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Activités étrangères en Sylva - Page 4

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Les monstres



La vie est curieuse. Celui qui se disait lion est devenu silencieux. Il règne à Sylva depuis la destruction du groupe libertarien de Pointe Mogan et l'arrestation du financier de génie Toni Herdonia...le silence. Un silence rassurant pour certains qui pensent avoir retrouvé le cours de leur existence. Mais pour d'autres, il peut être annonciateur que le pire est encore à venir. Toni Herdonia est en prison, et peu d'informations filtrent sur sa personne. Ce mystère est autant de fascination que le personnage inspire, à Velsna certes, mais également au sein du Duché de Sylva... Qui sait combien dans la nature ont été convaincus par les discours d'Herdonia après ce temps qu'il a passé dans le pays ? Qui sait à quel point le poison s'est infiltré ici et là, comme le venin sorti des crocs d'un serpent...dont't tread on me, comme on dit en Caratrad...

Toni Herdonia pourrit en prison, mais étrangement, celui-ci ne semble pas éprouver la moindre once d'inquiétude quant à sa situation. Tout juste a t-il l'air de considérer cela comme des vacances plus longues que d'autres, et son sourire est toujours aussi grand. On dit souvent que le diable se cache dans les détails: Herdonia est d'une extrême politesse, que ce soit avec ses gardes et ses interrogateurs. On croirait presque être en présence du genre idéal. Son sourire est éclatant, son sens du contact toujours aussi affuté et les conversations partent d'elles mêmes lorsqu'il ouvre la bouche. Il y a toujours ce magnétisme étrange lorsqu’on est en sa présence. Il peut être à un instant en train de partager des conseils de cuisine avec son garde pour, 5 minutes plus tard, être surpris en train d'expliquer à ce dernier comment fructifier son minage de bitcoins.

Lorsqu'un interrogateur sort d'une séance avec "ce gros client", on a l'impression que ces derniers sont davantage retournés dans leurs convictions que l'intéressé. Toni Herdonia montre une absence totale d'empathie ou de regret pour ce dont on l'accuse. A chaque fois la même rengaine: ne niant ou ne confirmant rien des faits qui lui sont reprochés, ce dernier digresse dans des divagations brumeuses. On l'interroge sur Vittorio Vinola, et lui ne répond que par de la "philosophie". Peut-être n'est-ce pas là une bonne méthode pour tirer quoi que ce soit de cet Homme. C'est ce que s'est dit l'un de ses "hôtes". Un matin, ce dernier se glisse ainsi dans la pièce où l'attend le prisonnier pour un énième interrogatoire. Et il lui pose cette simple question: "Avez vous des regrets pour ce que vous êtes ?". Pas "ce que vous avez fait", mais "ce que VOUS êtes". Pour la première fois, Toni Herdonia prêta attention à la question de son interlocuteur. Il se pencha vers la jeune agente, et son sourire se fit béant, un gouffre sans fond:


" Des regrets ? Pourquoi en aurais-je madame ? Est-ce que je manque de bonté ? Mais qui en ce monde en est plus pourvu que moi ? J'ai été dans toutes les parties du monde, madame, et je puis vous dire que n'y est croisé nulle personne plus attentionnée et au chevet des autres que moi. Partout où je vais, j'entends les suppliques de personnes faibles, incapables de se défendre seules. On avait enlevé leur dignité à ces gens et ils étaient tous réduits à l'état d'assistés, des esclaves de leur propre impuissance. Et je les voyais juste après, faire la queue jusqu'au centre d'impôts le plus proche, comme des porcs qu'on mène à l'abattoir une fois par an, encore, et encore et encore...Du plus pauvre des sans abris jusqu'aux sénateurs les plus riches de Velsna, ils sont tous des esclaves. Je l'ai entendais me dire: je viens d'avoir un enfant, donnez moi des allocations. Donnez moi des subventions pour la pièce de théâtre de mon fils ! Protégez moi de la maladie et du chômage ! Augmentez mon salaire ! Élisez moi ! Donnez moi du pouvoir ! Protégez moi de...ma faiblesse. Tous les jours, je vois des gens réaliser sans le savoir la prophétie auto-réalisatrice des kah-tanais, tout en vénérant l’État comme les loduariens vénèrent ce bon vieux Lorenzo.

Des regrets ? Pourquoi ! Vous vous faites bonne conscience en vous portant volontaire pour l'organisation de la kermesse de votre fils ? Vous rendez service à votre famille, moi, je rends service à des millions. Je suis l'homme le plus bon qui soit ! Lorsque les kah tanais et les loduariens, ennemis de ce genre humain, me voient, ils tremblent. Ils cherchent désespérément dans leurs livres de théorie les raisons de mon existence. Ils m'appellent "Le creux de l'Histoire" ou "l'ennemi du peuple". Ils consultent leurs bouquins et mettent à l'épreuve leurs modèles comme les curés cherchaient la raisons des maladies de leurs brebis égarées, et comme les païens ouvraient les entrailles des animaux en essayant de lire l'avenir. Et ils tremblent. Ils tremblent parce qu'ils savent que je reviendrai encore et encore pour les empêcher de dormir, dans cette forme ou dans une autre. L'Histoire ne se terminera jamais, il n'y aura jamais de société socialiste, aussi sûrement que je ne serai jamais un homme de dieu et cette pensée suscite chez eux une terreur indicible. Vous voyez: vous rendez service à votre entourage, je rends service à l'humanité. Je suis plus dévoué à mon prochain que vous. Et vous aussi un jour, je vous libérerai. Peut-être est-ce moi qui devrait vous demander de vous repentir..."

Toni Herdonia est toujours vivant...
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L'affaire de la lettre sylvoise



Les choses se perdent facilement dans les couloirs des ambassades. Le plus souvent, on perd un objet par inadvertance: la bague de mariage dans l'évier, les pièces d'une maison de poupées qu'un enfant disperse aux quatre vents... Le personnel de l’ambassade velsnienne au Grand Kah est agité depuis quelques heures pour une raison inexplicable. Sur le visage des secrétaires, la peur du renvoi et de la disgrâce. On met tout sans dessus dessous: tiroirs et dossiers. On renverse tout ce qui peut être renversé, et on repasse à nouveau dans l'espoir de retrouvé ce qui a été égaré dans les limbes.

La lettre envoyée par le gouvernement sylvois semble s'être évaporée. Comme perdu. Ce qui peut-être qualifié par les velsniens de tentative de corruption, d'ingérence manifeste dans des affaires internes et d'intimidation. On fouille on fouille...mais on ne réalise pas...on ne réalise pas le caractère serein de Riccardo Pedretti, l’ambassadeur attitré de Velsna dans au Grand Kah. Il est là, sur la chaise de son bureau. Lui aussi, ce fidèle parmi les fidèles de DiGrassi, l'un des premiers sénateurs l'ayant suivi durant la guerre civile, celui-ci cherche fébrilement. Mais sans conviction. Peut-être a t-il perdu espoir de retrouver cette missive.

Car il est bien aise de penser probable que la lettre a peut-être été confondue pour du bon papier à corbeille par une femme de ménage. Que ce papier se soit retrouvé à la sortie dans la poche d'une autre gouvernante, lequel a fini par atterrir, de fil en aiguille sur l'un des innombrables bureaux de l'un des nombreux ministères de ce très inquiétant et anxiogène Grand Kah... Comment expliquer le voyage d'un tel courrier, lequel était accompagné de la réponse de l'ambassadeur ? Qui sait...
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ambiance


Compte-rendu : Réunion du gouvernement communal (29 mars 2015)





Greffier : Excellence Patrice ? Excellence Patrice !


Patrice Visconti : *sort de sa torpeur apparente* Oui ! Qu'est-ce qu'il y a Farina ?


Greffier : *Murmure plus posément* Nous vous attendons pour débuter la session, excellence.


Patrice Visconti : Ah oui, c'est vrai... Euh...greffier, est-ce que vous pouvez rappeler les points d'aujourd'hui ?


Greffier : Aujourd'hui nous devons entendre son excellence Maîtresse du Grand Commerce Cavalli au sujet de la nomination de nouveaux ambassadeurs que nous devons choisir dans l'album sénatorial, avant de proposer les noms au Sénat.


Maître des balances Rocco Ascone : Ah, super. On va devoir passer en revue la rubrique nécrologique sénatoriale...


Maîtresse du Grand commerce Julia Cavalli : Je vous remercie de m'accorder cette prise de parole, chers confrères. Oui, en effet, excellence Ascone, il nous faut régler la question de plusieurs nominations de sénateurs ambassadeurs. En premier lieu parce que nous avons de nouveaux partenaires qui ont fait la demande d'une ambassade, mais également parce qu'il nous faut remplacer certains éléments. Nous devons donc proposer au Sénat des représentants pour l'Empire Xin, La Moritonie, et trouver un éventuel remplaçant pour Toni Herdonia à Sylva.


Maître de la Garde Carlos Pasqual: C'est où la Moritonie au juste ?


*haussement d'épaules généralisé* "Je sais plus..."


Maîtresse du Grand commerce Julia Cavalli : *consulte ses notes* En pays slave je crois...


Maître de la Garde Carlos Pasqual : Mais on en a déjà un sénateur qui s'occupe des pays gris non ? C'est pas Mattia Mascola ? L'espèce de troubadour philosophe ? Pourquoi nommer quelqu'un d'autre du coup ? C'est un État profondément inintéressant et sans pouvoir d'achat, ce qui justifie largement de l'ajouter au portefeuille de ce Mascola. Je suppose que tout le monde ici est d'accord non ? Vous avez déjà entendu parler de ce pays vous autres ? Excellences ?


*décision apparemment unanime du gouvernement communal*


Maîtresse du Grand commerce Julia Cavalli : Bien, la proposition sera transmise au Sénat. Nous reste donc les Xin, la Ramchourie et Sylva. Je me permets de commencer par le cas le plus simple: les deux premiers que j'ai cité, donc. Nous nous étions dit précédemment que la guerre civile en Ramchourie nécessitait notre attention, et donc le point de vue avisé d'un expert dans la géopolitique propre à cette région. Problème: notre liste est assez restreinte. Et le nom auquel je pense est déjà détenteur d'une ambassade, à savoir son excellence Mascola. Je demande donc à ce gouvernement son avis sur le fait de nommer un sénateur à la tête de deux ambassades séparées, dotées chacune d'un personnel distinct.


Maître des canaux Luigi Zonta: *se racle la gorge* Je me permets de souligner le fait que la réforme de l'album des ambassadeurs a été précisément conçue pour éviter qu'un de nos confrères sénateurs ne prenne trop d'importance dans les décisions politiques extérieures de notre cité. Ce serait peut-être faire un pas en arrière que de retomber dans ce genre de pratique qui consiste à monopoliser les ambassades comme des fiefs à conquérir...


Maîtresse du Grand Commerce Julia Cavalli: Oui, certes. Mais nous pourrions simplement en faire une exception après tout. Nous savons tous que ce sénateur est réputé peu ambitieux, et il est notre seul élément doté d'autant de connaissances sur les sujets qui seront traités par cette ambassade. C'est donc un point sur lequel il me sera difficile de transiger, et qui n'avait pour but que de vous informer de ma décision de défendre cette position devant le Sénat.


Maître des balances Rocco Ascone : Si c'est ça, autant rester au lit le matin plutôt que de venir ici donc...Merci de m'avoir fait déplacé pour rien, excellence Cavalli, c'est toujours un plaisir. *visiblement ironique*


Maîtresse du Grand Commerce Julia Cavalli: Allons, excellence. C'est parce que je vous respecte que je vous fait venir. Je demande simplement votre confiance vis à vis de ma position devant le Sénat. Mais vous n'êtes pas obligé de la donner vous savez... Nous reste donc le cas de Sylva. Comme vous le savez, Toni Herdonia est en état d'arrestation auprès des autorités sylvoises et ce dernier devrait être déchu sous peu de sa dignité de sénateur, ce qui le rend de fait inéligible pour la fonction d'ambassadeur. Mais en y regardant de plus près, c'est la pertinence même d'avoir une ambassade dédiée exclusivement à Sylva qui m'interroge.

En effet, nous avons d'ores et déjà une ambassade dédiée aux pays de l'OND dirigée par la sénatrice Filippa Ophilio qui pourrait très bien remplir cet office, et nous aurions ainsi à requalifier l’ambassade sylvoise en consulat sous son autorité. Pour défendre ma position, j'insiste sur le fait que nous n'avons aucun intérêt stratégique ou économique à différencier ambassade sylvoise et ambassade onédienne. D'autant que ce poste avait été spécifiquement crée pour exiler Toni Herdonia de la cité et lui tendre un piège destiné à le faire arrêter. C'est désormais chose faite, et je suppose donc qu'il faut marquer le coup en fusionnant définitivement cette représentation avec celle de son excellence Ophilio.

Nous aurions pu la prolonger en effet, mais le gouvernement sylvois n'a pas eu l'air très réceptif à notre proposition de partenariat commercial concernant des taxes douanières portant sur le sucre. Du moins, c'est ce que m'a dit son excellence Riccardo Pedretti.


Maître des balances Rocco Ascone: Pedretti...le sénateur-ambassadeur au Grand Kah ? Il voulait pas récupérer l’ambassade sylvoise à la base ? Cela fait des mois qu'il nous bassinait avec ça. Même DiGrassi lui avait fait miroiter le poste.


Maîtresse du Grand Commerce Julia Cavalli: J'ai ouïe dire que le ton était monté dans les tours avec...*regarde ses notes* son excellence Boisderose. Ce faisant, il m'a fait savoir qu'il ne désirait plus travailler à l'amélioration des relations avec le Duché. J'ignore même si il se rendra au procès d'Herdonia...


Maître de la Garde Carlos Pasqual: Ce petit con a plutôt intérêt, sans quoi c'est moi qui vais le ramener au procès par la peau des bourses. Je n'ai pas ordonné l'arrestation de trente deux sénateurs libertariens pour des prunes.


Maîtresse du Grand Commerce Julia Cavalli: Bref, ce gouvernement me soutient-il devant le Sénat en cas de fusion des ambassades de Sylva et de l'OND.


*approbation unanime*


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Prise de parole de Laura Para (P.E.V) et réponse de Carlos Pasqual (Maître de la Garde et Hommes du Patrice)
Débat sur l'arrestation des sénateurs libertariens, le procès de Toni Herdonia et la déchéance du statut de sénateur


Para : Excellences sénateurs, si on peut vous appeler ainsi. Nous avons été le théâtre ces dernières semaines, sur ce sujet touchant à la sécurité de la cité et l'intégrité de ceux qui la dirige. Mais à cela je dirais que cela ne nous sors pas de nos habitudes.

Huées depuis la plupart des gradins, rappel à l'ordre du Doyen Gabriele Zonta


Para: Oui, vous m'entendez bien: les libertariens ont été arrêtés, cela conformément aux recommandations que nos sénateurs font depuis des mois. Les avertissements étaient là et vous aviez conscience de la dangerosité de Toni Herdonia. Ses crimes ne sont qu'un secret de polichinelle dont la majorité des velsniens ont connaissance. Et pourtant, vous avez joué avec le feu, encore et toujours. Vous avez cru que vous n'entendriez plus jamais parler de lui en l'envoyant au loin, comme un enfant qui fermerait les yeux en pendant que ce qu'il ne voit pas peut le blesser. Regardez donc le résultat de cette manœuvre purement politicienne, qui n'a été destinée qu'à se débarrasser de cet individu sans se salir les mains. Regardez le procès dont le jugement qui n'aurait pu appartenir qu'à cette assemblée est désormais à la vue du monde. Encore une fois, vous faites preuve d'une timidité inquiétante, qui nous pousse à croire que vous aviez la volonté de garder ces opposants sous le coude pour vous en servir plus tard. La vérité, sénateurs, c'est que cette situation a échappé à votre contrôle et que vous ne le reconnaissez point.

Nous voterons votre proposition de déchoir les sénateurs libertariens du FHL, Maître de la Garde, mais n'attendez pas la moindre forme de gratitude de votre part. Ces dangers auraient dû être combattus depuis le premier jour. Et c'est ce système politique, dans lequel nous vivons, ou plutôt, nous survivons, qui est responsable de leur émergence. Cela, vous n'y trouverez jamais de solution car votre logiciel politique est purement incapable d'envisager la faillite de votre oligarchie.

*acclamations sur les bancs eurycommunistes et de la part du petit groupe communaliste, huées sur les autres bancs*

Pasqual: Tant de fougue et de verve de votre part, excellence Para. Votre détermination à défendre la libertas de notre cité me fait chaud au cœur. Je sais que, d'habitude, vous avez plutôt tendance à défendre celle de la Loduarie donc...

*rires sur les bancs conservateurs*


Pasqual: ...donc cela représente un changement agréable. Mais, maintenant que cette question de souveraineté s'impose à votre esprit, je puis me permettre d'expliquer les raisons d'une telle manœuvre, si tant est que je puisse envisager que vous soyez capable de la comprendre. Ne voyez vous pas à quel point il y a plus à gagner à rendre service à tout un troupeau de nations, qui ont tous un compte à régler avec cet homme dans un cadre international, plutôt que dans le nôtre. De quoi aurions nous eu l'air si le Wanmiri, Sylva, le Grand Kah, Teyla ou un autre membre de ces mécontents aurait dû se contenter d'une condamnation tenue au secret ? Non. Ce procès doit être spectaculaire, et nous ferons tout, bien que ce dossier ne soit plus en notre pleine possession, pour que la peine de cette...chose...soit la plus lourde possible. Ce n'est pas s'humilier que de livrer un tel homme à la vindicte de toutes les nations, puisque Toni Herdonia n'appartiendra plus, ni à notre corps civique, ni à ce Sénat à la fin de notre session parlementaire.

*applaudissements sur les bancs conservateurs et libéraux*

Pasqual: Mais revenons l'objet de notre réunion d'aujourd'hui, chers sénateurs eurycommunistes. Encore une fois, vos aboiements retardent notre travail. Nous sommes là pour voter l'accusation du nommé Toni Herdonia au motif de tyrannie. En abusant de sa fonction d’ambassadeur et de sénateur, Toni Herdonia s'est comporté en ennemi de la cité, et ses idées, dangereuses, ont de nouveau fait planer le spectre de l'oppression sur la République. Herdonia a voulu se faire plus grand que nos institutions, les a foulé au pied à chaque occasion qu'il a pu saisir. Il est temps de rappeler à tous les libertariens que la libertas n'est pas une idée que l'on peut avilir à ses propres desseins, et je demande aujourd'hui à cette assemblée de se prononcer: allons nous laisser à cet individu le droit de se revendiquer de son immunité sénatoriale, de se dire l'égal de nos personnes en droit ?

*Le doyen Zonta fait signe aux sénateurs de se prononcer. Presque toutes les mains se lèvent.*

Pasqual: Bien. Toni Herdonia, à compter d'aujourd'hui n'est plus membre, ni de notre Sénat, trop noble pour sa personne, ni de notre corps civique. Toni Herdonia ne pourra plus jamais se targuer d'être l'un de nos concitoyens. Il perdra tous les droits qui y sont liés, y compris celui de résidence. L'intégralité des actifs de cet individu seront saisis, et confiés aux bons soin de la questure sénatoriale. Les sénateurs libertariens, eux, conformément à notre vote précédent, seront déchus de leur mandat, et le degré d'implication avec les actions de Toni Herdonia seront conditionnelles de leur sort. Velsna n'a pas de place à offrir à ceux qui veulent se faire roi en leur propre patrie. Toni Herdonia est ainsi déclaré ennemi public du Sénat et de la République, et doit être traité comme tel.

*applaudissements sur la plupart des bancs*
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LHV

Sylva cherche à faire croître son secteur nucléaire, en achetant son combustible au Drovolski et en le faisant retraiter dans les installations RAD-1 et RAD-2. Ces installations, appartenant à l'Empire, gagnent en importance et en expertise, au point qu’on pourrait parler de dépendance. Les procédés utilisés y sont complexes et d’une expertise reconnue, ce qui permet au LHV de financer leurs opérations sans limites afin de garantir leur position dominante dans le secteur du retraitement du combustible. L’objectif est clair : capturer le marché pour les futurs réacteurs à neutrons rapides (RNR) et tirer parti de la coopération avec Sylva. Le Drovolski, en distribuant ses technologies de IVᵉ génération sans grande préoccupation pour les questions de propriété intellectuelle, mise sur le fait que Sylva dépend de lui pour tout ce qui concerne le combustible. Cette situation de dépendance est vraie pour de nombreux autres pays, notamment en ce qui concerne le recyclage du combustible irradié. Cependant, le Drovolski reste prudent : il est conscient de ses propres vulnérabilités. Sylva, avec son poids économique, pourrait provoquer des crises, voire des famines, en suspendant ses exportations alimentaires vers le Drovolski. Ce scénario reste une menace latente, d’autant que l’image du Drovolski dans l’opinion publique sylvoise est délicate. C’est pourquoi une campagne de communication dans les duchés de Sylva est prévue sous le slogan "La nourriture contre l’énergie : les champs contre le recyclage du combustible".

Lors d’une conférence sur le sujet à Sylva, un échange houleux a eu lieu entre un représentant sylvois et un expert du Drovolski :

- Monsieur, si le Drovolski se positionne en monopole, cela constitue une menace pour Sylva, qui deviendrait entièrement dépendante d’un unique acteur.
- Pas d’inquiétude, monsieur. Le Drovolski détient en effet un monopole sur le recyclage, un marché que nous vous offrons, je vous le rappelle. Jusqu’à présent, Sylva et même Velsna ne paient pas pour le retraitement de leur combustible, et cela n’entrave en rien l’achat de combustible neuf. Vous pourriez très bien vous fournir en combustible neuf auprès du Grand Nord. Le retraitement des RNR est une question plus complexe, car, à ma connaissance, aucun autre acteur que le Drovolski ne propose ce service.
- Cette position dominante pourrait inquiéter les Sylvois, qui nous observent à travers leurs écrans de télévision.
- Cela supposerait que mon pays domine le vôtre, mais vous oubliez que, sans vous et Velsna, le Drovolski fait face à des risques de famine. Alors, qui dépend de qui ? Je vous le demande. Le LHV ne pourrait jamais assumer le coût politique de vous imposer des prix insoutenables au point de vous inciter à stopper vos exportations alimentaires.
- La famine ? Vous êtes un pays développé, pourtant.
- Mangez-vous du plomb ? Si c’est le cas, achetez du Mesolvardien. Plus sérieusement, nous dépendons bien plus de vous que vous ne le pensez. Sur les plans technologique et commercial, sans vous, nous n’avons que le nucléaire et les minerais. Ce n’est pas suffisant pour nourrir notre population et maintenir un cadre de vie acceptable.
- Quelle mauvaise foi ! Vous nous rappelez bien les Mesolvardiens et leur bureaucratie.
- Mon pays a ses qualités, malgré votre attaque gratuite contre mes concitoyens.

RNR
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Routes Perdues

27 Juin 2015

Raul



C’était un modeste poste frontière reliant Caribeña à Sylva, niché au cœur de la jungle, à la sortie de la mystérieuse Selva Loca. Ce qu’il fallait savoir, c’est que ces terres regorgeaient de petits points de passage isolés, perdus entre montagnes escarpées et forêts impénétrables, servant de ponts discrets entre les deux territoires. Les grands axes, eux, étaient sous haute surveillance, équipés d’installations douanières modernes et efficientes – du moins, côté sylvois. En revanche, les autorités caribeñas, avec leurs moyens plus modestes, avaient dispersé ici et là de simples postes pour garder un œil sur ces passages oubliés.

En ce jour ordinaire, l’un de ces postes voyait se profiler à l’horizon une file de trois camions de marchandises. De vieux engins robustes, forgés dans une autre époque, mais taillés pour affronter sans faillir les rigueurs de la jungle et les défis des montagnes. Leur arrivée n’avait pourtant rien de prévu. Aussi, les cinq gardes, usés par la monotonie de leur quotidien, se redressèrent avec un intérêt mêlé d’alerte en apercevant les véhicules avancer lentement vers eux, à l’entrée du pont.

Ce pont, large et usé, enjambait une vaste rivière asséchée où ne subsistaient que des lits de roches blanches scintillant sous le soleil. Le poste se dressait à l’extrémité de l’ouvrage, un bâtiment simple et dépouillé, tout juste fonctionnel. Les gardes, vêtus de combinaisons vert olive sans éclat ni ornements – l’image même de l’équipement standard et peu inspirant – s’activèrent. L’un d’eux, d’un pas assuré, s’avança au milieu de la route. Il leva la main, imposant l’arrêt au premier camion qui s’approchait en grondant doucement. Derrière lui, un autre garde abaissait mécaniquement la rambarde, scellant temporairement le passage.

« On va contrôler ça, descendez ! » lança le garde qui avait stoppé le convoi, d’une voix ferme, sans toutefois trahir une réelle agressivité.

Sans attendre, un homme sortit du côté passager du premier camion et s’avança tranquillement vers lui. Il avait une allure décontractée, presque nonchalante. Un pantalon ample d’un blanc éclatant, une chemise ornée de motifs tropicaux aux couleurs vives, et des espadrilles usées, le tout complété par une casquette plate vissée sur la tête. Une tenue qui semblait taillée sur mesure pour ce soleil écrasant de juin. Entre ses lèvres, un cigare pendait, ajoutant une touche d’insolence à son sourire tranquille.

« Bonjour, messieurs. Aucun souci, je vais vous montrer tout ça, » dit-il d’un ton jovial, la fumée de son cigare traçant un serpent paresseux dans l’air moite.

D’un pas sûr, il mena le garde jusqu’à l’arrière du camion. Là, il agrippa la poignée massive et ouvrit les portes d’un geste assuré, dévoilant une cargaison soigneusement empilée. Les quatre autres gardes s’étaient rapprochés entre-temps, formant une petite troupe attentive.

L’un d’eux, sans perdre de temps, commença à fouiller le contenu des premiers cartons. Ses mains s’agitaient parmi des emballages anodins. « On livre de simples téléviseurs bon marché, messieurs les douaniers, » précisa l’homme à la chemise, l’air détendu, comme s’il énonçait une vérité irréprochable.

Le premier garde jeta un coup d’œil vers son collègue qui confirma d’un signe de tête. « Chef, des téléviseurs. »

Mais le chef n’était pas encore convaincu. Ses sourcils se froncèrent légèrement. « Des téléviseurs… Fouillez dans le fond. »

Un éclat d’impatience traversa le regard de l’homme à la chemise, mais il masqua rapidement son agacement derrière un sourire poli. « Messieurs, vous ne voudriez tout de même pas ralentir inutilement le commerce, n’est-ce pas? » lança-t-il, d’une voix mielleuse où transparaissait une pointe de tension.

Soudain, la portière du deuxième camion, stationné derrière le premier, s’ouvrit dans un léger grincement. Un homme en descendit lentement, observant la scène avec une attention calculée. Depuis l’intérieur de la cabine, il avait suivi chaque mouvement, chaque échange. Contrairement au premier, sa tenue décontractée n’avait rien de flamboyant : une chemise à rayures jaunes usé, un jean sombre, et des baskets simples. Une moustache touffue encadrait son visage, ses cheveux ondulés trahissaient une certaine indifférence au chaos du climat, et son ventre proéminent avançait fièrement, marquant sa silhouette.

D’un pas lourd mais assuré, il s’approcha, s’insérant sans invitation dans la conversation. « Où est Saùl aujourd’hui? » demanda-t-il d’une voix grave, teintée d’un mélange de curiosité et d’autorité.

Le chef des gardes, imperturbable, répondit du tac au tac : « Ce n’est pas Saùl aujourd’hui. »

Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de l’homme au ventre rebondi. Il ne tarda pas à répliquer, son ton laissant entrevoir une pointe de reproche : « Avec Saùl, les affaires ne sont pas entravées. On ne vous a rien dit pour aujourd’hui? »

Dès cet instant, la conversation prit une autre tournure, passant de marchande à une joute entre figures d’autorité. Les deux hommes se faisaient face, tandis que les autres, gardes comme camionneurs, demeuraient figés dans un silence absolu. Pas un mot, pas un geste de trop.

L’homme au ventre proéminent esquissa un sourire à peine perceptible avant de lâcher d’un ton faussement léger : « Ce sont des téléviseurs, chef. Pour Lamia, c’est bien votre petite fille, non? Elle vit au Sylva, si je ne m’abuse. Une bonne idée d’ailleurs, ça lui évite les tracas de Caribeña. Elle habite là-bas avec sa maman. Vous avez bien raison. Mais après ses heures d’école… laissez-lui une télé, qu’elle puisse regarder ses dessins animés tranquillement. »

Le chef des gardes sentit son estomac se nouer. En une fraction de seconde, une expression de crainte traversa son visage, le trahissant malgré lui. Ces paroles, si précises, le déstabilisaient profondément. Comment cet homme savait-il tout cela? Il bredouilla, presque machinalement : « Euh… oui, c’est ma fille. » Dans un geste nerveux, il fit signe à ses hommes d’interrompre la fouille. Mais il n’en resta pas là, s’efforçant de reprendre contenance : « On ne m’a rien dit pour aujourd’hui, je— »

Il fut interrompu net. L’homme à la moustache touffue ne lui laissa pas le temps de terminer. Avec une nonchalance étudiée, il s’avança vers un autre garde, posté non loin sur le bord du pont, un fusil d’assaut à la main. Son regard perçant se fixa sur lui. « Et toi, ta maman, Daniela… elle est sortie de l’hôpital? »

Le jeune garde ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Il n’eut pas le temps de répondre qu’une voix intervint, tranchant l’air lourd de cette fin d’après-midi. C’était le complice de l’homme moustachu, celui à la chemise tropicale, qui s’était approché discrètement. Il répondit avec une assurance presque moqueuse, s’adressant au garde à la place de ce dernier : « Oh oui, sa mère va mieux. Elle est sortie de l’hôpital. On lui a donné de bons traitements. »

Le chef des gardes, visiblement tendu mais déterminé à ne pas perdre la face, tenta de reprendre le contrôle de la situation. Il s’éclaircit la gorge, son ton ferme mais teinté d’un soupçon d’hésitation.

« Écoutez… je ferme les yeux sur ce qu’il y a dans ce camion. Ce sont des téléviseurs, très bien. Mais je ne peux pas vous laisser passer. Ce n’est pas Saùl aujourd’hui, et j’ai des directives claires. La marchandise n’entre pas en territoire sylvois. Les raisons? Elles sont confidentielles. »

Ces mots, bien qu’emprunts d’autorité, ne firent qu’attiser les braises. L’homme à la moustache touffue, jusqu’ici maître de son calme, fut submergé par une colère palpable. Son corps sembla animé d’une nervosité incontrôlable : il bougeait, tournait sur lui-même, comme une bête en cage. Puis, dans un geste abrupt, il recula de quelques pas, prenant une position qui lui permettait de dominer l’espace et d’affronter tous les regards.

Son visage, marqué par des traits durs et ses yeux brillants d’une rage froide, captiva immédiatement l’attention. Lorsqu’il parla, sa voix résonna avec une intensité menaçante. Son accent, rugueux et appuyé, accentuait le poids de ses paroles, les rendant encore plus inquiétantes.

« Messieurs… je vais vous dire qui je suis. Je suis Raúl Cárdenas Montoya. J’ai des yeux partout. Vous pouvez pas bouger une oreille sans que je le sache. Oui, messieurs. Pas même une oreille. Un jour, je serai président de la république de Caribeña. Vous voyez, je gagne ma vie en faisant des affaires. Peinard. Acceptez mon offre… ou vous en subirez les conséquences. L’argent… ou le plomb. Choisissez. »

Le chef des gardes fixe Raúl avec une intensité troublée, ses yeux sondant son visage comme pour y chercher une faille, une issue à cette confrontation écrasante. Mais rien. Raúl reste implacable, son regard brûlant d’un mélange de menace et de certitude.

Un silence lourd s’installe, un blanc qui semble s’étirer à l’infini, comme si le monde entier retenait son souffle. Puis, lentement, le chef incline la tête, comme résigné à une force qu’il ne peut vaincre. Il ne dit rien, mais son geste suffit.

D’un pas mesuré, l’homme à la chemise tropicale descend du camion. Sans un mot, il ouvre la portière, attrape deux cartons de téléviseurs, et les tend aux deux gardes les plus jeunes, ceux dont les regards trahissent une hésitation mêlée de crainte.

« Déjà prenez ça, vous deux, » murmure-t-il avec un calme glacial, comme si l’acte n’avait aucune importance.

Le chef des gardes lève une main, un geste qui semble peser une tonne, et fait signe à ses hommes de relever la barrière. Le bruit métallique de la rambarde qui se soulève résonne comme une défaite, une reddition.

Raúl, satisfait mais impassible, s’approche du chef. Son visage se penche légèrement vers lui, une proximité qui amplifie le malaise. Puis, à voix basse, comme une confidence ou une malédiction, il murmure à son oreille :

« Ça s’est passé de la même manière avec Saùl. Que ce soit lui ou toi, écoute bien : désormais, cette barrière ne se baisse plus. Jamais. »

Il se redresse, un sourire fugace sur les lèvres, puis rejoint tranquillement ses hommes. Les camions redémarrent, leurs moteurs brisant le silence oppressant de la jungle.

Ces dernières semaines, les transactions d’importation et d’exportation entre Caribeña et le Sylva se multipliaient. De plus en plus fréquents, ces échanges s’effectuaient loin des regards indiscrets, empruntant ces petites routes perdues, serpentant à travers les montagnes et la jungle. Lorsque les camions repartaient du Sylva vers Caribeña, ils ne roulaient jamais à vide. Leurs remorques étaient soigneusement remplies de marchandises qui, à première vue, paraissaient parfaitement légales. Des cargaisons anodines, emballées avec soin, destinées à ne pas éveiller les soupçons.

Ces allers-retours, bien que réguliers, restaient d’une discrétion absolue. Le ballet des poids lourds, orchestré avec une précision chirurgicale, passait inaperçu. Perdus dans ces chemins isolés, loin des grands axes et de la vie ordinaire, ces échanges s’étaient insidieusement intégrés à la routine silencieuse de cette frontière oubliée. Et pour le reste du monde, c’était comme s’ils n’existaient pas.
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Cette missive est connue uniquement par Sylva


"Grande Famille des Lomioka"


A tous potentiels intéressés,

Bien le bonjour,
Laissez moi tout d'abord me présenter : je suis Bondipo Lomioka, le chef de la grande famille des Lomioka et je suis réputé pour mes grands casinos et le développement des jeux d'argents et du hasard dans mon pays.

Si je m'adresse aujourd'hui à vous, c'est pour vous proposez un financement qui pourrait être très largement intéressant pour vous... En effet, je vous propose que je finance dans la totalité la construction de casinos dans votre pays, Sylva.
Les casinos sont des véritables lieux d'excellences, permettant d'obtenir des montagnes d'argents, proposant seulement quelque petits jeux aux invités. A Nova-Aphalstèma, c'est grands bâtiments sont très réputés. Chaque mois, je récolte des milliers et des millions d'Imas sans réellement faire grand chose.
Cette nouvelle source de revenue pour Sylva permettrait au pays de s'enrichir, et de devenir un modèle en construisant derrière d'autres somptueux bâtiments ! Imaginez, des grands hôtels, construits à côté des casinos, permettant à la populace de dépenser sans compter, car habitants juste à côté ! Par derrière, vous deviendrez immensément riches ! Et tout cela, en n'ayant donné le moindre sous.

De plus, ces grands bâtiments pourront faire venir les grandes célébrités de ce monde, et des grands patrons de la planète ! Les stars et les PDG Yukanaslaves sont déjà ravis des casinos en Yukanaslavie, sachez le ! Alors si certains apparaissent à Sylva, le succès est garanti !

Cependant, je souhaite également vous poser mes conditions à l'établissement d'un tel projet. En effet, en cas de validation de ma proposition, vous devrez me verser 20% de l'argent obtenu chaque mois dans les casinos. C'est ma seule condition.

Au plaisir de recevoir une réponse,

Par Bondipo Lomioka,
Chef de la famille des Lomioka et Grand Maitre des casinos de Nova-Aphalstèma
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"Combien de temps encore abuseras tu de notre patience, Herdonia ?"
Prise de parole du sénateur et Maître des Balances Rocco Ascone (Les Hommes du Patrice)
Débat sur l'extradition de Toni Herdonia



Rocco Ascone, sénateur depuis 2012, membre du Gouvernement communal depuis 2015, figure parmi les têtes fortes de l'actuel gouvernement velsnien. Il se targue souvent du bilan économique favorable des dernières années, ce dont beaucoup lui refusent le crédit, arguant que cette dynamique était engagée dés 2012. En retrait pendant une grande partie des débats sur la conjuration des libertariens et le procès Herdonia, son désaccord manifeste avec sa consœur Julia Cavali concernant le demande d'extradition du prévenu le pousse à finalement s'exprimer devant le Sénat.


Jusqu'à quand abuseras-tu de notre patience, Herdonia ? Combien de temps encore serons-nous le jouet de tes outrances, de tes vices et de ton incompétence ? Jusqu'où s'emportera ton audace ? Toi Herdonia, toi qui attire le malheur à notre cité à l'évocation de ton nom. Toi qui nous fait honte d'être citoyens de notre ville. Toi que nous regrettons de t'avoir acceuilli comme un frère dans notre hémicycle. Ton audace a toujours été ce qui cachait la honte que n'importe quel aurait pu éprouver en étant dans tes chaussures. Rien ni personne ne t'a fait reculé afin de pervertir ce que nous considérons tous comme les règles élémentaires bienséantes de notre politique. Ni nos institutions séculaires, ni les renseignements de la Segreda, ni la consternation du peuple de Velsna devant tes actions, ni les regards indignés que tous les sénateurs ont porté vers toi... rien n'a pu t'ébranler dans cette honte constante qu'est ta simple existence !

Alors même que tes projets infâmes ont été découverts, que ta conjuration de libertariens est ici environnée de témoins, que nous avons désormais toutes les preuves de tes desseins à l'encontre du regretté Patrice Dandolo, penses-tu qu'aucun de nous ignore ta véritable nature ? Penses tu avoir l'audace suffisante pour mériter une demande d'extradition de notre part ? Nous savons tout de toi, Toni Herdonia: dans quelle disgrâce tu t'es roulé en défigurant l'ambassade qui était supposée nous représenter auprès de barbares sylvois, quels complices tu as réunis à Velsna en ton absence opportune afin de tenter de renverser notre République, quelles résolutions tu as prises. Alors même que nous pouvons désormais te lier sans entrave à la mort de notre ancien patrice, tu continues depuis ta cellule de maltraiter notre grandeur...

Tout ce temps ! Tous ces manquements aux mœurs de notre cité ! Tous ces complots, le Sénat les connaît, le gouvernement communal les voit. Et pourtant, Toni Herdonia vit encore, et certains ici présent ont l'audace de penser que ce dernier mérite l'extradition ! Depuis sa cellule, il se rit de nous: d'une main il vient à ce procès en pensant que nous l'admettrons de nouveau au sein de notre cité un jour, de l'autre il complote encore et encore tel que les barbares sylvois nous l'ont dit et annoncé, les preuves que nous avons reconnu en toute humilité. Nous, citoyens velsniens, hommes libres pleins de courage, nous croyons faire assez pour la patrie si nous nous contentons d'éviter sa fureur et ses trahisons ! Depuis longtemps, Herdonia, ces excellences du Sénat auraient dû t'envoyer à la mort, et faire tomber ta tête sous l'épée dont tu veux tous nous frapper. L'épée que tu as aidé à tenir contre le Patrice Dandolo, le même poignard qui armait encore tes partisans quelques semaines de là encore.

Je suis éhonté devant l'idée même de demander à ce que Herdonia refasse son apparition sur notre territoire. Il y eu déjà des hommes pour tenter de renverser notre République. Le tyran Dino Scaela s'y est essayé lui aussi. Et un illustre citoyen, le Maître de l'Arsenal Di Grassi, l'en punit par l'exil et la mort de ses partisans. Et lorsque Toni Herdonia a tenté par deux fois de faire de notre cité un théâtre de carnage et de meurtres, le gouvernement communal ne l'en punirait pas !? Je ne rappellerai point que des hommes et des femmes, pour sauver la République de la conspiration que méditait le tyran Scaela, ont abandonné leurs familles et leurs amis pour le combattre: de tels exemples ne doivent pas êtres oubliés.


Applaudissements sur la plupart des gradins


Il n'est plus, non, il n'est décidément plus ce temps où de grands hommes mettaient leur gloire à frapper avec plus de rigueur un citoyen pernicieux que le sauvage d'Achosie le plus acharné. Aujourd'hui, seule une misérable déchéance du statut de sénateur nous a été donnée comme arme contre toi, Herdonia, insuffisance que nous regretteront si elle n'est pas corrigée. Nous ne manquons de rien pour gouverner cette cité vers la prospérité qui lui est due: ni la sagesse des conseils de nos citoyens, ni l'autorité de nos lois ne manquent à notre République. Nous seuls, je le dis ouvertement, nous seuls, sénateurs et gouvernement sans vertu, manquons à nos devoirs.

Il y a deux années de cela, pour assurer le salut de notre cité des affres de l'instabilité, nous n'avons reculé devant aucune limite juridique afin de garantir nos acquis. Les excellences du Triumvirat se sont saisies de leur droit de proscription pour nous défaire de groupuscules qui escomptaient faire grand mal à la patrie. Puis, après la guerre, nous avons garanti par un autre texte que plus jamais les scaeliens ne poseraient le pied en notre ville. Ce décret salutaire, nous l'avons aussi à notre disposition. Mais nous l'enfermons dans les archives du Sénat, comme une épée dans le fourreau. Nous disposons de pouvoirs dont nous avons peur de nous servir. Un pouvoir qui demeure donc inutile. Mais nous avons préféré laisser pourrir et désormais, les barbares s'en chargent à notre place. Si je l'exécutais, ce décret, tu mourrais à l'instant, Herdonia. Tu vis non parce que tu es rusé, mais parce que nous avons été faibles.

Mes excellences, mes frères. Je voudrais être clément, tout comme l'a été notre gouvernement en demandant cette extradition. Mais je voudrais plus encore que la patrie, menacée de périr, ne m'accusât point de faiblesse. Mais déjà je m'en accuse moi-même: je condamne ma propre lâcheté de n'avoir proféré mot avant cela. Une armée de conspirateurs libertariens était prête à fondre sur nos gorges, et ils n'ont été décapités que par une intervention tardive et opportune. Le général de cette armée, le chef de ces ennemis est sur les bancs d'un tribunal étranger. Et nul doute qu'il y sera, méditant sans cesse quelque nouveau moyen de bouleverser la République tout en se défendant d'avoir maltraiter tout être humain par delà notre nation. Si j'ordonnais en ce moment, Herdonia, que tu fusses saisi, livré à la mort, qui pourrait trouver ma justice trop sévère ? Je craindrais plutôt que tous les bons citoyens ne la jugeassent trop tardive. Mais ce que j'aurais dû faire depuis longtemps, des puissances étrangères ont décidé que ce ne serait pas ma main qui te portera le dernier coup. Tu recevras procès à Velsna, Herdonia, lorsqu'on ne pourra plus trouver un homme assez méchant, assez pervers, assez semblable à toi, pour ne pas convenir que ton arrestation pour avoir maltraiter un vulgaire félin fusse juste. Tant qu'il en restera un seul homme qui ait chose à te reprocher à l'étranger, tu vivras, mais tu vivras comme tu vis maintenant, entouré de gardes sylvois. Et lorsque tu auras achevé ta peine, il n'y aura guère de chagrin à te voir devant un peloton d’exécution loduarien. Tu reviendras à Velsna, Herdonia, mais tu y reviendras mort.

Ainsi, Herdonia, achève donc tes desseins, sors enfin de ta réserve, dénonce nous tes complices et avoue tous tes crimes. Et peut-être, notre assemblée daignera t'accorder une demande d'extradition.

*acclamations sur tous les bancs*


Les deux censeurs sénatoriaux déclenchent par la suite leur droit de véto sur la demande d'extradition de Toni Herdonia, approuvée par le Sénat des Mille à 973 voix.

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Quand Sylva parle d'opportunités, Caribena entend des chaînes

10 Novembre 2015

CANNA


- Editorial par Estevez, éditrice en chef du journal indépendant El Observador.

Il semblerait que lorsque Sylva regarde vers nos champs de canne à sucre, ce n'est pas pour admirer la résilience ni l'ingéniosité de nos agriculteurs, ni même pour célébrer la richesse du rhum ou du sucre qui font la fierté de Caribena. Non, Sylva n'y voit qu'un carburant bon marché pour alimenter leurs propres ambitions énergétiques, tout en s'arrogeant le droit de contrôler notre secteur vital. Caribena, pour eux, ne serait plus qu'un réservoir de ressources, un vassal agricole au service d’une économisation de leurs terres, où le sucre et le rhum seraient relégués au second plan au profit d’un éthanol qui alimenterait leurs précieuses centrales à biogaz.

Disons-le clairement: c'est une idée profondément néo-coloniale, déguisée sous le masque d'une coopération énergétique. Il ne s'agit pas d’une main tendue, mais d’une tentative éhontée de remodeler la structure économique caribeña pour servir les intérêts sylvois. Derrière ces beaux discours sur la réduction de la concurrence, leur véritable objectif transparaît: garantir que le sucre et le rhum de Caribeña n'entreront pas en compétition avec leurs propres produits sur les marchés internationaux. En d'autres termes, le Sylva veut brider notre secteur-clé tout en se servant de nos terres fertiles pour leurs propres besoins.

Après tout, restons lucides... si le Sylva voulait réellement établir une relation égalitaire, pourquoi voudrait-elle rediriger nos agriculteurs vers des centrales à biogaz au lieu de promouvoir ensemble des accords mutuellement bénéfiques qui soutiendraient notre rhum artisanal et notre sucre biologique, reconnus sur la scène mondiale? Pourquoi insister sur un détournement de nos efforts productifs alors que les infrastructures sylvoises elles-mêmes restent incapables de répondre aux demandes de leurs propres initiatives locales, visiblement toujours marginalisées?

Nous reconnaissons le besoin de diversification économique, certes. Mais cette décision doit émaner de Caribeña, dans l'intérêt des Caribeños, et non être dictée par une puissance voisine déguisant ses restrictions commerciales en opportunités. La canne caribeña a forgé notre identité et notre résilience après des siècles d'exploitation. Les Sylvois aimeraient peut-être nous faire croire qu'une transition vers la production d'éthanol ferait prospérer nos communautés agricoles. En vérité, cela nous renverrait dans la servitude économique, cette fois sous le joug des groupes énergétiques interétatiques qu'ils représentent.

Et qu'en est-il de nos voisins sylvois qui encouragent ce plan dans leur propre presse? Certains élus populaires suggèrent qu'une alliance énergétique avec nos terres serait la solution à leur pénurie de biomasse. Pourquoi, alors, leur propre gouvernement ne leur laisse-t-il pas développer cette industrie chez eux, au lieu de saper des siècles de traditions agricoles et culturelles en Caribeña? Si les Sylvois jugent les carburants issus de la canne si précieux, qu'ils montrent l'exemple en créant leurs propres plantations dédiées et abandonnent cette posture paternaliste. Caribeña n’est pas une terre de substitution pour les ambitions sylvoises. Nous ne sommes ni un champ d’expérimentation agroénergétique, ni un marché à manipuler pour des dictats unilatéraux. Nos agriculteurs méritent mieux que d’être relégués au rôle de fournisseurs silencieux pour des centrales à biogaz étrangères, surtout lorsqu'il s'agit de cantonner nos traditions — lesquelles riment avec rhum, sucre et excellence — à une marginalité planifiée.

Alors, à nos voisins sylvois: jouez cartes sur table. Si vous craignez nos rhums et nos sucres, dites-le ouvertement. Mais ne prétendez pas nous aider à grandir lorsque votre stratégie vise à nous transformer en satellites productivistes. Caribeña ira de l'avant sur ses propres rails, avec ses propres choix. Quiconque tentera de freiner notre expansion agro-industrielle en camouflant ses intentions derrière des leurres diplomatiques énergétiques trouvera face à lui bien plus qu'une réaction modérée. Vous trouvez injuste notre avance sur le rhum et le sucre? On ne s'excuse pas pour la qualité.

Caribeña ne sera jamais votre usine à biocarburants. Ni demain, ni jamais.
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TRACT DU CONSEIL DES EXILÉS DE KARTY – À DESTINATION DU DUCHÉ DE SYLVA

SYLVA, DEFENDS LES LIBERTÉS !

Le Saint-Empire de Karty a fait un choix funeste : l’expulsion arbitraire de 50 000 de ses propres citoyens.
Des familles arrachées à leurs foyers. Des intellectuels, des artistes, des travailleurs, des enfants déclarés "ennemis de l’État" sans procès, sans avertissement.
Une purge froide, une injustice monstrueuse.

Mais nous sommes toujours là. Et nous avons besoin de vous.


SYLVA, TERRE DE LIBERTÉS, ENTENDS NOTRE APPEL !

Nous, exilés politiques kartiens, avons vu nos droits réduits en cendres.
Nos biens saisis. Nos papiers détruits. Nos voix censurées.
Nous avons été chassés pour avoir osé penser librement.

Le régime de Volkingrad a trahi ses engagements internationaux.
Il viole chaque jour les principes fondamentaux que Sylva défend.

Nous appelons le gouvernement du Duché de Sylva, sa ministre des relations étrangères Matilde Boisderose, et le peuple sylvoi à ne pas légitimer le régime kartien par des accords qui ignorent cette catastrophe humanitaire.


UN CRIME NE PEUT ÊTRE PASSÉ SOUS SILENCE

Nous demandons :

  • Que Sylva reconnaisse officiellement l’exil des 50 000 comme une persécution politique et un crime contre les droits fondamentaux.
  • Que toute coopération culturelle et académique avec Karty soit conditionnée à la liberté d’expression et à la réhabilitation des exilés.
  • Que les relations économiques avec le régime kartien n’encouragent pas un système qui prive ses propres citoyens de leurs droits les plus élémentaires.

SYLVA, REFUSE D’ÊTRE L’ALLIÉ D’UN RÉGIME OPPRESSEUR !

Vous prônez la liberté, le dialogue, la coopération entre les peuples.
Nous étions les citoyens d’un pays qui nous a dépossédés de notre existence.
Ne laissez pas Karty réécrire l’histoire.

Ne serrez pas la main d’un régime qui expulse ses propres enfants.

L’exil des 50 000 n’est pas un accident.
C’est un avertissement pour tous ceux qui croient encore en la liberté.


SYLVA, SOIS DU CÔTÉ DE L’HISTOIRE !

Nous avons perdu notre patrie, mais nous n’avons pas perdu notre dignité.
Nous sommes le peuple que Karty a trahi.
Nous sommes les voix que Karty tente de faire taire.
Nous sommes les 50 000, et nous n’oublierons pas.

Ne soyez pas complices. Soyez nos alliés.

SOUTENEZ LES EXILÉS ! REJETEZ L’OPPRESSION !


TRACT DU CONSEIL DES EXILÉS DE KARTY
Distribué à Bourg des Mahoganys, Duché de Sylva – Décembre 2015
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Quotidia, Journal généraliste de l'excellence a écrit : Victoria Cavali, 26 décembre 2015

Création du Comité anti-raciste velsnien (CAV): quand l'immigration s'organise à l'international


C'est une scène pour le moins insolite qui prend place dans une petite salle des fêtes de la capitale sylvoise. Autour d'une petite scène, un attroupement de quelques dizaines de personnes se rassemble, non sans avoir auparavant prit part à des rites qui ressemblent à ceux que l'on observerait lors de fêtes de quartier: dégustation de vins du pays et de charcuterie parfumée aux raisins et à l'échalote, embrassades et poignées de main fermes, discussions intenses et parfois, réconciliation de facade... Cela a l'air de rien, de notre point de vue de métropolitains d'Eurysie, mais la diaspora velsnienne à l'étranger s'organise. Quelques milliers à Teyla et en Alguarena, quelques centaines à Sylva...l'immigration velsnienne est certes peu nombreuse, mais elle agit bien souvent en communauté soudée, et toujours régie par certaines habitudes du pays, qui permettent sa cohésion. Mais pour quelle raison et à quelle fin s'organise t-elle ? C'est probablement Don Pietro Geonovese, affectueusement surnommé par ses proches "Donny main lourde", qui en parle le mieux.


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Pietro Genovese

Depuis bien trop longtemps, nous, velsniens de l'étranger, nous subissons toute une série de calomnies, de mauvais traitements et d'insultes. Je n'en veux pas nécessairement aux gens des pays dont nous avons élu domicile, ce n'est pas de leur faute. Mais ils ont été totalement ravagés par de la propagande savamment organisée par une bande de réactionnaires. Je voudrais simplement leur dire que toute cette haine est simplement le résultat d'une multitude de faits divers qui représentent nullement la majorité d'entre nous, ni la richesse de notre culture et de notre patrimoine. Moi qui vit à Sylva depuis presque dix ans, ma vie est devenue un enfer depuis cette affaire Toni Herdonia. C'est la même chose pour beaucoup de velsniens qui ont élu domicile dans ce pays. Vous savez quoi ? ça suffit ! Il est temps de remettre les pendules à l'heure, de faire valoir notre poids et notre voix en s’élevant contre ces attaques systématiqu....systémiques. C'est ce même genre de d'acte qui a coûté la vie au journaliste Pascal Tiago, en 2012 au Wanmiri, alors qu'il n'y faisait que son travail. Le racisme tue, et ce que nous faisons ici n'est pas une farce.

Il ne se passe pas un jour sans que l'on me traite de mafieux, que l'on m'associe aux sociétés de coraggiosi et que l'on me menace. Non, je ne fais pas partir d'une mafia, non, je n'ai jamais fait de fraude fiscale, non, je n'ai jamais participé au moindre coup d'état ou vengeance personnelle sur mon prochain. Est-ce que c'est bien clair pour tout le monde ? *air menaçant*



Homme naturellement enjoué dont la bonne humeur est presque contagieuse, Don Genovese reçoit une ovation bien méritée avant de daigner répondre à nos questions, non sans nous avoir adressé une chaleureuse bise.

Cavali: Je vous remercie d'avoir accepter de nous recevoir ici, monsieur Genovese...

Don Genovese: Je vous en prie, appelez moi juste "Don".

Cavali: Avant que nous évoquions le cœur de votre combat, pouvez vous m'en dire plus sur vous ? Quel est le profil type d'un immigré velsnien à Sylva ?

Don Genovese:
Bosseurs et respectueux, Victoria, bien évidemment. Nan...plus sérieusement, comme tous les velsniens qui sont partis à l'étranger, je n'ai pas commencé avec grand chose. Je suis originaire de la petite cité de Petite-Fortuna, pas loin d'Umbra. Et comme beaucoup de gens, j'ai voulu découvrir ce qu'était le rêve paltoterran: gagner mon argent à la sueur de mon front. Quand je suis arrivé, je n'avais rien, et désormais, je suis l'honnête propriétaire d'une entreprise de ramassage d'ordures, de trois boîtes de nuit, d'un casino et de plusieurs avoirs immobiliers, avec des affaires en Alguarena et à Sylva. Et pour raboter les fins de mois, j'ai récemment conclu une belle affaire dans l'agriculture traditionnelle avec des associés caribénos: parce que je considère le retour à la nature comme important, et de fait, l'agriculture durable et responsable. Je suis fier de dire que beaucoup de velsniens comme moi s'en sont bien sortis ici, avec honnêteté et intégrité. Et pourtant, aujourd'hui, on vient reprocher toutes sortes de choses horribles à mes semblables, sous prétexte que je partage la même nationalité que Toni Herdonia, ou Dino Scaela. On nous prend à partie au nom de quelques faits divers frauduleux. On se casse le cul à essayer de devenirs des sylvois respectables, et on nous rabaisse en permanence, on nous renvoie à des origines fantasmées, et ça...bah ça se fait pas.

Cavali: Et face à cette situation, quelles actions concrètes voudriez vous engager ? Sans compter que vous semblez avoir des moyens relativement limités...

Don Genovese: Déjà, augmenter notre présence dans le débat public, et mettre sur la table le sujet de l'immigration et son traitement à Sylva. Et ça, on y arrivera pas tout seuls: il faut sortir dans la rue, manifester sur place publique... Pour ce faire, nous avons mis en place un comité de coordination, et de bons amis à moi nous ont prêté une imprimerie pour les tracts. *L'intéressé montre à la caméra un prospectus mentionnant le slogan suivant "Ni mafieux ni fraudeurs.*

Pour ce qui est des moyens financiers, je pense que nos humbles affaires peuvent le financer. Et puis, j'ai mes réseaux...

Cavali: Eh bien je vous remercie de nous avoir acceuilli, et bon courage !

Don Genovese: Vous également ma belle.


Note: Les ventes de ce journal serviront à financer les action du C.A.V, pour la protection des intérêts de la diaspora velsnienne à l'étranger.


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Le petit baril

25/02/2016

L’offshore, le dernier sursaut d’une industrie pétrolière Sylvoise en fin de vie

De nos jours, le pétrole est omniprésent, on le retrouve dans la majorité des vêtements au travers des fibres synthétiques, dans le plastique de manière générale, pour nous déplacer avec les différents carburants. Mais cela serait oublier que le pétrole est plus vieux qu’on ne le pense, en effet, l’exploitation de manière industrielle débuta au début de la deuxième moitié du 19ème siècle, cela fait plus de 150 ans que nous exploitons cette ressource. Mais avec les années, on s’est aussi rendu compte que cette ressource, bien que fondamentalement incroyable, n’était pas infinie, des gisements sont découverts, mis en exploitation puis sont épuisés et le cycle recommence. Le cycle recommence donc, mais comme dit plus haut, le pétrole n’est pas infini. Étape 1, on exploite d’abord les gisements les plus faciles. Quand ceux-ci sont épuisés, on passe à l’étape 2 en forant plus profondément, puis on passe à l’étape 3 en s’intéressant aux ressources moins conventionnelles comme l’offshore, et enfin on passe à l’étape 4, en finissant par regarder les ressources pas du tout conventionnelles dont les sables bitumineux et les schistes en sont des représentants.

Cette situation, le duché de Sylva la vit actuellement. Le pays n’est pas ce qu’on pourrait considérer comme un pays pétrolier, ses réserves sont relativement faibles en comparaison des géants du secteur comme Rasken ou le Banairah. Les réserves actuelles de pétrole du duché s’établissent à 428 millions de barils et si l’on fait un agrégat des réserves et du pétrole déjà extrait, on monte péniblement à 1 milliard de barils. La production, elle, est en déclin depuis 2009, s’établissant cette année à 39 530 barils par jour, soit une réduction de quasiment 6 % par rapport au pic de 2009. Les perspectives de découverte sont quasiment nulles, ainsi, il n’est plus possible d’espérer une remontée de la production sylvoise. Cependant, si vous avez bien suivi la logique exposée plus haut, plus le temps avance, plus on cherche du pétrole difficile à exploiter. L’industrie pétrolière sylvoise débuta assez tardivement avec la découverte du premier gisement du pays en 1964. En 10 ans, le pays découvrit plus de la moitié de ses réserves, il était alors à l’étape 1. À partir de 1975, les découvertes furent rares et pendant 15 ans, quasiment aucune découverte ne fut faite. Puis le pays passa à l’étape 2 en forant plus profondément, cela se révéla un succès avec la découverte en 1990 du plus gros gisement du pays estimé à 350 millions de barils. Ce gisement aurait pu marquer un second âge d’or du pétrole dans le pays, cependant ce ne fut pas le cas et les découvertes repartirent en berne pendant 7 ans avec aucune découverte. Malgré les recherches intensives, pas un nouveau gisement ne fut découvert… jusqu’à un jour de 1997 où une découverte fut faite, estimée à… 80 millions de barils. À ce moment-là, les différents acteurs pétroliers ne purent qu’accepter ce qu’il se disait depuis quelques années, l’aventure pétrolière sylvoise était arrivée à son terme. Enfin cela est vrai pour l’étape 2, mais le pays dispose d’une large façade maritime possédant un certain potentiel, du moins c’est ce qu’il pensait. Après 4 ans de recherche : aucun gisement. 8 ans : pareil. 12 ans : même rengaine. C’est finalement en 2012, soit 15 ans après la dernière découverte, qu’un nouveau gisement fut découvert. Cette découverte de 2 milliards de barils est impressionnante pour le pays, car elle multiplia à l’époque les réserves du pays par 5. Ce gisement aurait pu relancer l’aventure pétrolière sylvoise, cependant il fit tout l’inverse, il stoppa définitivement tout nouveau projet pétrolier. Les experts étaient clairs à ce sujet : s’il a fallu 15 ans pour trouver ce gisement, alors les probabilités d’en trouver d’autres sont extrêmement faibles. Ce gisement offshore est donc très certainement le dernier de son pays, pouvant être considéré comme le dernier battement de cœur d’une industrie pétrolière sylvoise qui n’en a plus pour longtemps.

Mais concrètement, quel est l’impact de ce gisement sur le duché ? Actuellement, le pays consomme aux alentours du million de barils par jour, et au maximum, la production du gisement offshore atteindra les 100 000 barils par jour cette année et devrait encore augmenter dans les deux années à venir pour s’établir à 200 000 barils par jour. Ainsi, le gisement produira près d’un cinquième de la consommation du pays, renforçant sa résilience face aux importations. De plus, cette production de 0,2 million de barils par jour devrait pouvoir être maintenue pendant une dizaine d’années, soit jusqu’en 2028, avant de décliner, et le dernier puits devrait être fermé à l’horizon 2054.
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THE TANSKIAN TIMES

Järvi, 11/03/2014


INTERNATIONAL / Sylva

La Cour Fédérale demande au Parlement Provincial de cesser les taxes sur le sucre sylvois


Le jugement était attendu depuis bien des mois par les producteurs de sucre sylvois et tanskiens. Saisie par des procuteurs syvlois ainsi que des industriels agro-alimentaires tanskiens désireux de garder un cours du sucre faible, la Cour de Justice Provinciale de Järvi s'était déclarée incompétente en octobre 2015, laissant à la Cour Fédérale la liberté de statuer sur la question.

Après plusieurs semaines, c'est chose faite, et la Cour a donné raison aux plaignants. Estimant que l'importation du sucre sylvois n'opérait pas dans le même marché que le sucre tanskien produit localement, et donc qu'il s'agissait de deux produits différents étant utilisé sur deux marchés en cause, l'un lié à la consommation direct et l'autre à son utilisation par l'industrie agro-alimentaire, la Cour a estimé que les droits de douanes appliqués n'étaient pas justifiés et a donc demander leur annulation sous 30 jours.

Cette victoire a été jugée importante pour l'industrie agro-alimentaire tanskienne qui avait vu ses coûts de production augmenter avec la hausse des cours du sucre sylvois en Tanska. Du côté de la filière d'Etelämanner, les députés provinciaux estiment que la cause avait été porté au grand public et qu'ils avaient ainsi emporter là une grande victoire politique.

Le gouvernement de la Première ministre n'a toujours pas commenté l'affaire dans ce qui est resté, pour Norja, une simple affaire provinciale qui n'a aucunement affecté les relations entre Tanska et Sylva rappelait hier une ministre du gouvernement qui doit prochainement se rendre en visite en Sylva dans le cadre des échanges liés à l'industrie des semi-conducteurs.

Le Parlement provincial d'Etelämanner a déclaré ne pas faire appel de la décision de la Cour Fédérale de la République.
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Crime organisé: loin de Velsna, la société des corragiosi se partage le monde

(lire le post "Mon nom est Michele", dans les activités internes de Velsna pour apprendre à connaître le personnage-point de vue plus en profondeur)



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Teyla. Qu'est-ce qu'on allait bien faire à Teyla, c'est bien moi qui vous le dit. Je me souviens de ce jour là, où le vieux Sal Alvarino, notre boss, nous a tendu des billets de ferry pour se rendre quelques jours plus tard de l'autre côté de la baie, dans la petite ville portuaire de Sainte-de-Tour. Pour y faire quoi ? Même en étant l'un de ses soldato, il avait refusé de me le dire. Tout ce qu'on nous demandait était de nous taire, de veiller à la sécurité de Sal comme son ombre, et de la boucler sur tout ce qui allait se passer là-bas. D'ordinaire, le genre de boulot qui débute comme ça, je sais comment ils vont finir...mais cela m'étonnait tout de même que l'on m'envoie enterrer des cadavres en territoire teylais, où les flics étaient pas dans notre poche alors que je pouvais le faire plus facilement au pays. Mais rapidement, j'ai compris que ce job là n'avait rien d'ordinaire. Déjà, on m'a demandé de me mettre dans mes plus beaux atours: je devais me faire plus beau qu'au mariage de ma frangine, ordre express du patron. C'est pas ordinaire comme instructions ça... Alors j'ai vite fait le raisonnement: de la représentation dans un endroit cossu, et avec des gens beaucoup plus importants que moi. Pas manqué, parce que sans le savoir, j'ai sans doute assister à l'un des évènements les plus importants de l'Histoire de la mafia des corragiosi velsniens, quelque chose qui ne se reproduirait plus avant des décennies.

A Sainte-la-Dune, ce n'était pas seulement notre bande, avec le vieux Sal à notre tête qui s'est réunie, mais il y avait convoqué de manière exceptionnelle les plus grandes pointures du milieu, amis comme ennemis, dans un hôtel-casino flambant neuf qu'il avait entièrement fait privatisé, sous un prête nom bien entendu. Les don s'étaient réservés une salle de conférence, une vingtaine de marioles réunis autour d'une jolie table: d'ordinaire on avait plus l'habitude de se tirer dessus dans les ruelles de Velsna. Les corragiosi, c'est un petit milieu, et tout le monde se connait. La partie la plus pénible de mon travail consistait à rester poli et respectueux avec des don qui jusque là avaient été en guerre avec notre clan.

Ces noms là, on les croisait tellement que je les retenait comme si ils étaient de ma famille, surnoms inclus: Il y avait Antonio Stamos, dit "le gros lard" et Franckie "beau" Carbone, qui étaient à la tête de la bande de corragiosi d'Achosie du Nord, ensuite, en face de lui mon, boss Sal Alvarino et moi, on s'était assis en plus milieu, parce que mon vieux don à sa fierté et qu'il pense être plus puissant que tous les autres, et notre territoire comprenait une partie de la capitale. A côté on retrouvait Freddo "le fortunéen", qui dominait les affaires en Leucytalée, et parce que son accent laissait paraître à des kilomètres l'endroit d'où il venait. Il était accompagné se don homme de main, Salvatore, dit "la bête", un type comme rarement j'en ai vu des aussi grands et avec des mains aussi larges. Et en bout de table on avait les corragiosi qui s'étaient installés à Sylva, avec Francese Spoletto et Pietro Genovese, alias "joli cœur". Genovese, on peut dire que c'était un sacré: c'est lui qui a fondé le comité anti-raciste velsnien, très actif auprès des diasporas velsniennes à l'étranger qui nous servent de relais, et qui lui sert de couverture pour ses activités chez les paltoterrans. Bref, vous voyez le dessin: ici, tout le monde se connait, et personne n'est avare quand ils s'agit de raconter ses exploits une fois la première bouteille de vin vidée, ce qui vaut la plupart de ces sobriquets.

Mais il y a un problème: on est comme qui dirait, une famille dysfonctionnelle. On se tire dans les pattes, et il suffit souvent qu'un don ayant un eu trop le sang chaud en ait marre pour finir par se tirer dessus. Depuis la nuit des temps, les corragiosi, les hommes d'honneur, paraissaient incapables de se s'empêcher de s'entretuer pour tel ou tel territoire. Chaque point de deal est une source de revenus, et le moindre troquet le plus minable à racketter est une excuse pour une nouvelle guerre intestine. La vérité, c'est qu'aucun d'entre nous est capable de tenir en place, et le problème avec la guerre, c'est qu'elle est mauvaise pour les affaires. Mais disons que mon boss, Sal, a le génie pour sentir le coup venir. Il m'avait dit quelques semaines avant cette rencontre que quelque chose se préparait et qui allait tout changer pour nous, comme quoi nous serions devenus tellement riches d'ici la fin de l'année que nous pourrions bientôt oublier toutes nos querelles inutiles. Pas crédule pour un sou, je lui avais juste répondu que ce jour arriverait quand les poules auraient des dents. Mais preuve en est que j'avais encore une fois sous-estimé le bonhomme.

D'entrée de jeu, une fois que tout le monde avait daigné prendre sa place, il a prit la parole le premier, comme un seigneur du haut de sa montagne qui prenait tout le monde de haut, comme si il avait déjà les cartes gagnantes dans sa manche. Il s'est mis à leur parler de l'ouverture du marché caribéno, comme quoi ces types produisaient assez de poudre blanche pour nous rendre riches jusqu'à la fin du siècle, que s'investir dans ce marché et irriguer les consommateurs eurysiens était l'avenir, et que nous ne pouvions pas passer à côté de ça. Car les caribéno étaient certes de grands producteurs de coca, mais lleur problème était qu'il fallait bien trouver des intermédiaires pour amener toute cette came sous le nez des consommateurs. C'était là qu'il y avait un créneau, c'était là qu'il fallait frapper avant de se faire doubler par d'autres bandes. Et pour finir, il répété une sorte de mantra, et qui restera gravée dans ma mémoire jusqu'à la fin de ma vie: "Sous l'ombrelle, il y a de la place pour nous tous.". Sous-entendu que toutes les bandes de corragiosi du pays et à l'étranger allaient avoir leur part, qu'aucun d'entre nous ne serait oublié et que c'était la seule et unique raison de notre présence ici, ensemble. Se partager le monde: voilà ce qui était au programme de cette réunion.

D'ordinaire, ce genre de discours aurait été acceuilli par la moquerie, ou par l'énervement. D'habitude, aucun don n'accepterait de se voir dicter sa loi par un autre, surtout que mon boss n'avait pas que des amis ici présent. Je me rappelle avoir eu peur l'espace de quelques instants, la main droite posée sur la crosse de mon flingue me démangeait. Mais au contraire, et ma grande surprise, les autres don ont paru intéressés. De l'argent facile, quoi de mieux après tout... mais immédiatement après avoir retenu leur attention, Alvarino enchaîna, et leur dit que la réception d'une telle manne financière nécessitait un degré d'organisation meilleur que tout ce que nous avions connu jusque là. Les sociétés de corragiosi avant cela n'avaient jamais connu de forme quelconque de stabilité: les clans apparaissaient et disparaissaient au gré des chefs et des guerres de rue. Les bandes existaient par dizaines, et la multiplicité des acteurs augmentait mécaniquement ces conflits fratricides. Alors, après avoir achevé de dire ces quatre vérités aux autres don, mon boss se leva de sa chaise, et solennel, leur dit qu'à compter d'aujourd'hui, il proposait que toutes les sociétés de corragiosi s'unissent dans le cadre de cinq grandes familles: une famille par territoire, et qui aurait une place bien précise dans la circulation des flux de drogue paltoterranne qui était sur le point de nous inonder.

Alvarino décrivait ainsi la place de chacun dans la grande organisation à venir, qu'il appela "La commission", et qui devrait se réunir les cinq familles à chaque fois que le besoin s'en ferait ressentir:
- La Famille Genovese, regroupée autour de Pietro Genovese. Eux, c'était le début de la chaîne. On leur avait donné le territoire du Paltoterra, déjà parce qu'ils avaient leurs réseaux là bas avec les velsniens installés à Sylva, une clientèle déjà établie, et qu'ils avaient des amis importants au Kah et chez les Caribeno. Ce serait les seuls qui seraient directement en contact avec nos vendeurs, et leurs relations sur les docks sylvois pourraient permettre de faire passer plus facilement de la marchandise en espace onédien, et de manière plus générale, dans toute l'Eurysie.
- La famille Carbone. Eux, ils se complétaient parfaitement avec les Genovese, étant donné que leurs activités au sein des sociétés écran comme le Groupe Laurenti Alfonso, étaient autant de débouchés clandestins où acheminer la marchandise dans plusieurs pays. Teyla, Tanska, Karty, Manche Silice, Fortuna... autant d'endroits dans lesquels ils sont présents.
- La Famille Di Luca: Les Di Luca étaient chargés d'unifier toutes les bandes de corragiosi au des diasporas des pays eurysiens. Ils étaient les meilleurs dans le domaine du racket de l'extorsion auprès de la diaspora. Naturellement, leurs contacts allaient faire d'eux les principaux distributeurs de la marchandise, et la répartir entre les petits vendeurs locaux.
- La Famille Colombo: Eux c'était un peu nos jokers si jamais la tracé "commercial" ordinaire était compromis ou saturé. Ils avaient beaucoup de relations avec le milieu politique fortunéen, et si besoin, ils avaient les moyens de faire voyager la marchandise sur des cargos de marchandise de Fortuna et de Manche Silice.
- La Famille Alvarino: La nôtre pour finir. Nous, on était en bout de chaîne. Notre boulot était de graisser la patte au milieu politique velsnien pour se les mettre dans la poche. C'est avec nous que la plupart des politiciens étaient en contact, et si un membre d'une des autres familles avait des problèmes, c'est avec nous qu'il fallait voir pour le sortir de la merde. Cette position était confortable: à aucun moment on approchait de près ou de loin la marchandise, tout en touchant des revenus dessus.

Pour finir, on s'est tous mis d'accord sur certaines règles élementaires. En aucun cas ou aucune circonstance il ne davait être permis à une famille de prendre l'ascendant sur lui. Il n'y aurait pas de chef ici, simplement une direction collégiale qui discuterait des litiges possibles entre nous et des redécoupages de territoires. Les nouvelles règles impliquaient aussi le respect de l'autonomie et du territoire de chaque groupe local, la recherche de la collaboration plutôt que de l'affrontement: un mantra qui nous a suivi durant toute la réunion. Désormais, les coups fourrés, c'était fini...du moins en l'absence de l’approbation d'une majorité de la commission. Seule cette organisation avait désormais le droit de vie et de mort sur un corragiosi, et inutile de dire qu'il était malvenu de désobéir aux règles. La commission devait permettre, en dehors de ce trafic de drogue juteux, de « réguler » collégialement les autres activités lucratives de sorte à ne pas se marcher sur les pieds: jeu, trafic, prostitution, racket... tous les tarifs étaient désormais unifiés et systématiquement alignés pour ne pas se faire la guerre, un peu comme pendant ces réunions de groupes industriels qui décidaient d'un "marché de gentlemen". Une autre grande victoire de mon boss fut de décider de la création d'un système de fonds communs destiné à payer des pots-de-vin aux autorités et à financer les investissements spéciaux.

Notre organisation était comme une machine, très sophistiquée, et qui nécessitait de l'entretien constant, et des outils très pointus. On s'était déjà armés d'un véritable arsenal juridique et technique: notre comission nommait des représentants chargés de certains secteur d'activités, comme dans une vraie entreprise légale de chez légale. Nous avions un préposé à la prostitution, un autre pour les jeux d'argent et de hasard, tandis que le consigliere de notre famille avait hérité de la position de "contrôleur des relations publiques", sous entendu celui qui avait la main sur la caisse de pots de vins et qui étaot chargé de graisser la patte des politiciens. Enfin, pour les tâches les moins reluisantes, nous avions mis en place une branche chargée de l'exécution, après délibération des différents boss, des membres du crime organisé coupables de manquements ou considérés comme non fiables.

Au bout de quelques bouteilles est venu le temps des décisions plus difficiles à faire. Les boss ont très longuement discuté: au sujet du possible refus de certains corragiosi de se joindre à la nouvelle organisation. Sur cette question, les ordres ont été des plus clairs: la valise de billets ou le cercueil, "soit vous êtes avec nous et vous touchez votre part, soit vous êtes morts.". Mais nul doute que sur la question de la drogue, que nous allions avoir de la concurrence et ça, les don y ont pensé. Les wanmiriens étaient déjà sur le coup à Teyla: aussi, il fallait les éliminer le plus rapidement et le plus brutalement possible. L'heure était venue de poser nos sales pattes dans les affaires de tout le monde, et de profiter un peu de cet afflux de poudre...
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