24/03/2020
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[diplomatie] Ambassade de l'Empire du Nord - Page 21

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1967
Symbole de l'Ambassade
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Message de la Quatrième Ambassadrice de la République du Jashuria

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A l'attention de son Excellence le Grand Chancelier Njowga Nielsen, représentant de l’Empire du Nord

Votre Excellence,

Veuillez recevoir les plus sincères excuses de la part de la Troisième République du Jashuria pour le comportement outrancier de son Excellence monsieur Sharukh Kapoor lors de la réunion informelle liée au G20 organisé à Hernani-Centre. Son Excellence a été convoquée ce matin-même par nos services et a fait l’objet de sévères remontrances pour son comportement, qui ne sied pas aux diplomates de la Troisième République du Jashuria. Non content d’avoir jeté de l’huile sur le feu, ses propos ont rouvert des plaies que nous croyions désormais refermées.

Monsieur Sharukh Kapoor a été sanctionné pour son comportement envers votre nation et servira désormais auprès de notre ambassadeur à Estham à un poste subalterne pour bien saisir la portée de ses propos, au contact des personnes dont il a déshonoré la mort. Il purgera ses fautes jusqu’à ce que nous estimions qu’il ait compris le sens du mot « génocide ». Croyez bien, votre Excellence, que bien que nous regrettions que vous ayez démarré les hostilités envers le représentant de Carnavale, les mots employés par monsieur Kapoor se devaient d’être plus mesurés et se devaient de rester dans les limites de la décence commune.

A titre de compensation pour le préjudice subi, la Troisième République du Jashuria souhaite faire amende honorable auprès de l’Empire du Nord et de la population. Nous souhaitons apporter une contribution financière de 5000 crédits internationaux afin d’aider la population d’Estham à se relever de l’épreuve qu’elle a subi. Nous espérons que cette contribution servira à réparer le tort provoqué par les propos de notre diplomate envoyé pour cette préparation du G20. S’il va de soi que l’argent seul ne peut faire taire les souffrances de votre peuple, nous espérons que ces investissements pourront au moins les soulager durant la reconstruction de votre capitale.

Dans l’attente de votre réponse sur les canaux diplomatiques, je reste à votre entière disposition.

Veuillez agréer, votre Excellence, l'expression de mes salutations distinguées.

Cordialement
Madame Parvati Mathai, Quatrième Ambassadrice du Jashuria
7083
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Monsieur le Chancelier, cher Njowga,

Merci pour votre réponse qui clarifie et soulage une irritante interrogation que le Diwan m'a poussé à devoir vous imposer. Tout d'abord, dans les éléments qui concernent l'implication du Jashuria dans la Qabalie occupée, je ne constate aucune information que le Bureau des Enquêtes n'aie déjà. La participation du Jashuria au Conseil d'administration, ainsi que les péroraisons de la presse coloniale au sujet de partenariats fantasques, demeurent des informations produites exclusivement par ceux qui y ont intérêt : les exécutants du colonialisme luciférien. Avec vous, je constate que rien n'indique ni ne confirme, du côté du Jashuria, ni du côté d'observations de terrain, une implication réelle sur place. Ceci est rassurant : ainsi je ne vois aucune raison que le Diwan fasse dévier son attitude vis-à-vis du Jashuria, ni de la R.A.D. d'ailleurs, sur cette question. Je peux écarter le scénario d'un psychodrame diplomatique sans intérêt, a priori.

Je me réjouis que les relations bilatérales entre le gouvernement de Sa Majesté Impériale et le Cercle Intérieur puissent être restaurées suite à un passage à vide. Ceci démontre que la diplomatie a bel et bien un rôle important à jouer, non seulement pour éviter les guerres, mais aussi pour éviter que les malentendus fassent dégénérer les situations. Bien que ce sujet ne nous concerne pas directement, l'Azur, comme vous le savez, aimerait que les relations diplomatiques en général sur ce bas monde soient de meilleures qualités. Le rapprochement entre votre éminence puissance démocratique et l'emporium nazumi numéro un est un des ponts principaux qui soudent entre elles les nations de ce monde, et cette réconciliation est la bienvenue dans une perspective d'un sommet international.

Excellence, il commence à se faire tard, et la Poëtoscovie n'a toujours pas repris la parole, ni aucun des membres qui s'y trouvaient. Karty a renvoyé sa délégation à la maison. Vraisemblablement, personne ne viendra plus et nous sommes venus ici en vain. C'est dommage, mais ne nous en formalisons pas. Nous trouverons bien un autre prétexte pour nous retrouver.

Cher Njowga, permettez-moi d'insister néanmoins sur ce point : une prochaine occasion de prendre un verre ensemble serait bel et bien de réaborder cette question de Carnavale. Je n'enlève rien à ce que vous avez dit : pas un mot. Le comportement qui vous a été imposé a été brutal et inacceptable, c'est certain. Vous le savez, vous avez bien voulu le reconnaître, l'Azur a montré la constance de sa position sur ce point. J'ai pris note de votre refus de siéger à la moindre réunion où se trouveraient des délégués carnavalais, ce que je ne peux qu'accepter, c'est votre droit légitime. Vous avez dit : « notre détermination à poursuivre cette guerre jusqu'à l'obtention de garanties de sécurité durables n'exclut nullement notre volonté constante de rechercher, partout où cela est possible, les voies d'une paix juste et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour épargner au mieux les civils carnavalais qui sont parmi les premières victimes de leur régime. » Naturellement, le Diwan accordera le plus grand crédit à cette vision. Cependant, puis-je vous demander de préciser quelles garanties de sécurité durables la coalition vise-t-elle actuellement ? Dans ma compréhension actuelle du front, les Dalyoha ont usé à de multiples reprises des armes chimiques et de l'agent GILGAMESH, empêchant a priori toute entrée de troupes dans la cité et imposant un redéploiement tactique à l'Organisation. Quant à l'île de Bourg-Léon, où se fabriquent ces armes chimiques, elle est sanctuarisée. Partout, en ville et sur l'île, les troupes kah-tanaises sont présentes, encadrant les opérations « humanitaires » des Dalyoha qui reprennent du terrain en mêlant drones empoisonneurs et fourgons ambulanciers. Je ne pense pas me tromper, ni sombrer dans une impropre métaphysique, en lisant telle quelle la situation. Dès lors, vu également la volonté des Castelage de renforcer leur contrôle du centre-ville avec un dôme antiaérien et de grandes fêtes somptuaires, pensez-vous que la situation soit de nature à fournir rapidement des réponses à votre légitime besoin de garanties de sécurités ?

Je ne suis que le messager du Diwan, monsieur le Chancelier, je vous prie de ne pas prendre mes mots pour des attaques contre l'Empire du Nord ni contre l'Organisation qui contient depuis quatre ans bientôt les forces malveillantes des Dalyoha. C'est justement parce que l'Organisation est aujourd'hui un rempart qui accapare l'attention des Laboratoires et de leurs intentions génocidaires que la Qabalie occupée, grâce au mouvement international, au blocus azuréen et aux démarches afaréennes, est en train de se transformer. Bien que pas complètement satisfaisante, nous savons qu'aujourd'hui il y a un point d'accroche solide entre la République actionnariale et la mission d'observation finejourie-althaljire, qui investigue la situation réelle sur place en vue de faire des recommandations pour le monde entier et la résolution de la crise. Ces deux conflits sont liés. Ainsi l'Azur ne peut se désintéresser de ce qu'il se passe à Carnavale.

Pour cette raison, je pense qu'une plus grande clarté sur les objectifs et les moyens de l'Organisation des Nations Démocratiques pourrait renforcer à la fois votre position par rapport au reste du monde, et restaurer une perspective positive dans le conflit carnavalais qui, pardonnez-moi, s'enlise. En particulier, et j'en reviens hélas à mon point sur de futures discussions directes avec Carnavale, si des garanties de sécurité doivent être obtenues, elles doivent alors être données.

L'Azur a fait depuis plusieurs mois déjà une proposition, par la voix du Grand Vizir, pour proposer une mise à jour de la stratégie et des moyens associés. L'Organisation n'y a pas répondue. Je vous prie cependant de bien vouloir considérer l'un de ses points essentiels : la discrimination intracarnavalaise.

Nous avons observé le comportement des colons en Cramoisie et nous avons constaté une grande diversité parmi eux. Si certains restent des colonialistes indécrottables, d'autres sont plus ouverts, capables même de s'assimiler à la culture qabalienne. Une palette de nuances existe. De même, à Carnavale, je refuse de croire que tous les Carnavalais seraient responsables des crimes qui ont eu lieu. Ce sont les Dalyoha, bel et bien les Dalyoha, qui ont développé les armes de destruction massive à l'origine des opérations onédiennes dans la Principauté. La Maison Castelage, après la mort d'Arthur, pourrait être plus ouverte. Quant aux syndicats et aux groupes qui se sont échappés de la Maison Obéron en décomposition, certains peuvent aussi avoir une approche plus conciliante. Le Conseil municipal, mais aussi les institutions de quartier, pourraient aussi ne pas forcément être des animaux à abattre, mais des êtres doués de sensibilité, capables d'envisager un futur désirable et équilibré entre leur patrie et les nôtres. Ceux-là, l'Azur commence à juger tout à fait contreproductif de les acculer le dos au mur, sans porte diplomatique de sortie. De toutes les manières, de même que nous rejetons catégoriquement les ineptes farces des Lucifériens comme modes de sortie de la crise en Qabalie occupée, nous regretterions que l'Organisation des Nations Démocratiques soit prête à ne laisser aux Carnavalais qu'une fausse alternative comme options de sortie. Si la lutte contre Dalyoha doit rester implacable tant que justice n'aura pas été faite, elle n'a aucune raison de viser avec la même sévérité une Cité qui choisira, de toutes façons, son oppresseur technoféodal à une armée de siège.

En cela, il me semble essentiel d'avoir une véritable approche diplomatique vis-à-vis de Carnavale, ce que certaines positions de principe ne permettent pas de constituer. A défaut de reconnaître la légitimité de Carnavale en l'état, peut-être un scénario de sortie onédien pourrait-il être proposé à discussion avec les représentants de tout ou partie des nombreuses composantes de cette Principauté sans Prince ?

Je vous laisse méditer là-dessus... Bon, le gardien nous demande d'évacuer on dirait. Je vais rentrer à Agatharchidès. Je vous dis à la prochaine ? N'oubliez pas d'éteindre la lumière en partant derrière vous. Oh, tiens, il neige sur Hernani.
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