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Activités étrangères en République d'Achos - Page 2

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Quotidia, Journal généraliste des gens de l'excellence a écrit : Victoria Cavali, 12 décembre 2015


Velsniens en Achosie du Sud: les cités disparues d'Achosie du sud, et l'avènement de la culture du misérabilisme et du reproche dans les nouvelles élites achosophones.


Souvent, on a tendance à évoquer l'Achosie en ces termes: une terre froide, peuplée d'individus malpolis et souvent dotés d'une hygiène peu recommandable pour l’intérêt public. Cela, c'est le stéréotype du commun colporté au fil du temps de ça et de là par des gens de plus ou moins bonne foi. Que cela soit vrai ou faux importe peu, mais cela a le mérite de poser le cadre de l'image que l'on a de ces contrées: à tort, on suppose que dans ces latitudes, la culture n'existe pas. Connaissez vous une littérature achosienne ? Avez vous déjà entendu dire par un ami un peu cultivé et amateur de belles images: "ça te dit un p'tit ciné ? Un très bon film d'auteur achosien vient de sortir ?". Votre compagne ou compagnon vous a déjà t-il dit "Chéri(e), je suis crevé ce soir, pourquoi on se commanderait pas un traiteur achosien ?". Bien sûr que nous. Sûr, vous trouverez sans doute des gens, parfois des étudiants en échange scolaire, pour vous dire que vous vous trompez, qu'on ne peut pas résumer Achos à cela. Et sur ce point je suis d'accord: le lancer de buches est un sport tout à fait drôle quand on apprend à le connaître, qu'on se le dise, et je dis cela sans ironie ou moquerie mal placée.

Mais il y a un contraste à dresser: depuis la décolonisation il y a trois siècles, il existe "deux Achosie", deux mondes diamétralement séparés et opposés. Pourquoi ne pas nous adonner à un petit exercice de comparaison. A quel point ces deux pays ont-ils divergé l'un de l'autre depuis la séparation. Après tout, il n'y a qu'un fleuve qui sépare nos deux entités. Le climat est similaire, la qualité des sols est similaire, aussi on part d'office avec une économie agraire relativement pauvre des deux côtés du manche, et une contrainte à considérer la pisciculture comme la ressource primaire principale. Nous partons donc de loin dans les deux cas. A quoi ressemble l'Achosie au lendemain de l'indépendance ? C'est là, je pense, la question par laquelle il nous faut passer pour ce petit exercice. Au XVIIIème siècle, l'Achosie, du nord, comme du sud, sont des contrées ayant un profond retard économique, que l'on attribue avant tout, il est vrai, aux propriétaires terriens locaux qui ont mal géré le virage du mercantilisme au lendemain des grandes découvertes. Nous avons une société stratifiée foncièrement attachée à la terre comme principal moyen de production de valeur et de richesse. Les strombolains, du nom que l'on donne aux velsniens installés là bas, ne sont pas étrangers à cette réticence, de même que les achosiens, qui du reste, ne voient pas une grande différence entre la manière dont les strombolains gouvernement comparé à eux.

Du point de vue démographique et culturel, qu'en est-il en cette fin du XVIIème siècle ? A quoi ressemble Achos à cette époque ? Si du point de vue économique, on part avec deux chevaux boiteux, il en est tout autrement sur ce plan là. Achos est au vu de l'état de ses ressources agricoles, une contrée extrêmement peuplée à cette époque. On y compte à peu de choses près une population similaire à la plaine velsnienne à la même période. Mais il convient de noter des disparités relativement importantes suivant les régions. Ainsi, le territoire de l'actuelle Achosie du nord a toujours été moins peuplé que l'actuelle République d'Achos, dans un ordre de grandeur allant sur du 8 contre 1 au minimum. Aujourd'hui, le territoire de la République compte dans les 7,4 millions d'habitants, dont une très grande majorité vivent sur son territoire celtique. Quant à l'Achosie du Nord, elle n'en compte encore aujourd'hui que 300 000 à 400 000 suivant les derniers recensements électoraux.

Du point de vue de la culture, là encore, la situation au lendemain immédiat de l'indépendance du sud est similaire des deux côtés de la frontière. Nous avons là affaire au cas classique de deux cultures et deux populations contraintes de vivre ensemble par une situation géopolitique qui les dépassent, et qui est l'héritage d'un long conflit meurtrier ayant éclaté bien des siècles auparavant. Les deux populations sont réparties sur le territoire d'une manière plus ou moins homogène suivant l'endroit, mais là encore, au même titre que l'aspect purement démographique, nous pouvons résumer la situation des deux Achosie de la manière suivante: les strombolains, eu XVIIème siècle sont en minorité sur l'ensemble du territoire au lendemain de l'indépendance, même en Achosie du nord. Mais il est important de noter que ceux ci représentent déjà près de la moitié de la population d'Achosie du Nord, alors qu'ils ne comptent que pour le quart des habitants du sud. Cette différence est cruciale, car elle va conditionner l'action politique de l'ensemble des acteurs impliqués dans ce "drame de l'Achosie" dont on a tendance à éluder l'existence. Il va sans dire qu'une population est plus mieux pourvue et intégrée que l'autre dans les grands circuits commerciaux de l'époque, et c'est justement l'une des raisons de cette indépendance achosienne. Cause que l'on pourrait de prime abord considérer comme tout à fait légitime, qu'on se le dise.

Voilà donc le tableau: une contrée séparée en deux, similaire dans son ensemble malgré quelques disparités territoriales et culturelles. A partir de là, nous pourrions donc mettre cette situation en parallèle à celle que nous connaissons en 2015, à l'heure où nous écrivons ces pages. Aujourd'hui, qu'est-ce que l'Achosie du Nord ? Nous pourrions la nommer "région", mais ce ne serait pas rendre justice à ses habitants. Je vois le terme de "région" comme profondément péjoratif, comme si ce n'était qu'une simple extension de Velsna en île celtique. Ce n'est pas le cas dans les faits, que ce soit politiquement, culturellement et économiquement. Et cela, n'importe quel de ses habitants, qu'il soit strombolain ou achosien vous le dira. Voyagez en Achosie du nord, et vous pourrez me rejoindre sur le portrait suivant. L'Achosie du nord est une entité, que l'on sépare bien souvent en deux sous-entités semi indépendantes, que l'on retrouve aussi sur le continent: l'organisation politique traditionnelle des velsniens que l'on nomme la cité. Et c'est là qu'est le hic: à cette organisation, on suppose que ce territoire n'est pas différent de la plaine de Velsna. En réalité, l'Achosie du Nord est une "région" dont les rapports sociaux sont très différents. Là encore, la propriété terrienne a moins été dévaluée, malgré la révolution industrielles du XIXème siècle, malgré la révolution numérique de ces dernières années, que dans le reste de la Grande République. Là encore, il y a le poids d'une aristocratie traditionnelle qui joué dans ce conservatisme. Pourtant, les achosiens du nord sont sortis de la pauvreté qui était la leur par le pragmatisme. Les achosiens du nord se sont adaptés aux grandes transformations affectant le reste du monde, ont su mettre de côté les structures économiques anciennes pour reconvertir leur lopin de terre en étape de passage indispensable pour le transport maritime. Le secteur de la pêche a vu son importance diminuer de manière significative au profit du fret et du transport naval, ainsi que de la construction navale civile ET militaire. De nos jours, l'Achosie du nord, malgré une population faible, malgré des ressources inexistantes, est une plaque tournante du grand commerce entre l'Eurysie et l'Aleucie. La quasi totalité des marchandises que vous pourrez voir décharger dans le Port de Nowa Velsna, en Aleucie, est passée au préalable en Achosie du Nord. Enfin, il faut noter l'essor progressif ces dernières années, d'un secteur de l'innovation et de la haute technologie, que l'on associe à l'essort économique fulgurant de Velsna en général.

En parallèle de cela, que dire des évolutions qu'on connu les achosiens du sud, dans cette quête éternelle du progrès économique ? Force est de constater que le pouvoir politique local, contrairement à aux acteurs d'Achosie du Nord, n'ont pas réussi à gérer la moindre grande évolution de la géopolitique mondiale ces trois derniers siècles. Si l'Achosie du Nord s'est appuyée sur un modèle politique décentralisé à l'image de Velsna, Achos est devenu un régime relativement centralisé où apparemment, les particularités de chaque territoire n'ont pas l'air d'être prises en compte. En 2015, il est temps de tirer le bilan lucide de la nation achosienne avec le recul de plusieurs révolutions industrielles: la situation économie achosienne est objectivement mauvaise, que ce soit en termes de de productivité et de diversification. En effet, le gouvernement achosien, bien loin de rechercher de nouvelles sources de revenus, s'est évertué à se concentrer sur des secteurs de l'économie traditionnelle à faible rendement. Dans quel pays peut-on décemment créer une crise diplomatique avec un autre pays sous prétexte d'une concurrence dans le secteur de la pêche au cétacé ? En République d'Achos. L'Achosie, en plus d'être dépendante à des secteurs instables, à rendement faible, est également en proie à un mal terrible en économie: la dépendance à un nombre extrêmement réduit de secteurs. En dehors de la pisciculture, Achos est resté un État dramatiquement sous développé au regard des standards eurysiens de l'ouest actuels. Que l'on se le dise: la situation n'est en rien dramatique comme en Eurysie de l'est ou en Afarée, mais le contraste entre l'évolution de la République d'Achos et la Strombolaine est des plus frappants.

Des explications à ce phénomène, il y en a plusieurs, comme dans toutes les situations complexes en Histoire, en économie ou en sociologie, et je pense que nous pouvons lier ces trois domaines afin de débusquer le profond malaise qui s'est emparé d'Achos ces trois derniers siècles. Pour cela, nous avons besoin de sortir du volet purement économique, et nous focaliser ce qui peut influencer cette situation: à savoir l'attitude des élites face aux grands changements, qui bien souvent préfigure celle du reste de la population, dans un phénomène que l'on connait bien sous le nom de "falsification sociale". Cette situation profondément passéiste dans l'économie est le reflet profond des comportements de cette intelligentsia au pouvoir depuis l'indépendance dans le sud du pays, qu'importe la formation aux commandes, qu'importe l'identité des consuls dans leur infernale et contre productive présidence tournante.

Pour illustrer cette situation, prenons deux situations. Que se passe t-il lorsqu'un problème éclate en Achosie du Nord, indépendamment de sa nature ou de ce qu'il affecte ? On règle le problème, tout simplement. A contrario, que se passe t-il lorsqu'un problème éclate en République d'Achos, selon les mêmes modalités ? On cherche des excuses pour se dédouaner de sa responsabilité. En l’occurrence, l'élite achosienne a acquis cette insupportable habitude, quelque soit la nature des problématiques auxquelles elle fait face, de reprocher l'intégralité de leurs problèmes à leurs voisins du nord. Cette entreprise de victimisation à outrance, cette manie à rouvrir des plaies qui sont supposées être fermées depuis trois siècles d'indépendance, tout cela est non seulement contre productif, car les achosiens du nord sont passés outre ces enfantillages depuis bien longtemps, mais c'est également profondément néfaste pour ceux qui continuent à se fonder sur ces souffrances originelles pour gouverner. Achos est comme un endroit où rien a changé en 300 ans, finalement, un endroit où pour légitimer son pouvoir, il suffit de dire que tout est de la faute des velsniens, qui du reste, sont relativement indifférents à leur existence. Systématiquement, la République d'Achos se sert depuis tout ce temps de la question de l'Achosie du Nord pour exister sur le concert des nations, car c'est là bien le seul capital politique dont ce pays dispose, à défaut d'avoir pu développer quoi que ce soit d'autre sans sa quête d'identité nationale. Il y a bien des initiatives secondaires, bien sûr, comme la supposée création prochaine d'une ligue celtique. Mais ce genre de manœuvre n'a qu'un seul but en réalité, et qui s'avérera aussi contre productif que le reste: nuire de façon systématique aux relations avec leurs voisins du nord. La République d'Achos a fait le sacrifice de sa conception de l'économie et de la construction de son identité en tant que nation sur l'autel d'une haine séculaire de la réussite de leurs voisins d'Achosie du Nord. La jalousie et l'envie ont empoisonné toute une nation, de par ses élites qui y ont vu le moyen de justifier leurs actions politiques, et ce depuis l'époque du financement de l'AIAN par ce gouvernement, qui était encore une réalité il y a un siècle.

Pour finir cet article, quoi de mieux que d'illustrer cette triste histoire par un drame, dont on a peu coutume de parler tant nous sommes passés à autre chose, parmi les achosiens du nord, et en particulier les strombolains. Souvenez vous de ce qui a été dit sur la composition sociale et démographique d'Achos au lendemain immédiat de l'indépendance. nous avions fait part des disparités dans la répartition des deux populations au nord et au sud, et qui ont grandement contribué à cette situation d'un pays divisé en deux entités distinctes. En Achosie du Nord, on reproche souvent une politique pseudo coloniale qui a animé les rapports entre strombolains et achosiens. Du reste, il y a du vrai...mais surtout une exagération amplifiée par les trois malheureux siècles de misérabilisme chronique des élites achosohones. Car pour elles, il vaut mieux parler de l'assimilation progressive et inéluctable de la minorité achosophone, et sa soit disant condition misérable (du reste, on constate que les achosiens du nord bénéficient d'un niveau de vie moyen largement supérieur à leurs voisins, mais passons), que de se focaliser sur les zones d'ombres de leur propre Histoire. Ce qu'ils oublient souvent, c'est de signaler que la langue achosienne a fait objet d'interminables démarches de préservation, que l'église d'Achos a été maintenue dans son autonomie et son indépendance et que ses citoyens peuvent depuis des années, faire acte de leur mariages, de leurs naissances et de leur morts dans leur langue auprès des administrations locales.

Du reste, question de parallèle: qu'est donc devenue cette population strombolaine qui composait autrefois le quart de l'Achosie du sud, celle qui était, malgré son conservatisme, malgré ses défauts, l'épine dorsale de l'économie locale. Celle qui cultivait la terre, celle qui détenait pour majorité les productions ? Il est difficile, souvent, d'imaginer que l'Achosie velsnienne a autrefois comporté plus deux cités états que sont Velathri et Strombola. Ce fut pourtant le cas: l'Achosie du sud était soumise au même modèle économique que le nord. Parles t-on encore du massacre de cette population au lendemain de cette indépendance, parles on de la disparition de cette culture, avec ses spécificités propres et ses rites ? Non, car les strombolains sont passés à autre chose, car ils ont été déterminés à ne pas se laisser dicter leur conduite par des attitudes passéistes et contre productives. Du reste, il est intéressant de constater que le retard dramatique prit par la République d'Achos est en grande partie leur fait, de par l'expulsion ou l'exil forcé de cette population, qui détenait une bonne part des moyens de production, de l’expérience et du savoir faire nécessaire au bon fonctionnement de l'économie. Plutôt que de chercher la conciliation, cette opposition ouverte, orchestrée par le pouvoir achosien, a provoqué un drame, coûté des vies, et maintenu le sud du pays dans état de détresse économique plus grand qu'il ne l'aurait été si cette indépendance eut été menée correctement.


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Une odeur de merde au petit matin dans ma Forêt ? Cela veut dire que je dois fissa aller me laver !


*Clic, un générique musical se lance*





*Clic, la tête de Vladimir-Nikolaï Kartyovitch apparaît à l'écran, vraisemblablement très contrarié alors que celui brandit un carré de savon tel un crucifix face à un démon, devant lui des caricatures d'Achosiens tel qu'imaginé communément dans le folklore avec en arrière plan une maison en torchis...*



Karyovitch face à l'infestation forestière.

Bon sang ! Quel puanteur ! On se croirait dans un Marais Chandekolzan et... Ah vous voilà ! BONJOUR A TOUS ! JE SUIS VLADIMIR KARTYOVITCH ET AUJOURD'HUI JE SUIS DANS LA CAMPAGNE ACHOSIENNE A FAIRE DE L'HUMANITAIRE !


Oui, vous m'avez bien entendu, de l'humanitaire chez les Achosiens. Pourquoi donc ? Regardez donc derrière moi ce chantier. Des maisons en merde, ça vous parle ? Culturel d'après les gérants du patrimoine mondial, peut être. Mais hygiénique ? Eh, alors là.

Alors comprenez moi, impossible de rester les bras croisés face à la détresse de ces gens. Regardez les donc, tout perdus et tout barbouillés de peinture à vivre à même la forêt. C'est pas une vie ça ! C'est un nid à bactérie made in Achosie.

Heureusement, nos partenaires de l'industrie de l'Hygiène nous ont apporté leur soutient afin de remplir leurs devoirs vis à vis du genre humain ! Plutôt que devoir subir une résurgence d'une maladie disparue depuis le moyen-âge via ces procédés archéologiques peu orthodoxes, mieux vaut utiliser les sanitaires modernes, ou si vous ne disposez pas de la technologie et de l'infrastructure, un Savon et un bain dans une rivière à l'eau claire suffit amplement.

Vous connaissez le proverbe, une pomme par jour éloigne le médecin, je rajouterais qu'une douche par jour éloigne la Tuberculose.

Pour le reste, même un seau fera l'affaire, croyez moi sur parole, la forêt est parfaitement capable de prendre soin d'elle même sans avoir besoin d'engrais "fait maison" en plus, l'écosystème est autosuffisant comme l'a voulue Mère Nature. Et ce ne sont pas les crevasses qui désirent devenir des nids à bactérie, un peu de respect pour la géologie.

Alors pour une vie saine, et ne pas importuner mon voisin, les gestes simples et des solutions économes sont à la portée de tout le monde.

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Compte rendu, 25 novembre 2017

Confidentiel défense



Nous, agents serviles de la Segreda, qui sommes les dépositaires de l'autorité de la Grande République par votre biais, Conseil des dix de la Grande République, détenteurs de l'autorité qui vous est confiée par le Sénat, le Conseil Communal et Dame Fortune, adressons à vous les documents suivants, indiquant une marche à suivre et des recommandations concernant les sujets suivants:
- Contexte: évolution de l'AIAN du XXème siècle à aujourd'hui.
- État des forces présumés et accointances suspectées avec le gouvernement achosien.
- Marche à suivre: lutte contre l'AIAN.
Ces cas de figure étudiés ne sont en rien des positions définitives et sont susceptibles d'évoluer avec le contexte géopolitique des espaces concernés.


Contexte: évolution de l'AIAN du XXème siècle à aujourd'hui.

Suite aux évènements consécutifs à l'émission d'une lettre anonyme émanant d'une entité proclamée sous le terme d'AIAN, ayant été distribuée dans la capitale velsnienne au début du mois d'octobre, ce rapport a été commandé par et pour ces excellences sénateurs et sénatrices membres de la commission parlementaire relative aux questions achosiennes. A ce titre, il est de notre devoir de répondre aux interrogations et aux inquiétudes ayant fait suite à la "résurgence" du phénomène de l'IAN, si tant est que l'on puisse nommer ainsi le courrier anonyme dont est parti cette affaire.

Pour comprendre le contexte d'envoi de cette missive incendiaire, il convient de nous replacer, pour les excellences qui n'y seraient que peu au fait, de l'Histoire récente des relations achoso-velsniennes, puisque les activités de l'AIAN sont conditionnées par cette dynamique. En effet, l'Alliance pour l'Indépendance de l'Achosie du Nord trouve ses racines dans les revendications irrédentistes conjointes de groupes de citoyens de langue achosienne sur les territoires des cités libres de Strombola et de Velathri, et de l'action du gouvernement d'Achosie du sud, simplement nommée "Serenissime République d'Achos". L'origine de ces points de tension peut donc remonter à l'indépendance d ela République insulaire à la toute fin du XVIème siècle, mais l'AIAN ne naît pas avant le XIXème siècle, sous l'impulsion de mouvements nationalistes et indépendantistes. Lorsque le gouvernement d'Achos a acté le fait, à cette période, qu'il ne serait pas permis de reprendre l'Achosie du Nord par les armes, l'AIAN est devenue, de manière publique, le relais indirect de leurs revendications territoriales dans la région.

On peut dés lors distinguer trois grandes périodes clairement identifiables dans l'Histoire du mouvement: une période allant du début du XIXème au début du XXème siècle, où l'AIAN est un groupe armé bénéficiant des subsides directs du gouvernement achosien, et qui incarne une première forme de l'organisation, suscitant des révoltes organisées de grande ampleur, toujours réprimées, à l'image de celles de 1832, 1871 et 1877. L'organisation alterne alors son soutien à ces révoltes populaires et l'entretien d'un mouvement indépendantiste au sein de clubs de rhétorique et de salons. Socialement, le mouvement est alors relativement transversale, et regroupe autant de membres de la petite bourgeoisie provinciale achosienne que d'artisans et d'ouvriers, quelque chose qui ne se retrouvera plus dans les périodes suivantes. Il est difficile d'estimer avec fiabilité le nombre de membres de cette première forme de l'organisation: de source sûre, on sait que cette première organisation marque un plafond en terme d'adhésion par rapport à ses sucesseurs, avec peut-être jusqu'à 20 000 membres à la fin du XIXème siècle.

Cependant, cette période s'achève en 1877 avec une repression de la part de la cité velsnienne, et le démantèlement des clubs et organes légaux sous la pression des élites provinciales strombolaines. Il est peu probable par la suite, que l'AIAN ait bénéficié d'une popularité similaire à cette première itération, et les décennies suivantes voit la mise en sommeil progressive du mouvement. Le terme d'AIAN ne fait surface que dans les années 1920, qui sont marqués par le premier attentat connu contre des civils, en plein centre ville de la ville de Velathri, un épisode connu sous le nom de "dimanche noir". Par la suite, une dizaine d'autres attentats sont perpétrés dans le seul état 1920, faisant en tout une centaine de morts: on pense que cet évènement fut l'acte de naissance de la seconde forme de l'organisation. C'est à cette période que le gouvernement achosien se distance officiellement des activités du groupe de manière publique, sans que nous nous fassions de doute, cependant, sur un soutien officieux au vu des revendications de l'AIAN. On ignore, en revanche, si il existe une forme de filiation entre cette organisation et la première forme de l'AIAN du XIXème siècle.

Les activités de cette résurgence d'organisation se poursuivent entre 1920 et 1997, et atteignent leur point culminant à partir de 1973, qui marque la borne officielle du conflit connu sous le nom de "Guerre de l'AIAN". Officiellement, cette guerre a mobilisé un maximum simultané de 30 000 soldats velsniens dans le nord de l'île, en a tué 3 000, pour 8 000 terroristes déclarés tués, et 20 000 civils. Durant cette période, l'organisation alterne son mode opératoire entre attentats dans les villes côtières du pays, sous contrôle velsnien, et guerre irrégulière dans les collines d'Achosie du Nord. Il est constaté, malgré les condamnations officielles de la République d'Achos, un flux d'échanges humains et matériels constant de part et d'autre de la frontière, sans qu'il n'ait jamais été formellement prouvé si il s'agit d'une aide privée ou gouvernementale.

Si les moyens de lutte anti-terroriste se révélèrent inefficaces dans un premier temps, le massacre de Velathri, en 1994, permis à l'armée velsnienne de disposer d'un argument convainquant en vue d'une mise en place d'une loi martiale et d'une mobilisation de masse impliquant 30 000 hommes. La répression qui a suivi, et qui a culminé en 1995, avec la bataille de la Falaise rouge, a permis une victoire incontestable de la République sur le groupe terroriste. On suppose que l'AIAN a perdu 3 000 éléments durant cette phase de l'opération, un chiffre représentant une part importante de ses effectifs.

En 1997, on estime que l'organisation est dans un état très diminué, et n'est plus capable de tenir tête à l'armée républicaine, même dans le cadre d'une guerre asymétrique. L'AIAN, nous le supposons accepte les termes d'un traité de paix qu'au vu de sa situation stratégique compromise: elle ne dispose plus ni des effectifs nécessaires à son activité, ni de matériel. Le Traité du dimanche des rameaux est ainsi signé à la fin de l'année 1997. Celui-ci comprend des concessions sur le plan politique et culturel vis à vis des minorités achosophones d'Achosie du Nord (droit d'un accès à l'administration en langue achosienne, ainsi qu'à la plupart des services, assorti d'une politique linguistique volontariste en matière de préservation de la langue celtique). En échange, l'AIAN est officiellement démantelé: une partie de ses membres sont autorisés à s'organiser en partis politiques indépendantistes, et la totalité des membres de l'AIAN bénéficient d'une amnistie générale en échange du dépôt de toutes leurs armes. Officiellement l'AIAN n'existe alors plus.

Les deux décennies qui suivent sont marquées par une inactivité totale de l'organisation, qui prend fin en 2013 avec l'attentat du parlement de Velathri, revendiqués par l'AIAN, mais dont les motivations, au vu des engagements précédents de l'organisation, ont paru surprenantes. Il nous est permis, là encore, de nous demander si cette AIAN serait une troisième itération du mouvement plutôt qu'une continuité de la précédente. Il fallu quatre années pour entendre de nouveau parler de cette mouvance, avec la parution de la déclaration qui a motivé l'existence de ce rapport.

Si la lettre n'a fait que peu parler dans la presse et dans l'Arène politique, c'est que le gouvernement communal en a décidé ainsi, mettant provisoirement sous cloche cet évènement, au vu des autres priorités auxquelles la cité velsnienne doit répondre à l'international.


État des forces présumés et accointances suspectées avec le gouvernement achosien.


Il ne nous est pas permis de déterminer avec précision la force de frappe de cette "troisième itération" de l'AIAN, ni d'établir un nombre de membres clair. Toujours est-il qu'en l'absence d'approvisionnement depuis l'étranger, et au vu du désarmement général de 1997, que l'AIAN ne doit avoir à l'heure actuelle que des moyens extrêmement limités, ne serait-ce qu'en kilos d'explosifs. En effet, à notre sens, le fait que l'attentat de 2014 n'ait pas été suivi de répliques les mois suivants est le révélateur, à notre sens, que l'AIAN actuel ne dispose que d'une force de frappe jugée dérisoire, et dont les quelques rares actions publiques légitiment la présence militaire velsnienne accrue dans la région, raison du laisser faire velsnien ces dernières années, et d'une relative lenteur dans le traitement du dossier AIAN. Nous estimons à l'heure actuelle que l'AIAN ne doit pas compter davantage que quelques dizaines de membres, tout au plus, et évoluant en parfaite clandestinité. Le fait que les présumés coupables de l'attentat de 2014 soient de nationalité achosienne vient confirmer la thèse d'un manque d'effectifs, qui n'est compensé que par des individus s'aventurant depuis le sud de la frontière. En aucun cas donc l'AIAN n'a récupéré les forces qui étaient les siennes dans les années 1970.

Le seul moyen pour cette organisation d'augmenter la portée et les moyens serait alors d'avoir recours à l'aide de l'étranger, très probablement depuis Achos (les frontières sont soumises à un filtrage strict depuis l'attentat de 2014). Or l'usage de matériel étranger ne passerait pas inaperçu, et la découverte d'armement d'origine achosienne ou kah tanaise aux mains de l'un de ces membres permettrait de renforcer les suspicions autour de l'implication du gouvernement achosien dans cette nouvelle itération de l'organisation terroriste. Si cela devait se produire, nul doute que cet élément devrait être apporté sur le devant de la scène internationale.

Durant cette période post 1997, il a été constaté une accointance suspecte entre l'AIAN et le gouvernement de la Sérénissime République d'Achos: nationalité achosienne des perpétrateurs de l'attentat, résistance à la collaboration anti-terroriste inter-étatique qui ne s'est résolue qu'en début 2017, porosité accrue de la frontière. Pour finir, cette nouvelle action intervient juste après l'expulsion du personnel achosien de la base de Pell Lawn, au Chandekolza, preuve en est que si il n'existe pas d'alignement officiel, les deux entités partagent des objectifs identiques. C'est ce cadre qui a déterminé la présente étude.


Marche à suivre:

Dans le cadre de la résurgence de l'AIAN, le gouvernement velsnien a d'ores et déjà activé plusieurs leviers jugés efficaces dans l'entreprise de décrédibilisation et la volonté de limiter la regain de poids du mouvement:
  • Filtrage de la frontière achosienne: Depuis 2014, la frontière achoso-velsnienne fait l'objet d'une surveillance accrue de la part d'unités de la Grande Tribune Militaire du pays celte. Nous estimons pour le moment que ce dispositif est efficace, sans qu'il n'ait provoqué de levée de bouclier notable de la part du gouvernement achosien pour le moment.
  • Déploiement de la Grande Tribune Militaire du pays celte: Depuis 2015 et à la demande des cités de Strombola et de Velathri, une garnison de 19 000 soldats supplémentaires a été allouée à la sécurité du territoire des deux cités. Agissant avant tout en contexte rural, le déploiement a permis un meilleur contrôle des zones blanches du territoire.
  • Délégation des décisions de justice de Strombola et de Velathri aux tribunaux velsniens: L'existence d'une justice punitive à deux vitesses pratiquée par les tribunaux locaux de Velathri et de Strombola ralentissait l'intégration des populations achosophones à la cité velsnienne, en plus de creer un climat de défiance. Nous estimons que la décision de confier les décisions de justice à des cours velsniennes plutôt que provinciales ont permis de limiter ces errements.
  • Campagne de prévention anti-terroriste: La récente campagne médiatique promulguée récemment par la Grande Tribune Militaire du pays celtique a été marquée par un discours prônant une volonté de vivre-ensemble qui a permis à la cause velsnienne de gagner de spoints à l'international. Nous avons du mal, en revanche, à quantifier les effets de ces mesures de communication sur la population locale, bien que les revendications irrédentistes demeurent très marginales depuis 1997.

A cette liste d'actions déjà mises en application, nous, agents de la Segreda, préconisons de compléter notre démarche par les actions suivantes:
  • Filtration des installations portuaires et des aéroports: Afin de compléter le dispositif mis en place à la frontière achosienne, nous pensons qu'un accroissement de la surveillance dans les autres points d'entrée du territoire: installations portuaires et aéroports, limitera d'autant plus l'approvisionnement possible en armes et en explosifs aux éventuels membres de l'AIAN. Nous estimons que la Grande Tribune Militaire du pays celte dispose de moyens suffisants à l'application de cette tâche.
  • Mise sous surveillance du personnel politique sympathisant de l'AIAN en République d'Achos: Si nous suspectons depuis plusieurs années le gouvernement achosien d'encourager le mouvement de l'AIAN, voire acte à sa résurgence, le manque d'éléments tangibles, malgré un faisceau d'indices incontestable, représente une faille dans notre dossier qui se doit d'être comblée. A cette fin, nous préconisons la mise en place d'une opération de surveillance de masse du personnel politique achosien, en particulier les éléments du gouvernement actuel ayant déjà évoqué une sympathie ou un soutien public à l'AIAN. Cela implique donc les moyens de procéder à des mises sur écoute par mouchards, ou récupération de courrier et d'information.
  • Rapprochement avec le gouvernement menkien et mise sous surveillance de la frontière achoso-menkienne: Bien que la République et le gouvernement de Menkelt n'entretiennent pas de rapports fondamentalement sympathiques, nous estimons que l'avenir de l'AIAN se trouve dans l'isolement politique ou non du gouvernement achosien. A cette fin, il est conseillé vivement d'opérer un rapprochement diplomatique avec le gouvernement de Menkelt afin de marginaliser la position achosienne en île celtique.


Nous prions d’agréer nos salutations aux excellences sénateurs qui prendront acte de ce rapport.
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Tiocfaidh àr là

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Le serpent des San Martolod n'est plus
Les îles sont libres
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Dom Francesco Mogador Altarini


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*Altarini apparaît à l'écran, en treillis militaire et avec un fusil d'assaut dans les mains*

Allo, je suis bien chez MacRìder...MacRideinn..enfin bref, MacMerde, ça te va si t'appelles MacMerde ?

Je vais faire court parce que t'as le don de me faire perdre du temps avec une simple lettre. e pense qu'il faut que tu fasses la différence entre une théorie et un fait, c'est pas de ma faute si les gens comme toi n'ont pas eu le réflexe d'inventer le concept de pantalon. Moi non plus je ne parle pas au nom des miens, parce que nous aussi désormais, on semble gouvernés par des fragiles et des salopes sans conviction comme ta personne... comme quoi c'est pas le propre d'un seul pays.

Étant donné que t'as l'air déterminé à vouloir me casser la gueule, je vais pas te refuser ça, ça me fera autant plaisir qu'à toi. Donc voilà ce que j'ai à te proposer p'tite salope. Va pour un duel, mais étant donné que c'est toi qui le demande, je ne vois pas la raison de me rendre dans ton pays de merde. Si tu veux venir me voir, les portes de ma villa sont ouvertes à Velsna. Ou bien en Dodécapole si tu préfères, je m'en tape. Avec les armes que tu veux, avec les bottes secrètes que tu veux je te mets à terre. A bon entendeur.

Aller, au revoir fragile.

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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 25 novembre 2018

Arrêt des importations d'alcool achosien: face à la frustration des acheteurs, le Maître des Balances s'explique




L'année 2018 aura été marquée par un nouveau refroidissement des relations entre la Grande République et son voisin celtique, en lien à la présence illégale d'un contingent achosien au Chandekolza, qui a été chassé du territoire de l'état autonome xin dans le cadre de la décolonisation imposée en cette région au pouvoir akaltien. Cette opération n'a pas été sans conséquence sur le plan commercial, puisque le pouvoir achosien a de suite fait part d'une suspension d'exportation d'un grand nombre de denrées en territoire velsnien, ce qui au passage n'a pas été sans causer des dommages à sa propre économie, principalement fondée sur l'exploitation d'une industrie primaire particulièrement précaire, et l'usage du troc, à défaut de monnaie.

Dans ce cadre, la filière de l'alcool a été particulièrement touchée, et a mobilisé les mécontentements des fournisseurs, et des débits de boissons. Les représentants du Collège des brasseurs ont ainsi adressé au Bureau des Balances une demande express visant à réclamer le retour de la normalisation des relations avec le pouvoir achosien, ce à quoi, le Maître des balances Rocco Ascone a répondu à la négative, et avec des arguments complémentaires de la raison principale de l'arrêt des importations d'alcool, et qui est d'ordre sanitaire:

" Nous nous sentons désolés pour la filière brassicole et l'ensemble des débits de boissons et fournisseurs de la cité, mais l'attitude provocatrice du pouvoir achosien, et sa participation à la gouvernance coloniale akaltienne du Chandekolza ne nous a pas laissé le choix. De plus, il est venu à la suite d'études un constat désagréable en matière de santé publique. Il se trouve que la plupart des alcools importés d'Achosie soumis à des tests sanitaires ont révélé la présence de matière fécale, et ce pour 95% d'entre eux. C'est donc avec regret que nous n'envisageons pas de reprise des échanges avec Achos dans ce secteur à court terme."

Le Gouvernement communal a toutefois rassuré l'opinion publique, sur le fait que ces importations étaient dans des proportions relativement limitées avant la mise en place des sanctions économiques, et que la consommation de bière sur le territoire velsnien était marginale. En effet, les alcools à base de vin sont de loin en 2018 les plus populaires auprès des consommateurs velsniens, un fait exceptionnel en Eurysie du Nord.

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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 26 novembre 2018

Votre podcast: Macro-economia, épisode 1, le Naufrage achosien
Présenté par votre serviteur, Giuliano Tolomei


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Giuliano Tolomei en compagnie d'un achosien dans son milieu naturel



Tolomei: Bonjour à tous mes téléspectateurs, et c'est un plaisir d'ouvrir cette onde, à moi, votre serviteur: Giuliano Tolomei. Vous avez sans doute déjà vu ma carrure d'apollon dans l'émission Rapides et furieux, consacré à la passion collective que nous avons de l'automobile/ Le podcast d'aujourd'hui sera bien différent puisque votre serviteur s'essaie désormais à la compréhension des rouages de l'économie. Et dans un contexte où les hommes peints d'Achosie font peser au dessus de nos têtes la perspective de sanctions économiques à l'encontre de la cité velsnienne, j'ai un plaisir d’accueillir notre premier invité qui nous donnera le change: l'économiste et grand argentier de la Zecca, Bernardo Donati. Bonjour Bernardo ! C'est un honneur de nous compter parmi vous.

Donati: Bonjour à vous et au public de Macro-économia, et c'est un plaisir partagé.

Tolomei: Nous vous avons fait venir pour nous aider à comprendre concrètement ce qui passe en ce moment avec Achos parce qu'honnêtement, je m'y connais davantage en bagnole qu'en chiffres, à part ceux sur le compteur de ma Steiner raskenoise... Vous avez récemment sorti un article sur la question, qui qualifie entre autre la longue listes de mesures coercitives entreprises par Achos à la République comme je cite "la démonstration par l'absurde de tout ce qui ne va pas en matière de développement économique depuis cinquante ans en île celtique". Bernardo, pourquoi cette guerre commerciale déclenchée par les achosiens est-elle, finalement, un symptôme des problèmes structurels que tout le monde connait de l'Achosie: stagnation économique, chômage élevé, activités au point mort...

Donati:
C'est un angle d'approche très intéressant. Tout d'abord il faut revenir à cet éventail de mesures prises à l'encontre de la République, et dont je ne reviendrai pas sur les raisons politiques qui ont poussé à cela, parce qu'au fond, ce n'est pas ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, c'est la façon dont le gouvernement achosien a réagit. L'arme commerciale figure parmi la très longue liste d'outils à disposition des États quand il s'agit d'exercer des pressions ou toute mesure coercitive lorsque la voie diplomatique est obstruée. Plutôt que d'envoyer une armée, on gèle des capitaux. Et c'est là un des premiers problèmes avec les sanctions achosiennes: je pense que son gouvernement voit son économie plus belle qu'elle ne l'est dans les faits. En premier lieu, si on veut exercer une forme de pression de ce genre, il faut déjà disposer d'une économie qui a les reins solides, et ce n'est pas le cas d'Achos.

Tout d'abord, il nous faut connaître l'état des forces productives dans ce pays pour comprendre pourquoi la mise en place de sanctions d'Achos vers Velsna est impossible dés le départ. L'économie achosienne repose principalement, à l'image de beaucoup de pays du tiers monde disposant d'une économie dite "post-coloniale" (bien qu'Achos soit indépendante depuis quatre siècle), est fortement dépendante de secteurs à la fois peu nombreux, et à faible, voire très faible valeur ajoutée. Une économie primaire donc, qui de plus dispose d'un marché intérieur limité et dont la diversification vers les secteurs secondaires et tertiaires tarde à venir. C'est tout simplement ce que l'on appelle une économie de rente et d'exportation. En administrant de telles sanctions, les achosiens se coupent donc d'un marché qui a moins besoin d'eux qu'il n'a besoin d'Achos. Les velsniens veulent du poissons, ils iront ailleurs l'acheter à moins cher ou bien ils le pêcheront eux-même. Si les achosiens coupent les livraisons d'alcool, alors les velsniens iront acheter raskenois. La mise en place de sanctions est contre-productive et ne vient punir que les entreprises achosiennes elles-mêmes, dans un pays qui connait déjà une stagnation économique que l'on pourrait qualifiée de grave et qui repose en partie sur ce manque de diversification économique. Dites vous que la seule Achosie du Nord, qui est pourtant plus de dix fois moins peuplée parvient à cumuler un PIB annuel à peine deux fois inférieur à celui d'Achos. La classe politique achosienne est si aveuglée par une haine ancestrale du velsnien qu'elle est prête à sacrifier le bien-être de sa propre population pour nuire à la cité velsnienne de manière très marginale: cela est l'un des problèmes propres à ce pays. L'Achosie du nord, pendant ce temps, qui est considérée comme l'un des territoires les plus pauvres de la République, bénéficie de salaires moyens qui peuvent être jusqu'à cinq fois supérieurs à ce qui se fait du côté sud de la frontière, ce qui rend la situation d'autant plus ubuesque.

Tolomei: Donc, ce que vous êtes en train de me dire, c'est que le problème serait en partie culturel, non ? Cela veut dire quoi, que les achosiens seraient...un peu attardés ?

Donati: Alors non, je l'ai pas dit comme ça: c'est davantage une affaire de schéma culturel que d'intelligence. Mais je pense que c'est en partie la bonne réponse, à minima. Je dirais qu'on a là une parfaite démonstration de ce que produisent des élites politiques et économiques qui ne sont pas capables d'envisager Achos comme un pays où autre chose que la pêche à la morue ou la brasserie d'alcool comme des sources possibles de développement de la richesse. Avez vous déjà entendu parler de haute technologie achosienne ? De startup achosienne ? Même de secteur de la culture ? Et je ne parle pas que du lancer de tronc. Le pays ne produit rien, le pays ne transforme rien, il est entièrement dépendant d'une économie d'exploitation de ressources. L'économie achosienne n'a tout simplement pas les reins assez solides pour se permettre, en tant qu'économie de rente, d'administrer des sanctions commerciales.

Tolomei: Eh bien, Bernardo, je te remercie de nous apporter tes lumières, et je m'inclus dans le "nous". C'était Guiliano Tolomai pour Macro-économia.

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Quand l'Histoire fait doute, Votre émission historique, avec Patrizio Boscaiolo a écrit : 8 décembre 2018


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11 septembre 1233, la bataille des Grandes plaines et la "fin du monde celtique", ou peut-être son commencement...




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C'est quoi, un celte ? Cela peut sembler incongru, comme question. On vous répondra peut-être "une personne parlant une langue celtique", ou "une personne habitant l'île celtique". Mais être celte, sur le plan historique, vu du haut, c'est bien plus que ça. Et pour le comprendre, nous pouvons nous intéresser à cette date: 11 septembre 1233. Cette date, elle est importante, pour beaucoup de gens. A Velsna, cela fait partie des dates "pivots" que l'on apprend par cœur à l'école. A Achos, c'est un jour de deuil national encore aujourd'hui. Mais moi en tant qu'historien, je ne sais pas ce qu'est "une date importante". Ce que je sais, c'est ce que la mémoire collective des peuples peut en faire. On ne rentre pas dans l'Histoire comme ça, avec nos gros sabots, on y rentre au filtre de la mémoire de cette évènement. Et c'est pourquoi, on ne peut pas simplement dire "Eh bien voilà, on va parler de 1233 et des Guerres celtiques" comme si on en entendait parler pour la première fois.

1233 finalement, pour les petits velsniens, c'est avant tout un souvenir d'enfance, un souvenir d'écolier qui va au tableau pour réciter par cœur une Histoire chronologique, une Histoire-évènement, un peu désuète, très officielle. Pour les nationalistes celtiques, c'est le souvenir vivace d'un Homme, Erwys Gwyndel, que l'on compare à une sorte de héros national. Ironiquement, même chez le velsniens, on connait davantage le nom d'Erwys que celui de Balbo, comme si finalement il serait devenu "un peu velsnien lui-même". L'Homme est indéniablement devenu une icône historique et culturelle,: il ne pouvait en être autrement pour un personnage dont la vie ressemble tant que cela à une tragédie youslève. Erwys Gwyndel est porteur d'un sens tant chez les velsniens que chez les achosiens: il y a ainsi, deux Erwys distincts dans nos mémoires, l'un n'étant pas plus authentique que l'autre. Et ce n'est pas parce qu'un historien va venir vous voir et vous dire "Cela ne s'est pas passé comme ça", que vous allez le croire. 1233, donc, c'est aussi bien la saveur de l'enfance que les larmes des indépendantistes achosiens. Mais au delà du superficiel, l'année 1233 ne peut pas être résumée au 11 septembre. C'est une année avec une épaisseur et une complexité rare qu"il nous faut explorer. Remontons un peu l'Histoire de sa signification.

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Cette gravure date de la fin du XIXème siècle, éditée pour la revue des études historiques velsniennes de l'année 1882. Elle supposée exposer aux lecteurs une rencontre, une rencontre pas seulement entre deux personnes, mais entre deux armées, et entre deux mondes. Celle-ci reprend grossièrement un épisode de l’œuvre littéraire de l'historien et lettré du Moyen-âge central "Bertoldo Di Cannossa", l'un des derniers moments de cette grande séquence de l'Histoire commune de Velsna et d'Achos que l'on a nommé à posteriori "les Guerres celtiques". Mais ou sont les celtes sur cette gravure ? Et même les velsniens ? Il y a bien deux groupes clairement identifiés, avec deux personnages dont les accoutrements se distinguent aisément en premier plan, mais leurs atours ne correspondent en rien aux descriptions d'époque que l'on sait des velsniens et des achosiens. Les velsniens sont représentés en cuirasses antiques, quand les achosiens, de manière curieuse, portent des vêtements orientalisant. C'est que nous sommes alors en pleine période coloniale en cette fin de XIXème siècle, et cette gravure semble totalement empreinte d'une imagerie adaptée à son époque: celle d'une cité velsnienne "civilisatrice". Cette image nous fournit une première réponse quant à notre question de base: un celte, c'est un étranger non-velsnianisé, qu'il soit effectivement "celte", ou d'un tout autre peuple. Le celte, c'est cet éternel revenant, l'étranger dont l'on ne comprend pas les coutumes, qui ne vit pas comme nous, qui ne parle pas comme nous.

Qui dit imagerie colonial dit également "sentiment de supériorité", en général. L'auteur de cette gravure aurait pu ne pas les mettre sur le même plan, il aurait pu magnifier le personnage de gauche, manifestement un velsnien, sur celui de droite, l'achosien. Mais ce n'est pas ce qu'il fait. L'auteur cherche à nous faire passer le message: ces deux Hommes sont des égaux, que ce soit dans leur importance dans le cadre, ou dans leurs gestes et leurs manières. Ils ont l'air d'échanger, de semblable à semblable, sans que l'un des deux Hommes n'écrase l'autre de sa présence. En arrière plan, leurs deux armées se toisent du regard, mais là encore, l'auteur de la gravure prend le parti de ne pas surexposer l'un des deux camps, que ce soit par leur place dans le cadre que dans leur exposition à la lumière ou tout autre artifice. L'auteur nous place ainsi à travers le regard d'un spectateur qui n'aurait guère d'allégeance ou de préférence.

Mais qui sont ces deux Hommes, au delà du fait que l'on laisse le spectateur en présence d'un velsnien et d'un achosien ? On penserait presque que nous, en tant que spectateur, nous les surprenons en pleines tractations, comme si ceux ci étaient autant embarqués par le cours de l'Histoire que nous, un cours des évènements qu'aucun des deux ne maîtrise mieux que l'autre. L'Homme à gauche s'appelle Erwys Gwyndel, un chef de clan achosien qui depuis le début de la Seconde guerre celtique s'est imposé comme son plus grand chef de guerre. En face, Pietro Balbo, sénateur velsnien qui depuis 1231 dirige l'ensemble des forces armées velsniennes débarquées en Achosie. Ce n'est pas pour rien que les deux Hommes sont présentés comme similaires par leurs manières et leurs atours: ils sont tous les deux représentants de la plus haute aristocratie de leurs pays respectifs. Les deux hommes sont cultivés et éduqués de la même manière. Erwys Gwyndel maîtrise le rhémien classique, tout comme Balbo. Ces deux hommes de deux nations différentes baignent dans les mêmes classiques de la littérature hélléno-rhémienne. Leurs familles respectives tirent leurs richesses de la terre et de la guerre, comme toute l'élite aristocratique de cette fin de moyen-âge eurysien.

Il ne faut pas croire que les velsniens et les achosiens évoluaient en vase clos avant la séquence des Guerres celtique que cette scène achève. Je pense, en tant qu'historien, qu'il est une grossière erreur de parler de monde celtique et de monde velsnien: les deux entités, depuis le Xème siècle entretiennent des relations diverses, ils commercent, échangent, évoluent dans un monde christianisé, ont même signé une multitude de traités avant la première guerre celtique. On a souvent la vision d'une Velsna impérialiste qui s'oppose à des guerriers farouches et sauvages, qui font écho aux luttes anti-coloniales du XIXème et XXème siècle, mais là encore et tout comme cette gravure, cela reflète davantage les préoccupations de ceux qui parlent de cet évènement que de ceux qui l'ont vécu. Que s'est-il donc passé pour que ces eux Hommes, si semblables et différents à la fois, aient à se confronter aux Grandes plaines, en Achosie actuelle ? Les guerres celtiques, en réalité, est plutôt qu'une lutte inégale, un ensemble de deux conflits meurtriers faits à armes quasi égales entre deux puissances se disputant le monopole commercial de la Manche Blanche occidentale. Avant même d'être un conflit existentiel, ce qui a été relayé par la littérature velsnienne essentiellement après coup, c'est en premier lieu une guerre commerciale visant à déterminer qui sera l'épicentre de ce que l'on pourrait plus justement nommer le "monde de la Manche blanche".

Cette scène, qui prend place en toute fin de la deuxième guerre celtique, est la conclusion d'une très longue campagne menée par Erwys Gyndel, et qui a commencée en 1217, soit dix huit longues années auparavant, et qui n'est que le prolongement d'un affrontement qui a commencé dans les années 1170. Elle vient comme parachever un long et violent processus de confrontation devant aboutir à l'union de ces deux mondes, et qui est d'autant plus justifiée que les deux Hommes parlent le même langage, et échangent d'égal à égal. Cette conquête politique au fond, elle ne fait que compléter une intégration économique qui était déjà en marche, et l'enjeu de la guerre est de savoir qui sera au centre du système.Et par la plus grande des irones, je vais vous surprendre si je vous qu'aucun de ces deux hommes n'a véritablement gagner la bataille des Grandes plaines. Evidemment, on connait la fin de l'Histoire: les velsniens gagnent, Erwys Gwyndel, dans un dernier geste désespéré, se suicide en sautant d'une falaise qui porte encore son nom de nous jours, et Achos est intégrée de force à la Grande République. Non, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas seulement la perspective d'une monde celtique, voire d'une mondialisation celtique qui prend fin aux Grande plaines, mais cela ne signifie pas que Balbo remporte cette guerre pour autant, et en réalité il est aussi perdant qu'Erwys Gwendel. Ceux qui remportent les guerres celtiques, ce sont deux groupes de population: en premier lieu la bourgeoisie velsnienne naissante, celle que des gens comme Pietro Balbo, cette aristocratie foncière, méprisent au plus haut point. Et Balbo, à bien des égards, ressemble bien davantage à Erwys qu'à la classe montante des négociants velsniens. Au fond, Balbo a remporté une guerre commerciale dont cette bourgeoisie est la première gagnante et en grande partie instigatrice. Au lendemain du conflit, amputée de ses membres éminents et ruinée, l'aristocratie foncière laissera progressivement le pouvoir politique lui glisser des doigts au profit de cette nouvelle élite marchande, qui fera entrer pleinement la cité dans les grandes découvertes, puis de la colonisation. La conquête d'Achos, de ce point de vue, est la première pierre d'un impérialisme, mais qui n'existe pas encore, ou du moins, qui n'a pas été anticipé par Pietro Balbo.

Les autres grands gagnants de la bataille des Grandes plaines, ils sont derrière Balbo sur la gravure. Dans son armée, il y a des velsniens, mais pas que. L'armée velsnienne, et plus encore à partir des défaites infligées à la cité par Erwys Gyndel au début de la guerre, ce sont des contributions en hommes de la part des cités alliées de Velsna: Saliera, Umbra, Velathri, Vatluna... autant de cités qui ont négocié au prix fort leur aide à Velsna, qui est passée tout près de la défaite dans les premières années du conflit. Ce soutien, il n'a pas été sans prix important: en effet, Velsna a dû promettre un tribut important qui s'avérera extrêmement lourd de conséquences sur la cité. Pour vaincre les achosiens et mobiliser ses alliés, le Sénat des Mille a promis l'obtention de la très prisée citoyenneté à toutes les cités libres sous juridiction de la Grande République. Ils ne le savent pas encore, mais cette situation aboutira à un épouvantable conflit quelques années plus tard, un conflit connu sous le nom de "Guerre sociale". Aussi, cette belle unité présentée dans ce tableau est autant un mythe que ne le sont les vêtements anachroniques que portent l'ensemble des personnages, une vue de l'esprit, une fiction romantique.

Ainsi, cette bataille ne vient pas seulement constituer le baroud d'honneur d'une élite politique achosienne dont le pays est déjà intrinsèquement lié à la cité velsnienne, il l'est tout autant pour Pietro Balbo. Les deux Hommes se comprennent malgré les camps opposés, pour la simple raison qu'ils subissent à leur manière propre une même dynamique de l'Histoire. La conquête militaire de l'Achosie a été précédée par presque deux siècles de contacts constants, d'échanges commerciaux, et d'une acculturation déjà entamée d'une élite par celle d'en face.

On a souvent tendance, par notre sens de la lecture propre à notre siècle, à penser que les Guerres celtiques ont été un conflit entre blocs monolithiques et parfaitement imperméables l'un vers l'autre, mais c'est factuellement faux. Velsna n'est qu'une ville parmi d'autres, mais qui est dotée d'une sphère d'influence qu'Erwys Gyndel, au début du conflit, a l'intention de morceler c'est là l'enjeu même de toute sa campagne. Les hommes qui suivent Pietro Balbo aux Grandes plaines et qui apparaissent derrière lui, n'ont pour certains pas toujours été dans son camp. Cette œuvre, est ainsi parfaitement dans l'ère de son temps: elle essentialise l'un et l'autre camp, les réduit à une série de poncifs confortables pour l'esprit du XIXème siècle. On omettra ainsi que la cité d'Umbra a pactisé avec Eerwys Gyndel et ses achosiens, au lendemain de la bataille de Velcal qui a vu la destruction quasi complète de l'armée velsnienne. On oubliera également les multiples revirements d'alliances de Vatluna. Et il en va de même du côté achosien: la vérité, c'est que Gwyndel n'est pas spécialement populaire dans son propre camp, et les élites achosiennes ont rechigné à fournir la moindre aide à l'invasion de la plaine velsnienne par Erwys Gwyndel, qui leur paraissait un plan complètement saugrenu, irréaliste, dangereux... Cette gravure, elle est symptomatique des dérives de l'Histoire, qui sont influencées par la vision du présent. Et cela vient complexifier un pue plus notre question d'origine: qu'est-ce qu'un celte ? Comment définir l'autre et l'étranger si des velsniens se battent dans la camp achosien, et si des achosiens se battent dans le camp velsnien ? C'est toute la thèse du celte résistant, courageux, sauvage, toute cette imagerie romantique du XIXèle siècle qui s'effondre. Toute cette opposition entre "monde celtique" et "monde velsnien" devient tout d'un coup plus artificielle et faussée.

Qu'est-ce qu'un celte, donc ? A une époque où l'unité de ce monde dit "celtique" n'existe pas, où il n'y aucune forme d'union politique, où les voisins sont parfois profondément antagonistes. Ce que je peux vous dire, c'est que sur cette gravure, je vois le fantasme d'une "celticité" qui n'existait pas durant les Guerres celtiques. Certes, on emploie le terme de "celte" dans les sources de l'époque pour désigner l'ensemble géographique de l'île celtique actuellee, déjà à cette période, mais il n'est revendiqué par personne comme un marqueur d'identité, il ne désigne aucune réalité politique concrète. On peut être achosien au mieux, citoyen de sa propre cité dans le pire des cas, mais pas celte. Le celte, ironiquement, apparaît dés lors que la conquête velsnienne se fait. Ce sont les velsniens qui créent le celte, presque par inadvertance sorti de leur imaginaire, en construisant sans le vouloir une liste de spécificités qui est propre aux habitants de la région, et qui ne l'est pas aux velsnien en parallèle.

On peut ainsi voir en cette date de 1233 et la bataille les Grandes plaines, comme le verre à moitié vide et le verre à moitié plein. D'une part, oui on peut le dire: la conquête d'Achos marque la fin d'un mode d'organisation de la société purement local, purement indigène. L'organisation clanique propre à la société achosienne ne survivra pas à la conquête, pas plus que celle similaire à Menkelt, qui comme une réponse à la chute d'Achos, va se constituer en un Etat moderne, et se défaire progressivement de ses chefs de clans. A Achos, Velsna va lourdement influencer les institutions suivantes, et même après l'indépendance d'Achos en toute fin du XVIème siècle. Velsna a un Sénat, Achos en a un également. Les uns ont un Patrice, les autres ont deux consuls. Achos et Velsna ne se distinguent plus depuis longtemps comme deux modèles alternatifs: cette identité celtique est avant tout la revendication d'une somme de comportements qui distingue le celte du velsnien. Oui, la bataille des grandes plaines est la fin d'une époque...mais peut-être pas celle des celtes que nous connaissons. Et c'est peut-être là une maigre compensation de la mort d'Eerwys Gwyndel, que de savoir que celui-ci fait le pont entre deux périodes: entre celle on l'on se dit achosien ou habitant de son petit village, et celle on l'on se dit celte. Et Gwyndel est à la fois le dernier des achosiens et le premier des celtes.


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