Mouvement en date du 11/08/2018 : Mlles Poulin et Dalila quittent Bourg-Léon et s'envolent pour Sainte-Régine
Effet du mouvement : En fin de journée, ce 11 aout 2018, sur le tarmac de l’aérodrome de Bourg-Léon, en la Principauté de Carnavale, Mlles Marie-Angélique Poulin et Dominique Dalila prennent place, accompagnées de leur fille Dominique, à bord d’un appareil privé qui doit les ramener à Sainte-Régine, capitale de la République du Makota. Ce retour s’accomplit entièrement de leur plein gré, sans aucune contrainte extérieure et indépendamment des sommation et vociférations du Président Irrevile et Vice Président Lefranc. La raison est simple mais elle est audacieuse (pour ne pas dire téméraire) : Mlle Poulin, à présent dotée d'une héritière, veut affronter son destin en affrontant la justice du Makota.
C'est pourquoi, tandis que Mlle Dalila, pâle et épuisée (elle vient d'accoucher dans la nuit, on le serait à moins !), marque au moment d’embarquer une visible réticence et une anxiété qui ne peuvent échapper à personne, jetant autour d’elle des regards inquiets, Mlle Poulin, au contraire, conserve une sérénité parfaite et une détermination sans faille. Droite, le menton haut et le regard assuré, la riche industrielle semble prête à affronter, la tête haute, les autorités, la justice et la vindicte publique qui les attendent sur le sol natal.
Ainsi, le jour même de l’annonce tonitruante de la naissance de leur enfant, les deux demoiselles choisissent de regagner volontairement leur patrie plutôt que de prolonger leur exil à Grand-Hôpital. A leur arrivée à Sainte-Régine , elles sont naturellement attendues mais ma violence du comité d'accueil improvisé dépassera très largement les pires craintes de Mlle Poulin...
La rumeur du service lui paraissait à peine. Il scrutait la mer. Derrière la verrière, sous la grande véranda, sa table dominait le reste de la salle depuis la mezzanine. L'établissement était installé dans une ancienne serre à lianes, dont on laissait les feuilles gémissantes se tailler des encorbellements autour des barres en fonte et en acier. Il ruminait, le regard vague dans le gris du golfe qui s'écrêtait sporadiquement. La mer était molle et le temps flou. S'écrasaient de grosses gouttes de lassitude sur les vitres, et dans la musique lancinante des convives attardés à la fin du dimanche, s'annonçait la longue solitude.
Sa cigarette rougeoya entre ses doigts, consumée, les étincelles devenues cendres prêtes à lui brûler le bout de la peau. Les lunettes noires qu'il portait en permanence à cause de l'effet douloureux des rayons sur son nerf rétinien lui donnaient l'air charmant et rêveur d'un vieil écrivain. La bouche pincée sur l'amertume de son breuvage, il en savourait l'aura. Sur les planches où il se produisait en amateur, il avait appris à manier les registres, et spontanément les coudes se posaient sur le comptoir pour en demander un deuxième. La mer le regardait vide et lasse. Autour de la serre, les herbes défraîchies de ce coin solitaire de la Pharmacopée, où s'étaient donné rendez-vous deux amoureux un jour avant la nuit des temps, assombrissaient déjà la soirée avançant. Il soupira.
— Un jus de scarabée, s'il vous plaît.
Il sursauta. Une main se présenta à lui, directe et blanche.
— Sibylle.
— Maître Nioble.
Il serra la main qu'elle lui tendait.
— Tout de suite, Madame, répondit le serveur.
Elle déposa ses affaires et s'assit face à l'avocat.
— Alors, Gauthierry.
Ses yeux brillaient.
— Dis-moi ce qu'il se passe.
L'autre agita le menton. Ses lunettes et sa barbe mal rasée couvraient l'exactitude de ses sentiments, que les yeux acérés de la psychanalystes ne pouvaient jamais déchiffrer totalement.
— J'ai un problème, Sibylle.
Il posa ses deux mains sur la table.
— Je ne peux pas continuer.
Elle ne dit rien.
— Madame.
Le serveur déposa la tasse fumante, agrémentée, dans un service d'une fine porcelaine Obéron, de sucres arômatiques de mandragore Dalyoha. Quintessence de l'île et spécialité, en plissant les paupières Sibylle savoura une première gorgée de ce liquide chaud aux pattes flottantes comme des coquilles de crustacé. Gauthierry contemplait le fond de son café, dont le marc s'amoncelait en grains comme une bouille d'oracle.
— Mais il le faut, insista-t-elle.
— C'est impossible.
Il retira ses lunettes, dévoilant ses petits yeux fatigués, et passa les mains sur ses joues, pour redynamiser sa peau aigrie.
— Sans toi, je ne vois pas comment.
Elle recula alors, sa lèvre marqua un pli de nervosité.
— Gauthierry, tu sais bien que...
— Oui, oui. C'est moi qui l'ai décidé. Bah, ne m'écoute pas, Sibylle.
Elle fronçait les sourcils, empathique et agacée.
— Nous en avons décidé ensemble, Gauthierry. Nous avons fait ce choix.
— Oui.
— Nous ne redeviendrons pas ce que nous étions.
— On ne fait pas marche arrière.
— C'est notre pacte, Gauthierry. Et de toutes façons...
— ... c'est impossible.
Ils se turent. Elle sortit de son sac un étui à cigarettes. Le tabac, cultivé dans un pays d'orient, était imprégné de saveurs éclatantes et solaires qui s'étaient mis à diffuser en elle une douceur étrange. Ses vêtements étaient imprégné du mélange de cette fumerie et de son parfum, et de l'odeur de son corps, les trois se combinant, évoquant la puissante senteur qui exhalait des tapis de son cabinet.
— Tu sens toujours aussi bon.
Elle sourit.
— Bon, Gauthierry. Dis-moi ce qu'il se passe.
— C'est Venbranle.
Il remis ses lunettes, reconquérant ainsi sa stature. Elle ne put considérer qu'avec un brin de surprise le retour de son aura. Et la peau de ses joues, parsemée d'une barbe qui blanchissait et s'allongeait avec les mystères de sa vie de célibataire, lui évoquait vaguement celle d'un jeune homme qu'elle avait aimé et tant d'années durant couvert de baisers.
— Il a reçu un courrier.
— Oui ?
— De sa soeur. J'ignorai qu'il en avait une. Elle est en Afarée. C'est elle qui a pris Violoncelle en otage.
Sibylle ouvrit une bouche surprise, de laquelle ne sortit aucun mot.
— Violoncelle s'est rendue en Cramoisie il y a des mois pour participer au Conseil des actionnaires. Elle n'est jamais revenue. La police est sur sa piste, sans succès. Nous pensions qu'elle s'était perdue dans le désert. Voilà que nous avons reçu cette lettre. Enfin, que Julonin l'a reçue.
— Et alors ?
— Il est dans un état lamentable. Je lui ai demandé de m'expliquer la situation, ce qu'il a d'abord refusé de faire. Il s'est enfermé dans le silence. Je l'ai entendu hurler plusieurs fois. Il a finit par m'expliquer le problème. Comme tu le sais, cette campagne, c'est celle de Violoncelle. C'est elle, le candidat. Julonin n'est qu'un visage, un acteur. Le cerveau, c'est Mademoiselle Sucre.
— Mais pourtant...
— Oui, il est donné favori. C'est grâce à Violoncelle. Mais maintenant qu'elle n'est plus là, il n'y a plus rien. Julonin déprime. Il refuse de parler à qui que ce soit. J'ai retiré les balles de son pistolet, par prudence. J'aimerais que tu...
— Non non Gauthierry. Je ne prends pas de politiques dans mon cabinet.
— Écoute-moi d'abord Sibylle. Je ne vais pas te demander de le psychanalyser, j'aurai trop peur que ça tourne mal. Mais là il faut faire quelque chose et je suis coincé. Il est convoqué en procès à Messalie, contre son ancienne épouse que Grand Hôpital aurait contre toute attente ressuscité après qu'il touche son héritage. Il est dans la merde. C'est toute sa fortune qui est en jeu. Aujourd'hui il vit avec les subsides de Flavoni, mais demain ? Quand la presse découvrira ce que vaut la candidature Venbranle sans Violoncelle Sucre, il sera foutu. Foutu. Et moi avec.
Sibylle tira une taffe sur sa clope.
— Il est interdit de fumer à l'intérieur, Madame.
Elle lança au jeune serveur stupide un regard noir. Le maître d'hôtel approcha par derrière et intima à son employé de fermer sa gueule. Il savait que Madame d'Héboïdophrénia était l'une des plus grandes professeures de Bourg-Léon.
— Et la soeur Venbranle ... ?
— C'est elle qui tient Violoncelle.
Il se gratta la barbe, et en étalant la serviette sur la table, d'un coup de stylo à bille, il fit un schéma.
— Dans le courrier sur lequel j'ai fini par mettre la main, Assomption Venbranle dit tenir Mademoiselle Sucre en otage dans un lieu situé en Cramoisie. Elle serait devenue nonne au sein d'un couvent retiré, sans doute l'un des derniers qui subsistent depuis l'effondrement du Protectorat et la disparition de Printempérie. C'est une harpie, un être de pure haine et de pure démence. Tu verrais comme elle écrit ces... une bigote fanatique, tout droit sortie des Oranges. Elle a coupé un doigt à Violoncelle.
— Oh, c'est moche.
— Rien que Grand Hôpital ne puisse re-greffer. Mais bref, elle la séquestre comme monnaie d'échange. Je crois qu'elle n'est pas bien informée de la situation ici, à Carnavale...
— Personne ne l'est, s'exclama Sibylle en riant.
— ... Elle croit vraiment que son frère est devenu Maire. Et elle lui ordonne de... euh... faire lever une poursuite, un ordre d'internement qui pèse contre elle, et qui l'assigne apparemment à cette réclusion au couvent, si j'ai bien compris.
— Un ordre d'internement ?
— Oui, une prescription des médecins du Palais-d'Hiver.
Sibylle grimaça.
— Pour garnir les rangs des premières générations de colons, Printempérie a dealé avec Grand-Hôpital. Beaucoup de fous et d'aliénés se sont vu attribuer un lopin de terre.
— La communauté dans laquelle vit Assomption Venbranle semble être complètement isolée du reste de la Cramoisie. Même sur une carte, on n'en retrouve pas l'emplacement. Il est question d'une ville nommée Tantale, mais aucune trace n'en existe sur les documents officiels. C'est sûrement l'une de ces colonies-mirages qui ont peuplé la Cramoisie pour surfer sur la bulle spéculative. Aujourd'hui, tout ça a disparu. Le couvent dans lequel Violoncelle est séquestrée vit au rythme d'un autre monde. Celui des Maisons, de Grand-Hôpital, de Pervenche Obéron... ces filles sont coincées dans l'époque d'avant l'Armaggedon't.
La nuit était tombée. Le café était illuminé de rares ampoules électriques, plongé dans une pénombre boisée confortable, romantique et nostalgique. Au loin, derrière la verrière, les lueurs tremblantes de la Citadelle signalaient la présence d'une base militaire étrangère ceinte de hautes murailles désuètes et impénétrables.
— Si Venbranle n'obtient pas de Grand-Hôpital l'annulation de l'ordre d'internement, Assomption tuera Violoncelle.
— Et sans Violoncelle, Venbranle est foutu, résuma la docteure.
Ils restèrent un moment silencieux. Gauthierry contemplait les mains de son ex. Les veines marquées par l'âge rehaussaient la noblesse de ses doigts fins, qu'autrefois cerclait une alliance. Il s'avança, effleurant le dos de cette main autrefois aimée, et leurs peaux entrèrent dans un contact ténu et trouble. Sibylle fut surprise de voir qu'elle ne la retira pas. Ils n'osèrent ni l'un ni l'autre se regarder dans les yeux.
— Gauth'... souffla-t-elle comme hypnotisée par le contact qui se prolongeait.
Il retira son toucher.
— Excuse-moi.
Elle figea sur lui le regard brillant et lointain de la psychologie. Elle s'étonna de sa sensibilité à sa face vieillie mais ferme, encore pleine de la vitalité fascinante du génie. La psychologue et le génie se contemplèrent l'un l'autre, et entre eux il semblait y avoir autant l'abîme d'un océan que le reflet d'un pédiluve. Troublés par l'idée de se rapprocher à nouveau, le regain de la pluie sur la vitre des serres de Bourg-Léon les rappela à la réalité. Ils en conçurent un regret étranglé. Pourtant c'était l'évidence même.
— Alors c'est comme ça.
Gauthierry s'éclaira la gorge, haussa les épaules, jeta un regard vers la salle.
— Le scénario s'arrête.
Elle ne lui répondit pas. Ses deux mains tenaient à présent la tasse de fine porcelaine. Elle en contempla le tracé de l'encre, les armoiries désuètes d'un clan industriel et glorieux qui n'existait plus. Cet objet vintage d'une Carnavale qui ne reviendrait jamais l'amusa.
— Venbranle refuse de contacter Grand-Hôpital. Il déteste plus sa soeur qu'il n'aime Violoncelle.
— Qu'elle soit la cible d'un ordre d'internement du Palais-d'Hiver résume parfaitement que c'est un cas dangereux, averti l'experte. Ce genre de prescription ne tombe pas à la légère.
Il hocha la tête.
— Violoncelle ne va pas tarder à l'apprendre.
Il se mordit la lèvre inférieure, contemplant le désastre d'un jeune candidat fracassé par l'Afarée et ses sables sanglants.
— Je me demande même comment la sœur a pu être exfiltrée de sa cellule dans ces conditions, remarqua la psychiatre. Je n'ai pas entendu parler qu'on prenne le risque d'exporter des profils de sa catégorie hors de l'île. Seul le Professeur Géminéon a le pouvoir d'édicter une telle décision.
Juriste, l'homme ne le savait pas non plus.
— Julonin est peut-être derrière ça.
— Il a ses entrées chez Géminéon ? s'étonna-t-elle.
— Son père, je crois, connaissais quelqu'un à Grand-Hôpital.
Elle fronça les sourcils.
— Je ne pense pas que ce soit possible. Géminéon est un incorruptible, il ne fait de faveurs à personne. Si une patiente comme Assomption Venbranle a été recasée dans un monastère colonial, ça ne peut être qu'à la demande d'un ordre religieux très haut placé.
— Il y avait quelques ordres religieux bien disposés auprès des Maisons Nobles avant l'Armaggedon't, remarqua Maître Nioble. Les Obéron s'appuyaient sur eux pour contrôler les quartiers et peupler la colonie. Ils ont pu recruter parmi les fous de Bourg-Léon sur demande du clan.
— Hm. Comment tu as dit qu'il s'appelait cet ordre ?
— L'ordre des religieuses ? Euh, je n'en sais rien.
Il écarquilla les yeux.
— Le couvent Sainte-Pervenche, quelque chose du genre.
Sibylle hocha la tête. Le regard plongé dans le vide, quelques instants s'écoulèrent, puis un énorme sourire lui trancha le visage, comme une idée démente et grotesque. Elle lui mis ses deux mains chaudes sur le poignet, et déclara, en le fixant avec amusement :
— T'inquiète pas Gauthierry, on va les sortir de là, Assomption et Violoncelle. J'ai la solution.
— C'est fou quand même. Ça fait deux ans que je cherche à vous joindre.
— ... Désolé, Monsieur Flavoni. J'ai été très pris. La guerre, la campagne, la famine, l'invasion des rats et des lépreux...
— Mais qu'est-ce qu'il se passe chez vous ?
— ... Rien d'inhabituel, Monsieur Flavoni, pas la peine de vous inquiéter.
— Et Mademoiselle Sucre ? J'ai appris pour sa disparition ??
— ... C'est un contretemps. Elle... on s'en occupe. On va la... ça va aller pour elle.
— Venbranle, j'attends des explications immédiates, sinon je coupe. Vous m'entendez Venbranle ?? Sinon, je coupe !
— ... Monsieur Flavoni, vous savez, ici c'est...
— Ici c'est Carnavale, je sais, je sais mon vieux. Et ce que vous allez bientôt comprendre c'est par chez moi c'est Messalia. Où en êtes-vous de notre accord ?
— ... L'élection n'aura pas lieu, Monsieur Flavoni, si Poupette...
— Améthyste Castelage ! Je croyais que vous vous en occupiez.
— ...
— C'est bon, j'ai compris. Je vais m'en charger moi-même.
— Monsieur Flavoni, je vous jure que...
— Laissez, Venbranle. Vous avez eu largement assez de temps.
— Mais on progresse, Monsieur Flavoni, les sondages...
— Ça suffit, j'ai assez soupé de ces histoires d'élections, je coupe les fonds ce soir. Dites-moi simplement où vous en êtes de ma petite commande, et nous en resterons là.
— ...
— Vous avez bien avancé j'espère ??
— ... Oui, Monsieur Flavoni. On a presque terminé.
— Enfin une bonne nouvelle. Vous me le livrez quand ?
— Bientôt, très bientôt. Je vous réserve une petite surprise.
— J'ai hâte de voir ça.
Antonin Flavoni raccroche. Il s'avance vers la fenêtre. La baie vitrée fait pleuvoir la lumière au-dessus de la rade et sur la ville bruyante. Une brise chatoie à la surface de la mer, étincelante de reflets. Dans le lointain, un navire de croisière arrive en direction du Port Nouveau, faisant peser la masse de sa céramique blanche sur le bleu grisé de l'horizon des calanques. Son secrétaire tape légèrement à la porte du bureau, et entrouvre la porte.
— Madame Androphora est arrivée.
— Faites-la entrer.
En sous-titre pour les malentendants, se dévoilent les intentions capitalistiques du magnat messaliote. Il n'a ni foi, ni patrie, ni rêve. Son appétit est strictement motivé par l'argent et les opportunités d'affaires. Ce qu'il veut obtenir, il l'a déjà tenté il y a longtemps. Après les hôtels des Calanques, les casinos de la côte et les quotidiens de la presse locale qu'il tapisse de publicité pour en faire cracher les sous, il vient de s'offrir à prix d'or AURA&LETO. On se diversifie. On se multiplie. Le financier de la campagne de Julonin Venbranle passe d'un cheval à un autre. Ce qu'il n'aura pas du Maire, il pourrait l'obtenir bientôt d'Améthyste Castelage : il va lui faire un message. Après tout, lui comme elle ont en commun d'apprécier les choses qui brillent. Son regard tombe sur le salon : meubles épurés, parquet de sycomore, tableau de renom, et dans un grand vase art déco, un bouquet de colchiques.
— Bonjour Monsieur Flavoni.
— Bonjour Madame Androphora. Prenez place, je vous en prie. C'est un honneur pour moi de vous rencontrer en personne. Mon épouse et mes enfants adorent votre magazine. AURA&LETO, c'est notre livre de chevet.
La rédactrice en chef retire ses lunettes de soleil.