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Rhétorique velsnienne - Extraits des sessions publiques du Sénat - Page 2

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"Devrions nous donner une armée à un intriguant ?"
Séance de prise de parole libre du 14 octobre 2018
Prise de parole du Sénateur-juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli (Sociaux-démocrates des barricades), et réponse du Sénateur-Doyen Lupo Cadorna (Optimates fortunéens)



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Doyen Lupo Cadorna: Le Sénat t'écoute, excellence Portelli. Qu'as tu as dire que nous devrions prendre en compte ? Quelles sont tes interrogations ?

Portelli: ô Excellence Cadorna. Il m'est point dans mon habitude de faire perdre du temps à cette assemblée, comme tu le sais !

*rires dans les rangs du Sénat*

Portelli: Mais j'aurais tout de m^mee une question, au sujet de ton ami de faction, vous qui êtes tous deux dans ces rangs d'optimates réactionnaires, tu devais te douter que ma question porterait sur le nommé Dom Francesco Mogador Altarini, celui que parmi nous, nous avons nommé Hégémon de la Dodécapole fortunéenne, devant les accusations de haute trahison adressées à Adolfino Agricola, celui-là même qui a abandonné Velsna pour gouverner en monarque auprès d'une beauté orientale !

*Les rires reprennent dans les rangs de l'assemblée*

Portelli: ô Excellence Cadorna. Je me demandais simplement, pour quelles raisons que vous, conservateurs et réactionnaires, vous êtes mis en accord afin de donner de si grande responsabilité à un être aussi petit, que ce soit par l'âme, l'intelligence ou le courage. Ne pense tu pas là que c'est chose curieuse de donner à un individu qui clame vengeance pour une Achosie déjà vaincue il y a sept siècles, qui paraît si instable, si dévorant dans son ambition, une telle tâche que d'arrêter le traître Agricola ? Pensez vous dans les rangs de cette assemblée qu'il est sage d'arrêter un pyromane avec un autre pyromane ? Ne pensez vous pas que vous avez commis là une grande imprudence de sous-estimer cet homme, que je n'hésiterais pas à qualifier plus volontiers de bête humaine, en lui donnant des navires et ds Hommes dont nous sommes tous certains ici, qu'ils ne serviront pas tant à arrêter Adolfino Agricola dans ses méfaits que de remplir ses propres objectifs, bien plus égoistes et qui ne reflètent pas la volonté de ce gouvernement, du Sénat et du peuple velsnien.

Pour calmer les choses en Dodécapole, jamais tâche fut aussi mal confiée qu'à cet Altarini, qui nourrit grands projets: que dirons nous lorsque celui-ci se mettra en tête d'attaquer Achos sans l'autorisation de notre Sénat ? Que se passera t-il lorsqu'il retournera ses armes contre nous, en parfaite connaissance de la haine viscérale qu'il voue aux deux tiers de cette assemblée ? Aussi, je le dis, face à la plus noble des assemblées, des gens censés être les plus grands personnages de notre cité: comment avons nous pu laisser un tel Homme aux commandes d'une si grande entreprise ? Comment pouvons nous sacrifier la réputation de notre cité au nom d'un calcul politique aussi vulgaire qu'inefficace. Car la nomination de Mogador Altarini tient à deux choses: la stupidité des conservateurs et du Gouvernement communal, et la complicité des optimates, qui ont bien souri de revenir autant dans la lumière.


*vives huées dans les rangs conservateurs et réactionnaires*

Devons nous vraiment rappeler que la nomination de Mogador à l'hégémonie dodécaliote s'est faite deux mois avant le scrutin sénatorial dans l'espoir de l'empêcher de faire campagne ? Devons nous rappeler de cette maladresse politique des conservateurs, qui non seulement ont donné sans s'en rendre compte un terrain de jeu électoral et politique à Altarini, lui ont donné un lieu d'expression, lui ont donné une flotte et une armée ? A lui ? Un Homme qui ne jure que par l'usage de la force et de la violence, et qui en rappelle d'autres, de ces princes qui ont par le passé tenter de renverser la République ? Devons nous rappeler cette évidence, vulgaire tant elle se pavane sous nos yeux ? Et vous, optimates: vous en avez profité, vous vous êtes joués de cette naïveté désarmante des conservateurs, de leurs calculs ratés, de leur sottise, qui m'a donné l'impression de voir la République et le salut du peuple velsnien être confié, non à des intrigants, mais à des intrigants si médiocres qu'ils ont échoué à piéger l'individu le plus vulgaire de cette noble assemblée, un individu qui n'a jamais mérité une place parmi nous. Lui est le bras, et toi, Lupo Cadorna, tu es le cerveau. Son dernier méfait en date, le méfait de ton protégé, je l'ai dans la main droite: une lettre incendiaire adressée à un ministre achosien, qui met en lumière la stupidité et a brutalité de cet être, le défiant dans un duel singulier, dans ce que j'ignore être de l'enfantillage ou d'une violence primitive digne d'un eurysien de l'est.

Non contents de renforcer un ennemi de la République, nous avons lâché cette bête dans la nature, entâchant la réputation de probité de notre cité au passage, qui se servira du prétexte de la traque d'Agricola pour semer le mal, pour maltraiter les patries sœurs de la Dodécapole, pour leur soutirer jusqu'au leur dernier florius, qui se servira de ces cités comme d'une base de pouvoir qu'il retournera contre nous au moment opportun.

C'est dans cette ligne de raisonnement que j'en viens à ma proposition: qu'attendons nous pour mettre hors d'état de nuire Mogador Altarini pendant qu'il est encore temps ? Le mal qu'il a fait jusqu'à présent est sans comparaison à ce qu'il est capable de faire avec les moyens que nous lui avons confié, dans notre négligence. Ses demandes sont de plus en plus extravagantes, et de moins en moins justifiées. Encore quelques jours avant notre réunion, Altarini a ainsi fait la demande suivante au Bureau de l'Arsenal de la Grande République: une dotation visant à renforcer la flotte confédérale déjà à sa disposition, avec l'ordonnance d'un navire aux dimensions gargantuesques, un croiseur amiral dont il estime la nécessité depuis que les cités dodécaliotes ont elles même mis en marche des chantiers similaires. J'évoque là, bien entendu, les agissements d'un autre tyran, dont la différence entre lui et Altarini est que lui n'est pas né dans nos murs: le "Protecteur" autoproclamé de la cité de Volterra, la soi disante "République libertarienne", qui n'est rien d'autre qu'une kleptocratie où le peuple y est dirigé par une horde de mercenaires, soudards et criminels reconvertis dans la cryptomonnaie.

Pensez vous qu'un fou puisse arrêter un autre fou ? Pensez vous que remplacer le mal par le mal aidera en quoi que ce soit au retour au calme en Dodécapole ? Réponds moi, excellence Cadorna, ou ignore moi, mais nous possédons déjà la réponse.


*acclamations vives à la gauche du Sénat*


Doyen Lupo Cadorna: Ton discours me touche, excellence Portelli, non seulement par tes insultes à mon égard, et à l'égard de l'un de nos confrères, mais au vu de sa qualité. Ta verve s'affine et ton assurance transpire, et trempe les dessous de ta toga, mais l'éloquence ne fait pas la vérité, malheureusement pour toi.

Le Sénat des Mille de la Grande République, nous qui sommes réunis en assemblée, la plus grande et la plus noble, nous avons confié à son excellence Altarini une tâche lourde. Qui serions nous pour pleurer le fait que le Sénateur Altarini, et désormais hégémon, s'est tant donné dans sa tâche qu'il a réussi à déjouer tous les pronostics ? Qui sommes nous pour nous plaindre du succès de l'un de nos frères de Sénat ? Qui sommes nous pour penser que son excellence Altarini est un ami sans réserve, et un ennemi sans malice ? Encore une fois, de cette malice tu n'apportes aucune autre preuve hormis ton discours.

Tu décris son excellence comme un Homme impulsif, une bête. Tu confonds sa passion avec de la traîtrise, ce que jamais il n'a commis. Oui, il est vrai: son excellence Altarini n'a jamais cessé de nous prévenir sur le danger achosien, et il prend cette tâche à bras le corps, parfois par des exagérations qui n'ont pas lieu d'être parmi les gens de noble naissance. Mais comment pourrions nous reprocher que le cœur parle autant ? Francesco Mogador Altarini n'a jamais été un rebelle ou un traître, il n'a jamais été autre chose qu'un ami et un frère du Sénat, il n'a jamais été autre chose que le docile serviteur des interêts de la République, et je défie quiconque ici de lui trouver la moindre accointance avec les tyrans scaeliens et lograniens. Je défie quiconque ici de lui trouver une quelconque amitié avec la conquième colonne landrine, et je te défie, toi, Rufinus, de nous prouver que tu es meilleur serviteur de la cité qu'il ne l'est. Car jusqu'à présent, tu ne t'es distingué qu'en semant le désordre dans l'esprit du peuple, en semant des graines de rébellion contre cette noble assemblée, qu'en conspirant des referendum à n'en plus finir pour détourner le pouvoir de notre assemblée, lorsque Mogador Altarini, dans toute sa dévotion, est parti au devant de la trahison d'Adolfino Agricola, et nous a juré de nous le ramener vivant et sur ses genoux, face à nous afin qu'il subisse le jugement du peuple de Velsna. Mogador est rongé par sa vengeance contre les achosiens, mais toi, tu es rongé par la jalousie et l'envie. Qui est le médiocre de vous deux, cette noble assemblée se le demande bien.

Oui, Francesco Mogador Altarini a adressé à cette assemblée la demande d'un renfort, et oui, nous lui fournirons, car nous pensons qu'il est un fidèle serviteur de la République, qui remplira ses interêts à sa manière.




Résultat des votes des propositions de la présente séance:
- "Dotation nouvelle visant au renforcement de la flotte confédérale dodécaliote", proposition portée par la sénateur-hégémon Francesco Mogador Altarini: 451 pour, 420 contre, 169 absents ou abstentions
- "Révocation du commandement de Dom Francesco Modagor Altarini en Dodécapole", proposition portée par la sénateur-juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli: 420 pour, 451 contre, 169 absents ou abstentions

"Le sommet du ridicule est atteint pour son excellence Altarini et son compère achosien"
Séance de prise de parole libre du 13 novembre 2018
Prise de parole de la sénatrice et Maîtresse de l'Arsenal Sofia Di Saltis (Hommes du Patrice)



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C'est une raison bien curieuse qui a poussé Sofia Di Saltis, membre du gouvernement communal, à demander la tenue d'une réunion ce 13 novembre. Dans le cadre d'une rivalité inter-personnelle, un autre sénateur qui s'était déjà fait remarqué, Francesco Mogador Altarini, accessoirement hégémon dodécaliote, a mis sa réputation en jeu en posant défi à un Homme politique et général achosien. Dans le contexte où le gouvernement conservateur tente depuis plusieurs années de détendre la situation politique avec la République celtique, les réactions ont donc oscillé entre incompréhension et désapprobation...

Doyen-sénateur Lupo Cadorna: Excellence Di Saltis, toi qui vient nous rapporter la parole du Gouvernement communal par ta position, qu'a tu à faire valoir à nous autres, illustre assemblée, qui serait digne de notre interêt ?

Sénatrice-Maîtresse de l'arsenal Di Saltis: Excellence Cadorna. Je te remercie de la cession de cette parole, et je te prie de croire que mes sentiments envers toi sont de l'ordre de la sollicitude. Toutefois, il aurait été à mon appréciation plus grande encore que l'intéressé de la discussion que nous avons aujourd'hui, daigne se présenter dans nos rangs. Où es-tu, Francesco Mogador Altarini ? Tu n'es guère parmi nous, tu l'es rarement. Tu te contentes, dés lors que nous te demandons les raisons de tes manœuvres, de nous envoyer des subalternes et des serviteurs, rapporter une parole dont la fiabilité est au mieux aléatoire, au pire suspecte.

Approbations dans les rangs conservateurs, huées parmi les optimates fortunéens

Excellence doyen. Nous, sénateurs et Gouvernement communal, avons donné à son excellence Altarini un mandat pour représenter les interêts de la Grande République en Dodécapole. Or, il est venu à mon constat que Mogador Altarini ne s'occupe ni de notre représentation, ni de la Dodécapole, mais qu'il se perd dans querelles futiles et vides de sens contre des figures politiques de nations voisines. Avec pour seul objectif de défendre son honneur personnel aux dépens des considérations propres à notre cité.

Il y a deux ans, nous avions convenu de l'établissement d'un traité avec le gouvernement des achosiens, qui garantissait une entente inédite depuis plusieurs décennies, et cela nous avait coûté que du poisson. C'était un autre hégémon dodécaliote qui avait réalisé cet accord qui nous a été profitable: Adolfino Agricola, si il est un déserteur, avait garanti par cet accord la pacification de nos relations, et la perspective d'une paix durable. En l'espace d'un courrier, privé qui plus est, Mogador Altarini pourrait être en capacité de ruiner l'ensemble des efforts consentis par notre gouvernement afin d'arriver à cette situation.

Si Agricola eut été un déserteur, Altarini est un idiot vulgaire, qui administre la violence sans la moindre réflexion, à l'instar de peuplades barbares qui ne sont pas en nos coutumes et en notre humanité. Il entend combattre un achosien pour défendre sa fierté, en adoptant les attitudes de ces gens, et met ainsi en danger notre action politique.

Ce n'est pas embarras de le dire, que c'est nous mêmes qui avons nommé Altarini en Dodécapole afin qu'il en règles les problèmes, car nous pensions qu'il possédait la maturité politique nécessaire à la tâche, et à défaut de quoi, nous nous attendions à ce que sa dévotion envers notre cité puisse le convaincre de faire le reste du travail. Pour le moment, nous pouvons le dire: notre gouvernement communal a eu tort, du moins, c'est que les actions récentes de l'intéressé laissent entendre.

Aussi, je viens ici solliciter ces excellences honorables du Sénat, afin qu'elles appuient toute future décision du Gouvernement communal, si d'aventure nous serions dans l'obligation d'agir rapidement à l'encontre du sénateur Dom Francesco Mogador Altarini. Pour le moment, nous donnons ainsi à voir au Sénat des Mille, l'adresse d'un avertissement: si ce duel puéril entre ces deux enfants, l'un velsnien, l'autre achosien, devait venir entacher nos efforts afin de garantir à l'île celtique la prospérité et la tranquillité, nous serions malheureusement dans la contrainte d'une action rapide cuisant au désengagement de son excellence Alaterini en dehors de toute affaire d'ordre internationale. Que ceci soit perçu par vous tous comme la marque du sérieux avec lequel nous prenons notre fonction, et la détermination du Gouvernement communal à prendre toutes les décisions nécessaires à l'avancement de la cause de notre cité au travers du monde. L'honneur personnel d'un individu ne sera pas le cercueil de nos ambitions. Je vous remercie.

Ovations sur les bancs conservateurs.





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"Accepter notre amitié ou être puni"
Séance de prise de parole libre du 28 avril 2019
Prise de parole du Sénateur-légat Alessandro Benedetti (Hommes du Patrice)



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Contexte: Après l'echec de l'ambassade velsnienne au Dyl Milath menée par son excellence Alessandro Benedetti, ce dernier est de retour au Sénat, quelques jours après son arrestation qui a marqué le début d'un incident diplomatique grave entre les gouvernements du pays nazumi et de la Grande République. Origine du problème: la condamnation par ce dernier de la manœuvre velsnienne à l'encontre de la Poetoscovie. Le sujet est donc brûlant et prompt à exciter les ardeurs sur les bancs de l'illustre assemblée...


Dans un hémicycle bruyant, le doyen Cadorna, présidant la séance, se lève de sa chaise curule depuis son perchoir et frappe de sa canne plusieurs fois sur le sol marbré, jusqu' ce qu'il obtienne le silence. Celui-ci porte son regard vers les derniers rangs du Sénat, parmi les plus jeunes des derniers rangs, qui sont astreints en raison de leur âge, à rester debout tout en haut de la tribune comme l'indique le règlement. Parmi eux une tête dépasse: l'imposant Benedetti lève la main pour prendre la parole.

Doyen Lupo Cadorna: Le Sénat t'écoute, excellence Benedetti. Qu'as tu as dire que nous devrions prendre en compte ? Nous avons cru entendre compte de tes mésaventures au Dyl Milath...

Benedetti: Oui, excellence doyen. J'ai fort à dire, mais j'ai peu de mots pour exprimer de tels sacrilèges faits à cette assemblée d'Hommes honorables. Il est des mots si vulgaires qu'ils ne peuvent être entendus entre ces murs si bien bâtis par les pères de nos pères. Ils auraient honte de nous, et plus encore, honte de ces barbares qui nous les ont adressé.

*Silence solennel dans les rangs du Sénat, excepté sur quelques bancs de l'opposition libérale et eurycommuniste où l'en entend quelques ricanements.*

Benedetti: [b]Oui, excellence illustre, je reviens du pays de Dyl Milath, mais avant cela j'aimerais faire l'éloge de cette noble assemblée. Nous sommes ici réunis, nous spécifiquement, car nous sommes constitué en corps représentant de notre cité. Ce n'est pas nous qui sommes assis sur ces bancs, pas nous, les individus. Mais nous, le corps civique, nous la cité. Nos égos personnels n'entrent pas en ligne de compte dés lors que nous endossons ces vêtements qui nous définissent, et ces atours qui font ce que nous sommes: des représentants du peuple velsnien.

Oui, il est de nombreuses lignées parmi cette assemblée qui peuvent faire remonter leur présence ici à plusieurs générations. Ce sang honorable qui coule dans leurs veines leur assure une place. Ce n'est pas mon cas: je ne suis point né avec cette toga, je ne suis point né avec ma fortune, fortune qui est si prompte à faire grandir les Hommes. Je n'ai point grandit dans la richesse d'une éducation raffinée, pas plus que mes chances furent nombreuses, mais je ne m'en plains pas, car il faut là des qualités humaines d'autant plus aiguisées pour s'élever dans ces conditions, et un coup de pouce de Dame Fortune, dont je n'ai eu de cesse de montrer mon amour et ma dévotion. Je viens donc ici devant en une qualité, non de plaignant, mais de bête servile de Fortuna, qui m'a offert ce qui m'a permis de me montrer à vous, et avec des nouvelles d'une nation barbare à la funeste réputation.


*Son excellence Benedetti sort une papier froissé de l'un des plis de sa toge, et le brandit au dessus de sa tête, bien en évidence, à bout de bras.*

Benedetti: ô excellence Doyen. Oui, j'ai à apporter des nouvelles de notre ambassade en pays barbare, et ce que je viens donner à ces illustres excellences est une insulte manifeste imprimée sur du papier: une amende pour récompenser mon labeur en leur patrie. Mais j'eus été fort déçu de ne valoir que 300 unités de leur monnaie de singe. J'aurais apprécié valoir davantage qu'un pécule de pacotille.

*Rires vifs de sénateurs sur certains bancs.*

Benedetti: J'entends vos esbrouffes de ci et de là parmi nous. Or, si je suis prompt à l'humour, je pense que la situation que j'ai à rapporter à vous est des plus scandaleuses. Pire, c'est une insulte grave qui demande réparation. Comme je l'ai prononcé à cette assemblée: je n'ai point d'ancêtre illustre comme beaucoup d'entre vous, mais je porte cette toge, comme vous portez la vôtre. Et je suis venu à ces barbares avec les mêmes atours, ceux là qui m'ont valu d'être arrêté, maltraité et humilié par ces gens. Mais ce n'était pas moi, la personne, qui était là bas, c'était moi, son excellence le Sénateur Alessandro Benedettu. Je possède la fierté, mais ce n'est pas tant elle qui a été bafouée par les gens du Dyl Milath que ma fonction de sénateur et légat. Un sénateur relève d'une fonction sacrée: il ne peut être touché, on ne peut lui faire de mal sans en assumer les conséquences.

Ce que le Dyl Milath a perpétré ne fut pas mon humiliation, mais la votre, et celle de cette cité. Notre cause, qui est celle des justes, a été bafouée par quelque policier milathinien aviné par la bêtise et l'ignorance, et dont la crétinerie trouve son origine dans les mensonges et les fourberies poetoscoviennes. Il n'est point de cause plus noble que la notre: celle d'exiger de la nation littéraire qu'elle paie des années d'errance politique et diplomatique par un juste retour de bâton. Et de quoi les barbares milathiniens nous accusent: d'être coupables de la destruction d'une flotte qui n'avait pour but de semer la zizanie en pays eurysien ? D'être les bras armés de la Loduarie lorsque leurs protégés ont accueilli en leur maison des carnavalais à manger avec eux, quelques jours après le massacre d'Estham !? Les corps des nordiens étaient encore chauds que la Poetoscovie accordait ses violons avec des génocidaires. Et pourtant, là encore, nous serions les coupables de l'issue de ces derniers jours ?

Cette illustre assemblée est-elle traînée dans la boue par les mêmes individus qui n'ont eu de cesse de malmener un peuple ami de la cité des velsniens ? Cette illustre assemblée est-elle accusée de tous les maux de l'humanité par cette lie, qui a daignée couper la tête d'un cheval pour la mettre dans le lit de la tsarine de Moritonie ? Si te est le cas, alors que ces nations viennent nous voir, et nous jugent ! Car nous ne saurions que faire des remarques de ces patries maudites ! Nous n'avons que faire de ces bêtes loduariennes et de leur perpétuelle quête de violence Nous n'avons que faire des kartiens et de leurs intrigues. Nous n'avons que faire des poetoscoviens et de leurs procès. Nous n'avons à faire que de notre fierté et de notre honneur, du respect de notre parle, pas nous les sénateurs, mais nous, le Sénat du peuple velsnien. J'implore donc cette assemblée de mettre fin à cette comédie, et prestement, car c'est bien notre nom à tous qui est malmené à l'instant !


*acclamations vives sur la plupart des bancs.*

Sénateur-doyen Lupo Cadorna: Et que propose tu concrètement, excellence Benedetti ? Tu parles bien et clairement, mais pour le moment, je n'ai pas cru entendre proposition de ta part.

Benedetti: J'en conviens, illustre doyen, et il ne me serait pas venu à l'esprit d'agiter des paroles dans le vide devant une personne telle que toi, qui est le plus noble d'entre nous. Nous pourrions sortir le bâton et punir simplement: il n'st rien de pire qu'une bête féroce sans laisse et sans attache. Mais peut-être, pourrions nous faire ami de cette bête, et de lui tendre la main. Et peut-être pourrions nous replacer ainsi le Dyl Milath dans l'amitié de notre cité, sans qui quiconque soit humilié outre mesure, et en ayant retrouvé notre fierté. Je le reconnais pour moi, que l'approche usitée par ma main n'a pas rencontré l'effet escompté autre que la joue d'un milathinien. J'ai été guidé par la passion de ma fonction, et la fougue de ma jeunesse, il est vrai. Aussi, je ne peux rester sur un échec pour ma personne et mon propre honneur, mais serait-il sage de ne point m'envoyer là bas seul, mais avec ceux parmi nous dont l'honorabilité est la plus grande des vertus, de sorte que ces barbares ne peuvent ignorer notre requête.

Et si ce n'est pas la bonne réponse qu'ils nous apportent...et bien, nous récupérerons notre honneur autrement, par les moyens que nous imaginons depuis e début. Comme l'a dit un grand homme: la force d'une armée se mesure à la parcimonie avec laquelle nous l'employons. Il vaut mieux polir la machine que l'user.




Résultat des votes des propositions de la présente séance:
- "Envoi d'une ambassade au Dyl Milath", proposition portée par la sénateur-légat Alessandro Benedetti: 451 pour, 420 contre, 169 absents ou abstentions
"En outre je pense que la Poetoscovie doit être détruite."
Séance de prise de parole libre du 16 juin 2020
Prise de parole du Sénateur Domenico Sforza (Hommes du Patrice)



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Contexte: Nous sommes quelques heures après l'attentat de la Basilique San Stefano qui a été perpétré à quelques centaines de mètres de l'enceinte du Sénat des Mille de la Grande République. L'atmosphère est explosive et alors que les opérations de secours sont encore en cours à l'extérieur, la question d'un coupable est sur toutes les lèvres. Naturellement, els regards se tournent vers l'AIAN, qui est la seule organisation connue des velsniens à agir selon ce mode opératoire, mais le jeune sénateur conservateur Domenico Sforza ne l'entend pas de cette oreille, et s'élance en direction de la Tribune, interpellant le Doyen Lupo Cadorna qui dirige la séance.

Originaire de la petite cité de Lipara, située dans la chôra velsnienne, il s'agit du premier mandat de Domenico Sforza, un fils de juriste ne figurant pas à l'origine dans la plus haute classe censitaire de la société velsnienne. Pourtant, celui-ci impressionne par son verbe et sa maîtrise de la plupart des codes rhétoriques velsniens et s'exprime dans un fortunéen classique parfait. Il s'est notamment fait connaître pour ses émissions de streaming où il enseigne la politique velsnienne avec pédagogie à ses viewers.



Doyen Lupo Cadorna: Le Sénat t'écoute, excellence Sforza, mais tu n'es qu'un primo-sénateur, alors tu t'exprimeras debout parmi nous et non sur le perchoir, conformément à ta jeunesse. Qu'as tu as dire que nous devrions prendre en compte ? Viens tu pleurer avec nous, hurler de rage, ou nous apportons des réponses que nous n'aurions pas.

Benedetti: [b]Oui, excellence doyen. J'ai fort à dire. Mais avant toute chose, je souhaiterais m'exprimer sur le caractère pernicieux des temps que nous traversons. Aujourd'hui, notre cité a subit une attaque bien pire que tout ce qu'elle a p connaître de calamités et de malheurs ces dernières décennies. Jamais nous n'avons eu à pleurer morts si près de cet hémicycle. Jamais quiconque n'avait osé défier le sacré et s'attaquer à la population de notre cité. Le poète landrin Esteban Piccola disait ceci, qu'à la guerre, les fils meurent avant les pères, là où en paix, les pères meurent avant les fils. Ce soir, ces mots n'ont jamais été aussi justes, car une guerre a été déclarée à nos pieds, en pleine messe de minuit, sous le toit sacré et sanctifié du saint patron des voleurs et des escrocs.

J'entends dire dans ces tribunes toute la peine du monde, toute la tristesse et le choc. A juste titre, et sachez le que je pleure avec vous, et que je me plains avec vous, et que je fulmine avec vous. Mais j'entends aussi le manque de discernement dans la détermination que nous avons à trouver un coupable. O temps, ô mœurs qui font ressortir le pire de nous même, et par dessus tout, la confusion de notre pensée. Sénateur Benedetti, je t'entends dire que les achosiens sont coupables. Mais laisse moi te dire à quel point cet acte n'est pas le leur. Je suis d'accord avec toi, pour dire qu'il n'est point peuple plus barbare que les gens du pays d'Achos, que leur sauvagerie n'égale que leur bravoure. Et c'est précédent par ce fait que je tiens ton attention. Nous savons comment les achosiens se battent, nous connaissons leurs principes et la façon dont ils pensent. Ne pense tu pas que dans leur audace et leur courage mal placé, ils auraient clamé qu'il s'agisse de leur œuvre ? Qu'ils auraient crié sur tous les toits qu'il avaient commis l'atroce ? Ils l'auraient revendiqué comme on revendique une victoire sur les champs de bataille. Aussi, nous pouvons accuser les achosiens de tout, mais pas de lâcheté.

Or, des peuples barbares et lâches que nous affrontons en ce moment, il n'en est guère beaucoup. Je n'en connais qu'un à qui nous avons causé tort, à dire vrai. De tous les peuples, il n'est guère plus couard et ignominieux qu'un poetoscovien. Ils cachent leur barbarie derrière la lecture de romans médiocres, derrière de faux sourires et des alexandrins, mais ils sont une race fourbe et bornée, qui n'écoute aucune mie en garde, qui ne pare d'aucune gêne. Cela fait depuis des années désormais que leur nom nous revient, encore et encore, de la part de nos alliés et partenaires. Des nations de commerçants honnêtes qui font grand échange avec nous, et qui nous ont prévenu du danger de laisser notre dos à la merci de ces gens. Un arrogance et un orgueil démesuré nous ont mené là où nous en sommes. Nous avons cru bien malgré nous qu'une simple expédition maritime aurait suffit à leur faire comprendre, mais nous nous sommes fourvoyés, et nous devons le reconnaître, et reconsidérer notre jugement.

Mais je ne ferai aucun reproche à l'un d'entre nous, aucune récrimination. Il n'est pas de notre intérêt de pointer notre doigt dans la direction de nos compatriotes, même de ceux qui ont failli. Non, nous devons jurer, entre nous que la justice sacrée sera respectée, car l'enjeu de ce qui vient de se passer et autrement plus important que la virtu, la gravitas ou l'avancement personnel. L'enjeu de cette bataille est l'agonie ou la survie d'un ennemi mortel ! Nous nous sommes laissés endormir par la conviction qu'une simple leçon suffirait. Il n'en est rien, et il nous faut réagir avec la plus ferme des intentions, et en administrant la plus grande des punitions. Les poetoscoviens ne se contentent plus de mettre des têtes de cheval dans les lits de dirigeants étrangers. Ils ne se contentent plus d'assaillir des peuples amis de notre cité. Hier, ils s'ingéraient partout, aujourd'hui, ils sont sur le pas de notre porte avec un glaive ensanglanté dans la main forte.

Nous mobiliserons les levées citoyennes de toutes les classes censitaires. Des plus pauvres comme des plus riches, nous ne feront aucune différence. Nous viderons les prisons, nous distribuerons les amnisties et les armes à qui de droit, nous donnerons la citoyenneté à tous les soldats et tous les étrangers prêts à se battre sous nos étendards. Nous trouverons des soldats n'importe où, coûte que coûte ! C'est que je conseillais depuis le début... Nous rappellerons nos généraux, nos amiraux, nos flottes et nos armées.

En outre, mes excellences, je pense que la Poetoscovie doit être détruite jusqu'à la dernière pierre, jusqu'à ce qu'il ne s'élève d'Hernani que des plaintes et des lamentations. Car ce sera la seule chose qui puisse réparer l'offense qui a été faite au sacré.




Résultat des votes des propositions de la présente séance:
- "Détruire la Poetoscovie", proposition portée par la sénateur Domenico Sforza: 451 pour, 420 contre, 169 absents ou abstentions
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