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Activités étrangères au Jashuria - Page 5

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Justin l'Eternel
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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 11 juillet 2018

"Celui qui bloque le détroit mésolvardien deviendra notre ennemi": le gouvernement communal hausse le ton face à la montée des conflits en Eurysie de l'est et au Nazum occidental



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Son excellence Carlos Pasqual, Maître de la Garde et des polices de la Grande République


Encore une fois, ce début de législature ne sera pas de tout repos pour le gouvernement communal, qui vient de débuter sa mandature il y a deux mois à peine. Si sur le plan interne, la société civile velsnienne semble relativement stable en ces premiers mois de "règne" des conservateurs, sans que l'opposition sénatoriale ne parvienne à reprendre son souffle sur des dossiers sociaux, c'est encore une fois l'actualité internationale qui donne des sueurs froides à ce gouvernement. En cause, les sénateurs ont apprit, non sans une certaine inquiétude, l'engagement officiel de l’État rimaurien dans le cadre de la guerre civile retsvinienne. Ce conflit, qui jusqu'à présent est passé sous les radars en raison, de la place marginale de la petite nation de l'est dans le concert international, et l'absence d'enjeu dans son contrôle territorial, vient de prendre pour la classe politique velsnienne une importance toute autre, puisque l'une de ses conséquences vient se heurter à la politique très regardante de la République vis à vis de la circulation navale et aérienne en Manche Blanche, surtout lorsqu'il s'agit du transfert d'une armée de 20 000 hommes de part et d'autre de l'étendue d'eau que le Sénat considère comme le centre d’intérêt de toute son action politique depuis toujours.

C'est le 12 juillet au matin que le corps expéditionnaire rimaurien aurait commencé à déposer des premières avant-gardes en soutien à la junte militaire locale, laquelle se confronte depuis de longs mois à une guérilla communiste. En difficulté et ayant perdu le contrôle effectif du quart de son territoire, la petite dictature se serait naturellement tournée vers qui serait volontaire pour sauver un régime autocratique mineur d'Eurysie de l'est, en l'occurence, une Rimaurie qui est confrontée depuis toujours à la problématique d'un isolement diplomatique certain, conséquemment à la nature même du régime en place à Hahnmann. Toutes ces considérations et ce contexte n'a pas eu l'air d'émouvoir les sénateurs de la majorité, comme ceux de l'opposition, les uns dénonçant la remise en cause de la sécurité de la principale artère commerciale de la cité velsnienne, quand d'autres crient à l'impérialisme, et appellent au soutien des rebelles rouges.

Dans les rangs de la majorité sénatoriales, on s'inquiète déjà des possibles retombées économiques que l'extension d'un conflit en Retsvinie pourrait provoquer. L'intervention rimaurienne, si elle n'inquiète guère le commandement naval de la Manche Blanche orientale basé à Mesolvarde, pourrait bien être le premier domino qui inciterait d'autres acteurs internationaux à se ruer sur l'occasion d'avancer des pions dans cette région stratégique, qui a toujours été au centre des préoccupations de tous les gouvernements velsniens successifs. En effet, il faut rappeler que la cité velsnienne repose une grande partie de sa croissance sur la consommation de produits d'import, dont une part substantielle transite par le détroit. Aussi, il est hors de question pour le gouvernement communal de voir émerger un conflit touchant d'aussi près à la "prospérité de notre ville", en témoigne le Maître de la Garde et des polices, Carlos Pasqual, qui a adressé un avertissement aux gouvernements qui seraient tenté de perturber davantage "l'écosystème local de la Manche Blanche orientale", une menace à peine voilée envers l’État rimaurien:

" A ce que l'on m'a dit, la Retsvinie était devenue le nouveau lieu de villégiature préféré de tous les gouvernements voyous, et toutes les milices fascistes et communistes en mal d'action. En dehors du fait de trouver un vrai travail, je ne saurais leur donner qu'un seul conseil: restez loin de la circulation des biens et des marchandises. Restez loin de la liberté de navigation. Restez loin de toute velléité d'aventure lointaine, et occupez vous de vos nations barbares plutôt que d'amener la barbarie chez les autres. Battez vous pour les pommes de terre de la Retsvinie si vous le voulez, mais c'est à vos risques et périls si ces combats devaient s'étendre au dessus ou sur la Manche Blanche. Nous n'aurons aucune retenue à l'interpellation, ou à la frappe contre des flottilles qui viendront répandre le désordre dans ces eaux, empruntées par tout le monde, et vitales pour tout le monde. Nous ne composerons ni avec les groupes terroristes et les milices, ni avec les états-voyous. Voyez le Chandekolza, pour avoir un aperçu de ce qui se produit dés lors que quelque chose se dresse envers et contre la perspective saine du profit."


Le Maître de la Garde n'a pas gardé longtemps le secret des intentions du Gouvernement communal quant à cette affaire:

" Avec concertation de la Maîtresse de l'Arsenal, nous allons immédiatement mettre en place des mesures coercitives contre tout contrevenant à la paix du détroit, qu'importe l'appartenance à un bloc de puissance ou non. Bien entendu, nous n'agirons pas sans l'accord des puissances locales et de nos partenaires historiques. Nous ne pouvons prétendre assurer sans la collaboration des locaux la sécurité des flux. Nous comptons proposer aux gouvernements mesolvardiens, jashuriens et banaihrais un plan d'action coordonné et efficace. Nous reviendrons présenter le tout devant le Sénat."

L'appel aux partenaires nazumi du Jashuria n'est en rien anodin, car la Retsvinie n'est pas le seul point de crispation de la région. En effet, le Nazum occidental paraît ces derniers mois en proie à une rivalité latente entre le gouvernement de la Condédération socialiste du Nazum, et le Beylicat Akhanide et leurs vassaux, qui forment deux blocs antagonistes que tout semble destiner à une confrontation, quant bien même la classe politique velsnienne ne semble pas saisir tous les tenants et les aboutissants de ce "duel de regards", qui porte en lui bien davantage des considérations idéologiques que des motifs stratégiques pertinents (quasi absence de frontière commune entre les deux blocs, interêt économique minime quant à un éventuel conflit etc...). Ces deux espaces de conflit émergeant que sont la Nazum occidental et l'Eurysie de l'est sont par ailleurs liés par l'engagement d'acteurs nazumi en Retsvinie, à l'instar des légionaristes khardaz dont l’activité a été recensée de l'autre côté de la mer. Une situation qui n'est pas irriter le gouvernement communal velsnien, qui envisage des moyens d'empêcher les légionaristes de passer d'un continent à l'autre par le biais de contrôles maritimes plus stricts. L’implication et l'inquiétude similaire de la Troisième République du Jashurian n'est dans ce contexte pas étonnante. Cette puissance, qui s'est toujours improvisée comme la "puissance protectrice de la paix" du continent oriental, semble voir d'un très mauvais œil également la perspective d'un conflit dans la région. Une action commune des deux gouvernements, auquel devrait se rajouter celui du Banairah, est donc à prévoir. Reste à savoir quelle forme prendront cette série de mesures, et quel degré d'investissement ces États seront prêts à engager dans la sécurité du Nazum. Pour le moment, aucune source ne confirme que des solutions entre les trois partenaires ont été abordées.

Quoi qu'il en soit, il semblerait que ces évènements aient précipité la volonté du gouvernement velsnien de procéder à l'adoption d'une nouvelle loi de programmation militaire, dopant le budget de l'armée républicaine, jusqu'ici le parent pauvre des forces armées de la cité. Le Sénat velsnien a en effet voté la semaine dernière l'adoption d'un nouveau budget spécifiquement dédié à la constitution d'une force motorisée se voulant être la plus performante et la mieux dotée d'Eurysie, dans un contexte de reprise de la course aux armements. Pour la première fois, le tissu industriel velsnien devrait travailler de concert dans le cadre d'un partenariat avec les industries jashuriennes, algurenaises et ushong, dans l'optique de la livraison de 1 000 camions, 1 000 véhicules blindés en tout genre, ainsi que plusieurs milliers de tonnes de matériel en tout genre. Alors que depuis quatre ans, la cité s'était tournée exclusivement vers des acteurs internes pour honorer ses commandes, l'année 2018 devrait donc marquer le retour des appels d'offre internationaux. La raison n'est pas tant politique que pratique, puisque malgré le fait de posséder le troisième parc industriel mondial, l'effort des entreprises velsniennes est déjà accaparé par l'agrandissement constant des flottes, tandis qu'une grande entreprise de renforcement du secteur aérien est en cours. Le choix de la raison, donc, mais qui pourrait très bien avoir pour résultat la création de davantage de ponts diplomatiques et commerciaux avec les partenaires océniens de la République.

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Armoiries de la cité

République de la Cité de Myaikho

Déclaration officielle de la présidence de la République
Nursalim Weizhen

Six septembre de l'an deux-mille dix-huit


Peuple Myaikhos, communauté internationale,

Peuple Myaikhos, partenaires de la région, communauté internationale,

La République de la Cité de Myaikho suit avec la plus grande attention et une profonde préoccupation les événements dramatiques qui se sont déroulés au Ninchi, anciennement Sultanat souverain, aujourd'hui plongé dans une fragmentation violente de son autorité politique et institutionnelle. La guerre civile qui a ravagé le Ninchi est le symptôme tragique de l'effondrement progressif de l'État légitime, incapable d'assurer durablement la sécurité de ses citoyens, la continuité de ses institutions et le respect de ses engagements internationaux. Plus largement, c'est également le symptôme inquiétant de la pénétration des méthodes et pensées séditieuses et subversives qui font souffrir à notre continent des maux inutiles et durables. Pour autant, en dépit de la criante incapacité du Sultanat à contrôler son territoire et ses entreprises, la Cité de Myaikho réaffirme avec clarté qu'aucune révolution armée, aucun groupe idéologique, aucune entité privée ne peut prétendre tirer une légitimité durable de la force, de la coercition ou de la confiscation du pouvoir.

A ce titre, nous condamnons fermement les actions des mouvements révolutionnaires socialistes et les groupes militaires privés qui, sous couvert de justice sociale, ont plongé le pays dans l'instabilité, ouvert la voie à des ingérences extérieures et mis en péril l'équilibre déjjà fragile de la mer d'Azur. Ce risque accru d'ingérence étrangère inquiète au plus haut point la Cité qui déplore l'attitude de nations ou groupes prompts à se jeter sur les carcasses encore fumantes de peuples millénaires pour leurs intérêts indignes. La proclamation unilatérale de régimes idéologiques, l'appel a des soutiens militaires étrangers et la militarisation du territoire constituent une menace directe pour la sécurité régionale et le commerce international. La République de la Cité de Myaikho condamne tout aussi fermement l'obstruction manifeste au départ des ressortissants étrangers, et en particulier des civils jashuriens, exposés à des risques inacceptables. Le droit à la protection consulaire et a l'évacuation des populations civiles ne saurait être entravé par aucune autorité de fait, quelle qu'elle soit.

Dans ce contexte, la Cité exprime son soutien clair à l'opération jashurienne d'extraction et de protection des civils, menée dans un cadre strictement défensif, limité et proportionné. Cette opération répond à une nécessité humanitaire et sécuritaire, face à l'incapacité des autorités ninchoises actuelles à garantir la sureté des ressortissants étrangers sur leur sol.
Plus largement, la République de la Cité de Myaikho rappelle que la mer d'Azur est un espace vital pour la stabilité économique du Nazum, pour la liberté de navigation et pour les chaines commerciales mondiales. Toute tentative de transformer cette mer en zone de chaos, de piraterie ou de sanctuarisation idéologique sera considérée comme une ligne rouge par notre pays.

C'est pourquoi la Cité envisage et proposera, en stricte et étroite coordination avec les nations responsables et traditionnelles de la région, le déploiement préventif et dissuasif de moyens navals afin de garantir la sécurité des routes maritimes, de prévenir toute activité de piraterie ou terroriste, et d'assurer la continuité du commerce international. Cette présence n'aura aucun caractère offensif ou d'ingérence territoriale, mais s'inscrira dans une logique de stabilisation collective et de protection des biens communs maritimes.

La Cité de Myaikho demeure disponible pour soutenir toute initiative sérieuse de médiation, de transition encadrée et de reconstruction institutionnelle au Ninchi, dès lors qu'elle repose sur le rejet clair de la violence révolutionnaire, le respect des engagements internationaux et la sécurité des populations civiles. Le Nazum doit rester un sanctuaire, et la République de la Cité de Myaikho sera continuellement un acteur engagé en ce sens aux côtés de ses partenaires.

Vive la République, vive Myaikho et son peuple.
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Vos idées la rendront encore plus belle

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Il fut un temps où le ciel tomba sur la tête de ces habitants.
Ce jour là, un homme avait survécu à cette catastrophe divine. L'avion avait brûlé la jungle autour de lui, et lui, avec son bras retourné, brisé, il tentait de s'échapper. Une ombre vint. Plusieurs ombres. Il perdit connaissance.


2019. 29 ans ont passé. Un homme s'entraîne, lance des lances dans les trons des hauts arbres de la jungle. À 100 kilomètres du canal, dans cette petit village traditionnel perdu au Jashuria, il grandit. Il a 25 ans aujourd'hui. Son père est mort il y a 5 ans. Son père, recueilli et sauvé par le village. Village qui l'avait accepté après que son pays natal ait sombré dans un chaos absolu. Puis dans une guerre. Puis dans l'ascension de son fils au pouvoir suprême du pays. Son père avait vécu cela, à cet homme. Et lui, il était désormais dans son pays natal à lui. Cherchant à devenir plus fort, plus puissant, plus respectable, selon la tradition de son village.

2 autres hommes vinrent, accompagnés de natifs du village. Dont le "chef" du village. L'homme se retourna. Et l'un des deux hommes parla.

Monsieur.

Il baissa la tête, imité par son comparse, puis la releva.

Nous venons d'un pays lointain. Nous sommes venu vous chercher.

L'homme à la lance ne répondit pas.

La Loduarie vous attend. Votre frère n'y est plus, il est temps pour vous d'honorer votre lignée.

Alors, une lumière passa dans les yeux de l'homme à la lance. Ce soir, son avenir changerait. Il serait alors un vrai guerrier.
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Personnages présents dans la scène

Personnages présents


Xinyue Li
Li Xinyue
Ambassadrice du Baïshan à Agartha

Xinyue est une jeune brillante diplomate, formée à Haijing. Remarquée par le Secrétariat aux Affaires Étrangères, le parti a décidé de l'envoyer en tant qu'embassadrice à Agartha. Depuis plus de trois ans, elle travaille aux côtés de ses homologues Jashuriens à établir des liens solides et pacifistes entre les deux nations.


Musheng Yao
Yao Musheng
Ex-chanteur vedette du Baïshan

Musheng Yao était, jusqu'en mars 2016, le chanteur le plus connu du Baïshan. En début d'année 2016, une chanson polémique promouvant l'homosexualité le contraint à faire une pause dans sa carrière. Souhaitant pouvoir vivre son homosexualité plus librement, il met en scène son propre suicide fortement médiatisé au Baïshan et fuit le pays sous une nouvelle identité, Gaoming Ling.


<< Précédemment


    20 mai 2019
    Agartha


    Dans la culture baïshanaise, le 20 mai est un jour de fête. Comme dans toutes les cultures chinoises, on y fête l'amour. Un équivalent de la Saint-Valentin, où les pétales de roses sont remplacés par les lanternes rouges et où les baisers romantiques se gardent en privé, loin des regards.
    La jeune ambassadrice Li Xinyue aimait cette fête pleine de tendresse, bien qu'elle lui rappelait ses peines de cœur. Il y a plus de trois ans, Xinyue avait mis fin à la relation qu'elle entretenait avec un ancien camarade de promotion. Pour cause, sa nomination en tant qu'ambassadrice et son départ pour Agartha n'était pas compatible avec cette jeune relation encore frêle. Alors, chaque 20 mai, lorsqu'elle entendait les notes de guzheng chanter l'amour sous les montagnes blanches dans les quelques cafés baïshanais de la capitale jashurienne, elle repensait à ce visage qu'elle avait laissé. Que seraient-ils devenus aujourd'hui ? Ils seraient sûrement mariés, sur le point d'avoir un enfant. Elle, éminente diplomate ; lui, sans doute aussi. Une vie bien plus rangée qu'au sud du Nazum. Pourtant, elle se plaisait bien à Agartha : la culture jashurienne était intéressante, et il y soufflait un vent de liberté que le Baïshan ne connaissait plus. Haijing avait beaucoup changé, et pour rien au monde elle souhaitait y revivre. Endurer le mal du pays était un sacrifice acceptable.

    Li Xinyue entra dans le café les 100 Montagnes. Ce café avait ouvert récemment et tenait son premier évènement. L'atmosphère était chaleureux, elle entendait le mandarin se mêler au jashurien. Certains étaient venus en couple, d'autres vivaient peut-être leurs premiers rendez-vous, et certains curieux venaient découvrir la culture baïshanaise. Dans un coin de la salle, une chanteuse amateur faisait vibrer le café des sons populaires du pays. Elle devrait venir plus souvent profiter de cette ambiance.
    Xinyue s'installa sur une table du fond, seule. C'était un peu triste de se retrouver sans compagnie en ce jour. Alors, elle observait les couples amoureux comme des tableaux mouvants. Il y avait une certaine poésie à passer le regard dans cette scène. Une serveuse vint prendre sa commande et elle reçut un bubble tea au fruit du dragon quelques instants plus tard. Elle aimait bien ce fruit, et ici, au sud du Nazum, ils avaient une douceur encore plus sucrée qu'à Haijing. Au final, elle passait un bon moment.

    Puis, la chanteuse termina sa chanson, et quitta le micro installé sur un trépied. L'organisateur de la soirée prit la parole pour annoncer le prochain intervenant.
    — Mesdames, messieurs, vous pouvez encore applaudir la magnifique Tian-tian ! Le prochain est un chanteur, il est nouveau ici et c'est la première fois qu'il vient chanter sur scène. Est-ce par timidité qu'il porte son masque de dragon ou pour rendre honneur à notre Patrie ? Veuillez accueillir 面龙 - Mian-Long, le Dragon Masqué !
Un homme monta sur scène, accompagné d'applaudissements. Il était grand, élancé, et portait un masque de dragon vert, une référence claire au dragon de jade de Haijing. Une chose était sûre : avec sa veste bordeaux scintillante, il avait du style. L'homme masqué régla la hauteur du micro et annonça :
    — Je vais vous chanter 小酒窝 (xiǎo jiǔ wō).
    C'était un classique du Baïshan. La musique se lança et le chanteur commença à chanter.


    Xinyue fut immédiatement captivée par la voix du chanteur. Mian-Long avait une vraie voix, incroyable. Elle peinait à croire qu'il était un simple amateur qui n'était jamais monté sur scène. Et plus le Dragon Masqué chantait, plus il lui semblait qu'il avait une voix similaire à Yao Musheng, le célèbre et regretté chanteur du Baïshan qu'elle avait tant écouté plus jeune. Yao Musheng était une référence. Celui qu'on nommait l'Étoile du Baïshan influençait encore de nombreux chanteurs qui débutaient, et elle ne s'étonna pas de reconnaître cette manière de chanter. Toutefois, qu'est-ce qu'il chantait bien !
    Encore captivée, la jeune ambassadrice fut presque triste quand le chanteur s'arrêta et quitta la scène. Il fallait qu'elle aille le voir, qu'elle le retrouve en loge. Elle voulait féliciter personnellement la voix qui venait de la faire replonger dans son adolescence. Elle voulait saluer le talent, voire même l'aider à percer. Elle était convaincue : il pouvait se faire un nom au Baïshan.
    La petite Xinyue vida son verre de bubble tea et se leva. Discrètement, elle se glissa vers les loges. L'ambassadrice était un visage familier des expatriés à Agartha, cela lui donnait certains privilèges, notamment celui d'accéder à des lieux restreints du public. Quand elle arriva vers la loge masculine, elle s'apprêta à toquer pour prévenir de son intrusion. Mais au moment où son poing allait frapper, la porte s'ouvrit d'elle-même, et le Dragon Masqué apparut... sans son masque.

    Une hésitation. Un silence. Cela ne dura qu'une fraction de seconde, mais le temps sembla suspendu. La diplomate fixait le chanteur, muette, avec une expression de surprise manifeste. Elle savait qui il était. Il savait qu'elle savait qui il était. Tous les deux se regardaient en silence, se guettant l'un l'autre, sans savoir comment réagir.
    — Ya... Yao Musheng ?
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Gouvernement provisoire de Sa Majesté

Empire Démocratique et Parlementaire du Nord


20 mars janvier 2020


Déclaration du Gouvernement de Sa Majesté relative aux déclarations de la Grande République de Westalia et de la Troisième République du Jashuria



La Chancellerie Impériale a pris connaissance des récentes déclarations émanant de représentants de la Grande République de Westalia et de la Troisième République du Jashuria.

Après examen de leur teneur, le Gouvernement de Sa Majesté a décidé de rappeler pour consultations l'Ambassadeur de l'Empire auprès de la Grande République de Westalia ainsi que l'Ambassadeur de l'Empire auprès de la Troisième République du Jashuria. Cette décision ne constitue pas une rupture des relations diplomatiques. Elle traduit cependant la gravité avec laquelle l'Empire considère des propos qui, par leur caractère inexact, injurieux et parfois délibérément révisionniste, ne peuvent rester sans réponse.


S'agissant de la Troisième République du Jashuria, la Chancellerie Impériale regrette profondément le ton adopté par ses représentants.

Il est pour le moins surprenant de voir l'Empire accusé de n'avoir jamais présenté d'excuses au sujet du Mokhaï et de ne pas avoir participé à la lutte contre le dictateur Aoki Saburo. Ces affirmations sont objectivement fausses. L'Empire du Nord a officiellement reconnu les souffrances causées par sa politique coloniale passée, a présenté ses excuses aux autorités mokhaïennes et engagé un travail de coopération politique, économique, mémorielle et culturelle avec celles-ci. Les autorités du Mokhaï ont accepté cette démarche, permettant l'ouverture d'une nouvelle page dans les relations entre nos deux nations. L'Empire a également reconnu ne pas avoir su correctement gérer le processus d'indépendance. Et l'Empire a coopéré selon ses moyens avec l'estimée Duan Song pour la libération du pays du joug dictatorial communiste. Par ailleurs, il relève d'un manque de bonne foi d'accuser l'Empire de ne pas avoir agi davantage alors qu'Agartha sait pertinemment que toute action de l'ancienne métropole aurait été décriée et rejetée, et que l'ensemble des émanations du Jashuria ont incité l'Empire à quitter le Nazum.

Il n'appartient naturellement pas à l'Empire de répondre des carences d'information de certains diplomates étrangers lorsque les faits sont publics, documentés et connus des premiers intéressés.

La Chancellerie s'étonne d'autant plus de cette leçon de morale historique qu'elle émane d'un État qui continue d'apporter son soutien financier et politique à l'entité coloniale instaurée par la Principauté de Carnavale sur le territoire kabalien, au terme d'une politique de conquête, de déplacements forcés de population et d'exactions dont chacun connaît aujourd'hui l'ampleur. Avant de prétendre distribuer les certificats de repentance aux autres nations, chacun gagnerait à examiner avec lucidité les conséquences de ses propres choix diplomatiques. Nous regrettons également de voir la diplomatie jashurienne, autrefois reconnue pour sa mesure, son élégance et la qualité de ses analyses, céder désormais aux facilités de la polémique, de l'invective et de la caricature.

Enfin, la Chancellerie Impériale ne peut laisser passer la désinvolture avec laquelle certains responsables jashuriens évoquent l'Holocauste d'Estham. Jamais l'Empire du Nord n'a utilisé les millions de victimes du Ruban Écarlate comme un instrument de polémique diplomatique. Jamais nous n'avons relativisé les souffrances du peuple jashurien ni transformé cette tragédie en argument de circonstance. Nous attendons en retour une décence identique envers les deux millions de civils assassinés lors de l'Holocauste d'Estham. Les morts ne devraient jamais servir de projectiles diplomatiques.


S'agissant de la Grande République de Westalia, la Chancellerie Impériale exprime sa profonde incompréhension.

L'Empire du Nord entretient depuis de longues années une relation d'amitié, de confiance et de coopération avec Westalia. C'est précisément pour cette raison que nous regrettons davantage encore de voir les plus hautes autorités westaliennes reprendre des contre-vérités manifestes concernant les débats politiques actuellement en cours au sein de notre Assemblée Constituante. Assimiler un projet constitutionnel visant à renforcer les contre-pouvoirs, la participation citoyenne, les libertés publiques et la lutte contre les discriminations à un prétendu projet de << République populaire >>, et par là le projet de société communiste théorisé par le Parti Communiste Radical, relève moins de l'analyse politique que de la formule polémique.

Il est également faux de prétendre que le Gouvernement impérial banaliserait les crimes commis au nom du communisme. La Première ministre a rappelé avec clarté qu'elle ne partageait ni les doctrines économiques ni les doctrines politiques communistes. Elle a simplement refusé une confusion intellectuelle consistant à placer indistinctement toutes les idéologies sous une même appréciation historique et morale. De plus, les déclarations de son Excellence le Président de la Grande République omettent délibérément la précision faite par Son Excellence la Première ministre de Sa Majesté lorsque celle-ci précisait que le projet visé par ses propos étaient le projet communiste strictement national porté par le PCR qui, jusqu'à preuve du contraire, n'est en aucun cas coupable des crimes dont l'extrême droite nordiste se fait l'héritière par sa filiation avec la dictature fasciste ayant gouverné le pays durant la fin de la première moitié du vingtième siècle.

Déformer volontairement ces propos n'honore pas le débat démocratique et honore encore moins l'image et l'esprit de Westalia dans le monde.

Nous relevons par ailleurs avec regret que le Président westalien semble avoir oublié l'attitude constante de l'Empire lorsque son propre pays traversait des périodes autrement plus douloureuses et de la solidarité ainsi que du respect qui caractérisaient nos relations. L'Empire n'a jamais minimisé les souffrances de la guerre westalo-viétique. L'Empire n'a jamais relativisé les drames humains qui ont marqué cette période. Et l'Empire n'a jamais qualifié la Grande République de Westalia de dictature fasciste lorsque les affrontements avec les Hamajaks suscitaient de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. Nous ne caricaturons pas nos partenaires, et il est regrettable que Columbia ait abandonné ce principe. Nous avons toujours privilégié le dialogue, même lorsque celui-ci était difficile.

De la même manière, l'Empire n'a jamais minimisé les attentats terroristes qui frappent régulièrement la Yukanaslavie. Nos armées, nos services de renseignement et nos institutions coopèrent quotidiennement avec notre allié yukanaslave afin de protéger sa population contre cette menace. Nous aurions espéré que cette constance inspire aujourd'hui davantage de retenue.


La Chancellerie Impériale rappelle enfin un principe simple. L'Empire du Nord n'accepte aucune ingérence dans son processus constituant et ne restera pas passif devant le révisionnisme et la favorisation de la désinformation ayant pour but de fragmenter notre pays et notre société. Les institutions que les Nordistes choisiront librement d'adopter relèvent exclusivement de leur souveraineté démocratique. Notre Constitution est débattue publiquement, amendée librement par une Assemblée élue, soumise à la contradiction permanente des forces politiques et, le moment venu, sera présentée au peuple impérial selon les modalités qu'il appartiendra à l'Assemblée Constituante et à Sa Majesté Impériale de définir. Elle ne requiert ni approbation étrangère, ni validation idéologique, et ne s'abaissera pas à se voir dicter son destin par les paniques morales ou les insultes de quelques acteurs étrangers.

Le rappel de nos ambassadeurs a précisément pour objet de permettre une réévaluation sereine de nos relations bilatérales avec les gouvernements concernés. L'Empire demeure attaché au dialogue, y compris lorsque celui-ci est difficile, surtout lorsque cela est difficile. Cependant le dialogue suppose une condition minimale : le respect mutuel. Ce respect exclut les contre-vérités, les injures, les caricatures historiques et les tentatives d'instrumentalisation des tragédies qui ont endeuillé nos peuples. L'Empire continuera de défendre ces principes avec la fermeté, la dignité et la mesure qui caractérisent sa diplomatie. Nous attendons des clarifications et des excuses afin de reprendre sereinement les échanges diplomatiques en cours.

Njowga Nielsen
Grand Chancelier de l'Empire du Nord

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21/03/2020

Le Draim



Tension sur le continent aleucien, nouveau rebondissement dans les responsables du génocide Kabalien

Une bonne nouvelle, la première depuis un moment, mais que en apparances: c’est l’heure des divisions sur le continent des impérialistes aleuciens après que, d’après nos sources provenant de médias locaux, le pire pays de ce continent, la Westalie, connue pour son racisme, ses discriminations envers les Afaréens, et surtout envers l’Antérie, ainsi que pour avoir tenté, il y a quelques années, de voler des documents du gouvernement antérien à travers deux espions, dont un fut capturé, interrogé, jugé puis exécuté avant d’être exposé au centre d’une prison de notre glorieux et puissant pays, est parvenue à tenir des propos sur la politique intérieure de l’Empire du Nord. Apparemment, la Westalie, en plus de posséder des services de renseignement que l’on pourrait juger équivalents à une classe de gamins jouant aux agents secrets, d’être un pays au modèle politique instable, que l’on pourrait qualifier de misérable face à la stabilité incarnée par l’Antérie, souffre également de graves lacunes en matière diplomatique. Comme quoi ce pays, qui se fait passer pour une grande puissance et cherche à jouer dans la cour des grands, serait finalement comparable à un territoire aussi misérable que le Chandekolza.

Mais ce n’est pas tout, puisqu’un autre pays a été visé par l’Empire du Nord pour des critiques mensongères et infondées: le Jashuria. Comme quoi les impérialistes sont tous aussi misérables les uns que les autres. Sauf que le Jashuria, contrairement à d’autres pays aleuciens, aurait, d’après le Grand Chancelier de l’Empire du Nord, «apporté son soutien financier et politique à l’entité coloniale instaurée par la Principauté de Carnavale sur le territoire kabalien», ce qui le rendrait de facto complice d’un génocide.

Cette information, contrairement au reste des déclarations émises, qui nous sont inutiles malgré leur caractère amusant, est jugée de la plus haute importance par le gouvernement antérien. Le porte parole des services diplomatiques antérien aurait annoncé à notre média que «le gouvernement antérien, représenté par la sublime personne qu’est Monsieur le chef président Jakamé Idi Akim, n’était aucunement au courant du soutien conséquent apporté par le pays nazumien qu’est le Jashuria. Ce soutien, qui discrédite à la fois ce pays et son continent, constitue une faute des plus graves et des plus impardonnables, dont nous prenons pleinement conscience et à laquelle nous allons réagir de manière sensée et diplomatique.» Notre journaliste a alors demandé un exemple. Le porte parole a répondu: «Nous allons ajouter le Jashuria à la liste des pays dont les citoyens et les représentants auront l’interdiction de pénétrer sur le sol antérien, et nous ouvrirons une enquête afin d’y ajouter tout autre État se rendant complice du génocide kabalien. » À la question des possibles tensions que pourrait créer cette nouvelle entre le Jashuria et l’Antérie, deux pays ayant jusqu’à présent très peu interagi diplomatiquement et ne disposant même pas d’ambassades respectives, le porte parole a déclaré de manière héroïque: «Le Jashuria, tant qu’il se rendra complice du génocide, n’aura pas son mot à dire sur les sanctions émises par l’Antérie.»
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