans les rues, les défenseurs de Novozorsk, un mélange de miliciens locaux, de civils armés, des militaires qui avaient rejoint la cause contestataire ou des membres des clans qui étaient éduqués martialement, se regroupèrent et organisèrent leurs défenses. L'effet de surprise était total et les défenseurs étaient désorganisés. Ils courraient partout chercher leurs armes, cacher des biens de valeurs, cacher leurs familles, transporter des meubles pour fortifier les défenses de la ville. Alors qu'ils réalisaient à peine ce qu'il se passait, la ville et ses habitants devaient se coordonner pour éviter le massacre.

La bataille de Novorosk venait de commencer, et celle-ci allait s'avérer d'une violence extrême...

Forces gouvernementales


Troupes engagées :
    - 7454 soldats professionnels
    - 8000 soldats réservistes
    - 8000 soldats conscrits
    - 10000 armes d'infanterie lvl 1
    - 13454 armes d'infanterie lvl 2
    - 500 mitrailleuses lourdes lvl 1
    - 50 canons tractés lvl 1
    - 5 lance-roquettes multiples lvl 1
    - 30 véhicules de combat d'infanterie lvl 1
    - 100 camions de transport lvl 1
    - 25 camions-citerne lvl 1
    - 50 canons tractés lvl 1
    - 5 véhicules de transmissions radio lvl 1
    - 1 véhicule radar lvl 1
    - 10 hélicoptères légers polyvalents lvl 1

Défenseurs de la ville


Troupes engagées :
    - 40'000 habitants (aux compétences équivalentes à 2000 pro, 10'000 réservistes et 28'000 conscrits) [non existant dans l'atlas des troupes gouvernementales]
    - 10'000 armes d'infanteries (~lvl 1) [non existant dans l'atlas des troupes gouvernementales]
    - 30'000 armes diverses (lances / épées / etc) [non existant dans l'atlas des troupes gouvernementales]
    - 50 mortiers légers (lvl 1) [non existant dans l'atlas des troupes gouvernementales]
    - 20 mitrailleuses lourdes très usées / bricolées (lvl 1 voir moins) [non existant dans l'atlas des troupes gouvernementales]

DÉCOMPTES À VENIR - BATAILLE DIVISÉE EN PLUSIEURS POSTS

L’Assaut de Novozorsk – L’Heure du fer et du sang

L'assaut avait commencé depuis quelques dizaines de minutes. Les unités qui étaient disposées autour de la ville avaient foncé vers les entrées tandis que celles groupées autour des bâtiments extra-muros avaient commencé leur capture et leur "nettoyage" méthodique. Il faisait encore sombre et le soleil allait bientôt commencer à se lever. Mais il serait déjà caché par la fumée des flammes et des tirs d'artillerie, et de la poussière soulevée par les impacts et les structures effondrées. Le sergent Valentyn Nazarovych Stepanyuk, qui n'était pas particulièrement un vétéran, bien qu'ayant déjà vécu quelques combats plus au sud lors du début des opérations militaires de la campagne de reconquête, avançait d'un pas irrégulier en essayant d'éviter les débris et les crevasses. Plus tôt, il y a quelques minutes, l'unité à laquelle il appartenait avait pénétré un hameau proche de la ville et s'était élancé sur le bâtiment principal du petit ensemble qui était une sorte d'entrepôt ou de site de stockage sous une casemate.

L'assaut avait été d'une extrême violence, illuminé par des jets de lance-flamme vers les fentes de la structure défensive pour y déloger les miliciens, ponctués par les tirs en rafales, les sourdes explosions de grenades, les cris et les pleurs en tout genre. Alors que l'unité avait totalement enfoncé les défenses du site et qu'elle assiégeait la casemate, voyant les pertes augmenter, le commandant des forces présentes des défenseurs ordonna une sortie pour effectuer un repli stratégique. Mais dans un désordre complet, une absence de discipline criante et une panique indescriptible, civils et militaires sortirent en même temps en une cohue n'ayant rien de stratégique. Ils se firent mitrailler et de nombreux fuyards s'écroulèrent. Une partie fut prise à revers et faite prisonnière, rare furent ceux ayant réussi à s'enfuir. Mais les soldats du Saint-Ordre sont habitués maintenant à la traque et au combat travesti en partie de cache-cache. Une escouade fut donc formée et le sergent en prit la tête pour aller déloger, nettoyer, sécuriser la zone et les bâtiments. Valentyn marchait parmi les décombres et les cadavres fumants d’un poste de défense de milice extra-muros. Son fusil d’assaut encore chaud contre son épaule, attaché par une sangle en cuir à celle-ci, le doigt collé à la détente au cas où l'usage en soit nécessaire, il balayait du regard les ruines du quartier extérieur, jadis habité par des artisans et des marchands venant profiter de l'attractivité de la cité marchande dans la région.

Soudain, il entendit des bruits inhabituels, preuve de la présence insupportable de vie hostile à l'Ordre dans le secteur. Il observa attentivement autour de lui et aperçut un homme en train de ramper entre deux corps. Le visage tellement sale et recouvert de boue et de terre qu'il était impossible de décrire à quoi il ressemblait. Ses poings en sang serrés pour contenir l'hémorragie ou simplement contracté et réduire la douleur ressentie. Sa jambe gauche était totalement éclatée par un éclat d’obus, la coupant au niveau de la cuisse, bien que certaines parties indistinctes de chaires et de ligaments restaient accrochés par la résistance de tendons réfractaires à l'explosion ou au feu, arborant à son bout une chaire ensanglantée et par endroit calcinée. C’était très certainement un milicien, à en juger par son uniforme vraisemblablement vert à l'origine, désormais souillé par le sang et l'environnement dans lequel il rampait. Le milicien le regarda avec les yeux injectés de sang, eux aussi, remplis de panique et de peur, en murmurant une prière aux anciens Dieux du Nord, entrecoupés de gémissements de douleurs.

Vasyl soupira presque exagérément, comme pour marquer son absence quasiment totale de respect envers son ennemi.

— "Il est inutile de geindre et de supplier, chien errant."

Il leva son fusil et le braqua sur l'homme plus proche du puzzle que de l'humain et tira une balle en pleine tête. Le cylindre métallique transperça le front de l'agonisant et fit éclater une partie de la boite crânienne dans un joyeux jet de sang, de chaire et de matière osseuse. Le corps du misérable eu un spasme et se raidit pour toujours dans un gargouillis humide et poisseux.

— "Sergent !" appela un soldat vélèsien plus loin. "Des survivants du secteur tentent de se replier vers les défenses de la ville ! On les pousse vers la clairière !"

Vasyl sourit, dévoilant des dents qui mériteraient un entretien plus soutenu pour les normes occidentales, mais qui n'étaient pas dans un état rare pour un soldat vélèsien en campagne. Ce sourire était presque malsain, animé par la volonté animale de décimer les fous qui s'opposaient à eux.

— "Alors continuons notre partie de chasse soldats ! Pas de pitié pour les traîtres et pour le gibier."

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Situation de la guerre civile à la fin de l'année 2019


La guerre civile vélèsienne est entrée dans une phase paradoxale où les apparences masquent souvent la réalité concrètes du terrain où la guerre dure depuis 2013, soit bientôt 7 ans. À première vue, le Mandat Divin semble avoir pris l'ascendant et est mené par des militaires, et en premier chef par le Maréchal-Régent, qui devrait donc de part son grade être un stratège particulièrement efficace. Il contrôle près de 70 % du territoire national, soit plus de 25 000 km², ainsi que la majorité des grandes villes, des ports, des infrastructures industrielles et des axes de communication. Plus de six millions et demi de personnes vivent sous son autorité directe ou indirecte. Son armée demeure de loin la force la plus puissante du pays, disposant d'une aviation ancienne et issue d'appareils de provenance diverses entre production nationale ou vieux aéronefs alguarenos modifiés obtenus grâce à son allié Moriton, mais néanmoins en nombre respectable avec un total de près de 40 avions opérationnels et de quelques drones, ainsi que d'un nombre croissant d'hélicoptères (un douzaine actuellement, bientôt une trentaine), d'une artillerie tout aussi ancienne mais de production exclusivement nationale et relativement nombreuse, d'unités mécanisées nouvellement créées grâce au développement de l'industrie de défense du pays ayant produit plus d'une centaine de blindés récemment, et enfin d'une flotte loin d'être moderne mais nombreuse pour un pays de sa taille et capable d'assurer le contrôle minimal des eaux entourant l'archipel et de bombarder des villes côtières. À l'inverse, les communistes ne contrôlent qu'une partie du nord de l'île principale, région la plus rude et quelques territoires frontaliers, tandis que les peuples natifs ne dominent que des régions périphériques, souvent peu peuplées et difficiles d'accès. Sur une carte, le conflit pourrait sembler presque réglé. Pourtant, la réalité est beaucoup moins favorable au régime fasciste qu'elle ne paraît.

Le premier élément qui explique cette situation est la nature même du territoire. Les régions septentrionales où se sont implantés les communistes comptent parmi les plus difficiles du pays. Les montagnes, les forêts boréales, les vallées encaissées, les marécages et les hivers rigoureux limitent considérablement les avantages technologiques relatifs du Mandat (principalement issus de l'apport des anciens scientifiques translaves ayant fuis avant la chute totale du régime). Les avions de combat peuvent frapper des concentrations de troupes ou des infrastructures identifiées, mais ils sont beaucoup moins efficaces contre de petites unités dispersées et camouflés des communistes et des natifs. Ce problème serait moins important si l'aviation du pays ne datait pas des années 50 ou 60, mais le Mandat n'a pas les moyens de disposer d'une aviation moderne. Les blindés, rares mais précieux et constituant une force de frappe et un avantage conséquent pour les armées du Maréchal-Régent, se retrouvent souvent confinés aux routes principales, aux sentiers de terre ou aux terrains pas aussi difficiles géographiquement que le nord de l'île. Les colonnes de ravitaillement doivent parcourir des dizaines de kilomètres à travers des espaces hostiles où une poignée de combattants peut immobiliser un convoi pendant plusieurs heures. Ainsi, malgré sa supériorité matérielle, le Mandat se retrouve dans une situation où chaque kilomètre gagné exige des efforts disproportionnés, sans compter la demande de troupes et de matériels pour la répression et le contrôle des zones arrières, et le maintient d'une posture défensive contre les ennemis extérieurs.

Cette difficulté est aggravée par le fait que les communistes ne combattent pas selon une logique conventionnelle. Le Front Commun des Forces Communistes Narodopalatiennes ne cherche pas à affronter directement les forces gouvernementales dans de grandes batailles décisives. Son objectif est d'user l'adversaire, de l'obliger à disperser ses moyens et de démontrer que le régime est incapable d'imposer une paix durable. Le temps joue en faveur de tout le monde dans cette guerre. Contre le Mandat dont l'économie est basée sur un système de prédation et de production militaire ne permettant aucun développement. Contre les communistes dont le moral peut se dégrader, dont l'aide extérieure reste pour le moment quasiment inexistante à leur grand damne et dont les forces actuelles sont limitées (bien que disposant encore d'un réservoir de troupes important), d'autant plus que le régime fasciste a une capacité industrielle bien supérieure à celle des rouges. Les différentes composantes du Front ont bien conscience qu'elles ne disposent pas des moyens nécessaires pour conquérir rapidement le pays. Leur stratégie repose donc sur la durée, bien que le pari soit risqué. L'espoir d'une aide extérieure est présent au sein de la direction. Les attaques contre les infrastructures, les embuscades, les assassinats ciblés de responsables locaux, les sabotages de voies ferrées ou de dépôts de carburant sont devenus leur principal mode d'action. Chaque opération prise isolément reste limitée, mais leur accumulation entretient un climat d'insécurité permanent dans les régions contestées et empêche toute avancée significative. Une autre possibilité est, en cas d'aide extérieure, de stocker le plus de matériels possibles jusqu'à disposer des forces suffisantes pour une grande offensive.

Le Front communiste conserve également comme nous l'avons évoqué une force démographique non négligeable. Les territoires qu'il contrôle regroupent environ 1,6 million d'habitants, soit une population suffisante pour maintenir un effort de guerre prolongé face aux 6.5 millions du Mandat Divin. Même si seuls quelques pourcents de cette population participent directement aux combats, cela représente un vivier humain conséquent pour un conflit de faible intensité. Les pertes subies lors des affrontements peuvent être compensées par la mobilisation de nouveaux volontaires, de déserteurs issus de l'armée du régime ou simplement de jeunes habitants des zones contrôlées. À cela s'ajoute une certaine légitimité acquise dans plusieurs régions du nord où le régime fasciste est perçu comme une puissance quasi-étrangère ou oppressive rappelant le tsarat d'avant la révolution religieuse de 1913 qui a vu l'avènement d'une mosaïque ultra-conservatrice et autoritaire mais décentralisé de monastères et d'ordres religieux. Cette réalité ne signifie pas que la population soutient massivement les communistes, mais elle suffit à leur fournir des réseaux de renseignement, des refuges et des relais logistiques.

Toutefois, les communistes souffrent eux-mêmes de profondes faiblesses. Leur principale menace ne vient pas dans l'immédiat du Mandat mais de leurs propres divisions. Le Front rassemble des courants idéologiques extrêmement différents qui ne partagent qu'un objectif immédiat : la destruction du régime. Les Poradistes souhaitent construire un État révolutionnaire centralisé inspiré des expériences les plus autoritaires du socialisme et du communisme, que cela soit en Loduarie, au Kronos ou dans la CSN. Les Communalistes défendent au contraire une vision fédérale et décentralisée de la société inspirés dans une moindre mesure du Kah, mais surtout de l'Estalie, de la Kartévilie et de la Khaultie. Les Socialistes parlementaires imaginent une transition démocratique vers une économie socialisée n'ayant pas vraiment de modèle clairs à l'international, bien que pouvant ressembler sur quelques aspects à Karty. Ces divergences sont actuellement mises entre parenthèses par les nécessités de la guerre, mais elles n'ont jamais disparu. Chaque avancée militaire soulève immédiatement la question de l'organisation politique des territoires conquis, quand ce n'est pas la question des territoires déjà possédés. Chaque aide extérieure potentielle qui pourrait venir de la Confédération Socialiste du Nazum devient un objet de rivalité. Chaque nomination militaire donne lieu à des négociations complexes entre factions. Cette fragilité limite considérablement la capacité du Front à mener des opérations de grande ampleur et réduit son potentiel stratégique.

Les peuples natifs occupent quant à eux une position particulière dans le conflit. Les Koryaniks, les Nenovars et les Tyvars ne représentent pas une force capable de renverser le régime à eux seuls, très loin de là. Leur faiblesse mais égaement leurs traditions ne les poussent pas à envisager cette guerre civile selon une matrice de pensée classique et encore moins comme des affrontements conventionnels. Leur population totale demeure relativement faible à l'échelle du pays et leurs moyens militaires sont rudimentaires et fragiles. Pourtant, leur rôle ne cesse de croître. Contrairement aux communistes, ils ne cherchent pas à s'emparer des centres urbains ni à bâtir un État alternatif. Leur objectif est essentiellement défensif : préserver leurs communautés, leurs territoires traditionnels et leurs modes de vie. Cette différence d'objectif les rend particulièrement difficiles à combattre. Ils n'ont pas besoin de gagner ni de conquérir, ils doivent seulement survivre et peuvent concentrer leurs ressources à cet effet. Les régions où ils opèrent sont souvent encore plus hostiles que les zones tenues par les communistes. Les forêts reculées, les côtes isolées, les marécages et les plateaux montagneux constituent autant de sanctuaires naturels. Les combattants natifs connaissent parfaitement ces environnements et peuvent disparaître pendant des semaines avant de réapparaître pour mener une attaque éclair. Leur maîtrise du terrain compense largement leur manque d'équipement. Pour le Mandat, la présence de ces groupes représente moins une menace militaire qu'un problème permanent de sécurité intérieure. Chaque poste militaire construit dans les régions périphériques nécessite des ravitaillements, des effectifs et des moyens qui ne peuvent être utilisés ailleurs. Ils ne sont donc absolument pas le premier adversaire du Mandat qui se concentre sur son territoire et celui des communistes.

Le régime conserve néanmoins plusieurs atouts majeurs. Son principal avantage réside dans sa capacité à mobiliser les ressources du pays. Il contrôle les principales zones agricoles, les centres industriels et l'appareil administratif. Malgré ses nombreuses inefficacités, il dispose d'une structure étatique fonctionnelle capable de lever des impôts, d'organiser des recrutements, de produire du matériel militaire et de maintenir une bureaucratie de plus en plus efficace. Les rebelles, eux, dépendent largement de systèmes improvisés, de prélèvements locaux et d'aides extérieures limitées. Cette différence est fondamentale. Une guérilla peut survivre longtemps avec peu de moyens, mais elle éprouve davantage de difficultés à se transformer en force capable de gouverner un pays entier.

Cependant, cette supériorité structurelle possède elle aussi ses limites. L'économie du Mandat est de plus en plus orientée vers la guerre. avec une part directe de l'industrie militaire dans le PIB d'environ 9 à 10% (ce qui est déjà énorme), mais aussi par les autres pans de l'économie étroitement liés à celle-ci à environ 20 voir 25%. Les ressources disponibles sont absorbées par la construction d'infrastructures militaires, le maintien de l'ordre, l'armement et la propagande. Une part croissante des richesses produites ne génère aucun développement durable. Les avions, les véhicules blindés, les munitions ou les fortifications consomment énormément de ressources sans créer de valeur économique à long terme. Cette logique permet au régime de renforcer temporairement sa puissance mais risque d'affaiblir progressivement ses fondations économiques. Plus la guerre dure, plus le coût de son maintien augmente. Et à cela s'ajoute une économie de prédation reposant sur le pillage des richesses et des ressources des territoires conquis ou révoltés, l'esclavage et le travail forcés des opposants et des ethnies désignées comme impures. La croissance économique du pays est forte, mais artificielle, et si une rivalité plus grande avec la CSN naissait ou une résurgence de la menace poëtoscovienne apparaissait, le pays perdrait inévitablement dans la course aux armements sur la durée. C'est d'ailleurs une grande obsession du régime, trouver des moyens alternatifs de survivre malgré une défaite militaire voir une occupation.

Ainsi, la guerre vélèsienne tend progressivement à se transformer en conflit d'usure à de multiples dimensions. Les grandes offensives deviennent rares quand bien même des petits mouvements de front. Les lignes de front évoluent lentement. Les gains territoriaux se mesurent souvent en kilomètres plutôt qu'en dizaines ou centaines de kilomètres. Chaque camp tente moins de remporter une victoire décisive dans l'immédiat que de survivre suffisamment longtemps pour voir son adversaire s'épuiser, tout en transformant pour leur propagande ce récit peu glorieux militairement parlant. Le Mandat cherche à étouffer progressivement les poches rebelles grâce à sa supériorité matérielle et en s'armant à dissuader de trop grandes aides extérieures. Les communistes espèrent prolonger le conflit jusqu'à provoquer une crise politique ou économique du régime qui n'est pas impossible. Les peuples natifs misent sur le temps long, convaincus que leur connaissance du terrain leur permettra de survivre à toutes les transformations politiques, malgré leur très importante fragilité.

À l'heure actuelle, aucun acteur ne semble capable d'obtenir une victoire totale dans un avenir proche. Le Mandat apparaît suffisamment puissant pour éviter l'effondrement et conserver l'initiative stratégique. Les communistes demeurent assez solides pour empêcher toute pacification du nord et eux-non plus ne pass 'effondrer. Les peuples natifs restent capables de maintenir une insécurité chronique dans les périphéries tant qu'is ne sont pas la cible prioritaire du régime. Cette combinaison produit un équilibre instable où chacun est trop fort pour être détruit rapidement mais trop faible pour imposer seul son projet politique - projets diamétralement opposés. Et bien-sûr, aucune chance pour un accord, aucun dialogue n'est envisageable. Plus le conflit se prolonge, plus la question centrale cesse d'être militaire, à moins d'une aide extérieure permettant de retrouver de la mobilité. La véritable interrogation jusqu'à présent devient celle de l'endurance : quelle faction sera capable de supporter le plus longtemps le poids économique, humain et politique d'une guerre qui s'est progressivement installée dans le paysage comme une réalité permanente de la Vélèsie contemporaine ? La guerre pour tout horizon, voilà l'état d'esprit actuel de chaque camp.
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