Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage
21 août 2017
Un résumé de l'action gallèsante lors de la chute de Lorenzo Geraert-Wotjkowiak, et depuis le retour d'Aube Thora. Les agents recrutés par Thémond Graviot sont toujours sur le terrain, avec comme but de contrôler les objectifs du nouveau régime. Quant aux services secrets du duché, ils œuvrent à contenir le Honnezh C'hoazh, le mouvement indépendantiste nostrien.
Partie I - Gwenaëlle
Gwenaëlle Kergoson n'avait pas tant eu de nouvelles depuis maintenant six ans. Elle n'en attendait pas, mais elle rongeait son frein avec beaucoup d'amertume, parce que, avec tout ce qui s'était passé, c'était bien le diable que ces bougres-là n'aient rien tenté. Elle avait vu son monde changer en quelques semaines. Le dictateur était tombé sous les balles de putschistes, le rêve. L'armée rouge avait manœuvré vers Lyonnars et le Sud, et voilà que le 29 mars 2016, tous ses espoirs les plus fous semblaient être sur le point de se réaliser. Elle en avait vu tant d'autre y croire encore, jusqu'au bout. Mais il lui avait fallu vingt-quatre heures, à elle, pour passer de l'euphorie à la bile noire. Le 30, elle savait. Les Gallèsants ne viendraient pas, sans même parler des Teylais, Alguarenos, Velsniens et des autres. Rien n'allait arriver.
Pour certains, c'était l'occasion de prendre leur destin en mains. Il s'activaient dans tous les sens en ce but. Mais Gwenaëlle savait que c'était vain. Puis finalement, le 14 avril 2016, elle avait eu cette unique visite de Thémond Graviot. Le Gallèsant, usé plus que jamais, lui avait simplement dit devant une bolée de cidre : « faite-vous discrète. Quand ils reviendront, ils en arrêteront. Vous ne devez pas figurer sur leurs listes ». Il était reparti et n'avait plus donné de signes de vie lors de l'année écoulée. Gwenaëlle s'était tenue à l'écart du Conseil municipal autonome de Saint-Kay. Le 28 juin, les chars de l'armée rouge étaient revenus à Saint-Kay - enfin Doline. Il y avait eu des esclandres dans les semaines suivantes. De la répression aussi. Et puis quelques arrestations, plus discrètes, de membres du Conseil municipal qui pourtant avaient accueillis les rouges à bras ouverts.
Gwenaëlle Korgoson avait tissé des liens, pendant cette année de liberté, avec des membres du Honnezh C'hoazh. De ce qu'elle avait compris, la plupart des membres influents restaient dans l'ombre - eux aussi savaient que les rouges reviendraient. Une militante du nom de Marie qu'elle avait rencontré en juillet 2016 lui avait raconté beaucoup de choses à ce sujet. Le chef de la branche locale des indépendantistes se faisait appeler Cormoran, et il, ou elle, vivait dans les environs de Saint-Kay. Il gérait les maquisards et le trafique d'armes. Marie lui apprit aussi que les Gallèsants étaient passés plusieurs fois de ce côté de la frontière. Ils cherchaient quelqu'un. Pour peu de la rumeur en savait, ils n'avaient rien trouvé. Près de la frontière avec la Gallouèse, il y avait même eu plusieurs fusillades. Mais le C'hoazh avait réussi à les tenir à l'écart de leurs chefs.
Cette discussion en particulier avait convaincu Kergoson que les mouvements citoyens, qui ont été nombreux pendant la période d'anarchie de 2016-2017, n'étaient qu'un jeu de dupes. Pendant que la masse naïve croyait tantôt à la liberté, tantôt à la renaissance de la Nostrie celte et éternelle, les gens vraiment informés menaient un combat dans l'ombre. Les forces spéciales loduariennes restées loyales à Aube Thora, contre les forces traîtresses. Les Gallèsants contre le C'hoazh. Ce combat pour le contrôle de la Nostrie était un combat de longue haleine, et aucune des forces en présence ne voulait se fatiguer trop vite. Et ce combat, d'ailleurs, n'était pas fini. Le 21 août 2017, Gwenaëlle Kergoson reçut du courrier. Dans une boîte au lettre morte.
Activités étrangères en Loduarie Communiste - Page 12
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Posté le : 21 sep. 2025 à 22:45:41
Modifié le : 25 sep. 2025 à 09:32:40
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Posté le : 06 oct. 2025 à 23:16:55
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Partie II - Jules
Après l'opération qui avait vu la Gallouèse s'emparer de documents confidentiels du Département de l'Espionnage Loduarien, il y a de ça cinq ans, Jules avait eu le droit à un congé mérité. S'en était suivi deux ans de bureaux, six mois à Astrana, puis six mois de congés à nouveau. Mais il y a un an, la Loduarie était une nouvelle fois partie en couilles. On lui avait demandé, précisément à ce moment de désordre, de repartir en Nostrie. C'était à Astrana qu'encore il avait posé ses valises. Son référent était d'un autre bureau que lui : de la DDS, les services secrets intérieurs de la Gallouèse. Cet officier de la DDS était chargé de trouver une personne, soupçonnée de d'organiser le "terrorisme" dans le comté de Sophirnie. Lui, Jules, devait simplement infiltrer les indépendantistes nostriens d'Astrana.
À Astrana, l'ambiance était bien différente de Doline. La ville est bien plus loduarienne que sa comparse de la côte ; les Loduariens y représentent une part non négligeable du badaud. La conséquence de cette situation est la méfiance, très grande, qui règne entre les celtes et leurs concitoyens en cette période d'instabilité. Peu de choses ont été tentées à visage découvert, au contraire de toute la province de Doline qui est devenue, l'espace d'une année, un véritable bastion nostrien. C'était à vrai dire une tannée pour entrer en contact avec ces "revendicateurs", trop timorés pour mériter le noble titre de « militants ». Jules avait fini par trouver, en se rapprochant d'une amicale des amateurs de kouign amann, quelques activistes nostriens. Il était entré en juillet 2016, dans ce qui vraisemblablement était une cellule révolutionnaire. Pas de trace ici du Honnezh C'hoazh en revanche.
Ne voulant lâcher cette piste, notre Jules s'était enquis des raisons qui poussaient ces « révolutionnaires » à rester cachés alors que l'opportunité était historique. C'est alors qu'on lui fit comprendre l'essentiel de la situation : les Loduariens étaient loin d'être partis. Ils étaient là, dans les villes, dans les campagnes, sur les réseaux sociaux. Il ne faisaient pas que surveiller, lui apprit-on. Ils étaient actifs. Ils menaçaient. Ils assassinaient. Ils enlevaient parfois. La situation de désordre exigeait une réponse qui n'entrait aucunement dans le cadre de l'État de droit. Mais quels Loduariens sont ceux-là, demandait Jules ? Les services secrets, ceux qui étaient restés loyalistes à Aube Thora, la nouvelle secrétaire-générale du parti, comme les autres, lui répondait-on.
Intrigué, Jules avait toutefois fait passer sa mission avant ces développement annexes. Il suivait les mouvements des loduariens sans chercher à en savoir plus. Mais du côté des indépendantistes nostriens, il n'avançait guère. Un homme, un instructeur révolutionnaire, était passé dans sa cellule, vraisemblablement deux mois avant son arrivée. Cet homme pouvait correspondre à celui qui était recherché. Mais impossible de retrouver sa trace. Jules envoya des signalements de militants qui, partis pour l'Est, prenaient le maquis dans la bande Saint-Kay-Portenri. La DDS, faisant fi de la présence, à ce stade anecdotique, d'un État souverain en Loduarie, avait franchi plusieurs fois la frontière, et avait arrêté sept hommes en une dizaine d'incursions. Le vrai succès était surtout la quantité de matériel militaire saisi, et caché pour l'instant du grand public, dans un entrepôt tenu secret en Gallouèse.
Un jour, Thémond Graviot vint. Jules n'avait plus aucun lien avec son ancien supérieur. Mais Graviot venait lui demander quelque chose, au nom d'une mission qui, disait-il, était pour la Gallouèse. Il voulait savoir ce que Jules, en poste à Astrana, savait de la lutte d'influence interne entre les forces secrètes loduariennes. Jules lui répondit ce que nous avons vu plus haut. Graviot lui intima alors la consigne d'en savoir plus. Notre agent partit donc en quête de renseignement. Sa méthode était simple : il écumait les réseaux anti-loduariens, sur la trace des affrontements, enlèvements et opérations secrètes qu'il pouvait recenser. Cela lui permit de dresser un portrait de l'affrontement qui, sans qu'il le sache d'abord, se déroulait sous ses yeux.
La Milice Anti-Corruption (MAC), aux ordre du putschiste Frédéric Dandelion, était toujours là, malgré la mort prématurée de son chef, retrouvé assassiné par la force gamma-3 à Teyla. Depuis, il n'en était plus que conflit d'influence entre deux camps structurés autour des Forces d'intervention spécialisées (FIS). La force rebelle, exécutrice de la révolte, la FIS alpha-4, poursuivait sa besogne de dé-lorenzo-isation. Une entreprise vaine, à en croire la traque méthodique des agents de l'alpha-4 par les autres FIS ; lorsque par exemple on trouvait un militant nostrien mort, on pouvait suivre les traces de sang et trouver son bourreau, abattu à son tour par d'autres Loduariens.
De fait, que ce soit la MAC et ses sbires d'un côté, et les loyalistes de l'autre, tous devaient faire face au combat anti-communiste. Des résistants loduariens, des fascistes aussi, montés du Sud où ils occupaient encore largement l'armée et la police dans une guerre civile sanglante. Ainsi, leur combat interne ne faisait qu'ajouter de la division et retarder le moment, d'apparence inéluctable, où les rouges reprendraient le contrôle de la Nostrie. Jules fit à Graviot ce rapport, au 28 mai 2017 : « les mouvements rebelles, après ce que je vois du combat en cours entre les rouges, n'ont aucune chance de gagner cette lutte à Astrana. Les Dandelistes sont déjà sur la défensive, et on compte toujours plus d'alpha-4 parmi les victimes des règlements de compte. Thora va un jour poser le pied dans cette ville, ce n'est qu'une question de mois ». Les opérations de la MAC étaient toutefois pilotées depuis l'étranger, comme finit par l'apprendre notre Jules. Le combat pour la Nostrie ne règlerait donc pas forcément celui pour la Loduarie.
Et puis finalement, c'était le 28 juin, un mois jour pour jour après le rapport, qu'Aube Thora avait remis le pied à Astrana. Ce qu'en revanche le Gallèsant n'avait pas prévu, c'était la célérité avec laquelle l'armée rouge remit la main sur le reste du territoire. En quelques jours, le drapeau loduarien flottait sur toute la Nostrie. En apparence au moins, Thora avait le contrôle des villes. L'activité souterraine, pourtant, ne s'était pas tue.
Et Jules, lui, continuait à être témoin de cette lutte fratricide des profondeur, qui se transformait jour après jour en traque. Il reçut un ordre de Mélensis. On régularisait son statut, et on pérennisait sa mission. Sur ordre du colonel Picotous, il allait rester là.
Après l'opération qui avait vu la Gallouèse s'emparer de documents confidentiels du Département de l'Espionnage Loduarien, il y a de ça cinq ans, Jules avait eu le droit à un congé mérité. S'en était suivi deux ans de bureaux, six mois à Astrana, puis six mois de congés à nouveau. Mais il y a un an, la Loduarie était une nouvelle fois partie en couilles. On lui avait demandé, précisément à ce moment de désordre, de repartir en Nostrie. C'était à Astrana qu'encore il avait posé ses valises. Son référent était d'un autre bureau que lui : de la DDS, les services secrets intérieurs de la Gallouèse. Cet officier de la DDS était chargé de trouver une personne, soupçonnée de d'organiser le "terrorisme" dans le comté de Sophirnie. Lui, Jules, devait simplement infiltrer les indépendantistes nostriens d'Astrana.
À Astrana, l'ambiance était bien différente de Doline. La ville est bien plus loduarienne que sa comparse de la côte ; les Loduariens y représentent une part non négligeable du badaud. La conséquence de cette situation est la méfiance, très grande, qui règne entre les celtes et leurs concitoyens en cette période d'instabilité. Peu de choses ont été tentées à visage découvert, au contraire de toute la province de Doline qui est devenue, l'espace d'une année, un véritable bastion nostrien. C'était à vrai dire une tannée pour entrer en contact avec ces "revendicateurs", trop timorés pour mériter le noble titre de « militants ». Jules avait fini par trouver, en se rapprochant d'une amicale des amateurs de kouign amann, quelques activistes nostriens. Il était entré en juillet 2016, dans ce qui vraisemblablement était une cellule révolutionnaire. Pas de trace ici du Honnezh C'hoazh en revanche.
Ne voulant lâcher cette piste, notre Jules s'était enquis des raisons qui poussaient ces « révolutionnaires » à rester cachés alors que l'opportunité était historique. C'est alors qu'on lui fit comprendre l'essentiel de la situation : les Loduariens étaient loin d'être partis. Ils étaient là, dans les villes, dans les campagnes, sur les réseaux sociaux. Il ne faisaient pas que surveiller, lui apprit-on. Ils étaient actifs. Ils menaçaient. Ils assassinaient. Ils enlevaient parfois. La situation de désordre exigeait une réponse qui n'entrait aucunement dans le cadre de l'État de droit. Mais quels Loduariens sont ceux-là, demandait Jules ? Les services secrets, ceux qui étaient restés loyalistes à Aube Thora, la nouvelle secrétaire-générale du parti, comme les autres, lui répondait-on.
Intrigué, Jules avait toutefois fait passer sa mission avant ces développement annexes. Il suivait les mouvements des loduariens sans chercher à en savoir plus. Mais du côté des indépendantistes nostriens, il n'avançait guère. Un homme, un instructeur révolutionnaire, était passé dans sa cellule, vraisemblablement deux mois avant son arrivée. Cet homme pouvait correspondre à celui qui était recherché. Mais impossible de retrouver sa trace. Jules envoya des signalements de militants qui, partis pour l'Est, prenaient le maquis dans la bande Saint-Kay-Portenri. La DDS, faisant fi de la présence, à ce stade anecdotique, d'un État souverain en Loduarie, avait franchi plusieurs fois la frontière, et avait arrêté sept hommes en une dizaine d'incursions. Le vrai succès était surtout la quantité de matériel militaire saisi, et caché pour l'instant du grand public, dans un entrepôt tenu secret en Gallouèse.
Un jour, Thémond Graviot vint. Jules n'avait plus aucun lien avec son ancien supérieur. Mais Graviot venait lui demander quelque chose, au nom d'une mission qui, disait-il, était pour la Gallouèse. Il voulait savoir ce que Jules, en poste à Astrana, savait de la lutte d'influence interne entre les forces secrètes loduariennes. Jules lui répondit ce que nous avons vu plus haut. Graviot lui intima alors la consigne d'en savoir plus. Notre agent partit donc en quête de renseignement. Sa méthode était simple : il écumait les réseaux anti-loduariens, sur la trace des affrontements, enlèvements et opérations secrètes qu'il pouvait recenser. Cela lui permit de dresser un portrait de l'affrontement qui, sans qu'il le sache d'abord, se déroulait sous ses yeux.
La Milice Anti-Corruption (MAC), aux ordre du putschiste Frédéric Dandelion, était toujours là, malgré la mort prématurée de son chef, retrouvé assassiné par la force gamma-3 à Teyla. Depuis, il n'en était plus que conflit d'influence entre deux camps structurés autour des Forces d'intervention spécialisées (FIS). La force rebelle, exécutrice de la révolte, la FIS alpha-4, poursuivait sa besogne de dé-lorenzo-isation. Une entreprise vaine, à en croire la traque méthodique des agents de l'alpha-4 par les autres FIS ; lorsque par exemple on trouvait un militant nostrien mort, on pouvait suivre les traces de sang et trouver son bourreau, abattu à son tour par d'autres Loduariens.
De fait, que ce soit la MAC et ses sbires d'un côté, et les loyalistes de l'autre, tous devaient faire face au combat anti-communiste. Des résistants loduariens, des fascistes aussi, montés du Sud où ils occupaient encore largement l'armée et la police dans une guerre civile sanglante. Ainsi, leur combat interne ne faisait qu'ajouter de la division et retarder le moment, d'apparence inéluctable, où les rouges reprendraient le contrôle de la Nostrie. Jules fit à Graviot ce rapport, au 28 mai 2017 : « les mouvements rebelles, après ce que je vois du combat en cours entre les rouges, n'ont aucune chance de gagner cette lutte à Astrana. Les Dandelistes sont déjà sur la défensive, et on compte toujours plus d'alpha-4 parmi les victimes des règlements de compte. Thora va un jour poser le pied dans cette ville, ce n'est qu'une question de mois ». Les opérations de la MAC étaient toutefois pilotées depuis l'étranger, comme finit par l'apprendre notre Jules. Le combat pour la Nostrie ne règlerait donc pas forcément celui pour la Loduarie.
Et puis finalement, c'était le 28 juin, un mois jour pour jour après le rapport, qu'Aube Thora avait remis le pied à Astrana. Ce qu'en revanche le Gallèsant n'avait pas prévu, c'était la célérité avec laquelle l'armée rouge remit la main sur le reste du territoire. En quelques jours, le drapeau loduarien flottait sur toute la Nostrie. En apparence au moins, Thora avait le contrôle des villes. L'activité souterraine, pourtant, ne s'était pas tue.
Et Jules, lui, continuait à être témoin de cette lutte fratricide des profondeur, qui se transformait jour après jour en traque. Il reçut un ordre de Mélensis. On régularisait son statut, et on pérennisait sa mission. Sur ordre du colonel Picotous, il allait rester là.
Posté le : 01 jan. 2026 à 19:25:33
Modifié le : 01 jan. 2026 à 19:25:44
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Le capitaine était perplexe vis-à-vis de la situation, un navire inconnu identifié comme loduarien venait alors de les contacter. Le capitaine devait agir vite, l'équipage en passerelle était alors silencieux, attendant que le capitaine prononce un mot pour définir la marche à suivre. Après tout, se dit le capitaine, ce sont des camarades communistes, qui en plus se sont annoncés, il ne devait alors s'agir ici que de bonnes intentions. Alors, malgré un message envoyé directement à son état-major pour avertir de la situation ainsi qu'à son allié le Grand Kah, le navire émit à leur homologue loduarien :
Vous êtes bien loduarien, n'est-ce pas ? Je ne miserais pas sur des pirates au vu de votre attitude. Disons alors que nous acceptons que vous nous escortiez, y a-t-il une contrepartie ?
Le capitaine ordonna tout de même à ses hommes en passerelle afin de déclencher l'alarme et se préparer au poste de combat. Les Loduariens avaient beau être nos camarades, nous ne les connaissons pas assez pour leur faire confiance.
Posté le : 28 jan. 2026 à 15:34:48
Modifié le : 04 fév. 2026 à 14:52:54
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Pays infiltrant: Duché de Gallouèse
Pays infiltré: Nation Communiste de Loduarie
Prévisionnel de la date (RP) de l'action: 11 septembre 2018
Contexte : Lors de la chute de Lorenzo Geraert-Wotjkowiak, la Gallouèse s'est massivement ingérée en Loduarie. Après le retour de sa femme au pouvoir, un nouveau réseau s'est tissé dans le pays communiste, s'appuyant sur le chaos qui avait régné. Des agents expérimentés des services d'espionnage gallèsants, l'équipe du lieutenant « Pissenlit », depuis promu capitaine, sont restés sur place. Mais ce réseau renouvelé, en plus de recevoir plus de moyens, est épaulé par les renseignement militaire gallèsant qui a pour tâche de suivre les manœuvres de la Loduarie.
Objectifs: Découvrir l'existence d'un plan d'invasion de l'Antares par la Loduarie.
Réussite majeure : Les services secrets gallèsants acquièrent rapidement avant le jour-J la certitude que la Loduarie va attaquer l'Antares, via l'analyse des mouvements de troupe mais aussi par des preuves de la décision politique du gouvernement loduarien.
Réussite mineure : Les services secrets gallèsants réunissent les éléments nécessaires à considérer comme fort plausible une invasion prochaine. Ces éléments sont constitués de l'analyse des mouvements de troupes ainsi que d'interprétations de documents émanant du gouvernement, mais sans preuve évidente. La découverte est plus tardive.
Échec mineur : Les services secrets gallèsants soupçonnent l'existence d'un plan d'attaque mais n'en détiennent aucun aspect technique et aucune preuve. De plus, les soupçon surviennent tardivement.
Échec majeur : Les services secrets gallèsants passent complètement à côté de l'intervention loduarienne et ne se doutent de rien. Le jour-J, la Gallouèse est prise totalement par surprise.
Enjeu:
- Se préparer à l'invasion loduarienne
- Prévenir l'Antares et ses alliés d'une invasion imminente
- Menacer la Loduarie, par des canaux officieux, d'une intervention gallèsante en Antares.
Identification des cibles :
Province #22922 (Lyonnars)
Moyens engagés :
- Le réseau de la DDSE en Loduarie, implanté à la fois à Lyonnars et dans la région de Dolinne (appelée "Nostrie" en Gallouèse), dirigé par l’agent "Pissenlit" opérant sous le nom de Thémond Graviot et vétéran de la campagne du Magermelk et de l'opération Zunans I en Loduarie. Sont aussi impliqués les agents de son équipe, ce qui inclus notamment deux anciens vétérans de Zunans I spécialisés dans l'espionnage "diplomatique", ainsi que des agents spécialisés dans les opérations "dures" (enlèvements, cambriolages, sabotages).
- Les services de la Direction ducale du renseignement militaire (DDRM) ont déployé des agents et des moyens d'observation (radar, aéronefs et navires espions, photos satellites, radios, caméras). Aucun agent de la DDRM n'est infiltré : ce ne sont que des incursions qui sont parfois effectuées.
Mode opératoire :
1. Thémond Graviot et ses agents tentent de découvrir les preuves politique d'une invasion
Pour cela, ils infiltrent l'état-major loduarien, et les services assimilables à un ministère de la défense. Cette fois-ci, la méthode est beaucoup plus classique de pour Zunans I. Les agents identifient des contacts, nouent des relations de confiance avec des gens susceptibles de leur fournir des informations. S'ils y arrivent, leur but sera de les prendre en photo. Ils sont prêt à prendre le temps qu'il faut, mais cette opération fait finalement partie d'une opération de surveillance sur le temps long qui a d'ailleurs commencé depuis plus d'un an. Aussi, cette opération précise sera faite prudemment, avec le temps qu'il faudra. La priorité des agents et de conserver le réseau intact.
2. La DDRM mène une opération coup de poing
Du côté de la DDRM, c'est tout l'inverse : dans le climat de tensions actuel et face à la mise en place du blocus loduarien, le duché souhaite avoir rapidement accès à un rapport complet et précis des mouvements de troupe loduariens. Plusieurs incursions sont faites pour prendre des photos et poser des caméras et des micros près des casernes frontalières. Deux navires banalisés en civil patrouillent dans les eaux antariennes. Les radars gallèsants surveillent l'Antares et les régions loduariennes frontalières. Plusieurs avions espions survolent la frontière antaro-loduarienne.
Cette tactique bourrine a un défaut : elle n'est pas discrète. Aussi, il est évident que la Loduarie se sait surveillée par l'armée gallèsante. Attention, toutefois, une opération de renseignement militaire ne révèle rien quant à la présence d'un réseau clandestin de la DDSE. Les deux opérations sont cloisonnées.

Posté le : 28 jan. 2026 à 17:43:01
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Posté le : 01 fév. 2026 à 20:01:00
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Camarades, Prolétaires de toute la Confédération ! Aujourd’hui est un grand jour ! La Loduarie a décidé de se libérer du joug d’Antares ! La Glorieuse nation des prolétaires va briser les chaînes qui mettaient en péril sa sécurité ! La nation des Camarades libérés du capitalisme et de ses crimes va pourvoir mettre fin à une domination silencieuse qui n’a fait que s’aggraver au cours du temps ! La Camarade Aube a décidé de prendre en main une situation déplorable. Une situation criminelle. Une abomination qui fait honte à tout le prolétariat communiste de ce monde. Tout cela n’est rien d’autre que justice, tout cela n’est rien d’autre que dans le bon droit de la Loduarie. Et tout cela profitera in fine à tout les prolétaires de ce monde ! Lorsque notre défenseur bien aimé est décédé sous les lâches coups de poignard de Brutus ; ce couard qui ne mérite rien d’autre que la corde ou le goulag, sa digne successeure, l’heureuse femme qui poursuivit les inlassables efforts de son admirable conjoint pour la libération des prolétaires du monde entier. Et aujourd’hui, la camarade Aube, astre luisant dans les cieux qui éclaire le monde marxiste et la conscience prolétaire, montre que c’est une femme de poigne, qui n’a rien à envier à son héroïque mari.
Les plus niais des opposants au Loduarisme prétendraient que cette opération est « illégitime », que la Confédération devrait « condamner » cette dernière. Pire encore, ce serait une « preuve indubitable de l’impérialisme loduarien ». Seulement, mis à part faire montre d’un racisme inavoué visant le peuple loduarien dans toute sa globalité, ces hommes à l’intelligence négative, oublient deux points essentiels, que dis-je essentiels, vitaux qui rendent cette opération spéciale tout à fait justifiée et même souhaitable. J’entends par là qu’elle profiterait à tous ; aux camarades prolétaires de l’Antares, et à la Loduarie. Et c’est pour cette raison que l’on peut considérer que cette guerre est « juste », non pas par ce qu’elle est morale, mais car elle est légitime. Bien plus légitime que les opérations menées par les sociaux-traîtres d’Axis Mundi ou les Objets Idéologiques Non Identifiés de Mistohir. C’est pour cette raison qu’il est illégitime, et même stupide de comparer ce conflit à ce qui se passe actuellement en terre de sauvagerie ; à l’est de l’Eurysie. C’est aussi pour cela que l’on devrait décerner à la camarade Aube un prix pour la paix et un autre pour la remercier de ses brillantissimes décisions.
Dans un premier lieu ; l’Antares n’est pas un paradis terrestre ; la machine capitalistique s’est rayée et ses défauts structurels ont éclatés au grand jour. La démocratie bourgeoise, ses sociaux-démocrates dégénérés ! Admirez le résultat que donne un tel gouvernement ! Avec une coalition ratissant large ; allant des salopes sans convictions incapables de s’incliner devant la supériorité intellectuelle évidente de vrais marxistes, c’est à dire devant les Eurycommunistes, ceux qui maîtrisent véritablement la dialectique, les rapports de domination et la vérité à savoir que dans une société capitaliste, l’effondrement est nécessaire, dans le sens où elle ne peut se maintenir éternellement. Les Sociaux-démocrates sont des lâches, des couards, qui croient qu’il est possible de réformer un système déjà pourris ! Cette demi-lucidité impardonnable car lâche et faible ; une lucidité petite bourgeoise, incapable de prendre des positions tranchées. Mieux vaut des conservateurs que des sociaux-démocrates dans un gouvernement. Les premiers sont peut-être arriérés, mais en attendant ils sont capables de prendre de vraies décisions. D’autre part, on n’oublie un peu trop vite que l’État d’Antares est sujet à une guerre civile ; signifiant déplacement de populations, massacres et crimes sans noms commis pour deux factions ; une clique de sociaux-démocrates mous et une bande de militaristes fascisés ayant trahi la République pour des milices ! Faut-il plus d’explications ? Faut-il dès lors considérer que l’opération loduarienne est une invasion ou de l’humanitaire ?
Après tout, si nous réfléchissons avec un minimum d’intelligence et que nous dépassons les simples topoï chrétiens dépassés par l’Histoire, nous en arrivons vite à une conclusion ; nous n’aidons pas un État en guerre civile sans garantir la sécurité des secouristes. C’est comme si on aidait les Gondolais sans gilets par balles ; comme si des miliciens fascistes allaient laisser de braves camarades sauver des blessés ! C’est une absurdité en plus d’être d’une naïveté sans nom qui en dit long sur ceux qui nous gouvernent ! Des brêles et des enfants ! Et puis ensuite, ne devrions nous pas remercier la Camarade Aube de préserver la sécurité des civils en les empêchant de se faire la guerre ? Même des philosophes de la Contre-révolution ont admis la nécessité d’avoir une structure qui empêche les individus de s’affronter pour les rendre plus dociles et moins violents. C’est de cette manière et uniquement de cette manière là que l’on peut pacifier la société locale sans pour autant craindre une recrudescence des tensions, politiques ou sociales. Aube maintient la paix et pourtant on ne cesse de lui cracher dessus, de la comparer à une traînée et à une vulgaire impérialiste qui ferait passer l’O.N.D pour des enfants de choeur et l’O.N.C pour de bons samaritains ! On ne reproche pas à Manticore de déchaîner l’Enfer sur Carnavale, on ne reproche pas à Deria de couler des navires du Churaynn à ce que je sache ! C’est un deux poids deux mesures criant qui en dit long sur l’anti-communisme qui gangrène cette société et qui explique pourquoi la Révolution ne saurait triompher dans cette terre maudite ! Pire encore, on fait passer les constructions idéologiques pour condamner une action humanitaire raisonnée ; la Loduarie n’envahit pas, elle aide ! C’est de la générosité et pourtant on ose affirmer que Aube est un monstre assoiffée de sang et l’on déchaîne sur elle des torrents de haine ! Bientôt, elle deviendra la nouvelle Jézabel et l’on priera pour qu’une horde de chiens vienne la dépecer ? Ou l’on légitimera les attentats contre la Loduarie peut-être ? C’est tout simplement criminel. C’est même honteux ! À ce que je sache, on n’insulte pas la grosse Catherine pour ses frasques carnavalaises, on ne fait pas de Madame de Boiderose la dernière des catins pour ses crimes de guerre ? Ainsi pour être clair, cette opération armée, malgré le manque évident de communication des services d’information loduariens est avant tout humanitaire et n’est ni plus ni moins qu’une BONNE et GENEREUSE action !
Dans un second temps, il faut reconaitre à la Camarade Aube un génie politique, son cœur est grand, son intellect l’est encore plus. Je ne suis pas fondamentalement adepte de l’action humanitaire ; même si elle est généreuse, je ne suis pas naïf, les Loduariens forment un peuple pragmatique par nature, et avec eux rien n’est gratuit. Seulement, ils ont l’intelligence, comparé aux Velsniens, d’emballer cela de la bonté innée. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on peut considérer les Loduariens comme les premiers socialistes pragmatiques ; le cœur et la raison agissent de concert pour le bien de l’Humanité. Car qui irait sacrifier ses hommes pour les beaux yeux d’un peuple, excepté un fou ? Je ne dis pas que cette opération n’est pas foncièrement humanitaire, je dis simplement qu’elle poursuit en parallèle d’autres objectifs. N’enlevant d’aucune manière le bien prodigué par les autorités militaires loduariennes à la population de l’Antares.
En effet, la petite république est une épine dans le pieds, une menace pour la Loduarie. Il suffit pour ce faire d’admirer les multiples accrochages qu’il y eut dans le Golfe de Loduarie ; après tout on a bien vu que chaque fois l’Antares s’arme contre la Loduarie. Elle représente un danger existentiel pour la nation des Prolétaires. Que dis-je un danger existentiel ; une menace sur le long terme pour l’intégrité territoriale et politique de la nation de Lorenzo ; c’est un fait avéré ! Après tout, le camarade Lorenzo n’est-il pas un homme clairvoyant qui réussit à sauver la Loduarie des griffes du fascisme capitalistique ! N’a t’il pas fait de cet États oublié des grands axes commerciaux une puissance régionale dynamique ? N’a t’il pas sauvé le prolétariat tout entier des bassesses morales des sociaux-traîtres et des sociaux-démocrates ? Si l’Antares s’arme, ce n’est pas pour se défendre ! Car pour vouloir se défendre, il faut qu’il y ait une menace. Mais alors de quelle menace parlons-nous ? La Loduarie est pacifique ; elle n’intervient que pour défendre ses alliés contre les technocrates onédiens et les capitalistes onéciens ! Chaque fois qu’elle entre en guerre, c’est pour de la légitime défense. On reconnaît encore une fois l’honneur intrinsèque qui guide les élites loduariennes.
Dès lors, de quelle menace, je le répète parlons-nous ? Est-ce que la Loduarie a tenté d’envahir l’Antares ? Est-ce que Lyonnars s’est montrée dangereuse avec l’Antares ? Non, que nenni ! La seule chose que veut la Nation des Prolétaires, c’est un droit de passage pour relier ses deux enclaves et assurer de manière pérenne son contrôle sur les régions agitées du sud ! Pouvons-nous considérer que cette demande est exagérée ? Pouvons-nous appeler ça de l’impérialisme ? Non ! C’est un calcul tactique. La Loduarie est menacée de partout ! Au nord avec les monarchies sociales-démocrates ; au sud avec la Réaction ! Dès lors, pourquoi Margaux s’arme si elle n’est pas en danger ? Si ce n’est pour envahir la Loduarie ! La Nation des prolétaires propose des accords équitables et l’Antares les refuse, les jette à la poubelle ! Pis encore, elle achète massivement aux ennemis jurés de la Loduarie ; les armes du Faravan en sont un exemple brillant qui nous éclaire sur les mauvais sentiments animant l’Antares ! La république des lâches a préféré temporiser plutot que négocier des accords de non-agression et un droit de passage avec la Loduarie ! Si ça c’est pas une déclaration de guerre, je vois pas ce que c’est d’autre ! Et c’est du racisme anti-loduarien que de considérer cette opération comme « impérialiste ». D’une part car elle est avant tout humanitaire, comme nous avons pu le constater plus tôt, mais aussi car elle est motivée par des motifs pragmatiques ; la « guerre continuation de la politique » comme qui dirait. N’est-ce pas ? Dès lors, on n’accuse pas la Loduarie d’entrer en guerre contre l’Antares, mais d’assurer sa sécurité ; sa marge d’intervention et ses capacités à maintenir au calme les fascistes de Galaisie.
L’opération humanitaire participe ainsi à renforcer la puissance loduarienne en lui redonnant un droit fondamental, reprendre le contrôle de sa souveraineté qui dépendait d’une puissance qui lui était structurellement hostile car capitaliste. Et dès lors, nul ne peut s’inquiéter de cette « invasion » car elle ne fait que reprendre ce que l’Antares doit à la Loduarie, c’est à dire son droit de passage. La Loduarie n’envahit pas l’Antares, elle se défends de son impérialisme latent. Ce n’est plus une agression, mais de l’auto-défense. C’est pour cette raison que cette opération est légitime, car elle est à la fois éthique ; l’objectif est d’aider les populations civiles contre la menace que représentent des militaires séniles, fascisés et violents mais aussi pragmatique ; les intérêts politiques guident l’action de la Loduarie et nous ne saurions empêcher la nation loduarienne de recouvrer son droit le plus fondamental ; l’unité. Vous n’imaginez pas l’enfer logistique que c’est de ne pas pouvoir rejoindre ses deux territoires sans craindre qu’une nation tiers ne coule nos navires ou n’abatte nos avions ; c’est à la fois si embarrassant et si injuste ; la Loduarie est à la merci de l’Antares pour ses échanges avec la Galaisie. Comment pourrions-nous schématiser cela ? C’est bien difficile en vérité ; ce n’est pas une épée de Damoclès ; c’est une mort lente qui peut donner assez de latitude aux nationalistes, indépendantistes ou fascistes pour prendre une autonomie qui mettrait en péril l’unité loduarienne, et à terme son existence si l’Antares refuse de lui donner un accès militaire. C’est pour cela qu’il est si difficile de ne pas considérer cette opération comme légitime.
D’autre part, même si la Loduarie se renforcerait en « envahissant », devrions-nous dire en libérant le prolétariat de l’Antares, est-ce une si mauvaise que cela ? Nous l’avons constaté, cette opération est doublement légitime, mais imaginons que nous vivons dans un monde alternatif où le capitalisme fonctionne réellement et que les sociaux-démocrates aka les collabos’ du Grand Capital dominent le monde (l’Enfer, n’est-ce pas?) et bien cette opération ne pourrait être considérée « impérialiste » car la Loduarie représente le Prolétariat. La Loduarie est dirigée par le Prolétariat. La Loduarie agit de ce fait au nom du Prolétariat. Et comme l’a si justement rappelé Marx ; « Prolétaires de tout pays, unissez-vous ! » et dès lors ce qui est bon pour les prolétaires loduariens est bon pour les prolétaires Antariens. Il ne s’agit pas d’essayer de défendre l’indéfendable ; il s’agit de montrer la vérité aux yeux des petits bourgeois dominant notre vie politique. Les impérialistes agissent au nom d’intérêts capitalistiques ; car ce sont les Bourgeois qui le dominent. Tout État dominé par une classe bourgeoise est voué à devenir un Empire s’il devient une grande puissance, l’un des paradoxes de cette dernière ; l’État se renforce pour ne pas avoir à se défendre, et dans un réarmement purement défensif (« qui vis pacem, para bellum » comme le rappelle le célébrissime adage) il acquiert une telle puissance qu’il se permets d’intervenir de partout là où ses intérêts sont menacés ; de proie en danger d’extinction, il devient un prédateur. Pourquoi ? Car avec le réarmement, l’économie tourne à plein régime et à alimenter l’appétit de la bourgeoisie d’affaire qui milite donc pour vendre des armes et les retourner contre les camarades qui les fariquèrent. C’est à la fois un moyen de se débarrasser des avants-gardes révolutionnaires et donc anti-capitalistes ; qui nuisent aux intérêts de la bourgeoisie, tout en participant efficacement à un processus de récupération et de centralisation des richesses.
Or, une guerre menée par le prolétariat pour le prolétariat a le mérite de briser ce cycle ; qui irait assassiner en toute conscience ses camarades ? Qui profiterait des richesses accumulées si ce n’est le peuple, la foule, la populace ? Dès lors la guerre devient juste car populaire. Elle ne servirait plus les intérêts d’une caste de privilégiés, mais du peuple tout entier venant libérer de l’oppression ses camarades. C’est tout un changement de paradigme ; la doxa impériale se transforme en doxa populaire ; ce n’est plus une guerre ; c’est une libération. Lorsque la Loduarie a pris temporairement le contrôle de l’Oblast de Kaliningrad ou de la République de Translavie ; ce n’est pas dans une logique impériale, mais dans une logique libératrice. Le peuple loduarien a brisé les chaînes d’un peuple dominé par un malade mental. Ce n’est donc pas de l’impérialisme ; le nouveau régime translavique n’est pas aux ordres de Lyonnars, alors que celui « libéré » par l’O.N.D en dépends ; pourquoi ? C’est simple, l’O.N.D agit constamment dans une logique impériale, car étant dirigé par des petits bourgeois adeptes de la bureaucratie sociale-démocrate. La Loduarie agit dans un ordre inverse ; la libération et uniquement la libération. Même exemple pour Nording-Kros ; sympathique sujet de l’Empire de Tanska qui dépends de sa Métropole pour accepter une ambassade et pour assurer sa survie face à une horde de réactionnaires assoiffés de sang. Et qui surtout, ne souhaitent pas voir leur État devenir un sujet de la république de Manche Blanche mais sans les privilèges accordés à ses citoyens… On le constate ; l’O.N.D est impérialiste car elle vise à assurer son hégémonie par la violence et l’interventionnisme ; la Loduarie a toujours été la cible de cet ordre interventionniste car elle s’y opposait, ou du moins n’adoptait pas le même schéma de pensée. C’est pour cette raison que ça flotte a été coulée devant les colonnes d’Héraclès ou que ses troupes ont été décimées au Mokhaï. Car elle refusait l’impérialisme des parasites d’Ascusejo ou des technocrates de la Bureaucratie tanskienne.
Ainsi, fondamentalement, nécessairement, obligatoirement, l’intervention humanitaire loduarienne profitera à l’Antares. Non pas car elle est bonne ; c’est à dire avant tout humanitaire. Non pas par ce qu’elle est légitime ; Lyonnars mets à terre une menace existentielle, un impérialisme en devenir. Mais par ce qu’elle agit au nom de la volonté populaire ; Vox populi, Vox dei dit-on. Elle n’assure pas uniquement la paix pour les civils antariens, elle libère le prolétariat antarien dominé par une petite bourgeoisie sociale démocrate et une élite réactionnaire. Ainsi même les anti-loduariens ne sauraient décrire cette opération spéciale comme « impérialiste » car elle libère un peuple au lieu de le soumettre. Tout comme en Translavie, le peuple est libéré de ses chaînes. Car en Antares, c’est une démocratie bourgeoise et népotique qui règne ; le peuple n’est consulté que pour donner un avis dont les dirigeants se foutent éperdument. Un peu comme en Antérinie ou à Velsna.
Dès lors camarade ; il est clair que la Camarade Aube est une sainte ; elle libère, aide et agit en femme politique accomplie et socialiste. Elle représente le peuple antarien tout autant qu’elle représente le peuple loduarien. Plus encore, elle représente le Prolétariat tout entier, que les sangsues d’Axis Mundi tentent d’affaiblir ou que les courtisans du Grand Capital tentent d’invisibiliser. Remercions la pour son humanisme et son pragmatisme. Et soyons fiers d’affirmer que l’opération spéciale loduarienne n’est pas impérialiste, mais libératrice. Quant aux fous qui maintiennent le contraire, nous connaissons tous l’adage ; « Beati paupere in spiritu ». Bienheureux sont les pauvres d’esprit. Et enfin, continuons à nous battre pour l’instauration d’une véritable société communiste en Antérinie et dans le monde entier !
Posté le : 07 fév. 2026 à 12:35:10
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Le gouvernement fédéral tanskien appelle la Loduarie à cesser immédiatement ses actions militaires et à se retirer sans condition du territoire antarien afin d'en respecter pleinement l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance.
Le gouvernement fédéral tanskien entreprendra dans les plus proches délais des consultations avec ses partenaires régionaux, alliés ou non, afin de définir la juste réponse à apporter à cette nouvelle agression loduarienne en Eurysie.
Le gouvernement fédéral tanskien exprime sa solidarité avec les femmes, les hommes et les enfants dont les vies ont été touchées par cette agression militaire injustifiée et injustifiable.
Posté le : 08 fév. 2026 à 22:41:23
Modifié le : 08 fév. 2026 à 22:42:28
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Les informations liées à ce rapport sont confidentielles et sont tenu secrète
Rapport d’espionnage des services
Ici Ghost III, agent de reconnaissance en mission en Loduarie Communiste. Mon dernier rapport fait état d'une activité militaire intensifiée, d'une ampleur inhabituelle, au sein des forces armées Loduariennes. La nature exacte de ces préparatifs reste indéterminée, mais plusieurs indicateurs convergent vers une potentielle intervention de grande échelle.
Depuis mon activation il y a quarante-huit heures, j'ai observé une augmentation significative des mouvements de troupes lourdes le long des principales artères logistiques, particulièrement dans la région frontalière nord-ouest, adjacente aux territoires Antarien. Les convois, principalement composés de véhicules blindés de transport de personnel et de systèmes d'artillerie automoteurs, sont masqués avec un soin méticuleux, suggérant une intention de discrétion qui contraste avec la visibilité habituelle des exercices de routine. Le balai incessant des transports ferroviaires, habituellement dédié au fret civil, est désormais dominé par des plateformes de transport de chars et d'équipements de génie.

L'activité aérienne a également connu un pic notable. Des patrouilles de reconnaissance, généralement espacées, se sont densifiées, et le trafic d'hélicoptères de transport a quadruplé dans les zones de déploiement supposées. Nos interceptions de communications codées révèlent une terminologie habituellement réservée aux phases de mobilisation avancée, bien que la prudence soit de mise quant à l'interprétation. Les bases aériennes semblent en état d'alerte élevée, avec des rotations plus fréquentes d'avions de chasse et des simulations de décollage et d'atterrissage nocturnes. Les équipes au sol travaillent sans relâche, sous des projecteurs puissants, chargeant du matériel et du carburant à un rythme effréné.
Les infrastructures civiles adjacentes aux zones militaires sont soumises à des restrictions accrues. Les accès routiers sont fréquemment bloqués par des barrages improvisés et les contrôles d'identité sont devenus systématiques. Des coupures de courant sporadiques, affectant de larges secteurs, ont été signalées au cours des dernières nuits, potentiellement liées à des exercices de brouillage électronique ou à la mise en place de défenses anti-aériennes. La population locale manifeste une certaine nervosité, les rumeurs de "grands manœuvres" se propageant rapidement, alimentant un climat d'incertitude.
Les agents Spider III, Ghost VI et Ghost VII confirment ces observations depuis leurs zones d'opération respectives. Spider III, positionné à proximité d'un important dépôt de munitions, a rapporté une cadence de réapprovisionnement sans précédent, avec des camions entrant et sortant vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ghost VI, infiltré dans un centre de commandement régional, a intercepté des directives concernant la préparation d'hôpitaux de campagne et l'approvisionnement en fournitures médicales d'urgence, des mesures qui excèdent largement le cadre d'un simple exercice. Ghost VII, quant à lui, a documenté la réactivation d'anciennes installations de production d'uniformes et d'équipements, laissées à l'abandon depuis des années.
Bien qu'une interprétation prudente s'impose, ces mouvements pouvant s'inscrire dans le cadre d'un exercice militaire d'envergure, destiné à affirmer la puissance loduarienne sur la scène internationale, la convergence de ces éléments milite en faveur d'une préparation à une action plus concrète. La simultanéité et l'ampleur de ces activités dépassent ce que nous avons observé lors des précédents "exercices de démonstration" de la Loduarie.
Pour l'heure, aucun risque imminent pour nos opérations ne semble se profiler, les préparatifs étant encore dans leurs phases initiales. Nous allons intensifier nos efforts de collecte de renseignements, en adoptant une discrétion maximale afin d'éviter toute détection. L'objectif est d'obtenir une image claire des intentions loduariennes. Nous maintiendrons le silence radio jusqu'à la fin de cette phase d'enquête ou en cas d'événement imprévu nécessitant une extraction ou un rapport d'urgence.
Depuis mon activation il y a quarante-huit heures, j'ai observé une augmentation significative des mouvements de troupes lourdes le long des principales artères logistiques, particulièrement dans la région frontalière nord-ouest, adjacente aux territoires Antarien. Les convois, principalement composés de véhicules blindés de transport de personnel et de systèmes d'artillerie automoteurs, sont masqués avec un soin méticuleux, suggérant une intention de discrétion qui contraste avec la visibilité habituelle des exercices de routine. Le balai incessant des transports ferroviaires, habituellement dédié au fret civil, est désormais dominé par des plateformes de transport de chars et d'équipements de génie.

L'activité aérienne a également connu un pic notable. Des patrouilles de reconnaissance, généralement espacées, se sont densifiées, et le trafic d'hélicoptères de transport a quadruplé dans les zones de déploiement supposées. Nos interceptions de communications codées révèlent une terminologie habituellement réservée aux phases de mobilisation avancée, bien que la prudence soit de mise quant à l'interprétation. Les bases aériennes semblent en état d'alerte élevée, avec des rotations plus fréquentes d'avions de chasse et des simulations de décollage et d'atterrissage nocturnes. Les équipes au sol travaillent sans relâche, sous des projecteurs puissants, chargeant du matériel et du carburant à un rythme effréné.
Les infrastructures civiles adjacentes aux zones militaires sont soumises à des restrictions accrues. Les accès routiers sont fréquemment bloqués par des barrages improvisés et les contrôles d'identité sont devenus systématiques. Des coupures de courant sporadiques, affectant de larges secteurs, ont été signalées au cours des dernières nuits, potentiellement liées à des exercices de brouillage électronique ou à la mise en place de défenses anti-aériennes. La population locale manifeste une certaine nervosité, les rumeurs de "grands manœuvres" se propageant rapidement, alimentant un climat d'incertitude.
Les agents Spider III, Ghost VI et Ghost VII confirment ces observations depuis leurs zones d'opération respectives. Spider III, positionné à proximité d'un important dépôt de munitions, a rapporté une cadence de réapprovisionnement sans précédent, avec des camions entrant et sortant vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ghost VI, infiltré dans un centre de commandement régional, a intercepté des directives concernant la préparation d'hôpitaux de campagne et l'approvisionnement en fournitures médicales d'urgence, des mesures qui excèdent largement le cadre d'un simple exercice. Ghost VII, quant à lui, a documenté la réactivation d'anciennes installations de production d'uniformes et d'équipements, laissées à l'abandon depuis des années.
Bien qu'une interprétation prudente s'impose, ces mouvements pouvant s'inscrire dans le cadre d'un exercice militaire d'envergure, destiné à affirmer la puissance loduarienne sur la scène internationale, la convergence de ces éléments milite en faveur d'une préparation à une action plus concrète. La simultanéité et l'ampleur de ces activités dépassent ce que nous avons observé lors des précédents "exercices de démonstration" de la Loduarie.
Pour l'heure, aucun risque imminent pour nos opérations ne semble se profiler, les préparatifs étant encore dans leurs phases initiales. Nous allons intensifier nos efforts de collecte de renseignements, en adoptant une discrétion maximale afin d'éviter toute détection. L'objectif est d'obtenir une image claire des intentions loduariennes. Nous maintiendrons le silence radio jusqu'à la fin de cette phase d'enquête ou en cas d'événement imprévu nécessitant une extraction ou un rapport d'urgence.
Posté le : 14 fév. 2026 à 21:25:56
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Le Codex Crimson est un roman satirique.
Oscillant entre réalisme et dystopie de la Loduarie Communiste.
Chapitre I: Le début de la fin

AlinéaLe soleil se couche sous le grand Etat d'Aldourie, sa capitale est bourrée de ses étendards et de ces nouveaux larges posters qui prônent l'enrôlement. Nyorlans ne se baignera plus jamais du même jour, ses affiches inquiétantes sont le symbole d'une nouvelle ère. Sur ces dernières, l'allégorie du personnage de Crimson, le leader sans opposition des armées Aldouriennes. Vous pointant d'un air enjôleur mais menaçant, Crimson se cache derrière sa combinaison de fer. Un képi métallique à tête de mort, des crocs d'aciers et acérés, mais surtout des yeux rouges et vifs perçants. "La légion Crimson a besoin de vous !", ce qu'il est possible de lire à chacun coin de rue de la grande métropole, et partout à l'Ouest Rouge.
Outre fait de la grande propagande, l'Aldourie se prépare à un de ses plus grands changements. L'Aldourie était, jusque là, un de ces Etats monarchistes, ou bien capitalistes. Peut-être les deux à la fois, mais cela n'avait aucune importance. La légion Crimson ne prête pas d'importance au passé, elle le change si elle l'estime nécessaire même. Crimson est, d'aussi loin que l'on remonte, le leader incontesté des forces militaires. Personne, strictement, ne se souvient de son prédécesseur. Non à vrai dire, il n'en a jamais eu, Crimson a toujours été. Il se prépare, il prépare plus encore son pays. Le pouvoir de l'armée devient grandissant, de plus en plus, la junte est la lueur que l'aurore porte. Le gouvernement en place s'inquiète de jour en jour, il ne sait plus s'adresser à l'armée car il ne la contrôle plus. Le dirigeant Paul Endinbourg est totalement désemparé et désarmé.
Crimson et ses sbires entament une grande propagande de recrutement et d'enrôlement, leur but étant de compléter au mieux leurs effectifs avant de passer à l'action. Paul Endinbourg déclare dans la suite la mesure de trop, l'armée allant cette fois trop loin. Le stratagème n'en devient que des plus nourris, Crimson et ses fidèles crient au crime contre la patrie. Les partisans de l'ancien régime, réel régime de Paul Endinbourg, sont qualifiés de tous les noms. Ennemis du peuple, saboteurs, contre-révolutionnaires, tout est bon pour diaboliser la nouvelle opposition.

AlinéaEmil et Sarah, deux Aldouriens qui voient leur ville natale sombrer dans les flammes de la Révolution. Un principe grandiose annoncé par l'armée, quiconque suit la Révolution œuvre pour l'avenir d'un régime juste, égalitaire et droit, mais quiconque entrave la Révolution se place en tant qu'ennemi de ce qui devient une junte. Le soir même de la dénonciation de Paul Endinbourg, et de la décision de la légion Crimson s'y opposant, milices et militaires courent dans les rues de Nyorlans.
La neige tombe faiblement et mélodieusement sur la ville, tandis qu'en contrebas des effluves de sang se répartissent entre les dalles de pierre. Le sol s'immacule d'abord de neige, qui vient ensuite épouser les larmes rouges des affrontements. A chaque coin de rue son bataillon de combat, tantôt une milice désorganisée, tantôt un groupe sévère muni de blindés. Tout ça, Emil le voit lorsque, finalement décidé à rompre son sentiment désemparé, il entrouvre le rideau de sa maison. Sa femme, Sarah, est tétanisée derrière lui. Tout son corps tremble comme une feuille, recroquevillée sur elle-même, derrière son large fauteuil de cuir. Les membres de la légion Crimson tire à vue, ils ne prêtent pas vraiment attention sur ceux qu'ils abattent, même s'ils peuvent s'avérer leur partisan. Emil le voit de ses propres yeux, cette rue qui hier était si calme est le berceau d'un conflit fratricide. Epris de rassurer sa conjointe, Emil s'apprête à refermer doucement le bout de soie qu'il a entre les doigts. Mais, ce qu'il voit maintenant lui glace le sang. Les milices enfoncent les portes des immeubles, en sortent leurs habitants pour les fusiller. Son instinct de survie prend le dessus, il empoigne sa femme par le bras et réunit en quelques dizaines de secondes ce qu'il juge comme strict nécessaire.
Rassurés d'avoir atteints la sortie, le chemin reste long. Le couple longe les murs de la rue, évite la lumière des réverbères encore en état de marche, s'abrite derrière une voiture calcinée lorsqu'une patrouille apparaît. Terrés comme deux lapins au fond de leur terrier face au loup, Emil et Sarah sont paralysés à l'abris derrière quelques débris. Des explosions arrivent soudain, même les milices émettent des cris de stupéfaction, se jettent au sol pour éviter de rendre l'âme. Emil et Sarah venaient d'achever le remboursement de leur maison il y a quelques semaines, les voilà forcer de l'abandonner par les manigances politiques. Emil espère intérieurement que la mascarade se finira sous peu, mais ses espoirs s'anéantissent lorsqu'un obus vient tracer un gouffre béant sur l'emplacement qu'accueillait autrefois sa maison. Plus rien ne les retient, ils s'élancent dans la ruelle en profitant de la pagaille de l'artillerie.

AlinéaDéjà quelques jours depuis le début des affrontements, Paul Endinbourg est mort. Chaque heure est couronnée d'un succès de Crimson, ses prétentions s'illustrent. Ces prétentions, instaurer un Etat où la propriété privée n'est plus, même si la dictature est la phase de transition. C'est pourquoi la junte, la loi martiale, sont déclarées pour honorer la cause de l'Ouest rouge.
Si Crimson est le leader incontesté de l'armée, et donc du futur gouvernement, il est épaulé. De l'armée tout d'abord, symbolisée par ces individus à la lourde tenue de ferraille. Un masque enveloppent la tête de ces militaires, seuls des yeux rouges viennent l'animer. Certains les appellent les bruts, enfermées dans ce caisson qui leur sert d'armure, une mitrailleuse lourde dans le dos prête à être dégainée. Il y a aussi les milices, moins équipées mais plus nombreuses.
Par ces trois dispositifs, Crimson et son état-major, l'armée et les milices, la guerre interne ne doit durer que quelques jours. Le leader adverse est mort assassiné, la victoire bat la grande voile à plein vent. Des massacres drapent la ville, immaculés d'un rouge sang sur les pavés de Nyorlans la capitale.

AlinéaLes immeubles prennent feu, des cadavres jonchent le sol. Le torrent révolutionnaire massacre Nyorlans et ses habitants, tel est le prix de l'honneur de Crimson. Emil et Sarah sont rescapés, ils ont pu fuir pour le moment, non sans mal. Le visage heureux de la femme ne paraît plus, les horreurs qu'elle a vu l'ont changé à tout jamais. Elle avait vu l'exécution de civils, femmes et enfants.
Les milices paradent dans les rues, modestement équipées en comparaison des gardes armés. De biens étranges signes couvrent leur épaule gauche, une revendication quelconque de Crimson. La ville est mise à feu et à sang ils ne comptent plus le nombre de fois où la mort auraient bien pu les atteindre. Les milices exécutent les ordres de la légion comme des cabots, jusqu'au principe d'éliminer la neutralité lorsqu'elle est trop suspecte. Les journaux du matin expliquent que la monarchie n'a jamais existée, pour au final annoncer le soir qu'elle a été abolie par Crimson vingt ans plus tôt. Mais quelle importance, tant que la terreur est maintenue afin d'installer pleinement la future bureaucratie militaire.
Ces milices sont là pour terroriser, pas vraiment pour amener l'ordre prétendu. Elles tirent en l'air pour maintenir le climat sonore, exécutent régulièrement tout civil qui a le malheur de croiser leur route, jettent des grenades à travers les fenêtres d'habitations.

AlinéaLe mensonge, lorsqu'il est répété suffisamment sur une longue période, devient la réalité. La légion Crimson a gagné la guerre qu'elle a elle-même déclenchée, elle entame la phase de dictature. Il est toutefois bien évident que l'exécutif militaire rendra le pouvoir lorsque le peuple sera prêt pour s'autodiriger. Oui, mais le peuple ne sera jamais prêt.
Un citoyen silencieux est un citoyen qui pense, un citoyen qui pense est un citoyen qui pense contre la Révolution. Le leader de l'armée, Crimson, se proclame secrétaire général. Figure immortel, il peut bien mourir, sa femme ou sa fille prendra sa place. Personne ne s'avise de contredire le pouvoir, sous peine d'être contre-révolutionnaire et de se faire exécuter. C'est l'exemple d'Emil et Sarah, morts pour ne pas avoir participé au suffrage qui n'accueillait qu'un seul candidat: Crimson.
Mort, Crimson laisse la place à Tharo Euba. Il s'avance sur son promontoire pour proclamer l'ordre nouveau, non celui qui laisse le pouvoir à son peuple mais bien la continuité de la dictature. Retransmis sur toute chaîne étatique, les seules en présences, Tharo Euba crit sans honte la nouvelle maxime.

Tous les Loduariens sont égaux.
Mais certains le sont plus que d'autres !
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