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Cabinet des affaires étrangères de Loduarie - Page 29

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Nouveau Drapeau

Missive de la plus haute importance à lire de toute urgence



De Anatavia Patrovichko, ministre des affaires étrangères de la République Depcratique Populaire de Ouaine

Au cabinet des affaires étrangères de Loduarie


Salutations,
Camarade, suite à nos précédents échanges, vous êtes comme nous au courant de notre convoi de volontaires actuellement en route pour venir vous apporter notre modeste contribution à votre futur et éclatant succès en Antares. Cependant, il ne manquait qu’une chose, que ces impérialistes de Velsna ne se mêlent encore de nos affaires. Vous n’êtes pas sans savoir notre inimité avec nos turbulent voisins velsniens. Ainsi, quand ceux-ci ont vu passer un navire ouanais, bien que prétendument civil, ils n’ont pu s’empêcher d’y voir une occasion de peser leurs grosses couilles velues sur la table pour nous les casser. Pardonnez mon langage grossier mais je vous écrit dans l’urgence. Des inspecteurs velsniens et tanskiens ont dû être acceptés à bord et ont bien sûr constaté la présence d’armes. Nous leur avons dit, conformément au protocole prévu pour de telles situations, qu’il s’agissait d’une vente d’armes pour un partenaire anonyme. Il est à parier qu’il faudra que nous leur avouons que cet acheteur n’est autre que vous. Pourquoi ne leur dire de suite dans ce cas ? Car ils le prendront comme une première victoire de nous a voir percés à jour et leur ego pourra souffrir de nous laisser passer.
Toutefois, ils est à prévoir qu’ils ne laissent pas passer le convoi.
S’ils ne font que le renvoyer en Ouaine, alors nous reviendrons par une autre route mais cela occasionnera un retard pour le déploiement de notre aide militaire.
Mais s’ils décident de le saisir alors nous serons dans de beaux draps. Nous jouerons le rôle du marchand et exigeront alors que Velsna nous rembourse le contrat, ce que nous n’obtiendrons probablement pas mais cela nous permettra de dénoncer leur piraterie. Nous espérons que vous pourrez de votre côté faire pressions sur Velsna pour qu’il laisse passer le convoi ou qu’ils vous payent pour le convoi, en prétendant que vous avez déjà payé. Ces imperiocapitalistes comprendront sans doute mieux le son de l’argent.
Nous espérons que nous n’en serons pas réduit à prendre des mesures plus…drastiques. Aussi déplaisantes pourraient elles être, rappelez vous que nous sommes voisins et de Velsna et que si vous en veniez, ce qui n’est bien sûr pas le cas, à les dissuader plus fermement de ne pas recommencer, nous serions à vos côtés à côté de Velsna.
D’ici là, nous vous tiendrons au courant de tous les futurs événements autour de cette affaire.

PS: Peut-être avez vous été surpris du fait que nous parlions de Velsna et pas de Tanska alors que ceux-ci participent autant qu’eux au blocus. C’est en raison du fait que l’Ouaine considère, comme l’a montré entre autre le blocus retsvinien, que Tanska n’est qu’un vulgaire sous-fifre de Velsna


Avec nos respects
Un pays allié
1696
Ministre des Relations internationales,
Piotr Vassia,
République Poëtoscovienne.

Camarade Secrétaire du cabinet des Affaires étrangères,
Maximilien Fauldre,
Nation communiste de Loduarie.

Hernani-centre, le 25 septembre 2019.


Objet : Normalisation de nos relations diplomatiques


Camarade,

Au départ de la Poëtoscovie sur décision de notre gouvernement lovecraftien, actant vraisemblablement la disparition du Parti Zolien au sein de l'UICS — lequel n'apparaît plus dans les infographies de l'Union —, je souhaite entamer avec vous des négociations quant à une éventuelle normalisation de nos relations diplomatiques.

Nous avons conscience que les choix entrepris par notre gouvernement tendent les relations qu'entretiennent nos deux nations. Cependant, nous ne souhaitons pas qu'il résulte de cette situation des événements géopolitiques préjudiciables à nos peuples qui, longtemps, ont entretenu des relations amicales. Bien au contraire, nous souhaiterions pouvoir ensemble participer à un élan collectif prônant nos valeurs communes qui, vous le savez tout autant que moi, sont nombreuses.

Ainsi, nous invitons une délégation diplomatique loduarienne afin d'acter une normalisation des relations entre nos deux États. Cela pourra passer par les mesures de votre choix — révision des conditions d'accès aux visas, politiques culturelles convergentes, coopération commerciale ou simples déclarations symboliques — au sein d'un Traité d'amitié, rédigé ensemble, et visant à rétablir entre nos Nations des rapports sinon de partenariat, du moins d'entente.

Nous avons conscience que le contexte géopolitique eurysien se veut bousculé. Sachez que la Poëtoscovie ne souhaite pas prendre parti en son sein, sinon afin de livrer de l'équipement humanitaire aux civils, avec l'accord des belligérants. N'ayez donc aucune crainte quant à d'éventuelles intentions en la matière.

Avec ma considération la plus distinguée,

Piotr Vassia,
Ministre des Relations internationales de Poëtoscovie.
1557
Lettre officielle de la
République Démocratique Populaire de Pravoslavnyy


Blason de la RDP de Pravoslavnyy

De le part de Ianka Nikolaievitch Koupala, ministre des Affaires Étrangères
Depuis le Ministère des Affaires Étrangères, Karpovgrad


A destination de Maximilien Fauldre, Secrétaire du cabinet des Affaires Étrangères
Cabinet des Affaires Étrangères, Lyonnars



Veuillez accepter, par cette dite missive, les plus sincères salutations de la part de l'ensemble du gouvernement de la République démocratique populaire de Pravoslavnyy et bien évidemment celles de Nikolai Alekseïevitch Karpov, dirigeant suprême de la République démocratique populaire de Pravoslavnyy, secrétaire général du Parti des Travailleurs unis, président de la commission des affaires de l'État et chef des forces armées, de la part de ma propre personne, Ianka Nikolaïevitch Koupala, ministre des Affaires étrangères.

La Grande Guerre s'étant enfin achevée, conclue par une victoire populaire de la part de notre gouvernement, nous, la République Démocratique Populaire de Pravoslavnyy, nous lançons dans la diplomatie. Bien que nous souhaitions garder une liste de contacts restreinte, avec seulement des nations qui en valent la peine, nous vous contactons aujourd'hui afin de débuter ces échanges avec vous. La Loduarie est une nation communiste qui a su garder son prestige et son importance diplomatique, ou même militaire. C'est pour cela que nous vous contactons aujourd'hui.

Pour cela, nous vous proposons une ouverture mutuelle d'ambassade afin de faciliter nos échanges futurs. Votre délégation pourrait disposer d'une belle ambassade dans notre grande capitale, Karpovgrad. Nous proposons aussi une rencontre diplomatique ayant pour but de discuter de potentiels accords entre nos deux magnifiques nations.

Le Juché vous salue !
559
DDSE


À Pierre Vigneron, responsable Eurysie occidentale du Département de l'espionnage loduarien (DEL)

IMPORTANT & URGENT : à faire remonter en haut lieu

Cher Pierre,

J’apporte un nouveau message. La Gallouèse veut négocier une trêve définitive. Nous ne voulons pas que les affrontements entre nos deux pays aillent plus loin que l’échange de missiles que nous avons vécu le 11 au matin.

Ils ont désigné un négociateur, un de nos agents. Ils voudraient que vous en désigniez un vous aussi. Rencontre à Axis Mundis dans trois jours. Ce sera rapide, m’a-t-on dit.

Ces négociations doivent rester secrètes.

Cédric Labëche
Conseiller militaire & logistique de la DDSE.
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Son Excellence Camarade Secrétaire du cabinet des Affaires Étrangères,
Maximilien Fauldre,
Lyonnars, Nation Communiste de Loduarie

De la part de Son Excellence ministre des Affaires Étrangères,
Pierre Lore,
11 Rue Elisabeth III,
Manticore, Royaume de Teyla.



Excellence,

Permettez-moi d'abord, Excellence, de relever avec courtoisie l'intention des autorités loduariennes de rétablir des liens diplomatiques et de mettre fin à une rivalité géopolitique, malheureusement connue à travers le monde, entre nos deux nations. Le Gouvernement de Sa Majesté, si la volonté loduarienne est sincère, fidèle à ses principes de dialogue avec toutes les nations et tous les courants idéologiques, en dehors des courants fascistes et s'en réclamant ou s'en approchant, le Gouvernement de Sa Majesté est prêt à entamer les démarches avec les autorités de la nation communiste de Loduarie pour une normalisation des relations diplomatiques. Bien que pour y arriver, Excellence, des sujets devront être discutés et, dans la mesure du possible, résolus selon le Royaume de Teyla pour y arriver. J'y reviendrai plus tard au nom du Gouvernement de Sa Majesté dans la suite de cette réponse diplomatique officielle.

Sans pour autant revenir à ce stade sur la qualification des événements en ce qui s'appelait il y a quelques mois encore "Antares", le Royaume de Teyla ne sait pas comment prendre le fait qu'un conflit régional, qui peut déboucher à tout instant sur un conflit internationalisé, soit précisément le moment choisi par les autorités loduariennes pour proposer au Royaume de Teyla une normalisation des relations diplomatiques. Vous comprendrez, Excellence, que ce "timing" ne saurait être perçu comme seulement un détail d'agenda pour les autorités teylaises. Quel que soit le ou les justificatifs avancés par les autorités loduariennes, il convient que ce que le Gouvernement de Sa Majesté considère en privé, à ce stade, comme une "guerre non justifiée enclenchée par les autorités loduariennes" modifiera, si ce n'est pas déjà le cas, les équilibres régionaux présents en Eurysie du Sud et de l'Ouest. Ce déséquilibre place les nations du continent du Sud et de l'Ouest bien souvent face à des choix difficiles pour maintenir la sécurité de leurs citoyens et éviter que le conflit évolue en un conflit plus globalisé.

Au regard de ces considérations, le Royaume de Teyla s'interroge sur la sincérité et l'objectifs des démarches engagées dans la missive diplomatique à l'adresse du Royaume de Teyla. Le Gouvernement de Sa Majesté, tout comme nous l'avons énoncé à d'autres nations dans les heures suivants le commencement du conflit, s'interroge sur la part de sincérité de la démarche et la part de la nécessité pour la Loduarie communiste de réduire les fronts diplomatiques générés par le déclenchement du conflit. Dans ces mots, n'y voyez aucune fermeture au dialogue de la part du Gouvernement de Sa Majesté, mais seulement la prudence du Gouvernement de Sa Majesté étant donné les relations passées entre nos deux nations. Afin qu'il n'y ait aucune méprise, le Gouvernement de Sa Majesté n'est pas indifférent à la situation géopolitique actuelle. En outre, la crise actuelle place la Loduarie communiste dans une position d’exposition considérable. Le Royaume de Teyla, par sa géographie, ses capacités militaires et économiques, ses alliances et son poids diplomatique, n’est pas une puissance indifférente et impuissante à l’issue des événements. Il serait insultant de prétendre le contraire. Il serait tout aussi insultant encore de prétendre que les autorités loduariennes ne l’ont pas compris.

Malgré la volonté sincère du Gouvernement de Sa Majesté d'engager un processus de "normalisation des relations" et de chercher à rétablir un dialogue fonctionnel avec la Loduarie communiste, le Royaume de Teyla ne saurait faire preuve de bienveillance à l'égard des propositions de la nation loduarienne sans contreparties engageant les deux parties. La guerre existe malheureusement et le Royaume de Teyla ne saurait accorder une neutralité complaisante ou une caution morale à des opérations dont nous ne connaissons ni les limites, ni les objectifs finaux, ni les conséquences humanitaires réelles.

À cette fin, Excellence, le Gouvernement de Sa Majesté estime que toute avancée sérieuse et tentative de rapprochement entre nos deux nations devront reposer sur des engagements préalables afin de permettre des garanties aux deux parties.

La première mesure concerne sans aucun doute l'une des blessures les plus profondes et récentes pour le Royaume de Teyla et ses citoyens, Excellence. Le Royaume de Teyla n'a pas oublié l'assassinat par les forces de sécurité de deux citoyens teylais sur votre sol. À l'époque, les autorités loduariennes ont opposé un strict refus, que le Royaume a toujours déploré, contre la présence d'enquêteurs teylais sur le sol loduarien, pour que l'enquête puisse avoir tous les éléments du côté des magistrats teylais (juges d'instruction). Le Royaume de Teyla demande l’autorisation formelle d’envoyer, sur le territoire de la Nation Communiste de Loduarie, des enquêteurs teylais, afin de reprendre l'enquête sur les circonstances entourant la mort de deux citoyens teylais, Corentin et Marie, tués sur le sol loduarien. Sans une enquête approfondie, le Royaume de Teyla refusera catégoriquement la catégorisation d'allégation de "terrorisme" ou toute formule s'y rapprochant.

Il ne s’agit pas, Excellence, de rouvrir ce dossier par goût du ressentiment. Il s’agit au contraire de permettre à nos deux États de traiter par les voies de l’enquête, de la preuve et de la procédure un épisode qui a lourdement pesé sur nos relations bilatérales. Aucun rapprochement durable ne saurait être bâti sans la conclusion d'un accord à ce sujet. Le Gouvernement de Sa Majesté estime donc indispensable que ses enquêteurs puissent accéder aux lieux concernés, consulter les archives utiles, interroger les personnes encore disponibles et recevoir des autorités loduariennes toute coopération matérielle, administrative et sécuritaire nécessaire à l’accomplissement de leur mission.

La deuxième mesure porte sur un certain contrôle de l'escalade dans le conflit en cours contre la Loduarie communiste et l'ancienne nation d'Antares. En outre, lors d'un appel téléphonique entre des représentants du Royaume de Teyla et la République fédérale de Karty, la République fédérale a démontré une capacité de contrôle de l'escalade en nous assurant que certaines nations ne participeront pas au conflit. Ainsi, le Gouvernement de Sa Majesté demande aux autorités loduariennes qu’elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas intensifier le conflit actuellement en cours, que ce soit par le non-élargissement du conflit à d'autres nations, en évitant des actions susceptibles de transformer le conflit en un conflit plus régionalisé ou internationalisé, ou par toute initiative dont les conséquences pourraient excéder le théâtre militaire actuellement concerné.

Le Gouvernement de Sa Majesté ne se fait aucune illusion quant aux conséquences lorsque les conflits commencent à échapper à leurs auteurs et à leurs belligérants. La guerre a toujours en elle une part d'inconnu, et je vous prie de croire une nation comme le Royaume de Teyla, qui a vécu de nombreuses guerres durant son histoire. Les intentions, bien qu'échappant parfois à la réalité du terrain, sont tout aussi importantes pour pouvoir arriver à l'apaissement des tensions régionales (l'ensemble des nations d'Eurysie de l'Ouest). À ce titre, le Royaume de Teyla ne considère pas, en tant que tel, que les livraisons d’armes à l’une ou l’autre des parties engagées dans le conflit constituent automatiquement une intensification directe. La livraison d'armes est un élément des conflits qu'il est paradoxalement difficile de contrôler dans le sens de l'interdiction, mais facilement contrôlable, car rares sont les escalades dans un conflit militaire dues à cela. Le Gouvernement de Sa Majesté n’entend donc pas faire de la livraison d’armements, par principe, une ligne rouge diplomatique.

Toutefois, toute livraison d’armes, tout transit de matériel militaire, tout mouvement logistique significatif ou toute opération susceptible de se dérouler à proximité du territoire teylais, de ses approches maritimes, de ses espaces aériens, de ses voies de communication ou de toute zone sensible pour sa sécurité devra faire l’objet d’une information préalable au Gouvernement de Sa Majesté. Cette exigence vaut tout particulièrement pour les frappes, tirs, déploiements ou trajectoires militaires orientés vers des zones proches des frontières, des intérêts ou des dispositifs teylais.

Enfin, sur ce second point, Excellence, le Gouvernement de Sa Majesté propose l’établissement d’un engagement écrit de non-escalade entre les parties concernées, sous médiation teylaise. Cet engagement aurait vocation à formaliser, au minimum, le refus d’élargir volontairement le conflit à de nouvelles nations, l’obligation d’information préalable en cas d’opérations susceptibles d’affecter les espaces de sécurité des États voisins, ainsi que la protection des canaux humanitaires et des ambassades, et l'assurance de la protection des ressortissants étrangers. Cet engagement écrit, selon la volonté des parties concernées, pourrait inclure des mécanismes de déconflictualisation et de médiation rapide en cas d'incident important entre les parties. Excellence, afin qu'aucune ambiguïté ne puisse exister, cette demande, tout comme les points sur la non-volonté du Gouvernement de voir une escalade se produire, sera adressée, quelles que soient les circonstances, à l’autre camp dans des termes équivalents. La médiation teylaise ne saurait être utilisée par l'une des parties contre l'autre. Elle sera un cadre destiné à réduire les risques d’extension du conflit et à préserver ce qui peut encore l’être de la stabilité régionale.

Quoi qu'il arrive, le Royaume de Teyla se réserve le droit de mener toute action si le Gouvernement de Sa Majesté estime que la situation met en cause la sécurité du Royaume de Teyla ou de ses citoyens.

En dernière mesure, Excellence, sûrement la plus consensuelle, le Gouvernement de Sa Majesté demande l'assurance totale qu'aucune action ne sera entreprise contre les ressortissants teylais présents sur le territoire loduarien ou sur les territoires contrôlés par les forces loduariennes. Aucun citoyen teylais ne devra être arrêté, détenu, déplacé, interrogé, contraint, empêché de communiquer avec les autorités des ambassades teylaises ou le Gouvernement de Sa Majesté comme instrument de pression politique ou diplomatique. Au regard du regrettable passif entre nos nations, Excellence, cette demande vaut aussi pour le personnel diplomatique du Royaume de Teyla, tant celui présent en Loduarie communiste (bien que très fortement réduit depuis l'encerclement de l'ancienne ambassade teylaise et la réorganisation de la diplomatie teylaise (ambassadeur par zone géographique)) qu'en Antares.

Ainsi, dans les zones contrôlées par la Loduarie communiste et en Loduarie communiste, nous demandons à la Loduarie communiste de garantir la sécurité des citoyens teylais. De plus, le Royaume de Teyla propose l'envoi d'officiers de liaison pour coordonner la protection des citoyens teylais et assurer une communication transparente sur le sujet.

Excellence, ces trois points que le Gouvernement de Sa Majesté estime essentiels ne constituent pas une acceptation de la guerre enclenchée par la Loduarie Communiste. Notre silence public jusqu'ici ne doit en rien présager la position du Gouvernement de Sa Majesté quant à son jugement sur les événements de cette nuit. Ils doivent être compris comme le seuil minimal à partir duquel le Gouvernement de Sa Majesté pourrait considérer que la démarche loduarienne dépasse l’opportunité du moment afin de devenir une véritable envie de rapprochement et d'une normalisation des relations diplomatiques, dans une démarche véritablement sérieuse et non au détour d'une guerre.

Si les autorités loduariennes s'engagent pleinement sur ces points, le Royaume de Teyla considérera de mener des opérations humanitaires (servant tout autant le Royaume de Teyla que la Loduarie communiste sur les relations publiques, soyons clairs, Excellence) dans les conditions fixées par la Loduarie communiste telles que décrites dans la missive diplomatique.

Dans un esprit véritable de normalisation, Excellence, un procédé qui prendra du temps, comme vous l'aurez compris, si les trois points sont acceptés par la Loduarie communiste, le Royaume de Teyla propose l'organisation, dans un lieu qui reste encore à décider, d'une première série de réunions diplomatiques entre des représentants teylais et loduariens. Ces réunions auraient pour vocation d’établir un calendrier, une méthode et des sujets de travail en vue d’un cycle qui devra être progressif de rapprochement. Nous ne pouvons mettre fin à des années de relations froides et distantes, de provocations, le soir d'une guerre. C'est un processus qui demande de la confiance et du temps.

Toujours sur le sujet en cours, Excellence, le Royaume de Teyla a pu parler à des représentants de la République fédérale de Karty, durant la nuit qui a acté le début des hostilités engagées par la nation communiste de Loduarie. À ce stade, le Royaume peut convenir que ce qui ressort de l'appel est la détermination des autorités kartiennes à défendre jusqu'au bout le Concordat et que nous ne voyons aucune fragilité dans cette position de la République de Karty. Cette position kartienne tend à prouver que la démarche teylaise d'une médiation pour convenir entre les parties d'une limite d'escalade est nécessaire.

Dans l’attente de vos garanties écrites sur les points précédemment énoncés, je vous prie d'agréer Excellence, l'expression de ma haute considération.

Fait à Manticore le XX/XX/2019

Pierre Lore,
Par le ministre des Affaires Étrangères.


MAE
Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères.


Note HRP : Je considère que Teyla n'a aucune connaissance a ce stade de la tentative d'assasinat d'aurore et des exactions contre les Kartiens en Loduarie. Et missive privée si jamais. La missive passe par les canaux habituels Teylais pour arriver jusqu'à son homologue Loduarien.

Les réunions ne seront pas forcément à jouer ou on peut en jouer une. Par ailleurs, si la propal est acceptée, on peut décider des conclusions des réunions et faire un article par exemple.
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Entête  (obtenu par encrage)  de la Présidence de la République de l'Etat du Makota sur lequel on voit, outre le texte que l'on vient de donner, un écu avec une vache dans un cercle (armes de la République) flanqué de deux cowboys montés et armés et la devise est jointe : Dieu, Liberté, Patrie. Le tout est encadré.
première partie
deuxième partie
troisime partie


Signature à la plume élégamment tracée surmontée d'un texte imprimé par encrage en typographie ancienne (mais toujours d'actualité en Makota), il est écrit : Jean Irreville, Président de la République de l'Etat du Makota.
Texte en vrac
A l'attention Mlle Aurore, fille du défunt tyran Lorenzo, bourreau communiste de la Loduarie

Mademoiselle,

Il ne se passe pas une semaine sans que ne me parviennent les récits les plus sordides sur les agissements criminelle de votre nation. Aujourd’hui, j’apprends que c’est l’Antares qui fait les frais de votre insatiable soif de sang. Certes, ce ne sont pas des gens très recommandables, pas plus que les Gallouésants que vous avez également attaqués, et j’en passe, car la ligue de vos méfait est longue comme un jour sans pain et, pire encore, elle ne cesse de s'allonger. Naturellement, je me doute que tout ce que l’on raconte sur votre régime n’est pas vrai — notamment les histoires de cannibalisme et le plaisir que vos troupes prendraient à dévorer les enfants des civils qu’elles rencontrent. Néanmoins, le mensonge étant la règle dans tous les régimes où ne règne pas la liberté, il m’est impossible de démêler le vrai du faux vous concernant.
Une chose demeure cependant certaine : le collectivisme est une abomination qui déplaît souverainement à Dieu. Il l’est d’autant plus lorsqu’un gouvernement communiste, ne se contentant plus d’être le bourreau de son propre peuple, entend imposer cet enfer à d’autres nations que le collectivisme avait jusqu’alors épargnées. Soyons clairs : le Makota croit sincèrement au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Toute nation qui voudrait librement se vouer au communisme — ou aux démons, ce qui revient au même — devrait pouvoir le faire, à la condition expresse, cependant, qu’elle n’entraîne personne d’autre dans sa folie.
C’est pourquoi, en agissant de manière agressive envers vos voisins, vous ne vous bornez plus à être la juste punition divine infligée à votre peuple pour ses mauvais choix et ses péchés, vous devenez aussi les agents actifs des démons eux-mêmes. Vous contribuez alors au renforcement de l'Enfer sur terre et cela est tout bonnement inacceptable. En conséquence, je vous informe que je suis en train de prendre des mesures concrètes pour apporter une assistance militaire à tous ceux qui cherchent, et chercheront légitimement, à contenir vos appétits sanguinaires. Ces dispositions d’aide à vos ennemis se poursuivront aussi longtemps que vous vous obstinerez à maltraiter vos voisins. Je vous le répète : vous êtes en droit de maltraiter votre peuple puisque vous en êtes les bourreaux légitimes par l'effet d'un décret de Dieu qui vous établi comme chatiment divin pour les péchés du peuple, mais vous n’avez aucun droit de vous en prendre à la population des autres nations.
Enfin, si je puis me permettre un conseil plus personnel, je vous dirais de ne pas suivre le chemin funeste que prit votre père. Lorenzo, outre ses évidents problèmes d’alcool, fut aussi un tyran odieux, le bourreau de son peuple et la manifestation éclatante du châtiment divin s’abattant sur ceux qui, dans leur folie, ont choisi le communisme au mépris de la vertu. Détournez-vous de cette voie, il n'y a pas de faute morale à rejeter un père qui s'est comporté aussi mal. Établissez une république, organisez des élections, retirez-vous de la politique et sauvez votre âme. Votre père s’est damné, c’est plus que probable. Mais il n’y a aucune fatalité à ce que vous vous damniez à votre tour. Sachez que si la grâce vous touche, j'ai reçu des garanties de la part d'abbesses makotanes, elles accepteront vos vœux. Et je vous promets solennellement que si vous prenez le voile au Makota et renoncez au monde pour vous tourner vers le Ciel, je ferai voter une loi d’exception vous amnistiant de tous vos crimes et de ceux de votre père et du régime abominable qu'il a institué.
En espérant une reprise en main de votre part, soit que vous consentiez à devenir une communiste modérée ne massacrant que son peuple en châtiment de ses péchés, soit que vous orientiez vers une solution bien meilleure pour votre nation et pour votre âme, veuillez accepter, mademoiselle, mes hommages les plus courtois et les plus distinguées

Fait à Sainte-Régine, Capitale du Makota, le 2 Décembre 2019.

928

Département des Relations Extérieures de la République Démocratique de Vlastie

Logo_Ministère

----------------Camarade Secrétaire,
--------Nous nous permettons de vous contacter suite aux apparents sévices subis par la population kartienne.
--------Nous sommes heureux de voir que, malgré les rancœurs passées, des quartiers sécurisés aient pu être érigés dans le but de protéger les kartiens vivant en Loduarie contre les persécutions d’extrémistes.

--------Néanmoins, nous souhaitons aider à améliorer la situation pour lesdites minorités kartiennes.
--------C’est pourquoi nous venons quérir votre permission afin de pouvoir faire parvenir des convois d’aide humanitaire vlastiques. Et même, avec l’aval de votre gouvernement, nous aimerions pouvoir mettre en place un plan permettant le retour des minorités kartiennes souhaitant regagner dans leur pays d’origine sous protection vlastique.


Veuillez agréer à nos plus sincères salutations socialistes;
De Mosvara, le 14/09/2018 à 8:00

Signature de la Ministre des Affaires Étrangères, Myriam Leavitt
C’est une signature, tu crois quoi ? Y’a rien de spécial à dire dessus 😐
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Département des Relations Extérieures de la République Démocratique de Vlastie

Logo_Ministère

----------------Camarade Secrétaire,
--------Vous nous voyez ravis de voir la Loduarie envoyer une délégation afin d’honorer la mémoire du camarade Frejnès.
--------Néanmoins, nous estimons qu’il n’est pas nécessaire pour votre nation d’envoyer une délégation en Vlastie. En effet, les obsèques du camarade Léonin Ilyas Frejnès se sont déroulées il y a de cela plus d’un an et l’anniversaire de sa mort date d’il y a environ trois mois.
--------Sachez cependant que nous nous sentons honorés de voir que, malgré la situation actuelle en Eurysie, nous pouvons toujours compter sur de fiers communistes pour honorer la mémoire de figures fidèles à la cause du prolétariat.



--------Pour en revenir au sujet de notre diplomatie.
--------Avec tout le respect que nous devons à la Nation Communiste de Loduarie, nous estimons que la République Démocratique de Vlastie a les capacités nécessaires pour signer les accords internationaux qui lui conviennent.


Veuillez agréer à nos plus sincères salutations socialistes;
De Mosvara, le 16/06/2019 à 9:00

Signature de la Ministre des Affaires Étrangères, Myriam Leavitt
C’est une signature, tu crois quoi ? Y’a rien de spécial à dire dessus 😐
1065
AMÉTHYSTE CASTELAGE

Améthyste Castelage

Cher gouvernement provisoire,

J'ai appris avec tristesse l’exécution de votre dirigeante au missile balistique. Ce genre de choses ne se font pas et Carnavale condamne fermement un tel acte de barbarie.

Puisque votre pouvoir est vacant, j'y vois cependant une opportunité historique. La Loduarie communiste et la Principauté de Carnavale sont des voisins historiques et malgré quelques accrochages mineurs, je pense pouvoir dire que nous sommes bons amis. Une amitié parfois musclée, parfois houleuse, mais toujours virile et légèrement homoérotique si on en croit les experts en géopolitique.

Je vous propose donc d'offrir à la région un nouveau visage en vous fournissant dès demain un dirigeant de la famille Castelage qui pourra se marier ou pas avec un héritier ou représentant légal de la famille Geraert-Wojtkowiak afin d'unir nos pays par l'amour et de partager le monopole de la violence dans la région. Nous pouvons aussi vous fournir un clone de Lorenzo si besoin, mais je vous préviens d'avance qu'il s'agira d'un agent dormant pour notre cause c'est donc à vos risques et périls.

La Loduarie traverse un moment difficile, sachons en profiter et surprendre le monde dans le bon sens !

Bien à vous,
Améthyste Castelage
3406
Entête  (obtenu par encrage)  de la Présidence de la République de l'Etat du Makota sur lequel on voit, outre le texte que l'on vient de donner, un écu avec une vache dans un cercle (armes de la République) flanqué de deux cowboys montés et armés et la devise est jointe : Dieu, Liberté, Patrie. Le tout est encadré.
première partie
deuxième partie


Signature à la plume élégamment tracée surmontée d'un texte imprimé par encrage en typographie ancienne (mais toujours d'actualité en Makota), il est écrit : Jean Irreville, Président de la République de l'Etat du Makota.
Texte en vrac
A l'attention de qui de droit en Loduarie et qui est actuellement en charge ou qui est en passe de l'être

Monsieur,
Permettez-moi, avant toute chose, de vous adresser mes plus sincères condoléances pour la mort tragique de Mlle Aurore Geraert-Wojtkowiak, fille de l’odieux tyran communiste, à la fois sanguinaire et alcoolique, Lorenzo Geraert-Wojtkowiak. Il n’est pas dans l’ordre des choses que meurent de si charmantes jeunes femmes, d’autant plus que, si mes informations sont justes, Mlle Aurore Geraert-Wojtkowiak était encore fille — ce qui est en soi tout à son honneur, puisque l’état de continence est supérieur à l’état de mariage. Par là même, elle ne laisse aucune postérité susceptible de la pleurer comme il convient.
Pour notre part, malgré la peine que peut nous causer la mort des jeunes gens, et plus particulièrement des demoiselles encore en fleur et donc porteuses de tant d’espérance, nous ne pouvons prier pour le repos de l’âme de Mlle Aurore Geraert-Wojtkowiak, puisque rien, dans la conduite qui fut la sienne dans ses derniers moments, n’indique qu’elle ait renoncé à la voie mauvaise de son père et rejeté l’abominable communisme pour embrasser un système plus juste, plus moral et plus fonctionnel. Sachez cependant que nous sommes désireux de nous associer à votre peine autant qu’il nous est possible sans nous compromettre vis-à-vis de Dieu et de la morale.
Cela dit, il y a du bon dans ce malheur qui vous accable, mais dont, en vérité, le principal responsable n’est autre que votre nation et ses comportements belliqueux. La disparition des Geraert-Wojtkowiak vous offre l’occasion de mettre fin une fois pour toutes à ce régime abominable. Le communisme fut une expérience calamiteuse qui n’a jamais porté les fruits que ses promoteurs cherchaient à vendre aux esprits crédules à qui ils le vendaient. Sous prétexte de libérer les classes inférieures et laborieuses, il n’a fait en réalité qu’imposer des oligarchies sordides et inhumaines, finalement bien inférieures à celles contre lesquelles il prétendait lutter.
La Loduarie fera un grand pas en avant quand elle comprendra que la liberté et l’autonomie sont les seules garantes sûres et solides contre l’oppression et non pas l'état, qui est au contraire un risque permanent. Sans parler, bien entendu, de Celui qui nous libère des entraves du péché et sans Lequel rien de bon ne peut être fait. En son temps, j’avais proposé à Mlle Aurore Geraert-Wojtkowiak de renoncer à la voie mauvaise de Lorenzo et de se retirer dans un de nos couvents pour expier ses fautes et celles de son tyran de père. Hélas, ce n’est plus de saison aujourd’hui, mais si la famille des tyrans n'est plus, les péchés du peuple demeurent. D’une manière ou d’une autre, si vous voulez que la Loduarie soit réconciliée avec le Dieu Tout-Puissant, il faudra bien que quelqu’un expie ses fautes, et ils sont nombreux les péchés du communisme loduarien.
Qui que vous soyez qui remplacerez la défunte demoiselle Aurore Geraert-Wojtkowiak, je vous invite à bien méditer tout cela et à apporter à la Loduarie la paix et la prospérité qu’elle mérite. Abandonnez le communisme et toutes ces mauvaises idées désuètes ! Retournez vers votre culture et tournez vous vers le Dieu Tout Puissant qui est celui de vos pères ! Soyez le sauveur et le bienfaiteur de votre peuple ! Et joyeux Noël à vous.

En attendant une réponse de votre part, veillez agréer, monsieur , l'expression de mes salutations les plus distinguées.

Fait à Sainte-Régine, Capitale du Makota, le 25 Décembre 2019.
8518
Entête du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Corvus, missive envoyée par l'Office Postal Fédéral

Cher Monsieur Maximilien Fauldre, Camarade Secrétaire du cabinet des Affaires Etrangères de la Nation Communiste de Loduarie,

Quel plaisir que de vous lire ! Je dois l'avouer, je ne m'attendait point à ce que la toute première correspondance qui me parvienne en cette fonction me vienne de Lyonnars, et pourtant vous voilà, avec vos voeux de bonne santé, vos formules d'usage et votre lettre adressée à un pays qui n'existe plus, ce qui en dit sans doute d'avantage sur l'attention que vous portez à nos affaires que tout ce que je pourrais vous en dire moi-même.

Permettez-moi donc de me présenter, puisque de toute évidence vous ne savez pas à qui vous écrivez: Je suis Lÿsä Köwnatör, Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Corvus, nommée à cette charge par la Chancelière Klarnä Nëëkermän. Non pas d'une "ex-Antares", ni d'une quelconque administration provisoire que vos journaux auraient inventé pour se rassurer eux-mêmes, mais bien d'un Etat fédéral, doté d'institutions, d'une chancellerie, d'une monnaie, d'une langue, d'une armée qui tient encore debout et surtout d'une frontière que vos hommes ont eu tout le loisir de mesurer au pas de course, dans les deux sens.

Je commencerai par ce qui m'a le plus amusée dans votre lettre, et croyez bien que le choix fut difficile.

Vous nous écrivez aujourd'hui, à cette heure précise, pour nous dire que nos deux peuples "peuvent se passer de cette situation" et que nos nations se regardent en chiens de faïence depuis bien trop longtemps. Voyez-vous, sur le fond, je ne pourrais qu'acquiescer. Mais permettez moi tout de même de relever une petite chose, qui pourra vous paraître mesquine et qui pourtant me semble absolument centrale: cette lettre, vous auriez pu l'écrire le 10 Septembre 2018. Le papier existait. L'encre existait. Le téléphone dont vous nous vantez aujourd'hui les mérites existait lui aussi, il était même déjà installé dans les bureaux de Lyonnars, et je suis prête à parier qu'il fonctionnait parfaitement. Absolument rien, ni une distance, ni une barrière de langue, ni même un désaccord préalable puisque nous n'en avions aucun avec vous, ne vous empêchait de décrocher ce combiné et de nous dire ce que vous vouliez nous dire.

Vous avez préféré nous envoyer autre chose. Vous avez envoyé des appareils dans notre ciel à une heure du matin, des obus sur des villages des Hauts-Plateaux où jamais un seul combattant n'avait posé le pied, des parachutistes sur nos banlieues et des colonnes de blindés sur nos routes nationales. Et il aura fallu tout cela, il aura fallu vos morts et les nôtres, il aura fallu la chapelle Sainte Béatrice réduite en braises avec ses trois cents années d'histoire et les fidèles qui s'y trouvaient encore, il aura fallu vos militaires dispersant à coups de crosse des gens venus se recueillir devant une croix noircie, pour qu'enfin, aujourd'hui, vous découvriez les vertus du dialogue.

Vous m'excuserez donc si je souris un peu en vous lisant.

Ce n'est pas de la rancune. C'est que je trouve la leçon utile, et j'estime qu'il serait dommage de la garder pour nous.

J'en viens à un deuxième point, et celui-ci me fait nettement moins sourire. Vous écrivez, noir sur blanc, que vous avez agi "afin de tenter de mettre fin à notre guerre civile et ainsi préserver des vies". Monsieur Fauldre, je vais vous demander de relire cette phrase. Prenez votre temps, je peux attendre.

Vos tirs d'artillerie sur la seule zone des Hauts-Plateaux, une région qui n'était même pas touchée par la Guerre des Ombres, qui vivait paisiblement, qui n'abritait ni quartier général, ni dépôt, ni la moindre position d'aucune des deux parties, ont fait en l'espace de quelques minutes plus de victimes civiles que l'entièreté de notre guerre civile depuis son premier coup de feu. Voilà votre bilan humanitaire. Voilà les vies que vous avez préservées. Nous les comptons encore, et nous les compterons longtemps, parceque certaines familles attendent toujours qu'on leur rende de quoi remplir un cercueil.

Alors soyons clairs entre nous une bonne fois pour toutes: nous acceptons de discuter avec un adversaire, nous acceptons même de discuter avec un ennemi, mais nous n'accepterons jamais de discuter avec quelqu'un qui prétend nous avoir rendu service. Retirez cette phrase de vos prochains courriers. Elle ne vous coûtera rien, et elle nous épargnera à tous une conversation particulièrement désagréable.

Vous nous reprochez ensuite d'avoir attenté à la vie de l'être qui comptait le plus à votre peuple, et vous nous rappelez au passage que celui-ci n'oublie ni ne pardonne. Sachez-le, nous avons lu ce paragraphe à plusieures reprises, et à chaque relecture nous nous sommes posé la même question, celle de savoir de quelle explication vous parlez exactement.

Une guerre, voyez-vous, cela se décide depuis un bureau et cela se paye dehors. Votre dirigeante a décidé. Elle a payé. Voilà. C'est tout.

Corvus n'a donc aucune explication à fournir à ce propos, ni à vous, ni à quiconque d'autre. Nous ne confirmerons rien et nous ne démentirons rien, non pas de part quelque ruse diplomatique que ce soit, mais tout simplement parce que cette question ne nous appartient point: elle appartient entière à celle qui a choisi de venir chez nous, et elle est morte avec elle. Quand à votre peuple qui n'oublie ni ne pardonne, je vous rassure tout de suite, le nôtre non plus. Il a même une mémoire remarquable, il connaît par coeur la date, l'heure et le nom des villages, et il n'a besoin d'aucune administration pour tenir ses comptes.

Il y a d'ailleurs une chose que j'aimerais éclaircir, si vous me le permettez, et je vous prie de croire que la question est posée sans la moindre malice.

À qui suis-je en train d'écrire, exactement ?

Nous lisons dans la presse étrangère que l'appareil d'Etat loduarien est désormais dirigé par un colonel, que celui-ci a ordonné le retrait total de vos forces et le repli de votre pays sur lui-même, et que cette décision n'a fait l'objet d'aucun traité, d'aucune signature, d'aucun accord avec quiconque. Vous nous écrivez, vous, au nom d'un cabinet des Affaires Etrangères, en nous proposant de reconnaître notre gouvernement. Mais je dois vous poser la question en retour, et elle est sincère: qui reconnaît le vôtre ? Est-ce que le militaire qui vous gouverne aujourd'hui sera encore celui qui répondra au téléphone lorsque nous le décrocherons ? Est-ce que votre signature vaudra encore quelque chose dans six mois ? Vous comprendrez qu'un pays qui vient de perdre trois mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit hommes derrière vos lignes ne peut pas se permettre de signer un accord avec une adresse postale.

J'en viens enfin au coeur de votre proposition, et vous me pardonnerez si mon ton se fait un peu moins aimable le temps de quelques lignes.

Vous nous proposez un appel. Et vous nous expliquez, très poliment d'ailleurs, que "selon comment les discussions se passeront", vous seriez alors disposés à lever votre blocus, à nous rendre 3 598 de nos hommes, à nous restituer 540 de nos morts, à réparer ce que vous appelez avec beaucoup de pudeur les dégâts que vous auriez pu commettre, et enfin à reconnaître notre gouvernement.

Monsieur Fauldre, ces trois mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit hommes ne sont pas un ordre du jour. Ces cinq cent quarante corps ne sont pas une monnaie d'échange, ni un levier, ni un argument de séance. Ce sont des fils, des pères, des soeurs et des camarades, ils ont des noms, ils ont des familles qui attendent depuis des mois devant les mairies de Henne et de Robaltes avec une photographie à la main, et ils ne se marchandent pas entre deux amabilités téléphoniques.

Vous ne semblez pas mesurer à quel point est indécent de proposer une porte de sortie tout en gardant soigneusement la main sur la poignée.

Donc les résultats d'abord, et la conversation ensuite. Rendez les vivants. Rendez les morts. Le jour où cela sera fait, nous saurons enfin que nous discutons avec un interlocuteur, et non avec un maître chanteur qui espère être payé pour cesser de nous faire du mal.

Quand à ce fameux blocus, permettez moi de vous le dire avec le plus grand des sourires: il ne bloque rien du tout. Nos ports travaillent, nos convois passent, nos alliés arrivent et repartent quand bon leur semble, nos assureurs n'ont même pas relevé leurs primes, et votre lettre elle-même a traversé toute cette formidable muraille navale pour venir se poser sur mon bureau sans qu'aucun de vos équipages ne songe une seule seconde à l'arraisonner. Un blocus, cela se tient, cela demande des coques, du carburant, des hommes qui ne dorment pas et surtout la volonté d'ouvrir le feu sur quelqu'un, et vous avez d'ors et déjà démontré au monde entier, et à nous les premiers, ce qu'il advenait de vos volontés dès lors qu'elles rencontraient de la résistance en face.

Nous ne discuterons donc pas sous la menace d'une chose qui n'existe pas, et je vous conseille très amicalement de retirer cet argument de votre prochaine missive avant qu'un journaliste étranger ne s'avise d'aller vérifier par lui même ce que vos navires font réellement de leurs journées.

Cela dit, et je tiens à ce que ce soit parfaitement clair, ne voyez surtout pas dans cette lettre un refus de la paix. Corvus veut la paix, Corvus la veut sincèrement, et Corvus n'a jamais eu le moindre intérêt à ce que cette guerre dure une heure de plus qu'elle ne l'a fait. Nous ne demandons ni réparations spectaculaires, ni tribunal, ni humiliation publique, ni même des excuses que de toute façon vous n'écrirez jamais. Nous demandons nos gens. C'est tout, et c'est déjà beaucoup. Ici, on a l'habitude de ne pas se plaindre, et nous ne nous plaindrons pas.

Le jour où nos hommes descendront d'un train à Henne et où nos familles pourront enfin enterrer les leurs, vous n'aurez même pas à demander votre appel: c'est moi qui décrocherai, et je vous promets d'être ce jour là de la plus charmante des humeurs.

En attendant, prenez bien soin de vous, et sachez que cette lettre vous trouve elle aussi, je l'espère, en parfaite santé.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.

Cordialement,

Lÿsä Köwnatör
Ministre des Affaires Etrangères
Ville de Margaux
Fédération de Corvus
7796
Entête du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Corvus, missive envoyée par l'Office Postal Fédéral

Cher Monsieur Maximilien Fauldre, Camarade Secrétaire du cabinet des Affaires Etrangères de la Nation Communiste de Loduarie,

Je commencerai cette lettre sans la moindre ironie, et vous verrez bien assez tôt que ce n'est pas mon habitude naturelle.

Le navire est arrivé au petit matin. Nos services portuaires ont vu approcher une silhouette qu'ils n'attendaient plus, et pendant une demi-heure entière, sur les quais de Margaux, personne n'a su ce qu'il fallait en penser, pas même les dockers qui pourtant en ont vu passer d'autres. Puis les conteneurs se sont ouverts, et il y avait cinq cent quarante cercueils de bois, avec des hommes habillés proprement à l'intérieur, prêts à être rendus à leurs familles sans que celles-ci n'aient à imaginer quoi que ce soit de plus que ce qu'elles imaginaient déjà.

Et sur chacun de ces cercueils, une lettre.

Cinq cent quarante lettres, écrites par cinq cent quarante de vos compatriotes qui, pour la plupart d'entre eux, n'avaient jamais entendu parler de Henne ni de Robaltes avant cette guerre. Des mots d'enfants. Des phrases d'hommes âgés qui savaient ce qu'ils écrivaient. Et des excuses de gens ayant l'âge d'être parents, ce qui est certainement la chose la plus difficile à lire de toutes.

Je ne vous cacherai pas que la Chancellerie a longuement débattu de ce qu'il convenait de faire de ces lettres, et que la question fut plus délicate que celle des cercueils eux mêmes. Nous avons tranché ainsi: elles seront remises aux familles, intactes, sans traduction officielle, sans commentaire de notre part et sans qu'aucun journal n'y ait accès avant elles. Ce que vos concitoyens ont écrit ne nous appartient pas, et je refuse que cela devienne un objet de presse. Sachez simplement que ce geste a été vu, qu'il a été compris, et que le peuple corvun n'est pas un peuple qui oublie non plus, y compris lorsqu'il s'agit de se souvenir du bien.

Voilà. C'était le paragraphe où je ne souris pas.

Passons à la suite, où je recommence.

Vous nous demandez de vous rendre les quelques dépouilles laissées chez nous par vos hommes lors de ce que vous nommez avec beaucoup de délicatesse une ou deux opérations foireuses. Vous ne les aurez pas, tout simplement car vous les avez déjà. Elles ont quitté Roncevaux avant même que votre lettre ne me parvienne, elles voyagent en cercueils fermés, elles sont accompagnées de leurs effets personnels, de leurs plaques et de tout ce que nos brancardiers ont pu récupérer sur eux, et elles ont reçu de nos Croix Bleues les honneurs que l'on doit à des morts, ce qui à mes yeux ne dépend ni de leur uniforme ni de leur drapeau. Nous n'avons rien demandé en échange, nous ne demanderons rien, et je vous prie de bien vouloir considérer qu'il n'y a là aucune manœuvre: nous ne négocions pas des corps, ni les vôtres, ni les nôtres. C'est précisément ce que je vous écrivais la dernière fois, et il serait tout de même absurde que je m'en dédise à la première occasion qui m'est offerte de le prouver.

J'ai également fait joindre, à chaque cercueil, une lettre. Elles sont de la main de Corviens ordinaires. Faites-en ce que vous voudrez, mais faites-les lire.

Puisque nous en sommes aux amabilités, je relève avec beaucoup de tendresse que je suis passée en l'espace d'une seule lettre du statut d'administration inexistante à celui de Ministre des Affaires Etrangères d'une "auto-proclamée" Fédération. C'est un progrès considérable et je vous en remercie sincèrement. À ce rythme là, et si nous continuons à nous écrire chaque semaine, je ne désespère point d'obtenir une majuscule d'ici l'hiver.

Vous m'objectez ensuite que le 10 Septembre, nous étions en guerre, que nos armées étaient en pleine collision, et que même si vous aviez tenté la diplomatie vous seriez restés sans réponse. Peut-être. Laissons de côté le fait qu'il avait été rendu public que le gouvernement dit "légitime" était sain et sauf à Roncevaux et que bien d'autres nations n'ont eu aucun mal à nous contacter par notre ministère des affaires étrangères toujours fonctionnel et incompromis. Je vous accorde même que c'est probable, et je ne suis pas ici pour réécrire ce qui aurait pu être. Mais permettez-moi de vous faire remarquer une chose toute simple, qui n'est pas un reproche mais un constat: vous n'en savez rien, et moi non plus, et la seule raison pour laquelle ni vous ni moi ne le saurons jamais, c'est que personne n'a décroché. On ne peut pas rester sans réponse à une question que l'on n'a pas posée.

Vous nous rappelez par ailleurs le prix du sang de notre guerre civile, et vous nous en donnez les chiffres avec une précision qui m'a laissée songeuse. Monsieur Fauldre, nous les connaissons. Nous les connaissons mieux que vous, nous les avons comptés un par un, nous continuons de les compter, et il se trouve dans mon propre ministère des gens qui pourraient vous réciter des noms pendant des heures. Nos morts nous appartiennent. Ils sont notre affaire, notre faute et notre deuil, et nous n'avons besoin d'aucun comptable étranger pour nous en établir la facture, surtout lorsque ce comptable est arrivé au milieu de l'exercice avec ses propres colonnes à remplir.

Quand à la dette que vous nous effacez à propos de la Camarade Secrétaire Générale, je la reçois telle que vous l'écrivez, et je note simplement, pour la clarté de nos archives respectives, que nous n'en avions jamais contracté aucune. Le sujet est clos de votre côté. Il l'était déjà du nôtre.

J'en arrive à présent au seul point de votre lettre qui me pose réellement problème, et je vous prie de bien vouloir excuser la longueur de ce qui suit, car il s'agit de trois mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit personnes et je ne vois pas comment être brève.

Vous m'expliquez que vous ne pouvez pas nous les rendre. Vous invoquez la logistique, les milliers d'hommes à déplacer, les convois à organiser, et vos frontières minées.

Monsieur Fauldre, il y a quelques heures à peine, un navire cargo battant vos couleurs a traversé un blocus que vous me décrivez dans la même lettre comme parfaitement étanche, il a remonté toute la côte, il s'est amarré au port de Margaux, il a débarqué une cinquantaine de conteneurs, des vivres, des médicaments et des vêtements en quantité, il est resté à quai le temps qu'il fallait, puis il est reparti chez vous. À vide.

Je ne vais certainement pas vous apprendre votre métier, encore moins celui de vos marins, mais un navire qui repart à vide est très exactement un navire qui pourrait repartir plein. Et vos frontières sont minées, en effet. Ce sont vos mines. Vous savez où elles sont, vous seuls savez où elles sont, et il n'existe personne au monde de mieux placé que vous pour faire passer quelqu'un au travers.

Alors ne parlons plus de logistique, voulez-vous. Vous avez écrit vous-même la vraie raison, et vous l'avez écrite très clairement: rendre nos hommes serait, je vous cite, une erreur à un stade aussi avancé des négociations.

Je vous remercie pour cette phrase. Elle dit tout haut ce que ma précédente lettre vous reprochait tout bas, et elle m'évite d'avoir à le démontrer moi-même.

Ces trois mille cinq cent quatre-vingt-dix-huit hommes ne sont pas un stade, ni un rythme, ni une réserve de bonne volonté à dépenser lettre après lettre pour maintenir votre interlocutrice attentive. Ce sont des gens vivants, qui dorment mal quelque part chez vous en ce moment même, et dont les familles ont appris ce matin par la presse que cinq cent quarante cercueils étaient arrivés à Margaux sans savoir si le leur en faisait partie. Rendez-les, et vous aurez fait en une semaine plus pour votre pays que tout ce que votre armée a obtenu en un an.

Cela étant dit, et j'en viens à ce qui est sans doute l'essentiel, je ne vois aucune raison de laisser ce désaccord bloquer le reste.

Corvus accepte votre proposition d'entretien. Non pas conditionnellement, non pas sous réserve, non pas après avoir obtenu satisfaction sur ce que je viens d'écrire: nous acceptons, et nous acceptons largement. Nous sommes prêts à traiter en une seule fois le retour de nos hommes, la levée de votre blocus, la fin officielle et écrite de l'état de guerre entre nos deux nations, la reconnaissance mutuelle de nos gouvernements tels qu'ils existent réellement et non tels que nos presses respectives se les décrivent, et enfin les garanties de non-agression que nos deux peuples réclameront de toute façon tôt ou tard. Nous n'exigeons ni réparations, ni tribunal, ni excuses publiques.

Vous dites vouloir avancer au rythme de notre pays. Notre rythme est le suivant: tout de suite.

Faites-nous savoir quand vos services seront disponibles, et sachez que les nôtres le seront à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, y compris les jours fériés, y compris les jours de deuil, dont nous avons hélas un calendrier assez fourni cette année.

Et pour finir, puisque vous concluez chacune de vos lettres en espérant qu'elle me trouve en bonne santé, laissez-moi vous dire que oui, elle m'y trouve. Fatiguée, mais en bonne santé. J'espère très sincèrement qu'il en va de même pour vous, et j'espère encore d'avantage que la prochaine fois que nous nous adresserons la parole, ce sera de vive voix.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.

Cordialement,

Lÿsä Köwnatör
Ministre des Affaires Etrangères
Ville de Margaux
Fédération de Corvus
6891
Entête du Ministère des Affaires Etrangères de la Fédération de Corvus, missive envoyée par l'Office Postal Fédéral

Cher Monsieur Maximilien Fauldre, Camarade Secrétaire du cabinet des Affaires Etrangères de la Nation Communiste de Loduarie,

Oui.

Je préfère commencer par là, parce que le reste de cette lettre sera long et que je ne voudrais pas que vous ayez à en lire trois pages avant d'obtenir la seule réponse qui vous intéresse vraiment: venez à Margaux. Venez quand vous voulez, venez avec qui vous voulez, et venez avec autant de journalistes qu'il vous plaira d'en emmener.

Vous m'écrivez qu'une rencontre tenue sous le sceau du secret serait une erreur. Je suis absolument de votre avis, et je me permets de relever, avec beaucoup d'affection, que je ne l'ai jamais proposé. Nous voilà donc parfaitement d'accord sur un point que personne n'avait contesté, ce qui est tout de même un progrès considérable par rapport à nos premiers échanges.

Voici ce que la Fédération vous propose, et je vous prie de considérer chacun de ces points comme fermes et non comme des amabilités de correspondance.

Votre sécurité et celle de votre délégation seront garanties par l'Etat corvun lui-même, depuis votre entrée dans notre espace jusqu'à votre départ, et cette garantie sera rendue publique et signée. Vous serez reçu avec les honneurs dus à un chef de délégation étrangère, sans exception, sans réserve mentale et sans ces petites humiliations protocolaires dont certains pays raffolent et que je trouve pour ma part parfaitement ridicules. La presse corvienne sera présente, la presse loduarienne sera la bienvenue, et toute rédaction étrangère qui en fera la demande obtiendra son accréditation, y compris celles qui nous détestent, et croyez bien qu'elles sont nombreuses.

Je ne vous demanderai qu'une chose en retour, et ce n'est ni un port, ni une signature, ni un prisonnier.

Il n'y aura aucune rencontre sans honnêteté.

Je vous explique ce que j'entends par là, car cela pourrait passer pour une formule et cela n'en est pas une.

Dans votre dernière lettre, vous avez écrit deux phrases que vous n'étiez nullement obligé d'écrire, et je tiens à vous dire tout de suite que je vous en suis reconnaissante, même si vous allez trouver ma reconnaissance un peu encombrante.

La première: le matériel humanitaire que vous nous avez fait parvenir, ces vivres, ces vêtements et ces médicaments, attendait, je vous cite, derrière vos lignes le 11 Septembre afin de pouvoir arriver à bonne destination.

Monsieur Fauldre, vous rendez-vous compte de ce que vous venez de nous apprendre ? Les couvertures étaient prêtes avant les obus. Vos convois sanitaires étaient chargés, rangés et fléchés pendant que vos pilotes recevaient leurs briéfs. Ce n'était donc pas une réaction à une situation qui vous inquiétait, ce n'était pas une intervention décidée dans l'urgence devant un voisin qui déraillait: c'était un plan complet, avec son volet civil, son volet militaire et sa suite administrative, préparé de longue main, et dont la seule chose qui n'a pas fonctionné comme prévu fut notre refus de tomber.

La seconde: vous nous dites avoir eu pour objectif de garantir la fin de la dictature des services secrets afin d'aider notre gouvernement légitime à reprendre le pouvoir.

Je vous remercie sincèrement. C'est la première fois depuis le début de cette guerre qu'un responsable loduarien écrit noir sur blanc quel gouvernement il comptait installer chez nous. Vous n'êtes donc pas entré en Antares pour arrêter une guerre civile, vous y êtes entré pour la faire gagner par l'un des deux camps, et il se trouve que ce camp n'était pas le nôtre. Vous avez fait la guerre précisément pour empêcher l'Etat qui vous écrit aujourd'hui d'exister, et vous nous proposez à présent de le reconnaître à l'issue de nos discussions, ce qui, vous en conviendrez, forme une trajectoire assez remarquable en l'espace de trois lettres.

Alors voilà. Je ne vais pas vous jeter ces deux phrases au visage à Margaux, et je vous donne ma parole qu'elles ne serviront pas à vous piéger devant les caméras, parceque ce n'est pas ainsi que je travaille et parce qu'un homme qu'on humilie publiquement ne signe plus rien ensuite. Mais je veux que vous sachiez que nous les avons lues, que nous les avons comprises, et surtout que nous avons apprécié qu'elles soient écrites.

Continuez. C'est tout ce que je vous demande. Venez avec cette honnêteté là, celle qui vous a fait écrire ces deux paragraphes, et pas avec celle des communiqués. Si vous venez à Margaux pour nous répéter que la Loduarie est un pays prêcheur de morale, nous perdrons tous les deux notre journée, et je préfère vous le dire maintenant plutôt que de vous le faire découvrir sur place. Nous avons assez de morts pour ne plus avoir de temps.

J'en viens à vos hommes. Pardon, à nos hommes.

Vous m'objectez que la Loduarie n'a pas coutume d'entasser trois mille cinq cents personnes sur un même navire. Je vous rassure tout de suite: nous non plus, et personne ne vous l'a demandé. Vous m'objectez ensuite que votre logistique terrestre ne suit pas tant que dure l'état de guerre. Fort bien. Alors ne faites rien du tout, et laissez-nous faire.

Voici la proposition corvienne, et elle est entière.

Un. Corvus fournit les navires. Ce seront les nôtres, sous notre pavillon, avec nos équipages et notre carburant, et ils viendront se présenter là où vous nous l'indiquerez, y compris dans un port loduarien de votre choix si cela vous arrange.

Deux. Corvus fournit les vivres, l'eau, les couchages et l'encadrement médical du voyage. Vous n'aurez pas un florin à dépenser pour ces hommes, ni un camion à réquisitionner, ni un seul de vos soldats à détourner d'une autre tâche.

Trois. Les rotations se feront par groupes de cinq cents, à la cadence que vous fixerez vous-même, et nous ne demandons ni date butoir, ni calendrier public.

Quatre. Chaque navire embarquera des observateurs neutres, à qui vous donnerez votre accord préalable, et nous acceptons d'ors et déjà qu'ils soient kartiens, everiens, teylais, ou de la Croix Bleue, ou tous à la fois si le pont est assez grand.

Cinq. Et puisque nous en sommes à l'honnêteté, traitons la vraie raison plutôt que les camions.

Vous nous avez écrit que l'expérience vous interdisait d'agir vite, parce qu'un pays auquel vous avez rendu ses hommes a profité de votre garde baissée pour vous prendre par surprise. C'est là votre argument véritable, et c'est le seul qui mérite une réponse sérieuse, les autres n'étant que des questions de tonnage.

Nous ne vous demanderons donc pas de nous faire confiance, ce serait absurde et vous auriez raison de refuser. Nous vous proposons de nous lier.

La Fédération de Corvus est prête à signer, avant la rencontre et non après, un engagement public de non-agression envers la Nation Communiste de Loduarie, portant sur nos forces terrestres, aériennes, navales et sur toute action clandestine conduite par un service de l'Etat corvun. Le texte est déjà rédigé, il tient en une page, il est déposé et il vous sera transmis dès que vous en manifesterez le souhait. Vous n'avez rien à signer en retour, et je précise bien: rien. Si nous rompons cet engagement, vous aurez notre signature à brandir devant le monde entier, et nous n'aurons aucune défense.

Voilà. Nous vous avons retiré la logistique, nous vous avons retiré le coût, nous vous avons retiré le risque et nous vous avons donné une corde pour nous pendre le jour où nous mentirions.

Je ne vois plus très bien ce qui reste, et j'espère de tout coeur que vous non plus.

Un dernier mot sur Margaux, puisque vous y venez.

Nous ne vous ferons pas faire de détour. Vous ne serez pas promené par les beaux quartiers, vous ne serez pas non plus conduit exprès devant des ruines pour qu'un photographe vous y attende, et personne ne vous montrera quoi que ce soit du doigt. La route qui va de l'aéroport au Palais passe par où elle passe, elle traverse ce qu'elle traverse, et vous regarderez par la fenêtre exactement autant que vous le voudrez.

Nous mettrons la table. Venez vite.

Et sachez que cette lettre, elle, vous trouve en excellente santé, puisque c'est moi qui vous le souhaite cette fois-ci.

Que Dieu nous garde des mauvaises surprises.

Cordialement,

Lÿsä Köwnatör
Ministre des Affaires Etrangères
Ville de Margaux
Fédération de Corvus
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