Posté le : 03 août 2021 à 11:47:15
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Les représentants banairais étaient satisfaits de cet échange : grâce à de tels accords, le Banairah bénéficiera de l'entrée de nouveaux capitaux ainsi que d'une dynamique générale de croissance économique. Les investissements en infrastructures, quoique lourds, seront utiles et rémunérateurs sur le long terme et pourraient bien placer le Banairah et son nouveau partenaire au centre du commerce de la mer des Bohrins. L'île de Destanh, en particulier, pourrait bien s'imposer dans quelques années comme la plaque tournante de la région, contrôlant l'entrée orientale de la mer des Bohrins et établissant la jonction entre le Nazum et l'Afarée. La question de l'éducation et de la recherche était plus corsée : le pays avait son propre système au sein duquel les institutions gouvernementales avaient plaisir à influer. Le progrès technologique du pays allait de pair avec les décisions politiques et, il faut l'avouer, le nationalisme ambiant du pays. La science est le Graal de ses habitants, et la perspective même fine d'une ingérence étrangère dans leurs affaires n'était que très mal accueillie. C'était pour cette raison que le peuple était divisé sur la question de l'adhésion au projet Universitas qui semblait leur fermer des portes qu'ils n'avaient connues qu'ouvertes : programmes de recherche étatique, dispatchement des étudiants selon leurs profils en plus de leur motivation, et conservation des secrets technologiques. La seule possibilité d'une revente de leurs études, de leur travail, de leur fierté et de leur moyen de subsistance, à but caritatif les apeurait et les rendait extrêmement méfiants. Seuls les Banairais avaient le droit de décider de ve qu'ils faisaient de leur savoir, cela fait partie intégrante de leurs droits.
En revanche, des échanges scolaires et des études communes dans des domaines où l'expertise étrangère pouvait amener quelque-chose de supplémentaire seraient bien reçus. Bien que les ingénieurs en génie civil banairais excellaient dans leur art, celui-ci se restreignait à des domaines que les Jashuriens ne maîtrisaient probablement moins, par exemple la construction d'infrastructures en plein désert. A contrario, ces derniers possédaient de nombreux savoirs en construction fluviale et en irrigation qui pourraient compléter celles des Banairais. Il existait plusieurs domaines ainsi où la coopération ferait plus avancer que la confrontation, et rien que pour cela la proposition était bonne.
《En l'absence de notre Ministre de la Recherche et de l'Éducation, nous ne pourrons réellement nous étendre sur la question, commença Saroud. Néanmoins, ce dernier nous a détaillé son avis sur la question, avis que d'ailleurs nous partageons. Notre pays chérit son indépendance dans le domaine de la recherche, et ne saurait tolérer de si strictes règles de régulation comme celles proposées par le Pharois par le biais du projet Universitas. Cependant, nos équipes scientifiques sont toujours en recherche d'expertise étrangère dans certains domaines que nous connaissons moins. Ainsi, des projets d'études communs dans ces domaines que nous pourrons ensemble fixer seraient les bienvenus. Nous sommes favorables également à des échanges universitaires, mais préférons laisser monsieur Atkē à cette charge. Je propose donc une rencontre avec nous-mêmes et Monsieur le Ministre dans les prochains jours à ce sujet.》