Soleil,
sourd et sûr,
souverain sur la saison.
Il s’assied, il s’acharne,
il sature l’air,
il sème ses sabres sur ma peau.
Les cigales cisaillent le silence,
scandent, scellent,
un chœur chaud,
sec, serré, sans cesse.
La vitre ouverte vibre,
le vent vient,
un souffle sale et sucré,
chargé d’herbes hachées au rotofil,
de résines, de poussière et de palmiers.

la chair, la chemise, le cuir des sièges.
Les manches courtes cèdent,
les épaules s’exposent,
brillantes, brûlées,
buvant la brûlure.
Il brûle tout
dans une blancheur sans bord,
les pierres pâlissent,
les routes rutilent,
les yeux plissent, prisonniers
d’un éclat implacable.
La lumière ne lâche pas.
Elle reste,
elle rôde,
elle ronge le soir,
elle refuse de se retirer.
Alors,
dans ce règne étouffant,
je trouve mon trésor :
un soda frais, sifflé d’un seul souffle,
goût glacé, giclée vive,
récompense rare,
miracle minuscule
au milieu du monde en feu.