25/11/2020
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Activités étrangères au Banairah - Page 3

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Un double non qui surprend Ménaka


Un double non qui surprend Ménaka


Personne, dans les couloirs du palais présidentiel, ne s'attendait à un tel verdict. Les deux référendums organisés ce week-end, l'un sur l'adhésion du Zafongo au Pacte afaréen de sécurité, l'autre sur son entrée dans le Forum de coopération de l'Afarée du Nord, se sont soldés par un rejet net, sans appel, à des majorités que même les instituts de sondage les plus pessimistes n'avaient pas osé prédire. Le Forum de coopération, d'abord. Soixante-douze pour cent des votants ont dit non. Un chiffre qui claque, et qui en dit long sur l'état d'esprit d'une population lasse, avant tout, de voir son argent partir ailleurs quand tant de choses restent à faire chez elle. Dans les bureaux de vote de Kouraba comme dans les campagnes du Kota, le même argument revenait, presque mot pour mot, d'un électeur à l'autre: à quoi bon cotiser pour un forum régional censé financer des projets communs, quand les routes du Bateke attendent encore leur désenclavement, quand les écoles du Sira manquent toujours de tout? Un commerçant de Kémbelé, interrogé à la sortie des urnes, résumait la chose sans détour: "On nous demande de payer pour les autres alors qu'on n'a pas fini de nous occuper de nous-mêmes. Ça ne tient pas debout." Le Pacte afaréen de sécurité, ensuite, a connu un sort à peine plus clément, rejeté à soixante-huit pour cent. Là, l'argument change de nature. On ne parle plus d'argent, mais de sang, et le pays, encore marqué par quarante ans de cicatrices dans le Luba, ne semble pas prêt à prendre le moindre risque supplémentaire. S'engager dans un pacte de sécurité collective, c'est accepter, tôt ou tard, de voir ses propres soldats partis défendre une frontière qui n'est pas la leur, dans un conflit qui ne les concerne pas directement. "On a déjà nos propres rebelles à gérer", glissait un vétéran du service militaire croisé devant un bureau de vote de Ménaka. "Pourquoi irait-on chercher la guerre des autres alors qu'on n'a même pas fini la nôtre?" Il y a, derrière ce rejet, quelque chose de plus profond qu'une simple prudence budgétaire ou sécuritaire. Plusieurs analystes politiques évoquent, depuis dimanche soir, un attachement viscéral à la souveraineté nationale, une fierté qui semble avoir pesé bien plus lourd dans l'isoloir que n'importe quel argument technique avancé par le gouvernement en faveur du oui. On sent, dans les discussions qui ont suivi le scrutin, une forme de nostalgie diffuse, jamais vraiment assumée à voix haute mais bien présente, pour ce que fut jadis l'Empire du Zafongo à son apogée, cette grande puissance économique plus puissant que certains empire Eurysien qui dominait plus de deux millions et demi de kilomètres carrés avant que l'histoire n'en décide autrement. Le Zafongo d'aujourd'hui n'a plus rien de cette ampleur territoriale et de son ampleur économique, mais il semble en avoir hérité une certaine idée de lui-même, celle d'un pays qui décide seul de son destin, sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Le gouvernement, qui avait pourtant mené campagne en faveur des deux textes, a accueilli le résultat avec une prudence non dissimulée. Dans un communiqué diffusé lundi matin, l'exécutif a pris acte "du choix souverain du peuple zafongolais" et assuré vouloir "respecter pleinement cette décision", sans toutefois cacher, entre les lignes, une certaine déception. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Dzila, s'est montré plus direct lors d'un point presse improvisé: "Nous pensions que ces deux textes servaient l'intérêt du pays. La population en a jugé autrement, et c'est son droit le plus strict. Nous continuerons de défendre nos intérêts à l'international, simplement d'une autre manière." Reste à savoir comment ce double refus sera perçu par les voisins du Zafongo et par l'ensemble des chancelleries afaréennes, qui voyaient dans l'adhésion zafongolaise à ces deux instances un signal fort d'intégration régionale. Le pays confirme, une fois de plus, cette attitude de neutralité qu'il cultive depuis des décennies, cette manière bien à lui de rester ouvert au dialogue avec tous sans jamais s'engager pleinement avec personne. Un choix qui a ses défenseurs, convaincus qu'il protège le Zafongo des tourments extérieurs, et ses détracteurs, qui craignent qu'à force de vouloir tout éviter, le pays ne finisse par s'isoler d'un monde qui, lui, continue d'avancer sans l'attendre. Plusieurs analystes pointent également, dans ce contexte, le poids que conserve l'Empire de Ménaka dans les programmes scolaires zafongolais, où son histoire occupe une place bien plus importante que celle consacrée à la jeune République elle-même. Des années entières y sont dédiées, de la fondation par Konaté l'Ancien jusqu'à l'apogée de Soundjata Ba, tandis que l'effondrement de 1907 et la naissance de la démocratie actuelle se voient souvent traités, selon certains enseignants interrogés, avec bien moins d'ampleur et de détail. Pour ce politologue de l'université de Ménaka, ce déséquilibre n'est pas anodin: "On enseigne aux enfants la grandeur d'un empire disparu depuis plus d'un siècle avec une minutie presque affectueuse, et on effleure à peine la manière dont ce même empire s'est effondré sous le poids de sa propre corruption. Forcément, ça laisse une trace. On grandit avec l'image d'une gloire perdue, sans toujours comprendre pourquoi elle s'est perdue." D'autres voix, au sein même du ministère de l'Éducation, défendent au contraire cette place accordée à l'histoire impériale, la présentant comme un socle culturel commun aux huit peuples du pays, bien avant que les tensions plus récentes, elles, ne viennent diviser. Reste que pour les inquiets de la première heure, cette manière d'enseigner l'histoire nationale pourrait bien avoir nourri, sans le vouloir, une partie de ce nationalisme qui semble aujourd'hui trouver un écho grandissant chez la jeunesse zafongolaise.
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Sénat des 1000 de Velsna

Bureau de la Garde de la Grande République


Drapeau

5 aout 2020
Communiqué télévisé: publication des preuves incriminant la République de Poetoscovie dans l'attentat de la Basilique San Stefano

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Son excellence le Sénateur et Maître de la Garde de la Grande République, Carlos Pasqual


Le Sénat des Mille, le Conseil Communal et le Patrice de Velsna souhaitent faire part au peuple de notre République ainsi que celui de toutes les cités libres, d'informations de la première importance quant à l'identité des assaillants ayant perpétré l'attentat de la Basilique San Stefano.

Compte tenu des dernières remontées d'informations relatives à l'enquête portant sur l'identité des auteurs et des complices de l'attentat de la Basilique San Stefano di Velsna, ayant causé la mort de 34 citoyens velsniens et 36 blessés, nous, Gouvernement communal de la Grande Répulique, publions ce jour un premier ensemble de preuves incriminant la complicité et la participation du Gouvernement de la République de Poetoscovie dans cette action hostile et criminelle sur le territoire velsnien.

En effet, l'action conjuguée de l'ensemble des services compétents de la Grande République et des services de nos puissances alliées et amies de la seconde République du Jashuria et de l'Empire confédéral antérinien, ont permis l'interception d'échanges diplomatiques officiels accablant le gouvernement de la Nation littéraire, et conformant sa complicité, si ce n'est la participation à la création du Groupe terroriste de l'Horus Moranza, ayant revendiqué officiellement l'attentat.

Ainsi, la collaboration courtoise du gouvernement de la République du Moranza nous a permis l'exploitation d'une première piste, à savoir une tentative formelle de la part du gouvernement poetoscovien, sous prétexte d'une "opération humanitaire" frauduleuse comme bien d'autres, que l'on peut assimiler aisément à une tentative de prise de contrôle du territoire d'où opère l'Horus Moranza et son désormais ancien allié du Mobod, dans une optique, nous le pensons d'un rapprochement et d'une facilitation de fourniture matérielle et humaine du dit groupe terroriste.

Si pris seul, ce document ne saurait constituer une preuve accablante, bien que déjà suspecte, la collaboration courtoise du groupe rebelle du Mobod, avec l'appui de nos alliés antériniens, a permis de confirmer ce scénario de l'aveu public même du chef du groupe du Mobod.

En effet, a été interceptée une correspondance directe confirmant les points suivants:
  • L'appui matériel, logistique et humain fourni au groupe de l'Horus Moranza par le Gouvernement poetoscovien à partir de leurs bases de la Cité du Désert, état protectorat de la République de Poetoscovie.
  • La participation même de la République de Poetoscovie à la création du groupe de l'Horis Moranza comme un outil de destabilisation de ce gouvernement dans cette région d'Afarée, plus tard retourné contre le gouvernement velsnien.
  • Le fait, secondaire dans le contexte actuel il est vrai, que le gouvernement de Poetscovie se sert de ses bases afaréennes comme d'un moyen de projection visant à la déstabilisation de la région d'Afarée occidentale.

Face à ce faisceau de preuves qui d'épaissit de jour en jour et qui ne cesse de se confirmer, nous exigeons de la part du peuple poetoscovien la reconnaissance de l'acte de terrorisme et la remise immédiate entre les mains de la justice de notre cité de l'ensemble du personnel politique du gouvernement actuel de la République de Poetoscovie, afin que ceux ci soient traduits et jugés.

Dans le cas d'un refus, le Gouvernement communal de notre cité, en accord avec le Sénat des Mille de la Grande République, se verra dans l'obligation d'intervenir lui-même, et d'appréhender de ses propres moyens et de ceux de ses alliés et peuples amis ces individus. Les opérations militaires ne pourront cesser qu'à la condition que cette exigence soit satisfaite.


Je vous remercie de votre attention. Dame Fortune protège la cité.


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