14/06/2019
09:36:51
Index du forum Continents Eurysie Loduarie communiste

Activités étrangères en Loduarie Communiste - Page 14

Voir fiche pays Voir sur la carte
8325
[🗲] Publÿkö
Kapöli (🗲): Toÿmynöt

"Nos Deux Amis" Sally Väytkä, 2021 (Construction, Musée des Arts Photographiques de Tassel)

"Nos Deux Amis"
Sally Väytkä, 2021 (Construction, Musée des Arts Photographiques de Tassel)




Lyonnars était certainement une ville exceptionnelle. Et pourtant, aux yeux des antariens, tout avait l'air faux. Qui l'eût cru, après tout, dans un régime dictatorial communiste ?

Et pourtant, il faisait assez bon. L'équipe marchait tranquillement vers le point de rencontre, dans un quartier assez cosmopolite. C'était certainement différent de l'Esplanade de Margaux, ou bien de République-Sud, le quartier fêtard de Roncevaux où Edwige passait quelques fois lors de ses années au lycée. En voyant cette atmosphère si différente, elle repensa à Luca. Peut-être qu'il avait raison sur le fait de devoir voyager et découvrir de nouvelles contrées... Ils allaient pouvoir faire ça une fois que la guerre civile se serait achevée... et avec elle, la guerre contre la Loduarie.

Ils approchaient de ce fameux bar dont Erwin parlait. Lui avait reçu les informations, mais il hésitait à partager. Il préférait prendre les choses dans ses mains et guider les autres. Cela ne dérangeait personne, moins d'instructions à suivre était toujours préférable. Et pourtant, la situation s'avérait complexe: ils cherchaient des personnes qu'ils ne savaient même pas reconnaître.

Une fois arrivés sur place, ils prirent une minute pour regarder autour d'eux. Des personnes buvaient, discutaient entre eux. Mais rien d'anormal. Ils ne voulaient pas attirer l'attention, ils s'assirent donc tous à une table. Märtÿ essaya de poser quelques questions à Erwin, comme s'il n'en avait pas demandé assez déjà.

“Ils sont déjà là ?”

“On verra.”

“Hein ? Comment ça, on verra ?”

“Märtÿ. Evite d'attirer les regards.”

Sur ce, il n'insista pas. Erwin essaya de regarder autour de lui pour des signes, sans succès. De son côté, Edwige aimait bien l'atmosphère. Il y avait du texte en vraï ici et là, c'était réellement une expérience. Elle se retourna pour jeter un œil à Kira pour voir comment elle se portait. Cependant, elle semblait ailleurs. Elle était en train de fixer un couple assis au bar. Curieuse, Edwige l'interrogea.

“Alors ? Tu as reconnu quelqu'un ?”

Kira ne répondit pas. Edwige essaya d'insister, inquiète cette fois.

“Es-ce que ça va ?”

“Le mec là bas est en train de m'insulter.”

“Hein ?!”

“Je crois que l'homme au bar, là, avec cette femme, Il est en train de m'insulter.”

Edwige cru à une blague.

“Bah alors ? Tu as déjà utilisé tous les médocs que je t'ai donné ?”

“Je pense qu'il me juge vraiment. ll me regarde.”

“Tu sais, tu ne passes pas inaperçue... Ils doivent se dire que tu es jeune pour venir dans un bar comme celui-ci.”

Märtÿ, voyant que les deux filles discutaient, essaya de s'immiscer dans la conversation.

“Alors ? De quoi ça parle ?”

“Kira dit qu'un mec là bas est en train de l'insulter derrière son dos.”

“C'est pas un symptôme de la schizophrénie ça ?”

Erwin réagit aussi.

“C'est vrai ça, tu as pris tes médicaments, Kira ?”

“C'est ce que je lui ai dit, mais elle n'a pas l'air de blaguer.”

Kira continuait à fixer le couple. L'homme et la femme parlait entre eux, en jettant des coups d'oeuils occasionnels vers elle de temps en temps. Il y avait aussi un autre monsieur avec une mine sérieuse qui semblait converser avec eux.

Pour une raison qui lui échappait, l'homme lui paraissait narquois. Il portait aussi une tenue de soldat de l'armée loduarienne, ce qui le démarquait plus ou moins des autres individus. Et cela donnait à Kira une raison de plus de le détester. Cette personne allait se retrouver en Antares bientôt pour massacrer des innocents, et le faire en étant fier de lui-même. Ces personnes-là méritaient la mort.

Edwige devenait de plus en plus inquiète alors que Kira semblait transitionner d'une attitude vexée à une enragée. Il en fallait certainement peu pour l'énerver, mais à y regarder de plus près, Edwige remarqua en effet ce que voulait dire sa complice.

“C'est vrai qu'il a l'air narquois...”

“Je vais le tapper.”

“Hein ?! T'es folle ou quoi ?!”

“Il m'énerve.”

“Mais ignore le, regarde en plus c'est un soldat ! Tu veux nous attirer des ennuis ?”

Märtÿ et Erwin essayaient de suivre la situation, sans succès.

Soudain, l'homme en question se leva et marcha doucement vers les toilettes. Kira murmura.

“Je reviens.”

Edwige se mit à paniquer.

“Comment ça ?! Tu vas où ?!”

“Je serai rapide.”

Kira se leva et marcha rapidement en direction des toilettes. Märtÿ et Erwin demandèrent à Edwige.

“Elle va où au juste ?!”

“Je sais pas !”

“Faut la suivre !”

Et sans réfléchir, les trois autres individus se dépêchèrent vers les toilettes à la recherche de Kira.

Voyant la scène se dérouler devant eux, la femme de l'homme parti aux toilettes ainsi que l'autre monsieur se regardèrent, confus. Ils décidèrent de se lever et de les suivre à leur tour pour voir ce qui se passait.

De son côté, Kira se présenta devant la porte des toilettes. Elle toqua une fois pour vérifier la présence, qui fut confirmée par l'individu répondant "C'est occupé !". À ce moment-là, elle ouvra d’un coup la porte qui par chance était déverrouillée et présenta à elle l'homme qui venait de rebouttoner son pantalon. Il s'écria.

“Hé ! Mais ça-”

Il n'eut pas le temps de s'exprimer que Kira lui infligea un coup de pied qui lui fit perdre l'équilibre et le fit tomber près de la cuvette. Sans réfléchir, il riposta avec un coup de poing que Kira esquiva mais qu'à moitié. Elle prit un violent coup à l'épaule qui la fit tomber de côté à son tour. Les deux se relevèrent presque en même temps et s'aggripèrent à l'un l'autre en essayant de se rouer de coups à l'intérieur de la salle de bain microscopique.

Soudain, alors que la bagarre atteignait son apogée, Edwige et le reste de l'équipe entra et fut sous le choc de découvrir les deux individus en train de se débattre. Märtÿ eu le réflexe de passer devant elle et d'extraire Kira de la prise du soldat en s'écriant.

“Mais t'es tarée putain ?! Qu'es-ce qu'il te prend ?!”

“C'est ce sale con qui m'insulte !”

Le soldat, furieux, rétorqua.

“Elle veut quoi la gamine ?! Je voulais juste pisser putain !”

Edwige essaya de calmer les ardeurs

“Ecoutez... Je suis vraiment désolé monsieur, je ne sais pas ce qui lui a pris...”

Elle fut interrompue par l'arrivée de deux autre individus dans la pièce, la femme du soldat et un autre homme. Ils était tout aussi ébahis de voir ce qui se passait devant eux. La femme s'écria.

“Mais bon sang, qu'es-ce qui se passe ici ?!”

Le soldat expliqua en essayant de réajuster son uniforme.

“C'est cette tarée qui pouvait pas attendre deux secondes, elle a commencée à me rouer de coups avec sa taille de nain !”

Kira rétorqua, toujours retenue par Märtÿ

“Ouais, bah si on t'avais appris à te battre au corps à corps vu que t'es soldat !”

L'homme voulut s'énerver, mais se ravisa.

“C'est vrai que je dois travailler ma garde, par contre tu sais pas esquiver les coups non plus toi.”

“Je n'ai pas les meilleurs réflexes...”

À la surprise générale, ils se regardèrent l'un l'autre, comme pour se dire "Bien joué".

En attendant, Erwin prit conscience de la situation où ils se trouvaient. Ils étaient justement à la recherche de trois individus, deux hommes et une femme, avec qui ils devaient se rencontrer. Il tenta de glisser le mot de code qui leur avait été transmis.

“Bon, vous nous excuserez, mais on doit y aller. C'est pas à cette cadence qu'on va rejoindre Arstotzka.”

Soudain, l'homme à la mine sérieuse interpela Erwin.

“Arstotzka, vous dites ?”

Ils se regardèrent tous entre eux, avant que le même homme se retourne et ferme la porte des toilettes derrière lui. Erwin comprit immédiatement.

“C'est donc vous le trio ?”

Märtÿ n'en revenait pas. Il voulut hurler de rire.

“Mais ça alors ! T'es en train de dire que le mec que Kira décide de tapper c'est les gens qu'on cherchait ?!”

Le soldat était ahuri.

“C'est vous les antariens ? Eh bah alors... Je comprends mieux d'où venait ce coup de pied.”

“Je peux t'en coller un autre si tu veux.”

Erwin essaya de rappeler à l'ordre.

“Eh, oh ! On se calme ! Je te signale d'ailleurs que tu devras travailler avec lui. Je me présente, Erwin. C'est moi qui coordonne l'équipe antarienne. Märtÿ sera notre conducteur, Edwige se chargera de l'infiltration et Kira de l'assassinat.”

L'homme sérieux prit la parole.

“Moi c'est Connor, je supervise la partie kartienne. Lui, c'est Giuseppe. C'est le soldat qui s'occupera de nous faire rentrer sous couverture et accompagner Kira pour l'assassinat, et elle c'est Kristina. Il me semble qu'elle aura le même rôle qu'Edwige dans la mission.”

Ils échangèrent à nouveau des regards. L'atmosphère était certainement spéciale, surtout qu'ils étaient tous collés les uns aux autres. Connor prit la parole pour demander des informations.

“Bon, il faut qu'on discute du mode opératoire. On doit s'organiser le plus vite possible pour pouvoir exécuter la mission à temps. Et surtout, il va falloir faire ça dans le silence absolu pour faire en sorte que vous rentriez sains et saufs. D'ailleurs, n'avons-nous pas aussi des pirates informatiques pour cette mission ?”

“Oui, mais ils ne seront pas présents. Cela ne les empêchera pas de nous aider, bien au contraire. Une certaine Saturne et un certain Malice.”

Soudain, alors qu'ils discutaient, quelqu'un frappa à la porte. Ils se retournèrent tous et s'écrièrent en même temps.

“C'est occupé !”

L'homme à l'extérieur répondit, l'air ahuri.

“Mais vous êtes combien à l’intérieur bon sang ?! Vous faites une partouze ?!”

Ils se regardèrent tous entre eux, voulant rire mais cachant leur amusement. La situation était tout sauf sérieuse alors qu'elle devait l'être. C'est Connor cette fois qui rappela à l'ordre.

“Bon, on peut pas rester là. On va vous emmener autre part. On discutera de ça. Suivez nous.”

Ils acquiescèrent puis sortirent tous un par un des sanitaires, sous les yeux ahuris de l'individu qui attendait à l'extérieur pour faire ses besoins. Il venait de voir sept personnes sortir des toilettes. Il se demandait presque si c'était lui qui avait trop bu...

En attendant, l'équipe sortait du bar, toujours en suivant Connor. La rencontre avait certainement été quelque peu houleuse. Mais ils semblaient avoir déjà trouvé une bonne synergie qui allait leur être utile pour la mission qui les attendait.


Contexte (HRP)
Contexte (HRP) a écrit :
L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.
8547

Introduction
Tableau Kartien

AlinéaAchever son ennemi d'un coup de sabre par la pointe et directement dans la gorge, une rude tradition Kartienne sous le Moyen-Âge. Autrefois, cette pratique était couronnée de tout succès, du temps des affrontements chevaleresques. Mais aujourd'hui, l'ennemi ne s'avère pas un simple duelliste, c'est la Loduarie. Aussi l'homme d'arme du Royaume de Karty, en ces jours la République Fédérale, n'est point seul, il est accompagné de son alliée Antarienne. Karty et l'Antares ont convenu d'une chose, une chose parmi tant d'autres oui, mais celle-ci plus particulièrement: Décapiter le serpent. A la manière de cette coutume honorifique fut un temps, Kartiens et Antariens portent un coup fatal à la Loduarie.

Ce jour marquera le premier d'une longue suite de renversements en faveur de la République d’Antares dans le cadre de la guerre de l’Ouest rouge. Gloire à Karty. Gloire à l’Antares. Mort à la Loduarie.

L'Opération Dalmata Blanc réquisitionnera l'ensemble des moyens qui lui sont disponibles pour endiguer l'avancée Loduarienne en Antares, quelle que soit la méthode employée.

Le plan Scattershot s'y intègrera, entreprise de très haut vol qui indiquera l'assassinat de la tête Loduarienne: La secrétaire générale Aurore. 13 agents seront réquisitionnés, et une collaboration étroite entre les services Kartiens et Antariens.

Chronologie

Sommaire
  • Giuseppe Foucaux (Kartien), retrouvable par ce RP et chargé de l'assassinat direct.
  • Kristina Foucaux (Kartienne), retrouvable par ce RP et chargée d'assurer la discrétion.
  • Connor (Kartien), retrouvable par ce RP et chargé de supervision, du plan de retraite et d'ouvrir la voie informatique.
  • La Dame de Cœur (Kartienne), retrouvable par ce RP et chargée de direction (non présence directe).
  • Taliska Strakhova (Kartienne), retrouvable par ce [url=]RP[/url] (apparaîtra plus tard) et chargée de direction (non présence directe).

  • Kira (Antarienne), retrouvable par ce RP et chargée de l’assassinat direct.
  • Edwige (Antarienne), retrouvable par ce RP et chargée d’assurer la discrétion.
  • Erwin (Antarien), retrouvable par ce RP et chargé de supervision, du plan de retraite et d’ouvrir la voie informatique.
  • Saturne (Antarienne), retrouvable par ce RP et chargée de la voie informatique (non présence directe).
  • Malice (Antarien), retrouvable par ce RP et chargé de la voie informatique (non présence directe).
  • Marty (Antarien), retrouvable par ce RP et chargé de la logistique.
  • Mauser (Antarien), retrouvable par ce RP et du plan de retraite (non présence directe).
  • L’Escoffier (Antarien), retrouvable par ce [url=]RP[/url] (apparaîtra plus tard) et chargé de direction (non présence directe).

AlinéaIl paraît nécessaire de retirer l’Escoffier, Mauser, Marty, Malice, Saturne, Taliska Strakhova et la Dame de Cœur puisqu’ils ne font pas partie directement du plan sur les lieux. Il reste donc 6 agents, répartis en 3 groupes équitables de 2. Le plan Scattershot se voit coordonné quelques heures auparavant dans un bar de la banlieue de Lyonnars, lieu fréquenté des agents Kartiens. Cette réunion se rend possible par contact épistolaire entre la MIRA et le Kray, respectivement dirigés par l’Escoffier et la Dame de Cœur, deux services aptes à l’organisation d’opération à l’étranger. Une fois l’ensemble décidé, discuté et adopté, les 6 agents de terrain se voient conduits sur les lieux dans un véhicule de maintien technique par Marty. Similairement, Mauser sera chargé de l’évacuation des agents une fois le plan achevé.


Time to rock’n’roll
Time to rock'n'roll

AlinéaL'ensemble des agents sont infiltrés en Loduarie avant le début de la guerre, quelques maigres jours avant. De fait, considérant l'opération Gallésante, sa communication ayant suivie, et enfin le partage des renseignements entre Karty et l'Antares, les deux pays en sont au courant en avance. L'assassinat, quant à lui, se déroule quelques courts temps après le début de la guerre.

Phase I
Le plan en lui-même débute par l’agissement de Saturne et Malice, qui lanceront une panne informatique mineure dans la demeure de la secrétaire générale. Le bâtiment demeure gigantesque et ne lui est pas seulement dédié à elle seule, se référant à l'encyclopédie Loduarienne. Très peu de temps après, le véhicule transportant les agents prendra la place du vrai véhicule, qui arrivera une dizaine de minutes plus tard, laissant ce temps comme fenêtre d’action.
L’équipe, constituée de Giuseppe, Kristina, Connor, Erwin, Edwige et Kira, sera donc sur place. 5 électriciens ou agents de maintenance, accompagnés de Giuseppe Foucaux, sous couverture de militaire à l’armée Loduarienne.
Il est largement prévu qu’un contrôle soit effectué à l’entrée du bâtiment, cependant seul Giuseppe est armé considérant sa fonction de soldat. Hormis le matériel destiné à faire apparaître des techniciens, l’équipe dissimule des tournevis et une clef USB pour le déroulé du plan, objets non suspects considérant leurs fonctions, de techniciens, donc.

Phase II
Une première équipe, constituée d’Erwin et Connor, se rendra sur les lieux de la panne, elle-même déclenchée par l'intervention de Saturne et Malice. Une deuxième équipe, constituée de Kristina et Edwige, voguera dans les couloirs en simulant des contrôles réseaux. Et, enfin, une troisième équipe, constituée de Kira et Giuseppe, se rendra vers le bureau de la secrétaire générale.
La première équipe, qui aura donc accès au système électronique interne du bâtiment, le compromettra à l’aide de la clef USB. Donnant un accès partiel, aux caméras entre autres, à Saturne et Malice, ils boucleront les caméras l’espace du déroulé du plan, consistant à faire paraître une image passée de manière rémanente, en boucle.
La deuxième équipe se chargera d’occuper un garde Loduarien, le cas échéant où un autre est affecté en plus de Giuseppe. Le tout permettra à Kira, et Giuseppe donc, de se rendre vers le bureau de la secrétaire, sans qu’aucune caméra ne les détecte réellement.

Plusieurs options sont établies, soigneusement orchestrées pour arriver à la prochaine phase.
Phase III-1
Il n’y a aucun militaire devant le bureau de la secrétaire, Kira et Giuseppe sont libres d’accès.
Phase III-2
Il y a des militaires qui gardent la porte, scénario toutefois peu probable. Giuseppe et Kira les neutralise avec leurs tournevis en leurrant une approche pacifique vers le bureau, rappelant que ces derniers sont en habillage civil et des agents entraînés pour ce genre de situation.

Phase IV
Quoiqu’il arrive, la troisième équipe devrait être arrivée devant le bureau. Les deux seuls paramètres changeants demeurent la présence potentielle de cadavres, si présence de gardes. Et, quoiqu’il arrive, Kira toque à la porte de la secrétaire, qui a formellement l’habitude de répondre par "entrez !".
Phase IV-1
Aurore est présente, Giuseppe est armé, Kira fusille la secrétaire avec cette arme. L’arme ne possède pas de silencieux, il y aura donc l’effet de détonation. Cependant, le plan repose sur deux axes. D’une part, les Loduariens ont l’habitude de tirer dans leur bureau. D’autre part, la paranoïa d’un régime dictatorial est une aide claire, qui oserait entrer dans le bureau de la secrétaire ? Personne. (Et à l’appui une information IRL factuelle, lorsque Staline est mort personne a osé entrer dans son bureau).
Phase IV-2
Aurore est présente, Giuseppe n'est pas armé pour une raison étrange (très peu envisageable mais pris en compte), il y a la présence de cadavres des gardes. Kira prend l’arme d’un garde mort et fusille la secrétaire.
Phase IV-3
Aurore est présente, Giueseppe n'est pas armé, il n'y a pas de cadavres à l'entrée (ce qui fait que Giuseppe n’est pas obligé de surveiller de cadavres à l’extérieur puisqu'il n'y en a pas), les deux agents se ruent vers la secrétaire et y plantent leurs tournevis.
Phase IV
Le paramètre de la présence de gardes à l’intérieur du bureau n’est pas pris en compte, dans la mesure où ce serait ahurissant, la chère et estimée camarade secrétaire Aurore est morte, les cadavres des gardes (si cas échéant) sont dissimulés dans la pièce. Kira crochète la porte de l’extérieur pour la fermer, les agents se retirent.
En cas d’accroc, Erwin et Connor mettent le feu aux systèmes et se sacrifient. S’il n’y en a pas, Saturne et Malice stoppent l’attaque informatique, simulant donc la résolution du problème par les électriciens.

Résultats potentiels a écrit :Réussite majeure:
Aurore est assassinée, aucun agent découvert et aucune preuve inculpant la République d'Antares ou la République Impériale de Karty.

Réussite mineure:
Aurore est assassinée, quelques agents sont découverts (théoriquement Erwin et Connor puisqu'ils se sacrifieraient en cas d'accroc). La modération a le choix de considérer que les agents se suicident ou non, que leur interrogatoire soit concluant ou non, donnant ou non des preuves d'un ou des deux commanditaires.

Echec mineur:
L'opération est avortée. La modération a le choix de la possibilité, cela peut aller du fait assez simple qu'Aurore n'est pas dans son bureau ou encore d'un couac dans le plan.

Échec majeur:
Aurore n'est pas assassinée. La modération a le choix similaire au sort des agents de la "réussite mineure", capture d'un, quelques ou l'ensemble des agents, suicide ou non, interrogatoire concluant qui donnerait des preuves ou non...

Contexte (HRP)Contexte (HRP) a écrit :L'ensemble des posts, contenant ce message à balise HRP, liés à l'opération culturelle en Loduarie sont à considérer avant invasion, hormis le dernier qui relève de l'assassinat en lui-même. En effet, l'assassinat se déroule après le premier arbitrage.

-> Opération avortée si guerre avortée, cela coule de source mais est précisé.
2638

Les Requiems
AlinéaAinsi, par le biais d'une opération clandestine Gallèsante, dont les fruits ont été portés à la République d'Antares, les services Kartiens sont au courant de l'invasion Loduarienne quelques jours avant son lancement. Pour l'heure, il ne s'agit que d'une forte suspicion. Mais, si le cas s'apprête à s'avérer, la République Fédérale Kartienne ne prendra pas le pari de n'avoir pas réagi en avance, alors qu'elle était disposée à le faire. L'état-major s'est décidé, contacter la Clovanie afin d'œuvrer à leurs côtés et ceux des Antariens contre la Loduarie Communiste. La Clovanie dispose d'accords de défense avec l'Antares, sa haine est de surcroît avérée envers son voisin rouge. La force Kartienne réside en son aviation, celle Antarienne sur l'artillerie. Le consensus est général et rapide, le véritable moyen de contrer l'artillerie demeure les frappes de précision par aviation. Il incombe à l'armée Kartienne de décimer en sa pleine totalité l'armée de l'air Loduarienne, celle Illiréenne si elle se présente, pour empêcher l'artillerie Antarienne d'être mise en déroute. De plus, l'armée Kartienne dispose d'un délai bref pour envoyer des effectifs militaires directement en Antares.

Opération Dalmata Blanc, plan Phantom. Etablir l'ensemble des effectifs aériens sollicités en Clovanie, pour lancer un assaut aérien de grande ampleur dès le commencement des opérations. Le plan Phantom repose donc très majoritairement sur l'acceptation Clovanienne, cette dernière étant très probable. Si elle ne s'avère pas, le plan Phantom sera avorté pour en établir un autre, le cas n'est pour l'heure pas envisagé.

Opération Dalmata Blanc, plan Spook. Tant que la Loduarie n'attaque pas l'Antares, des effectifs militaires peuvent être envoyés en toute sécurité. Le blocus Loduarien empêche cependant tout passage, excepté par la voie Gallèsante. Deux choix s'offrent, faire passer des convois "commerciaux" non escortés (seulement sur l'entrée dans l'espace aérien Gallèsant), ou alors solliciter la voie diplomatique en assumant l'envoi des contingents (cette partie là sera sujette à d'autres posts).

Cependant, pour l'heure, c'est la diplomatie Kartienne qui doit agir. Convaincre la Clovanie, et éventuellement le Duché de Gallouèse. Dans le cadre des Accords de Biallevitz, la République Fédérale développe conjointement un avion de chasse de dernière génération avec son alliée Slavis. Ce conflit sera l'occasion de mettre en phase de test le projet Requiem, le nom du prototype: Trois exemplaires seront embarqués dans l'opération (HRP: Cette pratique n'est que roleplay, les avions seront à considérer comme de niveau 9 parmi les autres).

L'ensemble des effectifs suivants sont mis en alerte, prêts à décoller au besoin, et sont armés.

Opération Dalmata Blanc Plan Phantom a écrit :
  • 50 avions de chasse de niveau 9.
  • 100 avions de chasse de niveau 8.
  • 100 avions de chasse de niveau 7.
  • 10 avions d'attaque au sol de niveau 5.
  • Totalité des bombardiers de l'atlas (soit 49 exemplaires).
  • Totalité des missiles de croisière air-sol.
  • Totalité de la flotte aérienne logistique (soit les avions radars et de guerre électronique, et les ravitailleurs).
5043

Ingrid Hunnigan
Ingrid Hunnigan.

AlinéaLe désavantage d'avoir évacué toutes les infrastructures étatiques ? Certes, diplomates et politiques étaient à l'abris de toute menace, tout en particulier pour les trois membres de l'exécutif que sont les Gouverneurs, mais les décisions à coordonner s'en voyaient compliquées. Du moins, cela, c'était dans la théorie.

Comme à maintes reprises, la Présidence Fédérale fait appel à la Vorna pour résoudre ses problèmes, les services des renseignements. Ici, Katarzyna était sollicité, agente chargée de la sécurité intérieure du pays, au contraire de la Dame de Cœur, qui elle était chargée des affaires extérieures. La demande était de trouver un moyen de faire passer les communications entre les membres de l'exécutif, sans compromettre leur position. Katarzyna délégua le travail à Ingrid Hunnigan, une génie de l'informatique. La République Fédérale, officieusement, avait fait appel à de nombreux profils à la tendance fortement douteuse. L'exemple de Connor, un agent de terrain anciennement condamné pour de la prison et des meurtres, mais c'est aujourd'hui l'un des plus efficaces dans les cellules du Kray. L'agente Hunnigan, elle, avait été inculpée par la justice de détournements de fonds, plus encore des entreprises de vol par le hacking et l'informatique. Cette femme, elle avait même réussi à craquer les systèmes informatiques d'un complexe militaire sous le Saint Empire de Karty. Elle avait été recrutée par Erwin Foster, elle n'était pas intéressée par les conséquences, simplement l'argent. Ce fut ainsi qu'elle avait fait obtenir la fuite, heureusement arrêtée par l'ex gouvernement, des plans d'un prototype de missile supersonique. Le problème n'avait été aucunement son travail, non il avait été parfait. Le problème avait résidé dans l'incompétence de son client, mais encore une fois, son travail avait été fait, et gracieusement payé.

Cependant, que fait-elle aujourd'hui dans les services de la Vorna ? Simple, elle avait finie par se faire coincer. Deux options lui avaient été offertes, la prison ou le service. Elle avait choisi le service. Et elle en vivait, choisie personnellement par la Commissaire Strakhova. Taliska savait que cette hackeuse ne portait que fidélité par l'argent, et ce n'est pas ce qui manquait pour les renseignements Kartiens. Il y avait de surcroît cette arme, l'envoi en prison et l'annulation de la disparition de son casier judiciaire. Son nom, Ingrid Hunnigan. Elle venait d'achever la mise sous code d'une surface réseau parfaitement sécurisée, pour communiquer entre les membres qui avaient accès au système. Un système peu orthodoxe pour un état, oui, mais diablement efficace. Les voix se connectèrent, Ingrid avait achevé son travail.

...


Gouverneure Angèle Orlovski-"Да ? Pouvez-vous m'entendre ?"

Des hauts membres politiques, quelques uns de l'état-major, tous ceux qui sont en capacité de décision sur l'Opération Dalmata Blanc sont réunis par voie informatique. Cette opération militaire réunit l'ensemble des plans liés à l'aide Kartienne en faveur de l'Antares, ou contre la Loduarie Communiste. Tout ce monde se réunit en vue du plan Spook, l'objectif étant d'acheminer troupes et matériel en Antares avant le début du conflit. Le déroulé s'entame le 3 septembre, soit dès la nouvelle de l'attaque Loduarienne apprise, les Kartiens ignorent combien de temps peuvent-ils disposer. Il n'y a pas une seule seconde à perdre.

Gouverneure Angèle Orlovski-"Vous le savez tous, la Loduarie attaque notre alliée. Nos aéronefs sont en attente d'ordre, dispersés à travers tous les aérodromes du pays, prêts à intervenir. Nos services diplomatiques se sont activés, nous bénéficions désormais d'un partage de renseignements constant avec l'Antares. Nous dialoguons en ce moment même avec la Clovanie, en vue du plan Phantom. Mais il est question, aujourd'hui, d'un soutien matériel et humain à l'Antares."
Commissaire Taliska Strakhova-"La Loduarie a mis en place un blocus terrestre, aérien et maritime sur trois quarts des frontières de l'Antares, seul le Nord est accessible par le Duché Gallèsant."
Gouverneure Angèle Orlovski-"Une situation peu engageante, pouvons-nous faire confiance aux Gallèsants en leur confiant l'information d'un convoi militaire de cette envergure ?"
Commissaire Taliska Strakhova-"Nous ne pouvons passer que par ce pays, la question demeure la suivante: Y'a-t-il un autre moyen que de prévenir leurs autorités ?"
Générale Zorya Ernova-"A mon sens, oui. Le Duché de Gallouèse est une démocratie capitaliste, ses voies aériennes sont ouvertes au commerce. Inutile de protéger le convoi, de surcroît une escorte attire l'attention. S'il n'y en a pas, ce ne sera perçu que comme un convoi civil."
Commissaire Taliska Strakhova-"Faire cela indiquerait un convoi à nu, c'est un risque important."
Générale Zorya Ernova-"Peut-être. Mais la Loduarie, ou bien l'Illirée, ignorent que nous allons soutenir l'Antares. Ils ne prendront pas le risque d'abattre ce convoi... Encore faudrait-il d'ailleurs qu'ils connaissent réellement ce qu'il transporte."
Commissaire Taliska Strakhova-"C'est un pari risqué."
Générale Zorya Ernova-"Peut-être, oui. Cependant, nos flottes aériennes est déjà grandement mobilisée par le plan Phantom."
Gouverneure Angèle Orlovski-"Nous disposons, par le Traité Nuerguon, d'un accord avec les Velsiens. Cet accord stipule que nous pouvons les solliciter afin d'escorter ce que bon nous semble en Manche Blanche. Non seulement notre aviation reste mobilisée pour le plan Phantom, et nous bénéficions du drapeau Velsien. Jamais les Loduariens prendront le risque de les attaquer, jamais."
Gouverneur Luciano Bellanti-"Et que se passe-t-il si les Velsiens refuse ?"
Gouverneure Angèle Orlovski-"Ils ont ratifié cet accord. Et s'ils refusent, alors nous devrons nous retrouver plus tôt que prévu. Luciano, charge toi de la demande... Tu es italien après tout, cela leur plaira."
2678
Agent "Elias" en infiltration en Loduarie communiste

Mon nom de couverture est Elias. Pour ma mission, je me suis installé à Lyonnars, la capitale de la Loduarie. J'habite dans l'un des bâtiments colorés du projet « Horizon 2010 ». Mon appartement fait exactement quarante-cinq mètres carrés, c'est un logement parmi des millions d'autres. C'est un espace fonctionnel et gratuit, car la nation garantit à chacun un logement décent en échange d'être un travailleur efficace et loyal, c'est un logement parfait pour faire profil bas et se mêler à la foule. Ma journée commence toujours par un passage au centre de distribution pour récupérer ma nourriture gratuite fournie par l'État, cela me rappelle les ventes à un micro de pain et brioche en Everia.

Afin d'être le plus "normal" possible, je porte les vêtements standards qui m'ont été attribués, le gouvernement loduarien en distribue pour que tout le monde puisse s'habiller. Pour me fondre dans la masse, j'utilise mon « don du gouvernement », une allocation identique pour tous, de manière très banale pour mes loisirs, comme aller au cinéma de quartier, afin d'éviter toute forme de marginalité qui attirerait l'attention du Département de l'Espionnage loduarien (DEL). L'État m'a assigné une tâche de technicien de maintenance. En Loduarie, le chômage n'existe pas, tout le monde reçoit un travail par l'État, cela ne change pas trop par rapport à l'Everia qui aidait aussi à obtenir un travail, mais dans ce cas c'est plus extrême et moins humain, passant d'une aide à trouver un travail à un outil d'exploitation forcée pour ses citoyens. Pour être discret, je m'applique à être un travailleur moyen. Si je performe trop, je risquerais d'être décoré comme "Héros de la Nation" ou comme une sorte d'exemple citoyen, ce qui attirerait inutilement l'attention. Si je suis trop peu productif, je serai considéré comme un "flemmard profiteur", un poids social que le régime ne tolérera pas. Je remplis mes quotas en faisant à peine plus que le strict minimum.

La vie sous la doctrine « loduariste » exige une vigilance constante. J'ai appris à chanter L'Internationale avec ferveur, surtout lors des anniversaires de la proclamation de la Nation le 14 janvier. J'affiche une fierté de façade lorsque j'entends les grandes nouvelles de la réussite du pays. Le danger est partout. La justice loduarienne est inflexible et arbitraire : elle juge et reste sur sa décision, donc si je me fais suspecter, ils pourraient très bien me condamner à mort sans preuves. Si le département de l'Espionnage Loduarien me ssoupçonnait je ferais face à une exécution quasi systématique, la peine de mort étant la règle pour la trahison aggravée. Je m'assure alors d'avoir toujours sur moi mes papiers d'identité et mon justificatif de séjour délivré par la mairie. Dans mon quartier, je reste discret face aux patrouilles de l'armée, sachant que lors des rafles nocturnes pour « propagande contre-révolutionnaire », la peur et les dénonciations entre voisins peuvent briser n'importe quelle couverture. Je reste ce citoyen invisible, un simple travailleur dans un système qui vous surveille et ne vous lâche pas, tant que vous acceptez de le servir jusqu'à la mort.
Quelque part, à Port-Lodin, ou ailleurs

Il s'en était passées des choses, dis donc. Beaucoup de choses. Trop, sans doute. Trop de mauvaises surtout.

La mort du secrétaire-général, pour commencer. Ça avait fait mal, ça. Très mal. Tandiono était venu chercher un refuge en Loduarie - et voilà que le garant de ce refuge était mort. Mort... ou parti. C'était sans doute plus juste. Après tout, certains racontaient l'avoir vu - qui à Lyonnars, dans un bar (le seul ?) loduarien, qui à Velsna, devant le siège du PEV. Qui encore racontaient l'avoir vu en rêve, leur intimant une mission supérieure - divine même. Ironique, pour un eurycommuniste convaincu, qui ne pouvait tolérer l'idée d'une quelconque entité supérieure.

Et puis le chaos qui s'en était suivi. Ça avait duré, quoi ? Un an ? Un an et demi ? Deux ans ? Il ne s'en souvenait même plus. Ça avait été long, ça oui, il s'en souvenait. Long et dur. Une lutte de tous les instants. Oh, il exagère sans doute un peu, quand il vous le raconte. Après tout, lui et les siens disposaient de pas moins de trois vedettes - modernes ! - qu'ils avaient pu exploiter pour survivre.

Pour pêcher, déjà. C'était important, la pêche, pour se nourrir dans un pays en proie à l'anarchie. A défaut de pouvoir se fournir auprès du régime - "le régime ? Quel régime ? Y'avait pu d'régime." -, ils avaient pu se fournir dans les profondeurs du Golfe des Empires. Depuis leur pied-à-terre à Port-Lodin, les corsaires - reconvertis pour un temps en pêcheurs ("même si on n'hésitait à molester deux-trois cargos qui passaient par là, hein, faut pas déconner. Oh, me regardez pas comme ça, il fallait bien se débrouiller pour survivre") - avaient pu s'approvisionner en poissons et fruits de mer durant toute la période difficile en Loduarie.

S'approvisionner, et puis approvisionner les autres : Tandiono et ses hommes (qui pour une fois ne l'avaient pas lâché au début des difficultés) s'étaient vite organisés de sorte à maintenir l'ordre dans le quartier qui entourait leur local et leurs habitations. Ils distribuaient de la nourriture - réquisitionnée dans les entrepôts abandonnés au début, pêchée ou "empruntée pour une durée indéterminée" à des navires de passage ensuite -, maintenaient l'ordre, ou encore coordonnaient les efforts de production pour permettre à tout un chacun de continuer à vivre. Les premiers jours ("en fait, plutôt les premiers mois") avaient été difficiles, bien sûr, mais le système s'était rôdé petit à petit. Progressivement, Tandiono et ses hommes avaient recruté, s'étaient organisés - ce qui, connaissant les bonhommes, n'était pas une mince affaire -, et avaient étendu leur contrôle sur les quartiers avoisinants.

C'est ainsi que, dans ce petit coin de Port-Lodin, une communauté avait pu prospérer durant toute la durée de la crise. Ailleurs, c'était l'anarchie. Ici, continuait la vie. Ailleurs, on se cachait. Ici, on chantait à la gloire d'un leader disparu - ou de sa femme, ou d'une quelconque divinité. Ailleurs, on avait peur. Ici, les enfants jouaient dans les rues.

Oh, tout n'était pas rose. Ils en avaient eu, des emmerdes - "ça tu l'as dit, bouffi". L'énergie avait été un vrai problème. Le fioul, pour les vedettes, déjà. Ils avaient réquisitionné celui d'un cargo, abandonné dès le début de la crise, avec son réservoir plein : un miracle. L'électricité, pour les foyers, le chauffage, l'éclairage...? Petit cadeau du ciel - il fallait croire qu'il y en avait vraiment une, d'entité supérieure -, le courant n'avait pas été coupé, au début. Sans doute quelques soutiens du régime avaient-ils continué à remplir leur rôle, envers et contre tout, pour empêcher le pays de sombrer plus bas encore. Et après, ils avaient trouvé des générateurs au fioul, qu'ils avaient alimentés avec leur réserve, selon les besoins. Enfin, bref, ils s'étaient débrouillés. La débrouille, ça les connaissait, qu'il disait.

Et puis, un beau matin d'été - "je m'en souviendrai toute ma vie. C'était le 28 juin 2017, ça, j'en suis sûr !" -, ils avaient débarqué. On ignorait qu'ils existaient encore, on les croyait morts, disparus, déserteurs. Ils avaient défilé dans les rues de Port-Lodin, avec leurs uniformes abîmés, leurs chars cabossés, mais bien vivants, bien réels. Les soldats loduariens. Les soldats d'Aube. Les soldats d'une nouvelle aube.

Ils avaient rétabli l'ordre dans le pays. A Port-Lodin, dans ce qu'on s'était mis à appeler le "coin des corsaires" ou le "capitanat communiste", enfin bref, le CC pour les intimes, ils avaient rencontré Tandiono, et les quelques cadres du parti qui administraient la zone avec lui. On avait ri, on avait bu. On s'était moqué, gentiment, aussi, de ce contrebandier sur qui personne n'aurait parié un cachou il y a cinq années de cela, et qui était devenu un fidèle serviteur du régime. On l'avait félicité aussi. Sans que ça lui apporte grand chose ; on avait d'autres chats à fouetter avant de distribuer les récompenser. Et puis, de récompenses, il n'avait pas besoin. Il avait fait ce qu'il estimait juste, ça s'arrêtait là.

Le calme rétabli, la paix installée, il était simplement retourné à ses occupations de corsaire. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Chercher à se faire bien voir, à grimper les échelons ? A quoi bon. Il avait fait son devoir, il ne réclamait rien de particulier. La flamme de l'avidité - cette avidité dévorante qui le caractérisait autrefois, lorsqu'il avait travaillé pour le Diambée - l'avait quittée.

Et puis, il y avait eu Aurore. On avait franchi un cap ; la Loduarie avait à nouveau un but, un objectif. On savait où on allait.

...

Et puis ça avait recommencé. Encore.

L'Antares avait sombré - à son tour. Ses élites étaient devenues folles - folles à lier. Elles massacraient leur peuple. Elles se battaient dans les rues, partout. Elles assassinaient, détruisaient, saccageaient.

Au nom de quoi ? Du Jeu. Le Jeu ? Le Jeu. "Quel fou peut bien être assez sadique pour appeler une guerre civile un jeu, je vous le demande ?"

Alors on avait décidé d'intervenir. C'était nécessaire. Pour le peuple antarien, terrorisé par ses propres têtes pensantes. Pour la paix et la sécurité régionale, qu'une autre guerre - "Encore ? Loduarie, Carnavale,... c'est la foire ici. Si on appelle ça le Golfe des Empires, alors tous les empires sont en train de brûler..." - aurait grandement affaiblies.

Tandiono et ses hommes étaient prêts. Prêts à agir - comme le reste de leurs camarades de l'armée loduarienne. Prêts à s'en prendre à Margaux - capitale de ce pays de fous qu'était devenu l'Antares. Prêts à servir le régime et la paix - au nom de tout ce en quoi ils croyaient. Ils étaient prêts.

Car ça ne faisait que commencer.
512
Salutations camarades !

Ici le Camarade Vallin, meneur de la Quatrième Birgade "Aurore". Demandons autorisation de participer aux opérations de libération loduariennes menées en Antares.

La Brigade sera modestement armée et restera sous le commandement directs des officiers des forces armées régulières de l'Armée de Libération Loduarienne.

Une chasse aux potentiels informateurs, expions et traîtres à la cause prolétaire sera menée une fois débarquée, permettant de nettoyer ce ramassis de lâches sans s'attirer les foudres des autorités bourgeoises antériniennes.
0
.

Vos idées la rendront encore plus belle

https://i.pinimg.com/1200x/1c/2b/d2/1c2bd21f29a43ce1277d685a7a80bb45.jpg

Votez Carnavale
pour l'Expo Universelle


Votez sur ce lien. Faites un choix audacieux. Les autres pourront avoir leur chance une autre fois. Construisez le pavillon de vos rêves.
3310
Kayin posa encore une fois un regard perplexe sur le document, sommairement jeté au milieu de la petite table. Il pennait à la réflexion tant les chiffres étaient démesurés ; son travail n'en finissait pas, et des milliers, sinon dizaines de milliers, d'individus n'avaient pu être éliminés de la liste de ses suspections. Il se redressa brusquement sur son séant, optant pour une promenade alentour afin de s'aérer les méninges, à quelque distance de ce salon, malhabilement reconverti en bureau, où la lumière manquait et l'air lui semblait lourd, loduarien. Ses outils toujours tout contre son corps, il prit les dispositions nécessaires pour dissimuler les documents à un éventuel cambrioleur bien mal tombé. En cela, bien qu'il coopérât pleinement avec la Centrale de Lyonnars, tous les agents de la sécurité civile n'avaient certainement pas été informés qu'un agent illiréen avait gîte en cet appartement, qu'il était en mission, et qu'il détenait des documents sensibles. Non pas qu'ils continssent des secrets d'Etat proprement cruciaux, mais le motif de leur assemblage en un seul lieu ne pouvait qu'augurer de son travail de fourmi. Aussi les dispersa-t-il, les dissimulant au passage en dernière précaution. Une fois les lieux « nettoyés », il put faire quelques pas en direction du vestibule, y saisir son pardessus, chausser ses souliers ; après quoi il sorti bel et bien sur le palier, refermant la porte derrière lui, à clefs. Le numéro 17, toujours aussi blanc, s'imprima dans sa rétine avec la force d'une lampe dans ce couloir sombre et terne.

Il se retourna brièvement : du pied de l'immeuble, ses volets fermés témoignaient silencieusement de sa discrète entreprise. Il prit un tournant. Les Onédiens n'étaient qu'une poignée à habiter en Loduarie, et pour cause. Si une large majorité d'entre eux étaient Teylais, il ne doutait pas un instant que l'OND eût sans doute usé d'un autre stratagème, plus souterrain, pour obtenir les renseignements qu'elle cherchait sûrement. La méthode des agents dormants avait par surcroît la tare distinctive de camper, une fois l'un découvert, toutes les autorités du globe dans la suspicion la plus noire contre les ressortissant du pays fautif. Et, pour ainsi dire, il ne faisait pas bon être suspect en Loduarie communiste. Non, non, ce qui l'inquiétait bien plus, c'était les nations prêtes à tout, sensiblement moins démocratiques ou regardantes que les Onédiens ; bien que ce qui entravait ces derniers dans leurs efforts était sans doute plus leur opinion publique, électoralisme oblige, que leur morale. Ces considérations excluaient du même coup le Gallouèse, qui avait tout de la « démocratie » type de « l'Organisation des Nations Démocratiques ». Ainsi restaient deux principaux lauréats qu'on pût conjecturer sans peine comme fauteurs de troubles invétérés : Antarès lui-même, bien sûr, mais également Karty, une république récemment démocratique aux méthodes peu orthodoxes, ancrées dans une tradition plus tolérante à cet égard. Kayin s'arrêta un instant, ses pas l'avaient menés vers le centre-ville, et les bâtiments ici semblaient chacun réclamer son regard. Il en était là de ses recherches, mais, aussi réduite que la liste le put être, nationalement comme, et cela avait été plus rapide, géographiquement, il faisait face à une problématique. Les Antariens, doublés de leurs comparses Kartiens, étaient autrement plus nombreux sur le sol de la nation rouge. Les Antariens se comptaient en dizaines de milliers à la frontière, et les Kartiens étaient foule. Pour cause, la déportation de cinquante-mille communistes vers la Loduarie, du temps d'un Karty moins ouvert sur les questions de la sorte. Mais le stupéfiant revirement rose de la République Fédérale n'était pas là son principal sujet de réflexion. La masse kartienne était grouillante, à Lyonnars, et partout. Kayin se renfrogna, cette recherche allait finalement nécessiter à des documents supplémentaires.


15092
Notre ami dont le nom reste secret... // Pierre Laurent, inconnu au bataillon au charisme négatif...
L’aventure loduarienne.


Partie I

- « Vallin me lasse ! Sa fidélité pour ne pas dire sa soumission à la Loduarie est ignoble. C’est donc ça être révolutionnaire ? Trahir ses principes pour se maintenir à son poste ? Continuer à suivre une ligne politique étrangère ; irréaliste et contre-productive ? Le P.C.A n’est donc rien d’autre qu’un cabot aboyant bruyamment ? Un toutou montrant les crocs lorsque son maître le demande ? Serions-nous devenus les esclaves de la Loduarie ? Lorenzo n’avait qu’à siffler pour voir Vallin monter la garde. Aube n’avait qu’à claquer des doigts et Vallin faisait le beau. Et maintenant c’est à Aurore de dispenser quelques caresses et Vallin se contentera d’une petite gamelle. Le P.C.A est devenu un chenil appartenant à une famille de propriétaire. Où est donc passé l’élan révolutionnaire qui nous animait ? Ce souffle qui nous faisait bouger ? Cette cause qui était notre raison d’être ? Le voilà envolé, disparu, enlevé. Et avec, c’est toute la maison qui s’écroule ; le Parti n’a plus rien. Ses chefs ne sont rien d’autre que les domestiques des dirigeants Loduariens ; ceux-là même qui tenaient la chandelle et qui récuraient les écuries sous l’Ancien Régime. Nous voulions la liberté, et voilà que l’eurycommunisme nous a apporté la servitude ; nous voulions renforcé la Monarchie conservatrice ; et voilà que cette dernière s’avère plus resplendissante et plus sublime qu’auparavant. Le P.C.A n’est rien d’autre qu’une vieille bicoque ; un taudis branlant menaçant de s’effondrer.

Et pourquoi ? Car nous avons fait l’erreur de croire que nous pourrions émanciper les travailleurs, les libérer de leurs chaînes grâce à la Loduarie, grâce aux autres ! Seulement, nous sommes devenus le proxy des Loduariens. Tandis que nous appelons à renverser la Monarchie, nous sommes-nous même devenus des courtisans ; alors qu’ils s’inclinent devant le Prince pour obtenir faveurs et titres, nous applaudissons avec une ferveur quasi-mystique le Guide. La parti du peuple antérinien est devenu celui de l’État loduarien. Nous sommes des esclaves ; et pourtant, alors que nous croyons défier le Système, nous sommes devenus l’outil de pression de quelques oligarques venant de Lyonnars ; la lutte ouvrière n’est rien d’autre qu’un prétexte pour menacer de déstabiliser des régimes. Mais au fond, en ont-ils quelques choses à faire de l’émancipation du prolétariat ; ces Marcos qui s’aplatissent comme des larves devant Lorenzo, celui-là même qui réduit en esclavage son propre peuple, ces Vallin qui baissent la tête devant le pourfendeur de la démocratie…

Serait-ce donc ça le socialisme ? L’une des plus belles et l’une des plus grandes hypocrisies de la philosophie ? Une drogue plus forte et plus addictive encore que la religion ? Alors que le croyant s’assomme dans l’espérance d’une vie meilleure, le socialiste s’agite, se révolte et s’excite vainement pour tenter de créer une utopie merveilleuse et illusoire ? Peut-être qu’en fait, le socialisme n’est rien d’autre que l’outil des génies pour mener à la baguette les masses sans avoir besoin de les récompenser ? Et si ce n’était rien d’autre qu’une mascarade ; une dramatique tragédie asservissant sans violence ; soumettant le militant et le travailleur à une passion révolutionnaire orchestrée par quelques habiles criminels, qui las des braquages veulent dorénavant s’installer dans le palais des Princes et des Banquiers ? Qui réussirent à force de slogans de persuader la masse de se ruer sur les ministères ; telle une horde en furie, et de tuer tout les malheureux osant remettre en question les prétendus bienfaits de cette révolution, cette renaissance moyen-âgeuse qui fit du sang son nouveau carburant ? Est-cela le socialisme ? L’idéologie des intellectuels contre les riches ; une idéologie qui se veut populaire alors que le peuple ne comprends pas un traître mot de ce jargon réservé aux initiés ayant hantés les bancs des facultés de philosophie, d’économie et de sociologie ? Ces Intellectuels complices sinon coupables de tout les crimes qui entachent désormais cette mortifère idéologie, et qui non contents d’avoir travaillés à son triomphe se préparent désormais à salir la mémoire de ceux qui osèrent la questionner.

Ces intellectuels brillants ; fantasmant sur des révolutions permanentes, des sociétés sans classe et sans rapports de domination entre travailleurs et patrons sont-ils donc si vindicatifs ? Ils se fatiguent donc si vite de leurs vies réglées comme une horloge ? Trouvent t’ils que l’encre a trop coulée et qu’il faut la remplacer à tout prix par du sang ? Après tout, n’est-ce pas eux qui s’acharnent à faire couler des torrents d’encre pour justifier les fleuves de sang qui irriguèrent la Loduarie ? Voilà donc comment Vallin a dévoyé le socialisme ; voilà comment la fraternité chrétienne est devenue le justificatif de massacres !

Car voyez-vous, messieurs, c’est Vallin et sa perpétuelle lâcheté, sa déroutante capacité à se soumettre au maître le plus radical, le plus violent, le plus brutal. Cette révélation, ce tragique constat m’est venu lorsque ce dernier a prononcé son discours sanguinolent et grand-guignolesque à la tribune de l’Union. C’est une honte pour le P.C.A tout entier, c’est une atteinte à notre humanité. Cette sinistre tricoteuse, que l’on soit clair il n’est rien d’autre que ces femmes qui se délectaient du sang qui coule en admirant les bourreaux à l’œuvre et en devenant hilares lorsque les têtes tombent. Il sera l’innocent complice des massacres qui seront commis en Antares, il applaudira lorsque les Curés et les Bourgeois seront exécutés à par remorques entières, il s’extasiera devant ce déchaînement de violence, il jubilera devant les cadavres fumant. Cet homme est une groupie qui se lèche les babines en imaginant les balles siffler et les corps tomber, il ne peut s’empêcher de penser avec une morbide délectation à la décapitation des élites antariennes. Il ne pense à rien d’autre qu’au sang. Ses saillies sur l’invasion de l’Antares m’avaient déjà inquiété ; après tout comment justifier cette agression ? Cet acte qui serait contraire au principe de paix et de non-intervention que nous avons prôné ; à cette opposition à tout acte impérialiste. Seulement, il a vendu ses principes, il a insensiblement glissé vers la haine la plus bestiale, la radicalité la plus extrême pour plaire à Lorenzo et à ses successeurs ; pour rester le bouffon du Roi, ou devrions-nous dire de la Reine.

Et puis, ce mortel amour pour le sang n’est pas tout, après tout moi-même je n’ai que très rarement condamné les débordements des régimes communistes ; j’ai bel et bien acclamé la successeure du camarade Lorenzo ; j’ai bel et bien pleuré le décès de ce dernier, j’ai bel et bien soutenu la quête de vengeance des Loduariens après la mort de leur bourreau tant aimé, et encore aujourd’hui je reconnais avoir salué le couronnement informel d’Aurore. Je suis de ce point de vue là tout autant coupable que Vallin ; j’ai supporté et j’ai soutenu le régime loduarien. Je suis tout autant complice que Vallin ; j’ai applaudi des tyrans. J’ai même tapé des mains avec excitation à l’idée de voir l’ancienne élite loduarienne, fasciste, crever comme une chienne. Seulement, comme toujours l’erreur est humaine, et j’ai réfléchi à mes actes ; l’importance de la vie d’un homme est-elle variable ? Je veux dire, est-ce que tuer un salaud, a la même gravité morale que tuer un homme bien ? Est-ce que ces fascistes qui sont fusillé en place publique, ces réactionnaires qui sont poignardés dans la rue ou ces socialistes qui sont massacrés dans les États arriérés ont la même valeur ?

Ce serait si simple de répondre oui ; après tout, celui qui rêve de l’extermination d’un peuple n’a pas le droit de penser, ni même de vivre… Ni même celui qui affirme que fusiller par pelotons entiers les républicains, les rouges, les révolutionnaires, ces haineux qui n’ont rien à envier à leurs cousins dégénérés Bruns ne méritent pas non plus de respirer. Mais pourtant… est-ce vraiment objectif ? Les discours de haine, suffisent-ils à souhaiter l’extermination, le nettoyage d’une clique de militants politiques ? Après tout, même les Libéraux méritent de faire un tour dans les camps de rééducation de la C.S.N ; ils osent tout de même soutenir un système qui fonctionne structurellement sur l’exploitation du prolétariat par une bourgeoisie dominante ; ne levez pas les yeux au ciel ; je sais ce que vous penser, vous êtes comme tout les autres, à considérer que tout ces mots savants ne sont rien d’autre que du vent destiné à flatter l’égo des intellos et à effrayer les gueux, et vous savez pourtant que c’est vrai. Un fait avéré qui s’observe tout les jours. Seulement, malgré tout, qui sommes-nous pour juger les autres ? À bien y réfléchir, nous méritons, tous autant que nous sommes, la corde. Un socialiste n’est pas plus humaniste qu’un fasciste, un homme qui se prends à souhaiter l’abattage de millions d’autres est un monstre ayant revêtu les apparences humaines, un déguisement cherchant à tromper la vigilance. Une sirène à buste humain qui attends que les faibles d’esprit s’approchent pour les mener dans les insondables profondeurs de l’océan pour se nourrir de leur peur. C’est trop simple, c’est trop facile, c’est trop subjectif. Naturellement qu’un socialiste considérant que son combat est fondamentalement juste n’aurait aucun mal à voir en ceux qui craignent l’expropriation, la violence et les débordements révolutionnaires des réactionnaires qu’il conviendrait de rééduquer d’une balle dans la nuque. Tout comme l’ancienne élite, l’aristocratie bourgeoise, mérite elle aussi de payer de sa vie pour ses crimes ; c’est en éliminant tout ce qui représente l’ancien monde, que l’on fait tabula rasa du passé, que l’on peut, réellement, ne pas craindre son retour. Et ces pensées là valent-elles vraiment mieux que les autres ? Après tout ; une révolution s’accompagne nécessaire de violences, et lorsque le prolétariat triomphe, ou du moins les intellectuels prétendant le représenter, il est nécessaire de purger la société des éléments petits-bourgeois.

Or, qu’ont-ils fait ? Si ce n’est s’exclamer « tu quoque mi fili !» en voyant les étudiants qui se préparent à les poignarder ? Ces riches, ces bourgeois, ces dominants que nous avons dépeint comme le Mal absolu, l’un des maux les plus radical de cette planète, rien de moins que la résurrection de la Grande pestilence. Quel est leur crime ? D’avoir réussi à profiter du système ? D’avoir voulu le préserver pour leurs enfants ? De s’accrocher à leurs privilèges comme à une bouée de sauvetage ? Qui peut venir accuser un père de vouloir le meilleur pour son fils ? Certes c’est moralement discutable, mais la nature est ainsi faite ; c’est une lutte permanente pour la survie, un combat récurrent ; l’expression consacrée n’est-elle pas « struggle for life ? ». Et la société humaine, n’est pas si différente de celle des lions ou des fourmis. Seulement l’argent a remplacé la force, la possession des moyens de production a dicté un nouvel équilibre dans nos rapports. Dès lors comment leur en vouloir ? Marx lui-même n’était rien d’autre qu’un Bourgeois, et la plupart des grands penseurs du socialisme étaient eux-mêmes des rentiers ou des parasites qui s’accrochaient aux subsides d’amis ou aux revenus de leurs terres ! Eux aussi auraient-ils dus être pendus à des arbres pour profiter du système capitaliste ? Il me vient à l’esprit une anecdote assez amusante d’un libertaire estalien particulièrement influent ayant prêté un parapluie à un bourgeois, quelques jours plus tard le penseur, alors très connu pour son opposition viscérale à la propriété privée, était revenu réclamer la restitution dudit parapluie ! Si ça ce n’est pas un réflexe de bourgeois, je me demande ce que c’est ! Dès lors, naturellement, évidemment que le massacre de la bourgeoisie est illégitime, il est même injuste et inhumain.

Dès lors, qu’est-ce qui nous sépare des fascistes et des réactionnaires ? N’est-il pas trop facile de se présenter, de s’imposer comme la seule et unique boussole morale ? Au final, sommes-nous tout autant illégitimes que les Bruns ou les Blancs à gouverner ? N’est-ce pas même absurde de se poser la question ? Qui est habilité à juger de la vie d’un homme si ce n’est un Dieu, si tenté qu’il existe… Et puis, valons-nous vraiment mieux qu’eux ? Les morts s’entassent des deux côtés, et il est difficile de se présenter comme l’agneau immaculé alors que la Loduarie est réputée pour être l’un des régimes les plus oppressifs d’Eurysie tout en étant particulièrement sanguinaire ! Et pourtant, la Loduarie est considérée comme démocratique par le P.C.A qui appelle aux meurtres de masse et à l’épuration sociale ! C’est ça qui m’a fait réfléchir, cette tendance à justifier aveuglément les crimes loduariens et à honorer le tyran Lorenzo et ses successeures… Et puis tout ces discours ; Vallin est devenu un vampire ; ses canines devraient luire à l’heure actuelle !

Enfin, si vous saviez… En entendant son discours, j’allais l’étriper, c’est d’ailleurs avec ce dessein là que j’allais le rejoindre. Si vos inquiétants chapeaux grisâtres ne m’avaient pas demander de m’accompagner, je crois que j’aurai perdu ma carte au P.C.A ; là encore ils apprécient moyennement ceux qui osent remettre en question le dogme officiel, le mythe fondateur, les fondements idéologiques… Auparavant je ne m’en étais jamais inquiété, seulement, il a atteint ma limite, et je refuse d’applaudir bêtement, stupidement, comme ces bovidés n’ayant rien d’autre à faire que de bêler… Le pire étant que si je manifestais publiquement ce sentiment, je pouvais dire adieu à ma carrière politique ; au P.C.A, ceux qui critiquent le Vojd sont des traîtres, et si les coups de pioches ne sont pas encore à la mode, les purges massives sont l’un des outils favoris de Vallin ; ses groupies ont envahi le parti, elles l’ont noyauté, du secrétariat général jusqu’aux sections militantes… Ce n’est plus l’outil du peuple, mais l’arme de Vallin. Un moyen d’assouvir ses pulsions malsaines, son maladif désir de commander.

Vous savez, vous avez eu de la chance, beaucoup de chance ; si vous n’étiez pas venus me présenter un accord, j’aurai déjà fondé le Parti Social des Travailleurs ; seulement, voilà que vos hommes, toujours impeccablement vêtus, en trois pièces gris, ces loups dressés à chasser les proies faibles pour les dévorer, ou du moins les encourager à coopérer pour que cette meute que l’on nomme les Services Secrets Impériaux, pour qu’ils puissent repartir à la chasse aux Rouges, et si possible montrer leurs crocs à l’ours Loduarien. Voyez-vous, je ne coopère pas avec vous par bonté de cœur, ni par patriotisme, et encore moins par intérêts personnels ; vous êtes des prédateurs qui traquent votre proie, et demain ou après-demain je redeviendrai le lièvre ou le daim que vous chasserez. Je ne suis pas naïfs, messieurs, je sais que l’indépendance de l’Antares n’est pas votre soucis, c’est l’anticommunisme qui vous pousse à agir de cette manière, au mépris des conventions qui visent à garantir l’indépendance des partis politiques vis à vis de l’Armée ou de toute forme de structures policières… Mais ça, il semblerait que pour le Troisième Bureau ce ne soit rien d’autre que des bouts de papier signés dans un moment de faiblesse que l’on peut jeter comme l’on balance aux ordures un sac poubelle, ou plutot comme un sicarios jette le cadavre qu’il avait dans le placard… Je ne suis pas niais, je sais ce que vous voulez et pourquoi. 
»

Un petit homme, aux yeux clairs perçants, d’un bleu foncé semblable à celui des lapis lazulis, aux cheveux châtains qui avaient été coupés très courts, ce qui lui donnait un aspect martial inquiétant, que son regard par nature soupçonneux et fouineur rendait même effrayant. Sa grosse tête, serrée par un col immaculé barré en son centre par une étroite cravate grise donnait à sa tête un air de ballon gonflé à l’hélium rattaché au reste de son corps par une étroite ficelle qui ressemblerait à s’y méprendre à un cou. À ses côtés, un grand homme au regard noisette, à la peau foncée et au regard déterminé paraissait être l’exact inverse de son chétif coéquipier. Alors que le premier semblait vicieux, le second avait l’air d’être naïf. Alors que le premier était fourbe, le second était d’une grande honnêteté. Mais seulement, alors qu’ils seraient devenus ennemis en temps normal, ces deux hommes avaient formé un duo choc, capable de pousser les militants les plus radicaux, les prisonniers les plus endurcis, à donner le nom de leurs complices, de leurs camarades, de leurs soutiens en quelques jours, et ce sans avoir besoin de leur arracher des aveux en les passant à la question… Une capacité tout à fait appréciable lorsque l’on sait que ce genre de pratiques étaient en disgrâce dans la plupart des États d’Eurysie occidentale… Ces deux hommes que tout oppose, comme la glace et le feu, étaient devenus complémentaires, une véritable symbiose s’est établie entre ce nain calculateur et ce grand dadais.

- « Voyez-vous Monsieur, ce qui nous intéresse n’est pas de connaître vos motivations, ni même de savoir pour quelles raisons vous haïssez tant Monsieur Vallin. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir que vous travaillez pour nous, et ce même si nous vous déplaisons au plus haut point. » répondit sèchement le petit agent des Services Secrets, agacé par cet interminable monologue. « Vous accomplirez cette mission parce que vous avez donné votre accord, vous vous engagerez à aller jusqu’au bout. C’est tout ce que nous avons besoin de savoir. »

Le Communiste dérouté, désarçonné, constatait que malgré ses gesticulations, ses futiles paroles, ses réfléxions métaphysiques plus ou moins pertinentes et plus ou moins exactes n’y changeaient rien ; impossible de se ménager une porte de sortie, il s’était mis à table trop tôt et maintenant il allait devoir faire un choix ; ou bien il trahit le P.C.A qu’il méprise dorénavant plus que tout, ou bien il est obligé de trouver refuge dans une autre famille politique. Le politicien soupira :

- « Alea jacta est, je suis bien obligé de marcher. »
3112
Opération Zywienia
[EXT] Assassinat au polonium d'un ressortissant poëtoscovien résidant à Lyonnars

Source : Ministère de la Sécurité d'État - Confidentiel

Cela fait près d'un mois que la Poëtoscovie a décidé de sortir de l'Union internationale du communisme et du socialisme (UICS). C'est un signe d'opposition aux manœuvres militaires menées à proximité de l'Antarès et contre cet État souverain. Fustigée par ses anciens alliés, la Nation littéraire rappelle alors l'ensemble de ses ressortissants travaillant pour l’Union à Lyonnars. Or, certains de ces fonctionnaires adhèrent politiquement à l’idéologie prônée par leur pays d’accueil, et une part d’entre eux fait le choix de rester sur place. Parmi ces individus se trouve Lionnel Krouchtanov, ancien officier de l’armée poëtoscovienne et détenant un grand nombre d’informations classifiées.

Depuis l’envoi d’un fragment de la flotte poëtoscovienne sur les lieux en soutien aux opérations de maintien de la paix par l’Empire de Karty, certains prétendent que la Poëtoscovie seraient de parti pris dans le conflit international qui semble s’enliser en Eurysie. C’est en tout cas ce qui semble transparaître dans l’imaginaire collectif des loduariens, dont le nombre de voyageurs vers la Nation littéraire s’est brusquement effondré depuis les récents événements qui entérinent la position d’Hernani-centre comme adverse à celle de l’Union.

Dans ce contexte, le fait que des ressortissants nationaux puissent ainsi trahir leur patrie constitue une menace qu’il ne faut pas négliger pour la Sécurité d’État de Poëtoscovie (SEP), les services secrets. Monsieur Krouchtanov étant un éminent ancien vice-amiral de la Marine, il est attendu que même après sa démission il soit reçu aux réceptions de l’ambassade. Conscient cependant du caractère potentiellement compromettant des informations qu’il possède au cas où celles-ci seraient révélées à la Loduarie, celui-ci ne daigne pas se présenter aux invitations dont il était le destinataire. Il est également à supposer que cela ait vocation à démontrer son désaccord vis-à-vis de la diplomatie poétoscovienne actuelle, auquel cas la position prise par Monsieur Krouchtanov traduit une hostilité de sa part. Il est alors important de l’empêcher de nuire au moyen des secrets d’État dont il a connaissance.

C’est alors lorsque Monsieur Krouchtanov se rend aux services consulaires de l’ambassade poëtoscovienne de Lyonnars afin de demander à faire venir sa famille qu’un café lui est servi par les services de la SEP, qui y ont introduit du polonium. Élément à la radioactivité létale en cas d’injection ou d’ingérence, il tue en l’acceptant. La mort ne survient cependant que trois semaines plus tard, dans les rues de Lyonnars. La SEP ne cherche pas à récupérer le corps du défunt, ni à s’introduire dans son domicile, car il est impossible qu’il ait rapporté les dossiers sur lesquels il travaillait, les consignes de travail internes le lui interdisant formellement et un contrôle ayant lieu chaque soir.

Dans l’ambassade, une cérémonie a lieu en la mémoire de l’ancien vice-amiral. La famille n’est pas conviée, et le discours est bref. L’ambassadeur n’est pas présent, et le portrait de Lionnel Krouchtanov est ôté du lieu dès la fin de la journée. Sa mort n’apparait dans aucun journal national, et la plupart des citoyens poëtoscoviens ignorent jusqu’au fait qu’un tel individu ait pu exister.

La Poëtoscovie est alors sauvée des secrets que détenait le traître.


Image

HRP : L’action se déroule dans un bâtiment poëtoscovien, sur un ressortissant poëtocsovien et par des ressortissants poëtoscoviens. Une OP n’est alors pas nécessaire pour réaliser cette action.
3474
Odonel s'active


Il était encore neuf heures, et Odonel avait déjà bu trois tasses de café. Du haut de sa petite chambre de Lyonnars, il contemplait les mouvements des ouvriers en contrebas de sa fenêtre. Hommes et femmes continuaient d’accomplir douloureusement leur besogne, comme si le contexte n’avait pas radicalement changé. Pour Odonel, tout avait changé avec l’invasion d’Antares. Cela augurait beaucoup d’espoir, mais aussi beaucoup plus de travail. Il allait falloir « cracher un peu ses poumons », comme aimait dire son ancien instructeur. Ces années étaient déjà si loin… Si Odonel n’avait pas gardé sa mission à l’esprit pendant tout son séjour à Lyonnars, il se serait presque senti loduarien après tant d’années passées ici. Tout cela allait enfin prendre son sens.
Deux coups retentirent à la porte du petit appartement. Odonel posa sa tasse de café et regarda vers l’entrée d’un œil attentif. Au bout de quelques secondes, trois coups se firent entendre. Il reconnut le code fixé pour la réception du courrier. Cela faisait déjà cinq lettres qu’il recevait en trois jours, alors qu’on ne lui en envoyait habituellement guère plus d’une par mois. Après avoir attendu cinq minutes, le temps que son émissaire disparaisse dans la grande ville, il ouvrit la porte et récupéra une enveloppe posée sous son paillasson. À l’intérieur, une feuille à carreaux était pliée en trois et recouvertes d’une écriture ronde et féminine. C’était sa « grand-mère » de Clovanie, qui lui donnait des nouvelles. Une autre maxime de son ancien instructeur remonta à la mémoire d’Odonel : « les codes les plus sûrs sont ceux qui ne reposent que sur la mémoire ».
En effet, lors de son entraînement dans les forces spéciales clovaniennes, Odonel avait appris à mémoriser les listes de nombres interminables ou des textes entiers en moins de cinq minutes. Cette compétence était l’une des plus précieuses en mission. Son cerveau était un véritable disque dur, sur lequel étaient profondément encodées toutes les informations utiles à sa mission. Parmi ces informations figuraient une clé de décodage, extrêmement complexe. Elle reposait sur une alternance bien précise entre les mots : le 3-6-2-5. Il fallait lire la première lettre du troisième mot, puis compter six mots, et ainsi de suite. Ensuite, il fallait observer la position de la première lettre des mots par rapport aux carreaux de la feuille. Si la lettre était au début d’un carreau, il fallait remonter d’une lettre dans l’alphabet. Si elle était au milieu, il fallait avancer de deux lettres, et si elle était à la fin, il fallait avancer de huit lettres. La technique était bien rodée, et Odonel l’avait pratiquée des heures et des heures en entraînement. Bien sûr, la clé changeait à chaque fois, et le nouveau sésame était toujours indiqué dans la fin de la lettre.
Odonel prit dix minutes pour déchiffrer la lettre. Le IIIe Département avait enfin des instructions précises. Il piocha dans son bureau une feuille de papier à carreaux et s’empara d’un stylo, et se mit à écrire, lui aussi. Plus tard dans l’après-midi, il sortit de l’immeuble et effectua une petite ronde dans la ville. Quelques lettres furent distribuées à l’occasion de cette promenade au crépuscule.
Oui, tout allait changer. Le réseau patiemment tissé par Odonel pendant plus de huit ans allait se mettre en branle. En huit ans, de nombeux autres agents clovaniens avaient pu s’installer dans la capitale loduarienne grâce à l’action d’Odonel. Tranquillement, ils avaient pris leurs marques, occupé des emplois et fondé des familles. Ils étaient devenu des Loduariens modèles, ou plutôt des Loduariens banals. Leur seule particularité était leur intense activité épistolaire. L’un d’eux occupait un poste dans une imprimerie, un autre était agent de sécurité dans tel ou tel ministère. L’essentiel de leur mission avait été de cartographier la capitale loduarienne. À force d’observations, les services clovaniens avaient réussi à établir un plan dynamique de Lyonnars, comprenant tous les lieux de pouvoirs, les dispositifs de sécurité des bâtiments importants, et surtout l’emplacement des diverses installations militaires.
4386
Typhon : Le Vent de la Liberté

[ACTUALITÉS INTERNATIONALES]

19 avril 2019 – Le Daryl fait volte-face concernant la guerre en Antares


Alors que le Hall des Ambassades avait initialement condamné l'opération militaire loduarienne en Antares, le Daryl a récemment changé d'avis, considérant que les déclarations des autorités insurgées antariennes "confirmaient le discours loduarien".

C'est une information qui surprend dans le Hall des Ambassades. Habituellement, le Daryl se mêle peu de la politique internationale, laissant la Première Ambassadrice et l'organe diplomatique afférent diriger la politique extérieure en totale autonomie, ou presque. Cependant, la chambre législative du Wanmiri a récemment décidé de prendre elle-même en main le sujet de la guerre en Antares, et a fini par rendre une copie très inhabituelle, et qui en a surpris plus d'un.

En effet, les députés avaient initialement salué la décision du Hall des Ambassades de condamner "l'invasion honteuse de l'Antares" par la Loduarie et de rappeler à Sivagundi le personnel diplomatique installé à Lyonnars, rompant de facto (mais pas de jure) les relations diplomatiques avec le régime communiste eurysien. Même le Partai Kommunis et le Partai Sosialis, habituellement prompts à défendre le régime plus que critiquable de feu Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, s'étaient rangés à l'avis général, en dénonçant une "invasion criminelle" et perpétrée "en traître, en profitant d'une situation de faiblesse", dans un acte qui "risquait de déstabiliser plus encore l'Eurysie de l'Ouest, alors qu'elle l'était déjà suffisamment du fait de la guerre civile antarienne et des attaques menées par l'OND contre Carnavale". Cette opposition s'était montrée jusqu'au Congrès de l'Union Internationale du Communisme et du Socialisme, où la représentante du PSW (Partai Sosialis Wanmiria), madame Sieto Xiu Mei, s'est encore signalée par un discours incendiaire à l'encontre de ces "barbares et faux socialistes" qui "portent la mort en prétendant apporter la paix".

Toutefois, ce narratif d'une Loduarie agresseuse et expansionniste s'est heurté à la réalité du terrain, et a volé en éclat suite aux déclarations de l'union des mouvements insurgés et du gouvernement légitime antarien. En effet, les élucubrations inquiétantes quant à un "jeu" dans lequel la Loduarie aurait "triché" (nous vous renvoyons vers notre ancien article sur ce sujet, où nous analysons plus finement le discours des autorités antariennes) ont ébranlé les convictions les plus profondes parmi la classe politique wanmirienne. Tant et si bien que, plusieurs mois après les faits, l'idée a fait son bout de chemin, et un député a finalement demandé à inscrire un débat relatif à la situation en Antares à l'ordre du jour du Daryl.

Débat, donc, qui s'est conclu hier au soir par une résolution, adoptée surprenamment avec une large majorité, qui inversait la position wanmirienne sur cette guerre lointaine. Ainsi, le Daryl a communiqué sa décision au Hall des Ambassades de Sivagundi ce matin même, le forçant à renvoyer au plus vite (sous-entendu : dès que la situation garantira leur sécurité) les diplomates wanmiriens à Lyonnars, et à communiquer quant à un "soutien moral de la République Démocratique du Wanmiri à l'opération menée par la Loduarie Communiste en Antares". "La décision prise par la Secrétaire Générale de la Loduarie est difficile, et critiquable à de nombreux égards, mais force est de constater qu'il fallait agir pour stopper le régime terroriste antarien dans sa folie meurtrière - et déposer les dirigeants criminels qui confondent guerre civile, massacres et vendettas avec un jeu." Ce faisant, le Wanmiri rejoint le cercle restreint des nations ayant pris position en ce sens, aux côtés - notamment - de la République Fédérative d'Icamie.

Eddonna Tymeri a quant à elle posté sur Shinbun'Soku qu'elle pousserait à de plus amples actions en faveur de la "pacification régionale" - sans préciser si elle envisageait par là un soutien plus direct au régime loduarien -, évoquant par ailleurs la "longue guerre à Carnavale" et la responsabilité des "acteurs régionaux" dans son "déclenchement et sa prolongation, qui mettent en péril les civils de toute l'Eurysie occidentale". "Il est intolérable qu'une telle instabilité perdure dans le Golfe des Empires. Cela nuit à tous : aux innocents d'abord, au commerce ensuite, et même aux criminels qui en sont responsables." De son côté, Sumit Dalavi, chef de l'Enea depuis 2010, a précisé que les déclarations actuelles resteraient de l'ordre du "soutien comme de la condamnation morales", et ne "déborderaient en aucun cas dans des décisions irréfléchies et lourdes de conséquences", interdisant de fait toute intervention ou soutien militaire à la Loduarie ; déclarations que le Hall des Ambassades a approuvées.

Vive la liberté ! Mort à l'Empereur et à toute forme de dictature ! Vive la liberté !


Note aux lecteursCeci est un extrait d'un article du journal "Typhon : Le Vent de la Liberté" tel qu'entendu lors d'une radiodiffusion publique à Sivagundi.
2927
Observatoire du Wokisme


Que diable vient faire le socialisme dans les pensées de tous ces gens incapables de voir les faits ? C’est la phrase qui incombe à toute vision lucide des faits : le Loduarisme, comme toutes les formes de socialisme, ne souhaite pas la fin de la domination, mais celle d’un unique intérêt au profit de toutes les adversités. N’avons-nous jamais pu voir de régime si peu enclin à la critique interne ?

Revenons sur la définition du Loduarisme, comme forme d’orthodoxie du socialisme eurysien. Il se veut une pensée politique pour la fin des structures de domination des classes dominantes sur les classes laborieuses et, par ses effets, l’objectif du communisme : une société organisée en communes de production et sociales. Rien que sur ce fondement, nous devons questionner les corollaires directs : l’abolition de toute structure sociale de classe réduit certes la domination intrinsèque (mais salutaire) qu’introduit l’appareil de production sur les corvéables, mais détruit du même fait tout corps intermédiaire dans le pouvoir.

Autrement dit, le Loduarisme, s’il se veut au service d’un commun, nie de fait tout débat pour le définir. L’observatoire du wokisme propose cette construction politique, propre au socialisme, comme un ennemi des structures culturelles nécessaires à la nation et à l’application en bon père de famille des lois. D’autre part, comme toute motivation d’un commun ne peut avoir pour essence un intérêt particulier, seul l’intérêt national peut s’y substituer. Dès lors, le socialisme, dans sa forme la plus orthodoxe, propose par ses desseins la construction nationale contre la construction du capital. Comment ne pas y voir une forme d’impérialisme décomplexé et un déguisement aux logiques fascistes, un socialisme comme un autre ?

Force est de constater que ces conclusions sont étayées par les faits. La Loduarie, ayant intégré tout l’appareil social à sa logique nationale, produit des guerres pour stabiliser son modèle. Encore de nos jours, les conquêtes et les décisions autoritaires issues de cette convergence des luttes sociales et nationalistes alimentent des conflits dont le fondement est essentiellement l’absence d’intérêts particuliers et la destruction des corps intermédiaires susceptibles de rompre ces nouvelles logiques de domination.

Si le Loduarisme est l’orthodoxie du socialisme en Eurysie, n’allez pas croire que nos socialistes modérés n’ont pas les mêmes desseins. Il ne s’agit que de formes larvées qui n’attendent que d’éclore. Le Kha subordonne des pays entiers à ses intérêts, de sorte que la logique de classe nationale est remplacée par la forme la plus néfaste de classe internationale : le prolétariat n’a pas été aboli, il a été externalisé. Le libéralisme que conduit le socialisme sera définitivement toujours un ennemi ; l’observatoire du wokisme veut dire non à cette mascarade qui veut abolir les structures traditionnelles au profit d’un mondialisme des empires.

Ceux qui iront prétendre que d’autres formes de socialisme peuvent soutenir cette critique ne font pas œuvre de raison : toutes ces formes de national-socialisme sont des fascismes qui s’ignorent. Dernier exemple pour enterrer cette logique d’abolition des classes : l’Estalie. Elle qui, par modestie, a conduit l’autarcie, a été contrainte par un régime socialiste à piller le pays voisin. Si cela n’est pas la preuve que le socialisme, quand il s’oppose à ses fondements impériaux, ne fonctionne pas, qu’est-ce donc ?

Louisette Sarkozo
2999
Un coup de téléphone, c'était la première chose qu'il devait faire. Cependant qu'il rebroussait chemin, en direction de son appartement, Kayin1, 2 tira de sa poche un portable bas-de-gamme, un de ces téléphones jetables si utiles aux clandestins de tous bords depuis l'invention même de semblables appareils ; en fait, il riait bien de comment ces gadgets avaient envahi le cinéma, alors même que le plus commun des moyens de communication, pour un espion, était un dispositif de boîte aux lettres morte. Bien plus sûres que n'importe quel moyen civil, du service postal jusqu'aux internets, ces caches pouvaient réceptionner des messages ; l'on ne pouvait, en vérité, les découvrir qu'à la conclusion de minutieuses observations, ou d'un bien coûteux travail de filature ; bien qu'en définitive, l'une comme l'autre méthode fussent le fruit de soupçons installés antérieurement à l'interception d'un message. C'est pour tous ces mérites que les boîtes aux lettres mortes figuraient toujours dans les manuels illiréens du VSB, déclinées dans le monde numérique avec aisance. Quoi qu'il en fût, Kayin n'était pas en territoire ennemi. Il pouvait certes craindre la surveillance d'autres agents étrangers sur ce sol, mais il était prudent et ceux-là n'avaient guère intérêt à attirer sur eux le regard des bien moins clandestins services intérieurs de la grande patrie loduarienne. Non, non, ce vulgaire coup de fil ne lui poserait pas d'ennui. C'est ainsi avec assurance que ses doigts fins actionnèrent les touches de l'appareil avec la vitesse pratique de l'habitude. En quelques instants, Kayin se trouvait au téléphone avec la centrale du VSB, dans la lointaine ville illiréenne de Kazba. Tout agent de ce service était enjoint de mémoriser quelques numéros, officiellement civils, capables de les mettre en lien avec la force logistique et administrative de leur employeur. En effet, quelques instants plus tard, il reçu confirmation que les documents qui lui manquaient se trouveraient, prêts à être emportés, dans un dépos loduarien maquillé le soir même. L'ombre d'un sourire passa sur ses traits. Il aimait résoudre des énigmes, se porter à la réflexion pour répondre à un problème. Il avait de bons souvenir de ces heures, il y a des décennies, passées en classe à s'atteller à la rédaction de dissertations, de commentaires critiques et formateurs. S'il n'avait pas précisément poursuivit en ce sens — celui des carrières de la réflexion, dans une moindre mesure, comme on l'entend communément —, il avait choisi son propre chemin qui comptait, lui aussi, de grandes énigmes à élucider ; et aujourd'hui, il se sentait proche de mettre la main sur un éléments central de son problème : les Kartiens exilés. Aussi jubila-t-il en se saisissant ce paquet à son nom, dans un bureau de poste en plein cœur de Lyonnars ; il en arracha le menu-papier d'emballage sitôt qu'il fut au dehors, révélant une petite boîte cartonnée qui accueillait, il le devinait sans peine, une clef numérique contenant l'objet de ses recherches. Il eût, si s'eut été possible, privilégié des documents papiers, mais face à la montagne de ces registres, rapports internes et autres hyperliens aux ramifications infinies, le jeu n'en valait simplement pas la chandelle. Cinquante-mile Kartiens, cinquante-mille martyrs tous plus louches les uns que les autres en ce temps de guerre. Pas qu'il crût à la trahison de par un quelconque instinct nationaliste, mais quand même, Kayin voulait bien être sacré pape si aucun de ces cinquante-mille n'était un loup dans la bergerie. Non, non. Il trouverait là au moins un coupable.


Haut de page