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🗻| La Iakumie, pays turcique du cercle polaire - Page 2

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LA IAKUMIE
PAYS TURCIQUE DU CERCLE POLAIRE


AXES DE COMMUNICATIONS

Comme la plupart des technologies d’origine eurysienne ou des projets de développement de grande ampleur, l’édification des grands axes de communication — notamment routiers et ferroviaires — date de la période coloniale more, qui s’étend de 1727 à 1974. Cependant, une étude menée par l’Université nationale iakume en 2010 a établi que la plupart des routes rurales actuelles proviennent d’anciens sentiers et chemins non délimités déjà utilisés par les populations autochtones, notamment iakumes et nénètses.

Le ministère des Transports de la République iakume a annoncé en octobre 2016 que le pays comptait 13 500 kilomètres de routes officiellement reconnues et cartographiées par les autorités. Ce chiffre doit toutefois être nuancé. Les routes varient fortement selon les saisons, certaines pistes n’étant praticables qu’en hiver (en iakume : Кыһыы Суола / Kyhyy Suola, littéralement « route hivernale »), ce qui porte le réseau total à près de 23 500 kilomètres durant la période hivernale. Le réseau routier reconnu par l’État comprend également tous les types de voies, qu’il s’agisse de routes asphaltées, de pistes en gravier ou de simples chemins isolés. Les routes asphaltées demeurent rares et ne représentent qu’environ 2 500 kilomètres du réseau national, la très grande majorité étant constituée de routes en gravier.

De manière générale, l’état des routes iakumes est jugé médiocre et leur entretien demeure limité. Le gouvernement iakume a été accusé à plusieurs reprises par les habitants des régions rurales de privilégier les voies destinées à l’exploitation minière et à l’industrie du bois, secteurs particulièrement importants pour l’économie nationale. En 2018, l’État a délégué une partie de la réfection des routes secondaires aux administrations locales — olons administratifs et municipalités — avec un succès limité.

En raison d’un budget restreint et des conditions climatiques rendant difficile le maintien de lignes régulières, aucune société nationale de transport routier de passagers n’existe à l’échelle du pays. Pour pallier ce problème, les municipalités et les olons assurent des lignes semi-régulières, tandis que l’État a mis en place, dès 1995, un programme d’aide financière destiné à l’acquisition de véhicules familiaux.

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La ligne Nord-Sud entre Naryakha et Akolyat constitue l'unique voie férovière de la Iakumie et un axe majeur reliant les deux plus grandes villes du pays.

La ligne ferroviaire reliant Naryakha — la capitale, au sud — à Akolyat — la seconde ville du pays, au nord — constitue aujourd’hui l’unique ligne de chemin de fer encore active et date majoritairement du XIXe siècle, durant la période coloniale more, lorsque son exploitation était essentielle pour relier les deux grands pôles urbains du territoire. De nos jours, cette ligne demeure un axe vital pour la Iakumie et dessert plusieurs villes et villages secondaires situés sur son trajet. Cependant, le manque d’entretien et le vieillissement du matériel ont conduit la Société nationale Transiakumie (en iakume : Трансъякуумяа / Transyakuumyaa) à faire appel aux entreprises lingoises Great Ling Railways et la Hongzhaji Rail afin de moderniser ses infrastructures.

L’aéroport international de Naryakha constitue l’unique porte d’entrée aérienne internationale de la Iakumie, bien que le pays dispose également d’aéroports régionaux à Akolyat et Cholgyt, dont les capacités restent limitées. Conçu à l’origine comme un projet phare du président Ymratyn Cholboruun destiné à développer le tourisme, l’aéroport est aujourd’hui considéré comme un gouffre financier pour la capitale et n’est exploité qu’à un tiers de sa capacité initiale. Plusieurs petites municipalités isolées ainsi que des olons ruraux disposent également de pistes en gravier non homologuées mais utilisées localement dans des contextes d’isolement prolongé durant l’hiver.

Enfin, le territoire du Nord — ou exclave du Nord, incluant les territoires tchouktches — demeure particulièrement isolé du reste du territoire national. Si l’on exclut les lignes maritimes et la liaison aérienne entre Naryakha et l’aéroport régional de Cholgyt, la région n’est reliée par aucune route directe au reste de la Iakumie et se tourne davantage vers les États voisins — Yutchun et Poëtoscovie notamment — pour assurer certains ravitaillements. Cette situation, couplée au manque historique d’investissements de la « métropole » envers le territoire du Nord, constitue un sujet récurrent de tensions et de crispations au sein de la société comme du monde politique.

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LES TÉLÉCOMMUNICATIONS

Depuis l’instauration tardive d’une ligne télégraphique au XXe siècle par les autorités coloniales mors, les systèmes de télécommunications en Iakumie se sont fortement développés, d’abord sous l’impulsion du comte Abaranov, dernier gouverneur du territoire de Nariakov, puis sous celle du gouvernement iakume après l’indépendance de 1974. La démocratisation des lignes téléphoniques à partir des années 1990, suivie de l’arrivée progressive d’internet autour des années 2010, a marqué un tournant historique majeur dans l’ouverture sociale et culturelle de la population iakume sur le monde extérieur.

Les données concernant la couverture géographique des lignes de téléphonie fixe et mobile, ainsi que l’accès à internet, restent relativement imprécises mais témoignent de fortes inégalités territoriales. Si la majorité des citoyens iakumes majeurs disposent d’un téléphone — fixe ou mobile — la qualité du réseau et le coût des abonnements varient fortement selon les régions. Les principales villes du pays, comme Naryakha, Akolyat ou Ukordok, bénéficient d’une couverture relativement satisfaisante, tandis que celle-ci demeure plus limitée dans les villages ainsi que dans les communautés rurales et isolées. En 2019, seule une poignée de petites localités ne disposait encore d’aucun moyen de communication numérique.

La majorité des appareils et équipements commercialisés en Iakumie dans le secteur des télécommunications proviennent de sociétés étrangères. Si le principal fournisseur et opérateur de télécommunications demeure l’entreprise iakume Yakulink (en iakume : ЯкүЛинк), avec environ 342 000 abonnés mobiles et 118 000 connexions fixes couvrant près de 91 % de la population, celle-ci doit néanmoins faire face à une concurrence croissante de la part d’opérateurs étrangers cherchant à s’implanter sur le marché national.

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Les cybercafés, même ceux disposant d'un matériel rustique, constitue encore en 2019 l'un des principaux moyens pour les iakumes d'accédez à internet.

Si la plupart des Iakumes ont les moyens financiers de s’offrir un téléphone WEIHUA low-cost ainsi qu’un abonnement téléphonique depuis les années 2000, l’achat d’un ordinateur et l’accès au réseau internet demeurent beaucoup plus compliqués. La forte taxation du secteur par l’État, les difficultés d’acheminement du matériel informatique ainsi que le coût particulièrement élevé des abonnements expliquent qu’en 2019, seul un foyer sur cent dispose d’un ordinateur personnel.

La majorité des habitants souhaitant utiliser un ordinateur ou accéder à internet — en dehors des téléphones les plus avancés — se rendent donc dans des cybercafés, particulièrement populaires et nombreux, y compris dans les petites villes et parfois même dans certains villages isolés.

D’un point de vue administratif, l’ensemble des télécommunications est géré par le Conseil de régulation des télécommunications de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Телекоммуникация Салаайыта Кэнээһэ / Yakuuma Öröspüübülüket Telekommunikatsiya Salaayita Kenehe), qui supervise également le réseau internet national. À l’international, la République iakume est membre du Conseil international des télécommunications, qui lui attribue l’indicatif +78 pour les lignes de téléphonie fixe et mobile.

Anecdote surprenante, la Iakumie a été involontairement mise en avant avec la généralisation, dans les milieux scientifiques et universitaires, des plateformes d’intelligence artificielle utilisant le domaine « .ia », correspondant au domaine national iakume. Cette notoriété a également permis, selon le ministère des Télécommunications, de générer une source de revenus secondaire mais non négligeable grâce à l’exploitation commerciale du domaine.


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LES SYMBOLES NATIONAUX

Comme pour de nombreuses notions considérées aujourd’hui comme « contemporaines », l’idée d’un symbole représentant l’appartenance à un groupe, à une communauté ou à une nation ne trouve pas d’équivalent direct dans les cultures autochtones de la période précoloniale. Certains historiens ont néanmoins identifié, à partir de recherches menées dans les années 1960, des formes pouvant être interprétées comme des précurseurs symboliques, notamment à travers différentes sculptures en bois retrouvées parmi les populations tchouktches et iakumes, en particulier dans le nord de la Iakumie. Toutefois, l’absence de sources écrites sur le sujet, ainsi que la représentation probable de figures chamaniques sur ces objets — prenant diverses formes comme des statuettes, pendentifs ou colliers — ont conduit le groupe de recherche permanent de l’Université nationale iakume à privilégier, depuis les années 2000, l’hypothèse d’un usage essentiellement religieux ou rituel.

Les premiers véritables précurseurs des symboles nationaux iakumes apparaissent davantage durant la période coloniale, avec l’usage d’un drapeau territorial propre à la colonie mor de Naryakha, bien que fortement inspiré de celui du Zagroyat. De la même manière, le sceau du gouverneur utilisait déjà l’ours comme emblème du territoire. L’influence de la tradition vexillologique et héraldique mor, héritée de la période coloniale, demeure ainsi perceptible dans les symboles officiels actuels de la République iakume.

Les symboles de l’État sont définis par l’article 12 du chapitre II de la Constitution, relatif à la souveraineté de l’État, ainsi que par plusieurs lois relatives aux symboles nationaux, révisées à différentes reprises. La République iakume dispose d’un drapeau national — également utilisé comme pavillon civil et marchand —, d’armoiries d’État ainsi que d’un hymne national, Je suis iakume (en iakume : Мин Якуумяабын). En revanche, ni la Constitution ni les différentes lois en vigueur ne reconnaissent officiellement de devise nationale.

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Représentation graphique du drapeau national et des armoiries d'État de la République iakume, dans leurs nouvelles versions officielles de 2002.


Le drapeau iakume, adopté par un comité à l’issue d’un concours organisé à l’échelle nationale, se compose de trois bandes horizontales tricolores bleu, blanc et jaune. La bande bleue, placée dans la partie supérieure, représente un sixième de la hauteur du drapeau. La bande jaune, située dans la partie inférieure, présente les mêmes proportions. Entre les deux se trouve une large bande blanche, occupant à elle seule les deux tiers de l’ensemble. Le texte légal définissant le drapeau national ne lui attribue aucune signification officielle. Toutefois, les interprétations populaires — parfois reprises dans le débat politique — associent généralement le bleu au ciel, le blanc à la neige, et par extension à l’hiver et au climat de la Iakumie, tandis que le jaune évoquerait les richesses naturelles, culturelles et humaines du pays.

Les armoiries d’État présentent quant à elles une composition mêlant héritage héraldique mor et influences graphiques plus modernes, parfois rapprochées des armoiries de tradition socialiste. Elles prennent la forme d’un écu ovale bleu sur lequel figure un ours — plus précisément un ours nain de Iakumie, considéré comme l’animal national — dressé sur ses pattes arrière. L’écu est entouré de deux gerbes de blé formant couronne, symbolisant l’abondance et la prospérité. Sous l’ours figure un rouage, représentant l’industrie, tandis que l’ensemble est surmonté d’une étoile à huit branches évoquant l’étoile polaire. Au premier plan, un bandeau ornemental encadre la composition avec, de part et d’autre, le drapeau national, et en son centre la date du 19 septembre 1974, correspondant à l’indépendance de la République iakume.

Les armoiries de l’État, tout comme le drapeau national, sont protégées par la loi, et leur usage ainsi que leur dignité font l’objet d’une protection juridique particulière. Toutefois, les armoiries — et dans une moindre mesure le drapeau — font régulièrement l’objet de critiques de la part d’acteurs de la société civile ou de responsables politiques locaux, qui estiment qu’ils ne représentent pas suffisamment l’histoire, la culture ou les traditions propres au peuple iakume. Plusieurs projets alternatifs de drapeaux ont ainsi été proposés au fil des décennies, sans qu’aucun ne parvienne à réunir un consensus suffisant au sein de la classe politique pour remplacer le symbole actuel.

L'HYMNE IAKUME, UN CAS A PART

Contrairement aux débats entourant le drapeau et les armoiries nationales, l’hymne iakume — dont le titre officiel est Je suis iakume — bénéficie d’une très forte popularité auprès de la population. Selon une enquête publiée par le DNI (Dernières Nouvelles de Iakumie ; en iakume : Якуумяа Кэннэги Соннара / Yakuumyaa Kennegi Sonnara), 85,7 % des personnes interrogées dans un échantillon de 10 000 répondants déclarent apprécier particulièrement l’hymne national, dont les paroles font de nombreuses références à l’histoire, aux paysages et à la culture de la Iakumie.


Paroles officielles
Paroles en iakume cyrillique

Тымныы кыһын биистэрбит хомуллар,
Сулустаах түүн сүрэхпит холбонор.
Олоннорбутуттан омук үүнэр,
Ытык уот тула ырыа дьиэрэйэр.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,


Улуу тайҕа, Ная өрүс уута,
Муус хайалар сырдык кустуктара.
Тымныы тыаллар манна ырыыллара,
Айылҕабыт кэрэтин туойаллар.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,


Көҥүл санаа кынатын сапсынар,
Тылбыт күүһэ суолбутун сырдатар.
Бэйэбит дьылҕаны оҥордубут,
Биһиги сувереннай буоллубут.

Мин Якуумяабын,
Үйэлээх хаар харабыла,
Мин Якуумяабын,
Сырдык сулус сардаҥала,
Якуумяа, Якуумяа, Якуумяа !

Paroles traduites

Dans les froids hivers nos tribus s'unissent,
Sous la nuit claire et les astres, un cœur.
De nos olons naît un peuple puissant,
Le chant s'élève autour du feu sacré.

Je suis iakume,
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,


Les immenses pins de la taïga,
Le fleuve Naya et ses flots si doux.
Ces grands monts glacés brillent de mille feux,
Le vent d'hiver chante pour la nature.

Je suis iakume,
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,


L'esprit libre déploie ici ses ailes,
Le pouvoir de nos mots trace la voie.
Nous avons forgé notre propre sort,
Souverains pour les siècles à venir.

Je suis iakume
Gardienne des neiges éternelles,
Je suis iakume,
Rayon d'une étoile brillante,
Iakumie, Iakumie, Iakumie !

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L'OLONISME

L’olonisme (en iakume : Олончулук / Olonçuluk) est, dans sa définition la plus communément admise, une idéologie politique iakume apparue entre les années 1980 et 1990 et popularisée par le militant nationaliste Sergen Bytantay, considéré comme l’un des pères de l’indépendance de la Iakumie. Parfois présenté plutôt comme une approche politique que comme une idéologie, l’olonisme défend une décentralisation renforcée de l’État au profit des olons, afin d’accroître leur autonomie administrative, sociale et politique.

Le terme olonisme est un néologisme moderne construit à partir du mot olon (en iakume : Олон), qui désigne à l’origine une communauté ou un regroupement de familles vivant ensemble à l’échelle locale, constituant l’un des fondements historiques de la société iakume traditionnelle. Après l’indépendance, le terme acquiert une dimension politique nouvelle lorsqu’il est repris par l’État pour désigner la base de son organisation territoriale sous la forme de l’olon administratif (en iakume : Административнай Олон / Administrativnay Olon). De nos jours, par usage courant, le mot olon désigne aussi bien les communautés traditionnelles que les divisions administratives modernes, les deux réalités ayant progressivement eu tendance à se confondre.

Il convient également de prendre en compte une certaine disparité dans le degré de décentralisation entre les différents olons administratifs. Si la plupart des olons dits « ruraux » disposent de prérogatives sociales et économiques renforcées, les olons dits « urbains » — à savoir ceux situés à proximité d’une grande ville ou bénéficiant d’un accès routier permanent praticable durant la longue période hivernale — sont de fait moins concernés par cette politique et ne profitent pas du même renforcement de leurs compétences. Cette différence entre les olons urbains et ruraux est justifié par l'État comme une volonté de ompenser l’isolement géographique et les différentes difficultés à laquelles sont exposées les communautés rurales.

Si l’olonisme a constitué l’un des principaux socles politiques et institutionnels des premières décennies de l’indépendance iakume — notamment à travers l’adoption de lois renforçant progressivement l’autonomie des olons administratifs, en particulier dans le milieu rural — sa place dans le débat public évolue depuis les années 2010. Sa prédominance dans l’organisation territoriale de l’État, ainsi que le maintien ou la réforme de ce modèle de décentralisation, constituent désormais un sujet majeur de débat au sein de la société politique iakume.

L'olonisme, une définition complexe

Depuis la création du concept d’olonisme, sa définition en tant qu’idéologie est régulièrement contestée par ses soutiens politiques, qui y voient davantage une doctrine institutionnelle et nationale que l’État iakume se doit de préserver. Selon cette vision, il est impossible de mettre fin à l’olonisme sans une réforme profonde, voire totale, de la société iakume et de son fonctionnement actuel.

Les partisans de cette lecture défendent le fait que la Constitution de la Iakumie mentionne à plusieurs reprises que l’État doit favoriser la décentralisation du pouvoir au profit des entités locales, afin de répondre à certains besoins économiques et sociaux. Les opposants à cette définition avancent cependant qu’une décentralisation peut s’envisager de différentes manières, et que l’olonisme n’a jamais été défini comme un socle institutionnel à part entière, contrairement par exemple au statut d’État unitaire et décentralisé.

L’olonisme est également considéré — dans sa dimension idéologique — comme une forme de troisième voie politique, ne s’inscrivant ni à droite ni à gauche. Qu’il s’agisse du Parti communiste et de sa déclinaison socialiste sous le nom de socio-olonisme, ou de la faction conservatrice de Iakumie Unie, la décentralisation de l’État au profit des olons ne se rattache à aucun courant politique particulier et peut être défendue aussi bien par des libéraux que par des socialistes.

L'olonisme, une idéologie fracturée

Outre sa définition complexe, le contenu politique de l’olonisme est également fragmenté en plusieurs courants internes, le plus souvent associés à des catégories idéologiques plus larges. S’il serait difficile de citer l’ensemble de ses différentes branches tant elles sont nombreuses pour une classe politique relativement réduite, il est toutefois possible de regrouper l’olonisme en quelques grands courants qui se distinguent au sein du paysage politique et social iakume :

  • L’olonisme modéré est sans doute la catégorie qui rassemble le plus grand nombre de sympathisants au sein de la société iakume. Pour résumer, il défend le maintien du statu quo, à savoir un État disposant de prérogatives importantes mais suffisamment décentralisé pour accorder une autonomie notable à l’administration des olons. Cette forme d’olonisme est principalement défendue par la faction dominante du parti Iakumie Unie, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité au sein de celui-ci.
  • L’olonisme minimal est une vision qui défend la préservation des concepts fondamentaux de l’olonisme tout en limitant fortement la décentralisation, afin que certains domaines sociaux, culturels et économiques demeurent de la compétence seule de l’État central. Ce courant, qui se situe entre les modérés et les radicaux, constitue vraisemblablement la seconde tendance disposant du plus grand nombre de partisans au sein de la sphère politique et de la société civile.
  • L’olonisme radical, parfois qualifié « d'extrémiste » par ses opposants, constitue le dernier grand courant lié à l’olonisme. Les partisans de cette vision souhaitent, dans sa forme la plus aboutie, un État fédéral ou confédéral ne conservant que des prérogatives régaliennes limitées, tandis que les olons formeraient la véritable base institutionnelle et politique du pays, tout en demeurant unis par une Constitution commune. Si l’on excepte certaines associations et quelques partis marginaux, ce courant est principalement défendu par des militants isolés ne disposant que d’un poids limité au sein des institutions de l’État.

Ces trois grandes tendances politiques ne représentent toutefois qu’une partie du spectre oloniste, et d’autres visions existent également. Le social-olonisme, par exemple, constitue une interprétation socialiste démocratique (voir communiste) de l’olonisme : cette doctrine peut être rapprochée du concept de communalisme, particulièrement présent en Eurysie et en Paltoterra, à la différence près que les communes fédérées y seraient remplacées par des olons administratifs, issus donc des traditions et des structures communautaires propres à la Iakumie.

L'olonisme, un débat politique permanent


Depuis l’indépendance de la République iakume, le 19 septembre 1974, l’utilisation de l’olonisme comme socle institutionnel et politique de l’État a fait l’objet de très nombreuses critiques et de débats portant à la fois sur la forme qu’il doit prendre, mais aussi — et surtout — sur sa légitimité constitutionnelle et sociétale au sein de la société iakume. Les divisions internes de l’olonisme n’ont pas non plus servi les intérêts de ses partisans, qui critiquent parfois les visions modérées ou radicales de leurs opposants, bien qu’ils partagent pourtant une même base idéologique.

Si, à l’origine, le débat autour de l’olonisme portait principalement sur son évolution afin de renforcer la répartition des pouvoirs entre l’État et les olons, mais également entre les olons dits « ruraux » et « urbains », la question de son maintien comme pierre angulaire du fonctionnement administratif et territorial de l’État occupe désormais une place centrale dans les débats. Ce sujet traverse l’ensemble de la société iakume, qu’il s’agisse de la sphère politique, sociale ou familiale, et donne parfois lieu à des affrontements ou d'autres débordements.

Les principaux arguments avancés par les deux camps peuvent être résumés comme cela :

  • Les olonistes défendent notamment le caractère traditionnel des olons et les présentent comme une forme de démocratie directe. Les assemblées des olons sont théoriquement les institutions locales les plus proches de la volonté populaire, tandis que leur proximité avec les olons dits « traditionnels » permettrait d’assurer une continuité entre les anciennes générations et les nouvelles dans le respect des traditions iakumes. En outre, l’État central se trouve parfois dans l’incapacité de répondre seul à certains besoins essentiels ; ceux-ci sont alors pris en charge à l’échelle communautaire par les olons administratifs dans le cadre des compétences prévues par la décentralisation.
  • Les antiolonistes, à l’inverse, considèrent que l’olonisme favorise l’émergence d’une élite dominante, parfois assimilée à une forme d’aristocratie locale. Selon eux, la démocratie locale serait détournée par les chefs des olons traditionnels, qui profiteraient de leur influence sociale pour se faire élire et maintenir leur position dominante, particulièrement dans les olons ruraux. Les différentes affaires de corruption ayant touché certaines administrations locales ont également fragilisé la position des olonistes. Par ailleurs, leurs opposants dénoncent les inégalités entre les olons ruraux, qui disposent de prérogatives plus étendues, et les olons urbains. Ils voient également dans le transfert progressif de compétences de l’État vers les olons une forme de désengagement du gouvernement central plutôt qu'une réelle prise en charge de l'État.

En 2019, à l’issue de l’élection présidentielle d’avril qui voit la victoire de Tuyaara Uruy Kün, candidate sociale-libérale de Iakumie Unie, plusieurs manifestations sont organisées à Naryakha et à Akolyat par des partisans de l’olonisme afin de défendre le système actuel et de s’opposer à la nouvelle présidente, souvent perçue comme une adversaire de cette doctrine. Si cette dernière ne s’est jamais réellement positionnée sur le sujet, cette mobilisation démontre que la question de l’olonisme demeure encore aujourd’hui un enjeu majeur de la société iakume.

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GOUVERNEMENT

Le gouvernement de la République iakume (en iakume : Якуума Өрөспүүбүлүкэт Үкүтэ / Yakuuma Öröspüübülüket Üküte) constitue la plus haute institution du pouvoir exécutif, placée sous l’autorité de la présidence de la République. Parfois appelé simplement Üküte (« gouvernement »), le terme désigne souvent, par métonymie, le conseil des ministres lui-même, y compris au sein des institutions nationales et des publications officielles de l’État.

L’essentiel du rôle du gouvernement iakume est défini par la section III du chapitre IV de la Constitution de la République iakume. Le gouvernement a pour charge de déterminer et de conduire, sous l’autorité du président de la République, la politique de l’État, et d’assurer le développement économique, social et culturel de la nation dans le respect des lois de la République iakume (article 56 de la Constitution).

Si, dans la plupart des républiques à régime présidentiel, le chef de l’État détermine seul la composition de son gouvernement, la République iakume présente une caractéristique originale : l’ensemble des nominations aux fonctions ministérielles doit être approuvé par la chambre législative, le Tumuul (article 57 de la Constitution).

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Photographie de 2012 du bâtiment d'État qui acceuil les réunions du conseil des ministres et le secrétariat général de la présidence de la République iakume.


Le contrôle exercé par le Tumuul sur l’exécutif se manifeste également à travers ses nombreuses commissions permanentes, composées de députés, dont chacune correspond à un ministère. Ce contrôle du pouvoir législatif sur le gouvernement, qui s’explique par la place centrale qu’a occupée le Tumuul dans l’histoire contemporaine de la Iakumie, doit toutefois être nuancé : depuis la fondation de la République, l’exécutif comme le législatif sont dominés par le même parti politique, ce qui limite en partie l’effectivité de ces prérogatives de surveillance.

L'organisation des ministères, et leur réunion au sein du conseil des ministres, est défini par la loi portant sur l'organisation de l'exécutif, adopté en 1975 et révisé à plusieurs reprises. Le conseil des ministres (également appelé cabinet) de la République iakume comprend :

  • Présidence de la République iakume (chef de l'exécutif et présidence du conseil des ministres)
  • Ministère des Affaires extérieures de la République iakume
  • Ministère des Affaires intérieures de la République iakume
  • Ministère de la Justice de la République iakume
  • Ministère de la Défense de la République iakume
  • Ministère du Trésor public de la République iakume
  • Ministère du Travail et des Syndicats de la République iakume
  • Ministère de l'Économie et des ressources nationales de la République iakume
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux de la République iakume
  • Ministère du Développement rural de la République iakume
  • Ministère des Communautés nomades de la République iakume
  • Ministère de la Nature et des Parcs nationaux de la République iakume
  • Ministère de l'Éducation de la République iakume
  • Ministère des Sports et de l'Éducation physique de la République iakume
  • Ministère des Cultes de la République iakume
  • Ministère des Transports de la République iakume
  • Ministère des Télécommunications de la République iakume
  • Ministère de l'Énergie de la République iakume

Outre les dix sept ministères, le gouvernement comprend également plusieurs fonctions ne siégeant pas directement au sein du conseil des ministres. On peut notamment citer le porte-parole du gouvernement, le procureur général ou encore le secrétaire général de la présidence. Enfin, il faut également prendre en compte la fonction de « vice-président du gouvernement » qui, bien qu’elle ne soit pas définie par la Constitution, accorde à son titulaire une forme de préséance au sein du gouvernement : il assure l’intérim en cas d’absence du président lors des réunions du cabinet et coordonne les activités interministérielles.


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