Le grand Tsar Vladimir Sladikov, souverain de l’Empire de Belograd, se tenait dans son bureau impérial, ses yeux fixé la carte de Ramchourie posée sur son bureau. Une inquiétude marquait son visage, une réflexion qui envahissait son esprit. Les rapports qu’il avait reçus ce matin-là, détaillant l’ampleur de la guerre civile qui ravageait le pays voisin du territoire d'outre mer de Bay, ne faisaient qu’aggraver le Tsr. Il n’était plus question de simples révoltes ou d’affrontements , mais d’un véritable déchirement interne qui menaçait de transformer la Ramchourie en un terrain de ruines.
Les répercussions de cette guerre sur la stabilité régionale étaient évidentes. Le gouvernement du Ramchourie semblait sur le point de perdre toute son autorité face à des seigneurs de guerre qui se livraient à des luttes pour le contrôle des provinces au Ramchourie. Le Tsar ne pouvait ignorer que l’effondrement d’un tel voisin affecterait l’équilibre géopolitique de toute la région. La situation de la Ramchourie ne le laissait pas indifférent. Le Tsar ressentait une sorte de frustration grandissante face à l’incapacité des dirigeants ramchouriens à maintenir leur pouvoir face à l’agitation interne.
Vladimir Sladikov se leva brusquement de son fauteuil, se dirigeant vers la grande fenêtre de son palais. Il contemplait les rues de la capitale, les statues et les monuments symbolisant la grandeur de l'Empire de Belograd. La guerre civile à l’intérieur de la Ramchourie représentait un paradoxe. Tandis que le Tsar, lui, consolidait sa puissance au sein de son propre Empire, le voisin se désintégrait lentement, sous les coups de factions rivales, de seigneurs et de groupes idéologiques sans fin. Le Tsar se demandait jusqu'où cette guerre civile irait. L’Empire pourrait-il tirer profit de cette instabilité ? Ou bien, une nouvelle ère de tensions régionales menaçait-elle de faire basculer tout l’équilibre politique ?
Son esprit était agité, ses pensées fragmentées par les rapports incessants. Le Nord, les seigneurs de guerre, l’émergence de nouvelles factions, les appels à l’aide des gouvernements en déclin, tout cela créait un tableau extrêmement instable. Pourtant, malgré cette inquiétude, il ressentait une curiosité envers le gouvernement qui se trouvait, dans les faits, affaibli, voire obsolète. L’unité de la Ramchourie s’était dégradée, mais comment cette décentralisation pourrait-elle ouvrir la voie à de nouvelles alliances ou menaces dans un futur proche ?
Le Tsar Sladikov consulta alors ses conseillers et envoya des instructions urgentes pour observer de près l’évolution des événements en Ramchourie, d’autant plus que certains rapports indiquaient que des factions pouvaient commencer à émerger comme de nouvelles puissances rivales, menaçant Belograd dans la région.
"Les événements en Ramchourie méritent une attention particulière", dit-il avec gravité. "Nous devons comprendre comment cette guerre affecte la stabilité et l’équilibre en Nazum. Il est crucial de surveiller les pouvoirs en place et d’envisager nos prochaines actions."
Il s’arrêta, repensant à l’opportunité qu’il pourrait saisir dans ce chaos. Si le gouvernement central de la Ramchourie s’effondrait complètement, qui prendrait sa place ? Comment Belograd pourrait-il tirer avantage de ce vide ? Les réponses à ces questions influenceraient ses prochaines décisions politiques.
À cet instant, Tsar Sladikov savait que l’Empire de Belograd devait se préparer à l’imprévisible. La guerre civile en Ramchourie, tout comme l’effondrement de son gouvernement central, marquerait un tournant décisif dans les relations internationales de la région. Et le Tsar avait bien l’intention de jouer un rôle central dans cette guerre incertaine.
Activités étrangères en Ramchourie - Page 2
Posté le : 30 nov. 2024 à 16:01:54
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Posté le : 30 nov. 2024 à 17:32:02
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La Ramchourie, est aujourd’hui le théâtre d’un conflit dévastateur. Ce vaste pays, situé au carrefour de plusieurs routes commerciales du Nazum, et actuellement dans une guerre civile qui n’a épargné aucun aspect de la vie quotidienne de sa population. Le gouvernement central, autrefois le pilier de l’unité ramchoure, n’est désormais qu’un vestige d’une époque , incapable de restaurer l’ordre face à une multitude de factions armées.
L’effondrement de l’économie ramchoure a été l’un des premiers symptômes de cette désintégration nationale. Dès le début de la guerre, le gouvernement central, pour financer ses armées, a ordonné la production massive de pièces de monnaie. Cette décision a entraîné une inflation galopante, rendant la monnaie nationale presque sans valeur.
Dans les régions contrôlées par des factions rebelles ou autonomes, le troc a remplacé le système monétaire officiel. Certains seigneurs locaux ont instauré de nouvelles monnaies, comme le "Yuzin" adopté par le Gualintang, basé sur des métaux précieux. Cette fragmentation monétaire complique encore davantage les échanges commerciaux et accentue les disparités économiques entre les différentes régions.
Le conflit ramchourien oppose désormais plusieurs forces politiques et militaires, chacune revendiquant une légitimité ou cherchant à s'imposer par les armes.
Le gouvernement central et la Seigneurie Élective
Siège historique du pouvoir en Ramchourie, Zangian’h, la capitale, est toujours sous le contrôle de la Seigneurie Élective. Mais ce contrôle est précaire. Le gouvernement central est acculé, manquant de ressources, de troupes et d’appuis. La situation à Zangian’h reflète l’état désastreux de l’ensemble du pays : pauvreté, chaos et insécurité.
La Confédération du Nord
Cette coalition de seigneurs locaux a proclamé son indépendance au début de la guerre civile, entraînant un schisme majeur dans le pays. Bien organisée, la Confédération avance méthodiquement vers le sud, menaçant directement la capitale. Sa stratégie repose sur une coordination militaire efficace et une idéologie régionaliste qui lui attire de nombreux soutiens parmi les populations locales.
L’Empire Ramchoure
Sous la direction du général Huan Gai, l’Empire Ramchoure s’est formé dans les régions occidentales du pays. Après avoir écrasé une tentative d’invasion du seigneur de Sunchian, l’Empire est désormais l’une des forces les plus puissantes de la guerre. Huan Gai a su consolider son autorité en promettant terres et privilèges aux seigneurs qui se rallient à lui, tout en avançant vers Zangian’h.
Le Gualintang
À l’ouest, le Gualintang, dirigé par le président provisoire Minh-Aû-Choh, se distingue par une approche différente. Cette faction a organisé des élections parlementaires, introduisant pour la première fois un droit de vote universel masculin. Malgré ces ambitions démocratiques, le Gualintang reste une puissance militaire redoutable, bénéficiant d’un équipement moderne et d’un contrôle accru des ressources locales.
Le Royaume Constitutionnel de Ramchourie
Fondé par Mei-Li, compagne de l’ancien dirigeant Yuan Zao, ce royaume s’appuie sur l’appui de puissants seigneurs du sud. Mei-Li revendique l’héritage du régime précédent et cherche à rallier les populations loyalistes.
Le Tahorintang et le Huanping
Ces factions, situées respectivement à l’est et au sud, avancent leurs pions sur l’échiquier ramchourien. Le Tahorintang a marqué l’histoire en abolissant le servage dans ses territoires, tandis que le Huanping s’enracine profondément dans le sud, gagnant du terrain à mesure que le conflit s’intensifie.
Le peuple ramchoure est la première victime de cette guerre. Des millions de civils ont été déplacés, fuyant les combats et l’insécurité. Les infrastructures de base, comme les hôpitaux et les écoles, sont en ruines. La famine menace dans plusieurs régions, exacerbée par l’effondrement des réseaux de distribution.
Les témoignages qui parviennent des zones de guerre évoquent des atrocités commises par toutes les parties. Les massacres, pillages et enrôlements forcés sont monnaie courante. La communauté internationale, bien que consciente de l’ampleur de la crise, tarde à intervenir.
Face à cette tragédie, l’Empire de Belograd, sous le grand Tsar Vladimir Sladikov, ne peut rester indifférent. Le Tsar a exprimé sa profonde inquietude devant la souffrance du peuple ramchoure.
Dans un discours prononcé devant ses conseillers, le Tsar a souligné l’importance d’une réponse internationale coordonnée :
"La Ramchourie est un voisin crucial dans cet équilibre fragile qui définit le Nazum. Si nous laissons ce conflit s’envenimer sans réagir, les conséquences pourraient être désastreuses, non seulement pour eux, mais pour nous tous."
L’Empire de Belograd a d’ores et déjà commencé à envoyer des équipes d’observation pour suivre de près l’évolution de la guerre. Le futur de la Ramchourie reste incertain. Certains experts estiment que le conflit pourrait durer encore plusieurs années, voire décennies.Pour l’heure, les factions armées continuent de s’affronter, chacune cherchant à s’imposer comme la nouvelle autorité légitime. Mais au milieu de tous , une chose est certaine : le peuple ramchouris aspire à retrouver la paix.
Posté le : 15 jan. 2025 à 07:48:11
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Avons-nous conscience de ce que la guerre civile a déjà détruit auprès des populations civiles et de ce qu'elle continue à détruire en elles chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde ? Les bruits de la guerre et des mots ne couvrent pas seulement nos mots, ils nous empêchent d'écouter les plaintes, plus que justifiées, de la population à l'encontre de nos chefs, des chefs ennemis et du pouvoir politique général. Notre pays s'enfonce dans une caricature mal écrite d'un pays nazumie, à la croisée des chemins entre un ancien monde où le shogounat affronte l'idéal démocratique dont rêve très certainement l'Organisation des Nations Démocratiques. Si nous tendons l'oreille et que nous écoutons les populations, alors vous verrez que malgré leurs différences sociales et économiques, elles souhaitent pouvoir évoluer dans un cadre dans lequel la guerre n'est plus. Ne disons pas que cela est l'évidence même, parce que cela n'est pas forcément l'évidence pour nos élites et nos stratèges qui continuent les combats malgré les frontières mouvantes. Ces chefs de factions différentes discutent-ils entre eux afin de discuter des termes d'un cessez-le-feu ou d'un traité de paix ? La réponse est non.
Nous ne devons pas infantiliser les populations qui réclament de pouvoir vivre dans un environnement économique sain, alors que le 24 juin 2014, la crise économique a commencé en Ramchourie. Suite à cette crise économique, aucune des factions n'a su exercer une réponse à la crise économique auprès des populations et des entreprises, entraînant une fuite des capitaux et la chute des cours boursiers encore plus bas que ce qui était prévu. Ce ne sont pas les seules conséquences économiques de la crise économique, en outre, diverses pénuries de matière première et de main-d'œuvre sont à signaler dans tout le pays, entraînant un cercle vicieux. La chute de la production pour l'économie civile entraîne une chute des recettes fiscales et ainsi donc l'affaiblissement de l'État. La guerre et la mobilisation nécessaires des hommes et des femmes entraînent une chute de la production civile et peut-être militaire si les capacités de main-d'œuvre ont été dépassées.
Face à l'impossibilité d'une réponse à l'échelle nationale en raison d'un compromis impossible, il est facile de comprendre que la réponse revient à être donnée par les factions. Pour l'instant, aucune réponse n'a été donnée par le Royaume Constitutionnel de Ramchourie et sa classe dirigeante. Pourtant, émettre une réponse est une nécessité si nous voulons gagner les cœurs et les cerveaux des populations civiles. Installons une réponse économique forte à la crise actuelle et si notre réponse est saine tout en permettant de réparer l'économie à notre échelle, alors les médias, les réseaux sociaux, le bouche-à-oreille se chargeront de répandre notre réussite dans le pays entier, sans que nous ayons à dépenser un centime en propagande.
Cette réponse économique, discutons-en ! Alors que la main-d'œuvre manquerait dans certains secteurs de l'économie, il revient à l'État central, tout en permettant aux localités une certaine flexibilité, de décider de quotas de travailleurs, temporairement, dans les secteurs économiques et industriels les plus cruciaux pour l'économie. Il n'est pas nécessaire pour la plupart des métiers d'exercer des études supérieures. Il reviendra aux entreprises d'entreprendre la formation des employés nécessaires qui changeront de secteur d'activité. L'urgence de la situation nous oblige à prendre des décisions difficiles, mais les effets sur le long terme d'une telle décision couplée à d'autres seront bénéfiques pour le Royaume Constitutionnel de Ramchourie. La guerre étant mouvante, les besoins le sont aussi. Il convient que ces quotas seront en réalité des priorisations stratégiques décidées par l'État central. La simplification de l'accès à certains métiers en développant les formations s'accompagne de la simplification des procédures et de la législation concernant les horaires de travail et les changements de postes. De plus, l'encouragement à recruter des personnes retraitées, pouvant travailler sans qu'un risque pour la santé soit possible, doit être réalisé, en accentuant la propagande patriotique et les valeurs que nous défendons.
La création de brigades d'employés mobiles est aussi une des solutions sur lesquelles doit se pencher le Royaume Constitutionnel. En outre, en amont de la protection des sites industriels cruciaux et d'une transformation de l'économie en une économie qui ne compte pas sur l'extraction de matières premières, comme l'or, le charbon et autres, il est nécessaire de développer une économie flexible en tout point. De la flexibilité de l'économie dépendra notre capacité de production civile et militaire et donc de la relance de l'économie civile et du soutien de notre armée au front. Afin d'arrêter avec le développement du troc qui est mortifère pour l'économie de la Ramchourie, le gouvernement doit établir dans les plus brefs délais une banque centrale ainsi qu'une monnaie dans le but de concurrencer celle des autres états, des autres factions. La masse monétaire qui sera développée devra être contrôlée par la banque centrale, qui doit être indépendante du pouvoir politique afin de rassurer les marchés et permettre un retour de la confiance des milieux économiques, afin de contrôler l'hyperinflation qui touche des parties du pays.
Ces mesures ne doivent pas être prises en dépit de la moralité et de l'éthique. Bien au contraire, les salaires doivent suivre le délabrement temporaire, mais nécessaire des conditions de travail. Il est primordial d'émettre par décret ou dans la loi que ces mesures sont temporaires, ainsi, nous devons d'ores et déjà appliquer une limite à ces mesures temporaires. Si nous ne le faisons pas, nos adversaires auront les armes pour émettre une propagande défavorable au Royaume Constitutionnel de Ramchourie. De plus, une telle politique baissera le moral de la population et potentiellement de l'armée au front. Il est nécessaire de donner des garanties à la population, pour qu'elle sache que les mesures économiques prises ne sont que temporaires, en attendant soit la fin de la guerre civile ou alors un compromis entre les factions.
Rassurer la population sur le caractère temporaire des mesures d’urgence, voilà le défi. Dans cette guerre qui s’éternise, où chaque camp justifie les restrictions et les sacrifices au nom de la survie collective, la population ne peut croire à un avenir meilleur, notamment si cette promesse n'est pas appuyée par une vision politique clairement établie par les autorités de la faction, du pays. Hélas, je fais le constat que le projet politique que nous portons n'est pas clair. Mei-Li brandit les concepts de la démocratie et d'égalité des droits et des libertés entre les individus comme des totems pour le Royaume. L'élite politique ne doit pas prendre pour acquis que ces concepts sont définis par tous de la même façon. Les concepts mis en avant, sans plus de détails, sonnent creux et chacun peut mettre ce qu'il lui plaît derrière. Peut-être est-ce le but recherché. Si tel est le cas, alors nous courons à notre perte.
Nous devons développer des organes permettant le débat tant à l'échelle nationale que locale dans les régions les plus sécurisées que nous contrôlons. La guerre ne doit pas enfermer les esprits ni interdire la création de richesses intellectuelles et philosophiques. L'urgence de la situation, même si notre survie est en jeu, ne doit jamais faire oublier l'importance de la pensée humaine. La création de richesses intellectuelles et philosophiques est d'une importance capitale pour permettre les remises en question. Les remises en question sont nécessaires afin que le régime entreprenne les changements nécessaires en cas de guerre. Comme l'appareil militaire, l'État et son fonctionnement doivent sans cesse évoluer pour s'adapter à l'ennemi et à ses actions. Nous ne pouvons rester inertes face à l'action de nos adversaires, seules l'action et la réflexion nous aideront dans cette tempête.
Ces organes doivent permettre le développement de débats autour du régime d'après-guerre que nous voulons pour la Ramchourie. Bien entendu, celui-ci doit être un Royaume constitutionnel. Mais avoir dit cela équivaut à n'avoir rien dit. Ce royaume que nous voulons doit-il donner des pouvoirs politiques et/ou diplomatiques au souverain ? Il est possible que certains soient tentés de répondre par l'affirmative immédiatement, parce que la Royauté est souvent liée à un pouvoir royal fort. Chers amis, calmez-vous et je vous invite à prendre le recul nécessaire. N'oublions pas que le pays, qu'importe qui gagnera ou la fin, sera divisé en plusieurs factions. Un souverain sage utilisera ses pouvoirs afin qu'un équilibre dans les politiques menées soit trouvé. Pourtant, nous avons observé nombre de souverains qui ne respectaient en aucun cas les équilibres et qui enfonçaient le pays dans la crise. Un système dans lequel le souverain représente l'État et le peuple et a donc un droit de veto, limité par session parlementaire, me semble le meilleur des compromis afin de satisfaire le peuple.
Ces débats doivent nous rappeler à chacun et chacune la nécessité d'organiser des élections dans tout le pays, après la guerre civile, pour que le peuple puisse s'exprimer sur la suite qu'il souhaite pour la nation. La nation doit être sacralisée, parce que c'est elle qui nous unit, qui nous lie dans les moments les plus durs. Je suis sûr qu'à travers des steppes, des plaines, en chacun de nous brûle toujours cette flamme ramchoure. Au plus profond de moi, cette flamme ne s'est jamais éteinte parce que tout comme vous, je suis citoyen de cette patrie, bien qu'en ce jour elle soit meurtrie de la plus violente des façons.
Posté le : 18 jan. 2025 à 04:11:31
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Huan Yan-Tsu ne comprend plus les réalités et les raisons intrinsèques de cette guerre que se livrent les factions ramchouriennes. Peut-être que depuis Zangian’h, autrefois cœur politique de notre nation et aussi symbole de la rationalité politique, il est facile d'imaginer un sommet pour la paix réunissant les factions ou au minimum les factions principales et réussir à les faire s'entendre sur des bases communes. Ainsi serait créé un nouveau contrat politique entre les différentes factions. Mais c'est oublier que cette guerre civile est devenue pour les seigneurs de guerre un conflit pour leur survie personnelle. Qui peut croire que les armes tomberont alors qu'ils risquent l'assassinat à tout moment, en venant à Zangian’h ? Qui peut croire que les armes tomberont alors que la guerre est l'un des moyens de redorer les anciennes gloires des stratèges nazumies ? Qui peut croire que les armes tomberont alors que la guerre permet de satisfaire l'ego des plus puissants seigneurs de guerre ? Tout comme mes compatriotes, je suis las de cette guerre, de ces victimes, de ces drames humains, du mal qu'elle fait à la Ramchourie. Bien que las, l'objectivité m'oblige à penser que la guerre ne s'arrêtera pas.
Cette guerre ne peut s'arrêter alors que la faction Tahorintang, dans un communiqué à portée internationale, appelle à l'ingérence étrangère. Je cite : "Ainsi, si je viens aujourd'hui porter ce message, c'est pour vous demander, nations socialistes, communistes, anarchistes ou communalistes, de nous soutenir et nous aider à réunifier notre Ramchourie tristement chaotique. Toutes aides seront bienvenues, que ce soit des vivres, des ressources, des armes ou de l'assistance sur le terrain." Cet appel fait entrer la guerre civile dans une nouvelle phase, un changement de paradigme important pour nous Ramchouriens. En s’adressant directement à des nations étrangères, la faction Tahorintang brise une limite que nous nous étions tous fixée sans nous concerter. La souveraineté nationale n'est pas négociable. Nous n'avons jamais ployé le genou face à une puissance étrangère durant cette guerre civile, parce que nous estimons que notre destin doit être décidé par nous et non par d'autres.
Cet appel est grave, parce que nous ne pensons pas que les nations qui viendront en aide à la faction Tahorintang le feront par pur humanisme ou conviction. Elles le feront pour obtenir des avantages qui remettront chaque jour notre souveraineté nationale en question. Des accords économiques pillant nos terres pour s'accaparer nos ressources minières comme financières. Elles imposeront leur système politique à la Ramchourie, nous enlevant le concept de souveraineté populaire. Pourtant, c'est l'un des principes fondamentaux qui doit gouverner notre monde. Sous l'égide de la reconstruction de la Ramchourie, elles useront des principes colonialistes pour nous soumettre. Ne pensez pas que votre famille et vous-même serez en sécurité. Les contingents étrangers, qu'importe leur nationalité, ne sont guère familiers aux coutumes et à la culture locale. Les crimes commis seront nombreux et les insultes à notre culture seront tout autant nombreuses. Protégez-vous et votre famille face à la noirceur qui envahira notre pays, défiant notre souveraineté au plus profond de notre nation.
Bien que le peuple sache plus que quiconque le coût humain et matériel de la guerre, celui-ci n'acceptera jamais que la Ramchourie, notre grande Ramchourie, ploie le genou face à des nations étrangères. C'est ma conviction, et je crois fermement que c'est aussi celle de la majorité de mes compatriotes. Accepter l'aide de nations étrangères, c'est permettre à des puissances extérieures de dicter notre avenir. C'est abandonner nos droits et nos valeurs pour prendre celles d'autres nations. Nous ne serons plus Ramchourie, nous serons tout simplement, mais sans cette flamme de la Ramchourie qui brûle en nous en tout instant, même dans les moments les plus difficiles, les plus sombres. Voilà ce que ne voit pas le président Huan Yan-Tsu. Son sommet est déjà envahi par les puissances étrangères et, mieux que de vouloir lutter contre elles, il souhaite faire la paix. Le temps n'est pas à la paix. Bien au contraire, il est à l'unité des factions autour du Royaume Constitutionnel de Ramchourie et à la guerre contre la faction de Tahorintang. Après et seulement après viendra le temps de la paix.
Je m'inquiète ! Oui, je le suis, parce que je n'ai vu aucun chef de guerre dénoncer un tel acte, un tel communiqué, faire un appel à l'unité le temps que la menace extérieure soit écartée. Chers compatriotes de toutes les factions, ne pensez pas notre souveraineté, notre indépendance pour un concept, une vérité immuable. Il est faux de penser cela ! Il en va de la responsabilité du Royaume Constitutionnel de Ramchourie de faire cet appel qui manque tant à la Ramchourie pour repousser ceux qui veulent nous mettre sous la coupe de nations étrangères. C'est au Royaume Constitutionnel de Ramchourie de rappeler à toutes les factions et à travers elles tous les citoyens que malgré nos blessures, la Ramchourie reste notre priorité. Nous nous faisons la guerre, mais nous le faisons selon nos conditions. Les conditions que nous avons fixées implicitement ont été rompues par la faction de Tahorintang.
Alors que les conditions ont été rompues, ce silence est inquiétant, gravissime. Si le Royaume Constitutionnel de Ramchourie n'appelle pas à l'unité nationale, qui le fera ? Personne ne le fera et cela m'inquiète ! Et si jamais nous échouons, alors nous aurons essayé de lutter contre les menaces existentielles qui pèsent sur la Ramchourie. Mais pour que cela n'échoue point, nous devons faire des concessions en tant que faction politique. Nous partageons les mêmes valeurs avec la République de Ramchourie et nous avons une frontière avec elle. Ces conditions obligent à la fusion et à l'union pour pouvoir lutter efficacement contre les menaces qui pèsent sur nous. Proposons à la République des négociations pour nous unir sur une base programmatique commune de développement de la démocratie et de l'élimination des discriminations afin de protéger les minorités. Plus que cela, assurons à la République que si elle accepte de se joindre au Royaume, alors le souverain sera uniquement le symbole de notre unité et n'aura pas de pouvoir politique ou alors très peu. Proposons à cette jeune république une démocratie parlementaire pour les rassurer et faire venir à notre cause les républicains les plus ouverts et ceux qui se préoccupent sincèrement de notre souveraineté nationale.
En exerçant un dialogue apaisé dans lequel prime le consensus, nous pourrons ramener à notre cause le Gualintang. Nous devons tenter de construire la plus puissante des factions face au Tahorintang. Si jamais nous y arrivons, cela ne sera qu'une question de temps pour que la diplomatie rallie la Danchourie, l'État de Yei, l'État de Sun, Xa, Zhai, Wuang et Suchian. N'insultons pas ces États qui font partie de la Ramchourie et qui ont tout le droit à la parole et à avoir une influence sur les décisions nationales. Ces décisions nationales, comme précédemment dit, doivent nous amener à court terme à couper le pied aux factions qui veulent ouvrir le pays aux ingérences étrangères et, à moyen long terme, elles doivent nous amener vers le chemin de la paix et de la réconciliation. Ce chemin sera couvert de difficultés et de concessions. Mais la force de nos convictions et notre volonté de paix nous feront vaincre nos ennemis et la guerre quand celle-ci ne sera plus nécessaire.
Peuple de Ramchourie, souvenez-vous que la force populaire est la plus puissante des forces. Couplée à notre détermination, elle est inarrêtable. Alors, entendez mon appel, si ceux qui détiennent le pouvoir refusent de protéger notre nation, c'est à vous, à nous de démontrer à ceux qui nous gouvernent que ce ne sont pas eux qui détiennent la souveraineté de la Ramchourie mais bel et bien ce qui fait son peuple. S'ils refusent ce qui nous revient de droit, alors bloquez les routes, paralysez le pays. Faites de nos actions, de vos manifestations, de vos grèves, ce cri dont la nation Ramchourie a tant besoin pour rappeler au-delà de nos frontières son unité et que son peuple sera toujours là pour rappeler l'essentiel.
Agriculteurs, arrêtez vos récoltes et vos semences, ouvriers, stoppez vos machines et cassez vos outils industriels, financiers, placez l'argent des puissants sur des valeurs nulles, négatives. Que les fonctionnaires ne mettent plus les pieds dans les ministères de vos gouvernements qui ne condamnent pas l'appel du Tahorintang, que les infirmières ne soignent plus les puissants, que les policiers ne protègent plus les puissants. Et si jamais ces puissants qui ne défendent pas la Ramchourie mais leurs intérêts élèvent les armes face à nous, alors nous élèverons la voix et notre cri unitaire parcourra les océans du monde pour atteindre tous les littoraux et avertir des actions de ces puissants. La vague du peuple ne peut être arrêtée par les digues, par quelque obstacle que ce soit. Si nous décidons que le Tahorintang doit arrêter ses appels à l'ingérence étrangère, alors nous gagnerons, soyez-en certains !
Posté le : 18 jan. 2025 à 11:30:55
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Il passait l'ensemble de ses journées autour du Palais de Minh-Aû-Choh, s'éloignant rarement dans les banlieues et moins encore dans la campagne. Homme détestant la ville, il s'y confondait parfaitement quand nécessaire, ne devenant plus que la mission. Il s'affichait fièrement, pavanant dans les rues dans un costume parfaitement taillé, toujours en lin pour supporter les chaleurs de la région et surtout l'humidité. La cravate n'était que rarement nécessaire bien qu'elle permettait selon lui de témoigner ou non de la maîtrise du paraître et lui autorisait alors un jugement ô combien nécessaire sur des personnes aux goûts inférieurs au sein. Mais ici il ne préférait pas se laisser aller à ce genre de pratiques dont il avait grandement abusé dans les terres eurysiennes sous influence tanskienne comme il le disait régulièrement. Les couleurs qu'il portait variaient rarement. La chemise en lin couleur crème qu'il avait pris en plusieurs exemplaires était fréquemment vues autour du Palais, seul le pantalon et les chaussures variaient vraiment. Morel et ses quatre compères logeaient dans un étage d'un hôtel entièrement privatisé pour l'occasion, c'est-à-dire indéfiniment.
Un matin de juillet, alors qu'il préparait sa pipe, un verre de rhum généreusement servit posé sur la table basse de sa suite, un jeune homme entra et, habillé en personnel de l'hôtel, vint déposer une lettre a moitié griffonnée, à moitié dactylographiée sur un coin de table avant de se faire excuser sans demander davantage. Morel ouvrit la note et y découvrit alors l'évolution de ses missions. Tanska allait bientôt négocier avec Caratrad l'autorisation d'utiliser l'aéroport d'Osthaven dans le cadre d'une opération dénommée "Leapfrog". D'Osthaven à Bonh-Zong il y a vingt heures de camions et un passage obligé par Suryagarh, terre zélandienne. Cependant, il n'y a qu'une poignée d'heures d'avions, cinq de jours, six ou sept de nuit en comptant une moyenne de vol aux alentours de cent cinquante kilomètres à l'heure. Moins, si l'on volait plus vite en parlant au couché du soleil. Un tel vol, en engageant au sud d'Osthaven avant de bifurquer à l'est direction le Gualintang permettait d'éviter le survol d'une quelconque autre région de Ramchourie et d'arriver directement en terre favorable. Cela évitait aussi un passage près du Zinjian ou de l'Empire Xin. La note détaillait simplement et brièvement l'opération sans détails. Chaque mois, un appareil effectuerait un saut de Ny-Norja vers la République Faravienne. Dans le même mois, et sans corrélation temporelle, un autre appareil, décollant d'une autre base faravienne, rallierait Osthaven. Enfin, une autre fois dans le mois et uniquement de nuit, un troisième et dernier appareil rallierait Ostaven à Bonh-Zong. Trois sauts, tous décorrélés les uns des autres, aléatoires dans leur survenance, avec en destination finale Bonh-Zong. Un objectif simple, entamer des livraisons d'armements pour permettre au Gualintang de se défendre et de préparer la suite. Aucun équipement lourd, tout au plus quelques mortiers légers et camions. Devait aussi s'ajouter à cela quelques opérateurs sans plus de précision. La note s'achevait par quelques mots qui pour Morel étaient parfaitement clairs "Plus de H, retour au K". En d'autres termes, Tanska n'allait pas opérer comme au Hvitnesland, mais comme au Kolcovo. A sa grande surprise, un paragraphe complet au milieu de la note était entièrement couvert de noir. Même lui n'en voyait que rarement passer. Un seul mot était visible dans ce passage soigneusement noircit par le Service, TMS Kiehtova. La Marine serait aussi de la partie, mais pour quoi faire, il n'en savait rien. Malheureusement pour lui, Morel n'avait jamais pris la peine d'apprendre le nom des bâtiments de la Force d'Auto-Défense Navale. Il relut une seconde fois la lettre puis la brûla entièrement avec une allumette avant de la déverser dans le cendrier. Il ne savait pas si cela commencerait, mais il serait bientôt au courant si elle débutait.
Posté le : 21 jan. 2025 à 01:23:10
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17 Août 2015, 23h30, Nazum, à 200 kilomètres de la ville de Tang'an, 10 000 mètres d'altitude, au-dessus de l'ancienne République populaire du Zhonguai.
Ils étaient hauts dans le ciel et ils y voyaient pas grand-chose à vrai dire. C'était normal, leur départ depuis la base aérienne de Gaduliok avait été programmée à l'avance pour que leur avion de transport atteigne la zone à cet horaire précis, justement où la nuit et l'obscurité bloquent la vision d'un éventuel observateur quelconque. Entre la zone de décollage et la cible de largage, il y avait tout de même près de 10 000 kilomètres de distance et il fallait s'assurer de faire l'aller-retour pour l'aéronef. Heureusement, l'avion de transport (Hotel) ne comptait pas beaucoup de personnes à bord et encore moins une grande quantité de matériel : seulement une dizaine d'hommes et leur équipement individuel (ainsi que du matériel de surveillance, de reconnaissance et de communication soit pas grand-chose). Hotel était donc parti avec un plein complet à 135 000 kilos de carburant dans le réservoir et part à l'est à vitesse de croisière avant d'atteindre la Mer Blême. C'est en plein milieu de celle-ci qu'un des avions ravitailleurs (Charlie One) fut préalablement positionné pour venir à la rencontre d'Hotel après les 4000 premiers kilomètres traversés afin de lui servir environ 42 000 kilos de carburant supplémentaire. Charlie Two, un deuxième avion ravitailleur passera par l'espace aérien de la Transernikse (ce pays ne dispose ni de technologie radar, ni d'aviation, ni même de DCA ; passer au travers sans risquer une crise diplomatique ou même un simple repérage est ici un jeu d'enfant, le pays sera donc usé comme passerelle aérienne pour infiltrer l'intérieur des terres) quelques heures avant Hotel qui, une fois passé par le même trajet que Charlie Two, sera ravitaillé une dernière fois à 2000 kilomètres de sa zone de largage avant de s'élancer directement vers celui-ci. Normalement, si le largage se fait dans les conditions souhaitées, alors Hotel fera demi-tour et deux autres avions ravitailleurs prendront le relais de Charlie One et Two qui rentreront au bercail d'ici là afin de ravitailler dans le sens inverse Hotel jusqu'à Goduliok. Il est à noter qu'après son largage, Hotel doit piquer du nez pour effectuer un virage à 180 degrés dans les plus brefs délais (autant que la portance et la résistance des ailes peuvent le supporter) afin de quitter la zone en mettant à la fois les pleins gaz et surtout en volant désormais à basse altitude (nap-of-the-earth) afin d'utiliser le relief terrestre et surtout la courbure terrestre afin d'échapper à une éventuelle détection radar prolongée issue des côtes ou des stations radars ramchoures potentielles, en notant que pour les besoins du SRR, Hotel a été équipé de systèmes de détection passive spécialement pour la mission (RWR pour détecter les signaux émis par les radars adverses (notamment des chasseurs et des systèmes SAM) et IFR pour détecter les signatures thermiques des aéronefs ou missiles ennemis sans besoin d'émettre un signal) ; vu la faible charge utile nécessaire pour la mission, le SRR pouvait se le permettre.
Une fois vers la zone de largage, il n'était pas bien dur ensuite d'imaginer la suite. Une dizaine d'hommes, membres du SRR et accessoirement tous passés par les rangs de la Force Artémis ou de la Force Weber, seront parachutés au-dessus du territoire désormais anarchique du Zhonguai. De là, le parachutage s'effectue dans le cadre d'un saut HAHO assez classique : l'augmentation du temps de canopée permet aux opérateurs de se déplacer jusqu'à 64 kilomètres du point de largage initial durant leur saut à haute altitude. C'est une méthode très empruntée chez les forces spéciales et mieux encore lors des opérations confidentielles comme celles-ci, où on cherche à la fois la discrétion du déploiement mais également pour éviter à l'aéronef de prendre des risques inutiles en survolant directement la zone concernée qui serait potentiellement hostile, que ce soit de la part d'un Ramchourien qui aurait miraculeusement pu se dégoter un MANPADS dans un pays où on se bat avec des arquebuses, ou d'un pays limitrophe qui souhaiterait limiter le plus possible les ingérences étrangères dans cette poudrière géante qu'est la Ramchourie. Ainsi, le saut HAHO avait été privilégié ici, afin de ne pas mettre en danger Hotel et le précieux matériel estalien qui avait coûté si cher au contribuable.

"Hotel, ici Skywatch, parlez, à vous.
- Skywatch, ici Hotel, je vous reçois, à vous.
- Poursuivez vers la zone de largage Echo, cap 080, altitude niveau de vol 250. Confirmez heure de saut à 03:45 Zulu. Authentifiez code : Bravo Alpha Delta 3-7, à vous.
- Skywatch, ici Hotel, reçu cap 080, niveau de vol 250. Heure de saut confirmée à 03:45 Zulu. Authentification Bravo Alpha Delta 3-7, à vous.
- Hotel, code correct. Maintenez le silence radio après Point Delta. Mission autorisée, terminé"
"Alpha Team, ici Hotel, 20 minutes avant la zone de largage. Confirmez votre préparation, à vous.
- Hotel, ici Alpha Team, reçu 20 minutes. Equipe prête. Demande mise à jour des conditions de vent, à vous.
- Alpha Team, ici Hotel. Vent sur la zone Echo : 15 noeuds nord-nord-est, pas de turbulences majeures. Température -10 degrés Celsius. Conseillons oxygène complet, terminé.
- Hotel, ici Alpha Team. Reçu pour vent et température. Oxygène complet confirmé. En attente du feu vert, terminé."
"Equipage, préparez le saut. 5 minutes avant feu vert.
- Messieurs, vérification finale des équipements. Ouverture des portes dans trois minutes !
- Alpha Team, ici Hotel. Feu vert dans trente secondes, soyez prêts, terminé.
- En position !
- Alpha Team, ici Hotel. Feu vert, feu vert. Exécutez le saut, bonne chance, terminé."
Les dix hommes sautèrent alors dans le vide, le vent était favorable et permettait une allure d'environ 60 km/h aux membres de l'équipe, la tête de file guidant les autres avec sa boussole et son guidage intégré qui lui permettait de se diriger vers la zone d'atterrissage prévue avec une étroite précision, située à environ 50 kilomètres de là. Les dix hommes restent en chute libre pendant près de 50 minutes avant d'enfin approcher la terre ferme. Enfin, ces derniers peuvent déployer leurs parachutes. Non loin de la zone frontalière, parmi tous les endroits que les Estaliens ont pu analyser et observer depuis leur chute, ils se sont coordonnées pour atterrir autour d'une immense rizière locale. De nuit, les paysans qui devaient y cultiver la terre étaient sûrement déjà en train de dormir. Ainsi, c'est sans grande peine que les agents estaliens réussissent à atterrir mais également à rapidement dissimuler leurs parachutes respectifs, emportant leur paquetage et leur armement avant de se regrouper au point Echo. C'est le lieu de rendez-vous.
Quel rendez-vous ? Eh bien les Estaliens n'ont pas décidés de venir comme ça, en absence complète de préparation et sans aucune foutue idée de ce qu'ils font ici. A vrai dire, malgré la complexité de l'environnement régional, les Estaliens qui venaient fraîchement de débarquer savaient dans quoi ils allaient se fourrer, dans une des opérations de détournement idéologique les plus audacieuses perpétrées par le SRR (qui commence à s'habituer à ce genre de mesquineries, disons-le). Pour cela, il fallait une bonne cible et ce n'était donc pas un hasard si les Estaliens s'étaient parachutés sur le territoire d'une des factions ramchouriennes les plus puissantes du Hen, la République Populaire de Ramchourie. Et c'était parmi quelques cellules du RPR que le SRR avait trouvé son filon d'or : un petit groupe, très modeste, d'anciens membres du mouvement du RPR lorsque celui-ci était encore en exil au Zhonguai. Ces hommes et ces femmes étaient les reliquats des partisans de Tuo Meng et des quelques Mochenistes qui peuplaient le mouvement avant que Dai Pô n'organise une effroyable purge au sein de sa faction afin d'y imposer une autorité unique et suprême en Février 2014. Mais comme toutes les purges, celle de Dai Pô laisse des traces, et des traces indélébiles dans l'esprit de l'opposition et de la population locale qui assista à ces massacres. La dictature de Dai Pô n'avait rien de populaire, les habitants du Hen et les Estaliens en étaient parfaitement conscients. Mais c'est souvent dans l'éclosion du socialisme le plus autoritaire qu'il soit que les idées libertaires réussissent le mieux à éclore. En effet, les libertaires jouent ici le rôle d'antagoniste parfait chez les eurycommunistes les plus réactionnaires et autoritaires par l'attirance d'un renversement des structures autoritaires vers un modèle plus décentralisé et autonome, avec l'autogestion entrant en contraste totale avec la centralisation excessive des moyens de production ou la remise en question des autorités coercitives. En somme, il existe mille et une façons d'exploiter l'introduction aux idéaux socialistes, même partiels ou erronés, du pouvoir du RPR afin de faire éclore un mouvement libertaire plus large. C'est pourquoi la RPR est la cible privilégiée du SRR : c'est le terreau fertile parfait pour une révolution, anarchiste évidemment. Mais pour cela, dans un premier temps, les Estaliens savent qu'ils devront avaler des couleuvres avec les daiponistes pour arriver à leurs fins. La cellule qu'ils ont contactés disposent de quelques sympathies dans la faction daiponiste qui subsiste aux côtés du leader suprême de la République Populaire. De cette cellule, les Estaliens pourront non seulement rentrer en contact direct avec le gouvernement du RPR, proposer leur soutien et surtout une aide militaire et clandestine concrète.
Une fois les Estaliens mis à l'abri par leurs camarades opposants, ceux-ci mirent en place une première liste d'intermédiaires souhaitables entre eux et les daiponistes (les Estaliens n'allaient pas certainement pas se présenter comme des fleurs devant la RPR, la prudence restait de mise) afin de proposer des accords conjoints avec les daiponistes (envoi de conseillers militaires, fourniture d'armes, envoi de mercenaires de l'AFRE). Puis dans le même temps, une deuxième liste est mise en place : les dissidents politiques avec qui les Estaliens se sont associés devront récupérer dans les archives régionales (dans un pays en guerre où la principale ville, Tang'an, est encore secouée par les récents combats, cela passera relativement inaperçu) seront récupérées afin de désigner parmi les habitants de la région les proches des exécutés pendant les purges ainsi que tous les membres d'organisations syndicales ou politiques en opposition avec les daiponistes. Le but est donc initialement de se construire un réseau plus large de contacts pour les Estaliens afin de créer dans le dos de la RPR un front anti-daiponiste pour le moment inoffensif et où le SRR se chargera surtout d'acheminer du matériel de communication de haut niveau et quelques agents achetés dans la région afin de diffuser au sein du réseau de contacts les idéaux anarchistes et dans le meilleur des cas, husakiste. Si on en est pas encore là, la méthode estalienne restera la même avec la création de noyaux durs (à travers la propagande ou la corruption) dans les syndicats et les organisations politiques locales afin de prendre le contrôle subtil des organes décisionnaires afin de diriger ensuite par effet de conformisme les membres de ces organisations puis les villages et villes qui y sont reliées au mouvement libertaire, au moins sur le plan des idées. La société civile sera la principale ciblée ici, l'Estalie n'a pas encore la prétention de toucher à la forteresse que doit constituer les armées daiponistes (même si la RPR n'était pas plus différente que les autres factions, son armée est certainement une armée composée de troupes irrégulières mal structurées sans hiérarchie militaire bien établie et manquant d'un commandement unifié, ce qui rend les rébellions internes très fréquentes et rend vulnérable cette armée à la corruption et la mauvaise gestion ; une armée de seigneur de guerre en autre). Et ça, ce n'est que la première étape. Ces dix Estaliens ne sont rien d'autres que ceux qui apporteront la discorde chez les daiponistes, des Cavaliers de l'Apocalypse en quelque sorte mais avant ça, ils mèneront un travail de sape profond dans la société civile tout en maintenant en façade des accords bienveillants avec les daiponistes qui, au-delà de leurs succès initiaux, pourraient être confrontés à tout moment à une contre-attaque de l'Empire du Soleil Levant ou d'une nation étrangère peu enthousiaste à l'idée de l'installation d'une dictature eurycommuniste dans la région. Nos Slaves préférés restent donc modestes, pour l'instant.
Posté le : 28 jan. 2025 à 11:43:03
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Il y a de ça maintenant plusieurs jour, un gigantesque R-10 Maapallomestari en provenance de Faravan éait venu, sans se prévenir trop en avance, apporter le matériel. Il serait le seul appareil du mois de septembre et le prochain ne préviendrait pas non plus de son arrivée plus de quelques heures en avance. Pour les quelques dizaines de mécaniciens et autre, le début de l'opération débutait réellement aujourd'hui. Tous flanqués d'un patch au mouton survolant la mer à dos de dragon sur leur épaule, le même symbole visible sur la carlingue de l'appareil, ils entamaient ici la première rotation.
Celle-ci serait courte, comme toutes les autres. Un vol de plusieurs heures, pas plus haut qu'un gratte-ciel, survolant les vallées, forêts et quelques colline de la région avant d'approcher le Gualintang. L'avion tanguerait, il serait tel un rois mats avec deux ailes usées par les kilomètres mais entretenue comme un enfant qui venait de naître. La région n'était pas d'un calme absolu mais il fallait voler bas pour éviter les inconvénients. Alors on ne prenait pas trop d'altitude, on éteignait le moindre transpondeur, on coupait la radio et l'on se référait au système satellitaire tanskien naissant le moins possible. Bref, on avait emporté un cartographe de l'armée à bord de l'appareil et préparer le trajet minutieusement. Là-bas, à quelques centaines de kilomètres, des hommes recevraient les armements de l'espoir. Un début limité, mais un début quand même. Tanska ne voulait pas aller trop vite ni trop loin trop rapidement. Le moindre camion n'avait pas encore été approuvé à la livraison. Les soldats du Gualintang se contenteraient pour l'instant de fusils, de mitrailleuses et de mortiers. Insuffisant pour gagner une guerre, assez pour ne pas la perdre sans infliger des dommages sur le temps long.
Les formateurs tanskiens prendraient part à un prochain vol. On ne sait pas encore quand, eux non plus ne le savent pas. L'incertitude régnait complètement dans cette opération. Personne ne sait quand le prochain avion arrive ni quand le notre doit partir. Tout n'est transmis que le matin, sans heure précise, par un simple message du Service. Si cela se trouve, eux non plus n'ont pas de calendrier précis et déclenchent cela un matin chaque mois. Un réveil du bon pied, un levé de Soleil agréable qui réchauffe l'âme et un officier de la capitale s'accorde à mettre la vie d'une poignée d'hommes et de femmes en danger à l'autre bout du monde. Après tout, ils ont tous signés pour. Il faut dire que la prime qui leur est offerte pour faire 6 rotations est particulièrement conséquente. Elle surpasse même celle des soldats de Konstantinopolis désormais rentrés au bercail.
Posté le : 18 mars 2025 à 20:10:22
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Nous, qui sommes les dépositaires de l'autorité de la Grande République par votre biais, Conseil des dix de la Grande République, détenteurs de l'autorité qui vous est confiée par le Sénat, le Conseil Communal et Dame Fortune, adressons à vous les documents suivants, indiquant une marche à suivre et des recommandations concernant les sujets suivants:
- Crise Ramchoure.
- Situation générale du Nazum
Il convient de dire que ces dossiers sont relativement peu prioritaires, aussi ces préconisations d'opérations ne sont à considérer que dans l'éventualité du développement des moyens alloués à la Segreda.
Ramchourie:
Depuis deux ans, ce pays du Nazum oriental est empêtré dans une querelle de factions sans fin, opposant des dizaines de factions, clans et autres gouvernements locaux. Les tenants et les aboutissants de cette situation ne sont pas intégralement appréhendés, et nous identifions là un bourbier potentiel pour qui voudrait s'y mêler. Au vu de la pauvreté relative du pays, du manque de potentiel économique que celui-ci constitue et de sa situation géographique relativement peu problématique, nous préconisons de nous intéresser à cette affaire que celle-ci devient un impératif à l'avenir. Nous n'avons en effet que peu à y gagner quelque soit la faction sortant gagnante de cette guerre civile.
CEPENDANT. Il convient de dire que nous avons prit note de diverses activités de puissances étrangères qui entendent établir en un régime fantoche un relais d'autorité régionale. En premier lieu, et de manière surprenante, le Zinjan y aurait développé des intérêts vis à vis de l'un de ces micros-états. Nul doute qu'au vu des intérêts que le Zinjan y entretient, cela pourrait constituer un obstacle à plus ou moins long terme en cas de confrontation. Aussi, nous devons considérer des options crédibles dans le cas où ces projets barbares se concrétiseraient.
Nous n'avons que peu d'options crédibles, il est vrai: la Ramchourie est peuplée de seigneurs de guerre dont le règne est potentiellement très court, et il y a peu de fondations bien bâties dans leurs régimes. Pourtant, nous devons également nous abstenir de toute intervention pour les raisons évoquées plus tôt. Les chances de se retrouver bloquer dans un embarras militaire ou diplomatique sont réelles, et bien trop grandes au vu du peu de gain potentiel. Ce faisant, il nous faut nous tourner vers le partenaire local étant le plus susceptible de s'avérer fiable. Nous pouvons affirmer que nous ne disposons pas d'un choix très garni, ou même qualitatif, à l'exception d'un exemple vers lequel j'entends diriger ces excellences du Sénat. En effet, outre la Jashuria, qui est une grande puissance peu malléable, nous avons à disposition la puissance des Xin, qui demeure endormie pour le moment, mais qui pourrait constituer une cible d’intérêt dans la création d'un bloc d'influence au nazum central..
Les Xin incarnent le client parfait: il s'agit d'une puissance locale dont l'ancrage est historique, et l'influence reconnue par une grande partie des nazumi. Le gouvernement y est profondément conservateur et stable, malgré la jeunesse de sa tête de proue (nous supposons que l'empereur est de toute manière "aimablement" guidé par des conseillers y exerçant le pouvoir réel), le pays est directement frontalier de la Ramchourie et partage avec celui-ci une frontière commune permettant de facilement projeter une force importante. Ces derniers sont également guidés par un désir d'autonomie stratégique qui nous est salutaire dans ce contexte. Le concours des Xin serait lui aussi d'une grande aide dans la mesure où cette capacité de projection pourrait dispenser la Grande République d'intervenir directement dans ce que nous pouvons nommer justement un "fatras monumental". En effet, il est nullement dans notre intérêt, au vu du peu d'importance stratégique de la Ramchourie, d'y consacrer des ressources importantes. Aussi, nous prions à nos agents sur place d'improviser avec leurs propres moyens. Ce plan "Xin " contient aussi un avantage majeur de n'impliquer à aucun moment une présence réelle velsnienne dans l'opération, ce qui évitera sans nul doute un refroidissement de relations avec le Jashuria. En aucun cas il n'est envisageable de porter atteinte à la prédominance que la Jashuria s'applique à lui-même dans les affaires nazumi: les nazumi se doivent de régler leurs problèmes entre eux avec l'interférence la moins visible possible de notre part. Tout mouvement de troupe, qu'il soit naval ou terrestre nous impliquant pourrait potentiellement être vu comme un affront. Aussi, si les Xin sont à la manœuvre, et si nous parvenons à activer notre réseau diplomatique auprès du Jashuria dans le même temps, peut-être pourront nous tirer de cette crise ramchoure un bilan inespéré au vu de nos faibles moyens d'action dans la région.
Pour le moment, nous disposons déjà de deux agents à la cour des Xin, ce qui augure un partenariat durable, puisque l'un de ces agents s'est déjà hissé au rang de conseillère de l'empereur, une parmi tant d'autres certes, mais qui nous assure de notre présence dans ce pays. Notre objectif est simple: pousser l'empereur des Xin à l'intervention, et si cette proposition est acceptée, rendre aux Xin une aide stratégique et matérielle, dans la mesure de nos possibilités (voir la nécessité de mener une opération avec des moyens limités plus haut). Si la Ramchourie devenait une "marche" Xin comme elle l'a pu l'être par le passé (cette justification historique a renforcé notre opinion), nous pourrions ultérieurement bénéficier de leur part d'avantages commerciaux non négligeables, et qui plus est exclusifs à notre nation.
Bien entendu, il faut prendre compte du fait que la population ramchoure n'acceptera pas facilement une suzeraineté xin directe au vu du passif entre ces deux populations. Il est donc nécessaire de conserver l'existence d'un pouvoir ramchoure distinct et en théorie indépendant. La liste est courte, mais nous pouvons dégager des tendances d'après les critères recherchés:
- Un dirigeant déjà rompu à l'exercice du pouvoir et habitué aux affaires de l'administration.
- Un dirigeant malléable et dénué de la moindre ambition.
- Un dirigeant de tendance conservatrice.
Ces trois critères réduisent nos possibilités à une seule personne actuellement en activité en Ramchourie: l'eunuque Beifon (que nos agents sur place identifient sous le nom de code "Bouffon"). Sa faiblesse de caractère pourrait nous être dans une grande utilité dans l'acceptation de son statut de vassal des Xin. Bémol: ce dernier a réussi l'exploit de subir un exil de sa propre cour de la part de ses généraux. Aussi, la première chose à faire en cas d'intervention des Xin serait d'écraser ces derniers et de restaurer une forme d'autorité au sein de cette faction avant de préparer la réunification du pays. Beifon ne serait à partir de là qu'un prête nom et l'autorité réelle sur le dispositif de campagne reviendrait aux généraux xin et moritoniens. Dans le cas de la mort prématurée de Beifon, nous pourrions également nous rabattre sur un autre de ses généraux rétifs, mais il semblerait que ces personnages aient un caractère beaucoup moins docile. Une alternative à l'écrasement des seigneurs de guerre rebelles pourrait résider dans l’appât du gain et la corruption, qui nous permettrait de les garder sous le coude en guise de secours.
Heureusement pour nous, les Xin ne sont pas la seule force sur laquelle nous pourrons peut-être nous reposer. En effet l'Empire Xin s'appuyait autrefois sur un réseau dont les liens féodaux vassaliques étaient particulièrement fort. Il se trouve que celui-ci est encore existant dans certains pays dont les positions sont même concordantes avec celles de notre cité sur la scène internationale, parmi lesquels nous pourrons nous reposer sur le Khanat de Moritonie. En effet, en cas de guerre entre les Xin et un ennemi extérieur, ceux-ci pourraient être potentiellement tenu par les liens de la vassalité, en tant qu'ancienne marche de l'Empire des Xin. Le problème étant toutefois qu'il s'agira de transporter ces troupes éventuelles sur le théâtre des opérations. Après consultation de divers gradés de la Marineria et de la Garde de Velsna, nous sommes arrivés à la conclusion que la voie maritime est à exclure. En effet, notre objectif est de minimiser au maximum toute implication directe de la Grande République au Nazum. Aussi, le déplacement de toute une flotte n'est pas chose aisée à dissimuler pour la totalité des acteurs locaux, et il ne faut pas oublier que le Wanmiri entretient une flotte notable dans la mer des perles, que nous pourrions en théorie détruire relativement aisément en cas d'oposition, mais qui provoquerait un tollé international, et une réprobation catégorique, à la fois du Grand Kah et de l'OND. Qui plus est, nous n'avons en aucun cas le désir d'une confrontation avec une nation supplémentaire, qui mettrait en danger d'autres relations et intérêts de Velsna. La voie aérienne semble donc la plus probable et la moins dommageable à nos intérêts, le moyen qui rendrait notre implication la moins appuyée et acceptable de la part du Jashuria. Un couloir aérien se devra d'être sécurisé au cœur du contient nazumi entre la Moritonie et le territoire ramchoure, et l'établissement de la tête de Pont se devra d'être des plus rapides. Il est déconseillé de faire parvenir directement l'armée ramchoure sur le territoire xin, puisque cela soulèverait trois problèmes: survoler l'espace aérien ramchoure d'ouest en est, violer l'espace aérien d'un pays tiers et devoir se rapprocher du Jashuria qui possède une emprise indéniable sur la partie orientale du continent, que nous supposons plus ténue dans les régions du détroit et du nord-Nazum.
Nous ignorons à l'heure actuelle les chances réel de succès de cette opération potentielle, mais après avoir comparer toutes les possibilités, nous sommes venu à la conclusion qu'il s'agissait là de la seule manière de tirer un profit de la guerre civile ramchoure, ou du moins de le maximiser. Il convient toute fois de rappeler que les professions de foi de ce type seront sans effet sans prendre compte des forces existantes de nos alliés potentiels. Il va sans dire que nous aurons à nous reposer, en absence de nos forces propres, sur une armée relativement hétéroclite et au matériel à la qualité bien en deçà que ce à quoi nous sommes habitués en Eurysie. D'entrée de jeu, nous pouvons affirmer que l'armée Xin est logistiquement incapable d'organiser une offensive à grande échelle rapide. Nous estimons que l'armée xin, passée les quelques dizaines de kilomètres en territoire ramchoure, progressera de plus en plus péniblement, et que malgré une supériorité numérique écrasante, la soumission du territoire sera couteuse. L'armée est lente, mal équipée et non motorisée. Elle nécessitera donc les conseils avisés d'experts militaires dont nous devrons assurer la présence auprès de l'empereur, afin de limiter la casse. Nous estimons que l'armée Xin est en capacité d'équiper un peu moins de 200 000 hommes, mais il est probable que l'offensive en nécessitera moins. Pour ce qui est de l'entretien, inutile de dire que l'armée Xin est probablement incapable de subvenir à ses besoins propres. Dans l'idéal, des dons de capitaux pourraient atténuer ce phénomène par la construction rapide d'un complexe militaro industriel, mais cette tâche pourrait être couteuse en temps. Cette option est donc très conditionnelle.
Pour suppléer le manque de mobilité flagrant des xin, nous devrons nous reposer presque entièrement sur les éléments moritoniens de cette potentielle coalition, mais dont l'équipement est tout aussi rudimentaire. Nous pensons toutefois que la vue d'une charge de cavaliers pourrait avoir des effets sur le moral des locaux. Nous pensons que ces unités pourraient potentiellement servir dans des tâches subalternes d'éclaireurs, et de contrôle du territoire une fois celui-ci sécurisé. Mais au vu des besoins de l'armée Xin, il est probable que nous devrons également les employer au combat.
Situation générale au Nazum:
Afin de maximiser les chances de réussite d'une telle opération, il est nécessaire de prendre en compte l'intégralité du contexte nazumi. Aucune hypothèse ne doit être laissée de côté, aucun acteur politique de la région ne doit être sous-estimé. Pour ce faire, nous pensons que la subversion et la diplomatie sera notre outil le plus important dans la perturbation à toute force pouvant potentiellement s'opposer à la mise en place de ce plan. Nous pensons qu'il est tout à fait possible de rallier le Jashuria par la diplomatie, si nous prenons en compte leurs objectifs actuels, bien entendu. Récemment, il paraît évidemment que l'influence du Jashuria sur la scène régionale semble être de plus en plus contestée par des acteurs externes au Nazum, et nous sommes par ailleurs étonnés de leur relative passivité, malgré quelques prises de parole allant dans ce sens, au Wanmiri notamment. Le Wanmiri, qui était jusqu'à présent étroitement associé à sa politique étrangère, paraît s'en affranchir de plus en plus, en témoigne les rapprochements successifs avec le Grand Kah et l'OND. En dehors du Wanmiri, nous devrons également considérer les relations entretenues avec le Sud-Kazum, qui nous sont cordiales au jugé. Un rapprochement avec les pays turciques du Nazum occidental est tout autant recommandé. Enfin, le concours de Fortuna, très présente dans la région et allié du Jashuria, pourrait nous être utile.
Dans le même temps, le plus grand adversaire auquel nous devrons faire face seront certainement les renseignements du Zinjian, dont nous ignorons toutefois pour le moment les capacités réelles. Ceux ci, dans tous les cas, devront être neutralisés d'une manière ou d'une autre dans le cadre de leur action en Ramchourie. Dans la situation actuelle, nous bénéficions d'un certain nombre de cartes que nous pourrions jouer au moment opportun. Plutôt qu'entrer dans une logique de confrontation directe et peu fructueuse en Ramchourie avec leurs services, nous avons à notre sens, les moyens nécessaires de détourner l'attention de ces services en nous appuyant sur les réseaux déjà en place dans le nreste du Nazum, comme au Wanmiri. Semer l'agitation dans d'autres pays du Nazum nous praît relativement aisé au vu de la situation sociale explosive de beaucoup de ces pays. De plus, dans le cadre de l'accord nous liant au Kah concernant le partage d'informations des renseignements au Nazum, nous pourrions bénéficier d'un soutien supplémentaire qui ne sera pas de trop.
Résumé des opérations préconisées:
Pour le besoin de cette mission, nous avons pris la liberté de proposer un découpage de nos actions en trois opérations distinctes, chacune étant sous la responsabilité d'une équipe autonome. Il est indispensable de compartimenter l'information afin que toute fuite ne soit pas considérée comme mettant en danger ou en échec le reste du réseau. Nous diviserons ainsi nos agents dans ces trois secteurs, et nous assurerons d'être leurs seuls intermédiaires, et que ces derniers ne soient pas au fait des activités de leurs compères. L'organisation en cours de construction se répartit comme suit:
- Opération "loutre cendrée" (missions de préparation):
. Mise en relation avec la cour des Xin et pressing diplomatique appelant à une intervention de leur part en Ramchourie par le biais de nos agents déjà sur place à la cour impériale.
. Mise en relation avec le Khanat de Moritonie, idem.
. Mise en relation avec Beifon 'nom de code: "Bouffon".
. Proposition de modernisation et "velsnianisation" de l'armée xin, avec la venue d'experts militaires velsniens (livraison de matériel optionnelle et réduite dans la mesure du possible, peu de moyens disponibles).
- Opération "loutre de rivière" (missions de soutien):
. Mise en relation avec le Jashuria. Tentative de ralliement ou de corruption en échange d'avantages.
. Opérations d'agitation au Zinjian et en Ramchourie
. Missions de contre espionnage à prévoir en cas de soutien extérieur.
- Opération "loutre géante" (missions d’exécution)
. Transport aérien des troupes moritoniennes en Ramchourie et établissement d'une tête de pont.
. Missions de soutien à l'armée Xin, et neutralisation des ennemis internes après invasion.
NB: Nous aurons certainement besoin de couvertures diverses et variées, et d'agents déjà sur place, de préférence acteurs de l'économie ou de la vie publique locale. Le Wanmiri attirant par exemple un certain nombre d'investisseurs depuis peu par le biais de plusieurs plans de subvention et d'aide extérieure, ce serait là un bon début de couverture. Il se trouve que nous avons déjà l'homme de la situation pour cette partie de la mission, en la personne d'un homme d'affaires excentrique originaire de Fujiwa, et dont son exil du régime en place constitue une bonne couverture. Rush vidéo ci-joint (trouvée sur les réseaux sociaux):
Posté le : 19 mars 2025 à 18:21:24
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Depuis quelques temps, des pamphlets des plus virulents circulent dans une large partie du pays;, rédigés la plupart du temps, dans des dialectes locaux du ramchoure et déclamés par des crieurs devant des groupes de paysans et d’illettrés. Les textes sont d'ailleurs bien souvent davantage une succession de notes que les messagers mémorisent, avant d'en ressortir une version des plus personnelles, chacune différente selon l'endroit et l'enjeu des populations locales. Aujourd'hui, ce 7 février, un jeune homme s'avança sur une estrade, au devant de ces cultivateurs venus vendre leur grain dans les grands marchés de la ville de Zangian'h...
"Pleurez. Pleurez avec moi mes frères ! Mettez vous à genoux et priez avec moi ! Car les esprits...oui, ce sont les esprits qui infligent leur châtiment au pays des ramchoures ! La guerre, le pillage, la famine, les récoltes sacrifiées pour les soudards, la maladie... oui, tout cela, les esprits nous l'infligent. Non pas parce qu'ils nous haussent, non pas parce qu'ils nous disent de les craindre. Ils nous parlent par le malheur, ils nous avertissent à chaque vache sous alimentée s'effondrant dans son pâturage, car même pour elles il n'y a plus rien à manger. Ils nous hurlent dessus à plein poumon à chaque fois que nos enfants se plaignent dans les bras de nos épouses, car nous ne leur ramenons rien le soir du travail. Ils nous supplient de cesser de regarder nos chaussures, et nous enjoignent de tourner nos têtes vers le ciel, vers eux.
C'est comme cela que j'ai pu m'adresser à mon grand père, et c'est pour cela que je suis devant vous aujourd'hui, à ne pas crier au loup mais à vous révéler ses vérités, ce qu'il m'a dit lorsque le soleil me tapait sur le crane, dans mon champ, alors que j'enfonçais l’arrière dans le sol qu'il m'a légué, dans la terre qui nous appartient. J'ai senti ses larmes couler sur moi, alors qu'il faisait tomber la pluie à grosses gouttes, en dehors des temps de la mousson, comme pour me rappeler que cela ne servait en rien de continuer à cultiver et espérer que les feuilles poussent si nous ne respections pas son esprit.
Il m'a dit: "Mon fils. Le sang de mon sang, celui-là même qui irrigue cette terre. Pourquoi ne fais tu rien ? Pourquoi tu fais tu comme si les problèmes de ton pays n'étaient pas les tiens ? Cesse donc de remuer ma terre, et rends toi compte de ce que l'on veut te prendre. A quoi cela sert t-il encore de labourer dans un pays en ruine ? Regarde autour de toi, et dis moi à quoi ressemble ta patrie. Que vois tu ? Ne te rends pas tu comptes que ces gens sont en train de détruire la nation des ramchoures ?"
Alors sur ces mots, je lui ais répondu sur mes genoux: "Dis moi, père de mon père. Dis moi ce que je ne sais pas, montre moi ce je ne vois pas ! Mes cultures s'assèchent, mes fruits meurent, mon ventre crie à la famine, mes yeux se ferment tous seuls, mon enfant me supplie... J'ignore la cause de mes malheurs, alors révèle la moi. Montre moi !"
"Oui, fils de mon fils, je vais te la montrer, à toi, et tu t'empresseras d'en faire de même devant tous les fils de Ramchourie. Penche ton oreille à mes lèvres, chair de ma chair. Tout va mal, fils, tout va de mal en pis parce que nous avons délaissé nos traditions, parce que nous avons oublié ce qui faisait notre force, et cette force résidait dans les coutumes que nous nous fixions, et les règles auxquelles sont étions liés. Nous les ramchoures, ne pouvons pas prospérer sous tous les gouvernements. Nous les ramchoures, devons être guidés par nos lois ancestrales, et pas celles issues d'autres continents, et d'autres contrées. Penche toi mon fils, car je vais te révéler la liste des malheurs que nous ont transmis les étrangers, toutes ces idées qui doivent disparaître de la surface de notre pays.
En premier, il y eu la division et le désordre. Nous étions gouvernés par la bonne action et la bonne pensée. Tel était le crédo inspiré par nos gouvernants de la Seigneurie élective, qui veillait sur nous, qui s'occupait de nous, qui nous traitaient comme un parent traite son enfant. C'était là notre place à nous, les cultivateurs, la place de la sécurité garantie par les détenteurs du Mandat céleste. Ceux qui cultivent, ceux qui prient, ceux qui protègent. L'équilibre parfait pour tous les ramchoures. Et à la tête de cette cour bénie par les esprits, il y avait le grand et l'illustre Bei Fon, 9ème seigneur de guerre de la Ramchourie. Notre prince et seigneur. Qui nous gouvernait de la meilleure des façons, qui nous contentait de mille manières. Ce ne fut qu'après que la folie fut commencée, et que la graine de la scission et du meurtre fut instillée par ses serviteurs. Maudit soit Dong Ban pour avoir rempli cet office ! Maudits soient ses desseins putrides, car ce sont eux qui ont condamné la Seigneurie élective et nous ont jeté dans les bras du pire. Maudites soient les scissions des seigneurs de guerre de par le pays, qui ont cru bon s'exiler le seigneur des seigneurs ! Mon fils, ce qui est arrivé à Zangian'h est entièrement de sa faute, car Bei Fon aurait largement rempli cet office. Si Bei Fon avait été là, nul doute que Cao Tao aurait tenu bon et aurait repousser les barbares !
Et c'est ainsi que nous avons dû essuyer la deuxième de nos plaies: l'avènement du régime impie de la République Ramchoure. Des parvenus et des gens qui ont brisé le contrat céleste qui liait le paysan à la terre, et qui liait la terre à son seigneur, des gens qui ont cru bon de s'inspirer des pires idées de l'étranger pour gouverner la terre que les esprits nous ont légué !"
Regardez autour de vous mes frères: depuis que ces gens sont au pouvoir, vos récoltes vont-elles mieux ? Depuis qu'ils sont au pouvoir, vous sentez vous plus en sureté ? A t-on arrêté de vous assassiner dans vos champs ? Non ! Alors levez les yeux vers les hommes au pouvoir et cessez de leur obéir, cessez de leur livrer votre grain, jusqu'à ce qu'ils consentent à nous ramener Bei Fon ! Le seigneur des seigneur ! Mais ce ne sont pas les seuls mots que l'esprit des pères de mes pères m'ont dit, car il y a bien d'autres malheurs dont notre gouvernement est incapable de nous protéger, ceux portés par les étrangers et leurs vils projets !
Le père de mon mère m'a ainsi révélé ceci : "Méfie toi, chair de ma chair, méfie toi de toutes ces idées de l'étranger, que l'on appelle "Communisme", que l'on appelle "Libéralisme", car ce seront la cause de malheurs bien plus grands contre lesquels seul Bei Fon peut nous protéger ! Méfie toi de cette "République populaire" qui assassine à tour de bras tous ceux qui ne sont pas de leur avis, méfie toi de ces soi disant gardiens de l'égalité, qui soit en rupture avec l'entierté de l'ordre naturel des choses !
Mais si les communistes étaient notre seul problème, mon fils, nous serions les plus heureux des hommes. Non...regarde ce qui s'amasse aussi à nos portes: les partisans du commerce, ceux qui veulent ravager nos terres, tout voler, nous manger, tout casser ! Eux, les "libéraux", ce sont trouvé un autre cheval en la personne de cette traînée de Mei-Li ! Cette "femme-homme", qui sans nul doute n'est pas étrangère à la mort de son mari. Celle là a rejoint le parti de la trahison, aidés par une bande d’intrigants se servant de sa légitimité pour livrer le pays aux hordes étrangères. Eux appellent cela une constitution, eux appellent cela le "commerce", mais nous mon fils, nous appelons cela la trahison ! Bientôt, mon fils, tu verras les étrangers déverser leurs marchandises dans nos ports, nous ruiner un par un, car ce qu'ils apporteront sera moins cher que nous ce que tu ne pourras jamais vendre. Eux, mon fils, eux ont sacrifié le pays et les traditions sur l'autel du profit.
Voilà donc mon fils, quand tu lèves les yeux de ta charrue, ce que tu dois voir. Voilà donc mon fils, l'état de notre patrie déchirée par l'avarice, la fourberie et la méchanceté. Mais mon fils, vois tu, il y a un espoir, car dans l'avenir j'ai lu quelque chose que tu pourras dire à notre peuple. J'ai vu une autre route, bien plus prospère, une route ensoleillée qui fera à nouveau pousser le grain dans notre champ. J'ai vu le seul véritable drapeau de la Ramchourie, celui de notre seigneurie élective, être relevé de la boue, et être portée par des hordes de cavaliers venus de l'ouest. J'ai vu notre drapeau être relevé de la fange, par des armées de spectres scintillants venus de l'ouest. Et j'ai vu l'endroit où ces deux armées se rallieraient pour relever l'honneur de notre patrie. Ce sera dans ton champ, mon fils. Et ces deux hordes, toutes deux, te redonneront ces drapeaux qui sont les seuls que tu dois porter. J'ai vu le soleil se lever à deux endroits en même temps, mon fils. Et ces deux astres seront si brillants qu'ils feront fleurir à nouveau les près où viennent manger nos troupeaux, qu'ils feront repousser le blé et l'orge, qu'ils aveugleront nos ennemis que les étrangers alimentent par des machines infernales."
Ainsi fut la parole des pères de mes pères, mes frères cultivateurs. Ainsi est la prophétie que je viens vous annoncer. Sauvez la Ramchourie, chassez les étrangers ! Sauvez la Ramchourie, chassez les étrangers ! Sauvez la Ramchourie, chassez les étrangers ! Et acceuillez le retour prochain de Bei Fon et de ses armées célestes.
Le petit attroupement de paysans répète alors les paroles de l'orateur improvisé encore et encore, alors que celui-ci descend de son estrade. On le prend dans les bras, lui caresse le visage, l'embrasse et s'inclinent devant lui. Il s'extirpe des éteintes tant bien que mal, non sans saluer la foule une dernière fois dans son passage, et s'enfonce dans une ruelle sombre, en contrebas de la place du marché. Une silhouette encapuchoinnée l'y attend, et à son arrivée, lui adresse une bourse pleine d'argent, et ces quelques mots dans un ramchoure parfait: "Voilà pour ta peine, jeune homme".

