
La psychologue antarienne ayant communiqué ses résultats à la presse se nomme Mathilde Roma et vit en Akaltie depuis qu’elle est adulte. Ses études ont cependant été faites dans les universités de son pays natal, ce qui fait que nous n’avons pas eu accès à beaucoup d’information à ce propos.
Elle travaille actuellement à l’université de médecine de Lahunkal, et ses collègues sakkins et akaltiens, que nous avons pu interviewer, paraissaient pour la plupart réellement choqués de sa dernière thèse.
« Jusqu’à présent, c’était une collègue très sérieuse. Ses travaux étaient tout ce qu’il y a de plus rigoureusement scientifique, et elle restait même souvent tard dans les locaux pour terminer de rédiger un article supplémentaire ou je ne sais quoi d’autre pour ses recherches. Mais dernièrement, elle a commencé à se comporter bizarrement. Je supposais que cela avait à voir avec la mort de sa mère il y a quelques semaines, qu’elle ne s’en remettait vraiment pas, mais je pense maintenant qu’il y a quelque chose de plus grave derrière ce changement d’attitude. Mais j’en ai déjà beaucoup dit sur sa vie privée, et je préfère ne pas m’avancer plus pour ne pas commencer à tenir des propos diffamatoires, encore moins à propos d’une amie. »
Après ces premières nouvelles quelques peu encourageantes sur la capacité de discernement actuelle dont peut faire preuve Mme Roma, la suivante enterre définitivement la crédibilité de cette étude, basée sur des statistiques.
En effet, ces statistiques réalisées par un institut antarien dans la bande de Lahunkal sont, pour tout œil connaissant un minimum l’Akaltie, complètement irréalistes.
Pour commencer, elles ne portent que sur un tout petit nombre des habitants de la région : quelques milliers seulement, et visiblement moins de dix-milles à coup sûr. Il saute immédiatement aux yeux que la population de la bande est bien plus grande, puisque Lahunkal à elle seule a dépassé les deux-cents-dix-mille habitants il y a déjà quelques années.
Ensuite, il paraît clair que l’institut n’a pas tenu compte des proportions des classes d’âges, classes sociales, et cætera dans la population puisque rien ne va : l’inoffensive entreprise antarienne Bluefox figure comme une menace pour plusieurs centaines de personnes tandis que la crainte d’une invasion (par la Costa Sueñoleja bien entendu) est bien trop basse parmi les interrogés. Tout le monde en Terre-de-l’autre-côté-du-Détroit sait parfaitement que le pays avec lequel nous partageons la plus grande frontière n’attend qu’un prétexte pour reprendre ses terres.
Les sondages ont été refaits par nos soins, et voici ce qu’ils donnent en respectant les méthodes conventionnelles :
Également présent dans les activités étrangères antariennes.