Posté le : 11 fév. 2025 à 17:10:02
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"Combien de temps encore abuseras tu de notre patience, Herdonia ?"
Prise de parole du sénateur et Maître des Balances Rocco Ascone (Les Hommes du Patrice)
Débat sur l'extradition de Toni Herdonia
Rocco Ascone, sénateur depuis 2012, membre du Gouvernement communal depuis 2015, figure parmi les têtes fortes de l'actuel gouvernement velsnien. Il se targue souvent du bilan économique favorable des dernières années, ce dont beaucoup lui refusent le crédit, arguant que cette dynamique était engagée dés 2012. En retrait pendant une grande partie des débats sur la conjuration des libertariens et le procès Herdonia, son désaccord manifeste avec sa consœur Julia Cavali concernant le demande d'extradition du prévenu le pousse à finalement s'exprimer devant le Sénat.
Jusqu'à quand abuseras-tu de notre patience, Herdonia ? Combien de temps encore serons-nous le jouet de tes outrances, de tes vices et de ton incompétence ? Jusqu'où s'emportera ton audace ? Toi Herdonia, toi qui attire le malheur à notre cité à l'évocation de ton nom. Toi qui nous fait honte d'être citoyens de notre ville. Toi que nous regrettons de t'avoir acceuilli comme un frère dans notre hémicycle. Ton audace a toujours été ce qui cachait la honte que n'importe quel aurait pu éprouver en étant dans tes chaussures. Rien ni personne ne t'a fait reculé afin de pervertir ce que nous considérons tous comme les règles élémentaires bienséantes de notre politique. Ni nos institutions séculaires, ni les renseignements de la Segreda, ni la consternation du peuple de Velsna devant tes actions, ni les regards indignés que tous les sénateurs ont porté vers toi... rien n'a pu t'ébranler dans cette honte constante qu'est ta simple existence !
Alors même que tes projets infâmes ont été découverts, que ta conjuration de libertariens est ici environnée de témoins, que nous avons désormais toutes les preuves de tes desseins à l'encontre du regretté Patrice Dandolo, penses-tu qu'aucun de nous ignore ta véritable nature ? Penses tu avoir l'audace suffisante pour mériter une demande d'extradition de notre part ? Nous savons tout de toi, Toni Herdonia: dans quelle disgrâce tu t'es roulé en défigurant l'ambassade qui était supposée nous représenter auprès de barbares sylvois, quels complices tu as réunis à Velsna en ton absence opportune afin de tenter de renverser notre République, quelles résolutions tu as prises. Alors même que nous pouvons désormais te lier sans entrave à la mort de notre ancien patrice, tu continues depuis ta cellule de maltraiter notre grandeur...
Tout ce temps ! Tous ces manquements aux mœurs de notre cité ! Tous ces complots, le Sénat les connaît, le gouvernement communal les voit. Et pourtant, Toni Herdonia vit encore, et certains ici présent ont l'audace de penser que ce dernier mérite l'extradition ! Depuis sa cellule, il se rit de nous: d'une main il vient à ce procès en pensant que nous l'admettrons de nouveau au sein de notre cité un jour, de l'autre il complote encore et encore tel que les barbares sylvois nous l'ont dit et annoncé, les preuves que nous avons reconnu en toute humilité. Nous, citoyens velsniens, hommes libres pleins de courage, nous croyons faire assez pour la patrie si nous nous contentons d'éviter sa fureur et ses trahisons ! Depuis longtemps, Herdonia, ces excellences du Sénat auraient dû t'envoyer à la mort, et faire tomber ta tête sous l'épée dont tu veux tous nous frapper. L'épée que tu as aidé à tenir contre le Patrice Dandolo, le même poignard qui armait encore tes partisans quelques semaines de là encore.
Je suis éhonté devant l'idée même de demander à ce que Herdonia refasse son apparition sur notre territoire. Il y eu déjà des hommes pour tenter de renverser notre République. Le tyran Dino Scaela s'y est essayé lui aussi. Et un illustre citoyen, le Maître de l'Arsenal Di Grassi, l'en punit par l'exil et la mort de ses partisans. Et lorsque Toni Herdonia a tenté par deux fois de faire de notre cité un théâtre de carnage et de meurtres, le gouvernement communal ne l'en punirait pas !? Je ne rappellerai point que des hommes et des femmes, pour sauver la République de la conspiration que méditait le tyran Scaela, ont abandonné leurs familles et leurs amis pour le combattre: de tels exemples ne doivent pas êtres oubliés.
Applaudissements sur la plupart des gradins
Il n'est plus, non, il n'est décidément plus ce temps où de grands hommes mettaient leur gloire à frapper avec plus de rigueur un citoyen pernicieux que le sauvage d'Achosie le plus acharné. Aujourd'hui, seule une misérable déchéance du statut de sénateur nous a été donnée comme arme contre toi, Herdonia, insuffisance que nous regretteront si elle n'est pas corrigée. Nous ne manquons de rien pour gouverner cette cité vers la prospérité qui lui est due: ni la sagesse des conseils de nos citoyens, ni l'autorité de nos lois ne manquent à notre République. Nous seuls, je le dis ouvertement, nous seuls, sénateurs et gouvernement sans vertu, manquons à nos devoirs.
Il y a deux années de cela, pour assurer le salut de notre cité des affres de l'instabilité, nous n'avons reculé devant aucune limite juridique afin de garantir nos acquis. Les excellences du Triumvirat se sont saisies de leur droit de proscription pour nous défaire de groupuscules qui escomptaient faire grand mal à la patrie. Puis, après la guerre, nous avons garanti par un autre texte que plus jamais les scaeliens ne poseraient le pied en notre ville. Ce décret salutaire, nous l'avons aussi à notre disposition. Mais nous l'enfermons dans les archives du Sénat, comme une épée dans le fourreau. Nous disposons de pouvoirs dont nous avons peur de nous servir. Un pouvoir qui demeure donc inutile. Mais nous avons préféré laisser pourrir et désormais, les barbares s'en chargent à notre place. Si je l'exécutais, ce décret, tu mourrais à l'instant, Herdonia. Tu vis non parce que tu es rusé, mais parce que nous avons été faibles.
Mes excellences, mes frères. Je voudrais être clément, tout comme l'a été notre gouvernement en demandant cette extradition. Mais je voudrais plus encore que la patrie, menacée de périr, ne m'accusât point de faiblesse. Mais déjà je m'en accuse moi-même: je condamne ma propre lâcheté de n'avoir proféré mot avant cela. Une armée de conspirateurs libertariens était prête à fondre sur nos gorges, et ils n'ont été décapités que par une intervention tardive et opportune. Le général de cette armée, le chef de ces ennemis est sur les bancs d'un tribunal étranger. Et nul doute qu'il y sera, méditant sans cesse quelque nouveau moyen de bouleverser la République tout en se défendant d'avoir maltraiter tout être humain par delà notre nation. Si j'ordonnais en ce moment, Herdonia, que tu fusses saisi, livré à la mort, qui pourrait trouver ma justice trop sévère ? Je craindrais plutôt que tous les bons citoyens ne la jugeassent trop tardive. Mais ce que j'aurais dû faire depuis longtemps, des puissances étrangères ont décidé que ce ne serait pas ma main qui te portera le dernier coup. Tu recevras procès à Velsna, Herdonia, lorsqu'on ne pourra plus trouver un homme assez méchant, assez pervers, assez semblable à toi, pour ne pas convenir que ton arrestation pour avoir maltraiter un vulgaire félin fusse juste. Tant qu'il en restera un seul homme qui ait chose à te reprocher à l'étranger, tu vivras, mais tu vivras comme tu vis maintenant, entouré de gardes sylvois. Et lorsque tu auras achevé ta peine, il n'y aura guère de chagrin à te voir devant un peloton d’exécution loduarien. Tu reviendras à Velsna, Herdonia, mais tu y reviendras mort.
Ainsi, Herdonia, achève donc tes desseins, sors enfin de ta réserve, dénonce nous tes complices et avoue tous tes crimes. Et peut-être, notre assemblée daignera t'accorder une demande d'extradition.
*acclamations sur tous les bancs*
Les deux censeurs sénatoriaux déclenchent par la suite leur droit de véto sur la demande d'extradition de Toni Herdonia, approuvée par le Sénat des Mille à 973 voix.