27/03/2016
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Activités étrangères en Sylva - Page 3

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FREEEDOOOOOOM !!!




grg


La nouvelle de l'arrestation de plusieurs membres de la communauté des biaggistes libertariens de Pointe-Mogan n'aura pas mis longtemps à mettre le feu aux poudres parmi cette dernière. Quelques heures à peine après la saisie des armes et de ces militants, les réactions ont été pour le moins virulentes. Les protestataires ont rapidement fait monter colère les crescendo en les alimentant d'eux même dans une escalade verbale impressionnante. Dans un premier temps, c'est le survivaliste Laro Fibolacci qui harangua ses compères du scandale de la situation:
- Voyez donc ! Voyez donc que ces socialistes qui nous persécutaient à Velsna en nous harcelant à coup de flat tax à 10% qui sont de retour ! Hier, c'était les agents de la municipalité qui nous disaient de payer pour l'entretien de la caserne de pompiers, aujourd'hui, on a nié à des citoyens le droit élémentaire de pourvoir à leur défense, et demain, qu'est ce qui se passera ? On nous forcera à prendre des cartes au PEV et on apprendra à nos enfants à parler le syncrétique kah-tanais ? Tout ça parce que quelques uns d'entre nous ont jugé que faire ses courses en étant armé pour sa défense était mal !

Je vais vous dire: Sylva est gouverné en sous mains par des communistes ! Les mêmes qui contrôlent Velsna ! Sylva a basculé du côté du socialisme le jour où ils ont jugé bon de nous priver de notre droit le plus naturel: celui de nous défendre contre les rouges qui sont à deux pas de là ! *il pointe du doigt la direction du phalanstère du Grand Kah*. Je propose ainsi que nous quittions Pointe Mogan pour nous installer plus loin dans la mangrove, là où pourrons installer une défense contre ses voleurs de calibre 50."

Conséquence: si l'afflux de libertariens à Sylva devrait cesser, ceux sur place refusent de partir et partent fonder leur propre communauté autonome, qui n'est en réalité éloignée de Pointe Mogan que de quelques kilomètres, la région étant connue pour accueillir plusieurs espèces endémiques de jaguars. Ces derniers seraient en possession d'un arsenal relativement impressionnant comparativement à la faiblesse de leur nombre. Ceux-ci n'ont pas hésité à menacer tout éventuel agresseur, en arguant le fait qu'ils pourraient être capables d'attaquer le phalanstère libertaire voisin à l'aide du char d'assaut mk3 en leur possession si les forces de l’État profond sous le contrôle du Grand Kah et du PEV s’évertuait à les persécuter.
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Pointe-Mogan: Interview exclusive d'un membre de la communauté




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Pointe-Mogan. Si vous suivez régulièrement les médias libéraux de notre cité, vous avez sans doute déjà entendu parler de ce nom. Cela fait désormais quelques mois qu’une petite communauté libertarienne expérimentale y a élu domicile, dans le Duché de Sylva. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le courant entre les libertariens et les locaux n’est pas forcément passé. Nous avons envoyé nos équipes sur place pour tenter d’y trouver des réponses. Voici donc un résumé de l’interview que nous avons pu faire avec l’un des habitants de cette communauté : Laurenti Paoli, 44 ans. Ce dernier s’est présenté à nous en tant qu’expert en arts martiaux, maître de ce qu’il appelle le « Lao-Tsa », une antique discipline ancestrale rapportée (selon lui) du Nazum. Cet ancien globe-trotter s’est alors embarqué dans cette expérience sociale inédite, il nous en explique également les raisons.


- Journaliste : Bonjour Laurenti, tout d’abord permettez moi je vous poser cette question : qu’est-ce qui vous a poussé à laisser tomber votre ancienne vie pour adhérer à ce projet ?

- Paoli : En tant que pratiquant fervent de méditation transcendantale, disons que je ne crois pas aux coïncidences. Tout sur la Terre, sur la vie, sur l’univers…tout a une raison, et toutes ces raisons sont d’autant plus de messages que « la vie t’envoie. Pour prendre conscience de cela, il faut être aware, il faut avoir la lucidité de se rendre compte qu’on est sur la mauvaise voie. Et pour moi, le réveil a eu lieu lorsque j’ai reçu l’appel d’un homme d’affaires…une vraie movie star quasiment, Toni machin. Il m’a dit : « Si tu aides pas les gens de Point Mogan, jamais tu ne te sentiras aussi bien dans ta peau. » Il ne m’a pas proposé d’argent, il ne m’a pas proposé de maison, il m’a juste dit que ces gens avaient besoin de moi. Ai début j’ai cru à une blague, j’ai dit que je le recontacterai et j’ai raccroché. Et là, la lucidité m’est revenue dans un rêve la nuit même. J’endors tranquille, et là je me retrouve au beau milieu du dojo de mon ancien maître de Lao-Tsa, dans l’Empire Xin. Mon maître est en face de moi et il me dit : « Laurenti : ceux que tu aides t’aideront toujours en retour, sinon la vie te rattrapera comme le serpent d’enroule autour de la souris. Alors je suis venu, et quand je suis arrivé je n’ai pas été déçu. J’ai rencontré une troupe de personnes dans les énergies étaient très positives. Et beaucoup plus négatif chez les sylvois et les sylvoises en revanche.

- Journaliste : ….Intéressant. Et sur place, comment rendez vous service à votre communauté d’adoption ?

- Paoli : Beaucoup de choses. Mes compétences en Lao-Tsa m’ont permis de déceler beaucoup de détresse chez certains. Ils avaient peur que l’on s’en prenne à leurs propriétés qu’ils disaient, ça et que des socialistes étaient après eux. Et je ne peux jamais résister à me dresser contre l’injustice. Alors tous les lundis au sein de la communauté, je commence par leur faire un cours de méditation transcendantale, histoire d’ouvrir un peu leurs chakras. Et à la fin du cours, vous pouvez vérifier hein, ils me disent qu’ils n’ont plus peur de rien. C’est ce que permet la médiation : se détacher complètement de toutes ses inquiétudes jusqu’à la semaine suivante, et on recommence le cycle jusqu’à ce que mes élèves soient devenus aware. C’est ça être aware. Mais cela ne suffit pas. Certains ont toujours peur des socialistes après ça…alors il faut aller plus loin. Et pour ceux là je propose tout simplement des cours de Lao-Tsa. En fait c’est partie d’une réflexion que je me suis fait avec un autre habitant de la communauté. Il se plaignait qu’on lui enlève ses armes. Alors je lui ai juste répondu : « Tu n’as pas besoin d’arme pour te défendre, ton corps est une arme. ». Et c’est là que tout à commencer, et depuis j’ai de plus en plus de disciples qui viennent me voir avec la même inquiétude. Ils ont peur des sylvois. Alors je fais du mieux de mon possible pour les former à l’art martial que j’ai appris il y a des années dans le Nazum. Ça et la méditation et on se retrouve avec des gens qui ont un très bon équilibre intérieur.

- Journaliste : Et quelles sont vos relations avec les sylvois depuis le début ?

- Paoli : Difficiles je dois dire. En fait je pense qu’il manque vraiment quelque chose chez ces gens-là. Au début, les autres de la communauté m’ont juste dit qu’ils étaient socialistes ou communistes. Moi je ne savais pas ce c’était que ce truc-là, et pour être honnête je ne le sais toujours pas. En revanche, ce que je sais, c’est que ça génère chez eux de très mauvaises énergies. Je l’ai bien senti : ils sont agressifs, ils ont peur de la lucidité que j’enseigne à mes élèves. De leur prise de conscience. Ils ne sont pas aware. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que je veux dire. Il…il leur manque un truc à ces gens-là, le sentiment de liberté sans doute. C’est comme une anecdote que j’ai…je sais pas si je devrais vous la raconter.

- Journaliste : Mais je vous en prie, je suis sûr que ça va en valoir la peine.

- Paoli : Ok. Alors je m’en vais de la communauté pour m’acheter du matos de gym et des protéines. C’est important ça, les protéines. Et là, il y a une voiture de policiers qui me fait signe de me ranger. Je me range, ok, c’est normal même si ça génère des énergies négatives. Le policier se porte jusqu’à ma voiture et me fait signe de sortir, je le fais. Il me demande pourquoi à mon avis il m’a fait arrêter. Je fais « Non monsieur l’agent, je me fie juste à mes instincts et mon chakra. ». Il commence à me regarder bizarrement et me dit juste « Vous êtes en excès de vitesse, 30 km/h au-dessus de la limitation de la route. ». Je sais pas si vous vous rendez compte que j’étais tellement en paix avec moi-même que je me suis pas rendu compte que j’étais rapide à ce point, ça c’est la magie du Lao-Tsa.
Donc là, vu que je sens qu’intérieurement il n’est pas dans sa journée, j’essaie de l’impressionner en lui montrant en quoi consiste le Lao-Tsa. Je vois qu’il a une clope au bec, et la cigarette, ça c’est poison. Alors d’une pierre deux coups, hop, coup de pied retourné. Pas pour le frapper non, un retourné qui lui effleure le visage et qui happe la cigarette. Comme ça, TCHAC ! C’est ça le Lao-Tsa, la précision au millimètre. Bon là, je croyais l’avoir impressionné le type, comme tout le monde. D’habitude à Velsna, quand je fais ça, tout le monde fait « Wah comment t’as fait ça Laurenti !? ». Mais là, bizarrement, ça a mis en exergue toute son énergie négative. Il est devenu complètement hystérique et a commencé à me menacer en sortant ses menottes. Là je comprends qu’il a été submergé par son propre chakra. Il faut que j’agisse vite. Là je sors le fameux pied-bouche de Lao-Tsa, et il tombe comme une pierre.
Cette anecdote peut paraître complètement…comment vous dites…

- Journaliste : Triviale ?

- Paoli : Ouais voilà. En fait je pense que cette histoire met bien en évidence le fait que les gens de ce pays…ils ont encore beaucoup de chemin à faire avant de découvrir la tranquillité d’esprit. Il y a pas mal de monde à la communauté qui disent que les ondes sont émises par les communistes du phalanstère. Moi j’peux pas le dire, je suis spécialiste en politique, mais il y a des gens de la communauté qui s’intéressent beaucoup à ça, et qui le pensent. Or, moi je crois en deux choses : ma propre volonté au travers de préceptes de Lao-Tsa, et la science. Vous ne me verrez jamais parler de choses que je maîtrise pas moi-même, précepte numéro 21 de Lao-Tsa.

- Journaliste. Je vois…eh bien merci d’avoir accepté cette interview, cela nous éclaire à coup sûr…davantage sur la situation.

- Paoli : Y’a pas de quoi. Et n’oubliez pas de garder votre énergie positive pour vos propres combats.


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Entraînement au pied-bouche de Paoli
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Jaguar et dragon : vous ne volerez pas notre liberté !



Il était désormais clair que les pouvoirs de Sylva, (sans doute) aux mains du communisme mondial et des lobbies pharmaceutiques (par l’intermédiaire des phalanstères kah tanais, (sans doute, encore une fois) brûlaient d’envie d’en découdre avec les forces de la liberté absolue qu’étaient les libertariens de Pointe-Mogan. Ce groupe d’irréductibles, et sa liberté d’expression et de pensée complète, constituait de toute évidence un contre-pouvoir trop effrayant pour le régime totalitaire en place. Oui vraiment, l’étatisme avait très probablement bien trop empoisonner les esprits pour que les deux camps connaissent des chances de réconciliation. C’était du moins ce que pensait Helmut Gruber. Cet ancien mercenaire raskenois, vétéran de la guerre civile velsnienne, avait trouvé une nouvelle voie à son arrivée à Pointe Mogan. Naturalisé velsnien, sa vie devait être faite de paix et de sérénité, en harmonie avec la mangrove et la jungle sylvoise. Lui, sa mitrailleuse de quinze kilos et toute une forêt à tronçonner pour en revendre le bois. Petit à petit, il était devenu le meneur de ce que les autres libertariens qualifiaient de survivalistes. Ce groupe était certainement le plus isolé (et le mieux armé). La survie de Pointe Mogan jusqu’à ce point était avant tout du fait de la persévérance de ce groupe d’endurcis et amoureux de la liberté. Mais progressivement, les relations s’étaient dégradées entre Gruber et les locaux.

Le quotidien de Gruber

En premier lieu, il y eu le fameux incident de la scierie de Pointe Mogan. Alors qu’il était en train de poncer du bois, les autorités locales le prirent une première fois à partie. En effet, ceux-ci rapportèrent une plainte de divers propriétaires terriens l’accusant de saccage de propriété. Gruber, aidé de quelques mains (mais surtout lui), avait procédé à la découpe de quelques 7 hectares de bois, qui en réalité étaient situés sur des terrains privés. Gruber rétorqua alors que Sylva était un pays libre, et qu’il était dans son bon droit de se procurer ce dont la nature lui avait disposé. Les policiers lui riaient au nez, moqueurs, et il fut condamné à une amende lourde qui le laissa en faillite, sauvé in extrémis par des dons du reste de la communauté. Ensuite, il fut expulsé de Pointe-Mogan en compagnie des libertariens les plus irréductibles, réduit à déplacer la communauté de plusieurs kilomètres. On lui confisqua une partie de son arsenal, celui qu’il n’avait pas eu le temps d’emporter avec lui : 200 mines anti personnelles, sept mitrailleuses, trois lance-roquettes, 35 armes légères de tout calibre (environ 15% de sa collection). Cette fois, cela en était trop. Les communistes avaient dépassé les bornes. Gruber rejoignit alors le seul homme autre que lui qui pourrait fédérer cette petite communauté, et avec qui il pourrait concocter un plan afin de se prémunir de l’arrivée du pouvoir des sylvois rouges : le maître de Lao-Tsa, Paoli en personne. Une diversion contre d’éventuels agresseurs…et aucune défense n’était meilleure que l’attaque.
Le plan était simple (Gruber l’avait dessiné dans la terre avec un bâton) : les libertariens allaient se diviser en trois groupes. Le premier groupe, constitué des en autre des karatékas de Paoli, allait subir l’assaut éventuel contre la communauté proprement dite, tandis que les survivalistes allaient s’engager sur la route de Pointe Mogan avec leur arme secrète : un char d’assaut mk2 , qui était supposé attirer le feu. Ces manœuvres n’étaient que des diversions afin que les libertariens puissent se porter sur l’antre du mal : le phalanstère, centre supposé de l’influence communiste à partir duquel le Duché de Sylva avait été contaminé. Mais des contrariétés allaient perturber ce plan bien ficelé par les deux hommes.

En effet, les sylvois usaient nombre de ruse, et certains des libertariens n’ont appréhendé que trop tard l’une d’entre elles. Des sympathisants sylvois s’étaient intégré à la communauté, bien que les survivalistes et les élèves de Paoli se tenaient éloignés d’eux. N’étant pas armés, ils étaient donc une source de méfiance, car qui pourrait bien défendre sa liberté en étant pas armé ? Ainsi, les éléments les plus isolationnistes ne participèrent pas à la sauterie donnée par ces derniers : les « Paolistes » car l’alcool contenait selon le karateka légendaire une grande quantité d’énergie négative, et enivrait les sens d’une bien mauvaise manière. Quant aux survivalistes, ils menacèrent purement et simplement les sylvois de ne pas approcher de leur secteur forestier. Chez les autres…le planteur était fort puissant et en neutralisa certains comme prévu. La défense du camp allait se révéler plus compliquée que prévu. Le reste du plan quant à lui, n’était pas véritablement mis en danger.

Les sylvois eurent la main lourde, l’assaut fut violent, mais n’empêcha pas les libertariens de suivre le leur. En effet, Gruber s’était déjà éclipsé, les le char avait déjà quitté les lieux avec son escorte. Il fallait débarrasser Sylva du socialisme. Gruber se servit un canoé pour descendre une ravine jusqu’au phalanstère. Il pouvait désormais les observer de loin, dans la nuit. Armé d’une dizaine d’armes de poings toutes pendues à sa ceinture, d’une mitrailleuse, d’un lance-roquette et d’un mortier, seul contre un empire ! Regardez les…eux qui cultivent l’artichaut sans OGM…répugnant. Eux qui organisent des assemblées autogérées pour connaître la suite de leurs plans d’asservissement des locaux…BEURK. Ils étaient très doués pour faire croire au monde qu’ils n’étaient que de simples cultivateurs. Mais bientôt, son assaut serait donné sur ces potagers…reste à savoir ce que ferait Sylva
.

En route pour le Phalanstère


Effectifs des libertariens (vingt libertariens ont été neutralisés par le planteur):
- 180 armes légères lvl 10 (dont 30 élèves de l'école du sensei Paoli, dont les compétences en arts martiaux valent bien un lvl10)
- 30 mortier lvl 6
- 30 mitrailleuses lvl7
- 30 lance roquettes lvl5
- 50 lance-missiles anti chars lvl5
- 1 char d'assaut lvl3
- 100 mines antipersonnelles
- Helmut Gruber (équivalent de 40 armes légères lvl10)
- Grand sensei Paoli de l'école du Lao-Tsa (équivalent de 30 armes légères lvl10)
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Au profit des évacuations

Les kah-tanais se considéraient comme de bons citoyens. C'était l'une de leurs forces : ils ne faisaient pas du caractère révolutionnaire de leur pensée un fait esthétique et savaient parfaitement naviguer entre le raisonnable et l'insurrectionnel en fonction de l'occasion et du moment. Ainsi, quand le gouvernement ducal leur avait intimé l'ordre d'évacuer leurs phalanstères, on avait immédiatement décidé de s'exécuter, et ce sans esclandre : le gouvernement local affirmait pouvoir fournir gardes pour protéger les plantations, et habitations temporaires pour les évacués. Les journalistes proches des milieux de gauche et d'expatriés publièrent quelques commentaires aimables sur l'administration et en restèrent d'abord là.

C'est que l'évènement était pour le moins inhabituel et qu'on ne pouvait totalement l'exploiter sans réfléchir à ses implications, lesquelles n'allaient pas nécessairement de soi, surtout en cette période électorale. Après quelques jours, le temps que chacun prenne ses aises dans les logements sociaux, chambres d'hôtel et cabanons que l'on avait prêté en urgence aux agriculteurs, on avait enfin trouvé une approche cohérente pour traiter la question, jouant pour ce faire sur l’une des stratégies déjà bien déployée par les kah-tanais : celle de la normalisation.

En effet c’était l’une des grandes qualités de l’Union : elle était un régime que l’on avait beaucoup de mal à visualiser, certes, mais qu’une présence excessive dans les milieux culturels, diplomatiques, touristiques et économiques avait rendue acceptable auprès des pans entiers de la population mondiale. Les corporations comprenaient qu’il y avait du bon à faire affaire avec ses entreprises interfaces, même si celles-là travaillaient à subvertir le capitalisme mondial, et les populations civiles trouvaient sa musique, sa littérature, son cinéma, ses séries, ses jeux vidéos, l’ensemble de son être culturel des plus charmants. Les jeunes, notamment, étaient particulièrement sensibles aux charmes high-tech et décontractés du « cool kah-tanais ». Ainsi donc, si le communalisme n’était pas la réalité concrète de la majorité de la population mondiale, celle-là pouvait visualiser assez clairement la société civile qui en émanait, laquelle semblait heureuse, bien éduquée et globalement aimable. Une différence majeure avec les austères mouvements eurycommunistes, notamment, lesquels faisaient de l’usage de la force et de la confrontation armée à tous les niveaux leur seule véritable caractéristique notable. Les kah-tanais, parce qu’ils étaient profondément démocrates, n’avaient pas à cacher leurs impuissances sous de faux airs et de la censure. Et s’ils visaient bien la révolution, la confrontation pour les droits, les grèves, les actions civiques, les luttes diverses pour les droits et tous et de chacun, ils le faisaient sous un modèle dit « autochtone », non pas dans le sens paltoterran, mais dans le sens où il s’appuyait sur les initiatives de la société civile et sur les priorités que celle-là donnait. On ne cherchait pas à créer une masse anonymisée de kah-tanais modèles, mais bien à cultiver les dizaines, centaines de mouvements locaux et à les rassembler au sein d’une impressionnante intersectionnelle, laquelle finirait par devenir communaliste par la force de l’organisation et de l’hégémonie culturelle.

En bref, les kah-tanais faisaient la grève, mais avec le sourire, et quand ils le souhaitaient. Ce qui changeait beaucoup de chose. Et aux yeux d’une masse importante, sinon critique, de la population mondiale, cela faisait une grande différence. Cette multipolarité permettait aussi au mouvement de toucher tous les milieux en dispersant son existence au sein de différentes cellules, lesquelles pouvaient s’adresser à plusieurs publics. Draguer les autonomistes d’une part, les radicaux révolutionnaires de l’autre, former un front syndical et expliquer aux ouvriers les bases de la pensée économique matérialiste de l’autre.

La normalisation, qui visait tant à faire accepter cette réalité qu’à la rendre tolérable à une époque d’hypermédiatisation du tout, les différenciait ainsi totalement de leurs rivaux du moment, les biaggistes, lesquels passaient pour des malades généreusement dotés en bêtise.

Donc ? Donc les kah-tanais et les sylvois des phalanstères – lesquels avaient depuis peu dépassés en nombre les expatriés – firent ce qu’un civil normal aurait fait à leur place. Ils pleurèrent et ironisèrent dans les médis. Ils se sentaient menacés. Menacés par ces libertariens en arme, oui, mais pas que. Comment avaient-ils pu entrer avec des armes dans le pays ? Et pourquoi les avait-on laissés faire si longtemps ? Quelques-uns, sur les réseaux sociaux ou au détour de discussions, envisageaient sérieusement que quelque chose, dans le duché, avait dysfonctionné afin de nuire aux phalanstères. On craignait plus généralement que cette violence politique de droite libérale ne fasse pas des émules ailleurs. Avait-on vraiment besoin de communaterrans-libéraux à Sylva ? Vraiment ?

Cette occasion inespérée de briller sur le dos d’une actualité discutable fut aussi exploitée afin de mettre en avant l’attrait et les intérêts des phalanstères. Jouant sur les liens tissés avec les communautés locales au cours de plusieurs années d’implantation économique et associative, on mobilisé ce qu’ils comptaient d’alliés : clubs sportifs et de hobbys, petites entreprises locales, groupes féministes ou anti-racistes, soupes populaires, on fit des interviews, des émissions, on fit venir des influenceurs de tout le pays pour parler de la vie communale, la coopération, l’égalité dans les prises de décision, le caractère détendu et agréable d’une vie au sein des coopératives. L’impact sur les communautés locales fut aussi largement documenté : création d’associations et d’empois, formation de jeunes à des métiers et activités pratiques, légère embellie économie, traversée de la crise de brouette sur un modèle de troc et de partage basé sur les notions d’entre-aide et de fonds mutuels. Le communalisme était non-seulement compatible avec Sylva, comme le démontrait déjà l’existence des camarades collectiviste, mais apportait un véritable plus aux régions frontalières à ces expérimentations. Les kah-tanais, surfant sur la vague, se présentaient ainsi comme les courageuses victimes d’un mouvement terroriste qui, attendant que le gouvernement leur permette de rentrer chez eux, faisaient contre mauvaise fortune bon cœur. Un traitement opportuniste mais pas dénué de sincérité en ça que pour quelques militants actifs, la plupart des kah-tanais et de leurs camarades étaient très sincèrement là pour cultiver la terre, vivre en communauté et s’extraire de l’aliénation capitalistique. Le déplacement avait été un vrai choc, pour eux.

Se tenant aussi éloignée que possible de la situation, le Grand Kah se contenta de remercier le Duché de Sylva pour la bonne prise en charge de ses ressortissants et informa les autorités qu’il se tenait à sa disposition pour, par exemple, financer une partie de la compensation due au déplacement. Dans l’ensemble on insista cependant sur la pleine confiance dont jouissait l’administration locale.

Sylva était un pays allié et, au-delà de ça, une nation que l’on voulait considérer comme sœur. Elle aurait droit à ses réformes. La révolution et ses violences viendrait d’elle-même ou ne viendrait pas, mais on ne la provoquait que chez nos ennemis.

Du reste on ignorait à ce stade qu'un surhomme surarmé s'apprêtait à mener - seul - le siège des coopératives.
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Toni Herdonia: Sylva ne répond plus




Chaleur à la con... Lunettes de soleil sur le nez, air pédant et cure-dent à la bouche, on aurait pas pu faire plus facilement repérable que le nouvel "ambassadeur de Velsna pour le pays du rhum". Le jeune sénateur et chef d'entreprise descend de manière nonchalante le tarmac de l'avion, depuis le confort de sa classe business. Il aurait pu choisir le jet: il en possède onze, mais il préféra la simplicité d'un billet à 9 000 florius à bord de la compagnie sylvoise la plus luxueuse qu'il ait pu trouver. Un homme simple. Pourtant, cette assurance cache une certaine appréhension. Pour cause, cette nomination n'en est pas vraiment une, on pourrait même parler d'une punition. Herdonia, lors de la nomination des ambassadeurs au Sénat des Mille, avait bien pu constater les sourires sur les bancs digrassiens lorsque son nom est tombé pour l'ambassade sylvoise. DiGrassi savait pour l’expérience de Pointe Mogan...mais qu'à cela ne tienne, il ne possédait de toute évidence aucune preuve. Et Herdonia comprit rapidement l'opportunité qui se présentait à lui. Loin d'une punition, sa présence tout à fait légale à Sylva pouvait constituer l'occasion inespérée d'effacer quelques preuves compromettantes, voire de développer ses propres activités commerciales en parallèle de sa fonction de représentation. L'avantage d'être un sénateur velsnien était sans conteste l'autonomie quasi totale dont il disposait. On lui laissait même le soin de nommer son propre personnel d'ambassade et la gestion des frais de note de cette dernière. C'est décidé: Herdonia allait transformer cette ambassade en petit domaine réservé à partir duquel il allait lutter contre le communisme ambiant de ce continent bien rouge. Et lorsqu'il retournerait au Sénat en livrant son rapport annuel, il forcerait le respect de ces vieux débris par un bilan extraordinaire de profits accumulés.


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Herdonia dans toute sa gloire, au volant de sa Steiner 910

Dés son arrivée à l'ambassade, Herdonia fit un grand bruit. D'une énergie débordante, il convoqua le personnel de l'ancien ambassadeur en place pour leur annoncer une grande nouvelle: ils étaient tous licenciés. Pas assez "productifs" et sans doute trop liés aux conservateurs au pouvoir à Velsna pour être dignes de confiance. Herdonia n'avait pas besoin de secrétaires, il avait besoin de managers, les mêmes qui l'entouraient au quotidien au siège de la Fondation "caritative" Herdonia. Des hommes et des femmes confiants au rêve libertarien du jeune entrepreneur. Dans un premier temps, il s'agissait de construire son propre réseau de sympathisants libertariens dans ce pays dont en vérité, il ne connaissait pas encore grand chose. "Il faut faire une étude de marché approfondie" martelait-il à son équipe de winners, comme il les appelait. Volontiers provocateur, il fit venir depuis Velsna une partie de sa collection privée de voitures de luxe raskenoises, comme pour envoyer un message aux éventuelles velléités de mesures écologiques que serait tenté de prendre le gouvernement sylvois en ce qui concerne la régulation de la pollution. Chaque membre de son équipe devait être en mesure de s'offrir les mêmes voitures que lui, sans quoi ils étaient licenciés dans la semaine. Certains d'entre eux n'hésitaient pas à s'endetter auprès de l'ambassadeur lui-même afin de pouvoir rester à ses côtés. Toujours plus loin dans l'ostentatoire, Herdonia voulut également faire découvrir aux sylvois la mode à la velsnienne, en faisant venir à son ambassade les meilleurs de tailleurs sur mesure de la République.

La première semaine de travail fut intense, et ce n'était pas les affiches de motivation au travail qu'Herdonia avait fait afficher dans toutes les pièces de l'ambassade qui rendait la tâche plus facile. Herdonia divisa son équipe en trois: une partie du personnel serait affecté à la recherche de secteurs prometteurs de l'économie sylvoise dans laquelle investir, une deuxième était chargée de former le réseau de l'ambassade afin de faciliter ces investissements, et une dernière serait affectée à l'effacement systématique des preuves laissées par les anciennes activités du milliardaire à Sylva, aisi que de trouver une solution afin d'évincer l'ambassadeur velsnien le plus puissant de la région: Ricardo Pedretti, qui possédait à la fois l'oreille de Velsna et du Kah. Mais qu'importe, la place d'outsider allait bien à Herdonia. Le ver était dans le fruit.
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Toni Herdonia: le jaguar




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C'est parti pour la win

Dans les jardins de l'arrière-cour de l'ambassade velsnienne du Bourg des Mahoganys, il y avait un homme qui commençait à prendre ses marques dans ce pays décidément bien prometteur de Sylva. Sylva était supposée être une punition, mais Herdonia s'était juste contenté d'échanger son costume de tailleur pour la veste à fleurs. Si le jeune entrepreneur ne pouvait pas faire ses affaires en personne à Velsna, alors il les ferait à Sylva, quoi qu'il en coûte, parce que le temps c'est de l'argent. Toni n'était pas venu ici en touriste, et il s'attendait à ce que la politique velsnienne lui réserve une manœuvre de ce genre. Si bien que cela faisait déjà plusieurs mois que la totalité des capitaux dormants qu'il détenait à Velsna avaient été transférer dans d'autres paradis fiscaux, tant il soupçonnait les digrassiens ne reculer devant rien pour neutraliser ce politicien iconoclaste, y compris le droit sacro-saint du secret fiscal. Saint-Marquise, Carnavale, Port-Hafen, c'était là autant de noms qui raisonnaient comme un appel à la liberté auquel avait répondu son argent. La Grande République voulait le coincer ? Et bien soit, il réduirait ses activités sur son territoire au minimum, en y laissant rien d'autre que le siège de la Fondation Herdonia. Le Wanmiri ne voulait pas contracter avec son entreprise caritative ? Et bien tant pis pour eux, il y cesserait toutes ses activités, même si cela devait occasionner quelques dommages humains. L'argent circule d'une main vers l'autre, et Sylva devenait le nouveau terrain de jeu.

Herdonia admirait le "lifting" qu'il était en train de faire subir aux jardins de l’ambassade. L'un de ses sbires, Danielo, lui tendit une cigarette qu'il accepta volontiers avant de l'allumer pour lui. Ce dernier, vieux baroudeur de la Fondation Herdonia comme tous le personnel de l’ambassade, avait été comme qui dirait contaminé par la quête de réussite de son patron. Comme tout le monde ici, il s'évertuait à imiter le "boss" dans tous les aspects de son quotidien: non seulement dans les affaires, mais également dans sa manière de se vêtir et ses éléments de langage. Toute l'ambassade vivait sur ce rythme de symbiose, tant et si bien que l'on aurait cru y voir un culte se dérouler autour de sa personne: un lieu entièrement perverti par les méthodes managériales en vigueur à Velsna.
- Alors mon p'tit Danielo ? Le pays du rhum est à ton goût ? T'en penses quoi ? - lui demanda le "patron" en lui montrant le chantier se déroulant sous leurs yeux -
- J'pense que ça va être super, boss. Je pense qu'on en avait besoin de cette piscine.
- Bon sang Danielo, arrête de me fourrer ta langue dans le cul, tu veux ? Je demande un avis honnête. Je sais que t'en a pas l'habitude, et c'est un bon reflexe, mais je pense pas que tu saisisses l'importance de cette putain de piscine. Les gens de ce pays ne vont pas se laisser convaincre des avantages de l'entreprenariat avec des belles paroles. Il faut vendre du rêve, pas seulement en étant nous. Je veux que chaque sylvois qui pose le pied ici, chaque politicien verreux, chaque chef d'entreprise se dise: "Wow ! Comment ils vont ces enfoirés ? Velsna c'est ça: la liberté absolue.". Cette piscine, c'est exactement le sentiment que cela doit renvoyer. Tu comprends ?
- Ouais, patron. Bien sûr.
- Mouais...t'as pas l'air convaincu toi-même. Comment veux tu vendre quelque chose en quoi tu crois même pas mon p'tit Danielo. Bon. A propos de ce que t'avais demandé, t'as choppé des infos sur la Bourse des minerais ? Il serait temps de commencer à y placer des jetons. Et surtout, tu me fais mes placements depuis Saint-Marquise, ils doivent pas remonter à notre portefeuille velsnien. Sinon ces enfoirés pourraient faire le lien entre la Fondation et d'autres choses.

- D'autres choses ?
- Occupe toi de ton cul tu veux. Et réponds juste à ce que je te demande, t'as pas une paie à cinq chiffres pour l'amour du sport.
- Ouais patron, le chrome et le lithium pourrait vous intéresser. De même que le cérium. Ce serait malin de mettre des billes dessus.
- Le cérium ? Tu veux qu'on fasse des placements sur des entreprises résidant sur le territoire de l'OND ? T'es complètement con ou quoi, tu veux qu'on se fasse voir ? Non, va juste pour le chrome et le lithium, ça se revend au prix fort en eurysie de l'est en ce moment. Et personne va mettre son nez dans les affaires de pays comme le Drovolski. Et sinon ? T'as un peu sondé en dehors de la bourse des métaux ?
- Gigantor pourrait être un bon placement, chef. ça et Or Noir. Cela rapporte moins qu'un placement à Apex je pense, boss, mais c'est mieux que rien.
- Il faut bien partir de quelque part j'imagine. Bon, t'as le feu vert pour ça aussi. Toujours depuis le portefeuille de Saint-Marquise. Et cette histoire de médicaments au Diambée, t'en penses quoi ?
- lui demanda t-il en tirant sur sa clope -
- J'en pense que même les réfugiés d'un génocide méritent d'avoir des médicaments, chef, qu'importe le prix. Et il vaut mieux que ce soit nous qui leur vendions.
- Ok, mais essaie d'attendre quelques semaines avant d'écouler les stocks, je pense que les prix peuvent encore monter d'ici là. D'autant que la crise afarenne va encore faire grimper tout ça.
- ça marche boss. Oh, et dernière question: je fais quoi avec le jaguar ?
- Un jaguar ? De quoi tu me parles putain !?
- Celui que tu m'as demandé d'acheter, patron. Me le procurer a pas été facile tu sais...
- Nan mais laisse tomber le jaguar, je devais être complètement fini quand je t'ai demandé ça. Relâche le quelque part tu veux bien ?
- Ok boss.
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Une autre aventure...



Vaincus, anéantis, massacrés…on aurait pu donner beaucoup de qualificatifs à la scène qu’il a été donné d’assister au monde, par une Sylva usant d’une forme extrême de coercition à l’égard de la communauté de Pointe-Mogan. Peut-être les sylvois étaient-ils dans leur droit, après tout il s’agissait d’un territoire souverain, et ces gens étaient armés. Malgré cette réalité, il y avait à Velsna des gens pour s’en indigner : massacrer et faire prisonniers 200 personnes n’était pas un élément de communication particulièrement efficace pour s’attirer la sympathie, et ce malgré des articles de journaux se voulant rassurant sur les raisons impérieuses de la façon de faire sylvoise. Il y avait dans le monde médiatique velsnien toujours du monde pour défendre ces « martyrs de la liberté tombés en pays barbare », en premier lieu le journal ultra-conservateur Quotidia, qui était bien content d’avoir du grain à moudre sur le dos du gouvernement actuel. On accusait là dans les rangs conservateurs le gouvernement Visconti d’avoir laissé faire massacrer ces gens, tandis que l’opposition du PEV les accusait au contraire d’avoir laissé partir des individus lourdement armés pour faire « la guerre à l’étranger », et en appelant à un contrôle plus sévère des entrées et sorties des aéroports velsniens. Toujours est-il que DiGrassi avait réussi là à se débarrasser d’éléments gênants, et nul dont qu’il escomptait du gouvernement sylvois de faire de même d’avec l’ambassadeur sur place, le tonitruent exilé fiscal en la personne de Toni Herdonia. Pour résumé : nul n’était insensible au sort des libertariens, et chacun avait une manière différente de traiter cette situation, DiGrassi quant à lui, était bien content d’avoir démontré la division des oppositions qui siègent face au groupe des conservateurs. Restait à espérer que les sylvois trouvent des éléments à charge contre Herdonia, dont le gouvernement velsnien était bien certain qu’il était l’origine de ce mal.

Dans les décombres encore fumants de la communauté de Pointe-Mogan, les libertariens sont pour la plupart morts ou capturés. Si ces prisonniers avaient quelque chose à dire aux sylvois ? Cela, seul un interrogatoire en aurait le cœur net à ce propos. En attendant, les experts sylvois prirent la liberté de tenter de sauver tout indice qui pouvait l’être dans cet endroit qui ressemblait aux restes d’un campement évoluant dans un climat de guerre civile tcharnove au vu des destructions que la jungle avait subi. Parmi les éléments à charge, on mis au jour une impressionnante cache d’armes, sans doute celle du chef de communauté Helmut Gruber : une collections d’armes lourdes, de lances-roquettes et de mines anti-personnelles et anti-char. Il y avait là de quoi équiper une trentaine de libertariens biaggistes de plus. Encore heureux qu’ils n’aient trouvé porteurs, mais nul doute que les sylvois auraient eu des problèmes plus importants encore s’ils avaient laissé d’autres libertariens s’installer. Malheureusement, cela ne constituait pas un indice en soi d’une force occulte pourvoyant à leurs besoins…si ce n’est l’étonnement avec lequel on peut constater que des civils puissent s’équiper d’armes aussi dévastatrices sans que le Sénat de Velsna ou qu’une autorité quelconque d’une cité libre soit alertée. Les inspecteurs sylvois ne tardèrent pas à constater que tous les numéros de matricule des armes étaient frappés des mêmes 2 chiffres en début de série : 07. Il s’agissait là du numéro signifiant le lieu de fabrication de l’arme, et en l’occurrence, la totalité de l’Arsenal provient du même endroit : la Fabrique d’armes des honnêtes armuriers d’Aula, un ancien bastion libéral durant la guerre. Si en soi, un simple numéro de série ne signifiait rien, le fait que l’intégralité de l’arsenal provienne du même endroit constituait peut-être un début de piste à explorer pour les sylvois. Peut-être fallait-il en référer au gouvernement velsnien pour y voir plus clair.

Mais les inspecteurs découvrirent un indice plus intéressant encore : dans les décombres d’un petit atelier improvisé, où Gruber stockait des outils pour la découpe des arbres qui bouchaient la vue de sa maison, une cassette contenant un certain nombre d’actes de propriété et de relevés bancaires furent abandonnés dans le massacre. Gruber avait fait l’achat d’un grand nombre de terrains à Pointe-Mogan en vie de l’installation d’autres libertariens, mais il était étonnant, au vu de ses relevés de compte, qu’il ait pu fournir une telle somme nécessaire au rachat de la moitié des propriétés et terrains d’une ville. Puis, le saint graal apparu aux inspecteurs sylvois : des actes d’achat dont ni le nom ni le relevé bancaire était associé à Gruber. La piste des sylvois se confirmait sous leurs yeux : un individu ou une entité était à l’origine de l’intégralité des achats de terrain opérés par les libertariens à Pointe-Mogan. Mais du relevé d’identité bancaire, les sylvois ne purent que constater l’origine de l’envoi des sommes. En l’occurrence, et à leur grand étonnement, pas de Velsna, mais d’un autre paradis fiscal : Saint-Marquise. La provenance des armes et des capitaux, c’était là les deux seuls indices auquel les sylvois purent accéder ce jour-là, mais pour un enquêteur avisé, c’était là peut-être suffisant afin de poursuivre la traque. (HRP : ça tombe bien, tu es invité à l’ambassade et propriété du principal suspect, quel hasard)

Loin de Pointe-Mogan, deux hommes traçaient leur propre sillon au travers de la mangrove à bord d’un moyen de transport pour le moins étonnant. La carrure de ces derniers devait bien approcher les 200 kilos à eux deux, ce qui renforçait l’illusion d’optique : ce vélo électrique apparaissait bien minuscule. Non loin de la frontière, Helmut fit signe au Grand maître :
- Arrête toi là Paoli. Ce sera suspect si on nous voit passer la frontière comme ça. Je crois que nos chemins se séparent ici.
Paoli mis la béquille, et sauta du vélo. C’était l’heure d’un adieu émouvant.
- T’as raison. Je vais avoir du mal à faire passer deux lances roquettes. Un seul sera moins suspect. Je sens des énergies négatives chez tout ce qui se rapproche d’un douanier, et on a pas besoin d’arme quand son corps en est une.
- T’as toujours été le plus malin d’entre nous Paoli, je sais que tu t’en sortiras. C’est pour ça que je t’aime bien. Qu’est-ce que tu disais sur l’eau déjà ?
- Dans vingt ou trente ans il y en aura plus, quand le Drovolski socialiste aura tout polluer.
- C’est quoi la suite pour toi ?
- Je dois rejoindre le Maître Chan, c’est lui qui m’a tout apprit, dans la contrée du Xin. Mais je sens que mon potentiel n’est pas encore atteint. Comme aujourd’hui l’a prouvé, valoir trente hommes ne suffisait pas, il faut que j’atteigne un nouveau niveau de conscience et de spiritualité : l’œil du pangolin, comme il l’appelle. Je sens aussi du potentiel en toi, Helmut. Tu pourrais faire un bon élève si tu le voulais, tu as une bonne énergie zen je trouve. Tu peux garder le vélo, je n’en aurai pas besoin.
- T’es sûr ? La frontière est encore à 200 kilomètres je crois.
- Je ne me soucie jamais des distances à parcourir, Helmut. Pour avoir la gagne il faut juste avoir un objectif. Et si tu te le fixes assez longtemps, tu y arriveras. C’est comme le phalanstère : ces petits cobras ont perdu leur plantation d’artichauts parce qu’on a intériorisé au préalable le fait qu’on allait réussir. On a fait une projection mentale. Et regarde le résultat, c’est pas si mal, non ?
- T’as raison. Allez, adieu mon ami, et que la route te soit bonne jusqu’au Nazum.
- T’en fais pas, je connais la route à pied.


Et ainsi, le sensei Paoli s’éloigna pieds nus, en kimono et sans la moindre provision. Helmut le vit disparaître dans la ligne d’horizon et s’en alla vers son propre chemin…

Bros pour la vie
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Diplomatie Sous Voiles

15 Juin 2014

Miguel Torres


C'est la première fois que Caribeña envoie des ambassadeurs à l'étranger de façon permanente, logés dans de magnifiques bâtiments d'ambassade destinés à accueillir toute une équipe diplomatique. En effet, cela fait partie d'un plan diplomatique méticuleusement élaboré par le Parti de la Révolution, dirigé par le Président de la République, Sol Marquez. À ses yeux, Caribeña devait marquer sa présence au Paltoterra, un continent récemment agité par des événements tels que ceux de Communaterra et par la crise entre le Sylva et la Loduarie. Le silence de Caribeña ne signifiait pas pour autant une absence d'observation de ces développements. Aujourd'hui, en ce mois de juin, Miguel Torres, fraîchement élu au sein de cette nouvelle équipe d'ambassadeurs formée par le ministère des Affaires Étrangères, s'apprête à inaugurer une véritable institution d'ambassades établie par les autorités caribeñas. Il est désigné pour représenter les intérêts de Caribeña au sein du Duché de Sylva.

Miguel Torres avait un agenda chargé, mais somme toute assez classique pour un ambassadeur. On lui avait donné quelques directives, notamment pour développer un cadre de base pour les relations entre Sylva et Caribeña. Il devait rencontrer des acteurs économiques et sociaux, et faire de la culture caribeña un élément important dans la vie des Sylvois, afin de leur faire apprécier et peut-être même adopter des idées subversives. Derrière cet agenda officiel se cachait également un programme non officiel. À ce titre, Miguel prévoyait d'inaugurer une série de programmes culturels pour familiariser les citoyens de Sylva avec la culture caribeña, incluant des expositions d'art, des projections de films et des séminaires sur l'histoire caribeña. Pour lui, c'était le moyen idéal de lancer les affaires, avant de prendre le temps de réfléchir et de voir comment les choses pourraient évoluer. L'ambassadeur caribeño avait également emporté un carnet d'adresses sur lequel le Parti de la Révolution comptait pour qu'il noue des liens avec ces personnes. Ce carnet contenait les coordonnées de nombreux leaders d'opinion, y compris des personnalités de l'opposition comme la fameuse Marinette Zandoli. Bien que sa popularité ne soit pas au beau fixe, les autorités caribeñas comptaient sur l'habileté de Miguel Torres pour créer un réseau efficace de sympathisants, capables de susciter un sentiment contestataire envers la monarchie au sein du Duché.
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Carnet d'un Révolutionnaire

Carnet d'un Révolutionnaire


Juillet 2014

7 - Une nouvelle étape commence aujourd’hui. Nous sommes arrivés de nuit à la ferme. Le voyage s’est bien déroulé après que nous sommes rentrés discrètement, déguisés, grâce à l’aide de Coco. Pacha et moi avons établi les contacts nécessaires, et nous avons fait le trajet en jeep sur deux jours, répartis dans deux voitures. À l’approche de la ferme, nous avons laissé une voiture à l’écart pour éviter d’attirer l’attention d’un voisin qui murmure que notre entreprise pourrait être liée à la fabrication de cocaïne. Curieusement, c’est l’ineffable José, connu pour ses compétences en chimie, qui est perçu comme le chimiste du groupe. Lors du second trajet, Bigote, qui conduisait, a failli précipiter la jeep dans un ravin, mais il a réussi à l’arrêter juste à temps. Nous avons poursuivi notre route sur environ 20 km et sommes finalement arrivés à la ferme, bien après minuit. Trois camarades du parti s’y trouvaient déjà. Bigo se montre prêt à collaborer avec nous, peu importe ce que le parti décide, bien qu’il reste fidèle à Loro, qu’il semble respecter profondément. Selon lui, Rodolfo est dans le même état d’esprit, tout comme Coco, mais il est essentiel que le parti prenne la décision de s’engager dans la lutte. Je lui ai demandé de ne pas informer le parti avant l’arrivée de Loro, actuellement en voyage au Negara Strana, et qui nous apportera son soutien. Bigo a accepté ces deux conditions.

8 - Nous avons passé la journée cachés dans le maquis, à moins de 100 mètres de la maison et près du torrent. Un type de moustique particulièrement agaçant, bien qu’il ne pique pas, nous a harcelés. Les insectes rencontrés jusqu’à présent incluent des cousins et des tiques. Bigo est sorti de la jeep avec l’aide de Dargo, et ils ont convenu d’acheter quelques provisions, comme des cochons et des poules. J’avais prévu d’écrire un rapport sur les péripéties du voyage, mais j’ai reporté cela à la semaine prochaine, lorsque nous espérons recevoir le second groupe.

9 - Rien de nouveau à signaler. Avec Tomás, nous avons exploré les alentours en suivant le cours de la rivière Guayaba, sans toutefois remonter jusqu’à sa source. Le cours de la rivière est encaissé, et la région semble peu fréquentée. Avec une discipline appropriée, nous pourrions rester ici longtemps sans être repérés. Dans l’après-midi, une forte pluie nous a forcés à quitter le maquis et à nous abriter dans la maison. J’ai dû retirer six tiques de mon corps, un problème récurrent ici.

10 - Pago et Bobo sont partis en reconnaissance avec un des camarades sylvois, Pepe. Ils ont exploré plus loin que nous et ont découvert une bifurcation de la rivière, ainsi qu’un petit ravin qui semble prometteur pour un campement. À leur retour, ils ont pris le temps de flâner à la maison, mais le chauffeur de la ferme, venu avec les provisions, les a remarqués. Je les ai sévèrement réprimandés pour leur manque de discrétion, et nous avons décidé de déménager demain dans le maquis pour établir un campement définitif. Toumaíni, qui est déjà connu dans la région, se montrera et se fera passer pour un employé de la ferme. La situation se détériore rapidement, et il faudra voir si nous pourrons faire venir nos hommes malgré tout. Avec eux, je serai plus serein.

11 - Journée sans événements notables. Nous avons déplacé notre campement de l’autre côté de la maison, où nous avons passé la nuit. Les moustiques sont un véritable fléau, nous obligeant à nous réfugier dans nos hamacs sous des moustiquaires. Je suis le seul à en avoir une. Toumaíni a rendu visite à Argua et a acheté quelques provisions, notamment des poules. Il semble qu’il ne se doute de rien pour l’instant, mais nous devons rester vigilants.

12 - Journée sans événements particuliers. Nous avons fait une courte reconnaissance pour préparer le terrain destiné au campement en vue de l’arrivée des six membres du second groupe. La zone choisie est à quelques centaines de mètres du début de la tombe, sur un monticule, près d’une fondrière où nous pourrons creuser des cachettes pour la nourriture et d’autres objets. Actuellement, le premier des trois groupes de deux qui composent la troupe doit être en route. Ils devraient arriver à la ferme à la fin de la semaine qui commence. Mes cheveux repoussent, bien que clairsemés, et mes cheveux blancs deviennent blonds et commencent à disparaître. Ma barbe commence également à pousser. D’ici environ deux mois, je serai redevenu moi-même.

13 - Dimanche. Quelques chasseurs sont passés près de notre habitation. Ce sont des péons de Argua, des hommes de la montagne, jeunes et célibataires. Ils sont idéaux pour le recrutement, car ils détestent leur patron. Ils nous ont informés qu’à huit lieues d’ici, en suivant le torrent, il y a des maisons, et que ce torrent traverse quelques ravins avec de l’eau. Rien d’autre à signaler.

14 - Une semaine de campement. Pago semble un peu désorienté et triste, mais il doit se ressaisir. Aujourd’hui, nous avons commencé à creuser une excavation pour faire un tunnel et y cacher tout ce qui pourrait être compromettant. Nous le dissimulerons avec un treillage de bouts de bois et nous le protégerons autant que possible contre l’humidité. Le trou d’un mètre et demi est déjà fait, et le tunnel est en cours de construction.

15 - Nous avons continué à travailler sur le tunnel. Le matin, Bobo et Pago s’en sont occupés, et l’après-midi, c’était Toumeini et moi. À 6 heures, lorsque nous avons arrêté le travail, le tunnel avait déjà atteint 2 mètres de profondeur. Demain, nous pensons le terminer et y stocker toutes les choses compromettantes. Cette nuit, la pluie m’a forcé à sortir de mon hamac, car il était trempé : la couverture en nylon est trop courte. Rien d’autre à signaler.

16 - Le tunnel est terminé et camouflé. Il ne reste plus qu’à dissimuler le chemin. Nous transporterons les objets vers notre cachette, et demain, nous fermerons l’ouverture avec des bouts de bois et de la glaise. Le plan du tunnel, numéroté 1, se trouve dans le document 1. Rien de nouveau à signaler par ailleurs. À partir de demain, nous pouvons raisonnablement espérer recevoir des nouvelles de Benivera.

17 - Le tunnel est rempli d’objets pouvant être compromettants pour les habitants de la maison, ainsi que de quelques conserves. Il a été assez bien camouflé. Toujours aucune nouvelle de Benivera. Les garçons de la maison ont parlé avec Argua, à qui ils ont fait quelques achats. Celui-ci a de nouveau insisté sur leur implication dans la fabrication de cocaïne.

18 - Sans nouvelles de Benivera, Pago et Bobo sont retournés explorer le torrent, mais ils ne sont pas convaincus que ce soit l’endroit idéal pour un campement. Lundi, nous irons vérifier avec Toumaïni. Argua est venu retirer quelques pierres du torrent pour améliorer le chemin, et il est resté un bon moment à travailler. Il ne semble pas suspecter notre présence ici. Tout se passe dans la monotonie. Les moustiques et les tiques commencent à provoquer des plaies là où les piqûres s’infectent. Le froid se fait un peu sentir à l’aube.

19 - Toujours aucune nouvelle de Benivera. Rien de nouveau ici. Nous restons à l’intérieur, car c’est samedi, le jour où les chasseurs se déplacent.

20 - Roland et Merino sont arrivés à midi. Nous sommes maintenant six. Ils ont immédiatement raconté les détails du voyage. Leur retard s’explique par le fait qu’ils n’ont reçu l’avis qu’il y a seulement une semaine. Ils sont ceux qui ont voyagé le plus rapidement. Les quatre autres ne devraient pas arriver avant la semaine prochaine. Rodolfo est venu avec eux. Il m’a fait une très bonne impression. Il semble encore plus déterminé que Bigote à rompre avec tout. Papa, en dépit des instructions, a informé Rodolfo et Coco de ma présence ici. Cela semble être lié à une jalousie sur le plan de l’autorité. J’ai écrit à Caribeña pour lui faire quelques recommandations et à Papa pour répondre à ses questions. Rodolfo est reparti à l’aube.

21 - Premier jour pour le groupe élargi. Il a beaucoup plu, et le déménagement vers notre nouveau campement nous a laissés trempés. Nous sommes maintenant installés. La tente s’est avérée être une simple bâche de camion qui laisse passer l’eau, mais elle offre un minimum de protection. Nous avons notre hamac et sa couverture en nylon. Quelques armes supplémentaires sont arrivées. Merino a un Garand, et Roland recevra un M1 du dépôt. Giorgio est resté avec nous, mais à l’intérieur de la maison. Il supervisera les travaux d’amélioration de la ferme. J’ai demandé à Rodolfo de me trouver un agronome de confiance. Nous allons essayer de faire durer la situation le plus longtemps possible.

22 - Giorgio et moi avons exploré les environs en longeant la rivière pour examiner le torrent découvert. Avec la pluie de la veille, la rivière était méconnaissable, et nous avons eu beaucoup de mal à atteindre l’endroit voulu. C’est un filet d’eau dont l’embouchure est bien resserrée. Avec les préparations nécessaires, il pourrait être utilisé comme campement permanent. Nous sommes revenus après 9 heures du soir. Ici, rien de nouveau.

23 - Nous avons inauguré un observatoire qui domine la ferme, afin de pouvoir être alertés en cas d’inspection ou de visite gênante. Comme deux d’entre nous partiront en reconnaissance, ceux qui restent se relaieront pour des tours de garde de trois heures chacun. Merino a exploré le terre-plein de notre campement jusqu’au torrent, qui est encore en crue.

24 - Pago et Roland sont partis examiner le torrent et devraient revenir demain. En fin de soirée, deux péons d’Argua sont venus nous rendre une visite inattendue, sans qu’il y ait quoi que ce soit de suspect. Cependant, Antonio, qui était avec les explorateurs, et Touma, qui est officiellement rattaché à la maison, étaient absents, prétextant une sortie pour la chasse.

25 - Depuis l’observatoire, on nous a informés qu’une jeep était arrivée avec deux ou trois occupants. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un service de lutte contre l’Ebola, qui sévit dans le pays. Ils sont repartis aussitôt après nous avoir fait une prise de sang. Pago et Roland sont revenus tard le soir. Ils ont trouvé le torrent indiqué sur la carte et l’ont exploré. De plus, ils ont remonté le cours principal de la rivière jusqu’à découvrir des champs abandonnés.

26 - Nous restons cantonnés car c’est samedi. J’ai demandé à Giorgio d’explorer à cheval le lit de la rivière pour voir jusqu’où elle s’étend. Comme le cheval n’était pas disponible, il est parti à pied, parcourant environ 20 à 25 kilomètres. Il s’est rendu chez Don pour en demander un. Le soir, il n’était toujours pas rentré. Toujours aucune nouvelle de Benivera.

27 - Giorgio n’est toujours pas réapparu. J’ai donné l’ordre de monter la garde toute la nuit, mais à 9h, la première jeep de Benivera est arrivée. Coco était accompagné de Joaquin, Urbano, et d’un Sylvois nommé Ernest, étudiant en médecine, venu pour rester. Coco a fait un autre voyage et a ramené Ricardo avec Broglio, Miguel, ainsi qu’un autre Sylvois qui restera également. Nous sommes maintenant 12 rebelles, plus Giorgio, qui joue le rôle de patron de la ferme. Coco et Rodolfo se chargeront des contacts. Ricardo a apporté une nouvelle embêtante: El Kazar est au Sylva. Il veut me voir et propose d’envoyer 20 hommes. Cela pose des problèmes, car cela impliquerait une dimension multinationale au conflit avant d’avoir consulté Mario. Finalement, nous avons décidé de l’envoyer à Trarpa, et Coco ira le chercher pour l’amener ici. Coco est parti à l’aube avec Ricardo, qui doit prendre l’autre jeep pour continuer jusqu’à Benivera. Coco doit aussi passer chez Remberto pour s’enquérir de Giorgio. Lors d’une conversation préliminaire avec le jeune Sylvois, celui-ci a exprimé son opinion que Mario ne rejoindrait pas la guérilla, bien qu’il semble déterminé à rompre les liens.

28 - Nous sommes allés faire un relevé topographique de la rivière et examiner le torrent qui sera notre prochain campement. Le groupe était composé de Toumeini, Urbano et moi. La rivière est très sûre mais très sombre. Nous allons essayer d’en trouver une autre qui devrait se trouver à une heure d’ici. Toumeini est tombé et semble s’être fracturé le tarse. Nous sommes arrivés au campement dans la soirée après avoir mesuré la rivière. Ici, rien de nouveau. Coco est parti à Trarpa pour attendre El Kazar.

29 - Rodolfo, Merino, Pago, et Bobo sont partis en mission pour examiner une rivière plus éloignée. Ils doivent rester absents deux jours. Il a pas mal plu. À la maison, rien de nouveau.

30 - Rien de nouveau. On continue à travailler dans les activités de la ferme.

Si je devais analyser le mois de juillet, tout s’est assez bien déroulé. Mon arrivée s’est faite sans incident, et il en a été de même pour la moitié des personnes présentes ici. Bien qu’ils aient eu du retard, les principaux collaborateurs de Ricardo s’engagent dans le maquis contre vents et marées. Les choses se présentent bien dans cette région isolée, où tout indique que nous pourrons rester aussi longtemps que nous le jugerons nécessaire. Les projets sont d’attendre le reste des personnes, d’augmenter le nombre de locaux, de Sylvois à notre cause, et de commencer les opérations. Il reste à voir quelle sera la réaction de Mario et comment les gens vont se comporter.
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Littérature, Histoire et propagande: une spécialité velsnienne
La Matteade, ou le récit romanesque de la guerre civile velsnienne, par Gina DiGrassi



"Ce fut ainsi par la seule force de caractère du Triumvir mon père que le temps des princes et des tyrans prit fin, et où notre République retrouva des piliers à la hauteur de son équilibre.". C'est par cette citation de son autrice en couverture de ce pavé gargantuesque de par sa taille, que les premiers chapitres de la Matteade, parurent à Teyla.

Pour les amateurs de culture politique velsnienne, et de littérature de manière générale, ce fut un jour faste. Comme pour les propagandistes velsniens à vrai dire. En effet, comme tous les autres pays du monde sans doute, les élites politiques de la cité sur l'eau pratiquent des formes diverses et variées de communication afin de justifier de l'approbation d'un modèle, d'une politique ou de l’œuvre d'une personne dans son ensemble. La plupart des sénateurs velsniens ont ainsi un ou plusieurs chroniqueurs dans leur entourage, et pour les plus talentueux d'entre eux à l'art de la plume, ce sont eux même qui participent à leur rédaction. La lutte pour l’appropriation de l'Histoire et de la mémoire est ainsi un enjeu politique majeur dans un régime politique où les rivalités interpersonnelles sont particulièrement féroces. Mais le récit qui fait son apparition sur les rayons des librairies étrangères sort quelque peu de l'ordinaire. Déjà, de par l'identité de son autrice, qui n'est autre que le propre fille de l'un des acteurs de la Guerre des Triumvirs en la personne de Gina DiGrassi. Ensuite parce que cet ouvrage n'a pas été commandé par celui qui est au centre du récit, la jeune femme étant à l'heure actuelle en exil. Ce qui implique donc une lecture allant dans le sens du Sénateur Matteo DiGrassi, mais d'un point de vue qui lui est externe, et parfois de manière surprenante, qui lui est opposé.

Adoptant le style hagiographique de la littérature velsnienne classique digne des récits de la Renaissance velsnienne des XIV-XVIème siècle, l'ouvrage y fait l'apport d'informations précieuses dans des sujets variés que sont les coulisses de la politique au sein de cette institution hermétique qu'est le Sénat, la place des femmes dans un monde politique hostile, l'importance des alliances matrimoniales, l'attitude des velsniens vis à vis de l'étranger ou encore la manière dont ceux-ci conçoivent la guerre. L'ouvrage est ainsi non seulement un ouvrage de propagande, mais le récit sert de prétexte pour ouvrir aux étrangers une fenêtre sur Velsna en tant qu'objet politique et culturel. De la course aux élections sénatoriales aux champs de bataille d'Hippo Reggia en passant les conséquences désastreuses du gouvernement Dandolo ainsi que son assassinat, Gina DiGrassi nous fait là part d'évènements qui pour certains sont inédits: réunions stratégiques de DiGrassi, vision à long terme de ce dernier quant à l'avenir de la Grande République. Pour les étrangers, il sera également intéressant d'étudier le portrait des figures de pouvoir étrangères comme le secrétaire général de la Loduarie ou la reine de Teyla, à qui l'écrivaine consacre de grands paragraphes.

Une chose est sûre, les velsianophiles amateurs de sa littérature classique seront comblés, tout comme les analystes en géopolitique. Un ouvrage titanesque avec des niveaux de lecture multiples à décrypter.


Effet: La Matteade paraîtra en premier lieu dans les activités étrangères d'un pays où ce post été envoyé au préalable.
1909
THE TANSKIAN TIMES

Järvi, 01/08/2014


INTERNATIONAL / Sylva

Le déploiement du 1er bataillon du 75e Régiment à Pieds prend fin en Sylva


Leur présence dans la jungle sylvoise et dans les villes et villages aux alentours des régions nord du pays s'est achevée ce matin. Les presque 700 hommes et femmes du 1er bataillon du 75e Régiment à Pieds des Forces Armées Fédérales ont entamés aujourd'hui leur retour dans la province fédérale d'Halvø a annoncé aujourd'hui l'officier supérieur tanskien affecté à l'UNPALCOM (United Democratic Nations Paltoterran Command). Leur remplacement par une autre unité des forces armées tanskiennes n'a pas encore été annoncé mais devrait avoir lieu avant la fin de l'année 2014 afin de ne pas laisser de trou capacitaire dans le cadre du commandement unifié et des exercices de coopération auprès de l'allié sylvois.

Le déploiement avait été entamé en début d'année 2013 à la suite des tensions avec l'ancien Etat de Communaterra aujourd'hui remodelé en Communes Unies du Paltoterra Oriental sous occupation du Grand Kah. Le commandement général tanskien n'a pas précisé si ce retour était lié à des tensions croissantes avec plusieurs Etats en Eurysie septentrionale. La future unité qui devrait être déployée dans la région serait un régiment de cavalerie motorisé selon les informations fournies par le ministère sans qu'aucune décision n'a toutefois été prise. Le dispositif tanskien au Paltoterra est donc désormais réduits aux quelques appareils de l'escadrille 1/23 "Särna" déployée sur la base aérienne HMCB d'Ynys Morfa en Caratrad.

En dehors des Etats membres présents au Paltoterra (Caratrad, Sylva et Zélandia), Tanska reste à ce jour le seul pays membre de l'organisation des nations démocratiques et notamment du Conseil Militaire a avoir constitué une présence temporaire ou permanente au sein de l'UNPALCOM. Les pilotes et mécaniciens du 1/23 "Särna" étant eux prélevés sur d'autres escadrilles en effectuant des rotations tous les 3 mois constituant ainsi progressivement un nombre important de pilotes tanskiens formés et éprouvés aux opérations aériennes conjointes avec les pilotes caratradais mais aussi sylvois.
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L'Unité, organe de presse officiel du Parti Eurycommuniste Velsnien a écrit :

Drapeau

Édito de Géorgi Marcos, 1er septembre 2014



Droit de réponse aux camarades sylvois



Chers lecteurs et camarades,

Qu’il me plaît de prendre la plume de l’Unità le temps d’un numéro, de l’emprunter à tous ces braves camarades journalistes qui l’animent l’espace d’un instant pour m’adresser directement à vous. Non pas par le biais de ces entrevues que j’affectionne, certes, mais comme vous le savez, la prise de parole ne permet souvent pas d’imiter la perfection de la pensée que constitue le fait de coucher son écriture sur le papier, de prendre le temps de voir murir la pensée et de la réfléchir. Cette activité intellectuelle, j’encourage par ailleurs tous les camarades de notre Parti à la pratiquer, ne serait-ce que pour réaliser que parfois, certaines de nos paroles fondées sur l’affect n’ont pas la sophistication des mots que l’on peut penser. Voilà ce qu’est un parti d’avant-garde, camarades, une organisation qui appelle à la formation constante, l’élévation intellectuelle et morale de tous nos membres. Si les forces du marché se sont saisies se de chaque retour à l’atelier pour nous retirer le stylo par accaparement de notre force de travail, nous devons leur reprendre sur notre temps libre, d’où notre attachement à l’existence d’un droit à la paresse. Tous nos efforts se doivent de rejoindre notre seul objectif en tant que militants : l’avènement de la société socialiste.

La raison qui me pousse à rédiger cet édito est ambivalente, mais rejoint ce qui est mentionné plus tôt : la nécessaire formation des membres d’une formation politique, sans laquelle toute sorte de dérive se produirait. Trahison de l’engagement socialiste rendue possible par une course à l’électorat et à la quête d’acceptation par le système politique bourgeois, entrisme, relais d’opinion des sources les plus douteuses provenant de journalistes faisant partie intégrante des systèmes qu’ils dénoncent pourtant de vive voix. Certes, je me félicite que le tirage de l’Unità soit désormais si populaire qu’il tombe entre les mains de lecteurs paltoterrans de Sylva. Cela prouve en premier lieu que notre média alternatif s’est fait une place, grâce au dur labeur de nos journalistes indépendants. Mais d’un autre côté, je ne peux que m’attrister que le principe de formation politique élémentaire ne soit pas saisi à la hauteur de son importance par certains de nos camarades sylvois. Bien entendu, ces mots s’adresseront donc à notre chère camarade Annabelle Pottier, qui a prit la peine de rédiger un magnifique fleuve à l’encontre des positions émises récemment par le Parti Eurycommuniste Velsnien, et pour lesquelles vous camarades, avez voté et approuvé à l’occasion de notre dernier congrès triennal. Que l’on ne se méprenne pas : cet édito n’a pas vocation à n’adopter la forme que d’un vulgaire droit de réponse, mais j’aimerais, à partir des positions de cette camarade, rediriger nos lecteurs vers un ensemble de réflexions.


I) Défaillance de la méthodologie de l’analyse politique : faute à une formation politique inachevée ou malveillance volontaire ?


Ainsi, quel est donc le sujet de cet article. A vrai dire, des axes de réflexion, il y en a beaucoup, et notre camarade semble à chaque fois pointer la mauvaise direction. Par courtoisie, sur la forme, je passerai sur les citations sorties d’un contexte précis, et semble-t-il parfois mal comprises par son autrice. Mais passons.

En premier lieu, et à ma grande joie, la camarade Pottier aborde un sujet mettant en exergue l’importance de la compréhension de la géopolitique dans un mouvement de masse, ainsi que l’importance du processus d’enquête dans le cadre journalistique. Tout d’abord, qu’est-ce que l’Okaristan, défini comme contre-exemple de l’aspect interventionniste du loduarisme (que la camarade ne définit par ailleurs que par cette facette d’une pensée politique pourtant beaucoup plus complexe) et de quoi la guerre qui y a eu lieu a-t-elle été le nom ? Il convient tout d’abord de nuancer les tenants du socialisme okaristanais, décrits comme fondamentalement faux, puisqu’éloignés du Liberalintern cher au cœur de notre camarade. Celle-ci dénonce un régime dont elle ne définit aucunement les contours, ni même la structuration du pouvoir, le lecteur devant prendre pour argent comptant le terme de « dictateur », se fondant sur une enquête bancale rédigée par un média ouvertement hostile à notre famille politique (mais dont l’autrice a au moins l’honnêteté de mentionner, ce qui n’enlève rien à la prouesse de paresse intellectuelle à laquelle nous venons d’assister). Accessoirement, les « révolutionnaires », objet d’une admiration déplacée, sont eux même dépeints avec autant de flou et d’incertitude. Là encore, aucun programme politique énoncé, aucune description des courants qui composaient ce mouvement, simplement des sophismes et des certitudes finalement bien fragiles. Un récit manichéen à peine digne d’une dépêche de l’OND. Cependant, il est triste de constater que l’Histoire n’a pas été ainsi faite, et que les évènements donnent tort à notre camarade.

En effet, quoi de mieux pour des révolutionnaires avides d’abattre un régime autoritaire, violent et failli que de faire appel à des régimes autoritaires, violents et faillis afin de les libérer. Il est coutume de dire que l’on reconnait la justesse d’une cause à ceux qui la défendent, lorsque nous observons par qui celle des révolutionnaires okaristanais fut défendue, nous sommes en droit de douter. Car pour défendre la liberté et la démocratie, quoi de mieux que de faire appel aux bouchers à louer du régime kleptocratique et mafieux de Rasken. Pour se défendre d’un régime failli, quoi de mieux que de faire appel à un gouvernement tcharnove à la tête d’un Etat structurellement fini, et qui a été dans l’incapacité de prévenir un nombre record d’épurations, de massacres et de guerres civiles. Mais si ce n’était que ses alliés, ce serait là une consolation à côté de cette triste réalité : qu’est donc devenu la Kolcovie « démocratique » ? Où est passée cette foule avide de liberté ? Et qu’est devenu Zladingrad ? Eh bien…la Kolcovie n’existe plus, c’est là bien tragique. Quant à Zladingrad, la Loduarie s’est assurée que le processus électoral propre à toute démocratie communiste reprenne, et a esquissé les bases d’une réforme économique. Plus encore, les loduariens n’ont repêché guère beaucoup d’anciens membres de l’élite politique d’avant-guerre, et Maksimov a pour ainsi dire disparu de la circulation. Preuve en est des bases solides que la Loduarie a posé à Zladingrad : même après la satellisation du pays (que l’on peut aisément assimiler à une vassalisation des plus primaires) par le Pharois, la transition ne semble pas avoir été l’occasion de revenir sur la construction politique des loduariens. Le système en place n’a connu aucun changement majeur, si ce n’est un remaniement de personnel, plus docile vis-à-vis des nouveaux occupants. Si même des membres du Liberalintern se sont portés garants d’un tel système, notre camarade les ayant en affection peut au moins reconnaître cette avancée sur le compte de la Loduarie.

En premier lieu, la camarade, en ne citant rien que son premier exemple a été à la fois incapable de définir le loduarisme dans sa globalité. En second lieu, malgré la certitude que l’autrice semble avoir du fait que le régime okaristanais ne relevait pas de la famille socialiste, elle a été incapable de définir correctement les tenants idéologiques des deux parties prenantes de la guerre civile. Et pour finir, elle semble de plus avoir une connaissance très aléatoire du dossier Zladingrad.

Mais si l’exemple de l’Okaristan relève d’un problème de déontologie journalistique et de compréhension géopolitique, la rapide étude du cas translave est quant à elle du ressort d’une méconnaissance complète en matière de théorie politique et d’idéologie, qui fait peser de sérieux doutes sur la qualité de la formation de l’organisation politique à laquelle celle-ci pourrait appartenir. C’est là que cette étude, par « anti loduarisme primaire », sort du domaine de la critique mal construite pour entrer dans celui de l’ignorance pure et simple.

En effet, la Translavye est citée, tout comme l’Okaristan comme un exemple du « manque de discernement » de la politique loduarienne (ce qui au passage ne répond en rien sur l’ambition de base qui était de souligner les paradoxes du loduarisme dans un seul pays, mais qui tourne très vite à l’accusation d’incompétence). Sur cette accusation, faire reposer la belligérance entre les deux pays sur base d’un seul incident, c’est méconnaître que les tensions entre les deux pays, aux modèles politiques radicalement différents, était déjà particulièrement vive, et les échanges diplomatiques précédents entre les deux services diplomatiques permettent de le constater. Là encore, la naïveté de croire qu’une seule provocation peut être la cause de la série d’évènements catastrophiques, débouchant au final sur l’attaque contre les centrales nucléaires loduariennes, ressort d’une incapacité d’analyse historique, cette fois. L’Histoire, en tant que science, est multi-factorielle, toujours. (HRP : je ne sais pas comment ton perso a eu connaissance de la rencontre entre Translavye et Loduarie, faudra m’expliquer ça). Là, l’autrice nous sort une histoire digne d’un feuilleton d’un magasine people, j’en ai bien peur. C’est ne pas penser à la menace existentielle que le modèle politique translave faisait peser sur les idéaux socialistes, et la menace nucléaire en était le plus grand exemple. Mais il s’agissait là également de vaincre adversaire dont l’idéologie s’assimilait au fascisme, un corpus d’idées contre lequel nous, eurycommunistes, avons un devoir de combattre.

Et c’est là qu’intervient pour moi, ce qui constitue la plus grande faute journalistique de cette jeune femme : l’incapacité à définir correctement les exemples qu’elle cite dans son récit accusatoire contre la Loduarie, ce qui rend toute analyse sujette à caution et douteuse, ce qui permet notamment la manipulation d’information. En effet, on nous décrit là ce pays comme un « modèle technocratique ». Un bel euphémisme pour désigner un régime qui s’inscrit pleinement dans l’idéologie fasciste. Et je m’inquiète maintenant pour nos camarades collectivistes de Sylva qui se retrouvent à ne pas savoir distinguer le fascisme des éléments de langage de la propagande translave, qui apparemment ont été très influents chez eux. Eugénisme et sélection des naissances, exclusion des handicapés et individus diminués de la société, volonté expansionniste à justification ethnique avec l’établissement d’un « espace vital »…La Translavye n’est pas un régime technocratique, camarade, c’est un régime fasciste, et les mots sont importants. De toute évidence, cette jeune femme n’a pas terminé sa formation politique, si tant est qu’elle en ait possédé une. Dans ce cadre, il est difficile de prendre pour argent comptant la totalité des démonstrations invoquées dans cet article comme argument d’autorité.


II) L’apprentissage de la réalité de la géopolitique, une nécessité au sein des appareils militants, et la réévaluation du rôle de la Loduarie dans le socialisme international

Cet article, malgré ses erreurs, peut être riche d’enseignement pour nous. En effet, il rejoint complètement les problèmes que j’ai pointé du doigt à l’occasion de nombreux articles : l’incompréhension de la mécanique de l’Histoire, et les problèmes qu’impliquent de favoriser des puissances libérales plutôt que des régimes socialistes dont on réprouverait un certain nombre de politiques. Cela constitue ici une démonstration de l’incompréhension de grandes questions géopolitiques. Je m’explique.

Que l’on se le dise, Kronos n’est pas un exemple de bonne gestion et planification eurycommuniste. Je ne m’en ait jamais fait secret et le PEV a d’ores et déjà reprouvé ce modèle. Je ne m’attarderai pas sur les tenants et les aboutissants de ce modèle, étant donné que nous sommes d’accord sur un point avec l’autrice et que cette dernière ne s’attarde guère dessus qu’au détour d’une phrase assassine (qui plus est en partie fausse étant donné que l’autrice sous-entend que la responsabilité du conflit reposait sur les épaules du régime kronien) : cette expérience a été un échec. Mais dans ce cas, concernant la Loduarie, pourquoi intervenir au Kronos pour défendre ce pays ? Si tant les eurycommunistes velsniens et les collectiviste sylvois semblent être en accord sur cette position réprobatrice vis-à-vis de Kronos, en rien cela ne signifie qu’il fallait laisser les océniens prendre la main dans ce pays. Et c’est là que nous ne nous rejoignons pas, nous et nos camarades sylvois ; je préfère mille Kronos, mille Grand Kah avec lesquels j’ai des points de désaccord, plutôt qu’un second Alguarena ou un Tanska qui sont des régimes qui nous sont fondamentalement hostiles. Visiblement, ce n’est pas le cas de notre contradicteur. Cela ne signifie pas qu'il faille prendre une défense corps et âme de tels régimes, ni nous refuser à une analyse critique, mais il s'agit bien d'empêcher les puissances du bloc libérale porter atteinte à des pays qui se sont libérés de leur emprise, et ce même si le corpus d'idées de ces régimes nous paraît imparfait et questionnable. Tout ce qui freine la course du socialisme est condamnable, ainsi que tout ce qui porterait atteinte à l'intégrité de militants dont nous pensons qu'ils sont dévoyés d'une manière ou d'une autre. L’attitude de tout loduariste serait de réussir à opérer un syncrétisme de lutte entre les différents régimes socialistes de ce monde, tels que l’ont été un certain nombre d’interventions de la Loduarie, et non de tendre des perches lorsque le maillon faible de la chaîne de la grande famille socialiste est brisé par l’ennemi de classe. Car c’est bien ce que peine à comprendre notre camarade ici présent, qui reprend mot pour mot les éléments de langage du gouvernement de l’oligarchie sylvoise, soit dit en passant. A savoir : à qui profite la chute d’autres régimes socialistes dont nous réprouvons les politiques ? Et il est curieux de constater que chaque position prise dans cet article par cette « journaliste » semble constamment s'aligner parfaitement avec les intérêts des puissances qui veulent abattre l'horizon de la République de l'amour humain que nous nous fixons, indépendamment de si nous sommes eurycommunistes, anarchiste ou man-khratiste. Comme si il n’y avait chez ces collectivistes sylvois une détermination à rester une béquille de régimes bourgeois.

Regardez le cas de la Communaterra, qui constitue un exemple intéressant de la manière dont notre organisation pense les intérêts du bloc socialiste. Si notre intéressée n’avait lu que la moitié de ce que nous avions émis à son sujet, elle saurait que ce modèle nous était fortement critiquable et condamnable (la détermination du PEV à écarter d’anciennes figures du mouvement comme la dite « Anarka » constituant un exemple parlant). Outre une politique économique catastrophique, propre à une mauvaise maîtrise du modèle communaliste, et qui a mis en exergue ses défauts structurels, ce régime s’était également rendu coupable de connivence avec le régime libéral de l’Alguarena. Cela étant su, nous avons rapidement fermé la porte à la participation de la Communterrra à l’UICS, en commençant en premier lieu par sa mise à l’écart. Car ils étaient devenus là des ennemis de classe. Et la collaboration de classe est bien là notre ligne rouge dont notre interlocutrice ne semble pas prendre en compte.

Au passage, cet exemple pris par cet article est particulièrement cocasse, puisque apparemment, il n’y a pas de mal lorsque le Grand Kah satellise un pays pour la bonne cause, alors que rétablir un processus démocratique et communiste à Zlandingrad semble être là totalement exclu, pas plus que lorsque la Loduarie participe à un processus de paix et de reconstruction du territoire translave, que notre autrice semble éclipser, tout simplement parce que cela ne correspond pas avec un narratif qui semble-t-il, a été écrit depuis un bureau ministériel de Sylva. Ou peut-être l’a-t-elle simplement oublié. Il y a ainsi tout au long de cet article une tendance à minimiser ces réussites de la Loduarie, à savoir la chute d’un régime fasciste pour l’établissement d’une démocratie communiste sur une partie de son territoire, pour mieux bonifier celles des autres, que nous ne nions pas pour partie, que l’on se le dise. Pour celle qui se plaint de l’inefficacité de la méthode loduarienne en Rimaurie, je tiens à rappeler que la chute du régime translave a commencé par un tir de missile. Regardez par vous-même le résultat : la moitié des translaves vont pouvoir profiter des vertus fondamentales d’une démocratie communiste.

Et que dire du bilan du loduarisme en interne ? Chose qu'aborde rapidement notre contradicteur. Eh bien...une économie stable, avec un PIB par habitant plusieurs fois multiplié depuis la chute du régime fasciste en 2001, le logement consacré comme gratuit, un chômage inexistant... Apparemment, cela ne suffit pas pour notre camarade, qui a l'air de préférer la semaine de travail à 48h à Teyla, la surveillance et l'espionnage de masse à Tanska ou le règne d'aristocrates dégénérés à Sylva.


III) Lorsqu’une journaliste collectiviste accable les communalistes par inadvertance. Les causes de la fondation de l’UICS.



Il semblerait que notre interlocutrice ait une dent particulière contre l’OND, malgré la pudeur et les pincettes qu’elle prend au détour de quelque phrase scandaleusement hypocrite. Une constante dans cet article : l’auteur se pose les bonnes questions sans parvenir à trouver de réponse correcte, et c’est en lien évident avec les défaillances que j’ai relevé plus tôt. La critique de l’UICS consiste ainsi en une série de portes ouvertes enfoncées, relevant des dynamiques existantes, mais y posant des mots et une analyse particulièrement faible et peu appropriée. A commencer par les raisons de la formation de notre Internationale. Pourquoi l’UICS ? C’est là une question à laquelle notre camarade répond par un mot qui revient sans cesse : une « vengeance » à prendre vis-à-vis de du Liberalintern. Apparemment, la cause unique et primordiale de tout un processus laborieux et épuisant auquel tant de camarades de différents pays du monde se sont donnés visant à replacer l’horizon socialiste au centre des préoccupations de notre mouvement serait…la vengeance ? Encore une fois, je tiens à rappeler que la théorie du matérialisme historique n’est pas pour les chiens et que chaque cause d’un évènement repose sur une multiplicité de facteurs. Mais l’auteur touche quelque chose, à l’aveugle et dans le noir certes : la manière dont Liberalintern a assuré la représentation du communalisme et par extension du socialisme dans le monde. Encore une fois, il y a chez notre auteur une lecture sensationnaliste de la situation, qui pense là nous révéler un secret scandaleux. Or, nous n’avons jamais fait cacher ces critiques et les avons exprimés à maintes reprises. Mais puisque notre camarade n’a pas réussi à en saisir le contenant, je vais ici me répéter et synthétiser ma pensée, après tout, le fondement de mes critiques (auxquelles cette dernière ne répond finalement pas seraient invalides).

En premier lieu, il est assez cocasse de constater que l’auteur fait reposer l’intégralité des réussites du Liberlintern sur sa force militaire. Ce n’est en rien anodin, car de bilan, notre auteur n’a pas grand-chose d’autre à défendre. Au militarisme supposé de la Loduarie, notre auteur oppose la réussite d’un autre modèle militariste, qui ne semble pas se rendre compte du paradoxe que constitue sa pensée. Pour cause, le Liberlintern n’est pas une instance de débat, de discussion, d’avancement de nos théories respectives, et c’est là une première critique que nous avons à lui faire. Le Liberalintern n’est pas un organe de défense d’une vision du socialisme mais la volonté hégémonique de deux pays (dont l’appartenance de l’un d’eux à notre famille politique peut légitimement être remise en question), à la tête de plusieurs autres plus en retrait. Le Liberalintern n’a pas été un théâtre de diffusion de la pensée socialiste autrement que par des chars, ses instances n’ont pas émis de théorie ou animer un quelconque débat d’idées visant à faire avancer notre cause autrement qu’avec des chars, ce qui n’est qu’une infime partie de la solution. Sans cela, le militarisme seul relève de l’impérialisme le plus simple, semblable à celui exercé par l’ONC et l’OND. Au Liberalintern, notre camarade oppose ainsi l’UICS dont la fonction est beaucoup plus large qu’une simple alliance militaire (un aspect qui toutefois est utile, comme en atteste mes différentes prises de parole à ce sujet).

Cette absence de construction de la pensée socialiste au sein de cette organisation conduit fatalement à la deuxième critique que nous avons exprimé à l’égard de cette organisation : la compromission avec des forces du marché que nous avons à cœur de combattre en tant qu’ennemis de classe. Chacun le sait dans les rangs du PEV, toute absence de pensée construite mène aux dérives que nous allons là voir en revue. Pourquoi l’UICS ? Eh bien…tout simplement parce que même des pays libertaires faisant partie du Liberalintern nous en ont fait la demande, ce que l’auteur semble éclipser. Ce n’est pas un secret que l’Astérie s’est plaint à de nombreuses reprises de la perte de repères idéologiques au sein du Liberalintern, et s’est donc logiquement tournée vers l’UICS dont elle a embrassé les principes à plein poumons. Pourquoi cela ? Je vous laisse imaginer la situation : vous appartenez à un organe de défense des intérêts du socialisme, ou du moins de sa composante libertaire. Et en réunion, vous vous retrouvez assis à côté d’un représentant de la Zélandia, un pays dont les principes économiques sont proches des mouvements libertariens, semblables à ceux qui ont ravagé la campagne sylvoise il y a peu. Quelle serait votre réaction ? Vous vous alliez à des pays libertaires pour vous retrouver à discuter avec des capitalistes libertariens. C’est tout bonnement délirant et scandaleux. Un but du Liberalintern est de se défendre de l’ONC, rappelle l’autrice, ce qui est vrai. Mais le Liberalintern a fini par devenir son clone, et le capitalisme dans ses rangs, le plus sauvage qui soit qui plus est, y a élu domicile et décroché la protection de ceux qui devaient les combattre. C’est là bien ironique. Dans ce cadre, il est nul besoin de s’étendre pour constater les contradictions internes de cette organisation. Je ne suis pas l’ennemi des communalistes, je suis celui des paradoxes du Liberalintern, ce qui est là bien différent. Le dernier exemple en date est parlant avec l’émergence de la Fédération des communes estaliennes et leur intégration à l’UICS. Normalement, un pays tel que l’Estalie aurait toute sa place parmi les nations du Liberalintern : un pays gouverné par des principes anarchistes et autogestionnaires. Pourtant, ces derniers se sont refusés au Liberalintern et se sont tournés vers l’UICS. Pourquoi ? Parce que le Grand Kah, membre du Liberalintern livrait des armes à la nation réactionnaire de Kartévilie, qui en ce moment même fait peser une grave menace sur la sécurité des estaliens. Et ce n’est que le dernier exemple en date de toute une série de paradoxes que j’évoque. A côté, la Loduarie a su faire preuve de clarté, et dont la doctrine a été peaufinée et corrigée grâce à des débats constructifs à l’UICS, a réussi a gagné un nouvel allié de la cause socialiste, qui de plus, est porteur d’une vision totalement différente du socialisme. Il s’agit là d’un parfait exemple de l’exercice du loduarisme. Mais après tout, peut-être l’Estalie également est un régime violent et criminel ? Il ne répond pas aux impératifs onédiens que semblent défendre notre camarade, ce doit donc être forcément le cas.

Mais je tiens à revenir sur ce terme de « vengeance », un mot absent du vocabulaire des membres de l’UICS, autrement, pourquoi aurions-nous élu à notre tête une personnalité issue d’un pays membre du Liberalintern ? Encore une fois, nous avons là affaire non pas seulement à une critique infondée, mais qui repose sur une méconnaissance inquiétante du sujet traité. Si construction dédiée à l’influence loduarienne il y a, pourquoi nous, eurycommunistes, avons tant tenu à y inviter des pays d’obédiences politiques si différentes : eurycommunistes, socialistes nazumi, libertaires, anarchistes et socialistes démocrates tous unis autour d’une seule organisation. A l’heure actuelle pour rappel, seul un tiers du conseil suprême de l’UICS est occupé par des représentants, ce qui exclut de fait la Loduarie de tout contrôle sur ses institutions, en plus de ne pas contrôler la présidence, appartenant à une camarade extraordinaire sur qui nous avons reporté nos voix lors de son élection, par principe de centralisme démocratique. Si l’UICS était la créature de la Loduarie, croyez-vous, chers lecteurs, que ces derniers se seraient fatigués à s’encombrer d’une absence de contrôle des organes décisionnels ? De contradicteurs plus nombreux qu’eux ? D’une présidence aux mains d’une camarade du Negara Strana ? Vous n’imaginez pas à quel point il est épuisant de jongler entre les tenants de quatre à cinq familles politiques différentes, et de s’assurer de satisfaire chacune d’entre elles. Pensez vous que je fais ceci pour les beaux yeux de la Loduarie ? Non, je le fais pour le socialisme. Compte tenu des défaillances à la pensée politique animant le Liberalintern, je crains que nous ne puissions construire le socialisme sans la Loduarie, au grand dam de ce que pense notre camarade. En effet, aussi critiquable puisse être la Loduarie aux yeux de certains révolutionnaires de salon, j’aimerais poser une question à ces derniers par pure curiosité : connaissez-vous beaucoup d’autres bastions du socialisme en Eurysie occidentale capables de tenir tête aux puissances onédiennes ? J’attends les réponses. Mais après tout, créer une Internationale socialiste contraire aux vœux des amis de cette camarade, c’est déjà répandre l’hégémonie loduarienne alors je ne m’étendrai pas.



IV) Il faut sauver le soldat OND : pourquoi la défense de la Loduarie tient de la logique


Cette deuxième partie d’article constitue sans doute le segment le plus bancal d’une pensée mal construite, à laquelle je n’ai répondu que par le fait et l’exemple, mais je tiens à détacher une partie de ce discours pour m’attarder sur ce qui représente pour l’exemple type d’une militante qui s’érige contre les intérêts de sa propre classe, et qui dans un syndrome de Stockolm, vient prendre fait et cause pour l’avatar le plus récent du libéralisme eurysien. Si défendre le Liberalintern, constitué de pour partie de camarades qui me sont chers, bien qu’étant selon moi empêtrés dans un mauvais cadre, que dire de cette flamboyante défense de l’OND ? On croirait presque que ses membres sont les portes étendards de l’idéal collectiviste sylvois. On entre dans ce passage fameux où, quoi que la Loduarie fasse, celle-ci sera forcément en tort. Par un exercice de style rhétorique particulièrement maladroit, celle-ci vient presque en accuser, conformément au discours dominant ayant place dans les médias bourgeois sylvois, la Loduarie d’être responsable de la mort d’un certain nombre de ses marins. Qui sait ? Peut-être notre camarade accuse également la Loduarie à chaque fois qu’elle se lève du pied gauche le matin ?

Les tensions frontalières évoquées, parlons-en. Mais plutôt que de mentionner laborieusement la liste de ces très nombreux incidents, j’invite mes camarades lecteurs à prendre de la hauteur sur cette situation, un recul géopolitique. Interrogeons-nous sur le pourquoi de ces tensions, les causes profondes d’un mécanisme historique qui explique toute l’importance de la Loduarie et le caractère indispensable de son existence. Partons du même point de départ que notre camarade : la Loduarie effectue des exercices militaires à la frontière teylaise. Pour comprendre pourquoi, il ne s’agit pas simplement de relier cette action à une mesquinerie fantasmée de la part du secrétaire général, mais de fournir une analyse plus profonde que la liste de sophismes à laquelle s’adonne notre interlocutrice. Il faut associer cette action à la réalité géopolitique de l’Eurysie occidentale, et pas simplement jouer les violons pour un massacre en pleine mer ordonné par les autorités sylvoises. Tout d’abord, qui sont les contradicteurs de la Loduarie ? Qu’est-ce que l’OND que défend notre camarade ? En premier lieu, une union de pays dont le point commun fondamental la mise en commun des ressources d’un ensemble de démocraties libérales, avec l’institution de certaines mesures que nous, socialistes réprouvons : un marché commun prompt à la dérégulation des marchés, la mise en concurrence de travailleurs de différents pays dans une course effrénée à l’intérieur de ce dit marché, ou encore la condamnation de toute alternative politique ou économique autre que leur propre conception. Il est aisé de voir qu'une telle construction politique tend à la précarisation et à l'éclatement de la classe ouvrière en un ensemble désuni, incapable de se défendre face à une concurrence moins onéreuse que la leur. Fondamentalement, l’OND a tendance à condamner toute forme de gouvernement qui n’est le sien, même si ses membres peuvent à l’occasion entretenir des relations diplomatiques avec des pays dont les valeurs sont éloignées des leurs. Il y a des variations entre les modèles teylais, tanskiens ou sylvois, mais il est obligatoire que ces modèles doivent s’imbriquer correctement dans cet ensemble. Voici la définition des mécanismes internes de l’OND réduite à sa plus grande simplicité (et par extension de l’espace noordcroen auquel il est associé étroitement) : libéralisme économique, bannissement de la frontière, mise en concurrence systématique dans un espace trans-national. Un espace à l’intérieur duquel il est fondamentalement impossible de promouvoir l’horizon politique auquel nous aspirons, et en théorie ce devrait être également le cas pour la tendance politique de notre camarade sylvoise. Pourtant, quelle ardeur à la défense...nous sommes d'affreux "anti-capitalistes primaires" après tout...

Nous avons donc un espace politique totalement fermé à nos corpus d'idées, avec qui les échanges entre eux et la Loduarie semblent impossibles et potentiellement dangereux dans son attitude hostile à l'affranchissement et des travailleurs. En théorie, si il ne s'agissait là que d'un espace stagnant sur le plan territorial, nous n'aurions qu'à attendre que ce système s'effondre sous le poids de ses contradictions internes. Mais ce n'est pas le cas, et c'est là que nous nous devons d'aborder la dynamique de cet espace et qui le rend si dangereux pour l'horizon socialiste: comment celui-ci évolue et interagit avec tout corps étranger à sa propre existence.

La politique peut se résumer à un éternel rapport de force, et c'est celui-ci qui explique en grande partie l'hostilité loduarienne à l'égard de l'OND. Nous avons là deux ensembles d'une superficie, d'un poids démographique et d'une économie très inégale, mis en concurrence par deux modèles politiques radicalement différents et la tendance intrinsèque de l'OND à ne pas tolérer sur le long terme les contre-modèles. La Loduarie est pour ainsi dire un îlot encerclé par un bloc quasi uniforme, bien loin des caricatures dont nous fait part notre camarade sylvoise concernant une prétendue hégémonie loduarienne. L'OND est une organisation sur-militarisée, dotée de l'un des arsenaux les plus importants du monde, et qui de plus en plus, commence à exprimer, à l'image des relations de Tanska, une intolérance de plus en plus appuyée de toute forme de gouvernement autre que la sienne. Les echecs que la Loduarie a pu connaître n'est pas tant dû au triomphe d'un modèle eurycommuniste aux dépens d'un modèle libertaire, que d'un rapport de force profondément déséquilibré, où un bloc s'acharne en permanence à miner les initiatives de l'autre, en opprimant travailleurs et prolétaires en leurs propres pays au même instant (OND).

Dans ce cadre, même si ce n'est qu'un soutien critique, la Loduarie tient d'une importance indispensable, et ce pour toute la région, y compris les pays non communistes, dans le sens où elle accapare l'attention de l'OND, formant un rempart contre l'hégémonie de plus en plus affirmée du modèle ultra-libéral sur l'Eurysie de l'ouest. Au final, je pense que notre interlocutrice ne comprend tout simplement pas à quel point l'opposition vis à vis de cette organisation est importante, et tient du devoir. Nous sommes dans le cadre d'une guerre idéologique, camarade.


Conclusion:

Je ne m'attarderai pas sur la dernière partie que notre camarade a pu rédiger, étant donné qu'il n'y a là que la synthèse d'autres arguments exprimés plus en amont, pour la plupart faussés par un volonté de nuire à la construction de l'UICS, à défaut de n'être, dans le cas de sa formation politique, à l'initiative de quoi que ce soit. Ainsi, la réalité matérielle vient à comprommettre son argumentation en sa quasi totlaité des points:
- L'UICS est un organe indépendant et distinct de la Loduarie, sous une présidence stranéenne, et dont l'organe décisionnel principal n'est pas constitué à majorité de loduaristes, qui ne représentent qu'un groupe parlementaire parmi les qatre le constituant.
- Le modèle loduariste est justifié et fort de succès éclipsés par un article calomnieux, à la fois sur le plan interne (économique et social) et sur le plan de la diffusion d'idées à l'international (chute de la Translavye, sauvegarde d'une présence communiste sur l'ancien territoire okaristanais).
- Notre auteur n'est tout simplement pas capable de définir convenablement la plupart des objets de ses critiques: loduarisme, suivi des conflits en Okaristan et en Translavye, UICS....

Sur le plan militaire, les armes n'ont pas besoin de mots, aussi je ne m'y attarderai pas. Cette discussion concernera les membres de notre Internationale, et non pas une "observatrice" porteuse d'éléments de langage tenant de l'anti-communisme et dont la formation politique n'est pas même membre de notre organisation. J'invite donc notre camarade à deux options: adhérer à l'UICS, ou accepter de livrer débat en son sein.





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MAE

Lettre d'Intention du Gouvernement Fédéral sur la construction de Corvettes de Défense Interopérables au sein de l'OND (21 novembre 2014)

La République Fédérale de Tanska, par la présente lettre, souhaite faire part de son intention de développer une série de corvettes de défense interopérable avec les pays membres de l'Organisation des Nations Démocratiques dans le but de doter les marines onédiennes de corvettes interopérables les unes par rapport aux autres.

Après la modernisation de la flotte de frégates tanskiennes par la construction de frégates d'une classe similaire à celles en dotation au sein de la Marine Royale Teylaise, la République fédérale de Tanska souhaite poursuivre son renforcement par le développement de corvettes communes à l'organisation des Nations Démocratiques.

En l'état actuel, le Gouvernement envisage le développement et le financement de 4 unités de haute génération et souhaite par la présente obtenir l'adhésion d'autres pays membres pour porter à un minimum de 10 unités le nombre de corvettes commandées.

Au-delà des compétences purement militaires, l'intention de la République Fédérale est aussi de renforcer l'interopérabilité des marines onédiennes en poursuivant le développement de matériel et de pratiques communes nécessaires au développement d'une culture militaire commune. Il va de soit que les constructions pourraient être effectués en nos chantiers navals respectifs ou bien par le biais d'achat auprès d'autres Etats membres.

Par cette même lettre, la République Fédérale de Tanska réitère aussi son engagement et sa participation au sein du Commandement militaire de l'Organisation des Nations Démocratiques.

Jaka Lakkas,
Première ministre
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Parti Eurycommuniste velsnien



UICS

Au camarade Anabelle Pottier, militante indépendante


Chère camarade,

Depuis plusieurs semaines, je prends note des réponses interposées faites à l'endroit de différents articles et entretiens de l'Unità, organe de presse du Parti Eurycommuniste Velsnien, et c'est sans doute sans bouder votre plaisir que vous apprendrez que j'ai eu connaissance de votre droit de réponse que vous avez fourni à l'adresse de ces derniers. Ce courrier n'est bien entendu pas une excuse pour tenir rigueur de certains éléments de votre argumentaire. Le PEV prend acte de nos désaccords et les considère avec le plus grand des sérieux et la plus large des amabilités, preuve en est de la réception de cette missive.

C'est pourquoi, en vertu de cet échange interposé que j'ai considéré distrayant et assez révélateur de l'état du collectivisme sylvois, je vous propose la tenue d'un débat au siège de Parti Eurycommuniste Velsnien, à la Géode abordant toutes les questions dont nous avons fait état dans nos droits de réponse respectifs, voire, en aborder d'autres que nous aurions éluder injustement. Alternativement, le lieu de rendez vcous peut être changer, puisque nous avons eu l'assurance que le siège de l'UICS, situé dans le cœur battant de la démocratie communiste, peut également faire office de lieu de débat idéal.

Que pensez vous de cette proposition ?


Avec l'expression de mes salutations les plus respectueuses et fraternelles,

Ainsi a été fait ce courrier le 12 décembre 2014 par le secrétaire général Géorgi Marcos, approuvé par le comité central du Parti Eurycommuniste Velsnien.

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THE TANSKIAN TIMES

Norja, 20/12/2014


ECONOMIE / Etelämanner

Le Parlement Provincial d'Etelämanner à Jarvi vote l'instauration d'une taxe sur le sucre étranger



Le ministère fédéral de l'agriculture s'y était opposé de vive voix dès que la question fut abordée par le Parlement Provincial d'Etelämanner, en vain. Le vote de ce matin à Järvi a entériné la proposition du Parti Socioécologique d'Etelämanner (membre de la coalition du Front Socialiste au Congrès Fédéral) d'instaurer une taxe sur les sucres étrangers introduits sur le marché provincial. Cette taxe, qui devrait être portée à 10% du cours du sucre sur le marché intérieur provincial ciblera tous les sucres étrangers, raffinés ou non, transformés ou non, dès lors qu'ils entrent sur le marché provincial. La taxe sera similaire si elle provient de produits étant entré en premier lieux par un autre marché de la Fédération.

La Cour des Comptes Fédérale a estimé qu'une telle taxe sur un produit dit "mineur" ne contrevenait pas au marché intérieur fédéral. Cet argument est justifié par l'instauration d'une remise intégrale des recettes des taxes dites "internes" aux provinces concernées. Autrement dit, la taxe sur un produit contenant du sucre qui rentre sur le marché fédéral par une autre province avant d'atteindre celle d'Etelämanner sera reversé à la province d'origine. Les taxes sur les produits primo-entrants serviront eux à financer des politiques sociales et agricoles.

Du côté de Norja, les intentions ont été claires sur le désir de ne pas fédéraliser une telle taxe douanière en dépit de l'existence de tarifs douaniers sur les produits agricoles en général. La raison est simple : le sucre tanskien provient aux deux tiers de Sylva à l'échelle fédérale. La province d'Etelämanner produit de son côté 74% de son sucre et justifie sa taxe par les coûts "plus faible" des productions étrangères sans nommer explicitement Sylva. Le ministère de l'Agriculture estime cependant que l'impacte sur le secteur sucrier sylvois serait en l'état "minime" compte-tenu de la faible importance du marché provincial.
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