14/08/2019
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đŸ—»| La Iakumie, pays turcique du cercle polaire - Page 2

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LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


AXES DE COMMUNICATIONS

Comme la plupart des technologies d’origine eurysienne ou des projets de dĂ©veloppement de grande ampleur, l’édification des grands axes de communication — notamment routiers et ferroviaires — date de la pĂ©riode coloniale more, qui s’étend de 1727 Ă  1974. Cependant, une Ă©tude menĂ©e par l’UniversitĂ© nationale iakume en 2010 a Ă©tabli que la plupart des routes rurales actuelles proviennent d’anciens sentiers et chemins non dĂ©limitĂ©s dĂ©jĂ  utilisĂ©s par les populations autochtones, notamment iakumes et nĂ©nĂštses.

Le ministĂšre des Transports de la RĂ©publique iakume a annoncĂ© en octobre 2016 que le pays comptait 13 500 kilomĂštres de routes officiellement reconnues et cartographiĂ©es par les autoritĂ©s. Ce chiffre doit toutefois ĂȘtre nuancĂ©. Les routes varient fortement selon les saisons, certaines pistes n’étant praticables qu’en hiver (en iakume : ĐšŃ‹Ò»Ń‹Ń‹ ĐĄŃƒĐŸĐ»Đ° / Kyhyy Suola, littĂ©ralement « route hivernale »), ce qui porte le rĂ©seau total Ă  prĂšs de 23 500 kilomĂštres durant la pĂ©riode hivernale. Le rĂ©seau routier reconnu par l’État comprend Ă©galement tous les types de voies, qu’il s’agisse de routes asphaltĂ©es, de pistes en gravier ou de simples chemins isolĂ©s. Les routes asphaltĂ©es demeurent rares et ne reprĂ©sentent qu’environ 2 500 kilomĂštres du rĂ©seau national, la trĂšs grande majoritĂ© Ă©tant constituĂ©e de routes en gravier.

De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, l’état des routes iakumes est jugĂ© mĂ©diocre et leur entretien demeure limitĂ©. Le gouvernement iakume a Ă©tĂ© accusĂ© Ă  plusieurs reprises par les habitants des rĂ©gions rurales de privilĂ©gier les voies destinĂ©es Ă  l’exploitation miniĂšre et Ă  l’industrie du bois, secteurs particuliĂšrement importants pour l’économie nationale. En 2018, l’État a dĂ©lĂ©guĂ© une partie de la rĂ©fection des routes secondaires aux administrations locales — olons administratifs et municipalitĂ©s — avec un succĂšs limitĂ©.

En raison d’un budget restreint et des conditions climatiques rendant difficile le maintien de lignes rĂ©guliĂšres, aucune sociĂ©tĂ© nationale de transport routier de passagers n’existe Ă  l’échelle du pays. Pour pallier ce problĂšme, les municipalitĂ©s et les olons assurent des lignes semi-rĂ©guliĂšres, tandis que l’État a mis en place, dĂšs 1995, un programme d’aide financiĂšre destinĂ© Ă  l’acquisition de vĂ©hicules familiaux.

Illustration
La ligne Nord-Sud entre Naryakha et Akolyat constitue l'unique voie féroviÚre de la Iakumie et un axe majeur reliant les deux plus grandes villes du pays.

La ligne ferroviaire reliant Naryakha — la capitale, au sud — Ă  Akolyat — la seconde ville du pays, au nord — constitue aujourd’hui l’unique ligne de chemin de fer encore active et date majoritairement du XIXe siĂšcle, durant la pĂ©riode coloniale more, lorsque son exploitation Ă©tait essentielle pour relier les deux grands pĂŽles urbains du territoire. De nos jours, cette ligne demeure un axe vital pour la Iakumie et dessert plusieurs villes et villages secondaires situĂ©s sur son trajet. Cependant, le manque d’entretien et le vieillissement du matĂ©riel ont conduit la SociĂ©tĂ© nationale Transiakumie (en iakume : ĐąŃ€Đ°ĐœŃŃŠŃĐșŃƒŃƒĐŒŃĐ° / Transyakuumyaa) Ă  faire appel aux entreprises lingoises Great Ling Railways et la Hongzhaji Rail afin de moderniser ses infrastructures.

L’aĂ©roport international de Naryakha constitue l’unique porte d’entrĂ©e aĂ©rienne internationale de la Iakumie, bien que le pays dispose Ă©galement d’aĂ©roports rĂ©gionaux Ă  Akolyat et Cholgyt, dont les capacitĂ©s restent limitĂ©es. Conçu Ă  l’origine comme un projet phare du prĂ©sident Ymratyn Cholboruun destinĂ© Ă  dĂ©velopper le tourisme, l’aĂ©roport est aujourd’hui considĂ©rĂ© comme un gouffre financier pour la capitale et n’est exploitĂ© qu’à un tiers de sa capacitĂ© initiale. Plusieurs petites municipalitĂ©s isolĂ©es ainsi que des olons ruraux disposent Ă©galement de pistes en gravier non homologuĂ©es mais utilisĂ©es localement dans des contextes d’isolement prolongĂ© durant l’hiver.

Enfin, le territoire du Nord — ou exclave du Nord, incluant les territoires tchouktches — demeure particuliĂšrement isolĂ© du reste du territoire national. Si l’on exclut les lignes maritimes et la liaison aĂ©rienne entre Naryakha et l’aĂ©roport rĂ©gional de Cholgyt, la rĂ©gion n’est reliĂ©e par aucune route directe au reste de la Iakumie et se tourne davantage vers les États voisins — Yutchun et PoĂ«toscovie notamment — pour assurer certains ravitaillements. Cette situation, couplĂ©e au manque historique d’investissements de la « mĂ©tropole » envers le territoire du Nord, constitue un sujet rĂ©current de tensions et de crispations au sein de la sociĂ©tĂ© comme du monde politique.

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