Comme la plupart des technologies dâorigine eurysienne ou des projets de dĂ©veloppement de grande ampleur, lâĂ©dification des grands axes de communication â notamment routiers et ferroviaires â date de la pĂ©riode coloniale more, qui sâĂ©tend de 1727 Ă 1974. Cependant, une Ă©tude menĂ©e par lâUniversitĂ© nationale iakume en 2010 a Ă©tabli que la plupart des routes rurales actuelles proviennent dâanciens sentiers et chemins non dĂ©limitĂ©s dĂ©jĂ utilisĂ©s par les populations autochtones, notamment iakumes et nĂ©nĂštses.
Le ministĂšre des Transports de la RĂ©publique iakume a annoncĂ© en octobre 2016 que le pays comptait 13 500 kilomĂštres de routes officiellement reconnues et cartographiĂ©es par les autoritĂ©s. Ce chiffre doit toutefois ĂȘtre nuancĂ©. Les routes varient fortement selon les saisons, certaines pistes nâĂ©tant praticables quâen hiver (en iakume : ĐŃÒ»ŃŃ ĐĄŃĐŸĐ»Đ° / Kyhyy Suola, littĂ©ralement « route hivernale »), ce qui porte le rĂ©seau total Ă prĂšs de 23 500 kilomĂštres durant la pĂ©riode hivernale. Le rĂ©seau routier reconnu par lâĂtat comprend Ă©galement tous les types de voies, quâil sâagisse de routes asphaltĂ©es, de pistes en gravier ou de simples chemins isolĂ©s. Les routes asphaltĂ©es demeurent rares et ne reprĂ©sentent quâenviron 2 500 kilomĂštres du rĂ©seau national, la trĂšs grande majoritĂ© Ă©tant constituĂ©e de routes en gravier.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, lâĂ©tat des routes iakumes est jugĂ© mĂ©diocre et leur entretien demeure limitĂ©. Le gouvernement iakume a Ă©tĂ© accusĂ© Ă plusieurs reprises par les habitants des rĂ©gions rurales de privilĂ©gier les voies destinĂ©es Ă lâexploitation miniĂšre et Ă lâindustrie du bois, secteurs particuliĂšrement importants pour lâĂ©conomie nationale. En 2018, lâĂtat a dĂ©lĂ©guĂ© une partie de la rĂ©fection des routes secondaires aux administrations locales â olons administratifs et municipalitĂ©s â avec un succĂšs limitĂ©.
En raison dâun budget restreint et des conditions climatiques rendant difficile le maintien de lignes rĂ©guliĂšres, aucune sociĂ©tĂ© nationale de transport routier de passagers nâexiste Ă lâĂ©chelle du pays. Pour pallier ce problĂšme, les municipalitĂ©s et les olons assurent des lignes semi-rĂ©guliĂšres, tandis que lâĂtat a mis en place, dĂšs 1995, un programme dâaide financiĂšre destinĂ© Ă lâacquisition de vĂ©hicules familiaux.

La ligne ferroviaire reliant Naryakha â la capitale, au sud â Ă Akolyat â la seconde ville du pays, au nord â constitue aujourdâhui lâunique ligne de chemin de fer encore active et date majoritairement du XIXe siĂšcle, durant la pĂ©riode coloniale more, lorsque son exploitation Ă©tait essentielle pour relier les deux grands pĂŽles urbains du territoire. De nos jours, cette ligne demeure un axe vital pour la Iakumie et dessert plusieurs villes et villages secondaires situĂ©s sur son trajet. Cependant, le manque dâentretien et le vieillissement du matĂ©riel ont conduit la SociĂ©tĂ© nationale Transiakumie (en iakume : ĐąŃĐ°ĐœŃŃŃĐșŃŃĐŒŃа / Transyakuumyaa) Ă faire appel aux entreprises lingoises Great Ling Railways et la Hongzhaji Rail afin de moderniser ses infrastructures.
LâaĂ©roport international de Naryakha constitue lâunique porte dâentrĂ©e aĂ©rienne internationale de la Iakumie, bien que le pays dispose Ă©galement dâaĂ©roports rĂ©gionaux Ă Akolyat et Cholgyt, dont les capacitĂ©s restent limitĂ©es. Conçu Ă lâorigine comme un projet phare du prĂ©sident Ymratyn Cholboruun destinĂ© Ă dĂ©velopper le tourisme, lâaĂ©roport est aujourdâhui considĂ©rĂ© comme un gouffre financier pour la capitale et nâest exploitĂ© quâĂ un tiers de sa capacitĂ© initiale. Plusieurs petites municipalitĂ©s isolĂ©es ainsi que des olons ruraux disposent Ă©galement de pistes en gravier non homologuĂ©es mais utilisĂ©es localement dans des contextes dâisolement prolongĂ© durant lâhiver.
Enfin, le territoire du Nord â ou exclave du Nord, incluant les territoires tchouktches â demeure particuliĂšrement isolĂ© du reste du territoire national. Si lâon exclut les lignes maritimes et la liaison aĂ©rienne entre Naryakha et lâaĂ©roport rĂ©gional de Cholgyt, la rĂ©gion nâest reliĂ©e par aucune route directe au reste de la Iakumie et se tourne davantage vers les Ătats voisins â Yutchun et PoĂ«toscovie notamment â pour assurer certains ravitaillements. Cette situation, couplĂ©e au manque historique dâinvestissements de la « mĂ©tropole » envers le territoire du Nord, constitue un sujet rĂ©current de tensions et de crispations au sein de la sociĂ©tĂ© comme du monde politique.