23/08/2019
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Activités intérieures et divers - Page 2

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Dans la salle de commandement de la flotte impériale, l'atmosphère était empreinte de concentration et de discipline toute militaire. Les écrans de contrôle hautement technologiques affichaient en temps réel la progression des manœuvres conjointes entre l’Empire du Nord et les Provinces-Unies du Lofoten dans les eaux de l'Océan d'Espérance, non loin des eaux impériales. Autour de la table centrale, les officiers nordistes, en uniformes impeccables, écoutaient les derniers rapports qui leur parvenaient.

La voix ferme de l'Amiral Philibert de la Bacque rompit le silence :

"Mesdames et Messieurs, l’Opération Seahorse débute comme prévu. L’unité Østflåten est en position, et nos partenaires lofotènes ont lancé les premiers engagements et manœuvres tactiques. Notre mission est claire : démontrer la synergie et la puissance de nos forces aéronavales combinées tout en assurant la sécurité de nos routes maritimes et commerciales. L'Empire du Nord se tient prêt à répondre à toute menace, qu'elle soit piraterie ou autre. C'est également l'occasion de démontrer l'augmentation de nos capacités navales sur ces dernières années et montrer à nos partenaires notre fiabilité et notre force."

Un officier se leva pour donner un rapport :

"Amiral, les forces aéronavales ont atteint leur position. Les différents navires de guerre déployés sont alignés pour former un écran défensif autour des zones de commerce et de transit critiques. Le porte-hélicoptères NIS Landry est en patrouille avec ses appareils prêts à intervenir."

L’Amiral acquiesça. "Excellent, la coordination est à la hauteur de nos attentes. N’oublions pas que cette opération est une démonstration de force, mais aussi une preuve de notre engagement envers la stabilité régionale et nos partenaires. Nos alliés et nos voisins doivent comprendre que l'Empire du Nord est un pilier de cette sécurité et est un agent de la stabilité sur le continent. Cela doit aussi être un message aux populations de l'Empire sur notre capacité à les défendre."

Il se tourna vers un autre officier.

"Commandant Garreau, assurez-vous que nos sous-marins maintiennent leur position de surveillance discrète. Si un navire suspect est détecté, il devra être suivi jusqu'à ce que nous ayons la confirmation de ses intentions. Règles d'engagements standards."

"Bien reçu, Amiral. Nos unités sous-marines sont prêtes à exécuter les protocoles d’interception silencieuse."

L’Amiral se pencha vers le micro de communication :

"Flotte impériale nordiste, ici l’Amiral de la Bacque. Nous entrons dans une phase critique de l’Opération Seahorse. Rappelez-vous, notre objectif est double : dissuasion et sécurité. Aucun navire ne doit compromettre la stabilité de cette région. Maintenez vos positions et restez vigilants. L'Empire du Nord a toujours été, et restera, un garant de la paix et de la stabilité en Aleucie. Notre histoire militaire navale est riche, soyez-en dignes."

Le message fut transmis à toutes les unités. Sur le pont du porte-hélicoptères NIS Landry, les équipages se mirent en position, prêts à toute éventualité.

Pendant ce temps, sous les eaux, les sous-marins nordistes poursuivaient leur manœuvre silencieuse, gardiens invisibles des routes maritimes vitales. L’un d’eux, le NIS Bellicosus, avança en douceur, son équipage scrutant les écrans de sonar pour repérer la moindre anomalie.

L’Amiral conclut :

"Que l’opération soit un succès éclatant. L'Empire du Nord et les Provinces-Unies montrent aujourd'hui au monde entier que nous sommes une force unie, prête à défendre nos intérêts communs. Bonne chance à tous."

La salle s’emplit de murmures d’approbation avant que chacun ne retourne à ses tâches. L'Empire du Nord se préparait à prouver son implication dans la sécurité continentale et à réaffirmer sa force militaire.

Soudain des informations arrivèrent en masse, les navires ennemis de l'exercice avaient ouvert le feux. L'engagement commençait et l'Amiral commanda avec discipline les officiers autour de lui :

"Engagement de l'ensemble de nos navires et de l'aviation. Nous devons former un bouclier de feu pour empêcher l'intrusion dans la zone et éviter un encerclement."

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Parti du Soutien Impérial

- Congrès 2016 -


Le Premier Ministre, Émilien Charpentier, a démissionné. Le moment n'était guère bien choisi pour la majorité qui commençait à souffrir de tensions internes grandissantes. Heureusement, l'Empereur a refusé la démission du Premier Ministre de manière temporaire. Selon Sa Majesté l'Empereur, les réformes constitutionnelles mises en place il y a environ quatre ans par le Premier Ministre de l'époque, le trop ambitieux et controversé Cayden Wiseman, sont inefficaces et potentiellement vectrices d'instabilité politique et institutionnelle, ainsi que de questions importantes relatives à la vacance de la fonction, à la lourdeur de l'organisation nécessaire à l'élection pour ce poste, à l'impossibilité d'organiser des élections en temps de crise ainsi que le souci de responsabilité et de contrôle par le Parlement. Depuis, remplacé par Émilien Charpentier, aujourd'hui affaibli politiquement et personnellement en raison de la dégradation de son état de santé et de son âge avancé, n'a pas réussi à résoudre les problèmes laissés par son prédécesseur et n'a pas pu appliquer les points majeurs de son programme.

Cayden Wiseman avait porté des réformes visant à faire passer l'élection du Premier Ministre au suffrage universel, et non plus au suffrage indirect au Parlement. Les questions citées plus haut sur le bien-fondé de cette réforme avaient été mises sous le tapis et invisibilisées par des sujets plus médiatiques lors de sa mise en place. Mais aujourd'hui, l'Empereur est sorti de sa réserve relative des derniers mois pour remettre en question la viabilité à long terme de ce système et a demandé la suspension temporaire des grands débats politiques et de l'organisation de nouvelles élections ministérielles pour mettre en place une période de réflexion par les différentes institutions de l'Empire sur l'intérêt potentiel de retourner à l'ancien système d'élection, à savoir non pas par suffrage universel, mais par vote du Parlement.

Le timing de cette décision est intéressant également. D'aucuns diraient que cette mise en sommeil de la démission et des débats politiques sensibles est en parallèle d'une réflexion légitime, une coïncidence bienvenue pour le Parti du Soutien Impérial qui pourrait ne pas être qu'un hasard. Il ne fait aucun doute que Sa Majesté a défendu des opinions et des réformes dès le début de son mandat en phase avec le Parti du Soutien Impérial, héritier de l'ancienne majorité centriste composée du parti Empire d'Acier et du Front Nordiste, deux partis de centre et centre-droit. Ces partis ont d'ailleurs activement soutenu les réformes mises en avant par l'Empereur et la fin des tendances potentielles de dérive autocratique de l'Empire. La sympathie et la bienveillance entre les deux entités, la couronne et la majorité, est une réalité connue de tous et même assumée par ces derniers. Mais elle n'a jusqu'ici pas eu de répercussion directe sur les agissements de l'un et de l'autre.

Mais à l'heure où, suite à un budget négocié avec grande difficulté au sein de la majorité, des contestations internes et l'équilibre acrobatique des cadres du Parti du Soutien Impérial pour concilier les différents horizons de cette formation politique hétérogène, la démission du Premier Ministre, clé de voûte de l'unité de la formation, remet beaucoup de choses en question. Le parti qui s'était formé en 2010 avec la réunion des groupes Empire d'Acier, Front Nordiste et des arrivants de la gauche modérée ainsi que de la droite, avait fait preuve d'un grand dynamisme et de nouveauté dans les idées défendues. Dynamisme résultant d'une émulation et d'un mélange entre les différents courants de pensée du groupe, dans une période où ils pouvaient se réunir autour de sujets rassembleurs comme la démocratisation de l'Empire, l'ouverture sur le commerce mondial, le réarmement et la constitution d'un nouveau pôle de puissance dans un ordre mondial en mutation. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Aujourd'hui l'Empire est intégré à l'économie mondialisée et a connu une croissance fulgurante de son économie. Il est désormais une nation marchande possédant un poids économique important sur son continent et dans le monde, le montant de sa production nationale de richesse ayant plus que doublé pour aujourd'hui atteindre les presque 1'100 milliards de dollars de richesses produites annuellement. Son armée s'est développée, agrandie, modernisée et s'intègre dans un réseau de défense plus vaste à l'échelle continentale et mondiale de par ses alliances, bilatérales, mais aussi principalement multilatérales comme avec l'Organisation des Nations Démocratiques. Son économie s'est industrialisée et le pays a réussi à retrouver un équilibre et une ligne diplomatique intelligible après les douloureux épisodes de la crise des missiles kroniens et l'indépendance du Mokhaï.

Ces défis rassembleurs ont été dépassés et l'unité autrefois garantie de la majorité autour de ceux-ci ne l'est plus. Pire encore, une bombe à retardement sape encore plus cette unité précaire : la proposition de l'abolition de la peine de mort. Le sujet divise aussi bien la société entière que le parti. Et l'impossibilité pour celui-ci de parler d'une voix commune émaille la confiance de ses électeurs en lui. De nouveaux défis, bien plus clivants sont apparus et n'ont plus la vertu de rassembler les nordistes et une majorité innovante. La croissance économique ralentit et bien que l'économie nordiste ne se porte pas mal et soit l'une des plus importantes du monde, elle reste moins compétitive que ses homologues. L'influence impériale sur son continent ne semble plus vraiment être une réalité à l'heure où d'autres nations telles que la Westalia et Stérus sont en compétition directe pour un leadership régional, voire continental, où l'avance nordiste est remise en question, où le poids de sa vision diplomatique est mis en doute comme lors de la crise Oksalienne. Au sein de l'Organisation des Nations Démocratiques, l'Empire est largement dépassé par plusieurs de ses alliés tant économiquement que militairement, culturellement et diplomatiquement. L'Empire fait n'est pas mauvais et a des résultats plutôt positifs sur quasiment tous les plans, mais n'excelle sur aucun d'eux. C'est une grande puissance... secondaire. Une puissance solide, mais dont l'influence reste limitée, dont les ambitions sont réduites par un manque de moyens et de volonté politique dans une période instable. Une puissance importante qui n'exploite pas son potentiel.

Les enjeux nationaux sont forts aussi. Les visions divergent de plus en plus, les extrêmes face à un sentiment d'invisibilisation de l'Empire dans le monde sont en plein essor, notamment à l'extrême droite. Le devoir mémoriel des années sombres de l'histoire de l'Empire est là aussi remis en question. Les sujets clivants comme la peine de mort divisent la société, de même que la réclamation de droits plus importants pour les minorités. La dépendance nordiste aux technologies et à l'électronique étrangère qui n'a pas été aussi bien résorbée qu'espéré. Les figures fortes et rassembleuses manquent dans un paysage politique toujours plus fragmenté et dans un monde dans lequel l'Empire paraît dépassé par d'autres puissances, où certains nordistes ont le sentiment que le pays est bloqué et stagne.

La démission du Premier Ministre plonge la majorité gouvernementale dans l'inconnu et l'Empereur semble avoir joué une carte joker pour lui laisser le temps de prévoir la succession. Encore faut-il que le Parti du Soutien Impérial ne se désagrège pas plus durant ce temps qui lui est donné. Face à cette incertitude et à la vacance de leadership au sein du parti, plusieurs visions s'affrontent. Le Congrès 2016 porte sur la désignation du futur candidat à la fonction de Premier Ministre et à l'élection d'un nouveau président de parti. Pour ce poste, plusieurs personnalités se font face, et plusieurs visions.

1. Les sécessionnistes
La sécession est une menace qui se fait de plus en plus forte au sein du parti pour les groupes et tendances n'y trouvant plus leur compte. C'est devenue une menace brandie pour tirer des avantages auprès de ceux qui se démènent pour maintenir l'unité politique de la majorité. Cette tentation de la sécession est forte des deux côtés du spectre interne au Parti du Soutien Impérial : la gauche modérée et la droite. Les premiers estiment que les promesses de politiques sociales n'ont pas été tenues par le parti, notamment par le Premier Ministre Émilien Charpentier. Ils reprochent des politiques trop peu engagées en faveur de l'écologie, qui a été un sujet de seconde zone ces derniers temps, pas assez d'actions envers les citoyens précaires, pas assez d'investissement pour une économie sociale. Ils dénoncent un virage libéral sur les derniers mois qui n'était pas ce à quoi les parlementaires et les électeurs avaient souscrit, et de surcroît, défendent l'abolition de la peine de mort. La droite, elle, reproche un manque de fermeté sécuritaire et soutient le maintien de la peine de mort. Soutiens du désengagement progressif des subventions gouvernementales sur les secteurs économiques non stratégiques, de la maîtrise plus accrue des finances publiques, de l'arrêt de l'augmentation de la dette et d'investissements plus massifs dans l'armée, ils se sont opposés lors du budget à la réduction des dépenses pour l'ordre public.

Ces factions commencent d'ailleurs à constituer des visions politiques singulières qui ne sont plus totalement compatibles avec la vision globale du parti. L'aile gauche réunie en un groupe que l'on appelle le groupe : Vision Humaniste Citoyenne (VHC). Ce groupe de pensée au sein du PSI s'est structuré autour du sénateur et théoricien Cyrille Matthieu, ancien élu apparenté aux anciennes coalitions de gauche ayant rejoint le Parti du Soutien Impérial à sa création il y a presque six ans. Le groupe, que l'on estime composé de peu ou prou une quarantaine de députés à l'Assemblée Nationale, commence à structurer une pensée et une vision qui se distingue de la ligne globale du PSI durant des réunions de travail restreintes ou des dîners privés chez des personnalités proches de ces élus comme des penseurs, philosophes ou théoriciens. Ce groupe, qui se structure et qui commence à agiter en filigrane la menace d'une scission, est vu d'un mauvais œil par les cadres du parti et les élus libéraux, et dans une certaine mesure les centristes, sans parler d'une hostilité de plus en plus ouverte de la part de la droite des monarchistes modérés et conservateurs modérés. Les idées qui commencent à se dégager de ces échanges reposent sur un souhait de décentralisation du pouvoir au sein de l'Empire, d'une continuation de la diminution des pouvoirs de la couronne, la volonté de politiques sociales et écologiques plus fortes ainsi qu'une politique internationale humaniste, proche par certains aspects d'élus et penseurs tanskiens qui axent leur vision internationale sur l'humanisme des démocraties libérales. Une vision ne relevant donc pas que d'un pragmatisme ou d'un dogmatisme issu des restes socialistes de ces élus, mais une naissance idéologique d'un groupe souhaitant jouer sa propre partition et proposer un horizon différent de la gauche classique.


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Cyrille Matthieu


Le second groupe qui peut être tenté par des volontés de scission est un groupe qu'on appelle Ambition Ordre et Confiance (AOC). Plus restreint mais constitué d'anciens partisans de l'actuelle Droite Libérale, parti à tendances conservatrices dont le champion était Cayden Wiseman, aujourd'hui au capital politique trop essoufflé pour prétendre au leadership. Ce groupe, constitué d'au maximum une vingtaine de députés, serait susceptible de créer avec la Droite Libérale, en perte de vitesse, un nouvel élan au sein de la droite politique en barrage naturel contre l'extrême droite tout en reprenant pour lui les thèmes de sécurité, de maîtrise budgétaire, de souveraineté et d'ambitions internationales. Le groupe lui aussi est issu à l'origine d'autres partis qu'Empire d'Acier ou que le Front Nordiste. Issu d'une droite traditionnelle, conservatrice modérée, ils ont rejoint eux aussi le Parti du Soutien Impérial à sa création mais ne sont aujourd'hui pas satisfaits par la baisse des moyens alloués à la sécurité intérieure et poussent pour un investissement plus massif dans l'industrie militaire et l'expansion de nos forces armées. Radicalement opposés à une décentralisation et favorables à conserver l'influence de la couronne en tant que médiatrice et garante des traditions, leur opposition chaque jour plus frontale à l’aile gauche du parti est un des principaux vecteurs de désunion au sein du parti.

Le groupe s'est organisé autour du sénateur Tyler Saunders, conservateur du temps de l'existence de ce parti et figure importante de la droite nordiste. L'homme, autrefois inspecteur militaire, est de plus en plus populaire au sein de l'électorat de la Droite Libérale et des sympathisants de cette droite en perte de souffle. Figure repère et jouissant d'un certain charisme et d'une longue expérience politique, il rassure et serait susceptible de rassembler à droite.


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Tyler Saunders


2. Les libéraux

Les libéraux du Parti du Soutien Impérial, si l'on compte également les libéraux démocrates, constituent la grande majorité du parti et sont les anciens élus d'Empire d'Acier. Représentant 130 des 208 députés de l'Assemblée Nationale, l'union des différents courants faisant exister le PSI est de leur fait et c'est sûrement eux qui font le plus pour maintenir l'unité vacillante de la formation politique. Ils constituent la majorité des cadres de celle-ci. Les libéraux sont cependant perdus et peinent à réagir face à l'évolution rapide des relations dans le parti et à la mutation des forces politiques globales du Parlement. Une certaine incapacité à concilier les différentes visions qui s'opposent au sein du parti, le risque d'être dépassés et de perdre, par une fragmentation du parti, la majorité, devient de plus en plus probable.

Les défis se présentant à eux sont multiples : sauvegarder l'unité du PSI, sauvegarder la majorité gouvernementale, présenter un programme crédible avec un candidat capable de rassembler au poste de Premier Ministre, répondre au sentiment de dépassement des nordistes. Des problèmes internes existent aussi chez les libéraux et empêchent ceux-ci de réagir rapidement aux changements. Le leadership de cette tendance au sein du Parti du Soutien Impérial est disputé, et il est intéressant de constater que les personnalités diplomatiques affiliées au parti ont de plus en plus d'ambition et d'influence sur celui-ci. C'est ainsi que parmi les candidats potentiels à la présidence du parti ou au poste de Premier Ministre et à la position informelle de leader des libéraux au sein du PSI, s'affrontent : Maurice Carilac, représentant permanent de l'Empire au Conseil Général de l'Organisation des Nations Démocratiques ; Davy Dieulafoy, représentant permanent de l'Empire au Conseil Militaire de l'Organisation des Nations Démocratiques ; François-Adolphe Rouzet, Ministre des Affaires Extérieures Impériales ; Chantal Lemoine, députée et ancienne ministre de l'Éducation et ministre de la Culture.

La diplomatie étant un sujet de plus en plus important compte tenu du sentiment de dépassement, les personnalités diplomatiques, fortes de leurs expériences et de leurs réseaux, tentent de se faire une place sur le plan politique national, là où il y a encore quelques années il était rare de passer du national à l'international. Maurice Carilac, représentant depuis désormais plus de deux ans, est une personnalité libérale assumée, proche des milieux financiers et marchands, qui aurait l'avantage d'user de ses réseaux auprès de nos alliés et des entités étrangères pour envisager une influence commerciale nordiste plus importante. Cependant, relativement peu connu et n'ayant eu que de courts mandats, son ancrage politique local et sa visibilité auprès de la population sont réduits.
Davy Dieulafoy, ancien secrétaire d'État au sein du Ministère de la Défense et représentant de l'Empire au Conseil Militaire de l'OND depuis maintenant un an, avait été envoyé à Bandahran pour son expérience, mais aspire maintenant à un poste plus prestigieux au sein du paysage politique national. Il est un administrateur familier avec les sujets de diplomatie et de défense, sujets au centre de la position de l'Empire dans le monde actuellement. Il a aussi une expérience de quelques années en tant que sénateur impérial.
François-Adolphe Rouzet est la figure incontournable de la diplomatie impériale, ministre durant treize ans au cumulé et véritable vétéran des gouvernements successifs des deux dernières décennies. Il exerce dans le milieu diplomatique depuis toujours et est un stratège diplomatique inégalable au sein de l'Empire, mais dont l'orgueil a récemment été blessé par les déconvenues diplomatiques de l'Empire, notamment sur la crise Oksalienne. Il représente aussi l’élégance nordiste et la noblesse impériale et a la sympathie des nordistes, mais n'a cependant pas d'expérience d'élu et a des relations compliquées avec ceux-ci.
Enfin, Chantal Lemoine est une députée du PSI à l'Assemblée Nationale. Elle fut Ministre de l'Éducation durant trois ans et Ministre de la Culture durant quatre ans. Elle est à son quatrième mandat et est une cadre importante du parti et de l'ancien Empire d'Acier. Sans expérience notable vis-à-vis de la défense et avec une expérience alternative à l'international, elle représente la voie culturelle de l'influence nordiste et une position plus conciliante que d'autres candidats potentiels, et est l'une des rares femmes à pouvoir prétendre aux grandes fonctions du parti ou de l'État.

Il semble probable que l'un d'entre eux sera le Premier Ministre et l'un le président du parti, reste à savoir qui.


3. Et les centristes ?

Les centristes, héritiers du Front Nordiste, sont des démocrates humanistes. Souvent soumis à l'Empire d'Acier puis aux libéraux du fait de leur poids, ils défendent une position constante d'équilibre entre les visions nationales, de compromis et de réunion autour des valeurs impériales : démocratie, droits humains, libertés, dignité humaine. Ils font partie de ceux qui défendent l'abolition de la peine de mort et sont certainement les moins bruyants et les plus calmes des courants du PSI et du paysage politique nordiste en général. Ils ne présentent pas de volonté de quitter le parti mais sont une voix à part qui défend une sorte d'idéalisme vis-à-vis d'un "rôle naturel" de l'Empire dans le monde à défendre les valeurs susmentionnées. Plus axés sur la politique internationale que la politique nationale, sur ce dernier plan ils sont partisans d'un rôle symbolique de l'Empereur et d'une démocratie parlementaire, presque républicains, prenant un peu de libéralisme et un peu d'économie solidaire. Ils sont à la croisée des visions politiques nordistes. Leur tête de proue, le consensuel et sage Godefroy Deniau.

Ce groupe un peu à part, qui pourrait avec ses 23 élus former un parti indépendant, ne semble pas encore tenté par cette voie et observe l'évolution politique en cours en restant constant sur ses principes.

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Godefroy Deniau



Dans une salle bondée où les murmures et discussions entre membres du parti créent un bruit de fond permanent semblable aux ronronnements d'un moteur, les différents intervenants se préparent. La salle, remplie de presque dix mille membres du Parti du Soutien Impérial, baigne dans une lumière douce et violacée, disposée à la manière d'un amphithéâtre convergeant vers une scène surmontée d'un pupitre et ayant pour fond un écran projetant l'inscription "Parti du Soutien Impérial, Congrès 2016" au milieu d'un dégradé jaune, violet et bleu.

L'ambiance, se voulant rassurante pour les électeurs quant à l'unité du parti et sa capacité à envisager de nouveaux projets pour l'Empire, ne parvient guère à cacher, pour les observateurs politiques un tant soit peu éveillés, une atmosphère pesante et électrique. Les sièges, disposés en gradins, sont occupés par des membres du parti : députés, sénateurs, militants, personnalités importantes, ministres, maires et autres. Certains arborent de discrets signes distinctifs en fonction de leur courant au sein du PSI. Pas de bannières suspendues au plafond, pas de multiples slogans et symboles aux tailles démesurées, seulement les couleurs ambiantes de la salle et un logo unique du parti sur la scène, dans un cadre se voulant épuré et moderne.

Sur la scène, le pupitre central en verre, sur lequel est inscrit "Congrès 2016 du PSI - Estham, 13 mai 2016", est flanqué par derrière d'un drapeau de l'Empire, son étoffe ondulant légèrement sous l'effet des ventilateurs discrets sur les côtés de la scène. Derrière le pupitre, une longue table blanche accueille les membres du bureau politique, chacun équipé d'un micro et d'un verre d'eau ainsi que de quelques documents et stylos éparpillés. Les visages sont parfois tendus, certains échangent des regards nerveux, trahissant l'appréhension des débats à venir.

Quelques caméras sont disposées à plusieurs endroits précis et testées à l'avance autour de la salle pour retransmettre l'événement en direct aux membres du parti et au public. Des techniciens s'affairent en coulisses, vérifiant les connexions et ajustant les éclairages, recevant des consignes en cas d'envenimement des débats. Sur le fond de la scène, l'écran susmentionné est testé pour afficher des graphiques et des données visant à appuyer les argumentaires des orateurs.

Dans les allées, des volontaires guident les retardataires vers leurs places, distribuant des programmes imprimés sur du papier glacé sur lesquels les pages détaillent l'ordre du jour, les noms des intervenants et les sujets de discussion à venir.

Puis une annonce vocale informa les membres présents de prendre leurs places avant que le Congrès ne débute. Ceux-ci regagnèrent donc leurs sièges en quelques minutes, puis la présidente actuelle du parti, Gaëtane Brunet, monta sur la scène et se positionna au pupitre, applaudie timidement. Elle réajusta le micro et regarda son auditoire.



Gaëtane Brunet :
Chers amis du progrès et de l'avenir, je suis fière d'ouvrir aujourd'hui le Congrès 2016 du Parti du Soutien Impérial. Voilà déjà six ans que notre parti s'est structuré, rassemblant en lui chaque personne désireuse de faire progresser notre démocratie, de préparer l'avenir de notre pays, de défendre nos valeurs et d'œuvrer à un Empire plus stable, plus sûr, plus prospère, plus libre.

En six ans, nous avons accompli tant de choses ensemble ! Nous avons collectivement su faire face aux défis économiques, sociaux et politiques qui se présentaient à nous et qui entravaient la prospérité de l'Empire, avec toute la détermination et l'esprit d'innovation dont nous étions capables. Nous avons fait converger nos visions et nos parcours pour construire un lendemain plus radieux qu'hier. Nous avons réussi à intégrer notre économie à l'échelle mondiale en devenant une grande nation marchande, à développer notre armée qui est devenue l'une des plus importantes du continent, capable de protéger nos territoires et notre peuple et qui s'inscrit dans la défense de nos alliés. Nous avons su renforcer notre position sur la scène internationale en défendant inlassablement les valeurs qui nous sont chères : la démocratie, la paix, la justice, la liberté, les droits humains. Nos réformes ont permis de doubler notre production intérieure brute, atteignant presque 1 100 milliards de dollars et de faire considérablement augmenter le niveau de vie et le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Nous avons su retrouver un équilibre diplomatique et une ligne claire après des épisodes houleux comme l'indépendance du Mokhaï. Et nous avons tenu bon, coûte que coûte, aux côtés de nos alliés, en première ligne face à la barbarie geraertienne dont la folie a conduit aujourd'hui à l'effondrement de la Loduarie Communiste toute entière.

Mais au-delà des chiffres, des données et des combats ainsi que des réalisations concrètes, ce qui me rend le plus fière, c'est l'esprit de solidarité et de collaboration qui anime notre parti et qui nous caractérise. Nous avons des opinions variées, mais nous travaillons ensemble à l'avenir de notre pays, réunis autour de valeurs communes. Nous avons su rassembler des courants de pensée divers, des visions parfois opposées, mais toujours avec le même objectif : faire avancer notre Empire. Cette diversité est notre force, et elle doit continuer à l'être. Nous devons tout faire pour sauvegarder cette unité qui fait notre singularité et notre capacité à avancer.

Aujourd'hui, nous nous retrouvons pour la sixième année consécutive ici pour discuter, débattre et décider ensemble de l'avenir de notre parti et de notre nation. Les défis sont nombreux, je ne dis pas qu'il n'existe que des solutions simples, mais je suis convaincue que, comme nous l'avons toujours fait, nous saurons les surmonter avec courage, volonté et patience.

Je tiens également à vous annoncer que je ne me représenterai pas à la présidence de notre parti. Il est temps pour moi de voir ma mission évoluer, et vous comme moi savons qu'il est nécessaire que du changement s'opère pour conserver notre dynamisme et notre vitalité. Cependant, je reste profondément engagée dans notre mission commune et je continuerai à œuvrer pour le progrès et l'avenir de notre Empire, aux côtés de chacun d'entre vous. Ce fut un honneur pour moi de présider ce parti, et j'en garderai un souvenir impérissable.

Ce congrès est l'occasion de tourner une nouvelle page de notre histoire. Ensemble, nous allons choisir les dirigeants qui porteront nos valeurs et nos ambitions pour les années à venir et qui façonneront notre place dans le monde. Je suis confiante : les talents et les idées ne manquent pas au sein de notre parti, nous sommes capables du meilleur. Nous avons en nous la capacité de continuer à faire progresser notre Empire, de le rendre encore plus fort, plus juste et plus uni.

Alors, chers amis, avançons avec optimisme et confiance en l'avenir et en nous-mêmes. Faisons de ce congrès un moment de rassemblement, de réflexion et d'action, non pas de disputes stériles, de rivalités et d'ambitions personnelles. Ensemble, construisons l'avenir que nous voulons pour notre Empire. Merci à tous pour votre engagement et votre confiance. Vive le Parti du Soutien Impérial et vive l'Empire !

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Gaëtane Brunet
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Augmentation des menaces sur la population et réponses stratégiques durables.



Le gouvernement de l'Empire du Nord se prépare à lancer "Éclipse Solaire", un exercice national de sécurité prévu pour le 20 juin 2016, conçu pour renforcer la préparation du pays et renforcer sa résilience globale face aux menaces critiques d'attaques potentielles dans un contexte de conflit asymétrique et non conventionnel prenant pour cible les infrastructures nationales et sa population, y compris et même principalement les menaces stratégiques de bombardements et les menaces chimiques et biologiques, ainsi que les risques découlant de l'endommagement partiel ou complet de nos infrastructures critiques : réseaux électriques, réserves d'eau potable, centrales nucléaires, sites industriels, hôpitaux, sites de gouvernance et de commandement, etc.

À l'image des exercices en cours au sein de l'ensemble des territoires de l'Organisation des Nations Démocratiques lancés par le Caratrad et suivis par le Duché de Sylva, à un moment tenu secret par les autorités, un réseau de sirènes et d'alarmes se déclenchera à travers le pays, métropole et outre-mer, signalant le début des exercices obligatoires. Ces alertes seront complétées par des messages diffusés par les forces de l'ordre et les services d'urgence pour informer la population. Les établissements scolaires sont concernés de même que les établissements de santé qui devront appréhender, selon les protocoles ad hoc, la mise en sécurité et la continuité des soins des personnes hospitalisées en situation de crise.

Dès que l'alerte sera donnée, les citoyens devront se mettre à l'abri dans les refuges désignés les plus proches, couper toutes les sources d'énergie non essentielles et attendre les instructions officielles communiquées par les autorités impériales compétentes sur les canaux de communication vérifiés. Il est crucial de ne suivre que les informations diffusées par les autorités compétentes, de conserver une discipline globale efficace pour éviter la désorganisation et l'inefficacité des procédures, et d'éviter de partager des informations non vérifiées qui peuvent mettre en danger les autres individus.

Conçu par le Conseil de Sécurité Nationale Supérieure, cet exercice vise à tester l'efficacité des plans d'urgence, à informer le public sur les procédures de sécurité et à améliorer la réponse collective en cas de crise. L'actualité est suffisamment édifiante pour justifier la tenue de ces exercices. L'évolution incertaine des menaces pesant sur l'Empire et ses alliés, le changement de posture de la Principauté de Carnavale vis-à-vis de l'Organisation des Nations Démocratiques ainsi que les menaces inhérentes à la stratégie de crimes de masse de la force militaire carnavalaise, et l'ensemble des menaces potentielles pesant sur le bloc des démocraties libérales dont la prospérité et la montée en puissance et en influence inquiètent les opposants de notre modèle sont autant de raisons de se préparer et de former la population à des attaques potentielles.

Peu après le début de l'exercice, le CSNS simulera des attaques de missiles en divers endroits stratégiques et infrastructures critiques cités plus haut pour envisager les réactions appropriées à ce genre de menaces et situations de crise. Les équipes de secours interviendront pour sécuriser les zones affectées, gérer les rassemblements de personnes et faciliter les opérations de sauvetage. Les personnes n'ayant pu se réfugier et des individus désignés préalablement constitueront les victimes simulées nécessaires à l'entraînement des équipes de secours.

Les services de secours simuleront différentes situations de crise nécessitant des interventions pour les maîtriser, comme des incendies, des inondations, des incidents chimiques, bactériologiques, et même nucléaires, pour effectuer des sauvetages, tandis que les unités militaires et les pompiers travailleront à éliminer les obstacles et à évacuer les victimes et créer ou transporter jusqu'à des zones sécurisées. Les services médicaux organiseront le triage des blessés simulés, fourniront les premiers soins, rationaliseront leurs ressources et mettront en place une logistique efficace, coordonneront leur transfert vers des centres médicaux temporaires ou permanents sur des sites à moindre risque ou entièrement sécurisés. Les transports publics seront utilisés pour évacuer les résidents vers des zones sûres, avec l'aide des autorités locales.

Des coupures d'électricité ciblées seront mises en place, affectant principalement les résidences, mais épargnant les hôpitaux et les services essentiels. Les systèmes de relais électriques et énergétiques autonomes récemment mis en place seront testés sur les infrastructures identifiées comme essentielles. Les infrastructures critiques seront protégées et camouflées via les systèmes de défense déployés dans les zones ciblées ou risquant d'être ciblées pour éviter d'être touchées.

L'exercice durera trois heures et se terminera par une série de signaux sonores indiquant la fin de l'alerte. Les autorités impériales, via les systèmes statistiques et d'évaluation de crise dans un premier temps pour en appréhender l'usage et l'efficacité, détermineront l'efficacité, la réussite et les problématiques découlant de l'exercice. Par la suite, les systèmes opérationnels de l'Empire seront utilisés pour les évaluations similaires dans un procédé classique, via les appareils informatiques normaux des autorités. Un pan d'expérimentation par les nouvelles installations et capacités d'intelligence artificielle sera réalisé concernant cette même évaluation bilan de l'exercice, la compilation des données en un rapport utilisable et des voies d'intégration de ces systèmes dans la gestion des crises et la mise en place de plans plus adaptés. La participation et la coopération de tous sont essentielles pour le succès de cet exercice.

Un volet militaire plus confidentiel est également prévu, incluant des manœuvres de dispersion des troupes, la protection des sites stratégiques, d'identification des menaces, de mise en place de ripostes, la défense aérienne et la gestion des crises NRBC via l'entraînement de ces unités et la mise en place de nouvelles unités pour accroître nos capacités de réaction. Ces mesures sont donc renforcées par la création de nouvelles unités spécialisées au sein des forces armées de l'Empire et l'augmentation substantielle de leurs moyens. Ces exercices seront possiblement répétés de manière plus régulière dans les semaines et mois à venir.
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[Retro-rp] 20 mai 2016


Le ciel était voilé de nuages gris et d'une légère pluie fine, comme si le ciel lui-même pleurait les victimes de l'attaque barbare qui avait frappé Laggefort. La Cour des Résistants, cour où les hommages nationaux, mais aussi de nombreuses autres cérémonies de l'Empire se font toujours, habituellement animée par le bruit des préparations des évènements, était aujourd'hui silencieuse et solennelle. Des drapeaux impériaux, en berne, flottaient mollement au vent, leurs couleurs assombries par la lourdeur de l'ambiance.

Au centre de la cour, un catafalque drapé de noir avait été érigé, surmonté des portraits des quatre victimes : l'archevêque de Laagefort Alexius Palamas, le doyen Fabrice Pomeroy, le curé Yves Robillard et une jeune fille de neuf ans, Alice. Des gerbes de fleurs blanches, symboles de pureté rappelant douloureusement le jeune âge d'une des victimes, et de paix, qui a bien faillie être totalement rompue, entouraient le monument. Des milliers de citoyens s'étaient rassemblés autour de la cour, silencieux, leurs visages marqués par la douleur et l'amertume, regardant la scène depuis les écrans retranscrivant en direct le déroulé.

Soudain, un orchestre militaire entonna une marche funèbre, annonçant l'arrivée de Sa Majesté Impériale, l'Empereur Maximilien II. Accompagné des membres du gouvernement, des hauts dignitaires religieux et des représentants des forces armées, il avança lentement vers le catafalque. Derrière lui, les familles des victimes, soutenues par des proches, suivaient, le visage fermé et baissé vers le sol.

L'Empereur, vêtu d'un uniforme sobre et sombre, sans signes remarquables, celui-ci préférant la discrétion pour laisser l'attention aux victimes, s'arrêta devant le catafalque. Il s'inclina profondément, posant une rose blanche sur le drap noir, et embrassa le drapeau en berne. Les familles, une à une, s'avancèrent pour rendre un dernier hommage à leurs proches, serrèrent la main de l'Empereur et la mère de la jeune victime pleura dans ses bras. Les larmes coulaient librement, mais personne ne prononça un mot avant un long moment. Silence éloquent, chargé de douleur d'une nation encore choquée, marquée dans sa chaire et son âme.

Un prêtre de la cathédrale de Laagefort s'avança alors jusqu'aux cercueils. D'une voix chevrotante et émue, il récita une prière pour à destination des défunts et de la paix, entouré du silence et de l'écoute de toutes les personnes présentent. Les citoyens, tête baissée, joignirent leurs prières aux siennes, ou observèrent simplement un silence respectueux pour les non-croyants.

Après un long moment de recueillement, l'Empereur prit la parole pour exprimer cet ultime hommage aux victimes de la folie barbare des nations faillies qui causent tant de désolation dans ce monde.

"Chers concitoyens, aujourd'hui, nous sommes réunis pour rendre un dernier hommage à nos frères et sœurs, fils et filles, innocentes victimes d'une attaque lâche et barbare. Leur vie a été brutalement arrachée, mais leur mémoire vivra éternellement dans nos cœurs. Nous ne les oublierons jamais. Leurs vies sont le lourd tribut qui nous rappel que la paix n'est jamais acquise, que notre garde ne doit jamais être baissé, et que le combat mondial pour la paix, la justice, la démocratie, la liberté, la dignité et les droits humains, est un combat qui est encore loin d'être terminé."

Il marqua une pause, regardant tour à tour les familles des victimes. Celles-ci le regardaient et se regardaient entre elles, partageant leurs douleurs.

"À leurs familles, nous exprimons notre profonde compassion et notre soutien indéfectible. Vous trouverez toujours en l'Empire, et je le crois, en son peuple tout entier, pour vous venir en aide aux cours des épreuves difficiles qui vous attendent encore. Vous n'êtes pas seuls dans votre douleur. L'Empire tout entier pleure avec vous. J'aimerais adresser également, en ce temps de deuil, une pensée à toutes les personnes qui, dans le monde, subissent la tyrannie, la corruption, l'abandon, la discrimination, la guerre, la famine, la torture, et toutes les atteintes aux droits et libertés fondamentales de l'être humain.
Ces personnes trouveront toujours en l'Empire et en l'Organisation des Nations Démocratiques, des soutiens et des alliés fidèles et engagés. Nous ne céderons pas à la peur. Nous ne laisserons pas la terreur triompher. Nous défendrons nos valeurs, notre territoire, notre peuple et tous les autres avec détermination et courage. La justice sera rendue."

L'orchestre militaire entonna alors l'hymne national, aux notes plus basses, graves et solennelles que les partitions classiques, résonnant dans toute la cour et au-delà de ses murs. Les citoyens présents dans la cour et ses alentours, chantèrent et se joignirent en chœur.

Alors que les dernières notes de l'hymne s'évanouissaient, l'Empereur et les familles des victimes se retirèrent lentement, accompagnés par les membres du gouvernement après quelques mots échangés. La foule, toujours silencieuse, les regarda s'éloigner, l'atmosphère toujours aussu lourde.
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Suite à ceci

Les élections ont donc débuté au et ont conféré aux quelque 385170 adhérents au Parti du Soutien Impérial le choix de voter entre les six candidats déclarés. Parmi eux : Cyrille Matthieu, Tyler Saunders, Maurice Carilac, Davy Dieulafoy, François-Adolphe Rouzet, Chantal Lemoine et Godefroy Deniau. Un centriste, un social démocrate, un conservateur et quatre libéraux.

Des débats ont eu lieu et plusieurs visions (détaillées plus haut) se sont affrontées. Voici les résultats du premier tour :

Cyrille Matthieu : 67550 voix
Tyler Saunders : 33600 voix
Maurice Carilac : 35170 voix
Davy Dieulafoy : 25242 voix
François-Adolphe Rouzet : 73919 voix
Chantal Lemoine : 111189 voix
Godefroy Deniau : 38500 voix

Les deux principales figurent se démarquant sont les libéraux Rouzet et Lemoine, bien que le social-démocrate Matthieu semble peser un poids important. Un deuxième tour est donc organisé et les candidats ayant moins de 10% sont éliminés d'office, à savoir le conservateur Saunders et le libéral Dieulafoy. Toutefois, le centriste Deniau déclare se retirer et le second tour peut ainsi débuter.

Cyrille Matthieu :106047 voix
Maurice Carilac : 60412 voix
François-Adolphe Rouzet : 107519 voix
Chantal Lemoine : 111192 voix

Lors de ce second tour, François-Adolphe Rouzet bénéficie du report des voix des soutiens Tyler Saunders, Maurice Carilac de celles de Davy Dieulafoi et Cyrille Matthieu de celles de Godefroy Deniau. Le troisième tour voit les deux plus haut scores rivaliser, éliminant de peu Cyrille Matthieu et largement Maurice Carilac.

François-Adolphe Rouzet : 186990 voix
Chantal Lemoine : 198180 voix

C'est finalement l'ancienne Ministre de la Culture et Ministre de l'Éducation, actuelle députée, représentant une aile gauche des libéraux, plus proches des soc-dem que des conservateurs du parti. L'écart est cependant peu important entre elle et son concurrent, François Adolphe-Rouzet, démontrant que Chantal Lemoine n'est pas un choix coulant de source. Il est rare au sein des partis nordistes que tant de tours soient nécessaires pour l'élection d'un président, signe s'il en fallait de la crise interne importante.

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Convention Multicéphale d'Empire




𝓡𝓪𝓹𝓹𝓸𝓻𝓽 𝓰𝓮𝓷𝓮𝓻𝓪𝓵 𝓭𝓮 𝓵𝓪 𝓒𝓸𝓷𝓿𝓮𝓷𝓽𝓲𝓸𝓷 𝓜𝓾𝓵𝓽𝓲𝓬𝓮𝓹𝓱𝓪𝓵𝓮 𝓭'𝓔𝓶𝓹𝓲𝓻𝓮

Rapport relatif à l’évaluation des réformes institutionnelles dites « Wiseman » et aux perspectives de réorganisation du pouvoir exécutif et du processus électoral dans l’Empire


Titre I

Rappel du rôle de la Convention Multicéphale d’Empire


Tel qu'instituée à l'article 17 de la Charte Fondamentale de l'Empire, la Convention Multicéphale d’Empire est un organe collégial chargé d'observer, d'analyser, de concerter, de consulter et de faire des propositions à Sa Majesté Impériale. Bien que ses avis ne soient pas contraignants pour le pouvoir impérial et le gouvernement de Sa Majesté Impériale, ils revêtent une valeur de recommandation solennelle, reflétant la sagesse et les aspirations nationales. Composée de 740 membres, dont 468 députés de l'Assemblée Nationale, 151 sénateurs du Sénat Impérial, 8 légats des départements d'outre-mer, 2 consuls des régions d'outre-mer, 45 marquis et 6 ducs des marquisats et duchés aleuciens, 50 nobles de cour, ainsi que 10 représentants de la famille impériale.

La mission de la Convention consiste notamment à évaluer les grandes réformes structurelles affectant l'équilibre des pouvoirs, la représentation démocratique et la gouvernabilité de l'Empire, ainsi que l'intégrité des symboles impériaux, de sa noblesse, de son intérêt et de son rayonnement mondial. Notre instance dispose d'une commission permanente travaillant sur un sujet par semestre et elle ne se réunit dans sa totalité que sur convocation de Sa Majesté Impériale, à qui elle rend compte.

Titre II

Préambule du Rapport de la Convention


Convoquée en session extraordinaire sur instruction directe de Sa Majesté Impériale de se constituer en assemblée solennelle, la Convention Multicéphale d’Empire, collège réunissant les représentants les plus éminents du Sénat Impérial, de l’Assemblée Nationale, des provinces d’outre-mer et de la Chambre des Nobles, s’est réunie dans un contexte de profonde réflexion et de préoccupation institutionnelle formulée par Sa Majesté. Cette réunion historique, de par son importance, mais aussi par la rareté de ses rassemblements, était motivée par la nécessité impérieuse d’évaluer l’efficacité politique, institutionnelle et opérationnelle des réformes dites « Wiseman », adoptées en 2012. Ces réformes, qui ont profondément réorganisé les modalités de désignation du Premier Ministre ainsi que la structure de nomination gouvernementale, ont marqué un tournant dans l’histoire constitutionnelle de notre Empire, mais ont leurs lacunes et incohérences.

L’importance de cette évaluation ne saurait être sous-estimée, car elle intervient après presque une demi-décennie d’application de ces réformes, une période suffisamment longue pour en mesurer les impacts réels et durables sur notre système politique. L’objet de ce rapport est donc de dresser un bilan rigoureux et exhaustif de ces réformes, en examinant non seulement leurs succès, mais aussi et surtout leurs lacunes fonctionnelles. Il s’agit de comprendre en profondeur les défis et les obstacles rencontrés, afin d’identifier les domaines où des améliorations sont nécessaires pour restaurer une stabilité plus efficiente, l'efficacité et la responsabilité du pouvoir exécutif et dans une autre mesure du pouvoir législatif.

Dans cette optique, la Convention Multicéphale d’Empire a mené une série de consultations approfondies, d’analyses détaillées et de débats profonds, impliquant une diversité de perspectives et d’expertises permise par la pluralité de ses acteurs et la volonté de servir fidèlement le bien-commun de la nation impériale, érigée en maxime de notre action. Ce processus a permis de recueillir des informations précieuses et de formuler des propositions concrètes, visant à renforcer nos institutions et à garantir un avenir plus stable et prospère pour notre Empire, à l'heure où l'ordre mondial est bouleversé par des nations usant de la déstabilisation, des crimes et de la terreur pour servir leurs sinistres dessins. Ce rapport se veut donc un document de référence, guidé par un esprit de rigueur et de responsabilité, et destiné à éclairer les décisions futures de nos plus hautes instances gouvernementales.


Titre III

Analyses faites par la Convention


Les réformes Wiseman ont été conçues dans un contexte de modernisation des institutions impériales et d’ouverture vers une démocratie plus directe parallèles à la mondialisation de l'Empire, son essor économique et une volonté couplée d'une nécessité de moderniser l'appareil militaire impérial - nécessité encore présente à ce jour. Leur principal objet était de soumettre la désignation du Premier Ministre au suffrage universel direct, rompant avec le modèle parlementaire traditionnel où le chef du gouvernement était issu du vote des assemblées. En théorie, cette réforme devait accroître la légitimité populaire du pouvoir exécutif, tout en maintenant l’équilibre entre le Premier Ministre élu, chargé de l'action du gouvernement, de l'application des lois et responsable devant le Parlement, et Sa Majesté héréditaire, incarnation de l'unité nationale, de la continuité des valeurs de l'Empire, de son rayonnement planétaire, garante de l'intégrité territoriale et démocratique.

Toutefois, la superposition de deux sources de légitimité distinctes, non hiérarchisées, mais coexistant dans une dualité rigide issue d'un système inadapté à cette cohabitation, a provoqué un affaiblissement réciproque et à une dégradation de la clarté autrefois présente en l'exécutif impérial. Le Premier Ministre, fort de sa légitimité populaire, s’est retrouvé souvent en opposition politique et symbolique avec Sa Majesté, dont les prérogatives constitutionnelles, diplomatiques, militaires et symboliques restaient pourtant déterminantes. Inversement, le refus de Sa Majesté de se réduire à une fonction purement représentative a alimenté une conflictualité latente au sommet de l’exécutif.

L’élection du Premier Ministre a également eu pour effet de personnaliser excessivement la vie politique, au détriment des opinions politiques, des assemblées et de la collégialité. Le système de vote pondéré, combiné à l’obligation de candidature multiple (six candidats minimum), a dénaturé les clivages et fragmenté l’espace démocratique et a alourdi la nomination d'un Premier Ministre. La fluidité de la transition a été perdue et une démission en période troublée peut observer une vacance du pouvoir très inquiétante.

En conséquence, les gouvernements successifs ont peiné à conserver une majorité stable, conduisant à des cohabitations déstabilisantes et à des impasses politiques récurrentes. Sa Majesté s'est vue entravée dans l'exercice de ses fonctions et l'action gouvernementale a été émoussée.

Titre IV

Constats formulés par la Convention



  • Instabilité de l’exécutif : La dualité du pouvoir (Sa Majesté – Premier Ministre élu) a entraîné une confusion des responsabilités, notamment en matière de politique étrangère, de sécurité nationale et de gestion de crise, tant pour le gouvernement de Sa Majesté, que pour la population et les administrations impériales.

  • Crise de représentation : Le vote populaire pour le Premier Ministre a contribué à la marginalisation des assemblées, dont le rôle dans la formation du gouvernement a été fortement réduit, entraînant une perte d’efficacité législative et un affaiblissement du contrôle parlementaire. Cela a par ailleurs donné de manière paradoxale un poids très important au Premier Ministre mais un poids de la responsabilité plus grand qui entrave par crainte son action.

  • Complexité logistique et juridique : L’organisation d’élections à l’échelle de l’Empire, avec obligation de candidatures multiples et système de notation, a généré des coûts élevés, des retards fréquents et des contestations. D'autant que la fréquence de ces élections n'est pas déterminées car les gouvernements sont plus fréquemment renouvelés que les assemblées.

  • Rigidité institutionnelle en temps de crise : En période d’urgence (conflit, catastrophe naturelle, instabilité économique, etc...), le processus d’élection du Premier Ministre s’avère trop long et trop peu réactif pour assurer une gouvernance efficace. La vacance du pouvoir est un risque majeur et l'impossibilité de remplacer la figure dirigeante du gouvernement de Sa Majesté en période de troubles est une faille dans l'intégrité de l'Empire.

  • Marginalisation des outremers : Les spécificités des provinces ultramarines ont été insuffisamment prises en compte dans l’organisation du vote, accentuant le sentiment d’éloignement politique. Il est nécessaire de lier bien plus les territoires d'outre-mer aux décisions, de renforcer leur autonomie et le lien affectif entre les régions de l'Empire.

  • Titre V

    Propositions émises par la Convention


    Au regard des constats précités, la Convention Multicéphale d’Empire formule les propositions suivantes. Il s’agit, en premier lieu, de procéder à une abrogation partielle des réformes Wiseman, spécifiquement dans leur volet relatif à l’élection directe du Premier Ministre. Cette disposition serait remplacée par la restauration du mode de désignation parlementaire du Premier Ministre, lequel serait élu par un vote conjoint du Sénat et de l’Assemblée Nationale, à la majorité absolue pour éviter tous blocages politiques potentiels puis soumettre le Premier Ministre ayant reçu l'aval du Parlement à la nomination par Sa Majesté Impérial.

    En cas de vacance du poste de Premier Ministre lors d'une crise politique pouvant porter atteinte à la sécurité de l'État, la Convention recommande la mise en place d’une parenthèse parlementaire exceptionnelle dans l'élection d'un Premier Ministre assortie d’un droit de nomination d’un gouvernement de transition en cas de blocage par Sa Majesté. Le Conseil de la Charte Impériale peut décider de l'inconstitutionnalité de la décision de Sa Majesté et bloquer cette décision. Parallèlement, la révision du système électoral des Assemblées est proposée, avec l’instauration d’un mode de scrutin de proportionnelle compensatoire permettant à la fois une représentation fidèle des courants d’opinion et la constitution de majorités gouvernementales stables, et d'autre part une représentation plus équitable entre les territoires moins peuplés et les territoires d'outremer vis-à-vis des autres territoires. Il serait également intéressant que la Convention, le pouvoir législatif ou le pouvoir exécutif, mais surtout que les pouvoirs locaux dans ces territoires d'outre-mer engagent une réflexion sur une réorganisation de ces mêmes territoires pour une intégration vertueuse dans l'Empire en possédant des statuts d'autonomie accrue, notamment pour les populations natives dans des territoires préservés, en envisageant de légitimer cette réorganisation par des référendums d'autodétermination.

    Afin de garantir la continuité de l’État en toutes circonstances, la Convention suggère une redéfinition du rôle du Conseil Impérial, qui devra assurer l’intérim de la gouvernance en cas d’empêchement imprévu du Premier Ministre ou de paralysie institutionnelle des Assemblées et d'urgence ne permettant pas à l'Empereur de nommer un gouvernement de transition. En complément, dans le but de se prémunir de dérives autoritaires, le renforcement du contrôle parlementaire sur les actes du gouvernement s’impose, via la création d’une Haute Commission de Suivi Exécutif dotée de pouvoirs d’investigation et de recommandation ayant valeur contraignante.

    Enfin, la clarification des compétences respectives de Sa Majesté et du Premier Ministre devra être opérée par le biais d’une loi organique d’interprétation constitutionnelle, afin de lever les zones d’ambiguïté préjudiciables à la lisibilité du pouvoir exécutif pour les administrations et la population.


    Titre VI

    Résultats attendus par la Convention


    La mise en œuvre de ces propositions vise plusieurs objectifs stratégiques. D’une part, elle devrait permettre un renforcement de la stabilité gouvernementale en réduisant les risques de majorités dissonantes et d’obstruction. D’autre part, elle permettra une meilleure articulation entre l’exécutif et les assemblées, consolidant le caractère parlementaire du régime impérial.

    Sur le plan international, la réforme envisagée offrirait une gouvernance plus lisible, renforçant la crédibilité de l’Empire auprès de ses partenaires et gommant les faiblesses que ses adversaires auraient potentiellement utiliser. En interne, la réduction des coûts liés à la répétition des processus électoraux, sans renier les principes de participation démocratique, constitue un gain d’efficience notable. Enfin, ces réformes contribueront à une réintégration active des provinces d’outre-mer dans le jeu politique national, par la prise en compte accrue de leurs spécificités et de leur représentation dans les équilibres institutionnels. Cela devra permettre aussi d'ouvrir la voie à une recherche de sauvegarde des modes de vies, des traditions et des territoires des groupes natifs de ces territoires.

    Titre VII

    Conclusion du rapport de la Convention


    L’idéal d’une démocratie renforcée et parlementaire ne saurait se confondre avec la surenchère électoraliste et populiste. La Convention Multicéphale d’Empire, au terme de ses travaux, appelle solennellement les institutions compétentes à revoir les fondements de la gouvernance impériale en réintégrant les principes d’harmonie, de responsabilité et de représentation équilibrée.

    Elle rappelle que Sa Majesté Impériale, en tant que pôle symbolique et régulateur, n’est pas un contre-pouvoir mais un co-pouvoir, et que le Premier Ministre, pour gouverner efficacement, doit pouvoir d'une part travailler avec Sa Majesté dans le respect de sa fonction et d'autre part, doit s’ancrer dans une majorité parlementaire cohérente, fruit du dialogue et non du seul suffrage, permettant ainsi une démocratie solide sur les compromis et les coalitions.

    La restauration de cette harmonie est aujourd’hui une nécessité impérieuse, pour la stabilité de l’Empire comme pour la confiance du peuple, dans un contexte de tensions mondiales accrues et de surenchère à la violence de la part d'acteurs internationaux belliqueux.

    Fait par la Convention, siège à Estham, le 7 décembre 2016.

    Sous la présidence collégiale de la Convention Multicéphale d’Empire.
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    Alerte bombardements

    Les sirènes avaient retenti. Pas celles menant les marins à leur perte, mais celles devant sauver d'un plus grand danger.

    Babylone avait frappé, la rationalité avait été abandonnée.

    Surprise ?

    Un peu, mais moins que ce que l'on aurait pu s'imaginer.

    Après la cathédrale, vint le cœur.

    Mais les murs de Byzance n'étaient pas prêts à tomber malgré les apparences de la situation.

    Et l'Empire n'était pas en décadence.

    Martyr ?

    Oui.

    Pour l'Humanité, pour la Civilisation.

    L'ordre moral, la paix, la vie, la dignité.

    Cela s'était peut-être désagrégé au contact de l'air putride de Carnavale.

    Mais c'était encore l'oxygène circulant dans chaque nordiste.

    Une mission.

    Le caractère divin de l'Humanité avait parlé.

    L'Humanité venait de confier un rhabdos à l'Empereur.

    De l'Empire ne se dégagera pas une fumée honteuse ;

    Mais se dégagera l'auréole d'une mission qui dépasse tout ce que l'Humain à connu.

    L'Empire est la lumière dans l'obscurité balistique.

    L'Empire est Saint Michel l'Archange terrassant le démon.

    L'Empire est crucifié, mais ressuscite.

    L'Empire est investi de la plus noble mission qui soit ;

    Et qui sera désormais la plus grande œuvre de l'Humanité :


    L'annihilation pure et simple, complète et définitive du potentiel de nuisance de la Babylone obscure. Ce qui fait l'obscurité en Carnavale sera entièrement détruit, il n'y a aucune autre issue possible.


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    La salle d'une taille relativement moyenne qui avait été réquisitionnée au Palais Dalmorien dans la ville de Haguevieil pour servir de lieu de réunion au Conseil de Régence Salutaire, où s’était établie le pouvoir après la dévastation d’Estham, baignait dans une semi-obscurité éclairée de quelques bougies et d'un lustre imposant ainsi qu'un petit feu de cheminée qui réchauffait le froid de janvier accentué par un carrelage en dalles d'une sorte de faïence. Le Conseil de Régence, instance exceptionnelle convoquée par décret de Sa Majesté Maximilien II pour gouverner l'Empire dans la tourmente, tenait sa deuxième session après la précédente durant laquelle il avait approuvé l'engagement des forces armées impériales. Sur les murs, les portraits des anciens nobles semblaient observer, sévères, les dignitaires qui prenaient place autour de la table recouverte d’un drap vermeil impérial. L’air était saturé d’une gravité qui ne désemplissait pas et que seul le froissement des dossiers, le toussotement des officiels présents et le cliquetis des verres d’eau venait troubler.

    L’Empereur portait la redingote sombre de deuil. Son visage, plus fermé que jamais, n’affichait que peu de choses, mais trahissait sa peine. À sa droite, le Ministre des Affaires Étrangères et Premier Ministre par intérim, François-Adolphe Rouzet préparait ses notes, tandis qu’en face, le Maréchal Eric Lee, chef du Haut Commandement, fixait ses cartes militaires en y laissant glisser son doigt sur des points importants. À la gauche de l’Empereur, les présidents des trois chambres – Henri de Beaurivage pour l’Assemblée nationale, Élise Tramarre pour le Sénat et le duc Odon de Lanison pour la Chambre des Nobles – échangeaient des regards. Un peu plus loin, les deux délégués étrangers – Gwenledyr Davies, caratradienne pour l’OND, et Raul Mendès, lermandien pour l’ASEA – attendaient leur tour de parole. Les ministres des Finances, de la Santé, de la Sécurité intérieure, du Commerce, de l'Économie et du Logement feuilletaient des rapports épais, tandis que deux hauts magistrats du Conseil d’État, drapés dans leurs robes noires, observaient en silence, arbitres de la légalité parfois floue dans ce genre de situation. Un greffier faisait le procès-verbal de la séance.

    Un silence s’établit peu à peu et L’Empereur prit la parole :

    — « Messieurs, Mesdames, nous voici réunis en Conseil de Régence Salutaire pour la seconde fois. La gravité de la situation et l'importance de notre tâche ne sont pas moindres par rapport à la première fois, et sont peut-être même encore plus importantes. La guerre, la perte d’Estham, les morts innombrables, les menaces qui s’amoncellent exigent de nous non plus des paroles désormais, mais des décisions, fermes et justes, qui nous sauverons du chaos. Votre Excellence le Premier Ministre par intérim, je vous prie d’introduire les débats. »

    François-Adolphe Rouzet se leva, ses feuilles à la main, plus pour se donner une consistance que par réelle nécessité :

    — « Votre Majesté, honorables membres du Conseil. Permettez que j’ouvre cette séance sur l’état actuel de nos opérations militaires. Le Maréchal Lee pourra détailler ou me corriger si cela est nécessaire. Mais que chacun le sache et que cela soit ce qu'on retienne de notre action ici et partout dans le monde : l’Empire n’a pas fléchi. Depuis l’offensive aérienne déclenchée lors de l'opération Dreamland avec nos alliés onédiens le 17 janvier 2017, nous avons neutralisé la majeure partie des infrastructures stratégiques de Carnavale ainsi que son aviation. Les bombardements de précision sur les infrastructures nécessaires à son aviation et arsenal balistique ont été respectivement réduit de 75 et 72% pour leur capacité logistique et la grande majorité du stock balistique carnavalais a été également détruit. Toutefois, le prix payé est lourd : quarante-cinq appareils perdus sur 164 engagés, soit 27% et une cinquantaine aviateurs disparus ou capturés. »

    Le Maréchal Lee inclina la tête, et déplia une carte :

    — « Effectivement. Nos succès tactiques sont réels et une partie importante de la disposition balistique et aérienne de l'ennemi a été éliminée. Des massacres tels que celui ayant touchés Estham ne pourront à priori plus se reproduire à moyen termes. Et l'impossibilité pour la Principauté de reconstituer des stocks d'armes de destructions massives est l'objectif principal de cette guerre. Toutefois, la situation à Carnavale a pris un tour inquiétant. Vous avez sans doute entendu parler de ce que nos renseignements confirment désormais : le suicide collectif de plusieurs de leurs élites, ministres et généraux compris, dans un délire apocalyptique chrétien. Nous faisons face à un ennemi qui ne cherche plus à négocier sa survie, mais à précipiter sa chute dans un brasier sacré. Cela les rend encore moins prévisibles qu'ils ne l'étaient déjà, mais aussi vulnérables : en théorie, leur commandement s’effondre et nous pouvons jouer sur cela à notre avantage. »

    Un murmure parcourut la salle. Le duc de Lanison se pencha en avant, sa voix hésitante :

    — « Votre Majesté, si l’ennemi n’a plus de tête, devons-nous persister dans une guerre coûteuse ? Peut-être est-il temps d’ouvrir des conditions de négociations, à imposer certes, mais qui nous épargneraient encore des pertes. Nos moyens doivent se concentrer sur la situation interne de l'Empire. L'armée est nécessaire dans la gestion des réfugiés d'Estham et nos réserves financières sont vitales pour la prise en charge de ceux-ci, les missions de sauvetages et de décontaminations, la construction de nouveaux logements et j'en passe. »

    La présidente du Sénat, Élise Tramarre, répliqua aussitôt, furieuse :

    — « Négocier avec des fanatiques qui se jettent du haut de ponts par centaines en chantant des psaumes ? Avez-vous perdu la raison ? Quelle garantie de paix durable nous donneraient-ils ? Et même si une nouvelle autorité émergeait, et il semblerait que cela soit l'héritière Castellage, leurs élites sont complètement délirantes. Nous devons nous assurer de la destruction pleine et entière de leur arsenal balistique avant de négocier et être en position de force absolue. D'autant que les Communes Unies du Grand-Kah paraissent engager des actions qui, volontairement ou non, nuiraient aux opérations de l'alliance et nous handicaperait. Non, il faut aller au bout, pour que jamais ne renaisse pareille folie. On ne négocie pas avec un fou ayant une grenade dans la main, on l'a lui arrache. »

    Le Duc répondit sèchement :

    — « Et si vous n'avez pas le temps de le désarmer comme c'est arrivé avec nous ? Il est inenvisageable que la grenade nous explose une seconde fois au visage, nous avons déjà trop perdu. Négocions vous dis-je ! Si certains eurysiens ou autre onédiens veulent continuer la guerre qu'ils le fassent, nous les soutiendront, mais dans la limite de nos capacités. Et cette limite est déjà largement dépassée. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des milliards dans cette guerre alors que nous avons déjà besoin de milliards pour nous relever. »

    Le Président de l'Assemblée Nationale, Henri de Beaurivage, se permit un commentaire prudent :

    — « Se désengager maintenant serait une atteinte difficilement récupérable à l'image de l'Empire. D'une part auprès de nos estimés alliés onédiens aujourd'hui représenté par l'honorable Madame Gwenledyr Davies, et d'autre part à l'international. Pour paraphraser Son Excellence monsieur le Premier Ministre de Sa Majesté, cette guerre a pour but premier de désarmer la Principauté, de neutraliser sa menace et de juger les coupables des insoutenables crimes commis, mais aussi de montrer que : l'Empire n'a pas fléchi. Se retirer maintenant après une victoire, certes coûteuse mais comme toute guerre, serait incompréhensible. Si la Principauté souhaite arrêter les combats, c'est à elle d’entamer les négociations. La reddition des autorités carnavalaises et de leurs forces ne semble cependant pas à l'ordre du jour de leurs oligarques. L'Empire a besoin de financements pour se relever mais ils seront en partie soutenu par un effort collectif de la part de l'Organisation des Nations Démocratique mais aussi d'autres moyens d'urgence. Je pense notamment à notre capacité à utiliser les devises étrangères gelées, auxquelles pourraient bientôt se rajouter celles de la Fédération de Stérus qui est ciblée de sanctions par la majorité de nos partenaires. »

    Le Premier Ministre leva la main pour apaiser le tumulte :

    — « La question reste entière. En l'état actuel des choses, il est difficilement possible de convoquer le Parlement pour voter sur cette question il me semble ? Il feuilleta une note devant lui. Mes informations me rapportent que sur les 468 honorables députés et 151 vénérables sénateurs de l'Empire, 206 députés et 107 sénateurs ont péris, paix à leurs âmes. Cette situation est sans précédant, je n'ai pas de réponses formelles sur la marche à suivre. Peut-être que Ses Éminences du Conseil d'État pourraient nous éclairer ? »

    Un silence se fit. Un silence qui était épais, seulement brisé par le froissement des papiers et le grattement nerveux du greffier. Les mots du Premier Ministre persistaient dans la salle : deux millions de morts, un Parlement réduit à moitié en cendres.

    Les présidents des Chambres avaient baissé la tête. Élise Tramarre, la présidente du Sénat, essuyait ses lunettes d’un geste distrait, comme pour masquer son trouble. Henri de Beaurivage, le visage creusé, triturait sa cravate. Le duc de Lanison fixait l’Empereur.

    À ce moment, l’un des deux hauts magistrats du Conseil d’État, maître Armand Alarie, prit la parole :

    — « Messieurs, Mesdames, Vos Excellences, Votre Majesté. En vérité, la Constitution impériale actuelle ne prévoyait pas l’ampleur d’une telle catastrophe et les dispositions à prendre lors d'une telle tragédie. Mais, si le droit contemporain reste muet, et que cette méthode n'est peut-être pas la plus orthodoxe, le droit ancien ne l’est pas. »

    Il ouvrit un dossier relié de cuir usé, aux pages jaunies. Le mouvement de sa main marquée par l'âge entraîna sa robe ample et fit tinter sa chaîne de maître du Conseil.

    — « En 1826, sous le Premier Empire, fut adoptée la Loi sur la souveraineté nationale en temps de crise, sous le règne du fondateur de l'Empire, Sa Majesté Maximilien Ier de la maison Delieux. Elle prévoyait que si les institutions représentatives étaient détruites ou empêchées de siéger par un ennemi, le Souverain, assisté de son Conseil de Guerre et des chefs de juridictions supérieures - titres et fonctions désormais échues au Conseil de Régence Salutaire et à l'ordre de maîtres du Conseil - se voyait conférer le droit de poursuivre ou engager toute guerre offensive ou défensive impérieusement nécessaire à la nation, jusqu’à ce qu’un corps législatif reconstitué puisse en décider autrement. »

    Il leva les yeux vers l’assemblée.

    — « Cette loi, bien que vieille de près de deux siècles sous l'ancien Empire, ne fut jamais abrogée, et tomba dans l’oubli au fil des révisions constitutionnelles et tumultes de l'Histoire. Mais elle est encore inscrite dans le Recueil des Lois à titre de legs constitutionnel non-abrogé. En théorie, Votre Majesté pourrait donc s’en prévaloir, si Votre Majesté estimée cela nécessaire. »

    Le vieil homme s'assit. Un murmure parcourut la table.

    Le maréchal Eric Lee fit glisser son doigt sur la carte une dernière fois, puis laissa tomber :

    — « Cela règle la question militaire il me semble. Nos troupes n’attendront pas que des juristes débâtent de questions qui pourraient encore être posées lorsque je rendrais mon dernier souffle. Si l’ennemi est à terre, c’est maintenant qu’il faut appuyer. »

    Mais le duc de Lanison, fronça les sourcils :

    — « Si Votre Majesté et le Conseil s’arrogent ce pouvoir unilatéralement, certaines forces intérieures et acteurs internationaux pourraient dénoncer une dérive absolutiste. »

    Le présidente du Sénat répliqua d'une voix cinglante:

    — « Absolutisme ? Deux millions de morts dans notre capitale, Votre Excellence. Est-ce de l’absolutisme que de survivre et chercher justice, paix et sécurité ? La paix ne s'obtient pas dans l'inaction il me semble. »

    Un silence pesant retomba, tandis que l’Empereur Maximilien II, jusqu’alors immobile, posait ses mains sur la table. Son regard était autoritaire, comme agacé par les disputes, et sa voix, ferme et posée, trancha dans la tension :

    — « Alors soit. Puisque le droit ancien me le permet et que le droit nouveau se tait, nous marcherons sous l’étendard législatif du Premier Empire. Que cette Loi sur la souveraineté nationale en temps de crise nous guide. J’assume devant l’Histoire et le peuple cette décision : Carnavale n’échappera pas à la justice des nations. »

    Gwenledyr Davies, la déléguée caratradienne de l’OND, hocha la tête. Rétrospectivement, était-ce une bonne idée d'envoyer la représentante d'une des nations les plus militairement exaltées et va-t-en-guerre de l'alliance ? Meh, cela ne changeait plus grand-chose. Elle déclara :

    — « Sachez que Caratrad et l'ensemble de l'Organisation des Nations Démocratiques soutiendront l'Empire dans sa situation tant intérieure qu'extérieure, dans le cadre des traités fondateurs. »

    Le greffier, d’une main tremblante, inscrivit dans le procès-verbal :
    « La guerre sera poursuivie, au nom des morts et de ceux qui n’ont plus de Parlement pour parler. »

    Le Premier Ministre reprit :

    — « Je vous remercie Votre Majesté, pour votre décision éclairée. Je me dois à présent d'attirer l’attention du Conseil sur un danger tout aussi important : la situation intérieure. Estham n’est plus et ne sera plus vivable avant longtemps. Deux millions et demi de réfugiés se pressent vers les territoires périphériques de la capitale, vers les provinces intérieures et même en outre-mer. La plupart sans toit, sans emploi, sans repères ni perspectives. Le ministre du Logement, monsieur Ostell, peut en témoigner. »

    Le ministre du Travail, des Solidarités, du Logement et de l'Inclusion, qui avait été en difficulté devant la crise du logement social qui avait prit une tournure médiatique bien plus importante en mai 2013 à la suite d'un rapport de l'Agence d'Inspection Générale du Logement et qui avait affaibli sa position et qui persistait toujours aujourd'hui, Gabriel Ostell, les traits tirés, répondit :

    — « Nous avons estimé que nous sommes capables de déployer 300 000 logements d’urgence, à savoir des conteneurs, des casernes réaffectées, des préfabriqués. Mais cela ne couvre que douze pourcent des besoins. Nous estimons à 15 milliards de dollars impériaux la dépense nécessaire pour au cours des prochaines années, mais que l'urgence immédiate nous commanderais d'acheter le plus vite possible des logements d'urgence. Pour cela il est nécessaire parmi de tenir un registre des réfugiés d'Estham et de déterminer la proportion de ces réfugiés ayant un besoin urgent de logements pour les 300 00 possibles dans l'immédiat, à savoir les familles avec de jeunes enfants, les personnes vulnérables et âgées. Puis dans le reste des réfugiés, quelle proportion peut se loger chez leur famille et quelle proportion dans des résidences secondaires. Nous pouvons envisager un décret-loi pour suspendre les activités sportives afin de loger des réfugiés dans des gymnases, pour réquisitionner les locaux d'entreprises dans leurs horaires de fermeture pour offrir un toit, de même pour les bâtiments publics. Je serais aussi d'avis de créer une plateforme dans les plus brefs délais permettant à des foyers volontaires d'accueillir les réfugiés temporairement. Une autre piste de réflexion serait la réquisition des biens du parc de logements encore non occupés auprès des bailleurs sociaux et autres acteurs du logement. Cela serait cependant compliqué dans l'immédiat et sur le plan socio-économique d’ensemble, nous allons droit à une crise sociale majeure. Il existe aussi la possibilité de Kuja, le mégaprojet de métropole afaréenne qui a une capacité théorique d'un million d'habitants et qui est actuellement peuplé d'environ 70 000. Cela serait peut-être mal vu de voir une telle quantité de réfugiés du continent aleuciens débarquer en Afarée mais cela serait aussi un moyen de loger en urgence ces personnes. Bien-sûr les bâtiments ne sont pas tous opérationnels, ne sont pas meublés et il manquerait des raccords en électricité et en eau, mais c'est mieux que rien. Cela serait toutefois un défi logistique immense et mettrait sous tensions les alentours de la ville qui ne sont pas encore adaptés à une telle population. Avec toutes ces options, nous devrions avoir la capacité de loger temporairement tout le monde. Sans compter que parmi les réfugiés se trouvent aussi beaucoup de touristes, d'étrangers de passage, d'étudiants temporaires, auxquels nous pouvons proposer les logements les plus temporaires et un retour vers leurs pays d'origines le temps que les temps les plus durs de la crise soient passés. »

    Le ministre des Finances, Pauline Granchard, intervint :

    — « Je confirme. Le PIB a chuté de 11 % après l'attaque, l'équivalent de 131 milliards de dollars internationaux en moins, nous faisons reculer au rang de deuxième économie continentale et nous éjectant du cercle des 10 premières économies mondiales. Mais cela n'est clairement pas une priorité et les classements ne sont pas la raison d'être de notre économie. Celle-ci après une telle crise doit être entièrement tournée vers la résilience. 2 millions de morts, la guerre en cours et les menaces croissantes justifient il me semble une économie de guerre. Gérer la situation intérieure et le conflit en cours nécessitent une gouvernance forte et pour cela il me semble qu'un dirigisme accru de la part de l'administration impériale est nécessaire afin de réorienter notre industrie vers des domaines extrêmement pressants. Je pense notamment à la robotique lourde, la biochimie décontaminante, l'industrie pharmaceutique et médicale ainsi que le domaine NRCB, l’IA défensive et applicable à l'économie, le BTP stratégique et de nouvelles formes d'innovations dans ces domaines ainsi que la reconstitution d'un complexe militaro-industriel nécessaire en ces temps de guerre et après une crise sécuritaire si importante, sans compter la multiplication des menaces, notamment en Afarée. L'ambition serait de revenir rapidement à un complexe militaro-industriel équivalent ou supérieur à ce qu'il était avant la crise, soit la nécessité de recréer une part structurelle d'au moins trois milliards de dollars internationaux. Inutile d'ailleurs de vous cacher que l'économie de l’Empire sera en partie sous perfusion. Nos alliés et les nations solidaires de notre situation permettront selon les déclarations et accords actuels de recouvrir une somme estimée à environ cent milliards de dollars internationaux, mais cela ne suffira pas évidemment et une importante part sera à charge de l'Empire. Nous avons comme estimations, je l'admet assez grossière, que réhabiliter Estham prendrait environ une décennie et quelques plus de 600 milliards de dollars internationaux, tandis que la gestion de la crise intérieure, le relogement durable, la remise en place de notre complexe scientifique et militaro-industriel, le coût de la guerre et les dépenses relatives à la reconstitution de l'administration impériale, l'aide à la relocalisation, les opérations de sauvetages humaines et matérielles, portent la dépense à environ 200 milliards. Nous devons envisager un emprunt de guerre national dans le cadre du conflit et un emprunt de crise pour la situation intérieure, sinon une hausse temporaire des contributions fiscales. »

    Le président Beaurivage de l’Assemblée nationale, silencieux depuis un certain moment, s’anima :

    — « Hausser les impôts alors que nos concitoyens viennent de perdre leurs foyers, perdre des proches, perdre leurs biens et sûrement leurs emplois ? C’est jeter de l’huile sur le brasier. Beaucoup sombreraient financièrement et cela serait extrêmement mal vécu. Nous ne pouvons pas rajouter cela à leurs souffrances. Non, il faut puiser dans les réserves orales de la Banque impériale et décréter l’état d’urgence économique. Il faut utiliser les fonds étrangers gelés par les sanctions. Les fonds toujours immobilisés des nations de l'UNCS, ceux de Carnavale et peut-être bientôt ceux de Stérus. Cela apporterait une aide significative. Et il faut contracter des prêts. Il n'y a pas beaucoup de solutions possibles, nous avons besoin de fonds et nous en avons besoin rapidement. »

    À ce mot, les magistrats du Conseil d’État se redressèrent. Le plus âgé des deux vieillards, maître Augustin de La Rue, répondit :

    — « L’état d’urgence est une arme à double tranchant. Il est juridiquement possible, certes, mais il suspendrait une part des libertés publiques et exigerait un contrôle rigoureux. Êtes-vous prêts à assumer une telle charge devant l’Histoire ? »

    L’Empereur fronça les sourcils mais ne dit rien. Ce fut la déléguée de l’OND, Gwenledyr Davies, qui reprit la parole, sa voix légèrement cassée par l’accent Kentois :

    — « Permettez une remarque, Votre Majesté. Vous le savez, l'amitié qui lie les États membres et les engagements pris nous permettent de déployer une aide administrative directe, d'autant plus que les fonctionnaires caratradiens et tanskiens sont habitués aux nations disposant d'outre-mer. Nous pouvons détacher plusieurs centaines de fonctionnaires expérimentés pour appuyer vos services dans la gestion des réfugiés, la stabilisation de votre situation interne et la possible réhabilitation d'Estham. Mais il faut un cadre clair et un état d’urgence faciliterait beaucoup cette coordination. J'aimerais aussi rappeler la proposition des États-membres d'épauler les états-majors impériaux touchés par les bombardements. »

    Raúl Mendès, le représentant lermandien de l’ASEA, renchérit :

    — « De même, nos États sont prêts à fournir ingénieurs, médecins, logisticiens. Mais nous devons être certains que l’Empire garde sa stabilité politique. Sinon, certains voisins pourraient chercher à manipuler la situation pour affaiblir votre souveraineté. Comme certains honorables membres du Conseil l'ont fait remarquer, il est nécessaire d'accorder une attention particulière aux potentielles manœuvres des ennemis de l'Empire, de l'ASEA et de l'OND qui souhaiteraient profiter de la situation. L'état d'urgence renforcerait les capacités de l'Empire à répondre à ces menaces. Personne ne souhaite voir des sécessions apparaître au sein des outre-mer nordistes ni des révoltes en métropole car certains agents extérieurs auraient manipulés les populations. »

    Cette allusion fit frissonner certain membre l’assemblée. L’Empereur se redressa enfin, brisant le silence :

    — « Cela est clair désormais. L’Empire est blessé, mais non défait, notamment grâce à l'aide inestimable de nos alliés. Nous tiendrons, coûte que coûte. Je suis prêt à assumer l’état d’urgence, pour un temps limité, afin de garantir la sécurité, l’ordre et la reconstruction. Toutefois le Conseil de Régence doit être à mes côtés et Son Excellence le Premier Ministre ainsi que Ses Excellences les présidents des chambres parlementaires doivent s'assurer d'une union sacrée de la classe politique. Je suis également prêt à soutenir monsieur le Premier Ministre et le gouvernement dans le cadre d'emprunts massifs, de dirigisme et de réquisitions. Mais qu’il soit écrit : ce n’est point pour museler nos peuples, mais pour les protéger. Il est temps d'approuver ou non les délibérations. A la question : le Conseil approuve-t-il l'usage de la Loi sur la sécurité nationale en temps de crise pour justifier la poursuite de la guerre, qui est contre ? Qui s’abstient ? Je vous remercie. Le Conseil l'approuve par quinze voix contre une. A la question : le Conseil approuve-t-il les orientations exposées par l'honorable ministre Gabriel Ostell, qui est contre ? Qui s'abstient ? Je vous remercie, le Conseil l'approuve à l'unanimité. A la question : le Conseil approuve-t-il les orientations de l'honorable ministre Virginia McConnal et ses honorables collègues, les ministres de l'Économie générale et du Commerce général, quant à l'adoption d'une attitude économique dirigiste dans le but de réorienter l'industrie vers les secteurs essentiels de la crise actuelle, de relocaliser les industries stratégiques, de former des consortium public-privé et de racheter des parts d'entreprises, qui est contre ? Qui s'abstient ? Le Conseil l'approuve à l'unanimité. A la question : le Conseil approuve-t-il les orientations de l'honorable ministre Virginia McConnal et ses honorables collègues, les ministres de l'Économie générale et du Commerce général, quant à la contraction de prêts et d'emprunts de guerre et de crise, qui est contre ? Qui s'abstient ? Le Conseil l'approuve à l'unanimité. A la question : le Conseil approuverait-il la hausse des impôts pour financer les plans de crise, qui est contre ? Qui s'abstient ? Le Conseil rejette à quinze voix contre et une abstention. A la question : le Conseil approuve-t-il la réception de groupements administratifs alliés et de personnels logisticiens, médicaux et d’ingénierie pour l'épauler dans la gestion de la crise intérieure, qui est contre ? Qui s'abstient ? Le Conseil l'approuve à l'unanimité. A la question : le Conseil approuve-t-il la constitution d'états-major provisoires mixtes entre les autorités impériales et les délégués onédiens, qui est contre ? Qui s'abstient ? Le Conseil l'approuve à quatorze voix pour et deux abstentions. »

    Valmont s’inclina et l'Empereur s'assit. . Et, dans le silence retombé, une appréhension persistait. Les mois à venir seraient durs. Le Premier Ministre conclu :

    — « Votre Majesté, Excellences, je vous remercie pour la productivité de ce conseil. Une prochaine réunion sera établie pour la fin de semaine. Le procès-verbal sera dressé et approuvé et les décrets-lois promulgués avec leurs dispositions telles qu'approuvées par le Conseil. »
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    Allô mon vieil ami ? Ouvrez le ban...

    (Parti 1 sur X)


    Le 17 janvier 2017, un peu moins d’un mois après les bombardements chimiques massifs de la Principauté de Carnavale, l’opération Dreamland suivie de l’opération Downpour furent lancées afin de faire plier le régime génocidaire. Toutefois, considérant la désorganisation importante du pays suite au suicide de nombreux dirigeants et le regain d’instabilité interne alors que le pays sombre toujours plus dans l’anarchie, il semblerait que la proportion de chance pour que ce qui reste de la Principauté se plie aux exigences de l’Organisation des Nations Démocratiques soit très faible. Bien trop fiers et sûrement bien trop fous, malgré les réticences globales au sein des gouvernements onédiens, la perspective qu’une opération terrestre soit une nécessité se précise malheureusement de plus en plus. Le coût de la guerre est déjà faramineux. Humainement, si l’on comptabilise les deux millions de morts civils précédents les opérations et les pilotes perdus, et matériellement par la perte d’un peu plus d’une quarantaine d’avions de combat.

    Dans ce climat d’incertitude, Sa Majesté n’avait plus le luxe d’attendre et de regarder de loin. Le trône impérial, lui aussi, était exposé aux tumultes de ces temps dangereux : aux critiques de ses alliés, aux murmures de ses opposants intérieurs, au doute des soldats qui porteraient le poids de la guerre à venir et de la population qui soutenait cet effort de guerre alors qu'elle pleurait encore ses proches disparus, aux ennemis de l'Empire et de la couronne qui n'attendent que le bon moment pour sortir de l'ombre et l'égorger. L’Empereur savait que la victoire militaire ne serait pas possible et que le redressement de l'Empire ne pourrait se faire sans la fidélité intacte de ses forces armées. Inspiré par l’Histoire qui lui avait été enseignée et aux temps de tempêtes que ses prédécesseurs avaient dû affronter, il prit une décision qui devait rester hors de la lumière publique : quitter la métropole presque dans le secret le plus total et s’envoler pour l’Afarée, territoire capital et partie intégrante de l'Empire qui abritait une part essentielle de la puissance militaire opérationnelle de l’Empire et qui était un territoire qui pouvait aussi se trouver dans la tourmente lorsque les ennemis de l'Empire profitent de sa vulnérabilité.

    Le voyage fut organisé dans la plus stricte discrétion. L’avion impérial habituel fut troqué pour un aéronef plus discret, aux couleurs sobres et dépourvu de tout signe distinctif, qui traversa l’Océan d'Espérance et l'Océan du Deltacruzando dans un silence dense et une atmosphère d'inquiétude à couper au couteau. Dans la cabine, Sa Majesté, habituellement entouré de conseillers et de dignitaires ainsi que de sa bien-aimée fiancée, n’avait gardé auprès de lui que deux officiers de confiance et son chef de cabinet militaire. Il aurait aimé avoir la compagnie rassurante d'Adeline, mais c'était inenvisageable alors que son état de santé était encore très incertain et que la perte de leur fils l'avait terriblement affectée. Le reste du temps durant ce trajet, lorsqu'il n'échangeait pas avec les officiers ou son chef de cabinet militaire, il s’isolait. Derrière les vitres opaques, l’océan s’étendait comme une mer de plomb, indifférente aux drames des hommes, comme figée, et parfois dangereusement agitée par un temps de janvier encore rude. Le souverain, crispant occasionnellement ses mains sur les accoudoirs et frottant distraitement sa jambe qui le faisait encore souffrir ou le pommeau de sa canne qui reposait contre ces mêmes accoudoirs, se laissait happer par des pensées contradictoires : la nécessité impérieuse de montrer la force de l'Empire, le risque d’un hypothétique engagement terrestre qui pourrait s'embourber dans une mégalopole et virer au désastre, la crainte sourde que les sacrifices demandés à ses soldats n’engloutissent un jour la légitimité même de la couronne, le caractère vital pour le pays d'obtenir les garanties réclamées par l'ultimatum et diverses questions et craintes.

    À l’approche de la côte afaréenne, le dispositif s’accéléra. L’avion se posa dans la nuit sur un aéroport secondaire, presque désert, éclairé par de maigres projecteurs. Dès que la passerelle toucha le sol, Sa Majesté fut escortée vers un hélicoptère de léger qui devait le transporter. Le bruit assourdissant des rotors couvrit toute tentative de conversation. L’appareil décolla rapidement, emportant l’Empereur au-dessus de forêts obscures, des plaines lointaines, de routes scindant le paysage et parfois de villes et villages, vers la grande base militaire où stationnait la 9ᵉ brigade interarmes << Afarea >>.

    Sous lui, l’Empire s’étendait encore, à la fois lointain et proche, blessé, mais toujours puissant. Sa Majesté fixait les lumières éparses des villages et des garnisons, comme autant de braises qu’il lui fallait absolument rallumer, rallier, tenir unies dans la tempête qui s’annonçait. Sa présence en Afarée n’était pas un geste symbolique dont il aurait pu se passer tant il y avait à faire à Haguevieil, c’était une épreuve de vérité, un baptême du feu en quelque sorte. Si l’armée lui restait fidèle, alors l’Empire pourrait envisager l’impensable. Si l'armée lui restait fidèle, alors l'Empire survivrait à tout et triompherait. Sinon…
    5896
    VIIe Congrès du Parti Communiste Radical ;
    recomposition de la sphère communiste, unité affichée et tensions persistantes.



    Le VIIe congrès durant l'année 2018 du Parti Communiste Radical s'est tenu dans un contexte politique et social encore profondément marqué par le choc de l'Holocauste d'Estham du 25 décembre 2016 et de la recomposition politique accélérée qui s'opère dans l'attente de nouvelles élections. Si la sidération nationale avait, dans un premier temps, marginalisé les expressions les plus radicales au profit d'un réflexe d'unité et de stabilité appelé effet drapeau, cette recomposition progressive du paysage partisan a rouvert des espaces d'expression aux différentes sensibilités de la gauche radicale et même révolutionnaire. C'est dans ce cadre que Lucien Bruguière a entrepris de réunifier un parti et plus largement une galaxie communiste fragmentés par des années de divisions doctrinales et organisationnelles. Celui-ci a par ailleurs durant ce congrès entériné sa position de principale figure du parti en étant élu Secrétaire Général, succédant à Vincent Jacquemin, décédé durant l'Holocauste. Le congrès a rassemblé un spectre particulièrement large de courants : révolutionnaires orthodoxes dans la méthode, réformistes marxistes, socialistes radicaux, loduaristes assumés, partisans du courant dit stranéen, syndicalisme et autogestion, communalistes attachés à la primauté des structures locales et pour une infime minorité d'entre eux, kahistes, calabraisiens héritiers du Kronos communiste effondré, aleuco-communistes cherchant la voie adaptée aux << réalités continentales aleuciennes >>, anarcho-communistes dont estaliens influencés par les réseaux de cette même Estalie, ainsi que les groupes vlastistes inspiré du voisin de l'Empire. À ces sensibilités se sont ajoutées des scissions issues d'anciens mouvements dissous ou marginalisés, de scissions de mouvement déjà existants, réintégrées à l'occasion d'un processus de rassemblement présenté comme historique par la direction.

    La stratégie de Bruguière a consisté à proposer une ligne principale se revendiquant en apparence révolutionnaire tout en assumant une temporisation tactique fondée sur la participation électorale et l'ancrage local. Cette orientation, parfois qualifiée en interne de réalisme stratégique et par les plus hostiles de trahison à la révolution, vise à éviter l'isolement et surtout le démembrement du parti qui serait donc mis de facto dans une situation séditieuse et potentiellement terroriste, tout en préparant, selon ses promoteurs, les conditions d'une transformation structurelle de l'État et de l'économie, et plus largement de la société. La ligne Bruguière affirme son soutien à la Loduarie, aux tentatives de Fédération Communiste au nord Nazum et un attachement constant à l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme pour coordonner l'action des partis et mouvements membres en vue d'une convergence idéologique et stratégique mondiale. Dans cette perspective, le PCR revendique un rôle actif au sein de cette architecture internationale et présente l'internationalisme comme un levier de légitimation et d'accroissement de ses moyens.

    Sur le plan organisationnel, le congrès a entériné une réforme interne s'inspirant partiellement des méthodes du PEV à Velsna. Le parti adopte le principe du centralisme démocratique, combinant un affichage délibératif en amont tant que cela ne dévie pas excessivement de la ligne directrice avec une discipline stricte une fois les décisions arrêtées. La nouvelle structuration en sections territoriales renforcées, articulées autour d'un comité central au rôle accru, se veut être l'expression d'une volonté de cohésion et d'efficacité militante bien que dans les faits cela relève aussi d'une conduite plus ferme (autoritaire) pour assurer l'unité du parti (éviter les scissions en chaine sur fond de débat sur les virgules des manifestes). La direction a insisté sur le caractère d'avant-garde du parti qui avait été un peu oublié, mettant en avant la formation idéologique des militants, l'éducation populaire et ouvrière et la planification économique comme axes structurants d'un projet à long terme en cas de prise de pouvoir et de gouvernance. Plusieurs observateurs notent cependant que cette centralisation accrue consolide l'autorité personnelle de Bruguière et réduit les marges de contestation interne, même si le pluralisme des sensibilités reste un fait, l'objectif informel tend vers l'homogénéisation autour de la ligne du Secrétaire Général.

    Les tensions ne sont pas pour autant résorbées. Les anarcho-communistes et certains communalistes expriment des réserves sur la discipline partisane et la verticalité organisationnelle qui est fondamentalement opposés à leurs convictions. Ils font cependant le pari de la pariticipation et d'une forme d'entrisme en tentant d'influencer la ligne du parti. Les estaliens, dont l'influence a été ravivée par une campagne d'influence partielle et par des réseaux syndicaux de gauche bénéficiant de cette ingérence extérieure accrue durant les semaines suivant l'Holocauste, défendent une ligne plus alignée sur les orientations stratégiques de leurs partenaires est-eurysiens. Les loduaristes orthodoxes plaident eux pour une adaptation plus franche du modèle étranger et un alignement fidèle sur les doctrines de l'ancien Secrétaire Général Lorenzo Geraert, tandis que les aleuco-communistes insistent sur la nécessité d'une contextualisation nationale afin d'éviter une perception d'importation doctrinale. Si la propagation directe des idées radicales promues par la propagande étrangère a été contenue dans l'opinion publique après Estham par les actions efficaces du gouvernement, des dynamiques de fond subsistent, notamment dans certains secteurs syndicaux où le PCR retrouve une capacité de mobilisation supérieure aux dernières années.

    Le congrès a néanmoins permis au parti de sortir d'une phase de fragmentation chronique et incapacitante. La réintégration de micro-formations et d'anciens groupes dissidents a élargi la base militante et redonné une visibilité organisationnelle. Sous la ligne Burguière, le PCR se présente comme un acteur restructuré, revendiquant à la fois une fidélité aux principes révolutionnaires, une stratégie graduelle par les urnes et une présence internationale. Cette recomposition, encore fragile, témoigne d'une tentative de synthèse entre la radicalité idéologique et les fondamentaux du communisme originel qui sont encore présents dans une bonne partie des cadres et militants du noyau dur du PCR et le pragmatisme tactique dans un environnement politique durablement transformé par les événements de 2016, évidemment nécessaire pour ne pas que le parti soit démembré en étant en dehors des lois.

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    https://tenor.com/fr/view/elon-musk-stare-confused-elon-gif-11263392876031146756

    Discours d'Atlas Solomon, parti Nouvel Horizon, à ses militants durant la soirée du référendum.






    Ça y est mes amis le résultat est là... et je crois qu'il est très positif pour nous. [respiration bruyante] Le... vrai peuple s'est exprimé et... je crois que l'État profond a peur de ce qui va se passer, yes, il y a peur de nous et de moi. Je crois qu'ils savent que je suis son plus grand ennemi et... je sais que ceux qui dirigent ce pays... même qui dirigent le monde... euh... ont peur de moi, de mon argent et de ce que je dis. Oui, je suis... le seul à dire d'ailleurs tout ça, je suis seul à dénoncer ces politiques..euh.. communiste et cette dictature mondiale qui nous empêche.. nous les... [respiration les dents sorties]... les vrais gens... de prospérer, et qui nous empêche de prospérer avec..euh... les migrants, avec les normes, avec les fake news, l'écologie, on nous empêche beaucoup de choses je crois... et je crois que c'est grandes chances que j'ai fondé ce parti... on va y arriver, on va se battre et vraiment se battre s'il faut. Moi, j'attends les adversaires, nos d'ennemis pour faire un combat, car je crois que le chef doit vraiment être maintenant un chef de guerre parce que le monde nous fait la guerre. Les communistes qui nous font la guerre. Les bureaucrates nous font la guerre. Les migrants nous font la guerre et personne d'autre le dit à part moi ça...

    Toujours pareil. Toujours les mêmes. Toujours les salons, toujours les petits cercles, toujours les gens qui ne vivent pas comme vous. Et pourtant… regardez. Le peuple s'est levé. Pas ceux qui nous remplacent... Pas parfait. Non. Pas parfait. Mais énorme. Énorme participation. Ils ont voulu voter. Ils ont voulu parler. Et ça, ça fait peur à beaucoup de gens. Croyez-moi, ça leur fait très peur.... Parce que quand le vrai peuple parle… le système tremble. Oui, je crois, et le système tremble ce soir. On vend ça comme une victoire propre, une belle étape, quelque chose de raisonnable, de propre, de bien organisé. C’est ce qu’ils disent à la télévision, je l'ai vu. C’est ce qu'ils répètent en boucle. Sur les réseaux sociaux aussi... j'ai écrit sur Echo International.. Oui, oui, oui...

    Mais moi je vais vous dire quelque chose. Ce référendum, ce n'est pas la fin. C'est même que le début. Le début d'un combat. Un combat contre ce qu'ils appellent eux-mêmes, en privé, l'État profond. Oh oui, ils en parlent. Ils rient même. Ils pensent que vous ne voyez rien. Bad news on voit tout. On voit leurs réseaux. Leurs accords. Leurs petits deals avec l'étranger. On voit les pressions. On voit les ordres qui viennent d'ailleurs. On voit tout. Et on voit aussi des choses… étranges. Très étranges. Des dirigeants qui changent. Qui ne sont plus les mêmes. Des décisions absurdes. Complètement absurdes. Vraiment absurdes oui.

    Certains parlent de changelins. Vous avez entendu ça ? Beaucoup en parlent. Beaucoup. Oui beaucoup... Je ne dis pas que c'est faux. Je dis : regardez. Regardez bien.
    Parce qu'il se passe des choses. Ion de Blême… vous entendez ce nom partout maintenant. Avant, interdit. Maintenant, partout. Intéressant. Très intéressant. Fascinant. Et la grosse reine Catherine… toujours là, toujours dans l'ombre. Toujours au bon endroit. Toujours au bon moment. Et le Grand Kah… oh, le Grand Kah… impossible de poser des questions sans être attaqué sur internet et sans qu'une lesbienne aux cheveux bleus vous cri dessus... Pourquoi ? Pourquoi on ne peut pas poser de questions ? Moi, je les pose. Toujours... Parce que quelqu'un doit le faire.

    Et pendant ce temps, notre pays… le vrai pays... notre beau pays… travaille. Produit. Se bat. Se relève. Le peuple réel. Les familles. Les entrepreneurs. Les travailleurs. Les croyants, beaucoup de vrais croyants. Ceux qui tiennent ce pays debout. Pas les bureaucrates. Pas les élites. Pas les donneurs de leçons sur l'écologie et toutes ces inventions. Je veux dire il a fait froid, très froid cet hiver. Certains disent que les réchauffements climatiques est faux... Je suis plutôt d'accord en vérité.

    Ce référendum… ils pensaient le contrôler. Mais ils ont ouvert une porte. Une grande porte. Et maintenant, on va passer. On va entrer dans cette constituante. Fort. Très fort. Avec des idées simples. Très simples. Pour les gens simples... les vrais gens. Ouvrir les marchés. Libérer les forces. Arrêter les chaînes. Arrêter les règles absurdes. Protéger la nation. Vraiment. Pas avec des mots. Avec des actes. Des frontières. De l'ordre. De la sécurité. La remigration, déportation si il le faut...
    Et défendre ce que nous sommes. Ce qui nous a faits. Ce qui nous tient encore debout quand tout vacille. Parce que sans ça… il n'y a plus rien, c'est l'anarchie et le communisme. Ils veulent une nouvelle constitution ? Très bien. Alors on va leur donner une vraie constitution. Une constitution du peuple. Pas une constitution d'experts, écrite pour les experts. Une constitution qui ramène l'ordre... Écrire une nouvelle constitution qui permette à notre pays de retrouver sa grandeur... La grandeur d'Estham aussi... de retrouver sa grandeur... comme on l'a dit Make Estham Great Again... et je pense qu'on va le faire oui. Je pense qu'on va y arriver, on fait de belles choses et on a un plan très grand pour le pays.

    Il faut que la nouvelle constitution laisse les gens et les entreprises tranquilles. L'État ne devrait pas trop se mêler d'économies... C'est à cause de la mauvaise gestion de l'État la pauvreté, la stagnation, l'inflation, le chômage... Si on avait des vrais entrepreneurs qui gouvernait toute l'économie serait mieux, c'est évident, j'ai toujours dit ça... J'ai dit énormément de choses qui se sont réalisées d'ailleurs. J'avais dit que les changelins n'étaient pas qu'une histoire et on m'a traité de complotiste. Mais j'avais raison, ils ont tout détruit. Ils nous ont amené à la guerre et ça a fait 2 millions de morts. Ils ont tué notre capital je crois, et ce n'est pas de la faute de Carnavale... mais celle de la pédophile du Duché de Sylva, la vieille pédophile des bois violets ou orange je ne sais plus. Et puis la grosse Catherine qui a pu coloniser notre pays avec son argent. L'argent étranger onédien de la reconstruction est une colonisation. On nous colonise. Je crois qu'il faut absolument attirer des capitaux indépendants et privés qui cherchent pas à nous coloniser. Mais qui cherchent à faire de l'argent. Regardez ce qu'a fait la Messalie. Ou ce que fait Améthyste Castelage à Carnavale. Oui il faut aimer les entreprises. Comme Carnavale.

    Carnavale ne devrait pas être notre ennemi. Ce serait peut-être mieux. On a beaucoup de points communs avec eux je crois. Mais il faut qu'ils arrêtent de tuer nos soldats. Je l'ai toujours dit on doit faire un Big deal avec eux... Ça rendrait sa puissance à notre pays et on arrêterai des guerres qui ne sont pas rentables. Mais Améthyste si tu m'écoute... ne fais pas comme l'a fait Pervenche. La grosse cochonne de Pervenche. Si on fait tout ça je crois qu'on peut redevenir puissants et qu'on peut aller retrouver la place de première puissance du continent, devant les communistes de Columbia. Un vrai danger Belagri, le président westalien... C'est vrai c'est un putain de communiste, il est dangereux. C'est le chien du Grand Kah. Parce que la réalité c'est quoi ? C'est qu'on est triplement ou quadruplement colonisé. Une colonisation par les changelins... qui ne sont pas forcément des trolls mais..euh... je le crois une élite de l'État profond mondial qui veut nous imposer ses nouvelles valeurs. Des valeurs qui disent progressistes... mais non moi je dis que c'est des valeurs communistes. C'est l'antéchrist islamo-wokistes. Et je crois qu'il faut se battre contre ça parce que les pays musulmans c'est l'empire du Chuarynn... des putains de terroristes. Parce que c'est un matriarcat communiste au Sahra et un califat armé de missiles qui impose sa loi dans un continent où notre voix devrait être beaucoup plus puissante... l'Afarée. Pourtant j'adore les azurois...azuris... azur.. enfin les musulmans de l'Azur. Leur pétrole et leur gaz sont comme ça [fait un pouce en l'air].

    Mais... Parce qu'on est un des vrais empires de ce continent l'Afarée, on est pas assez écouté. Cramoisi est écouté et ils ne sont pas des fragiles gays. On doit faire comme eux. C'est un terrain d'investissement magnifique l'Afarée. Je l'ai toujours dit. Mais eux comme nous... on est aussi colonisé par le Grand Kah, qui est la vraie superpuissance. J'adore l'Alguarena, mais elle est devenue une existante. Et les communalistes font leur révolution partout... et ça commence à Westalia. Mais ce sera aussi bientôt chez nous et dans nos territoires d'Afarée. On est aussi colonisé par des migrants qui changent notre culture notre religion. Et qui volent énormément d'argent à notre pays. Un argent qui pourrait être pour les vrais nordistes. Des nordistes chrétiens qui travaillent et qui ne sont pas étouffés par les normes. Pas de ces immigrés du Gondo, du Wanmiri et de ces Akatliens... ces enfoirés de natifs de mes deux qui contestent la belle œuvre civilisationnelle de ce continent. Tous ces gens ont dix enfants et ils nous volent nos femmes.

    On est colonisé par l'Organisation des Nations Démocratiques à cause de l'Holocauste. C'est eux qui en ont profité pour nous inonder de leur argent et pour prendre le contrôle du pays. Ça ne peut plus durer. Il faut quitter l'Organisation des Nations Démocratiques. Il faut faut se reconcentrer sur les territoires en Afarée pour faire des échanges équitables là-bas pour reconquérir notre puissance là-bas. Et puis se concentrer sur notre vrai continent. L'Aleucie. Parce que on est avant tout un pays aleucien et qu'on peut pas laisser les westaliens être la première puissance ou l'akaltie et ses enragés de natifs qui veulent nous dominer. C'est ça notre déclin. On doit être une puissance mondiale je crois. Et se concentrer sur un continent parce que les guerres de l'OND ne sont pas les nôtres vous savez. J'adore l'empire du Grand Ling. Il y a un vrai marché là-bas, on peut faire beaucoup d'argent. Mais ses problèmes ne sont pas les nôtres. Tant que le commerce mondial n'est pas perturbé ce n'est pas notre problème.

    Donc il nous faut une constitution capable de dire non. De dire stop communisme. Stop au communalisme. Stop à l'OND. Stop aux immigrés. Stop aux dépenses inutiles. On doit retrouver notre place de première puissance et tout ça c'est pas avec des gauchistes que vous y arriverez. C'est pas avec la droite perdue qui refuse de nous rejoindre juste par ego. C'est avec nous les vrais nordistes qu'on va tout simplement se mettre au sommet du monde. Et je vous le dis ce soir… Ce n'est que le début. Ils ont peur. Ils paniquent. Ils vont attaquer. Ils vont mentir. Ils vont inventer leurs fake news. Ils vont dire que nous sommes dangereux. Oui. Nous sommes dangereux. Dangereux pour leur système... pour leurs privilèges. Dangereux pour leurs mensonges. Et c'est très bien comme ça. Alors restez mobilisés. Restez forts. Parce que ce pays mérite mieux... Beaucoup mieux. Et nous allons le reprendre. On va faire quelque chose de très beau... très grand oui... Make Estham Great Again.



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    Les fractures de l'extrême droite


    L'extrême droite nordiste n'a jamais été un bloc monolithique et ne l'est toujours pas aujourd'hui, loin de là. Depuis des décennies et même des siècles pour ses origines, elle est traversée par une fracture idéologique si profonde que la question carnavalaise actuelle n'en est plus seulement le révélateur, mais le champ de bataille symbolique d'une guerre idéologique et stratégique larvée entre l'ensemble des courants réactionnaires du pays et notamment ses deux principaux représentants. Cette division, incarnée principalement par Nouvel Horizon (NH) et le Front du Renouveau National (FRN), ne se limite pas à une divergence tactique sur la conduite de la guerre ou la désignation d'un ennemi. Elle plonge ses racines dans une histoire idéologique longue, nourrie de traumatismes nationaux, de références impériales anciennes, et de reconstructions doctrinales successives qui ont fait émerger deux visions irréconciliables du monde, du pouvoir, et de la place de l'Empire du Nord dans l'histoire.

    Pour en saisir toute la portée et pour comprendre la fracture actuelle, il faut remonter bien au-delà de la guerre contre Carnavale, jusqu'aux années 30-40, sous la dictature fasciste nordiste. À cette époque, la pensée d'extrême droite s'était structurée autour d'un double imaginaire, presque schizophrène. D'un côté, une fascination pour la puissance industrielle débridée, incarnée par les cités-États marchandes eurysiennes et les nations du capitalisme en essor à l'époque, ainsi que les premières économies produisant des armes chimiques de guerre rudimentaires, qui promettait pour certaines une renaissance militaire par la technologie et la domination économique. De l'autre côté, une obsession du déclin moral d'une frange importante de l'extrême droite, héritée d'une lecture apocalyptique de la chute de Rhème, l'ancienne capitale impériale antique qui rayonnait sur toute l'Eurysie, dont la décadence supposée et la chute, selon les récits traditionalistes, furent causées par son ouverture excessive, sa corruption et son abandon des valeurs fondatrices.

    Cette dualité fut théorisée et matérialisée par deux figures majeures de l'extrême droite et du mouvement réactionnaire national : Armand Velkhor et Ilyas Brenn. Velkhor, ingénieur de formation et ancien conseiller du régime fasciste en matière d'industrie, glorifiait dans ses écrits la modernité industrielle totale, allant jusqu'à défendre une économie de la transmutation humaine, une vision où l'homme n'était plus qu'un matériau à optimiser, à fusionner avec la machine et au corps social et les pseudo sciences eugénistes de l'époque pour créer une << purifier et protéger la race impériale >>. Ses thèses, développées dans L'Homme-Machine et l'Empire (1937), inspirèrent plus tard les cercles techno-capitalistes de Nouvel Horizon. Velkhor y décrivait une société où la frontière entre l'homme et la machine s'effacerait, où la guerre deviendrait une industrie permanente et un catalyseur des forces et génies de la nation pour un but flou et indéfini d'expansion, et où l'Empire du Nord dominerait le monde par la force de ses usines et de ses laboratoires là où les empires caratradais et tanskiens avaient dominé avant par leur commerce colonial et leurs marines. Cependant Velkhor développé une vision très totalitaire qui se plaçait sous le prisme d'une fusion des individus et d'un effacement de l'individualisme au service de la nation et du capitaliste nationaliste. Cela entre en contradiction avec les repreneurs d'une partie de ces thèses aujourd'hui qui ont évolués vers une promotion de l'individualisme qui sert par ailleurs l'effacement de la démocratie et le rejet des autres qui alimente un des principaux thèmes de ces mouvements : la xénophobie et le racisme.

    À l'opposé, Ilyas Brenn, philosophe et ancien prêtre défroqué, mettait en garde contre la dissolution des valeurs impériales dans le commerce, le luxe et la corruption, autant de pertes qui se trouvaient dans le capitalisme en vogue, qu'il associait à la chute de Rhème. Dans Le Sang et la Pierre (1941), il appelait à un retour à une société organique, hiérarchisée, purifiée de toute influence étrangère. Brenn y développait l'idée d'un ordre naturel où chaque individu aurait une place fixe, déterminée par la tradition et la naissance. Ses idées ont été associées en parties à une autre partie de celle de Velkhor pour service d'idéologie à la dictature qui parvint à se maintenir durant plusieurs années mais qui soufra intensément des divisions internes de ses rangs et d'une compétition féroce entre les divers courants pour prendre le pas sur les autres.

    Brenn rejette fondamentalement la fascination pour les thèses capitalistes qui sont selon lui en contradiction avec les valeurs chrétiennes que doit défendre la civilisation nordiste, autant au sein de son espace national (la métropole), que dans ses colonies qu'il considère comme des marges de l'Humanité à civiliser. Son approche de l'expansion est également différente de celle de Velkhor. Sa lecture repose sur une hiérarchisation des peuples et des races bien plus fortes. Son postulat de départ est que les peuples anciens et développés technologiquement ne peuvent pas être assimilés ni conquis durablement. L'Empire doit exercer sur eu une influence forte mais ne peut et ne doit pas chercher à imposer son règne formel dessus sous risque de dilution civilisationnelle et raciale qui mènerait à la même chute que la chute de Rhème. Ces peuples doivent être des périphéries influencées par l'idéologie qu'ils doivent adopter et par des échanges commerciaux strictement nécessaires et qui ne relèvent pas de procédés pouvant mener a des échanges d'idées et de valeurs. Et ceux-ci doivent porter assistance à l'Empire en cas de nécessité dans des conflits le requérant. De l'autre côté, selon lui, il y a les peuples et les races manifestement inférieures qui n'ont pas atteint le stade de développement matériel des peuples dont nous parlions précédemment. Et Brenn fait une différenciation majeure entre développement matériel et développement spirituel et racial, de sorte à placer le peuple nordiste blanc et chrétien au dessus d'autres peuples développés qui peuvent devenir des alliés matériels mais qui resteront spirituellement inférieures. Ces peuples matériellement inférieur donc, eux, peuvent être soumis et colonisés car ils n'ont pas les moyens d'exercer une influence néfaste sur la civilisation et le race nordiste. Eux seraient réduit en esclavage pour une part, d'autre convertit et civiliser si ils présentent des aptitudes pour devenir affilié à la civilisation sans qu'ils ne puissent jamais en faire partie pour autant.

    La conquête de Brenn, n'est donc pas totale, elle doit se faire selon une lecture de développement matériel. Et cela revient à considérer les nations eurysiennes et une part des nations aleuciennes comme inutiles à coloniser formellement - ce qui permettrait à son régime de disposer d'outils destinés à justifier des alliances et à ne pas risquer des guerres dangereuses. Et cela revient à considérer qu'il est possible de soumettre des territoires et des peuples afaréens, paltoterrans, aleuciens pour certains, nazumis et halluléens. Il s'oppose donc à la conquête totale de Velkhor, qui s'étend par ailleurs à l'espace, en théorisant une conquête teintée de << pragmatisme >>. Et cette thèse est repris par une partie de l'extrême droite actuelle, justifiant des alliances idéologies avec l'occident, contre l'orient et le sud, en faisant parfois des exceptions sous couvert de solidarité chrétienne, notamment envers l'Alguarena et le Pontarbello qui offre un exemple de fascisme aleucien qui intrigue et intéresse ces milieux.

    Cette fracture fut synthétisée, de manière presque prophétique, dans un ouvrage rapidement interdit dans une période mémorielle encore difficile : Les Cendres et l'Or (1968), attribué à la mystérieuse figure d'Octavian Sorel. Ce texte, circulant sous le manteau dans les cercles d'extrême droite de l'époque après son interdiction, opposait les bâtisseurs du monde nouveau, adeptes d'un futur technologique et impérialiste, aux gardiens des temples, partisans d'un retour à un ordre traditionnel, presque mystique et obsédé par l'analogie de l'Empire Rhèmien. Sorel, dont l'identité réelle reste inconnue (certains murmurent qu'il s'agissait d'un cercle d'officiers déçus, d'autres d'un seul homme, peut-être un ancien agent de la surveillance sous la dictature qui aurait été réhabilité sur fond de manque de fonctionnaires), y décrivait l'Empire du Nord comme un géant déchiré entre deux âmes réelles (excluant les démocrates, conservauers modérés, socialistes et communistes, tous ennemis de la nation) : celle qui veut dominer le monde, et celle qui veut le fuir ou du moins s'en écarter au sein d'un sanctuaire. Les Cendres et l'Or devint un texte de référence pour les deux camps, chacun y voyant la confirmation de ses propres thèses. Pour les partisans actuels de Nouvel Horizon, Sorel était un visionnaire qui avait compris la nécessité de briser les anciennes structures pour en construire de nouvelles et de se lancer dans l'ambition d'une conquête mondiale et spatiale, sous une forme ou une autre. Pour les traditionalistes du FRN, il était un prophète qui avait vu venir la décadence et appelé à la résistance pour construire la Citadelle.

    Sous l'impulsion d'Atlas Solomon, figure charismatique et très controversée, entrepreneur prospère et adepte des récits de success stories très inspiré de l'imaginaire westalien, Nouvel Horizon récemment fondé a développé une vision du monde profondément marquée par une fascination pour la démesure et la déshinibition. Carnavale, dans cette perspective, n'est pas perçue comme un ennemi au sens classique par ce parti qui fait beaucoup de bruit, mais comme un miroir déformant, une cité où l'humanité a poussé jusqu'à leurs limites les logiques de puissance, de richesse et de transformation technologique. Il reprend là exactement l'argumentaire carnavalais et sa propagande qui séduit ces cercles, en opposition à la réalité de l'horreur humanitaire, sociale et sanitaire de cette ville, ainsi que de sa déchéance morale totale malgré le vernis chrétien de l'Armageddon qui fut un échec idéologique mais qui a donné un second souffle à l'oligarchie carnavalaise. Cette image trouve un écho particulier dans les écrits de Dorian Kessler, auteur du Capitalisme de l'Apocalypse (2015), qui décrit Carnavale comme le laboratoire économique, militaire, sociétal, technologique et a-moral sans le sens occidental classique du terme, de l'avenir humain. Pour Kessler et ses partisans, Carnavale incarne une radicalité capitaliste et chrétienne (bien que pour de nombreux observateurs la Cité n'ait rien de réellement chrétien, et notamment pour la frange de l'extrême droite incarnée par le FRN) qui, malgré ses excès, serait plus authentique que les démocraties affaiblies et sans ambitions ni moyens de l'OND. Cette fascination se traduit par une lecture complotiste de la guerre : plutôt que de considérer Carnavale comme responsable de l'Holocauste d'Estham, une frange significative de NH développe l'idée que le conflit aurait été orchestré par des forces supérieures, tour à tour désigné soit individuellement soit collectivement sous une forme d'entente sciemment orchestrée, de l'OND, le Grand Kah, voire des entités ésotériques comme les changelins. Ce positionnement ouvre la voie à ce que NH appelle un << Big Deal >>. Il ne s'agit pas seulement de mettre fin au conflit de manière mutuellement bénéfique, mais de refonder entièrement les relations entre les deux puissances sur une base transactionnelle et stratégique. Des documents internes, révélés par des fuites en 2019, évoquent des projets de coopération avancée dans les domaines chimiques et technologiques, Carnavale étant perçue comme en avance dans ces secteurs. L'idée d'acquérir ou de co-développer des armes chimiques, dans une logique assumée de dissuasion totale et d'outil de puissance, est discutée sans véritable taboue, et surf sur le traumatisme de l'Holocauste. Certains vont jusqu'à imaginer une plus grande connexion des élites nordistes et carnavalaises, une nouvelle aristocratie technocratique capable de dominer les deux continents et l'océan, fantasme reprit par certains penseurs carnavalais appelant à construire << un pont >>.

    En revanche, pour le FRN, Carnavale n'est pas un modèle ni un partenaire potentiel, bien au contraire, mais une incarnation du chaos et de la déchéance morale et politique qui menace l'existence même de l'Empire et du christianisme. Cette vision est profondément influencée par une relecture de la chute de Rhème, popularisée par des auteurs comme Matthaeus Krall dans La Cité et le Néant (2001) ou Séverin Dastier dans Le Poison de Rhème (2010), mais qui a toujours en lame de fond était une obsession et une névrose majeure d'une partie de l'extrême droite depuis des décennies. Pour le FRN, Carnavale est une nouvelle Rhème en phase terminale, une cité devenu un foyer de perversion morale et de dissolution sociale. L'ultralibéralisme y est dénoncé non seulement pour ses effets économiques, mais pour son impact anthropologique : destruction des repères, marchandisation du vivant, négation des hiérarchies naturelles, abandon des traditions chrétiennes. Dans cette perspective, toute forme de compromis avec Carnavale est perçue comme une trahison. La seule issue envisageable est la destruction de cet ennemi, dans une logique de guerre totale assumée. Et en cela, le flou persiste sur l'utilisation ou non d'armes chimiques pour aboutir à la destruction totale de la Cité Noire.

    Cette opposition se double d'attaques personnelles et idéologiques particulièrement violentes, notamment de le cadre des élections constituantes où les deux pôles de l'extrême droite sont opposés sur le projet de nouvelle constitution. Le FRN n'hésite pas à instrumentaliser le nom même d'Atlas Solomon, l'accusant d'incarner une influence étrangère corruptrice, notamment une influence juive, et d'être un agent de Carnavale ou de l'OND. Des rumeurs persistantes prétendent que Solomon serait issu d'une famille de marchands judéens et d'anciens collaborateurs de l'ennemi. Des tracts, des émissions clandestines, et même des graffitis dans les quartiers populaires répètent cette accusation, transformant Solomon en symbole de la trahison du peuple nordiste. On y voit ici le fond idéologique toujours très présent de l'antisémitisme au sein de l'extrême droite nordiste et d'une autre obsession envers Juda. Resurgit également la haine des protestants, Atlas Solomon faisant partie de la communauté originellement kentophone, et donc associée au protestantisme. De son côté, NH cherche à ridiculiser le FRN en le présentant comme archaïque, obsédé par un passé révolu et incapable de comprendre les dynamiques du monde contemporain. Les militants de NH surnomment leurs adversaires << les cagoulards >>, en référence aux milices traditionalistes des années 50, tandis que le FRN traite les partisans de Solomon de << judéo-protestants à l'intelligence négroïde >> - paroles condamnées par la justice à de nombreuses reprises et participant à rendre le FRN infréquentable.

    Au-delà de ces affrontements visibles, la fracture révèle une divergence plus profonde sur la nature même de l'Empire. NH défend une vision expansionniste, tournée vers l'avenir, où la puissance se construit par l'innovation technologique, le marché et la conquête, y compris dans l'espace, et qui instrumentalise les traditions quand cela l'arrange, et qui vente l'amoralité dans d'autres cas. Leur projet peut se passer de la couronne impériale mais ils ne concentrent pas leur discours sur la chute de la monarchie mais sa transformation. Le FRN, au contraire, prône un repli stratégique sur l'Empire et ce qu'il considère encore sur ses colonies, une consolidation interne et une restauration des valeurs traditionnelles, dans une logique défensive face à un monde perçu comme hostile et en décomposition. Leurs rares discours de conquête se font sur le Mokhaï et le Tanin'Vody, ainsi qu'à la lutte contre le communisme sur le continent aleucien et dans les zones afaréennes proches - discours anticommuniste partagé par le NH. Le FRN lui, prône la fin de la monarchie pour une autre forme d'État qui est vaguement décrit pour le moment pas des accroches populistes mais qui a des ancrages fascistes profonds. Cette dualité, héritée de décennies de recompositions idéologiques, structure aujourd'hui l'ensemble de l'extrême droite nordiste. La question carnavalaise n'en est que l'expression la plus spectaculaire, mais elle cristallise des tensions bien plus anciennes. Entre fascination pour la démesure et peur du déclin, entre projection vers un futur radical et ancrage dans une tradition mythifiée, l'extrême droite de l'Empire du Nord apparaît plus divisée que jamais, mais aussi plus séduisante que jamais malgré la dissolution précédente des Légions Nationales Socialistes ayant finalement échouées à incarner la synthèse des courants réactionnaires et néo-fascistes, mais ayant jeté les bases d'autres dynamiques qui les favorisent.

    Derrière les discours et les débats idéologiques, une réalité plus sombre se dessine : celle d'une guerre civile froide au sein de l'extrême droite et y associant parfois l'extrême gauche, où chaque camp prépare non seulement la victoire idéologique, mais aussi la possibilité d'un affrontement physique potentiellement violent. Les soutiens de NH comptent parmi eux des possesseurs illégaux d'armes ou des chasseurs, comme les Fers Noirs, qui sont presque des milices formées et comptant d'anciens soldats, prêts à défendre par la force les intérêts du mouvement. De leur côté, l'Immédiate Action de Défense, groupe d'extrême droite violent proche du FRN, qui recrutent parmi des militaires ayant connus le Mokhaï et d'autres interventions, entre autres. La fracture idéologique au sein de l'extrême droite nordiste a des répercussions bien au-delà des frontières de l'Empire. Les puissances étrangères, comme l'OND ou des parternaires du pays, voir des adversaires comme Carnavale et le Grand Kah, observent avec attention cette division au sein des milieux d'extrême droite. La guerre idéologique se joue aussi sur le terrain culturel. NH et le FRN ont développé leurs propres symboles, médias et contre-cultures. Les partisans de Nouvel Horizon utilisent des esthétiques futuristes, des slogans technocratiques et des références à la science-fiction impériale et usent des réseaux sociaux. Le FRN, lui, mise sur des symboles traditionalistes, des références à l'histoire impériale et des cultes chrétiens radicaux, pour certains inspirés des anciens rites de Rhème et Théodosine.

    Face à cette fracture, plusieurs scénarios sont envisageables. Certains observateurs estiment qu'une synthèse entre les deux visions est impossible, et que l'extrême droite de l'Empire du Nord est condamné à se déchirer. D'autres pensent qu'une nouvelle force politique pourrait émerger à terme, capable de dépasser cette opposition et de proposer une troisième voie. Enfin, certains craignent que la guerre contre Carnavale ne serve de catalyseur à une violence croissante de ces groupes, plongeant l'Empire dans une situation de violence politique qui serait inquiétante. Quoi qu'il en soit la question carnavalaise a révélé une fracture bien plus profonde, qui touche à la lecture de l'identité même de l'Empire du Nord. Entre fascination pour la démesure et peur du déclin, entre projection vers un futur radical et ancrage dans une tradition mythifiée, l'extrême droite nordiste incarne les contradictions d'une société qui traverse aussi des crises, notamment depuis l'indépendance du Mokhaï et l'Holocauste d'Estham, déchirée entre son passé et son avenir.
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