Séance de prise de parole libre du 14 octobre 2018
Prise de parole du Sénateur-juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli (Sociaux-démocrates des barricades), et réponse du Sénateur-Doyen Lupo Cadorna (Optimates fortunéens)

Doyen Lupo Cadorna: Le Sénat t'écoute, excellence Portelli. Qu'as tu as dire que nous devrions prendre en compte ? Quelles sont tes interrogations ?
Portelli: ô Excellence Cadorna. Il m'est point dans mon habitude de faire perdre du temps à cette assemblée, comme tu le sais !
*rires dans les rangs du Sénat*
Portelli: Mais j'aurais tout de m^mee une question, au sujet de ton ami de faction, vous qui êtes tous deux dans ces rangs d'optimates réactionnaires, tu devais te douter que ma question porterait sur le nommé Dom Francesco Mogador Altarini, celui que parmi nous, nous avons nommé Hégémon de la Dodécapole fortunéenne, devant les accusations de haute trahison adressées à Adolfino Agricola, celui-là même qui a abandonné Velsna pour gouverner en monarque auprès d'une beauté orientale !
*Les rires reprennent dans les rangs de l'assemblée*
Portelli: ô Excellence Cadorna. Je me demandais simplement, pour quelles raisons que vous, conservateurs et réactionnaires, vous êtes mis en accord afin de donner de si grande responsabilité à un être aussi petit, que ce soit par l'âme, l'intelligence ou le courage. Ne pense tu pas là que c'est chose curieuse de donner à un individu qui clame vengeance pour une Achosie déjà vaincue il y a sept siècles, qui paraît si instable, si dévorant dans son ambition, une telle tâche que d'arrêter le traître Agricola ? Pensez vous dans les rangs de cette assemblée qu'il est sage d'arrêter un pyromane avec un autre pyromane ? Ne pensez vous pas que vous avez commis là une grande imprudence de sous-estimer cet homme, que je n'hésiterais pas à qualifier plus volontiers de bête humaine, en lui donnant des navires et ds Hommes dont nous sommes tous certains ici, qu'ils ne serviront pas tant à arrêter Adolfino Agricola dans ses méfaits que de remplir ses propres objectifs, bien plus égoistes et qui ne reflètent pas la volonté de ce gouvernement, du Sénat et du peuple velsnien.
Pour calmer les choses en Dodécapole, jamais tâche fut aussi mal confiée qu'à cet Altarini, qui nourrit grands projets: que dirons nous lorsque celui-ci se mettra en tête d'attaquer Achos sans l'autorisation de notre Sénat ? Que se passera t-il lorsqu'il retournera ses armes contre nous, en parfaite connaissance de la haine viscérale qu'il voue aux deux tiers de cette assemblée ? Aussi, je le dis, face à la plus noble des assemblées, des gens censés être les plus grands personnages de notre cité: comment avons nous pu laisser un tel Homme aux commandes d'une si grande entreprise ? Comment pouvons nous sacrifier la réputation de notre cité au nom d'un calcul politique aussi vulgaire qu'inefficace. Car la nomination de Mogador Altarini tient à deux choses: la stupidité des conservateurs et du Gouvernement communal, et la complicité des optimates, qui ont bien souri de revenir autant dans la lumière.
*vives huées dans les rangs conservateurs et réactionnaires*
Devons nous vraiment rappeler que la nomination de Mogador à l'hégémonie dodécaliote s'est faite deux mois avant le scrutin sénatorial dans l'espoir de l'empêcher de faire campagne ? Devons nous rappeler de cette maladresse politique des conservateurs, qui non seulement ont donné sans s'en rendre compte un terrain de jeu électoral et politique à Altarini, lui ont donné un lieu d'expression, lui ont donné une flotte et une armée ? A lui ? Un Homme qui ne jure que par l'usage de la force et de la violence, et qui en rappelle d'autres, de ces princes qui ont par le passé tenter de renverser la République ? Devons nous rappeler cette évidence, vulgaire tant elle se pavane sous nos yeux ? Et vous, optimates: vous en avez profité, vous vous êtes joués de cette naïveté désarmante des conservateurs, de leurs calculs ratés, de leur sottise, qui m'a donné l'impression de voir la République et le salut du peuple velsnien être confié, non à des intrigants, mais à des intrigants si médiocres qu'ils ont échoué à piéger l'individu le plus vulgaire de cette noble assemblée, un individu qui n'a jamais mérité une place parmi nous. Lui est le bras, et toi, Lupo Cadorna, tu es le cerveau. Son dernier méfait en date, le méfait de ton protégé, je l'ai dans la main droite: une lettre incendiaire adressée à un ministre achosien, qui met en lumière la stupidité et a brutalité de cet être, le défiant dans un duel singulier, dans ce que j'ignore être de l'enfantillage ou d'une violence primitive digne d'un eurysien de l'est.
Non contents de renforcer un ennemi de la République, nous avons lâché cette bête dans la nature, entâchant la réputation de probité de notre cité au passage, qui se servira du prétexte de la traque d'Agricola pour semer le mal, pour maltraiter les patries sœurs de la Dodécapole, pour leur soutirer jusqu'au leur dernier florius, qui se servira de ces cités comme d'une base de pouvoir qu'il retournera contre nous au moment opportun.
C'est dans cette ligne de raisonnement que j'en viens à ma proposition: qu'attendons nous pour mettre hors d'état de nuire Mogador Altarini pendant qu'il est encore temps ? Le mal qu'il a fait jusqu'à présent est sans comparaison à ce qu'il est capable de faire avec les moyens que nous lui avons confié, dans notre négligence. Ses demandes sont de plus en plus extravagantes, et de moins en moins justifiées. Encore quelques jours avant notre réunion, Altarini a ainsi fait la demande suivante au Bureau de l'Arsenal de la Grande République: une dotation visant à renforcer la flotte confédérale déjà à sa disposition, avec l'ordonnance d'un navire aux dimensions gargantuesques, un croiseur amiral dont il estime la nécessité depuis que les cités dodécaliotes ont elles même mis en marche des chantiers similaires. J'évoque là, bien entendu, les agissements d'un autre tyran, dont la différence entre lui et Altarini est que lui n'est pas né dans nos murs: le "Protecteur" autoproclamé de la cité de Volterra, la soi disante "République libertarienne", qui n'est rien d'autre qu'une kleptocratie où le peuple y est dirigé par une horde de mercenaires, soudards et criminels reconvertis dans la cryptomonnaie.
Pensez vous qu'un fou puisse arrêter un autre fou ? Pensez vous que remplacer le mal par le mal aidera en quoi que ce soit au retour au calme en Dodécapole ? Réponds moi, excellence Cadorna, ou ignore moi, mais nous possédons déjà la réponse.
*acclamations vives à la gauche du Sénat*
Doyen Lupo Cadorna: Ton discours me touche, excellence Portelli, non seulement par tes insultes à mon égard, et à l'égard de l'un de nos confrères, mais au vu de sa qualité. Ta verve s'affine et ton assurance transpire, et trempe les dessous de ta toga, mais l'éloquence ne fait pas la vérité, malheureusement pour toi.
Le Sénat des Mille de la Grande République, nous qui sommes réunis en assemblée, la plus grande et la plus noble, nous avons confié à son excellence Altarini une tâche lourde. Qui serions nous pour pleurer le fait que le Sénateur Altarini, et désormais hégémon, s'est tant donné dans sa tâche qu'il a réussi à déjouer tous les pronostics ? Qui sommes nous pour nous plaindre du succès de l'un de nos frères de Sénat ? Qui sommes nous pour penser que son excellence Altarini est un ami sans réserve, et un ennemi sans malice ? Encore une fois, de cette malice tu n'apportes aucune autre preuve hormis ton discours.
Tu décris son excellence comme un Homme impulsif, une bête. Tu confonds sa passion avec de la traîtrise, ce que jamais il n'a commis. Oui, il est vrai: son excellence Altarini n'a jamais cessé de nous prévenir sur le danger achosien, et il prend cette tâche à bras le corps, parfois par des exagérations qui n'ont pas lieu d'être parmi les gens de noble naissance. Mais comment pourrions nous reprocher que le cœur parle autant ? Francesco Mogador Altarini n'a jamais été un rebelle ou un traître, il n'a jamais été autre chose qu'un ami et un frère du Sénat, il n'a jamais été autre chose que le docile serviteur des interêts de la République, et je défie quiconque ici de lui trouver la moindre accointance avec les tyrans scaeliens et lograniens. Je défie quiconque ici de lui trouver une quelconque amitié avec la conquième colonne landrine, et je te défie, toi, Rufinus, de nous prouver que tu es meilleur serviteur de la cité qu'il ne l'est. Car jusqu'à présent, tu ne t'es distingué qu'en semant le désordre dans l'esprit du peuple, en semant des graines de rébellion contre cette noble assemblée, qu'en conspirant des referendum à n'en plus finir pour détourner le pouvoir de notre assemblée, lorsque Mogador Altarini, dans toute sa dévotion, est parti au devant de la trahison d'Adolfino Agricola, et nous a juré de nous le ramener vivant et sur ses genoux, face à nous afin qu'il subisse le jugement du peuple de Velsna. Mogador est rongé par sa vengeance contre les achosiens, mais toi, tu es rongé par la jalousie et l'envie. Qui est le médiocre de vous deux, cette noble assemblée se le demande bien.
Oui, Francesco Mogador Altarini a adressé à cette assemblée la demande d'un renfort, et oui, nous lui fournirons, car nous pensons qu'il est un fidèle serviteur de la République, qui remplira ses interêts à sa manière.
Résultat des votes des propositions de la présente séance:
- "Dotation nouvelle visant au renforcement de la flotte confédérale dodécaliote", proposition portée par la sénateur-hégémon Francesco Mogador Altarini: 451 pour, 420 contre, 169 absents ou abstentions
- "Révocation du commandement de Dom Francesco Modagor Altarini en Dodécapole", proposition portée par la sénateur-juge de la plèbe Alfonso Rufinus Portelli: 420 pour, 451 contre, 169 absents ou abstentions
