25/04/2019
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Activités étrangères en Loduarie Communiste - Page 13

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Giuseppe Foucaux
AlinéaL'inconnu porte le nom de Foucaux, tout comme la chanteuse du bar. Giuseppe et Kristina sont unis par les liens du mariage, en dépit des apparences. Mais les apparences, ne sont-elles pas que des préjugés, des aprioris ? Les deux amants, en son sens littéraire, se retrouvent à la fermeture du bar, comme d'habitude en réalité. Mais qui sont-ils réellement ? La femme, une chanteuse. L'homme, un militaire engagé en Loduarie. Leur point commun ? Tous deux communistes de nationalité Kartienne, déportés par le Tsar fut un temps. Mais, cette façade, est-ce la réalité ?

Non.

Non ça ne l'est pas. Cette façade, une couverture. Fut un temps l'époque du Saint Empire de Karty, où régnait le Tsar Stanislas I. Consciemment de l'instabilité du régime, et même de sa potentielle guerre civile, les choix ont vite été faits. Ces choix se sont clôturés sur la déportation de milliers de communistes, recueillis en Loduarie. Mais le régime était-il assez bête, assez bête pour ne pas saisir cette opportunité en or ? Des milliers de milliers d'hommes envoyés en Loduarie, le Grand Etat Communiste ne pourra pas en vérifier leurs sources, si bien qu'elles aient été toutes effacées par le régime Tsariste. Croyez-vous que l'autorité impériale avait pris le soin de communiquer l'état-civil, les fonctions, les fichiers de police, de tous ces citoyens ? Non. 50 000 personnes, au passé qui leur est vierge en tout point, sont arrivées en Loduarie. Le seul facteur que l'on leur décompte, le communisme. Et parmi cet amas de personnes, quelques espions infiltrés. Pourquoi envoyer des espions en Loduarie ? La question apporte une réponse simple, la Loduarie demeure le seul pays à avoir agressé la patrie Kartienne, en lui tuant une quinzaine de militaires lors de l'attaque d'un convoi commercial. Malgré les changements de régime de Karty, les services secrets et les renseignements n'ont que très peu changés, d'autant plus sur les agents de terrain. Leur allégeance n'a pas changée, ce serait oublier une chose fondamentale. Le régime a changé oui...

Mais ils sont avant tout Kartiens.

Stellam sequens non devias. Suit l'étoile sans dévier. Autrefois, ce que l'on qualifiait de services de renseignements arboraient le nom du WTK. Aujourd'hui, on leur doit le nom de la Vorna. La moitié des membres n'ont pas changé, ces services ne sont pas politisés. Et ce non-changement, c'est le cas pour Kristina et Giuseppe. Deux agents infiltrés, aux côtés d'autres, en Loduarie. Sous le nom des communistes déportés, leur couverture est assurée. Sauf qu'en réalité, ils sont pour le compte du Kray, affilié à la Vorna. La Vorna, c'est les renseignements, intégrée au Ministère de la Défense, le tout étant mené par la Commissaire Stakhova. Le Kray, une branche de ces renseignements, la partie dédiée aux interventions extérieures. La Dame de Cœur dirige le Kray, par conséquent dirige la famille Foucaux. Jusqu'à lors, ces agents infiltrés en Loduarie sont restés cellule dormante, mais peut-être la guerre en République d'Antares amènera au changement...

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Continuité de l'introduction de deux personnages clefs, Kristina et Giuseppe Foucaux. L'on apprend que leurs carrières en Loduarie ne sont qu'un leurre, ils sont en réalité des agents infiltrés au compte du Kray, de la Vorna, de Karty, ces trois entités relèvent du pareil au même.

L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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Kayin laissa glisser sa main sur la rambarde de fer, celle de l'escalier mobile qui se déployait entre le sol et son avion pour permettre la descente des passagers. C'est bien nonchalamment qu'il arriva finalement au pied de l'appareil, son pas mesuré pouvant être pris pour de la circonspection comme de l'assurance. En vérité, il y avait un peu des deux dans la démarche de ce cinquantenaire fraîchement débarqué d'Illirée, ainsi, peut-être, qu'un soupçon de furtivité. En fait, l'homme n'était pas précisément à Lyonnars pour le tourisme, cela lui eût pourtant plu, mais plutôt pour mener à bien une affaire que l'on lui avait confié. Oui, quelque affaire à conclure ici, dans la capitale ressuscitée de la Nation Communiste de Loduarie, avant que quelqu'un d'autre ne le fît avant lui. Ça, ce serait bien fâcheux, aussi comptait-il mettre tous ses atouts de son côté pour que cela n'arrivât pas. Il marcha prestement au travers des longs couloirs de l'aéroport, montra sa carte, se retrouva dans la rue. Il ne lui fallu que quelques minutes supplémentaires avant de se retrouver dans un taxi en direction d'un quartier raisonnablement proche du centre-ville, et des sièges des pouvoirs régaliens loduariens. Il fit signe au chauffeur en passant devant un immeuble de brique à l'aspect bâclé, certainement une conséquence de la reconstruction rapide de la capitale, suite à la glorieuse révolution, pour reloger les habitants. Kayin échangea une poignée de main avec son conducteur, régla les frais de déplacement, puis fit une demi-douzaine de pas en direction de la porte même de l'édifice. Il chercha dans sa poche à tâtons avant d'en tirer une clef, qu'il introduit sans plus attendre dans la serrure. Il fourragea un instant, puis entra.

L'intérieur n'était guère plus gai que l'extérieur et, pour ce que ça lui coûtait, il s'en fichait tout simplement. Pas qu'il fût indigent, mais plus simplement qu'il ne souhaitait pas attirer l'attention — pas tout de suite. Il gravit deux étages sur les degrés empoussiérés de l'escalier de béton qui figurait seul en l'absence d'ascenseur. Il fut rapidement au bon niveau. Bientôt, il tourna dans un couloir avant de passer sur le parvis d'une bonne dizaine de portes. Finalement, il s’immobilisa devant l'une d'entre elle, arborant le numéro 17 imprimé à la peinture blanche. Il se saisit d'une seconde clef et entra. L'appartement était plus charmant que le reste de l'édifice, au point qu'il eut un instant la nolition de s'assoupir sur la modeste literie plutôt que de poursuivre sa marche inexorable vers le salon. Passé la porte de ce dernier, il chercha des yeux un instant avant de regarder la table même. Un paquet y était sommairement posé, comme s'il avait toujours été là et qu'on venait pourtant de l'y placer. Il prit une chaise qu'il recula d'un mouvement vif, s'attablant à l'attaque de ce triste emballage. Il eut tôt fait d'en déchirer le papier, révélant une pile de document, une arme à feu et un couteau. Il empocha les deux derniers sans procès, avant de rapidement compulser les documents. Il vit bientôt qu'une notice était agrafée sur le premier d'entre eux. Sa lecture lui apprit le contenu de la série de serviettes scellées. Il y avait des notes stratégiques loduariennes et illiréennes, des rapports de surveillances et surtout des listes. Des listes de Gallouèsans, d'Antariens, de Kartiens, d'Onédiens ; tous les individus listés avaient pour point commun de résider sur le territoire loduarien à proximité de lieux stratégiques. En conclusion, la note lui détailla sa mission ; on lui en avait donné le mot d'ordre à sa montée dans l'avion, mais rien de plus. Il devait traquer, aussi discrètement que possible, d'éventuels éléments perturbateurs déclenchés pour contrecarrer les plans loduariens en Antarès. Il aurait pour cela le soutien des autorités locales, et agirait de concert avec un nombre indéterminé d'autres agents illiréens. Sans plus attendre, Kayin se mit au travail.


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[✝] Së ön Lÿykä
Kapöli (✝): Pelysöpymüs

"Rage." Sally Väytkä, 2018 (Photographie paranumérique, Musée des Arts Photographiques de Tassel)

"Rage"
Sally Väytkä, 2018 (Photographie paranumérique, Musée des Arts Photographiques de Tassel)



Luca Ravenne, Président du Conseil antarien a écrit :
Antariens, Antariennes; Corvuns et Corviennes,

Ces derniers mois ont été une épreuve. Plus qu’une épreuve, un combat. Pour certains d’entre vous, ce combat a été celui d’un déplacement. Pour d’autres, celui de la perte d’un ou plusieurs individus. Et pour d'autres encore, celui d’une survie. Une survie en territoire urbain. Une survie en territoire hostile, entre les coups de feu de vos compatriotes contre l’un l’autre. C’est dans cette situation que nous nous trouvons actuellement. Une situation qui empire aujourd’hui.

Notre voisin, le pays ocre, dans un geste des plus fantassins, a pris la décision de profiter de ces temps incertains dans notre pays pour envoyer ce qu’il nomme aide humanitaire à l’intention de notre pays. Une “aide” soudaine. Une “aide” sans ultimatum. Et surtout, une “aide” armée jusqu’au dents.

Il n'est pas sans vous cacher la vraie intention d’un tel jeu, un auquel nous jouons désormais depuis plusieurs années face à cet état. Des contrôles surprises sur nos cargos. Des regards malsains par delà la frontière. Des missives menaçantes lorsque nous agissons de notre plein droit. Pas une seule interaction avec cet état ne s’est avérée fructueuse. Et pourtant, nous ne pouvons point dire que nous nous y sommes pas essayés. Pendant des années, nous avons cherché à établir un contact pacifique, même après gardes et recommandations étrangères sur les véritables intentions de cet état. Il est vrai, nous avons parié sur leur bonté. Même plus que cela. Sur leur intelligence. Et contre toute attente, nous avons perdu ce pari.

Des militaires loduariens traversent en ce moment la frontière. En ce moment même, ils tirent en cloche sur les deux frontières que nous partageons avec eux. Et dans les feux, les paysages des Hauts-Plateaux, ainsi que les villes de Riaux et de Laxande.

Combien d’entre vous sauraient me dire quelle importance ces zones ont par rapport au conflit que nous vivons actuellement ? Combien d’agents de la MIRA sont stationnés à Riaux ? Combien à Laxande ? Et combien de révolutionnaires corvuns trouvons-nous dans ces zones ? Aucun. Les zones qui sont en ce moment même bombardées par les feux de la Loduarie Communiste ne sont pas seulement des abris et habitations civiles, mais qui plus est des zones neutres habitées par des antariens. Pas des Corvuns. Pas des militaires. Des antariens.

Oui. La Loduarie tue en ce moment même des civils. Vos frères. Des personnes lointaines aux conflits que nous avons connu jusqu’à présent. C’est votre famille qui en ce moment même tousse la poussière du ciment bombardé. Leurs tirs font déjà plus de victimes civiles que toute notre guerre intérieure n’en a fait en l’espace de plusieurs mois, et ces mêmes personnes osent crier leur bonté et leur volonté de nous apporter un soutien indésirable.

Vous le savez mieux que moi, cette terre où nous vivons actuellement a été la nôtre pendant des siècles. Même avant les antariens, nos antécédents corvuns et principaux ont peuplé ces lieux et les ont rendus habitables. Ils y ont installé des traditions que nous respectons à ce jour. Ils y ont loué Dieu qui continue à nous garder par ces temps. Ils ont enfin uni les trente-et-unes provinces lors de la proclamation de la République Antarienne il y a bientôt deux cent ans. Sans celle-ci, nous n’aurions connu que peu de développement industriel, ni culturel ou littéraire, flambeaux contemporains d’une réussite dont nous pouvons tous être fiers. Une réussite dès à présent menacée.

Sachez-le, nous ne sommes pas difficiles sur les compromis. Des compromis, nous essayons d’en faire lorsque cela est possible. Mais ce qui reste indiscutable, c’est nos valeurs. Et plus précisément, l’atteinte à ces valeurs. Ce soir, la Loduarie attaque directement nos valeurs. Celle du jeu. De l’accueil. Les valeurs catholiques d’une part et issues du folklore corvun de l’autre. C’est à ça que touche le pays ocre aujourd’hui. Nos racines. Notre souche.

Ils ont triché. Nous étions en pleine partie pour décider de la succession du pays. En pleine coronation d’un nouveau roi. Mais il est clair que cela n’importe pas à un état autoritaire sans satisfaisance. La triche est le seul moyen qu’ils arrivent à trouver pour gagner la partie. Ils ne peuvent pas gagner par voie légitime, ils l’ont d’ailleurs démontré par le passé.

Dorénavant, nous cesserons les compromis. Même notre patience a des limites. Lorsqu’il s’agit du Jeu, celui que nous entretenons avec de grandes traditions, nous ne faisons aucune sorte de compromis. Pire, je vous le dis. Nous n'accordons aucune miséricorde aux tricheurs. Aucune grâce, aucun répit.

Dieu pardonne. Mais quant à eux, nous ne pardonnons rien. Même la miséricorde de Shaula ne serait pas assez puissante pour nous détourner de cette décision que nous prenons aujourd’hui. Donc, que Dieu puisse nous pardonner nous d’avoir pris l’initiative d’agir en son nom, et qu’il maudisse cet ennemi scabre.

Nos forces ont fort heureusement déjà été prévenues à l’avance, ce qui a pu nous donner quelques jours pour se préparer à une éventualité. Cette éventualité se produit donc aujourd’hui, comme soupçonnée. Mais la différence que cette avance nous offre est majeure. Nous avons pu replacer du matériel vital sur nos frontières avec la Loduarie, réarmer notre artillerie et parsemer ces zones d’embûches et de positions prêtes à faire goûter à ces tricheurs l'amertume d’un pays qui en a marre.

Notre pays est armé.
Notre pays est mobilisé.
Nos soldats sont entraînés.

Mais que sommes-nous par-dessus tout ?

Unis.

Comme vous le savez, la guerre civile est un jeu auquel nous avons pleinement décidé de nous adonner. Un jeu avec deux équipes, et moi-même comme arbitre. Et lorsqu’un individu perturbateur décide de faire irruption dans ce match, l’arbitre a tous les pouvoirs pour suspendre le jeu.

Je prends donc la décision officielle de déclarer une mi-temps, une trêve dans la guerre civile pour l'intérêt national supérieur. Corvuns, agents de la MIRA, citoyens antariens… Nous tous, ensemble, travaillons pour repousser quiconque veuille se mêler de nos affaires.

Vous vous demandez donc sous quel drapeau nous combattrons ces pleutres. Le drapeau originel antarien, celui de Corvus ou bien de la junte militaire. En réalité, un seul drapeau ne suffirait pas à nous réunir. Pas dans ce contexte. Non, aujourd’hui nous nous réunissons et combattons sous une étoile. L’étoile soeur.

Nous avons donc pris la décision d’unir les trois parties majeures antariennes, fracturés par la guerre civile, en un concordat. Le Concordat de Shaula.

Comme elle, nous n’aurons aucune merci. Nous sommes déterminés et prêts à employer tous les moyens nécessaires pour repousser des ordures qui ne méritent même pas les fureurs de la Fantassine.

Mais sans humanité ? Nullement. La plus grande différence entre notre pays et ce voisin est justement l’humanité. L’humanité commence à Riaux, se termine à Gardevant en passant par Henne et Robaltes. Il n’y a aucune humanité par delà la frontière loduarienne. Pas un seul gramme.

Mais nous ne sommes pas des tricheurs. Nous gagnerons de manière régulière même contre un adversaire qui triche. Et ce sera encore plus humiliant de les voir s’en mordre les doigts.

Dès à présent, nous sommes plus prêts que nous ne l’avons jamais été pour prendre les armes pour le pays. Nous avons mis de côté une guerre civile pour s’unir sous un concordat. Nous avons les bénédictions de Dieu et de Shaula. Et surtout, une population qui préfère mourir et voir le pays s’enflammer que de perdre leur héritage.

Montrons donc à nos invités, ces indésirables, ce qu'est le pari.
Le pari à la corvienne.

Le gagnant prend tout.
Le perdant tombe.

Et nous gagnerons, à défaut de tomber jusqu’au dernier.

Courage, frères et sœurs. Et ensemble, prospérons !


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
Cette allocution survient juste après que les premiers militaires loduariens passent la frontière. C'est la réponse officielle du gouvernement légitime à l'invasion.
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Gouverneure OrlovskiDiscours de la Gouverneure Orlovski
«
Kartiens, Kartiennes, citoyens et citoyennes, peuples du monde.

Que le 11 septembre 2018 reste ancré dans les esprits comme le jour d'une infâme traîtrise. Un jour où la paix fut allégrement bafouée, l'intégrité d'une nation souveraine violement atteinte, la vie d'hommes et femmes gravement menacée, mais surtout, surtout, un jour marqué par une attaque délibérée à l'encontre d'une patrie qui nous est alliée.

Stellam sequens non devias !

Suivez l'étoile sans dévier. Car la République d'Antares n'est pas un simple pays à nos yeux, elle ne nous est pas simplement liée par la ratification d'accords poussiéreux. C'est une patrie alliée, à laquelle notre peuple est attaché. Une patrie sœur par la culture, sœur par l'entente, sœur par l'Histoire. L'Antares demeure encore l'un des rares pays à ne jamais nous avoir tourné le dos, par aucune occasion. A s'être engagé auprès de nous, peuples de Karty, quel que fut le régime d'Etat. A avoir accepté nos évolutions, et plus encore notre Révolution, qui fait de nous la République Fédérale Kartienne ! Cette étoile est d'un rayonnement éternel, il est bien temps de montrer à nos frères et sœurs d'Antares que jamais, jamais ! Nous ne tolérerons le bellicisme exacerbé de leurs voisins ! La République Fédérale Kartienne honorera ses accords avec l'Antares, car ce sont là avant tout les règles pourtant simples d'une diplomatie équivalente et réciproque.

La Loduarie Communiste s'est rendue coupable de la pire des exactions.

En ce moment même, des vies sont perdues par l'envoi de leurs blindés ! Par les balles de leur fusil, le sang coule. La Loduarie prétend sauver le peuple Antarien de la guerre, mais elle l'enfonce en son cœur ! Comment prétendre à la résolution d'un conflit en aggravant ce dernier ? Pire encore, la Loduarie disait combattre la MIRA en aidant le peuple Antarien, qui lui était victime. Pourtant, pourtant ce sont les trois parties Antariennes qui viennent de se prononcer ! Trois parties unies par la haine, qui ont su trouver en leurs âmes et consciences le courage de renoncer à leurs querelles pour se dresser face à l'envahisseur ! Puisque la guerre civile d'Antares n'est plus, clôturée par l'unification pleine de ses différentes parties, pourquoi diable la Loduarie continue-t-elle son assaut ? La Loduarie vient de perdre la seule raison à laquelle elle pouvait prétendre, pourtant leur unilatéralisme belliqueux continue ! La paix a été brisée par ceux qui prétendaient la défendre. Que cela soit entendu à Lyonnars comme à tout autre bord du monde, la République Fédérale ne reculera pas ! Nous ne cherchons pas la guerre, nous ne reculerons cependant pas devant elle. En conséquence, la Présidence Fédérale, en entente conjointe avec le Sénat et le Tricommandement, déclare l'état de guerre contre la Loduarie ! Et tant que brillera cette étoile que nous suivons, nous ne dévierons jamais.
»
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time to rock'n'roll
Et alors que la Loduarie montre les muscles, Karty s'éveille en silence.

AlinéaLes forges de l'Etat s'éveillent. Une machinerie qui gronde, l'odeur âcre des métaux liquéfiés par la chaleur, des milliers de milliers d'ouvriers guidés par le rythme, la cadence, et cette atmosphère. Enclumes et presses se dressent par delà chaque usine, forgeant ça et là le dur labeur de leurs hommes et de leurs femmes. Les chaînes de montage se succèdent, et avec elles, le déferlement industriel de tout un pays. Les souffleries, des vents violents guidés par pistons et vannes, d'immenses systèmes qui hurlent de leurs poumons. L'ascension des grandes hottes, des tours à métal et des lourds marteaux-pilons. Une véritable luxure des machines, telles elles sont qu'elles en envahissent chaque contrée, chaque paysage, chaque province. L'accomplissement de toute la sidérurgie, les lingots se multiplient par milliers. L'ébarbage qui forge l'acier, la trempe qui transforme en ferraille, et à tous deux bâtissent la gloire de la métallurgie. De longs souffles de vapeur s'échappent des machines, des étincelles et même la braise. Le forgeron fait son ouvrage seul, c'est ici une manœuvre inarrêtable. Ouvriers, frondeurs et contremaîtres, tous s'affairent à l'immensité d'une tâche nationale. Tandis que le martellement, un cliquetis régulier, bourdonne à la longueur du temps, le battement des engrenages lui répond. Et, finalement, cette odeur de charbon omniprésente.

Car non, ce n'est pas l'ère industrielle, mais bien le réveil d'un géant militaire.

Ces ouvriers, des soldats. Ces machines, des fusils. Ces fourneaux, des blindés. Des pleines allées d'autoroute se réservent aux convois, la lumière des hangars ne s'éteint jamais, pas même un seul système informatique en veille, des convois et trains qui déferlent à chaque minute dans les gares. Les complexes se remplissent, base aérienne, navale ou terrestre, toutes sans exception. Escadrilles, flottes et légions sont au pied de guerre. Des sous-marins disparaissent dans les tréfonds, tandis que le pas lourd des soldats fait trembler la terre. Et partout, jusque dans les campagnes, des bords d'Hamborga jusqu'à Munik, hommes et femmes contemplent le réveil d'une armée pourtant toujours endormie. Dit-on même que des enfants voient des aéronefs décoller, l'annoncement de toute suprématie.

Et finalement, la République Fédérale se prépare à la guerre.

Toutes les flottes avaient été rassemblées par anticipation, tous les systèmes alertés en vue du risque balistique, tout en état d'alerte pleine. L'intervention se prépare. Un débarquement ? Des parachutistes ? Des missiles ? Une bataille aérienne ? Des incursions terrestres ? Personne ne savait. Non, personne.
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Dans la maison de la famille Huetiana, l’heure était à l’affairement et presque à l’affolement. Les seules ressortissants milathiens habitant la Loduarie Communiste avaient en effet étés, comme tous, bouleversés par l’annonce de la guerre contre l’Antarès, puis celle contre Karty. Cependant, la famille Huetiana n’était point une famille ordinaire : elle abritait deux agents dormants travaillant en secret pour le compte des services secrets milathiens. Leur mission, récolter des informations sur les événements de l’Eurysie. Comme chacun le sait, le climat de guerre n’est aucunement propice aux activités d’espion, mais néanmoins leur hiérarchie avait envoyé un visiteur aux Huetiana : le lointain cousin Gradio, officiellement consultant en systèmes d’information, mais en réalité spécialiste des effets de la guerre sur l’opinion publique. Sa mission : observer si les citoyens loduariens étaient impactés par la guerre qui allait les frapper, pour prévoir la réaction du peuple milathien dans une telle situation.
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Le logo tout neuf du Globe, fièrement messaliote depuis 1924. Et en plus il est toujours à Ayx-en-Garance, toujours la propriété de l'Agence Fang Presse, et il ne coûte qu'un drachme ! Pas mal pour un média supposément de fasciste, hein ?

Les orcs loduariens en train de passer la frontière, askip
Après les dernières déclarations "terrifiantes" du pouvoir antarien, Kuñambuku Takashima déclare que la République Fédérative d'Icamie soutient la Loduarie Communiste dans son intervention "antiterroriste" en Antares
in Le Globe (Ayx-en-Garance - Messalie / Propriété de l'Agence Fang Presse)

TÀVUSU PYÀHU - C'est un revirement inattendu sur le plan géopolitique qui s'est produit hier soir lors d'une allocution de la présidente de la République Fédérative d'Icamie, Kuñambuku Takashima. Faisant référence à la "déclaration qui fit trembler le monde", la présidente s'est dite profondément choquée par les élucubrations folles d'un gouvernement qui s'est révélé au grand jour comme une "organisation terroriste de grande ampleur".

La révélation publique que la guerre civile dans laquelle a été plongé le pays ces derniers mois n'était en fait qu'un "jeu auquel les élites avaient pleinement décidé de s'adonner avec la présidence du conseil en "arbitre" " et les "élucubrations troublantes" sur la "triche loduarienne" ont convaincu le gouvernement icamien de s'exprimer pleinement en faveur de l'opération militaire spéciale loduarienne en Antares : "Une solution dramatique, mais une nécessité malheureuse pour le peuple antarien".

Initialement sceptique à l'égard des manœuvres de la nouvelle Secrétaire Générale de Loduarie Communiste et en pleine passe d'armes pour obtenir l'extradition d'Adelino Avermelhado et des dignitaires de l'UNIDEP en exil à Lyonnars, la présidence icamienne s'est finalement rangée du côté de la Secrétaire Générale Aurore Geraert-Wojtkowiak tant que les opérations menées par l'armée loduarienne se faisaient "dans le respect des populations locales et dans l'optique de démanteler les autorités terroristes antariennes".

La présidente Takashima s'est également fendue d'une mise en garde à destination du régime kartien et de la chancelière Orlovski, qui a déclaré qu'elle défendrait le pouvoir antarien : "Nous en appelons à la présence d'esprit kartienne de ne pas envenimer une situation déjà complexifiée par les manigances d'un régime voyou : pour une fois dans votre histoire, soyez la Karty que tout le monde attend, et rompez votre traité d'alliance pour une cause juste cette fois-ci ! "

Enfin, le gouvernement icamien a annoncé qu'il avait demandé à l'UFAI et à la garde nationale maritime de l'état de l'Estreito de prendre toutes les mesures nécessaires à empêcher le passage par le détroit de Lahunkal-Marianópolis ainsi que par l'espace aérien icamien ou proche icamien de toute aide à destination de l'Antares, notamment en provenance de l'Everia. Il a également été déclaré que la République Fédérative d'Icamie se rapprocherait de la Loduarie Communiste à des fins de surveillance et de renseignement tout autant pour aider les Loduariens à mener leurs opérations que pour s'assurer qu'il ne soit pas fait d'exactions par leurs forces dans le cadre de leurs opérations en Antares.
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Fisca à la une a écrit :
FISCA à la une : la revue du sport automobile mondial
Par Joachim Venetto


Appel aux écuries pour le lancement de la prochaine saison de F1 FISCA


A quelques mois du lancement de la prochaine saison de la FISCA, l'organisation automobile tire la sonnette d'alarme. En effet, avec six écuries et autant de circuits au calendrier, la fédération est activement à la recherche de promoteurs, propriétaires d'écuries et de circuits afin d’espérer atteindre le quota attendu à l'origine: celui d'une saisons de dix à douze tracés, et dix écuries. Afin d'attirer écuries et sponsors, c'est le président de la FISCA lui-même, Donatello San Sebastiàn, qui a prit la parole devant les médias raskneois et velsniens afin de vendre, enfin, le concept d'un championnat mondial, à des lieues des compétitions nationales existantes:

"Il va sans dire que nous sommes tous des amoureux du sport automobile., et c'est la raison première de cette intiative. J'adore regarder les formules monoplace à Rasken, comme quand je zappe à la tv alguareno pour regarder un beau spectacle, ou comme quand je vais voir une course de Fomrule Strama à Velsna. L'idée derrière la F1 Fisca, c'est de réunir la somme de toute cette excellence, en un seul championnat. Pour les promoteurs et participants, les revenus des droits de diffusion et de promotion en seront d'autant plus grands: vous avez le choix entre un championnat local avec des talents locaux, et des revenus locaux...ou bien une ouverture sur le monde: se battre avec les meilleurs, pour gagner les meilleures récompenses, et faire fructifier un sport, qui est aussi un divertissement à diffuser à toutes et à tous, de la Nivérée au Pôle Nord. C'est la vision que j'ai du sport, une grande communion mondiale.

C'est pourquoi j'invite tous les intéressés par la perspective de disposer d'une telle exposition médiatique, et d'e ce qui est un laboratoire de la haute technologie pour l'avenir du secteur automobile. Je pense en particulier aux alguarenos qui disposent déjà d'une structure de sport auto particulièrement enviable, par exemple. Alors venez nombreux"


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Donatello San Sebastiàn, président de la FISCA


Plusieurs géants du secteur automobile mondial ont d'ores et déjà signifié leur participation, comme les groupes Steiner et Strama, ou encore Fang Motorsport, la propriété de la multimilliardaire icamienne Maxime Che Fang. Parmi les participations plus surprenantes, des structures plus modestes dont une écurie privée achosienne. Si les travaux à effectuer avant le lancement du championnat sont encore titanesques, le président San Sebastiàan se veut rassurant:

"Nous sommes dans les temps. Et nous avons déjà assez de grands noms pour donner la chance à côté de cela, à de plus petites structures indépendantes."

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Giuseppe Foucaux
AlinéaGiuseppe enroula sa main autour d'une poignée ronde, la fit tourner, et ouvrit la porte. Il rentrait à la maison, passée une éprouvante journée de travail pour ce Grand Etat de Loduarie. Il franchit l'embrasure, habillé d'une tenue militaire presque cérémonielle... Il fut coupé par les réjouissances festives de sa femme, compte tenu de sa revenue.

Kristina Foucaux"Et voilà mon beau mari !"

Giuseppe ne pu retenir un sourire, torturé par la fatigue du travail, mais qui selon sa femme embellissait son allure d'homme. Après avoir échangé quelques mots, la jeune femme tira son conjoint par sa cravate, qui était pourtant soigneusement dressée. Leurs lèvres s'épousèrent. Une étreinte qui pouvait presque faire oublier cette journée assommante pour Giuseppe, rempli de documents à remplir et d'officiers à saluer...

Kristina Foucaux"Tu me racontes pas ta journée ?"
Giuseppe Foucaux"Si... Si bien sûr, ma chérie."

Il s'était rendu dans une infrastructure officielle du Grand Etat, d'où sa tenue cérémonielle. Il se mit à décrire, sa femme suspendue à ses lèvres.

Giuseppe Foucaux"Puis il y avait ce haut-gradé."
Kristina Foucaux"Mhhh ?"
Giuseppe Foucaux"Juste un connard ancré tenu par ses bottes et ses galons, la bureaucratie Loduarienne dans toute sa splendeur."
Kristina Foucaux"Comment oses-tu parler de notre glorieuse nation ?!"
Giuseppe Foucaux"Très drôle, j'me fends la poire Kristina."

L'homme tira d'un coup avancé pour dénouer sa cravate, se laissant à respirer plus amplement. Il s'affala dans le fauteuil, regardant sa femme, surtout elle. Non, il ne regardait qu'elle. Le seul spectacle qui, selon lui, valait la peine d'être admiré dans cette pièce.

Giuseppe Foucaux"T'es belle..."
Kristina Foucaux"Et toi t'es con, mais bon ça va je te pardonne !"

Passées les chamailleries, Kristina tendit le journal à son mari. Une habitude qu'il avait prise. Non, plutôt une habitude qu'il avait du prendre. A la fin de ces bouts de papier, se trouvaient les mots croisés. Il ne fallait pas oublier qu'ils étaient des agents infiltrés, et que le seul réel moyen de communication résidait en ce journal. Comment ? Simple. Lorsque Giuseppe finit la grille, peut-être aura-t-il l'occasion d'apercevoir un mot de code... Kristina lui apporta une tasse de café, tandis qu'il s'affairait à la tâche.

Kristina Foucaux"Heureusement que t'es là, je suis une vraie quiche à ces trucs là..."

Mais Giuseppe semblait ignorer la réaction de sa femme. Pire, il ne semblait même plus remarquer sa présence. Un instant de silence, il posa son poing contre ses lèvres comme pur s'appuyer. Il regarda sur le côté, puis Kristina.

Giuseppe Foucaux"Kristina ?"
Kristina Foucaux"Quoi ?"
Giuseppe Foucaux"Arstotzka."
Kristina Foucaux"Hein ?"
Giuseppe Foucaux"Tu m'as entendu."

Arstotzka. C'était le mot de code. Après avoir rempli la grille, il pouvait le lire en travers, en diagonal. Un mot qui ne voulait rien dire, foncièrement. Un mot qui apparaissant dans un journal, après avoir terminé une grille qui se voulait interminable. Giuseppe regarda par réflexe ce tiroir, à côté du lit double, dans lequel se trouvait une arme. Non celle de service, puisqu'il était impossible pour lui de la conserver hors du champ de la base militaire. Cette arme, il l'avait volé, ou bien trouvé sur le marché noir, au final peu importait. Dans quel monde serait-il bien amené à s'en servir ? Il n'avait que réfléchi à protéger sa femme, jusque là.

Giuseppe Foucaux"Le Kray va avoir besoin de nous."

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :On apprend ici que le couple Foucaux est averti d'une directive en provenance directe de leur hiérarchie, le Kray, les renseignements Kartiens. Quelle directive ? Ils l'ignorent. Tous ce qu'ils savent, c'est qu'une opération est sur le point de se préparer. On apprend aussi que Giuseppe est armé, étant militaire.

L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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[🗲] Ilö
Kapöli (🗲): Toÿmynöt

"Haut les Masques" Sally Väytkä, 2017 (Construction, Musée des Arts Photographiques de Tassel)

"Haut les Masques"
Sally Väytkä, 2017 (Construction, Musée des Arts Photographiques de Tassel)


⇩ Musique/Scène d'Ambiance pour la lecture ⇩



Silence.

L'obscurité la plus totale.

Cette nuit-là, Roncevaux était déserte.

Plus d'apéros. Plus de galas. Plus de terrain de jeu pour les espions.

Ou presque.

Dans une rue déserte, devant un entrepôt visiblement abandonné, une camionnette. Posés celle-ci, deux individus aux bras croisés, regardant en face.

L'une des deux, on ne pouvait pas la rater. Son regard. Son accoutrement. Sa taille. C'était Kira. L'autre individu, par déduction, était donc forcément Mauser. Ils étaient impassibles face à la scène devant eux.

Soudain, l'alarme sur la montre de Kira sonne. Elle l'éteignit rapidement, puis sortit un sachet de sa poche, en extrait un cachet et l'avala à sec. Au fil de ces dernières semaines, elle avait appris à doser son médicament pour pouvoir en extraire le plus de bienfaits possible en en utilisant le moins. Ces alarmes, elles les avait soigneusement programmées pour l'aider dans ce rythme et garder un état normal à la longue.

De son côté, Mauser ne réagit pas au son. Il posa tout de même une question, sans ôter son regard de l'entrepôt.

"C'est l'alarme qui dit qu'il est l'heure de rentrer ?"

"Non. C'est pour mes médicaments. Ceux que vous me donnez arbitrairement sans savoir s'ils me suffiront pour jusqu'à la prochaine fois."

"Je sais que tu n'es qu'une gamine, mais ça ne veut pas dire que tu ne dois pas apprendre le sentiment de gratitude. Ne mords pas la main qui te nourrit."

Kira soupira.

"Quand le Jeu reprendra et qu'on aura tué tous les corvuns, je vais te le faire payer cher pour ce que tu me fais subir."

"Subir quoi ? La schizophrénie, ça ne se guérit pas. Il n'y a pas de risques que je mette le feu à une maison déjà en cendres."

"Au dessus c'est peut-être que des cendres, mais tu es en train de déraciner les fondations."

"Et alors ? Je m'en fous. Je sais que tu dépends de moi de toute façon."

Ils regardèrent l'entrepôt toujours dans la même position, mais avec une plus grande amertume de la part de Kira. Elle savait qu'il avait raison. Mais elle se sentait en mesure de lui prouver l'inverse.

Quoi qu'il en soit, ils n'étaient pas venus pour discuter de la moralité du traitement de Mauser. Ils étaient venus pour une rencontre qui allait peut-être changer le cours de la guerre antaro-loduarienne.

Kira enchaîna comme si de rien était.

"Pourquoi ne m'as-tu pas laissé porter une arme ?"

"Parce que la situation là dedans ne risque pas de déraper."

"Et comment peux-tu en être si sûr ?"

"Malgré nos différences, c'est des gens respectables. Et de toute façon, on a tous le même objectif. On a tout intérêt à coopérer."

"C'est ce que L'Escoffier t'a demandé de réciter ?"

"Et c'est malgré tout ce que je pense."

"Qu'ils soient respectables ou moins, je n'hésiterai pas à tirer la gâchette."

"Et Pourquoi ? Tu as tout intérêt à leur faire confiance. Ces gens-là, on les descendra de toute façon après la guerre. Donc, autant la gagner."

Kira grinça des dents. Elle n'aimait pas la position que son supérieur prenait. Mais elle ne pouvait qu'écouter. Il avait raison sur le fait qu'elle était une gamine. Elle n'avait pas de mot au chapitre. Seulement un devoir: tuer.

À présent, cela faisait quinze minutes qu'ils attendaient, immobiles. Kira commençait à s'impatienter, et Mauser de même. Après un rapide coup d'œil sur sa montre, il déclara.

"Encore une minute et on y va."

Si elle n'était pas sous Clozapine, Kira serait en train de baver comme un chien enragé. Elle pouvait difficilement contrôler ses pulsions, surtout en sachant qu'elle est passée à deux jours de devoir assassiner ceux qu'elle devait maintenant rencontrer. Deux jours. Heureusement que la Loduarie est là pour sauver des vies.

Lorsque la longue minute fut écoulée, Mauser se mit en marche suivie par Kira. Elle prit deux grandes inspirations avant de revenir à un état plus ou moins normal. Elle devait dès à présent faire confiance à son accompagnateur.

Après quelques secondes seulement de marche à travers le dédale de l'entrepôt, ils pénétrèrent enfin sous le toit du large hangar. Dès qu'ils entrèrent, Kira eut un bref instant de sursaut.

Elle venait de croiser le regard d'Edwige.

Et ce sursaut se transforma en rage silencieuse qui frôlait la folie.

Face à face. Peut-être les deux femmes les plus talentueuses du pays en termes d'espionnage. Kira et Edwige.

La bataille des regards fut très rapidement interrompue par l'appel de Mauser.

"Bonsoir, corvuns."

La petite équipe était au complet. Märtÿ aux côtés d'Edwige. Et au fond, assis sur des caisses, Luca Corbino en train de taper sur son portable. Il était tellement pris par son travail qu'il ne remarqua même pas les nouveaux arrivés.

Märtÿ réagit avec un sourire à l'interpellation de son homologue de la MIRA.

"Et mes collègues, vous ne les saluez pas ?"

Par un léger sarcasme, il faisait comprendre à Mauser qu'il était le seul corvun dans la pièce. Edwige et Luca étaient antariens. L'homme masqué balaya cette farce d'un geste de main et continua.

"Je suppose que nous sommes voués à travailler ensemble."

"En effet. Je dois vous présenter mon équipe ?"

Mauser ne montra aucune réaction.

"Je prends ça pour un oui. Voici à mes côtés mademoiselle Edwige ainsi que..."

Il se tourna pour appeler Luca, remarquant qu'il était absent.

"Et le mec là bas, c'est Luca."

Pris par surprise, Luca rangea rapidement son téléphone avant de rejoindre le groupe. Mauser l'interrogea.

"C'est qui lui ? Pourquoi est-il habillé comme ça ?"

Edwige prit les devants pour répondre.

"Lui c'est Luca, mon mari."

Luca se tourna vers elle, surpris et confus à la fois.

"Hein ?! Juste parceque on a couch-"

Il fut violemment interrompu par un coup de coude de la part de sa compagne qui le remit sur le droit chemin.

"...Oui... En effet... Nous sommes mariés."

Mauser s'impatientait.

"Et il fait quoi le guignol ?"

Luca répondit d'un ton fier.

"Moi ? Je serai votre porte d'entrée. C'est grâce à moi que vous pourrez voyager sereins."

Märtÿ enchaina directement en interrogeant Mauser.

"Et je suppose que vous êtes Mauser ? C'est votre fille, elle ?"

Kira brûlait de rage à l'intérieur. Mais à l'extérieur, seulement un visage qui lui donnait un air de détraqué. Luca en fut le plus surpris.

"Et pourquoi elle a les yeux rouges comme ça ?"

Mauser répondit.

"Elle, c'est Kira. C'est notre assassine, donc évitez de l'énerver. D'autant plus qu'elle l'est déjà assez."

Une fois ces paroles prononcées, un autre invité pénétra dans la salle. C'était un homme assez grand et musclé, qui avait visiblement vu des choses. Il avait une aura d'agent expérimenté, ce qu'il était. Cet homme là, c'était Erwin.

"Bonsoir agents. Je me présente, Erwin. C'est moi qui m'occupera de la mission. Je suppose que vous n'avez pas eu beaucoup de détails à ce sujet, n'est-ce pas ?"

Tous acquiescèrent avant que Erwin ne continue.

"C'est très simple. On vous a réuni ici car vous êtes probablement les meilleurs des deux camps. Vous partez très bientôt pour une des missions les plus ambitieuses et risquées que ce continent ait jamais connu durant ces dernières années. Nous allons assassiner la secrétaire générale de la Loduarie Communiste, Aurore."

Cette information mit tout le monde sous le choc. Tous voulurent s'écrier, poser des questions, mais Erwin fit signe de la main pour les stopper. Les questions étaient pour la fin.

"Pour vous dire à quel point cette opération est ambitieuse, je vous informe que nous travaillerons avec Karty pour venir à bout de notre objectif, ainsi que l'Antérinie qui soutiendra notre transit jusqu'à Lyonnars. Cependant, les kartiens n'ont reçu que très peu d'instructions, même moins que vous à présent. Il est donc de votre devoir de connaître le mode opératoire sur le bout des doigts avant que nous n'engageons les préparatifs."

Il fit une courte pause pour dévisager chacun avant de reprendre.

"Déjà, les rôles. Luca Corbino s'occupera de nous trouver des documents d'identité falsifiés pour pénétrer dans le pays. Ensemble, Mauser et Märtÿ vont gérer la partie logistique. C'est à eux qu'il faudra se référer pour les détails techniques, détails que je vous révélerai à vous deux en privé, juste après. Edwige et Kristina, Kristina étant l'une des agentes kartiennes, vous serez nos espions piliers. Vous vous chargerez de parler à quiconque nous parle, créer des diversions et faire en sorte que tout se passe bien du côté opératif. Il y aura aussi Giuseppe, partenaire de Kristina, qui est soldat. Il va nous être utile pour rentrer dans la demeure de la secrétaire générale sans encombre. Enfin, Kira est l'assassine. C'est elle qui portera le coup fatal. Donc, vous avez tout intérêt à la protéger. De mon côté, je serai accompagné par un homologue kartien avec qui on supervisera la mission. On vous aidera aussi à créer une diversion de secours si ça se passe mal. On est censé avoir des pirates informatiques aussi, mais on est toujours à la recherche de candidats."

Il les regarda tout à nouveau avant de se rendre compte d'un oubli.

"Ah, et j'aimerais me présenter un peu plus en détail. Erwin, je suis un des agents antariens qui a passé le plus de temps en Loduarie communiste, entre travaux de reconnaissance et prise d'informations j'ai pu faire le tour. Je connais assez bien le terrain, vous devrez donc me faire confiance."

Il continua donc son discours.

"Je comprends que vous avez de multiples questions à propos du mode opératoire, et tout vous sera expliqué en détail une fois que j'aurai parlé à Märtÿ et à Mauser en privé. En attendant, je ne peux que vous conseiller de faire connaissance et apprendre à vous faire confiance tout aussi bien les uns les autres. Sur ce point là, je serai intransigeant. Cette mission est probablement l'une, sinon la plus risquée, que Antares n'ait jamais entrepris. Et dois-je le dire, l'avenir de cette guerre repose sur vos épaules. Si vous parvenez à neutraliser la cible, nous mettons à genoux l'élan militaire de l'invasion. Peut-être même pourrions nous la stopper net. C'est cela qui se joue. Cela ou bien des mois de conflit. Donc, ne foutez pas ça en l'air sur des chamailleries."

Il fit signe de la tête à Märtÿ et à Mauser de le suivre, puis s'adressa brièvement aux trois autres.

"Discutez un peu le temps qu'on s'absente."

Et ainsi, Kira, Luca et Edwige se retrouvèrent seuls dans l'immense hangar, face à face.

De son côté, la jeune fille était toujours en train de brûler de rage à l'intérieur de sa tête. Mais elle était devenue plus calme à l'extérieur, sûrement grâce aux ordres qu'elle venait de recevoir. Edwige essaya de l'interpeller.

"Bon... et si on mettait de côté notre rivalité et on faisait un peu connaissance ?"

Kira ne répondait pas, elle regardait le sol. Elle avait l'air tout aussi pitoyable que menaçante. Edwige essaya à nouveau, cette fois plus fermement.

"Allez, viens t'asseoir."

Sans un mot, Kira s'exécuta. Ils s'assirent tous les trois dans des fauteuils poussiéreux dans un coin de la salle. Ils étaient certes en mauvais état, mais très confortables tout de même.

Une fois assis, Edwige tenta à nouveau de briser la glace.

"Bon ? Tu nous racontes quoi ?"

Kira hésita avant de répondre de sa voix sèche.

"J'ai quoi à raconter ?"

"Je sais pas, d'où tu viens, ce que tu faisais avant tout ça..."

"Quand j'étais petite, je vivais avec ma sœur. Puis des corvuns me l'ont enlevée. J'ai passé le reste de mes jours en hôpital psychiatrique carcéral jusqu'à il y a quelques semaines."

Edwige et Luca étaient tous deux abasourdis. Leur coéquipière venait d'avouer être une détenue psychiatrique. Luca crut au sarcasme.

"C'est une blague ?"

"J'ai l'air de plaisanter ?"

Edwige rétorqua.

"Attends, attends, attends. Donc t'es genre une psychopathe ?"

"Non. Je suis juste schizophrène."

"C'est sans te dire que ça se voit, mais de là à t'enfermer dans un hôpital psychiatrique carcéral..."

"C'est parce que je suis sous médocs. Du moins, tant que Mauser m'en offre. Sinon, je deviens folle."

"Cela peut te paraître bête, mais il s'agirait peut être d'augmenter le dosage, non ?"

"Je peux pas, je dois rationner."

Luca sauta dans la discussion.

"Attends, comment ça ? Ils t'en donnent pas assez ?"

"Les médocs, c'est mon salaire. Je suis payée par missions accomplie, et j'ai juste assez pour tenir jusqu'à la prochaine."

Luca et Edwige échangèrent des regards, avant que la jeune femme ne continue.

"Donc, si tu rates une mission ils te donnent pas de médocs ?"

"Non."

"Et comment tu fais à résister jusqu'à la prochaine ?"

"Je n'y arrive pas. Je retourne en hôpital psychiatrique."

Il y eut un long moment de silence. Kira semblait prendre cela à la légère alors que les deux autres se virent tout d'un coup concernés par ce problème. Luca enchaîna.

"Mais c'est pas possible de faire ça ! Ils faut que tu leur en demandes plus, ta survie en dépend !"

"Je ne peux pas. Je réussis ou je retombe dans la folie. De toute façon, c'est ce jeu là auquel vous jouez, vous les corvuns, non ?"

"Mais attends, tu as même assez de médicaments pour résister jusqu'au jour de la mission, celle qu'on prépare là ?"

Kira ne répondit pas. Elle regarda le sol longuement. Après dix secondes, elle essaya de balbutier quelques mots.

"Je ne sais pas..."

Une goutte tomba de son visage directement sur le sol. Voyant cela, Luca réagit en sortant un mouchoir de sa poche et en le lui tendant. Kira le remercia.

"Merci. Je ne dois pas me mettre dans cet état, ou l'effet va se dissiper plus vite."

A mesure qu'elle s'essuyait les yeux, elle releva la tête, puis rendit à Luca son mouchoir. Celui-ci, au lieu d'être mouillé de larmes, était parsemé de gouttes et essuyées de sang. Edwige réagit immédiatement.

"Tu saignes ?!"

Kira la regarda dans les yeux, avec un sourire assassin sur le bord de la folie.

"Non. Ce sont mes larmes. Celles de mes victimes."

La jeune fille ne laissa même pas le temps au couple de réagir qu'elle changea le sujet.

"Et vous alors ? Je suppose que vous n'êtes pas réellement mariés ?"

Luca réagit d'un ton moqueur, oubliant ce qui venait de se dérouler.

"Non, on était partenaires de travail et un jour, bam, je l'ai prise par derrière !"

Edwige était indignée.

"Sale bâtard ! Mais ça va pas ?!"

Luca riait de bon cœur, mais Kira peinait à comprendre. Elle se disait que cela était sûrement quelque chose que les personnes normales faisaient...

"Donc, vous avez fait évoluer votre relation professionnelle ?"

Edwige reprend le relais en lançant à son partenaire des regards foudroyants.

"C'est ça, grosso modo. Après on s'était promis de le faire il y a longtemps, mais bref. On forme une bonne équipe. Un escroc et faussaire d'un côté, une espionne du milieu bourge et industriel de l'autre... Après, nous on voulait surtout des secrets d'entreprise. Ces missions là, c'est du nouveau pour nous... Toi, je suppose que t'en a déjà faites pas mal ?"

Kira prit un ton plus professionnel, comme si elle parlait dans un entretien d'embauche.

"Le mercenariat est aussi chose récente pour moi. Après que ma sœur ait été arrachée de ma proximité, j'organisais mes propres assassinats pour essayer de la retrouver."

Luca posa une question par curiosité, en souriant.

"Et t'en a tué quelques uns avant de te faire arrêter, c'est ça ?"

Kira répondit sèchement.

"Soixante-douze. J'ai fini par épuiser les pistes et le peu de médicaments qu'il me restait."

Le sourire de Luca disparut. Il se sentait tout à coup gêné d'avoir posé la question sur un air aussi simple. Alors que Edwige essaya de manifester son étonnement mêlé à de l'effroi, Mauser pénétra dans la salle. Il analysa les visages des trois opérateurs avant de lancer.

"Kira, viens. On doit t'expliquer quelque chose."

Kira se leva comme si de rien était, et suivit son supérieur dans l'autre salle.

À présent, Luca et Edwige étaient seuls. Luca sortit à nouveau le mouchoir de sa poche, celui qu'avait utilisé Kira. Mais à sa grande surprise, le sang avait disparu. Et à la place, des zones encore humides de larmes chaudes, tout ce qu'il y a de plus normal. Il interpela sa compagne.

"Je ne sais pas ce qui me fait le plus peur, de bosser avec une schizo ou de savoir que cette personne là était censée nous buter."

Edwige répondit.

"Moi ce qui me fait peur, c'est qu'elle nous ait manipulée."

"Hein ?"

"Je crois qu'elle essaye de nous déstabiliser. Elle veut qu'on ait peur d'elle. Et ce n'est pas la première fois que la MIRA fait ce genre de choses."

"Allons, c'est une gamine ! Ait un peu de pitié pour sa situation !"

"Et si c'était ce qu'elle voulait ?"

Silence. Luca reprit.

"J'ai envie de te dire... Et alors ? On est pas corvuns. Si ça chauffe, on se taille. Je ne sais pas où, mais on s'en va. On parcourra l'eurysie en voiture et on fera l'amour tous les soirs. Moi, personnellement, ça ne m'embête pas."

"Donc t'es en train de dire qu'on devrait lui donner une chance ?"

"Toi surtout. Moi je reste ici. Et de toute façon, on veille sur l'un l'autre, pas vrai ?"

Ils sourient tous deux, avant que Edwige ne reprenne.

"Bon... J'ai ma petite idée pour me rapprocher d'elle alors. On va voir ce qu'on peut faire. Mais par contre, si on se barre en voiture, c'est moi qui conduis, tu sais ce qu'il s'est passé la dernière fois !"

"Marché conclu Edwige..."

Ils rigolèrent entre eux.

En même temps, Luca ressortit son mouchoir. Encore une fois, pas de traces de sang. Juste des larmes humides. Il le jeta sur Edwige qui regarda le tissu, perplexe. Luca annonça.

"En tout cas, si elle nous manipule, elle est vachement forte."

Cette mission promettait bien, et même si les relations étaient un peu houleuses, l'avenir de l'équipe semblait être plein de bonnes surprises.


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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[🗲] Panayävän
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Luca Corbino

Luca Corbino


⇩ (À écouter en Boucle) Musique/Scène d'Ambiance pour la lecture ⇩



Comme à son habitude, Luca Corbino marchait d'un pas assuré dans le centre ville de Roncevaux. Il avait dans ses mains un petit sac plastique jaune qu'il dandinait en avant et en arrière à mesure qu'il marchait. Le soleil était haut dans le ciel, et pour une fois ses lunettes s'avérèrent utiles. Il souriait, comme toujours, et pourtant son air heureux se fondait dans la masse.

Depuis leur rencontre avec la partie de la MIRA, le couple avait beaucoup discuté. L'opération n'était pas seulement risquée, mais elle impliquait aussi une séparation des deux, même l'espace de quelques jours peut-être. Luca n'allait pas pouvoir recevoir des nouvelles avant de la voir rentrer saine et sauve avec un peu de chance, et cela le tracassait. Mais d'un autre côté, il ne le montrait pas. Il ne fallait pas.

Après, il avait une immense confiance en Edwige. Il croyait sincèrement à son talent et son habileté à garder le calme dans toutes les situations. Et surtout, elle était entraînée. Contrairement à quelqu'un comme Kira qui devait porter le coup fatal, ou même Erwin qui était censé offrir un échappatoire à l'équipe en cas de pépin, elle ne risquait que très peu. C'était plutôt une bonne nouvelle, et c'est avec cette pensée qu'il retrouva son sourire intérieur. L'extérieur lui, encore une fois, ne changeait pas.

Sa promenade achevée, il pénétra dans le hall de l'hôtel. Comme toujours, il salua les réceptionnistes et les bell boys avec qui il entretenait désormais une relation amicale. Après tout, qui ne voudrait pas être ami de Luca ? Il était si charmeur et son charisme mêlé à son attitude confiante lui donnait une aura presque cinématique.

Après une brève attente dans l'ascenseur, il pénétra dans la chambre où il résidait désormais avec sa compagne, qui était justement là en train de feuilleter un dossier sur le canapé. Elle leva doucement les yeux en voyant Luca entrer. Quant à lui, il ne changea pas son attitude, et agita devant elle le sac plastique. Edwige l'interrogea.

"C'est un cadeau pour moi ?"

"Si tu veux. C'est ton pass d'entrée pour la Loduarie."

Elle se redressa soudain.

"C'est les papiers ?"

"Exact."

"Comment tu te les est procuré si vite ?"

"Disons que c’est facile d’obtenir des papiers officiels quand on travaille avec l’Etat…"

"C’est la MIRA qui te les a fait ?"

"Ouais, avec les machines officielles et tout. C’est des vrais, mais avec ta tête à la place."

"Donc tu as un passeport pour tout le monde ?"

"Deux en réalité. Des antariens qui entrent en Loduarie par la Gallouèse alors qu'une guerre approche, on risque de vous mettre sur une liste. On n'est jamais trop sûrs."

"Et c'est quoi les miens ?"

Luca fouilla dans le sac avant d'en sortir un petit dossier. Il en extrait deux passeports, les ouvra et annonça.

"Tu as le choix entre Marthe Rience, actrice dans une troupe de théâtre à Carnaux, ou bien Pacsa Holzriese, fleuriste à Marroze. Franchement, toi qui aime bien les montagnards, je conseille la fleuriste. Après, je sais pas si j'ai bien prononcé le nom de famille..."

Edwige avait l'air satisfaite de ses choix.

"Je préfère garder le meilleur pour la fin. Je crois que je vais rentrer avec l'actrice. Puis, c'est plus facile à prouver si on me demande une démonstration."

"Ha, t'as de la chance. Ils voulaient te coller une responsable marketing comme boulot, je me suis dit que t'aurais jamais la force de montrer ça à un douanier."

"Tu as bien fait de changer alors. On se connaît trop bien."

"Carrément."

Luca vint s'asseoir près de sa compagne et la serra dans son bras gauche. A son tour, elle posa sa tête sur son épaule et lui susurra.

"Tu sais, j'ai beaucoup pensé à Kira. Je crois savoir comment lui faire plaisir."

"C'est bien, t'as l'instinct maternel. Au moins ça m'évitera de devoir m'occuper d'élever des enfants."

Tous deux rirent de bon cœur. Ils plaisantent souvent, mais ils savaient aussi une chose. Que les situations comme celles-ci, ceux qui inspirent la peur, déstabilisent.

Mais nos deux personnages savent rester sur leur ligne. Ils ont peur, certes. Mais ils transforment cette peur en joie et en amour.


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
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Connor
AlinéaIl y a quelques mois, la guerre civile rongeait la patrie Kartienne. Les milices royalistes se débattaient contre une force qui leur était bien plus grande, aucune chance pour la majesté Ponce d'être couronnée sur le trône Kartien. Chaque jour supplémentaire était un recul pour la puissance monarchiste, une guerre fratricide et pourtant un destin scellé. Bien au delà de l'armée, bien au delà des figures comme Angèle Orlovski, des personnages avaient œuvré dans l'ombre. Personne ne pouvait les remercier, comment pouvait-on ? Ils étaient inconnus, et ce principe était le nerf de leur métier. Des hommes et des femmes, engagés pour bâtir une nouvelle Karty par un travail plus sale. Ces gens, c'étaient entre autres des membres des services de renseignement. Durant cette guerre civile, le WTK s'est muté en la Vorna, la majorité des changements ont eu lieus durant cette courte fenêtre de temps. Et, au delà des changements et mutations, des agents avaient risqué leur vie pour entraver la force réactionnaire...

4 janvier 2018, 22h43.

Connor. C'était le nom de l'agent choisi. Choisi pour saboter un dépôt militaire des forces royalistes, avoisinant la ville de Wikingia. Ce site ne pouvait être visé par l'artillerie, ou bien par opération balistique, puisqu'il était souterrain. L'état-major avait décidé d'user de la manière plus discrète, moins directe certes. Envoyer un agent sous couverture, chargé d'installer des explosifs et de faire sauter le complexe. Connor, l'heureux élu. Le point critique de l'opération, c'était lui qui l'avait jugé, le passage d'un checkpoint militarisé. S'il passait, alors il avait le champ libre. S'il ne passait pas, il risquait l'exécution sommaire.

Roleplay narratif, flashback de l'opération

Une lourde veste pend sur son ombre, le col d'une chemise dissimule son cou. Un froid glacial, paralysant, envahit les ruelles. Connor s'avance lentement d'une démarche certaine et contrôlée. Des militaires courent de l'autre côté de la route, mais lui ne se presse pas. Non, il marche, il avance vers son objectif, ce poste militarisé. Deux gardes le mettent en joug, tandis qu'un autre s'avance vers lui, indiquant de sa paume qu'il doit s'arrêter. Il s'exécute, incline légèrement la tête, prêt à écouter les paroles de l'homme qui se présente à lui. Ce dernier lui somme de présenter son autorisation, et ses papiers. Et encore, il s'exécute. Machinalement, il fouille quelques courtes secondes dans une poche intérieure à sa veste. Les deux militaires continuent de pointer leurs armes vers lui, mais il reste impassible, et donne les documents. Le contrôle s'achève comme il a commencé, dans un calme et profond désarroi. La mission suit son cours, Connor joint ses mains pour les frotter ensemble. Non pas à cause du froid, mais une habitude qu'il avait pris. A ce moment, il évalue les probabilités. Chance de réussite de l'opération, 28%. Chance de pertes civiles, 87%. Paramètres acceptables. Le dépôt d'armes avait explosé, les civils avec lui.

Et aujourd'hui, où se trouve Connor ? Infiltré en Loduarie. Par le biais des migrations, il a réussi à s'intégrer à la société civile sous le prétexte d'un rêve communiste. Mais, en réalité, il agit pour le Kray, pour son pays.

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Introduction du personnage de Connor, on apprend qu'il était un agent durant la guerre civile Kartienne ayant œuvré contre la victoire royaliste. Aujourd'hui, tout comme Giuseppe et Kristina Foucaux, il est un agent Kartien infiltré en Loduarie, pour le compte du Kray.

L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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[🗲] Mërÿrösvot
Kapöli (🗲): Toÿmynöt

"Vous sentez-vous malade ?" Affiche de propagande pour le forum en ligne Lutte Anti-Cierges, représentant la Malédiction de Shaula (Circa 2015)

"Vous sentez-vous malade ?"
Affiche de propagande pour le forum en ligne Lutte Anti-Cierges,
représentant la Malédiction de Shaula (Circa 2015)




Saturne bricolait dans un coin de sa chambre. Ce matin, alors qu'elle travaillait comme elle le faisait d'habitude, l'un de ses nombreux serveurs avait planté. Heureusement, en plus d'être très bonne en informatique, elle avait les compétences de bricolage nécessaires pour venir à bout de ses besoins immédiats. Et dans tous les cas, elle n'allait pas faire venir qui que ce soit pour réparer ce qui était cassé, cela aurait constitué une brèche gigantesque à son identité secrète.

Secrète, sauf pour une personne bien particulière.

Alors qu'elle était en pleines réparations, Saturne reçut une notification sur son ordinateur. Elle s'empressa d'aller voir ce dont il s'agissait, avant de se rendre compte que ce n'était qu'un message de Malice.

Elle et lui avaient un peu discuté à la suite du pari, mais rien de plus. Tout ce qu'elle attendait, c'était de lui demander une revanche, le battre et repartir à la conquête de Corvus.

Comme d'habitude, l'utilisateur mystère semblait heureux.

Bonjour Saturne, comment va la vie ?

La jeune fille prit une minute pour réfléchir avant de lui répondre.

Rien de spécial. Que veux-tu ?

Moi ? Rien de spécial.

Ce n'est pas vrai

Très bien, tu m'as eue. Disons que j'ai une aventure à te proposer.

Je n'aime pas ça.

Bah, laisse moi finir, non ?

Ok.

Bon, déjà je suppose que grâce à tes mercenaires tu as eu des infos diverses et variés ?

Pour une raison qui m'échappe, les fronts de Robaltes et Henne ont perdu toute leur activité. Je doute que la MIRA ait cessé de les attaquer.

Eh bien, à moi de t'en dire plus alors. La Loduarie communiste nous attaque.

Cette information bouleversa complètement Saturne. Comment ? Pourquoi ? Que venait faire la Loduarie dans cette histoire ?

D'un autre côté, et en y réfléchissant plus longuement, cela était presque évident. Son voisin était en guerre civile, dans une période de déstabilisation politique. C'était le meilleur moment pour frapper. Et cette idée-là plaisait à Saturne, car elle rendait Corvus une proie plus facile à agenouiller.

Parfait. On doit faire une revanche de Maropol tout de suite. C'est l'occasion de descendre Corvus.

Hé oh, pas si vite. Laisse moi terminer ahah.

Très bien. Termine.

Bon, alors il se trouve qu'ils sont en train de chercher du monde pour une opération, notamment une paire de pirates.

Qui ?

Je sais pas, je sais juste qu'ils cherchent.

Comment tu sais ça ?

Quoi ? Je peux pas avoir mes sources moi aussi ? :)

Je refuse de participer à quoi que ce soit.

Je m'en doutais bien, mais si tu veux je peux te montrer les deux options.

Très bien, je t'écoute.

Option première, moi et toi on postule pour cette mission vu qu'on est le meilleur duo du pays. On donne un gros coup dans le flanc de la Loduarie et avec un peu de chance, l’invasion est pliée en deux jours. Et on retourne à ce qu’on faisait avant. Ou bien, tu décides de t’attaquer à Corvus. Sauf que Corvus n’existe plus. Un concordat s’est formé pour résister à la Loduarie. Donc, tu te mets tout le pays à dos.

Je m’en fous. Ma mission est de terminer Corvus par moi même.

Je comprends. Mais alors, ça te met face à deux problèmes. Déjà, la Loduarie s’occupera de Corvus à ta place. Dans mes souvenirs, tu n’aimes pas trop qu’on touche à ta proie. Et puis, indépendamment de ce que tu veux faire, moi je postulerais. Donc, tu auras à faire à moi.

Tu ne feras rien. Cela détruirait ton engagement auprès de moi.

Tu veux dire l’engagement auprès de Corvus ? Corvus n’est plus pour l’instant. C’est le Concordat de Shaula qui est.

Tu veux donc qu’on se livre en duel ?

Non. Je t’offre une opportunité de salvation. Cueille-la si cela te semble juste. Mais il n’y aura pas de revanche avant que la Loduarie ne se soit pas retirée.

Je vois cela plus comme une menace qu’autre chose.

Très bien. Menace soit-il. Je crois que tu as simplement besoin de temps pour comprendre ce que je t’offre. On en reparlera.

Saturne était confuse. On venait de lui proposer quelque chose qu’elle trouvait absolument ridicule. Pire que cela, elle avait l’impression d’être sous une contrainte. Malgré les efforts de Malice pour exhiber sa proposition comme une opportunité, elle était non seulement sceptique mais presque offensée. Elle commençait à peine à trouver ce Malice comme quelqu’un de plutôt drôle. Une chose était certaine, elle ne voulait plus avoir à faire avec une fraude comme lui. Elle ferma donc la page de discussion et retourna bricoler dans son coin.

Alors qu’elle ajustait les câbles, les entrées et les sorties de son serveur, elle essaya de balayer dans sa tête ce qu’il venait de se passer. D’un côté elle avait envie de croire que ce qu’elle voyait, c’était une nouvelle chance. Que Malice ne l’avait peut être pas fait exprès. Que cela allait être différent des trahisons qu’elle a vécu par le passé. Mais de l’autre, elle était trop traumatisée pour lui faire confiance à nouveau.

Elle se sentait faible. Dégoûtée d’avoir bougé de sa position qu’elle s’était promise de garder, juste pour un premier venu qu’elle ne connaissait même pas.

Et pourtant, elle appréciait la direction que cela portait. Le personnage semblait compréhensif. Il avait la possibilité d’être hostile et il ne l’a pas prise. Mais à présent, Saturne voyait le revers de la médaille. La partie du personnage qui ne lui correspondait pas. Et avec celle-ci, la possibilité qu’il y ait bien plus qu’elle ne puisse imaginer.

Elle ne voulait pas supporter le poids d’avoir à faire face à sa peur. Elle ne voulait pas pardonner. Elle voulait punir. C’est ce qu’elle avait fait pour les Ombres. C’est ce qu’elle voulait faire pour Corvus. Et c’est ce qu’elle allait faire pour Malice.

Désormais, elle était de nouveau seule. Et c’était mieux comme cela.

* * *

Saturne ouvrit les yeux d’un coup.

Elle n’avait pas de souvenirs de ce qui venait de se passer dans les dernières heures, voire minutes. Mais elle avait compris où elle était.

Elle était au lit. Couchée sur son dos.

Son sang se glaça. Elle savait ce qui arrivait. Elle savait que cela allait arriver. Elle n’avait pas somnolé depuis trois jours, cela devait arriver.

Elle jeta un œil au coin de la pièce. Et la, elle la vit.

L’ombre.

Elle était venue la hanter comme toutes les fois où elle s’était endormie.

Comme à son habitude, elle s’approcha, avec une respiration lourde. Saturne ne pouvait rien, elle était impuissante. Ses bras commençaient déjà à picoter. Et des larmes commençaient à couler de ses yeux.

Soudain, son bras droit se leva machinalement. Puis son bras gauche. Et sans le vouloir, elle se redressa, descendit du lit et se retrouva debout devant l’ombre.

Elle s’était redressée. Elle regarda ses mains, les yeux pleins d’espoir. Elle pouvait bouger.

D’une traite, elle se rua vers la porte de sa chambre en hurlant. Mais celle-ci était verrouillée. Non, elle ne pouvait pas abandonner. Elle devait saisir cette chance. Elle frappa sur la porte, tourna violemment la poignée à plusieurs répétitions, sans succès. Elle cria.

“Laissez-moi sortir ! Laissez-moi sortir !! Par pitié !!!”

L’ombre se rapprochait. De sa voix rauque, elle menaça Saturne.

“Tu es encore loin d’être digne de sortir. Cela est déjà tant que je t’offre le don d’user librement de ton corps.”

“Par pitié… Je veux sortir !”

“Ne vois-tu pas ton comportement dégoûtant ? Ne vois-tu pas l’égoïsme dont tu fais part ?!”

“Pitié…”

“Pitié ? C’est à toi d’avoir pitié du sacrifice qui a été réalisé pour te donner le luxe de te redresser de ton lit. N’as-tu donc aucune pitié pour ceux et celles qui, dans l’ombre, ont agi contre leur propre volonté pour te donner même une once d’amélioration par rapport à ta situation ?!”

“À quoi bon bouger si je ne peux sortir ?!”

“Parce que tu crois que ce pouvoir t'est donné ? Tu as pris dans ta main la responsabilité du châtiment sans oser te châtier toi-même. Tu as pris au dégoût un individu qui t’a offert un court bonheur, et tu as mordu sa main pour avoir défaussé de sa tâche l’espace d’une discussion. Pendant ce temps, il sacrifie sa personne et fait des efforts pour que tu en ait à faire point. Lui va à l’encontre du dictat de Shaula pour t’offrir une portion de plaisir et tu craches dessus. La honte que je ressens à ton égard n’a que rarement atteint ce niveau par le passé, pour autant que je suis furieux.”

“Je… Je ne comprends pas…”

“Ne vois-tu pas que l’on t’a offert un pardon, aussi instable qu’il soit ? Ne voit tu pas la Miséricorde de Shaula t’accorder une opportunité de plaisir ?! Ta punition sera éternelle, puisque éternellement tu ne changeras point.”

“Pourquoi… pourquoi puis-je bouger ? Qui s’est sacrifié ?”

“Le simple fait de n’en avoir aucune idée reflète ton hypocrisie dégoûtante. Tu devrais avoir honte du poids que tu mets sur les épaules de quelqu’un de plus maigre qui offre de porter ton fardeau. Tu devrais te percer les yeux d’émotion face à la grâce qu’un seul individu, le seul qui ne te condamne pas, puisse t’accorder.”

“S’il te plaît… Pitié… Aide moi à comprendre…”

“Une Trève t’a été offerte, Saturne. La même que tu as vu passer il y a longtemps de cela. Celle où, par traumatisme, tu as décidé d’en profiter. Il t'est donné l'occasion de te racheter sur une partie de ta peine. Et tu n’as pas évolué de tes erreurs. Tu as craché sur le malheur d’autrui, la santé de celui qui te protégeait et qui te portait compagnie ne t’a même pas traversé l’esprit. Au lieu de revisiter la manière dont tu t’attaches aux individus, tu te questionnes sur le fait de t’y être attaché si vite en premier lieu. Et pourtant, lui est prêt à pardonner cela. Tu n’as aucun pardon. Chacun d’entre nous a donc tous les droits de rire de ta situation et de l’empirer.”

“Mais je ne veux pas d’opportunités… Je veux que cela se termine… Et le seul moyen c’est détruire ceux et celles qui te gardent vivant…”

“Crois-tu que cela t’apportera quelconque solace ? De la joie peut être ? La damnation restera éternellement, puisses tu changer un jour. Mais autrui a décidé de porter ton fardeau. Autrui a proposé de te prendre par la main. Pour de rappeler de la vraie liberté, celle qui se gagne par la rédemption, et non par l’insistance.”

“Je… je suis libre…?”

“Tu as manqué ta chance de l’être. Désormais, la seule personne qui voulait te libérer s’est vue giflée par ton comportement. Tu souffriras donc encore, prends cette opportunité pour t’accroupir et pleurer tant qu’il t’en est donné grâce, car tu ne pourras plus sentir les larmes couler sur tes mains une fois que le pauvre homme qui t’a offert un cadeau s’en ira.”

“S’il te plaît… Je ferais de tout…”

“Si tu es prête à marcher vers la rédemption, alors il est toujours temps. Mais un pas de côté t’enchaînera à nouveau dans le lierre de la malédiction de l’étoile sœur. Prends donc, une ultime chance t’est accordée.”

Le silence régnait à présent dans la salle. Saturne sanglotait doucement alors qu’elle se redressa machinalement du sol. Elle essuya ses larmes avant de regarder l’ombre dans les yeux. Lentement, elle se tourna vers la porte et en attrapa la poignée.

Elle s’ouvrit. Saturne tira doucement alors que l’espoir grandissait dans ses yeux. Bientôt, la porte allait être grande ouverte. Bientôt, elle allait être libre.

* * *

Saturne se réveilla soudain, la tête sur son clavier. Elle se redressa, toute engourdie. Encore une fois, elle s’était endormie.

Mais cette fois-ci, c’était différent. Elle se souvenait clairement de ce qu’elle venait de vivre. Et le plus important, c’est qu’elle se sentait reposée.

Elle jeta un œil à son ordinateur. Il est dix heures du matin.

Elle n’en revenait pas.

Elle avait dormi la nuit.

Elle voulut pleurer de joie l’espace d’un instant. Sauter de joie, descendre remercier ses parents, manger de bon goût. Mais d’abord, elle devait faire ce qu’elle avait à faire. Elle devait saisir sa chance.

Saturne alluma son ordinateur à nouveau, ouvra rapidement la fenêtre de discussion et posta un simple message.

J’accepte.

Il ne fallait pas attendre plus de quelques secondes avant de recevoir une réponse de Malice.

Ça alors, j’avais déjà perdu espoir ! Comment ça se fait ?

J’y ai réfléchi. J’ai besoin d’une pause. Et tu avais raison. Corvus est ma proie. Pas celle de la Loduarie Communiste.

Eh bien. Dire qu’une bonne nuit de sommeil suffisait pour s’en rendre compte…

Saturne hésita à lui parler de son rêve. Es-ce que Malice savait ? C’était impossible, tout cela se passait dans sa tête. Elle tenta tout de même une question.

Malice, es-ce que je peux te poser une question ?

J’ai peur, mais dis moi.

Saturne réfléchit, avant de se dire que c’était une mauvaise idée. Il avait l’air trop candide pour en savoir quoi que ce soit, et elle ne voulait rien révéler.

Oublie. Va plutôt dire aux antariens ou à quiconque veuille t’engager que j’accepte.

Bon, mais ne me laisse pas la dessus ! Je veux l’entendre cette question tôt ou tard.

Très bien.

Après une seconde, elle posta un nouveau message.

Et merci.

Hm ? Pourquoi donc ?

Saturne ne savait pas quoi dire. Elle avait dit cela presque machinalement. Elle donna une réponse rapide pour éviter le sujet.

Rien. Par politesse.

Comme tu veux. Je reviens vers toi dès que j’ai des infos.

Ok.

Saturne ferma ainsi la fenêtre et posa ses mains sur ses genoux. Elle ne savait pas quoi penser. Mais elle voulait essayer de changer.

Et depuis cette nuit-là, l’ombre ne vint plus lui rendre visite. Désormais, elle travaillait avec Malice l’espace de la trêve.

Désormais, elle était l’alliée du Concordat.


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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Connor
Connor l'assassin, ou Connor le chef d'escouade.

AlinéaC'est tel qu'il était perçu dans le milieu du Kray, mais aujourd'hui, en Loduarie, il était le garant de l'organisation de ce qui allait se préparer. Les deux agents Kartiens déjà présents sur place avaient été prévenus d'une nouvelle directive. Son contenu ? Ils l'ignoraient. Seul l'avertissement qu'une nouvelle directive s'annonçait. Est-ce Connor qui allait porter la nouvelle ? Non, il ignorait tout autant ce qui se tramait. Assassiner la secrétaire générale Loduarienne, seule la Dame de Cœur le savait: elle et quelques élites diplomatiques ou militaires en sol Kartien. Ceux chargés de porter la nouvelle aux agents Kartiens n'étaient nuls autre que les agents Antariens. Pourquoi un tel fonctionnement ? Pourquoi ne pas avoir appris la nouvelle ? Avoir la directive, son contenu, c'est risquer de l'avouer en cas de capture. Si les Antariens ne pouvaient pas parvenir sur lieu, alors l'opération virerait à l'échec et serait avortée. Ces mêmes Antariens étant ceux qui arriveront en dernier, il paraît naturel que seuls ces derniers soient au courant des réjouissances.

Pour l'heure, Connor devait rejoindre le couple Foucaux en sol Loduarien. Pas facile pour un pays sous dictature. Fort heureusement, il passait sous couverture. Kartienne, mais une couverture. Considérant les 50 000 communistes Kartiens déportés, les regroupements familiaux sont une réalité. De surcroît, la Loduarie n'est pas encore en guerre à ce temps, quelques jours ou semaines avant, en réalité. Les frontières ne sont donc pas sujettes à quelconque renforcement. Connor est libre de se présenter pour une immigration due au regroupement familial. Cette raison, par ailleurs, il n'allait sans doute même pas l'évoquer. Quel pays intégré au monde, à la mondialisation, contrôle autant l'arrivée de personnes ? Non, il suffit d'avoir un passeport valide et l'on peut passer pour du tourisme, des affaires… Enfin bref, toute une belle ribambelle d'excuses pour faire passer une seule personne non suspecte, non armée et sans documents officiels si ce n'est sa pensée. C'est de cette manière que Connor s'introduisit en Loduarie, de manière parfaitement légale sous les yeux durcis des douaniers.

Connor a troqué la longue parka bordée d'un costume contre une veste de cuir, une allure des plus charmantes pour un personnage tout droit sorti d'un thriller policier. Car oui, si ses proches devaient le décrire -encore faudrait-il qu'il ait des proches- ils diraient sûrement de lui un fin analyseur, froid, muni d'une intelligence sociale désarmante et d'un sang-froid à toute épreuve. Cet agent qui autrefois, sous les drapeaux de la guerre civile qui avait rongé son pays, n'avait pas hésité à tuer des civils au profit de l'avènement de la cause socialiste. Peut-être est-il partisan de cette idéologie ? Mais en réalité, il louait son honneur et sa loyauté au Kray. C'était tout pour lui. Mais pas exactement : le seul facteur qui lui importait était sa mission. Rien d'autre.

Le nouveau venu poussa la porte de ce bar dans la banlieue de Lyonnars. Une refoulée d'innombrables soirées passées s'annonça, un trop-plein d'informations. Connor n'avait que très peu d'informations pour repérer ceux qu'il cherchait. Deux individus qui fréquentent régulièrement ce bar : de loin la plus grosse information. Sinon, un homme et une femme, dont un militaire. Le reste: rien d'autre. Arstotzka. Le mot de code, également paru dans le journal. C'était à peu près tout. Les visages se rivèrent sur cet inconnu pour finalement revenir à leurs activités quelques secondes plus tard. Connor joignit ses mains par réflexe. Il analysa. Le fin analyste conclut sur une avancée vers le comptoir, là où trônait à côté un homme en treillis militaire. Un soldat Loduarien, certainement. Il annonça au serveur, dans un langage parfaitement Loduarien qui lui aurait valu la nativité.

Connor-"Vodka myrtille, je vous prie."

Il déposa machinalement quelques pièces avant de s'éloigner du comptoir, faisant comprendre que son absence n'était bien que temporaire. Connor se retrouva au milieu des toilettes au fond du bar, devant un miroir qui semblait lui refléter son analyse. L'homme en treillis entra quelques secondes après.

Giuseppe Foucaux-"De la vodka myrtille, hein ?"
Connor-"De la région d'Arstotzka, paraît-il."

Les deux hommes se retrouvèrent face à face. Ils s'étaient compris. Au-delà de l'allure, le mot de code avait été échangé. Le signe qui avait conduit Giuseppe à rejoindre cet inconnu dans cette pièce ? Sa commande. De la vodka myrtille: une tradition des bars Kartiens qui passait inaperçue.

Connor-"Où est la deuxième ?"
Giuseppe Foucaux-"Oh, elle arrive, t'en fais pas."

Et en effet, Kristina s'annonça. Connor rencontrait le duo et la chanteuse fut parcourue d'un bien étrange sentiment. Comme si… comme si une autre scène, pareillement similaire, se déroulait à un autre endroit au même moment. Comme si les agents Antariens se retrouvaient lorsque les Kartiens en faisaient de même…

Giuseppe Foucaux-"T'as les cheveux blancs toi…"
Kristina Foucaux-"Je t'en prie ! Un peu de respect quand même… Euh… Dis-moi, quel est ton nom ? Nous ne nous sommes même pas présentés…"
Connor-"Je m'appelle Connor."
Giuseppe Foucaux-"Moi c'est Giuseppe, et elle ma femme, Kr-"
Connor-"Giuseppe et Kristina Foucaux, visiblement un agent infiltré en soldat Loduarien et une malheureuse citoyenne déportée sous l'Empire."
Kristina Foucaux-"Juste… C'est… Juste."

Et en effet, de pareilles discussions en Antares se déroulaient…

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :Connor arrive en Loduarie par voie légale, sous prétexte d'un regroupement familial. Il rencontre Kristina et Giuseppe Foucaux : les agents Kartiens de terrain sont au complet.

L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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[🗲] Tÿöl
Kapöli (🗲): Toÿmynöt

"La Cadette" Siim Nolë (Esquisse, Musée des Collections de Battersby, 2012)

"La Cadette"
Siim Nolë (Esquisse, Musée des Collections de Battersby, 2012)


⇩ Musique/Scène d'Ambiance pour la lecture ⇩




Silence.

Aucun bruit à part les vibrations sans fond du moteur du camion, ainsi que la douce friction des pneus sur l'asphalte froid d'une nuit loduarienne lambda. Pas d'émotions. Pas de chagrins. Et surtout, pas de regrets.

Il ne fallait certainement pas être claustrophobe dans ces situations-là. Et il fallait avoir un estomac solide pour supporter le mal des transports. Mais la pièce offrait tout de même l'espace d'écarter ses membres et de regarder de temps à autre à droite et à gauche. Certainement, l'atmosphère avait ce petit odorat de lieu industriel, mais c'était le prix à payer pour la réussite. Le confort. Aucune réussite ne s'est faite dans le comfort. Celle-ci n'allait pas faire exception à la règle. Pour certains, il fallait dormir dans un endroit crasseux. Pour certains, éviter la mort. Et pour d'autres, se plonger soi même dans l'abysse de la fantassine, et retourner son âme.

Ainsi étaient posés les agents du Concordat antarien se préparant à prendre contact avec leurs homologues kartiens, en route vers Lyonnars.

Peu de bruits. Ils étaient tous assis sur des caisses, ou bien allongés. Märtÿ discutait avec Erwin dans un coin du conteneur. On pouvait guère l'entendre dans ses chuchotements, mais il lui demandait probablement des informations sur ses services en Loduarie. Pour la plupart d'entre eux, c'était leur première fois ici dans le pays ocre.

De l'autre côté de la "pièce", Edwige était assise seule sur une caisse, à côté de Kira qui roupillait doucement. Elle semblait si calme dans son sommeil, si paisible. Qui aurait pu croire qu'elle était une assassine...

Elle repensait aux discussions qu'elle avait eu avec Luca avant de partir. Tout s'était passé si vite, tout s'était organisé pratiquement derrière son dos. Après tout, son travail n'était pas d'organiser, elle exécutait. Et exécuter, elle savait le faire très bien. Raison pour laquelle elle était là. On ne voulait pas de personnes qui posent de questions. On veut ceux qui apportent des solutions. Et ces mots de Luca, elle les avait gardés dans sa tête à chaque fois qu'elle se trouvait en position d'hésiter.

Donc, plus de doutes. À présent, c'était le terminus qui les attendait. Réussir la mission, ou rentrer les mains vides. Devenir des héros de l'ombre ou rentrer la tête basse.

Soudain, Kira se réveilla lentement de sa sieste. Elle se redressa, frotta ses yeux et écarta ses jambes. Après avoir regardé autour d'elle, elle croisa le regard d'Edwige. La jeune femme lui demanda.

“Bien dormi ?”

“Oui.”

“Tu as fait de beaux rêves ?”

Edwige ne savait pas pourquoi elle avait demandé cela. Elle se sentait bête, elle ne voulait pas infantiliser Kira surtout qu'elle pouvait probablement tous les tuer à l'arrière de ce camion. Et pourtant, elle ne pouvait pas résister à son instinct maternel. Peut-être était-ce un signe qu'elle approchait la mi-vingtaine ? Kira se tourna vers elle et répondit.

“Je ne sais pas... Je vois les cierges...”

“Hein ?”

“Laisse tomber...”

Edwige jetta un coup d'œil à la jeune fille. Elle tenait ses bras autour de son ventre et avait les épaules refermées. Elle connaissait ce signe. La plupart des femmes se mettent dans cette position lorsqu'elles ont peur, un signe inconscient qui révèle une protection des parties vitales. Elle essaya d'engager une discussion.

“Tu as peur de quelque chose ?”

“Ce n'est pas ma première mission. Loin de là.”

“Mais c'est la première fois que tu fais ça sans tes médicaments, pas vrai ?”

Kira hésitait. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle avait en effet peur. Elle n'avait pas assez de médicaments pour la mission, et cette pensée la terrorisait au point qu'elle essaya de la balayer sous le tapis. Mais Edwige savait cela. C'était une espionne après tout, qui se spécialisait dans le comportement d'autrui et la manipulation. Elle savait qu'elle allait se heurter à ce problème. Elle murmura.

“Je comprends que tu aies peu de personnes à qui tu peux parler. Mais lors de ces situations, tu dois faire un effort. Il n'y aura pas toujours quelqu'un comme moi qui peut deviner.”

Edwige sortit de sa poche un petit sachet plastique avec une dizaine de cachets à l'intérieur et le présenta à Kira. Ses yeux s'illuminèrent.

“C... Comment...”

“Mauser se balade avec ses poches ouvertes. Pas très malin.”

Kira ne savait pas quoi dire. Elle n'avait jamais été présentée avec de l'amour comme celui-ci après qu'elle ait perdu sa sœur. Elle voulait pleurer, mais encore une fois, elle chercha à se retenir.

Elle prit le sachet avec une main tremblante et bégaya.

“M... Merci...”

“Je sais qu'on est censé être ennemies... Mais pour le bien de tous, on a intérêt à travailler ensemble. Allez.”

Tous deux sourirent à l'une l'autre. C'était certainement spécial, un lien qui n'est pas tout à fait de l'amitié, mais plutôt de la complicité.

Quoi qu'il en soit, cette guerre n'était pas si mauvaise après tout, si elle pouvait unir des personnes d'horizons opposés dans un rapport unique...

Et ainsi, le camion qui transportait les individus roulait doucement vers Lyonnars, au milieu de la nuit...


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
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