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Sources primaires et littérature classique velsnienne - Page 4

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La fin du servage pour dettes (1524)
Texte de Fabio Marinelli


En 1524, une vingtaine d'années après la fin de la guerre servile qui avait vu le soulèvement général des serfs endettés, et tout danger de sédition désormais écarté de la part de cette immense classe sociale, les patriciens velsniens commencèrent à faire peser leur puissance sur le peuple qui ne tarda pas à se révolter à nouveau. Les dettes furent la première cause de querelles entre l'aristocratie foncière et cette population, qui par endroit, comptait pour 60 à 70% des habitants de certaines cités. Dans un Etat agricole et peu étendu comme l'était Velsna à cette période, les guerres continuelles qu'il fallait soutenir contre les voisins étaient particulièrement désastreuses pour les petits cultivateurs . En peu de temps, bon nombre d'entre eux devinrent débiteurs des riches qui prêtaient à des taux usuraires. Le système ancien était sans pitié pour le débiteur: s'il n'arrivait pas à payer ses dettes, après avoir épuisé toutes les autres garanties, il se voyait forcé d'engager sa propre personne en tant que serf pour dettes. Le créancier avait alors tous les droits sur sa personne, excepté sa vente en esclavage, qui était strictement interdit par les lois fortunéennes. Ses enfants partageaient son sort, et ses dettes étaients transmissibles. En 1524, il se produisit sur la place San Stefano de Velsna un événement qui déchaîna la colère et la rancoeur populaires contre les créanciers. Le texte suivant, comme beaucoup d'autres de cette période, demeure incomplet.

(...) Mais tandis que la guerre contre les zélanndien était une nouvelle fois imminente imminente, la cité, livrée à ses propres discordes, brûlait d'une haine intérieure entre patriciens et populace, causée principalement par les serfs pour dettes. Les pauvres s'indignaient à la pensée que, pendant qu'ils combattaient à l'extérieur pour la liberté et la maîtrise de l'univers par les velsniens, ils étaient emprisonnés, opprimés dans leurs propres foyers par leurs concitoyens, et que la liberté des classes censitaires les plus basses était mieux assurée en temps de guerre qu'en temps de paix, au milieu des ennemis qu'au milieu des citoyens. Ce sentiment de colère, qui se développait de lui-même, fut porté à son comble par le malheur insigne d'un seul individu. Un vieillard, portant les marques de tous ses malheurs, s'élança sur le forum. Ses vêtements étaient couverts de crasse, plus affreux encore était l'aspect de son corps, dégradé par la pâleur et la maigreur. En outre sa barbe et ses cheveux longs donnaient à son visage un air farouche. On le reconnaissait pourtant, malgré une telle disgrâce. On disait qu'il avait été un grand laticlave lors de la révolte de MacAndrew, et tout en le plaignant, on vantait dans la foule ses autres brillants états de service. Quant à lui, il montrait les cicatrices qu'il avait reçues en pleine poitrine, témoins des combats livrés avec honneur en maints endroits. Il avait ainsi la mauvaise trace des arquebuses partout sur le corps.

La foule lui demanda d'où venait son aspect misérable, tandis qu'elle s'était massée autour de lui presque à la manière d'une assemblée publique. Il répondit que, pendant qu'il combattait dans la révolte des achosiens, à cause des pillages, non seulement il n'avait pas eu de récoltes, mais en outre sa ferme avait été incendiée, tous ses biens détruits, ses troupeaux volés, un impôt de guerre exigé à un moment bien mal choisi pour lui. Aussi avait-il contracté des dettes. Celles-ci, grossies des intérêts, l'avaient obligé à se dépouiller du champ que lui avaient légué son père et son grand-père, puis de ses autres biens. Ensuite, comme une maladie contagieuse, elles avaient gagné son corps, son créancier l'avait emmené non en servage, mais au cachot et à la chambre de torture. Et là-dessus de montrer son dos rendu affreux par les traces toutes fraîches des coups de fouet. A cette vue, à ces paroles, un cri immense s'élève. L'agitation ne se limite plus au forum mais gagne tous les coins de la ville entière. Les serfs pour dettes, avec ou sans leurs chaînes, se précipitent de partout dans la rue, implorant la protection de San Stefano, sur le parvis de la basilique. Cette affaire eut provoquée grand émoi, qui fut aggrandie encore par les mécontentements de plus en plus nombreux dont le servage pour dettes était responsable.

Cette année-là fut pour la populace velsnienne comme le début d'une ère nouvelle de liberté grâce à la disparition des serfs pour dettes. Le droit fut modifié à cause à la fois de la passion et de la cruauté extraordinaire d'un unique créancier. Un cas particulièrement poignant fut noté par le peuple, et il s'agissait là d'un certain Sylvio Pedretti, qui avait livré sa propre personne en gage en raison des dettes de son père. La jeunesse et la beauté du garçon, qui auraient pu susciter sa pitié, ne firent qu'enflammer en son coeur un désir honteux. Ayant pensé que le jeune homme, en pleine fleur de l'âge, constituait un bénéfice inattendu de sa créance, son débiteur chercha tout d'abord à le séduire par des propos indécents. Puis, comme l'adolescent repoussait cet outrage, il l'effraya par des menaces et, à diverses reprises, se mit à lui rappeler son sort. Enfin, voyant qu'il se rappelait davantage sa condition d'homme libre que sa situation présente, il le fit dépouiller de ses vêtements et ordonna d'apporter des verges.

Déchiré par ces verges, le jeune homme se précipita dehors, accusant à grands cris la passion et la cruauté de son créancier. Une foule de gens, qu'enflammaient non seulement la compassion pour son jeune âge et le traitement odieux et indigne dont il avait été l'objet, mais aussi la considération de leur propre condition et de celle de leurs enfants, accourent en masse vers la place San Stefano et de là, en rangs serrés, se dirigent vers le Palais des Patrices. Les sénateurs, forcés par cette agitation soudaine, convoquent ces excellences et, à l'entrée des sénateurs dans la chambre, on leur montre avec insistance, en se jetant aux pieds de chacun d'eux, le dos lacéré du jeune homme. On rompit ce jour-là, en raison de l'outrage immodéré d'un seul homme un lien puissant du crédit, et les sénateurs reçurent l'ordre de proposer au peuple que nul, mis à part les criminels pendant la durée de leur peine, ne pourrait être maintenu dans les fers ou en prison. Une dette ne serait cautionnée que par les biens du débiteur, non par sa personne. C'est ainsi que furent délivrés les esclaves pour dettes, et l'on veilla pour l'avenir à ce qu'il n'y en eût plus d'autres. (...)
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Philosophie
Période velsnienne classique

La cité velsnienne idéale: dialogue teylais
Giovanni Cesari (1312)



Un jour, un teylais est venu me voir. Il me dit faire un long chemin pour me voir, afin de me quérir de quelque problème et paradoxe de son monde. Pensant que je serais de bon conseil, mais sans doute bien davantage pour piéger l'homme libre que je suis, il me pose ainsi sa question:
«  Excellence Cesarini. Toi qui est sénateur de ta cité, toi qui connaît les affres de la politique, toi qui sait à quel point faire le bien est plus difficile qu'en énoncer son contenu. Dis moi donc quel serait le gouvernement idéal selon toi ! »

Alors je me penche vers lui, et je lui fis remarquer qu'il prenait pas cette question par le bon côté. Qu'avant même de lui dire ce qu'était le bon gouvernement, je devais lui dire ce qu'était un gouvernement, ou même ce qu'était la politique. Je pose alors ma main sur son épaule, et lève le doigt vers le ciel :

Je ne pense pas qu'il de bien et de mal, de bonne ou de mauvais situation dans la politique. Il y a ceux, qui préfèrent bâtir un système politique idéal et théorique, et ceux qui se fondent sur l’expérience, l'approche réaliste et descriptive. Il est beau d'imaginer le paradis, il est plus difficile de le mettre en branle lorsque l'on ignore les tenants et les aboutissants, en partant du néant et sans connaître les choses du monde qui pourraient nous y diriger.

Vois tu: toutes les associations sont formées dans le but de parvenir au bien sont de l'ordre de la politique. La question du gouvernement idéal a autant de sens qu'elle ne se présente dans la variété d ses situations. Les teylais ont les royaumes, les velsniens ont trouvé la cité, qui est l’association la plus commune de notre monde, contenant toutes les autres associations: c'est un rassemblement de familles, de cellules et d'associations. Encore une fois, les teylais ont encadré cela par l'hérédité, les velsniens par la cité. Dans les deux cas, la cité doit viser le plus grand bien du corps qui la compose. Ainsi, nous ne pouvons atteindre la vie bonne qu’en vivant dans une cité, à contrario des achosiens vivant seulement avec le cadre naturel, presque nus. Ainsi donc, avant même de définir le bon gouvernement, il faut en définir le cadre: celui des relations qui définissent la cité.

A ce « qu'est une cité », je té répondrais, moi, Giovanni Cesari, qu'il s'agit d'un cadre qui s'impose à nous de la plus naturelle des façons, si tant est qu'une société civilisée en perçoit le bon usage. Comme Velsna l'a été un temps, une cité est constituée de plusieurs villages vivant en autonomie et en indépendance, qui permet aux gens de mener une vie jugée heureuse par ceux qui en sont à leur tête. Donc toute cité est une construction naturelle puisqu’elle procède de villages qui le sont aussi. C'est là simplement un niveau supérieur de construction politique que la simple communauté, qui nous éloigne de la sauvagerie. Sur ce point là, Teyla et Velsna sont toutes deux des cités, car toutes deux ont été constituées par des individus vivant auparavant dans des entités plus modestes, et de leur propre chef. Enfin, pour toi qui accorde tant d'importance à te distinguer du reste de l'univers et te dire teylais, sache que je ne considère pas que la cité est liée à un lieu ou à un point donné. Il ne s'agit pas d'un ancrage territorial, mais si je vais t'expliquer plus tard que l'indépendance et l'autarcie qui caractérise toute cité libre se doit d'en posséder un. Car oui, la bonne cité est la communauté de la vie heureuse, dont la fin est une vie parfaite et autarcique, libérée de la contrainte extérieure. A ce titre, tu comprendras toute l'importance que mes compatriotes accordent à l'exercice de leur propre voix.

Enfin, à ce qu'est une bonne cité en son sein, je pense qu'il est toujours bon d'établir une distinction entre les individus qui la compose, car il ne peut y avoir d'égalité lorsque chacun y a une tâche différente. Il existe en effet une distinction entre les gens de la cité. Dans la bonne cité, il y a les gens très aisés, les gens très modestes et en troisième lieu les gens intermédiaires.Je ne connais point de cités qui ne compte rien que l'une ou deux de ces catégories, du moins parmi celles qui sont sorties de la sauvagerie. La meilleure communauté politique qui existe est celle constituée par des individus de ces trois conditions, car plus ils permettent d’empêcher les excès. Si la part des modestes est prépondérante alors on tombe dans la tyrannie des plus nombreux. A l'inverse, si il n'y a que des hommes et des femmes nobles, qui fera donc les labeurs qui nécessitent davantage la force des bras que celle de l'esprit. La bonne cité est celle de la propriété privée, qui est assez tempérée pour ne pas paradoxalement étouffer la propriété privée.

A cette configuration idéale, je dis qu'une cité est nécessairement celle qui est formée d’un nombre de gens qui ont le nombre minimum pour atteindre l’autarcie en vue de la vie heureuse qui convient à la communauté politique. Dès lors, il est évident que la meilleure limite pour une cité, c’est le nombre maximum de citoyens propre à assurer une vie autarcique et qu’on peut saisir d’un seul coup d’œil. L'indépendance s’acquiert avant tout par le nombre, il va sans dire. Dans la même optique, la cité parfaite se doit d’avoir un terrain difficile à envahir par les ennemis mais facile à évacuer par ses habitants. Ce même territoire doit être le plus autarcique possible mais permettre une vie de loisirs, et se satisfaire d'assez de commerce pour compenser ses quelques lacunes. Aussi, je ne peux concevoir de cité idéale et véritablement libre sans tous ces critères.

A cela j'ajoute que l'unité fondamentale de la cité est le citoyen. Un citoyen est celui qui habite la cité. Mais je te mets en garde sur cette définition, qui ne peut pas être aussi simple car l'étranger y habite aussi sans être citoyen. Ainsi le citoyen est défini par la possibilité de la fonction judiciaire et la magistrature. Le citoyen est un fils de citoyen, ou il lui a été octroyé la citoyenneté sur la base du mérite extraordinaire. On peut être citoyen de façon juste ou injuste. Cependant il ne faut pas remettre en cause la qualité du citoyen admis de façon non juste. Ainsi, sur cette base, je dirai que le pouvoir politique, c’est de gouverner des gens du même genre que soi, c'est-à-dire des hommes libres. Ainsi il existe la vertu de commandement et la vertu d’obéissance chez les hommes libres.

A cela, je pense que le citoyen doit être encadré par des textes et des lois qui va dépendre du type de citoyen qu’il y a dans la cité. Il n’existe pas pour moi, de constitution idéale, teylais, car comme je l'ai dit, toutes les situations ont des solutions différentes. Je te prends l'exemple de ma cité, Velsna, qui n'a pas toujours eu la forme qu'on lui connaît. Avant la République, il y eut des patrices qui se comportaient en monarques. Non pas que la monarchie en soi est une chose fort mauvaise, car aucun régime n'est naturellement porté vers le mal, mais la royauté en revanche, est caractéristique de sociétés où il est rare de trouver des hommes supérieurs en vertu, assez supérieurs et libres pour remettre en cause un droit primitif à l'hérédité. En ce sens, la royauté teylaise n'est pas tant moins bonne que la République de nos sénateurs, mais il convient mieux à des sujets qu'à des hommes libres. Velsna a changé sa manière de gouverner par le développement de la vertu civique d'un plus grand nombre d'individus.

Ainsi donc, il existe autant de gouvernements idéaux que de situations, des gouvernements qui peuvent être toutefois pervertis dans tous les cas. Et je me fais l'honneur de t'en définir la liste. Laisse moi enquêter sur les lois qui définissent tous les régimes, qu'ils soient réels ou bien théoriques. En tout point il faut préférer la souveraineté de la loi à celle d'un des citoyens, car de là naît le droit. Savoir si une bonne cité est unie est une bonne question, car instinctivement, n'importe qui dirait que c'est là une bonne chose. Toutefois, il est manifeste que si elle avance trop sur la voie de l’unité, une cité n’en sera plus une, car la cité a dans la nature d’être une certaine sorte de multiplicité, et d'exprimer les opinions de ses citoyens. A mon opinion, il doit exister un lien entre la liberté, la propriété et l’intérêt du bien commun, qui se doit d'être représenté par les assemblées représentatives des corps civiques, tel un Sénat composé des meilleurs et des plus vertueux de nos citoyens.

A ceux qui me diraient que la richesse et les déséquilibres que la prospérité de certains implique, je penserai que ce sont les désirs davantage que la fortune qu’il convient de juguler, et cela passera par la loi, supérieure à tous les hommes. Cette recherche de la vertu citoyenne doit se faire par celle du régime qui sera le plus approprié pour ta cité, teylais. La liberté ne s'obtient pas dans l'idéalisme au sens philosophique du terme, mais par l'observation empirique de la situation dans laquelle tu te trouves. Il existe plusieurs formes de nations: celles qui visent l’avantage commun, les constitutions que je considère vertueuses selon ta situation, et celles au contraire qui ne visent que l’intérêt d'un groupe précis, qui sont des constitutions déviantes qui mèneront ton pays à la ruine.
Ainsi, à ta question de la recherche du meilleur des gouvernements, je te réponds que chacun d'entre eux a un mieux, vers lequel il faut tendre, et un pire, qu'il convient d'éviter, et que chaque régime idéal porte en lui des mécanismes qui peuvent le faire sombrer. Il existe une tension constante entre le pouvoir désintéressé, et le pouvoir égoïste.

En premier lieu, il y a le pouvoir d'un seul, tel que tu le connais en ta patrie, le pouvoir de la royauté et de l'hérédité, et dont le pendant égoïste est la tyrannie. Je puis te confier mon admiration, teylais, de la façon dont vous autres avez à vous reposer sur un individu que vous nommez « roi ». Dans l'absolu, le pouvoir d'un seul est la forme la plus pure et la plus parfaite des gouvernements...mais sa gouvernance exige de telles qualités que même Dame Fortune ne peut les concevoir. Un telle personne, sur laquelle repose autant de choses, celle-là nécessité d'être dotée d'une telle vertu, tant et si bien qu'elle doive se rapproche plus d'un dieu que de l'Homme pour être bonne. Aussi, conviens-en que confier le pouvoir à un un roi n'est aucunement une bonne chose, sauf si celui-ci sait tendre l'oreille en direction d'hommes vertueux. Il faut donner le pouvoir en fonction des compétences et non pas en fonction de la naissance, et je vois en cette solution des conseillers vertueux la seule viabilité du royaume dans lequel tu vis. Car oui, la royauté exige plus que tout autre ce rôle de législateur, car naître roi ne fait pas de soi un homme de loi. Le législateur est le maillon le plus fort de la cité, et il est comme un artisan. Comme eux, il crée, utilise et réforme quand c'est nécessaire le système légal. Mais ses opérations sont plus difficiles à réaliser par des hommes de bien lorsque le seul homme au pouvoir est lui-même imparfait.

A contrario, les gens de la patrie des apaméens, dont j'ignore si tu as étudié leurs coutumes, vivent dans un monde qui est totalement renversé par rapport au tien. Eux, vénèrent la solution du plus nombreux, et voient en celle-là la meilleure de toutes les constitutions. Là encore, il existe la bonne et la mauvaise démocratie, selon les peuples auprès de qui on l'applique. Il va de soi que pour les gens de la noble cité d'Apamée, cette solution s'impose, compte tenu de l'implication de ses gens, dont les vertus sont par endroits plus grandes que celles de ma propre patrie. Mais en revanche, je ne pense pas que des achosiens réglant chacun de leurs problèmes avec des massues ne soient de la trempe idéale pour en appliquer les principes, et par extension chez tous ceux qui aspirent à faire régner le régime du plus fort. Outre cela, la démocratie, elle aussi, peut dégénérer vers sa forme égoïste, et devenir un régime de la clientèle et de la médiocrité. L'égalité du droit, en effet, peut conduire à une valorisation de la médiocrité en tant que moyenne, et faire triompher l'envie et la jalousie au dépens du talent personnel et individuel. Si je dois reprendre l'exemple de la cité d'Apamée, il existe une mesure permettant de procéder à l’ostracisme de ses citoyens les plus à même de représenter une menace pour la cité. Cependant, cette loi vertueuse est devenue un outil de l’égoïsme, dans le sens où elle sert désormais de moyen facile à l'exil de citoyens sous couvert de l'envie, et n'est rien de plus désormais qu'une arme politique aux mains d'hommes peu vertueux. Si même des hommes de la cité si noble d'Apamée ne peuvent entretenir la vertu de la démocratie, je te pose la question, teylais, de savoir qui en ce monde est en mesure de le faire. Les démocraties changent principalement du fait de l’audace des démagogues, qui lorsqu'ils évoluent dans un cadre médiocre, peuvent fournir les plus grands tyrans. Il ne fait nul secret que la plupart d'entre eux sont sortis de ce moule par le passé, du moins en ma patrie.

A ces deux régimes, il nous reste celui de l'aristocratie, qui diffère en plusieurs points des gouvernements d'un seul, et de ceux de tous. Celui du grand nombre tempéré par la raison du petit nombre: une République dominée par l'aristocratie, sous le régime des meilleurs. Comme un régime où émergent des individus supérieurs, aptes à exercer le pouvoir, je soutiens que l'aristocratie est le gouvernement de tous les hommes de bien, lorsque ceux ci sont majoritaires, à défaut de quoi, et comme tous les régimes, l'aristocratie vertueuse peut devenir une oligarchie déviante, tout comme la démocratie peut devenir médiocrité et comme la monarchie peut devenir tyrannie. Cependant, je ne puis m'empêcher de penser que la déviance de l'aristocratie sera toujours moins dangereuse que celle de la monarchie ou de la démocratie, dans le sens où le pouvoir y est divisé, entre le grand et le petit nombre, et qu'il s'agit du régime que les démagogues ont le plus grand mal à renverser. Ils furent nombreux à Velsna, il n'y eu pas un pour réussir, car l'aristocratie est inébranlable lorsqu'elle s'appuie sur le tradition et l'ancienneté. Quant au peuple, ce n’est pas tant d’être écartés du pouvoir qui irrite la majorité des gens, au contraire, ils sont contents si on leur permet de s’occuper à loisir de leurs affaires personnelles, que de penser que les magistrats pillent le bien public. Bien entendu, l'aristocratie elle même reste corruptible: la corruption extrême est atteinte lorsque la classe dirigeante devient héréditaire, là, l’aristocratie se transforme en oligarchie, puis en monarchie. N’ayant plus besoin de l'approbation des gouvernés, la noblesse héréditaire ne gouverne plus en vue de l’intérêt commun, et les nobles ne peuvent plus guère avoir de modération, qui est la plus grande vertu du régime aristocratique. C'est en veillant à ce que l'aristocratie ne devienne pas héréditaire notre patrie a produit de très bonnes lois afin de maintenir la modération des ses gens, et j'estime qu'il s'agit là de la meilleure forme de gouvernement, car c'est celle qui s'éloigne le plus de l'arbitraire.
Naturellement, tous ces gouvernements ne peuvent pas se diriger vers la vertu sans l'éthique, avec qui la politique a en commun la recherche du bien.. Pour bâtir une cité solide sur ses fondations, il faut non seulement de la justice mais aussi quelque chose de plus, à savoir l'amitié. Celle-ci permet de dépasser la notion de juste milieu et renforce l'idée de justice. Cette justice, dans la reconnaissance des torts de chacun, dans son usage avec modération, se rapproche davantage de l'idéal de l'aristocratie que de tout autre chose. Comme toutes les vertus morales, la justice vise la mesure, le juste milieu. Mais, elle a aussi un autre sens et sert à qualifier nos rapports avec nos semblables et dans ce sens à un lien avec l'amitié. Elle est donc la vertu complète qui nous fait rechercher à la fois notre bien et celui d'autrui. En pratique, il est utile qu'elle soit soutenue par des lois qui diront le juste et l'injuste. La justice est d'abord une vertu éthique de sorte qu'elle sert de norme à la loi, plutôt que la loi elle même.

Enfin, et pour toute chose, je finirai dans ma démonstration de la cité idéale que celle-ci repose sur cinq principes : en premier lieu, les hommes ont une fonction naturelle, une tâche spécifique qu'il s'agit d'accepter pour embrasser son rôle dans la cité. Deuxièmement, la cité doit aspirer au principe de perfection, car le bien ultime, le bonheur des êtres humains consiste dans la perfection, dans la pleine réalisation de notre fonction naturelle. Ensuite, la cité doit remplir le principe de communauté, dont la forme la plus parfaite est celle de la cité-état : entité ni trop grande, ni trop exiguë, et qui correspond à la nature de l'homme et permet d'atteindre la vie bonne. Va ensuite le principe de gouvernement sous la loi placée sous le règne de la raison. Et enfin, ce même principe de la règle de raison qui doit justifier chacune de nos actes. Nous sommes tous habités par l’irrationalité, mais la gouvernance terrestre nous oblige à nous conformer, non pas par la passion, mais par la raison, quitte à devoir refouler nos passions éphémères et l'idéal inatteignable.

Pour finir et dans mon opinion, la cité bonne et juste n'a ni vocation comme le croient les oligarques à maximiser leur richesse ni, comme le croient les pauvres qui plaident pour la démocratie, à promouvoir l'égalité. Son but n'est en rien la liberté non plus, mais est de rendre possible une vie bonne faite d'actions nobles et vertueuses. La moins mauvaise constitution, en ce sens est celle où le pouvoir est contrôlé par un groupe d'hommes éduqués, comme peut l'être l'aristocratie, car n'étant ni seuls au pouvoir, ni pauvres, sont plus naturellement modérés et enclins à suivre la raison que les autres. Par ailleurs, ils auront toujours moins tendance à rejoindre des factions violentes et irréductibles, et la cité sera d'autant plus en paix et stable, ce qui est l'une des conditions de l'accès au bonheur : le seul but véritable du bon gouvernement.
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Peuples et coutumes de l'île celtique

Emilio Alvario (1245)



Il a été donné à nombre de compatriotes de traverser la mer, et réparer les injustices causées par la nation des achosiens. Si nul ne peut désormais ignorer le triomphe et la grandeur de notre cause, qui a permis à nos pères, par deux fois de mettre au joug le pays d'Achos, il est injustice d'ignorer qie ces pays sont de trempe bien différente du nôtre, et j'eus été fort déçu que si peu de descriptions de ce pays merveilleur et sauvage, peuplé de bêtes féroces ou humaines, ne soit si peu narré. Les grandes batailles font parler en effet, mais il n'est guère fait de cas des terres qu'elles ont parcourues, par manque d'interêt ou d'ignorance volontaire. Pourtant, l'île cektoique est riche de plusieurs pleuplades qui vivent dans des réalités différentes, et dont les moeurs et les langues ont été séparées par le temps.

Je commencerai par dire, donc, qu'il n'y a pas de peuple celtique, et que si celui-ci a existé un jour, ce devait être dans des temps si anciens que notre cité n'existait pas, et que même Rhême ne régnait pas encore sur l'univers. Il est important de le savoir, qu'à partir des langues innombrables, et des tribus tout aussi nombreuses, que distinction peut être faite en plusieurs niveaux et endroits, et que j'ai le désir de vous décrire chacune, et de rapprocher les velsniens de ce qu'est cette patrie si étrange et éloignée de la nôtre par la civilisation.

Nous pouvons distinguer les "grands peuples", ceux qui ne partagent rien, que ce soit de leurs moeurs ou de leurs langues, et les "petits peuples", qui partagent des similitudes qui permettent d'imaginer une parenté lointaine. Ainsi, je commencerai par esquisser l'existence de deux "grandes nations" et leur ligne de démarcation. Il y a une île "celte" et une île "saxonne". Les saxons qui y habitent, vivent en des patries au nom évocateur: Landor ou Camford sont de ces cités. Leur langue est très proche de celle de gens de peuples germaniques, car ils en viennent et y sont liés. Ainsi, il m'a été dit que les gens du pays des margoulins peuvent parfois comprendre quelques mots de ceux du pays saxon. De très loin, ce sont ainsi les insulaires les plus civilisés, car ils ont apportés avec eux les coutumes du pays germaniquen, il y a dit-on plusieurs centaines d'années. Ils vivent en Royaumes et en principautés, et leur monde est organisé de la manière la plus verticale, qui est vue comme gracieuse et la meilleure conception de la puissance. Leur univers est une hiérarchie voulue par dieu, comme elle l'est dans le pays de Gallouèse et de Teyla: un paysan y sera toujours serf par le sang, et un chevalier y sera toujours noble par le sang. Les petits barons obéissent aux barons, qui eux même obéissent à un plus grand seigneur, qui lui-même obéit à un roi d'une patrie morcelée en comtés et duchés.

Leur Histoire est celle d'une grande migration, qui commença par des actes de piraterie contre la patrie universelle des rhémiens. Il étaient des navigateurs habiles, poussés du pays des margoulins par la faim et le froid. Il étaient fort bons pirates qui infestaient la Manche blanche. C'est pour se protéger de leurs méfaits, que les rhémiens ont dû mettre en place sur le littoral de la plaine de Velsna, un chef en état de régner, un Comte de la côté septentrionale, qui devait protéger ces rivages, de l'actuelle pays zélandiens à quart sud de l'île celtique. Ils se seraient installés pour quelques uns sur nos terres, avant que Velsna ne soit Velsna, mais ils ne durèrent guère, et ils furent repoussés, ce qui n'arriva pas au pays des celtes, qui refluèrent au nord, là où l'autorité des rhémiens ne les avait jamais effleuré.

On dit que ce sont les celtes les premiers qui auraient fait venir ces hommes, car ils formaient, après leurs talents de pirates, des guerriers excellents, qui réglaient les affaires des rois d'une telle manière qu'ils devinrent indispensables, d'abord pour les rhémiens, puis pour les celtes. On me dit ainsi que ce fut un chef nommé Voltongern qui les fit venir les premiers, mais que ces gens prirent son Royaume, qui en furent plusieurs, avant de devenir le pays de Caratrad, unifiée sous un Bretwalda, un roi des rois.

Au nord de la patrie caratradaise, des saxons prirent la possession du pays de Dumnor, où vivaient des tribus Srictiis, qui dit-on, étaient très proches de celles que nous trouvons au pays de Menkelt par leur sauvagerie. On dit ainsi qu'ils se recouvraient les cheveux de beurre et les laissait pousser comme des crinières de chevaux, pour paraître plus effrayants. Leur terre devint la patrie des Austirs, mais ils eurent là plus de mal et de peine à domestiquer les bêtes habitant alors sur ces contrées, car elles se cachaient dans des marais, et consommaient le produit de la terre sans même le cultiver. On dit que les austirs apportèrent grand bien à cette patrie, y intégrant le christ et la peur de dieu, mais que ce fut si long, que cete conquête se termina alors même que la patrie des velsniens fut déjà fondée. Ne sachant comment former des rangs, se battant comme des bêtes et d'homme à homme, les scritis furent mis sous le joug de leurs nouveaux bienfaiteurs, non pas sans résistance. Il en résulte que les austirs, n'ayant pas eu le même temps poiur concevoir leur puissance, ne peuvent aujourd'hui égaler celle du pays de Caratrad, lequel fut une fondation rapide. Caratrad est donc plus populeuse, plus riche et plus prospère, et leur langue y est moins barbare, car ils reprirent beaucoup des rhémiens de l'île celtique. La langue des austirs diffère donc quelque peu de celle du pays de Caratrad, mais ont dit toute fois qu'un caratradais et qu'un austir peuvent se comprendre, dans la langue et dans les coutumes.

Les caratradais et les austirs vivent dans ce que les rhémiens ont construit, et leurs peuples habitent des ruines dont ils se sont inspirés pour leurs propres édifices. C'est là ce à dont ressemblent la succession de places fortes et de forteresses qui parsèment leur territoire en grand nombre. Mais les austirs et les caratradais du commun vivent plutôt dans de petites communautés, dont les plus grandes ne dépassant pas quelques centaines d'habitants. Les habitats sont dispersés, et il n'y a ade grandes villes que celles que les rhémiens ont légué, et qui ont fort rétréci avec le temps qui passe. Leurs maisons sont des huttes fabriquées en bois avec un toit de chaume, d'une seule pièce où tout le monde se retrouve pour cuisiner, manger et dormir. Les maisons sont construites face au soleil pour avoir le plus de chaleur et de lumière possible, et il faut leur dire qu'elles sont fort bien isolées du froid et du chaud. Ils produisent un torchis de qualité qu'ils recouvrent d'enduits peints de toutes les couleurs. Ils ont un artisanat dde bronze, de fer et d'or fort beau, mais ils n'ont pas de ressources, et achètent ces métaux au lointain, qu'ils gardent pour eux, ou qu'ils volaient en piraterie, chose qu'ils pratiquent de moins en moins. Les caratradais subsistent dans la modestie lorsque les austirs subsistent dans la misère, par la faiblesse de leur commerce mais aussi par leurs récoltes, car leurs terres sont fort peu fertiles

Tel sont les peuples saxons de l'île des celtes, dont une ligne très claire s'est formée, et demeure depuis désormais des siècles, d'est en ouest sur un frontière se constituant d'Eringam. Cette limite part vers le sud avant de bifurquer pleine ouest et l'océan de l'Esperance. Au delà, en plein nord, se trouve la nation des menkeltiens. Là, on y parle des dialectes nombreux, aussi nombreux qu'il y a de familles, si bien que peu peuvent se comprendre entre eux.

Ceux qui sont de Menkelt s'organisent en tribus, parfois très petites et au territoire mal défini ce qui les pousse sans arrêt et sous le moindre pretexte au conflit. Les menkeltiens sont ainsi poussés par leurs propres règles à l'agression. Ils sont irascibles, prompts au combat, du reste simple et sans malice, car les gens de Menkelt ne dégagent pas l'intelligence suffisante pour agir ainsi. Les menkeltiens sont simples, et incontrôlables dés lors de la moindre colère. Ils sont nombreux à partir à la guerre avec la rage dans le cœur, et ils se rassemblent en foule pour courir aux combats, et cela avec éclat, sans aucune peur, de sorte qu'ils tombent facilement sous les coups de ceux qui veulent employer contre eux les stratégies les plus simples. En effet, celle ci barre systématiquement la route des insurgés, qui cherchent à quitter le territoire velsnien. Le problème étant d'une part qu'aucune flotte est à disposition des rebelles, et d'autre part que s'enfoncer en territoire colonisé avec une armée de 10 000 hommes n'est pas une solution viable du point de vue du ravitaillement de cette troupe.

Pour la fertilité de leur patrie, il n'est pas facile de l'exprimer. Sa terre est pauvre, mais on y recueille uni si grande abondance de grains, que nous avons vu du froment. Le métrète de vin s'y donne pour une égale mesure d'orge, mais je ne conseille point de consommer leur breuvage qui est infecte, et qui a été amené du continent à l'époque des rhémiens. Les forêts y sont denses, et les chênes répandus çà et là fournissent une si grande quantité de glands, que, pour l'élevage de porcs, tant pour la vie ordinaire que pour les provisions de guerre, la plus grande partie se tire de ces plaines. Enfin les besoins de la vie y sont à si bon marché, que les voyageurs, ne demandent pas ce que leur coûtera chaque chose en particulier, mais combien il en coûte par tête. Pourtant, ils faut faire attention, car le logis y est miteux, et il n'y a en leur pays aucune maison qui ne soit faite d'un matériau plus noble que le torchis. Ils ne prennent que rarement l'argent, car ils survivent par le troc, là où le gens du pays d'Achos pratiquent l'échange de la monnaie.

Je ne dis rien du nombre d'hommes dont ce pays est peuplé, ni de la grandeur et de la beauté de leur corps, ni de leur courage dans les actions de la guerre. De toute évidence, ils sont faits différemment des achosiens, car ils sont moins laids que ceux là, et ont moins de difformités. Tous le voisinage celte du pays des saxons est ainsi de la patrie de ces hommes, par les celtes menkeltiens. Au delà il faut encore parcourir une longue marche vers le nord pour entrer en la patrie des achosiens, plus civilisée que celle de Menkelt. Il y a dans ces deux pays de grandes et fortes colonnes qui parsèment le coeur de leurs terres, qui traverse leur frontière du sud au nord, telle une chaîne de petites hauteurs. Au reste, quand je dis que ces deux régions centrales sont habitées, je ne parle que des lieux bas et des douces collines, car pour les sommets de ces monts, personne, jusqu'à présent, n'y a fixé son habitation. La difficulté d'y monter, et les neiges dont ils sont toujours couverts les rendent inhabitables. Tout le pays, depuis le commencement de le la chaîne chez les gens de Menkelt, et sa jonction avec les saxons, tant du côté de la mer de l'océan Esperance jusqu'au nord de l'île celtique, tout ce pays, dis-je, est habité par les saxons caratradais, au-delà sont les austariens, et après eux les menkeltiens, qui occupent les deux versants de cette chaîne, après lesquels cette chaîne de montagnes, qui est éloignée de l'océan d'Eperance d'environ 500 stades, se courbant vers la gauche, quitte les plaines, et, traversant par le milieu tout le reste de l'île celtique, va gagner la mer du nord.

(en travaux)
19731
Commentaires sur la Guerre de l'AIAN et des achosiens (1970-1997)
Témoignages et sources rassemblées par Gina Di Grassi


a



Préface: Présentation de l'ouvrage, hommages et dédicaces aux excellences de la cité velsnienne et aux contributeurs



Par ce texte, je ne gage pas d'être honorée par la mise en exergue de compétences quelconques de la grande littérature. Cet ouvrage ne sera pas l'expression de la beauté des lettres classiques, pas davantage qu'il se présentera comme un corpus de grands personnages se rencontrant au fil d'un récit bien ficelé. Par ce document, j'enjoins tous mes pairs à constater la réalité de ce que fut la Guerre de l'AIAN, au delà des figures de style et de la belle prose. Il est donc de mon devoir de prévenir chacun que ceci n'est pas le travail de la grande littérature, mais d'une documentation stricte, et du croisement de toutes les sources que j'eus mis à ma disposition, si bien que cet ouvrage prendra probablement davantage les traits d'un journal de marche d'une Tribune militaire, pour la simple raison que j'eus cherché dans ces écrits là plutôt que dans ceux des poètes. A cette même fin, il sera rapporté la transcription de comptes-rendus sénatoriaux rendus par le Sénateur mon père, son excellence Matteo Di Grassi, autrefois Supracomito, puis Amirraglio de toute la flotte de la Classis II, mais également par le Sénateur-Stratège Andrea Tomassino.

Par ce fait, je tiens à remercier en premier lieu toutes les excellences nobles qui m'ont aidé dans l'accomplissement de cette tâche de collecte et de rassemblement des informations, afin de les ficeler, et d'en rendre la plus fidèle apparence que celle qu'endossa la Guerre de l'AIAN, qui empoisonna la patrie pour très long moment. Dans l'ordre de la grandeur et du prestige, je tiens à livrer les remerciements suivants:
- A son excellence, le Sénateur mon père Matteo Di Grassi, qui m'a fait parvenir la somme de nombreux journaux de son capitanat de Supracomito, entre 1994 et 1995, puis en tant qu'Amirraglio de la Classis II entre 1995 et 1997.
- A son excellence, Andrea Tomassino, autrefois sénateur et stratège de la Grande Tribune Militaire d'Achosie du Nord entre 1985 et 1997.
- A la famille de son excellence illustre, feu Lorenzo Varda, autrefois sénateur et stratège de la Grande Tribune Militaire d'Achosie du Nord entre 1970 et 1985, dont je remercie le don de correspondances privées et de lettres.
- A son excellence mon parrain, Francesco Di Albirio, sénateur et ancien combattant de cette guerre, autrefois simple primipile de tribune.
- A la famille de son excellence illustre, feu Gabriele Zonta, ancien sénateur et doyen, qui a eu la bonté de me faire parvenir des comptes rendus sénatoriaux en grand nombre au propos du conflit.
- A toutes les bonnes gens d'Achosie du Nord et de Strombolaine qui m'ont fait parvenir leurs témoignages d'anciens soldats ou de civils pris dans les feux de la guerre.

Je remercie de vive voix les vivants et les morts d'avoir fait parvenir la somme de toutes ces informations, dont je ne suis que la simple intermédiaire, dans la reconstitution de la mémoire de la Guerre de l'AIAN, dont j'estime que tous ses acteurs ont le droit à la justice de rappeler leur existence à Dame Fortune, et pour que jamais ne soit oubliée la trace de ce conflit ingomineux parmi nos compatriotes de Velthri et de Strombola.



I: L'Achosie du Nord et ses habitants

Compte-rendu de son excellence Sénateur-Stratège Lorenzo Varda (rédigé le 21 janvier 1970, Journal des faits de la Grande Tribune Militaire d'Achosie)


Nous pouvons dire que l'Achosie du Nord/Strombolaine est divisée en deux grandes parties, tant administratives que culturelles: l'une est habitée par les bonnes gens qui se nomment Strombolain, et qui sont les descendants auto-proclamés du roi occitan Ménéon, qui mena ses armées de mercenaires en Achosie du Nord. Dans les faits, ces strombolains sont plutôt le résultat d'une sucession de vagues migratoires entamées à compter du XIIIème siècle, dont les arrivants se sont mêlés aux achosiens pour donner une culture originale. Ils comptent pour les deux tiers de la population de cette patrie. De l'autre, il y a ceux qui encore aujourd'hui, se font appelés "achosiens", et qui revendiquent encore l'héritage de la culture des celtes. Ces deux nations diffèrent entre elles par le langage: les strombolains prononcent un velsnien provincial, mâtiné de nombreux mots d'occitan, tandis que les achosiens s'expriment dans un achosien archaïque qui diffère de celui qui est usité en Achosie du Sud, et sur plusieurs points.

Les institutions et les lois diffèrent également en deux parts bien distinctes: le territoire de la Strombolaine est coupé en deux entités administratives, sous la juridiction de deux cités. La plus grande d'entre elle par la population et le prestige est Strombola, qui se trouve sur l'île du même nom, au nord du territoire. Ses terres sont exiguës, puisqu’elles ne comprennent que l'île en question, et le peuple y est massé en grand nombre, quasiement exclusivement de langue velsnienne. La cité de Velathri, elle, administra toutes les terres de l'île celtique proprement dite, mais se trouve beaucoup moins populeuse. Les habitants sur les côtes y parlent majoritairement le velsnien strombolain, tandis que dans les collinnes de l'arrière pays, la langue celtique y est encore très vivace. Sur leur relation commune, j'eus remarqué dés notre arrivée que les achosiens détestaient peut-être davantage les strombolains que les velsniens eux-mêmes, et qu'ils se tenaient en piètre estime. Les deux cités sont séparées par le bras de l'océan Esperance, qui sépare l'île de Strombola du reste des terres celtiques.

Parmi ces populations, la cité de Velathri, qui est la plus pauvre des deux, fournit néanmoins les meilleurs soldats à la République: ils sont réputés braves et durs à la tâche, et contribuent grandement aux régiments de chasseurs strombolains, de par leur inimitié ancienne avec la quasi totalité de leurs voisins insulaires. Beaucoup d'entre eux sont des propriétaires fonciers, ou s'enrichissent avec le commerce de Nowa Velsna et de Tarquina. Les plus modestes commercent quant à eux de la pêche, mais cette activité voit une plus grande attraction des achosiens. L'agriculture est pauvre, car les dites terres ne sont pas fertiles, et servent davantage à l'élevage de bovins et d'ovins. Les strombolains de Velathri se battent souvent contre les achosiens vivant dans l'arrière pays, ce qui explique leur grande valeur combattive. Le pays habité en dehors des deux grandes cités, comme nous l'avons dit, par les strombolains et les achosiens, se constitue en une série de petites agglomérations de taille modeste. Si Strombola est plus densément peuplée que le reste du territoire, même au plus fort de sa population, cette nation est peu populeuse, sans commune mesure avec la richesse de la plaine velsnienne.

Le climat est globalement froid, et il gèle bien souvent quatre mois dans l'année: de novembre à début mars. Le terrain ne se prête pas à la manoeuvre de grande envergure: un massif forestier recouvre toutes les terres qui ne sont pas exploitées par des pâturages. La côte est rocailleuse et dangereuse à la navigation, ce qui n'empêche pas cependant la classis II de mouiller en permanence à Strombola, dans les plus grandes installations navales de la cité velsnienne. La côte est herbeuse, tandis qu'un massif montagneux domine le centre du territoire. Le terrain se prête admirablement bien à la petite guerre et aux coups de main meurtriers. Il est idéal pour perdre un adversaire plus nombreux, ce qui explique la position forte de l'AIAN dans la région.

Il est à noter que les strombolains, si ils sont plus tolérents que les achosophones à notre arrivée, ne sont pas moins enjoués ou heureux, et ils nous considèrent comme des étrangers du continent. Ils se méfient fortement de notre action, et ont peur, de toute évidence, que leur liberté se retrouve diminuée par notre présence. La collaboration avec les autorités de Strombola et de Velathri est ainsi considérée difficile, et il est difficile de concevoir la manoeuvre de la Grande Tribune auprès des troupes locales, qui refusent de se placer sous le commandement velsnien pour le moment.

Par conséquent, j'enjoins le Sénat des Mille et ses excellences à effectuer un rappel à l'ordre de ces cités rétives, et par un ordre direct, de leur indiquer la nécessité d'une collaboration étroite entre la Grande Tribune et la garde civique locale afin de neutraliser les cellules de l'AIAN plus efficacement que le jour présent.



II: Portrait d'Owen Fitzpatrick chef de cellule de l'AIAN

Témoignage de Matteo DiGrassi (2017)



Fitzpatrick est chez les achosiens, le premier par sa naissance et par ses richesses. De bonne famille de propriétaires, il figure parmi ceux dont la voix compte dans sa communauté, dans le massif montagneux du centre de la Strombolaine. Sous le mandat de son excellence stratège Lorenzo Varda, puis celui de son excellence Andrea Tomassino, cet homme, poussé par l'ambition, conjura avec la fine fleur de la notabilité achosienne et engagea les habitants à sortir du pays avec toutes leurs forces à plusieurs occasions. D'AIAN, il était un membre déclaré qui ne se cachait point derrière des artifices, et le clamait en place publique. Il était réputé pour avoir combattu depuis sa jeunesse sous le commandement d'un autre chef de l'AIAN, un certain McKinnock qui se bat depuis le début pour les barbares, et dont les méthodes méritait cette appellation, puisque ce groupe s'est rendu coupable de grandes sévices contre des populations civiles strombolaines dés 1980. McKinnock ravagea la campagne et fit un grand mal aux cultures, aux usines et au commerce. La consternation perpétuelle qu’il suscita encouragea les sénateurs de notre bonne cité strombolaine à envoyer le détachement de Garde Civique dans lequel je fus incorporé lors de ma première conscription, lorsque j'eus 17 ans.

Dés le début des années 1980, il rallie beaucoup, que ce soit dans les journaux qu'il publie que dans des apparitions radiophoniques clandestines, et il entretient le courage d'un grand nombre de ses sympathisants. Il eut d'autant moins de peine à les persuader que les achosiens étaient pressés de toutes parts par les strombolains, à qi il leur reprochait de grandes vexations. Les achosiens étaient citoyens sans l'être, et leur vote importait peu dans cet océan velsnien que constitue Velathri. Ainsi, les achosiens ne comptent que pour un tiers de tous ses habitants, ce qui les et en minorité constante dans tous les organes de représentation politique. Ils fulminent également que l'administration ne soit pas dans leur langue, de même qu'ils ne peuvent se marier dans leur langue. De l'autre côté, ils reprochent aux strombolains de d'accaparer leurs bancs de pêche et leurs pâturages, et de profiter de loi pour affirmer leur droit de priorité. Leur population nombreuse, et la gloire qu'ils acquéraient dans la guerre par leur courage, leur faisaient regarder comme étroites les limites de leur faible autonomie. La harangue de Fotzpatrick eut d'autant plus d'effets lorsque que les revendications de l'AIAN d'obtenir un statut de cité libre spécifique aux achosophones fut refusée par les patries de Velathri et de Strombola, ce derrière quoi le Sénat des Mille se rallia.

Finalement, Fitzpatrick et son groupe, scission de celui de McKinnock, fut vaincu par les divisions de son propre camp. En effet, celui-ci entretenait avec son ancien chef une forte inimitié, dont nous avions connaissance. Ainsi, j'eus proposé à mon Primipile de Tribune, une fois que nous avions connu la position d'une cache de Fitzpatrick, d'envoyer une lettre à McKinnock l'informant de son existence et de son emplacement. Celui-ci rejoint ainsi notre cause contre argent et cadeaux, et les deux groupes se sont ainsi entretués. Owen Fitzpatrick est mort dans les affrontements, mais je considère que ce personnage incarne le type même du commandant de l'AIAN, et que les causes de sa propre défaite reflètent celle de l'entierté de son camp lors de cette guerre. Il est grand tort de penser qu'il y eut dans cette guerre un camp d'achosiens et un camp de velsniens, et les choses furent plus complexes que cela, et les renversements d’alliance entre les différents groupes de l'AIAN furent nnombreux, de même que ceux entre strombolains, si bien que parfois on vit des groupes composés de ces deux nations qui s'en prenaient à un autre tout aussi divers...


III: Haine séculaire
Extrait du journal personnel de Petruccio Scarpa, Sénateur de Strombola (1971)

Par Dame Fortune, que je hais les achosiens et toute leur race. Mon père les détestait, mon grand père avant lui, et son père avant lui. Les gens de la capitale pensent vraiment que nous prenons les armes sans raison ? Sans répondre aux attentats et aux meurtres d'une bande de barbares ? Les frontières de la République doivent être solides, et il n'y a que nous, les strombolains, qui pouvons y faire quoi que ce soit. Ces barbares puants n'ont rien à faire sur le territoire de notre cité, voilà la raison de notre mobilisation: apporter l'ordre velsnien à ces chiens de celtes. Voilà là une vengeance que nous allons savourer collectivement... Cette guerre ne durera pas longtemps. Et ensuite ? J'ai de grands projets: la clé de tout, c'est le pouvoir du Sénat, du Sénat des Mille. Toutes ces familles qui ne battent que pour le petit égo, il faudrait tous les éliminer: Scaela, Di Canossa...et les menkiens, les caratradais et tout le reste de l'île celtique ! Il est temps de faire le travail que Velsna est incapable de faire.



IV: La religion et l'AIAN

Compte rendu de la Grande Tribune Militaire d'Achosie, par le Sénateur-Stratège Andrea Tomassino (1988)


Les achosiens ont une approche très étrange de la religion: pour majorité, ils ne sont plus forcément liés à l'Eglise achosienne, mais ils persistent à continuer dans leurs particularismes, dans leurs petites habitudes qui ont la vie dure, et ils développent envers cette institution un attachement propre à leur mentalité indigène. Nous pourrions revenir sur les raisons de cet attachement, un exercice que j'apprécie, parce que je pense que c'est par ce fait que nous finirons par vaincre l'AIAN, tant l'Eglise achosienne est indissociable de l'identité des habitants de cette île.

L’île celtique, de par sa situation géographique, et sa situation excentrée par rapport au reste du monde chrétien. Elle a toujours été riche de particularismes culturels liés aux spiritualités et aux croyances. Tardivement christianisée, l’île n’a eu de cesse de se démarquer, notamment par l’institution d’un clergé autonome de l’Eglise de Catholagne à partir du haut moyen-âge, en raison de cet éloignement, mais également de la nature de la conversion de l'île celtique, du fait de moins du continent, et non de missionnaires catholans. Et si les anciennes croyances indigènes se sont éteintes durant cette période, elles ont continué de former un substrat notable qui jouit encore d’une certaine influence, et a certainement été un facteur de ce christianisme achosien aux aspects si singuliers. Par bien des aspects, le christianisme achosien a également été un vecteur, au haut moyen-âge, d’un certain rayonnement culturel, les insulaires ayant été parmi les premiers à organiser des communautés monastiques, se dotant d’une règle qui s’est répandue sur le continent jusqu’à Velsna, et ce bien avant que les guerres celtiques ne viennent lier l’Histoire velsnienne et l’île celtique de manière définitive. L’influence du christianisme achosien vient ainsi contredire un récit national selon lequel les deux pays n’avaient aucun lien avant cette série de conflits. Cet article aura donc pour but de mettre en exergue les influences des religieux venant de l’aile celtique au sein de la société velsnienne, puis à partir de la conquête, le renversement de situation qui voit les conquérants velsniens s’ingérer dans les affaires religieuses des habitants de l’île.


Par bien des aspects, les pratiques religieuses achosiennes ont été les plus influentes dans le domaine de l’introspection et de la vie monastique. Ces derniers se caractérisent ainsi par des règles strictes de rupture avec le monde, rédigées par Andrew McDonagh, moine achosien venu diffuser ses écrits à la demande des établissements religieux déjà existants, à partir de l’année 921. En effet, si le monachisme était déjà une pratique répandue sur le continent, et ce depuis sa diffusion depuis l’orient leucytalien au Vème siècle, les différents monastères fondés dés cette période par les proto-états occitans, puis par les fortunéens à partir de la fondation de Velsna, ne possèdent pas d’une règle unique. Le christianisme primitif du haut moyen âge voit une multiplication des groupes ascétiques isolés, et peu organisés.
S’appuyant sur une doctrine extrêmement sévère fondée sur l’ascèse, l’isolement et la limitation à son minimum des échanges avec l’extérieur. Le silence, la frugalité dans l’alimentation, la récitation des psaumes, et la modération sont de mise.

Le vœu de pauvreté, qui se retrouvera plus tard dans la majorité des règles monastiques, est au centre de la vie spirituelle de la règle de Saint Andrew. Il est nécessaire d’abandonner l’ensemble de ses biens, l’héritage est interdit, et l’usure ainsi que l’épargne de richesses est prohibée. Le monde doit être gardé loin des moines. La pauvreté doit s’étendre au monastère dans le domaine économique : les troupeaux nécessaires à leur subsistance ne doivent pas servir au commerce, et tout revenu excédentaire qui pourrait voir une amélioration du confort des moines doit être donnée à la charité. A leur apogée, quinze monastères sur le territoire velsnien adoptent cette règle, et les plus grands d’entre eux abritent jusqu’à 3 000 moines.

Si dans un premier temps, une dizaine de monastères sur le territoire actuel de Velsna en adopte les fondamentaux, elle est rapidement secondée là où elle est appliquée, par les règles déjà existantes, principalement en raison de sa sévérité qui rend son application très difficile dans les faites. Sur le plan économique tout particulièrement, les monastères n’ont pas les moyens de se passer des échanges commerciaux avec l’extérieur, au sein de réseaux dont ces derniers sont à la fois tributaires et exportateurs de produits recherchés. La règle de Saint Andrew, bien que disparaissant progressivement des monastères à partir du XIème siècle, demeure une influence incontournable de toutes les organisations monastiques ultérieures. La règle est totalement disparue à la veille des guerres celtiques.


Si Velsna a un premier contact avec l'église insulaire achosienne par le biais du monachisme, les guerres celtiques vont englober l'ensemble de la société achosienne au sein de la Grande République, qui va devoir composer avec des équilibres déjà en place. Sur le continent, cette période correspond également avec une standardisation définitive des règles en vigueur dans les monastères velsniens, et la règle de Saint Andrew est incorporée dans d'autres corpus et fondue en un tout: la règle de San Stefano, qui devient un particularisme velsnien. Le christianisme achosien cesse dés lors d'avoir une existence propre sur le continent.

Dans l'Achosie velsnienne, la Grande République se retrouve après la conquête, à administrer un territoire immense où réside une population qui lui reste fondamentalement hostile, et dont le culte diffère fortement de l'orthodoxie de l'église de Catholagne qui s'impose de plus en plus strictement à Velsna et dans le reste de l'Eurysie occidentale. Malgré les insistances du Saint-Siège en faveur d'un effacement progressif des rîtes achosiens dans les paroisses, la Grande République se retrouve confrontée à la réalité politique, cherchant à ne pas s'aliéner les populations celtiques. Ainsi, durant les premières décennies de l'occupation, Velsna ne fait rien pour interférer sur les questions religieuses, du moins sur la forme que prend le culte.

Néanmoins, les premières mutations religieuses consécutives à la conquête se font sentir à partir du XIVème siècle. En effet, si aucun effort d'unification du culte dans une perspective favorable à la Catholagne est envisagée, la colonisation progressive des centres urbains par les velsniens du continent provoque de fait, des évolutions religieuses notable. Le culte catholan est ainsi importé depuis les autres territoires de la Grande République. Là où il est implanté, le plus souvent dans les villes, comme dit précédemment, le culte devient ainsi un marqueur social important entre une élite notable velsnienne et le reste de la population. C'est ainsi que débute involontairement et sans la moindre action de la Grande République, un processus de "velsianisation" d'une partie de la population, le plus souvent dans des strates sociales ayant un intérêt économique à intégrer le rite catholan, qui est souvent adopté de pair avec la langue de la métropole. Il naît ainsi une fracture profonde entre des achosiens "velsnanisés" à divers degrés, détenteurs de la plupart des grandes propriétés agricoles, et le reste de la population.

C'est souvent dans ce cadre que naissent les phénomènes de réaction à de grands changements sociétaux tels que celui-ci. Ainsi, le culte achosien devient rapidement un point de ralliement pour des pans ignorés de la société coloniale en train de se former en Achosie du nord, de même que l'est la préservation de la langue celtique. A partir de ce point seulement, le gouvernement velsnien commence à s'ingérer de plus en plus dans les grands théologiques secouant l'île, et tout particulièrement pour tirer profit des considérations politiques qui y sont liées.

Ainsi, et suivant la situation, les siècles suivants sont marqués par une profonde ambivalence dans les relations entre l'église achosienne et la Grande République, alternant entre des phases de détente et de tension. Les paroisses achosiennes prennent une place importante dans la lutte pour l'indépendance de l'Achosie du sud où le culte était encore majoritaire, et où les églises étaient les seuls lieux de rassemblement et d'expression permis par la Grande République.

L'indépendance de la partie sud du pays provoqua une réaction particulièrement violence du pouvoir velsnien, qui exigea de toutes les paroisses achosiennes une rupture des liens avec l'Eglise ayant son siège dans la partie sud du pays. Cet édit fut partiellement appliqué, et diversement reçu par les intéressés. En témoigne de la proximité, à partir du XIXème siècle, entre les membres de l'AIAN et le clergé achosien , qui leur a offert volontiers une assistance financière et refuge à de nombreux membres du groupe terroriste. C'est sur set aspect qu'il faut nous arrêter, car il est vain pour nous de penser que nous pouvons défaire ces terroristes sans comprendre l'emprise qu'ils exercent sur l'ensemble de la société achosophone de du nord de l'île. Il est faux de croire que nous avons dresser l'église achosienne, du moins, nous savons de source sûre que certains membres du clergé ont rendu service et sont proches de ce groupe de criminels. Il nous faut détruire non les hommes, non leurs armes, mais avant toute chose leur réseau de clientèle, leurs fidélités, démoraliser leurs alliés, leur couper les racines. Mais là encore...comment faire ? Je n'ai point la réponse à cette question, et c'est là le fléau de mon existence.



V: Ambassadeurs de l'AIAN

Sénateur Tiamo Olivieri (1988)


(suite plus tard)
14858
Le pays des sicaniens

Par son excellence le sénateur Timo Zonta (2019)


Les anciens rhémiens et héllènes disaient de lîle des sicaniens qu'elle était la perle de la Leucytalée, l'endroit dans ces eaux, où l'herbe était la plus verte, où les fruits étaient les plus mûrs, et où les blés comptaient le plus d'épis. On qualifia ses habitants autochtones de "sicaniens", des peuplades vivant dans les collines de l'île, en communautés villageoises simples, qui les distinguait du monde urbain des cités héllènes. Ces Sicanes formaient un peuple agricole qui occupait donc, sur toute l’île, des bourgs et des petits fortins sur des lieux élevés, pour se garantir contre les brigands. Il n'y avait point de patrie sicane que celle du clan et de l'enchevêtrement des structures familiales entre elles. Leurs différentes tribus n’obéissaient point à un même roi, car chaque ville avait son seigneur. On dit des sicaniens qu'il parlaient un langage appossible à décrire, qui ne ressemblait ni à celui des latins, ni à celui des héllènes. Ces gens , ainsi, furent probablement les premiers habitants de l'île, et leur présence ne peut être attestée autrement que par des traces de foyers gravés dans le sol et dans la roche.

On ignore comment les sicaniens appelèrent leur île, ou eux-même, car ce sont les colons héllènes qui les seconds, foulèrent le sol de l'île durant la plus haute des antiquités, et baptisèrent ainsi son peuple et ses rivages à la fois. Par des dons et achats de terre, par les mariages, par la guerre, les grecs y fondèrent à leur tour des cités, ne s'aventurant que rarement loin des côtes, car ils ne voulurent dans un premier temps, qu'y exploiter ses rivages et ses plaines côtières fertiles. Les sicaniens, eux, furent repoussés dans les terres, pour ceux qui ne furent pas intégrés à ces cités, et y continuèrent d'y posséder des petites chefferies jusque tard, lors de la conquête rhémienne. L'île devint rapidement le grenier à blé de la Leucytalée, et une île intégrée au monde héllénistique, au centre des enjeux qui furent propres à cet univers. Là encore, jamais aucune des cités fondées par ces derniers ne fut en mesure d'unifier l'île en une entité politique unique. Qu'il s'agisse de Syrakousai, la plus grande et la plus belle de toutes, Lysistrata, sa rivale, ou encore le plus discrète Eryx, qui bien souvent, arbitrait les conflits entre les deux premières. De la fin de l'âge du bronze jusqu'à la conquête rhémienne, la situation politique de l'île varia au rythme des guerres incessantes ayant lieu sur son sol. On dit ainsi des sicaniens et des grecs de Sicanie, qu'ils partageaient depuis cette époque la culture de la querelle futile et de la guerre.

La conquête de la Sicanie par Rhême, n'arrêta point ces atermoiements, loin de là. Les rhémiens s'y imposèrent lors des Guerres de Sicanie, procédant à la mise au joug progressive des cités en jouant les unes contre les autres, alternant les alliances sincères, les trahisons honteuses et la destruction de cités bien plus anciennes que la leur. La rhémianisaton de l'île ne fut que partielle: si les sicaniens furent assimilés, laissant place bien plus tard à un parler typique de l'île, la langue des grecs tirait sa force de la position sociale de ses élites, qui dans la plupart des cas, perdurait entre les deux époques. Le modèle de la cité rhémienne s'imposa en même temps que sa tutelle, mais il est raisonnable de penser que ceux ci furent conquis par leur propre conquête, abasourdis par le degré de sophistication de la langue des anciens savants, des artistes, des Hommes de lettre et de la bonne pensée. Le grec s'imposa rapidement auprès des élites rhémiennes, ce qui permis très probablement sa plus grande sauvegarde dans les lieux où il fut parlé avant la conquête. Ainsi, la présence héllène sur l'île de Sicanie a perdurée de ces temps jusqu'à nos jours, malgré toutes les vagues de migration successives que celle-ci a connu.

La paix rhémienne possédait de grands avantages certes, qui permis un développement urbain important, s’accompagnant d'un grand nombre de changements, jusqu'à affecter la topographie de l'île. En effet, si nous connaissons aujourd'hui une île clairsemée, et dont la couverture forestière est rare, elle était avant la conquête couverte d'un massif forestier important en son centre, et en certains points des côtes. En cause de cela, la Sicanie devint un point de contrôle vital des échanges dans une Leucytalée sous domination de la cité rhémienne, ainsi qu'une base navale indispensable. Si Rhême avait soumis toutes les nations, elle ne pouvait satisfaire l’appétit des Hommes du tout venant, et la paix rhémienne n'était avant tout que l'expression d'un ordre républicain, puis impérial, qui fut perturbé par la piraterie, qui pullula dans toute la Leucytalée jusqu'à la fin de l'Empire. Encore aujourd'hui, les rivages de l'île abritent rochers et cachettes utiles à la contrebande et au trafic, accepté par une population qui se tient toujours prête à échanger par ces moyens illégaux avec le monde entier, à tel point qu'on a parfois pu surnommer la Sicanie "l'île des mauvais payeurs".

La Sicanie, parmi toutes les provinces impériales, a été balancée d'occident en orient au fil de l'Histoire, sans que celle ci n'eut jamais clairement choisie, ou du moins, qu'elle ne fut confrontée à une situation lui imposant ce choix. La fin de la période de la paix rhémienne fait intervenir de nouveaux troubles dans la région, mais la Sicanie ne se situa pas sur la plupart des grands axes des migrations de l'antiquité tardive. Lorsque l'Empire des rhémiens se partitionna, la Sicanie fut comprise dans sa partie occidentale dans la théorie, mais rapidement reprise par le pouvoir impérial de Théodosine lorsque la partie occidentale de l'Empire disparut. Considérée comme une province ordinaire jusqu'aux conquêtes venues de l'Afarée (Hégire, voir harmonisation), l'île, excentrée du reste de l'Empire et vulnérable, acquis à partir du VIIIème siècle un statut relativement autonome, avec la nomination d'un Capétan à la tête de l'île, devant composer avec un pouvoir local de plus en plus influent au fur et à mesure que Théodosine s'affaiblit. L'île connu une courte discontinuité du pouvoir impérial, avec l'installation d'une principauté musulmane éphémère, qu plus fort de l'extension du monde arabe, tandis que Théodosine entrait dans une période de crise politique et religieuse permanente, jusqu'à un regain économique et territorial à partir du IXème siècle.

Encore une fois, avec l'apparition de nouveaux pouvoirs en occident, les cités-états de Fortuna et de Léandre en tête, l'île se trouva à la confluence des mondes latins et héllénistiques, et l'enjeu d'une lute permanente entre ses différentes composantes. En parallèle à une crise surable que l'Empire de Théodosine traverse à partir du XIVème siècle, avec l'apparition de plusieurs prétendants, les cités de Fortuna et de Léandre s'emparent progressivement du bassin leucytalien occidental, tout en s'infiltrant de plus en plus dans les affaires du monde héllénistique, obtenant des privilèges commerciaux sur le territoire sous autorité de l'empereur. Tout comme dans le reste de l'Empire, on vit ainsi l'apparition de cette nouvelle "race" de marchands-vautours, obtenant des privilèges ayant des conséquences funestes sur l'économie de l'île, et se constituant en avantages déloyaux vis à vis des négociants locaux. Cette vampirisation des routes commerciales par les cités-états fortunéennes et landrines provoque l'appauvrissement progressif des élites de l'île, de même que celles du reste de l'Empire, qui entre dans une longue phase de déliquescence territoriale qui dure de cette époque, jusqu'aux dernières décennies de l'ère contemporaine.

En parallèle, la Sicanie est prise entre deux feux durant les guerres landrines, une très longue et couteuse série de conflits entre les rivales fortunéennes et landrines, et qui voient durant le courant du XVème siècle, la destruction de Léandre. Si les différents capétans et fonctionnaires impériaux de l'île ne prennent pas part aux hostilités, ces guerres provoquent une période de chaos économique en Leucytalée, et la disparition de l'un des deux princpaux acteurs économiques du bassin leucytelien, conduit à un monopole fortunéen de fait, qui ne fut en rien une bonne opération pour la Sicanie. Se retrouvant seule en plein bassin occidental de la Leucytalée face à Fortuna, la cité des polémarques, pourtant, ne procède jamais à la conquête de l'île, mais qui devient une dépendance économique de facto, où des gouverneurs locaux théoriquement toujours sous tutelle impériales, sont dans les faits tributaires de la cité fortunéenne.

Cette stuation d'isolement s'aggrave avec la querelle dynastique suscitée par la division de l'Empire de Théodosine en deux couronnes impériales distinctes: la cour de Théodosine, toujours indépendante dans la théorie, et la capitale impériale de Lykaron, fief d'une cour parallèle ayant revendication de préséance, mais dans les faits, obligée de la cité fortunéenne. L'île de Sicanie, de par sa situation centrale, devient un lieu d'affrontement entre les deux pouvoirs, changeant de mains un certain nombre de fois depuis le XVIIIème siècle.

C'est cette situation si particulière, à la lisière de l'Empire rhémien et tiraillé entre différents pouvoirs, qui explique le comportement et les attitudes propres aux sicaniens, que l'on peut encore parfois observer de nos jours. Ainsi, la défiance vis à vis de toute autorité tutélaire, détentrice d'un pouvoir tout aussi lointain que théorique, est chose persistante chez des sicaniens ayant appris, de la plus dure des manières, que ni l'autorité de Théodosine, ni celle de Lykaron, ni celle de Fortuna, était pleinement consciente de leurs interêts. La société sicanienne, de fait, évolue toujours dans cette dichotomie à deux vitesses: celle des rives cosmopolites et héllénophones, ouvertes vers Théodosine et Lykaron, et une population sicane plus fermée, régie par des logiques claniques qui se sont constituées en contre pouvoirs, face à une autorité bien souvent nominale. Une population hostile à ses suzerains de fait, et qui pratique une forme d'économie souterraine en commerçant avec le tout venant.

La révolution industrielle et la mondialisation, somme toute limitée de l'île, à partir du XIXème siècle, n'a fait que renforcer ce fait, et permis à la population sicane un accès alternatif à l'éducation, à la culture, à la consommation, ainsi qu'à des idées politiques nouvelles qui n'auraient pas eu leur place dans le carcan impérial. La Sicanie est donc à la fois un vieux peuple et une jeune population, dont l'unité politique n'a jamais été permise par l'autorité impériale. Ce cadre a été particulièrement propice à l’émergence, à partir du XVIIIème siècle, d'autorités para-étatiques remplissant le rôle d'un Etat qui n'existe que dans les grandes villes. Ainsi, à l'instar d'autres parties du monde italophone, des sociétés criminelles occultes ont depuis bien longtemps fait leur nid, remplissant à la fois un rôle de service auprès de la population, tout en faisant reposer sur lui sa base de pouvoir, par le biais d'une économie propre constituée de racket et de trafics, grevant ainsi une part notable des capacités de revenus fiscaux que l'île pouvait apporter à l'Empire. Ces sociétés sont depuis lors en lien permanent avec d'autres orgnaisations étrangères semblables, à Fortuna, Velsna, Manche Silice et autres régions italophones, mais sont également en lien avec pirates pharosi, et depuis peu, kotiotites.

C'est dans ce contexte d'une population hostile à toute forme de pouvoir central que le personnage central de notre récit a fait son entrée par la grande porte de l'Histoire, ou tout du moins par l'ouverture la plus grande qu'il eut été en capacité de le faire. Trente ans après un putsch mené par les prédécesseurs de l'impératrice de Lykaron sur l'île, ayant conduit à la prise de pouvoir d'un Capétan fidèle à la "seconde capitale impériale", l'empereur Justinien X de Théodosine signifia par chrysobulle impériale à Meleinos Notaras, logothète du genikon de la cour impériale, et stratège du thème de Messembrie, petite province située au sud de la capitale, de reprendre l'île par ses propres moyens. Justinien X était de ces empereurs croupions qui n'eut guère pour lui une armée, tout en ayant des ambitions démeusurées, et Notaras agissait là en sa qualité de fidèle exécutant d'un fonctionnaire impérial, dont la loyauté n'était guère à prouver. L'Homme avait été choisi précisément par ce fait de fidélité, ainsi qu'en son aptitude naturelle à amasser, à thésauriser et à diriger un argent qui manquait cruellement à la couronne impériale. Ainsi, il se fit connaître tout d'abord, non en tant que soldat, mais en tant que percepteur d'impôts efficace, issu d'une famille modeste et qui ne tirait aucune gloire ou prestige de ses origines. Cet "Homme nouveau" était ainsi parfait aux yeux de l'empereur, car dénué de toute apparente ambition propre à un Homme d'un rang aristocratique, pendant que sa fortune toute entière était due à son impérial protecteur.

Zélé, il puisa dans des deniers propres afin de lever une armée de quelques milliers de conscrits dans son thème de Messembrie, et tout en y laissant Isaakios, son jeune frère, prendre en tête l'administration du thème, mit sur pied une expédition aussi audacieuse que sans le sous, en juin 2014. Profitant du chaos relatif régnant dans le monde fortunéen, Notaras posa le pied, de nuit, sur une plage adjacente à la ville d'Erys, qu'il prit sans combat. La population, déjà en révolte ouverte contre le Capétan Niketas Phokas, nommé par l'impératrice de Lykaron, rejoignit la minuscule armée de Notaras, et la plupart de ses cités se soumirent à ce dernier dans la semaine suivant le débarquement. Assiégé à Syrakousai, la capitale de l'île, Notaras permit à Phokas d'évacuer vers Lykaron, lui laissant le goût d'une défaite humiliante par un simple intendant des finances, avec le soutien d'une population révoltée.

Mais une fois la victoire passée, Notaras dû faire face à la réalité politique d'une île qu'il peine toujours à comprendre. Les partisans de Lykaron ne lui ont pas laissé un "joyau" de la Leucytalée, mais un champs de ruines, politique, social et économique. Le but de la conquête fut de rapidement générer des recettes fiscales destinées à la couronne de Théodosine. Il n'en fut rien dans l'instant, en raison de l'état avancé de délitement de l'appareil fiscal et répressif de l'Empire. Dans les faits, et toujours aujourd'hui, le Capétanat ne contrôle réellement que les grandes cités hélléniques des rivages de l'ile. L'intérieur des terres échappe de facto à toute forme d'autorité étatique, et est le territoire des grads propriétaires terriens, ce que l'on appelle les gabelotti, ainsi que des structures claniques traditionnelles dont les sociétés criminelles secrètes tirent leur force.

Son excellence le Capétan de Sicanie est Homme compétent, loin s'en faut, mais qui se retrouve confronté à une multitude de problèmes propres à l'administration d'une conquête récente: une population défiante, un appareil politique défaillant et archaïque, une armée davantage occupée à la répression des bandes de criminels arpentant une île qu'ils connaissent mieux qu'eux... Ces dernières années ont été marquées par l'obsession du Capétan Notaras de remplir les exigences fiscales de l'empereur de Théodosine. Malgré les embuches, celui-ci a déjà débuté une série de réformes dans ce sens. Acceptant le fait que l'île ne couterait davantage qu'elle rapporterait pour plusieurs années encore, Notaras a partiellement répondu aux revendications des locaux afin d'éviter de finir comme son prédécesseur, chassé du pouvoir par cette même population. Notaras a dû se résoudre au fait que les sicaniens apprécient la sécurité donnée par Notaras, mais aiment plus encore leur propre liberté. L'administration du Capétanat a donc été profondément réformée, suivant un modèle plus proche de la manière fortunéenne de diriger un pays que de la manière théodosienne.

En échange d'une reconaissance de jure de sa suzeraineté sur l'ensemble de l'île Notaras a accepté l'idée d'un partage de pouvoirs avec les divers clans familiaux du centre de l'île, ainsi que leur soutien en cas d'attaque de l'île par une puissance étrangère. Notaras a ainsi temporairement renoncé aux prélèvements fiscaux sur une partie de l'île, concentrant ainsi son autorité dans les zones urbaines et les agglomérations, dont il a confié l'adminsitration à des préfets, devant superviser les garnisons militaires locales. Ces villes sont donc théoriquement sous administration militaire, se substituant à un pouvoir civil existant, mais qui a perdu ses pouvoirs de prélèvement fiscal, dont les préfets ont la charge. En parallèle, plutôt que de lutter contre les trafics et l'économie souterraine, le Capétan Notaras entend ainsi "faire avec", capter ainsi une partie des bénéfices de ces échanges qui passaient autrefois hors de portée du pouvoir impérial. Prenant fait et cause de l'attractivité de l'île, par ses trafics nombreux, Notaras a décrété la cité d'Erys comme "ville franche", et ouverte à un commerce sans taxe de douane, et où l'implantation des entreprises est aisée. Si ces mesures ne se traduisent pas par une hausse immédiate des revenus du Capétanat, Notaras escompte à long terme le développement d'une île qui en a le plus grand besoin.
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