19/12/2019
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🌐 [AMBASSADES] Le Hall des Ambassades du Jashuria - Page 32

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Communication diplomatique

À l'attention de Son Excellence madame Parvati Mathai, en sa qualité de Quatrième Ambassadrice du Jashuria,

Votre Excellence, chère amie,

Et que vos jardins fleurissent de ces fleurs d'or que l'on nomme paix et prospérité,

Le Reinaume du Zijian accepte avec humilité vos salutations, et vous les retourne de bonne grâce. Pour ce qui est d'œuvrer pour la prospérité de chaque Etat au Nazum, le Reinaume veut bien croire à votre bonne volonté, mais ne peut s'empêcher d'être circonspect, voire quelque peu perplexe.

De fait, vous soulignez - à très juste titre - le fait que l'ombre de nouveaux nuages menaçants se rapprochent de nos contrées. Mais pour le Zijian, ces nuages ne sont jamais partis, et l'orage dure depuis maintenant quelques six années qu'il existe. Comprenez que depuis que notre patrie s'est libérée de ses fers, il y a moins d'une décennie, après plusieurs siècles de joug xin, puis un d'oppression ramchoure, les menaces n'ont cessé de peser sur ses épaules, et de se révéler derrière chaque Etat de la région. Guerre civile d'abord, idéologies mortifères - caummussisme, daiponisme, kamadisme et autres formes de communisme sanguinaires d'une part, agarkhanisme et fascismes d'autre part -, piraterie en mer (nous y reviendrons), et, bien évidemment, Etats voisins belliqueux et alliés prompts au retournement de veste... La guerre civile en Ramchourie a enterré pour de longues années toute tentative de reconnaissance de l'indépendance du Zijian, quant à une telle reconnaissance venant des Xins, depuis un siècle que le Zijian ne lui est plus soumis, il n'y a plus rien à attendre - d'autant que l'Empire semble avoir repris ses conquêtes en écrasant le Chandekolza indépendant, avec l'aval de la Troisième République, que nous croyions pourtant notre amie... comprenez notre désarroi et notre perplexité face à vos paroles : nul ici ne doute de votre bonne volonté, mais par ses actes, le Jashuria a menacé, et menace toujours, la pérennité du Reinaume, par la reconnaissance implicite des revendications Xins sur notre patrie nouvelle. A cela s'ajoute la trahison de notre ex-allié kartien, qui a pris le parti de renier ses engagements envers nous pour soutenir le Dyl'Milath - et l'envoyer sacrifier sa crédibilité sur la scène internationale pour son compte -, Dyl'Milath (nous y arrivons), qui lui-même entretient de très bonnes relations avec l'Empire Xin, et semble prompt à user de la force pour régler ses difficultés...

Comprenez alors notre sentiment dans une telle situation. Pour le dire crûment et sans ambage : le Zijian a peur. Il craint chaque jour, chaque heure, chaque seconde, pour sa souveraineté, pour son peuple, pour sa liberté chèrement acquise au prix du sang. Il craint de retomber sous le joug de quelque puissance étrangère avide de richesses, de gloire, ou simplement de main-d'œuvre servile. Comprenez-vous ce que vit notre Reinaume ? Comprenez-vous quelle ambiance délétère pèse à chaque réunion des Chambres ? Comprenez-vous la terreur qu'implique une telle situation, pour un pays qui a déjà tout perdu, et en est à peine à panser ses plaies et à se redresser, difficilement ?

Ce que vous appelez "position courageuse", je l'appelle "position de survie". Ce que ma collègue Ade Misha a, avec un aplomb qui lui est propre et qui est à saluer, fait passer pour une "une et unique chance de rédemption" n'est rien d'autre que l'expression de cette terreur sourde, de cette peur de voir notre belliqueux voisin prendre le parti de la guerre à notre encontre - d'autant plus qu'il recevrait probablement le soutien du Céleste Empire et de ses vassaux... Dans un tel contexte, comprenez donc que, pour le Zijian, choisir de voter contre l'exclusion du Dyl'Milath n'est pas faire le choix du pardon ou de la main tendue, comme d'autres peuvent le faire : il s'agit de garantir la pérennité de notre nation, par la préservation des liens diplomatiques que nous entretenons tant bien que mal avec ce voisin turbulent. Aussi, vous comprendrez qu'en l'état actuel des choses, il est inenvisageable pour nous de changer notre vote pour une position plus précaire, qui nous placerait sur le fil du rasoir de notre propre disparition. Quelles garanties de sécurité la Troisième République du Jashuria a-t-elle à offrir à notre Reinaume pour qu'il consente à miser sa propre existence ?

Bien évidemment, une telle position pourrait évoluer dans le futur, si tant est que les menaces qui pèsent sur notre Etat disparaissaient. Mais pour l'heure, tant que l'Empire des Xins n'aura pas officiellement renoncé à tous les territoires de l'ex Seigneurie Elective de Ramchourie (comprenant, donc, les territoires ramchoures et zijiannais), et que le Royaume Fédéré de Ramchourie - avec qui le Zijian entretient des liens étroits, notamment dans la lutte contre la piraterie, et qui a officiellement renoncé au contrôle du Zijian - ne remporte pas le conflit qui fait rage dans cette contrée, notre patrie ne pourra se positionner tel que vous le souhaitez. Sitôt ces menaces envolées, nos considérations pourraient bien vite changer pour d'autres, plus favorables à vos intérêts...

Vos intérêts, d'ailleurs, que notre marine soutient activement par la lutte contre la piraterie, tant dans nos eaux que dans celles de la Ramchourie, parfois même devant celles de Beiyfon - quoique toutefois avec prudence, pour ne pas prendre de risques inconsidérés. Comprenez alors que, lorsque vous évoquez les prétendus "agissements de notre flotte de corsaires", notre Reinaume soit meurtri en son cœur. Le Reinaume du Zijian n'est pas le Pharois, il n'est pas une nation pirate. Le Royaume Pirate du Zijian, qui a momentanément dirigé le Zijian, n'est pas le Reinaume, mais une énième faction et entité provisoire renversée par notre Reine - louée soit-elle. S'il reste des pirates dans la Baie Céleste, c'est là du fait de Beiyfon, dont nous ne pouvons approcher les eaux pour ne pas risquer un incident diplomatique qui nous serait fatal, et de Sang Gong, petite république dont les habitants sont à peine plus riches que le wanmirien moyen qui nous refuse l'accès à ses eaux, et qui s'est faite au fil des années un repaire pour la piraterie régionale - que nous ne pouvons déloger malgré nos efforts. Aussi, le Reinaume vous saurait gré de ne plus faire allusion à des corsaires ou pirates zijiannais, reliquats d'une époque révolue dont nous souhaitons nous débarrasser, et dont la mention nie et dénigre les efforts entrepris par notre nation pour stabiliser sa région.

Dans l’attente de votre réponse sur les canaux diplomatiques, je reste à votre entière disposition.

Veuillez agréer, votre Excellence, l'expression de mes salutations distinguées. Puisse un ciel radieux illuminer vox cieux.

Cordialement,

Capitaine Aasmi Tawon, 
Secrétaire aux Affaires Etrangères et au Commerce du Reinaume du Zijian,
18.12.2019
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