11/05/2020
06:21:42
Index du forum Continents Nazum Iakumie

🗻| La Iakumie, pays turcique du cercle polaire - Page 2

Voir fiche pays Voir sur la carte
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


AXES DE COMMUNICATIONS

Comme la plupart des technologies d’origine eurysienne ou des projets de développement de grande ampleur, l’édification des grands axes de communication — notamment routiers et ferroviaires — date de la période coloniale more, qui s’étend de 1727 à 1974. Cependant, une étude menée par l’Université nationale iakume en 2010 a établi que la plupart des routes rurales actuelles proviennent d’anciens sentiers et chemins non délimités déjà utilisés par les populations autochtones, notamment iakumes et nénètses.

Le ministère des Transports de la République iakume a annoncé en octobre 2016 que le pays comptait 13 500 kilomètres de routes officiellement reconnues et cartographiées par les autorités. Ce chiffre doit toutefois être nuancé. Les routes varient fortement selon les saisons, certaines pistes n’étant praticables qu’en hiver (en iakume : Кыһыы Суола / Kyhyy Suola, littéralement « route hivernale »), ce qui porte le réseau total à près de 23 500 kilomètres durant la période hivernale. Le réseau routier reconnu par l’État comprend également tous les types de voies, qu’il s’agisse de routes asphaltées, de pistes en gravier ou de simples chemins isolés. Les routes asphaltées demeurent rares et ne représentent qu’environ 2 500 kilomètres du réseau national, la très grande majorité étant constituée de routes en gravier.

De manière générale, l’état des routes iakumes est jugé médiocre et leur entretien demeure limité. Le gouvernement iakume a été accusé à plusieurs reprises par les habitants des régions rurales de privilégier les voies destinées à l’exploitation minière et à l’industrie du bois, secteurs particulièrement importants pour l’économie nationale. En 2018, l’État a délégué une partie de la réfection des routes secondaires aux administrations locales — olons administratifs et municipalités — avec un succès limité.

En raison d’un budget restreint et des conditions climatiques rendant difficile le maintien de lignes régulières, aucune société nationale de transport routier de passagers n’existe à l’échelle du pays. Pour pallier ce problème, les municipalités et les olons assurent des lignes semi-régulières, tandis que l’État a mis en place, dès 1995, un programme d’aide financière destiné à l’acquisition de véhicules familiaux.

Illustration
La ligne Nord-Sud entre Naryakha et Akolyat constitue l'unique voie férovière de la Iakumie et un axe majeur reliant les deux plus grandes villes du pays.

La ligne ferroviaire reliant Naryakha — la capitale, au sud — à Akolyat — la seconde ville du pays, au nord — constitue aujourd’hui l’unique ligne de chemin de fer encore active et date majoritairement du XIXe siècle, durant la période coloniale more, lorsque son exploitation était essentielle pour relier les deux grands pôles urbains du territoire. De nos jours, cette ligne demeure un axe vital pour la Iakumie et dessert plusieurs villes et villages secondaires situés sur son trajet. Cependant, le manque d’entretien et le vieillissement du matériel ont conduit la Société nationale Transiakumie (en iakume : Трансъякуумяа / Transyakuumyaa) à faire appel aux entreprises lingoises Great Ling Railways et la Hongzhaji Rail afin de moderniser ses infrastructures.

L’aéroport international de Naryakha constitue l’unique porte d’entrée aérienne internationale de la Iakumie, bien que le pays dispose également d’aéroports régionaux à Akolyat et Cholgyt, dont les capacités restent limitées. Conçu à l’origine comme un projet phare du président Ymratyn Cholboruun destiné à développer le tourisme, l’aéroport est aujourd’hui considéré comme un gouffre financier pour la capitale et n’est exploité qu’à un tiers de sa capacité initiale. Plusieurs petites municipalités isolées ainsi que des olons ruraux disposent également de pistes en gravier non homologuées mais utilisées localement dans des contextes d’isolement prolongé durant l’hiver.

Enfin, le territoire du Nord — ou exclave du Nord, incluant les territoires tchouktches — demeure particulièrement isolé du reste du territoire national. Si l’on exclut les lignes maritimes et la liaison aérienne entre Naryakha et l’aéroport régional de Cholgyt, la région n’est reliée par aucune route directe au reste de la Iakumie et se tourne davantage vers les États voisins — Yutchun et Poëtoscovie notamment — pour assurer certains ravitaillements. Cette situation, couplée au manque historique d’investissements de la « métropole » envers le territoire du Nord, constitue un sujet récurrent de tensions et de crispations au sein de la société comme du monde politique.

Retour au sommaire ▲
3287
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


LES TÉLÉCOMMUNICATIONS

Depuis l’instauration tardive d’une ligne télégraphique au XXe siècle par les autorités coloniales mors, les systèmes de télécommunications en Iakumie se sont fortement développés, d’abord sous l’impulsion du comte Abaranov, dernier gouverneur du territoire de Nariakov, puis sous celle du gouvernement iakume après l’indépendance de 1974. La démocratisation des lignes téléphoniques à partir des années 1990, suivie de l’arrivée progressive d’internet autour des années 2010, a marqué un tournant historique majeur dans l’ouverture sociale et culturelle de la population iakume sur le monde extérieur.

Les données concernant la couverture géographique des lignes de téléphonie fixe et mobile, ainsi que l’accès à internet, restent relativement imprécises mais témoignent de fortes inégalités territoriales. Si la majorité des citoyens iakumes majeurs disposent d’un téléphone — fixe ou mobile — la qualité du réseau et le coût des abonnements varient fortement selon les régions. Les principales villes du pays, comme Naryakha, Akolyat ou Ukordok, bénéficient d’une couverture relativement satisfaisante, tandis que celle-ci demeure plus limitée dans les villages ainsi que dans les communautés rurales et isolées. En 2019, seule une poignée de petites localités ne disposait encore d’aucun moyen de communication numérique.

La majorité des appareils et équipements commercialisés en Iakumie dans le secteur des télécommunications proviennent de sociétés étrangères. Si le principal fournisseur et opérateur de télécommunications demeure l’entreprise iakume Yakulink (en iakume : ЯкүЛинк), avec environ 342 000 abonnés mobiles et 118 000 connexions fixes couvrant près de 91 % de la population, celle-ci doit néanmoins faire face à une concurrence croissante de la part d’opérateurs étrangers cherchant à s’implanter sur le marché national.

Illustration
Les cybercafés, même ceux disposant d'un matériel rustique, constitue encore en 2019 l'un des principaux moyens pour les iakumes d'accédez à internet.

Si la plupart des Iakumes ont les moyens financiers de s’offrir un téléphone WEIHUA low-cost ainsi qu’un abonnement téléphonique depuis les années 2000, l’achat d’un ordinateur et l’accès au réseau internet demeurent beaucoup plus compliqués. La forte taxation du secteur par l’État, les difficultés d’acheminement du matériel informatique ainsi que le coût particulièrement élevé des abonnements expliquent qu’en 2019, seul un foyer sur cent dispose d’un ordinateur personnel.

La majorité des habitants souhaitant utiliser un ordinateur ou accéder à internet — en dehors des téléphones les plus avancés — se rendent donc dans des cybercafés, particulièrement populaires et nombreux, y compris dans les petites villes et parfois même dans certains villages isolés.

D’un point de vue administratif, l’ensemble des télécommunications est géré par le Conseil de régulation des télécommunications de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Телекоммуникация Салаайыта Кэнээһэ / Yakuuma Öröspüübülüket Telekommunikatsiya Salaayita Kenehe), qui supervise également le réseau internet national. À l’international, la République iakume est membre du Conseil international des télécommunications, qui lui attribue l’indicatif +78 pour les lignes de téléphonie fixe et mobile.

Anecdote surprenante, la Iakumie a été involontairement mise en avant avec la généralisation, dans les milieux scientifiques et universitaires, des plateformes d’intelligence artificielle utilisant le domaine « .ia », correspondant au domaine national iakume. Cette notoriété a également permis, selon le ministère des Télécommunications, de générer une source de revenus secondaire mais non négligeable grâce à l’exploitation commerciale du domaine.


Retour au sommaire ▲
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


LES SYMBOLES NATIONAUX

Comme pour de nombreuses notions considérées aujourd’hui comme « contemporaines », l’idée d’un symbole représentant l’appartenance à un groupe, à une communauté ou à une nation ne trouve pas d’équivalent direct dans les cultures autochtones de la période précoloniale. Certains historiens ont néanmoins identifié, à partir de recherches menées dans les années 1960, des formes pouvant être interprétées comme des précurseurs symboliques, notamment à travers différentes sculptures en bois retrouvées parmi les populations tchouktches et iakumes, en particulier dans le nord de la Iakumie. Toutefois, l’absence de sources écrites sur le sujet, ainsi que la représentation probable de figures chamaniques sur ces objets — prenant diverses formes comme des statuettes, pendentifs ou colliers — ont conduit le groupe de recherche permanent de l’Université nationale iakume à privilégier, depuis les années 2000, l’hypothèse d’un usage essentiellement religieux ou rituel.

Les premiers véritables précurseurs des symboles nationaux iakumes apparaissent davantage durant la période coloniale, avec l’usage d’un drapeau territorial propre à la colonie mor de Naryakha, bien que fortement inspiré de celui du Zagroyat. De la même manière, le sceau du gouverneur utilisait déjà l’ours comme emblème du territoire. L’influence de la tradition vexillologique et héraldique mor, héritée de la période coloniale, demeure ainsi perceptible dans les symboles officiels actuels de la République iakume.

Les symboles de l’État sont définis par l’article 12 du chapitre II de la Constitution, relatif à la souveraineté de l’État, ainsi que par plusieurs lois relatives aux symboles nationaux, révisées à différentes reprises. La République iakume dispose d’un drapeau national — également utilisé comme pavillon civil et marchand —, d’armoiries d’État ainsi que d’un hymne national, Je suis iakume (en iakume : Мин Якуумяабын). En revanche, ni la Constitution ni les différentes lois en vigueur ne reconnaissent officiellement de devise nationale.

Illustration
Représentation graphique du drapeau national et des armoiries d'État de la République iakume, dans leurs nouvelles versions officielles de 2002.


Le drapeau iakume, adopté par un comité à l’issue d’un concours organisé à l’échelle nationale, se compose de trois bandes horizontales tricolores bleu, blanc et jaune. La bande bleue, placée dans la partie supérieure, représente un sixième de la hauteur du drapeau. La bande jaune, située dans la partie inférieure, présente les mêmes proportions. Entre les deux se trouve une large bande blanche, occupant à elle seule les deux tiers de l’ensemble. Le texte légal définissant le drapeau national ne lui attribue aucune signification officielle. Toutefois, les interprétations populaires — parfois reprises dans le débat politique — associent généralement le bleu au ciel, le blanc à la neige, et par extension à l’hiver et au climat de la Iakumie, tandis que le jaune évoquerait les richesses naturelles, culturelles et humaines du pays.

Les armoiries d’État présentent quant à elles une composition mêlant héritage héraldique mor et influences graphiques plus modernes, parfois rapprochées des armoiries de tradition socialiste. Elles prennent la forme d’un écu ovale bleu sur lequel figure un ours — plus précisément un ours nain de Iakumie, considéré comme l’animal national — dressé sur ses pattes arrière. L’écu est entouré de deux gerbes de blé formant couronne, symbolisant l’abondance et la prospérité. Sous l’ours figure un rouage, représentant l’industrie, tandis que l’ensemble est surmonté d’une étoile à huit branches évoquant l’étoile polaire. Au premier plan, un bandeau ornemental encadre la composition avec, de part et d’autre, le drapeau national, et en son centre la date du 19 septembre 1974, correspondant à l’indépendance de la République iakume.

Les armoiries de l’État, tout comme le drapeau national, sont protégées par la loi, et leur usage ainsi que leur dignité font l’objet d’une protection juridique particulière. Toutefois, les armoiries — et dans une moindre mesure le drapeau — font régulièrement l’objet de critiques de la part d’acteurs de la société civile ou de responsables politiques locaux, qui estiment qu’ils ne représentent pas suffisamment l’histoire, la culture ou les traditions propres au peuple iakume. Plusieurs projets alternatifs de drapeaux ont ainsi été proposés au fil des décennies, sans qu’aucun ne parvienne à réunir un consensus suffisant au sein de la classe politique pour remplacer le symbole actuel.

L'HYMNE IAKUME, UN CAS A PART

Contrairement aux débats entourant le drapeau et les armoiries nationales, l’hymne iakume — dont le titre officiel est Je suis iakume — bénéficie d’une très forte popularité auprès de la population. Selon une enquête publiée par le DNI (Dernières Nouvelles de Iakumie ; en iakume : Якуумяа Кэннэги Соннара / Yakuumyaa Kennegi Sonnara), 85,7 % des personnes interrogées dans un échantillon de 10 000 répondants déclarent apprécier particulièrement l’hymne national, dont les paroles font de nombreuses références à l’histoire, aux paysages et à la culture de la Iakumie.


Paroles officielles
Paroles en iakume cyrillique

Тымныы кыһын биистэрбит хомуллар,
Сулустаах түүн сүрэхпит холбонор.
Олоннорбутуттан омук үүнэр,
Ытык уот тула ырыа дьиэрэйэр.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,


Улуу тайҕа, Ная өрүс уута,
Муус хайалар сырдык кустуктара.
Тымныы тыаллар манна ырыыллара,
Айылҕабыт кэрэтин туойаллар.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,


Көҥүл санаа кынатын сапсынар,
Тылбыт күүһэ суолбутун сырдатар.
Бэйэбит дьылҕаны оҥордубут,
Биһиги сувереннай буоллубут.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,
Якуумяа, Якуумяа, Якуумяа !

Paroles traduites

Dans les froids hivers nos tribus s'unissent,
Sous la nuit claire et les astres, un cœur.
De nos olons naît un peuple puissant,
Le chant s'élève autour du feu sacré.

Je suis iakume,
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,


Les immenses pins de la taïga,
Le fleuve Naya et ses flots si doux.
Ces grands monts glacés brillent de mille feux,
Le vent d'hiver chante pour la nature.

Je suis iakume,
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,


L'esprit libre déploie ici ses ailes,
Le pouvoir de nos mots trace la voie.
Nous avons forgé notre propre sort,
Souverains pour les siècles à venir.

Je suis iakume
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,
Iakumie, Iakumie, Iakumie !

Retour au sommaire ▲
8688
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


L'OLONISME

L’olonisme (en iakume : Олончулук / Olonçuluk) est, dans sa définition la plus communément admise, une idéologie politique iakume apparue entre les années 1980 et 1990 et popularisée par le militant nationaliste Sergen Bytantay, considéré comme l’un des pères de l’indépendance de la Iakumie. Parfois présenté plutôt comme une approche politique que comme une idéologie, l’olonisme défend une décentralisation renforcée de l’État au profit des olons, afin d’accroître leur autonomie administrative, sociale et politique.

Le terme olonisme est un néologisme moderne construit à partir du mot olon (en iakume : Олон), qui désigne à l’origine une communauté ou un regroupement de familles vivant ensemble à l’échelle locale, constituant l’un des fondements historiques de la société iakume traditionnelle. Après l’indépendance, le terme acquiert une dimension politique nouvelle lorsqu’il est repris par l’État pour désigner la base de son organisation territoriale sous la forme de l’olon administratif (en iakume : Административнай Олон / Administrativnay Olon). De nos jours, par usage courant, le mot olon désigne aussi bien les communautés traditionnelles que les divisions administratives modernes, les deux réalités ayant progressivement eu tendance à se confondre.

Il convient également de prendre en compte une certaine disparité dans le degré de décentralisation entre les différents olons administratifs. Si la plupart des olons dits « ruraux » disposent de prérogatives sociales et économiques renforcées, les olons dits « urbains » — à savoir ceux situés à proximité d’une grande ville ou bénéficiant d’un accès routier permanent praticable durant la longue période hivernale — sont de fait moins concernés par cette politique et ne profitent pas du même renforcement de leurs compétences. Cette différence entre les olons urbains et ruraux est justifié par l'État comme une volonté de ompenser l’isolement géographique et les différentes difficultés à laquelles sont exposées les communautés rurales.

Si l’olonisme a constitué l’un des principaux socles politiques et institutionnels des premières décennies de l’indépendance iakume — notamment à travers l’adoption de lois renforçant progressivement l’autonomie des olons administratifs, en particulier dans le milieu rural — sa place dans le débat public évolue depuis les années 2010. Sa prédominance dans l’organisation territoriale de l’État, ainsi que le maintien ou la réforme de ce modèle de décentralisation, constituent désormais un sujet majeur de débat au sein de la société politique iakume.

L'olonisme, une définition complexe

Depuis la création du concept d’olonisme, sa définition en tant qu’idéologie est régulièrement contestée par ses soutiens politiques, qui y voient davantage une doctrine institutionnelle et nationale que l’État iakume se doit de préserver. Selon cette vision, il est impossible de mettre fin à l’olonisme sans une réforme profonde, voire totale, de la société iakume et de son fonctionnement actuel.

Les partisans de cette lecture défendent le fait que la Constitution de la Iakumie mentionne à plusieurs reprises que l’État doit favoriser la décentralisation du pouvoir au profit des entités locales, afin de répondre à certains besoins économiques et sociaux. Les opposants à cette définition avancent cependant qu’une décentralisation peut s’envisager de différentes manières, et que l’olonisme n’a jamais été défini comme un socle institutionnel à part entière, contrairement par exemple au statut d’État unitaire et décentralisé.

L’olonisme est également considéré — dans sa dimension idéologique — comme une forme de troisième voie politique, ne s’inscrivant ni à droite ni à gauche. Qu’il s’agisse du Parti communiste et de sa déclinaison socialiste sous le nom de socio-olonisme, ou de la faction conservatrice de Iakumie Unie, la décentralisation de l’État au profit des olons ne se rattache à aucun courant politique particulier et peut être défendue aussi bien par des libéraux que par des socialistes.

L'olonisme, une idéologie fracturée

Outre sa définition complexe, le contenu politique de l’olonisme est également fragmenté en plusieurs courants internes, le plus souvent associés à des catégories idéologiques plus larges. S’il serait difficile de citer l’ensemble de ses différentes branches tant elles sont nombreuses pour une classe politique relativement réduite, il est toutefois possible de regrouper l’olonisme en quelques grands courants qui se distinguent au sein du paysage politique et social iakume :

  • L’olonisme modéré est sans doute la catégorie qui rassemble le plus grand nombre de sympathisants au sein de la société iakume. Pour résumer, il défend le maintien du statu quo, à savoir un État disposant de prérogatives importantes mais suffisamment décentralisé pour accorder une autonomie notable à l’administration des olons. Cette forme d’olonisme est principalement défendue par la faction dominante du parti Iakumie Unie, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité au sein de celui-ci.
  • L’olonisme minimal est une vision qui défend la préservation des concepts fondamentaux de l’olonisme tout en limitant fortement la décentralisation, afin que certains domaines sociaux, culturels et économiques demeurent de la compétence seule de l’État central. Ce courant, qui se situe entre les modérés et les radicaux, constitue vraisemblablement la seconde tendance disposant du plus grand nombre de partisans au sein de la sphère politique et de la société civile.
  • L’olonisme radical, parfois qualifié « d'extrémiste » par ses opposants, constitue le dernier grand courant lié à l’olonisme. Les partisans de cette vision souhaitent, dans sa forme la plus aboutie, un État fédéral ou confédéral ne conservant que des prérogatives régaliennes limitées, tandis que les olons formeraient la véritable base institutionnelle et politique du pays, tout en demeurant unis par une Constitution commune. Si l’on excepte certaines associations et quelques partis marginaux, ce courant est principalement défendu par des militants isolés ne disposant que d’un poids limité au sein des institutions de l’État.

Ces trois grandes tendances politiques ne représentent toutefois qu’une partie du spectre oloniste, et d’autres visions existent également. Le social-olonisme, par exemple, constitue une interprétation socialiste démocratique (voir communiste) de l’olonisme : cette doctrine peut être rapprochée du concept de communalisme, particulièrement présent en Eurysie et en Paltoterra, à la différence près que les communes fédérées y seraient remplacées par des olons administratifs, issus donc des traditions et des structures communautaires propres à la Iakumie.

L'olonisme, un débat politique permanent


Depuis l’indépendance de la République iakume, le 19 septembre 1974, l’utilisation de l’olonisme comme socle institutionnel et politique de l’État a fait l’objet de très nombreuses critiques et de débats portant à la fois sur la forme qu’il doit prendre, mais aussi — et surtout — sur sa légitimité constitutionnelle et sociétale au sein de la société iakume. Les divisions internes de l’olonisme n’ont pas non plus servi les intérêts de ses partisans, qui critiquent parfois les visions modérées ou radicales de leurs opposants, bien qu’ils partagent pourtant une même base idéologique.

Si, à l’origine, le débat autour de l’olonisme portait principalement sur son évolution afin de renforcer la répartition des pouvoirs entre l’État et les olons, mais également entre les olons dits « ruraux » et « urbains », la question de son maintien comme pierre angulaire du fonctionnement administratif et territorial de l’État occupe désormais une place centrale dans les débats. Ce sujet traverse l’ensemble de la société iakume, qu’il s’agisse de la sphère politique, sociale ou familiale, et donne parfois lieu à des affrontements ou d'autres débordements.

Les principaux arguments avancés par les deux camps peuvent être résumés comme cela :

  • Les olonistes défendent notamment le caractère traditionnel des olons et les présentent comme une forme de démocratie directe. Les assemblées des olons sont théoriquement les institutions locales les plus proches de la volonté populaire, tandis que leur proximité avec les olons dits « traditionnels » permettrait d’assurer une continuité entre les anciennes générations et les nouvelles dans le respect des traditions iakumes. En outre, l’État central se trouve parfois dans l’incapacité de répondre seul à certains besoins essentiels ; ceux-ci sont alors pris en charge à l’échelle communautaire par les olons administratifs dans le cadre des compétences prévues par la décentralisation.
  • Les antiolonistes, à l’inverse, considèrent que l’olonisme favorise l’émergence d’une élite dominante, parfois assimilée à une forme d’aristocratie locale. Selon eux, la démocratie locale serait détournée par les chefs des olons traditionnels, qui profiteraient de leur influence sociale pour se faire élire et maintenir leur position dominante, particulièrement dans les olons ruraux. Les différentes affaires de corruption ayant touché certaines administrations locales ont également fragilisé la position des olonistes. Par ailleurs, leurs opposants dénoncent les inégalités entre les olons ruraux, qui disposent de prérogatives plus étendues, et les olons urbains. Ils voient également dans le transfert progressif de compétences de l’État vers les olons une forme de désengagement du gouvernement central plutôt qu'une réelle prise en charge de l'État.

En 2019, à l’issue de l’élection présidentielle d’avril qui voit la victoire de Tuyaara Uruy Kün, candidate sociale-libérale de Iakumie Unie, plusieurs manifestations sont organisées à Naryakha et à Akolyat par des partisans de l’olonisme afin de défendre le système actuel et de s’opposer à la nouvelle présidente, souvent perçue comme une adversaire de cette doctrine. Si cette dernière ne s’est jamais réellement positionnée sur le sujet, cette mobilisation démontre que la question de l’olonisme demeure encore aujourd’hui un enjeu majeur de la société iakume.

Retour au sommaire ▲
3454
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


GOUVERNEMENT

Le gouvernement de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Үкүтэ / Yakuuma Öröspüübülüket Üküte) constitue la plus haute institution du pouvoir exécutif, placée sous l’autorité de la présidence de la République. Parfois appelé simplement Üküte (« gouvernement »), le terme désigne souvent, par métonymie, le conseil des ministres lui-même, y compris au sein des institutions nationales et des publications officielles de l’État.

L’essentiel du rôle du gouvernement iakume est défini par la section III du chapitre IV de la Constitution de la République iakume. Le gouvernement a pour charge de déterminer et de conduire, sous l’autorité du président de la République, la politique de l’État, et d’assurer le développement économique, social et culturel de la nation dans le respect des lois de la République iakume (article 56 de la Constitution).

Si, dans la plupart des républiques à régime présidentiel, le chef de l’État détermine seul la composition de son gouvernement, la République iakume présente une caractéristique originale : l’ensemble des nominations aux fonctions ministérielles doit être approuvé par la chambre législative, le Tumuul (article 57 de la Constitution).

Illustration
Photographie de 2012 du bâtiment d'État qui acceuil les réunions du conseil des ministres et le secrétariat général de la présidence de la République iakume.


Le contrôle exercé par le Tumuul sur l’exécutif se manifeste également à travers ses nombreuses commissions permanentes, composées de députés, dont chacune correspond à un ministère. Ce contrôle du pouvoir législatif sur le gouvernement, qui s’explique par la place centrale qu’a occupée le Tumuul dans l’histoire contemporaine de la Iakumie, doit toutefois être nuancé : depuis la fondation de la République, l’exécutif comme le législatif sont dominés par le même parti politique, ce qui limite en partie l’effectivité de ces prérogatives de surveillance.

L'organisation des ministères, et leur réunion au sein du conseil des ministres, est défini par la loi portant sur l'organisation de l'exécutif, adopté en 1975 et révisé à plusieurs reprises. Le conseil des ministres (également appelé cabinet) de la République iakume comprend :

  • Présidence de la République iakume (chef de l'exécutif et présidence du conseil des ministres)
  • Ministère des Affaires extérieures de la République iakume
  • Ministère des Affaires intérieures de la République iakume
  • Ministère de la Justice de la République iakume
  • Ministère de la Défense de la République iakume
  • Ministère du Trésor public de la République iakume
  • Ministère du Travail et des Syndicats de la République iakume
  • Ministère de l'Économie et des ressources nationales de la République iakume
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux de la République iakume
  • Ministère du Développement rural de la République iakume
  • Ministère des Communautés nomades de la République iakume
  • Ministère de la Nature et des Parcs nationaux de la République iakume
  • Ministère de l'Éducation de la République iakume
  • Ministère des Sports et de l'Éducation physique de la République iakume
  • Ministère des Cultes de la République iakume
  • Ministère des Transports de la République iakume
  • Ministère des Télécommunications de la République iakume
  • Ministère de l'Énergie de la République iakume

Outre les dix sept ministères, le gouvernement comprend également plusieurs fonctions ne siégeant pas directement au sein du conseil des ministres. On peut notamment citer le porte-parole du gouvernement, le procureur général ou encore le secrétaire général de la présidence. Enfin, il faut également prendre en compte la fonction de « vice-président du gouvernement » qui, bien qu’elle ne soit pas définie par la Constitution, accorde à son titulaire une forme de préséance au sein du gouvernement : il assure l’intérim en cas d’absence du président lors des réunions du cabinet et coordonne les activités interministérielles.


Retour au sommaire ▲
15061
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


TENDANCES ET PARTIS POLITIQUES

Historique

L'histoire de la vie politique de la Iakumie ne commence réellement qu'au milieu du XXe siècle. Avant cela, le pouvoir est déjà partagé entre le Tumuul, institution reconnue depuis 1797 par les colons mors et représentant les communautés autochtones locales, mais qui ne bénéficie de jure que de prérogatives limitées, et le gouverneur mor qui, de son côté, voit progressivement son autorité diminuer en dépit du fait qu'il détient légalement les pouvoirs exécutif et législatif. Différentes réformes du « statut colonial » sont alors adoptées afin de réformer le territoire et de tenter d'assurer le maintien du pouvoir colonial, sans grand succès.

Du côté du Tumuul, qui devient progressivement le cœur du pouvoir législatif sur une grande partie du territoire — à l'exception de Nariakov, l'actuelle Nariakhya, et de plusieurs foyers de colons qui reconnaissent encore l'autorité du gouverneur — aucune élection législative ni aucun véritable parti politique n'existent jusqu'à l'indépendance. Les olons sont représentés par les chefs coutumiers des communautés ou par des représentants désignés par les chefs de famille locaux. Se dessinent cependant progressivement, à partir du milieu du XXe siècle, des groupes favorables à l'indépendance ainsi que d'autres prônant l'évolution du territoire vers un statut officiel lié au Zagroyat de Morakhan.

Face à l'effervescence progressive d'un « sentiment national » parmi les colons mors, plusieurs associations à vocation politique se forment, ainsi qu'une assemblée de colons qui ne sera jamais reconnue par le gouverneur local. Ces associations et groupes politiques cherchent à faire valoir le maintien du territoire dans le giron du Zagroy et affichent des principes idéologiques résolument conservateurs, néocoloniaux et, évidemment, anti-indépendantistes. Des nuances doivent cependant être apportées car, pour l'écrasante majorité d'entre eux, tous sont favorables à une législation encourageant la solidarité et la cohabitation pacifique entre les Mors et les communautés locales, notamment les Iakumes et les Tchouktches. Seule une infime minorité réclame la dissolution du Tumuul et l'instauration d'un pouvoir exclusivement détenu par les descendants des premiers colons.

Malgré plusieurs pétitions, manifestations, rencontres avec le gouverneur et une lettre adressée au Zagroy, ces associations politiques ne remporteront jamais le succès escompté. La difficile gestion d'un territoire dépourvu de ressources, la marginalisation progressive du pouvoir du gouverneur ainsi que les coûts d'entretien du territoire jouent en faveur des nationalistes iakumes, qui prônent une indépendance pacifique obtenue par un accord diplomatique avec la Couronne mor, tout en conservant de bonnes relations avec cette dernière. Le Zagroyat ratifie finalement l'indépendance de la Iakumie à la suite du succès du référendum du 19 septembre 1974.

À la suite de l'indépendance et du tournant républicain engagé par le gouvernement provisoire mis en place par le Tumuul, qui entend démocratiser la Iakumie — encore perçue à l'international comme une société clanique peu propice à l'émergence d'une organisation étatique moderne — les premiers partis politiques commencent progressivement à émerger. Cependant, le pluralisme politique ne s'impose pas automatiquement dans la vie politique iakume, qui voit plutôt émerger une forme de parti unique de facto avec le parti « Iakumie Unie », lequel demeure pendant près de deux décennies la seule formation représentée au sein du Tumuul et des plus hautes sphères du pouvoir, avant que la diffusion de nouvelles idéologies dans la société iakume ne favorise une véritable diversification de la vie politique à partir du milieu des années 1990.

Tendances et vie politique actuelle

La vie politique de la République iakume ne débute réellement, après le gouvernement provisoire, qu'avec les premières élections générales tenues à la fin de l'année 1975, après l'adoption de la Constitution en mars de cette même année. Un profond renouvellement de la classe politique est alors opéré : l'État, encore marqué par une « oligarchie des chefs des olons traditionnels », est remplacé, dans le cadre de la démocratie représentative, par des députés engagés en faveur de la démocratisation et de la modernisation du pays. Si ces convictions restent centrales lors des élections suivantes, la réalité rattrape rapidement cette nouvelle classe dirigeante : les chefs coutumiers, dont le pouvoir est devenu officiellement symbolique mais demeure très respecté, reprennent rapidement le dessus, et les élections générales suivantes, tenues en 1979, voient le retour d'une grande partie d'anciens chefs coutumiers ou de membres de leur famille élargie qui leur sont favorables, convertis à la « nouvelle norme moderne », telle qu'elle était définie à l'époque dans les journaux.

Si, de nos jours, cette prééminence des anciens représentants de l'élite traditionnelle n'est plus une réalité absolue, elle demeure néanmoins un facteur non négligeable de la vie politique iakume. Les députés représentant leurs olons sont encore souvent liés, de près ou de loin, aux chefs coutumiers et aux « anciens » de leurs communautés, lesquels se cantonnent désormais davantage à un rôle local qu'à une implication directe dans la vie institutionnelle de la nation.

L'évolution des élections législatives et présidentielles, ainsi que la formation des partis politiques, n'ont également que peu changé depuis l'indépendance. La première grande formation politique, le parti Iakumie Unie continue d'incarner presque à elle seule le pouvoir législatif, tandis que le milieu des années 1990 a vu émerger plusieurs partis d'opposition, dont le plus notable est le Parti communiste de la République iakume. Les élections organisées depuis les années 2000 ont confirmé cette dualité entre le parti Iakumie Unie, qui demeure la principale force politique au sein du Tumuul et occupe la présidence de la République depuis l'indépendance, et le Parti communiste, qui constitue la seule force d'opposition véritablement crédible pour une large partie de l'électorat. Hormis ces deux partis, d'autres formations sont également à citer, comme les Démocrates de Iakumie et le Parti de la liberté économique, tous deux représentés au Parlement, ainsi qu'une myriade de groupes, d'associations et de collectifs politiques qui ne bénéficient pas de la reconnaissance du ministère de la Justice — chargé d'homologuer les partis politiques — ou dont l'influence demeure trop limitée pour jouer un quelconque rôle au sein des institutions iakumes.

Enfin, le dernier grand facteur structurant de la vie politique iakume est l'olonisme, un « courant idéologique » local lié à la participation des olons, communautés autrefois traditionnelles de la société iakume et désormais institutionnalisées, au fonctionnement politique de la nation. De nombreuses divergences existent entre les partisans et les opposants de l'olonisme, tandis que plusieurs courants internes fragmentent largement cette pensée politique tout en lui permettant de demeurer un thème central des débats au sein de la classe politique iakume.

Iakumie Unie
Logotype officiel

Le parti Iakumie Unie (en iakume : Якуумяа Биирг / Yakuumyaa Biirge) constitue la principale force politique de la République iakume, et ce depuis les premières élections générales. Détenant la majorité des sièges du Tumuul au cours de l'ensemble de ses législatures, ainsi que la présidence de la République depuis l'instauration de cette fonction, le parti Iakumie Unie ne doit cependant pas être considéré comme un collectif homogène. Parfois présenté comme une « confédération de mouvements politiques », voire comme un « État dans l'État » en raison de son vaste réseau de bureaucrates et de représentants locaux, il agit en effet comme un regroupement de députés et de membres partageant certaines valeurs communes, principalement le nationalisme et le républicanisme, mais demeurant très disparates sur la plupart des autres sujets. Dresser la liste des factions internes au parti serait aussi long qu'illusoire, tant celui-ci s'est progressivement développé en une myriade de groupes qui, réunis sous une direction commune, cherchent néanmoins à assurer une place de choix à leurs idées.

La faction dominante est résolument étatiste et conservatrice, notamment sur le plan social, mais l'on y trouve également des groupes libéraux ainsi que d'autres se réclamant de courants de gauche, notamment du socialisme. La majorité de ses représentants au Tumuul ne précise toutefois que rarement à quelle branche elle se rattache, préférant évoluer au gré de ses convictions du moment ou de ses intérêts politiques. À l'échelle présidentielle, un changement est opéré en 2019 : après plusieurs présidences résolument conservatrices, l'aile sociale-libérale, représentée par Madame Tuyaara Uruy Kün, remporte la primaire du parti — parfois considérée comme la véritable élection présidentielle — à la suite d'une entente avec différentes factions minoritaires et d'un compromis conclu avec les conservateurs.

Du point de vue de l'olonisme, Iakumie Unie est sans doute le parti le plus divisé sur la question. Tandis que les courants conservateurs y sont favorables, certains courants dits « démocrates » y sont clairement opposés, ajoutant une source supplémentaire de tensions au sein du parti. Il est cependant à noter qu'à l'image des autres sujets, le parti adopte une ligne particulièrement adaptable en fonction du contexte et des propositions relatives à l'olonisme, notamment lorsqu'elles concernent les institutions. L'électorat du parti, quant à lui, est généralement classé parmi les modérés par la plupart des groupes d'études qui se sont penchés sur la question.

Enfin, le parti dispose de sa propre coalition au sein du Tumuul, la « Coalition Iakumie Unie », entretenue depuis plusieurs législatures avec le Parti de la liberté économique. Cette entente repose principalement sur des questions liées au nationalisme, bien que l'idéologie défendue par le Parti de la liberté économique soit avant tout fondée sur le libéralisme économique et le libre marché, deux sujets qui demeurent, quant à eux, des points de divergence au sein même du parti Iakumie Unie.

Parti communiste de
la République iakume
Logotype officiel

Lors de l'indépendance, si le nationalisme iakume s'est imposé comme le principal vecteur idéologique de la nouvelle République, le socialisme et les courants communistes ne se diffuseront réellement au sein de la société iakume qu'au milieu des années 1990, période qui verra notamment la création du Parti communiste de la République iakume (Якуума Өрөспүүбүлүкэт Коммунис Партията / Yakuuma Öröspüübülüket Kommunis Partiyata) en 1997. Originellement nommé « Parti unifié des travailleurs iakumes » (en iakume : Якуума Үлэһиттэрин Биирдэммит Партията / Yakuuma Ülehitterin Biirdemmit Partiyata), avant d'adopter son nom actuel au tournant des années 2000, le parti connaît une évolution progressive : en effet, si la diffusion des idées socialistes et communistes en Iakumie débute dès les années 1990 sous l'impulsion, notamment, d'enseignants et de chercheurs universitaires, ce n'est véritablement qu'au début des années 2000 que le Parti communiste entame son ascension avec ses premiers succès électoraux. Vingt ans plus tard, et en dépit du fait que Iakumie Unie demeure le parti majoritaire au sein des institutions, le Parti communiste de la République iakume est parvenu à s'imposer comme la seconde force politique du pays.

Ce succès auprès de la classe ouvrière et d'une partie de la jeunesse issue du monde rural — qui constitue l'électorat cible défini par le bureau politique du parti — s'explique principalement par le refus du parti d'imposer le socialisme par la révolution, d'où son nom, qui l'inscrit volontairement dans le prolongement des institutions de la République. Divers mouvements socialistes, souvent révolutionnaires, sont apparus puis ont disparu entre les années 1990 et 2010, sans jamais rencontrer de réel soutien au sein de l'électorat. La vision dominante du parti est celle d'une société fondée sur les principes du socialisme démocratique et du communisme. Il existe cependant diverses factions, plus ou moins importantes, se réclamant d'un socialisme modéré ou, à l'inverse, souhaitant l'instauration d'un marxisme d'État en Iakumie.

Le programme du parti est souvent présenté comme « très large » sur le plan idéologique et ne se limite pas exclusivement au communisme, à l'image des nombreuses factions qui le composent. Ce choix, assumé par les fondateurs du parti, vise à rassembler la « grande gauche » au sein d'une formation politique unique, incarnée par le Parti communiste de la République iakume. C'est la raison pour laquelle il n'existe pas d'autre parti de gauche notable sur la scène politique iakume, la plupart des formations créées par la suite ayant fini par être intégrées au bloc politique du Parti communiste de la République iakume.

Un aspect notable du parti réside dans sa position sur la scène internationale. À une époque où la République iakume était encore majoritairement isolationniste, le parti prônait une ouverture vers le continent nazumi, et plus particulièrement vers la Confédération Socialiste du Nazum (CSN). L'État entretenant déjà des liens diplomatiques et culturels importants avec le Yutchun voisin, lui-même membre de la CSN, le Parti communiste s'est progressivement prononcé en faveur d'une coopération plus étroite avec la Confédération socialiste, voire d'une intégration au sein de celle-ci. Cependant, l'aile favorable à l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme (UICS), dont le parti est membre, s'est toujours opposée à tout rapprochement avec la Confédération, pour diverses raisons idéologiques et politiques.

Démocrates de Iakumie
Logotype officiel

Issu d'une scission de Iakumie Unie en 2012 — ce qui demeure relativement rare en dépit de son morcellement politique — le parti « Démocrates de Iakumie » (Якуумяа Демократтара / Yakuumyaa Demokrattara) constitue l'un des partis secondaires de la vie politique iakume. Il dispose cependant d'une base électorale suffisante pour être représenté au Tumuul, l'institution législative. Les Démocrates sont progressivement parvenus à rallier une partie de l'électorat de Iakumie Unie, notamment dans les zones rurales, en présentant un programme résolument nationaliste et conservateur sur les plans économique et social. La scission trouve par ailleurs son origine dans la politique neutraliste menée par Iakumie Unie à l'égard du communisme, et notamment du Parti communiste, qui prend, à partir des années 2010, une importance croissante au sein de la vie politique iakume, jusqu'à devenir la seconde force politique du pays.

C'est ainsi une certaine perception d'un « péril communiste » qui a favorisé l'apparition des Démocrates de Iakumie, lesquels se prononcent ouvertement en faveur d'une plus grande olonisation de la politique nationale. À plusieurs reprises, le porte-parole du mouvement a annoncé vouloir « favoriser l'émergence d'un système institutionnel où les olons constituent les fondements de la démocratie, et où la République adopterait une organisation plus fédérale ».

Dans un pays connu pour sa neutralité sur les questions internationales, les Démocrates de Iakumie se sont également positionnés en faveur d'une rupture avec la politique de conciliation et de coexistence pacifique menée à l'égard de la Confédération Socialiste du Nazum et des autres États socialistes du Nazum. Face à ce positionnement, les citoyens tchoutches de la République iakume ont milité pour que le traité leur garantissant une forme de libre circulation avec le Yutchun socialiste soit conservé, ce que les Démocrates ont finalement accepté à l'issue de plusieurs débats internes.

Parti de la Liberté économique
Logotype officiel

Le Parti de la liberté économique (Экономика Эриир Партията / Ekonomika Eriir Partiyata) fait partie des petits partis politiques qui disposent néanmoins d'une base électorale suffisamment importante pour peser sur la scène politique nationale et être représentés au sein du Tumuul. Créé en 2008, alors que l'économie iakume commence déjà à stagner, le parti prône une privatisation massive des entreprises dans un État où l'étatisme et l'interventionnisme demeurent la norme, et défend des idées libérales : liberté individuelle, démocratie, État de droit et, surtout, libre marché, qui constitue le thème central de son programme.

Ses idées n'ont jusqu'à présent pas rencontré un franc succès auprès de l'électorat. Le parti est principalement soutenu par les petits commerçants privés, essentiellement implantés dans les grandes villes iakumes, notamment Akolyat et la capitale Naryakha, ainsi que par la petite bourgeoisie du pays. Par ailleurs, le Parti de la liberté économique est membre depuis 2019 de l'Union mondiale libérale (UML), une organisation regroupant des partis libéraux à l'échelle internationale.

Si le Parti de la liberté économique ne s'est jamais officiellement positionné pour ou contre l'olonisme, la majorité de ses députés et représentants politiques se sont déclarés favorables à l'abandon de cette « idéologie clanique » et à une modernisation de l'État dépourvue de l'intégration traditionnelle des autorités cheffières des olons iakumes. Afin de disposer d'un poids politique plus important, le Parti de la liberté économique entretient une entente politique avec Iakumie Unie. Les deux partis sont regroupés au sein du Tumuul dans la « Coalition Iakumie Unie », tout en conservant leur autonomie respective.

Retour au sommaire ▲
4725
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


L'ORDRE NATIONAL DE L'ÉTOILE POLAIRE
Grande décoration de l'Ordre national de l'Étoile polaire

Durant la grande majorité de la période coloniale, le territoire iakume, alors nommé « territoire de Nariakov », est dépourvu de toute distinction civile ou militaire spécifique, les titres et décorations étant uniquement accordés par le Zagroy de Morakhan, souverain du territoire qui dépend alors de l'Empire more, auquel ces distinctions sont assimilées. En 1950, quelques décennies avant l'indépendance, le gouverneur crée, avec l'accord du Zagroy, la « Médaille du Gouverneur » (en morsaman : Медаль Губернатора / Medal' Gubernatora), destinée à récompenser les colons mors ainsi que les autochtones (iakumes, tchouktches ou nénètses) demeurés fidèles à la monarchie. Celle-ci sera remplacée lors de l'indépendance, en 1974, par la Médaille présidentielle (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Баса Бүлүүтэтэ / Yakuuma Öröspüübülüket Basa Bülüütete, que l'on peut traduire par « Médaille du Président de la République iakume » ou, plus simplement, Баса Бүлүүтэтэ / Basa Bülüütete), qui conserve une signification similaire et devient la principale distinction honorifique de la jeune République jusqu'à la création de l'Ordre national de l'Étoile polaire en 1991.

Dans la société iakume traditionnelle, les récompenses et décorations, extrêmement rares et presque absentes du folklore, n'ont jamais été particulièrement appréciées, tout comme les ordres décoratifs de l'Empire more, perçus comme une forme d'acceptation de la tutelle coloniale. Ainsi, si l'on compte quelques autochtones iakumes ayant reçu une décoration impériale du Zagroy, ceux-ci sont, dans la plupart des cas, exclus des cercles traditionnels de leur olon. Ces raisons expliquent pourquoi la jeune République iakume n'a pas formellement institué d'ordre national à ses débuts, se limitant à une simple médaille commémorative.

Cependant, la préséance accordée au président de la République du fait que la médaille lui est associée est désapprouvée par le Tumuul dès 1984, durant une période où les pouvoirs exécutif et législatif tendent à s'opposer, provoquant une crise politique. En marge de ces tensions, une proposition émerge afin de doter la République iakume d'un ordre national destiné à récompenser symboliquement les services rendus à la nation, et une commission interne est chargée d'étudier les fondements du projet ainsi que le statut à lui accorder. Ce n'est finalement qu'en 1991, alors que les mentalités des citoyens tendent vers une forme de modernisation et d'émancipation vis-à-vis de la société traditionnelle, que l'Ordre national de l'Étoile polaire (en iakume : Хотугу Сулус Ил Бигэтэ / Hotugu Sulus Il Bigete) est instauré par une loi du Tumuul.

Depuis sa création, l'Ordre national de l'Étoile polaire, aussi connu sous le nom informel d'« Ordre national de la République iakume » (Якуума Өрөспүүбүлүкэт Ил Бигэтэ / Yakuuma Öröspüübülüket Il Bigete), a déjà été décerné à plusieurs centaines de citoyens, représentants diplomatiques étrangers, chefs d'État et chefs de gouvernement. Il demeure l'unique ordre honorifique reconnu par la République iakume, et son attribution reste relativement rare.

Organisation, cérémonies et modalités

En tant qu'unique ordre national de la République iakume, l'Ordre vise, selon les statuts définis par le texte de loi adopté par le Tumuul, « à récompenser toute personne, civile ou militaire, citoyenne de la République iakume ou étrangère, ayant rendu des services éminents à la nation ou ayant contribué à l'intérêt national dans les domaines des sciences, de l'éducation, de la culture, de l'art, de l'économie ou du social ». En vertu de ce même texte, la dignité est accordée par le président de la République, qui est le Grand-maître de l'Ordre, mais qui doit auparavant obtenir l'approbation d'une commission composée de députés du Tumuul pour chaque nomination.

La décoration est organisée en une classe unique : la « Grande décoration » (en iakume : Улахан Бигэтэ / Ulaxan Bigete). De ce fait, les récipiendaires de l'Ordre ne précisent généralement pas qu'ils sont titulaires de la « Grande décoration », mais se présentent simplement comme récipiendaires de l'Ordre national de l'Étoile polaire.

La décoration est systématiquement remise par le président de la République au nom de la République iakume, qu'il s'agisse de citoyens iakumes, de représentants étrangers ou de chefs d'État. Dans le cas où le président de la République ne peut, pour un motif valable, assumer cette responsabilité, le président du Tumuul procède à la remise de la décoration. La cérémonie se déroule durant l'été sur l'esplanade commune au Tumuul et au palais d'État — siège du gouvernement — et, durant l'hiver, dans une salle spécialement dédiée du Tumuul.

Toute personne récipiendaire de l'Ordre national de l'Étoile polaire qui est étrangère reçoit automatiquement la citoyenneté d'honneur de la République iakume. Celle-ci lui permet de bénéficier d'un droit permanent d'entrée et de séjour sur le territoire de la République iakume, sans pour autant lui conférer le droit de vote lors des élections générales ni celui de participer à la vie politique. Les conditions d'obtention de la citoyenneté iakume sont cependant assouplies pour les titulaires de cette citoyenneté d'honneur. Outre cela, tous les récipiendaires de l'Ordre bénéficient d'une rente annuelle, versée en sakhyrs (la monnaie nationale), dont le montant varie en fonction du pouvoir d'achat et du budget alloué par l'État.

Récipiendaires

Retour au sommaire ▲
97
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


HISTOIRE PRÉCOLONIALE





Retour au sommaire ▲
4459
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


DÉMOGRAPHIE

La démographie de la République iakume et l'évolution de l'étude statistique liée à sa population ont grandement varié au fil du temps et du contexte historique de la nation iakume. Débuté durant la période coloniale mor, le premier « recensement » réalisé en 1800 de la population est en réalité davantage une statistique liée au nombre de colons présents sur le territoire qu'une véritable évaluation du nombre de personnes vivant sur le territoire de Nariakov : les populations autochtones, notamment iakumes, nénètses et tchouktches, sont ainsi ignorées et l'administration coloniale donne le chiffre de 15 786 habitants pour l'année 1800, un chiffre « largement sous-évalué » selon la plupart des études universitaires modernes.

Ce n'est qu'avec l'indépendance de la République iakume que les premiers recensements sont organisés à l'échelle nationale, sans discrimination ethnique ou culturelle. En dépit du fait que les recensements prennent en compte les données ethniques et culturelles, l'ensemble des citoyens sont égaux devant la loi, tel que défini par la Constitution et l'énoncé des droits qui y est inclus.

Le taux de natalité apparaît comme assez élevé, avec environ 15,5 ‰, notamment en raison de la politique pro-familiale mise en place par le gouvernement durant les années 1980 et des contextes sociaux des communautés iakumes, qui ont toujours favorisé un grand nombre d'enfants au sein des familles du fait des maladies et de la mortalité infantile encore très courantes au milieu du XXᵉ siècle, mais qui ont très nettement baissé depuis les années 1960. Il existe cependant de grandes disparités en matière de natalité : les communautés dites autochtones, telles que les Iakumes ou les Tchouktches, font en moyenne nettement plus d'enfants que les populations issues de l'immigration, telles que les descendants des colons mors, dont la population voit ses effectifs peu à peu diminuer du fait de l'émigration et de la baisse de la natalité au sein de la communauté. En comparaison, le taux de mortalité n'est que d'environ 8,5 ‰, ce qui explique également la croissance naturelle assez importante de l'Iakumie.

L'espérance de vie est ainsi estimée à 72,5 ans en moyenne, une moyenne assez basse, mais qui peut s'expliquer par les conditions de vie particulièrement difficiles, notamment du fait du microclimat iakume propre à la région. Par ailleurs, il faut prendre en compte que cette moyenne se base sur les catégories hommes et femmes confondues, alors qu'en moyenne, les hommes vivent nettement moins longtemps que les femmes iakumes.

Illustration
Photographie, au format panorama d'une famille iakume (le père, sa femme et ses trois filles) en costume traditionnelle, lors d'une fête locale en 2014

Composition et groupes ethniques
Selon les données du recensement national du 1er janvier 2020

La République iakume est une nation multiethnique et pluriconfessionnelle, toutefois fortement dominée ethniquement par les Iakumes, qui représentent plus des trois quarts de la population. Les autres peuples natifs et autochtones s'inscrivent également dans une dynamique de population assez conséquente, tandis que les populations d'origine immigrée, notamment durant la période coloniale, qui constituaient durant plusieurs siècles l'essentiel du pouvoir politique, ne représentent aujourd'hui qu'une petite partie de la population.
  • Iakume (80% de la population, sois 351 764 habitants majoritairement chrétien orthodoxe) ;
  • Tchouktche (10% de la population, sois 43 970 habitants majoritairement chamaniste) ;
  • Mor (5% de la population, sois 21 985 habitants majoritairement chrétien orthodoxe) ;
  • Nénètse (3% de la population, sois 13 191 habitants majoritairement chamaniste) ;
  • Autres groupes minoritaires non recensé (2% de la population, sois 8 794 habitants, pratiquant des religions diverses).

Il est à noter que les données ethniques sont exclusivement donner à titre informatif par l'Institut iakume des statistiques, et ne peux faire l'object d'aucune récupération politique. L'institut iakume des statistiques précisent également que ses données peuvent comporter certaines imprécisions du fait que la République iakume ne propose pas la double identité culturelle dans ses formulaires, ou bien par l'absence temporaire de certains citoyens du sol national iakume. Enfin, les statistiques ne prennent pas en compte les citoyens iakumes ne résidant pas sur le territoire natrional.
Durant les années 2000, le Ministère des Affaires extérieures de la République iakume a créé un Département pour les citoyens iakumes vivant à l'étranger. De nos jours, on estime que la diaspora iakume représente environ 65 000 ressortissants ou descendants vivant à l'étranger, dont la très grande majorité a conservé la nationalité ou possède une double nationalité. Si la plupart des personnes de ces diasporas estiment, selon un sondage indépendant, qu'elles n'ont « pas coupé les ponts avec la culture de leur pays natal ou d'origine », la plupart d'entre elles estiment qu'elles préfèrent vivre en dehors de l'Iakumie en raison des salaires et des conditions de vie. La République iakume est, depuis son indépendance, une importante terre d'émigration.

Retour au sommaire ▲
5746
LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


ADMINISTRATION TERRITORIALE

L'administration territoriale de la République iakume est définie par le Chapitre V de la Constitution, qui définit notamment, par l'article 69 : « Le territoire national de la République iakume est constitué de collectivités territoriales formant des divisions administratives. » L'intégralité du territoire national est divisée en entités administratives, dont le fonctionnement et l'organisation sont garantis par la Constitution et la loi, et qui disposent de compétences spécifiques en fonction de leur importance. L'essentiel du fonctionnement administratif de l'État iakume, qui est fortement décentralisé, est organisé à l'échelle locale et l'on trouve deux entités principales : les olons administratifs et les municipalités.

Historiquement, les olons (en iakume : Олон, que l'on peut traduire par « communauté ») constituent les bases de l'organisation sociale des populations iakumes, majoritaires sur le territoire national : il s'agit d'un regroupement de plusieurs familles, originellement nomades puis sédentaires, qui vivent ensemble et prennent des décisions dans l'intérêt de la communauté dans son ensemble. Certains politologues ont comparé cela à une forme de démocratie directe, mais le fonctionnement des olons varie grandement en fonction des régions et il est établi que la plupart d'entre eux étaient en réalité dominés par les chefs des grandes familles, voire par des chefs coutumiers élus par ces derniers, favorisant un fonctionnement aristocratique.

Les municipalités constituent le plus petit échelon administratif iakume et sont soit le regroupement de plusieurs petits villages sous la forme d'une entité, soit une ville assez peuplée pour disposer du statut de municipalité. Certaines municipalités peuvent également s'associer pour former des intercommunalités, du moment qu'elles sont dans le même olon administratif. Gouvernement local le plus proche des populations, elles ont un fonctionnement assez commun avec un conseil municipal et un président du conseil municipal (équivalent à la fonction de maire), élu pour un mandat de quatre ans. Cependant, les prérogatives des municipalités et leurs actions concrètes sont régulièrement mises à mal par les pouvoirs importants accordés de facto aux olons.

Occupant une place centrale dans le système administratif, social, culturel, éducatif et politique, les olons administratifs (en iakume : Административнай Олон / Administrativnay Olon) constituent l'un des fondements de la vie locale des populations iakumes. Actuellement au nombre de quarante, ils ont pour origine les olons traditionnels formés librement par les familles et étaient bien plus nombreux lors de l'indépendance, avant de voir leur nombre progressivement réduit à partir des années 1990, jusqu'au nombre actuel fixé en 2008 à la suite du regroupement de plusieurs olons. Ils ont pour socle l'Assemblée d'Olon, une institution délibérative qui assure en quelque sorte le pouvoir législatif local, dans la limite des prérogatives prévues par la loi. L'Olonkhoï, qui assure théoriquement le pouvoir exécutif, est le représentant de l'État auprès des institutions de l'Olon et de sa population et veille au respect de la loi et de l'autonomie locale.

Bureau local d'un représentant du gouverneur mor
Lors de la colonisation mor, des « bureaux coloniaux » furent ouverts dans certaines zones limitées afin de faire respecter l'autorité du gouvernement colonial.
Il ne reste aujourd'hui que des vestiges limités de ces édifices qui fûrent, par ailleurs, très peu efficace si l'on excepte les villes et villages de colons mors.

Cependant, la réalité est très différente : les assemblées d'Olons sont majoritairement dominées (surtout dans les milieux ruraux) par des élites locales, sur le modèle des olons traditionnels avec des « chefs de famille », des « anciens » ou bien même des « chefs coutumiers » reconvertis en représentants politiques et qui assurent ainsi la pérennisation de la domination des élites traditionnelles sur leurs communautés. Certaines compétences devant théoriquement être exercées par le gouvernement central sont de fait mises en application par les olons administratifs, dont certains s'arrangent avec les Olonkhoï via des affaires de corruption, ou bien, à l'inverse, entrent dans une forme de lutte, car les Olonkhoï sont souvent extérieurs à la communauté.

Enfin, il existe deux types d'olons administratifs : les olons urbains et les olons ruraux. Les olons urbains ressemblent souvent davantage à des assemblées intercommunales et n'ont pas le fonctionnement particulier que l'on peut trouver dans le milieu rural, car le système actuel bénéficie surtout aux olons ruraux qui, sous réserve d'être « isolés du pouvoir central » du fait des conditions climatiques et géographiques, s'arrogent des pouvoirs supplémentaires. Cette lutte constante pour la sauvegarde du système des olons a donné lieu à un concept politique appelé l'olonisme (en iakume : Олончулук / Olonçuluk).

Il existe également plusieurs collectivités territoriales particulières, qui ne se rattachent ni à l'organisation municipale ni aux olons : certaines populations nomades, qu'elles soient iakumes ou liées à d'autres populations ethniques, bénéficient d'un statut de protection particulier, qui leur est garanti par la Constitution. Ces « communautés nomades », organisées et reconnues à l'échelle de l'olon ou des olons où elles résident, disposent par ailleurs d'un droit à l'autoadministration limité, tout en disposant, du fait de leur statut de citoyens iakumes, d'un cadre éducatif, social et sanitaire qui leur est garanti par l'État.

Enfin, le cas le plus « connu » est celui des Tchouktches, qui représentent 10 % de la population iakume et qui résident essentiellement dans la Iakumie du Nord : la Constitution et la République iakume leur garantissent une autonomie renforcée via les « Territoires tchouktches », une entité administrative comparable à l'échelon d'une région unique sur le territoire iakume et où ces derniers vivent réellement en autonomie et entretiennent des rapports particuliers avec la République iakume. Cette organisation, qui ne remet cependant pas en question la présence d'olons ruraux au fonctionnement « allégé » dans leurs territoires, dépasse le cadre national strict, car les Tchouktches vivent majoritairement de manière nomade, à cheval entre les territoires tchouktches de la République iakume et la région des Tchouktches de la République Socialiste Native des Nénètses, des Tchouktches et des Aléoutes, qui se sont entendues dès 1980 avec le « Traité des Tchouktches », garantissant une autonomie régionale pour les populations tchouktches dépassant leurs statuts nationaux respectifs.

Retour au sommaire ▲
Haut de page