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Encyclopédie - Page 2

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Izak Engström

1888–1896 / Nationaliste / Toipou

Izak Engström fut le premier chancelier à faire deux mandats complets depuis Oskar Winther, et le premier toipouvin à accéder à la fonction électorale suprême.

Médecin de formation, parfaitement bilingue, ancien directeur du grand hôpital de La Roitier, capitale du Toipou ou il est né en 1832, il avait basculé en politique après avoir constaté que les décisions prises à Roune tuaient autant de patients que les maladies, formule qu'il prononça en public une fois, et que ses adversaires lui répétèrent jusqu'à sa mort. Son style tranchait radicalement avec celui de Kalb : Engström consultait, négociait et attendait toujours le consensus avant d'agir. Trop lent, disaient ses critiques. Efficace, répondaient ses partisans en pointant son bilan : extension de l'assurance maladie fédérale, construction du premier réseau télégraphique à dimension fédéral avec l’aide de toutes les régions et surtout la plus ambitieuse réforme de l'enseignement primaire, avec pour la première fois des programmes bilingues franco-cantais pour chaque région. Sa gestion de la crise bancaire de 1893, qui aurait pu être dramatique sans son intervention, fut unanimement saluée, y compris par les Libéraux Royalistes qu'il combattait par ailleurs. C’est aussi sous son mandat que l’Intendant aux Finances Fédérales perdit une grande partie de son autonomie vis-à-vis du gouvernement fédéral, pour passer davantage sous la tutelle du Chancelier, à la faveur de la crise de 1893.

Il quitta la chancellerie en 1896 épuisé mais respecté, et refusa toutes les décorations que le Souverain voulait lui remettre, estimant qu'un médecin n'avait pas besoin de médailles. Il meurt à un âge avancé de 97 ans en 1930. Bien que sa mort arrive 34 ans après son départ de la chancellerie, une foule très nombreuse et la plupart des dignitaires de la Fédération étaient présents pour lui dire un dernier adieu.
1691
Emil A. Lassen

1896–1900 / Nationaliste / Dicarpie

Emil A. Lassen est l'un de ces personnages que l'histoire cantaise a longtemps mal classés, trop conservateur pour les Libéraux Royalistes, trop social pour les Chrétiens Démocrates et trop régionaliste pour son propre camp Nationaliste.

Né à Prügen (Minia) en Dicarpie en 1852, région pauvre et rurale dont il portait fièrement l'accent et les manières directes, il accéda à la chancellerie à 44 ans en battant le candidat Libéral Royaliste dans un scrutin plus que jamais serré, marquant l’errosion du camp Nationaliste après plus de 15 ans de mandat.

Son mandat unique coïncida avec le début d'une nouvelle prospérité des régions rurales de l’Est, portée par les exportations agricoles, dont profita enfin sa Dicarpie natale. Il en profita pour lancer le premier plan d'infrastructures rurales fédérales : routes, ponts et lycées qui transforma durablement les campagnes de l'intérieur. Jusqu’alors, la Fédération se retenait de trop agir dans les campagnes, pré carré de l’action régionale. Ses détracteurs de Ckey l'appelèrent "le chancelier des chemins de terre", sans imaginer que l'expression deviendrait dans certaines bouches un titre honorifique.

Battu en 1900 par Caspar Berglund, il ne cacha pas son amertume, estimant que le vote des grandes villes avait écrasé celui des campagnes, grief qui résonne encore dans certains discours politiques cantais contemporains. Toutefois, si on retient surtout de lui ses actions bénéfiques pour la campagne, il ne réussit pas à envoyer suffisamment de gage à sa base électorale urbaine, qui se détourne massivement vers les Libéraux Royalistes, leur offrant lui même leur victoire écrasante de 1900.

Il meurt assez jeune, en 1910, après avoir écrit plus d’une vingtaine d’ouvrages ou il y exprime toute sa haine envers les cadres nationalistes, les électeurs des grandes villes et les libéraux royalistes, écorchant un peu son image débonnaire qu’il avait su entretenir jusqu’à sa défaite.
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Caspar Berglund
1900–1912 / Libéral Royaliste / Ckey


Caspar Berglund est, avec Genvald et Verril Aubé, l'un des trois plus grands chandeliers cantaise,, le seul à avoir accompli trois mandats consécutifs depuis le fondateur, et le seul Libéral Royaliste à avoir duré aussi longtemps dans un pays qui se méfiait des grands industriels.

Né au Roto en 1850, la capitale du Duché de Ckey, dans une famille de manufacturiers qui employait plusieurs milliers d'ouvriers, il a fait ses études à l'Université Royale de Roune puis à l'étranger, avant de revenir avec la conviction que le Canta pouvait devenir une puissance commerciale de premier ordre à condition de se moderniser sans se déchirer.

Ses douze années au pouvoir furent celles du Canta plus triomphant que jamais : industrialisation accélérée, essor des banques cantaises à l'international, développement des infrastructures routières et ferroviaires, élargissement des canaux, première loi sur les retraites ouvrières qu'il fit adopter pour désamorcer la montée socialiste. Il gouverna avec une habileté politique jusqu'alors jamais vu, s'appuyant alternativement sur les Chrétiens-démocrates et les Nationalistes selon les dossiers, ne laissant jamais une coalition adverse se consolider contre lui. Pour la première fois, toutes les régions cantaises sans exception, y compris la Frochine, profitèrent des bienfaits de la politique fédérale et le camp libéral réussit à s’implanter dans les exécutifs de toutes les régions. Bien que d’un camp différent, l’actuelle chancelière Olz est souvent considérée comme sa véritable héritière politique, un siècle après.

Grand ami des arts, influent mécène, il fit de Roune une capitale digne de ce nom. On lui doit notamment l’actuel Palais Fédéral, accueillant l’Assemblée Fédérale, un immense bâtiment néo classique dont l’immense façade n’est recouverte que de marbre blanc. Il créa le Ministère Fédéral de la Culture, doté d’un budget conséquent pour acheter nombre d'œuvres d’arts et artefacts historiques, surtout à l’étranger pour enrichir les musées flambants neufs de la capitale royale et fédérale. La plupart des régions lui emboîtent le pas durant les années 1910.

Son seul vrai échec fut la question linguistique : il ne prit jamais position clairement, laissant les tensions entre germanophones et francophones s'enkyster en silence sous le vernis de la prospérité. Francophone de naissance, il a beaucoup déçu dans sa région en ne s’exprimant presqu’en cantais.

Par ailleurs, il fait face à une inattendue crise du peuple avec les familles aristocratiques. Scandale des caisses noires de la famille ducale d’Elsace en 1909, tentatives d'assassinats de républicains en 1910 et 1911 commandés par les familles ducales du Toipou et du Nord. Le point d’orgue fut les accusations de viol à l’encontre du prince héritier, Guillaume en 1912 et de son expédtif acquittement en moins de 2 mois par la Cour Royale. Cela laissa un terreau très fertile au camp républicain, jusqu’alors ultra minoritaire, alors qu’il pensait à une simple crise conjoncturelle.
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