27/08/2020
07:10:12
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[Diplomatie] Ministère fédéral des affaires étrangères - Page 11

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Armée



Fait à Valdoria
à destination de la Grande République de Westalia


Objet : Prise de contact

De : Antoine De Vaulle, général et sous-chef d’état-major de l’Armée républicaine valerannienne.
Valdoria, République de Valerania



A l’attention du Gouvernement de la Grande République de Westalia,

Mesdames, Messieurs,

Je suis le général Antoine De Vaulle, général et sous-chef d’état-major de l’Armée républicaine valerannienne.

C’est le cœur serré et avec une grande tristesse qu’aujourd’hui, je m'adresse à vous, également en tant que citoyen d’une République que je refuse de voir disparaître. Si je prends aujourd’hui la responsabilité exceptionnelle de m’adresser directement au gouvernement de la Grande République de Westalia, c’est parce que la situation de mon pays ne me permet plus de garder le silence et que je sais que vous ne resterez pas indifférents. Vous avez certainement entendu parler des troubles qui frappent Valerania depuis maintenant plus d’un an. Peut-être vos services vous ont-ils informés des manifestations, des attentats perpétrés par Storm Légion, de la tentative d’assassinat contre notre Haut-Gouverneur ou encore des terribles affrontements armés qui déchirent plusieurs de nos villes et qui ont divisé notre peuple. Valerania traverse certaines des heures les plus sombres de son histoire. Cependant, ce que vous savez de ce qui se passe n’est qu’une partie de la réalité.

Valerania, telle que je la connais, est aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Ce qui avait commencé comme une contestation politique est devenu une véritable guerre entre Valeraniens. Des quartiers, des villages et même des villes entières échappent progressivement à l’autorité du gouvernement. Nos forces de l’ordre, mobilisées depuis de trop nombreux mois, sont épuisées. Certaines ont abandonné leurs positions, d'autres résistent encore. Deux camps s'affrontent et se déchirent dans le sang et dans les entrailles sans aucune pitié. Pendant ce temps, un cartel que notre gouvernement avait pourtant promis de combattre avec toute la puissance de notre armée profite aujourd’hui du chaos ambiant pour renforcer son influence.
Vous devez également savoir qu’il existe depuis plusieurs mois de profonds désaccords entre le gouvernement valerannien et une partie de l’état-major, qui est lui-même divisé en deux. D’un côté, celui de Daniel Victorovich, chef d’état-major des armées, qui reste un officier respectable et qui souhaite que l’armée continue d'apporter son soutien et d’obéir au gouvernement, et de l’autre, moi-même, qui refuse catégoriquement que l’armée soit utilisée contre son peuple qu’elle a promis de protéger à n’importe quel prix. Jusqu’à présent, j’ai considéré que ces désaccords relevaient des affaires intérieures de notre République. Cependant, les dernières décisions du Haut-Gouverneur Aurelia Alleva m’obligent aujourd’hui à reconsidérer cette position et à sortir du silence. Le Haut-Gouverneur Alleva est en train d’instaurer un régime totalitaire. Elle considère toute opposition comme une trahison envers son gouvernement et se place elle-même au-dessus de la République, parlant, lors de sa dernière intervention le 9 juillet, de « purge » dans les entreprises, contre certains politiciens et contre quelque soutien que ce soit, du moment qu’elle le juge opposé à elle et à son gouvernement. Elle demande à notre armée de prendre part à cette guerre et de retourner ses armes contre une partie du peuple valerannien. Elle demande que des citoyens soient considérés comme des traîtres en raison de leur opposition à son gouvernement. Elle parle de « purge », de répression et ordonne à notre chef d’état-major d’employer tous les moyens nécessaires pour préserver son autorité. Je n’obéirai pas à cet ordre !
J’ai consacré ma vie à l’Armée républicaine valerannienne. J’ai servi différents gouvernements, obéissant à des hommes et des femmes avec lesquels je n’étais pas toujours en accord. C’est le devoir d’un soldat. Mais pour moi, il existe une différence fondamentale entre obéir au gouvernement de la République et accepter que l’armée devienne un instrument de massacre contre la République et son peuple. Je suis un soldat de Valerania, pas le soldat de ceux qui la gouvernent.

Si refuser de tirer sur mon peuple fait de moi un traître aux yeux de tous, alors j’accepte d’en porter l’accusation si cela me permet de sauver ma nation.

J’ai toujours eu de Valerania une certaine idée. Celle d’une nation forte, libre et fière, capable de traverser les épreuves sans jamais renoncer à ce qu’elle est. Je l’ai servie toute ma vie parce qu’elle est ma patrie. J’ai porté son uniforme, marché sous son drapeau et vu des hommes donner leur vie pour elle. J’y ai vu naître mes enfants et j’y ai enterré mon fils. Tout ce que je suis, je le dois en partie à Valerania. Je ne pourrais donc rester silencieux en la regardant se déchirer. Je ne peux accepter que le nom de notre République soit utilisé pour justifier que des Valeraniens tournent leurs armes contre d’autres Valeraniens. Je ne prétends pas savoir quelle place l’Histoire réservera à ces heures sombres. La mienne importe peu. Mais s’il me reste encore quelque chose à accomplir au service de mon pays, je le ferai même si ma vie en dépend. Je sauverai Valerania et son peuple. Je ne vous demande pas aujourd’hui d’engager Westalia dans notre guerre. Je vous demande cependant de vous tenir prêts, car je crains que les événements des prochains jours ne m'obligent à prendre des décisions qu’autrefois j’aurais jugées impensables.

J’en viens au but de ma missive pour votre gouvernement. Je me rends bien compte qu’un général inconnu d’une autre nation qui vient vous demander cela, c’est certainement beaucoup, mais j’aimerais maintenir un canal diplomatique avec Westalia. Une aide humanitaire aux civils, qui sont finalement les plus grandes victimes de ces événements, avec du matériel médical, de la nourriture et un accueil temporaire de réfugiés près de la frontière. Nos propres institutions de santé ne seront bientôt plus capables de venir en aide à notre propre population. Je demande donc à Westalia de lui porter assistance dans ces moments difficiles. Je ne vous demande ni soldats ni armes. Mais je vous demande de ne pas fermer la porte à ceux qui pourraient venir demain solliciter votre aide au nom de Valerania. Je ne sais pas encore ce que les prochains jours m’obligeront à vous demander. Je sais seulement qu’au moment où Valerania aura peut-être le plus besoin de ses amis, je veux croire que Westalia répondra présente. Cependant, je peux garantir que, si les circonstances devaient placer temporairement entre les mains de l’armée des responsabilités qui ne sont pas les siennes, je prends devant vous l’engagement qu’elles seront rendues aux institutions civiles dès que la République sera en mesure de les exercer de nouveau. Je ne veux pas gouverner Valerania. Je souhaite qu’il existe encore demain une Valerania dans laquelle je serai fier de vivre.

Je ne sais pas si cette missive fera de moi un général, un traître ou simplement un homme ayant tenté d’accomplir son devoir. Je ne demande rien pour moi-même. Je ne demande ni protection, ni fonction, ni reconnaissance. Tout ce que je demande aujourd’hui, je le demande pour Valerania et pour son peuple.

Pour l’heure, ma conscience m’ordonne d’agir pour mon pays et le peuple auxquels je tiens tant. L’Histoire jugera mes décisions.

Avec tout le respect que je dois à la Grande République de Westalia et à son peuple.

Général Antoine De Vaulle

Sous-chef d’état-major de l’Armée républicaine valerannienne

Vive la République.
Vive Valerania.
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