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Atlas Géographique et culturel - Page 2

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Imagerie populaire et folklore militaire

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Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna a écrit :4 janvier 2013

Les licteurs du Sénat: soldats, gardes du corps et (anciens) bourreaux



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Licteur en tenue de cérémonie


Dans la Grande République, une distinction a toujours été faite entre les magistrats dits « ordinaires » et les magistrats bénéficiant d’un pouvoir de coercition, détenteurs d’une magistrature leur permettant de faire autorité dans un domaine donné. Parfois, nius pouvons apercevoir ces hommes et ces femmes drapés de la tête aux pieds de costumes désuets et armés d’un faisceau suivre comme des ombres ces magistrats détenteurs d’autorité coercitive. Nous pouvons les voir ainsi, mais également lors des célébrations civiques, et enfin dans le cadre de véritables opérations militaires. Partout où il y a des détenteurs du pouvoir dans une situation vulnérable, il y a ce que l’on appelle des « licteurs » à quelques mètres d’eux. Leur attribut principal : la hache à faisceau, est significative de la raison de leur existence originelle qui certes, a quelque peu perdu de son sens avec le temps. Le faisceau de verges entourant la hâche qu’ils abordent fièrement est leur instrument de contrainte : soit pour une punition corporelle (les verges), soit pour une mise à mort par décapitation. Bien évidemment, ces pratiques sont aujourd’hui abandonnées et il ne reste que la symbolique de ces objets, représentants de ce monopole de la violence que détiennent les magistrats de la Grande République à l’égard de ses citoyens. Retour sur ces personnages mythiques qui servent en silence Velsna.


L’origine des licteurs :

Si on trouve bien des individus portant le titre de lictor durant la période rhêmienne, il est pour le moment impossible pour les historiens de relier ces deux faits entre eux. En aucun cas les licteurs velsniens en sont une continuité, du moins, les sources ne nous permettent pas de l’affirmer. De même, il serait tentant de chercher dans l’Histoire primitive des cités de Leucytalée des institutions s’en rapprochant, mais là encore, aucun élément probant. Il n’existe pas à Fortuna ou à Léandre de fonction semblable à celle des licteurs du Sénat alors même que le fond institutionnel de la Grande République reprend une grande part du substrat juridique de ces deux entités politiques. S’il faut chercher une origine à la charge de licteur, l’archéologie a peut-être récemment trouvé la réponse. En effet, on privilégierait aujourd’hui la piste autochtone depuis la fouille d’une tombe à tolos occitane, qui a révélé de restes d’un faisceau, d’où émergeait une hache à deux fers. La tombe, datée du début du VIIIème est donc antérieure à la fondation de Velsna. L’interprétation de cet unique est toutefois à considérer avec prudence, compte tenu du fait qu’aucune information précise peut nous éclairer sur sa fonction. Les velsniens auraient très bien pu procéder à une réutilisation d’un objet n’ayant que peu de rapports avec la fonction qu’ils lui donnèrent par la suite. L’hypothèse selon laquelle la hache à fasceaux soit utilisée par les occitans comme un instrument de justice est donc soumise à des réserves.


Formation, effectifs et organisation :


Depuis le XIIIème siècle, le nombre de licteurs sénatoriaux est estimé à 3 000, répartis en trois régiments distincts. Le recrutement des licteurs est avant tout le fruit de la cooptation, comme pour beaucoup de fonctions au sein de la Grande République. Il s’agit d’une fonction prestigieuse qui attire les citoyens de bonne famille, la plupart du temps entre la IIème et la Vème classe censitaire, pour souvent issus de familles sénatoriales de longue date. On interprète souvent les licteurs comme étant une position tremplin vers des fonctions plus prestigieuses, et qui permet en même temps de réaliser son service militaire. A bien des égards, ces jeunes hommes et jeunes femmes sont perçus comme un vivier de futurs sénateurs et sénatrices. Contrairement à la totalité des unités militaires velsniennes, les licteurs ne dépendent ni du commandement militaire velsnien à la tête duquel il y a le stratège, ni du commandement d’une quelconque cité. Les licteurs sont directement soumis à l’autorité du Doyen du Sénat, plus vieux membre de la chambre législative encore en activité. En cas de guerre cependant, le Sénat peut se réserver le droit de transférer le commandement d’une partie d’entre eux au Stratège.
Particularité dans l’armée velsnienne : le système de recrutement des licteurs, dont il a été dit qu’il fonctionne par cooptation, s’appuie sur une direction collégiale. Ce sont ainsi les membres déjà présents dans l’unité qui ont la charge de désigner de nouvelles recrues parmi les candidats. Toutefois, les membres du Sénat peuvent exercer des pressions afin d’intégrer des éléments d’autres unités de l’armée qui se sont montrés particulièrement méritant. Cela constitue toutefois l’exception à la règle.


Fonction :

Les licteurs sont une unité extrêmement polyvalente, mais leur fonction principale est sans conteste d’assurer la sécurité des magistrats et des sénateurs de la Grande République. Ils sont leur service d’ordre attitré à toutes les occasions et ouvrent le passage du sénateur au travers des foules. Autrefois, si leurs faisceaux de verges leur servait à battre des récalcitrants et contrevenants à la loi, cet usage a disparu et c’est là devenu un objet cérémoniel que ces derniers portent dans le dos en supplément d’une arme de service moderne. Il y a également un code de conduite à tenir auprès de leurs protégés sénatoriaux. Ainsi, un sénateur qui est traditionnellement protégé de trois licteurs doit toujours être précédé dans sa marche de l’un d’entre eux, et être protégé sur ses arrières par les deux autres. Lorsque les licteurs d’un magistrat inférieur croisent le chemin d’un magistrat supérieur, ceux-ci doivent se saisir de leurs faisceaux et frapper le sol avec leur pointe trois fois de suite.

Les gardes de licteurs ont également un nombre variable selon le rang du magistrat qu’ils protègent : un sénateur sans magistrature sera protégé par trois licteurs, un juge de la plèbe en aura quatre, un stratège en aura dix, un procurateur des monnaies cinq et ainsi de suite. A noter que les licteurs ne sont en revanche pas tenus d’assurer la sécurité des membres du Conseil Communal en tant que tels, ceux-ci n’étant pas considérés comme des magistratures sénatoriales. Cependant, comme tous ses membres sont des sénateurs, ils disposent des trois licteurs dévolus à un sénateur sans magistrature.

En cas de guerre, les licteurs présentent leur seconde fonction qui est de servir de réserve militaire d’élite. D’ordinaire, chaque licteur est responsable de l’entretien de ses armes, et ceux-ci étant issus des plus grandes familles velsniennes, ils s’équipent du meilleur armement que l’on puisse trouver. Il s’agit également de l’une des rares unités professionnelles de l’armée velsnienne, dont la durée du service s’étale généralement d’entre seize et vingt ans. La solde d’un licteur, bien que symbolique étant donné la catégorie sociale à laquelle appartiennent ces derniers, est en moyenne quatre fois supérieure à celle d’un garde civique, cela sans compter les nombreuses primes et distributions d’argent dans le cadre des festivités civiques.





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Culture et folklore

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Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna a écrit :

La San Stefano: la plus grande des fêtes de Velsna



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Il vient des jours dans la plupart des sociétés humaines, où l’Histoire se met en pause le temps d’une journée, où il y a ce besoin constant d’assurer une forme de cohésion sociale par divers moyens. Et les Hommes, la plupart du temps, n’ont rien trouvé de plus fédérateur que l’établissement de mythes communs, de célébrations dans lesquelles tous se reconnaissent. Velsna ne fait pas exception à la règle, et la vie de la cité est ponctuée en permanence de grandes dates, qui prennent la forme de jours chômés, de festivals et de fêtes. Le substrat de la plupart d’entre elles se perdent dans les méandres du temps, mais toutes ces fêtes ont pour point commun d’avoir été coptées par l’Eglise de Catholagne au début du moyen-âge. C’est le cas de la San Stefano, se déroulant tous les 17 et 18 décembre, notre sujet du jour qui figure aux côtés du carnaval de Velsna au mois de mai et des fêtes de fin d’année, comme l’une des dates les plus importantes du calendrier. L’une des célébrations civiques dont le gouvernement de la cité prend le plus de soin à financer et à exercer.

Pour comprendre l’origine de cette fête, il nous faut rapidement remonter au début du IXème siècle, selon le folklore et l’histoire de San Stefano. On nous conte ainsi l’histoire de ce moine venu de Catholagne pour évangéliser le territoire actuel de Velsna, et qui est devenu un peu malgré lui le saint patron protecteur de la ville. Profitant de l’installation récente des colons velsniens dans la région, celui-ci érigea une petite paroisse dans la cité…jusqu’à ce que ce dernier remarque la persistance de certains comportements parmi les habitants, des croyances païennes. San Stefano se fit alors le porte-parole d’une certaine rigueur vis-à-vis de ce phénomène, faisant abattre plusieurs autels dédiés à Dame Fortune. Mais son plus grand travail était dans la campagne, parmi des populations occitanes indigènes qui n’étaient pas encore évangélisées. C’est lors de l’une de ces campagnes d’évangélisation que San Stefano acquis ses « lettres de noblesse ». Echouant à convertir une communauté paysanne d’occitans après avoir détruit plusieurs autels païens, il se fit chasser de leurs terres par ces derniers, ne devant la vie sauve dans sa fuite, et au reflexe qu’il a eu de jeter sur son chemin des pièces d’or afin de détourner l’attention de ses poursuivants. Par la suite, la date de cette péripétie malheureuse est devenue le prétexte pour une société velsnienne christianisée, de s’évoquer à elle-même les réminiscences de ce passé païen par une fête dont l’origine la plus lointaine serait à lier avec la fin de la période des moissons.

Mais cessons de parler Histoire, et revenons à la fête en elle-même, car il y a beaucoup à dire.

Chaque célébration est premièrement marquée par une annonce officielle du Sénat velsnien, par le biais du doyen de l’assemblée : toute la semaine des 17 et 18 décembre doit être chômée, ce qui n’a pas d’équivalent à Velsna, où les autres célébrations ne suscitent pour ainsi dire jamais un engouement conduisant au besoin de fermer tous les commerces et lieux de travail pour une durée aussi longue. En effet, tout lieu de travail ou d’activité publique, hormis ceux attrait à la défense nationale, au fonctionnement de la cité et aux commerces liées à l’animation de la San Stefano, doivent fermer par décret du Sénat. Ordre est donné de suspendre toutes les affaires judiciaires en cours, et même le mécanisme légal de déclaration de guerre est suspendu. Les portes du Palais des Patrices de Velsna sont fermées et le resteront jusqu’au terme de la fête.

Il est garanti à tous les citoyens résidant sur le territoire de la cité velsnienne un logis gratuit sur toute la durée de l’évènement, le manque à gagner des logeurs étant compensé par l’évergétisme des édiles, les sénateurs chargés de l’organisation des grands évènements de la cité et de maintien en état de ses infrastructures. Les jours précédents voient donc la plupart du temps, Velsna être surpeuplée par des habitants des campagnes et des cités voisines, ce qui peut être un véritable casse-tête logistique pour ces magistrats, et dont le financement de la San Stefano repose entièrement sur leurs propres deniers. Leur réputation politique de ces personnages influents est donc en jeu, et organiser une fête plus mémorable que celles des années précédentes est une priorité pour ces hommes politiques, dont la réélection repose souvent sur la réussite de ce genre d’évènement.

Lorsque le 17 décembre arrive, les festivités commencent. Ces dernières doivent refléter toute une symbolique originelle tournant autour du renouvellement du monde par l’intermédiaire de la fin des moissons, avec lesquelles la San Stefano coïncide. La connotation de ce jour très particulier se fait ressentir jusque dans le style vestimentaire des velsniens, qui connaît une grande rupture. En effet, il est courant d’user d’autant de vêtements aux couleurs aussi criardes que possible, et le nombre de citoyens se prêtant à ce jeu transforme la ville en un grand spectacle de couleurs que l’on pourrait comparer au Carnaval de Velsna, qui se déroule quant à lui au printemps. Il est également courant que les habitants portent des « bonnets achosiens » qui reflètent un autre aspect de ces festivités : l’ordre du monde et les normes sociales traditionnelles sont totalement renversées l’espace de deux jours. Il n’y a plus de patriciens et de plèbe, plus de patron et de client. Et ce chapeau, similaire à celui que portaient les serfs achosiens libérés à l’époque médiévale, devient le symbole de cette éphémère égalité.



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Procession de la San Stefano 2009


De bon matin, les velsniens s’amassent alors à la place San Stefano pour assister à la procession marquant le début effectif de la San Stefano. Pour symboliser la fuite de San Stefano des mains des occitans, des sénateurs entourent un cortège de chars aux couleurs tout aussi bariolées que celles des habitants, et sèment de l’argent sur leur passage. Inutile de préciser que des mouvements de foule peuvent survenir dans le sillage du cortège de s’arroger une part du butin. En tête du cortège, le doyen du Sénat a alors le rôle le plus important : celui de diriger le transport d’une statuette de Dame Fortune qui est déposée devant le porche de la Basilique San Stefano. Au fur et à mesure de la fête, les greffiers sénatoriaux, qui à l’accoutumée sont chargées de mettre par écrit les débats du Sénat, devront heure après heure, enrouler la statue avec une corde. Au terme des deux jours, une fois qu’elle aura été entièrement enroulée et attachée à un petit boulet de fer, le doyen du Sénat accompagné des greffiers, devront la jeter dans le Grand canal de Velsna, ce qui marquera la fin des festivités. Encore une fois, il s’agit d’une réminiscence de la christianisation de la région au VIIIème et au IXème siècle.

Nous entrons là dans le vif de la fête. Par décret du Sénat et pour les deux prochains jours, les factures de tous les débits de boissons et des points de restauration de la ville seront pris en charge par les sénateurs s’étant portés volontaires pour régler les dépenses relatives à la fête. C’est là le début d’une grande orgie de nourriture et de vin, et les velsniens se privent rarement dans leurs excès. Sur la voie publique, les citoyens en train de décuver se multiplient au fil de la journée, tandis que les restaurants se remplissent et sont aussi animés que des fourmilières. Mais il ne faut pas croire que la fête ne touche que la sphère publique, car le « renversement du monde » a également des répercussions sur le privé.

Il est ainsi courant au sein de nommer un « San Stefano » que l’on ceint d’une couronne, la plupart du temps des enfants, des domestiques (au sein des familles aisées) ou d’autres d’individus possédant un statut social inférieur au sein de la cellule familiale. Le temps de deux jours, les chefs de famille laissent donc la place aux « petits rois ». Comme une réminiscence de la terreur originelle que le concept de monarchie et de tyrannie inspire à la société velsnienne, les « San Stefano » ont alors le droit d’invoquer des ordres arbitraires et n’ayant guère de sens (exemple typique : « cessez ce que vous faites et dansez. », « Plongez dans le Grand Canal »). Bien entendu, gare ne pas outrepasser certaines convenances, au risque d’essuyer quelque déconvenue. Par exemple, couronner des personnes qui sont réellement détentrices d’un pouvoir politique notable est très mal considéré, et va à l’encontre de l’esprit de la célébration. Ainsi, l’année 2011 a vu l’ancien sénateur Dino Scaela être couronné par l’un de ses confrères à l’occasion d’une réception publique. La réaction ne s’est pas fait attendre et les deux hommes ont ainsi été abondements chahutés par la foule.

Au programme de ces réceptions données dans les palazzio des patriciens et ouvertes à tous, les invités sont conviés à participer à des séances de moquerie publique à l’égard de leurs gouvernants et de leurs responsables politiques. Ces critiques exutoires, bien souvent gratuites, relevant parfois de véritables reproches, sont là également l’occasion pour les velsniens de défier symboliquement des individus ayant un rang social bien plus élevé, lesquels sont obligés de les écouter jusqu’au bout de leur propos. On rapporte ainsi qu’au XIIIème siècle, le philosophe Dion d’Aula a contraint le sénateur Luca Balbo à subir pas moins de neuf heures de critiques vis-à-vis de l’intégralité des actions politiques de son mandat.

Bien entendu, qui dit fête de fin d’année dit cadeau, et il s’agit là d’un autre aspect commun de la San Stefano. Ainsi, outre les distributions d’argent, le mécénat de théâtre de rue et d’autres manifestations publiques est de mise, de même que le don d’objets, aussi bien entre les membres d’une famille qu’entre un patron et son client. Il faut croire que cette tradition ne laisse pas indifférente, puisque même ceux qui sont les plus aigris à l’accoutumée se prennent au jeu. On rapporte ainsi que Matteo DiGrassi voue une étrange affection à cet évènement, et qu’il n’est pas avare de cadeaux sous la forme de farces et de jeux de mots à double-sens aux membres de sa clientèle. Ainsi, à un sénateur qu’il sait avare d’or, il lui offre du miel qui, après tout, à la même couleur. Tandis qu’à une vieille femme qui attend derrière ce dernier dans la file de velsniens lui rendant visite, il lui offre un lingot. Mais on ne peut parler de cadeau qui va trop loin sans évoquer celui qu’offrit Vittorio Vinola aux velsniens en 2010. Le jeune sénateur avait ainsi payé l’intégralité des prostituées de la ville afin de frapper aux portes des maisons, en leur demandant « de se trouver un bon parti à ses frais ».

Bien entendu, l’ampleur et l’extravagance de la fête attire également les critiques. Les célébrations ne sont pas sans provoquer des tapages nocturnes. Au XVIème siècle, l'austère sénateur Enrico Bernoldi rapporte: "La nuit tombe mais personne ne dort. Les ivrognes se livrent à ses chansons et à des rires gras dans la rue. Ils frappent à toutes les portes et prennent un malin plaisir à réveiller leurs occupants.". Ainsi, il y a régulièrement un sénateur pour proposer de « rendre la fête plus enrichissante », en remplaçant toute cette débauche par un « diner calme en famille » et « des séances de lecture ». Ces propositions sont bien souvent refusées et moquées.

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et au terme de deux jours se terminant souvent par une gueule de bois, les greffiers du Sénat ont fini d’enrouler leur corde autour de la statuette de Dame Fortune. Vint alors le moment de la jeter par-dessus bord sous les hourrahs d’une foule à l’allure moins fraiche et à la voix plus enrouée qu’au premier jour. Les « San Stefano » couronnés sont symboliquement destitués, la cité se « libère » de la tyrannie de l’arbitraire et la rude vie politique velsnienne reprend ses droits.


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Politique et société: être citoyen velsnien

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I) Une "nation politique élitiste": le rejet paradoxal du concept d’État-nation et de l'universalisme

Dés lors de sa fondation et tout au long de son existence, la cité sur l'eau a hérité, en tant qu'entité politique indépendante, de particularismes qui lui sont propres. Il convient ainsi de noter qu'en 2015, la Grande République de Velsna est l'un des seuls pays d'Eurysie occidentale ne présentant pas les caractéristiques d'un État nation au sens moderne du terme, et cela en plusieurs sens. En premier lieu, Velsna ne se définit pas comme étant une "entité-nation", le gouvernement d'un peuple au sens ethnique ou culturel. Là où des pays comme Achos sont des constructions politiques fondées autour d'une appartenance forte à une "civilisation achosienne", la Grande République ne s'estime en rien être dépositaire des intérêts d'une population spécifique. Les locuteurs du velsnien vivant à l'étranger ne font pas l'objet d'une protection particulière de la part du gouvernement de la cité, comme à Saint Alban ou en ce qui concerne les minorités velsniennes subsistantes en Achosie du sud. La Grande République n'est pas tant la "propriété" d'un peuple que celle d'un groupe politique, et la langue velsnienne standard n'est perçue que comme un outil permettant de rendre cohérente son administration.

Le terme de nationalisme est donc relativement piégeux lorsqu'on aborde la question velsnienne. Si il y a une identité, qui il est vrai est forte et provoque un sentiment sporadique de xénophobie, celle-ci est avant tout politique: on rejette les individus qui n'appartiennent pas à un corps civique, et non en vertu d'une appartenance ethnique ou culturelle spécifique. De tels épisodes ont volontiers lieu en période de tension politique avec d'autres puissances, et rarement dans d'autres cas.

Nous pourrions qualifier Velsna de nation politique, mais là encore, ce serait occulter une partie du sujet avec une définition vague. Tanska est une nation politique par exemple, en plus d'être un État-nation. Teyla l'est également, tout comme la Loduarie: des états qui se définissent par la présence d'un corps civique. Mais au cas velsnien vient se rajouter une autre réalité: la nation velsnienne est plus étroitement liée à l'appartenance à un groupe social qu'aucune autre. Là où la citoyenneté est un droit chez la plupart de ses voisins, la nationalité velsnienne est elle perçue comme un privilège donnant l'accès à des droits spécifiques. Il est par exemple tout à fait possible pour un étranger de passer son existence entière sur le territoire velsnien, pour finalement jamais ne jamais recevoir la nationalité velsnienne pour lui et ses enfants. L'absence d'un droit du sol est une réalité inhérente à une société conservatrice où l'on cherche à ralentir les évolutions au sein du corps civique.

Il existe des moyens, rares et le plus souvent issus d'initiatives prises par le Sénat permettant un octroi de la citoyenneté, mais de telles décisions demeurent rares et sont confinées à des cas particuliers. Par exemple, une intégration au corps civique est possible pour les étrangers ayant servi en mercenariat pendant au moins dix ans dans les armées velsniennes. Dans d'autres cas, une cité ou nation étrangère, lorsqu'elle est intégrée à la Grande République, peut voir tous ses habitants êtres intégrés collectivement au corps civique. Enfin, en dehors de ces deux cas, nous pouvons noter en cas de services exceptionnels rendus à la cité, que le parrainage par un sénateur velsnien peut permettre son octroi. L'accès à des magistratures au sein d'une cité libre de la Grande République peut, elle aussi, être un autre chemin vers l'accès à la citoyenneté. Nous pouvons ainsi qualifier la citoyenneté velsnienne de "nation politique élitiste", où le droit n'est certes pas déterminé par une origine géographique ou culturelle, mais où son accès est limité à des situation précises.



II) Un droit à deux vitesses: citoyens et pérégrins

Cette réalité d'une citoyenneté restreinte n'est pas sans provoquer une grande différence de statut parmi les populations évoluant sur le territoire de la Grande République. En plus d'une de la stratification que l'on connait au sein même du corps civique, et qui est le propre de Velsna, il nous faut également aborder le groupe social des pérégrins, et qui regroupe tous les individus légalement resencés par le gouvernement communal, mais qui ne bénéficient pas pour autant de la citoyenneté. Être étranger reconnu à Velsna, un pérégrin, ne constitue pas seulement une appellation commode, mais est un véritable statut permettant l'accès à des droits propres. En théorie, le pérégrin bénéficie des mêmes droits et devoirs vis à vis de la cité que n'importe quel citoyen, hormis le droit de représentation politique. En dehors de cette exception, le pérégrin est lui aussi astreint à l'impôt, au service militaire, en échange d'un droit d'accès à la justice, au travail et à la reconnaissance de son existence. Paradoxalement à sa représentation politique inexistante dans la théorie, il est courant que les pérégrins fortunés, paradoxalement, entretiennent des réseaux de clientèle permettant de voir son groupe d’intérêt représenté par des citoyens velsniens intégrés dans ces dits réseaux.

Le terme de pérégrin est toutefois réducteur et ne consiste pas une classe sociale cohérente: en lieu et place, on voit ainsi évoluer une grande variété de statuts dans cette population. Un pérégrin peut être fortuné comme pauvre, il peut être résidant à Velsna depuis cinq ans ou depuis plusieurs générations. Une cité intégrée à la Grande République, par exemple, peut tout à fait refuser la citoyenneté velsnienne pour ne garder que la sienne, faisant ainsi techniquement des pérégrins de tous ses citoyens. On peut ainsi voir des individus ayant la nationalité de leur cité libre pour ne pas avoir celle de Velsna, faisant ainsi qu'ils peuvent voter aux élections locales et en parallèle, ne pas avoir le droit de vote pour les scrutins nationaux.

On estime ainsi que Velsna, pour ses 3 millions d'habitants, compte près de 150 000 étrangers ne pouvant accéder à une quelconque forme de droit de vote, et qui possèdent ce statut.



III) Un corps civique ultra-politisé

Les velsniens sont souvent perçus par les étrangers comme une population "souffrant" d'une "hypertrophie politique". Le fait que la citoyenneté soit davantage perçue comme un privilège que comme droit explique en partie cet attachement, à ce qui est donc la garantie d'un statut social envié au sein de la cité, mais il ne s'agit que d'une raison parmi d'autres. En effet, si la société velsnienne est régie par des rapports liés à la répartition des richesses de chacun, matérialisée à Velsna par le système de clientèle privée, la fortune personnelle n'est qu'une partie de ce qui peut permettre l'ascension sociale, la participation à la vie civique constitue l'autre face de la pièce. L'acquisition de capitaux est le fait du fonctionnement d'une économie de marché, tempérée par une fort sentiment de corporatisme dans certains secteurs. La vie politique quant à elle, est perçue comme la principale source de ce que l'on nomme "la dignité", une forme de prestige confortant la reconnaissance sociale de toute la cellule familiale. Chaque fonction, de la plus insignifiante position de petit fonctionnaire aux plus importantes magistratures sénatoriales, permet son acquisition, qui est cumulable par le nom de famille porté (même si les évolutions récentes de la société contemporaine ont quelque peu renforcer le caractère individuel de la "dignité".

Dans ce contexte, chaque dignité ou statut obtenu par le biais d'élections ou de nomination est ainsi une âpre bataille: soi les sénateurs n'ont cesse de se disputer des commandements militaires capables de leur forger une réputation, il en va de même pour l'ensemble de la société velsnienne, où la compétition est omniprésente par le biais de la politique, là où à l'étranger, le prestige est davantage assuré par la réussite individuelle, hors de tout débat quant à la citoyenneté. Dans ce contexte, cela explique donc en grande partie l’agressivité de la presse d'opinion velsnienne, dont le but est souvent de flatter la clientèle du sénateur qui en est la plupart du temps le propriétaire, tout en pointant du doigt ses adversaires politiques.

Les campagnes électorales constituent la manifestations sociale la plus évidente de cette "hypertrophie politique", à tel point que l'on parle "d'année électorale" lorsqu'on fait allusions, tous les quatre ans à une seule et même années où tous les mandats, locaux et nationaux, sont renouvelés. Si l’État velsnien est faible en soi en comparaison à ses voisins eurysiens, la politique, à Velsna, désigne une réalité bien plus large qu’un simple processus électif désignant un gouvernement technique. Contrairement à la majorité des pays dont les différentes élections sont espacées dans le temps, le gouvernement de la Grande République a depuis bien longtemps calé au sein d’une même année toutes les élections sénatoriales des différentes cités, en plus de la sénatoriale velsnienne de loin la plus importante. Cela sans compter les élections internes des conventions d’entreprises, en théorie totalement détachées de l’Etat, où ces dernières désignent des représentants au sein d’organes représentatifs chargés de représenter les intérêts de leurs secteurs économiques. Toutes ces institutions sont renouvelées tous les quatre ans. A bien des égards, l'année électorale est ainsi le moment fort de l'ensemble de la vie politique de la cité, où les rivalités internes pour accéder à une forme de pouvoir politique sont les plus intenses. A tel point que l'ancien calendrier velsnien numérotait ses années en fonction du nombre de législatures que la cité avait connue.

Paradoxalement à cette hyperactivité du corps civique velsnien, l’État est quant à lui souvent considéré comme atrophié dans sa communication, cet aspect de la vie politique étant davantage l'affaire des initiatives individuelles des citoyens. Ainsi, le corps civique est une cacophonie alimentée par des déclamations publiques et meetings multiples, quand les institutions de la Grande République sont parfois opaques sur certains sujets, en particulier dans le domaine de la politique étrangère.


IV) Le modèle du citoyen soldat

Nous ne pourrions pas aborder la citoyenneté velsnienne sans évoquer la relation très particulière qui lie les velsniens à l'armée de la Grande République. Il existe un nombre de différences notables qui induisent souvent en erreur les étrangers lorsqu'on évoque le rapport de la citoyenneté à l'armée. Les États nations modernes, où les armées de métier sont la norme, perçoivent l'armée comme étant le prolongement de l'autorité de l’État. Le plus souvent, les relations directes entre cette armée et les citoyens sont volontiers ténues, voire inexistantes. L'armée puise sa légitimité que parce que l’État possède le monopole de la violence depuis le début de l'ère industrielle. Le commandement militaire est subordonné au pouvoir politique, et les passerelles entre ces deux émanations d'autorité sont rares. Il est inconcevable de voir dans les faits, le premier ministre tanskien prendre le contrôle d'opérations de terrain, et il laissera le plus souvent cette affaire à des "professionnels de la guerre", qui évoluent dans une hiérarchie parallèle Or, ce n'est pas le cas de la cité velsnienne, où les frontières entre la classe politique et l'armée sont inexistantes.

En effet, il est impossible de dissocier ce qui n'est en réalité une unique émanation du pouvoir. Là où les armées de métier ne sont que le prolongement du monopole de la violence exercé par les États modernes, fondant leur légitimité à exister par leur représentation politique, le pouvoir politique velsnien perçoit son armée comme la représentation directe du corps civique qui constitue la cité. L'armée et le citoyens sont ainsi intrinsèquement liées par ces deux réalités: le service militaire obligatoire d'une durée d'un an et le commandement de l'armée assuré directement par les élus de la Grande République. En plus de ce premier contact avec l'armée qu'est le service militaire, le citoyen peut, jusqu'à ses 45 ans, faire l'objet d'une levée militaire décidée au tirage au sort aléatoire d'une certain nombre de citoyens, prélevés en fonction des accords passés entre Velsna et les cités libres qui composent son territoire. Toutes les cités n'ayant pas les mêmes relations, avant tout contractuelles, avec Velsna peuvent faire l'objet de traitements différents. Il est même possible de convertir l'impôt annuel dû à Velsna en citoyens recrutables en cas de levée.

A la tête de l'armée, des sénateurs et parfois des magistrats locaux qui doivent leur légitimité à leur élection, et qui ne perçoivent pas les charges militaires comme relevant d'une autre compétence que les charges politiques. Dans le cadre de ces charges, la guerre n'est ainsi perçue que comme un prolongement des ambitions alimentées par le biais des carrières politiques, ce qui sous-tend une tendance à l'initiative individuelle et à la proportion à l'agressivité des cadres de l'armée, d'autant plus que ces charges sont limitées dans le temps et doivent être renouvelées chaque année par le Sénat. Cela signifie que les commandants n'ont qu'une période limitée pour retirer du prestige de leurs fonctions acquises, et jouent contre la montre. Dans ce cadre, la tendance à percevoir comme du gâchis les périodes où les conflits sont inexistants rend les cadres de l'armée d'autant plus ambitieux.

(à suivre)
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Géographie et société: le divisions administratives de la cité velsnienne

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I) Le sestieri: l'unité de base de la cité velsnienne


Depuis sa fondation, Velsna a toujours été traversée par des problématiques liées à son bon gouvernement, dans le contexte d'une société traditionaliste où les solutions les plus anciennes sont souvent considérées comme les meilleures. C'est ainsi l'une des causes qui expliquent le fait que l'administration velsnienne, encore aujourd'hui, est comparée à un mille-feuille juridique, où les anciennes lois, par exemple, ne sont révoquées que lorsque celles-ci trouvent une refonte plus récente. Il en va de même pour les subdivision territoriales de la République, qui présente un maillage de cités états à l'autonomie variable et dont les privilèges et les particularismes sont fondés sur des droits acquis de longue date. Cette mentalité conservatrice se retrouve également au sein même de l'organisation de l'agglomération velsnienne et de ses subdivisions. De cette organisation territoriale, nous connaissons bien, de nos jours, le système des sestieri, et de la division de la cité en six quartiers distincts: San Stefano, San Sebastian, Santa Petra, San Remo, Fortuna vivat et l'Arsenale. Si nous sommes accoutumés à son existence, il nous arrive d'oublier l'ancienneté de ce système qui est difficilement mesurable au vu du manque de sources chronique pour la période du Patriciat fortunéen (VIIIème-XIème siècle). En effet, si le terme de sestieri apparaît comme une déformation du rhémien classique dans les documents administratifs officiels à partir du XIIème siècle, il est en revanche impossible de remonter au delà.

Pourtant, il existe un faisceau d'indices concordant sur le fait que cette division des quartiers de la ville encore existante aujourd'hui, remonte peut-être à la fondation de la ville, dans une dynamique de planification urbaine que l'on nomme "synœcisme", qui pourrait être à l'origine des sestieri. Il s'agit là de la réunion de plusieurs villages en une ville nouvelle, une forme d'urbanisation qui consiste en général en l'union de plusieurs villages avec égalité des droits entre les différentes composantes et formation d’institutions politiques et culturelles unifiées. Cette formation est relativement courante dans le monde fortunéen, sur les sites occupés à une date relativement ancienne dans un contexte d'explosion démographique. Fortuna elle même, qui a probablement servi de modèles aux colons fortunéens installés à Velsna à la fin du VIIIème siècle, est divisée tout comme elle en six sestieri, qui sont issus de l'une de ces réunions de plusieurs pôles urbains préexistants. On suppose qu'il en va de même avec Velsna, ce qui est confirmé par l'état actuel de la recherche archéologique. Les campagnes de fouille sur l'île de la lagune menées à partir des années 1960 dans le cadre de grands travaux de réaménagement, ont ainsi permis de faire l'esquisse de l'occupation humaine du territoire de la cité au VIII-IXème siècle. Si les sources écrites fotunéennes sont avares sur les débuts de la cité velsnienne, le terrain a permis de constater la présence de plusieurs sites proto-urbains au nombre de huit sur la lagune de Velsna, que l'on suppose tous êtres des comptoirs fortunéens. Il n'est pas connu d'unité politique de ces établissements que l'on pourrait prouver, et les cartulaires fortunéens ne font pas état de l'existence de Velsna avant la première moitié du IXème siècle. Certains, il existe des preuves matérielles d'une forme primitive d'unité, au moins religieuse et spirituelle de ce que l'on suppose être des comptoirs marchands, de par l'utilisation d'un seul site funéraire: la nécropole de San Stefano, qui constitue le premier niveau archéologique de la construction de l'actuelle basilique San Stefano. L'absence d'autres lieux de dépôt funéraire sur la lagune permet de faire l'hypothèse d'un lieu commun de recueillement et de d'usage du culte. L'adoption de la figure tutélaire de San Stefano comme patron de la cité velsnienne n'apparaît donc pas anodine dans ce contexte.

En effet, dans les cas de d'union de plusieurs communautés villageoises, chaque nouvelle entité se choisit un nom et un patron protecteur dont le culte sera rendu dans ce qui sera le centre de la nouvelle ville, le plus souvent une ville existant déjà auparavant, même si dans la région de la Manche Blanche, le cas de Velsna est assez rare. C'est en ce lieu que seront rassemblées toutes les activités de la vie publique: débats, assemblées sénatoriales etc... C'est donc de l'époque du synœcisme que datent en général dans une cité fortunéenne, l'aménagement d'une agora, le choix d'un patron protecteur et l'édification de sa basilique ainsi que la construction de murailles urbaines (même si dans le cas de Velsna, aucun rempart n'a été nécessaire).

On considère qu'il existe une forme de



(en travaux)
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Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna a écrit :

"Muletti": L'art velsnien du combat du rue au couteau



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La société velsnienne a très longtemps, et est toujours dans une bien moindre mesure de nos jours, régie par des mécanismes de violence privée et inter-personnelle. L’État au sens moderne du terme n'a acquis que très tardivement le monopole de la violence publique, et outre les Gardes civiques locales qui sont d'autant de forces d’appoint sur lesquelles compter, la population velsnienne à adapté l'art de l'escrime à un tout autre usage à partir du XVIIème siècle. En effet, il est de notoriété courante que les étroites ruellles de la cité velsnienne sont considérées, jusque tard dans le XXème siècle comme de véritables coupes-gorges à la nuit tombée, ce qui a nécessité pour les riverains la création de tout un ensemble de techniques d'auto-défense dans un environnement aussi exigu. De nos jours, le muletti regroupe ainsi toutes ces formes de combat utilisées lors de duels ou de combats dont la lame ne mesure pas plus de 20 cm de long. Ces duels sont bien souvent très courts, le combat ne durant que quelques instants et reposant sur une tromperie ou « une ruse » qui, cependant, si elle est connue de l'autre partie, se retourne bien souvent contre elle.

Progressivement et par étapes, ce que l'on appelle le "Muletti" s'est constitué en discipline à part entière, au gré des besoins des habitants du quotidien, mais aussi des réseaux criminels, si bien qu'encore aujourd'hui, le muletti est encore très lié à l'imagerie des sociétés de corragiosi velsniens. Comme dit précédemment, est profondément ancré dans la culture et dans l'histoire de Velsna, mais plus particulièrement celle des villes riveraines de la baie dorée, où ce sont ces environnements qui ont conduit très probablement à la confection de ces lames courtes caractéristiques qui font la spécificité du muletti. Néanmoins, il est difficile à déterminer de quelle cité cette évolution, partant des lames d'escrime classiques a démarré, entre Velsna, Vatluna, Umbra ou Saliera. Il est fort possible, au vu des besoins de défense similaires de ses habitants, qu'il s'agit d'un amalgame de spécificités locales qui ont donné plus tard le muletti du XIXème siècle, qui est resté depuis la forme classique du combat au couteau dans la région. Dans tous les cas, on sait de source sûr que toutes les lames comptemporaines utilisées dans le cadre du muletti descendent du stiletto, une lame courte fortunéenne dont l'usage se perd au XVIIIème siècle, durant la même période où on assiste à une généralisation des couteaux velsniens modernes. Il est intéressant de noter que la plaine velsnienne est la seule région considérée comme faisant partie du monde fortunéen où les techniques d'escrimes ont conduit à un tel raccourcissement des lames, et où celle-ci s'est adaptée à des formes de combat urbain encore utilisées de nos jours en contexte réel. Encore aujourd'hui, il existe plusieurs écoles de muletti associées à des régions particulières de la plaine velsnienne. Ainsi, dans la plaine rurale, il convent de constater que la longueur moyenne des lames utilisées est généralement plus grande que dans les formes connues dans les villes côtières fortunéennes.

Les lames velsniennes courtes, quelque soit leurs formes et les techniques dans le cadre desquelles celles ci sont maniées répondent non seulement au besoin fondamental d'auto-défense, mais font partie intégrante d'un système d'honneur personnel et familial, plus particulièrement dans les campagnes ayant longtemps baigné dans une atmosphère de violence privée systémique. Ainsi, dans la plaine velsnienne du XIXème siècle, ce type de règlement de compte n'impliquant pas la justice, souvent absente ou distante, était considéré comme courant, et connaissait souvent sa résolution dans le cadre de tels combats. Les duels nocturnes au stiletto étaient des événements courants dans les places publiques des grandes et petites villes de la plaine velsnienne, ainsi que dans les villages environnants, observés par un public fasciné par cette démonstration de courage et d'habileté, qui servait une brutalité privée qui n'est plus considérée comme acceptable de nos jours Il faut attendre le milieu du XXème siècle pour qu'une législation efficace provoque la raréfaction de tels règlements de compte publics, mais ceux ci n'ont pas pour autant disparus, et le muletti est toujours bien usité par les criminels des rues de tous calibres. Le muletti est également régulièrement brandit dans le cadre d'une imagerie populaire, étant considérée comme "l'arme du peuple contre les puissants", une fonction sociale immortalisée par toute une littérature romantique du XIXème siècle, marquée par les luttes sociales de cette période.

Contrairement aux idées reçues, le duel ne peut être assimilé à une simple violence. Il s'inscrit dans une tradition où la confrontation physique, codifiée et publique, remplace des formes de vengeance plus sournoises ou arbitraires. Le muletti reflète les tensions et la culture des classes populaires. Il s’agit souvent de résoudre des conflits liés à des affronts personnels, familiaux ou territoriaux, tout en évitant une escalade de violences incontrôlées. Dans ce contexte, l’enjeu n’était pas uniquement de tuer ou de blesser l’adversaire, mais aussi de rétablir l’équilibre moral et social.


" Le couteau est la seule justice que le peuple peut obtenir. Le couteau restaure la dignité des faibles. "


Cette formule issue du célèbre roman de Giordano Stomatelli "La gorgone" (1872), résume à lui seul tout ce courant mélioratif de la lame courte velsnienne comme l'arme de ceux qui ne sont pas capables de se défendre autrement, volontiers reliée à une forme moderne de chevalerie. Le couteau est ainsi pour ce courant romantique, ce qui se rapproche le plus des antiques duels homériques de la littérature velsnienne classique, sans en exclure le peuple. Cet objet, d’abord conçu pour des tâches quotidiennes, se prête naturellement au duel grâce à sa maniabilité, sa disponibilité, et son faible coût. Si le duel rustique est moins formalisé que son pendant chevaleresque, il obéit néanmoins à des principes d’honneur et de confrontation directe propres à la pratique du muletti. L’affrontement devient un rituel où le courage, la maîtrise de soi et l’équité sont valorisés, même dans un contexte clandestin, ce qui au fil du temps est le cadre de plus en plus courant de la pratique.

Le duel, bien qu’enraciné dans des traditions séculaires vieille de plusieurs siècles, a fini par décliner au XXe siècle sous l’influence de la modernisation progressive de la société velsnienne: l'universalisation de la justice et la plus grande efficacité des procédures juridiques ont conduit au règlement des conflits de manières différentes: ces conflits, autrefois réglés par le duel, sont de plus en plus perçus comme des litiges à résoudre par des moyens légaux ou financiers à l'instar de la plupart des autres pays d'Eurysie occidentale. Les valeurs et les vertus exacerbées par la société moderne ont également rendu ces duels d'honneur caduques: la montée des normes sociales valorisant la sécurité, la légalité et la responsabilité individuelle ont contribué à stigmatiser l’idée même du duel, perçu comme archaïque ou barbare.

Pourtant, cela ne signifie pas que la pratique du muletti n'est plus aujourd'hui que le monopole des criminels et des petits gangs. De nos jours, la pratique du muletti est en partie réhabilitée par sa réincarnation en discipline sportive particulièrement populaire chez les jeunes velsniens. Les passionnés de la discipline se sont ainsi réunis en fédération à partir de 1972, redorant ainsi le blason d'une pratique de combat populaire ternie par son usage par les corragiosi et son association à une violence devenue moins acceptable qu'auparavant. Il est également encore courant dans l'armée velsnienne, et reste un marqueur social distinctif d'appartenance à une cité en particulier, bien qu'il ne figure pas dans la liste d'équipement standard du soldat velsnien.


Le stiletto et ses techniques: l'arme du pratiquant


La forme que prend le stiletto est variable, mais on peut les regrouper dans deux catégories bien distinctes, avec deux caractéristiques générales se retrouvant sur toutes les variantes:
- Le stiletto prend toujours la forme d'un couteau dont la lame est entièrement pliable à l'intérieur de sa poignée.
- Il est toujours équipé d'une petite garde croisée protégeant les doigts de son possesseur.
- Elle est entretenue de manière systématique à l'aide d'une pierre sèche, de calcaire ou de granit la plupart du temps.
- Le pouce de la main se place systématiquement directement sous la garde du stiletto.

La lame, quant à elle, possède une longueur variable, comme évoqué plus tôt. Dans la plupart des cas, elle mesure environ 20cm (variantes de Velsna, Vatluna et Ombra).Elle se retrouve même à 18 cm dans sa forme traditionnelle à Saliera. Dans les campagnes cependant, comme dans sa variante de Munda ou d'Hippo Reggia, il est possible de trouver des lames mesurant jusqu'à 25 cm.

Il existe selon les formes des positions de combat plus ou moins courantes selon les régions, mais certaines positions sont considérées universelles, comme la fameuse "position du traître", consistant à tenir le couteau dans la main dominante et dans le dos, avec les pieds écartés à largeur d'épaules et les genoux légèrement fléchis pour abaisser le centre de gravité. Cette technique révèle le caractère spontané et soudaines de la plupart des attaques. Outre le dos, la lame peut être cachée le long du poignet pour conserver la dimension de surprise de la frappe qui est centrale dans la pratique du muletti. La technique proprement consiste à tenir la lame le long du poignet, puis à exécuter une coupe ascendante suivie d'un coup de poignard descendant.

Les attaques au stiletto de divisent en trois grandes catégories, avec en premier lieu la traditionnelle estocade, visant la plupart du temps le ventre, la gorge ou le visage. Vient ensuite la "cotta", coup consistant en une coupe la plupart du temps horizontale de la main porteuse de la lame, dans l'idéal dans une optique de désarmement de l'adversaire. Enfin, un de base, la "pitai", consiste en une coupe quasi verticale du visage ou du coup. Elle aboutit souvent à des coupes superficielles, ce qui signifie qu'elle est plus souvent utilisée en duel formel, ou dans une optique d'humiliation de l'adversaire. Mais elle peut toutefois permettre de déstabiliser un adversaire en vue d'infliger une estocade à la suite du coup.

Il existe bien d'autres stratégies de déstabilisation, le muletti portant une dimension psychologique importante. Le contact visuel permanent avec l'adversaire porte le nom de "quattrocchi", par exemple. Le combat au couteau sicilien était autant une épreuve psychologique que physique. En effet, la confiance en soi et la détermination sont essentielles. Face à un agresseur, l'adoption d'une posture de combat ferme peut suffire à dissuader l'attaque dans la majorité des cas, et l'intimidation a donc un rôle important. Une tactique efficace afin de susciter une erreur de la part de l’adversaire consiste à le provoquer verbalement tout en maintenant une posture défensive solide. Cette approche peut déstabiliser l'agresseur le le pousser à commettre des erreurs.

Que ce soit dans le cadre de la pratique sportive/duel ou le combat de rue spontané, les techniques de coup de pied sont également cruciales dans la défense contre un agresseur armé d'un stiletto. Pour un combattant expérimenté, un coup de pied direct au menton de l'attaquant peut mettre fin rapidement à l'agression, tandis que des coups de pied bas aux genoux peuvent briser la stabilité de l'adversaire. Cependant, dans les faits les combats ne sont pas toujours résolus en une seule série de coups. Beaucoup de témoignages recueillis durant les XIXème et XXème siècle font état de duels pouvant infliger de nombreuses blessures profondes avant la reddition ou la mort.

Dans un contexte d'agression spontanée, le muletti implique systématiquement l'usage de l'environnement comme moyen de défense. Un objet aussi simple qu'un magazine enroulé peut servir à bloquer les attaques au couteau, tandis qu'un tabouret de bar peut être utilisé comme bouclier improvisé.


Il existe deux contextes de combat, comme précédemment dit: l'affrontement spontané, qui demande des coups et des postures pragmatiques dans le cadre d'une agression ou d'une mise en danger de sa personne. Vient avec l'affrontement spontané le duel d'honneur, beaucoup plus codifié et encadré afin de régler un différent. C'est cette forme qui a constitué la base du muletti en tant que pratique sportive. Que ce soit dans le domaine sportif ou celui du duel codifié (désormais interdit par la loi), ses participants sont souvent appelés "Hommes d'honneur". La féminisation du sport a également aboutie à l'usage de terme de "femme d'honneur", reconnu par la fédération sportive de muletti.




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Culture et folklore

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Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna a écrit :

La viticulture dans la plaine velsnienne



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La plaine velsnienne constitue un ensemble géographique, une unité de lieu située en Eurysie occidentale, recouvrant les deux tiers du territoire métropolitain de la Grande République de Velsna. Elle se constitue en un vaste plateau, abondamment irrigué par lesfleuves de l'Arna et de la léandra, qui tous deux tirent leur source de la chaîne de montagne jeune du Tarsus, et qui est devenu la frontière occidentale du territoire velsnien dés le XIème siècle, pour ne plus jamais perdre ce rôle. Au sud, l'aire géographique de la plaine velsnienne trouve la cité-frontière de Saliera en sa limite sud, qui vient fermer la passe du même nom qui sépare la cité velsnienne du territoire teylais. La passe de Saliera n'en est avant tout que de nom, puisqu'elle se compose en réalité d'un petit massif géologiquement âgé, fait de ravines encaissées et, dont les plus hauts sommets n'excède pas les 1000 mètres. Au nord et à l'est, la plaine velsnienne est fermée par la Manche Blanche. Bénéficiant d'un climat océanique doux et pluvieux, la plaine velsnienne est depuis plus de 2000 ans un bassin agricole fertile, qui en Eurysie occidentale trouve ses équivalents dans la grande plaine de teylaise et gallouèsante. Aucun étonnement donc, de constater que ces trois régions, partageant de nombreuses similarités sur le plan climatique et géographique, sont devenus les greniers à blé de la région. Pourtant, ce qui distingue la plaine velsnienne des plateaux teylais et gallouèsants n'est pas tant du ressort de la géographie et de l'hydrographie, que de l'exploitation humaine qui en est faite, et qui a permit à des sociétés bien différentes de prospérer, profitant de l'exploitation de denrées qui diffèrent quelque peu d'avec celles de leurs voisinage. C'est donc une explication historique qu'il nous faut chercher là, pour faire la démonstration des spécificités du monde agricole de la plaine velsnienne, et en particulier le développement des trois produits phares de la région, encore aujourd'hui: la vigne, l'olive et le citron. Ces trois denrées, la "sainte trinité" de l'agriculture velsnienne, sont bien loin des productions céréalières de masse teylaise, ou encore l'exploitation gallouèsante: il nous faut nous replonger dans la passé pour trouver le ou les points de divergence qui ont conduit la société velsnienne, de manière très précoce, à faire le choix d'une exploitation de produits qui ne se sont au départ pas adaptés à sa situation géogrpahique et climatique..


La vigne: le sang de la plaine velsnienne depuis la période rhémienne:

La culture de la vigne en plaine velsnienne précède de très loin la fondation de Velsna. Déjà au néolithique récent, on trouve trace d'une domestication limitée de la vigne sauvage, dont l'aire d'origine est à chercher autour du bassin leucytalien oriental, et finit par se propager jusqu'en Eurysie occidentale. Mais la culture de la vigne reste circonscrite, dans l'état actuel de nos conaissances, à quelques région méridionales de la plaine velsnienne, et ne constitue en rien un culture agricole privilégiée. En effet, jusqu'à la conquête rhémienne de la région au Ier siècle av J.C, les populations locales s'appuient sur la culture du blé, de l'ordre et du seigle, des plantes à bien plus grand rendement nutritif.

La consécration de la culture de la vigne en plaine velsnienne est en grande partie liée à la conquête rhémienne et ses conséquences. Précédemment à la phase d'intégration du territoire actuel velsnien à l'Empire, il faut déjà noter une explosion des échanges entre la plaine velsnienne et la Leucytalée rhémienne. Les découvertes récentes font état d'une importation massive des trois produits évoqués, la fameuse sainte trinité: le vin, l'olive et le citron. La grande question actuellement en cours de discussion dans les milieux scientifiques porte sur la possibilité que sa culture de masse ait pu démarrer avant la conquête, celle-ci ne servant que d'accélérateur, mais en l'absence de preuves probantes, la controverse ne pourrait trouver réponse en l'état actuel de nos connaissances. Là encore, la culture de la vigne existe bel et bien déjà, mais c'est la conquête rhémienne et ses contrecoups, qui vont considérablement transformer le tissu rural et agricole de la région. Là où précédemment à la conquête, la vigne est perçue comme un breuvage adressé à une population aristocrate et sacerdotale très limitée, Rhême va développer sur le territoire velsnien l'esquisse d'une exploitation de masse de la vigne, et qui perdure encore de nos jours.

La vigne de diffuse ainsi le long des axes de conquête des armées rhémiennes, et est avérée dans le sud de la plaine velsnienne au er siècles avant notre ère, avant diffusion dans tout l'espace géographique proprement dit au cours du siècle suivant. Cette situation politique nouvelle bouleverse profondément la culture de la vigne, qui devient celle d'une production de masse, organisée autour de grandes propriétés foncières, les latifundia, unités de production beaucoup plus grandes qu'auparavant, que ce soit en termes d'hectares et de main d'œuvre. Il existe ainsi des exemples d'exploitations de vigne avoisinant les 300 ouvriers et esclaves, sur plusieurs dizaines d'hectares, se développant aux alentours de la plupart des grandes cités et chefs lieux de municipes de la plaine velsnienne. C'est cette période charnière, qui voit les exploitations de vigne, de citron et d'oliveraies constituer progressivement la grande partie de la production agricole en plaine velsnienne. L'explication réside dans l'intégration pleine et entière de la plaine velsnienne aux circuits commerciaux internes à l'Empire rhémien, qui conduisent à une demande nouvelle. Les régions centrales de l'Empire deviennent importatrices, alors qu'elles irriguaient autrefois les périphéries. Ce changement de dynamique affecte fonc logiquement la production locale pré-velsnienne, qui devient un fournisseur incontournable de vin pour le pouvoir rhémien. De manière générale, l'explosion de la consommation quotidienne du vin par la majorité des couches de la population rhémienne a permis à la culture de la vigne de devenir le produit agricole phare de la plaine velsnienne.

Ce mouvement a été aidé par plusieurs innovations dans la culture de la vigne, plus particulièrement la mise au point de variétés et d'espèces hybrides capables de produire des pousses de qualité hors des climats leucytaliens. Le climat océanique tempéré de la plaine velsnienne n'a dés lors plus constitué une entrave à cette exploitation. La culture de cette vigne spécifique s'organise dans le cadre d'une exploitation de masse en grandes parcelles, comme dit précédemment. Celle-ci s'organise en "hautains", un type de culture favorisant ce que l'on nomme "la vigne haute", idéale dans les zones océaniques et tempérées.

La conquête rhémienne modifie considérablement jusqu'aux habitudes de consommation. Celle-ci, qui avant la conquête était avant tout un spiritueux réservé à une élite et à boire "pure", est désormais coupée à l'eau dans des proportions plus ou moins importantes selon les crus, ce qui perdure encore de nos jours dans la plaine velsnienne. Les quelques siècles de la période rhémienne voient le développement d'un certain nombre de ces crus, et de la naissance d'une littérature témoignant de la spécialisation de plus en plus poussée de certains types de vins, qui sont différenciés par des appellations spécifiques. On connait ainsi par les sources textuelles l'existence d'un "vin de Fanum", issu d'exploitations en lisière de la cité d'Aquila. La standardisation de l'exploitation viticole se voit ainsi dans les différents manuels rédigés durant l'ensemble de la période.


Persistance des cultures de vignes durant le haut moyen-âge et jusqu'à la fondation de Velsna:


L'effondrement de l'empire rhémien d'occident voit la disparition ou la contraction de la plupart des réseaux commerciaux reliant la plaine velsnienne à la Leucytalée. Cette situation conduit à un retour temporaire de l'économie vivrière et un abandon progressif de l'hyperspécialisation des cultures. Le tissu rural, une nouvelle fois, se retrouve chamboulé par ce changement de paradigme, mais fait preuve d'une persistance qui peut faire défaut à d'autres provinces impériales en occident. Dans les faits, il n'y a pas de changement majeur de classe politique, contrairement à l'exemple teylais qui trouve son origine dans la fondation d'une principauté "barbare". Les "principautés" occitanes qui émergent fondent leur économie sur une reconversion vivrière de la région de la plaine velsnienne, mais où la culture de la vigne constitue encore la part majoritaire, et où la latifundia est encore l'unité de production de référence. Ce qui marque la différence réside en l'abandon de la monoculture étaedue de la vigne, au profit d'une cohabitation entre vigne, olive, citrons et denrée céréalières, toutes le plus souvent cultivées sur une même latifundia.

On assiste à la mise en place par endroits d'un proto-féodalisme qui a une incidence sur le mode d'organisation des cultures, plus particulièrement dans les régions du nord de la plaine velsnienne, marquées par des cultures de bocage, et où l'apparition de la métairie. Du reste, la période est marquée par une certaine stagnation de la qualité du vin, dont les aromates et les herbes restent des ajouts indispensables à la qualité finale du produit.

Le rôle accru de l'Eglise catholane et du monachisme voit la mise en place d'une exploitation viticole dans les établissements religieux, se développant à partir du Vème siècle dans la région.


Colonisation fortunéenne et mutations finales de la viticulture velsnienne

L'arrivée des premiers colons fortunéens au VIIIème siècle, puis la fondation de Velsna au tournant du IXème siècle transforme radicalement le tissu agricole de la région. La période suivant la fondation des colonies fortunéenes de la côte (Velsna, Saliera, Umbra etc...), conjugué à la recherche de débouchés commerciaux de Fortuna, permet à la plaine velsnienne de renouer avec une politique d'exploitation de masse de la vigne, et au retourde la spécialisation des parcelles. La période de la conquête velsnienne voit également la mutation des techniques agricoles, et le vin commence à prendre une forme plus familière, tant dans sa composition que dans son mode de consommation. Les vins épais qui nécessitent d'être coupés à l'eau se raréfient, bien que toujours persistants de nos jours, tandis que des crus pus légers et plus clairs. Le vin rouge se développe àpartir du XVème siècle, alors que le rosé et le blanc étaient considérés comme une norme jusqu'alors.

Le commerce maritime du vin acquiert une importance économique considérable sur la façade occidentale de l'Eurysie. Le vin velsnien entre en concurrence avec les crus gallouèsants et teylais, et se constitue lui-même en plusieurs "traditions". L'émergence des confréries et des corps de métiers permet la mise en place d'une politique d'appellations d'origine contrôlées par le gouvernement communal velsnien. Le vin devient un outil de stratégie politique, certains crus devenant des références mondiales recherchées par les élites politiques et économiques eurysiennes.

Cependant, cette période correspond également à la mise en concurrence de plus en plus rude du vin velsnien avec celui des implantations coloniales. En effet, la vigne suit les colonisateurs velsniens sur tous les terrains d'implantation qui le permettent, ouvrant la voix à une guerre commerciale entre exploitants de métropole et d'outre mer. La mondialisation a ainsi posé à la viticulture velsnienne unnouveau défi qui est cleui de la rentabilité, plus particulièrement des petites exploitations qui ne sont pas protégées par la notoriété d'une appellation prestigieuse.


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Culture sportive

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Richard Torino, animateur de l'office de tourisme de Velsna a écrit :

Bernardo Conceçao: l'histoire d'un icamien au pied d'or, révolutionnaire loduariste en crampons devenu le sauveur d'un club velsnien

Ambiance


Dans l'Histoire du football, et du XXème siècle en général, peu de personnalités peuvent se mesurer, dans leut talent naturel, dans leur intensité de jeu et de vie, que ce soit sur le terrain ou en dehors, dans leur ardeur et leur caractère iconique qui en découle, à un homme que l'on a affublé de beaucoup de surnoms: "l'icamien au pied d'or", "le loduariste en crampons", le "révolutionnaire des stades", le "magicien de Rio Formosa"... Tous ces sobriquets témoignent de la richesse d'une vie extraordinaire qui n'aura laissé personne indifférent, en bien ou en mal. A lui seul, Barnardo Conceçao Silva inacarne l'humanité dans tous ses excès; talentueux et passionné d'une part, chaotique et choquant d'autre part. Généreux et bon au naturel d'une part, sanguin et emporté d'autre part. Conceçao n'a pas laissé une trace dans le cœur des amoureux du ballon rond par son seul jeu, mais également par la démonstration d'une humanité sans limites, et d'une existence vécue à brûler la chandelle par les deux bouts. Quoi qu'on en dise, il est resté dans la mémoire tant des icamiens que des velsniens. Retour sur la vie extraordinaire de Bernardo Conceçao Silva.

Né en 1970 de parents pauvres, il est le cinquième enfant d'une fratrie de huit, qui a grandit dans les ruelles d'un bidoncille de Rio Formosa. Ses origines sont nombreuse,s à l'image de son pays, et on lui prête une ascendance tant listonienne qu'indigène. Cette existence précaire constitue le substrat de ses engagements politiques ultérieurs. En effet, si il n'adhère officiellement à aucun mouvement en particulier jusqu'à 1988, il se construit rapidement une conscience sociale, en appelant régulièrement à ses origines modestes. Ce n'est que plus tard qu'il adhère officiellement à une formation eurycommuniste icamienne.

En attendant, il délaisse rapidement l'école pour sa contrepartie buissonière, et comme de nombreux enfants de son âge, pratique le football en autodidacte dans son bidonville natal, sur des terrains improvisés. C'est le plus souvent dans ce cadre que les recruteurs des clubs professionnels icamiens font leurs journées de détection, et à 11 ans, Conceçao est repéré par un recruteur du club local Boca Blancos, une formation de milieu de tableau de la division d'élite d'Icamie. Rapidement, Conceçao gravit les échelons des équipes junion et obtient son premier match professionnel en sénior à l'âge précoce de 16 ans. Très adroit avec un ballon, il amuse le public avec ses jongleries à la mi-temps des matchs de première division, mais il se démarque surtout pour son talent naturel, son touché de balle fin et sa petite taille, qui lui permet de se constituer en ailier indispensable pour l'équipe sénior.

Malgré ses prouesses individuelles, il n'obtient jamais de titre durant l'intégralité de son passage au club. Boca Blancos reste avant tout un club de milieu de tableau ne disposant que de moyens modestes, avec lequel il sur-performe. Ce choix de sa part de rester durant une longue période dans ce premier club, marque une autre marque de fabrique dans l'existence de Bernardo Conceçao: régulièrement dans sa carrière, il fera le choix de s'engager avec ses clubs de coeur davantage qu'avec des grosses cylindrées, perdant ainsi beaucoup d'opportunités de récompenses, mais au profit de choix personnels et assumés.

Il est repéré tout aussi rapidement par la sélection nationale icamienne, pour laquelle il fait son premier match à l'âge de 18 ans. Là aussi, son talent à l'état pur se contraste avec ses comportements durant les matchs. On le qualifie de joueur ultra compétitif, prêt à la triche plutôt qu'à la défaite. Il est également hutain, comme à l'occasion du fameux match Icamie-Akaltie d 2 mai 1990, durant lequel il en vient aux mains avec plusieurs joueurs akaltiens. Le match sera surnommé à postériori "la bataille de Rio Formoso", et occasionne plusieurs dizaines de blessés dans le public. Cet évènement marque le début d'un très long cycle de brouilles et de réconciliations avec la sélection nationale. C'est néanmoins avec l'équipe d'Icamie qu'il obtient tous ses titres durant toute la décennie 1990, avec deux coupes d'Aleucie en 1990 et en 1994, ainsi que le mondial 1998. C'est l'explosion mondiale: Conceçao devient une icone sportive et politique, prenant publiquement des positions révolutionnaires au mépris de ses intérêts personnels.

Mais cette notoriété marque également le début de graves problèmes, à la fois en interne, avec son club de Boca Blanco, et sur le plan personnel. Parallèlement aux difficultés financières du club, l'hygiène de vie du joueur se dégrade au rythme des soirées et du développement d'une addiction sévère à la cocaine. Dans le même temps, ses performances chutent en même temps que la déliquescence financière des Boca se fait. Finalement, au terme de la saison 1999, à la surprise générale, la Boca annonce le renvoi immédiat de Bernardo Conceçao. En effet, dans le cadre d'un procès express, Conceçao est rendu coupable de détention de cocaine et recel, sa peine étant fixée à 8 mois de prison.

Lorsqu'il sort, Conceçao à 30 ans, il est sans club et sans contrat et attente d'une cure de désintoxication comme il en connaîtra un grand nombre durant le reste de son existence. Mais cette période marque le début du rebond de sa carrière, permis par une proposition inattendue. Contre toute attente, à la rentrée 2000, l'icamien au pied d'or annonce sa signature dans un club velsnien du bas de tableau de la Série V: l'Etoile loduariste de Saliera, et ce pour un salaire moitié moindre que celui qu'il touchait à Boca. Il faut bien comprendre que Salieria est alors la ville la plus pauvre de la plaine velsnienne, et que ce transfert constitue pour un club aussi modeste que l'ELS un coup de projecteur inouï. Mais loin de se contenter de jouer pour Saliera, Conceçao trouve une seconde jeunesse dans la "ville du sud": prenant parfaitement ses marques tant au club qu'à Saliera. Il assimile rapidement la lutte de Saliera au classement avec les équipes de cités bien plus riches: le Polemarchos et les clubs de la capitale en premier lieu, à ses propres combats et convictions personnelles. Il devient "un salieran" par procuration. Il prend rapidement en mains l'effectif de l'ELS, qu'il soude autour de sa personne, et recommence à sur-performer comme à ses premières années. Au fil des saisons, l'ELS se rapproche progressivement du haut du panier du football velsnien, pour finalement remporter deux copa, en 2003 et en 2004, les premiers et les seuls titres en club de Bernardo Conceçao. Durant son passage à l'ELS, il aura donné au club ses deux seuls titres, et obtenu un statut de légende vivante dans sa nouvelle ville de coeur, devenant jusqu'à aujourd'hui l'objet d'un culte autour de sa personne. Il reste à ce jour et de très loin la figure la plus populaire de Saliera.

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Bernardo Conceçao est devenu une figure omniprésente du paysage de Saliera

Raccrochant définitivement les crampons à l'âge de 35 ans en 2005-2006, Conceçao met à profit ses dernières années pour continuer son engagement politique, restant une figure locale et contestataire de Saliera, contribuant financièrement tant au Parti Eurycommuniste velsnien qu'à diverses fondations charitables de la ville. Après sa mort, il sera rapporté que la quasi intégralité de sa fortune aura été reversée à ces œuvres. Ses dernières années sont marquées par des prises de positions aussi radicales que controversées. En 2009, il fait ainsi le déplacement en Loduarie afin de rencontrer le secrétaire général Lorenzo, le qualifiant de "meilleur ami des peuples de la Terre" et de "meilleur ami de ma propre personne, un frère que je perds". Il est aperçu en Loduarie aux funérailles de ce dernier, en 2016, et qualifie sa mort de "Plus grand désastre que les défavorisés de ce monde ont connu". Il meurt d'une crise cardiaque le 2 janvier 2017 à 47 ans, à Saliera, et bénéficie de funérailles auquelles on recense dans le cortège l'accompagnant au cometière pas moins de 30 000 personnes.

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Autel à la gloire de Bernardo Conceçao à Saliera

Sa mort n'entame en rien sa légende. Au contraire, il reste à Saliera une figure quasi messianique, dont les positions révolutionnaires et en faveur des plus pauvres ont marqué tout son entourage, et fait de lui une figure populaire, et sans doute l'icamien le plus célèbre à Velsna.

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