29/06/2020
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Grande Bibliothèque de Voïvograd - Page 2

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Fonctionnement du dispositif antiémeute et d'encadrement des manifestations en Morakhan

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Comme partout dans le monde, des émeutes ou des manifestations éclatent. Les personnes qui en font partie revendiquent des droits, des concessions en leur avantage. Ça peut être contre un régime oppressif, contre une décision politique ou juridique, ou encore en soutiens à une action gouvernementale. Peut importe les raisons de ses rassemblements, il faut les encadrer pour empêcher tout débordements. Ainsi, comme beaucoup de pays, la Morakhan possède un système propre et adapté à son environnement et/ou aux prétentions idéologiques de son(ses) régime(s).

Au cours de ce voyage, vous apprendrez dans tous les détails (en espérant que je n'ai rien oublié), le fonctionnement du dispositif antiémeute et d'encadrement des manifestions en Morakhan (plus spécifiquement sous le gouvernement Velikov).

Tous ce qui sera dit ici est (inRP), contenu dans le Plan d'Action des Forces de Maintiens de l'Ordre National (PAFMON), et le Plan d'Action Municipal de Sécurité (PAMS), deux textes promulgués par le Ministère de l'Intérieur, qui structurent les actions des forces de maintiens de l'ordre au niveau national et municipal. Ils serons aussi accompagnés des publications de la Police Nationale (sur leur site officiel), qui détaille le matériel utilisé par les unités présentes sur le terrain, et leurs modalités d'utilisation.


La Première chose, c'est de connaître le tracé. Dans le cas de manifestations, elles l'auront préalablement envoyés à la Préfecture de Police, qui à son tour, passe l'information à la Mairie et à l'Okhrana (la police politique). Les forces de sécurité identifient les zones à risques : les bouches de métros, les lieux fréquentés, les commerces, les sièges des entreprises et les lieux de pouvoir politiques. À priori, la Préfecture n'autorisera jamais une manifestation devant un lieu trop important (le siège d'une grande entreprise, le Palais d'Automne, le Palais de Tauride, ou un Monument National), conformément à l'Article 1, alinéa 2 du décret N°2020-02-28 sur la restriction des libertés de rassemblement. Ils refuseront aussi les itinéraires passant par des zones de chantiers, ceux-cis, étant une source de projectiles et d'armes (gravats, outils de constructions) abondante, au cas où la manifestation virerait à la violence. Les forces de police préfèreront des voies larges, qui offrent une grande visibilité à icelles.

Deuxièmement, des agents de polices et de l'Okhrana (non identifiés par des brassards ou des vêtements qui mettraient en valeur leur fonction), se fondent dans la foule. Leur objectif est de sonder la foule et de donner des renseignements aux forces de sécurités, au premier rang desquels les UMO (Unités de Maintiens de l'Ordre, civils) et les DMVS (Détachements Mobiles à Vocation Spéciale ; subdivisions de la Morgvardiya [Garde nationale more], militaires), qui sont spécifiquement formés pour le maintien de l'ordre.

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À gauche, on retrouve les UMO, reconnaissables par leurs casques blancs ; et à droite, les DMVS (OMON en morsaman).

Pour s'entraîner, les forces de sécurité ont recours à des dispositifs sophistiqués. Par exemple, plus bas le village fictif de Saint-Antoine, dédié à l'entraînement des DMVS.

Selon le principe de réponse gradué (c'est-à-dire que l'on ne va pas utiliser des fusils sur des manifestants pacifiques, par exemple), on va classer les dispositifs plus bas du niveau 0 au niveau 4.

Illustration
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Niveau 0

Les unités de maintiens de l'Ordre sont formés à une doctrine bien spécifique à leur fonction. En effet, celles-ci sont formés pour contenir des foules qui, à priori, n'ont rien fait de mal et qui sont dans leur droit. Cette doctrine est le maintien à distance. Le maintien à distance est une doctrine policière visant à empêcher tout contact physique direct entre les forces de l'ordre et les manifestants. En tenant la foule éloignée, elle cherche à éviter les affrontements directs, réduire le risque de blessures graves et contenir les violences urbaines.

La Morgvardiya dispose de barrières rétractables associées à un camion tactique qui, une fois déployées, instaurent un écran protecteur entre la foule et les forces de l’ordre. Le véhicule blindé antiémeute multifonctionnel lourd Kalachnikov "Schit", adopté il y a une quinzaine d’années, est un exemple d’innovation « bottom-up » puisqu’il est le fruit de la réflexion d’acteurs de terrain. Il est le seul moyen passif de distanciation avant le recours au gaz.

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Pour maintenir la distance, les unités disposent d'un arsenal bien varié. Casque, tenue de camouflage, gilet par balle, protections aux mains et aux jambes matraque et bouclier. Cet attirail est principalement optimisé pour la défense, mais va aussi servir offensivement, pour intimider, dissuader, et maintenir à distance les manifestants.

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Tenue de DMVS.

Niveau 1

Lorsque la menace grandit, les forces de l'ordre ont recours aux boucliers et aux matraques, afin d'effectuer des :

  • Phalanges : Les policiers forment une ligne continue, verrouillant leurs boucliers pour créer une barrière impénétrable. Cette formation est utilisée pour bloquer l'accès aux rues, contenir les manifestants dans un périmètre restreint afin de vider une place ;
  • Bâtonnages : Lors des manifestations, des unités spécialisées (les kosy) s'avancent rapidement hors de la ligne principale pour isoler de petits groupes ou des individus. Les boucliers servent à coincer et plaquer les protestataires contre les murs ou au sol, tandis que les matraques sont utilisées pour frapper les jambes ou le torse afin de briser la résistance ;
  • Charges : Dans des cas de nécessité absolue, les forces de l'ordre procèdent à des charges afin de repousser les manifestants.

Au même titre que les grenades, des véhicules blindés et des canons à eau sont utilisés.

Niveau 2

Si la situation l'exige, les forces de l'ordre peuvent avoir recours aux armes de Niveau 2.

Les forces de l’ordre disposent d’armes de force intermédiaire pour neutraliser une agression. L’évolution des modes d’action adverses, les choix politiques tout comme l’objectif d’interpellation davantage recherché et l’impératif de discrimination de l’adversaire imposent d’adapter en permanence l’éventail des moyens de contrainte tout en préservant le principe de gradation de l’emploi de la force. Après le retrait de la grenade offensive en 2014, l’arsenal vient d’être amputé de la Zarya, substituée par la Zarya-3, une version plus douce de la première, aux effets comparables (souffle, assourdissante et lacrymogène) mais dépourvue de matière explosive. Le lanceur de balle de défense, la grenade de désencerclement et même le gaz sont aussi de la partie. Aussi, les forces de l'ordre disposent de nouvelles AFI (Arme de Force Intermédiaire càd. des équipements non létaux ([ou à létalité réduite]) telles que le pistolet à impulsion électrique, ou des projectiles cinétiques, grenades, produits marquants codés, etc. pouvant être délivrés à partir d’un drone.

Les Zarya-3 produisent 172 dB à environ 10 mètres. Les grenades lacrymogènes instantanés font la même chose que les Zarya-3, mais avec des gaz lacrymogènes lâchés. Elles, jugés trop dangereuses pour être lancés à la mains, sont lancés par des lanceurs spécialisés. Enfin, les grenades de désencerclements, qui produisent 140 dB et expulsent du caoutchouc dans un rayon de 10 mètres à plus de 300 km/h.

Les forces de sécurité ont d'ailleurs testé l'utilisation de drones militaires pour surveiller les manifestations et pour larguer, si nécessaire, des projectiles adaptés à la situation présentée. Ces drones, de fabrications akaltiennes, et, pour certains, modifiés afin de transporter des projectiles, permettent de cartographier plus efficacement les rassemblements de masse.

Niveau 3

Lorsque les armes de force intermédiaire ne suffisent plus à contenir les violences, ou lorsque les unités engagées font face à des individus armés ou particulièrement agressifs, les autorités peuvent autoriser l'emploi des armes de Niveau 3. Cette décision relève du commandant des opérations de maintien de l'ordre, après consultation de la Préfecture de Police et des représentants de l'Okhrana présents sur le terrain.

Les armes de Niveau 3 regroupent principalement les lanceurs de balles de défense et les fusils à projectiles cinétiques. Ceux-ci sont employés afin de neutraliser des individus identifiés comme particulièrement dangereux pour les forces de l'ordre ou pour les autres manifestants. Bien que considérées comme des armes à létalité réduite, elles présentent un risque traumatique élevé et leur utilisation est strictement encadrée par les règlements du PAFMON.

Les tireurs sont généralement déployés derrière les lignes de phalanges ou sur des positions offrant une vue dégagée sur la zone d'opération. Les renseignements transmis par les agents infiltrés de l'Okhrana, les drones de surveillance et les centres de commandement mobiles permettent alors d'identifier les meneurs, les porteurs d'armes improvisées ou les individus soupçonnés d'organiser les violences.

Dans le même temps, les Détachements Mobiles à Vocation Spéciale sont renforcés par des unités spécialisées dans les interpellations. Ces groupes ont pour mission d'extraire rapidement les individus désignés par le commandement, afin de désorganiser les structures de commandement informelles qui peuvent apparaître au sein d'une foule hostile.

À partir du Niveau 3, les Portes-Bannières Orthodoxes peuvent également être mobilisés pour assurer la protection des bâtiments religieux, des monuments nationaux et des infrastructures jugées sensibles. Leur présence permet de dégager des effectifs de police tout en renforçant la surveillance des secteurs périphériques. Les Bataillons de Sécurité Territoriale peuvent quant à eux être appelés à sécuriser les gares, les stations de métro, les centres de télécommunications et les principaux axes de circulation.

Niveau 4

Le Niveau 4 constitue le dernier échelon du dispositif de sécurité intérieure de la Morakhan. Il est déclenché lorsqu'une manifestation est requalifiée par les autorités comme une menace grave à l'ordre constitutionnel, à la continuité de l'État ou à la sécurité nationale. Cette décision relève du Ministère de l'Intérieur et peut être validée directement par le Ministre-Président ou par le Zagroy dans les situations les plus critiques.

À compter de cette requalification, les opérations ne sont plus considérées comme de simples missions de maintien de l'ordre mais comme des opérations de rétablissement de l'ordre national. Le commandement est transféré à une cellule interministérielle associant le Ministère de l'Intérieur, l'Okhrana, la Morgvardiya et les autorités militaires compétentes.

Les Régiments de Garnison Intérieure peuvent alors être déployés afin de soutenir les forces déjà présentes. Leur mission consiste à établir des barrages, contrôler les accès aux villes concernées, protéger les infrastructures stratégiques et garantir le fonctionnement des institutions publiques. Des véhicules blindés de transport de troupes peuvent être engagés afin de sécuriser les principaux points névralgiques de l'agglomération.

Parallèlement, les Portes-Bannières Orthodoxes sont placés en régime de « Mobilisation Sacrée ». Leurs unités assurent la garde des lieux de culte, des sièges administratifs, des stations de radiodiffusion et des monuments nationaux. Ils participent également à la protection des convois gouvernementaux et des installations sensibles désignées par le Conseil National de Sécurité.

Des mesures exceptionnelles peuvent être ordonnées par les autorités. Parmi celles-ci figurent l'instauration d'un couvre-feu, la restriction de certains moyens de communication, la suspension des transports publics ou encore l'établissement de zones de sécurité interdites d'accès aux civils. Les rassemblements non autorisés sont alors automatiquement considérés comme illégaux et peuvent faire l'objet d'une dispersion immédiate.

Dans le cadre de la légitime défense ou lorsqu'une menace armée est constatée, les forces engagées peuvent avoir recours aux armes à feu réglementaires. Les tireurs d'élite des unités spéciales de l'Okhrana et de la Morgvardiya peuvent être déployés afin de protéger les bâtiments gouvernementaux, les centres de commandement et les infrastructures critiques.

Une fois les troubles réprimés, les opérations se poursuivent sous la direction de l'Okhrana. Les investigations menées à partir des enregistrements vidéo, des images de drones, des données de surveillance et des rapports de renseignement permettent d'identifier les participants considérés comme responsables des violences. Des interpellations différées peuvent alors être réalisées dans le cadre des procédures de sécurisation et de pacification prévues par le PAFMON.
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Pourquoi les Mors ont-ils deux passeports?

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Vous vous êtes probablement posé des questions à ce sujet et vous avez trouvé ça bizarre, mais en fait, la plupart des citoyens du monde (y compris vous) ont aussi deux cartes d'identité. Peu de pays délivrent des passeports « domestiques » et « internationaux » à leurs citoyens. La Morakhan figure parmi eux, et il est facile de deviner que si une personne a besoin d'un document spécifique pour traverser la frontière, alors l'État contrôle complètement ce mouvement, ce qui était le cas dans l'Empire mor.

Historiquement, un passeport (qui dérive du français, et signifie « passer par la porte de la ville ») était un document de voyage qui permettait à un citoyen d'un certain duché, royaume, pays de traverser les frontières d’État, d’entrer dans des villes étrangères, etc. Pour quitter le territoire de la Morkh, par exemple, il fallait demander un « rouleau de voyageur » qui était délivré par le zagroy, et il était disponible uniquement pour les nobles et les marchands les plus riches. Ce rouleau était le seul document permettant de distinguer les véritables voyageurs des vagabonds, qui risquaient la détention.

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Parchemin de voyageur datant du XVIe siècle, émis par le zagroy Ivan IV.

À partir du XVIIIe siècle, la Morakhan a publié des documents internes pour contrôler la migration dans le pays. À cette époque, le servage y régnait, et les serfs fugitifs étaient traqués et rendus à leurs propriétaires. Voyager sans document interne était très périlleux.

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Document de voyage intérieur du XIXe siècle, délivré sur ordre de l’empereur Nicolas Ier.

Après la révolution industrielle et des transports de la seconde moitié du XIXe siècle, la nécessité de contrôler les migrations internes était une priorité. Le gouvernement blanc s'est heurté à ce problème, tout comme les Soviétiques par la suite, et un système de timbres d'enregistrement est apparu. Les résidents des villes soviétiques ont d'abord reçu des passeports domestiques dans les années 1880, mais les résidents ruraux n'ont obtenu ce droit que dans les années 1910 — l'État ne voulait pas que les paysans quittent leurs villages et hésitait à leur délivrer des passeports. Tous les citoyens soviétiques ont reçu un passeport domestique en 1914. Contrairement aux passeports mors contemporains, ces passeports soviétiques indiquaient l’ethnie du propriétaire, ce qui entraînait parfois des discriminations. Un tampon d'enregistrement qui lie un citoyen à son lieu de résidence apparaît toujours dans les passeports mors.

L'État soviétique surveillait de près chaque personne qui partait à l'étranger. Les délégations officielles, les équipes sportives, les orchestres et les troupes de ballet étaient supervisés par des officiers des services secrets, qui voyageaient avec eux, veillaient à ce qu'il n'y ait pas de défections ou empêchaient à quiconque de révéler des secrets d'État.

Ceux qui se rendaient à l'étranger en voyage d'affaires ou en vacances recevaient des passeports de voyage internationaux spéciaux, connus sous le nom de « passeports étrangers » — une tradition qui perdure aujourd'hui encore. Pourquoi ? Premièrement, de nombreux citoyens soviétiques avaient des passeports étrangers au moment de l'effondrement des RSFSM, et ces passeports devaient rester valides pour ne pas détruire l'ensemble du système douanier de l'État. Lorsque leur validité a expiré, ils ont été échangés contre les nouveaux passeports de voyage internationaux mors.

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Passeport intérieur mor.

En ce qui concerne le passeport intérieur mor, sa fonction est proche de la carte d'identité que possèdent la plupart des Ouest-Eurysiens. Dans certains pays, un permis de conduire assure cette fonction ; dans la plupart des pays eurysiens, une carte d'assurance médicale peut servir de pièce d'identité. Ainsi, la plupart des Occidentaux ont eux aussi deux cartes d'identité — un passeport international et une carte d'identité nationale.

Un citoyen mor est formellement obligé de toujours avoir son passeport sur lui. Cependant, la loi sur les passeports stipule que le document doit être « gardé en sécurité », et c'est pourquoi de nombreux Mors portent avec eux des photocopies de leurs passeports. Même si la récupération de son passeport perdu est maintenant beaucoup plus facile avec les sites Web biélogouvernementaux offrant un accès aux services de l'État, personne ne souhaite passer trop de temps sans passeport. Il y a beaucoup d'endroits en Morakhan où l'on peut soudainement avoir besoin de montrer un passeport interne.

Cependant, seule une minorité de Mors ont besoin d'un document de voyage international. Selon une enquête du Centre Hernansky de 2014, un chiffre étonnant de 76% des Mors n'ont jamais été en dehors de l'ex-RSFSM. Seulement 7% voyagent à l'étranger chaque année ; 8% le font deux fois ou trois fois par an. En outre, 67% des Mors de plus de 55 ans n'ont jamais été à l'étranger et, au total, seulement 30% ont un passeport valide. Pour ceux-ci, parcourir le monde avec un revenu annuel extrêmement modeste est pratiquement impossible. Les coûts sont simplement trop grands.
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