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[Presse] Actualités de la Grande République - Page 3

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Democracy du 22 novembre 2014
Democracy


“Pour une diplomatie libérée de l’emprise traditionaliste, active et coopérative en Aleucie” : la charge de Richard Kaylor face à la politique du gouvernement


La Grande République a énormément changé depuis le début des années 2010 et nombreux sont ceux qui s’accordent que cette période de renouveau est dû à l’ouverture sur le monde opéré par le Ministre Fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa, qui n’a eu de cesse de se battre pour une sortie de l’isolationnisme, depuis aussi longtemps qu’il occupe son poste. Ceci amènera sa théorie du Kaiko-bu à la pratique et poussera Westalia comme une nation de premier plan sur le continent aleucien, avec comme point culminant la fondation de l’Alliance pour Sécurité Économique Aleucienne. Nul doute qu’Henry Takajiwa restera dans l’histoire pour sa volonté d’offrir à ses concitoyens les bienfaits du monde extérieur et tous les avantages que cette décision a pu amener pour l’économie et la culture de notre pays. Désormais théoricien reconnu et maintes fois salué par ses pairs, il a réussi à amener un vent de renouveau à la droite conservatrice westalienne via la popularisation du libéralisme, qui amènera progressivement la sortie de l’isolationnisme comme une idée viable dans un gouvernement qui a longtemps rejeté cette idée, par peur de l’hypothèse d’un effondrement du marché intérieur et des influences étrangères, longtemps entretenu par les anciennes propagandes anti-communiste de la seconde partie du XXème siècle. Si 2013 fut une année d’or pour la diplomatie westalienne, l’année 2014 semble être beaucoup plus timide en termes d’initiatives, au plus grand regret du premier concerné et des partisans de l’ouverture, qui fustigent des opportunités perdues. A l’image des dissensions internes qui traversent actuellement le Parti de l’Union Républicaine, entre l’aile libérale et l’aile traditionaliste, la posture diplomatique du pays semble également en pâtir, tout particulièrement depuis la formation du nouveau gouvernement Horvanx. La faute viendrait des membres traditionalistes qui freinerait les initiatives qu’ils jugent trop “risquées” ou “prématurées”, selon des sources internes, préférant une approche plus progressive de l’ouverture, critiquant parfois même la présence de la Grande République au sein de l’ASEA, dont certains des membres les plus à droite qualifie ce choix de “précipité” et pouvant entraîner une “déstabilisation de la civilisation westalienne et de son économie intérieur”. De toute évidence, là où le gouvernement du Premier Ministre Fédéral Akito Fujitawa fut plutôt équilibré, voire penchant progressivement vers son aile libérale, le gouvernement du Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx semble donner plus d’influence à son aile traditionaliste.

Le Sénateur Richard Kaylor (FPD), lors d’une conférence à l’Université de New Landor, sur le thème “Post-Isolationnisme de la Grande République et avenir diplomatique de Westalia”
Le Sénateur Richard Kaylor (FPD), lors d’une conférence à l’Université de New Landor, sur le thème “Post-Isolationnisme de la Grande République et avenir diplomatique de Westalia”, le 20 novembre 2014.

Avec une position qui risque peu d’évoluer dans les années à venir, de nouvelles voix se font entendre au sein des partisans de l’ouverture, certains qualifiant que ce groupe promeut la doctrine du “Neo Kaiko-bu”, également qualifié de “Kaiko-bu de gauche”. La principale personnalité politique à représenter cette idée est l’ancien Ministre Fédéral aux affaires étrangères Richard Kaylor, sous le dernier gouvernement asfortien du Premier Ministre Fédéral Ronald Abek (1989-1991). Aujourd’hui Sénateur du Comté de Saint Louis, il fut pourtant, dans les années 2000, une personnalité très proche d’Henry Takajiwa et a occupé, entre 2005 et 2007, un poste de conseiller dans le projet d’ouverture diplomatique de la Grande République. Jusque-là membre du Parti Libre et Démocrate, il suit Simeon Belagri dans sa scission du parti et devient un des membres-fondateurs du Front Populaire et Démocrate, pour lequel il sera l’un des premiers sénateurs à être élus, en 2007. Accusant les traditionalistes du PUR de prendre de plus en plus de pouvoir au sein du gouvernement et de s’opposer à toute opportunité de sortie d’un isolationnisme qu’il qualifia de “archaïque” et de “lâche”, il se retire des projets parlementaires et gouvernementaux sur ce sujet et militent avec son nouveau parti pour une ouverture plus rapide, sans renier la doctrine du Kaiko-bu, qu’il tient toujours en haute estime, selon ses dires.

Aujourd’hui, bien qu’il fut l’un des premiers à se réjouir de l’ouverture sur le monde, il reste toujours aussi critique de la posture du Ministère Fédérale aux affaires étrangères, qu’il accuse d’être saboté par “une frange de militants traditionalistes du PUR qui souhaite replonger le pays dans une période d’obscurantisme et de replis sur soi”. Invité de l’Université de New Landor, célèbre pour son cursus géopolitique, il a longuement critiqué le gouvernement sur ses positions et a partagé son point de vue de ce que devrait être la diplomatie westalienne, dans une présentation aux aires de programmes pour celui qui campe le portefeuille des affaires étrangères dans un hypothétique futur gouvernement de l’alliance de gauche, tout cela au cours d'une conférence universitaire où nombre d'étudiants, professeurs, spécialistes et journalistes ont participé. Il reconnaît dans un premier temps que le travail d’Henry Takajiwa ces dernières années “a posé les bases d’un mouvement désormais inarrêtable, pas même pour l’extrême-droite”, mais se désolant tout de même que le Ministre Fédéral “n’est pas pu aller jusqu’au bout de sa doctrine”, qu’il faudrait pousser le Kaiko-bu “à un nouveau niveau, celui d’une diplomatie plus active, d’une présence constante sur le continent”. Il décrit le futur rôle de Westalia comme celui “d’une nation qui doit être au centre des enjeux du continent. Notre économie augmente de façon exponentielle, notre influence ne cesse de croître grâce à nos entreprises qui s'internationalisent toujours plus, nous avons signé des accords historiques et plein d'opportunités. Pourtant, nous sommes toujours là à jauger nos voisins, à faire un pas en avant, puis deux pas en arrière, à ralentir les processus de coopération par une hésitation qui ne tient que par l’influence néfaste de personnalités nostalgiques de l’isolationnisme. La Grande République possède l’un des potentiels diplomatiques les plus importants des nations émergentes de notre continent et pourtant nous n’en tirons pas profit. Il est temps que notre pays adopte une doctrine pour une diplomatie libérée de l’emprise traditionaliste, active et coopérative en Aleucie. Sans cela, nous allons beaucoup y perdre à freiner cette ouverture et ses opportunités. C'est au cours des prochaines années qui arrivent que nous devons faire les choix qui nous porterons dans les rangs des grands pays de ce monde”.

Le Sénateur Richard Kaylor a par la suite accordé une grande importance à sa vision de certaines organisations internationales et sur les relations individuelles que doit entretenir la Grande République dans l’avenir, en commençant par parler de l’entité qui semble lui tenir le plus à cœur, l’ASEA : “Notre participation dans cette alliance aleucienne est du jamais-vu dans notre continent. Là où la Coopération Aleucienne des Nations a échoué, l’ASEA réussi à tous les niveaux. Peu d’organisations régionales dans le monde peuvent se vanter d’attirer autant de pays et de posséder une cohésion aussi forte. Pour autant, notre gouvernement reste timide dans l’évolution de l’alliance, voir ralenti plusieurs réformes nécessaires à celles-ci, pour faire de l’Aleucie un continent dynamique et prospère. Si nous voulons que l’ASEA évolue, il faut savoir accepter de changer également au niveau national. Tant que nous refuserons de changer pour le bien du continent, nous ne pourrons pas avancer plus. L’idée d’un organe législatif poussé par certains de nos alliés me semble être, par exemple, une bonne initiative pour que les peuples d’Aleucie se sentent plus proches qu’à toute autre époque”. Si la Lermandie est l’allié sur lequel le gouvernement actuel semble le plus miser depuis l’ouverture, le Sénateur FPD pense à un autre pays quant à il est question de coopération et d’entente future : “Depuis quelques mois, il est de notoriété globale que la Fédération de Stérus et la Grande République de Westalia entretiennent une forme de rivalité politique et d’influence au sein de l’ASEA. Pour autant, je pense que c’est une erreur du gouvernement actuel que de chercher à s’imposer de la sorte. Nos deux nations sont parmi les plus influentes dans ce groupe d’Etats aleuciens émergents et notre capacité à coopérer ensemble permettrait de briser plusieurs freins au sein de l’organisation et d’opérer à une plus grande échelle sur le continent, via la formation d’un couple diplomatique Westalo-Stérusien qui guiderait l’ASEA”. A un niveau hors-Aleucie, l’ancien ministre soutient l’importance de multiplier les relations avec les démocraties dans le reste du monde, soulignant “l’importance de renforcer nos liens avec l’Eurysie” où le Royaume de Teyla joue selon lui un rôle d’importance dans cette internationalisation des relations non-aleucienne de la Grande République. Il souligne également la “nécessité de créer des liens forts avec l’Alguarena”, une nation à l’influence importante qui pourrait représenter “une opportunité de collaboration unique pour le continent, notamment dans le domaine sécuritaire, avec la lutte contre les groupes de pirates, un fléau non maîtrisé et qui devient de plus en plus urgent de résoudre avec les principaux pays impactés par ce problème”.

Si les positions de Richard Kaylor semblent être plutôt bien accueillies au sein de son parti, il en sera peut-être plus difficile de les imposer à ses alliés, qui peuvent avoir des visions assez différentes sur certains points. A titre d’exemple, le Secrétaire-Général du Parti des Ouvriers Libres, John Taranti, commente régulièrement l’actualité internationale et n’a jamais caché son soutien à des nations communistes au caractère autoritaire avéré, tel que la Loduarie, qu’il qualifie “De grand phare de la lutte prolétaire et socialiste sur un continent de pays fascistes et capitalistes”. Un des échantillons de divergence politique auquel l’Alliance Sociale et Démocratique devra trouver le moyen de surmonter à l'avenir et pour la sûreté de sa cohésion. Quoi qu’il en soit, cette dernière semble de plus en plus se donner la position d’une coalition en capacité de prendre les rênes du pays et de le réformer après plus de vingt-trois années de droite conservatrice au pouvoir.
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The World du 14 décembre 2014
The World


Militarisation et internationalité de l’ASEA : finalité de l’organisation ou objectif stérusien ?


Soldats westaliens au cours d’un exercice, base militaire d’Altopiano, Nord-Est de Terracristo
Soldats westaliens au cours d’un exercice, base militaire d’Altopiano, Nord-Est de Terracristo, 12 septembre 2014.

Depuis l’ouverture sur le monde, la Grande République est entrée dans une période de renforcement militaire massif, à l’image de nombreux pays ayant vécu une même sortie d’isolationnisme ces dernières années. Matériels dépassés, effectifs réduits, opérabilité quasi-nul… Voilà bien des défauts que l’on pouvait trouver à l’armée westalienne au début de l’année dernière. Pour autant, la validation des budgets de 2013 et de 2014 ont successivement doublé les dépenses attribuées à la défense. Ouvertures d’usines, signatures de contrats avec les principaux acteurs nationaux de l’armement, Warsmith et Akiyama Kajiya, mais également internationaux, avec la Société des Arsenalauti de Velsna et l’Armée Fédérale d’Alguarena, recherches militaires, exercices grandeur nature, refonte des services de renseignement… Les gouvernements qui se sont succédés ont tous apporté une grande importance à faire de notre pays une puissance militaire en capacité de se défendre et de faire face à toute éventualité future que pourrait entraîner notre retour sur la scène internationale. Les années qui vont suivre vont être décisives pour le développement de l’armée fédérale et sa place sur le continent aleucien et dans l’alliance que représente l’ASEA. Le Général Richard Meylan, Ministre Fédéral des armées, se montre confiants dans l’évolution de nos forces de défense : “D’ici la fin de cette décennie, la Grande République aura toute ses chances de posséder l’une des puissances militaires les plus impressionnantes du continent. Si nos efforts actuels s'orientent sur la constitution d’un matériel nécessaire à une projection régionale, nous allons bientôt pouvoir nous concentrer avec plus d’ardeur dans la recherche militaire. Une étape vitale et qui déterminera notre position dans l’avenir, surtout au vu de l’avancée plus que gigantesque des plus grandes puissances de ce monde”. Dans un même optimisme, il n’exclut pas une future collaboration avec les nations alliées à notre pays, qu’il juge même comme un point nécessaire à aborder dans l’avenir : “Même si certains considéreront que je m’avance un peu trop, il viendra un temps où nous devrons partager certaines de connaissances avec nos alliés pour produire du matériel moderne. Je pense, à titre d’exemple, qu’une coopération dans le domaine aéronautique avec la Lermandie serait une bonne chose, tout comme nous pourrions développer des accords dans ce genre avec d’autres membres de l’ASEA, voire même des pays qui n’en sont pas membres".

Pour autant, le Président Fédéral Victor Hardenbor s’est toujours montré très ferme quant aux questions militaires impactant l’internationale. Dans une interview donnée en août 2013, il rappelle que l’armée westalienne doit rester “indépendante, protectrice, évolutive et symbole d’unité nationale”. Des mots prononcés dans un contexte où la Grande République s’est opposée de façon catégorique à l’accueil de soldats étrangers permanents sur son territoire ou à la création de quelconques bases militaires communes, au cours de la Conférence de Barba qui a posé les fondations de l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne. Jugé par ce dernier comme une volonté “non-nécessaire à l'existence de l’alliance” et “pouvant être accueilli comme une imposition étrangère, pour la population”, ce point fut l’un des plus sensibles dans les négociations d’une participation de Westalia à cette nouvelle organisation. Si le sujet est déjà revenu brièvement entre les membres de l’ASEA, ce dernier n’a jamais réussi à de nouveau occuper pleinement le débat diplomatique. Selon le professeur en géopolitique à l’Université de New Landor, Mark Tenley, “cette opposition de notre pays est une question de point de vue diplomatique sur la structure que doit prendre l’ASEA. Quand certains de nos alliés souhaitent renforcer son caractère militaire et interventionniste, le Président Fédéral Hardenbor choisit plutôt de mettre en avant le caractère économique de cette dernière. Pour Westalia, l’ASEA est une organisation très importante pour normaliser, fluidifier et sécuriser les échanges commerciaux sur le continent et permettre aux économies les plus dynamiques, comme la nôtre, de tirer profit d’un libre-échange appliqué à l’échelle de l’Aleucie”.

Le Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf, lors d'un meeting de campagne en vue des sénatoriales primaires de 2015, Oakcity, Etat-Républicain d’Horvanx
Le Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf, lors d'un meeting de campagne en vue des sénatoriales primaires de 2015, Oakcity, Etat-Républicain d’Horvanx, le 13 décembre 2014.

En Fédération de Stérus, les récentes élections ont amené au pouvoir Cristobal Pandoro, un proche de l’ancien Consul Cameus Bondamet. Sur une ligne diplomatique restant fidèle à son prédécesseur, ce dernier s’est fait voir de la presse westalienne pour avoir ramené sur le devant de la scène la volonté stérusienne d’une renforcement de la militarisation de l’ASEA, en pointant Westalia comme le mauvais élève de la bande, non sans sous-entendu sur la position de notre pays qui s’oppose à l’établissement de bases militaires communes à travers l’alliance, à minima sur son territoire. Le discours d’investiture du nouveau chef de l’Etat stérusien était très attendu par le gouvernement et la classe politique westalienne, en raison du fait que la Fédération partage ce statut particulier de nation au rôle important dans l’organisation avec notre pays et les autres membres fondateurs. De gauche à droite, en pleine campagne électorale, peu se sont montrés favorables à une telle possibilité. En meeting dans son fief d’Oakcity, le Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf, s’est montré particulièrement sévère avec certains propos du nouveau Consul : “Monsieur Pandoro nous parle de privilège westalien, mais il n’y en a jamais eu. Un traité a été signé et son pays l'a approuvé. Le traité de Barba ne pourra pas nous imposer de telles demandes loufoques. Notre pays a refusé l’installation de soldats étrangers sur notre territoire et notre Président Fédéral a été extrêmement claire sur le sujet : cela n’arrivera pas. La Fédération peut garder à Barba ses hommes, nous ne les accepterons pas”. A gauche, au sein de L'Alliance Sociale et Démocratique, les réactions sont multiples, mais semblent converger plus ou moins vers une réponse commune, très rapidement reprise par leur figure de proue, Simeon Belagri : “Si Westalia doit renforcer et s’ouvrir plus à l’ASEA, nous ne pouvons accepter qu’une caractéristique militaire prennent autant d’importances dans cette organisation. Chaque pays reste souverain et chaque peuple peut décider de son avenir. Nous ne serons pas de ceux qui accepteront de suivre des directives stérusiennes par “contrainte”, comme nous l’avons si bien entendu. Une fois au pouvoir, l’ASD mettra tout en œuvre pour que les peuples aleuciens puissent se rapprocher encore plus sur des valeurs communes, telles que la démocratie et la liberté, et non sous la force d’influence d’une puissance importante de l'alliance”. A l’extrême-droite, le Sénateur et Président du Parti National Westalien, Henry Ross, a déclaré que si notre pays se voient imposer une quelconque directive de la Fédération depuis les décisions de l’ASEA, ils déposeront “immédiatement un amendement pour dénoncer le traité de Barba et sortir de cette organisation factice et restrictive pour le pays”, bien que les chances d’une telle adoption soient quasi-nul, en l'état.

Le Ministre Fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, lors de son interview télévisée sur WNN
Le Ministre Fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, lors de son interview télévisée sur WNN, le 14 décembre 2014.

D’une voix plus officielle et plus diplomatique, le Ministre Fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, a pu aborder le sujet au cours d’une interview sur la chaîne télévisé WNN, où il a commenté les premières réactions politiques et fait part de son avis sur les volontés du nouveau Consul stérusien, notamment sur l’élargissement de l’alliance : “Il faut comprendre que Westalia est une nation sortie récemment d’une longue période d’isolationnisme et que nous avons dû combattre les clichés d’une pseudo influence étrangère néfaste pour y arriver. Aujourd’hui, nombre de nos citoyens savent que la “grande menace de l’extérieur” n’est qu’un fantasme et qu’elle ne sert que de carburant pour les discours populistes de l’extrême-droite. Ne pas être en accord avec d’autres pays, même alliés, est chose courante, même lorsque l'on peut être choqué par certains propos tenus. Après plusieurs années à mon poste, je peux bien voir que les différences culturelles peuvent jouer un rôle important dans ce genre de dissension. Là où le westalien tient des discours souvent policés et prenant certains détours pour s’exprimer, le stérusien s’exprime avec beaucoup plus de franchise et moins de retenue, en comparaison avec d’autres peuples. Des différences que nous arriverons à surmonter à force d’échanges et de compréhension mutuelle, j’en suis sûr. [...] Pour ce qui est de cette histoire de “militarisation de l’ASEA”, bien que je n’aime pas vraiment ce terme, je pense que l’on ne peut pas avancer vers ce genre d’optique dans la contrainte et en invoquant de supposés privilèges. Monsieur le Consul Cristobal Pandoro a proposé d'échanger sur divers sujets entre nos deux pays. Si aucune demande n’a encore été faite via les canaux officiels, je tiens à dire que la Grande République se montre toujours ouverte pour discuter amicalement à tout moment avec un allié de confiance. Il ne fait donc aucun doute que, lorsque nous recevrons l’invitation, nous retournerons un avis positif”. L’architecte de la diplomatie westalienne s’est cependant montré plus mitigé quant à un élargissement de l’alliance à des pays non-Aleuciens : “Si nous devrions commencé à accueillir des nations qui ne sont pas de notre continent au sein de l’ASEA ? Tout dépend du sens que cela prend. Des formes de partenariats sur des projets ou des domaines spécifiques ? Pourquoi pas, cela pourrait être une très bonne idée. Les intégrés sous un statut particulier ou pleinement à nos débats et nos décisions ? Je ne pense pas. Cela dénaturerait la raison même de l’ASEA. Elle doit, avant tout et toute chose, exister pour les aleuciens, puisqu’elle est une entité supranationale qui peut et aura un impact important sur leur vie de tous les jours, d’autant plus avec les années qui passent et la structuration de l’organisation qui se mature encore plus”. Cette future rencontre Westalia-Stérus devrait avoir des répercussions sur l’avenir de l’alliance, au vu des nombreux sujets qui risquent d’être abordés… Mais peut-être aussi sur les prochaines élections fédérales.
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Democracy du 15 décembre 2014
Democracy


L’ombre rouge plane de nouveau : 53 ans après l’interdiction du communisme, ces nostalgiques qui souhaitent son retour


Manifestation pour la levée de l’interdiction du communisme en Westalia
Manifestation pour la levée de l’interdiction du communisme en Westalia, Columbia, le 15 décembre 2014.

L’histoire du communisme en Westalia est celle d’une idéologie malmenée, détestée et rejetée tout au long de son existence par une majorité de la population et des politiques d’hier et d’aujourd’hui. Qualifiée de “menace de l’intérieur” dans les 50 et 60, elle fut aussi accusée d’être à l’oeuvre dans la présence d’influences étrangères néfastes sur le territoire, à cette époque, des accusations qui joueront un grand rôle dans le processus d’isolationnisme entamé au début des années 60. Le Parti Communiste Westalien, issu d’une scission avec l’Union Socialiste et Révolutionnaire des Ouvriers (aujourd’hui connu sous le nom d’Union Sociale et Démocrate) en 1934, fut un mouvement politique révolutionnaire très actif au cours du milieu du XXème siècle et qui fut à l’origine de nombreuses manifestations contre les gouvernements de l’époque et fut même brièvement au gouvernement avec l’USRO de 1957 à 1959. Pour autant, l’odyssée communiste approche de sa fin en cette période de trouble sociaux ouvriers, excitée par la montée des tensions entre la Lermandie et la Viétie, d’autant plus avec l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement conservateur de Jack Lorten, un Premier Ministre Fédéral qui fut très ouvertement anti-communiste et ayant à plusieurs reprise demandé son interdiction, jusqu’à mettre en place de nombreuses politiques qualifié de “chasse au révolutionnaire” et ayant provoqué l’arrestation de près de deux mille personnes, à tord ou à raison, pour des projets de révolutions communistes en Westalia. Alors que la guerre bat son plein et que la paranoïa intérieure atteint son apogée, la Grande République est secouée par la plus grande vague de révoltes ouvrières de son histoire, avec notamment l'insurrection de Northcoal, qui entraînera une réaction en chaîne dans tout le pays. Violemment réprimé et ayant provoqué plus de trois mille morts, le gouvernement fédéral Lorten va accuser le Parti Communiste d’être derrière la déstabilisation du pays et arrivera à le faire interdire deux mois après les révoltes. La majorité de ses cadres seront arrêtés par la suite, pour haute trahison, et seront condamnés à de la prison à vie, détruisant une bonne fois pour toute la mouvance communiste, mais ne ralentissant pas pour autant la paranoïa ambiante, ce qui poussera, à l’issu de la guerre contre la Viétie, au gouvernement de faire le choix d’un repli diplomatique du pays, qui ne sera levé que 52 ans plus tard. Avec le retour d’un gouvernement de gauche en 1963, l’interdiction du communisme et la condamnation de ses leaders westaliens sera fortement critiqué, surtout au vu des preuves parfois jugé peu crédibles qui ont pu être utilisé contre eux. Mais aucun des gouvernements successifs, socialiste ou non, ne lèvera l'interdiction.

Le Délégué et Secrétaire Général du POL, John Taranti, lors d’une prise de parole au Congrès Suprême
Le Délégué et Secrétaire Général du POL, John Taranti, lors d’une prise de parole au Congrès Suprême, le 12 octobre 2014.

Dans un contexte contemporain d'une Westalia à l'économie profondément libérale, aux décisions capitalistes et aux inégalités sociales toujours plus grande, les idées communistes pourraient de nouveau séduire certains citoyens de la classe populaire et qui ne se retrouve pas dans l'offre politique actuelle. Si aujourd’hui beaucoup considère le Parti des Ouvriers Libres comme l’héritier politique du Parti Communiste Westalien, notamment fondé par d’anciens communistes ayant échappé aux arrestations de masses, il ne se revendique pas de cette mouvance politique et préfère se rattacher à l’étiquette “socialisme révolutionnaire” ou du courant politique “Socialisme Alberi-Markatiste”. Ces partisans n’ont cependant jamais hésité à appeler à une levée de l’interdiction du communisme de façon régulière, participant notamment aux manifestations annuelles, le 15 décembre, pour voir cette mouvance politique de nouveau autorisée en Westalia. Si cette revendication du POL fut beaucoup moins accentuée ces quinze dernières années, avec la dernière participation du Secrétaire-général du parti à une manifestation annuelle datant de 1999, elle retrouve de plus en plus d’importance depuis quelques années. Avec la nomination de John Taranti à la tête du parti, le POL reprend un virage très accentué à gauche, en opposition frontale avec le gouvernement de droite conservatrice du Parti de l’Union Républicaine, actuellement au pouvoir. Ancien syndicaliste et mineur de charbon dans l’Etat-Républicain de Dakantia, il marque les esprits cette année par sa participation à la manifestation annuelle pour l’autorisation du communiste, encore plus en ramenant militants et cadres du parti. Si le rassemblement de 2013 avait attiré plus de 2000 personnes dans la capitale fédérale, cette année, le mouvement annonce avoir rassemblé plus de 10 000 manifestants uniquement à Columbia. Une prouesse qui ne semble pas être anodine avec le retour en force du POL, jusque-là en pleine descente électorale depuis le début des années 2000. Devant les manifestants, le Secrétaire-Général a fustigé “l'extrême capitalisme” à l'œuvre dans le pays, les discriminations raciales et sociales, les atteintes à la liberté d’expression du gouvernement et l’inactivité “coupable et volontaire” des politiques pour le secteur agricole et les zones rurales, mettant le pied dans un sujet qui est généralement plus privilégié par le Parti Nationaliste. Acteur important dans la nouvelle coalition de gauche, l’Alliance Sociale et Démocratique, John Taranti est également considéré comme l’homme qui déterminera le sort de cette aventure politique. Bien que possédant peu d'élus en comparaison aux socialistes et aux asfortiens de gauche, la présence du POL est vitale pour que la gauche puisse espérer une majorité absolue au Sénat, en septembre 2015. Au sein des partisans communistes de la manifestation, l’ASD ne semble pas faire autant l’unanimité. Beaucoup critiquent l’alliance avec Simeon Belagri, que certains qualifient de “capitaliste déguisé” et promouvant des politiques économiques “anti-ouvrières”. Nombreux furent les participants à critiquer le marché intérieur de l’ASEA qui fait “la part belle aux riches, quand le pays voit son économie bondir, mais où les prolétaires ne voient pas de changement à la fin du mois”.

Si les positions parfois extrêmes du POL peuvent poser problème, les autres membres de l’ASD semblent faire le choix de l'apaisement et préfèrent faire la sourde oreille face à certaines prises de position dérangeantes de leur allié. La question est désormais de savoir, est-ce que le POL sera la clé du pouvoir pour la gauche ? Ou bien le principal acteur de son effondrement face à une droite qui n’attend que l’échec de cette union aux pensées très variées et parfois opposées ?
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Columbia Chronicle du 1er janvier 2015
Columbia Chronicle

L’année 2014 en Westalia


Cette année 2014 a bouleversé la Grande République et semble être le prélude d’une nouvelle année encore plus historique. Des manifestations massives de début d’années jusqu’à l’adoption de l’italien madrerian en tant que langue fédéral, en passant par la chute de l'indétrônable gouvernement Fujitawa, notre pays a connu des événements marquants dans une période de changement politique unique. Comme chaque année, les équipes du Columbia Chronicle ont décidé de revenir sur les actes majeurs de l’année 2014. Vous n’avez pas réussi à suivre l’actualité nationale ? Nous allons nous faire un plaisir de tout vous résumer, que vous ayez été à l’étranger durant toute l’année ou perdu dans la campagne de l’arrière-pays.

Avant de se lancer, toute la direction vous souhaite une bonne année 2015 et vous remercie d’être toujours aussi nombreux et fidèle à notre journal.


Nouvelle année record pour l’économie westalienne

Economie

Cette année à nouveau, l'économie westalienne à le vent en poupe et se retrouve dans une position très confortable pour débuter l’année 2015. Avec une augmentation de 24,2% sur cette année, c’est l’évolution la plus élevée du PIB depuis 1872, ce qui permet de confirmer l’entrée de la Grande République dans un âge d’or économique à l’impact presque aussi important que la période de la Grande ruée vers l’or de la fin du XIXème siècle, un état qui était déjà constaté à la fin de l’année 2013, avec une augmentation de 21,4%. Une prospérité financière qui semble être beaucoup redevable à la création du marché intérieur de l’ASEA, puisque les autres membres de l’alliance connaissent des évolutions drastiques assez similaires, bien que Westalia est le pays membre à avoir connu la plus grande augmentation, de même que le pays aleucien avec la plus grande croissance économique cette année. Si on se penche un peu plus sur ces résultats, il est d’un consensus général que l’exportation massive de produits westaliens à travers l’Aleucie a grandement contribué au développement de l’économie nationale, mais également à la construction d’une internationalisation des principaux acteurs économique du pays, qui se sont lancés à bras ouvert vers les marchés internationaux et devraient élargir leur rayon d’action dans les années qui arrivent, l’Eurysie et le Nazum semblant être des futures cibles pour les grands groupes des Dynastic Families. Certains d’entre eux s’étant déjà implantés localement dans des pays de l’alliance, tels qu’Autumn Health, filiale pharmaceutique d’Akiyama Corporation, en Stérus ou, plus récemment, Harbdenbor Automobile en Lermandie, pays qui est l’une des principales destinations des produits exportés… Tout comme l’une des principales nations où la majorité des produits importés en Westalia trouvent leur source !

Pour les années à venir, les spécialistes en économie restent confiant quant à une progression croissante de l'économie westalienne, mais restent assez indécis sur quelle sera la proportion des futures augmentations. Les évolutions drastiques de ces deux dernières années sont principalement attribuées à une entrée sur le scène internationale particulièrement bien réussi en matière commerciale, pour le pays, mais lorsque cet effet commencera à se dissiper peu à peu et que la Grande République se sera forgé une place stable, sur ce plan-là, l’économie pourrait augmenter beaucoup plus lentement… Mais tout cela dépendra également des choix des futures gouvernements au pouvoir, la fin de l’année 2015 laissant un air encore indécis sur quelles seront les politiques économiques du pays, suivant qui pourrait gagner les élections sénatoriales primaires de septembre.


Manifestations, Congrès Suprême et nouveau gouvernement

Manifestations
De gauche à droite :
- Manifestation en soutien au Democracy et à la liberté de la presse, Kaijotoshi, Etat-Républicain de Lerant, 20 mars 2014.
- Affrontement entre les forces de l’ordre et les éléments perturbateurs au cours de la manifestation en soutien au Democracy et à la liberté de la presse, Columbia, 21 mars 2014.
- Manifestation contre les violences policières et contre la discrimination hamajak, à Lerantia, Etat-Républicain de New Austaria, 11 mars 2014.


La première moitié de l’année 2014 a été marquée par des bouleversements politiques majeurs, en commençant par le tumultueux mois de mars qui a vu se succéder une suite de manifestations contre le gouvernement. Tout commence à la suite d’une application très rigoureuse de la loi Safety & Security III par le Ministre Fédéral de l’Unité Nationale de l’époque, Alfred Eisendorf, qui opère entre novembre 2013 et mars 2014 à plus d’un millier d’arrestations à travers le pays pour des raisons telles que pour du terrorisme, mais principalement “d’extrémisme”, un nouveau type de délit qui s’attaque principalement aux soutiens officiels envers l’indépendantisme hamajak ou des discours jugés “anti-westaliens” par la justice. Ces arrestations atteindront leurs apogées lors de l'interpellation sanglante du militant indépendantiste hamajak Matwau Chogan, à Lerantia, où une vidéo filmée par un habitant du quartier présente un agent de la FHSA (sécurité intérieure) qui tire sur deux hamajaks venus faire obstruction à l’arrestation du militant avec une dizaine d’autres personnes. Si les deux hommes blessés seront transportés à temps à l'hôpital et où les médecins auront la capacité de les sauver de leurs blessures graves, cet événement sera considéré comme l’arrestation de trop par la communauté hamajak, qui défilera une fois de plus dans les villes du pays pour dénoncer la violence policière et la discrimination raciale, à l’appel des associations, réunissant plus de 185 000 participants (selon les organisateurs). Comme à chaque événement du genre, nos confrères du Democracy ont rédigé un article à ce sujet et y ont intégré l’interview d’un autre militant indépendantiste résidant dans la ville de Saranti, qui a tenu des propos fort et accusateurs à l’encontre du gouvernement. Certains propos seront considérés comme de l’extrémisme par le Ministère Fédéral de l’Unité Nationale qui va, dans un premier temps, demander la suppression de ceux-ci sur les éditions numériques au Democracy, chose que le journal refusera de faire. En réponse à cela, le Ministère va utiliser la loi Safety & Security pour suspendre temporairement le droit de diffusion de ce média, justifiant sa décision pour la diffusion des propos extrémistes. Sans attendre, le Democracy fera appel de cette décision auprès du Conseil de la Justice Fédérale (CJF), plus haute instance judiciaire du pays, pour annuler la décision d’Alfred Eisendorf. Durant l’examen de la requête, l’opposition s’est rassemblée en grand nombre dans les rues pour dénoncer une atteinte grave à la liberté de la presse et d’expression. Ces nouvelles manifestations seront d’une ampleur historique, rassemblant jusqu’à 2 millions de personnes (selon les organisateurs) dans les rues le 21 mars. Ces dernières déclencheront un déploiement policier tout aussi important et ayant entraîné plus d’un millier d’arrestations en marge des défilés, dont douze morts. Le CJF finira par invalider la suspension du Democracy, après un mois d’examen, mais validera la censure des propos extrémistes sur la version numérique de l’article.

Le Premier Ministre fédéral démissionnaire Akito Fujitawa, lors de son allocution télévisée annonçant la démission de son gouvernement
Le Premier Ministre fédéral démissionnaire Akito Fujitawa, lors de son allocution télévisée annonçant la démission de son gouvernement, le 26 mai 2014.

Photographie d’Arthur Horvanx, nouveau Premier Ministre Fédéral de la Grande République de Westalia
Photographie d’Arthur Horvanx, nouveau Premier Ministre Fédéral de la Grande République de Westalia

Il va sans dire que cet épisode a énormément fragilisé le camp présidentiel, à seulement trois mois des élections pour le Congrès Suprême, le Parti de l’Union Républicaine s’est retrouvé en position difficile face à ses rivaux politiques. Le Premier Ministre Fédéral Akito Fujitawa essaiera de mener tant bien que mal la fin de campagne, mais ne pourra pas éviter la perte de plusieurs sièges, conservant tout de même leur majorité au sein de l'hémicycle, mais une majorité affaiblie et en train de s’effriter petit à petit. En interne, le PUR n’est également pas au meilleur de sa forme. L’épisode du Democracy a aussi beaucoup divisé chez les conservateurs et l’aile libérale menée par Henry Takajiwa s’est montrée particulièrement critique envers les décisions prises par le Ministère Fédéral de l’Unité nationale, dirigé par l’aile traditionaliste, qui n’a pas hésité à répliquer par média interposé face aux critiques internes. Cette défaite aux élections et les profondes divisions qui prennent place au sein du camp présidentiel pousseront Akito Fujitawa à déposer la démission de son gouvernement auprès du Président Fédéral, qui acceptera cette dernière. Après une semaine de consultations avec les cadres du parti et la circulation de nombreux noms pour la succession, Victor Hardenbor fera le choix de la nouveauté politique en nommant Arthur Horvanx, sénateur depuis 2013 et acteur de métier, ce choix fut critiqué pour l’inexpérience de l’homme descendant du Dictateur Henry Horvanx, pour autant, ce choix fut plutôt bon d’un point de vue électoral, puisque le nouveau Premier Ministre Fédéral est une personnalité publique très appréciée de la population et a été jugé par beaucoup d’observateur comme un atout important pour que le PUR puisse rester au pouvoir… Mais c’est peut-être également la dernière carte que le parti présidentiel puisse jouer pour éviter une défaite totale en 2015, une hypothèse que tous pensaient très probable fin 2013 et début 2014, mais qui, depuis la nomination d’Arthur Horvanx, semble de moins en moins évidente à prédire.


La piraterie, un fléau qui continu à faire des dégâts en Aleucie

Contrôle d’un navire, présumément originaire du Yorkshing, dans le nord de l’Aleucie par des soldats de la Marine Westalienne
Contrôle d’un navire, présumé originaire du Yorkshing, dans le nord de l’Aleucie par des soldats de la Marine Westalienne, opérant depuis la frégate “Vistali”, le 16 avril 2014.

Selon un rapport du Ministère Fédéral de la Défense, la criminalité internationale en Aleucie connaît une croissance très importante, due à un contexte d’ouverture presque simultanée de plusieurs pays au niveau du continent, mais également à l’instabilité accrue de pays comme le Yorkshing ou l’Osno. Si les premières traces d’une augmentation de ce type de criminalité peuvent remonter au début du siècle, de nombreux rapports pointent du doigt le début des années 2010, avec un pic très important en 2013. Si la contrebande et le trafic de produits illégaux sont des éléments inquiétants de cette criminalisation de l’Aleucie, la piraterie reste la pratique la plus problématique pour la stabilité du commerce international, état de fait que le gouvernement westalien a mis en garde à plusieurs reprises depuis 2013 et durant toute l’année 2014. Les principales zones maritimes impactées par cette problématique sont le Nord-Ouest du continent et tout particulièrement les eaux dans le Sud. Tout au long de l’année, la Marine Fédérale a multiplié les opérations de protection du commerce et de lutte contre la piraterie dans ces régions stratégiques pour les échanges et le développement économique de l’Aleucie. Dans une récente interview, le Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf, a déclaré que la majorité des pays aleuciens ne sont pas en capacité de pouvoir faire face à une telle menace pour leur économie, faute de moyens militaires pouvant répondre à cela. Ajoutant que l’entraide devient nécessaire et que le sujet doit être pris à bras-le-corps par tous. C’est par exemple de le cas de l’Occidalie, l’un des plus récents alliés de la Grande République, où la Marine Fédérale a obtenu les autorisations de son gouvernement pour opérer des missions de protection dans leurs eaux adjacentes, qui sont parmi des plus touchées par la piraterie osnienne. Si la mobilisation des militaires westaliens a pu permettre une réduction des attaques de navires civils, selon le Ministère Fédéral de la Défense, la menace est toujours présente et elle ne pourra pas être endigué avec les seuls moyens de la Grande République dans la région. L’année 2015 va être une nouvelle année où ce sujet sécuritaire pourrait prendre encore de l’importance, d’ici à ce qu’une solution commune soit adoptée pour mettre fin à cette menace.


John Alkent et les tensions avec l’Antegrad

Caricature du Chef Suprême d’Antegrad Ismael Idi Amar “The real danger in dictatorship”
Caricature du Chef Suprême d’Antegrad Ismael Idi Amar “The real danger in dictatorship”, George Faltin pour le Columbia Chronicle.

Si l’année 2013 fut la spectatrice de la dégénération de la crise entre la Poëtoscovie et Stérus, l’année 2014 fut bien plus marquée par le début de tensions profondes entre les pays aleuciens et la Fédération d’Antegrad, une nation afaréenne. Tout commence début juillet avec des échanges tendus entre l’Antegrad et l’Occidalie au sujet de la qualification du Diambée de dictature, un autre pays afaréen proche de la Fédération. La Grande République de Westalia, allié proche de l’Occidalie, se range immédiatement au côté de ces derniers, au moment de l’arrestation de trois citoyens occidaliens sur le sol antérien. Si la prise de position de notre gouvernement provoque une dégradation des relations avec l’Antegrad, c’est l’arrestation temporaire de plusieurs citoyens aleuciens, dont certains westalien, et des récits de tortures pratiqués à leur encontre qui va faire entrer la crise à son point le plus culminant, d’autant plus avec la disparition d’un concitoyen westalien, John Alkent, dont l’affaire fera le tour de tous les médias du continent début août. Après de lourdes négociations avec l’Antegrad pour l’envoi d’une équipe d’enquêteurs en Afarée, le gouvernement officialise la mort du malheureux le 26 août, soit presque un mois après la disparition, retrouvé décédé dans des circonstances suspectes, dans une crevasse. Un accident de randonnée selon la justice antérienne, une piste explorée, mais pas encore écartée, selon la police westalienne. L’enquête poursuit toujours son cours début 2015, mais les preuves deviennent de plus en plus difficiles à rassembler, alors que les liaisons aériennes avec l’Antegrad sont fermées et que la quasi-totalité des expatriés de la Grande République ont déjà quitté le pays.

Les tensions reprennent de plus belle fin novembre, avec une accusation du gouvernement antérien sur la capture d’un supposé espion westalien sur son sol, une opération d’espionnage qu’il imputerait aux services de renseignements de la Grande République. Au cours de son interview sur la chaîne télévisé d’information WNN, le Ministre Fédéral aux affaires étrangères à déclaré que le gouvernement westalien n’avait commandité aucune mission d’espionnage sur le sol antérien et qu’il est dans l’impossibilité actuelle de dire si la personne capturée, “Mehmet”, est un citoyen westalien ou non, en raison du manque d’information de la part de l’Antegrad. Affaire à suivre…


L’italien madrerian nouvelle langue fédérale

Rassemblement de partisans du “Oui” au référendum, attendant les résultats du vote
Rassemblement de partisans du “Oui” au référendum, attendant les résultats du vote, place des Martyrs, Santa Maria, le soir du 31 octobre 2014.

Promesse phare du nouveau gouvernement et attendue avec impatience par la population, le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx a officialisé la mise en place d’un référendum pour donner le statut de langue fédérale à l’italien madrerian, une modification de statut qui implique une modification de la constitution fédérale. Grand défenseur de la culture madrerianne, et ceci bien avant son entrée en politique, le nouveau chef du gouvernement a voulu porter l’un des sujets pour lequel il a longtemps milité, et cela, en s’en remettant au choix de la population. Mouvement particulièrement bien joué sur le scène politique de la Grande République, puisque la simple officialisation de cette proposition a fait remonté en popularité le gouvernement conservateur qu’il dirige et a sûrement permis de toucher une catégorie de population dont le vote est plus proche du centre que de la droite. Dans une grande campagne de promotion du “Oui”, la quasi-totalité des partis politiques du pays a annoncé son soutien à l’adoption d’un tel statut, pour ce qui est considéré comme la plus ancienne langue coloniale de Westalia, où presque 70% des citoyens de la Grande République parle cette langue, maternelle ou non, et bien souvent en tant que première langue secondaire, ce qui en fait le deuxième langage le plus utilisé par nos concitoyens. Principalement utilisée en Terracristo, elle s’est particulièrement propagée à travers le reste du pays entre les années 70 et 80, grâce à la création de nombreuses communautés madreriannes importantes, hors de Terracristo, et avec la popularisation des arts madrerians, tout particulièrement le cinéma, dont Arthur Horvanx en est l’un des principaux ambassadeurs.

Après un vote le 31 octobre, l’italien madrerian sera officiellement déclaré comme langue fédérale, avec 72,4% des voix exprimés favorables à cette modification, qui entrera réellement en vigueur le 7 novembre, avec l’ajout officiel de cette dernière dans la constitution. Partageant désormais ce statut très particulier avec l’anglais austarien et le dialecte de Kamishiwa, la Grande République compte désormais trois langues officielles, au plus grand plaisir des défenseurs du madrerians, grands oubliés lors de la rédaction de la constitution de 1919.


Création de l’Alliance Sociale et Démocratique et campagnes électorales pour 2015

Logo officiel de l’Alliance Sociale et Démocratique
Logo officiel de l’Alliance Sociale et Démocratique, présenté le 1er octobre.

Début octobre, la scène politique westalienne a été surprise par la création d’une alliance regroupant presque tous les partis de gauche du pays, allant de l’extrême gauche au centre gauche. Après une série de réunions entre le 28 septembre et le 1er octobre, le Parti Libre des Ouvriers (POL), le Mouvement Social Hamajak (MSH), l’Union Sociale et Démocrate (USD) et le Front Populaire et Démocrate (FPD) ont conjointement annoncé la fondation de l’Alliance Sociale et Démocratique, une première dans l’histoire politique du pays, puisqu’elle rassemble aussi bien des socialistes que des asfortiens. Avec la volonté d’entamer une vaste réforme démocratique du pays, ces derniers ont mis de côté leurs vastes différences pour s’unir face au gouvernement de droite dirigé par le Parti de l’Union Républicaine, qu’ils accusent de “dérives autoritaristes” et de “destruction programmée de la démocratie westalienne”. Visant en premier lieu le groupe de lois Safety & Security, qu’ils annoncent vouloir réformer pour “retirer les outils susceptibles d’être utilisés contre la liberté des citoyens”, ils annoncent également porter un grand projet social dans le but de garantir aux westaliens des conditions de vie “décentes”, qu’ils jugent menacé par une application aveugle et sans mesure d’une doctrine “ultralibérale”, qui fait la part belle aux profits des grandes entreprises et l’enrichissement des plus fortunés. Ils dénoncent également, de façon conjointe, la discrimination subit par la communauté hamajak de la part du gouvernement. Accusant également ce dernier de cacher de nombreuses affaires de corruptions avec des grands acteurs économiques du pays ou de très nombreux conflits d’intérêts, les partis de l’ASD ont récemment annoncé la mise en place de vastes enquêtes pour “nettoyer les rouages de la Grande République” et pour que “les impôts de chaque citoyens soient correctement utilisés”, une fois qu'ils seront au pouvoir. Cette alliance a été rapidement qualifiée de contre-nature par une vaste majorité de la droite westalienne, qui dénonce une arnaque politique et une trahison des électeurs. Si l’alliance de gauche tient bon pour le moment, elle reste pour le moment encore instable entre les prises de positions polémiques du POL et la radicalisation des propos du MSH quant à l’autonomie des hamajaks.

L’année 2015 va être décisive pour le futur de Westalia, puisque le peuple va être appelé à son devoir démocratique pour deux élections majeures : les élections représentatives, qui élisent les députés composants les Assemblées de chaque Etat-Républicain de la Grande République, et les élections sénatoriales primaires, qui redéfinissent les deux tiers des sièges du Sénat. D’un côté, le Parti de l’Union Républicaine, actuellement au pouvoir, se relève progressivement de ses précédents échecs grâce au leadership d’Arthur Horvanx et compte bien éviter de perdre sa majorité absolue dans la principale chambre législative du pays. D’un autre côté, l’Alliance Sociale et Démocratique continue de gagner en popularité et possède des chances sérieuses d’obtenir une majorité pour former un nouveau gouvernement, à condition que la coalition de gauche reste entière jusqu’à la fin de l’année. C’est également cette année que doivent se tenir les élections présidentielles, dépendantes des deux précédentes notamment, où plusieurs candidats ont déjà présenté leurs candidatures. Si plusieurs profile peu connu de la société civile ou de partis minoritaires ont déjà officialisé leur volonté de se présenter, bien souvent avec presque aucune chance de réussir, c’est surtout la candidature de Simeon Belagri, Président du FPD et figure de proue de l'ASD, qui a ses chances de réussir, adoubé par la majorité des partis de gauche et candidat pour la troisième fois à ce poste. A droite, dans ses vœux pour le nouvel an, l'indétrônable Victor Hardenbor a surpris tout le pays en annonçant qu’il ne se présentera pas pour sa succession à un septième mandat. Dans la foulée, il a annoncé vouloir voir Arthur Horvanx, son chef du gouvernement, lui succéder à son poste en octobre. Le principal concerné n’a pas encore fait de déclarations officielles à ce sujet, mais a promis de tenir une conférence de presse le 3 janvier, dans le but d’y répondre clairement.
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Democracy du 5 janvier 2015
Democracy


Vers un duel Horvanx et Belagri pour la présidentielle


A gauche, le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx (PUR). A droite, le Sénateur Simeon Belagri (FPD/ASD)
A gauche, le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx (PUR). A droite, le Sénateur Simeon Belagri (FPD/ASD).

Quel sera le nouveau visage de la Grande République à la fin de l’année 2015 ? A la suite des vœux du Président Fédéral pour la nouvelle année, ce ne sera pas Victor Hardenbor qui poursuivra son très long règne, devenant le dirigeant westalien ayant exercé le plus longtemps de toute l’histoire de la Grande République, avec ses vingt-trois années de gouvernance, et second dans l’histoire du pays, derrière le Dictateur Henry Horvanx et ses trente-trois années (1876-1909). A la surprise de presque tous les citoyens, il a déclaré vouloir voir son chef du gouvernement actuel, Arthur Horvanx, lui succéder à son poste. Présent depuis moins d’une année sur la scène politique et avec seulement quelques mois en tant que Premier Ministre Fédéral, l’acteur madrerian connaît une ascension éclaire qui n’a de cesse de surprendre les politologues. De l’histoire de la Grande République, une telle équivalence n’a été l’oeuvre que d’un seul homme : John Garandor, 9ème Président Fédéral de Westalia entre 1975 et 1987, qui fut introduit sur la scène politique dans une période de blocage dans l’élection présidentielle, les candidats asfortien et socialiste de l’époque ayant reçu un même nombre de voix (soit 4). John Garandor, archéologue, professeur d’Histoire à l’Université de Saint-George et Président de l’Association of Westalian Explorers and Archaeologists, était une personnalité très populaire parmi la population, tout en entretenant de nombreux liens avec la scène politique westalienne, aussi bien à droite qu’à gauche. Vu comme un profil de compromis, il se fera l’arbitre des querelles entre asfortien et socialiste, s’étant démarqué pour sa proximité avec le peuple et son attitude non-partisane. Si ce dernier est toujours en vie aujourd’hui, à l’âge de 94 ans, et où son petit-fils est même l’un des principaux cadres du Front Populaire et Démocrate, le profil d’Arthur Horvanx et celui de John Garandor sont-ils si proches ? Regardons d'abord le contexte politique actuel. L’opposition entre la gauche et la droite bat son plein ces dernières années et, bien que les protagonistes ne soient plus les mêmes que ceux de l’époque, un retour vers une période de compromis et la fin d’une hégémonie politique semble particulièrement proche. Si Garandor pouvait rassembler sans distinction des couleurs politiques, Horvanx semble plus proche d’unir l’électorat de droite, potentiellement dans une contre-coalition à ce qui a déjà été réalisé du côté de la gauche. S’il est vrai que, en tant que personnalité connue, il jouit d’une popularité qui semble toucher plus que l’électorat conservateur, d’après certains sondages datant de décembre, il est assez peu probable que cette solide popularité puisse impacter grandement les prochaines élections, bien que cela semble être une carte sur laquelle le Parti de l’Union Républicaine semble miser ces derniers mois.

Candidature légitime ? Retour d’un membre de la famille Horvanx au pouvoir ? Union de la droite ? La scène politique westalienne a été très animée cette première semaine de l’année, à commencer par le premier concerné dans cette histoire, Arthur Horvanx lui-même. Le 3 janvier, il a tenu une conférence de presse devant sa résidence de Reggio di Terracristo, se détachant de son rôle de Premier Ministre Fédéral, par rapport au lieu du rendez-vous. Sans plus d’attente, le dauphin de Victor Hardenbor a déclaré “accepter avec humilité l’importante responsabilité de représenter le programme de l’Union Nationale dans une campagne historique et décisive pour le futur de la nation”. Dans son jeu de question-réponse aux médias, le candidat PUR à la présidentielle déclare vouloir construire “une nouvelle Westalia”, une fois arrivé au pouvoir. Une nouvelle Grande République basée sur “l’amitié des peuples westaliens et d’ailleurs, le respect des traditions, la paix nationale et la résilience politique du pays face à tous les dangers présents et futurs qu’il aura à faire face”, soit une dernière phrase assez vague, mais qui semble d’une certaine façon essayer de toucher les différentes ailes de la droite conservatrices, des libéraux-conservateurs aux rigoureux traditionalistes. Dans cette même logique, il a également appelé à un “grand rassemblement de la droite westalienne” sous sa “bannière transpartisane”, pour “protéger les valeurs qui unissent les westaliens depuis plusieurs siècles, face à la menace d’une gauche qui s’approche dangereusement du pouvoir”. Si aucun parti n’est clairement cité, on peut comprendre un appel du pied aux principaux partis de droites, soit le Parti Libre et Démocrate, le Parti National Westalien et le Parti de la Croissance Nipozam, ce dernier étant déjà allié au PUR sur le plan régional. Très rapidement, le PCN a assuré son soutien à la candidature d’Arthur Horvanx, pour ce qui est du PLD et du PNW, ces derniers ont répondu se tenir prêts à discuter d’une potentielle coalition pour les prochaines élections, bien que les asfortiens de droite ont clairement exclu la participation des nationalistes à un tel projet, sans quoi le PLD n'échangerait pas sur cette éventuelle alliance. Dans le camp présidentiel, le profil semble faire l’unanimité parmi les principaux cadres, la candidature se voyant être successivement soutenue par Henry Takajiwa, Alfred Eisendorf, Wilson Larster, Victor Jr. Hardenbor et même Akito Fujitawa, que beaucoup voyaient comme le successeur naturel du chef de l’Etat, avant la chute de son gouvernement en 2014.

A gauche, l’union est déjà faite autour de Simeon Belagri, Président du Front Populaire et Démocrate, depuis novembre 2014. Désormais, pour l’Alliance Sociale et Démocrate, leur principal adversaire à un nom clair : Arthur Horvanx. Deux profils que presque tout oppose : Belagri est un des vétérans les plus expérimentés de la scène politique de la Grande République, en plus d’être considéré comme la personnalité politique la plus appréciée des westaliens depuis 2012, il a également unis la gauche sous sa candidature et dans une coalition historique pour les sénatoriales primaires et les représentatives. Gauche contre droite, progressisme contre conservatisme, partisans de l’Union nationale contre ceux de l’Union des peuples… Seule l’origine des deux rivaux leur est commune : tous deux sont nés en Terracristo et sont de grands soutiens publics de la culture madrerianne. Une chose est sûre : la Grande République sera dirigée par un madrerian à la fin de l’année. Parmi les membres de l’ASD, on s’inquiète tout de même du profil que peut représenter Horvanx. Si ce dernier ne s’affilie officiellement à aucune aile conservatrice, à l’image du Président Fédéral, ce dernier est beaucoup plus proche de personnalité traditionaliste, à l’image d’Alfred Eisendorf, que n’a pu l’être Victor Hardenbor. Gary Sikyatavo, Secrétaire-général du Mouvement Social Hamajak, s’inquiète d’un retour de la ségrégation, avec certains propos récents très inquiétants à l’encontre de sa communauté, voir même d’un retour à la dictature : “Arthur Horvanx n’a jamais dénoncé les atrocités commises par son ancêtre, pire que cela, il a toujours travaillé à la construction d’une image positive de ce dernier. Rien ne nous dit qu’il ne va pas entamer des réformes pour étouffer la démocratie, museler l’opposition à son accession au pouvoir et détruire les populations natives. Le terrain est depuis longtemps préparé par Hardenbor. Que les westaliens ne soient pas dupe, le Premier Ministre va juste frapper le dernier coup de pieux dans le grand cœur de liberté qu’est notre pays. Il ne reste plus qu’un seul choix pour sauver la Grande République : accorder son vote à cette grande union de la gauche. Notre alliance, c’est aussi un message pour vous dire que nous mettons de côté nos querelles historiques pour résister face à la dangerosité de ce conservatisme de dégénérés. Votez social, votez humain, votez pour un candidat ASD !”. De son côté, Simeon Belagri a appelé, le 4 janvier, à organiser une série de débats télévisés avec son adversaire du PUR, tout au long de l’année. Si ce dernier n’a pas encore répondu à l’invitation de son rival, la récemment formée équipe de campagne d’Arthur Horvanx s’est déclarée ouverte à l’idée et a annoncé prendre contact avec “les entités concernées” pour étudier la faisabilité du projet. Par le passé, Simeon Belagri et Victor Hardenbor se sont régulièrement affrontés dans ce genre d’exercice à l’impact très important pour convaincre l’électorat, un incontournable que le chef du gouvernement va sûrement devoir préparer, à son tour, pour séduire les électeurs les plus indécis. Hébergé sur plusieurs chaînes, il est d’une tradition de faire au moins deux débats avant les sénatoriales primaires, l’un en anglais austarien, généralement sur la chaîne WNN, et l’autre en Dialecte de Kamishiwa, généralement sur la chaîne Jōhō NWK. Avec l’adoption de l’italien madrerian fin 2014, un troisième débat pourrait être réalisé dans cette langue par les deux candidats, sûrement plus à l’aise avec cette dernière, probablement sur Notizia TV, la chaîne télévisée italophone la plus regardée dans le pays. Enchaînant économie, sociale, sécuritaire, questions hamajaks, diplomatie et actualités nationales, comme internationales, ces échanges entre les deux candidats et figures de proue de leur camp respectif devraient être très intéressant à suivre et réserver de nombreuses surprises en cette période de changements politiques profonds.
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The World du 7 janvier 2015
The World


Fédération de Stérus : hégémonie ratée ou fuite en avant ?


Caricature du Consul de la Fédération de Stérus, Cristobal Pandoro
Caricature du Consul de la Fédération de Stérus, Cristobal Pandoro.

Pour la Grande République, ce début d’année s’ouvre sur une crise diplomatique importante avec la Fédération de Stérus, à l’issue de la rencontre qui s’est tenue à la fin du mois de décembre. Le nouveau Consul de la Fédération, Cristobal Pandoro, élu fin octobre par sa population, avait déjà tenu un discours assez hostile à l’encontre de Westalia, accusant sans réellement apporter d’éléments que notre nation ne s'appliquerait pas assez dans la coopération militaire et qu’il serait nécessaire de “contraindre la Westalia à suivre la doctrine militaire de l'ASEA”. En début de semaine, le Ministre Fédérale à la Défense, Alfred Eisendorf, est revenu sur les différents propos tenus sur la posture militaire de la Grande République et les accusations de la Fédération à ce propos : “Le Consul Pandoro, bien que membre fondateur de l’ASEA, n’a visiblement jamais consulté une seule fois le traité de Barba de sa vie. La doctrine militaire de l'alliance repose sur trois articles clairement indiqués dans les accords. En premier, un pacte de défense en cas d’agression militaire, chose qui n’a pas encore eu lieu, donc notre pays n’a rien à se reprocher à ce niveau-là. En second, la coopération militaire et policière des États-membres, dans le cadre d’une extradition notamment. Au niveau de la coopération militaire, nous sommes à ce jour le pays membre de l’alliance le plus impliqué dans ce domaine, de par notre aide à l’Occidalie, avec des formations et des missions communes de protection maritime, dans le sud de l’Aleucie. Notre pays a également déjà coopéré à plusieurs reprises sur le plan policier, en aidant notamment les autorités lermandiennes sur des enquêtes judiciaires menées chez eux et ayant eu besoin d’aide pour opérer sur notre sol. Troisièmement, la création d’un quartier général des armées de l’alliance. Depuis la signature du traité, nous avons coopéré à la mise en place de ces entités communes visant à améliorer la cohésion militaire de l’ASEA. A ce jour, tous les membres participent à cette coopération, il n’y a pas de privilège pour quiconque. Alors quand je vois le Consul qui vient nous dire que la Grande République ne s’implique pas dans le domaine militaire de l’alliance, je lui dis clairement : pendant que vous nous inventez des défauts, l’armée westalienne a beaucoup plus accomplie de chose que la vôtre pour la cohésion et la force de l’ASEA depuis sa création. S’il y a bien un besoin réel de réformer cette coopération militaire pour la rendre plus efficace, il faut arrêter de faire de nous les boucs-émissaires d’un blocage, qu’il n’y a jamais eu, ce n’est pas comme cela que vous arriverez à imposer vos conditions, pas avec nous”. Une prise de position forte qui ne semble pas arranger les relations avec notre allié.

Si la rivalité diplomatique entre Westalia et Sterus est connue depuis quelques années, comment les relations ont-elles pu se dégrader à ce point ? Que s’est-il passé fin décembre pour que la Fédération prenne une décision aussi drastique que de se retirer temporairement des institutions de l’ASEA ? D’après des sources internes à la rencontre, les échanges entre Pandoro et Hardenbor sont très rapidement monté en tension, avec un Consul qui s’est très rapidement braqué face aux explications westaliennes et un Président Fédéral très agacé face à un discours stérusien décrits comme “hautain” et “autoritaire” par ces mêmes sources. Plus simplement, on peut en conclure à un dialogue de sourd où les éléments de la rencontre n’ont presque pas pu être abordés dans cette atmosphère hostile entre les deux camps, se concluant sur un départ précipité du Consul et de sa délégation. Le Sénateur Julius Barden (PLD), membre du groupe parlementaire en charge de la diplomatie au Sénat, a donné une vision particulièrement accusatrice de cette rencontre, alors invité d’une émission d’échanges sur l’actualité, sur la chaîne télévisée WNN : “Si vous voulez mon avis, je ne pense pas que la Grande République devrait avoir beaucoup de remords quant à l’échec de cette rencontre. Le Consul Pandoro n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de grand diplomate. Il est entré dans la salle comme si tout était déjà acquis pour lui, a commencé à se fâcher quand nos dirigeants ont commencé à parler de compromis et a claqué la porte en partant, pour faire un maximum de bruits. La visite stérusienne en Westalia n’avait que pour but de faire rentrer dans les rangs la Grande République. Reproches inventées de toute pièce, ton condescendant et une fermeture à toute négociation sur les sujets de la rencontre… Comment voulez-vous que notre gouvernement fasse quand on se retrouve face à un autocrate qui ne cache même plus ses visées impérialistes et dominatrices sur l’ASEA ? Notre pays est un obstacle à leur plan et le Consul essaye de nous isoler et d’affaiblir l’organisation pour obtenir ce qu’il souhaite. Problème : la résilience westalienne n’est pas prête de flancher face à leur tentative de pressions, c’est complètement puérile de leur part, surtout quand l’on sait qu’il y a de nombreux autres sujets plus importants à aborder”. Est-ce que la rivière Patten a été définitivement traversée avec ces événements ? A en croire la presse officielle de la Fédération de Stérus, qui qualifie notre pays de “fasciste”, sans vraiment trop savoir le sens de ce mot, on pourrait croire que oui. Pour autant, le Ministre Fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, multiplie les sorties et les appels à un retour à la normale, presque à contre-courant de sa famille politique qui, de son côté, a particulièrement critiqué la Fédération pour ses actions. L’architecte de la diplomatie westalienne s’est donc montré, à plusieurs reprises, favorable à l’organisation d’une nouvelle rencontre pour résoudre la crise et éviter de fragiliser l’alliance plus qu’elle ne peut l’être déjà avec cet épisode. Avec l’hostilité croissante de la Fédération à l’encontre de notre pays, il est désormais difficile de savoir si cette rencontre aura bien lieu ou non. Si les stérusiens décident d’accepter cette proposition du Ministre, la question serait de savoir si leur position resterait la même ou si un véritable compris pourrait aboutir à une réparation des dégâts provoqués par Stérus jusque-là.

Caricature 1 Caricature 2
D’autres caricatures du Consul Stérusien, Cristobal Pandoro, publiées dans divers journaux westaliens.

Au sein de la population et de l’opposition, quelles réactions face à ces événements ? Du côté des citoyens westaliens, la méfiance envers la Fédération est de plus en plus grande. Dans un récent sondage, 65% des sondés pensent que les positions de Sterus peuvent être un danger pour la stabilité diplomatique de l’alliance, 72% d’entre eux considère même que le problème réside principalement dans la personnalité qu’est Cristobal Pandoro, souvent dépeint comme un autocrate peu intelligent, militariste et capricieux par la presse satirique westalienne depuis le début de l’année. A la question, “est-ce que la Fédération de Sterus devrait quitter l’ASEA ?”, les sondés se montrent plus clément, avec seulement 34% d'entre eux qui juge que la présence de ce pays ne devrait plus être d’actualité dans l’alliance. Parallèlement, l’image de l’ASEA ne semble pas avoir été trop entachée par les derniers événements, 74% de la population possédant encore une bonne image de celle-ci et considérant la présence westalienne comme “nécessaire” pour l’avenir de notre pays et du continent. Un chiffre qui pourrait être revu d’ici à ce que les autres membres de l’alliance s'expriment sur la situation. Du côté de l’opposition, diverses personnalités politiques se sont exprimées sur la crise en cours. Du côté du FPD, le Sénateur Richard Kaylor, en campagne électorale pour se faire réélire à son poste, partisans d’un rapprochement avec Sterus pour guider l’ASEA, a fait part de sa profonde désapprobation dans la décision unilatérale stérusienne de se retirer temporairement des institutions de l’alliance, qualifiant ce geste de “gravement dangereux pour la stabilité du continent et la continuité des coopérations aleuciennes”, soutenant la position d’Henry Takajiwa dans le maintien totale du dialogue pour résoudre cette crise. Il condamne cependant le Président Fédéral Victor Hardenbor et sa politique de rivalité “désormais assumée” avec la Fédération de Sterus, n’ayant pu mener qu’à ce dénouement, tout particulièrement “en considérant le caractère du nouveau chef de l’Etat stérusien”. Encore plus à gauche, le Délégué John Taranti (POL) a qualifié la position de la Fédération “d’irresponsable” et n’a pas caché son opposition face à la personnalité que représente Cristobal Pandoro : “On a déjà nos autocrates chez nous et maintenant, celui des stérusiens vient nous chercher des noises. Ce n’est pas avec des gens comme ça, complètement déconnectés de la réalité, que le peuple sera écouté. Entre l’hypercapitaliste et le fana des militaires, ils n’en ont rien à faire de nous, ces gens-là. On va déjà dégager le nôtre cette année et j’espère que nos camarades stérusiens dégageront le leur dès que possible”.

Sortira ou ne sortira pas ? Voilà probablement la plus grande question qui se pose dans toute l’ASEA concernant l’avenir de la Fédération de Sterus en son sein, à commencer par les premiers concernés qui semblent de plus en plus proche d’entretenir de l’hostilité face à l’ASEA, de la même manière qu’ils ont pu le faire avec la CAN, dont le Consul Pandoro a sortie son pays manu militari quelques jours après son élection à son poste. Toujours sur WNN, le Sénateur Julius Barden (PLD) juge que les tendances isolationnistes du nouveau chef de l’Etat stérusien sont un “gros problème pour le pays”, qui va finir par “s’isoler du reste du continent à la toute fin”. Une sortie de l’ASEA, “serait comme une fuite vers l’avant, se jeter dans un gouffre mortel, tout en prenant bien l’élan pour le faire”. Il conclut son observation en déclarant : “A la fin, ce seront les citoyens stérusiens qui pâtiront le plus d’une telle décision. Au mieux, les investissements étrangers vont se réduire, au pire, ils vont carrément fuir la Fédération au profit d'autres nations plus attractives, notamment grâce au traité de Barba”. De puissants acteurs économiques de la Grande République ont déjà beaucoup investi en Sterus, notamment pour son économie en pleine croissance, devenant un pays très attrayant pour les investisseurs westaliens. Si le début d’année a déjà marqué un ralentissement des investissements, probablement en attendant de voir comment va se résoudre la crise diplomatique, l’inquiétude est quand même présente. Dans un échange téléphonique que nous avons pu avoir avec l’honorable dirigeant d’Akiyama Corporation, Hirayoshi Akiyama, ce dernier se veut rassurant et invite les deux pays à trouver une solution dans le dialogue : “Il est important pour le marché intérieur, mais également pour tout un chacun, que cette crise se résolve par la diplomatie. Les deux gouvernements doivent faire table rase de leur rivalité et travailler ensemble pour l’avenir des aleuciens. Au-delà des querelles diplomatiques, il faut se rappeler que les premières personnes impactées par ce genre de ruptures sont les citoyens de toute l’alliance. Que les dirigeants mettent de côté leur égo et se concentrent sur l’essentiel : le bien-être des populations”, de sages mots du Shōgun lui-même, sur lequel les différents partis feraient bien de méditer…
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Columbia Chronicle du 28 mars 2015
Columbia Chronicle

Dans l’ombre du boom économique : la grande criminalité toujours plus riche et active


Le crime organisé est aussi ancien que peuvent l’être les premières colonies ayant jadis posées les bases de notre nation. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, elle n’épargne aucun groupe ethnique de la Grande République et aucune époque de cette dernière. Des premiers groupes de braconniers austariens du XVIIème siècle aux très influentes mafias modernes, une véritable histoire dans l’ombre de la grande Histoire sépare ces différentes évolutions de structures et de traditions criminelles en Westalia. Au cours des 50 dernières années, soit la période d’isolationnisme, ces groupes illégaux sont restés très centrés sur le développement de leurs activités au sein du territoire national, sur fond de trafic de drogues, d’animaux protégés, d’armes ou d’assassinats, dans une relative discrétion du grand public et avec une violence peu médiatique. Une période clairement dominée par les mafia madreriannes, dans le sud du pays principalement, et par les Kyōkai nipozam, dans le nord du pays. Au milieu de ces deux géants, c’est la prolifération des gangs hamajaks dans les années 80 et 90 qui va complètement changer le visage des milieux criminels. Ces derniers, beaucoup moins influents, se démarquent par un usage de la violence bien plus important que leurs aînés et à une échelle bien plus réduite. Là où les autres peuvent s’affronter pour le contrôle de régions entières, les gangs se déchaînent dans les ghettos des grandes villes de la côte ouest, particulièrement à Lerant City, Lerantia et à la périphérie de Columbia, mais également dans certaines villes du Nord, tel que Southcoal ou Atawa. Le trafic d’armes connaît son plus haut historique à cette période, enrichissant les puissantes mafias qui équipent les gangs rivaux, constituant en parallèle un dramatique marché de drogues dures et entraînant inévitablement le pays dans la terrible période que l’on connaît aujourd’hui comme la crise des ghettos. Si l’efficace contre-attaque du gouvernement contre ces débordements va mettre un coup d’arrêt à cette croissance de l’illégal, on sait aujourd’hui que cela n’a pas découragé les grands groupes de chercher de nouvelles opportunités, notamment en s’orientant sur la vente à des groupes terroristes, comme le Southern Hamajak Liberation Front (SHLF), ou même d’autres organisations criminels à l’international, principalement en Aleucie et dans une moindre mesure en Paltoterra, dès le début des années 2000. Cette expansion géographique va permettre aux mafias madreriannes et aux Kyōkai de surmonter la politique sécuritaire particulièrement forte des premières années Hardenbor.

Antonio Vaticci, parrain de la mafia madrerianne Ombra lunare, sortant du tribunal fédéral de Santa Maria, à la suite de son jugement
Antonio Vaticci, parrain de la mafia madrerianne Ombra lunare, sortant du tribunal fédéral de Santa Maria, à la suite de son jugement, le 11 mars 2015.

De nos jours, l’ouverture sur le monde a poussé la Grande République vers une croissance économique aussi importante que celle que le pays a connu lors de la Grande ruée vers l’or du XIXème siècle. Les acteurs économiques westaliens ont commencé à exporter en masse leurs produits à l’étranger, à s’installer sur des terres hors des frontières nationales et à faire prospérer la puissance commerciale et économique de notre nation. Pour autant, ils ne sont pas les seuls à profiter de cette ère particulièrement profitable, puisque les groupes criminels ont trouvé de nombreux bénéfice dans l’augmentation des échanges à l’international pour élargir leur marché, leurs exportations, mais également leurs importations. Les actes criminels par voies maritimes représentent l’un des premiers genres d’activités qui viendrait à l’esprit de n’importe quelle personne lorsque l’on pense là où se trouve principalement la grande criminalité moderne. Si la piraterie est particulièrement connue, du fait de sa forte médiatisation ces dernières années, elle ne représente en réalité presque rien dans l’activité des grands groupes illégaux westaliens, qui investissent bien plus dans le transit de marchandises de contrebande et dans le trafic de drogues sur une plus grande échelle que par le passé, selon un récent rapport du Ministère Fédéral de l’Unité nationale. Pour autant, leurs liens avec la piraterie osnienne, yorkshire ou d’ailleurs ne sont pas inexistant, puisque ces derniers jouent parfois le rôle de fournisseurs, en matière d’arme ou de véhicule, comme d’acheteur, vis-à-vis de la marchandise volée ou pour le blanchiment d’argent, qui nécessite une intervention extérieure.

Les derniers rapports officiels présentent une plus grande intervention des mafias madreriannes dans ce domaine, tout particulièrement au nord du Grand Golfe Alugareno, dans les eaux aux sud de l’Aleucie. Au niveau international, ces dernières sont surtout actives en Aleucie à différents degrés, la République de Lermandie étant un pays particulièrement prisé par ces dernières, notamment pour sa proximité et pour l’activité terroriste hamajak qui y est présente. En effet, certaines mafias peuvent fournir en armes et équipement les groupes terroristes et, si le bénéfice est attrayant, rares sont celles qui osent s’y prêter, au risque de se faire désigner du même adjectif que leurs délicats clients et d’attirer un peu trop l’attention des autorités. Dans le nord du pays, les Kyōkai se font plus discrets, mais ne tirent pas pour autant moins de bénéfices que leurs rivaux historiques. Moins déchirés que dans le sud, ils possèdent un réseau international beaucoup plus étendu, allant même jusqu’au Nazum. Issues des anciennes castes guerrières déchut lors de l’annexion des côtes du Golfe de Kamishiwa, en 1901, certaines théories du complot leur prêtent un lien avec le puissant clan Akiyama, bien que de nombreuses enquêtes publiques et privées aient démontré que ces accusations étaient fausses, depuis plusieurs années.

Avec ce genre d’affaires particulièrement complexes, que mènent de front le Federal Homeland Security Agency et ses branches, on pense à la récente arrestation d’Antonio Vaticci et du démantèlement de son organisation, l’Ombra lunare, une mafia madrerianne de moyenne ampleur. Ces derniers ont vendu plusieurs armes de guerre à un groupe d’hamajaks affiliés au SHLF, à plusieurs reprises, entre 2012 et 2014. Après une perquisition dans plusieurs propriétés de Reggio di Terracristo et de Saranti, le réseau de trafic d’armes a été démantelé, les fournisseurs interpellés et les terroristes arrêtés au cours d’une vaste opération dirigée par le tout récent Federal Office for Counterterrorism and Extremism, sous l’oeil attentif du FHSA, dont il dépend. Depuis le passage de la loi Safety & Security II, en 2003 (à ne pas confondre avec la III adoptée en 2013), les personnes affiliées de manière directe comme indirecte à des groupes ou actes terroristes, sont considérées comme partie prenante dans ces activités. Ainsi, les peines encourues sont particulièrement sévères, aussi bien pour les membres du SHLF que pour leurs fournisseurs. De ce fait, lors de l’énoncé de la sentence d’Antonio Vaticci et de quatorze de ses complices, le 11 mars, le parrain et six de ses hommes furent condamnés à la peine capitale, tandis que les huit autres ont été condamnés à de la prison à vie. Accusé de complicité terroriste, de trafic d’armes et de crime en bande organisée, la seule mention de la première accusation a justifié la hauteur de la peine, qui n’est pas exceptionnelle ces dernières années. Un message clair envoyé aux terroristes et à ceux qui marchandent avec eux : la justice frappe et elle fait payer au prix fort les criminels.

Si cette approche est considérée comme particulièrement efficace, au vu de la baisse drastique d’actes terroristes depuis une dizaine d’années, cela n’a aucun impact sur le trafic de drogues qui connaît début 2015 une nouvelle hausse à l’échelle nationale. Depuis 2013, le gouvernement s’est avéré de plus en plus en difficulté dans sa gestion de ce genre de problématiques, qui a pris beaucoup d’ampleur avec l’ouverture sur le monde. Si le nombre d’arrestations et de trafics démantelés ne cesse d’augmenter, l’espace dans les prisons et la capacité juridique du système westalien commencent de moins en moins à suivre la cadence. La thématique de la sécurité et de la lutte contre la grande criminalité fait partie des grands sujets qui prennent de l'importance dans les campagnes électorales de cette année. Chaque groupe politique avance ses solutions et ses promesses qu’ils continuent de défendre, à seulement trois mois du premier scrutin, pour les élections représentatives, sur les trois attendus pour 2015.
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Democracy du 2 mai 2015
Democracy


Élections représentatives 2015 : vers un duel très serré entre l’Alliance Sociale et Démocratique et le Parti de l’Union Républicaine


Carte représentant le résultat des sondages pour les élections représentatives de 2015. Sondage réalisé par la Westalian Society of Opinion (WSO), fin avril 2015.
Carte représentant le résultat des sondages pour les élections représentatives de 2015. Plus la couleur est vive, plus le parti a de chance d’obtenir une majorité et de remporter la présidence de l’État-Républicain.
En bleu, le Parti de l’Union Républicaine, en Jaune, le Front Démocratique et Populaire, en Rose, l’Union Sociale et Démocrate.
Sondages réalisés par la Westalian Society of Opinion (WSO), fin avril 2015.

Un scrutin décisif

Le premier scrutin de l’année 2015 approche à grands pas et devrait se dérouler le 11 juin, suivant les premières directives gouvernementales à ce sujet. Depuis le début de l’année, et même bien avant pour certains, les principaux partis font campagne un peu partout dans le pays et les débats entre rivaux politiques deviennent de plus en plus monnaies courantes sur les plateaux télévisés et par meetings interposés. De cette scène élective, deux géants se font face pour obtenir une majorité de sièges dans un maximum d’États-Républicains : d’un côté, l’Alliance Sociale et Démocratique, qui regroupe les partis de gauche, avec à sa tête Simeon Belagri. De l’autre, le camp présidentiel représenté par le Parti de l’Union Républicaine et son actuelle figure de proue, le Premier Ministre Fédérale Arthur Horvanx. Les élections représentatives sont considérées comme la période clé à saisir en vue des élections fédérales présidentielles prévues mi-octobre, cette année. En effet, pour rappel, ce scrutin permet d’élire des députés suivant les circonscriptions propres à chaque État et dont la majorité d’entre eux doivent s’entendre pour nommer un Président au gouvernement de l’État-Républicain, qui composera alors son cabinet en fonction de ses besoins et pourra proposer des lois à un niveau régional, du moment qu’elles ne s’opposent pas aux lois fédérales et à la constitution. L’un des pouvoirs les plus importants du Président d’un État-Républicain est d’être un membre du Conseil Électif de la Grande République (CEGR), avec le Président du Sénat et le Président du Congrès Suprême. Les membres du CEGR se réunissent tous les quatres ans pour élire un nouveau Président Fédéral. Ainsi, pour tout mouvement politique, le contrôle des États-Républicains est un enjeu particulièrement important pour amener son candidat à la tête du pays. Théoriquement, si au cours de cette élection un parti arrive à obtenir une majorité de siège dans au moins cinq États, il est assuré d’obtenir le poste de Président Fédéral lors des prochaines présidentielles. Cependant, un tel cas ne s’est pas produit depuis 1931, second “Big Three” de l’histoire de la Grande République, où l’ancien Parti Démocrate dominé encore le paysage politique westalien, dans l’ombre de la figure historique qu’a pu être Stanislas Asfort. Jusqu’au moins au 11 juin prochain, le parti qui possède le plus de présidence d’État est le Parti de l’Union Républicaine, avec quatre sièges : New Austaria, Lerant, le State Capital of Columbia et Horvanx. Ce qui lui a assuré une sécurisation du pouvoir, conforté par sa possession de la présidence du Sénat et du Congrès Suprême depuis plus de vingt ans.

Des bastions électoraux déjà identifés

Depuis 1991, l’ensemble de ces élections ont résulté en une victoire écrasante du camp présidentiel face à ses opposants. Pour autant, vingt-quatre ans plus tard, le colosse tremble de par sa base même. En effet, avec la formation d’une coalition de gauche historique pour les trois élections de cette année et une popularité en baisse, le parti au pouvoir n’a jamais été aussi proche de perdre son monopole du contrôle de la Grande République. En prenant les régions historiques de l’opposition, on retrouve en première ligne l’État-Républicain de Dakantia, qui héberge en son sein un bastion socialiste fort et indétrônable depuis quatre-vingt-seize ans. L’Union Sociale et Démocrate, membre de l’ASD, possède une avance très confortable face à ses rivaux conservateurs et le soutien du reste de la gauche devrait assurer, sans aucune surprise, la victoire dans le pays du charbon westalien. Plus au sud, l’État-Républicain de Terracristo s’est taillé comme une base centrale dans l’ascension du Front Populaire et Démocrate au niveau régionale comme fédérale, depuis qu’elle fut remportée par le parti de centre-gauche en 2009. Si les conservateurs font de bons scores du côté de Reggio di Terracristo, notamment grâce au soutien d’Arthur Horvanx, qui est également Sénateur du comté du même nom, l’écart actuel avec le FPD est beaucoup trop grand pour être rattrapé dans le contexte actuel où le PUR a déjà des difficultés pour conserver ses propres bastions électoraux.

Du côté des néo-horvanxiens, l’État-Républicain le plus à même de rester entre leurs mains est bien évidemment celui d’Horvanx. Centre historique du conservatisme et de la droite westalienne, c’est également la région la plus rurale du pays. Les quelques régions citadines, Atawa et Brokenbridge notamment, regroupent la majorité de la population de l’État et votent traditionnellement pour le PUR. Dans les campagnes, souvent grandes oubliées de la scène politique, c’est le terrain de chasse de l’extrême-droite, où la majorité des habitants votent en masse pour le Parti National Westalien. La gauche y est sous-représentée, à un tel point que la principale opposition de ce côté de l'échiquier est un groupe de députés hamajaks, dont la région d’Horvanx est, ironiquement, l’un des territoires qui possèdent le plus de citoyens se revendiquant de cette ethnie, particulièrement à l’Est. Il ne devrait donc pas y avoir de surprise à voir le très rigoriste Theodore Aterley, proche d’Alfred Eisendorf, se faire réélire à la tête de cet État-Républicain. Pour les autres régions, les premiers sondages indiquent un net recul du vote conservateur un peu partout sur le territoire national et on n’y retrouve pas de certitude de la part des observateurs politiques, qui estiment bien souvent que rien n’est encore joué pour déterminer une victoire ou une défaite évidente du camp présidentiel.

Les État-Républicain clés : ces régions qui vont jouer un grand rôle cette année

Quelles sont les État-Républicain clés, ceux qui pourraient faire pencher l’équilibre politique au cours de ces élections ? Cette année, l’ensemble de ces régions indécises se trouvent à l’Ouest de la Grande République, représentant à elles seules plus de la moitié des habitants du pays, preuve que notre nation est en train de vivre un bouleversement politique majeur, selon de nombreux observateurs et experts. Le premier à faire grande figure dans cette liste est le State Capitale of Columbia, plus petit territoire de Westalia et hôte de notre capitale fédérale, cet État-Républicain a pour tradition de voter en faveur du parti soutenu par le Président Fédéral, ne semblant changer de direction politique que lorsque le parti au pouvoir va également changer, dans une ambiance prophétique, qui s'avère pourtant bien vrai à chaque changement majeur au niveau de la gouvernance fédérale. Ce fut par exemple le cas en 1991 où, à la surprise de beaucoup, le SCC bascula conservateur, en pleine période de crise des ghettos, voyant cette même année la Présidence fédérale asfortienne laisser place au tout premier mandat du Président Fédéral Victor Hardenbor. Aujourd’hui, les sondages donnent une victoire assez probable des partis de l’Alliance de gauche, prédisant une défaite pour le camp présidentiel. Là où le trouble se pose beaucoup plus, c’est dans les deux autres États-Républicains de la liste. A commencer par celui de New-Austaria. Plus grande région du pays et également la plus peuplée, elle fut longtemps un solide bastion pour le PUR et ses idées. Pour autant, les dernières élections en 2009 ont vu apparaître une opposition importante de députés du FPD, faisant perdre de quelques sièges la majorité absolue du parti au pouvoir, mais pas au point de déstabiliser sa présence jusque-là. Les derniers sondages concernant New-Austaria donnent toujours une légère avance pour le camp présidentiel, dont les chances de conserver cette présidence reste encore floue, bien que pour le moment supérieures à celles de la coalition de gauche pour remporter cet État. Lerant est le dernier État-Républicain de cette liste dont les sondages indiquent des chiffres au coude-à-coude entre les deux principaux protagonistes de ces élections. Traditionnellement à droite, cette région concentrant la majorité de la population nipozam de la Grande République semble tourner beaucoup plus à gauche, en cette année 2015. Ce changement surprenant est sûrement dû à une prise de position politique très accrue en faveur de la liberté d’expression et de la sauvegarde de la démocratie, à la suite des manifestations ayant frappé le pays début 2014 et où l’État de Lerant a connu les rassemblements les plus importants de son histoire. Pour autant, le duel risque d’être extrêmement serré puisque, en plus des conservateurs, l’alliance de gauche doit également affronter le Parti de la Croissance Nipozam, un parti de droite allié avec le PUR et dont les sondages pointes un nouveau gain de popularité pour ce parti régionaliste, dont la réussite pourrait faire basculer le résultat de ces élections. Dans tous les cas, les partis de l’ASD sont pour le moment donnés en tête de cet État, avec une légère avance sur ses rivaux de droite.

Le scénario du blocage : une possibilité qui inquiète

Le poste de Président du Congrès Suprême étant déjà occupé par un membre du PUR, Victor Jr. Hardenbor, l’ASD doit au minimum viser l’obtention de quatre États-Républicains pour espérer gagner les présidentielles, si elle arrive par la suite à gagner les sénatoriales qui auront lieu en septembre. Le pire scénario pour le pays serait de voir les deux camps obtenir un même nombre d’État, à savoir trois, et voir l’ASD obtenir la présidence du Sénat. Conservateurs et alliés de gauche se retrouveraient avec exactement le même nombre de sièges au Conseil Électif de la Grande République, entraînant le pays dans une paralysie politique pour élire un nouveau chef de l’État. Au vu des récents sondages, ce potentiel scénario catastrophe paraît assez probable selon certains observateurs du monde politique westalien. Dans l’histoire de notre pays, il y a eu pourtant des cas précédents où cette situation s’est produite. La première occurrence de celle-ci fut au cours des présidentielles de 1955, autre année “Big three”, en pleine période d’instabilité politique où partis de gauche et de droite n’ont pas réussi à s’entendre sur la nomination d’un Président Fédérale pendant presque 2 mois. A l’époque, il fut finalement convenu de nommer le Général Joseph Borten comme chef de l’État, en raison de ses positions apolitiques et pour son rôle important dans la transition démocratique, à la fin de la dictature. La seconde occurrence, beaucoup plus connue du grand public, fut celle des présidentielles de 1975. Cette fois-ci, les asfortiens et socialistes s’étaient entendus à l’avance pour nommer John Garandor en tant que Président Fédéral de la Grande République, autre personnalité sans lien politique, ancien explorateur et directeur de l’Association of Westalian Explorers and Archaeologists, sa popularité en fera l’un des chefs de l’État les plus populaires de l'histoire de la Grande République. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 91 ans, a par ailleurs déjà annoncé soutenir l’alliance de gauche dans les élections à venir, notamment en soutien à son petit-fils, le Sénateur George Garandor (FPD), un proche de Simeon Belagri. Si un blocage venait à se produire cette année, est-ce que les profondes fractures politiques pourraient transformer cette potentielle situation en véritable crise démocratique ? Sans aucun accord d’entente entre les partis ? Seul l’avenir nous le dira.

Les débats télévisés, étapes majeures pour la réussite électorale

Le prochain rendez-vous important dans cette campagne va être le premier débat télévisé entre le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx (PUR) et le Sénateur Simeon Belagri (FPD), chacun leader de leur camp respectif dans cette période électorale. Ce débat devrait se dérouler le 15 mai, sur la chaîne nipozam Jōhō NWK et dont l’ensemble des échanges seront entièrement en dialecte de Kamishiwa, comme la tradition l’exige, celle-ci devant être respecté par l’organisation d’un débat dans chaque langue fédérale. Le prochain devrait être en italien madrerian, sur Notizia TV, sûrement en juillet. Le dernier devrait se faire en anglais austarien, début septembre, sur WNN. A n’en pas douter, la qualité d’expression des candidats au cours de leur premier débat sur Jōhō NWK pourrait être décisive pour le choix des électeurs en juin, notamment dans l’État-Républicain de Lerant, d’autant plus lorsque l’on sait que la langue la plus parlée par la communauté nipozam n’est pas la plus maîtrisée par les deux rivaux.
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Diffusée le 15 mai 2015, à 20h30
Joho NWK


Le Grand Débat : Arthur Horvanx et Simeon Belagri
大討論: アーサー・ホーヴァンクスとシメオン・ベラグリ


Image d’illustration : A gauche, Arthur Horvanx. A droite, Simeon Belagri.
Image d’illustration : A gauche, Arthur Horvanx. A droite, Simeon Belagri.


Contexte de l’émission : Le “Grand Débat” est une émission de débats politiques entre deux ou plusieurs personnalités sur des thématiques d’actualités et particulièrement suivi par les locuteurs du dialecte de Kamishiwa à travers la Grande République. Tous les quatre ans, au cours de l’année des sénatoriales primaires et des présidentielles, elle organise traditionnellement un débat entre les principaux représentants des différents camps politiques. Pour cette année 2015, l’émission a décidé d’organiser cet événement spécial un mois avant le scrutin pour les élections représentatives, en invitant le représentant des deux principaux acteurs politiques, Simeon Belagri, pour l’Alliance Sociale et Démocratique, et Arthur Horvanx, pour le Parti de l’Union Républicaine. Au cours de cette nouvelle édition, une liste de thématiques et de sujets d’actualité seront abordées avec les invités, pour qu'ils puissent y exposer leur point de vue. En parallèle, un public composé de journalistes et d’experts politiques auront la possibilité de poser des questions aux deux personnalités sur le plateau. Le débat sera présidé par le présentateur phare de l’émission, Tetsuo Matsumura, sur la chaîne télévisée Jōhō NWK, à 20h30, une heure de grande écoute dans le pays. L’ensemble des échanges seront réalisés en dialecte de Kamishiwa, entièrement en direct, mais des sous-titrages en anglais austarien et en italien madrerian seront disponibles pour les téléspectateurs qui ne parlent pas cette langue.


Informations sur les personnalités invitées :

Retranscription de l'émission suivant les thèmes abordés :


L’émission s’ouvre sur un générique spécialement préparé pour l’occasion. Ce dernier présente pendant une minute le nom des deux candidats à la Présidence Fédéral et quelques thématiques d’actualité dans un montage d’images et de vidéos extrait des médias westaliens. Une fois le générique terminé, la caméra descend en plongeant depuis le haut du studio, laissant apparaître trois personnes sur le plateau, faisant chacun face à un pupitre pour s’exprimer : à gauche, Arthur Horvanx, au centre, Tetsuo Matsumura et à droite, Simeon Belagri. Face à eux, dans des gradins, se trouvent le public composé de journalistes et d’experts politiques venus assister au débat. Assez rapidement, l’image se centre sur le présentateur de l’émission, qui prend la parole devant les caméras.

Tetsuo Matsumura : Mesdames, messieurs, bonsoir à vous tous. Nous nous retrouvons pour cette émission spéciale du Grand Débat qui accueille ce soir deux grandes personnalités politiques westaliennes. A ma droite, Monsieur le Premier Ministre Arthur Horvanx, représentant du Parti de l’Union Républicaine pour les campagnes électorales de cette année 2015 et candidat pour devenir notre prochain Président Fédéral.

Arthur Horvanx : Bonsoir à tous, merci pour votre introduction, Matsumura-san.

Tetsuo Mastsuma : A ma gauche, nous accueillons sur notre plateau le leader de l’alliance des partis de gauche, Monsieur le Sénateur Simeon Belagri, qui représente l’Alliance Sociale et Démocrate, mais également son propre parti politique, le Front Populaire et Démocratique. Pour la troisième fois candidat à la présidence fédérale, il débattra de nombreux sujets d’actualité avec notre autre invité.

Simeon Belagri : Bonsoir également, c’est un plaisir d’avoir répondu à votre invitation, Matsumura-san.

Tetsuo Mastsuma : Nous allons aborder différents sujets et thématiques tout au long de cette émission, qu’ils portent sur l’économie, la diplomatie ou même sur le contexte sécuritaire. Nos deux invités s’exprimeront chacun à leur tour et les membres du public pourront leur poser des questions après leur prise de parole.

Nous allons commencer ce débat par un sujet portant sur l’état économique du pays, mais surtout celui de nos chers concitoyens. En effet, la Grande République a connu une croissance historique ces dernières années et nous commençons à peine à en prendre conscience. Comment allons-nous utiliser cette nouvelle richesse ? Quels sont les obstacles auxquels nous pourrions faire face ? Comment le peuple pourra-t-il en tirer partie ? Je vais laisser nos invités y répondre. Belagri-dono, vous pouvez commencer.


Simeon Belagri : Merci bien. Tout d'abord, il est désormais une évidence pour tout le monde que notre nation va rapidement devenir l’une des économies aleuciennes les plus importantes dans les années à venir, si ce n’est pas déjà le cas actuellement. Nos acteurs économiques font de nombreux profits et notre gouvernement réinvestit cette nouvelle entrée d’argent dans ses projets. Mais qu’en est-il de nos concitoyens ? Depuis 2012, le salaire moyen n’a augmenté que de 1,2%, notre système de santé rencontre de plus en plus de difficultés à répondre aux attentes des westaliens et le nombre d’emplois précaires à augmenter de façon proportionnelle ! Alors oui, notre économie augmente, mais où sont les projets sociaux qui vont permettre de faire profiter de cette richesse à notre peuple ? Nulle part et c’est là que se trouve le problème. Les différents gouvernements de Monsieur Hardenbor ont transformé la Grande République en une machine à argent qui ne sert que leurs propres intérêts. Avec le programme de l’ASD, nous proposons des solutions comme une revalorisation des retraites, la création d’un salaire minimum au niveau fédéral, la taxation des grandes fortunes ou encore une refonte du secteur de la santé, beaucoup trop dans les mains du privé pour quelque chose d’aussi essentiel à chacun. Il est important pour nos acteurs économiques et notre pays de se retrouver gagnant de notre ouverture sur le monde, mais les bénéfices de cette décision ne doivent pas se limiter à une minorité de personnes. Il y a un équilibre fondamental à trouver entre nos grandes entreprises et nos citoyens qui y sont employés. L’un est autant dépendant que l’autre de cet équilibre et si nous laissons faire nos politiques actuelles, alors nous courons tout droit vers un mur.

Tetsuo Mastsuma : Horvanx-dono, vous pouvez désormais prendre la parole pour exposer votre vision et répondre aux propos de votre adversaire.

Arthur Horvanx : Tout à fait, j’y compte bien, puisqu’il y a énormément à dire sur ce que Belagri-dono vient de nous présenter. Si je partage son point de vue sur le fait que notre pays va devenir une des principales économies du continent dans un futur proche, il est complètement démagogique de déclarer que mon gouvernement et ses prédécesseurs ont transformé notre pays en une “machine à argent”. Depuis l'arrivée du Parti de l’Union Républicaine au pouvoir, nos décisions ont permis de réduire drastiquement le chômage à un pourcentage historique pour Westalia. Non seulement l’ouverture sur le monde a permis d’élargir notre marché sur l’international, et particulièrement en Aleucie grâce au marché intérieur de l’ASEA, mais cela a surtout permis à tous nos citoyens d’augmenter leur qualité de vie drastiquement. L’augmentation de la concurrence et l’importation de nouveaux produits étrangers a notamment permis une baisse significative des produits de premières nécessités dans l’ensemble du pays. Une baisse qui a notamment permis une augmentation du pouvoir d’achat des westaliens, mais également leur capacité à investir dans notre économie et dans nos acteurs économiques. Depuis 2011, le nombre d'auto-entrepreneurs et de startups a connu une forte évolution et nombre d’entre elles ont pu profiter de nos lois économiques particulièrement souples pour devenir des succès westaliens. Alors quand je vois Belagri-dono nous proposer des solutions sociales à nos citoyens, je vous rappel que les premiers qui vont payer le prix de ces aides vont être les classes moyennes, qui vont payer encore plus d’impôt dans les années à venir si nous laissons le programme de l’ASD se mettre en place. Avec une économie nationale qui va devenir encore plus forte, je peux déjà promettre à nos concitoyens des baisses d’impôts et de nouvelles lois visant à aider les plus aventureux d’entre eux à se lancer dans la création de nouvelles entreprises innovantes et pleines d'opportunités. L’ASD propose une béquille qui ne réglera aucun de vos problèmes. Le PUR vous offre une véritable solution pour que vous puissiez accomplir votre ascension sociale. Belagri-dono ne sait pas ce que c’est que de commencer au plus bas de l'échelle sociale. Pendant qu’il étudiait gracieusement dans une belle université, je vivais dans un appartement très modeste, enchaînant les petits boulots et les projets peu rentables. On lui a tendu un tapis rouge pour sa réussite, tandis que j’ai dû gravir une montagne d'obstacles pour trouver ma réussite. Les leçons de morale de privilégiés ne sont qu’hypocrisie dans notre société. Ce qui nous mènera à notre grandeur, c’est notre volonté à nous élever et en tant qu’élu, je souhaite tendre la main à tous ces ambitieux, qu’importe leurs origines ou leur communauté, pour bâtir une Grande République prospère et puissante, basée sur le mérite et la capacité de chacun à se dépasser.

Alors que la prise de parole d’Arthur Horvanx se termine, une main se lève dans le public et un micro est passé à la personne demandant la parole. C’est un journaliste d’une radio locale, visuellement d’ethnie nipozam, qui pose une question à Arthur Horvanx.

Journaliste de radio nipozam : Horvanx-dono, j'aimerais que vous reveniez sur la faible augmentation du salaire moyen de nos concitoyens, alors que l’économie a connu une évolution de l’ordre de 20%, pour reprendre les chiffres de l’année 2014. Comment expliquer que les westaliens ne voient pas plus leurs revenus augmenter à la fin du mois ?

Arthur Horvanx : Très bonne question, vous faites bien de soulever ce sujet, puisque mon adversaire semble aimer agiter des chiffres hors de leur contexte. Comme je l’ai déjà dit, la qualité de vie des westaliens s’est grandement améliorée et nos politiques ont permis une baisse de leurs dépenses annuelles. Que cela soit dans l’énergie ou la nourriture, le prix de la vie est beaucoup plus bas qu’il y a quatre ans et cela se voit assez facilement dans la volonté d’investir de nos concitoyens et de la multiplication de leurs projets financiers individuels. Alors qu’on n’utilise pas ce chiffre pour faire croire que notre population vit dans la misère ou au joug de nos grandes entreprises, cela est complètement faux et populiste.

Simeon Belagri : Si vous me permettez, ce que vous venez de dire est complètement faux. Le coût de la vie n’a pas baissé pour nos citoyens et il suffit de voir combien de westaliens évitent d’aller consulter un médecin pour comprendre qu’un problème systémique est en place contre les foyers les plus précaires. Vous parlez également d’ascension sociale, mais celle-ci n’est réservée qu’à ceux qui en ont déjà les moyens. Finir dignement la fin du mois est déjà un projet difficile pour nombre de nos citoyens et je ne parle même pas des frais de scolarité qui ont une nouvelle fois augmenté, sans régulation de votre gouvernement, qui fait la part belle aux bénéfices et non à un véritable désenclavement social de nos citoyens issus des classes les plus modestes.


Tetsuo Mastsuma : L’éducation est également un sujet important pour cette campagne électorale. Notre société évolue et le besoin de profils de plus en plus qualifiés devient une nécessité évidente pour notre avenir. Quelles sont les propositions de nos invités ? Belagri-dono, vous pouvez reprendre la parole.

Simeon Belagri : L’éducation est un domaine vital pour notre société et surtout son avenir. Les futures générations y sont formées et, en tant que ceux qui les ont précédés, nous avons le devoir de leur offrir une scolarité pleine d’opportunité et complète, pour qu’ils puissent réussir dans leur vie, tout en bénéficiant à notre société. Contrairement à ce qu’a pu dire mon adversaire, on ne m’a pas déroulé un tapis rouge pour que je puisse réussir dans la vie et j’ai bravement réussi mes études pour faire mon entrée dans le monde actif. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est de rendre l’éducation la moins coûteuse possible pour nos jeunes citoyens. D’une part via la création d’une aide pour les familles les plus démunies, de l’école élémentaire au lycée, pour que nos enfants puissent travailler avec du matériel décent en classe. L’accès à nos universités est particulièrement cruel pour les élèves les plus prometteurs, mais ne possédant pas les fonds nécessaires pour y accéder. Des bourses spéciales et la mise en place de quotas doivent désormais prendre place dans ces institutions, afin que nous puissions élever cette population qui ne manque pas de talents à révéler au grand jour.

Arthur Horvanx : Une nouvelle fois, Belagri-dono nous a faits de grandes promesses, mais qui sont irréalisables et toujours dans une volonté démagogique. Une véritable éducation, c’est celle qui permet de s’adapter à son temps et qui promeut le mérite de ses élèves dans leur éducation, tout en fidélisant une nouvelle génération de citoyens aux grandes valeurs de notre nation. Il est donc nécessaire d’offrir de nouvelles opportunités d’études à nos enfants, via la construction de nouveaux établissements et la formation de nouveaux professeurs, en partenariat avec les institutions déjà existantes. La mise en place de quotas n’est pas compatible avec la méritocratie qui a fait la richesse intellectuelle de notre pays, puisque l’imposition d’une telle règle entraînera inévitablement une baisse du niveau et de la valeurs de nos diplômes. Pour offrir à nos citoyens les plus démunis une chance d’étudier dans nos universités les plus prestigieuses, je propose la mise en place d’une bourse spéciale, qui couvrira la majorité des frais de scolarité, sous le passage d’un concours et d’un engagement des bénéficiaires à travailler dans une entreprise westalienne pendant au moins cinq années, après la fin de leurs études. Je l’annonce également à nos résidents étrangers ou aux citoyens du monde qui m’écoute en ce moment, mais cette bourse sera aussi ouverte aux étudiants étrangers qui souhaitent apporter un véritable plus valu à notre pays, sous les mêmes conditions d’obtention que nos jeunes westaliens.


Tetsuo Mastsuma : En parlant du reste du monde, nous pouvons enchaîner avec un sujet portant sur le futur de la diplomatie westalienne. Récemment, la Fédération de Stérus a décidé de quitter l’ASEA et la Grande République porte de plus en plus son regard hors de l’Aleucie, pour trouver de nouveaux partenariats. Quels commentaires nos deux invités ont-ils à présenter pour nos concitoyens ? Horvanx-dono, je vous donne la parole.

Arthur Horvanx : Depuis quelques années, la Grande République n’a jamais été autant présente sur la scène internationale dans son histoire. Resserrer nos liens diplomatiques avec nos voisins aleuciens est une priorité pour faire de notre pays un acteur important des politiques aleuciennes et la création de l’ASEA est une véritable bénédiction pour arriver à faire de notre continent une région économique dominante et unis face à nos obstacles communs, qu’ils soient d’ordre sécuritaire ou face à l’intégration d’idéologies particulièrement dangereuses pour notre intégrité continentale, qu’elles soient d’une mouvance communiste ou d’extrême-gauche. Sur une échelle encore plus grande, notre nation se doit d’élargir son réseau de contacts à travers le globe et doit obtenir des partenariats profitables avec des États au profil amical et désireux de créer nombre de bénéfices avec un pays aussi prometteur que le nôtre. En sommes, nous devons renforcer encore plus notre présence à l’international, notamment dans le commerce mondial. Mais dans le court terme, je juge qu'il est d'abord stratégique de resserrer les liens qui nous unissent avec notre allié historique, la République de Lermandie, que cela soit via l’établissement de nouveaux accords économiques, mais également culturels ou humains et ce n’est pas faute d’avoir été un précurseur en la matière.

La dernière phrase est une référence évidente sur la relation qu’Arthur Horvanx a entretenu avec l’actrice d’origine lermandienne Jeanne Mapel, avec qui il a eu une fille, mais dont le mariage n’aura duré que cinq années. Dans ce débat très sérieux, cette petite touche d’humour a permis de détendre l’atmosphère et de faire rire le public, sur un ton et une prononciation qui démontre à nouveau pourquoi Arthur Horvanx est considéré comme l’un des meilleurs acteurs de cinéma westalien.

Arthur Horvanx : Pour ce qui est du départ de la Fédération de Stérus de notre alliance, je vais vous dire une chose très simple : bon vent ! Nous n’avons pas besoin d’un pays qui essaye d’imposer son hégémonie sur nos alliés et nous-même. L’ASEA n’a jamais été une organisation visant en priorité le développement militaire de ses membres et le discours fallacieux du Consul Pandoro est une honte pour son peuple et la communauté aleucienne. Il n’obtient pas ce qu’il souhaite, alors il fait un caprice, profère des menaces et décide de fuir à la première occasion quand il se rend compte que personne ne l’a jamais soutenu dans ses délires. Pour le bien des stérusiens, je pense que leur dirigeant aurait bien besoin d’une aide pour son comportement colérique, erratique et bipolaire. Désormais, notre organisation peut se concentrer sur les véritables sujets d’importances : le développement économique de notre marché intérieur, la sécurisation de nos territoires face aux nouveaux dangers du terrorisme et de la piraterie et bien évidemment un renforcement de la cohésion et de la structuration de notre alliance. Les nations qui veulent faire avancer l’Aleucie vers un avenir prospère peuvent désormais travailler ensemble de manière fluide. Je souhaite à nos anciens camarades stérusiens un avenir qu’ils jugent meilleur sans notre coopération et qui, je l’espère, ne sera pas un mauvais choix pour leur futur.

Simeon Belagri : Je trouve cela très intéressant de voir qu’Horvanx-dono ne déplore en aucun cas ce que je juge être un échec diplomatique d’importance de l’ASEA à ne pas avoir réussi à garder la Fédération en son sein. Si le caractère du nouveau Consul stérusien est certes une variable particulièrement difficile pour nos relations, je tiens à rappeler que c’est également Monsieur le Président Fédéral Hardenbor qui a tout fait pour pousser à un départ de ce pays de notre organisation. Sous une forme de passif-agressif, notre dirigeant actuel essaye d’influencer une doctrine diplomatique westalienne offensive et fourbe, menant à ce genre d’échecs plus que regrettable pour l’avenir du continent. A croire que la si prometteuse doctrine de Takajiwa-dono est progressivement remplacée par une déformation terrifiante et autoritaire de cette dernière, dans une version qu’aucun westalien ne souhaite. Une évolution néfaste que j'accuse être l’œuvre des membres traditionalistes du PUR, qui n'ont jamais caché leur méfiance de la fin de l'isolationnisme. L’ASD rappelle que nous soutenons avec importance l’ouverture sur le monde et la mise en place de coopérations d’importances avec nos alliés et amis. Une fois notre gouvernement mis en place fin-septembre, nous allons orienter nos efforts dans le renforcement de nos liens actuels avec nos alliés de l’ASEA et tout particulièrement l’Akaltie, dont la position de plus en plus importante sur le continent en fait un partenaire essentiel pour que nous puissions mettre en place de nouvelles coopérations économiques et sécuritaire pour le bien de tous. La défense de la démocratie devient un enjeu particulièrement majeur face aux menaces réactionnaires et bellicistes de certaines nations de ce monde qui œuvre dans l’ombre pour la chute des libertés et l’imposition de leur discours inacceptable. Nous avons connu la dictature, nous avons connu l’oppression, et même la guerre face à une menace pour notre société libre. Nous disposons désormais de moyens beaucoup plus importants pour aider à la sauvegarde du “monde libre”. Ainsi, il serait tout à fait naturel de nous rapprocher de partenaires de confiance qui luttent déjà dans cette optique, tels que le Royaume de Teyla ou encore l’Empire du Nord. Deux nations avec qui nous entretenons déjà des liens, mais avec qui, je pense, nous devrions approfondir nos coopérations. Une chose que le gouvernement actuel ne semble pas prêt à faire au vu de son caractère peu regardant sur les libertés et la démocratie.

Dans l’audience, une nouvelle main se lève et c’est cette fois-ci un journaliste du “The World”, qui souhaite prendre la parole. A nouveau, un micro circule dans le public pour arriver jusqu’à cet homme d’ethnie nipozam, qui adresse sa question au Sénateur Simeon Belagri.

Journaliste du The World : Belagri-dono, lors de sa prise de parole, Horvanx-dono nous a présenté sa vision du futur sur l’orientation de l’ASEA qu’il souhaiterait voir en place. Fin 2014, votre proche collaborateur, le Sénateur Richard Kaylor, a déjà exposé une vision bien définie de ce qu’il souhaiterait voir en tant que direction diplomatique pour notre pays et notamment notre relation avec l’ASEA. Adhérez-vous à sa vision et quels sont les points avec lesquels vous n’êtes pas d'accord avec votre adversaire d’aujourd’hui ? En vous remerciant.

Simeon Belagri : Je pense que je partage en grande majorité la vision de Kaylor-dono sur la direction diplomatique à prendre, aussi bien pour le pays que pour l’ASEA. La Grande République se trouve aujourd’hui dans une position en capacité d’influencer la direction de cette noble institution et nous nous devons de saisir cette chance. En effet, il est nécessaire de travailler de manière conjointe pour que notre alliance puisse devenir un véritable phare de la démocratie, un repère pour tous les aleuciens, un modèle pour les autres organisations dans le monde. Il ne doit pas être seulement question de faire fructifier nos économies ou de construire de puissantes armées, mais surtout de donner aux citoyens des pays membres la possibilité d’évoluer dans un monde en plein changement, de profiter des atouts de chacun des peuples membres, de connaître un quotidien plus stable, plus prospère et pouvant mener vers une évolution de nos sociétés profitable à tous. Ce qui manque aujourd’hui à l’ASEA, c’est cet aspect humain, cette proximité avec la population. Les décisions qui y sont actuellement prises y sont très technocrates et assez lointaines du quotidien des millions de personnes qui en sont impactés. C’est ce qui a, je pense, indirectement poussé les citoyens stérusiens à voter majoritairement pour quitter cette organisation. Si elle avait été plus présente dans la vie de ces derniers, alors peut-être cette sortie aurait pu être évitée, ils auraient pu voir à quel point cette alliance aurait pu leur être bénéfique, surtout quand on voit qu’une large partie de la population n’était pas en accord avec ce départ, notamment la population catholique de la Fédération. Je le réitère une dernière fois, mais il faut faire preuve de proximité, prendre des décisions qui démontreront que cette alliance est avant tout pour le peuple et qu’elle lui est très profitable.


Tetsuo Mastsuma : Il est désormais temps d’aborder le thème phare de ces élections, qui est le contexte sécuritaire de notre pays, mais également du continent. Entre l’augmentation de la criminalité, la recrudescence de la piraterie et la guerre civile en Osno, mais également face aux critiques de l’opposition sur les décisions prises dans ce domaine par le gouvernement fédéral, comment nos invités vont-ils exposer leur vision de ces problématiques ? Belagri-dono, vous pouvez commencer.

Simeon Belagri : Les gouvernements successifs à la botte de Monsieur le Président Fédéral Hardenbor ont toujours instrumentalisé les questions sécuritaires pour produire de nouvelles lois liberticides et anti-démocratiques. La loi Safety & Security III est une aberration dans l’histoire de notre pays, où le simple fait d’avoir une opinion peut nous faire marquer au fer rouge de la justice l’étiquette “extrémiste”, si ce n’est pas “terroriste”. Il n’y a qu’à voir l’application rigoureuse de cette loi en début d’année dernière, avec l’arrestation massive de militants hamajaks et le pitoyable échec de censurer le Democracy pour une interview d’un activiste indépendantiste. Après la formation d’un gouvernement ASD fin septembre, notre première décision sera de réformer les trois lois Safety & Security pour y retirer les éléments que nous jugeons comme une atteinte aux libertés individuelles, d’expression et de la presse. Cela ne veut pas dire que la lutte contre la grande criminalité est de moindre importance, mais qu’il n’y a pas besoin de tous ces éléments pour parvenir à endiguer cette problématique. Pour ce faire, je propose une réforme de la branche de lutte contre la grande criminalité de la Federal Homeland Security Agency pour qu’elle puisse s’adapter aux enjeux désormais internationaux de la pègre westalienne. Nous devons multiplier les coopérations dans ce sens avec nos alliés et les pays impactés par ce phénomène pour obtenir des résultats concrets. Pour ce faire, il est extrêmement important d’accentuer nos efforts dans notre combat contre la piraterie, particulièrement dans le sud de l’Aleucie, mais surtout contre les réseaux de contrebandes qui se sont formés ces dernières décennies à travers le continent. La stabilité du continent est une nécessité et la sécurité de nos citoyens une priorité. Nous pouvons réaliser cela sans avoir à marcher sur les libertés et la démocratie de notre pays.

Arthur Horvanx : Des paroles irresponsables, encore une énième fois démagogiques et complètement éloignées de la réalité. Les lois que vous critiquez sont celles qui ont permis au pays de se redresser d’une des plus grosses crises sociales de son histoire. Elles n’ont rien de liberticide ou d’anti-démocratique, mais servent belles et biens l’intérêt des westaliens qui ont plébiscité plusieurs fois leur mise en place. Elles sont les piliers de la lutte efficace contre le terrorisme et les pensées extrémistes qui polluent l’esprit de certains de nos concitoyens. Il n’est pas question de censurer la presse, de museler la population ou d’imposer un discours unique au sein de la Grande République. Si vous pointez le processus judiciaire qui fut engagé, à l’époque, contre le Democracy, alors je reconnais bien une dérive de cette loi et qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Face à cette erreur, le gouvernement de mon prédécesseur a pris ses responsabilités, en démissionnant, et cela a permis une restructuration de l’exécutif pour appliquer un programme populaire et approuvé par nos citoyens, sous ma dirigeance. En tant que Premier Ministre Fédéral, je me suis toujours porté garant de la protection de la démocratie et des différentes libertés de notre société. Pour s’assurer que les lois Safety & Security soient appliquées à la lettre, il va être nécessaire de les ajuster dès la fin de l’année, en réponse à une critique populaire que je juge juste. Ces lois doivent être le symbole de notre sécurité, les armes pour nous défendre face à nos ennemis qui essaient de détruire l’Union Nationale, en divisant les communautés de la Grande République. Nous devons nous montrer plus fermes face à ces groupes de personnes et profiter des ajustements de ces lois pour offrir de nouveaux outils à notre système judiciaire pour lutter contre les mouvances extrémistes et terroristes. Rien de tout cela ne nécessite de mettre notre démocratie au bagne et nos libertés en prisons. Moi Président Fédéral, ces droits fondamentaux seront toujours protégés et pris en compte dans chacune de nos décisions. Nos politiques sécuritaires peuvent vivre avec ces aspects et mon futur gouvernement en sera la preuve vivante.

Pour ce qui est de la grande criminalité, je prends cette problématique très au sérieux et, depuis le début de mon mandat, j’ai multiplié les actions visant à mettre un terme à ce fléau qui n’a que trop duré. Nous nous devons de renforcer nos forces navales pour assurer la sécurité de nos navires face à la piraterie, intensifier les missions de contrôles et de lutte dans les secteurs maritimes sur lesquels nous opérons déjà et appliquer des peines encore plus lourdes contre les personnes s’adonnant à ce genre d’activités illégales et dévastatrices pour tout un chacun. Nous devons multiplier les coopérations sécuritaires avec nos alliés et pousser l’ASEA vers une véritable prise de conscience de cette problématique. Sujet que j’ai déjà fait remonter à nos représentants sur place, pour en échanger avec nos alliés dès que possible. Aucune pitié ne doit être offerte pour ces criminels qui détruisent la vie de temps d’innocent avec leurs drogues et leurs armes, cela doit cesser maintenant.



Tetsuo Mastsuma : Nous allons désormais entamer un sujet plus local et qui concerne l'État-Répbulicain dans lequel nous nous trouvons actuellement, également dernier sujet de la soirée. Je parle bien évidemment de Lerant. Cet État semble se positionner comme un élément clé pour les élections représentatives de juin. Qu’avez-vous à dire pour les millions de citoyens nipozam qui nous écoutent ce soir ? Horvanx-dono, vous pouvez commencer.

Arthur Horvanx : L’État de Lerant est l’une des régions les plus riches culturellement de la Grande République. Sa population est un pilier de Westalia et la situation de ce territoire me semble être un exemple tout particulièrement important à suivre pour l’avenir. Je suis originaire d’un territoire bien plus au sud qu’ici, aux différences culturelles, parfois énormes, mais pourtant, cette différence n’empêche en rien de nous reconnaître en tant que compatriote, d’avoir des citoyens lerantien dont j’ai l’honneur de pouvoir servir, à un poste où je donne de toute mon âme pour répondre à vos besoins. J’ai observé les événements du début d’année 2014 et j’ai parfaitement écouté vos inquiétudes, vos besoins et vos revendications. Avec votre aide, nous pouvons mettre en place un programme qui assurera votre sécurité, votre confort et la prospérité de vos foyers pour les nombreuses années à venir. Le 15 juin prochain, lorsque vous serez devant l’urne, vous aurez la possibilité de soutenir une fois de plus l’Union Nationale et tous les bienfaits qu’elle a pu apporter. Ne vous arrêtez pas à certains sondages ou rumeurs qui invitent à douter de mes intentions, je suis un fidèle serviteur des westaliens et je compte le prouver une fois de plus en renouvelant votre confiance cette année. Votez pour une Grande République ambitieuse et unie, votez pour votre candidat Union Nationale. Vive notre peuple et vive Westalia.

Simeon Belagri : L’heure du changement a sonné et les candidats de l’ASD vous proposent l’alternative tant attendue depuis des années. Nous avons enfin la possibilité de sortir de l’autoritarisme hardenborien, de sauver notre démocratie et de protéger définitivement nos libertés. La population de Lerant a montré son mécontentement en 2014 et a désormais la possibilité de sanctionner ce gouvernement décadent une bonne fois pour toutes. Chacune de vos voix compte pour l’avenir de notre nation et celle-ci débute par la constitution d’une assemblée représentative qui pourra soutenir la nécessité de changement et de réforme pour une société plus libre, plus égalitaire et plus démocratique que nous n’avons pu l’être par le passé. Le 11 juin, vous aurez face à vous deux choix pour notre avenir, celui du retour d’un Horvanx autoritariste au pouvoir ou la fin de deux décennies d’une ère plus que révolue. Nous devons faire front ensemble pour orienter le futur de Westalia vers celui d’une démocratie libre, indépendante et purifier de ses relents horvanxiens. Lors du scrutin, votez pour votre candidat de l’union de la gauche, votez pour la démocratie. Vive la Grande République et vive Westalia !

Tetsuo Mastsuma : Ce sera sur ces mots que nous conclurons cette émission, en espérant qu’elle a pu vous permettre de mieux comprendre le programme des deux principales forces politiques de notre pays. Je tiens à remercier une fois de plus nos invités, Monsieur le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx et Monsieur le Sénateur Simeon Belagri, d’avoir accepté d’échanger sur ce plateau. N’oubliez pas d’aller voter le 11 juin prochain et je souhaite une bonne soirée à tous nos téléspectateurs, au plaisir de vous revoir pour notre prochaine émission !

L'émission se termine sur un générique de fin avec la caméra qui remonte en contre-plongeant, depuis le focus sur le présentateur Tetsuo Mastsuma. Ceci conclut le premier débat de l’année entre les deux principaux candidats pour la Présidence Fédérale de la Grande République, qui sera voté début octobre par les membres du Conseil Électif, pour la plupart fraîchement élu à ce moment-là. Le prochain débat aura lieu sur Notizia TV, au cours du mois de Juillet. En attendant, analyse et bilan sont à prévoir pour ces premiers échanges entre les deux grands rivaux…

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Democracy du 16 mai 2015
Democracy


Débat Horvanx-Belagri : L'amateurisme convainquant contre l’expérience talonnant derrière

Image d’illustration d’un plateau télévisé pour débat politique.
Image d’illustration d’un plateau télévisé pour débat politique.

Le premier débat entre les deux candidats à la présidentielle a eu lieu hier soir, dans la soirée du 15 mai, sur la chaîne Jōhō NWK et entièrement en dialecte de Kamishiwa, comme annoncé par ses participants. Les candidats au poste de Président Fédéral, le Premier Ministre Arthur Horvanx et le Sénateur Simeon Belagri, on pu avoir l’occasion d’opposer leurs idées sur plusieurs thématiques d’importance de cette campagne, que cela soit sur l’économie et les finances de nos citoyens, l’éducation, la sécurité ou encore la diplomatie. Ce premier “affrontement” des deux protagonistes de cette année a été particulièrement suivi par les westaliens, puisque plus de 17 millions de téléspectateurs, soit environ 72% de part d’audience, ont été au rendez-vous pour voir les deux protagonistes de 2015 s’affronter en direct. A quelques jours du premier scrutin majeur de cette année, les deux camps ont pu exposer leurs points de vue et essayer de convaincre les électeurs. Hasard du calendrier, le débat s’est tenu dans la ville de Kaijotoshi, capitale de l'État-Répbulicain de Lerant, l’un des États clés de ces prochaines élections, soit une occasion pour les candidats de marquer des points avec la population locale et de prendre de l’avance dans la course à la présidentielle. Nous en venons ainsi à la question qui intéresse le plus nos lecteurs, entre Arthur Horvanx et Simeon Belagri, qui a su se montrer le plus convaincant aux yeux de nos citoyens ? Ce débat télévisé s’est porté sur quatre thématiques : l’impact de l’économie sur les westaliens, l’éducation, le futur de notre diplomatie et le contexte sécuritaire. Pour chacune d’entre elles, nous avons commandé un sondage à la Westalian Society of Opinion pour analyser et comprendre le possible ressenti de la population de la Grande République. Nous étudierons également, toujours à partir d’un sondage, les premières impressions des habitants de l'État-Répbulicain de Lerant, puis de l’ensemble du pays, à la suite de ce débat.

Croissance économique et répercussion sur la vie quotidienne : victoire majeure de Simeon Belagri

Economie

Voilà une thématique où le Sénateur Simeon Belagri a réussi à toucher une majorité des téléspectateurs (53,3%), là où, comparativement, son adversaire a peiné à convaincre (40,6%), pour seulement 6,1% des répondants qui n’ont trouvé aucun des deux politiciens convaincants. Comment expliquer cet écart au niveau de cette thématique ? Dès le lendemain matin, nous sommes allés recueillir des témoignages sur le terrain pour comprendre celui-ci et la constatation est sans appel : la plupart des citoyens que nous avons interrogé ont fait part d’une certaine vision hors-sol du Premier Ministre Fédéral sur le quotidien de ses administrés : “Je pensais que Monsieur Horvanx, ayant connu la pauvreté dans sa jeunesse, aurait une compréhension assez profonde des galères financières de la population, une vision qui aurait pu trancher avec la déconnexion ultralibérale de nos dirigeants. J’ai été déçu de voir que le discours est finalement le même et que, au niveau économique, nous ne sommes pas prêts d’avoir de grands retours, comme d’habitude”, nous confie une passante dans les rues de Columbia. “Pour nous dire de nous bouger le cul, alors qu’on est déjà payé une misère, c’est fort de sa part. Comment on a pu devenir l’une des principales économies du continent et ne voir presque aucun changement ? Il est où l’argent ? C’est nous qu’on se lève tôt pour aller bosser pour eux, que je sache !”, a déclaré déconcerté un ouvrier de Northcoal, à l’un de nos journalistes. Au cours de l’année 2014, notre PIB a connu une augmentation de 24,2% et les bénéfices des grandes entreprises ont atteint des records historiques, tandis que les plus grandes fortunes du pays ont vu leur patrimoine être grandement réévalué à la hausse, notamment grâce à leurs investissements à l’étranger, alors que la population n’a vu son salaire être augmenté que de 1,2%, en moyenne, en seulement 3 ans. Ainsi, il est assez facile de comprendre qu’une majorité de la population n’a pas répondu positif aux propos du chef du gouvernement et a démontré beaucoup plus de sympathie pour ceux du Sénateur FPD, qui a avancé plusieurs propositions socio-économiques pour créer “un équilibre fondamental à trouver entre nos grandes entreprises et nos citoyens qui y sont employés”, comme la création d’un salaire minimum sur lequel les sociétés westaliennes devrait s’indexer, concept qui existe déjà dans les États-Répbulicains de Dakantia et de Terracristo, une revalorisation des retraites ou même des promesses d’une restructuration du secteur de la santé pour le rendre plus abordable aux citoyens. D’un autre côté, une minorité importante a tout de même soutenu la vision d’Arthur Horvanx, notamment par accord sur les supposées conséquences de celles présentées par Simeon Belagri : “Si l’État commence à s’investir trop dans ces domaines, nous allons nous rapprocher d’une société socialiste, voir communiste, où nous allons devenir dépendant d’un système faussement bienveillant et dont ceux qui devront payer de leur argent pour cela, ce sera nous, les classes moyennes, qui ne pourront pas en profiter à la hauteur de ce que nous investirons dedans”, nous a affirmé un habitant de New Landor. Sans surprise, la majorité des sondés ayant approuvé les propos de notre Premier Ministre Fédéral appartiennent à la classe moyenne supérieure ou au-dessus. Là où, à l'opposé, cette affirmation semble confirmer un tournant à gauche pour les classes moyennes inférieures et populaires, beaucoup plus en phase avec Simeon Belagri, sur cet aspect.

L’éducation : une ligne identique, mais une application différente, avec un léger avantage pour Simeon Belagri

Education

L’internationalisation de notre société et les appels à la formation d’une nouvelle génération de westaliens plus qualifiés et plus diplômés pour soutenir l’effort de croissance du pays a récemment ramené le sujet sensible de l’éducation au sein de cette campagne, tout particulièrement son accessibilité pour la majorité de nos citoyens. Sur cette thématique, les téléspectateurs sondés se sont montrés très divisés et dégagent assez difficilement la vision qui semble avoir la plus convaincue lors de ce débat. Avec 48,5% d’approbation, c’est Simeon Belagri qui semble avoir remporté ce duel autour de l’éducation, pour autant, Arthur Horvanx marque le coup avec 47,3% d’approbation, de quoi se poser des questions sur l’écart serré autour de ces résultats. Toujours dans une volonté de comprendre nos citoyens, nous avons également échangé avec des westaliens sur le terrain, pour connaître leur avis. Dans la majorité de nos témoignages, nous avons pu relever que les deux candidats ont visé juste en considérant qu’il était nécessaire d’aider les plus démunies avec la création d’une bourse financée par le gouvernement : “Je n’ai pas pu aller à l’université dans ma jeunesse, car je suis né dans une famille avec peu de moyens. Même si je voulais vraiment y aller, mes parents ne pouvaient pas assumer une telle dépense et aucune banque n’était favorable pour m’accorder un prêt. Alors si le gouvernement met en place une bourse pour aider nos jeunes, je pense que c’est une bonne idée”, nous confie un cinquantenaire de Columbia. Si ce point central semble positionner les deux adversaires sur une ligne assez similaire, son obtention est sujet à débat. D’un côté, celui de Simeon Belagri, on soutient une bourse pour tous les étudiants dont les moyens ne peuvent pas permettre de rejoindre une université, avec mise en place d'un quota minimum de place pour ces boursiers. D’un autre côté, celui d’Arthur Horvanx, cette bourse doit être conditionnée à la réussite d’un concours pour les étudiants avec peu de moyens. “Aujourd’hui, les universités westaliennes possèdent un niveau d’exigence particulièrement élevé et cela risque de s'accentuer avec la concurrence internationale. Alors, je pense qu’il est juste d’imposer un concours pour l’obtention d’une telle bourse. Il ne faudrait pas commencer à financer des étudiants qui n’ont pas les capacités de réussir à un niveau d’étude aussi élevé”, nous a confié un habitant de New Landor. Pour autant, le léger succès du Sénateur semble être dû au fait qu’il est abordé l’éducation dans un plus grand spectre que celui universitaire, soutenant la mise en place d’une aide pour les élèves de l’école élémentaire jusqu’au lycée : “J’élève seule trois enfants et l’achat de matériels scolaires coûte cher. Une aide de l’État serait plus que la bienvenue, surtout avec le petit salaire que j’ai”, a soutenu une mère de famille de Fort Harvey.

Futur de la diplomatie et vision de l’ASEA : un Arthur Horvanx jugé très convainquant

Diplomatie

L’année 2015 s’est ouverte sur des événements diplomatiques d’importance pour le continent et donc pour la Grande République. Depuis l’ouverture sur le monde, ce thème est particulièrement suivi par la population, qui s’intéresse de plus en plus à ce qui l'entoure et dont certains journaux, comme The World, ont progressivement spécialisé leurs articles sur ce genre d’informations. En parallèle, des personnalités, comme le Ministre Fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa, ont réussi à sortir leur épingle du jeu en se plaçant régulièrement au centre de l’actualité westalienne, souvent avec des nouvelles positives. Des deux politiciens, il semblerait que cela soit Arthur Horvanx (52,8%) qui ait le plus convaincu les téléspectateurs sur cette thématique, face à un Simeon Belagri (45,1%) moins performant sur cette partie. Qu’est-ce qui a permis de départager les deux candidats ici ? Dans le premier sous-sujet de ces échanges, soit le futur qu’ils envisagent pour la diplomatie westalienne, le Premier Ministre Fédéral reste sur une ligne politique quasi-identique à ce que le gouvernement applique depuis quelques années : développement économique à l’international, prioriser la création de liens avec les nations aleuciennes, renforcement de la présence de la Grande République au sein de l’ASEA et sans oublier la célèbre lutte conservatrice contre les “idéologies d’extrême-gauche”. Un point assez important qui a le plus satisfait les téléspectateurs, suivant les témoignages que nous avons pu recueillir, reste la volonté de renforcer les liens avec la République de Lermandie. Allié historique, notre voisin entretient de nombreux liens économiques et culturels avec notre population, qui semble partager une vision très positive de cette nation : “J’ai combattu aux côtés de lermandiens, dans les années 50. C’est un peuple très polie, agréable et solidaire avec le nôtre. Que nos dirigeants aient décidé, il y a quelques années, de forger de nouveaux liens solides avec eux est une très bonne chose. Là où je suis né, beaucoup d’habitants ont des ancêtres lermandiens ou de la famille qui y vit actuellement. On a beaucoup à gagner à améliorer ce qu’on fait déjà avec eux. Alors quand je vois Monsieur Belagri qui parle de se tourner vers l’Akaltie, j’ai rien contre eux, mais je vois pas ce qu’on va y gagner à faire plus que ce que l’on fait déjà. Il a loupé son coup, le Sénateur, sur ce débat. Quand on parle diplomatie, ici, on pense souvent aux liens que l’on a avec la Lermandie”, nous explique un vétéran octogénaire de Kaijotoshi.

C’est probablement sur la vision de l’ASEA que Simeon Belagri a réussi à réduire l’écart avec son adversaire. Le Premier Ministre Fédéral s’est montré particulièrement sévère et moqueur à l’encontre du Consul et du gouvernement stérusien, s'alignant ouvertement sur un positionnement anti-Stérus, mené depuis plusieurs mois par son Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf. Ce franc parlé et ses invectives contre le dirigeant étranger le moins apprécié des wesaliens, dépassant même le dictateur antérien, Ismael Idi Amar, ont réussi à séduire la frange conservatrice de la population, comme nous le confie une habitante de New Landor : “La Fédération de Stérus a cherché à nous la mettre à l’envers et je pense aussi que leur départ est une bonne chose. J’ai entendu dire qu’ils étaient en train de négocier et ça sent mauvais pour les stérusiens, qui vont perdre beaucoup à cause de leur mégalo-isolationniste qu’ils ont voulu comme leader. Tant pis pour eux ! Arthur Horvanx a raison et je dis aussi ‘bon vent’ pour leur départ !”. D’un autre côté, certains ont rejoint les critiques émises par Simeon Belagri sur la culpabilité du Président Fédéral Hardenbor sur la crise diplomatique ayant explosé au sein de l’ASEA. Un homme de Columbia se montre, par exemple, très offensif sur les propos du Premier Ministre Fédéral, lors du débat : “Cet homme est un fanfaron, un clown qui amuse la galerie de ses grandes phrasés populistes, mais dans le fond, il n’a rien proposé de concret pour le futur de l’ASEA, si ce n’est sa totale satisfaction de voir les stérusiens partir de l’alliance, qu’il présente presque comme une réussite politique”. Le Sénateur de Santa Maria a de son côté présenté une vision de l’ASEA particulièrement originale et assez éloigné de ce qui se fait actuellement. Dans une volonté de la faire évoluer vers une alliance “plus sociale” et “moins technocratique”, son arrivée au pouvoir pourrait renverser complètement la doctrine ultralibérale actuelle de la Grande République au sein de cette organisation.

Contexte sécuritaire et lutte contre la grande criminalité : Arthur Horvanx reste sur une ligne qui continue de séduire la population

Securité

Depuis le début du siècle, la criminalité prend de l’ampleur avec l’apparition de groupes terroristes, comme le Southern Hamajak Liberation Front, ou la prolifération de vastes réseaux de drogues et d’armes à travers le territoire inquiète de plus en plus la population, à mesure que les actualités dépeignent une atmosphère particulièrement insoutenable dans les zones du pays les plus impactées par ce genre de phénomène. Bien que de nombreux citoyens ont manifestés contre l’adoption de la loi Safety & Security III ou son application abusive par le Ministre Fédéral de l’Unité Nationale de l’époque, Alfred Eisendorf, aujourd’hui à la Défense, la majorité de la population soutien un durcissement des lois et de la capacité des forces de l’ordre à pouvoir intervenir sur ce genre de problème, dans un autre sondage, commandé par nos confrères de The World. Ainsi, il n’est d’aucune surprise de voir que le discours bien plus sévère d’Arthur Horvanx (55%) semble l’emporter sur celui plus modéré de Simeon Belagri (41%). Si les deux candidats à la présidentielle sont d'accord sur le fait de réformer le groupe de lois Safety & Security, la façon de faire diverge une fois de plus. Pour autant, le Premier Ministre Fédéral a fait forte impression, hier soir, en reconnaissance une “erreur” du précédent gouvernement, mais également une “dérive” dans l’utilisation de cette loi l’année dernière, se positionnant comme la première personnalité de la majorité à utiliser des mots aussi forts pour qualifier les raisons qui ont poussé à la chute du gouvernement Fujitawa II. N’ayant jamais eu de portefeuille dans un précédent cabinet fédéral, il semble profiter de cet avantage et se positionne comme plus pragmatique, sur cette thématique, en comparaison à d’autres membres de la majorité conservatrice : “Le Premier Ministre Fédéral qui a eu l’humilité de reconnaître les erreurs précédentes de son camp, c'est une chose qui est plutôt rare à observer chez nos politiques. On voit bien que c’est quelqu’un qui n’est pas corrompu par des années de luttes politiciennes stériles, comme beaucoup d’autres qui nous gouvernent. Je ne suis pas d’accord avec lui sur tout ce qu’il dit, mais au moins, il devrait être en meilleure capacité de tenir en laisse ses Ministres fédéraux les plus radicaux, contrairement à Akito Fujitawa ou Victor Hardenbor”, de ce qu’a pu nous partager un jeune homme de Santa Maria. Ce “mea culpa” inattendu du chef du gouvernement, n’a pourtant pas empêché ce dernier de tracer une vision assez flou, mais très sûr d’un prochain projet de loi Safety & Security IV qui s’annonce encore plus dur que ses prédécesseurs, laissant au suspens la question du respects des libertés fondamentales dans le potentiel contenu de cette nouvelle loi sécuritaire, bien qu'il est affirmé s'en faire le défenseur. De son côté, Simeon Belagri a utilisé sans parcimonie les dérives sécuritaires des précédents gouvernements, tout en traçant la volonté d’établir un politique sécuritaire très fermes, tout en garantissant les libertés et en souhaitant l’ouvrir sur une échelle plus international, visant la nécessité d’attaquer la grande criminalité partout sur le continent et pas seulement sur le territoire de la Grande République. Pour autant, cette insistance pour réformer les trois lois Safety & Security a pris la tournure d’une déconstruction de ces dernières, pour certains citoyens : “J’apprécie la volonté de Monsieur Belagri de vouloir remettre nos libertés et notre démocratie au centre de nos décisions, ce que je pense également nécessaire, mais j’ai l’impression qu’il va juste faire des lois sécuritaires du PUR un bouc émissaire facile à frapper et non à trouver des solutions viables à ce problème majeur qui tue tant de personnes dans nos rues. La sécurité ne doit pas être un sujet exclusif à la droite et la fermeté n’a pas la nécessité d’être exclue des visions de la gauche. J’espère qu’il a conscience de cela et qu’il ne cherchera pas à juste satisfaire ses alliés socialistes”, nous a confié un autre habitant de Santa Maria.

Impressions lerantiennes : incertitudes et partages au sein de l'État-Répbulicain

Lerant

En plus d’avoir été l’hôte de ce débat, dans sa capitale, l'État-Républicain de Lerant est également un État clé pour les deux camps dans le succès ou l’échec de leurs campagnes électorales de cette année 2015. Peuplé en très grande majorité par une population d’ethnie nipozam, c’est un territoire qui a soutenu les conservateurs sans interruption depuis 1997. Pour autant, ce dernier avait une forte tendance à être très inconstant dans la majorité politique qui l’a gouverné, par le passé. A l’image du duel entre les asfortiens et les socialistes entre les années 60 et 80, cette région a souvent alterné entre les deux camps, jusqu’à s'ancrer pour presque vingt ans de conservatisme, grâce à une alliance stratégique entre le Parti de l’Union Républicaine et le Parti de la Croissance Nipozam, dont la part dans cette coalition de droite semble prendre encore plus d’ampleur dans ces élections. Pour notre débat, si aucun des deux candidats n’a réellement d’attache politique ou historique avec cet État, la capacité à aborder des thèmes qui parlent à la population locale et leur maîtrise du dialecte de Kamishiwa sont des critères très importants pour ces derniers. Simeon Belagri semblait pourtant arriver comme un conquérant dans ces terres qui se questionnent politiquement, notamment suite aux manifestations pour la liberté de la presse, en mars 2014. Pour autant, parmi les lerantiens que nous avons pu interroger, leurs avis ont été très partagés, entre le profil d’un futur dirigeant au idées nouvelles et rafraîchissantes, face à l’impression d’un homme politique peu ancré dans la région et sans réelle volonté de s’y intéresser, notamment pour ses quelques fautes de langage et son accents madrerian très prononcé. A l’inverse d’un Arthur Horvanx qui a globalement fait bonne impression pour sa maîtrise du dialecte de Kamishiwa, sa prononciation très fluide et naturelle dans le débat, une qualité probablement due à ses compétences issues de son expérience en tant qu’acteur de renom. Pour autant, nombre de lerantiens ne soutiennent pas le Premier Ministre Fédéral dans sa course à la Présidence Fédérale : “Arthur Horvanx n’est pas un symbole du changement. Il est peut-être un nouveau visage dans notre scène politique, mais il restera l’héritier des vingt dernières années de gouvernance conservatrice et de l’ensemble des personnalités qui poursuivront certaines politiques que nous ne voulons plus. Je ne sais pas si Simeon Belagri sera en capacité de changer le pays, mais il en est le plus à même et il semble surtout plus au fait des changements que nous devons réaliser et beaucoup moins sous l’emprise de cette clique traditionaliste au sein du PUR et qui provoque beaucoup de dégât pour atteindre ses ambitions idéologiques. Dans un mois, je voterai pour que notre pays puisse changer, pas pour qu’on nous donne l’impression que ça va être le cas, les lerantiens ne sont pas dupe”. Avec 42,4% d’opinion favorable pour le dauphin de Victor Hardenbor et 41,6% pour le chef de file de la gauche westalienne, les résultats dans cet État n’ont jamais été aussi incertains qu’aujourd’hui. Pour autant, au niveau de notre sondage, on peut remarquer que 16% des téléspectateurs lerantiens n’ont été convaincus par aucun des deux candidats, ce qui pourrait laisser planer le doute sur l'issue de ces prochaines élections représentatives.

L’avis des westaliens : une légère avance pour Arthur Horvanx, mais l’incertitude persiste

Global

Finalement, ce débat a permis de refléter à quel point la société westalienne se divise politiquement cette année. Après vingt-quatre longues années de conservatisme tout-puissant, nous nous retrouvons dans une ère de grands changements, qui renouvellera ceux actuellement au pouvoir ou qui apportera le vent du renouveau sur notre pays. Dans l’ensemble, avec 47,7% d’approbation, les téléspectateurs de l’ensemble de la Grande République ont été plus convaincus par la prestation de notre Premier Ministre Fédéral. Derrière, le Sénateur Simeon Belagri talonne de très près le score de son adversaire, avec 45,8% d’approbation sur ce débat. Que peut-on déjà en conclure ? La première, et la plus importante, constatation de cet affrontement est qu’Arthur Horvanx, malgré son amateurisme politique, a finalement réussi à plutôt bien se débrouiller face à un colosse expérimenté comme Simeon Belagri. Avant cet échange entre les deux rivaux, beaucoup s'attendaient à voir un chef du gouvernement en difficulté pour justifier les choix de ses prédécesseurs et un opposant sans pitié qui aurait le dernier mot dans cette émission. Finalement, le candidat conservateur a réussi à mener de bout en large le débat et n’a pas reculé d’un centimètre face à son adversaire, qui n’a pas vraiment réussi à le mettre en difficulté. Si son amateurisme a pu se faire ressentir sur certains sujets, comme pour l’économie, son franc parlé, son charisme et sa volonté de se différencier de ses prédécesseurs ont sûrement beaucoup contribué à sa réussite hier soir. En face, le représentant de l’Alliance Sociale et Démocrate a tenu bon face à son rival, réussissant à se démarquer grandement sur certains points, mais sa stratégie offensive et sa volonté de porter le débat sur un jugement des erreurs des précédents gouvernements n’a pas vraiment réussi et a peut-être permis à son adversaire de se forger une nouvelle aura politique, grâce à ses contre-attaques face aux tactiques prévisibles du chef de file de la gauche. Si ce débat a permis de taire une bonne partie des doutes quant à au choix d’Arthur Horvanx comme candidat de la droite conservatrice, les différents sondages n’ont pas réussi à démarquer un camp plus que l’autre pour ce premier scrutin qui approche. Avec les sénatoriales primaires en septembre, deux autres débats entre les deux candidats sont attendus et ce premier échange sur Jōhō NWK devrait permettre aux protagonistes de retravailler leurs discours pour éviter de commettre les mêmes erreurs qu’hier soir et dont les résultats des élections représentatives de juin devraient aussi donner le ton sur qui arrivera en position de force lors du prochain affrontement télévisé. Fait majeur pour être relevé, les chaînes Notizia TV, qui organise le second débat en Juillet, et WNN, qui organise le dernier débat en septembre, ont confirmé la présence du Sénateur d’extrême-droite Henry Ross en tant que troisième protagoniste de leur rendez-vous télévisé politique, la candidature de ce dernier ayant été validé début mai, soit bien trop tard pour l’inclure dans le “Grand Débat” de Jōhō NWK, selon la direction de l’émission. Ce dernier devrait donc représenter les couleurs du Parti National Westalien pour les élections présidentielles, en octobre. Si ses chances de victoires sont quasiment nulles, du fait que son parti ne possède aucune présidence d’assemblées représentatives ou fédérales, sa présence pourrait déranger Arthur Horvanx, dont la partie radicale de l’électorat conservateur est très convoitée par le mouvement d’extrême-droite. En parallèle, le Président du groupe PLD au Congrès Suprême, Justin Darfor, devrait également confirmer sa présence dans les prochains jours aux deux autres débats, faisant de lui le quatrième participant attendu. Les asfortistes ont pris plusieurs jours pour désigner l’un des leurs comme candidat pour le poste de Président Fédéral, bien que leurs chances de réussite soient également quasiment nulles. La droite westalienne s’affiche ainsi bien divisée, avec ses trois candidats, tandis que la gauche reste unis sous une seule bannière, pour le moment.

Il est également important de noter que les sondages présentés dans cet article ne portent que sur l’impression qu’ont pu dégager les deux candidats au cours de leur débat et non sur une quelconque estimation pour les élections représentatives, bien que cela puisse donner une certaine idée de la tendance actuelle. Ainsi, ces sondages ne prennent pas en compte les autres mouvances politiques qui ont un impact sur le prochain scrutin, tel que les nationalistes, les écologistes ou les asfortiens de droite, à titre d’exemple. Les résultats de ces mouvements, n’étant pas rattachés à l’un des deux candidats, pourraient ainsi avoir de l’impact sur la réussite des deux principaux camps politiques de ces élections, ne pouvant pas être représentés dans les précédents sondages de cet article. Rendez-vous le 11 juin prochain pour connaître les premiers résultats de cette année historique.
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Democracy du 14 juin 2015
Democracy


Élections représentatives 2015 : Déferlante de la gauche ou chute du conservatisme ?

Carte représentant la nouvelle présidence de chaque État-Républicain, à la suite des élections du 11 juin 2015.
Carte représentant la nouvelle présidence de chaque État-Républicain, à la suite des élections du 11 juin 2015.
En rose, l’Union Sociale et Démocrate. En bleu foncé, le Parti de l’Union Républicaine. En bleu clair, le Parti de la Croissance Nipozam. En jaune, le Front Populaire et Démocrate.

Depuis le soir du 11 juin, et avec confirmation des résultats par le gouvernement le lendemain, les États-Républicains de la Grande République prennent désormais connaissance de leur nouveau visage et de l’impact de ces élections pour cette année 2015. Scrutin particulièrement attendu depuis la chute du gouvernement Fujitawa II en juin 2014, ce dernier a permis à la population de s’exprimer à nouveau sur la direction qu’elle souhaite donner au pays pour les années à venir, notamment dans l’élection du futur chef de l’Etat qui doit succéder à Victor Hardenbor, puisque celui-ci a annoncé ne pas vouloir se représenter pour un septième mandat. Dans cet article, comme à chaque suite d’élections, nous allons vous proposer une analyse politique État-Républicain par État-Républicain pour comprendre les chiffres, les dynamiques qui ont amené à certains résultats et les surprises issues de ces élections. Avec l’élection des différents présidents d’Assemblées Représentatives, nous allons également partager les premières réactions officielles des représentants de chaque camp et leurs objectifs annoncés pour les trois prochains mois, en prévision des sénatoriales.

Dakantia : un bastion socialiste qui renforce sa position

Sans surprise, l’État-Républicain de Dakantia est resté entre les mains d’une majorité socialiste, où l’Union Sociale et Démocrate a même réussi à se renforcer en récupérant quelques sièges supplémentaires. L’intégration de ses différents alliés au sein de l’ASD pour la mise en place d’une nouvelle majorité permet à l’alliance des partis de gauche de se forger une majorité absolue de députés, qui devrait poursuivre et accentuer la mise en place de nouvelles mesures sociales dans cet État. A droite, les partis traditionnels n’ont pas réussi à convaincre la population, avec la perte de plusieurs sièges à l’Assemblée, notamment pour le Parti de l’Union Républicaine, qui perd sept députés dans cette nouvelle composition, grand perdant de ces élections dans la région des mines de charbon. Seuls le Parti de la Croissance Nipozam et le Parti National Westalien ont réussi à convaincre les électeurs, qui leur ont accordé le contrôle de deux circonscriptions supplémentaires chacun. Toujours sans surprise, c’est le Président Albert Heirsmith (USD) qui a été réélu à son poste, cette fois-ci avec un plus large soutien de son Assemblée. Nommé pour un second mandat à la tête du deuxième État-Républicain le plus pauvre de la Grande République, ce dernier se montre confiant pour l’avenir, notamment pour la mise en place de son nouveau cabinet qui intégrera des personnalités des partis membres de l’ASD : “Dakantia est un berceau des politiques sociales et profondément humanistes de notre pays. Nous sommes à l’aube d’un changement radical, d’une nouvelle ère qui va chasser la brume conservatrice et réactionnaire de Westalia. Notre État-Républicain va être le phare de ce futur social, démocratique et prospère dans l’unité des peuples de notre puissante Grande République. Avec l’aide de nos alliés, nous allons mettre en place les mesures nécessaires pour que la population dakantienne puisse vivre dignement de son travail, n’est plus à s'inquiéter des fins de mois ou avoir peur d’un capitalisme écrasant et autoritaire”, a-t-il déclaré lors de sa prise de poste, dans la matinée.

Lerant : la surprise nipozam que personne n’attendait

L’État-Républicain de Lerant était l’un des États clés de ces élections représentatives, cette année. Avec une population qui a récemment montré son opposition au gouvernement conservateur dans différentes manifestations au début de l’année 2014 et dont plusieurs sondages montrent une chute de la popularité du PUR, qui tenait pourtant ce territoire depuis plus de dix-huit ans. A la suite du débat entre Arthur Horvanx et Simeon Belagri, une grande incertitude a pris place vis-à-vis de quel camp parviendrait à convaincre le plus d'électeurs. Finalement, le PUR n’a pas remporté la majorité des députés de l’Assemblée Représentative lerantienne, avec 37 sièges, accusant un score historiquement bas. Pour autant, ce n’est pas non plus l’Alliance Sociale et Démocrate qui a réussi à s’imposer dans cet État, avec 85 députés, si on additionne les sièges des trois partis de cette alliance ayant réussi à entrer dans ce parlement régional. En réalité, les grands vainqueurs de ces élections, se sont les membres du Parti de la Croissance Nipozam. Avec 79 sièges à eux seuls, ils obtiennent une majorité absolue de 116 sièges en combinant leurs voix avec celles du PUR, membre de la même alliance politique, “l’Union Nationale”. Ce fort succès est probablement dû à un retrait de nombreux candidats PUR au profit de candidats PCN pour ces élections. D’après Marcus Odwent, professeur en science politique à l’Université de New Landor, “la direction du Parti de l’Union Républicaine a correctement lu les récents sondages et ses membres ont rapidement compris que l’impopularité croissante du parti pourrait provoquer la perte de cet État clé, au profit de la gauche. Ils ont alors donné plus de marge de manœuvre à leur allié local, en pleine popularité, pour s’assurer de garder Lerant sous le giron conservateur, au risque de se retrouver minoritaire dans le futur cabinet. Si vous voulez mon avis, c’était risqué et ça l'est toujours, mais c’est probablement un coup de génie pour affaiblir l’ASD dans son objectif revendiqué de s’accaparer le poste de Président Fédéral. Désormais, à voir comment le PCN traitera en tant que parti majoritaire de l’alliance locale”. Un tel succès de cette stratégie pourrait s’expliquer par le fait que la population aurait beaucoup de réticence à voter pour un candidat ASD, notamment par la présence dérangeante du Parti des Ouvrier Libre, considéré comme dangereux par la majorité des lerantiens, d’après un récent sondage. Ils ont donc majoritairement accordé leur confiance à un candidat PCN, bien plus nombreux à se présenter qu’il y a six ans. Cette victoire marque également la première fois de l’histoire westalienne qu’un parti classifié comme régionaliste obtient la majorité des sièges d’une Assemblée Représentative. D’un autre côté, Lerant a connu un taux de participation historiquement bas (61,5%) et une proportion de vote blanc/nul très importante (10,3%), démontrant une population nipozam qui semble s’être désintéressée de la politique, lors de ces élections.

C’est d’ailleurs un membre de ce parti qui a été élu à la présidence de l'assemblée, Nakamaro Tanaka, déjà Président du PCN, succédant à son allié, Kunisada Yamanaka, membre du PUR, qui hérite cependant du Département des affaires intérieures, au sein du nouveau cabinet. Le nouveau Président a ainsi déclaré devant sa nouvelle assemblée : “Le peuple a demandé du changement et il va y avoir du changement dans cet État. Nous n’allons pas tomber dans les travers d’un conservatisme radical, ni même dans la complaisance d’une gauche qui se lie d’amitié avec des mouvements extrémistes et dangereux pour notre démocratie. Nous allons veiller à ce que chaque lerantien puisse vivre dans la sécurité, la prospérité et l’unité de notre culture. Il va être important pour chacun de prendre ses responsabilités, au cours des six prochaines années, afin que nous puissions gouverner sans blocage général, pour le bien de nos concitoyens. Entre tradition et modernité, le nouveau cabinet que je dirige va révolutionner notre nation de par ses idées novatrices et libérales qui permettront la mise en place d’une économie florissante, profitable pour tous, et d’une démocratie qui n’aura jamais été autant présente dans notre vie”. Dans un échange de question-réponse, après la clôture de la première séance, le Président lérantien Nakamaro Tanaka a réaffirmé son soutien à l’alliance qu’il a avec le PUR et a déjà assuré qu’il votera pour Arthur Horvanx en octobre, afin qu’il soit élu Président Fédéral.

New Austaria : Une nouvelle majorité de gauche face à une droite encore solidement ancrée localement

Second État clé de ces élections, l’État-Républicain de New Austaria a connu un bouleversement historique en voyant sa majorité tombée entre les mains de la gauche, qui réalise un score juste suffisant pour obtenir une majorité absolue, à savoir 109 sièges sur les 108 attendus. Si ce territoire n’a pas été le plus médiatisé de la campagne, en comparaison avec son voisin plus à l’Ouest, une base militante du Front Populaire et Démocrate a été très présente sur le terrain où Sénateurs et hommes politiques des différents partis de l’ASD ont joué la carte de la proximité, pour aller séduire ce territoire dont l’électorat est majoritairement à droite. On note par exemple le soutien de l’ancien Président Fédéral John Garandor, lors d’un meeting à Fort Horvanx, accompagné du Sénateur Joakim Asfort, arrière petit fils de Stanislas Asfort, où ces derniers ont pris la parole pour défendre “une démocratie juste, libre et uni dans l’adversité des temps modernes”. Si le FPD a été au centre des forces de gauche dans cet État, on note également le regain de plusieurs sièges pour les formations socialistes de l’USD et du POL, qui ont inversé leur chute de popularité dans la région. C’est également l’entrée historique de deux députés du Mouvement Social Hamajak dans cette Assemblée Représentative. Si des hamajaks ont déjà siégé, par le passé, au sein de ses bancs, c’est la première fois qu’un parti qui leur est dédié arrive à obtenir une représentation dans cette institution, alors que New Austaria est l’État-Républicain de la côte Ouest qui possède le plus de communautés hamajaks, notamment dans les régions urbaines, dans des quartiers qui continue de porter le malheureux adjectif de “ghettos”. En plus de cela, cet État marque à nouveau l’histoire en nommant à sa Présidence une femme, la première à détenir un tel poste dans toute l’histoire de la Grande République, où aucune d’entre-elle n’a détenu un tel titre dans l’ensemble des États-Républicains, d’autant plus en sachant que New Austaria est le plus peuplé des six qui composent Westalia.

Pour autant, il est loin de crier victoire pour l’alliance de gauche, qui se retrouve tout de même face à une droite qui occupe toujours plus de 46% des sièges de cette assemblée, bien que divisée entre les différents groupes. Même si le PUR a marqué un net recul, il reste toujours une force importante en New Austaria, avec 70 sièges à lui seul. La perte d’une trentaine de sièges semble également avoir bien plus profité à l’extrême-droite du PNW qu’au FPD rival, qui connaît le plus grand gain de députés dans cet État et qui pourrait jouer un rôle plus important dans les jeux d’alliances, alors qu’un rapprochement entre le PUR et le PNW semblent de plus en plus probable ces derniers mois. Ainsi, cet État-Républicain reste profondément ancré à droite et l’avancée de la gauche semble pousser les électeurs vers un vote nationaliste qui n’existait pas en aussi grande proportion par le passé. La nouvelle Présidente de l’Assemblée Représentative, Margaret McCormack, a tenu à rassurer son parlement dans son discours d’intronisation : “Il n’est pas question de tomber dans l’absurde et dans la paralysie parlementaire pour nos dissensions internes. Il n’est pas non plus question de revenir en arrière sur les promesses de réformes sociales dans notre État, qui a besoin d’établir des règles claires pour que nos administrés ne subissent plus un libéralisme anarchique, mais également sur la nécessité d'établir un environnement juste et prometteur, pour que nos acteurs économiques puissent s'épanouir sans être soumis à des contraintes profondément négatives. Les membres de mon parti le répètent et je le redirai une fois de plus : nous devons atteindre l’équilibre social et économique pour que notre société puisse évoluer vers un avenir où nos citoyens vivront confortablement et où nos entreprises pourront trouver une multitude d’opportunités pour investir en New Austaria”.

State Capital of Columbia : Une victoire moins éclatante pour la gauche, qui tient sur un fil

L’État-Républicain qui héberge notre capitale fédérale, Columbia, a également connu une croissance des mouvements de gauche au sein de son Assemblée Représentative. Si les sondages du début du mois dernier donnés une victoire solide de l’Alliance Sociale et Démocrate, il semblerait qu’une bonne partie des électeurs soient restés fidèles au Parti de l’Union Républicaine qui, même s’il perd sa majorité, reste une entité importante au sein de la nouvelle composition de ce parlement, le plus petit de tout le pays. Ainsi, l’ASD obtient une majorité sur le fil, atteignant tout juste les 31 sièges nécessaires pour sécuriser la Présidence. Depuis quelques années, Columbia a connu de nombreuses manifestations à l’encontre du gouvernement et a donc été le théâtre de nombreux événements qui ont marqué notre histoire récente, surtout depuis l’ouverture sur le monde. Beaucoup pensaient que cette dynamique aurait permis à la gauche de trouver un nouvel électorat ouvert à ses idées et surtout à sa volonté de changement qu’elle martèle depuis presque une décennie. Pour autant, un peu comme à New Austaria, la méfiance reste bien présente face à ces mouvements, et notamment son membre le plus radical : le Parti des Ouvriers Libres. “La gauche ? Avec ces tarés de révolutionnaires communistes ? Non merci. On a déjà vu ce que ça a donné quand ces extrémistes ont essayé de prendre le pouvoir en 61 et le nombre d'innocents tués à cause d’eux, sans parler de toutes les victimes de cette idéologie à travers le monde qui doivent se compter en millions… Franchement, ils n’auraient pas rejoint l’ASD, j’aurai peut-être voté pour un candidat de la gauche. Mais moi, je ne veux pas de communistes au pouvoir dans mon pays”, nous a confié avec inquiétude un habitant de Columbia, qui affirme avoir voté blanc en protestation des choix électoraux qui ne lui convenait pas. Le nouveau Président de l’État-Républicain du SCS, Joseph Lenford, a quant à lui beaucoup accentué son discours sur le respect des libertés et de la démocratie : “C’est avec humilité que j’accepte de prendre la présidence du SCS pour ces six prochaines années, grâce à l’approbation de mon peuple. Nous prenons place après des années où la démocratie et la liberté d’expression ont été mises à genoux par une gouvernance hardenborienne violente et radicale, notamment lors des nombreuses manifestations qui ont montré leur opposition. Avec une véritable force démocratique au pouvoir, nos concitoyens pourront s’exprimer librement et sans crainte de voir arriver une répression policière en guise de réponse des autorités locales. Moi Président, la liberté de nos administrés est désormais assurée pour les années à venir”.

Horvanx : Entre recul du PUR et radicalisation de la droite

Si Dakantia est le bastion de la gauche westalienne, alors Horvanx en est son équivalent pour la droite et surtout pour les mouvances conservatrices de celle-ci. Avec 69 députés élus au parlement horvanxien, le Parti de l’Union Républicaine conserve sa majorité, mais perd le caractère absolu de celle-ci, marquant, comme dans beaucoup d'autres États-Républicains, un net recul de sa présence dans le parlement. A gauche, pour autant, le score n’est pas non plus à un niveau acceptable, qui a rencontré une fois de plus une population extrêmement hostile à ces partis, l’ASD ne contrôlant que 26% des sièges de l’Assemblée. On note une légère augmentation du nombre de députés pour le Front Populaire et Démocrate, qui possède désormais 20 sièges. Pour autant, c’est bel est bien le Mouvement Social Hamajak qui a réussi à sortir son épingle du jeu en rassemblant un total de 23 députés dans le parlement qui est, de base, le plus hostile à cette communauté. Cette réussite est principalement due au travail de Gary Sikyatavo, qui a convaincu les précédents députés hamajaks de cette assemblée à se présenter sous les couleurs de son parti politique lors de ces élections, faisant de ce dernier la première force de gauche en Horvanx. Malgré tout, les scores de la gauche restent faibles en comparaison avec le reste de la droite, alors vers où se sont tournés les électeurs de cet État pour que le PUR perdent autant de sièges ? Tout simplement vers le mouvement nationaliste d’extrême droite qu’est le Parti National Westalien. Si ce territoire se compose d’une bonne base électorale très acquise aux idées de ce parti, il arrive cette année à se positionner comme la seconde force politique de ce parlement, avec un total de 38 députés siégeant en son sein. Un nouveau record pour ce parti qui promut la mise en place d’un horvanxisme radical, plongeant dans le paléo-conservatisme et la haine de l’hamajak. Il doit sa réussite à un détournement d’une partie de la population locale, principalement rurale, qui s’est senti délaissé par le gouvernement PUR et dont l'alternative qu’elle a jugé la plus crédible fut celle du PNW, seule parti politique à avoir mis en avant les enjeux de la ruralité cette année, avec des réponses particulièrement populistes et nationalistes. Il est donc évident que l’extrême-droite, en Horvanx, va avoir un rôle majeur dans le vote des prochaines lois locales de cet État-Républicain. Le Président de l’Assemblée Représentative, Theodore Aterley, réélu pour un troisième mandat sous les couleurs du PUR, n’a pas caché sa volonté de travailler avec les nationalistes au niveau local : “Nous avons des différents politiques, des visions qui ne correspondent pas toujours, mais une volonté commune de faire de notre pays un endroit meilleur, de faire des westaliens le grand peuple qu’ils méritent d’être et de leur apporter une sécurité économique et sociétale nécessaire à leur développement. La lutte contre les idéologies séparatistes, extrémistes et terroristes doit être une priorité sur notre territoire, encore plus aujourd’hui quand l’on sait que le Southern Hamajak Liberation Front reprend des forces à l’Est d’Horvanx, sans aucun mot de la gauche pour condamner cette organisation dangereuse pour notre unité. Nous allons faire du nettoyage dans les six prochaines années et nous allons le faire extrêmement bien. Les vrais westaliens peuvent se sentir rassuré, notre État-Républicain n’en ressortira que plus propre”.

Terracristo : Pas de surprise sur la dominance déjà présente du FPD

L’État-Républicain de Terracristo est là où se trouve le centre électoral du Front Populaire et Démocrate, notamment grâce au long travail et de proximité qu’a réalisé Simeon Belagri sur ses terres natales. Lors des précédentes élections représentatives de 2009, le FPD avai réalisé un score très élevé, raflant à l'époque un total de 105 sièges sur un territoire historiquement rattaché au Parti Libre et Démocrate, dont sont issus la majorité des membres du FPD. Cette année, la majorité se renforce de deux sièges supplémentaires et l’alliance de gauche a permis aux mouvements socialistes de remporter communément 5 sièges. C’est également la première entrée du Mouvement Social Hamajak qui obtient deux députés, dans des circonscriptions dans le nord du pays et à forte minorité hamajak, avec le soutien de ses alliés. L’ASD se renforce ainsi avec un total de 128 sièges et une majorité absolue pour le moment indétrônable. Le Président terracristien, Leonardo Gravicci, a été nommé par la gauche pour débuter un second mandat qui s’ouvre sur la composition d’un cabinet aux couleurs politiques variées, mais toujours en majorité fidèle à Simeon Belagri.

Observations générales et réactions politiques

A l’échelle fédérale, ce scrutin a connu une participation moins élevé qu’en 2009 et un taux de vote blanc/nul également bien supérieur. De manière globale, on observe une chute du Parti de l’Union Républicaine, qui perd des sièges dans l’ensemble des six Assemblées Représentatives, tout en perdant le contrôle de la Présidence de trois d’entre-elles, en New Austaria, en SCC et en Lerant, bien que cette dernière soit entre les mains d’un allié des conservateurs. Seule Horvanx reste toujours sous le contrôle du parti néo-horvanxien, mais dont la majorité absolue est complètement perdue. Il n’est donc pas trop aventureux pour dire que ces élections sont une défaite cuisante pour le camp présidentiel, qui n’a jamais connu une telle baisse de popularité depuis son ascension au pouvoir. Pour autant, est-ce que l’on peut réellement parler de grande victoire de la gauche ? Si le succès de l’Alliance Sociale et Démocrate semble s’être confirmé, les États-Républicains qu’elle a réussi à prendre tiennent sur une majorité très fragile, face à une droite qui est toujours présente en face et dont l’union pourrait mettre à mal ce nouveau pouvoir acquis, sans parler des discours radicaux du Parti des Ouvriers Libres, dont le caractère pourrait poser problème à l'avenir. Le véritable vainqueur de cette élection, lui, est beaucoup plus discret, mais pas pour le moins terrifiant. On parle bien du Parti National Westalien qui en a largement profité pour voler une partie de l’électorat du PUR. De nouveaux électeurs qui ont permis aux nationalistes d’émerger de manière notable dans certains États-Républicains, tels que Horvanx, où ils étaient déjà bien implantés, mais également New Austaria, où ils ont presque quadruplé leur nombre de députés, ou encore Terracristo, où ils occupent désormais 9% des sièges. La surprise de ces élections reste bien évidemment l’ascension du Parti de la Croissance Nipozam, qui a réussi à se forger une majorité au sein de l’Assemblée Représentative de Lerant, grâce au soutien de leurs alliés du PUR, mais également à gagner de nouveaux sièges en Dakantia.

De gauche à droite : le Sénateur Simeon Belagri (FPD), le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx (PUR), le Ministre Fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa (PUR) et le Ministre Fédéral à la Défense Alfred Eisendorf (PUR)
De gauche à droite : le Sénateur Simeon Belagri (FPD), le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx (PUR), le Ministre Fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa (PUR) et le Ministre Fédéral à la Défense Alfred Eisendorf (PUR)

Sur la scène politique, les réactions sont nombreuses, à commencer par celle de Simeon Belagri, qui revendique une victoire historique pour “la démocratie et les libertés” et prophétise déjà la fin de “l’autoritarisme hardenborien”. Son adversaire, Arthur Horvanx, relativise la défaite de son camp et se montre optimiste : “Nous avons reculé, mais nous n’avons pas encore été vaincus. Cette bataille a été perdue, mais c’est nous qui gagnerons la guerre. Les westaliens ne peuvent pas laisser des mouvements politiques aussi irresponsables arriver au pouvoir, surtout quand certains de leurs membres profèrent des propos qui frôlent l’extrémisme et la désunion. En septembre, la population démontrera sa réelle volonté de faire de notre pays un lieu prospère, grand et unis contre ces dangers idéologiques qui la ronge”. Toujours au sein du mouvement conservateur, des membres d’importances ont critiqué la gestion de la campagne par le chef du gouvernement et l’appel à se ressaisir pour les sénatoriales, à commencer par Henry Takajiwa, son Ministre Fédéral aux affaires étrangères : “Nous avons perdu parce que nous n’avons pas écouté notre électorat. Certains ont fait le choix de se tourner vers la dangerosité de l’extrême droite ou le suicide collectif de la gauche. Nos adversaires ont réussi à saisir les attentes de nos compatriotes en leur présentant des solutions simples, voire populistes pour certaines, qui ne changeront dans le fond pas leurs problèmes. Nous devons arrêter de détourner la tête sur certaines de nos erreurs et proposer en urgence des idées qui répondront correctement à leurs préoccupations. Il faut retrouver la proximité dont nous avons toujours su faire preuve, c’est maintenant ou jamais. L’avenir du pays en dépend”. Du côté des traditionalistes du PUR, un discours violent et complotiste semble se répéter en boucle pour expliquer cette défaite, un scénario impossible dont le principal chef d’orchestre n’est nul autre qu’Alfred Eisendorf, Ministre Fédéral à la Défense : “Le danger de l’extrême gauche arrive à grands pas sur notre pays. Si nous les laissons entrer dans nos plus hautes instances, ces derniers vont décortiquer l’Union nationale au profit des délires d’extrémistes hamajaks et des forces étrangères complaisantes qui ne souhaitent que la chute de notre pays en pleine croissance. Certains observateurs du parti m’ont remonté des manquements aux règles lors des dépouillements, combinés à ce que je pense être une fraude électorale via l’altération de votes électroniques et à distances. La lumière doit être faite et les coupables à gauche doivent être condamnés pour avoir falsifié la véritable voix populaire !”. Le vote électronique et par correspondance sont en place depuis le début de l'année dans les États-Républicains du SCC, de Terracristo et de New Austaria, soit au moins deux États où les scores entre la gauche et la droite ont été très serrés. Sur ces propos, la majorité de la classe politique condamne ces derniers, même au sein du PUR, dont la direction du parti a affirmé ne pas soutenir un tel discours. Seul le PNW a rejoint, dans une moindre mesure, ce dernier en qualifiant la gauche de “vermines communistes et désunionistes”.

En route pour les sénatoriales… Et vers un blocage du pays ?

Désormais, tous les regards sont portés sur les sénatoriales de septembre. En effet, avec quatre États-Républicains sous son contrôle, l’ASD ne réunit pas les voix suffisantes pour obtenir une majorité lors du vote pour les présidentielles d’octobre. Elle va devoir tout miser pour obtenir une majorité au Sénat, afin d’obtenir l’ultime vote qui pourrait faire basculer cette année 2015 vers une nouvelle ère pour la gauche, via la nomination d'un Président du Sénat lui étant favorable. Ainsi, sauf retournement de situation, il est désormais extrêmement peu probable pour Arthur Horvanx d’être élu Président Fédéral en octobre, ne réunissant que trois voix sur les cinq nécessaires pour se faire élire. Deux scénarios s’ouvrent alors pour le pays : soit l’ASD obtient une majorité au Sénat et arrive à faire élire Simeon Belagri en tant que 12ème Président Fédéral de la Grande République, soit le PUR arrive à conserver sa majorité dans la chambre basse, reste au gouvernement et bloque l’élection d’un Président Fédéral grâce à un nombre de voix identique à la gauche, au Conseil Électif. Cela pousserait à la nomination d’un chef de l’Etat qui devra convenir aux deux camps, soit une personnalité assez neutre politiquement et qui fera consensus populairement. Mais, dans ce second scénario, le pouvoir exécutif resterait entre les mains du PUR, qui aurait une influence plus importante qu’un Président Fédéral nommé par convenance. C’est cette conclusion que doit probablement chercher à obtenir le mouvement conservateur pour éviter de perdre le pouvoir et pour retourner la situation à son avantage. Ainsi, les prochains débats télévisés et les efforts de campagne des différents partis vont être encore plus importants ces prochains mois. Avec la date du prochain débat arrêté pour le 20 juillet, sur Notizia TV, nous devrions voir arriver un Simeon Belagri prêt à tout pour amener son camp jusqu’à la victoire finale et une droite désuni qui va tout faire pour l’en empêcher, alors que l’idée d’une alliance des forces de droite refait surface à l’issue des élections représentatives.
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Democracy du 20 juin 2015
Democracy


Alliance de la droite : l’ultime atout pour contrer la gauche

Ensemble composé des logos des principaux partis de la droite westalienne
Ensemble composé des logos des principaux partis de la droite westalienne

Une victoire de la gauche en perspective

Nul ne peut dire le contraire, les partis de gauche ont réalisé un score historique que personne ne leur aurait prédit deux ans auparavant. Derrière cette victoire imposante, c’est la certitude de l’échec des projets d’Arthur Horvanx pour devenir le prochain Président Fédéral de la Grande République. Pour reprendre les mots de ce dernier, suite à la défaite conservatrice aux élections représentatives, si la bataille a été gagnée par la gauche, elle n’a pas encore remporté la “guerre”. La possibilité d’un blocage au plus haut de l’État reste un scénario qui inquiète les différents partis politiques… Sauf le Parti de l’Union Républicaine ! En effet, s’il arrive à obtenir une majorité, même relative, il pourrait rester au gouvernement et continuer à appliquer son programme, sans avoir un chef de l’Etat qui soit sous ses couleurs. Avec l’union des forces de gauche, ce potentiel futur semble pourtant assez peu probable. C’est en effet pour les sénatoriales primaires de septembre que l’Alliance Sociale et Démocrate va révéler tout son potentiel en unissant ses voix pour essayer d’obtenir une majorité au Sénat. Pour la droite, plus divisée que jamais, cela sonne comme la fin d’une ère et le début d’une nouvelle où sa place n’est plus aussi importante que par le passé… Sauf si cette dernière décide de former une contre-alliance pour remporter les prochaines élections ?

L’union des droites, la solution miracle ?

Le Président du Groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême, Justin Darfor, lors d’une interview télévisée par la chaîne WNN, le 17 juin 2015.
Le Président du Groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême, Justin Darfor, lors d’une interview télévisée par la chaîne WNN, le 17 juin 2015.

L’union des droites, un projet d’alliance qui trouve déjà ses racines à la fin de l’année 2014, alors que la gauche était déjà bien avancée dans sa propre formation. Pour autant, cette idée est rapidement tombée à l’eau, en raison des divisions majeures qu’entretiennent depuis bientôt un siècle la droite libérale et la droite conservatrice. Si le PUR pouvait être vu comme le mouvement politique en capacité de faire la jonction entre ces deux ailes, le parti n’a pas réussi à convaincre et s’est lancé dans une campagne pour les élections représentatives en solitaire. Avec l’ASD désormais aux portes du pouvoir, cette solution de dernière minute semble se présenter comme la carte ultime pour arriver à mettre un stop à cette ascension des partis de gauche. De nombreuses personnalités de la droite westalienne ont multiplié les appels à l’union, notamment dans une tribune, signée par des sénateurs et délégués de différents partis, qui appelle à “un rassemblement des patriotes, des démocrates et des porteurs du bon sens pour mettre en déroute une force de gauche dangereuse, radicalisé et complaisante avec ses bords les plus extrême”. Des ministres, comme Akito Fujitawa, Henry Takajiwa ou encore Alfred Eisendorf ont surpris la scène politique dans un message d’unité qui leur était pourtant si difficile d’atteindre depuis plus d’un an, alors qu’ils sont pourtant membre du même partis, et qui soutiennent eux aussi cette alliance dans leurs déclarations récentes : “Nous sommes à un tournant majeur de notre histoire, à un moment où la Grande République se retrouve attaquée et manipulée par des forces gauchistes et de la racaille désunioniste qui souhaitent faire de notre beau pays ordonné, une terre d’anarchie et de chaos. Ce n’est désormais plus un combat politique, mais une guerre de survie que nous entamons face à cette alliance qui pourrait faire venir la pire des idéologies de l'histoire de l’humanité au pouvoir du peuple libre : le communisme. L’union des droites n’est pas une option, c’est une nécessité pour l’avenir de Westalia” a averti dans un communiqué le Ministre Fédéral à la Défense, Alfred Eisendorf. Dans une interview télévisée sur WNN, le Président du Groupe Parti Libre et Démocrate (PLD) au Congrès Suprême, Justin Darfor, jusque là ayant tenu une ligne très mitigée, voir opposée à l’idée de s’allier avec les autres partis de droite, a cette fois-ci présenté un avis beaucoup moins hostile quant à cette éventualité : “Il est clair que le Parti de l’Union Républicaine a perdu, au début mois, une influence que beaucoup lui pensait éternellement acquise. Sa frange radicale a propulsé la fin programmée de cette toute-puissance politique et a poussé le peuple vers d’autres options. Si le changement est une bonne chose, je ne pense pas que l’ASD soit une alternative valable pour la Grande République. Si mon parti n’est pas en capacité d’obtenir une majorité à lui seul, nous nous devons de faire le nécessaire pour avoir la capacité de faire pencher la droite vers sa vision libérale et non celle du néo-horvanxisme dans lequel elle se tourne de plus en plus. J’ai déjà discuté avec plusieurs membres du PUR qui partagent ma vision et je pense que le PLD a un rôle important à jouer dans ces prochaines élections. Nous devons remettre sur le devant de la scène la vision de Stanislas Asfort comme une solution pour le futur de notre nation. L’Asfortisme s’est toujours montré présent pour redresser le pays à chacune de ses grandes crises, il pourrait en être de même en septembre. Alors oui, je n'exclus pas l’idée de voir mon parti rejoindre une union des droites, reste à voir sur quelles bases elle serait présentée, car il est évident que toute prise de positions extrémiste fermerait la porte à notre participation”.

Vers un sommet des partis de droite

Dans ce contexte de défaite potentielle, le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx essaie de se positionner à nouveau comme une personnalité rassembleuse de la droite westalienne. Dans un communiqué officiel, il appelle “tous les partis de droite à se réunir à Reggio di Terracristo pour discuter ensemble de l’avenir du pays, d’une ligne commune et d’un front patriote pour donner à Westalia le changement nécessaire à son évolution, tout en mettant de côté nos vieilles rivalités et nos désaccords pour le bien supérieur du peuple de la Grande République”. De manière générale, les principaux intéressés ont rapidement manifesté leur volonté de se présenter à ce qui est déjà qualifié de “sommet des partis de droites”, soit le Parti de l’Union Républicaine, bien évidemment, le Parti de la Croissance Nipozam, déjà allié au précédent, le Parti National Westalien et le Parti Libre et Démocrate. Un regroupement de quatre partis politiques qui vont de l’asfortisme de droite, en passant par le conservatisme hardenborien et jusqu’aux nationalistes d’extrême-droite. Le “cauchemar” d’une victoire de la gauche aux prochaines élections semble avoir touché toutes les strates de la droite westalienne, qui redoute beaucoup cette éventualité. Avec la réponse rapide des invités et la confirmation de cette rencontre historique pour le 1er juillet, les principales figures de cet événement, et notamment leurs proches, ont déjà tracé les lignes de ce qui serait attendu pour que ce projet de “contre-alliance” puisse voir le jour à Reggio di Terracristo. Nakamaro Tanaka, nouveau Président de l'État-Républicain de Lerant, allié indéfectible du PUR, a déjà partagé sa volonté d’une vision mêlant conservatisme et libéralisme qui devrait s’établir à l’issu de ce sommet : “Nous ne pourrons pas tous nous entendre sur tous les sujets, il est donc évident qu’il faut se concentrer sur les éléments qui nous rapprochent le plus : à savoir le développement d’une économie forte, d’une indépendance diplomatique majeure et d’une protection de nos traditions qui permettra de poser les bases d’un futur gouvernement de coalition. Il va être nécessaire de garder un équilibre, bien que difficile, entre les partisans d’une droite libérale face à ceux d’une droite radicale et plus conservatrice. Je sais que Monsieur le Premier Ministre Fédéral partage la même vision que moi à ce sujet et j’espère que les autres partis invités à cette rencontre seront faire preuve de pragmatisme et moins dans la promotion d’une quelconque idéologie. Il est nécessaire de serrer nos coudes pour éviter une victoire plus que regrettable de cette gauche plurielle et abritant de dangereux éléments”. De son côté, le Président du Parti National Westalien et Sénateur du Comté de Brokenbridge, Henry Ross, a tracé des conditions claires pour que son parti puisse adhérer à un tel projet d’alliance : “Pour confirmer notre participation, il va être nécessaire que les autres partis prennent beaucoup plus en considération les territoires ruraux de notre pays, qui sont saccagés par un libéralisme économique et un capitalisme incontrôlé. Il faut apprendre à contrôler notre économie pour que nous ne soyons plus autant dépendant de l’étranger et pour que la production westalienne reste toujours prioritaire sur notre marché. Un autre point important va également être la lutte contre les extrémismes hamajaks et communistes qui doivent être accentués, pour le bien de notre civilisation, qui est de plus en plus menacée par ces visions du monde portées par des terroristes qui ont encore le droit de se balader librement dans nos rues. Il n’y aura pas de concession sur ces points, une nouvelle loi sécuritaire doit être établie aussi bien pour mieux nous protéger des dangers de la grande criminalité que pour ceux des idéologies néfastes à Westalia”.

Perspective de réussite ou d’échec ?

Comme son équivalent à gauche, la réussite d’une telle alliance est fortement mise en doute par de nombreux experts politiques, qui y voient des visions trop différentes et qui pourrait voir un potentiel futur gouvernement de coalition rencontrer une implosion assez rapide. Si cette éventualité n’est toujours pas levée au sein de l’ASD, elle semble encore plus probable à droite, tellement les divisions sont profondes entre les partis. D’après Marcus Odwent, professeur en science politique à l’Université de New Landor, “la réussite d’une telle union serait une première dans l’histoire de la Grande République. La droite a toujours été divisée entre ses deux grands courants que sont les libéraux et les conservateurs. Même au sein du PUR, première force politique de droite, cette division peut se voir en son sein, d’autant plus avec la chute d’Akito Fujitawa et la perte d’influence du Président Fédéral Victor Hardenbor. Alors, est-ce qu’une telle alliance peut tout de même voir le jour ? Bien que, pour beaucoup, cela semble impossible, notre chef de l’État a déjà réussi cet exploit en 1987 en rassemblant plusieurs partis de droite conservatrice, mais également libéraux, pour former un mouvement politique qui a su se démarquer par son union affichée et sa force de proposition qui en a découlé. Si on reproche tout de même au PUR d’avoir penché de plus en plus la droite westalienne vers son aspect radical, qui était jusque-là très modéré grâce aux asfortiens, cette alliance pourrait être l’occasion à la droite de revenir en arrière et de pencher un peu plus vers son côté libéral et moins dur. Avec l’aide de l’aile libérale du PUR et du PLD, cette optique pourrait être atteinte et permettrait de donner un visage plus lisse à la droite, ce qui pourrait rendre la campagne de la gauche beaucoup plus difficile à l’avenir”. Cependant, le Professeur Odwent se montre beaucoup plus pessimiste sur d’autres aspects et issues finales qui pourrait ressortir de ce sommet à Reggio di Terracristo : “Je vois mal les nationalistes faire des concessions au PLD, tout comme ce dernier s’accorder sur certaines mesures du PNW, que son président juge comme essentielle pour un accord. Le PUR va être tiré entre les deux partis, avec d’un côté l’aile libérale d’Henry Takajiwa qui va pousser pour un rapprochement avec les libéraux et l’aile traditionaliste qui prône depuis longtemps une alliance avec l’extrême-droite. Si une alliance avec tous les partis invités est très peu probable, il y a beaucoup plus de chances que le PUR se rabatte sur le plus ouvert, entre le PLD et le PNW, pour former une alliance beaucoup plus solide et espérer éviter une majorité de gauche au Sénat en septembre prochain”. Avec le prochain débat télévisé prévu le 20 juillet et la potentialité de la formation d’une alliance des partis de droite, cette campagne électorale de 2015 pourrait encore nous réserver de nombreuses surprises et retournement de situation…
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Columbia Chronicle du 25 juin 2015
Columbia Chronicle

Colère du monde rural : entre manifestations et siège de Columbia


Des agriculteurs manifestants convergents vers la Place du Grand Westal, Columbia, le 23 juin 2015
Des agriculteurs manifestants convergents vers la Place du Grand Westal, Columbia, le 23 juin 2015

La “crise rurale”, une problématique souvent éclipsée par les politiques

Ce 23 juin 2015, la capitale fédérale a été une fois de plus le théâtre d’une manifestation populaire de grande ampleur. Il n’est désormais pas question de liberté d’expression ou de lutte pour les droits hamajaks, mais d’un rassemblement de citoyens venant des territoires ruraux, principalement travaillant dans le monde agricole, venus éclater leur colère face à ce qu’ils dénoncent comme “l’abandon des campagnes et de l’agriculture westalienne par le gouvernement et la classe politique”. Le sujet de l’appauvrissement des régions rurales et la dépendance agricole du pays n’a réellement pris de l’importance qu’à partir des campagnes électorales de cette année, souvent qualifié de grand oublié, il est souvent relégué à un niveau secondaire en comparaison avec les préoccupations sur l’insécurité ou l’économie. Un fait qui est en réalité peu surprenant quand on sait que plus de 87% de la population westalienne vit dans une zone urbaine, avec une écrasante majorité de ces derniers vivant dans la mégalopole westale, qui s’étend de Santa Maria, au sud, jusqu’à Kaijotoshi, au nord, soit l’ensemble de la côte Ouest du pays. Avec la majorité de nos élus et dirigeants trouvant leurs origines dans cette région ultra urbanisée, les problématiques rurales sont souvent mal comprises par ces derniers et la coeur de leur électorat, tout parti confondu, reste des citoyens urbains, la seule exception étant le Parti National Westalien, qui a fait de ce qu’on appelle aujourd’hui la “crise rurale”, une de ses premières priorités politiques.

Les origines de l’implosion : une colère rurale bien plus anciennes que quelques jours

Agriculteurs manifestants sur la place de la Révolution, devant le Sénat de la Grande République, Columbia, le 23 juin 2015.
Agriculteurs manifestants sur la place de la Révolution, devant le Sénat de la Grande République, Columbia, le 23 juin 2015.

Au cours de la journée du 23 juin, des milliers de manifestants venus du monde rural se sont rassemblés dans la capitale fédérale pour partager leur colère. Qu’est-ce qui les a poussés à se rassembler ? Pourquoi aussi nombreux d'entre eux ont répondu à l’appel pour manifester à Columbia ? Qui est derrière ces manifestations historiques ? Les équipes du Columbia Chronicle ont mené l’enquête en retraçant pas à pas les événements de ces dernières semaines qui ont permis d’arriver à ce rassemblement sans pareil. Comme décrit précédemment, le nombre de rapports s’alarmant d’une crise rurale et du déclin de l’agriculture westalienne ont été très nombreux ces dernières années, mais ils n’ont jamais réussi à obtenir une visibilité suffisante pour être prise avec suffisamment d’importance par la sphère politique de la Grande République. On y retrouve notamment une inquiétante augmentation de la pauvreté dans ce milieu, bien plus que dans les villes, des infrastructures de base mal entretenues ou inexistantes, un taux d'alphabétisation le plus bas du pays, un taux de natalité en chute ou encore un accès aux soins très difficile. “On nous a toujours fait de belles promesses, on nous disait que ça irait mieux, que les aides arriveraient et que tout rentrerait dans l’ordre. Aujourd’hui, on attend toujours tout ça ! Le gouvernement refuse de prendre ses responsabilités, alors nous venons lui rappeler qu’on existe. Westalia ce n’est pas que nos villes, ce sont aussi nos campagnes !”, nous a confié un manifestant originaire du comté de Galberey, une région très rurale, située au centre de l'État-Républicain de New Austaria. Selon nos recherches, les causes ayant poussé le monde rurale à sortir de son silence se trouverait dans un terrible incendie qui aurait ravagé plusieurs champs, quatre fermes et six maisons d’un village, dans le comté de St Peter, dans le nord-est de l'État-Républicain de New Austaria, entraînant notamment la mort d’une trentaine de vaches dans un élevage local, mais aucun blessé humain, début mai. A la suite de cette catastrophe, le rapport des autorités locales indique qu’une dizaine d’exploitations agricoles ont été impactées par ce feu ayant ravagé leurs terres et pour certains leurs bâtiments. Si l’incident en lui-même n’est pas la cause de la colère, c’est surtout la réponse des assurances aux sinistrés qui a été le début de celle-ci. En effet, ces dernières ont soit indemnisé les entreprises et personnes touchés à un niveau bien en dessous de ce qui était attendu, soit ne les ont pas indemnisé du tout, notamment pour les agriculteurs ayant perdu leurs champs. Usant d’une “faille dans le contrat”, selon une source syndicale, les assureurs auraient tout fait pour avoir à dépenser le moins possible, “Ce n’est pas la première fois que cela se produit. Les assurances profitent du milieu rural et de contrats qui leur permettent de se dédouaner de leurs responsabilités. Ce genre de pratique est rarement condamné par la justice, soit par manque de moyens des assurés pour se défendre, soit parce que la loi protège les assurances. Cela fait des années qu’on remonte cette injustice au gouvernement, mais on se retrouve toujours à parler à un mur…”, nous a confié Marcus Barken, agriculteur et président du très récent syndicat agricole “Rural Freedoms Union”. Après une première manifestation dans la ville d'Astaran, dans le nord de New Austaria, le 4 juin, qui ne fera que peu parler d’elle, l’ensemble des syndicats agricoles du pays, soutenu par plusieurs associations du monde rurale, ont appelé à “une grande manifestation des campagnes à Columbia, pour réveiller le reste du pays et nos politiques face à une urgence qui a été complètement ignorée lors des élections représentatives”.

Entre union de syndicats rivaux, extrême gauche et extrême droite : qui sont les protagonistes de ces manifestations ?

Peu de mouvement politiques sont réellement proche de ces colères rurales, alors il n’a été en rien étonnant de penser que le Parti National était derrière cette grande mobilisation, surtout dans un contexte qui lui est favorable et dans une période de négociation musclé pour la constitution d’une alliance des partis de droite, où les nationalistes auraient obtenu une influence assez importante, derrière le Parti de l’Union Républicaine. Si la présence en sous-main de l’extrême-droite est avéré dans ces manifestations, notamment par la participation des syndicats “Rural Fight” et “National Farmers Federation”, qui lui sont très proche et disposant d’une influence assez importante, c’est surtout l’ascension éclaire du syndicat Rural Freedoms Union qui a surpris beaucoup de personne et surtout les mouvements à l’oeuvre derrière… Le RFU est un syndicat fondé en fin d’année dernière et se revendique comme une organisation “socialiste, communaliste et radicale dans la lutte pour les libertés du monde rural et agricole”, on lui prête notamment un soutien important d’un parti politique, jusque-là assez obscure sur la scène westalienne, du nom de “Rassemblement Communaliste”, se revendiquant de l’idéologie communaliste d’inspiration katanaise et promouvant “une lutte anticapitaliste et antilibéraliste pour offrir au peuple une société juste, équitable, véritablement démocratique et purgée de l’autoritarisme horvanxien”, selon son site internet. Classifié à l’extrême-gauche, ce parti politique a été fondé en 2009, à la suite du départ de plusieurs membres du Parti des Ouvrier Libres, sur fond de désaccord politique, suite à l’ascension de John Taranti comme nouveau Secrétaire-Général du POL. Le RC présentera des candidats aux différentes élections qui ont suivi sa création, mais n’obtiendra jamais de sièges, si ce n’est l’élection de trois maires dans des communes situées dans l’État-Républicain de Dakantia. Cependant, depuis le début de l’année, fort d’une communication très importante sur les réseaux sociaux, les communalistes westaliens ont su convaincre un plus large électorat, principalement jeune, tout en gagnant une visibilité qu’ils n’avaient pas jusque-là. Ainsi, au milieu des tracteurs et des rassemblement de manifestants, il n’est pas rare de voir le drapeau du RC flotter dans les airs ou des personnalités de ce parti s’exprimer devant la foule, telle que Marcus Barken, Président du syndicat Rural Freedoms Union, ou encore Abel Ordan, Secrétaire-Général du RC, devenant des figures majeurs de ces manifestations. Reste à savoir si ce coup de projecteur sera profitable à leur campagne électorale ou si cela ne fut que temporairement, notamment face à une bonne partie des syndicats qui restent méfiants de la gauche, surtout ceux proches du Parti National Westalien.

Déroulement de la manifestation et réactions politiques

Manifestants occupant l’entrée du Palais Horvanx, siège du Sénat de la Grande République, Columbia, le 23 juin 2015.
Manifestants occupant l’entrée du Palais Horvanx, siège du Sénat de la Grande République, Columbia, le 23 juin 2015.

Forces policières devant un feu provoqué par les manifestants sur la place du Grand Westal, devant le Palais d’Argent, résidence du Président Fédéral, Columbia, le 23 juin 2015.
Forces policières devant un feu provoqué par les manifestants sur la place du Grand Westal, devant le Palais d’Argent, résidence du Président Fédéral, Columbia, le 23 juin 2015.

Le cortège de manifestants s’est rassemblé aux portes de la capitale dans la nuit entre le 22 et le 23 juin, se composant de nombreux engins agricoles, mais également de voitures et de camionnettes. Les manifestants ont alors entamé, très tôt à l’aube, une entrée dans la capitale fédérale, dans un encadrement policier très important. Ils arriveront dans le centre de Columbia en début de matinée pour se séparer en deux groupes distincts, l’un se dirigeant vers la place de la Révolution, pour faire face au Sénat, l’autre vers la place du Grand Westal, pour faire face au Palais présidentiel. Vers la fin de la matinée, les deux groupes se positionnent sur leur place respective et commencent à installer des camps de fortunes, klaxonnant plusieurs minutes devant les bâtiments officiels pour faire savoir leur présence. Selon un communiqué des syndicats agricoles, les manifestants compte s’installer sur ces places jusqu’à ce que les problématiques rurales soient réellement prises en compte par le gouvernement et les responsables politiques. En début d’après-midi, des manifestants prennent le contrôle de l’entrée du Sénat et y déversent du fumier, avant d’être dispersés par la Garde de la Grande République, après une heure d’occupation. En fin d’après-midi, des manifestants allument un grand feu devant le Palais présidentiel, qui sera éteint quelques minutes plus tard par les pompiers de la ville de Columbia. A partir de ce moment-là, les syndicats replient leurs “troupes” au niveau de la Place de la Révolution et de la Place du Grand Westal, réclamant une entrevue avec le Président Fédéral et le Premier Ministre Fédéral.

Au niveau des réactions politiques, on a pu noter la participation du Sénateur d’extrême-droite Henry Ross, qui a tenu plusieurs discours très critiques du gouvernement face à la foule : “Il est temps pour le gouvernement de prendre en compte le monde rural, de faire des campagnes westalienne un nouveau coeur économique important du pays, comme cela avait pu être le cas par le passé et arrêter le laisser dépérir nos terres par l’inaction d’une élite politique qui n’a que faire de ce qui ne la concerne pas ! Elle préfère importer des produits agricoles de l’étranger, tels que de sales produits akaltiens et des autres pays de cette alliance factices et manipulatrices qu’est l’ASEA, alors que nous avons tout ce qu’il faut au sein de la Grande République pour devenir indépendant sur ce plan ! Ils choisissent la facilité face au bon sens, alors nous allons leur faire entendre notre facilité à les terrifier pour leur inaction volontaire !”. Le Sénateur Simeon Belagri, candidat de la gauche pour les présidentielles, a également essayé de se mêler à la foule pour apporter son soutien, en début d’après-midi, mais il a dû se faire exfiltrer par la police à la suite d’une rencontre avec des manifestants particulièrement hostiles et violents. Joseph Lenford, le président tout nouvellement élu de l’État-Républicain du State Capital of Columbia, a affirmé sa volonté de laisser les manifestants le droit de s’exprimer et a demandé à son Chef de département aux affaires intérieures de ne pas donner d’ordre pour déloger ceux qui resteront sur la place de la Révolution ou la place du Grand Westal. Une consigne similaire a également été donnée à la Garde de la Grande République, directement par le Ministre Fédérale de l’Unité Nationale, Ladislas Andover, pour que les manifestants exerçant leur droit d’expression pacifiquement ne soient pas délogés par la force des lieux qu’ils occupent. Au milieu de ces déclarations politiques, le discours d’Abel Ordan, Secrétaire-Général du Rassemblement Communaliste, a retenu une forte attention, notamment pour sa diffusion en direct sur internet, sans passage par les médias traditionnelles : “Depuis l’arrivée de Victor Hardenbor au pouvoir, on doit faire face à une centralisation à marches forcées de notre pays. La principale conséquence de ces terribles décisions, c’est la destruction programmée de nos campagnes, la transformation de la Grande République en État unitaire et le retour à une oligarchie qui fera la part belle aux riches et aux puissants. La démocratie se dépérit, s’éloigne du peuple, alors que nous devrions tous avoir la possibilité de décider ! Trop de décisions importantes sont prises à Columbia et souvent beaucoup trop hors de la réalité du terrain. Il faut donner plus de pouvoir à nos citoyens pour qu’ils puissent être maîtres des décisions locales, dont ils sont les principaux concernés, et non entre les mains de riches technocrates arrogants et autoritaristes !”.

Un invitation aux représentants syndicaux à une rencontre au Palais d’Argent

Un jour après le début du siège, le 24 juin, les syndicats ont été invités par le Président Fédéral à le rencontrer, avec son Premier Ministre Fédéral et plusieurs autres membres du gouvernement, pour discuter des problématiques du monde rural et des solutions envisagées pour les résoudre. Après deux heures d’échanges, les représentants syndicaux ont annoncé avoir obtenu plusieurs concessions de la part du gouvernement, notamment une loi visant un meilleur encadrement des assurances, des aides financières pour le développement agricoles, la promesse d’un nouveau système visant à favoriser la production agricole westalienne et une augmentation des aides fédérales aux communes et aux comtés ruraux pour une rénovation des infrastructures locales anciennes. Dans l’après-midi du 24 juin, la majorité des syndicats ont appelé à une fin du “siège de Columbia”, ce que suivront la plupart des manifestants à la suite de cette consigne, notamment ceux proches des syndicats Rural Fight et National Farmers Federation. Pour autant, quelques irréductibles, principalement à l’appel du Rural Freedoms Union, ont appelé à un maintien des manifestations, affirmant que “toutes les réponses à nos problèmes n’ont pas été trouvées et agiter quelques aides financières ne sera pas suffisant pour résoudre un problème bien plus profond. Comme d’habitude, Hardenbor choisit la solution de facilité en utilisant l’argent pour satisfaire les syndicats. Les autres ont peut-être décidé de partir, mais nous allons rester pour continuer la lutte”, a déclaré Marcus Barken, Président du syndicat. Au matin du 25 juin, la majorité des manifestants ont déjà quitté la capitale, soit à la suite de l’appel à lever le siège, soit par besoin de retourner travailler dans leurs exploitations, ne laissant apparent que quelques tracteurs et tentes sur les places ayant accueilli les manifestants, toujours déterminé à obtenir plus, pour ceux ayant fait le choix de rester. Dans un nouveau communiqué, les syndicats agricoles ont averti les pouvoirs politiques en cas de non-respect des promesses : “Le gouvernement doit respecter ce qui nous a été promis et mettre en place les solutions nécessaires pour permettre au monde rural de se relever. Si ce dernier, ou le prochain gouvernement, n’applique pas ces promesses, alors nous reviendrons plus nombreux et plus radicales que ces derniers jours, pour nous assurer d’obtenir ce que nous jugeons être dans notre droit le plus juste : une vie décente et un travail respecté”.

Avec les négociations d’une alliance des partis de droite qui arrivent dans quelques jours et le prochain débat télévisé, la crise rurale ne sera sûrement plus un sujet que les politiques pourront esquiver dans leur programme…
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Democracy du 2 juillet 2015
Democracy


Alliance de la droite : l’image d’une fracture entre les deux grands courants

Caricature de l’échec d’une formation d’alliance de la droite
Caricature de l’échec d’une formation d’alliance de la droite

Une rencontre historique

Après un échec à se rassembler pour les élections représentatives de juin et face à une ascension historique de la gauche, les principaux représentants des partis de droite se sont rassemblées à Reggio di Terracristo, pour discuter de l’avenir du pays et de l’établissement d’une potentielle alliance commune pour les sénatoriales primaires de septembre. A l’appel du Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx, les différents dirigeants des mouvements invités ont pu s’entretenir sur différents sujets d’importances et surtout sur les divisions qu’ils entretiennent, au sein du fief électoral du chef du gouvernement. De la droite libérale asfortienne, jusqu’à l’extrême-droite nationaliste, le panel de couleurs politiques a été pris très large par son organisateur, le Parti de l’Union Républicaine, dont les rivalités de ses ailes internes semblent déjà être une version miniature des frictions qui divisent depuis toujours les droites westaliennes. De l’histoire de la Grande République, jamais tous les courants de la droite ne se sont assis autour d’une table, contrairement à la gauche qui l’a déjà fait plusieurs fois par le passé. Il faut dire que les divisions sont profondes, notamment par un fossé idéologique important entre les partisans d’une société asfortienne et d’une société horvanxienne. Si le monde politique a longtemps était dominé par la première pensée, au moins sur la large majorité du XXème siècle, l’horvanxisme a rapidement repris de l’aile à partir du début des années 2000 et la volonté du Président Fédéral Victor Hardenbor dans la fondation d’une pensée néo-horvanxienne, à mis chemin entre les deux autres. Ainsi, avec son invitation et sa participation, le PUR s’est positionné en tant qu’intermédiaire entre le Parti Libre et Démocrate, face à son opposé de droite, le Parti National Westalien.

Un accord unanime d'opposition à la gauche pour les sénatoriales

Akito Fujitawa, Ministre Fédéral à la Justice et leader de l’aile modérée du PUR, devant les journalistes pour présenter un bilan de la rencontre, Reggio di Terracristo, le 1er juillet 2015.
Akito Fujitawa, Ministre Fédéral à la Justice et leader de l’aile modérée du PUR, devant les journalistes pour présenter un bilan de la rencontre, Reggio di Terracristo, le 1er juillet 2015.

De ce qui en est ressorti de cette réunion, c’est un accord commun pour faire barrage à la coalition de gauche que représente l’Alliance Sociale et Démocrate. Pour l’ensemble des partis de droite, la potentialité d’un gouvernement ASD est considéré comme un futur dangereux, notamment par la participation évidente du Parti des Ouvriers Libres et de son très polémique leader, John Taranti, qui n’a jamais caché sa volonté d’appliquer des mesures socialistes radicales et une dépénalisation du communisme. Si le POL n’est pas le membre le plus important des quatre participants à cette alliance, sa seule présence semble être suffisante pour que les mouvements de droite considèrent avec inquiétude et sévérité cette montée de la gauche. Même le Parti Libre et Démocrate, pourtant préférant la retenue dans ses propos, n’a pas manqué de faire part de sa profonde méfiance envers cette alliance, qu’il a déjà qualifié “d’extrémiste, dangereuse et chaotique” pour l’avenir de la Grande République. Devant les journalistes, le Ministre Fédéral à la Justice, Akito Fujitawa, s’est fait porte-parole du Parti de l’Union Républicaine et a fait part de sa confiance dans l’idée de défaire la gauche en septembre : “Il est du devoir des patriotes que nous sommes, malgré nos nombreuses divergences, de former un mur protecteur autour de nos institutions, de notre démocratie et de nos valeurs historiques. Le Front Populaire et Démocrate, avec le soutien de l’Union Sociale et Démocrate, a fait le choix de travestir ses idées en pactisant avec le diable, en lui offrant les portes du pouvoir en guise de paiement pour une loyauté qui ne s’achèvera que par une trahison violente de John Taranti et ses larbins. La population souhaite voir notre pays changer, évoluer vers un nouvel avenir prometteur, mais la gauche n’offre pas une alternative réelle, si ce n’est l’anarchie, la pauvreté programmée et la déconstruction des bases de notre civilisation. Nous avons fait l’erreur de croire que nous pouvions tous vaincre, individuellement, cette dangereuse coalition, mais nous avions tort. Nous sommes peut-être chacun le rival de l’autre, mais nous avons fait le choix de mettre nos querelles de côté pour l’intérêt supérieur de la nation. Nous sommes tous des patriotes, et en tant que tel, nous avons le devoir de faire front face à cet ennemi qui menace directement la Grande République”. Pour autant, la forme de cette coalition de droite, ne semble être le terme d’aucune constitution réelle. En effet, malgré un objectif commun, les différents partis n’ont pas donné suite à une alliance visant à constituer un gouvernement de droite plurielle, à l'issue des sénatoriales primaires, mais plus sous la forme d’arrangements au cas par cas : “Malheureusement, nous ne sommes pas parvenu à convaincre les dirigeants que nous avons invité à former une future coalition de gouvernement et une alliance électorale pour présenter des candidats sous une étiquette commune. Cependant, en raison de l’urgence politique, nous avons fait le choix de mettre en place un système de soutien électoral pour les deux tours des sénatoriales. Nous allons laisser la liberté à nos candidats déjà déclarés de se désister dans les circonscriptions où un sénateur de droite est un candidat à sa réélection. Pour le second tour, nous appliquerons le même système, en favorisant le candidat de droite ayant obtenu le plus haut score, s’il se retrouve face à un candidat de l’ASD. L'élément le plus important de cet accord reste notre opposition unanime face à la potentielle présentation d’un gouvernement de gauche en septembre, nous rendrons bien évidemment un avis défavorable lors du vote de confiance. Le PUR et ses alliés appliqueront ses consignes en son sein et nous espérons que le PLD et le PNW tiendront leur promesse en faisant de même”, a détaillé Akito Fujitawa, toujours devant les journalistes.

L'échec d’un rassemblement : la conséquence de désaccords idéologiques profonds

Justin Darfor, Président du groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême, lors de sa conférence de presse sur sa rencontre avec les dirigeants de la droite westalienne, Columbia, le 1er juillet 2015.
Justin Darfor, Président du groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême, lors de sa conférence de presse sur sa rencontre avec les dirigeants de la droite westalienne, Columbia, le 1er juillet 2015.

Henry Ross, Sénateur du Comté de Brokenbridge et Président du Parti National Westalien, répondant aux journalistes venu l’interviewer sur la réunion entre les représentants de la droite, Reggio di Terracristo, 1er Juillet 2015.
Henry Ross, Sénateur du Comté de Brokenbridge et Président du Parti National Westalien, répondant aux journalistes venu l’interviewer sur la réunion entre les représentants de la droite, Reggio di Terracristo, 1er Juillet 2015.

Finalement, cette “union des droites”, fait plus l’objet d’une série d’accords politiques et électoraux que d’une réelle coopération pour obtenir une majorité de droite stable au Sénat, en septembre. Si le discours du PUR reste très lissé, celui des représentants des autres partis est beaucoup moins empreint de bienveillance à l’égard de chacun, la preuve en est des communications séparés entre les différents partis sur cette rencontre. Dans le milieu d’après-midi de cette même journée, le Parti Libre et Démocrate a tenu une conférence de presse pour s’exprimer à ce sujet et s’est montré très ferme dans ses positions : “Nous avons échangé avec les dirigeants de la droite et nous appliquerons les accords qui ont été communément approuvés à Reggio di Terracristo, ce matin. Pour ce qui est de la possibilité d’un désistement de certains de nos candidats, nous ne leur imposons aucune consigne et préférons laisser à leur discrétion la volonté ou non de se retirer en faveur d’un candidat de la droite, de préférence un candidat soutenant des idées libérales, démocratique et non aveuglé par un extrémisme idéologique. Il n’est pas question d’alliance, ni de gouvernement à l’issue de ces élections. Le Parti Libre et Démocrate reste indépendant de ses mouvements et nous n'émettons pas la volonté d’intégrer une quelconque coalition future, en raison de nos désaccords avec les nombreuses positions de ce qui reste tout de même des adversaires politiques. L’objectif de notre mouvement est de nous assurer que les westaliens pourront vivre une vie confortable, dans un cadre prospère et une société soudée dans l’union. A ce jour, l’Alliance Sociale et Démocrate ne représente pas ses principes et nous rejoindrons ceux qui la combattent dans une opposition de leurs candidats et de leurs actions futures”, a déclaré Justin Darfor, Président du groupe PLD au Congrès Suprême et l’un des participants à cette réunion.

De l’autre côté, Henry Ross, Président du Parti National s’est montré beaucoup plus arrogant dans ses déclarations. A la sortie de cette rencontre, il s’est directement aventuré en ville pour rencontrer les habitants de Reggio di Terracristo, où il a notamment offert à tous les clients d’un fast-food local leur repas, qu’il a partagé avec eux. Suivi par une horde de journalistes, il a finalement accepté de répondre aux questions des médias, sur le parking de l’entreprise de restauration rapide : “Vous vous imaginez ? Il y a encore quelques mois, on nous traitait de tous les noms, presque considérés comme des pestiférés par la majorité de la scène politique et voilà que le principal parti du pays nous déroule le tapis rouge pour le soutenir. Plus sérieusement, nous allons tout faire pour écraser cette racaille de gauche qui veut la destruction de notre civilisation. Les westaliens forment un peuple de patriotes, sages et supérieurs dans la toute-puissante union nationale. Comme le très estimé Henry Horvanx en son temps, le PNW et moi-même nous assurerons de purger notre société de la menace communiste et du désunionisme hamajak qui frappe nos communautés. Pour autant, par principe et respect pour nos électeurs, il n’est pas question de nous allier à la politique molle des asfortiens ou à cette girouette idéologique d’Hardenbor. Si nous avons accepté de suivre les accords décidés ensemble ce matin, c’est pour le bien de la nation, pour éviter la résurgence d’idéologies dangereuses et la sauvegarde de notre civilisation supérieure”. Suivant les dernières élections et les sondages les plus récents, les nationalistes connaissent une forte popularité, notamment depuis l’ouverture sur le monde. Avec la constitution d’une force de plus en plus conséquente dans les différentes institutions de la Grande République, il fut inévitable qu’une question sur le rôle futur du PNW dans le nouveau paysage politique westalien serait posé, ce à quoi son principal représentant a rapidement répondu : “Nous n’avons pas pour ambition de rejoindre un gouvernement qui ne prendra pas avec plus sérieux l’urgence sécuritaire, la nécessité de désenclaver nos campagnes et l’importance d’une indépendance totale de toute institution internationale qui cherchent à contrôler nos lois et à nous rendre dépendants d’un marché ultralibéral et d’un contrôle tyrannique. Si un nouveau gouvernement de droite se forme en septembre, vous pouvez vous assurer qu’ils devront écouter notre parole pour faire passer leurs lois, car il est clair que le PUR ne renouvellera pas sa majorité absolue cette année, même avec le soutien des asfortiens, qui ne devrait pas tarder à disparaître, si vous voulez mon avis”.

Des accords fragiles, déjà mis à rude épreuve quelques heures après leur application

Est-ce que ces accords de droite arriveront à tenir jusqu’à septembre ? Difficile question quand on voit que les critiques d’un tel “pacte de non-agression” entre ces différents partis provoque des tensions en interne, à commencer par le Parti de l’Union Républicaine. En effet, quelques heures après la rencontre, Henry Takajiwa, Ministre Fédéral aux affaires étrangères et leader de l’aile libérale du PUR, a commenté de façon pessimiste ces accords : “Je ne pense pas qu’il fut juste d’inviter les nationalistes à cette rencontre, c’est une erreur du Premier Ministre Fédéral que d’avoir accueilli des extrémistes dans notre maison. Nous n’avons rien à voir avec eux et je n'inviterai pas mes collègues, membres du parti, à se désister en faveur de l’un de leur candidat, bien que je leur laisse faire cela en leur âme et conscience”. Du côté de l’aile traditionaliste, la vision est cependant tout autre, à en croire le Ministre Fédéral de la Défense, Alfred Eisendorf : “C’est une bonne chose de nous être rapproché du PNW. Leur force politique pourrait nous permettre de former un véritable front patriote et anti-communiste, pour mettre au pied cette racaille gauchiste qui essai de prendre le pouvoir. Je pense que nous avons cependant accordé trop de valeur à la présence du PLD, qui est un parti mourant et peu enjoué dans la défense de l’Union Nationale, à voir ce que cela donnera en septembre”. Du côté de la gauche, le Sénateur Simeon Belagri a qualifié ces accords de la droite comme étant “factices, idiots et dangereux pour le peuple”, soulignant le fait que ceux-ci pourraient mener à un blocage du pays et à un non-respect du vote populaire. De son côté, le Secrétaire-Général du Parti des Ouvriers Libres, John Taranti, principal visé par les critiques de la droite westalienne, s’est montré particulièrement virulent dans un communiqué en ligne : “L’élite bourgeoise et autoritaire commence à copiner quand ils voient leurs dernières heures s’approcher. La victoire sur l’horvanxisme approche et nous allons enfin pouvoir dégager ces affreux du pouvoir qu’ils exercent de façon tyrannique. Ils ont raison d’avoir peur, puisque lorsque nous serons au pouvoir, c’est nous qu’on fera le ménage pour s'assurer que leurs délires autoritaristes et réactionnaires quittent l’âme de la Grande République”.

D’ici quelques semaines, les principaux protagonistes de ces élections vont se réunir au cours d’un débat politique sur Notizia TV, dans lequel ils pourront confronter leurs idées et leur vision de Westalia. Si la gauche maintient une représentation unique par la nomination de Simeon Belagri, la droite reste divisé et ces accords n’ont pas empêché de voir se présenter à ces échanges Arthur Horvanx (PUR), Justin Darfor (PLD) et Henry Ross (PNW), présentant une droite toujours autant divisée.
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Diffusé le 20 juillet 2015, à 20h30
Notizia TV


Sénat 2015 : Face au peuple
Senato 2015: Di fronte al popolo


Image d’illustration : De gauche à droite, Arthur Horvanx, Simeon Belagri, Justin Darfor et Henry Ross
Image d’illustration : De gauche à droite, Arthur Horvanx, Simeon Belagri, Justin Darfor et Henry Ross


Contexte de l’émission : “Sénat 2015 : Face au peuple” est une émission spéciale produite par la chaîne de télévision madrerianne Notizia TV, première chaîne en Terracristo et troisième à l’échelle nationale. Cette dernière se compose majoritairement de séries, documentaires, émissions de divertissement, mais également d’un journal pour le suivi de l’actualité qui est très réputé au sein de la Grande République. Comme dit précédemment, cette chaîne de télévision diffuse uniquement du contenu en italien madrerian, principalement destiné aux westaliens appartenant à cette ethnie. Au cours de cette émission, les différents invités doivent impérativement s’exprimer en italien madrerian, à l’image du Grand Débat ayant eu lieu sur Jōhō NWK qui a imposé le dialecte de Kamishiwa. Cependant, contrairement au précédent débat, ce dernier sera présenté par deux journalistes de la chaîne, Landolfo Savastano et Rachele Tabacchi. Le premier est un journaliste de terrain, qui conçoit des documentaires d’analyse politique sur l’actualité westalienne et internationale. La seconde est la présentatrice phare du journal télévisé et quotidien de la chaîne, qui a déjà interviewé en direct plusieurs personnalités majeures de la scène politique du pays, dont certaines présentes ce soir-là. Les invités à ce débat sont Arthur Horvanx, Premier Ministre Fédéral et leader de la campagne du Parti de l’Union Républicaine, actuellement au pouvoir, Simeon Belagri, Sénateur du Comté de Santa Maria et Président du Front Populaire et Démocrate, qui représente également l’Alliance Sociale et Démocrate, Justin Darfor, Président du Groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême et figure de proue dans la campagne de son parti cette année, et pour finir Henry Ross, Sénateur du Comté de Brokenbridge et Président du Parti National Westalien. L’ensemble des échanges sont diffusés en direct, avec un sous-titrage en anglais madrerian et en dialecte de Kamishiwa disponible pour les téléspectateurs. Contrairement au précédent débat, il n’y a pas de public présent sur le plateau, uniquement les invités et les deux journalistes qui animeront l’émission.


Informations sur les personnalités invitées :

Retranscription de l'émission suivant les thèmes abordés :

L'émission s’ouvre sur un générique de quelques secondes, qui présente le logo de cette émission spéciale, avec une musique de fond, où l’on peut voir par transparence une vue par-dessus du plateau. Après le générique d’introduction, une transition rapide pose le focus sur les deux journalistes qui vont animer l’émission, tous deux assis devant une table blanche. A droite de l’écran, Landolfo Savastano, et à gauche, Rachele Tabacchi. C’est la journaliste madrerianne qui va s’exprimer en première, pour introduire les différents invités.

Rachele Tabacchi : Mesdames, messieurs, bonsoir. Le Sénat est sur le point de renouveler deux tiers de ses sièges, les différents partis politiques du pays sont au pied de guerre pour conquérir l’électorat et faire valoir leur idée d’une future Westalia dans ce nouveau monde d’ouverture et d’internationalisation. Aujourd’hui, notre peuple souhaite entrer dans une période de changement qui pourra s’adapter à la grande évolution sociétale, économique et culturelle que nous connaissons depuis peu. Sur ce plateau, peut-être, se jouera l’arrêt de votre décision sur qui soutenir en septembre, nous pourrions peut-être même déjà observer un nouveau visage pour la Grande République se dessiner, à mesure des échanges. Pour m’accompagner ce soir, mon confrère et éminent journaliste, Landolfo Savastano, nous aidera à la tenue d’un débat fluide et compréhensif pour tous.

Un changement de caméra se produit et on peut voir quatre pupitres, derrière lesquels chacun des candidats se tient debout, regardant droit devant lui. A partir de ce moment-là, à chaque prise de parole d’un des invités, une caméra viendra centrer l’image sur ce dernier.

Rachele Tabacchi : Ce soir, nous avons l’honneur de pouvoir accueillir les principales figures de ces élections, qui débattront ensemble, afin de confronter leurs positions et de partager leurs idées au plus grand nombre. En tout premier, Monsieur le Sénateur Simeon Belagri, Président du Front Populaire et Démocrate, ainsi que représentant de la coalition de gauche qu’est l’Alliance Sociale et Démocrate.

Simeon Belagri : Mesdames, messieurs, bonsoir.

Rachele Tabacchi : En deuxième, nous accueillons le Délégué Justin Darfor, Président du Groupe Parti Libre et Démocrate au Congrès Suprême.

Justin Darfor : Je vous remercie de m’avoir invité ce soir.

Rachele Tabacchi : En troisième, Monsieur le Premier Ministre Fédéral Arthur Horvanx, représentant ce soir le Parti de l’Union Républicaine.

Arthur Horvanx : Je salue tous nos chers concitoyens venus nous écouter ce soir.

Rachele Tabacchi : Enfin, notre dernier invité est le Sénateur Henry Ross, Président du Parti National Westalien.

Henry Ross : Bonsoir à tous, c’est un plaisir de pouvoir participer à ces échanges.

Rachele Tabacchi : Les règles du débat de ce soir sont simples, pas de coupure de parole, uniquement en madrerian et en essayant de respecter le sujet débattu. En effet, tout au long de la soirée, nos invités vont pouvoir s’exprimer, chacun à leur tour, sur un sujet que mon collègue ou moi-même présenterons en introduction des échanges. Sur ces mots, je laisse Monsieur Landolfo Savastano nous présenter le premier sujet de ce débat.

Landolfo Savastano : Je vous remercie pour cette introduction. Tout d’abord, j’aimerais que nous introduisions cette soirée sur un sujet d’actualité récente. Le mois dernier, le pays a été pris de court en voyant les rues de Columbia remplies de tracteurs, de voitures et de citoyens venant de nos campagnes. De cet événement, le concept de “crise rurale” a été popularisé à travers tout Westalia. Pauvreté, abandon du monde agricole, enclavement de certains territoires… Messieurs, quelles sont les propositions de votre parti pour surmonter cet enjeu qui semble prendre de plus en plus d’ampleur ? Monsieur Horvanx, vous pouvez commencer.

Arthur Horvanx : Il est vrai que le monde rural est dans un état qui est particulièrement regrettable. Loin des grands centres urbains et de la richesse générée sur place, des régions entières de notre pays se sont retrouvées dans une difficulté qu’elles ne pourront pas surmonter de la seule force des autorités locales. J’ai pu longuement échanger avec les représentants désespérés de ces territoires, il y a un mois déjà. Je peux vous le dire ce soir, nous vous avons correctement entendu et nous mettons déjà tout en œuvre pour faire de nos campagnes une nouvelle fierté nationale pour la Grande République. Dès le lendemain de mon entrevue, j’ai fait la demande immédiate à mon Ministre Fédéral à la ruralité et à l’agriculture de lancer un grand projet de construction et de rénovation des infrastructures rurales pour que nos citoyens puissent disposer d’un environnement propre, agréable et confortable. Notre pays à les moyens d’investir le nécessaire pour que nos territoires ruraux puissent développer une dynamique économique et sociale à une hauteur d’évolution aussi grande que nos villes les plus prospères. Cette dynamique passe notamment par la création d’un souffle nouveau pour nos entreprises agricoles, dont nous avons la nécessité de soutenir pour moderniser le secteur, créer de la richesse et faire de notre modèle un véritable exemple dans notre monde. De grands projets sont en route, ils sont tous lancés et le gouvernement fédéral soutiendra toujours la prospérité de nos citoyens, d’où qu’ils soient sur le territoire. Voter PUR, c’est voter pour une Westalia autonome, puissante et prospère en son sein.

Justin Darfor : En vingt années de gouvernance hardenborienne, nos campagnes ont été laissées à l’abandon, nos agriculteurs ont sombré dans une spirale de décroissance et l’intérêt du gouvernement largement porté sur le profit qu’il pouvait se faire entre amis, que les bénéfices que pouvaient en tirer ses administrés. Pour faire revivre nos territoires ruraux, il est nécessaire de repenser complètement notre façon de faire et notre vision pour notre développement économique. Il faut ramener de la croissance dans ces régions qui en ont grandement besoin et pour cela, nous devons permettre à nos acteurs économiques de trouver nombre d’avantages à s’installer dans des villes rurales et aider nos citoyens à créer des entreprises sur ces territoires via des aides pour s’installer et des exonérations d’impôts. Pour nos agriculteurs, il est nécessaire de revoir complètement lois et encadrements que nous leur avons imposés jusque-là. Il faut faire plus de lest dans les contraintes que nous leur avons infligées depuis de nombreuses années, nous devons leur permettre de se développer sans avoir à subir une montagne d’administratif et un système actuellement beaucoup trop long pour leur permettre de profiter des avantages fournis par le pays. La plus grande marche pour surmonter cette “crise”, c’est la simplification de notre système archaïque et complexe. Il va également être nécessaire de mettre en place toute une série de projets qui faciliteront l’accès à de nombreuses choses que nous considérons, en ville, comme déjà acquises : internet, l’eau courante, des routes entretenues, des établissements publics ouverts et en bon état… En faisant le choix de l’historique asfortisme, vous participerez à la dynamisation de notre pays et à l’incroyable capacité que nous avons pour surmonter ce genre de crise, nos actes passés parlant pour eux-mêmes.

Simeon Belagri : L’écoute, la bienveillance et la confiance. Voilà des qualités nécessaires pour que nos citoyens, urbains comme ruraux, peuvent espérer d’un gouvernement compétent et populaire. Depuis de nombreuses années, la gouvernance conservatrice n’a jamais fait preuve d’aucuns de ces adjectifs, que je viens de citer. La crise agricole n’est pas une cause de l’état actuel de notre pays, mais la conséquence d’une mauvaise gestion de ceux qui sont actuellement au pouvoir. Contrairement à la droite, nous portons un programme qui donne beaucoup de place à la proximité avec nos concitoyens et pas juste pour ceux qui dispose de beaucoup d’argent et une influence capable d’impacter nos décisions politiques. Ceux qui font la richesse de notre pays, ce sont ceux qui se lèvent tôt le matin, travaillent d’arrache-pied pour permettre à tout un territoire de vivre et de prospérer. Dans cet équilibre nécessaire, les agriculteurs occupent une place des plus importantes en nous offrant de quoi nous nourrir, mais également de quoi nous chauffer et faire fonctionner des milliers d’entreprises dépendant de leurs produits de hautes qualités. Qu’ils élèvent dix vaches ou possèdent des dizaines de champs de blé, ils sont tous un rouage de notre société pour lequel nous devrions être plus que jamais reconnaissant. Avec notre programme, il est donc d’un devoir historique et vital d’offrir à ces derniers un cadre de vie correct, un environnement confortable et une capacité d’entreprendre le plus indépendamment possible. Cela passe par leur offrir une santé accessible, efficace et aussi performante que dans nos villes les plus peuplées. Pour ce faire, nous devons rétablir au plus vite un secteur public dans ce domaine, en allouant une plus grande aide financière au trésor des comtés, mais également celui des États-Républicains, qui sont des forces locales particulièrement au fait de ce genre de besoin. Le renouveau social et démocratique est aussi au bénéfice de nos campagnes et c’est ce pourquoi je me bat depuis de nombreuses années pour une société plus juste et égalitaire.

Henry Ross : Mensonges, hypocrisie et arrogance. Voilà ce que nous offre ce soir les autres partis politiques de notre pays, complètement déconnectés de notre monde. J’ai vécu dans ce monde rural abandonné par nos “élites” et cela fait des années que j’alerte sur les besoins de revitaliser nos campagnes et ses citoyens. Pour ce faire entendre, du haut de leur tour d’ivoire, il aura fallu qu’on aille marcher jusqu’à Columbia, pour crier notre colère. Pendant qu’ils réfléchissent à des idées, bien trop tardivement, des westaliens meurs dans le froid sous les ponts, subissent de plein fouet les directives citadines, qui ignorent tout du reste du monde, et se retrouvent ainsi comme les grands oubliés de notre pays. Si vous voulez mon avis, aucun des hommes ici présent ne tiendra ses promesses et, une fois au pouvoir, ne réglera pas les problématiques de cette crise. En choisissant de voter pour le Parti National Westalien, vous faites le choix d’un mouvement politique qui a déjà tout un programme pour résoudre les problèmes majeurs que subissent les campagnes de la Grande République. En tout premier lieu, nous devons imposer l’approvisionnement des matières agricoles westaliennes sur notre marché en augmentant les taxes sur l’importation de ces mêmes matières venant de l’étranger. Cela forcera investisseurs et politiques à réorienter les finances vers notre projet d’indépendance alimentaire totale, qui pourra être effectif en moins d’une dizaine d'années, si vous nous faites confiance dès septembre pour diriger le pays. La force du puissant peuple westalien se trouve dans sa capacité à ne dépendre de personne, ni d’une élite oligarchique et décadente, ni d’une quelconque entité étrangère qui nous imposerait leurs diktats. Notre programme prévoit également la mise en valeur de nos filières d’apprentissages agricoles, avec la création de nouvelles universités spécialisées dans l’agro-ingénierie, qui nous permettra de former une nouvelle génération de citoyens en capacité de répondre à nos besoins futurs dans ce domaine !

La caméra se braque vers Simeon Belagri qui grimace dans un signe de désapprobation à la suite des paroles de son rival nationaliste. Il se rapproche de son micro et regarde directement droit dans les yeux le Sénateur Henry Ross, lui répondant très rapidement après que ce dernier eut fini de prendre la parole.

Simeon Belagri : Monsieur Ross, avec votre programme, vous allez faire de la Grande République une nation qui sera évité par les flux commerciaux et entraînera inévitablement de graves pénuries au sein de la population, ainsi qu’une terrible chute de notre économie et de notre niveau de vie. Nous ne vaudrions pas mieux que certaines nations encore recluse sur elle-même et subissant un appauvrissement dû à leur non-intégration dans la communauté internationale. Vous êtes complètement fou.

Le Sénateur Henry Ross ricane et répond avec véhémence à son interlocuteur.

Henry Ross : Vous êtes surtout de ceux qui ont le plus à perdre avec notre programme, contrairement à nos citoyens qui ont tout à gagner à lui faire confiance. Vos paroles expriment bien la peur d’une élite oligarchique décadente qui s’accroche à ses richesses, au détriment de l'intérêt supérieur de la nation. De toute façon, je n’en attends pas plus d’une personne dont l’entreprise de distribution alimentaire pratique une politique de tyran avec ses fournisseurs agricoles, contribuant à leur appauvrissement, et qui préfère acheter des biens de mauvaise qualité en provenance de l’étranger, car moins cher, contribuant au meurtre des petites entreprises nationales, à la vue et au nez de tous.

Alors que Simeon Belagri est sur le point de répondre à son détracteur, la journaliste Rachele Tabacchi reprend la parole pour éviter que le débat ne se détourne de son sujet principal et pour éviter que ce plateau n’héberge plus que voulu des attaques personnelles entre candidats.

Rachele Tabacchi : Messieurs, je vous en prie, nous devons rester concentrés sur ce pourquoi vous débattez ce soir. Nous allons d’ailleurs débuter les échanges sur le deuxième sujet pour lequel vous allez pouvoir vous exprimer. Avec l’ouverture sur le monde, la Grande République est désormais confrontée à de nouveaux enjeux et obstacles qu’elle ne connaissait pas, il y a encore cinq ans. Notre pays a fait son entrée sur la scène internationale et se positionne déjà comme une future puissance économique en Aleucie et dans le monde. Fort de ses avantages, quels sont les objectifs diplomatiques que notre nation devra atteindre d’ici les quatre prochaines années ? Monsieur Darfor, vous pouvez débuter.

Justin Darfor : Depuis que nous avons fait le choix de nous libérer de cette volonté archaïque de replie sur soi-même, la Grande République a connu un bon économique historique et comparable avec les périodes les plus prospères de notre histoire. Il est de notre devoir de poursuivre cette dynamique en multipliant les lois visant à favoriser l'exportation de notre production à l’international, mais également en poursuivant notre politique qui favorise les investissements étrangers sur notre territoire. L’élément essentiel pour faire de notre pays une terre attirante économiquement et bien plus prometteuse que nos voisins, sera inévitablement la signature d’accords bilatéraux avec d’autres nations du monde, au cours des prochaines années, sur des sujets d’ordres commerciaux, mais également sécuritaires ou militaires. L’enjeu de ces prochaines années va être la création d’une influence diplomatique westalienne qui devra couvrir l’ensemble de l’Ouest aleucien, dans un modèle qui nous permettra d’obtenir des accords avantageux avec nos amis continentaux, mais aussi une position d’acteur incontournable pour les nations non-aleuciennes qui s'intéresserait à notre grande région. Si l’ASEA est une organisation particulièrement utile pour le développement de liens diplomatiques et le maintien d’un marché commun, je pense qu’il ne faut pas que cette dernière prenne une place aussi importante dans la vie de notre nation. Les intérêts divergents et la dépendance à un traité qui ne cesse d’élargir ses membres va nécessairement être moins efficace que si nous allions directement négocier par nous-même avec d’autres nations, sans contraintes internationales derrière. Loin de moi l’idée de voir notre pays sortir de cette organisation, que je pense particulièrement utile pour chacun, mais il doit être nécessaire d’orienter celle-ci pour que ses membres ne soient pas aussi dépendants de celle-ci.

Simeon Belagri : Pour commencer ce sujet, j'aimerais revenir sur les propos de Monsieur Darfor, vis-à-vis de l’ASEA. Je juge que cette alliance est une opportunité incroyable pour faire de notre continent un véritable phare de stabilité, de prospérité, d’unité et de démocratie dans le monde, bien plus que n’importe quelle autre organisation internationale qui a existé jusque-là. En tant que grande nation aleucienne, notre pays a le devoir de s’investir au maximum au sein de ses institutions, pour que nous puissions donner un cap clair pour son avenir. Avec le départ de la Fédération de Stérus, le traité de Barba montre ses limites et les objectifs de l’ASEA deviennent plus flous. Si nos concitoyens font confiance au programme de l’Alliance Sociale et Démocratique, lorsque je serai élu Président Fédéral, je promets de mener à bien un grand projet de restructuration de cette organisation, pour que nous puissions définir, avec nos alliés, un nouveau futur pour l’Aleucie et une structuration des prises de décisions les plus démocratiques, humaines et sages possibles. En termes de diplomatie international, nous devons entamer un rapprochement avec les grandes démocraties de ce monde, pour entamer des partenariats stratégiques dans des domaines qui permettront de nous renforcer et de nous protéger contre les vues autoritaristes des certaines nations belliqueuses ou cherchant à déstabiliser les droits fondamentaux du peuple à détenir le pouvoir de décider de son futur indépendamment et sans répressions politiques, comme nous pouvons le voir dans certains pays aleuciens ces derniers mois et années, le nôtre compris. D’ici les quatre prochaines années, j’ambitionne de voir la Grande République comme un symbole de réussite dans la coopération international, un exemple de démocratie et un acteur économique majeur dans le commerce mondial, que cela soit par la multiplication de nos routes commerciales ou l’initiative de nos entreprises à chercher à se développer à l’étranger, avec des partenaires de confiances, qui en tireront de nombreux bénéfices.

Henry Ross : L’ASEA une “opportunité incroyable” ? En voilà une bonne blague, mais vous ne faites rire aucun westalien en affirmant ce genre de chose, surtout par l'hypocrisie, en direct, que vous nous faites maintenant. Juste avant, vous souhaitez tout d’un coup aider le monde rural et les agriculteurs à sortir de la crise, puis derrière vous affirmer vouloir soutenir l’une des principales causes de leur malheur : une organisation internationale qui impose un marché non équitable et incontrôlé, qui voit les produits étrangers de certains membres écraser les petits producteurs westaliens. Si le peuple nous accorde sa confiance pour les années à venir, je peux vous garantir que ma première décision sera de quitter définitivement cette pseudo-alliance qui nous coûte bien trop cher et nous vole de nombreuses ressources utiles à notre développement. Laisser une telle organisation prendre du pouvoir, c’est donner la possibilité à de la racaille gauchiste et pro-hamajak de dicter la façon dont notre nation doit être dirigée. Nous l’avons déjà vu avec les pitreries stérusienne de Stérus, avec un dirigeant qui s’est montré ouvertement hostile à notre encontre. Le Président Fédéral Hardenbor a fait preuve de trop de laxisme et de complaisance à leur égard durant toute cette période de crise diplomatique. Une fois au pouvoir, je m’engage à établir les sanctions les plus sévères et les plus punitives à l’encontre de l’État crapule du Consul Pandoro. Il est temps de faire comprendre que notre pays est une nation puissante, prospère et qu’elle ne doit pas laisser un pays de seconde zone nous insulter, tout particulièrement venant d’un peuple de païens qui méprise et martyrise nos frères chrétiens sans aucune vergogne. Nous devons reconcentrer nos efforts dans l'entretien de relations internationales avec des pays qui partagent nos valeurs traditionnelles, qui respectent celles-ci et avec qui nous pourrons tisser de véritables coopérations économiques, militaires et sécuritaires réciproquement bénéfiques. D’ici les quatre prochaines années, Westalia doit devenir une puissance respectée, indépendante et écoutée sur la scène internationale, pas moins que cela.

Arthur Horvanx : Voilà bien une vision isolationniste, dangereuse et suicidaire de notre pays que vous pouvez avoir. Contradictions, raccourcies et traitement de la peur font l’ADN de ce faux esprit nationaliste qui ne mènera qu’à la chute de la Grande République. Vous vous revendiquez des pensées de mon arrière-grand père, mais je peux vous assurez que le grand Henry Horvanx dénoncerait ce discours rempli de haine, d’ignorance et d’intolérance. Dans le respect de ses volontés, ce dernier a toujours souhaité faire de Westalia une grande nation sur la scène internationale, mais il n’a jamais été question de cracher à la figure de tous nos alliés, voir disparaître toutes nos routes commerciales et imposer à tout-va nos décisions dans une solitude la plus totale. A notre époque, les nations qui n’arrivent pas à faire le choix de la coopération internationale se voient condamner à la stagnation et au déclin. Nous avons pu le voir de manière très évidente lorsque la Fédération de Stérus a décidé d’imposer sa vision au membre de l’ASEA et il ne fut d’aucune surprise de voir qu’aucun des acteurs de notre alliance n’a adhéré à la vision dominatrice et belliciste de ces derniers. Monsieur Ross, ce que vous nous avez décrit, c’est une volonté de faire de Westalia une nouvelle Stérus, tout aussi décadente et sans boussole diplomatique. Je refuse de voir cela arriver à mon pays et je peux le déclarer haut et fort : je suis fière de voir mon pays au sein de l’ASEA et je compte bien, dans les années à venir, voir sa présence se renforcer au sein de celle-ci. Nos alliés profiteront de notre présence sur tous les plans possibles, tout autant qu’ils seront une véritable richesse pour nous. Tout comme nous avons mis un frein aux ambitions stérusiennes de contrôler unilatéralement l’organisation, nous resterons la première ligne qui protègera toutes les nations amis à Westalia des actions agressives et hostiles qui seront fait à leur encontre, à commencer par la Lermandie qui, pour sa simple volonté de s’exprimer librement, se voit elle aussi ensevelir d’insultes et de menaces stérusiennes, cela ne sera pas toléré et je m’assurerai que nous tenions une ligne ferme à l’encontre de la Fédération, pour nous assurer qu’elle ne cherche pas à s’imposer sur un quelconque membre de l’ASEA. Ainsi, les années à venir vont être décisives pour l’organisation, puisque nous aurons la responsabilité de mener de grands projets pour l’avenir du continent, comme la sécurisation de nos eaux face à la piraterie ou le renforcement de nos échanges économiques et scientifiques avec nos alliés. Dans quatre ans, la Grande République deviendra la plus importante nation de l’Ouest-Aleucien et l’une des plus importantes du monde de par son économie, son armée, son influence et ses avancées technologiques. Cet avenir plein d'opportunités est déjà tracé et c’est le devoir de ceux qui seront élus à la tête de notre pays de maintenir le cap vers ce futur à portée de main. La mondialisation va nous apporter de nouveaux emplois, de nouveaux marchés, mais également des collaborations à venir qui permettront à tout un chacun de s’élever encore plus dans notre société. Je l’annonce à tous nos concitoyens, le monde extérieur n’est pas un danger, mais plein d'opportunités, soyez les premiers acteurs de son développement pour en tirer tous les bénéfices.

A l’image, on peut voir que la tension commence à monter entre les positions très clivantes d’Henry Ross et les autres invités, dont l’extrémisme du candidat nationaliste en ferait presque passer tous les autres débatteurs politiques de ce plateau pour des personnalités de gauche, ce qui est bien évidemment loin d’être le cas. Voyant que de nouvelles invectives pourraient reprendre à l’issue de la prise de parole du Premier Ministre Fédéral, le journaliste Landolfo Savastano fait le choix d’enchaîner sur le prochain sujet, qui pourrait s’annoncer beaucoup plus libre, mais en même temps plus polémique pour certains des invités.

Landolfo Savastano : Chacun de nos invités a pu s’exprimer et partager la vision qu’ils ont de notre pays et sa place dans le monde. Après ces prises de paroles, on relève une forte volonté de changement dans la structure de notre société, dans la façon dont nous devons aborder les obstacles que nous rencontrons ou encore les objectifs que notre peuple devra atteindre d’ici quatre ans. La notion de changement est une impression partagée par une très grande majorité de la population qui, selon un récent sondage du journal Democracy, souhaite voir le pays changer à la suite de ces élections. La grande question qui peut être posée est : quels sont les grands changements à réaliser pour obtenir une nouvelle Westalia, plus forte et plus unie qu’aujourd’hui ? Cette question se veut volontairement libre et nous donnons l'opportunité à nos invités de partager librement leur vision globale du futur de notre pays avec nos téléspectateurs, en guise de conclusion de ce débat. Monsieur le Sénateur Belagri, vous pouvez commencer.

Simeon Belagri : Le peuple appelle au changement, il le crie même électoralement quand on voit que le Front Populaire et Démocrate est en passe de devenir le premier parti politique de la Grande République. Pendant vingt ans, nous avons subi une gouvernance autocratique, rétrograde et oligarchique du pouvoir. Nos institutions ont été infectées par la volonté d’un Président Fédéral qui cherche à s’accaparer le pouvoir au détriment de nos fondements démocratiques, enferment et répriment les pensées divergentes de la sienne. En septembre, le peuple a la possibilité de voter pour le renouveau démocratique de notre nation. Le grand changement tant attendu doit se faire par les moyens que le peuple a de pouvoir exprimer son opinion. La première chose est la suppression des vestiges institutionnels de la dictature, tels que le Conseil Électif, qui doit être ni plus ni moins être remplacé par le peuple. La Présidence Fédérale doit désormais représenter la réelle vision de nos citoyens et la place de chef de l’État ne devrait être accessible que par un suffrage universel direct. Il est également bon de mettre enfin des limitations de mandats dans notre démocratie, notamment pour la Présidence Fédérale, qui ne devrait pas dépasser plus de trois mandats consécutifs. Nous avons bien vu ce que l’attrait du pouvoir a fait de Victor Hardenbor et il faudrait éviter à tout prix l’installation d’une dictature par ce biais. Pour finir, il va être nécessaire de redonner à notre justice l'indépendance la plus totale possible, cela veut dire revenir sur une partie de la réforme constitutionnelle de 2003 et offrir un nouveau système pour la gestion de la justice fédérale, qui soit impartial, juste et éloigné des influences politiques. Moi Président Fédérale, je promets la mise en place d’une gouvernance proche du peuple, sociale et à l’écoute de chacun de vos problèmes. Les erreurs des conservateurs, nous ne les reproduisons pas. Si vous faites le choix de la sauvegarde de notre démocratie, dans quatre ans, je peux déjà vous promettre une Westalia prospère, stable et rayonnante de ses nombreuses réussites dues à une gouvernance éclairée et humaine. En septembre, votez pour un candidat ASD et vous serez l’acteur du vrai changement démocratique et de la protection de vos libertés.

Henry Ross : Notre pays est aujourd’hui, plus que jamais, gangréné par la montée d’idéologies extrêmes et d’organisations criminelles complices qui souhaitent la chute de notre Grande République. Il est nécessaire de mettre un coup d’arrêt à ces divisions par la plus grande réponse, la plus incroyable des attaques, le plus terrifiant des assauts contre ces racailles et terroristes en tout genre. Nous devons nous assurer que le désunionisme hamajak ne refasse plus jamais surface et il est important d’écraser de manière spectaculaire les indépendantistes qui se cachent encore, mais également les autonomistes qui essayent de nous faire croire qu’ils veulent cohabiter avec nous, c’est faux. Ce sont de dangereux extrémistes qu’il faut jeter en prisons, dans les centres pénitenciers les plus sécurisés, où ils seront traités comme les chiens qu’ils sont. Des idéologues communistes, dont les horribles discours sont pourtant interdits, ont encore la possibilité de s’exprimer publiquement grâce à un laxisme gouvernemental complice et dangereux. Nous devons renforcer les lois visant plus précisément ce genre de discours extrémistes et en nous assurant qu’ils ne contaminent plus les esprits de nos enfants. Le peuple aspire à une société prospère, glorieuse et infiniment plus grande qu’aujourd’hui. Dans l’ordre et la sécurité, nous allons retirer de Westalia les tumeurs que les gouvernements successifs n’ont jamais eues le courage d’arracher. Le Parti National Westalien est le premier défenseur de notre civilisation si unique et aux cultures si diverses, mais qui ont fait le choix de l’entente et de l’union. Les pensées désunioniste n’ont pas leur place dans notre société et nous avons le plus important des devoirs à les combattre par tous les moyens. Les criminels en prisons, les terroristes au bout d’une corde et une Westalia plus grande que jamais, purifiée de ses maux. Votez nationaliste en septembre pour redonner la grandeur d’antan à notre nation !

Arthur Horvanx : Mon illustre aïeul a posé les bases de ce qui est aujourd’hui notre grande nation. Dans sa vision avant-gardiste, il a réussi à faire cohabiter une multitude de peuples différents au sein d’une même nation : Westalia. La clé de voûte de cet équilibre harmonieux est l’Union Nationale. Depuis toujours, je me suis toujours battu corps et âme à la défense de cet idéal d’inclusion et de patriotisme. Westalia est une civilisation qui n’existe que par l’union des quatre peuples qui la compose : austarien, madrerian, nipozam et hamajak. Certains vous diront que l’un ou l’autre n’a plus sa place dans celle-ci, c’est qu’ils n’ont rien compris à la richesse culturelle qui nous permet de rayonner aujourd’hui sur le continent et dans le monde. D’autres vont affirmer que cet idéal d’Union Nationale n’est qu’un écran de fumée pour un pseudo-racisme systémique, je leur dirais clairement qu’ils ne sont jamais sortis de chez eux pour affirmer une telle énormité. Si je me présente aujourd’hui devant vous, ce n’est pas pour l’argent, ni le pouvoir ou encore la célébrité. Si je suis ici, c’est pour voir mon pays atteindre cet idéal que nombre de nos concitoyens chérissent tant, qu’importe leurs opinions politiques, de gauche comme de droite, nous avons le devoir de nous battre pour cette Union. Nous devons repousser ceux qui cherchent à la détruire et accueillir les bras ouverts ceux qui ne demandent qu’à s’y reconnaître en son sein. L’esprit westalien, c’est l’amitié de tous les peuples, qu’il soit de la Grande République ou d’ailleurs, dans un seul et même objectif : l’amour de notre patrie, la volonté d’en faire un lieu de paix et de prospérité et surtout une terre où nous pourrons élever nos enfants avec fierté. La vision que j’aspire pour notre pays n’a jamais changé et je l’ai toujours présenté la plus honnêtement possible. Dans quatre ans, j’aspire à une société encore plus unie, plus soudée et plus forte pour faire face aux futurs obstacles qui se dresseront devant nous. C’est ensemble que nous pouvons bâtir une société respectueuse, ambitieuse et paisible. Votez pour le Parti de l’Union Républicaine en septembre pour que nous puissions, ensemble, poursuivre le tout-puissant idéal qu’est l’Union Nationale, pour le bien de la nation. Vive Westalia !

Justin Darfor : En cette époque particulièrement trouble, notre devoir est de faire valoir l’union qui a toujours été le socle de notre force. Celui qui a posé les bases de cette fraternité des peuples, ce n’est pas le dictateur Henry Horvanx, mais le libérateur Stanislas Asfort. A une période toute aussi difficile, il a su apporter les solutions les plus juste pour fonder une Grande République solide, stable et bien plus unie qu’elle ne l’a jamais été par sa population. Nos fondamentaux se retrouvent donc en un seul mot : “démocratie”. Donner la parole au peuple, l’écouter attentivement et agir pour lui offrir un environnement prospère, c’est là le rôle que les asfortiens ont toujours tenu, à toute époque et face à toutes nos crises. Faire le choix du Parti Libre et Démocrate en septembre, c’est choisir de voter pour un mouvement expérimenté et qui a déjà fait ses preuves à de nombreuses reprises, par le passé, apportant à chaque moment de trouble la solution à l’inconfort de nos citoyens. Aujourd’hui, notre modèle sociétal est remis en cause par des extrémistes ou des idéologistes qui souhaitent appliquer leur vision manichéenne d’une société dystopique. Pour autant, comme en 1919, il est nécessaire de repenser notre façon d’organiser la vie démocratique du pays, pour qu'elle puisse répondre aux enjeux futurs de notre nation. Le rôle du Président Fédéral devient de plus en plus important au sein de notre société et je partage une vision de voir ce dernier être soumis au choix du peuple, pour autant, il faut éviter une centralisation du pouvoir au sein d’un même gouvernement fédéral et donner à nos collectivités locales des pouvoir nécessaires pour entamer un changement démocratique au plus près de vous, très cher concitoyen. Si vous avez toujours la volonté d’une Grande République démocratique, proche de son peuple et dans la continuité de la vision que nous a légué Stanislas Asfort, alors voter pour un candidat PLD.

Les caméras se braquent de nouveau vers les journalistes, quelques instants après que le Délégué Justin Darfor ait fini sa prise de parole, concluant le débat de cette soirée.

Landolfo Savastano : Et ceci conclura le débat entre nos quatre invités qui ont accepté de participer à cette émission spéciale. J’espère que pour l’ensemble de nos téléspectateurs et concitoyens, les visions de ces différents mouvements politiques ont pu être éclairées, lors de leurs interventions respectives sur les différents sujets de cette soirée. J’aimerais d’abord remercier ma collègue, Rachele Tabacchi, qui m’a offert l’occasion d'animer ce débat avec elle. J’aimerais également remercier l’ensemble des invités de ce plateau d’avoir répondu positivement à notre invitation pour participer à ce débat, premier d’une aussi grande importance sur notre chaîne de télévision. Très chers concitoyens, n’oubliez pas d’aller voter en septembre pour le sénateur qui vous représentera pour les quatre prochaines années et je vous souhaite à tous une très bonne soirée.

La caméra revient à sa position initiale, dans une vue du dessus du plateau. On peut voir que les invités commencent à quitter le plateau, s’échangeant quelques mots, impossibles à déterminer puisque les micros ont été coupés. Une musique de fond prend place avec un générique du nom des personnes ayant contribué à la réalisation de cette émission spéciale, jusqu’au moment où celle-ci se termine complètement, laissant la chaîne de télévision enchaîner sur le programme suivant.
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