26/03/2016
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[23/01/2013 – 26/10/2013] COMMUNATERRA : Imposer la paix [Rp]

https://m.media-amazon.com/images/M/MV5BMDAwMDcwZGYtMDE5Yi00MzFjLWIyZTYtOGJhM2EyYWVkYmNjXkEyXkFqcGdeQXVyNTI4ODg2Mjc@._V1_.jpg

"On ne prépare pas la paix en achetant des sous-marins et des avions de chasse.

On ne prépare pas la paix en construisant des murs de béton.

On ne prépare pas la paix en tuant dix mille hommes et femmes.

On ne prépare pas la paix en invitant les Loduariens sur son sol.

Ceux qui hier disaient
"La Révolution ne peut attendre les révolutions intellectuelles et pacifiques. Elle doit être brutale, violente, écrasant nos ennemis sans pitié. C'est ainsi que nous ferons triompher notre cause" ne préparent pas la paix.

Ceux qui hier disaient "La force réside dans la maîtrise, dans la sagesse de choisir le moment opportun. Nous devons agir, mais de manière réfléchie" ne préparent pas la paix.

Ceux qui hier disaient "Nous devons tenir le pistolet entre nos mains, prêtes à riposter à l'ennemi. Agir avec force est notre destinée, et la faiblesse ne fait que nous affaiblir davantage. Nous écraserons les alguarenos", ne préparent pas la paix.

Ceux là préparent la guerre. Et s'ils font dos rond tout en s'armant, il convient de se méfier.

"L'ennemi, qu'il soit fasciste ou capitaliste, doit être écrasé sans détour. La révolution ne tolère pas la tiédeur, et nous sommes déterminés à éradiquer les oppresseurs avec une fermeté absolue."

Ceux qui ont prononcé ces mots, enfin, ceux qui reprochaient à l'Union son calme et sa mesure, ne devraient pas se plaindre de nous voir appliquer leurs conseils au mot près. Notre objectif en intervenant au Communaterra est simple : imposer la paix. Le pays sera désarmé. Intégralement. Les troupes qui ont tiré dans la foule seront démantelées et leurs hommes jugés. Les loduariens seront chassés hors du continent. Les pirates hébergés reprendront leur route, comprenant qu'ils ne sont pas ici chez eux.

Le Communaterra peut devenir une nation sœur de l'Union, mais elle doit prendre goût à la paix. Que sa fortune se dillapide en développement, que son territoire reste désarmé. Nous savons dors et déjà qu'une guerre aura lieu demain si nous ne nous assurons pas dès maintenant qu'elle n'aura pas lieu. Nous empêcherons cette république d'obtenir les moyens de sa rhétorique.

Nos partenaires du duché de Sylva auront été témoins de nos efforts en faveur de la paix. Combien de garanties, combien de demandes, combien de temps et d'énergie gaspillée pour un pays qui n'entend pas ? Nous pensions faire face à une nouvelle Loduarie, nous faisons face à une nouvelle Listonie. Pire, à un nouvel Empire Latin Francisquien. Les invectives, l'instabilité politique, les plans multiples visant à "libérer" les territoires d'outre-mer de nations voisines. Les appels au meurtre répétés. Le Grand Kah craint plus que tout la guerre, ce pourquoi nous entrons en action maintenant, tant que celle là ne sera qu'une escarmouche ou, si la communaterra et la clique assassine possédant son administration retournent à la raison, une action de police.

Comme convenu dans les accords signés avec ce mouvement, notre Magistrature se rendra sur son sol pour attester de la situation et établir des causes et des culpabilités. Nous savons dors et déjà que la Communaterra entend les arrêter. Cela n'est pas plus acceptable que la présence des pirates, des soldats loduariens, que les menaces et que les invectives.

Nous imposeront la paix et le développement comme on impose à un fou de prendre son traitement. Le monde sera un jardin.
"

Actée descendit les marches du podium, un goût amer dans la bouche. Elle n'aimait pas les guerres. C'était systématiquement la marque d'un échec personnel. Ici, celui de son commissariat, dont les résultats insuffisants avaient finalement poussés la Magistrature à agir et à surprendre tout le monde. Elle devait suivre le mouvement, maintenir l'illusion d'une unité d'action au sein d'une Confédération dont la justice avait pris le pas sur le législatif.

Ils entendrons raison, pensa-t-elle à propos des communetaros. Elle n'y croyait pourtant pas. Leur pays était dirigé par des sociopathes.

Elle le savait bien : elle les avait rencontré.


Commissariat à la paix

Aux yeux des kah-tanais le seul risque « intérieur » pouvant compliquer la bonne conduite de l’opération de pacification de la Communaterra était la récente commande d’armes passées au Pharois. C’était justement parce que cette opération se préparait de longue date – depuis, en fait, que Zelandia avait accepté d’accueillir une base kah-tanaise sur son sol suite aux menaces de mort proférées à l’intention de ses diplomates – qu’une part importante de la commande d’armes avait été retardée de façon à ce que seuls arrivent des avions. Des avions, oui, mais en nombre et de bonne qualité. Si on estimait improbable qu’ils résistent réellement à l’armée de l’air de l’Union, elle pourrait tout de même lui infliger des dégâts. L’armée de terre de la république était pour sa part insuffisante pour tenir le territoire. Elle pourrait certes se disperser en guérilla, mais l’objectif de désarmement kah-tanais ne passait pas nécessairement par une occupation du territoire. En fait, tant que possible, on voulait éviter d’en arriver là. Il fallait simplement castrer la Communaterra, selon les termes d’usage. Lui arracher les dents et les ongles. En faire une chose anodine et sans risque, dont la sécurité serait assurée par ses voisins, et les velléités sanguinaires de ses sociopathes de maître cantonnée à leurs esprits fous.

En bref, il fallait agir vite.

STRATEGIE AERIENNE KAH-TANAISE

[justify]L’objectif assumé de l’union et de permettre l’arrivée de son équipe d’enquêteurs de l’Égide sur le sol de la République. Ceux là n’étant pas les bienvenus il a cependant été jugé utile de les précéder d’un important cortège militaire. L’aviation kah-tanais va ainsi traverser le pays de façon à sécuriser plusieurs sites stratégiques : les aérodromes kommunateranos et Nekompromisa, capitale du pays. L’aviation de chasse doit assurer son contrôle sur le ciel et bombarder sans autre forme de procès tout appareil militaire faisant mine de quitter son hangar. Les pistes elles-mêmes seront lourdement bombardées si le commandement kommunateranos ne répond pas positivement aux injonctions d’immobiliser ses forces.

Nekompromisa sera aussi soumise à une importante guerre électronique visant à l’isoler du reste du pays et de l’extérieur.

Ce raid aérien peut et doit être mené en une journée.

STRATEGIE TERRESTRE KAH-TANAISE

Une fois le ciel sous contrôle, des contingents de parachutistes prendront possessions des principaux sites clefs du pays. L’opération la plus importante est la capture des dignitaires du régime kommunateranos, devant être sécurisés afin de pouvoir les placer sous la garde de l’Égide dans le cadre de son enquête.

Sur le plus long terme, les forces stationnées en Zelandia se mettront en branle si nécessaire pour sécuriser le territoire, lutter contre toute forme de guérilla ou empêcher une éventuelle jonction avec des renforts pirates ou loduariens. Leur but final et d'atteindre la capitale du territoire pour permettre de créer un corridor logistique reliant les forces parachutées à un port allié.[/justify]
Armée de l'air kah-tanaises :

  • 25 Avion de chasse Niveau 9
  • 17 Avion de chasse Niveau 7

  • 30 Chasseur-bombardier Niveau 3
  • 22 Chasseur-bombardier Niveau 4
  • 30 Chasseur-bombardier Niveau 5

  • 1 Avion radar (AWACS) Niveau 2
  • 1 Avion radar (AWACS) Niveau 4

  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 3
  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 5

  • 2 Avion ravitailleur Niveau 4
  • 1 Avion ravitailleur Niveau 6

  • 20 Avion de transport tactique Niveau 5
  • 5 Avion de transport tactique Niveau 6

  • 3 Appareil de transport hybride Niveau 1
  • 1 Appareil de transport hybride Niveau 2

  • 12 Drone de reconnaissance Niveau 1
  • 4 Drone de reconnaissance Niveau 3

  • 3750 Soldats professionnels (parachutistes)
  • 3750 armes légères Niveau 11
  • 500 Mitrailleuse lourde Niveau 10
  • 200 Lance-roquettes Niveau 9
  • 200 Lance-missiles antichar Niveau 9

  • Plus ce qu'il faut en pilotes en soldats professionnels.

Armée de terre kah-tanaises (passant par Zelandia) :

  • 30 Véhicule blindé léger Niveau 5
  • 20 Transport de troupes blindé Niveau 6
  • 100 Camion de transport Niveau 6

  • 10 Véhicule de combat d'infanterie Niveau 7
  • 20 Char léger Niveau 4

  • 40 Camion-citerne Niveau 3
  • 1 Bulldozer Niveau 1
  • 2 Pont mobile Niveau 4
  • 2 Char de dépannage Niveau 4

  • 2 Véhicule de transmission radio Niveau 8
  • 2 Véhicule de transmission radio Niveau 9

  • 2 Véhicule radar Niveau 8
  • 4 Véhicule radar Niveau 9

  • 5 Lance-roquettes multiple Niveau 7
  • 5 Canon automoteur Niveau 6

  • 20 Hélicoptère d'attaque Niveau 6
  • 10 Hélicoptère de transport moyen Niveau 7

  • 12 530 Soldats professionnels embarqués
  • 12 530 armes légères Niveau 11
  • 500 Mitrailleuse lourde Niveau 10
  • 200 Lance-roquettes Niveau 9
  • 200 Lance-missiles antichar Niveau 9

  • Plus ce qu'il faut en pilotes en soldats professionnels.
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OPÉRATION BLANCHE COLOMBE


La tension régnait dans les couloirs des Comités. Le Gouvernement, ayant tenté en vain de négocier la paix avec le Kah, se retrouvait face à une situation grave. La décision impériale de mener une enquête à tout prix avait allumé un brasier de colère au sein des Kommunateranos. Comment pouvions-nous permettre aux impérialistes du Kah de violer nos frontières ? Comment la Communaterra, bastion de la Révolution, pouvait-elle fléchir face à la soumission ?
En réponse à cette menace, les armées furent déployées pour surveiller l'espace aérien Kommunateranos, prêtes à détourner toute tentative d'intrusion. Cependant, il devint vite évident pour les Comités que la puissance du Kah était trop écrasante pour être contestée. Les Comités prirent alors une décision audacieuse : soutenir l'opération Kah-Tanaise pour que la guerre et le chaos soient évités.
Pendant que le Kah arrivait, sa flotte n'ayant pas encore atteint Sylva, les Forces Révolutionnaires terrestres et l'Armée Révolutionnaire de l'Air obéirent, naturellement, aux Comités, unissant leurs forces pour la paix.
La nouvelle se répandit rapidement, et bientôt, tous se prononcèrent d'une seule voix : pour éviter le malheur des peuples et la guerre au Paltoterra, ils ne prendraient pas les armes. Les quatre Présidents de Zone se rendirent à Nekompromisa, prêt-e-s à accueillir les envoyés de la Magistrature Kah-Tanaise. Leur position de non-belligérance fut transmise au Kah au même moment, dans un ultime effort pour préserver la paix et la justice. Mais tout cela n'avait pas eu lieu par hasard, effectivement le Kah et le Gouvernement des Comités se sont accordés sur ceci :

Condition de réddition de l'ensemble de la Communaterra. a écrit :

Conditions de réditions :

- Les Armées Kah-Tanaises seront autorisées à s'installer sur les bases aériennes cédées par le gouvernement Komunateranos. Elles ne pourront stationner que dans les bases préalablement évacuées par l'Armée de l'Air.

- La souveraineté, la justice (hors enquête), les pouvoirs exécutif et législatif resteront sous l'autorité des Comités (représentant le peuple) et du Gouvernement Komunateranos.

- Le Gouvernement et les Comités coopéreront étroitement avec les autorités Kah-Tanaises pour faciliter la résolution de l'enquête en cours.

- Les frontières avec les ressortissants du Kah seront maintenues conformément aux normes établies par les deux parties.

- Toute installation militaire supplémentaire ou tout corridor devra être, auparavant, approuvé par le Gouvernement Komunateranos avant d'être établi par le Kah.

- Toute entrée sur le territoire Komunateranos devra être déclarée conformément aux protocoles en vigueur.

- Les forces militaires Kah-Tanaises resteront confinées dans les bases militaires autorisées, à l'exception des opérations de corridor. Les effectifs déployés devront être proportionnels à la nature de l'opération.

-Les exercices militaires Komunateranos se poursuivront, et les troupes auront le droit de surveiller le territoire et d'être armées, à condition de ne pas entreprendre d'actions hostiles contre le Kah tant que les accords en vigueur seront respectés.

- Aucune présence militaire du Kah ne sera tolérée dans les zones urbaines, uniquement des Forces de "polices".

- L'Armée Komunateranos aura le droit de mener des actions humanitaires sur son territoire.

- Aucune occupation des ports n'aura lieu, et les corridors resteront ouverts conformément aux règles diplomatiques en vigueur et à la bonne coopération entre le Gouvernement et les Comités.

-Aucune invasion terrestre ne sera entreprise.


Alors que la situation s'intensifiait, l'ensemble de l'Aviation militaire Komunateranos se replia stratégiquement sur trois bases aériennes, coordonnant chaque mouvement avec le Kah pour faciliter l'installation de l'Aviation Kah-Tanaise sur le sol Komunateranos, sur les aérodromes militaires relâchés. Cette collaboration sans précédent visait à garantir une transition pacifique et ordonnée, évitant ainsi toute confrontation inutile.
Pendant ce temps, les Forces Révolutionnaires Autogérées Aériennes annoncèrent officiellement l'immobilisation de leur aviation, accompagnée du désarmement des hélicoptères. Ces derniers seraient redéployés sur l'ensemble du territoire afin de faciliter les déplacements des personnes nécessitant une assistance et de fournir une aide humanitaire en cas de besoin.

Alors que les avions survolaient majestueusement la jungle paltoterranne, la population observait avec étonnement le spectacle impressionnant des 200 engins dans le ciel. Cette arrivée massive était le fruit d'une coordination minutieuse entre le Kah et la Communaterra, et elle se déroula sans le moindre incident. Les appareils se posèrent gracieusement sur les aérodromes désignés et furent rapidement ravitaillés, sous la surveillance attentive des autorités kah-tanaises. En moins d'une trentaine de minutes, la Magistrature kah-tanaise était installée dans le plus grand "Comissariat" mis à disposition par la Communaterra. À peine quelques heures plus tard, les premiers interrogatoires débutèrent, marquant le début d'une enquête méticuleuse.
8403
Alors qu'un hélicoptère humanitaire komunateranos survolait le territoire, il fut abbatu par une défense antiaérienne depuis une base contrôlée par le Kah. Dix-sept secondes plus tard, un énorme souffle d'explosion touchait la Communaterra...

Tout les médias l'annoncent : Le Kah a tiré sur des Humanitaires, alors que la Communaterra se rendait. L'Armée appelle le peuple à résister face à l'invasion barbare. Le Gouvernement appelle à la paix et à la résolution pacifique de la situation


o


OPÉRATION FRAPPE TRAÎTRESSE


Effectivement, tout se passait comme prévu ! Le Kah pensait que, par sa flotte aérienne imposante, il avait réussi à faire "trouver raison la Communaterra" et la faire plier l'échine. En réalité, tout cela n'était qu'un leurre. Effectivement, dès que le Kah eut envoyé une lettre expliquant leur intervention, et au même moment que la paix était négociée, dans les plus grands secrets, l'ensemble des infrastructures militaires (ainsi que le Commissariat prêté) de la Communaterra fut rempli d'explosif qui serait caché dans les murs et dans les sols (hrp: méthode à la Suisse). Effectivement, le but n'était pas d'avoir assez d'explosif pour détruire les avions, mais suffisamment pour faire s'écrouler les hangars et rendre impraticable les pistes. Le plan commencera avec le fait d'abbatre un hélicoptère civil humanitaire, tiré depuis une base qui sera contrôlée par le Kah (programme automatisée) , le but est clair : Annoncer que le Kah a commis l'irréparable et qu'on se défend juste.

NOTE HRP
Les explosifs seront matérialisés par :

- 100 mines navales lvl.3
- 1.500 mines antichars lvl 1
- 3.000 mines antipersonnelles lvl 3

Plusieurs staffs ont étés prévus de la supercherie pour éviter que ça sorte de nulle part.

Tout était fait pour que si la supercherie soit découverte, tout explose. Effectivement, dans chaque base se trouvait 5 soldat-e-s Komunateranos charge "d'accueillir" les avions du Kah et aider au ravitaillement. En réalité, ils étaient là pour lancer l'alerte pour que si un avion décollait [mouvements suspects donc si pas prévus] ou que sur une base, on découvrait les explosifs, alors en simultanée toutes les bases et le Commissariat sautait. Aussi, les caméras de surveillance (aucune désactivation demandée par le Kah) seront surveillées à distance pour que tout problème mène à l'explosion généralisée. Les soldats dans les bases seront donc sacrifiés (environ 7 bases x 5 soldats = Perte de 35 soldats à décompter.

Les explosifs seront déclenchés lors du premier interrogatoire de Frida Kahlo, les hangars et pistes unitilisables, on peut imaginer qu'environ 1/4 des avions seront détruits/partiellement détruits, pour détruire le reste [sachant que le Kah a accepté de ne pas envoyer son armée de terre, il ne dispose pas d'anti-aérien] ce sont les 5 Chasseurs Bombardier lvl 4 qui seront chargés de bombarder les débris de bases et l'artillerie aura été déplacée de manière discrète, dans les forêts entourant les bases, dans un rayon de 35km pour pouvoir harceler les pistes et hangars détruits [espérant détruire également les quelques avions toujours sur pieds]: Pour être sûr d'être compris, l'objectif est principalement de rendre inopérant les pistes/hanger pour empêcher les avions de décoller et pouvoir potentiellement les récupérer pour nous [les avions] . On peut raisonnablement penser, aussi, qu'une partie des soldats Kah-Tanais présent-e-s sur les bases soit blessés/tués : C'est pour cela qu'après l'opération, des Forces d'Interventions seront chargés de prendre en otage les soldats blessés et seront soignés.


NOTE HRP
L'artillerie utilisée est composée de :

- 35 Canons tractés lvl.1 ( ici référence utilisée)
- 35 Mortiers tractés lvl 1 (eux rapprochés à 10km et ce le modèle : ici)

Hiroko m'a conseillé de laisser libre quelques usines militaires pour cette opération, j'en ai libéré 5


Concernant le Comissariat, si le plan va jusqu'au bout, il n'explose pas. Les explosifs sont la dernière solution. Effectivement, le Commissariat utilisé, étant fourni par nos soins, est à notre avantage : accès aux Caméras de Surveillance, qui rentre qui sort, et membre du personnel. Au même moment où tout explose, un hélicoptère léger polyvalent (il ne sera pas abbatu puisqu'autorisé à voler étant désarmé) fera entrer par la fênetre (qu'ils casseront) 10 Hommes et Femmes des Forces Spéciales et qui seront chargés de prendre en otage l'Inquisiteur/La personne qui dirige l'enquête.Aussi, les 5 agent-e-s de nettoyage sont des infiltrés. 4 d'entres eux aideront en étant armé après le début de l'opération, et un autre sera chargé de lancer une grenade aveuglante dans la pièce où se trouve l'Inquisiteur au moment de l'opération. Au moment où l'Inquisiteur/Principal enquêteur sera prit otage, il sera mit dans l'hélicoptère et sera emmené cacher dans un bunker sous-terrain et le Commissariat explosera avec le reste des gardes de l'Inquisiteur/Principal Enquêteur dedans. Dans le cas, où il n'a pas été pris en otage, et qu'il est exfiltré au niveau 0 (donc vers la sortie) alors, grâce au caméra qui le verront, le bâtiment explosera. (Utilisation d'ALI Lvl 11 évidemment). Par sécurité, 5 autres soldat-e-s seront caché-e-s, armé-e-s de lance-missile antichar pour s'il réussirait à s'enfuir en véhicule. Les soldat-e-s devront éliminer le véhicule.

Les seules personnes au courant du peuple sont : 45 Soldat-e-s (qui ont été considérés comme les plus fidèles au régime), Les Président-e-s de Comité, 15 ingénieurs (coupés du monde extérieur le temps de l'action). Deux logiciels, et une activation manuelle sont prévues en cas de dysfonctionnemnt du système principal.

Au vu de l'important mouvement des troupes Kah-Tanaise en Zélandia, qui finalement ne s'est pas mise en route, car nous croyant rendus, va sûrement se mettre en route son invasion terrestre. On pourrait penser que la quantité d'engins déployés serait, si puissante, qu'on serait incapable d'agir : au contraire, c'est une faiblesse pour le Kah. Il semblerait que le Kah ait oublié une composante PRIMORDIALE : le terrain.

Effectivement, il n'existe aucun axe reliant Zélandia de la Communaterra et une grande montagne remplit de forêts tropicales sépare les deux pays, voici ce qui est précisé dans mon ecyclopédie :

"La Communaterra est recouverte en ultra-majorité de jungle Wiyān (Amazonienne) qui recouvre presque l'entièreté du territoire, il se dégage des jungles uniquement les fleuves, les 4 capitales, les petites unités de vie et de productions [reliées par des grands axe autoroutiers internes qui servent aux transports en commun] qui parsèment ces forêts denses, tropicales, humides et qui abritent moustiques et maladies en tout genre. Les frontières du Sud et Est sont jonchées naturellement de grandes chaînes montagneuse servant de frontières naturelles.".

Il sera donc très dur, voir impossible pour le Kah de passer, cependant pour prévoir le fait qu'il puisse potentiellement passer. Je rappelle tout de même que son armée est inadapté au terrain : char, buldozer, véhicule radar (la forêt gâche tout) Aussi, la Communaterra ne dispose que de quelques grands axes routiers uniquement desservis par les transports en Commun. L'Armée devra se charger de détruire les routes, et les rendre impraticable, tout sera permis : explosifs (vous pouvez me retirer des mines pour symboliser les explosifs, innonder le béton puis le geler à l'azote pour le détruire, faire tomber des arbres sur les axes routiers, et 4 avions d'attaque au sol lvl.5 seront chargés de bombarder les axes routiers. Aussi, les ponts et ports seront piégés. En attendant de pouvoir constaster la réussite où l'échec des opérations, les soldat-e-s devront toujours évoluer dans un contexte de guérilla, préparant des caches en pleine jungle, etc.

Mais pourquoi détruire les routes? En partie pour les empêcher d'avancer mais pas que : le but est surtout de le forcer à diviser ses forces. Effectivement, il ne pourra pas faire passer tous ces engins au même endroit puisque les axes étant détruits, ils devront donc se séparer. Le but sera ensuite de jouer la guérilla, créer des embuscades (quand on est presque sûr de réussir) [prioritairement des ravitaillements pour l'attrition] et tout détruire à coup de Lance-missiles antichar (même sur les véhicules ennemis qui ne sont pas des chars, au moins les dégâts seront présents) SAUF si les soldats se rendent : ils auront la vie sauve, et les véhicules seront récupérés. Le problème qui pourrait rapidement arriver et qu'avec toutes ces explosions, la forêt prenne feu. Pour cela l'ensemble des canadairs Komunateranos seront déployés pour arroser tous les lieux d'explosion, même quand aucun feu semble s'être déclaré : c'est à titre préventif. En cas de présence de l'aviation ennemie, seule la moitié de la flotte de canadair sort.

Aussi, l'ensemble de véhicules radars seront placés stratégiquement afin de faire du renseignement, et la Communaterra bénéfice toujours des images prises par les Satellites espions Loduariens.

RAPPEL: Si le Kah souhaite prendre le contrôle des Capitales, c'est une erreur stratégique. Elle ne sont que des lieux de rassemblements populaires, de manifestations révolutionnaires etc. Elles n'ont aucun intérêt stratégique.

Source : Encyclopédie, "Concernant les capitales, elles n'abritent pas d'Unités de travail mais servent de grandes Zones Populaires où peuvent se tenir les grandes réunions de Comités mais peuvent aussi se tenir ailleurs"

Ce sont les Unités de Vie et de Travails qui sont les coeurs centraux du pays et il en existe des milliers, car ce sont des petites unités de vie séparées : "Les Unités de Vie sont séparées des Unités de travail pour permettre la séparation de ces distincts temps."

AJOUT ANTIDATE : https://geokratos.com/?action=viewTopic&t=5720&p=0#m47790
6193
Lothar Nal Meliorus portait
Lothar Nal Meliorus, Grand Enquêteur en Charge du Paltoterra

En direct depuis un AWACS de la Garde communale, la figure rouge d'un jeune homme en uniforme excentrique apparaît, diffusée sur divers canaux officiels. Le moment a quelque chose de proprement historique, mais qui ne semble pas l'affecter plus que ça : il conserve un air calme, voir passablement ennuyé.

"Mesdames et messieurs, citoyens du monde et membres de chancelleries diverses, permettez-moi de me présenter.

Je suis le citoyen Lothar Nal Meliorus, capitaine-inquisiteur de l'Egide et Grand Enquêteur en Charge du Paltoterra au nom de la Magistrature. Mon rôle est, selon les accords acceptés par la Communaterra et conformément à l'ordre de mission émit par la Convention Générale kah-tanaise, de gérer la bonne tenue de l'enquête en Communaterra concernant la mise à mort de plusieurs milliers d'individus, soupçonnés d'insurrection par les instances gouvernementales locales.
"

Il toussote doucement puis penche légèrement la tête sur le côté.

"L'instance que je représente considère avec un certain étonnement la décision des médias prétendument libre de la Communaterra de relayer une information invérifiable quant au tir de batterie sol-air contre un hélicoptère de la Communaterra. Si une enquête rapide devra avoir lieu pour attester de la nature de ce tir et déterminer son origine, il m'a été spécifié que l'Union n'avait déployé aucune batterie sol-air sur le territoire de la Communaterra, l'aviation de la République ne représentant pas un danger existentiel pour mon escorte.

Je tiens d'ailleurs à souligner que si nous avions dû abattre un hélicoptère celui-là aurait été pris pour cible par un appareil de chasse. J’ai demandé aux citoyens de la garde de diffuser toutes les informations à leur disposition quant à la position des Ailes kah-tanaises et à leur éventuels tirs. Ces informations pourront être consultées par la presse et les experts internationaux s’ils le souhaitent, ils attestent que pour le moment aucune action offensive n’a été effectuée.

J'appelle par conséquent les médias communaterranos au calme : une enquête aura lieu si on laisse la Magistrature s'associer aux experts locaux pour assurer sa bonne conduite. Dans cet ordre d'idée je m'adresse aussi aux très nombreux pays s'étant vu proposer un droit de regard sur la menée de notre enquête au sein de la Communaterra : ce droit de regard est désormais étendu à la question du crash de cet hélicoptère.

Naturellement si les médias de la Communaterra, en accord avec les comités et leurs alliés Loduariens, venaient à provoquer un acte de guerre alors même que des conditions raisonnables avaient été trouvées pour mener l'enquête à bien, nous serions obligés de vous empêcher de nuire à la bonne conduite de cette enquête.

Nous communiquerons dès que possible sur la question de l’hélicoptère abattu. Une équipe d’experts plurinationaux ou issus d’instance internationales fiables et diverses pourrait certainement permettre d’établir rapidement les faits et, plus important, d'établir une vérité qui ne pourrait être niée sous des prétextes d'alignement politique : nous espérons que les comités comprendront la nature raisonnable de cette position et permettrons sa mise en place.

Si la responsabilité est kah-tanaise, une sanction s’imposera. Une sanction d'importance. S’il s’agit d’un accident de la part des communaterranos, ceux-là seront naturellement libres de traiter la question comme ils l’entendent.

Si, maintenant, il s’agit d’une manipulation dans la veine de ce que les régimes eurycommunistes peuvent parfois organiser pour maquiller leurs méfaits, nous seront forcés de considérer la question avec la Convention Nationale, laquelle pourrait juger utile d’acter le désarmement de la Communaterra. Nous espérons de tout cœur ne pas être forcés à de telles extrémités et rejoignons de fait l'appel du gouvernement communaterranos à protéger la paix, notre bien le plus précieux.
"

Pendant que les parachutistes kah-tanais déployés comme convenu dans divers postes clefs — réseaux de communication, centrales, villes — se préparaient à un éventuel contre-coup, les avions de chasse kah-tanais, qui rappelons-le à toute fin utile étaient escortés par plusieurs ravitailleurs — se préparaient à une escarmouche. Tout ceci semblait trop... Coordonné. On était à peu près sûr que cet hélicoptère n’avait pas été abattu par un avion de chasse. Rien n’allait dans ce sens. Ce qui signifiait que quelqu’un, en bas, avait appuyé sur le bouton rouge. Et que les médias du pays avaient immédiatement repris l’information. Un coup monté, maintenant on commençait à comprendre. Les synarchistes montraient leur vrai visage.

Pourtant on espérait encore pouvoir s’en tirer par le haut. Les forces du contingent zélandien restèrent à leur place, en état d’alerte mais attendant patiemment de savoir ce qui allait suivre. Les forces aériennes finissaient leur ronde autour de leurs ravitailleurs, pour les appareils qui en avaient besoin, et s’orientèrent afin de se préparer à un bombardement des pistes où s’étaient rassemblées les forces ennemies. Les avions de guerre électronique et radar, enfin, continuaient leur surveillance de toutes les communications radio et satellites dans la région, surveillaient les signes. Quelqu’un coordonnait ça : qui, d’où, à quelle fin.

Plus important, on décida de diffuser, sur toutes les ondes, un message du commandant en chef, de celui qui, au cas échéant, aurait ce bourbier à gérer.

"Ici le citoyen Cormac MacUalraig de la garde communale.

Citoyennes et citoyens, il semblerait que nous ayons un problème. Je ne sais pas ce qui prend à vos médias de nous chier dessus à ce point mais je vous invite à faire preuve d’un peu de jugeote : si nous avions dû frapper la Communaterra nous aurions rasés vos forces d'un coup sec, pas un pauvre appareil humanitaire agissant avec notre autorisation spécifique.

Nous devons dès maintenant établir des responsabilités parce que soit vous êtes tous dans le coup et vous ne valez pas mieux que des fascistes, soit on est en train de vous manipuler et votre révolution est dors-et-déjà un échec. Êtes-vous un peuple imbécile ou des citoyens ? Alors ! Votre politique a changé du tout au tout après des actes violents dont les échos sont arrivés jusqu’à Axis Mundis. Un coup d’État, si vous me permettez l’expression. J’ai la sensation qu’une clique essaie à nouveau de nous chanter une jolie chanson pour nous faire nous entre-tuer. Et le synarchisme c'est condamné par nos copains inquisiteurs. C'est même dans les traités que nos nations ont signés alors par pitié ne nous donnez pas une raison de vous tomber dessus.

Nous avons un accord de coopération. Appliquons-le et déterminons ensemble ce qui vient de se passer. Ne m’obligez pas donner des ordres qui nous feront à tous beaucoup de mal. Surtout pas sur un coup de sang. Surtout pas sur un truc que personne ne peut prouver à ce stade. On enquête, on déterminer qui a fait quoi, on s'entre-bute après si c'est absolument nécessaire. Mais chaque chose en son temps.

Laissez vous une chance de survivre.
"
1570
Le Commandant Roger Durette regarda les avions Kah-Tanais passer au loin depuis l'aérodrome de la base Loduarienne. Le son faisait vibrer les hangars, et les forces Loduariennes avaient été stoppés dans leur mouvements habituels : l'entretien des avions attendrait.
Le Commandant Roger avait beaucoup vu, dans sa vie. À vrai dire, il avait même trop vu, beaucoup trop vu.
Il faisait partie d'un escadron des forces spéciales Loduariennes, et avait été chargé de l'opération Loduarienne à Communaterra. Mais ce n'était pas sa première mission. Par le passé, il avait participé à deux guerres. La guerre civile Loduarienne, si violente en événements et en intensité, et la guerre au Kronos Afaréen. Une véritable débâcle, qui avait porté un coup sévère aux forces Loduariennes. Car le Kronos Afaréen avait été une véritable horreur à vivre, avec une intensité des combats bien supérieure à ceux de la guerre civile et un ennemi bien plus puissant et efficace. Un ennemi redoutable et meurtrier, qui laissait un très mauvais souvenir aux Loduariens. Du moins aux Loduariens qui avaient pu partir.
Et on en était arrivé à ce stade là. La guerre revenait, encore et toujours. Mais l'issue serait-elle la même ? La Loduarie avait remporté, il y a peu, de grandes victoires. Il ne servait à rien de tout gâcher.

Des ordres avaient étés donnés par Lyonnars, et ces ordres seraient suivis.

Communiqué militaire a écrit :Par les Forces Militaires Loduariennes à Communaterra,
Considérant la situation actuelle, les autorités militaires Loduariennes présentent à Communaterra demandent l'envoi immédiat d'une délégation Kah-Tanaise au sein des infrastructures contrôlés par les Forces Militaires Loduariennes à Communaterra dans les heures qui suivent pour parlementer.
Si cette demande viendrait à être refusée, les Forces Militaires Loduariennes agiront en conséquence.
3035
Le goût de l’impuissance

https://www.zupimages.net/up/24/13/hxp8.jpg

Le Pharois est un navire de guerre à la dérive où se disputent des milliers de capitaines.

Depuis des siècles peut-être, ce grand pays austère et libre avait été confronté à la difficulté de sa propre gouvernance. On parlait beaucoup de « cap » et de tenir la barre, mais on en parlait d’autant plus que toujours récalcitrant, ceux-ci vous échappaient des mains. Les déboires de syndicats de l’industrie de l’armement était le dernier accrochage en date de ce manque de vision partagé : l’affleurement dangereux de la coque pharoise avec l’iceberg. Pourtant les industries tournaient, le matériel sortait des usines et sans jamais ralentir venait nourrir la république pirate et ses alliés par procuration.
Simplement on découvrait que signer un contrat ici n’impliquait pas que toute la chaîne suivrait. A se décomposer comme une hydre, le Pharois venait de trébucher sur ses propres têtes. Pensant aider à sécuriser le Paltoterra contre les forces réactionnaires, la puissante faction communiste s’était portée garante de la Communaterra en dépit des grincements de dents. On lui avait livré des missiles et, à un prix fort intéressant, consentit à la laisser piocher dans les stocks vieillissants de l’armée de terre et de l’air. Tout aurait dû bien se passer, le communisme sorti renforcé, la position kah-tanaise consolidée, mais la flotte noire n’avait pas suivie.

Interception par Sylva puis ancre jetée au large des Îles Marquises, les syndicats de l’armement avaient beau produire, l’acheminement ne suivait pas. La faction pirate se rappelait aux communistes : en définitive, c’était elle qui tenait les affaires et elle n’avait pas pris le pouvoir sans prétention de s’en servir.

L’ex-ministre Sakari avait ainsi été fort occupé ces dernières semaines, alternant entre réunions avec les capitaines de la flotte noire, menaces à peine voilée de grève générale et de coups de fils avec le Kah dont on peinait un peu à comprendre la logique.
L’amitié kah-tano pharoise avait depuis longtemps des allures de Totem et quand bien même le Capitaine Mainio eut disparu, son ombre demeurait. Sakari avait été à bonne école, de celle qui joue au grand jeu et, paradoxalement, était de plus longue vue que les quelques « principes fondamentaux » énoncés par la piraterie lorsque cette dernière était arrivée aux affaires. Une vision du monde quelque peu passéiste, du point de vue du jeune homme, réactualisation vigoureuse mais sans ambition de la Nouvelle Doctrine : sécuriser, sanctuariser les mers du nord, et le reste du monde pouvait aller au diable. C’était ne pas vouloir voir que les intérêts du Pharois étaient mondiaux et que le désordre nécessaire à la piraterie impliquait un équilibre des puissances et des pouvoirs en dehors de l'Eurysie. Mais la flotte noire ne voulait plus d’opérations longues, refusait d'immobiliser ses navires et perdre de l'argent. Le Prodnov l’avait dégouté de l'Histoire.

Tant pis, la flotte noire pouvait aller au diable, et le Capitanat aussi. La Communaterra ne devait pas devenir un second Prodnov, la proximité du Kah avec les grandes puissances aleuciennes rendait la position d’Axis Mundi précaire et si les pirates semblaient s'en foutre, les communistes, eux, persistaient à se soucier du Paltoterra. Le Professeur Severi était d'accord et avait plaidé en ce sens au Liberalintern. Il y avait péril en la demeure, si le Kah exposait le flanc, la faction rouge se devait de se tenir prête à assurer ses arrières.
2041
Un soleil radieux se lève sur la capitale de pierre et de neurones de la République sociale fédérative de Translavya, Anslav. A son bureau, le président de la République, Pietr Vadovsky, relit, une, deux, trois fois les informations, les mouvements, les déclarations, les effectifs, ... tout ce qui pouvait concerner cette nouvelle guerre au Paltoterra, entre le Kah et l'ami de l'Humanité et de la Nature réconciliées, la Communaterra.
P.V. : 20, 12 000, 40, 2... des chiffres, des chiffres, des chiffres. Que des chiffres. Nous savons déjà qui a la masse. Pourquoi des chiffres ?
Petrov ! Oui allô. Tu es avec la Supra ? Ok. Viens, la République a besoin de toi haha.

Quelques dizaines de minutes plus tard
P.V. :Toma, vois-tu comme le monde va ?
T.P. : Oui
P.V. : Et comprends-tu pourquoi il va ainsi ?
T.P. : Non, mais je te rappelle que ces questions sans réponse sont de ton ressort
P.V. : Hahaha, oui. Au moins, tu vois ce que je vois, et c'est ce qui compte maintenant.
T.P. : Oui tu as raison. Mais alors, allons-nous réagir ?
P.V. : Il faut bien commencer quelque part. La république ne travaille pas, elle vit. Le travaille fait partie de la vie. Nous ne pouvons considérer que l'on travaille pour vivre : la vie est telle. Nous agissons pour vivre, quelque soit l'acte, boire, manger, dormir, labourer, faire fondre le fer, broyer la pierre. Tout ça, c'est vivre, pour vivre. Les vacances consistent à vivre autrement moins longtemps. Malheureuse est l'idée de vacances, car elle sont la preuve du labeur désagréable. Mais heureux est le labeur désagréable, car il mène toujours à son contraire. Nous ne supportons les choses qu'un moment, avant de les changer par la force de la vie. La force de la vie, là, doit agir.

Quelques secondes de silence s'écoulent. Les oiseaux arrêtent de chanter. Les nuages stagnent. Le vent se calme.
P.V. : Rassemble-les. La Patrie a besoin de nous.


Durant les heures qui suivirent, la Supra fut agitée. Les rassembler ? Est-ce vraiment là l'oeuvre de la Révolution ? Les rassembler serait une première. Mais il y a une première fois à tout... enfin, c'est ce que l'on pense. Et parfois, la première fait bien d'être la seule. Ou en tout cas la dernière à notre connaissance.
Elle l'approuve, encore, enfin.

Les haut-parleurs se branchent dans les rues des villes, dans les villes des Primautés, dans les Primautés de la République, dans la République de l'Humanité.

"Citoyens, Hommes parmi les Hommes,
Peuple translavique et révolutionnaire
Ils le demandent
Ils se rassemblent"

Il l'a clamé, ils sont en marche.

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381
Secret défense:
Rapport de l'A.O.M sur l'action n⁰2134



Attention, toute divulgation à une personne non autorisée sera jugée comme de la haute trahison est punis en conséquence en application de la loi miridienne.

1 Présentation de l'action

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2 Effectif de l'action
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Action autorisée par le ministère des armées, le haut commandement de l'A.O.M, sous initiative du ministère des affaires étrangères.


Vive la Patrie, Vive la République, Vive Miridian
3237
Les efforts déployés par les komunteranos pour exprimer leur hostilité vis-à-vis du Duché de Sylva étaient internationalement connus. Avaient donc été prises des mesures pour sécuriser le territoire quand, par missive, le Grand Kah indiquait un certain trouble dans ce turbulent voisin. Si la situation y était floue, le Duché avait mis en place un important dispositif de surveillance en réponse, simple mesure de prévention.

Le dispositif était complet et large, s'étendant de l'ouest du Duché aux eaux plus au sud, se relayant via les provinces en Paltoterra de Zélandia et Caratrad (principalement de ce dernier par ailleurs, étant membre du conseil militaire de l'OND). Une telle surface était couverte via la coordination des différents moyens du Duché : Il y avait les patrouilles locales en hélicoptères, à pied, vedettes et véhicules légers le long des routes et cours d'eau à l'intérieur du pays. Puis à plus grande échelle, opéraient de concert les deux avions radar et patrouilleurs du Duché. Les deux navires étaient qui plus est doublés de leurs hélicoptères embarqués, véritables vigies repoussant les limites du champ de vision des navires.

Si tant est qu'il passait par l'est du territoire des komunteranos ou par le Duché, un convoi aérien sera soumis à un important tissu de détection, dans lequel les unités aériennes, au sol et en mer, mettaient à profit leurs imposants radars.
Il en était de même du côté de la mer : que ce soit à bord des hélicoptères ou bâtiments de guerre, les radars scrutaient la surface et le ciel, et des bouées acoustiques étaient régulièrement déployées pour assurer le suivi d'éventuels sous-marins. Il est à noter qu'à faible profondeur le long des côtes, les sous-marins se retrouvaient généralement contraints à s'immerger relativement proche de la surface, assez pour généralement être détectables par optronique aérienne. Ajoutons à cela que les périscopes et antennes dépassant de l'eau (nécessaire pour communiquer autrement que par téléphone sous-marin, absolument indiscret face aux sonars, ou se repérer d'une autre façon que par des instruments acoustiques) étaient tout à fait détectables, visuellement comme au radar. La détection d'un sous-marin, aussi difficile soit elle, n'était dès lors pas impossible, parfois même relativement facile quand se dessinait une différence d'expertise et de sophistication des appareils employés.

Le Duché avait-il pour autant déclaré un blocus ? Non, les évènements étaient encore récents et une posture définitive n'avait pas été établie. Cette opération était pour autant considérée comme une nécessité en vue de l'actualité : Impossible de laisser se faire le moindre débordement, d'autant plus quand on avait affaire à un adversaire des plus incohérents.
Le personnel militaire avait malgré tout des directives très claires : ne pas laisser sortir ou entrer qui que ce soit d'autre que le Grand Kah chez les komunteranos, de tenue d'éviter une explosion de ce que l'on était encore incapable de qualifier pour le moment avec certitude, si ce n'est en se basant sur les déclarations guerrières (sans surprise) des représentants de chaque belligérant.

HRPLa temporalité étant complètement distordue vu que les évènements avancent sur deux rails différents, il n'est pas évident de clairement se repérer. Malgré tout, cette opération de surveillance s'est enclenché dès la missive kah-tanaise à direction du Duché. Je prend donc soin de la repréciser ici pour bien signifier que les côtes sont minutieusement surveillées sur tous les plans et qu'y passer implique de s'exposer aux unités sylvoises.
C'est aussi pour cette raison que le blocus n'est pas formellement déclaré, vu qu'il nécessiterait une avancée dans les évènements en cours.
7304
RÉSULTAT D'ARBITRAGE

Avions kahtanais s'extirpant in extremis d'un aérodrome communaterran en pleine explosion

20/01/2013

À la suite de l'accord passé entre le Grand Kah et la Communaterra, les premiers aéronefs kahtanais commencent à se poser dans les aérodromes du pays dont, quelques minutes encore auparavant, on annonçait l'invasion. À la sortie de leurs cockpits, les pilotes sont accueillis par une poignée de militaires communaterrans. Tremblants, ces derniers s'avancent d'un pas mal assuré vers les nouveaux arrivants, et leur tendent, en geste d'accueil, les mains les plus moites qu'ils n'avaient jamais serrées de toute leur vie. Il faut dire que le comité d'accueil avait de quoi être stressé, en recevant ces envahisseurs d'étrangers dans leurs installations quelques heures seulement après les avoir truffées d'explosifs. Les quantités employées étaient énormes, et si tout devait exploser prématurément, ils étaient certains d'y passer - et toute l'aviation kahtanaise avec, mais ça, ça faisait justement partie du plan.

Nombreux étaient les appareils qui devaient atterrir sur ces petits aérodromes perdus au milieu de la jungle communaterrane. Il fallait donc procéder avec discipline et organisation. Aussitôt posés, les premiers avions kahtanais s'efforçaient de dégager la piste d'atterrissage pour céder la place à leurs collègues. Le temps que tous se posent, ils avaient bien le temps de se dégourdir un peu les jambes en faisant le tour des installations. Après tout, n'étaient-ils pas, déjà, en terrain conquis ? Sous le regard méfiant de leurs homologues communaterrans, les pilotes se baladaient dans les aérodromes. Du moins, c'est qu'ils s'efforçaient d'avoir l'air de faire, car en réalité, l'attitude de leurs hôtes n'avait pas été sans éveiller leur suspicion.

« Mon Colonel, j'ai trouvé un truc bizarre par ici !

Les pilotes regardèrent leur officier supérieur s'éloigner pour aller jeter un œil vers la position de son subordonné.

- Mais... qu'est-ce que... bordel de merde...

- C'est bien ce que je pense, mon Colonel ?

- Ne faites rien de suspect, Lieutenant. Je vais faire semblant de continuer de me promener. Vous, vous allez rejoindre le cockpit de votre avion de transport, et informer sans plus tarder le commandement que les aérodromes ont vraisemblablement été piégés, c'est bien compris ?

- À vos ordres.

L'officier supérieur s'approcha tranquillement du reste de ses hommes attroupés sur le bord de la piste, jetant au hasard quelques coups d'œil à droite et à gauche, l'air de rien.

- Messieurs, quand je vous en donnerai le signal, vous courrez rejoindre vos appareils et vous décollerez.

- Pourquoi ça, Mon Colonel ? Il y a un problème ?

- Ne discutez pas...

Lançant un regard rapide vers les soldats communaterrans, il vit l'un d'entre eux parler brièvement dans un takie-walkie, avant de voir l'attroupement commencer à s'éloigner en direction de la jungle. Visiblement, ils cherchaient à quitter l'aérodrome. La situation commençait vraiment à puer...

- Retournez à vos appareils, maintenant !

- Mon Colonel ?

- MAINTENANT ! COUREZ !

Des explosions commençaient à retentir de part et d'autre de la piste d'atterrissage. Il eut à peine le temps de voir les Communaterrans disparaitre dans un torrent de flammes, au loin, quand son propre avion vola en éclat. Sans pouvoir prendre le temps de s'apitoyer sur son sort, l'officier eut la tête fauchée par un morceau de l'aile de son appareil. S'il n'avait pas été tué instantanément, il aurait espéré que son subordonné ait eu le temps de transmettre son message au reste de la flotte aérienne du Grand Kah - et il aurait eu raison. C'était bien grâce à lui que, malgré l'explosion prématurée de tous les aérodromes de Communaterra et sa propre disparition, la quasi totalité de l'armée de l'air kahtanaise avait pu être sauvée.

On ne pouvait pas en dire autant du Grand Enquêteur Lothar Nal Meliorus. Quelques minutes seulement après son entrée dans le commissariat communaterran, il avait été fait prisonnier par les forces spéciales locales. Au moment où l'aviation kahtanaise reprenait la route du territoire national pour effectuer son ravitaillement, il devait déjà se trouver très loin, caché dans dieu-sait-quelle planque perdue au fond de la jungle paltoterrane.


BILAN

Pertes communaterranes :
  • 100 mines navales lvl 3 (explosifs)
  • 1.500 mines antichars lvl 1 (explosifs)
  • 3.000 mines antipersonnelles lvl 3 (explosifs)
  • 35 soldats professionnels
  • L'ensemble des infrastructures aéroportuaires du pays est détruit ou lourdement endommagé, et rendu inutilisable

Pertes kahtanaises :
  • Grand Enquêteur Lothar Nal Meliorus (fait prisonnier par la Communaterra)
  • 2 avions de chasse lvl 9
  • 1 avion de chasse lvl 7
  • 2 chasseur-bombardiers lvl 3
  • 1 chasseur-bombardier lvl 4
  • 2 chasseur-bombardiers lvl 5
  • 1 avion de transport tactique lvl 5
  • 125 armes légères d'infanterie lvl 11
  • 15 mitrailleuses lourdes lvl 10
  • 10 lance-roquettes lvl 9
  • 10 lance-missiles antichars lvl 9
  • 10 soldats professionnels (pilotes)
  • 125 soldats professionnels (parachutistes)

NOTE ADMIN : PERTES À DÉCOMPTER


Explication de l'arbitrage
OPÉRATION DE SABOTAGE DES AÉRODROMES

Modificateurs favorable :
  • Grande quantité de matériel explosif mise en jeu
  • L'opération se déroule à domicile
  • Invasion lancée par le Kah sans grande préparation

Modificateurs défavorables :
  • Préparation tardive de l'opération (décrite après la déclaration d'invasion par le Grand Kah)
  • La réussite dépend de la bonne application des ordres par le personnel de nombreux sites (coordination à grande échelle nécessaire)
  • Grand nombre d'appareils kahtanais : leur atterrissage à tous prendra du temps

Taux de réussite estimé : 50%

Score = résultat du lancer de dé à 100 faces

0 - 24 : échec majeur - L'alerte est donnée du côté des Kahtanais qui s'aperçoivent de la supercherie. L'écrasante majorité des avions n'atterrissent même pas, et les autres redécollent avec des pertes très faibles. La Communaterra perd les hommes impliqués dans l'opération ainsi que l'intégralité de ses infrastructures aéroportuaires.
25 - 49 : échec mineur - Les Kahtanais parviennent à découvrir la supercherie, mais beaucoup de leurs avions ont déjà atterri. Les pertes kahtanaises sont modérées, mais la Communaterra n'est pas en mesure de capturer un seul aéronef. Elle perd cependant tous ses hommes et ses infrastructures aéroportuaires.
50 - 75 : réussite mineure - Le plan se déroule sans trop d'accrocs. Le Grand Kah perd une quantité modérée d'aéronefs, dont certains parviennent à redécoller, mais la Communaterra en capture également une partie. La Communaterra conserve ses hommes, mais perd toutes les installations aéroportuaires. Les avions capturés sont, pour l'heure, cloués au sol.
76 - 100 : réussite majeure - Le plan se déroule parfaitement. Le Kah perd une quantité considérable d'aéronefs, dont peu parviennent à s'échapper. La Communaterra en capture une part modérée. La Communaterra conserve ses hommes, mais perd toutes les installations aéroportuaires. Les avions capturés sont, pour l'heure, cloués au sol.


Échec majeur :
Avions kahtanais perdus : score * 0.5Échec mineur :
Avions kahtanais perdus : score * 0.75Succès mineur :
Avions kahtanais perdus : score
Avions kahtanais captués : score * 0.4
Succès majeur :
Avions kahtanais perdus : score * 1.5
Avions kahtanais capturés : score * 0.8

RÉSULTAT DU LANCER DE DÉS : 18 (effectué par la main innocente de Fonck)

EFFET : Avions kahtanais perdus = 18 * 0.5 = 9

OPÉRATION D'ENLEVEMENT DU GRAND ENQUÊTEUR

Modificateurs favorable :
  • Planification minutieuse et flexible

Modificateurs défavorables :
  • Préparation tardive de l'opération (décrite après la déclaration d'invasion par le Grand Kah)

Taux de réussite estimé : 60%

Score = résultat du lancer de dé à 100 faces

0 - 15 : échec majeur - La tentative de kidnapping du Grand Enquêteur échoue. L'hélicoptère transportant les forces spéciales communaterranes est abattu, et tout son équipage meurt. L'inquisiteur parvient à s'enfuir.
16 - 40: échec mineur - La tentative d'enlèvement échoue. Le bâtiment explose avec tous ses occupants. Le Grand Enquêteur est tué avec les agents communaterrans qui se trouvaient à l'intérieur.
41 - 70: réussite mineure - L'inquisiteur tente de s'enfuir du bâtiment avant qu'il explose. Il est tué quelques dizaines de mètres plus loin par les tireurs communaterrans embusqués.
71 - 100 : réussite majeure - L'Inquisiteur est capturé avec succès.

RÉSULTAT DU LANCER DE DÉS : 91 (effectué par la main innocente de Revenge)

EFFET : Enlèvement du Grand Enquêteur réussi sans aucune perte
18993
Chichement installé dans le ventre de son centre de commandement mobile, Cormac MacUalraig considérait les évènements.

Cent trente-cinq morts. Dans le grand ordre des choses, cela semblait faire peu, cent trente-cinq. L'Union comptait des centaines de milliers de soldats, et des millions d'hommes et femmes potentiellement prêts à prendre les armes. Les statistiques étaient formelles : si ce n'était pour des questions budgétaires, la Confédération serait un pays en arme. Pourtant c'était bien là. Cent trente cinq morts. La liste de nom s'étendait sous les yeux du kah-tanais.

Chevalier-sir Kenji Delacroix, Chevalier initié Emelia Nakamura, Chevalier Léon Cortés, Chevalier confirmé René Xochitl, Chevalier -sir Jiro Leblanc
Chevalier initié Carlos Matsushita, Chevalier Xitlic Tlaloc, Chevalier confirmé Alejandro Dupont, Chevalier Taro Navarro, Chevalier initié Louis Tezcatlipoca, Chevalier-sir Diego Yamamoto, Chevalier initié François Huitzilopochtli, Chevalier Akira Lefèvre, Chevalier confirmé Mateo Suzuki, Chevalier confirmé Yuki Blanchet, Chevalier initié Rafael Watanabe, Chevalier confirmé Olivier Montezuma, Chevalier confirmé Thierry Kagawa, Chevalier-sir Hiroshi Gérard, Chevalier initié Dante Kurosawa, Chevalier confirmé Alain Uchida, Chevalier initié Marc Quetzalcoatl, Chevalier Nobu Moreau, Chevalier confirmé Esteban Nakajima, Chevalier confirmé Luciano Tanaka, Chevalier initié Julien Amaru, Chevalier confirmé Hideki Bernard, Chevalier confirmé Solidad Akiyama, Chevalier Sébastien Fujimoto,


Il parcourait la liste, s'imposait une certaine concentration. Il voulait aller au bout. Les noms se suivaient.

Chevalier Michel Kobayashi, Chevalier initié Pierre Ixtli, Chevalier Joaquín Ishikawa, Chevalier confirmé Alice Moto, Chevalier-sir Louis Okamoto, Chevalier initié Christophe Marquez, Chevalier Jean Fujita, Chevalier confirmé Philippe Ortiz, Chevalier-sir Stéphane Miyamoto, Chevalier initié Nicolas Cortez, Chevalier Laurent Taniguchi, Chevalier confirmé Jacques Inoue, Chevalier-sir André Sato, Chevalier initié Pascal Vega, Chevalier Dominique Kato, Chevalier confirmé Marcio Shimizu, Chevalier-sir François Caro, Chevalier initié Étienne Saito, Chevalier Patrice Torres, Chevalier confirmé Daniel Abe, Chevalier-sir Rémy Hirano, Chevalier initié Bruno Salazar, Chevalier Mathieu Nakano, Chevalier confirmé Jérôme Castillo, Chevalier-sir Xavier Fujimori, Chevalier initié Didier Sánchez, Chevalier Cyril Takahashi, Chevalier confirmé Loïc Romero, Chevalier-sir Yves Nishimura, Chevalier initié Arnaud Ponce, Chevalier Gérard Ueda, Chevalier confirmé Fabrice Delgado, Chevalier-sir Henri Yamada, Chevalier initié Luc Montoya, Chevalier Éric Miyazaki, Chevalier confirmé Olivier Ruiz, Chevalier-sir Denis Fujita, Chevalier initié Gaël Morales, Chevalier Frédéric Nakamura, Chevalier confirmé Sylvain Hernández, Chevalier-sir Christophe Matsumoto, Chevalier initié Vincent Alvarez, Chevalier Samuel Takayama ,Chevalier confirmé Yann Garcia, Chevalier-sir Julien Sasaki ,Chevalier initié Alexandre Espinoza, Chevalier Antoine Yoshida ,Chevalier confirmé Romain Navarrete, Chevalier-sir Sébastien Iniesta , Chevalier initié Thierry Fujisaki...

C'était absurde, bien entendu. Et il le savait très bien. Aucun de ces soldats ne représentait une donnée stratégique, ni même tactique. Ils étaient morts, disparu, utilisés au même titre qu'une munition tirée. Leur existence même réduite à une notion éminemment logistique.

Chevalier Elie Tamayo, Chevalier confirmé Laurent Miyake, Chevalier-sir Gilles Takada, Chevalier initié Emmanuel Mendoza, Chevalier Jérôme Ito, Chevalier confirmé Patrick Aguilar, Chevalier-sir David Shimada, Chevalier initié Maxime Vega, Chevalier Nicolas Suzuki, Chevalier confirmé Fabien Ortiz, Chevalier-sir Jeanne Kojima, Chevalier initié Raphaël Cortés, Chevalier Bertrand Nakashima, Chevalier confirmé Marlune Fernandez, Chevalier-sir Marc Yamashita, Chevalier initié Georges Serrano, Chevalier Olivier Kitagawa, Chevalier confirmé Christian Ramos, Chevalier-sir Pierre Takahiro, Chevalier initié Michel Valdez, Chevalier Jean-Luc Nishida, Chevalier confirmé Philippe Mora, Chevalier-sir Richard Okada, Chevalier initié Bruno Vasquez, Chevalier Vincent Harad, Chevalier confirmé Frédéric Del Toro, Chevalier-sir Paul Noguchi, Chevalier initié Alexis Dominguez, Chevalier Thomas Ishida, Chevalier confirmé Guillaume Vega, Chevalier-sir Maxime Fujimoto, Chevalier initié Stéphane Pineda, Chevalier Damien Nakajima, Chevalier confirmé Laurent Sato, Chevalier-sir Éric Montes, Chevalier initié Julien Takano, Chevalier Christophe Nishimura, Chevalier confirmé Pierre-Louis Romero, Chevalier-sir Nicolas Fujita, Chevalier initié Benjamin Ortiz, Chevalier Jean-François Takashi, Chevalier confirmé Alexandre Delgado, Chevalier-sir Yannick Yamaguchi, Chevalier initié Guillaume Montoya, Chevalier Tristan Nakayama, Chevalier confirmé Vincent Ruiz, Chevalier-sir Alive Fujita, Chevalier initié François Morales, Chevalier Romain Nakamura, Chevalier confirmé Yves Hernández, Chevalier-sir Julien Matsumoto, Chevalier initié Antoine Alvarez, Chevalier Baptiste Takayama, Chevalier confirmé Lucas Garcia, Chevalier-sir Jérôme Sasaki, Chevalier initié Samuel Espinoza, Chevalier Maxime Yoshida, Chevalier confirmé Benjamin Navarrete, Chevalier-sir Fabrice Iniesta, Chevalier initié Gilles Fujisaki, Chevalier Laurent Tamayo, Chevalier confirmé Emmanuel Miyake, Chevalier-sir Patrick Takada, Chevalier initié David Mendoza, Chevalier Maxime Ito, Chevalier confirmé Nicolas Aguilar, Chevalier-sir Jean-Pierre Shimada, Chevalier initié Raphaël Vega, Chevalier Bertrand Suzuki, Chevalier confirmé Marc Ortiz, Chevalier-sir Georges Kojima, Chevalier initié Olivier Cortés, Chevalier Christian Nakashima, Chevalier confirmé Pierre Serrano, Chevalier-sir Michel Kitagawa, Chevalier initié Jean-Luc Ramos, Chevalier Richard Takahiro, Chevalier confirmé Vincent Valdez

Avait-il seulement connu, vraiment connu, autant de gens qu’il y avait de nom dans cette liste ? La question pouvait se poser. Le chiffre semblait bas. Cent trente. A condition d’habiter suffisamment longtemps dans une même ville, pour un peu d’y être actif, d’y faire des choses, on finissait par rencontrer des gens, qui nous faisaient rencontrer des gens. Au final cette foule d’individu finissaient par créer une petite communauté de liens humains, lesquels pouvaient prendre une certaine ampleur. Il fixait la liste. Elle était petite, mais avait sa propre ampleur.

Chevalier-sir Paul Nishida, Chevalier initié Thomas Mora, Chevalier Guillaume Okada, Chevalier confirmé Maxime Vasquez, Chevalier-sir Stéphane Harada, Chevalier initié Damien Del Toro, Chevalier Laurent Noguchi, Chevalier confirmé Éric Dominguez, Chevalier-sir Julien Ishida, Chevalier initié Christophe Vega, Chevalier Pierre-Louis Fujimoto, Chevalier confirmé Nicolas Pineda, Chevalier-sir Benjamin Nakajima, Chevalier initié Jean-François Sato, Chevalier Alexandre Montes, Chevalier confirmé Yannick Takano, Chevalier-sir Guillaume Nishimura, Chevalier initié Tristan Romero, Chevalier Vincent Fujita, Chevalier confirmé François Ortiz, Chevalier-sir Baptiste Takashi, Chevalier initié Lucas Yamaguchi, Chevalier Jérôme Montoya, Chevalier confirmé Samuel Nakayama, Chevalier-sir Maxime Ruiz, Chevalier initié Fabrice Morales, Chevalier Emmanuel Nakamura, Chevalier confirmé Patrick Hernández, Chevalier-sir David Matsumoto, Chevalier initié Raphaël Alvarez, Chevalier Bertrand Takayama, Chevalier confirmé Georges Garcia, Chevalier-sir Olivier Sasaki, Chevalier initié Jean-Luc Espinoza, Chevalier Richard Yoshida, Chevalier confirmé Vincent Navarrete, Chevalier-sir Paul Iniesta, Chevalier initié Thomas Fujisaki, Chevalier Guillaume Tamayo, Chevalier confirmé Maxime Miyake, Chevalier-sir Stéphane Takada, Chevalier initié Damien Mendoza, Chevalier Laurent Ito, Chevalier confirmé Éric Aguilar, Chevalier-sir Julien Shimada, Chevalier initié Christophe Vega, Chevalier Pierre-Louis Suzuki, Chevalier confirmé Nicolas Ortiz, Chevalier-sir Benjamin Kojima, Chevalier initié Jean-François Cortés, Chevalier Alexandre Nakashima

La quantité finissait par effacer l’humanité : restait des noms, des données statistiques. Au final cela arrivait si vite, c’en était effrayant. On pourrait tuer des milliers, des millions, et tout changer au nom. L’histoire personnelle, le ressenti, l’émotion, le passif que cachaient ces noms, tout cela disparaissait sous quelques caractères d’impression sur une feuille. Grade, nom, prénom. Suivant. On pouvait très bien ignorer qu’il y avait eu une chair avant d’avoir de l’ancre. Que quelque part au sol, sur la terre de se pays maudit, se trouvaient les corps carbonisés, concassés, broyés par la chaleur et les éclats, d’hommes et femmes. Vingt, trente ans d’histoire personnelle qui avaient amenés à cet instant présent : terminus, tout le monde descend, vous autres ne verrez pas l’aboutissement des choses. Votre arc s’arrête ici.

Chevalier confirmé Yaël Serrana, Chevalier-sir Guillaume Kitagawa, Chevalier initié Tristana Ramos, Chevalier Vincent Takahiro, Chevalier confirmé François Valdez, Chevalier-sir Baptiste Nishida, Chevalier initié Lucas Mora, Chevalier Jérôme Okada, Chevalier confirmé Samuel Vasquez, Chevalier-sir Maxime Harada, Chevalier initié Fabrice Del Toro, Chevalier Emmanuel Noguchi, Chevalier confirmé Patrick Dominguez, Chevalier-sir David Ishida, Chevalier initié Raphaël Vega, Chevalier Bertrand Fujimoto, Chevalier confirmé Georges Pineda, Chevalier-sir Olivier Nakajima, Chevalier initié Jean-Luc Sato, Chevalier Richard Montes, Chevalier confirmé Vincent Takano, Chevalier-sir Paul Nishimura, Chevalier initié Thomas Romero, Chevalier Guillaume Fujita, Chevalier confirmé Maxime Ortiz, Chevalier-sir Stéphane Takashi, Chevalier initié Damien Yamaguchi, Chevalier Tixlit Montoya, Chevalier confirmé Éric Nakayama, Chevalier-sir Julien Ruiz, Chevalier initié Christophe Morales, Chevalier Pierre-Louis Nakamura, Chevalier confirmé Nicolas Hernández, Chevalier-sir Benjamin Matsumoto, Chevalier initié Jean-François Alvarez, Chevalier Alexandre Takayama, Chevalier confirmé Yannick Garcia, Chevalier-sir Guillaume Sasaki, Chevalier initié Itzel Espinoza, Chevalier Vincent Yoshida, Chevalier confirmé François Navarrete, Chevalier-sir Baptiste Iniesta, Chevalier initié Lucas Fujisaki, Chevalier Jérôme Tamayo, Chevalier confirmé Samuel Miyake, Chevalier-sir Maxime Takada, Chevalier initié Fabrice Mendoza, Chevalier Emmanuel Ito, Chevalier confirmé Patrick Aguilar, Chevalier-sir David Shimada, Chevalier initié Raphaël Vega, Chevalier Elizabeth Mikami, Chevalier initié Enrique Moritae...

« Comment s’appelait-il ? demanda-t-il enfin à l'adresse de son aide de camp. Ce dernier secoua la tête.
Je vous demande pardon ?
Celui qui a fait passer le message. »

Il tendit la liste en direction du soldat, comme si ce dernier allait pouvoir pointer un nom dans la longue énumération des victimes Comme si l'encre allait s'éclairer, que quelque chose d'évident allait se mettre en place. L'aide de camp considéra les noms. C'était inutile, il le savait très bien d'ailleurs. Les noms se ressemblaient tous. Il ne pouvait pas simplement le retrouver. Et à quelle fin ? C'était un nom dans une liste. Le pointer du doigt, l'énoncer, cela revenait au même. Troublé, le militaire prit quelques instants à reprendre contenance et à chercher dans sa mémoire le nom du pilote qui avait empêché le drame.

« Patrick Takada. C'était un chevalier-sir il me semble. »

S'il ne s'attendait pas à grand-chose, Cormac fut déçu de constater que le nom n'avait pas de qualité particulière. L'entendre ne lui faisait rien. Les syllabes résonnaient, inanimées, contre la taule du bureau, puis mourraient à leur tour. Elles n'avaient aucun sens.

Mais c'est logique, pensa-t-il. Les héros se créent à après coup. Des millions de kah-tanais entendraient son nom, l'associeront à quelque chose. Quelque chose de fort, de puissant. Pour moi ce n'est qu'un nom dans une liste. Et à cause de qui ?

Quelque chose changea dans son regard et dans sa posture. Il posa les fiches sur son bureau et se passa une main sur le visage, congédiant l’aide de camp de l’autre. Le garde fit claquer ses talons avant de quitter le petit bureau d'un pas décidé. Il travaillait avec le lieutenant-colonel depuis ses années dans la jungle et avait développé une formidable capacité de silence, formidable en ça que Cormac appréciait la compagnie des humains, mais appréciait ceux-là quand ils ne parlaient pas inutilement. Son aide de camp faisait en sorte de garder pour lui tout ce qui n'était pas utile ou essentiel, et considérait ainsi qu'il valait mieux, de manière générale, ne pas adresser la parole à son supérieur si ce dernier ne donnait pas de signes évidents qu'il le permettait. Pas qu'il se mettrait en colère, mais ça serait comme le décevoir.

En tout cas et sans être en colère, Cormac n’était pas d’excellente humeur : c’était peu de le dire. Il venait de perdre en un jour ce que des années de lutte contre les guérillas de la jungle lui avaient arrachées à grand peine.

Perdre. Terme inadapté. On était toujours trahit par la sémantique : les mots manquaient systématiquement à leur devoir. En vérité il n’avait rien perdu du tout. Il avait sacrifié des hommes à un espoir stupide, d’autant plus stupide que cet espoir n’était pas le sien mais celui de la convention générale. L'espoir de s'en tirer par le haut, de signer un accord avec la Communaterra, éviter au maximum de faire appel à la violence.

Pour quel résultat ? On était passé à deux doigts de la catastrophe. Les kah-tanais brillaient souvent par leur chance et leur réactivité. Ce Patrick Takada n’avait pas fait honte à ses ancêtres. Tout de même, tout cela était de la faute de celles et ceux qui pensaient à la fois devoir contenir la menace communaterranos, et qu’on pouvait du reste l’intimider et lui faire confiance. Lui n’aurait pas accepté que l’on se pose, que l’on signe cet accord. Pas avant d’avoir fait couler le sang de l’animal, pas avant de l’avoir humilié.

Oh c’était la guerre. Maintenant au moins on allait pouvoir assumer le mot. Mais cela ne changeait rien à la triste vérité. La liste des noms. Et au-delà de ça, il savait certes qu’il y aurait eu des morts, et qu’il y allait en avoir d’autres. Ce n’était ni le nombre, ni même la bêtise de l’évènement qui le laissait pensif. C’était plutôt une question de symbole. Qu’est-ce qu’on allait pouvoir tirer d’un pays qui signait des traités de paix en préambule d’un piège ? Cette nation ne pourrait pas continuer d’exister. Il y avait fort à parier que les comités eux-mêmes étaient en état de choc face à ce qui venait de se passer. Il avait étudié, le pays, observé les réactions à deux niveaux et en plusieurs temps, celles de l’armée et du peuple, de la politique et des institutions, des régions et de leurs oppositions. Il y avait là tout un écosystème qui avait observé, abasourdi, le piège se déclencher sur le Grand Kah, sans le tuer. Maintenant le Grand Kah était blessé, sinon dans sa chair, au moins dans son image. Elle serait marquée longtemps, celle de cette armée qui croyait aux traités, aux fictions juridiques. La paix ? Les traités ? Qui pouvait seulement y apporter le moindre crédit. Seul le sang huile les rouages de l’Histoire. Le Sang des sacrifiés. Ceux de la Garde, ceux de ses futures proies. Futures ? Non. Elles étaient déjà là. Il y avait tout un pays qui allait se faire happer dans un tourbillon de violence tel, tel, tel… Et il en serait l’exécutant. Moins par plaisir que par nécessité. Il était de toute façon homme d’efficacité : la cruauté n’était pas dans son vocabulaire : il agissait mécaniquement, comme une machine, répondant aux problèmes qui se dressaient face à lui avec la mécanicité industrielle attendue d’un homme de son rang . Sans perdre en flexibilité, il gardait en tête tous ses devoirs, et ne devenait, jamais, l’animal violent qu’on aimait pourtant voir en lui. Cormac des jungles, le lieutenant MacUalraig, celui qui tue les insurrections.

Soudain un autre élément lui revint en mémoire. Quelque chose qui ne dépendait pas entièrement de sa juridiction, mais allait tout de même avoir un impact sur l’ensemble de l’opération. Il grogna et activa l’interphone situé à l’angle de son bureau.

« Ici MacUalraig à la passerelle. L’Inquisitrice est là ?
Ici passerelle à MacUalraig, l’agente Mauve de l’Égide est bien présente, » confirma l’officier de communication d’un ton qui laissait clairement entendre qu’elle devait se trouver juste derrière lui, et avait probablement entendu le lieutenant-colonel employer le petit surnom dérogatoire donné aux membres de la Magistrature. Pas que le lieutenant en eut quoi que ce soit à faire: c’était une chose qu’il avait expliquée à Lother aux premiers jours de leur courte coopération. Il respectait énormément l’Égide et la laisserait faire son travail. Cependant celle-là devait faire son possible pour se faire oublier entre les moments où elle était appelée à s’activer. Il ne voulait pas d’enquêteurs dans ses pattes.

« Passerelle, vous pouvez me l’envoyer si elle est disponible.
Reçu citoyen. Ce sera tout ?
Ce sera tout. MacUalraig, terminé. »

L’enquêtrice Mauve était arrivée assez rapidement, accompagnée d’un soldat qui avait disposé un service à thé sur le bureau avant de s’éclipser poliment. Cormac n’avait pas demandé à boire, aussi supposait-il que son invitée s’en était occupée. Elle avait eut bien raison, jugea-t-il.

Après quelques secondes de silence passé à servir le thé, le humer, en boire une gorgée, l’enquêtrice prit enfin la parole. Elle ne ressemblait pas à Lothar dot le calme réfléchit et le maquillage extravaguant auraient sans doute juré avec cette femme à l’œil fou, très animée, au sourire énigmatique et au teint maladif. Sa jambe gauche, nota Cormac, battait une mesure arythmique mais régulière.

« La mort de Lothar Nal Meliorus nous attriste tous énormément, soupira-t-elle.
La disparition du Grand Enquêteur, corrigea-t-il, vous mets à sa place, si on s’en tient à l’ordre de succession. Que ne remettra sans doute pas en compte le comité de l’Égide. Vous aviez tout son soutien de ce qu’on m’a dit.
C’est vrai. Mais cela ne me fait pas plaisir pour autant.
Sauf que ça, à la limite, je m’en fous. »

Il fit un geste de main, comme s’il expédiait son bon plaisir à la corbeille. Mauve eut l’air amusée et acquiesça avant de reprendre une gorgée de thé. Cormac avait encore du mal à la jauger. De toute façon il n’avait pas besoin de l’apprécier — ou au contraire de la haïr — pour pouvoir travailler de concert avec elle. Il avait juste besoin de savoir si elle était ou non capable de gérer l’enquêter qui se profilait et, éventuellement, les prémices d’une administration d’occupation. La communaterra avait scellée son sort, concernant cet aspect.

« Que recommande la Magistrature pour Lothar.
Vous savez sans doute que nous abandonnons jusqu’à notre identité quand nous arrivons dans les plus hautes sphères de notre ordre.
Votre administration a ses rituels, ouais. C’est pour éviter toute tentation de corruption, je suppose ?
C’est aussi une forme de tri. Elle ricana et baissa les yeux vers sa tasse, dans laquelle elle agitait désormais une petite cuillère. Après quelques secondes où les mots laissèrent place au raclement de l’argenterie contre la porcelaine, elle releva les yeux vers son interlocuteur et lui sourit de toutes ses dents. Lui avait décidé qu’elle était excentrique, et qu’il devait donc lui accorder plus de patience qu’avec une personne normale.

« Une forme de tri car pour accepter de tout laisser derrière soi il faut un certain état d’esprit. Je ne sais pas comment ça fonctionne, sociologiquement. Peut-être que c’est pour ça que l’Égide est un ordre, et a ses rituels, comme vous dites. Pour maintenir l’aspect religieux nécessaire à créer le bon état d’esprit. Nous ne nous vivons pas comme des flics ou des administrateurs mais comme les dépositaires d’une tradition ancienne, belle, importante. Qu’en pensez-vous ?
Je pense au Grand Inquisiteur et à sa situation.
Il a probablement explosé avec le Commissariat.
Détruire un tel symbole pour un homme ?
Un symbole pour un symbole. Le Grand Enquêteur était le visage de l’Union ici... Sans vous manquer de respect ! »

Il secoua la tête.

« Je tiens pas devenir le visage de cette guerre. Si vous voulez vous amuser...
— Je ne crois pas que ça soit mon rôle. 
»

L’enquêtrice fit un geste vers son visage et sourit de plus belle. L’espace d’un instant, sa jambe cessa de s’agiter. Elle semblait très consciente de sa propre situation, nota Cormac, révisant légèrement son jugement à son sujet. Il se permit tout de même d’insister.

« Et si le Grand Enquêteur est vivant ?
Ils nous le feront savoir. Ils voudront sans doute l’instrumentaliser. Quelle sera la politique de la garde à ce sujet ? 
Bah ! »

Il secoua la tête.

« Pas de paix s’ils ne libèrent pas l’otage. Pas de cessez-le-feu tant qu’il n’est pas libéré. Pas la moindre concession tant qu’il n’est pas en sécurité.
Et s’ils refusent ? S’ils le tuent ? »

Mauve avait énoncée cette possibilité avec une légèreté qui avait de quoi surprendre. Le sort de son collègue ne l’intéressait pas du tout, sinon comme objet d’étude politique, strictement théorique. Cormac haussa un sourcil, lentement, et considéra la question. Après s’être donné le temps de la réflexion, son visage exprima quelque chose de froid, de calculé : il avait trouvé une solution qui le satisfaisait.

« S’il meurt il ne peut pas être libéré. Il ne peut donc pas y avoir de paix ou de cessez-le-feu.
Une guerre totale pour un seul homme ? »

La perspective semblait la laisser rêveuse. Cormac se redressa dans sa chaise, et posa une main sur la liste des noms.

« Pour cent trente-cinq, enquêtrice. ».
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"Cette action prouve une bonne fois pour toutes que nous ne faisons pas face à un pays, ou même à une nation, mais bien à une bande de radicaux ayant abandonnés les objectifs matérialistes de la révolution pour leur préférer des principes que je qualifierai de suicidaires."
- Meredith, 23 Janvier 2013


Réaction mesurée des kah-tanais


L'opération kah-tanaise, initiée le mardi 22 janvier 2013, était maintenant vieille de plus de cinq mois. L'explosion catastrophique des aérodromes militaires de la Communaterra et l'arrêt brutal des négociations de paix avaient données suite à une stratégie au long cours, que les kah-tanais avaient exécutés sans passion, méthodiquement, certains de leur capacité à aller au bout de ce que certains radicaux qualifiaient maintenant de vengeance et que les modérés qualifiés plus prosaïquement de guerre.

Nous étions maintenant le dimanche 30 juin 2013, 159 jours plus tard. La guerre s'était mise en place.

Repenser le plan d’attaque

Les officiers et stratèges du Directoire de la Garde Communale kah-tanais ont commencés à réfléchir à la question d’une intervention militaire près de cinq mois avant le début de l’intervention kah-tanaise en Communaterra plus de deux mois (66 jours) avant le déclenchement de l’opération en Communaterra, lors du déploiement de forces armées sur le sol des communes zélandiennes. Ces opérations d’ampleur très intermédiaire étaient avant tout pensées comme une manœuvre d’intimidation à destination d’un pays jugé faible et dont on estimait la population et le gouvernement insuffisamment préparé à la possibilité d’une guerre. Les évènements du 22 janvier ont poussé le Directoire à reconsidérer la situation et à considérer plus sérieusement le fanatisme des forces ennemies. S’il est impossible de déterminer à quel point cette position jusqu’au-boutiste est celle des comités ou celle de l’armée, réputée plus fanatique que les émanations de la société civile, leur simple existence permet d’une part la mobilisation plus importante des citoyens kah-tanais autour d’une intervention plus importante, et justifie par la même le déploiement de moyens militaires plus importants.

Dans le même ordre d’idée, une évolution sémantique a eut lieu au sein de la Convention Générale, où les termes gouvernement et pays ne sont désormais plus utilisés pour désigner la Communaterra, qui est désormais considérée comme un pur mouvement terroristes. Cette guerre oppose donc le Grand Kah à un mouvement dangereux et aux objectifs considérés, par définition, comme parfaitement illégitimes. Les efforts kamikazes de la Communaterra a par ailleurs ouvert le débat sur la question des moyens que pourrait mettre en œuvre son armée pour organiser sa défense : la question de l’emploi d’armes chimiques (comme dans certaines guérillas Aleuciennes soutenues par la Communaterra) pousse nécessairement à une certaine prudence et à une reconfiguration des effectifs déployés sur le sol du pays ciblé.

Un test grandeur nature pour l’armée kah-tanaise :

Sur demande du citoyen Aquilon Mayhuasca, les méthodes développées lors des exercices interarmes, notamment dans le golfe des empires mais aussi sur un terrain d’entraînement amphibie au Nazum, ont été adaptées pour répondre aux nouvelles hypothèses de la guerre « stabilisatrice moderne », c’est à dire une guerre contre insurrectionnelle multi-axiale conceptualisant une plus grande intégration des branches de la garde communale kah-tanaise, soit son armée de terre, de l’air, sa marine et ses forces spéciales et paramilitaires. Malgré leur grande efficacité individuelles ces corps sont réputés pour travailler de façon relativement détachée du fait de leur déploiement jusque-là limité à des cas spécifiques n’imposant par une coordination particulière. Le général Alt Mikami, architecte de la reconstruction de la Garde Communale a ainsi été nommé à la tête d’un comité spécial participant à la réorganisation partielle de l’état-major à des fins de plus grande efficacité opérationnelle.

Sur le plan diplomatique, important dans le cadre de ce conflit multi axiale qui ne tarderait pas à devenir asymétrique selon la plupart des observateurs en présence, il fut décidé de surfer sur la réputation violente de la Communaterra et d’appuyer médiatiquement sur le caractère kamikaze de leur opération suicide et, plus important encore, sur le traité de paix qui avait été signé quelques instants seulement avant son déclenchement. Pendant ce temps, le lieutenant-colonel Cormac MacUalraig fut chargé d’identifier les principaux objectifs de guerre et d’assigner les moyens nécessaires à leur accomplissement. On note ainsi :

  • L’occupation du territoire.
  • La traque et la capture ou l’élimination des principaux dignitaires et chefs d’opinion radicaux.
  • L’identification et la capture des centres de production militaire.
  • La traque et la destruction de tout stock d’armes traditionnelles ou de destruction massive.

Cette phase préparatoire donna lieu à un plan divisé en différentes phases d’intervention.

Phase 1 : préparation
Cette phase de 60 jours a pour objectif de permettre une intervention efficace sur le sol de la Communaterra.

  •  Le Cabinet Noir et les forces spéciales kah-tanaises doivent ainsi localiser la position de sites d’importance stratégiques à l’aide de drones et d’incursions de reconnaissance en hélicoptères, mener des sabotages réguliers visant à désorganiser le dispositif gouvernemental et militaire communaterranos, et organiser du reste la future transition politique avec l’aide de comités sympathisants ou de ressortissants pro-paix.
  •  D’importants efforts doivent être mis en œuvre pour préparer une véritable base arrière, c’est-à-dire stocker les ressources utiles à la menée d’une guerre longue : médicaments, essence, munitions, vaccins, etc, dans des sites clefs au Grand Kah ou au sein de Zélandia.
  • Le survol du pays par des appareils de guerre électronique, le bombardement des sites militaires identifiés, des dépôts d’armes, des ports militaires, doit permettre d’affaiblir la Communaterra en vue d’une invasion au sol.
  • Le blocus total de la Communaterra doit être organisé par la flotte Eurysienne de l’Union, laquelle doit bombarder les docks militaires et obtenir la reddition des villes côtières ou se préparer à soutenir un assaut amphibie d’ampleur.

Phase 2 : organiser l'espace de bataille et attaquer le régime
Cette phase peut être menée une fois un degré satisfaisant de préparation des troupes atteint. Il s’agit du début des opérations de combat conventionnelles, déployées selon une logique tri-axiale avec assaut amphibie, le plan Atlahua, assaut aérien, le plan Ehecatl et assaut terrestre, le plan Mixcoatl.

Les objectifs de cette phase sont :

  • S’emparer des zones clefs et provoquer un effondrement du dispositif de commandement militaire ennemi.
  • Poursuivre la recherche des dignitaires du régime et l’enquête sur la potentielle présence d’armes chimiques ou bactériologiaues.
  • La destruction de toute défense anti-aérienne et l’élimination de tout contingent étrangers.
  • Sécuriser ou construire des axs routis allant de l’Est à l’Ouest du pays afin de commencer à organiser la mise en place d’un gouvernement de transition.

Cette phase d’incursion, pouvant durer de 15 à 90 jours, selon les planificateurs kah-tanais, est censée mettre un terme à la phase conventionnelle du conflit par un écrasement brutal du dispositif ennemi.

Phase 3 : mettre un terme à la guerre conventionnelle et organiser la transition.
Une fois la capitulation ou l’anéantissement de l’armée ennemie obtenue, la neutralisation du régime des comités – soit par l’élimination ou la capture des leaders, soit par la signature d’un nouveau traité de paix – une importante force de sécurité civile doit être déployée depuis le Grand Kah afin de prendre la relève des forces d’assaut.

  • Il conviendra dès-lors d’identifier les derniers foyers de résistance pour les anéantir
  • Organiser l’isolement et la défense des sites urbains les plus importants afin de rétablir une situation de vie normale pour les citoyens et saper les soutiens des forces armées.
  •  Maintenir une présence de forces spéciales sur place afin de mener des frappes contre les cibles ennemies et de continuer la recherche et l’élimination de cibles dangereuses ou stratégiques.
  • Organisation du transfert des leaders locaux afin de les juger à lac-Rouge.


Armée de l'air kah-tanaises (Atlahua) :


  • 26 Avion de chasse Niveau 9
  • 16 Avion de chasse Niveau 7

  • 28 Chasseur-bombardier Niveau 3
  • 21 Chasseur-bombardier Niveau 4
  • 40 Chasseur-bombardier Niveau 5
  • 12 Chasseur-bombardier Niveau 6

  • 1 Avion radar (AWACS) Niveau 2
  • 1 Avion radar (AWACS) Niveau 4

  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 3
  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 5
  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 7
  • 1 Avion de guerre électronique Niveau 8

  • 2 Avion ravitailleur Niveau 4
  • 1 Avion ravitailleur Niveau 6

  • 19 Avion de transport tactique Niveau 5
  • 5 Avion de transport tactique Niveau 6
  • 1 avion de transport tactique Niveau 8

  • 3 Appareil de transport hybride Niveau 1
  • 1 Appareil de transport hybride Niveau 2

  • 10 Bombardier stratégique Niveau 2

  • 12 Drone de reconnaissance Niveau 1
  • 4 Drone de reconnaissance Niveau 3

  • 3750 Soldats professionnels (parachutistes)
  • 3750 armes légères Niveau 11
  • 500 Mitrailleuse lourde Niveau 10
  • 200 Lance-roquettes Niveau 9
  • 200 Lance-missiles antichar Niveau 9

  • Plus ce qu'il faut en pilotes en soldats professionnels.

Armée de terre kah-tanaises (passant par Zelandia, Mixcoatl) :

  • 30 Véhicule blindé léger Niveau 5
  • 20 Transport de troupes blindé Niveau 6
  • 100 Camion de transport Niveau 6

  • 10 Véhicule de combat d'infanterie Niveau 7
  • 20 Char léger Niveau 4
  • 20 Lance-missiles antiaérien mobile Niveau 5

  • 40 Camion-citerne Niveau 3
  • 1 Bulldozer Niveau 1
  • 2 Pont mobile Niveau 4
  • 2 Char de dépannage Niveau 4

  • 2 Véhicule de transmission radio Niveau 8
  • 2 Véhicule de transmission radio Niveau 9

  • 2 Véhicule radar Niveau 8
  • 4 Véhicule radar Niveau 9

  • 5 Lance-roquettes multiple Niveau 7
  • 5 Canon automoteur Niveau 6

  • 15 Hélicoptère d'attaque Niveau 6
  • 10 Hélicoptère de transport moyen Niveau 7

  • 12 530 Soldats professionnels embarqués
  • 12 530 armes légères Niveau 11
  • 500 Mitrailleuse lourde Niveau 10
  • 200 Lance-roquettes Niveau 9
  • 200 Lance-missiles antichar Niveau 9

  • Plus ce qu'il faut en pilotes en soldats professionnels.

Marine et forces amphibies kah-tanaises (Ehecatl) :

  • 4 Patrouilleur Niveau 4
  • 4 Corvette Niveau 6
  • 5 Corvette Niveau 7
  • 2 Frégate Niveau 5
  • 1 Frégate Niveau 6

  • 4 Sous-marin d'attaque Niveau 4

  • 1 Porte-hélicoptères Niveau 4
  • 1 Porte-avions Niveau 3

  • 2 Transporteur de chalands de débarquement Niveau 8
  • 8 Chaland de débarquement Niveau 5
  • 8 Chaland de débarquement Niveau 9

  • 1 Pétrolier-ravitailleur Niveau 9
  • 1 Dragueur de mines Niveau 6
  • 5 Navire cargo Niveau 1

  • 1 300 fusiliers marins (soldats professionnels) (transporteurs de chalands)
  • 800 fusiliers marins (soldats professionnels) (Chalands de débarquement )
  • 2400 fusiliers marins (soldats professionnels (Porte-avions)
  • 900 Commandos aéroportés (soldats professionnels (Porte-hélicoptères)

  • 5 400 armes légères Niveau 11
  • 500 Mitrailleuse lourde Niveau 10
  • 200 Lance-roquettes Niveau 9
  • 200 Lance-missiles antichar Niveau 9

  • 20 Transport de troupes blindé Niveau 6
  • 10 Véhicule de combat d'infanterie Niveau 7
  • 20 Camion-citerne Niveau 3
  • 5 Véhicule de déminage Niveau 5
  • 2 Pont mobile Niveau 4
  • 10 Lance-missiles antiaérien mobile Niveau 5

  • 30 Chasseurs-bombardiers Niveau 4
  • 10 Hélicoptère d'attaque Niveau 4
  • 10 Hélicoptère d'attaque Niveau 5
  • 20 Hélicoptère de transport moyen Niveau 4

  • Et les équipages.

De plus, 40 000 membres de la protection civile (réservistes), expérimentés dans les missions de sécurité civile et de lutte anti-terroriste, sont mobilisés au Grand Kah en prévision des opérations d'occupation.
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Quotidia, Journal généraliste a écrit : Victoria Cavali, 3 juillet 2013

Guerre en Communaterra: Quand la Fondation Herdonia s'engage à nouveau dans l'humanitaire

L’investisseur-star Toni Herdonia ne fait décidément rien comme les autres. Amoureux du risque financier, cherchant à conciliant la cause humanitaire avec le principe de lucrativité, ce dernier aura marché à pas de géants depuis l’année dernière. En l’espace d’un an, la « Fondation Herdonia » aura été l’une des sociétés dont l’action à la bourse de Velsna a certainement connu la plus forte croissance. Les raisons de ce succès ? « Moi. » répond modestement l’intéressé. Si la Fondation Herdonia est aujourd’hui une entreprise prospère, le jeune PDG admet volontiers que son modèle de prise de risque lui aura valu quelques sueurs froides. Ainsi, le coup fut dur lors de l’ouverture du marché Wanmirien, ce dernier n’ayant pas prévu les besoins réels de ce pays si particulier, de son propre aveu. Cette franchise, elle est devenue sa marque de fabrique : tout assumer, ne rien renier, y compris les échecs. Résultat des courses : un siège social en face de la basilique San Stefano de Velsna et un résultat net de 2 milliards de florius pour l’année fiscale 2013.

Pour ce faire, Herdonia n’a pas hésité à concilier ses compétences en management avec son intérêt toujours renouvelé pour l’aide à la personne en zone de guerre et le soutien humanitaire. L’entreprise s’est fait tout particulièrement connaître par son activité durant la guerre d’Okaristan, durant laquelle les franchisés, que Herdonia surnomme les « iboat », ont permis le passage de plusieurs milliers de réfugiés, nommés « ipassengers » par le personnel de l’entreprise. Herdonia n’a pas hésité à promouvoir la création d’une application permettant la mise en contact directe entre ces réfugiés et les chefs d’entreprises de leurs pays hôtes afin de mettre en place la réinsertion de ces derniers dans la vie civile le plus promptement possible. Avec moins de bonne fortune, ce dernier a tenté de renouveler la même expérience auprès de la main d’œuvre wanmirienne, avant de réaliser que le retard technologique de ce pays ne pouvait pas permettre de renouveler cette entreprise. Cela ne l’a pas arrêté pour autant et ce dernier a su adapter sa tratégie et totalement changer le business plan wanmirien, en réorientant son modèle vers l’aide à l’enfance. Ainsi, afin de lutter contre la misère infantile et le vagabondage, il a procédé à l’ouverture d’un groupe de corrections de courriers diplomatiques, secteur important dans l’économie Wanmirienne, dont le personnel était entièrement composé de mineurs de moins de 16 ans, payés largement plus que ce que le salaire moyen du Wanmiri permet.

Aujourd’hui, le jeune entrepreneur est de retour avec une nouvelle idée, comme toujours. Se mettant régulièrement au courant de l’actualité, c’est désormais le conflit entre Communaterra et le Grand Kah qui attire désormais son attention. Bien que l’intéressé ne se rende que rarement sur le terrain, il a été confirmé que Herdonia ait été aperçu dans le territoire de l’enclave de Porto Real, ville zélandienne à la frontière du territoire de Communaterra, le tout accompagné de certains de ses franchisés, repérant sans doute le terrain et commençant à réaliser des démarches afin d’acquérir des quais attitrés et un siège régional. On connait déjà l’affection qu’Herdonia porte au modèle zélandien, décrivant le pays comme une véritable « patrie de la liberté d’entreprendre ». Lorsque ce dernier eut été interrogé sur son activité en Paltoterra, ce dernier a seulement répliqué avec son slogan devenu célèbre, le tout avec un sourire charmeur : « Un vrai humanitaire ne révèle jamais ses secrets. ». Toujours est-il que nous sommes parvenus à nous fournir en indices de ses futures activités dans la région. Fidèle à la recette qui marche, certains franchisés ne se sont pas cachés de l’important dispositif de passage de réfugiés devant être mis en place entre les plages de Communaterra et les embarcadères et ports de fortune de Zélandia et de Sylva dans la région. En tout, c’est une cinquantaine d’embarcations que le velsnien entend faire transiter d’un pays à l’autre, tout en assurant que les dispositifs de sécurité se sont améliorés depuis la guerre d’Okaristan. On nous rapporte ainsi qu’Herdonia a fait signer des décharges de responsabilité auprès de tous ses franchisés, les rendant juridiquement responsables dans le droit velsnien de tout naufrage causé par une surcharge des navires. Il n’en a pas fallu davantage aux franchisés pour revoir à la baisse le nombre de « ipessengers » autorisés à prendre la mer. Cette problématique n’avait pas été sans poser de problèmes en Okaristan, où on a rapporté douze cas de naufrages de franchisés de la Fondation Herdonia, occasionnant par la même occasion l’puverture d’un nouveau service de la Fondation Herdonia : « irecup », se réumant à des missions de récupération des biens et effets matériels des victimes de naufrage. « Si tout ce passe bien, on aura pas besoin de « irecup » cette fois », affirme l’un des franchisés.

Toutefois, l’expérience du Wanmiri a prouvé que l’on ne pouvait pas transposer toutes les situations. Les impératifs et les conditions de la guerre en Communaterra diffèrent en bien des façons du conflit okaristanais. Ainsi, « Yuri », franchisé déjà actif en Okaristan et dont nous tairons le vrai nom, présente la situation ainsi :
« Communaterra, c’est différent de l’Okaristan. Je ne sais pas si ça va marcher pour être honnête. Les okaristanais VOULAIENT quitter leur pays contre des pièces sonnantes et trébuchantes. Les gens d’ici que j’ai croisé…ils me font un peu peur. C’est comme s’ils sont animés d’un seul esprit. Un esprit de ruche comme dirait l’autre. C’est peut-être ça la puissance du socialisme j’imagine. Ça et il y a le Grand Kah. On a une toute petite fenêtre pour dégager de grands bénéfices, parce que lorsque le Grand Kah occupera tout le pays, je ne pense pas que nous pourrons continuer nos activités. Il faut faire vite, donc, avec une population beaucoup plus…obtue qu’en Okaristan. D’autant que cette fois, on aura de la concurrence, puisque je pense que les pays voisins vont peut-être émettre en place des couloirs de réfugiés. Je suis du genre optimiste d’habitude mais là…je dirais qu’il faut s’appeler Herdonia pour mettre la tête dans ce guêpier. »

A ces réserves émises par les associés d’Herdonia s’ajoutent des difficultés auxquelles l’investisseur a voulu répondre. Le prix des tickets de bateaux pour les « ipessengers » a été revu à la baisse, et a été mis en place un système de places lowcoast, où les « ipessengers cheap » seraient munis de gilets de sauvetage moins onéreux. De même, si les nations riveraines de la Manche Blanche avaient vu avec indifférence l’activité de la Fondation Herdonia, le continent paltoterran est peuplé d’acteurs politiques autrement différent, et il n’y a pas de garantie que les sylviens acceptent ces réfugiés. De plus, l’accès à l’application « findboat », qui en théorie devrait aider les éventuels « ipessengers » à géolocaliser les franchisés à l’accostage, n’est pas garanti. En effet, le faible revenu par habitant du pays ne garantit en rien qu’un nombre satisfaisant de « ipessengers » soient touchés par les notifications de l’application. Si nous devions évaluer avec les informations à notre disposition les perspectives de profits de ce nouveau projet, nous pourrions dire qu’il s’agit d’un investissement à risque dans la lignée de ce qu’a toujours proposé la Fondation Herdonia, mais dont les gains potentiels peuvent se chiffrer grandement. Seul le flair de l’investisseur, allié à un peu de chance, nous dira ce qu’il en est d’ici quelques mois.



22980
La garde éternellement levée.

Note interne du Commissariat à la Paix
Concernant la nature de la Communaterra



Contexte

L'un des constats à froid que l'on peut faire concernant la situation au Muzeaj est que la révolution par le mouvement kommunaterano a certes renversé l’ordre monarchique en place depuis la colonisation, mais a failli à le remplacer par une structure politique et institutionnelle cohérente. Si nous manquons encore d’analyses historiques pour interpréter les évènements de la guerre civile jusqu’à l’effondrement du régime en 2011 et la naissance de la Communaterra, et si nous manquons aussi d’études permettant de pleinement qualifier la nature de la Communaterra, nous pouvons déjà tirer quelques conclusions des fragilités apparentes pressenties lors des premières observations de la situation post-insurrectionnelle par les analystes du Commissariat suppléant à la sûreté ainsi que de la brutale dégradation économique ayant suivi le début des hostilités contre l’Union, dégradation sur laquelle nous reviendrons car elle permet potentiellement de qualifier plus exactement la nature de la Communaterra en s’extrayant du bagage rhétorique pour se concentrer sur les causes matérielles.

La Communaterra, donc (terre commune en esperanto) est le nom populaire donné au mouvement régnant sur le Muzeaj depuis 2011 et, par extension, au régime mis en place par ce mouvement. L’origine de ce nom est inconnue mais est généralement attribuée Xaiomara, première présidente du régime.

Si le mouvement a probablement des racines plus anciennes, il se révèle véritablement à partir de la réforme libérale de l’économie voulut par l’empereur Empereur Lushañe en 2009, rapidement suivit par un certain nombre d’autres mesures réactionnaires visant notamment les droits des minorités de genre ou encore l’accès à l’IVG. Le déclenchement d’une guerre civile pour ces seules raisons semble improbable et il semble plutôt que le contexte social et stratégique était réuni pour activer un mouvement de guérilla plus ancien.

Les kommunaterano remportèrent finalement la guerre civile après l’assassinat de Lushañe 1er cette guerre fut dors-et-déjà l’occasion d’actes d’une extrême violence tel que l’assassinat massif des hommes de la région du Ĝojiga, suivit d’une répression gouvernementale tout aussi féroce et le massacre systématique du clergé catholique par les forces insurrectionnelles. Il est à noter que l’un des principaux enjeux de cette guerre civile fut le contrôle des villes, ce pourquoi nous prenons ici le temps de nous attarder dessus : en effet, jusqu’à 2012, le Muzeaj était une région dirons-nous « normale », c’est-à-dire relativement urbanisée. La plupart des grandes batailles s’organisèrent autour de sites stratégiques incarnées en des localités de plus ou moins grandes importances et la question du Ĝojiga, point chaud de toute l’activité insurrectionnelle, fut avant tout celle de Nekompromisa, de sa capture par les insurgés et de l’incapacité de l’armée impériale à la reprendre, chose attestée par les récits des nombreux volontaires internationaux (et kah-tanais) s’étant rendu sur place pour combattre au côté des insurgés durant la guerre civile.

Nous pouvons par conséquent estimer que l’abandon du mode de vie urbain ne s’est pas fait organiquement et, si aucune trace précise ne permet d’attester de la façon dont elle fut organisée, nous pouvons estimer qu’elle le fut selon une logique plus idéologique que pratique.

Depuis 2012, la Communaterra s’est avérée être un régime hautement autocratique, aux méthodes totalitaires et répressives mais limité dans sa capacité organisationnelle par sa division en chefferies. De nombreux morts sont à mettre sur le compte des politiques d’ingénieries sociales du régime et de ses potentielles conséquences, mal documentées comme nous le savons. Nous pouvons estimer que faute d’industrie, de moyens de transport modernes ou d’organe de coordination économique efficace, le phénomène de collectivisation a pu donner lieu à un certain nombre de phénomènes de famine : il semble en tout cas sûr que l’insistance du mouvement concernant l’obtention immédiate et sans transition d’une autosuffisance économique totale et pu provoquer des ruptures d’approvisionnement gravissimes en termes d’engrais, de pesticides, mais aussi de vaccins et de médicament ce qui, accompagné de la déportation de l’ensemble des habitants urbains dans des « unités d’habitation » situées en pleine jungle Wiyān, a pu mener à des épidémies de malarias ou d’autres maladies tropicales.

Ce que nous savons de façon sûre, en tout cas, c’est que le régime kommunaterano a assassiné des milliers (dizaines ? Centaines ?) d’opposants politiques réels ou supposés, et qu’une partie de sa révolution s’est faite sur des bases racistes et sexistes ayant pu amener à d’autres abus similaires au massacre des descendants de colons dans la région du Ĝojiga. L’insistance du mouvement concernant les questions de pureté morale et idéologique a aussi donné lieu à des abus au sein des comités, où divers types de violences physiques et psychologiques sont mis en œuvre envers les individus accusés de divergences. Si nous ne pouvons pas estimer le nombre de victimes directes et indirectes du mouvement kommunaterano, nous pouvons cependant anticiper que la reprise du territoire par nos forces d’accompagnera de la découverte d’importants charniers.

Sur un plan plus stratégique, la Communaterra a été largement soutenue et financée par le Grand Kah durant sa révolution. Suite à l’échec des diverses tentatives de rapprochement de 2012 il semble que le mouvement a tenté de trouver de nouveaux patrons auprès des mouvements communistes pharois (sans succès) et de la Loduarie (avec un succès très mitigé se soldant par le départ des forces lorenziennes). Actuellement, la politique économique de la Communaterra n’est tout simplement plus, sans qu’il ne soit encore possible de déterminer si cet effondrement fait suite à un arrêt des aides internationales ou à une simple normalisation des indicateurs économiques suite à la crise massive que représente notre intervention.

Idéologie

Le fait même de définir l’idéologie de la Communaterra représente un défi en soit : malgré une apparente unicité idéologique, l’organisation en chefferie du mouvement a donné lieu à de grandes divisions internes suivant des lignes idéologiques ou pragmatiques faisant l’affaire des différentes figures du mouvement. De plus, la rhétorique extrêmement radicale de la majorité de ces figures ne colle pas nécessairement avec l’application pratique de leurs théories : faut-il définir l’idéologie de la Communaterra pour ce qu’elle prétend défendre, ou pour ce qu’elle pratique ? Nous avons décidé de trancher en faveur du second point, partant du principe qu’il serait inadapté, par exemple, de considérer la démocratie directe comme centrale au fonctionnement de ce mouvement considérant son utilisation de ses membres comme masse auto-répressive et son appel continuel à la révolution culturelle et à la critique des comportements divergents. En d’autres termes nous devons considérer froidement la rhétorique des leaders du mouvement comme principalement symptomatique d’une forme ou de manipulation, ou d’incompréhension de leurs propres thèses.

Le cœur de l’idéologie de la Communaterra a été formé dans la tourmente de la guerre civile et de ses enjeux, au cours de laquelle l’apparente unicité des révolutionnaires ne doit pas nous empêcher d’envisager la possibilité de purges internes (comme celle supposée du citoyen Alexandre Verlumino, seule chef régional modéré jusqu’à son assassinat). Nous pouvons considérer qu’un coeur dur et radical s’est construit, conservant de la guerre civile des éléments de surface de communalisme mélangés à un rapport extrêmement xénophobe et essentialiste des choses. Il est cependant difficile d’obtenir plus d’informations concrètes sur la genèses idéologique de la Communaterra du fait du culte du secret entourant ses leaders d’opinion et de leur capacité à fréquemment changer de méthodes mais aussi de façon de se représenter, comme lors du changement diplomatique amorcé envers le Duché de Sylva aux prémices de la crise actuelle.

Sur le plan de la diplomatie extérieure nous pouvons considérer le mouvement comme, au choix, une incarnation pure et parfaite d’eurycommunisme dans ce que cette idéologie a de plus dégénérée, ou au contraire un mouvement réactionnaire tenant plus de l’agrarisme mystique. Sans entrer dans les débats universitaires, nous pouvons cependant considérer que les leaders de la Communaterra ont ou obtenus leur formation idéologique en visitant des pays socialistes – peut-être le Grand Kah ou peut-être la Loduarie, elle même récemment sortie de guerre civile – ou en lisant des textes parvenus jusqu’à eux. La position majoritaire dans les milieux intellectuels kah-tanais est cependant que la communaterra représente une pensée post-Lorenzienne, c’est à dire tirant des éléments de l’eurycommunisme loduarien, de l’agrarisme kah-tanais et des théories post-coloniales en vigueur au Paltoterra. La fascination des leaders de la Communaterra pour les notions d’autarcie peut faire penser à une forte influence du Kronos mais nous manquons de preuves concrètes à ce sujet et le discours officiel du mouvement, faisant de ce dernier le centre du monde révolutionnaire (comme le démontre clairement la récupération du calendrier révolutionnaire kah-tanais et sa remise à zéro sur la date de la fin de la guerre civile) n’admet de toute façon aucune influence extérieure.

On peut aussi tirer un parallèle intéressant entre certaines caractéristiques du régime – sa focalisation sur la paysannerie et la ruralité plutôt que le prolétariat ouvrier, sa politique de révolution culturelle et d’auto-critique – et celui de Harto Taihoran et de sa Ligue Communiste Stranéenne en Negara Strana. Cette comparaison nous semble d’autant plus adaptée qu’elle peut se tirer jusque dans les détails et les excès des deux idéologies, partageant un désir d’abolir l’intérêt personnel chez l’humain, la promotion de la vie commune en tout instant, le désintérêt pour le matérialisme historique et les connaissances scientifiques au profit de la théorie pure et de la pensée idéologisée. En ça il est peut-être plus juste de dire que la Communaterra est une extension du taihoranisme plutôt que de l’eurycommunisme. La question de la xénophobie du mouvement est quant à elle difficile à traiter définitivement, mais nous supposons que la guerre donnera à ce dernier l’occasion de démontrer ou non ses positions, notamment concernant les émigrés kah-tanais s’étant rendu sur place durant la période de guerre civile.

L’une des caractéristiques les plus centrales du régime, participant à le rattacher aux mouvements de masse fascisant une fois additionné à son attachement à la pensée idéologisée, est bien entendu sa forme particulière de nationalisme : outre les pogroms déjà évoqués, la Communaterra est pétrie de revendications moins territoriales que millénaristes. Un détournement de la pensée matérialise fait conclure à ses leaders que ce n’est pas tant l’avènement du socialisme qui est matériellement inévitable que le rattachement d’une quantité de plus en plus importante de régions à la Communaterra. Cette pensée donne lieu à une politique interventionniste qu’il est inutile de commenter, ainsi qu’à la rhétorique diplomatique que nous connaissons bien. Le désir affiché de prendre les territoires coloniaux et exclaves des puissances extra-continentales et les revendications idéologiques sur le territoire du duché de Sylva en sont la manifestation la plus visible. La position globalement essentialise des leaders du mouvement est aussi à prendre en compte, ceux-là n’ayant aucune difficulté à assimiler l’entièreté de peuples derrière leurs représentants dans une déformation liée, nous pouvons le supposer, aux mécaniques autoritaires de leur propre régime.

Le phénomène de dissonance cognitive évident qui avait frappé les leaders du mouvement lors de leur visite à Lac-Rouge et à leur confrontation à la Révolution kah-tanaise, partant des mêmes bases rhétoriques pour un résultat différent, n’était que la confrontation des attentes ultra-nationalistes de ce mouvement à la pratique du réel.

Système économique

La politique économique de la Communaterra, largement soumise aux impératifs des chefferies, se concentre entièrement sur l’obtention immédiate d’une situation d’autarcie par le biais d’une politique de collectivisation des terres agricoles. Le principe sous-jacent à cette politique est l’organisation d’une transformation sociale immédiate et d’une réindustrialisation autonome du pays se faisant, toujours dans une logique nationaliste, sans soutien du mouvement ouvrier international.

Nous pouvons estimer que les actuels leaders radicaux du mouvement ont largement participés à la mise en place de cette politique d’autarcie, offrant un certain nombre d’intérêts pour quiconque souhaite se prémunir des contrecoups économiques d’une diplomatie ultra-radicale d’une part, et se soucie assez peu des conséquences concrètes des réformes en question pour la population de l’autre.

Dans les faits nous savons qu’une part importante de la propagande du mouvement s’organise autour de la pensée ethnique et, notamment, du peuple des Wiya, lesquels sont fréquemment qualifiés de « communistes primitifs » dans les textes et discours des leaders du mouvement. Si aucune étude scientifique sérieuse ne permet à ce jour d’accréditer cette thèse, elle sert tout de même de base à de nombreux discours et la logique nationaliste précédemment détaillée peut pousser les leaders du mouvement à chercher des inspirations locales pour légitimier d’une part leur mouvement, de l’autre sa nature centrale dans la révolution internationale, en faisant de fait un genre de centre historique du communisme envers et contre les premières révolutions proprement socialistes (telle que celle du Grand Kah) sur la base d’un mythe historique. Ainsi, conformément à cette inspiration, la communaterra semble avoir développée un concept économique selon lequel l’agriculture serait la pierre angulaire d’un développement pouvant à terme amener à une industrialisation du paysage national. Il semble en fait que la Communaterra considère sérieusement que la collectivisation des terres puisse à elle seule permettre l’installation du communisme réel sans étapes intermédiaires. Cette volonté affichée de mise en place instantanée du communisme est à l’origine d’une grande partie des dysfonctionnements que nous pouvons désormais observer tels que l'incohérence profonde du tissus économique construit sous la Communaterra ou la dramatique crise des liquidités qui semble se dessiner dans ce pays où l'absence affichée de monnaie ne suffit plus à masquer un déficit de plusieurs milliards de dev-lib dans tout les domaines.

Ainsi la décision d’abandonner les grands centres urbains et industriels a pu avoir des conséquences désastreuses pour la production du pays qui, de part sa volonté autarcique, a dû perdre en l’espace d’un an une grande partie de sa capacité de production industrielle. Les ruines de la guerre civile n’ont pas été efficacement reconstruites et l’organisation de petites unités de production, si elle est louable, a donnée lieu à un système se rapprochant plutôt de l’artisanat médiéval, c’est à dire incapable de réellement répondre à l’ensemble des besoins du pays – un problème dont avaient bien consciences les leaders du mouvement puisqu’une de leurs obsessions sur le plan international était de sécuriser des sources d’importation. Ce paradoxe – volonté d’importer les ressources manquantes à leur économique, désir affirmé d’autarcie – n’est que l’un des très nombreux phénomènes de double-pensée de la Communaterra.

S’il est difficile de savoir quelle position les anciens urbains tiennent dans la nouvelle société de la Communaterra, l’émigration massive de travailleurs diplômés et qualifiés laisse penser qu’ils s’accommodent assez mal du monde de pur idéologie voulu par le mouvement. Cette fuite des cerveaux a du reste pour effet pervers d’empêcher la bonne recomposition de l’économie industrielle du pays. Pour reprendre les termes de la citoyenne Actée, nous pouvons considérer la Communaterra comme « un fantasme de petits-bourgeois pétris de romantisme radical ».

Rapport à la religion

Le groupe le plus oppressé par le mouvement est de loin celui des croyants, ou plus spécifiquement des individus croyant dans des religions extérieures au domaine révolutionnaire. La Communaterra est officiellement un régime athée, bien qu’une apparente liberté de culte existe. Chaque zone est ainsi dotée de son propre rapport à la chose religieuse, faisant moins des cultes tolérés par la Communaterra des religions au sens mystique du terme que des outils d'influence employés par les chefs locaux pour asseoir leur domination. Avant la révolution nous comptions environs 60% de catholique. Selon les chiffres officiels ils ne seraient plus que 0,3%, remplacés par une "église protestante révolutionnaire" ultra majoritaire, suivit d'une forme de paganisme lié à la figure des "muses", puis à l'église sataniste, réinterprétée ici comme dénonciation du pouvoir et de l'autorité au sens large. Il est à noté que des récits font état d’apparitions mystiques ou d’évènements surnaturels et édifiant durant la guerre civile, participant à doter ces cultes d’une forme de mythologie. Là encore le régime et sa communication officielle poussent la population à une certaine irrationalité.

Cette partie ne pourra pas être détaillée faute d’informations concrètes sur l’état de l’ampleur de la répression religieuse : nous savons que l’intégralité du clergé a été purgé (et par là il faut comprendre, dans la majorité des cas, systématiquement massacré). Il est difficile de déterminer dans quelle mesure ces purges ont pu toucher les catholiques en eux-mêmes. La récente intervention d'un avion de guerre de la Communaterra au dessus du Saint-Siège s'inscrit quoi qu'il en soit dans la continuité de cette logique fanatique.

Synthèse

Une analyse du mouvement Kommunaterano est impossible sans contextualisation historique : il ne s’agit pas tant d’une idéologie destinée à se répandre que d’un phénomène propre au Muzeaj. L’extrême violence de la répression impériale a donnée naissance à un mouvement tout aussi violent et intégrant cette violence comme modèle normalisé de fonctionnement, jusqu’au point de dépasser en intensité certaines des idéologies d’État les plus ouvertement radicales. Si brosser un portrait psychologique de la Communaterra serait évidemment une erreur grossière, il faut estimer que le mouvement est, par conséquent, une conséquence de son milieu dont le modèle ne saurait être transposé ailleurs. Si le mouvement socialiste international tant à se diviser concernant la Communaterra c’est moins pour ce qu’il est que pour ce qu’y s’oppose à son existence : la radicalité extrême de la Communaterra étant cantonnée à un continent hautement stratégique dans les questions idéologiques du mouvement communiste international, le soutenir peut être un moyen de s’opposer à la prédominance kah-tanaise, ou de s’opposer à l’OND naissante. Il semble peu probable que des mouvements politiques d’ampleur ou des gouvernements soutiennent la Communaterra pour ce qu’elle est en termes concrets.

Concernant le monde universitaire kah-tanais, des théories s’opposent sur la nature du mouvement : structure totalitaire, communalisme dégénéré, révisionniste, post-lorenzien... Mara Cesarini (co-autrice de Eurycommunistes : Qu'est-ce qui a merdé ?) décrit quant à elle la gestion de la Communaterra comme totalitaire, mais la situe moins dans une logique réellement socialiste qu’ultra-nationaliste et agraire, considérant son obsession territoriale et sa gestion des affaires internes comme une continuation de l’impérialisme décoloniale né durant la période des caudillos triomphants du Paltoterra plutôt que dans une logique communaliste ou marxiste. L’interprétation de la citoyenne Actée Iccauthli est qu’il s’agit en fait avant tout d’une révolution paysanne dirigée par une avant-garde incompétente. Selon son hypothèse la direction de la Communaterra serait ainsi un groupe d’intellectuels de classe moyenne animés d’une sympathie pour une paysannerie autochtone perçut à travers un prisme romantique, mais incapables d’estimer convenablement les conséquences de leur projet de société. Selon elle l’application systématique de la violence serait moins liée à une volonté politique qu’à une incapacité pure et simple du mouvement de se modérer et d’obtenir des résultats par des moyens non-violents. Elle estime cependant qu’une radicalisation du cœur de la Communaterra a rendu possible la multiplication des mécanismes de purges.

Une synthèse des idées développées par le monde académique semble rejeter la vision totalitaire (au sens traditionnellement admit et centralisateur) au profit d’une interprétation strictement horizontale mettant en avant l’absence d’ambitions réellement révolutionnaires de la paysannerie. C’est-à-dire que la mobilisation de la paysannerie du Muzeaj tiendrait en fait de la manipulation visant à mener cette classe à des objectifs échappant au spectre de sa compréhension politique. En d’autres termes l’organisation d’une véritable révolution culturelle nécessiterait un certain degré d’éducation politique et de support populaire que la Communaterra n’a pas été en mesure d’obtenir, concentrée sur la nécessité perçut d’éliminer l’ancien ordre, amenant à une situation où la violence est devenue une fin en soi. La machine se serait emballée.

Perspectives d'après-guerre

La Communaterra n’a pas été en mesure de proposer un projet de société crédible et ne laissera derrière elle ni entité gouvernementale ni administration sur laquelle reconstruire le Mujeaz. L’une des priorités de notre opération doit donc être de déconstruire le cycle de violence décrit dans ce document et normaliser la situation pour la population afin de rendre possible la création d’une forme de gouvernement de transition en mesure de mener les réformes structurelles rendues nécessaires par la situation. Aussi triste que soit ce constat, notre principal atout reste la situation d’anomie totale provoquée par la gestion de la Communaterra. La crise économique, très concrètement, impose un retour à la réalité à une population qui devra se concentrer sur des problématiques très concrètes – manger, boire, se soigner – pouvant permettre à toute administration transitoire suffisamment financée d’obtenir l’adhésion de cette population. Pour autant nous ne devons pas changer le pays en camp de réfugier géant et, à ce titre, il est probablement possible de récupérer ce qu’il reste des comités régionaux et de rationaliser le tissu économique du pays de façon à régler les problèmes les plus urgents.

À cette fois nous avons identifié deux zones d'intérêt : premièrement la Zone de Riĉaĵlando, organisée autour de la cité d'Athéopolie et dont le président, Alexandre Verlumino, a été assassiné dans des circonstances très floues. La posture du citoyen Verlumino semble indiquer que les habitants de cette zone sont opposés aux postures extrêmement radicales des autres zones, en faisant par définition de potentiels bons collaborateurs. L’assassinat du citoyen Verlumino a laissé cette zone modérée virtuellement sans direction et son occupation militaire de fait par les forces plus radicales des zones voisines pourrait créer au sein de la population l’animosité nécessaire à un soutien aux intérêts kah-tanais dans la région, représentant une conception politique proche de celle affichée par leurs comités.

Ensuite la zone d'Artadozonejo, principalement administrée par des brigadiers internationaux dont un certain nombre sont d'origine kah-tanaise. Il est possible que cette population attirée par la révolution initiale ne se retrouve pas dans son évolution actuelle et représente, là encore, un excellent foyer de collaboration. Si la pression sociale exercée par la Communaterra doit maintenir une part importante de cette population d’immigrés dans la majorité silencieuse, la destruction prochaine du dispositif militaire et militant du mouvement devrait permettre l’apparition de foyer de contestation favorables à la normalisation du régime.

L'ouest du pays est ainsi, par sa composition sociale et politique, notre atout pour réorganiser la région. Nos principaux efforts militaires doivent ainsi viser les zones de Ĵurnima, sud Est du pays, et de Ĝojiga, nord est. Ĝojiga, notamment, représente un intérêt particulier du fait qu'il s'agit de la zone accueillant le district capital de la Communaterra. S'il ne fait aucun doute quant au fait que le mouvement saura se réorganiser et abandonner les sites urbains à mesure de notre avancée, la cité côtière de Nekompromisa demeure une cible prioritaire : en tant que capitale de la Communaterra, son intérêt symbolique est fort et on y trouve des installations potentielles qu'elle pourrait offrir à une administration civile de transition. Du reste, nous devons considérer que les principales villes du pays pourraient encore contenir une forme de tissus industriel permettant après rénovation de soutenir la reconstruction du pays.

Nous espérons que cette analyse permettra d’éclairer votre stratégie et d’obtenir de meilleurs résultats dans la gestion des futures populations libérées et de l’après-guerre. Je tiens à recommander l’organisation d’une cellule d’intervention rhétorique spéciale, il est possible que la défaite annoncée du mouvement rendre possible la création d’une guérilla nous étant favorable.

Salut et fraternité.


Lieutenant-maître Eru Xoatl
Lieutenant-maître Eru Xoatl
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Alors que les deux cargos miridiens transportant la centaine de soldats translaviques traversaient l'océan menant à la terre communateranos, le commandant de la flotte reçu un appel des autorités militaires translaviques :
- Allô commandant. Ici le secrétaire au commandement armé mandaté par le Président. Le comité militaire suprême a décidé d'annuler la mission : les actions communateranos ne sont visiblement pas compatibles avec les méthodes translaviques.
Vous avez en directive de revenir en Translavya sans détours ni escales. Tenez bon. Bien reçu ?

L'opération était annulée : la Translavya maintenait son état de paix, dans la concorde et la Raison, tout en observant, attentive, le conflit en cours et la situation qu'il amenait aux Hommes et par eux-mêmes.
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