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[Presse] Actualités de la Grande République - Page 6

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Columbia Chronicle du 12 avril 2018
Columbia Chronicle


Victor Hardenbor Jr. : « Plus nous tarderons à reprendre la main, plus l’indépendance du continent sera menacée par les étrangers »


Victor Hardenbor Jr., Vice-Président et leader de campagne pour le PUR, à New Landor, le 19 mars 2018.
Victor Hardenbor Jr., Vice-Président et leader de campagne pour le PUR, à New Landor, le 19 mars 2018.

Rôle central de la Grande République en Aleucie, lutte contre les ingérences étrangères, positionnement sur l’OND, avenir de l’ASEA et sécurité nationale, à l’approche des élections pour le Congrès Suprême, Victor Hardenbor Jr., le Président sortant de cette illustre institution, pose un bilan de l’état diplomatique du pays et du continent, tout en présentant les décisions qu’il préconise de prendre pour assurer son intégrité à l’international, dans une tribune publiée dans nos colonnes.

« Le continent a besoin d’une nouvelle figure de proue »

Ces cinq dernières années, l’Aleucie a progressivement plongé dans une phase d’instabilité diplomatique, là où notre continent était un modèle de prospérité et de paix, il est désormais vu comme incertain et à la succession de crises entre les principales puissances qu'il héberge. Si la majorité de ces problèmes peuvent être imputés à la Fédération de Stérus, qui n’est désormais plus vraiment une menace, il serait un peu trop hâtif de déclarer que le retrait de cette dernière de la scène internationale va régler l’ensemble des problèmes auxquels les aleuciens font face. Le Grand Kah s’infiltre toujours plus dans les différentes scènes politiques du continent, tout particulièrement la nôtre, les nations communistes représentent toujours une menace non-négligeable, que cela soit la Vlastie, séparée de nous de seulement quelques centaines de kilomètres, ou la Confédération Socialiste, et son territoire aléoute dans le nord. Avec la chute du Lofoten, seule figure aleucienne qui était capable de maintenir en ordre cette “Pax Aleucia”, les événements malheureux se sont multipliés : les crises et le conflit avec Stérus, la montée des idéologies indigénistes, avec notamment l’indépendance des Républiques Natives Etznabistes, véritable centre de formation à terroristes ou encore les étrangers parasitant notre beau continent de leur influence néfaste. Un seul constat peut être établi aujourd’hui : le continent a besoin d’une nouvelle figure de proue pour le guider et ceci rapidement. Naturellement, depuis l’étranger, nombreux sont les regards qui se portent désormais vers la Grande République pour occuper ce rôle, seule nation qui est en capacité de rétablir l’ordre et la stabilité en Aleucie. Dans ce jeu géopolitique, Westalia a le devoir de se présenter en tant que troisième voie, pas celle d’une Aleucie sous le contrôle du Grand Kah et de ses satellites, pas celle d’une Aleucie pilotée dans l’ombre par les membres de l’OND, mais celle d’une Aleucie indépendante et plus prospère que jamais. Notre pays est déjà un modèle de réussite économique et diplomatique aleucien, notre réseau commercial s’étendant sur tout le continent et même bien au-delà à travers le monde, faisant prospérer tous nos partenaires, tout particulièrement nos voisins. Par le passé, nous avons sauvé l’Aleucie des invasions communistes, aujourd’hui, nous l’avons libéré de la menace stérusienne, demain, nous serons la grande muraille face au danger futur qui plane au-dessus de nous : cette alliance à venir entre ce communalisme malsain et ces pseudo-révolutionnaires indigénistes, contrôlés par le jumeau de Stérus, l’Akaltie.

Les nations libres et démocratiques du continent ont tout à gagner à se ranger à nos côtés pour assurer leur protection, pour contribuer à leur prospérité et pour former une force diplomatique indétrônable. C’est un travail qui a déjà débuté, grâce au retour d’Henry Takajiwa aux affaires étrangères : nous avons déjà l’ensemble des arguments et des preuves nécessaires pour démontrer que nous sommes capables d’assurer ce rôle, il est désormais de notre devoir de les présenter à tous pour que cela devienne une réalité. Pour cela, nous pouvons déjà nous inspirer de la construction des autres États-puissances à travers le monde, s’étant façonnés un contexte régional ou continental proche de ce que nous devons viser. Si je prends l’exemple de la Troisième République du Jashuria, cette dernière s’est forgée une position de nation protectrice et hégémonique du Nazum méridionale, voir comme la nation incontournable dans les affaires nazuméennes. Contrairement à notre traditionnelle posture locale et réductrice, ces derniers appliquent des principes cultivés historiquement et une philosophie des affaires étrangères très intéressante, inspirée de celle du théoricien Kanuhilyia, dans son traité de l’Arthashastra, qui pose la politique étrangère sur six piliers : “la paix, la guerre, l’indifférence, la mise en marche, le couvert et le double-jeu”. Ce qui est très intéressant, ceux sont les enseignements que nous pouvons tirer de cette philosophie, qui sont avant tout le développement de l’ambition des nations, dans une vision pragmatique où l’on cherche à saisir stratégiquement et avec minutie les opportunités qui s’offrent à nous, au bon moment. Le monde évolue et le caractère de plus en plus imprévisible de la géopolitique internationale doit être un déclic pour chercher à revoir nos doctrines, la politique étrangère en tout premier. A l’image du Jashuria dans le sud du Nazum et de sa stratégie diplomatique au cours des années 2000, Westalia doit saisir les opportunités qui se présentent pour se construire le rôle qu’elle se doit d’avoir en Aleucie. Il ne faut pas avoir peur de sortir de notre zone de confort, de nous mettre en avant, au risque de déranger certains, puisque rester passif ne nous mettra que plus à la merci des dangers qui guettent notre continent. Si ce n’est pas à nous de réagir, cela ne pourra être personne.

« Là où il y a du vide en Aleucie, c’est une opportunité de voir le continent être parasité par des étrangers malintentionnés »

Cette absence de figure de proue a de graves conséquences sur la géopolitique aleucienne. On le voit depuis au moins deux ou trois ans, des forces étrangères, principalement eurysiennes, reposent leurs yeux sur notre continent, en quête d’extension de leur zone d’influence, parfois au nez et à la barbe de notre gouvernement fédéral. Aujourd’hui, nous sommes des cibles faciles pour ces requins, puisque là où il y a du vide en Aleucie, c’est une opportunité de voir le continent être parasité par des étrangers malintentionnés vis-à-vis de l’intégrité et de l’indépendance des nations concernées. On peut le voir avec la base militaire kartienne en Lermandie, aux portes de la Grande République, une nation eyrusienne qui a fait son beurre sur la menace stérusienne en manipulant le gouvernement lermandien pour l’installation d’une structure militaire à l’Aleucie. Est-ce que les kartiens auraient eu les moyens de protéger la Lermandie de Stérus ? La réponse est rapide : non, ça n’aurait jamais été possible. Par contre, cette base est très bien placée pour augmenter la force de projection kartienne dans la région, menaçant d’importer l’instabilité de sa métropole sur nos terres. Cette base n’est pas qu’une menace militaire, elle est surtout une menace géopolitique qu’il faut se débarrasser dans les plus brefs délais, une tumeur que le Président fédéral Belagri n’a pas su couper à temps et qui démontre sa faiblesse diplomatique en Aleucie, une honte pour notre pays qui se voit couper l’herbe sous le pied, chez elle, par le premier venu. Ce n’est malheureusement pas le seul cas de ce genre, je pense notamment à la base militaire slavis en Maximus, qui a notamment valu une détérioration des relations entre ces derniers et l’Akaltie, qui a tenté de la déloger de façon brutale, pour finalement sortir de cet événement avec un nouveau pays hostile à sa liste et une humiliation diplomatique profonde. Grâce à notre participation au gouvernement fédéral, seulement quelques semaines après notre arrivée, nous avons réussi à faire jouer de nos atouts, non seulement pousser le Maximus a décidé d’une expulsion de cette base, mais surtout pour se forger un nouveau partenaire dans le Nord du continent, un allié futur à n’en pas douter. Avec nos alliés asfortiens et mes confrères du PUR, membres de l’exécutif, nous avons poussé à ce qu’une véritable dynamique de chasse à cette influence étrangère néfaste s’intègre dans notre doctrine diplomatique et, si les belagriens freinent notre juste volonté, cela représente déjà un avancement majeur en Westalia, mais surtout dans une Aleucie jusque-là très passive à ce sujet. Aujourd’hui, cela devrait être un sujet de préoccupation majeure pour l’ensemble du continent, puisque plus nous tarderons à reprendre la main, plus l’indépendance du continent sera menacée par les étrangers.

Si l'installation de bases militaires, une extension maladroite de zones d’influence, sont les exemples les plus frappants, il ne faut pas oublier que nous sommes aussi vulnérables à l’ingérence étrangère, idéologique ou non, de nations aux intentions particulièrement intéressées concernant l’Aleucie. Je pense notamment à la montée croissante du communalisme dans le monde, où on a vu, en l’espace d’une année, la moitié de l’Eurysie de l’Est passer sous le contrôle du Grand Kah, que cela soit avec l’établissement brut de satellites ou de gouvernements complaisant concernant ces derniers. Le communalisme n’est qu’un nouveau masque du communisme, dont les travers traditionnels commencent déjà à se voir, celui d’une utilisation excessive de la force pour s’étendre sur le globe. Notre continent reste pour le moment épargné par cette nouvelle peste rouge, mais pas pour autant non concernée par cette dernière. En effet, l’émergence de mouvements communalistes ou proches est bel et bien d’actualité, comme cela peut être déjà le cas chez nous avec le Rassemblement Communaliste, véritable organe de propagande et d’infiltration kah-tanais en Westalia. Si, dans une nation aussi solide que la nôtre face à l’émergence de ce genre d’idéologie, ils arrivent à s’infiltrer, la possibilité que des nations moins stable ou moins préparés se retrouvent submergés par une déstabilisation de ce genre pourrait être la porte ouverte à une épidémie de révolutions sur le continent, à l’image de ce qui se passe déjà en Eurysie Centrale et Orientale, une véritable apocalypse et un désastre humanitaire. Aucune nation en Aleucie n’est capable de faire barrage contre la tempête à venir, c’est pour cela que Westalia doit prendre cette place et unir les nations pour renforcer nos protections, bien que la complicité de Simeon Belagri vis-à-vis des kah-tanais ne me donne pas cette confiance pour les deux prochaines années à venir. Il est temps pour notre gouvernement, mais aussi pour tous les aleuciens, de ne plus fermer les yeux sur les différentes menaces étrangères qui planent au-dessus de nous. Il faut s’unir pour survivre à cette période trouble et Westalia doit se présenter comme la figure de proue naturelle qui ramènera l’ordre, la sérénité et l’indépendance de l’Aleucie.

« L’OND n’est pas une solution viable »

Toutes ces problématiques, elles sont connues de tous depuis un bon moment déjà, je ne mets pas à la lumière du jour des choses nouvelles, le gouvernement précédent en avait déjà conscience, le Président fédéral les a en tête depuis le début de son mandat, depuis 2015. La situation géopolitique évolue, mais la base de nos problèmes internationaux reste la même : l’Aleucie est menacée, infiltrée et on pourrait tous en perdre le contrôle, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Pour trouver une solution, Monsieur Belagri a pensé qu’il était plus juste de placer notre pays sous la protection d’une grande alliance internationale, l’Organisation des Nations Démocratiques, une organisation de base très eurycentrée, active dans de nombreux événements géopolitiques à travers le monde et dotée d’une cohésion aussi importante que sa puissance militaire. Si le principe d’apporter une force stabilisatrice sur le continent est le bon chemin à prendre pour répondre à ces problématiques, vendre notre pays au plus puissant est seulement la solution du lâche, une chute alternative, même en considérant que la menace stérusienne était plus que d’actualité au moment de notre candidature. En cherchant à s’attirer le soutien d’une telle organisation, le Président fédéral ferme de nombreuses portes pour l’évolution de notre position à l’internationale et des opportunités que nous pouvons avoir. Il juge que, de par notre position, nos alliés actuels et nos capacités, nous ne sommes pas en capacité de trouver une solution viable sans devoir dépendre de la force d’autres. Je ne suis pas d’accord avec cette vision, au contraire, je pense que nous avons tous les moyens à notre disposition pour atteindre nos objectifs, encore plus avec la disgrâce de Stérus, qui nous ouvre un boulevard de choix. Rejoindre l’OND n’est pas une solution viable sur le long terme, nous allons nous retrouver bloqués, tirer dans des intrigues eurysiennes pour lesquelles peu de westaliens souhaitent voir la Grande République tomber dedans.

La grande question est, qu’est-ce que l’OND a comme intérêt à voir la Grande République rejoindre ses rangs ? En réalité, de mon point de vue, cette dernière est bien plus gagnante de notre adhésion que ce que notre Président fédéral souhaite nous faire croire. Nous avons une économie dynamique, la plus importante du continent, une force armée puissante et à la croissance exponentielle, une position stratégique entre l’Aleucie et le Nazum… Notre non-alignement fait de nous une prise de guerre de premier choix pour cette organisation qui cherche à étendre son influence à l’internationale, face à ses rivaux tout aussi actifs dans ce genre d’initiative. Qu’avons-nous réellement à gagner dans cette adhésion ? Des alliés puissants ou des ennemis redoutables ? Je suis un patriote, un citoyen qui porte un amour sans limite pour son pays et je ne peux pas accepter que nos dirigeants cherchent à marchander notre indépendance aux premiers venus, pas sans avoir une vue complète de ce que nous sommes déjà capables de faire, nous, nos alliés et partenaires actuels. Une adhésion de Westalia au sein de l’OND, ce n’est pas seulement la Grande République qui basculerait dans cette sphère d’influence onédienne, ce serait l’ensemble du continent. Notre choix n’est pas que celui des westaliens, mais celui de tous les aleuciens. On ne peut pas rejoindre une telle organisation sur un coup de tête ou en échange de quelques pauvres promesses de soutien. C’est pour cela que j’ai soutenu, au sein de mon parti et avec nos alliés asfortiens, la nécessité urgente de suspendre toute action de ratification de traité qui scellerait notre adhésion dans le marbre. Cela nécessite une analyse et une prise de recul importante de la part de notre gouvernement, une étude du réel intérêt de ce caprice bélagrien, une voix rationnelle au milieu de la panique exagérée des sociaux-libéraux, fin 2017.

« L’ASEA est une expérience précieuse, mais un échec inévitable, un bateau en train de couler. Nous devons le quitter, le démonter et le reconstruire chez nous, différemment. »

On dit que l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne est aussi une solution à ces problématiques, mais elle est pour moi à ce jour plus une de ces problématiques qu’une solution. Le rêve d’une union des nations aleuciennes n’aura pas duré longtemps avant de voir les premières ambitions personnelles ravager les institutions que nous avons contribuer à construire. Dans une complicité stérusio-akaltienne, l’ASEA a été saboté de toute part, sa fragile cohésion sacrifiée sur l’autel stérusien de l’orgueil et son efficacité limitée à celle d’un commerce facilité entre ses membres. Lorsque nous avons rejoint cette initiative, en 2013, il y avait déjà dans notre vision l’urgence de construire une entité capable de protéger l’indépendance du continent, faute du manque de puissance des quatre membres-fondateurs pour assurer ce rôle individuellement. L’union était la solution, au-delà de nos différends idéologiques, où du moins nous avons voulu naïvement y croire, jusqu’au bout. Un an plus tard, la Fédération de Stérus commence à révéler son vrai visage anti-westalien à tous, avant de quitter l’organisation peu de temps après. Derrière elle, une blessure inguérissable, fatale même pour l’alliance, le début d’une hémorragie encore d’actualité et qui ne tardera pas à provoquer sa mort. Au cours des cinq dernières années, nous avons essayé de panser ses blessures, de reconstruire la cohésion piétinée, mais le laquais des stérusiens, l’Akaltie, a grandement contribué au sabotage de nos efforts, des efforts de toute l’alliance, à se reconstruire après cet épisode. Les akaltiens ne sont pas nos alliés, ce sont des traîtres, des amis de nos ennemis, tout aussi anti-westaliens que le fut la Fédération. Ils aboient moins, mais leur vision est la même : mettre à mal l’intégrité de notre pays. Aucun soutien face à l’attaque de Stérus en 2016, sabotage de toute réponse commune au sein de l’organisation et tout récemment un soutien sans équivoque à la vermine terroriste hamajak. Il faut se rendre à l’évidence, Stérus a torpillé le navire et l’Akaltie s’arrange en coulisse pour qu’il sombre au plus vite.

L’ASEA est une expérience précieuse, mais un échec inévitable, un bateau en train de couler. Nous devons le quitter, le démonter et le reconstruire chez nous, différemment. Il faut repenser la façon dont les aleuciens dialoguent et collaborent entre eux, cela ne peut plus se faire comme avant, avec des institutions supranationales lentes, bureaucratiques et propices à la paralysie sur la moindre proposition émise. Cette nouvelle organisation doit poser les fondations d’une sphère de coprospérité solide, au prise de décision rapide et d’une alliance à la cohésion issue d’une confiance inébranlable entre ses membres. Si Westalia doit devenir la figure de proue de notre continent, l’Aleucie a aussi besoin d’une organisation capable de regrouper ses principaux occupants pour constituer une base diplomatique forte face aux ingérences étrangères, d’une coopération économique capable de contribuer aux nations en voie de développement sur notre continent, tout comme être en capacité de renforcer la croissance des principales économies aleuciennes et bien évidemment de la constitution d’une force militaire alliée nécessaire pour faire face à toute menace de grande ampleur pouvant viser l’Aleucie. On le voit déjà à l’étranger, par exemple avec le Pacte Afaréen de Sécurité, que ce genre d’initiatives, bien que récentes, sont capables d’apporter des réponses rapides à une échelle continentale et c’est ce que nous devons viser en Aleucie, la construction d’une organisation capable de traiter les problématiques à l’échelle continentale, avec efficacité. Cette nouvelle entité, cette nouvelle alliance, elle doit surtout être construite autour d’un leadership fort, quelque chose qui a cruellement manqué au cours de l’existence de l’ASEA, celui d’une nation forte qui peut ouvrir la voie à ses alliés et je suis là aussi persuadé que Westalia est toute désignée pour remplir ce rôle. Dans l’immédiat, il faut renouer avec nos alliés historiques les lermandiens, mais aussi se construire de nouvelles alliances au sein de nos partenaires actuels, Maximus, Valerania ou encore le Makota, voir construire de nouveaux liens avec des nations qui pourraient nous suivre dans ce projet, comme l’Hasparne, Nebrownia, le Nouveau-Saptar, voir même l’Everia. Rien n’est exhaustif dans cette liste que je donne, ni même d’éléments fixes, le contexte géopolitique évolue grandement ces derniers temps et il évoluera encore profondément dans les années à venir. Westalia doit désormais se concentrer pour saisir des opportunités dans ce sens, voir les provoquer elle-même, pour accomplir la construction, avec ses alliés et partenaires, d’une nouvelle organisation aleucienne capable de remplacer l’ASEA durablement et avec efficacité.

« Il ne faut pas se relâcher pour assurer notre défense »

L’enjeu central est avant tout la sécurité nationale de la Grande République, notamment sur le plan militaire, avec l’identification et la neutralisation des menaces extérieures, comme au sein de notre propre pays, avec la chasse aux traîtres, aux communistes et aux terroristes qui souhaitent démanteler l’existence même de notre nation. Westalia a affronté de nombreux ennemis au cours de son histoire et nous n’avons jamais connu la défaite, que cela eut été contre les royalistes, les forces de Makkapitew, les viétiques et encore plus récemment les stérusiens. Aujourd’hui, aucun d’entre eux n’est en capacité de témoigner de ces événements, détruit par la puissance westalienne et c’est ainsi que nous devons continuer à opérer. Militairement, il ne faut pas se relâcher pour assurer notre défense, seulement parce que la Fédération, notre principale menace, a été neutralisée par nos efforts continus. La Grande République doit poursuivre son effort de réarmement en masse, en se dotant des capacités nécessaires face aux nouveaux dangers qui peuvent frapper dans ce monde, que cela soit face à une pluie de missiles balistiques, tout comme une protection contre des attaques génocidaires à base d’armes chimiques. Nous disposons de la première force aéronavale aleucienne et il est nécessaire pour notre souveraineté de renforcer cet aspect, notamment en élargissant notre capacité de déploiement, notre autonomie dans des conflits de longue durée et notre force de projection. Cette puissance doit servir de bouclier et d’arme de dissuasion face à toutes les entités étrangères qui souhaitent mettre à mal l’intégrité de la Grande République ou de ses alliés. Nous avons le minimum pour nous défendre, mais il faut très rapidement se projeter dans une défense continentale, dans la nécessité que, dans un futur proche, nous aurions le besoin de déployer nos forces pour soutenir nos alliés ou pour mettre fin à une nouvelle menace existentielle pour les aleuciens.

La guerre dans laquelle nous sommes déjà plongés, comme beaucoup d’autres nations, est celle de l’information. Avec l’évolution des moyens de communication, les nations hostiles utilisent des canaux alternatifs pour déstabiliser des nations entières, pour semer le doute au sein de la population, pour diffuser sa propagande, voire pour organiser des révolutions sans s’investir directement. On le voit déjà avec cette campagne d’extrême gauche contre l’OND sur nos réseaux sociaux, une manœuvre directement signée par les kah-tanais, sans aucun doute. Aujourd’hui, ces campagnes sont contre cette organisation, demain, elles seront contre les fondements de notre société et encore après, elles seront celles qui pousseront des westaliens à haïr d’autres westaliens. La contre-attaque ne doit pas attendre que nous soyons frappés dans notre cœur, elle doit se faire dès aujourd’hui, par la mobilisation du gouvernement fédéral et des citoyens patriotes conscients de la désinformation dont peut être victime notre population. Dans cette lutte, c’est tout particulièrement face à la menace rouge-indigéniste que nous devons faire bloc ensemble. Si j’ai déjà longuement abordé le danger du communisme/communalisme dans cette tribune, je pense qu’il est aussi important de rappeler que les pensées indépendantistes hamajaks n’ont jamais été aussi importantes depuis plusieurs années. Sous la gouvernance conservatrice, nous avions réussi à mettre fin à ces dangereuses idéologies visant à la destruction du pays de l’intérieur, mais il est forcé de constater que le passage en deux années de la gauche au pouvoir a eu des effets catastrophiques sur ce sujet et donc sur la sécurité intérieure du pays même. On ne peut désormais pas exclure que ces mouvements indépendantistes ne reçoivent pas déjà du soutien de l’étranger, où d’autres organisations terroristes similaires existent. Il va donc être nécessaire, dans un proche avenir, de se reconstituer tout un arsenal législatif et sécuritaire visant à la protection de nos concitoyens et à la chasse de ces organisations terroristes et anti-westaliennes. Pour moi, c’est ici que la principale ligne de front va se poser ces prochaines années, une prise de conscience que le gouvernement fédéral doit urgemment prendre.
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Democracy du 23 mai 2018
Democracy

Élections du Congrès Suprême 2018 : la droite conforte sa renaissance


Victor Hardenbor Jr., Vice-Président du PUR, réélu Délégué au Congrès Suprême et ultra favoris à sa réélection à la présidence de cette même institution, à Columbia, le 20 mai 2018.
Victor Hardenbor Jr., Vice-Président du PUR, réélu Délégué au Congrès Suprême et ultra favoris à sa réélection à la présidence de cette même institution, à Columbia, le 20 mai 2018.

Un contexte moins chaotique, mais pas moins stratégique

Depuis novembre 2017, la vie politique du pays tourne un peu au ralenti, dans une atmosphère lourde présageant une tempête à venir, esquivée à plusieurs reprises depuis plusieurs mois. Avec la fin de l’Alliance Sociale et Démocratique, la chute du gouvernement Garandor et le retour de la droite au pouvoir dans un cabinet de compromis avec le Front Populaire et Démocrate, Westalia se trouve dans une période instable, couvant une crise politique d’ampleur que les principales forces du pays tentent de repousser, malgré leurs différends idéologiques, mais pour combien de temps encore ? Le gouvernement Kaylor va bientôt fêter ses deux-cents jours d’existence à la fin du mois, étonnement sans division profonde ou tensions majeures entre ses différents membres, le projet de loi United Healthcare, bien que revisité, a même été adopté au Sénat au début de l’année. Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “la stabilité apparente du gouvernement actuel est bien plus due à la volonté de préserver le statu quo fragile, plutôt qu’une réelle volonté de coopérer ensemble sur des sujets de fonds. Aucune force politique n’est en capacité de pouvoir gouverner d’elle-même le pays sans l'appui d’un de ses rivaux, avec la configuration actuelle, ce n’est pas possible. Si la droite est en position de force, le Front Populaire et Démocrate freine particulièrement cette dernière dans l’application de son programme, la première n’essayant pas de passer en force au risque de plonger le pays dans l’instabilité totale. L’Alliance Asfortienne et le FPD ont tous les deux les clés de la stabilité nationale, aussi bien que les clés pour sa destruction. Les deux camps restent sur leur position à l’approche de 2019, pour les présidentielles et les sénatoriales, qui sont vus comme les événements électoraux qui débloqueront la situation actuelle”. Plus que jamais dans notre histoire, le pays se retrouve particulièrement multipolaire dans sa composition politique, avec d’un côté l’Alliance Asforitenne, la puissance de droite, face à une gauche éclatée dont le Front Populaire et Démocrate reste toujours la première force, mais isolée par ses anciens alliés socialistes et hamajaks, qui rencontrent des difficultés à s’unir, alors que le second bloc de droite, l’Union Horvanxienne, accentue ses discours extrême dans un contexte qui leur est tout aussi favorable que les asfortiens.

Recomposition du Congrès Suprême, la droite renforce sa majorité, bien que divisée

Nouvelle composition du Congrès Suprême à la suite du scrutin du 20 mai 2018.
Nouvelle composition du Congrès Suprême à la suite du scrutin du 20 mai 2018.

Le 20 mai, les citoyens-électeurs ont été appelés aux urnes pour renouveler la composition du Congrès Suprême, la chambre haute de la Grande République, quatre ans après le dernier scrutin. En 2014, le contexte politique était bien différent de celui d’aujourd’hui : le gouvernement Fujitawa connaissait ses dernières heures, sur fond de scandale quant à la tentative d’interdiction de notre journal à la demande du Ministre fédéral à l’Unité Nationale, Alfred Eisendorf, à la suite d’une interview d’un hamajak aux propos radicaux. L’opposition, de gauche principalement, avait provoqué de nombreuses manifestations à travers le pays pour protéger la liberté d’expression et la liberté de la presse. Aux élections de 2014, le Parti de l’Union Républicaine, alors au pouvoir, accuse un recul net et se retrouve en difficulté pour faire passer des lois dans le Congrès Suprême, majoritaire, mais sans majorité absolue. Considérant cette élection comme un échec politique, le Premier ministre fédéral de l’époque, Akito Fujitawa, remet sa démission au Président fédéral Victor Hardenbor, le bouledogue quittant son maître après neuf années de loyaux services à la tête de l’exécutif, laissant sa place au nouveau favoris du Président d'acier, Arthur Horvanx. En 2018, la tendance n’est plus vraiment la même, avec une droite, non plus en chute politique, mais bien dans une position de force, une ascension qu’elle n’avait plus connue depuis plusieurs années, comme si l’ère Hardenbor était déjà du passé. Victorieuse aux sénatoriales intermédiaires de 2017, cette même droite rafle de nombreux sièges au Congrès Suprême en 2018, que cela soit les forces de l’Alliance Asfortienne, qui confirme leur popularité par le gain de sept sièges au total, ou encore l’Union Horvanxienne, avec le Parti National Westalien, qui remporte un nouveau siège, mais c’est surtout l’arrivée officielle du New Order of Westalia dans l'hémicycle qui marque ces élections à droite. De facto présent sans étiquette après sa scission avec le PUR, en 2016, le nouveau parti de la droite radicale fait l'acquisition d’un groupe en bonne et due forme, avec tous les avantages qui vont avec, grâce à ses quatorze délégués, troisième force politique dans le Congrès Suprême, exæquo avec les libéraux du Parti Libre et Démocrate.

Pour autant, dans son ensemble, la droite est loin d’être un bloc uni. Cela fait plusieurs décennies que le contexte d’une droite très plurielle n’était plus d’actualité en Westalia, “historiquement” effacée par Victor Hardenbor grâce à la création du Parti de l’Union Républicaine, à la suite d’une union de nombreux partis de droite et de droite radicale. Aujourd’hui, la droite se divise à nouveau en plusieurs orientations, que cela soit les libéraux, associés à l’asfortisme, les récents héritiers de l’hardenborisme, les radicaux néo-horvanxiens, jusqu’aux nationalistes horvanxiens, dans son aile la plus extrême. Autant la droite domine les deux chambres, autant elle n’arrive pas à s’entendre depuis sa défaite de 2015, n’arrivant pas à transformer l’essai de son retour en force par sa désunion. D’un côté, l’Alliance Asforitenne, regroupant libéraux et hardenboriens, ferme la porte à une coopération avec la droite radicale et extrême, représentées par l’Union Horvanxienne, qui a déjà tendue la main plusieurs fois à ses confrères, sans manquer de les critiquer lourdement lors de leur intégration au sein du gouvernement avec le Front Populaire et Démocrate, fin 2017. Pour Marcus Odwent, “Westalia est historiquement un pays ancré à droite, que cela soit par sa morale ou son histoire, la majorité des gouvernements et des présidents fédéraux que la Grande République a connu sont issue d’une formation de droite, à l'exception que de quelques socialistes dans des périodes d’instabilités politiques et propices à ce genre “d’exception”. C’est une particularité assez intéressante de notre pays, la droite a beau chuter, elle trouve toujours le moyen de se relever rapidement et de faire son retour par la grande porte. A cela, nous sommes dans une situation politique assez proche de celles des années 70-80, avec un contexte de guerre qui frappe le pays, une droite divisée en de multiples mouvements politiques et une gauche au pouvoir qui n’arrive pas à stabiliser sa position. J’ai déjà fait ce parallèle de nombreuses fois, tout comme nombre de mes confrères, et je soutiens toujours que c’est une période intéressante à comparer avec notre époque actuelle. Aujourd’hui, la droite est de nouveau dominante, mais la gauche, qui représente toujours une grande force, trouve sa puissance dans l’incapacité des “deux droites” à s’unir politiquement et je ne pense pas que cela soit près d’arriver avant encore un long moment, pas avant de trouver un nouveau “Victor Hardenbor” version XXIème siècle. Le Front Populaire et Démocrate, sous la direction de Simeon Belagri, a encore de nombreuses cartes pour se tirer d’affaire dans cette histoire, ses compromis avec les asfortiens ayant été un bon mouvement pour garder la main, cultivant cette dualité de la droite”.

Une gauche qui encaisse sa nouvelle chute, avec quelques exceptions…

Grande perdante de ces élections, la gauche westalienne se retrouve face à une nouvelle défaite, confirmant son inévitable chute sur la scène politique, faisant craindre le retour d’un âge sombre à l’image des “trois décennies de traversée du désert”, qui avait dans l’autre sens permis un âge d’or pour la droite, sans parti de gauche au pouvoir entre 1981 et 2015. Sans surprise, la dissolution de l’Alliance Sociale et Démocratique a ressuscité les luttes électorales à gauche, où les socialistes n’ont pas hésité à tirer “à balles réelles” sur leurs anciens alliés belagriens, à l’image du Président de l’Union Sociale et Démocrate, Albert Parsent, pourtant un acteur majeur dans la création de l’ASD, qui cherche à rasseoir sa position sur son parti en se désolidarisant du FPD : “Simeon Belagri a fait le choix de la collaboration avec une force autocratique, démagogique et représentant ce qu’il y a de pire dans le capitalisme sans limite que ces derniers ont construit durant de nombreuses années. Le FPD n’est pas un parti du peuple, il n’est pas un mouvement social et humain, il ne vaut pas mieux que cette droite manipulatrice, dont il a préféré s'associer avec par couardise, plutôt que de reformer un véritable front contre cette dernière, un front démocratique. Ces derniers paieront leurs choix par le rejet du peuple dans les urnes face à leurs lâches décisions, des traîtres à leur propre électorat. Il est temps pour les socialistes de reprendre à nouveau leur place en tant que guide dans la lutte contre l’autoritarisme et les inégalités sociales !”, a déclaré ce dernier au cours d’un meeting de campagne à Santa Maria, le 4 février 2018. En effet, le Front Populaire et Démocrate subit le contrecoup de sa décision, ou plutôt de la décision de Simeon Belagri, de coopérer avec la droite asfortienne dans un gouvernement “de compromis”, comme le montre un récent sondage de la Westalian Society of Opinion sur les électeurs ayant voté FPD aux sénatoriales primaires de 2015, où 57% d’entre eux désapprouvent ce choix, malgré les arguments de stabilité avancés par le chef de l’État. Toujours selon Marcus Odwent, “le FPD reste une force politique majeure en Westalia, malgré son affaiblissement. Avoir accepté la droite au sein de ce nouveau gouvernement, pour certains, c’est un signe de soumission à cette dernière, mais c’est à mon avis le seul choix qu’avait le Président fédéral à la fin de l’année dernière, sans quoi le pays aurait pu plonger dans un chaos politique que même la droite asfortienne n’aurait pas voulu pour arriver à ses fins, pas dans une période aussi tendu à l’internationale. Finalement, bien qu’affaibli, Simeon Belagri arrive à se positionner comme un frein à cette même droite, comme un garde-fou face à leur programme, d’une certaine façon. La grande question reste encore, pour combien de temps ? Désormais, le chef de l’État doit trouver un moyen de rebondir rapidement, au risque de perdre sa place en 2019…”.

Pour le reste de la gauche, la chute est également partagée par la majorité des anciens membres de l’Alliance Sociale et Démocratique, où les socialistes de l’USD encaissent la perte de deux sièges, tout comme les ouvriéristes du Parti des Ouvriers Libres, qui tombe à un siège au Congrès Suprême, la plus grande chute historique pour le parti d’extrême gauche. Du côté de ces deux mouvements, ce recul s’explique surtout par le départ de leur électorat vers d’autres mouvements politiques, que cela soit à gauche, voire même à droite. A gauche, ce sont d’autres partis qui profitent de cette chute, des partis relativement plus récents que ces deux anciens maîtres de la gauche historique. En tête de liste, on retrouve le Mouvement Social Hamajak, qui confirme une fois de plus sa popularité au sein de la population éponyme, où presque un électeur hamajak sur deux a voté pour le MSH au cours de ces élections, un électorat traditionnellement orienté vers l’USD, voyant le parti de Gary Sikyatavo atteindre l’honorable nombre de trois délégués au Congrès Suprême, affirmant sa présence dans le paysage politique westalien. De l’autre côté, on voit arriver au sein de l'hémicycle le Rassemblement Communaliste, avec un délégué. Le parti d’extrême-gauche va quant à lui siphonner directement dans l’électorat ouvriériste déçu du POL, tout en séduisant des communautés traditionnellement éloignées des ouvriéristes, comme les westaliens ruraux par exemple. Malgré tout, la gauche ne parvient pas à retrouver l’élan qu’elle a pu avoir au cours de la première moitié des années 2010, où le pire est déjà envisagée pour 2019, une année électorale décisive, composée des prochaines sénatoriales primaires et des premières élections présidentielles au suffrage direct, depuis la réforme constitutionnelle de 2016, dite “réforme Belagri”, où la droite semble partir grande favorite.

Pas vraiment de changement au gouvernement et les yeux désormais tournées vers les présidentielles

De gauche à droite : Richard Kaylor, Premier Ministre fédéral de la Grande République, Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia (NOW), Arthur Horvanx, Président du Parti de l’Union Républicaine (PUR).
De gauche à droite : Richard Kaylor, Premier Ministre fédéral de la Grande République, Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia (NOW), Arthur Horvanx, Président du Parti de l’Union Républicaine (PUR).

Si ces élections confirment bien la prédominance de la droite sur la scène politique westalienne, tout particulièrement l’Alliance Asfortienne, elle ne semble pas changer réellement l’état de statu quo que le pays traverse au niveau de son gouvernement. En effet, les asfortiens ont beau renforcé leur majorité dans les deux chambres de la Grande République, ils ne disposent toujours pas de la force politique nécessaire pour imposer ce qu’ils souhaitent au Président fédéral Simeon Belagri et ils sont toujours contraints à la négociation pour continuer à participer à ce gouvernement “de compromis”. Richard Kaylor, chef de cet exécutif hétérogène, affirme de son côté que la stabilité de son cabinet “n’est pas remise en question après les dernières élections. Westalia a plus que besoin d’une tête stable, d’une gouvernance qui doit se montrer solide et capable de prendre des décisions. Le compromis reste la base de notre entente et il reste nécessaire. Le monde continue de tourner, les événements internationaux se succèdent, le peuple attend de son gouvernement qu’il réponde à ses inquiétudes et ses besoins, nous n’avons pas le temps de se faire une guerre d’influence sur base idéologique. Il n’y a pas cependant pas de surprise, nous prêchons chacun pour notre paroisse dans nos campagnes électorales, c’est un fait et la pluralité d’opinion est tout à fait normal, mais nous savons tous, aussi bien les membres de l’Alliance Asfortienne, que les membres du Front Populaire et Démocrate, qu’un conflit politique majeur pourrait mettre le pays à genoux et je sais qu’il y a ce sens de la responsabilité chez ces derniers, que nous partageons, pour servir correctement le pays”, a déclaré ce dernier au cours d’un échange avec la presse, le 21 mai.

De l’autre côté, ces élections ouvrent également la porte à celles des présidentielles de 2019, qui s’annoncent particulièrement centrales. Si le sujet n’est pour le moment abordé qu’en surface par les différents mouvements politiques, du côté de l’Union Horvanxienne, la campagne semble déjà lancée. En effet, son leader et Président du New Order of Westalia, Alfred Eisendorf, a déjà annoncé sa candidature à la Présidence fédérale dans son QG de campagne, peu après la publication des premiers résultats de la précédente élection, le soir du 20 mai : “Avec concertation de tous les alliés horvanxiens, moi, Alfred Eisendorf, je vous annonce que je serai le candidat officiel de l’Union Horvanxienne pour les élections présidentielles qui se dérouleront l’année prochaine. La Grande République a besoin d’un leader fort et rassembleur, capable de rétablir l’ordre et l’indépendance de notre pays. En l’espace de seulement trois ans, nous avons laissé un pays entre les mains de socialistes, de communistes de l’ombre, d’hamajaks indépendantistes et d’anti-westaliens décomplexés. En l’espace de seulement trois ans, nous avons laissé notre position à l’international se détériorer au point de subir l’attaque d’un pays de barbares, là où le nom de Grande République de Westalia inspiré le respect avant 2015, il est désormais moqué et souillé par des nations du tiers-monde et des requins étrangers qui souhaitent prendre le contrôle de notre patrie. En tant que Président fédéral, je promets à tous les westaliens que je rétablirai une position forte de la Grande République l’international, en jetant les étrangers hors de chez nous et en réimposant notre place légitime. Je promets la mise en place d’un grand nettoyage visant à chasser les socialistes, les communistes, les indépendantistes, les agents de l’étranger et les traîtres pour reconstruire une société patriotique, unie et forte face à l’adversité. Nous allons démolir toute cette vermine ensemble, pour l’Union Nationale !”. Avec cette déclaration, Alfred Eisendorf devient le premier candidat déclaré officiellement dans la course à la présidence fédérale, affirmant avoir déjà les 700 signatures d’élus nécessaires pour déposer sa candidature, lorsque cela sera possible, à partir du 1er janvier 2019.

Du côté des asfortiens, des rumeurs circulent déjà sur une candidature commune entre le Parti Libre et Démocrate et le Parti de l’Union Républicaine, mais aucun nom n’a été officiellement donné, bien que plusieurs prétendant on laissé sous-entendre leur envie de se présenter comme candidat. Pour Arthur Horvanx, Président du PUR, “le sujet est pris très sérieusement en interne et avec nos alliés sur comment nous allons approcher ces élections. Je ne peux pas encore donner plus de détails, ni même un nom à donner pour représenter les conservateurs. A ce jour, la priorité est déjà de faire réélire Monsieur Victor Hardenbor Jr. à la tête du Congrès Suprême, à l’ouverture de la première séance de la chambre haute. Une fois cela fait, nous nous réunirons pour discuter d’une stratégie solide pour 2019”. En effet, peu importe le candidat choisi par l’Alliance Asfortienne, ce dernier serait déjà présenté comme le favoris des prochaines élections et plusieurs noms circulent déjà, avec en tout premier le précédent candidat à la présidence fédérale, Arthur Horvanx, second en nombre de voix face à Simeon Belagri, en 2015, qui a repris en main un PUR en ruine, avant de le reconstruire sous la forme d’une dirigeance par “triumvirat”, dont il fait parti. Ce sont bien évidemment les deux autres membres de ce triumvirat qui sont les autres candidats potentiels dans le camp conservateur, que cela soit le très médiatique Henry Takajiwa, qui a mené une campagne réussite pour les asfortiens pour les sénatoriales intermédiaires de 2017, ou encore Victor Hardenbor Jr., très influent au sein du PUR et fils aîné du très estimé et ancien Président fédéral Victor Hardenbor. Aucune de ces trois figures n’a déclaré son intention de concourir pour le moment, mais l’année 2018 devrait pousser à la révélation des profils qui s’affronteront en 2019.

A gauche, le Front Populaire et Démocrate ne communique que très peu concernant 2019, mais des sources internes tendent à parler d’un Simeon Belagri prêt à se faire réélire pour un second mandat. Le Président fédéral, malgré l’instabilité politique du pays ces dernières années, reste une figure populaire et appréciée de la population, sans prisme idéologique. Selon un sondage, la cote de popularité du chef de l’Etat était de 65% au 1er mai 2018, ce qui reste largement au-dessus de la cote de popularité du gouvernement Kaylor, mesurée à 42% au 1er mai 2018, faisant de ce dernier le candidat naturel pour son camp et le plus probable de l’emporter face à la droite. Pour le reste de la gauche, le sujet commence à se présenter progressivement, surtout dans une atmosphère post-ASD, où les différents partis manquent de personnalités fortes pour les représenter, à l’image des socialistes, qui pourraient bien chercher à s’allier aux hamajaks pour 2019, tandis que l’extrême gauche, ouvriériste comme communaliste, n’est même pas assurée de recevoir les 700 signatures d’élus nécessaires pour aligner un candidat, même ensemble.
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Actualité du 1er janvier 2018 au 1er juillet 2018.
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Actualité en Westalia du 1er janvier 2018 au 1er juillet 2018

Sommaire de l’actualité :

  • 10/02/2018 : La Grande République renoue avec le Royaume d’Austaria
  • 20/02/2018 : Adoption finale de la réforme sur la santé “United Healthcare”
  • 12/03/2018 : Fusillades meurtrières à Columbia entre gangs des quartiers populaires
  • 05/04/2018 : Hardenbor Space Industries et le succès de son lanceur Horizon
  • 16/04/2018 : Le groupe Vambrace sort son nouvel album “Rise and Fall”
  • 07/05/2018 : Manifestations hamajaks contre le blocage des “Nouveaux accords de Columbia”
  • 23/05/2018 : Victoire de la droite aux élections du Congrès Suprême
  • 04/06/2018 : L’armée, une carrière aux nombreux avantages
  • 18/06/2018 : Akiyama Kajiya inaugure son nouveau “super complexe industriel” à Fort Harvey
  • 29/06/2018 : Arthur McAubert finance la restructuration des légions horvanxiennes
  • 01/07/2018 : Ottavio Beranci devient le nouveau Maire de Santa Maria


Westalia | Austaria | Diplomatie | Henry Takajiwa
10/02/2018 : La Grande République renoue avec le Royaume d’Austaria


Le 10 février 2018, à Landor, capitale du Royaume d’Austaria, une délégation westalienne menée par Henry Takajiwa a été accueilli par le Chancelier austarien James Calendor et le Roi George VIII, au cours d’une rencontre historique avec l’ancienne métropole eurysienne de notre pays. En organisant un tel événement, la Grande République devient la seconde nation austarienne du monde à reconstruire des relations concrètes avec l'Austaria, la première ayant été le Royaume de Brocelynwood, dans les années cinquante. L’occasion a été pour le Roi George VIII de mettre en avant son projet de paix et d’entente envers toutes les nations issues de la colonisation austarienne, une nation aux anciennes possession coloniales présentes sur tous les continents et ayant construit l’un des Empire d’Outre-mer les plus important de l'histoire, malgré sa petite taille à l’origine. L’Austaria a sans contexte marqué l’histoire de l’humanité, en bien comme en mal, et tout particulièrement l’héritage qu’elle a laissé en Westalia, notamment culturel. Si des relations diplomatiques existaient déjà entre nos deux nations, ces dernières étaient surtout limitées au contrôle des échanges commerciaux et humains, Westalia ayant été la principale terre d’émigration pour les austariens en quête de renouveau à l’étranger. Aujourd’hui, le Chancelier James Calendor et le Ministre fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa ont annoncé la signature du traité de Landor, visant à renforcer ces différents liens qui les unissent, que cela soit par une immigration facilitée, des échanges commerciaux renforcées et propices au développement économique de chacun, ainsi qu’une coopération sur le plan culturel pour retracer les liens historiques entre nos deux peuples. Particulièrement symbolique de ce traité, c’est le tout premier article de ce dernier qui a marqué cette rencontre, un point rédigé et appliqué par le Roi George VIII en personne : la réhabilitation de toutes les familles d’origine austarienne vivant aujourd’hui en Westalia et frappées depuis plusieurs génération par un ordre d’exil royal, souvent pour des raisons de dissidence politique et pour nombre d’entre elles de la pratique d’un culte protestant, un geste qui a grandement touché les premiers concernés, ainsi que la Protestant Federation of Westalia, dont le Président, le Pasteur Marcus Besken, a salué chaleureusement le monarque austarien.


Santé | Réforme “United Healthcare” | Eleanor Declass | Sénat | Jospeh Darten
20/02/2018 : Adoption finale de la réforme sur la santé “United Healthcare”


Avec trois mois de retard sur le calendrier initial, la version finale de la réforme “United Healthcare” est arrivée au Sénat pour son dernier examen le 7 février, avant d’être adoptée par une écrasante majorité de sénateurs, à l’exception de l’extrême-droite et d’une partie de la gauche, permettant son application officielle à partir du 1er juillet 2018. En effet, cette réforme centrale a été une victime collatérale de la crise politique qui a frappé le pays au cours de l’année 2017, adopté dans sa seconde version au Sénat avec les élections de septembre, avant d’être rejeté par le Congrès suprême un peu avant la chute du gouvernement Garandor, repoussant son nouvel examen au Sénat de plusieurs mois, en raison du traitement de nouveaux sujets prioritaire par le nouveau gouvernement Kaylor. Pour autant, la présence continue d’Eleanor Declasse, Ministre fédérale à la Santé depuis 2015, a permis à ce texte de revenir le plus rapidement possible devant les élus pour un nouvel examen et de longues négociations, tout particulièrement avec la droite, avant février de cette année. Heureusement pour la Ministre, la droite asfortienne s’est montrée ouverte concernant cette réforme, partageant “un constat similaire sur l’état catastrophique du pays en matière d’accès au soin”, mais refusant de voter pour une réforme qui “va nationaliser tout un secteur et faire bien plus de mal à la santé des westaliens que l’inverse”, s'offusquant du ciblage accrue des infrastructures privées de soins par la réforme. Malgré tout, les sénateurs ont su constituer un étonnant front commun lorsqu’il a été question de critiquer Joseph Darten, propriétaire de très nombreux hôpitaux et cliniques privés à travers le pays et Président de l’Organization of Independent Care Centers (OI2C), au cours d’une audience en commission, où il fut convoqué par les élus. Dans sa version finale, la réforme conserve les fonds accordés à la construction d'hôpitaux publics, mais avec des clauses favorisant leurs constructions dans des zones en manque d’infrastructures médicales et/ou de spécialistes, la Social Contribution to Healthcare, point de crispation des négociations, est finalement maintenu dans le texte final, mais avec une contribution patronale largement revue à la baisse. A contrario, la droite semble avoir réussi à insérer des réductions d’impôts majeures pour le secteur privé de la santé, tout particulièrement celui des établissements à but non-lucratif, afin de les aider dans leur développement et surtout de les inciter à baisser les prix des soins effectués. Afin de contrôler ce dernier point, le texte final réintroduit la constitution d’une nouvelle agence de contrôle des établissements de santé concernant la tarification appliquée par ces derniers, un point à l’origine retiré du texte initial avant son premier passage au Sénat, en août 2017. Réforme historique, de nombreux experts considèrent que ses véritables bénéfices ne se verront que sur le long terme, mais du côté de la population, un récent sondage donne un taux d’approbation de 74% concernant cette réforme, du jamais vue depuis l’adoption de la loi Safety & Security Act I, en 1992.


Criminalité | Gangs hamajaks | Columbia | George Garandor | Federal Homeland Security Agency
12/03/2018 : Fusillades meurtrières à Columbia entre gangs des quartiers populaires


Entre le 7 mars et le 12 mars 2018, les quartiers populaires en périphérie de Columbia ont été le théâtre de plusieurs affrontements entre gangs hamajaks rivaux, sur fond de trafic de drogue et de contrôle de territoire. Si la cause exact ayant provoqué ces fusillades reste encore inconnue, la terreur et les morts qu’elles ont provoqué ne le sont pas pour de nombreux westaliens, choqués par cette nouvelle. En effet, au cours de cette semaine noire, c’est un total de vingt-sept morts et dix-sept blessés qui sont à décompter, dont deux enfants de cinq et sept ans, avec leurs parents, tués au milieu d’un échange de tir, en plein jour et au milieu d’une rue fréquentée d’un quartier résidentiel. Si les affrontements entre gangs rivaux ne sont pas rares dans cette région du pays, ils ne sont en général pas aussi meurtriers et violents depuis plusieurs années, rappelant les heures sombres de la crise des ghettos, à la fin des années 80 et au début des années 90. Cependant, depuis quelques années, les rapports du Ministère fédéral aux affaires intérieures s’inquiète grandement de la recrudescence du trafic de drogue et d’une accentuation de la violence engendrée par ce dernier, avec des gangs plus riches que par le passé et plus enclins à se fournir en arme de guerre, tel que des fusils d’assauts ou des grenades, retrouvée dans des descentes réalisées récemment par la Federal Homeland Security Agency. Son directeur, Patrick Belcourt, successeur du très médiatique Gerald Vensley, depuis 2015, a annoncé la mise en place d’une opération de sécurisation des quartiers concernés par les fusillades, avec le déploiement de plusieurs agents de la FHSA sur place. De son côté, le Ministre fédéral aux affaires intérieures depuis fin 2017, George Garandor, a tenu une conférence de presse pour présenter un plan visant à renforcer la lutte contre le narcotrafic en Westalia, ainsi que la circulation des armes illégales utilisées dans ces affrontements. L’opposition de droite, de son côté, se montre très critique du Ministre, l’accusant “de prendre un problème majeur trop tard et toujours sans prise de conscience réelle”, selon le Président du Parti de l’Union Républicaine, Arthur Horvanx. Encore plus radical, le Président du New Order of Westalia, Alfred Eisendorf, appelle au déploiement de l’armée dans tous les quartiers hamajaks “comme en 1992”, un clin d’œil historique à lui-même, à l’époque commandant des troupes militaires envoyées par Victor Hardenbor dans ces mêmes quartiers pour réprimer les gangs.


Économie | Espace | Groupe Hardenbor | Hardenbor Space Industries (HSI) | Horizon | Lermandie
05/04/2018 : Hardenbor Space Industries et le succès de son lanceur Horizon


La Hardenbor Space Industries, cette entreprise du groupe Hardenbor spécialisée dans la conception, la production et le lancement d’engins dans l’espace, a vu son carnet de commandes se remplir à grande vitesse depuis les premiers succès de son lanceur dernière génération “Horizon”, en 2016. En l’espace de deux ans, de nombreuses entreprises ont décidée de faire confiance à la HSI pour le déploiement de leurs constellations de satellites dans l’espace, à l’image de la Humbert National Telecommunications, qui a déployé un tout nouveau réseau satellitaire dans l’espace grâce à plusieurs lancement effectués par la HSI entre l’année 2017 et le début de l’année 2018, aux niveaux technologiques les plus avancées du continent, en matière de télécommunication. Plus insolite, le Président du Groupe Hardenbor, et Président Directeur-Général de Hardenbor Automobile, a invité la presse pour un lancement unique, celui de l’envoi d’une voiture haut de gamme de la marque HA dans l’espace, tout cela avec une diffusion en direct sur Internet et sur certaines chaînes de télévision. Avec un lancement réussi, le PDG Henry Hardenbor a déclaré que la HSI est “la première entreprise à avoir envoyé une voiture dans l’espace”, voyageant désormais à travers le vide spatial. Si l’intérêt scientifique ou économique de ce lancement n’est pas vraiment au rendez-vous, il est surtout un grand coup de communication des Hardenbor pour marquer leur réussite dans le domaine spatial et faire parler d’eux, dans l’optique de trouver de nouveaux clients. Déjà, Henry Hardenbor avait annoncé plus tôt en 2017 que la HSI avait signé un contrat de plusieurs lancements de satellites appartenant à la République de Lermandie, dans le cadre de leur programme de développement spatial, suite à leur sortie de l’ASNA. D’ici 2019, la HSI compte dévoiler un nouveau modèle de lanceur, aux capacités plus importantes que le précédent, qui devrait notamment permettre de déployer des satellites de plus grande importance ou en plus grand nombre. Henry Hardenbor, dans une interview donnée sur la chaîne WNN, a également envisagé “d’ouvrir un nouveau site de lancement pour HSI, dans les années à venir, peut-être même à l’étranger, si possible plus proche de l’équateur”.


Musique | Vambrace | Rise and Fall | HMG Entertainment | Hellfire records
16/04/2018 : Le groupe Vambrace sort son nouvel album “Rise and Fall”


Le groupe de metal westalien Vambrace a publié trois morceaux de son nouvel album, “Rise and Fall”, au cours de la journée du 16 avril 2018. La bande de metal la plus célèbre de la Grande République, célèbre pour ses chansons racontant des événements historiques, se lance dans la très complète période des guerres amérindienne pour son nouvel album, couvrant la conquête de Dakantia par le Général William Heavenfort, en passant par l’ascension et la chute de l’Ak Amatra Makkapitew, jusqu’au coup d’Etat d’Henry Horvanx et sa victoire finale à la bataille d’Atawa. Dans une récente interview de James Barken, chanteur et parolier de Vambrace, ce dernier déclare : “nous avions envie de nous tourner vers une période historique exclusivement westalienne pour ce nouvel album. Notre histoire nationale est particulièrement riche en événement épique et très intéressant à raconter, nous l’avons déjà fait plusieurs fois dans nos précédents albums. Le choix des guerres amérindiennes est celui d’un changement d’ère, celui de la chute de la Ier République, de l’ascension d’un chef hamajak à l’aura légendaire, avant de voir sa chute profiter au vainqueur final de ces conflits : Henry Horvanx. C’est pour cette raison que nous avons nommé notre album “Rise and Fall”, dont le morceau éponyme se veut être la conclusion de cette histoire… Et de notre album”. Avec un renouvellement chez Hellfire records, propriété de la HMG Entertainment pour tout ce qui est de la publication de musique rock et metal, Vambrace a encore trois autres titres à publier au cours de l'année 2018. Avec Blackhill, qui porte sur la bataille du même nom, Ashes of Santa Maria, sur le grand incendie de 1874 à Santa Maria, et The Hammer of Westalia, qui raconte la victoire d’Henry Horvanx à la bataille d’End Plateaus, le groupe compte publier encore The Chosen One, comptant l’ascension de Makkapitew, Unstoppable, pour la chute de la Ier République et pour finir Fall And Rise, concernant la bataille finale d’Atawa. Au cours de l’été, Vambrace a déjà annoncé une tournée à travers le pays, à Columbia (07/06), à New Landor (09/06) ou encore à Santa Maria (24/07), surnommée "The Warriors Tour".


Droits hamajaks | Nouveaux accords de Columbia | Vipponah Shuman | Gary Sikyatavo
07/05/2018 : Manifestations hamajaks contre le blocage des “Nouveaux accords de Columbia”


Les “Nouveaux accords de Columbia”, l’une des promesses phares de l’ancien programme de la désormais disparue Alliance Sociale et Démocratique, pourrait bien s’enfoncer toujours un peu plus dans la paralysie. En effet, à la suite de la victoire de la coalition de gauche en 2015, Simeon Belagri avait promis la signature de nouveaux accords “visant à trouver une réponse durable à la question hamajak d’ici 2016”, chargeant de cette très importante mission Vipponah Shuman, Ministre fédéral pour la Cohésion des peuples, ministère spécialement créé pour l’occasion, également Vice-Président du Mouvement Social Hamajak. Le nouveau ministre a, au cours de son mandat, rassemblé à plusieurs reprises les différentes communautés ethniques du pays pour trouver un terrain d’entente concernant la signature de ces nouveaux accords, mais il s’est rapidement avéré que le dialogue intracommunautaire est loin d’être une chose facile en Westalia. Avec les communautés austariennes et madreriannes opposées à l’idée de voir les hamajaks gagner de nouveaux “territoires protégés” pour leurs terres sacrées, des communautés hamajaks aux très nombreuses revendications, principalement territoriales, et les communautés nipozams, divisées sur ces questions, mais principalement en accord pour la protection de leurs traditions et de leurs religions locales. Dès septembre 2016, le Ministre n’a pas d’autre choix que de le reconnaître : “Nous avons fait des avancements cruciaux dans les échanges, mais il est désormais clair que la présentation d’un texte commun au gouvernement fédéral ne sera pas possible avant au moins 2017”. Dans un premier temps confiant, l’espoir s’est évaporé progressivement au fur et à mesure des mois de l’année 2017, alors que la question hamajak fut éclipsée au profit de sujets géopolitiques et d’actualité. Le coup de grâce, concernant l’avancement de ce projet, est sans aucun doute la chute du gouvernement Garandor en octobre 2017, avec la démission de Vipponah Shuman, moteur de ces échanges cruciaux. Le 3 mai 2018, le nouveau Ministre fédéral pour la Cohésion des peuples, Sadayoshi Yasumoto (FPD), a annoncé la suspension temporaire des échanges, justifiant son choix par un blocage “qui ne permet pas de rédiger un texte constructif en l’état”, alors que l’ombre de la droite sur le capotage de ce projet plane fortement. Gary Sikyatavo, Président du MSH et principale figure de la lutte politique pour les droits hamajaks, a réagi en conséquence en faisant mobiliser plusieurs milliers d’hamajaks, et leurs partisans, dans différentes manifestations à travers le pays, que cela soit à Columbia, New Landor ou Atawa, au cours de la journée du 7 mai. Ces manifestants ont dénoncé “le manque d’avancement dans le projet” et un “complot institutionnel contre les nouveaux accords de Columbia, par la droite et avec la complicité du FPD”. Les manifestations se sont majoritairement déroulées dans le calme, bien qu’avec une dizaine d’arrestations notables dans la ville d’Atawa.


Politique | Congrès Suprême | Élections du Congrès Suprême 2018 | Alliance Asfortienne | Victor Hardenbor Jr.
23/05/2018 : Victoire de la droite aux élections du Congrès Suprême


Ce dimanche 20 mai 2018, l’ensemble des citoyens électeurs ont été appelés aux urnes pour la recomposition du Congrès Suprême, au cours des élections correspondantes. En 2014, le Parti de l’Union Républicaine, au pouvoir à cette époque, avait rencontré un recul net dans son nombre de sièges, bien qu’ayant conservé une majorité relative au sein de cette institution, tandis que le Front Populaire et Démocrate a connu une avancée significative au sein de cette dernière, passant de vingt à trente-et-un sièges, un score particulièrement impressionnant, dans un contexte de scandale politique avec la tentative d’interdiction du journal Democracy, par le Ministre fédéral à l’Unité Nationale de l’époque, Alfred Eisendorf, qui entraînera la chute du pourtant solide gouvernement Fujitawa, après neuf années d’existence. Quatre ans plus tard, la scène politique westalienne a grandement évolué, tout comme les rapports de force en place… Avec la chute du gouvernement Garandor, en octobre 2017, la gauche est partie désunie à ces élections, face à une droite revigorée par sa victoire aux sénatoriales l’année précédente. Si la gauche recule, tout particulièrement le Front Populaire et Démocrate qui perd huit sièges, l’ensemble des partis de la droite à l’extrême droite ne récupère qu’une dizaine de sièges, ne changeant pas réellement la configuration du Congrès Suprême, mais qui renforce et confirme une majorité de droite, plurielle, au sein de cette institution. On note tout de même l’entrée du New Order of Westalia en tant que groupe officiel au sein de l'hémicycle, dont ses quatorze délégués lui permettent de devenir le troisième parti de la chambre haute, ex aequo avec les asfortiens du Parti Libre et Démocrate. A gauche, les quelques gains se résument à l’entrée du Rassemblement Communaliste au Congrès Suprême, avec un représentant, une étape historique et majeure que vient de franchir ce petit parti d’extrême-gauche en pleine expansion, un parcours similaire à celui du Mouvement Social Hamajak, qui poursuit sa conquête de l’électorat hamajak, dont la communauté qu’il défend à majoritairement voté pour leur liste au cours de ces dernières élections. La recomposition de cette assemblée a également été l’occasion pour Victor Hardenbor Jr, Vice-Président et leader de campagne du PUR, de se voir réélire pour la troisième fois à la tête de la Présidence du Congrès Suprême, grâce au soutien de toute la droite westalienne, largement majoritaire.


Armée fédérale | Campagne de recrutement 2018 | Militaire
04/06/2018 : L’armée, une carrière aux nombreux avantages


Comme chaque année, l’armée fédérale lance sa grande campagne de recrutement au début de l’été, avec de très nombreux choix de carrière qui s'offrent pour tout westalien qui souhaite s’engager pour son pays. Si le service militaire obligatoire permet de donner un avant-goût aux jeunes citoyens et potentiellement les inciter à rejoindre officiellement les rangs de l’armée fédérale, ces campagnes restent tout de même un enjeu majeur pour arriver à maintenir les objectifs de recrutement fixés par l'État-major des armées. En l’espace de quelques années, l’armée fédérale a engagé un réarmement massif et la reconstitution d’un effectif actif important, déjà le triple de ce qu’il pouvait être au début de la décennie. Tout au long de l’été, les différentes branches de l’armées, l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air, organisent des événements dans des lieux publics pour séduire de potentielles recrues, comme des compétitions sportives, des entraînements gratuits au tir avec des armes de l’armée, des vols en avion militaire, et même des affrontements en stratégie militaire face à des élèves officiers, sur plateau dans un contexte fictif. L’armée fédérale, de plus en plus présente dans l’espace public, continue de renforcer son image auprès de la population avec ses opérations de communications, alors que le soutien de la population à nos forces militaires n’a jamais été aussi haut depuis la dernière guerre contre la Viétie, dans les années 80. Cette année encore, le gouvernement a validé une augmentation du budget dédié à la défense, avec une nouvelle revalorisation des salaires des militaires, ainsi que de nombreuses couvertures sociales et des avantages très intéressant, comme des prêts à taux très bas auprès des banques ou encore des réductions importantes sur le coût des billets pour les voyages en transports publics. L’année 2018 s’annonce prometteuse en matière de recrutement, tout particulièrement à la suite de l’année 2017, meilleure année depuis le début du siècle en la matière. Le retour du spectre de la guerre, notamment à cause de la Fédération de Stérus et son agression à notre encontre, a profondément marqué la population, qui s’est montrée beaucoup plus volontaire dans sa volonté de servir sous les drapeaux, d’une part, et dans sa confiance importante envers l’armée, de l’autre. Selon le Chef d’État-major des armées, l’Admiral Nobuyoshi Kaminaga, “il est important que l’armée soit une entité proche du peuple qu’elle sert et protège de toute son âme. Elle doit renvoyer une image de respect, de discipline et de proximité, celle qui offre à n’importe quel westalien, peu importe son origine ou son histoire, la chance de trouver une raison de vivre, de trouver le plaisir d’être utile à une grande cause : celle de servir la nation”.


Economie | Armement | Akiyama Kajiya | Akiyama Corporation | Hirayoshi Akiyama | Kunisada Yamanaka | Fort Harvey
18/06/2018 : Akiyama Kajiya inaugure son nouveau “super complexe industriel” à Fort Harvey


Après deux ans de travaux, l’entreprise de production d’armes Akiyama Kajiya a officiellement inauguré son “super complexe industriel”, dans la ville de Fort Harvey. Ce grand ensemble d’usines, pour la plupart déjà opérationnelles, est devenu un élément phare de la nouvelle zone industrielle de la ville grâce à ses nombreuses toitures métalliques et ses cheminées visibles de loin. Hirayoshi Akiyama, PDG d’Akiyama Corporation, société mère d’Akiyama Kajiya, s’est déplacé personnellement pour inaugurer cette mégastructure, dont leur multiplication au sein du groupe en font la marque de toutes les entreprises qu’il possède en Westalia et ailleurs dans le monde. Plusieurs de ces usines produisent déjà des pièces vitales pour l’assemblage d’ASF-22 ‘Phoenix’, avion de chasse dernière génération, du WMF-02 ‘Wyverne’, le nouveau chasseur-bombardier dernière génération, conçu avec Warsmith Industries, dans le cadre de leur coopération au sein du Consortium de Columbia, mais également de nombreux composants destinés à l’assemblage de navires, dans leur chantier naval de Kaijotoshi, tout comme les pièces d’équipements d’infanterie qui ont permis à Akiyama Kajiya de se faire une place au sein des contrats public, transformant le monopole de son rival, Warsmith Industries, en un duopole stratégiquement acquis, à l’image du lance-roquettes BY-6, ou encore des missiles guidés antichar HA-3 ‘Akuma’ et leur sation de tir, également vendu sous licence à l’armée lermandienne. Pour Kunisada Yamanaka, Ministre fédéral de l’Industrie et de la Recherche, “c’est avec des acteurs de confiance et dynamiques, tels qu’Akiyama Kajiya, que la Grande République se construit une autonomie industrielle, économique et surtout militaire en concevant et produisant son propre matériel sur ses terres. A l’heure des menaces, des mégalomanes et des missiles, Westalia a besoin de multiplier la construction de ces super complexes industriels à travers le pays, pour que notre capacité de production en matière d’armement puisse atteindre les niveaux nécessaires aux besoins que notre armée demande, dans sa modernisation et transformation en profondeur”.


Arthur McAubert | Légions horvanxiennes | Horvanxisme | Paramilitaire | Anti-communisme | Anti-communalisme
29/06/2018 : Arthur McAubert finance la restructuration des légions horvanxiennes


La proximité du milliardaire et chef de la famille McAubert, Arthur McAubert, avec des figures horvanxiennes radicales n’est pas un secret, sa participation à la fondation du New Order of Westalia et son occupation du poste de Vice-Président au sein de ce parti politique en est un exemple particulièrement parlant. Cependant, l’homme d'affaires westalien le plus connu du XXIème siècle porte déjà son regard plus loin que la scène politique. En effet, ce dernier a été régulièrement vu aux côtés d’Ulyss Baltmord, “General” des Légions Horvanxiennes, ce groupe paramilitaire composé de multiples entités autonomes qui promeuvent la lutte contre le communisme, le communalisme et les hamajaks, par la force si nécessaire, bien que cela n’est encore jamais arrivé jusque-là. S’ils ont particulièrement fait parler d’eux au cours de la marche sur Columbia, en 2016, défilant dans la capitale en tenue de combat et armes de guerre à la main, ils restent en réalité assez peu médiatisé en dehors des réseaux horvanxiens. Fin 2017, leur leader, Ulyss Baltmord, avait annoncé sa volonté de restructurer les légions horvanxiennes pour accentuer leur aspect paramilitaire, voir dans le mercenariat militaire, dans le besoin de pouvoir déployer des forces armées dans les luttes que le groupe soutient. Cependant, cette restructuration nécessite d’importants fonds financiers que les légions ne possèdent pas en l’état, que cela soit pour se doter d’un équipement de qualité et en quantité nécessaire, pour mobiliser ses hommes et surtout pour élargir ses rangs. Tout cela nécessite une nouvelle organisation et une quantité d’argent plus que nécessaire pour accomplir un tel objectif aussi ambitieux. Pour ce faire, il fut nécessaire pour les légions de trouver un riche mécène capable de leur accorder autant de fonds, et ce mécène en question n’est autre qu’Arthur McAubert. Si le “Requin westalien” ne s’est jamais exprimé publiquement sur ses ambitions concernant le groupe, son financement ayant été dévoilé dans la presse sans pour autant avoir essayé de le cacher ou de le réfuter, cet investissement permet au McAubert de se constituer leur petite armée privée de mercenaires, qui plus est alignée sur leur idéologie. D’après des rumeurs internes, Arthur McAubert ambitionne de transformer les légions en une organisation de sécurité déployable à souhait, à l’image de ce qui se fait déjà au sein d’Akiyama Corporation, et leur “société de sécurité” Akinoyari, notoirement connue pour être le bras armée d’Hirayoshi Akiyama, notamment dans la défense de ses intérêts. George Garandor, Ministre fédéral aux affaires intérieures, a condamné la volonté d’Arthur McAubert de “renforcer un groupe aux idéaux racistes, révisionnistes et violents, pour servir des intérêts personnels et idéologiques pouvant mettre en péril la stabilité du pays”, sans pour autant annoncer de mesures répressives à son encontre, ce genre d’organisation de “sécurité” étant légale en Westalia.


Santa Maria | Élections municipales | Ottavio Beranci | Mafias madreriannes
01/07/2018 : Ottavio Beranci devient le nouveau Maire de Santa Maria


Les élections municipales de la ville de Santa Maria se sont déroulées ce 1er juillet 2018, voyant le maire sortant, Gustavo Di Scenza (Front Populaire et Démocrate), affronter la seule liste d’opposition face à lui, une liste déclarée “sans-étiquette”, mais soutenu par la droite, avec à sa tête le chef de la célèbre famille terracristienne Beranci, Ottavio Beranci. En effet, si un total de quatre listes avait été annoncé au début de l’année, deux d’entre elles ont décidé de se rétracter face à la pression montante autour de ces élections. Celle du député indépendantiste Guiscardo Giammarino a annoncé son retrait en mars, justifiant “un manque de moyens et de force politique pour accomplir convenablement ces élections avec sa liste”, tandis que des rumeurs circulent concernant un supposé enlèvement de sa jeune fille de six ans, à la sortie de son école, pendant toute une journée, avant d'être relâché, pointant une intimidation lui étant destiné, bien que ce dernier n’a jamais affirmé ces rumeurs. La seconde, la liste du socialiste Cristoforo Vasile, a été contrainte de se retirer début juin, à la suite de la disparition de Cristoforo Vasile lui-même, et de son incapacité à représenter une nouvelle liste dans les temps. L’homme politique aurait mis le feu à son entreprise de gestion immobilière, avant de prendre la fuite vers l’étranger avec sa famille. Selon un journal local, l’homme politique aurait fui de lourdes dettes qu’il devait à des mafias madreriannes, sans vraiment entrer dans les détails. La police menant toujours son enquête, elle n’a pas encore communiqué d’informations relatives à ces rumeurs. Ainsi, les élections municipales ont vu s’affronter le maire sortant FPD et l’homme d'affaires madrerian Ottavio Beranci. Dans plusieurs débats houleux entre les deux hommes, notamment sur Notizia TV, Gustavo Di Scenza a accusé son adversaire d’avoir recours à l’intimidation de ses opposants par des moyens criminels et violents, pour parvenir à ses fins concernant sa “conquête” de la mairie de Santa Maria. De son côté, Ottavio Beranci a d’abord répondu avec beaucoup d’ironie à son rival : “Gustavo, c’est un gars solide, un gars très solide. J’ai presque l’impression que ça va mal finir pour moi avec lui de retour à la mairie”, avant de l’attaquer directement, “soyons sérieux, cet homme est un menteur de première, un corrompu qui dépend de son parti pour avoir une quelconque légitimité, il est financé par des intérêts étrangers à Santa Maria, contrairement à moi, qui me finance tout seul. Il fait sa carrière politique, moi, je suis là pour nos habitants. En quatre ans, il n’a strictement rien fait pour la ville, toutes ses dépenses n’ont servi à rien, on est dans le rouge, Gustavo ne sait même pas faire des additions, c’est un illettré actuellement au pouvoir. Moi, rien que l’an dernier, j’ai construit des résidences destinées à des familles dans le besoin et une maison de retraite. De toute façon, il est à 5% et je suis à 95% dans les sondages, c’est déjà plié face à cet incompétent”. En termes de résultats, la liste d’Ottavio Beranci a rassemblé 64% des voix, contre 36% pour celle de Gustavo Di Scenza, qui dénonce “une mascarade de campagne, qui a amené un criminel à la tête de la quatrième ville du pays”. Ottavio Beranci, le nouveau maire de Santa Maria, a déjà annoncé sa volonté de rénover la rocade de Santa Maria, ainsi qu’une baisse d’impôt pour les entreprises et les habitants les plus pauvres. Malgré tout, sa promesse de campagne la plus attendue est celle de la réorganisation “totale” de la police municipale de la ville, que le nouveau maire accuse d’avoir été corrompue par son prédécesseur.
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Democracy du 28 juillet 2018
Democracy

Procès des années Hardenbor : Arrestation, comparutions à venir et multiplication des accusés

Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia et candidat déclaré pour les présidentielles de 2019, lors d’une conférence à Atawa, le 14 juin 2018.
Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia et candidat déclaré pour les présidentielles de 2019, lors d’une conférence à Atawa, le 14 juin 2018.

Alfred Eisendorf arrêté pour meurtres, Victor Hardenbor et Akito Fujitawa appelés à comparaître cette année, la liste des personnes mise en examen élargit à d’autres personnalités des hautes sphères westaliennes, le “Procès des années conservatrices” s’embrase de plus en plus et gêne particulièrement à droite.

Un scandale politique et économique qui prend une ampleur sans précédent

Au cours de l’été 2016, le pays a été secoué par la décision du tribunal fédéral de Columbia d’ouvrir des enquêtes à l’encontre de plusieurs membres de l’ancien exécutif conservateur, entre 1991 et 2015, dont des figures majeures des anciens gouvernements, que cela soit l’ancien Premier ministre fédéral Akito Fujitawa, l’ancien Ministre fédéral à l’Union Nationale Alfred Eisendorf et surtout l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor. Les accusations contre ces trois personnalités sont particulièrement graves : Akito Fujitawa se voit principalement accusé d’avoir atteint à la liberté de la presse avec la décision prise, vers la fin de son mandat, de censurer et suspendre le Democracy, notre journal, en raison d’un article contenant le témoignage d’un hamajak aux idées indépendantistes. Il est également accusé par le procureur de Columbia, à l'origine de la majorité de ces dossiers, d’avoir été à la tête d’un vaste réseau de favoritisme et de corruption entre 2005 et 2014, pour avoir publié des appels d’offres partiaux visant à favoriser l’emploie de certaines entreprises dans des contrats publics. Victor Hardenbor, de son côté, est également accusé d’avoir été un membre actif de ce réseau au cours de sa présidence, notamment avec les entreprises appartenant à sa famille, ainsi que l’utilisation de nombreuses sociétés fictives pour financer les campagnes électorales du PUR, principalement locales, à minima entre 2007 et 2013. Le plus “grand” des accusés de tous, devenu figure principale de ces procès, c’est bien évidemment Alfred Eisendorf, qui se voit accusé des crimes les plus graves : que cela soit l’atteinte à la liberté de la presse, en tant que principal instigateur de la tentative de censure en 2014, mais également pour des crimes pouvant remonter jusqu’à 1993, avec une accusation pour multiples homicides, du temps où il a eu le commandement de l’armée au cours des opérations de “nettoyages” des ghettos hamajaks, concernant principalement les centaines de morts au cours des sanglantes manifestations du 24 février 1993.

C’est ainsi, au début de l’été 2017, que le tribunal fédéral de Columbia a jugé que les résultats apportés par les enquêtes étaient suffisants pour inculper les différents accusés de la majorité de leurs crimes, avec des premières dates de procès à l'origine établis entre le second semestre 2018 et le premier semestre 2019, bien que repoussées dans le temps depuis. Si la police fédérale continue de rassembler des éléments, les différents acteurs de cette affaire judiciaire nient tous en bloc les accusations dont ils sont la cible. Akito Fujitawa, actuellement sénateur, et Victor Hardenbor, officiellement en retrait de la scène politique westalienne, ne se sont jamais exprimés publiquement jusqu’à leur mise en examen officielle, préférant le relais de leurs avocats pour s’exprimer à leur place, ce qui n’est pas le cas d’Alfred Eisendorf, qui utilise cette affaire pour galvaniser ses troupes et pour se poser comme “victime d’un complot de la gauche communiste et hamajak qui cherchent à faire disparaître le premier des patriotes du pays”. Si la majorité de la population considère que la mise en examen d’Alfred Eisendorf est justifiée, cela n’a pas empêché son parti de réaliser de bons scores au cours des dernières sénatoriales et aux élections pour le Congrès Suprême, se hissant officiellement au rang de quatrième parti du pays, pour une formation politique à peine âgée de deux ans cette année. Avec la chute de la gauche, l’étude des sondages pointe que ce procès à venir sert au contraire l’image d’Alfred Eisendorf, qui se pose en “martyr” des citoyens nationalistes et horvanxiens.

Alfred Eisendorf arrêté pour meurtres et rapidement relâché sous caution

Photographie d'identité judiciaire d’Alfred Eisendorf, publication de la Westalian Federal Police Agency, le 26 juillet 2018.
Photographie d'identité judiciaire d’Alfred Eisendorf, publication de la Westalian Federal Police Agency, le 26 juillet 2018.

Cette affaire prend à nouveau un tournant inattendu en cet été 2018, qui semble marquer un nouvel épisode de cette série judiciaire. A la suite de l’apport de nouvelles preuves, notamment portées par des témoignages de personnes présentes au cours des manifestations du 24 février 1993, “du côté des manifestants comme d’anciens militaires”, selon le communiqué officiel du tribunal fédéral de Columbia, le Juge fédéral de Columbia a déposé un mandat d’arrêt à l’encontre d’Alfred Eisendorf, pour homicides volontaires, en raison de ses décisions ayant permis un “usage de la force létale disproportionné et encouragé au cours des événements du 24 février 1993”, son immunité parlementaire ne le protégeant pas dans ce genre de cas. Le Sénateur et chef du NOW a été arrêté dans son domicile personnel d’Oakcity, dans le nord de l’État-Républicain d'Horvanx, par des membres de la Westalian Federal Police Agency, qui ont procédé à son arrestation officielle au cours de la matinée, “sans aucune résistance et avec une coopération totale” du premier concerné. L’élu horvanxien a été par la suite amené par les forces de la police fédérale à Atawa, capitale de l’État-Républicain, dans le bureau de la WFPA, où il a été contraint de passer par tout le processus judiciaire, dont la prise d’une photographie d'identité judiciaire, que l’agence de police est dans l’obligation de publiée selon les lois fédérales, et qui a été très rapidement médiatisée. Toujours selon un communiqué officiel, Alfred Eisendorf a été présenté devant un juge, trois heures après son arrivée à Atawa, qui a demandé une caution de cinquante millions de Talirs pour que le prévenu puisse être libéré sous condition, en prévision de son procès à venir. Une caution qui va être rapidement payée par son allié et Vice-Président du NOW, Arthur McAubert, troisième fortune du pays, qui aurait fait le déplacement personnellement dans la capitale régionale pour venir le sortir de détention, selon des témoins locaux, au cours du milieu d’après-midi. La justice fédérale, dans un nouveau communiqué public, justifie cette décision historique : “En raison des preuves rassemblées et de la concordance de ses dernières vis-à-vis des crimes dont est accusé Alfred Eisendorf, nous avons décidé de procéder à son interpellation pour homicides volontaires sur quinze personnes au cours de la journée du 24 février 1993, dont les ordres et le pouvoir de décision du citoyen Eisendorf, alors Général à cette époque, ont été motivée par un objectif d’apporter la mort à ces quinze westaliens. Notre décision n’est nullement motivée par une quelconque volonté politique, mais bien par l’application stricte et juste de la loi fédérale, telle que votée par nos élus. Personne n'est au-dessus des lois.”.

Selon Micheal Jasper, spécialiste en droit fédéral, “les seules accusations d’homicides volontaires sont particulièrement graves pour Alfred Eisendorf. On parle de ce que la justice considère comme quinze meurtres à l’encontre de citoyens westaliens, commis au cours de ses fonctions d’officier militaire, en 1993. Les caractères multiple et volontaire aggravent grandement les accusations, avec un risque de destitution, d’emprisonnement à vie dans le moins pire des cas, jusqu’à la peine de mort. Dans l’histoire de notre pays, un seul cas se rapproche de cette affaire, c’est celui du Sénateur Francis Polius qui, en 1948, a été accusé d’avoir fomenté l’assassinat de son adversaire aux précédentes élections, en faisant exploser sa voiture, avec lui et sa famille à son bord. L’enquête révélera son implication, où le Sénat le destituera, avant de voir la justice le condamner à la peine de mort en première instance, avant de se commuer en peine de prison à vie, en appel. Alfred Eisendorf étant accusé de meurtres provoqués “indirectement” au cours de ses précédentes fonctions officielles, il est encore difficile à voir si le caractère volontaire sera retenu”. Bien que rapidement libéré, cette histoire n’a pas laissé de marbre les nombreux soutiens du Président du NOW, qui se sont une nouvelle fois rassemblés à Columbia pour dénoncer une “répression politique” et un “acharnement juridique” contre leur leader. Dans la soirée, Alfred Eisendorf a renouvelé ses accusations contre “les juges socialistes et communistes, profondément anti-westaliens, qui cherchent à détruire notre démocratie en essayant de réduire au silence l’un des principaux représentants du peuple, utilisant les lois pour assouvir leurs délires rouges, pour m’empêcher de me présenter aux prochaines présidentielles”. En effet, ces juges fédéraux à la tête de ces différentes affaires sont tous issus de la nouvelle promotion nommée par le Conseil de la Justice Fédérale peu de temps après son renouvellement par le Président fédéral Simeon Belagri, en 2015. Dans un spectre plus large, la classe politique s’est divisée entre la droite conservatrice et l’extrême-droite nationaliste qui ont apporté leur soutien à Alfred Eisendorf, à l’image de Victor Hardenbor Jr. (PUR), qui a dénoncé une “corruption dans les hautes sphères de la justices pour mettre au pas la droite westalienne”, tandis que la gauche s’est réjouie de cette arrestation, bien qu’éphémère, tel qu’a pu le déclarer le Président du Mouvement Social Hamajak, Gary Sikyatavo, “on fini toujours par payer pour ses crimes. Aujourd’hui, le bourreau du 24 février 1993 a fait un premier pas vers sa fin. Il reste encore des centaines de nos frères et alliés pour lesquels la justice n'a toujours pas reconnu son implication direct, mais ces quinze premiers martyr ouvriront la voie. La justice l’écrasera de son marteau, de la même façon qu’il a écrasé de nombreux hamajaks innocents venus manifester pour un monde plus juste. Le diable sera bientôt derrière les barreaux”.

Des comparutions à venir… Avec une défense solide qui parvient à repousser les échéances

Victor Hardenbor, Président fédéral entre 1991 et 2015, sortant d’une rencontre avec le Président de la République du Nouveau-Saptär, Volodimir Pervetcha, à Nova-Aphalstèma, Nouveau-Saptär, Yukanaslavie, le 12 juillet 2018.
Victor Hardenbor, Président fédéral entre 1991 et 2015, sortant d’une rencontre avec le Président de la République du Nouveau-Saptär, Volodimir Pervetcha, à Nova-Aphalstèma, Nouveau-Saptär, Yukanaslavie, le 12 juillet 2018.

La justice fédérale, dans ses affaires, s’attaque à l’une des personnalités westaliennes les plus connus du pays : l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor. Le précédent chef de l’État fédéral avait annoncé son retrait de la vie politique en 2014, avec effet à la fin de son dernier mandat, en octobre 2015, justifiant un âge avancée ne lui permettant plus de pouvoir assurer un investissement nécessaire dans les hautes sphères du pays, préférant “redevenir un militant comme les autres et sans fonction officielle” au sein du parti politique qu’il a fondé : le Parti de l’Union Républicaine. Cependant, le septuagénaire, qui approche des 78 ans, semble pourtant continuer à se positionner comme le westalien le plus puissant et le plus influent du pays, d’une part grâce à sa fortune, la plus importante au sein de la Grande République, mais également en Aleucie, mais surtout grâce à ses discrets, mais très nombreux, voyages à travers le continent, invité dans des conférences ou en tant que conseiller pour des alliés politiques étrangers, à l’image du Président de la République du Nouveau-Saptär, Volodimir Pervetcha, dont il est particulièrement proche ces dernières années. C’est en effet depuis la Yukanaslavie, dans sa résidence secondaire de Nova-Aphalstèma, qu’il a pour la première fois commenté les affaires judiciaires qui le poursuivent depuis 2016, au cours d’une interview retransmise à la radio : “Il n’y a aucun fondement dans les accusations que l’on me porte. La justice fédérale devrait arrêter de prendre à tout-va les fausses preuves présentées par des militants d’extrême-gauche qui n’ont que pour objectif de salir mon bilan de plus d’un quart de siècle à la tête du pays. Je n’ai pas honte de mon bilan, la Grande République a pris le chemin de l’ouverture sur le monde et se repositionne aujourd’hui en tant que première puissance du continent, comme à l’époque, grâce à l’héritage dont j’ai fait don à mon peuple, peu importe mes successeurs. On peut critiquer mes décisions, mais on ne peut pas m’amener devant la justice pour des crimes que je n’ai pas commis”. A la question de ses expatriations régulières, en forte hausse depuis 2016, l’ancien Président fédéral se défend de toute fuite à la justice fédérale : “J’aime voyager, il n’y a rien de mal, à mon âge, de vouloir profiter de la vie ? La justice westalienne m’a appelé à comparaître personnellement et je serai présent en personne devant les juges à la date donnée. Je ne fuis rien ni personne. Je n’ai pas fui les hordes communistes durant la guerre, ce ne sont pas quelques bureaucrates qui vont me faire peur, surtout lorsque je n’ai rien à me reprocher”.

Depuis 2016, c’est une armée d’avocats, parmi les plus grands cabinets du pays, qui s’efforce de construire une défense solide pour les différents accusés, utilisant de toutes les stratégies administrative et juridiques possibles pour protéger leurs clients d’une potentielle condamnation et d’actions préventives des juges fédéraux, à l’image de l’éphémère arrestation d’Alfred Eisendorf. Ainsi, la défense surveille les moindres actions de la justice, invoquant par exemple des vices de procédure pour repousser une comparution en 2017 et justifiant le report d’une première audition avec les juges, au début de l’année 2018. Par l’usage de ces stratégies, la plupart des accusés n’ont pour le moment pas encore été présentés officiellement devant la justice fédérale, faute d’une date définitive pour se faire. L’intérêt est grand pour ces derniers, qui veulent jouer la montre jusqu’à 2019, à minima, et miser sur une potentielle victoire de la droite aux prochaines élections présidentielles et sénatoriales, afin que le prochain gouvernement fédéral leur soit beaucoup plus favorable, potentiellement en s'arrangeant pour qu’un supposé futur Président fédéral de droite viendrait à dissoudre le Conseil de la Justice Fédérale, qui aurait alors les mains libres pour remplacer les juges en charges de ces affaires, potentiellement moins minutieux et actifs que ceux actuellement présents. Le pari est lancé pour nombre d’entre eux, il reste encore à savoir s’il sera réussi… Malgré tout, la justice fédérale se montre confiante dans la planification d’une audition pour Victor Hardenbor et Akito Fujitawa au cours du mois de novembre 2018.

De nouvelles personnalités inculpées par la justice fédérale

Alors que les différents accusés se battent avec ardeur pour assurer leur défense en prévision d’un futur procès, la justice fédérale élargit son spectre et a récemment communiqué sur l’inculpation de nouvelles personnalités, à la suite de nouveaux résultats d’enquêtes, principalement autour des affaires de corruptions et de favoritismes. Dans cette nouvelle vague, on retrouve par exemple le Directeur-Général d’Union Infrastructure, Jonathan Larster, une entreprise habituée à ce genre de procès, concernant plusieurs contrats accordés à UI entre 2010 et 2015. On retrouve également le discret, mais très influent, Directeur-Général de Warsmith Industries, Joseph Postom, dont l’appartenance de l’entreprise au Groupe Hardenbor aurait permis à cette dernière d’être favorisée dans les récents appels d’offres de modernisations du matériel militaire westalien, entre 1998 et 2015. Si ces personnalités représentent avant tout l’entreprise qu’ils dirigent, la droite westalienne dénonce une véritable “attaque planifiée contre des sociétés nationales majeures, principalement détenues par des hommes politiques de droite ou des familles de personnalités affiliées à la droite”. Des commentateurs de l’actualité, étiqueté à droite également, vont jusqu’à parler “d’un zèle irresponsable des juges fédéraux, qui mettent en danger l’image de la politique dans le pays et la stabilité de nos principaux acteurs économiques”, tandis que d’autres voient une “opération visant à mettre à mal la réputation de la droite à l’approche de 2019”, alors que cette dernière est considérée comme favorites pour les élections à venir. Dans ces affaires, ce n’est pas la première fois que des personnalités du monde économique westalien sont appelées par les juges. Fin 2017, Arthur McAubert avait été convoqué par la police fédérale, sans accusation à son encontre, mais dans le cadre de cette même enquête, afin d’échanger sur les rapports de son entreprise d’extraction minière, Northern Mining Alliance, avec le gouvernement fédéral de l'époque, sans mise en examen depuis. Cela va également être le cas du très célèbre Hirayoshi Akiyama, PDG d’Akiyama Corporation, qui a été récemment convoqué pour les mêmes raisons que le précédent, également sans accusation à son encontre, ce dernier ayant déclaré à la presse “qu’il n’a rien à se reprocher”, considérant ce prochain entretien comme “une simple formalité administrative de la justice”, celui-ci étant attendu pour septembre de cette année.
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Diffusée le 16 septembre 2018, à 18h

WNN


“Fukkatsu” : Interview d’Henry Takajiwa sur son nouveau livre à succès

Image d’illustration : Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères et théoricien des relations internationales westaliennes.
Image d’illustration : Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères et théoricien des relations internationales westaliennes.


Contexte de l’émission : World view est une émission qui traite de sujets d’actualités internationales sur la chaîne WNN. Elle y invite régulièrement des personnalités publiques, westaliennes ou étrangères, à commenter et à débattre sur un sujet précis. Elle porte généralement son attention sur les contextes diplomatiques et économiques liés à la Grande République, mais de plus en plus d’émissions se centre sur d’autres affaires internationales ces dernières années, principalement aleuciennes, avec la popularisation de “l’esprit kaiko-bu”, que l’on peut interpréter comme l’intérêt grandissant des westaliens pour les affaires extérieures à leurs pays, depuis l’ouverture sur le monde. Cette émission est animée par le présentateur Joseph Heirfond depuis sa première programmation, en 2007.

Joseph Heirfond : Chers téléspectateurs, bonsoir à tous. Dans cette émission du 16 septembre 2018, nous recevons un invité habitué de ce plateau et figure majeure du gouvernement, Monsieur Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères de la Grande République. Le premier des diplomates westaliens a récemment publié un nouvel ouvrage traitant de la géopolitique aleucienne et de la position de notre pays au milieu de cette dernière, “Fukkatsu”, qui connaît actuellement un grand succès en librairie. Enjeux stratégiques, alliances, crises et opportunités, son auteur va répondre à l'ensemble de nos questions ce soir !

Henry Takajiwa : Bonsoir à tous et merci pour cette introduction, Monsieur Heirfond.

Joseph Heirfond : Sans plus attendre, j’aimerai d'abord m’attarder sur le titre de votre livre, “Fukkatsu”, que l’on peut traduire en “Renaissance” ou “Résurrection”. Pourquoi ce choix ? Est-ce que cela s’inscrit dans l’évolution de la doctrine que vous appliquez depuis plus de quinze ans ?

Henry Takajiwa : Tout à fait, le choix de ce titre n’est pas anodin, puisque je considère mon dernier livre comme la suite naturelle de “Kaiko-bu”, cette compilation de mes articles à ce sujet, que j’ai publié en 2001. Westalia, désormais pleinement ouverte sur le monde, possède un réseau commercial devenu incontournable à l’international et cherche activement à la création de nouvelles relations diplomatiques avec de nombreuses nations, souvent influentes, et parfois même avec des alliances stratégiques. Nous jouons désormais un rôle central dans la géopolitique aleucienne. En réalité, je devrais plutôt dire que nous rejouons un rôle central dans cette dernière, puisqu’on a tendance a oublié la position majeure de la Grande République sur le continent, entre les années 50 et 80, un âge d’or pour notre diplomatie. Le “Fukkatsu” est donc l’étape suivante naturelle de notre ascension, celle de faire revivre cet âge d’or, voir d’aller encore plus loin que par le passé, c’est tout l’objet de mon nouveau livre : le futur.

Joseph Heirfond : Dans l’un de vos chapitres, vous vous attardez sur l’ascension de notre pays comme première puissance aleucienne revendiquée, une ascension que vous qualifiez d’incomplète et de fragile, pourquoi faire le choix de termes aussi durs ?

Henry Takajiwa : Vous l’avez correctement souligné, la Grande République est devenue ces dernières années la première puissance du continent. C’est un fait et beaucoup de nations aleuciennes le reconnaissent comme tel, pour autant, c’est un titre pour lequel je juge que notre pays n’a pas encore les épaules entièrement taillées. L’année 2016 et ses multiples crises, l’holocauste d’Estham, la menace militaire stérusienne contre la Lermandie et l’attaque contre l’un de nos convois par la Fédération, ont naturellement poussée notre nation sur le devant de la scène, dans une ascension rapide, peut-être trop rapide. On le voit bien, l’Aleucie est un continent dynamique, mais il a longtemps manqué d’une nation capable d’être la “Grande puissance”, un terme bien différent de première puissance et c’est dans cette différence que l’on découvre l’ascension incomplète de Westalia. Il n’y a pas de “Grande puissance” en Aleucie, aucune nation capable de protéger entièrement le continent, aucun gouvernement qui n'arriverait à rassembler sous sa bannière une majorité de pays de par son rayonnement diplomatique, d’imposer une direction et une croissance générale à tous… Westalia n’est pas une “Grande puissance”, mais on peut largement la considérer comme une graine de grande puissance, elle a le potentiel de le devenir, mais elle ne l’est pas actuellement.

Joseph Heirfond : Une bonne partie de votre ouvrage est, en effet, dédiée à des recommandations sur comment faire de notre pays cette “Grande puissance aleucienne” que vous avez théorisé. Le cœur de ces recommandations se trouve dans les liens que nous entretenons déjà avec les autres nations du continent. Est-ce que cela veut dire que nous sommes dépendants des autres pour atteindre cet objectif ?

Henry Takajiwa : Je n'emploierai pas le terme de “dépendance”, mais plutôt de “besoin réciproque” concernant nos relations avec les autres nations aleuciennes. Être la première puissance du continent n’est que la première pierre de cette ascension, pour la poursuivre, la colonne centrale de cette dernière va être de prouver au continent que nous sommes capables d’être une entité rassembleuse, capable de former un bloc de nations partageant nos visions et nos objectifs communs, une coopération où chacun va rapidement y trouver de nombreux bénéfices sur tous les plans. Je vais reprendre le cas de l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, puisque son échec en tant qu’organisation continentale s’identifie en trois points majeurs : le premier est celui de l’absence d’une tête de file, avec des nations “leaders” qui n’ont pas réussie à s’entendre pour choisir une direction vers laquelle mener l’alliance, menant plutôt à la création naturelle de rivalités. Le second, lié au premier, c’est la trop grande divergence idéologique de ses membres et l’incapacité d’aller au-delà de cette dernière. Le troisième, probablement le plus problématique des trois, c’est l’inégalité structurelle de l’ASEA, avec d’un côté les nations “fondatrices” et de l’autre, “le reste”, avec des droits et des pouvoirs que les seconds ne possèdent pas par rapport aux premiers. On ne peut pas incarner tout le continent avec une telle structure, ce n’est pas viable sur le long terme et l’histoire me donne raison. D’où l’importance pour la Grande République de se réinventer aujourd’hui, en prenant en compte les erreurs de l’ASEA, dans son ascension : il faut construire une relation de confiance et ouverte avec nos partenaires et alliés, pouvoir incarner un modèle à suivre en Aleucie et démontrer notre fiabilité géopolitique.

Joseph Heirfond : En parlant de rassembler des nations, vous avez dédié une partie de vos réflexions dans la théorisation d’une nouvelle alliance aleucienne, certains parlent d’une nouvelle ASEA, d’autres d’une résurrection de l’ancienne Entente Aleucienne, mais vous ne vous affiliez à aucune de ces deux options, quelle est donc votre vision sur ce point ?

Henry Takajiwa : Je me suis déjà exprimé sur les raisons de l’échec de l’ASEA et je pense qu’il serait mal venu de prétendre à la reconstruire d’une quelconque façon ou sous une nouvelle forme avec ses membres actuels, cela serait contre-productif et mènerait à une finalité identique dans un futur proche. Mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous inspirer de certains éléments qui ont correctement fonctionné, en Aleucie ou ailleurs, pour constituer une nouvelle alliance continentale. Vous me dites également que certains souhaitent ressusciter l’Entente Aleucienne, mais ce serait également réducteur concernant nos nouvelles capacités sur cette époque : notre attention n’est plus limitée au Nord-Ouest aleucien, mais bien à l’ensemble du continent. Pour autant, là aussi, nous avons de nombreux éléments que nous pouvons reprendre à bon compte pour construire cette future organisation majeure. La première chose qu’il faut définir dans cette alliance, c’est un objectif et une direction claire : la protection de la souveraineté de l’Aleucie, de nos sociétés et de nos cultures contre les ingérences étrangères, de plus en plus nombreuses, sur un continent propice à ces dernières, justement à cause du manque d’une entité en charge de cette défense. En avançant tous dans la même direction, nous nous assurons d’un second élément vital pour la construction d’une telle organisation : sa cohésion. Il est important pour la Grande République de choisir avec soin ses futurs alliés, de s’écarter de ceux qui ne lui ont apporté que des malheurs, de se rapprocher des nouvelles nations prometteuses et de renforcer les liens avec nos alliés les plus fidèles. Je cite l’exemple de la République de Lermandie, dont la présence dans ce futur processus de création va être inévitable et nécessaire, mais il y a également de nombreux gouvernements westalophiles en Aleucie que nous devons intégrer dans ce processus, d’autres qui pourraient le devenir, je suis persuadé que notre pays dispose de bien plus de soutiens que ce que l’on pourrait penser à l’international. Il est temps de capitaliser sur notre nouvelle force, sur nos relations passées, présentes et futures, pour construire quelque chose de nouveau, de puissant et de cohérent d'un point de vue géopolitique.

Joseph Heirfond : La notion de “souveraineté aleucienne” revient assez souvent dans votre livre, c’est un élément qui semble central dans la nouvelle doctrine que vous préconisez, non seulement pour la Grande République, mais également pour tout le continent. En quoi cette nouvelle notion est-elle importante pour l’avenir ?

Henry Takajiwa : Les différents gouvernements du continent doivent prendre conscience que la souveraineté de l’Aleucie est désormais un enjeu géopolitique qui peut et va impacter tous les peuples aleuciens. Pendant presque deux siècles, l’Aleucie s’est plus ou moins gérée elle-même, avec l’apparition de nombreuses nations issues de la colonisation et d'un désintérêt progressif des puissances historiques en Eurysie et au Nazum pour nos terres. Nous avons résolu nos problèmes entre aleuciens, avant d’atteindre la création d’une “Pax Aleucia”, pendant plusieurs dizaines d’années, sans conflits ou crises majeures, notamment grâce à la disparition de la Viétie communiste, dans les années 80. Aujourd’hui, cette ère de paix touche à sa fin, avec la multiplication des tensions dans le monde, qui impactent même l’Aleucie, comme on a pu le voir avec Estham, mais aussi des crises continentales et des divisions qui nous rongent. Dans ce chaos, la souveraineté aleucienne s’affaiblit, elle est même directement attaquée par des acteurs étrangers, qui souhaitent recoloniser le continent en y étendant leur sphère d’influence malsaine. On le voit avec la multiplication des bases militaires qui sont apparues progressivement entre 2016 et 2018, avec un objectif à peine caché d’utiliser le continent comme d’une base pour leur projection mondiale. Défendre la souveraineté du continent, cela ne doit pas être le rôle d’une seule et unique nation, mais d’un maximum de gouvernements aleuciens qui doivent tout mettre en œuvre pour faire de ce sujet leur principal axe diplomatique à l’international.

Joseph Heirfond : Quelles sont exactement les menaces pour cette souveraineté ? Des nations étrangères au continent ?

Henry Takajiwa : En effet, il est évident que ces nations extra-aleuciennes sont les entités les plus dangereuses pour notre souveraineté et celles disposant du plus grand nombre de ressources pour venir déstabiliser le continent. Toutes les nations étrangères ne sont bien évidemment pas des menaces pour notre continent, cela ne veut pas dire qu’il faut isoler l’Aleucie pour se protéger, très loin de cela, mais une petite poignet des plus puissantes et/ou des plus folles d’entre elles ne se gêneront pas pour l’être et c’est de celles-ci dont il faut se protéger. Pour le moment, c’est un miracle que l’Aleucie n’est pas encore subie d’attaque majeure d’une de ces menaces, pourtant, on voit bien qu’elles exercent leurs viles manigances sur les autres continents : que cela soit la succession de révoltes communalistes, propagée telle une vague de l’Est au centre de l’Eurysie, ayant même provoqué une guerre entre l’Hotsaline, désormais assiégée de toute part, et une coalition de pays communalistes déterminées à renverser par la force le gouvernement local, pour y imposer leurs idées. Si le pays tient pour le moment, ce n’est pas le cas d’autres, comme le Garmflüßenstein, occupé puis remodelé par les révolutionnaires d’extrême-gauche kartiens. C’est également le cas en Afarée, où Carnavale a une fois de plus frappée de toute son horreur en s’établissant illégalement en Kabalie, provoquant un nouveau génocide majeur, seulement quelque temps après celui d’Estham. Sans surprise, que s'est-il passé en Afarée peu de temps après cette attaque barbare et étrangère ? Le continent s’est rassemblé autour d’une organisation visant à la sécurité de ce dernier, avec la prise de conscience que la souveraineté afaréenne est non seulement menacée, mais qu’elle a été grandement estropiée par une force hostile encore présente sur leurs terres. Est-ce que l’on doit attendre qu’une Cramoisie apparaisse chez nous pour que l’Aleucie se réveille ? Qu’une vague de révolutions extrémistes, pilotées depuis l’étranger, surviennent chez nos voisins et alliés pour se rendre compte du problème qui nous fait face ? Il est temps pour les aleuciens de se réveiller et de faire face à la nouvelle réalité de notre monde : ce n’est pas parce que nous avons été plutôt épargnés par ces problèmes qu’ils ne viendront jamais à nous, il faut s’y préparer au plus tôt et sans tarder. Aujourd’hui, c’est chasser ou être chassé, et je pense que la majorité des aleuciens préfèrent se trouver dans la première catégorie que la seconde. Chassons les menaces ensemble, plutôt que d’être dévorés séparément par ces dernières.

Joseph Heirfond : Pour autant, l’Aleucie possède aussi ses éléments perturbateurs, on a pu le voir avec la Fédération de Stérus et la multiplication des actes hostiles à l’égard de nombreux gouvernements continentaux, tout particulièrement le nôtre. Est-ce que cela représente aussi une menace pour la souveraineté aleucienne ?

Henry Takajiwa : C’est également une menace à prendre en compte, une menace “de l’intérieur”, mais cela serait réducteur de tout ramener à Stérus sur ce problème, c’est beaucoup plus large et divers que cela. Stérus est le cas d’une nation qui a vu arriver à sa tête un dirigeant mégalomaniaque et aux ambitions hostiles pour la stabilité du continent, faisant usage de la force militaire pour arriver à ses fins. Si le retour de l’Empire semble donner un changement de doctrine diplomatique plus adoucie pour les stérusiens, j’attends encore un peu plus de temps pour ne pas trop m’avancer sur le futur, il n’en reste pas moins que la Stérus de Pandoro est un archétype de nation qui pourrait réapparaître dans l’avenir, pas nécessairement à Stérus, mais n’importe où en Aleucie, à la faveur d’un dirigeant populiste aux idées similaires et aux moyens militaires tout aussi dangereux. Ce qui a permis de tuer dans l’œuf la menace pandorienne, c’est avant tout l’union de plusieurs nations pour isoler la Fédération avant toute nouvelle escalade des tensions, par des moyens qui ont fait leurs preuves et par une Westalia qui a su se montrer responsable et protectrice de la stabilité aleucienne. Demain, nous ne devons pas attendre d’en arriver à une telle mobilisation pour mettre fin à la menace, il faut avoir les moyens de dissuader tout futur dirigeant de se lancer dans des actions mégalomaniaques sur le continent, que cela soit par des moyens militaires, voir pire, des ingérences politiques. On le voit avec le problème loduariens en Eurysie, qui démontre une fois de plus la menace réelle du communisme pour l’humanité, avec leur invasion sanglante et injustifiable de l’Antares. La présence de ce genre d’éléments perturbateurs, comme vous dites, est également une porte ouverte pour les menaces extérieures de s’infiltrer dans nos affaires et de nous diviser plus qu’il ne le faut. D’où l’importance de commencer à se préparer pour former les bases d’une alliance disposant d’une direction claire et d’une cohésion solide pour l’Aleucie. Une alliance de nations sérieuses et capables de démontrer leur volonté de protéger la souveraineté aleucienne, ce qui exclut celles qui cherchent activement à profiter de son effritement pour étendre leur pouvoir.

Joseph Heirfond : Au sein du gouvernement dont vous faites partie depuis fin 2017, on voit que la doctrine diplomatique westalienne s’oriente à nouveau vers une posture très aleuco-centrée et plus active dans la construction de ce que beaucoup considère comme sa nouvelle sphère d’influence. Est-ce que c’est avec cette doctrine en tête que vous dirigez la diplomatie de la Grande République ? Plusieurs sources attribuent notamment le départ successif des bases militaires non-aleuciennes sur le continent à votre retour à la tête des affaires étrangères.

Henry Takajiwa : La fonction de Ministre fédéral aux affaires étrangères, dans sa forme actuelle, joue un rôle central dans la direction diplomatique du pays, mais il n’a pas le contrôle total sur la doctrine appliquée, puisque le Président fédéral joue également un rôle majeur dans les prises de décisions et les stratégies portées vers l’internationales. Du fait de mes missions, je rencontre presque tous les jours Monsieur Belagri, pour prendre les décisions les plus justes et les plus propices pour notre peuple, dans ce domaine dans lequel je vis depuis plusieurs décennies déjà. Comme tous nos citoyens, vous savez que le gouvernement actuel est avant tout le fruit d’un compromis entre belagristes, asfortiens et hardenboriens, avec des désaccords fréquents sur plusieurs sujets, notamment la diplomatie, mais aussi d’une volonté commune de faire tourner le pays pour l’intérêt supérieur de la nation et de son peuple. Nous parvenons à construire une ligne diplomatique sur des compromis, qui permettent d’avancer sans trop d’encombre. Bien évidemment, c’est avec les principes du Fukkatsu et du Kaiko-bu que j'essaye d’apporter ma pierre à l’édifice, bien que limité par cette situation de compromis avec les belagristes. Malgré tout, je reconnais volontiers ma contribution au nettoyage de notre continent des influences étrangères parasitaires, qu’ont pu être les slavis en Maximus et les kartiens en Lermandie. Des nations étrangères dont la bascule vers l’extrémisme de gauche a naturellement permis à ces partenaires et alliés de la Grande République qu’une présence étrangère n’a rien de positif pour notre continent. Ceux ne sont malgré tout que de petites victoires, particulièrement symboliques, mais qui ne changent pas vraiment la problématique. La Grande République est la principale contributrice dans la protection de la souveraineté aleucienne, mais elle ne peut pas en être la seule éternellement, un seul pays ne peut pas représenter tout un continent, mais un seul pays peut ouvrir la voie à tout un continent.

Joseph Heirfond : En restant sur des enjeux géopolitiques, dans votre livre, vous vous montrez méfiant d’une intégration de la Grande République au sein de l’Organisation des Nations Démocratiques, alors que le dossier fait encore beaucoup débat. Quelles sont les raisons exactes de votre méfiance ?

Henry Takajiwa : Plus qu’un débat, c’est un des points de crispations majeurs entre le camp présidentiel et l’alliance de droite dont je fais partie. En l’état, le maintien du statu quo au sein du gouvernement et du Sénat ne permet pas une réintroduction stable de ce dossier, je pense que beaucoup l'ont compris. Quant à la raison pour laquelle je marque ma méfiance, c’est tout simplement les conditions de dépose de ce dossier d’adhésion qui me paraissent tout simplement inacceptables du point de vue du diplomate que je suis. L’OND a astucieusement bien joué son coup en jouant sur la menace d’une guerre avec Stérus pour pousser le cabinet Garandor à déposer une candidature dans la panique, en échange d’un soutien officiel contre la Fédération. Bien évidemment, en tant que westalien, je suis reconnaissant des membres de l’OND d’avoir apporté leur aide stratégique dans cette crise, même en tant que chef de la diplomatie, ce genre de geste nous pousse à un rapprochement naturel. Cependant, je ne suis pas d’accord sur le fait que cela s’est produit dans le but de ramener notre pays dans une alliance dont nous n’avons en réalité que peu d’attache et qui est très majoritairement eurycentrée, avec un poids des affaires aleuciennes assez faible, quand bien même l’OND est sûrement la plus grande alliance de ce type dans le monde. Se jeter à bras ouvert dans une organisation internationale, c’est une erreur inacceptable de la part du précédent gouvernement, pour laquelle l’Alliance Asfortienne a rapidement posé son opposition ferme et déterminée. Est-ce que cela veut dire que nous sommes hostiles à l’OND ou que nous ne souhaitons pas traiter avec cette dernière ? C’est complètement faux, si je pense qu’une adhésion n’est pas bénéfique à notre pays, entretenir des liens plus étroits avec ce genre d’organisation est toujours une bonne chose et je pense que la position actuelle de Westalia en Aleucie est la raison pour laquelle ils ont autant d’intérêt à se rapprocher de nous. Je tiens à le préciser, dans ces propos, je n’exprime que mon opinion personnelle et pas celle du gouvernement dont je suis membre. Je sais très bien que Monsieur le Président fédéral Belagri est toujours partisan d’une adhésion au sein de l’OND et c’est cette divergence qui nous empêche encore de clôturer ce dossier, qui devra l’être d’une façon ou d’une autre, avec ou sans adhésion. Tout ce que je peux dire, c’est que cette situation est particulièrement délicate pour la Grande République et il ne serait pas bon de la laisser traîner sur plusieurs années.

Joseph Heirfond : Pour terminer sur des questions un peu plus centrées sur l’actualité intérieure du pays, l’année stratégique qu’est 2019, avec les prochaines sénatoriales primaires et les présidentielles, s’approche à grands pas. Avec la publication de “Fukkatsu”, est-ce que votre ouvrage s’apparente déjà à un programme diplomatique pour Westalia, si la droite remporte les élections ?

Henry Takajiwa : Je ne suis pas seul à décider de ce genre de choses, mais je peux déjà vous confier que plusieurs personnalités au sein du Parti de l’Union Républicaine partagent ma vision des choses concernant la position que nous devrions tenir à l’international. Ces dernières années, les conservateurs ont dû faire face à des crises internes et politiques qui ont remis plusieurs de nos fondamentaux en question. Cette réflexion sur nous-même a permis de reconstruire un PUR au visage nouveau et ce n’est pas sans fierté que je peux dire que mes efforts, visant à accentuer nos positions sur le domaine de la diplomatie et à se montrer moins réticents, ont fini par porter leurs fruits. Fukkastu n’est pas seulement un programme que je souhaite voir appliquer pour le pays, mais c’est surtout une doctrine que j’espère voir prendre racine dans les différentes chancelleries aleuciennes, avec l’idée qu’il est désormais nécessaire de protéger la souveraineté aleucienne, non pas en s’isolant, mais s’unissant avec des nations aux visions similaires. C’est un projet majeur pour lequel, si la droite obtient une majorité claire au Sénat l’an prochain, j’espère pouvoir mener à bien depuis la position dans laquelle je serai dans l’avenir.

Joseph Heirfond : En plus d’être une figure majeure chez les conservateurs, vous êtes régulièrement cité parmi les trois personnalités les plus appréciées des westaliens, depuis quelques années. Est-ce que l’approche des élections ne vous donne pas des ambitions présidentielles ? Plusieurs observateurs politiques vous citent régulièrement comme une personnalité présidentiable pour votre famille politique, à la suite de votre campagne réussie en 2017.

La caméra est désormais centrée sur Henry Takajiwa qui rigole légèrement avant de reprendre la parole, pour répondre à la dernière question qui lui est adressée :

Henry Takajiwa : Cela me fait plaisir de voir que la population que je sers m’apprécie et apprécie mon travail. Malgré tout, il est évident que les westaliens demandent un changement fort et puissant à la tête de l’État, celle d’une nouvelle gouvernance qui pourra unir toute la population sans exception vers un nouvel âge d’or, dans cette tempête que nous traversons. Si le gouvernement est toujours sur une base de compromis, il n’empêche pas que nous soyons toujours au bord d’une crise politique que nous avons évitée à plusieurs reprises, héritage du précédent gouvernement Garandor qui n’a pas réussi à diriger le pays tel que nous l’attendions de lui. Cependant, je suis au regret de vous partager que mes ambitions ne se portent pas vers le poste de Président fédéral de la Grande République, ce serait un honneur d’y être élu, mais ce n’est pas ce que je souhaite. A droite, il existe d’autres profils beaucoup plus adaptés pour 2019, je pense notamment à mon ami et camarade de longue date, Victor Hardenbor Jr., qui fut l’un des premiers partisans de la doctrine du Kaiko-bu, en plus d’être aujourd’hui un soutien de celle du Fukkastu, dont mes échanges avec ce dernier m'ont permis d’enrichir la rédaction de mon dernier livre. Il dispose de toutes les qualités nécessaires pour représenter la droite aux prochaines élections présidentielles, j’en suis persuadé et je lui accorde tout mon soutien.

Joseph Heirfond : Ceci marquera la fin de notre émission et de nos échanges. Je remercie une fois de plus notre invité, Monsieur Takajiwa, qui a répondu à nos questions portant sur sa nouvelle doctrine, le “Fukkastu”, décrite dans son dernier livre toujours en vente, en plus d’apporter son regard aiguisé sur l’actualité internationale, sur ce plateau. Merci à tous nos téléspectateurs de votre écoute et je vous souhaite à tous une très bonne soirée !

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Democracy du 14 novembre 2018
Democracy

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Présidentielles 2019 : Qui sont les candidats déclarés ?

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A dix mois des élections présidentielles, les mouvements politiques alignent leurs représentants pour ce scrutin décisif. Désormais, nous avons déjà une bonne idée de qui pourrait se retrouver en concurrence, en août 2019, avec une scène politique westalienne qui évolue une fois de plus, dans le renforcement ou la création d’alliances. Incertitudes, favoris, programmes politiques, avenir géopolitique et premières intentions de vote… Voici une première fenêtre sur ce scrutin décisif pour l’avenir du pays, mais également pour celui du continent.

Pour la première fois, le peuple aura le dernier mot

Alors que l’année 2018 approche de sa fin, le pays porte déjà son regard sur les différentes élections qui vont le secouer tout au long de l’année 2019. En effet, au cours de ces élections, le peuple sera appelé à voter pour renouveler les deux tiers du Sénat de la Grande République, en septembre, une période particulièrement attendue pour débloquer le statu quo actuellement en place sur la scène politique westalienne. Cependant, l’élection pour laquelle tous les partis politiques commencent déjà à faire campagne n’est autre que celle des présidentielles. Jusqu’en 2016, ces élections étaient tenues uniquement par le désormais disparu Conseil Électif de la Grande République, réunissant l’ensemble des présidents des États-Républicains et les présidents des deux chambres législatives pour nommer un nouveau dirigeant à notre pays. De par son fonctionnement, ces élections n’ont jamais été les plus suivies par le peuple, les candidats à ce poste étant plutôt choisis au sein de leur parti, parfois également nommé en tant que leader de campagne pour les sénatoriales primaires, déterminantes pour le vote final. Si le rôle de Président fédéral a été principalement figuratif entre les années 50 et 90, l’arrivée de Victor Hardenbor à ce poste, en 1991, change complètement les fonctions et la posture de chef de l’État en Westalia. Au début beaucoup plus présent dans les affaires intérieures que ses prédécesseurs, il parvient à faire voter en 2003 une réforme constitutionnelle, par référendum, pour élargir ses fonctions et ses pouvoirs, devenant un rôle très actif dans les arcanes du pouvoir, notamment à l’international lors des grands projets d’ouverture sur le monde. Avec la défaite des conservateurs en 2015 et l’élection de Simeon Belagri en tant que Président fédéral, l’asfortien de gauche organise une nouvelle réforme constitutionnelle qui réduit les pouvoirs de son poste, mais reste toujours très important par rapport à ce qu’ils pouvaient être avant 2003, justifiant la nécessité de garder un dirigeant gardant les capacités d’agir pour le bien du peuple. Dans cette nouvelle réforme de 2016, on retiendra surtout le changement dans la méthode de nomination du Président fédéral : fini le Conseil Électif et ses huit membres, c’est désormais le droit et le devoir de tous les citoyens-électeurs de pouvoir élire leur principal représentant, au suffrage universel direct, une révolution institutionnelle qui a immédiatement posé les bases d’une future campagne présidentielle intense et sans pareille dans l’histoire du pays. Désormais à moins de dix mois de ce scrutin historique et déterminant pour la Grande République, qui sont les candidats qui ont déclaré leur intention de se présenter pour le poste de la présidence fédérale ?

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Simeon Belagri, candidat naturel à sa réélection

Simeon Belagri, Président fédéral de la Grande République de Westalia et candidat déclaré pour le Front Populaire et Démocrate, lors d’une interview sur Notizia TV, le 27 octobre 2018.
Simeon Belagri, Président fédéral de la Grande République de Westalia et candidat déclaré pour le Front Populaire et Démocrate, lors d’une interview sur Notizia TV, le 27 octobre 2018.

Simeon Belagri, actuel occupant du poste de Président fédéral de la Grande République, est depuis plusieurs années déjà considéré comme candidat à sa propre réélection, notamment au sein de son camp, où il fait toujours figure de proue, malgré l'implosion de la coalition de gauche qui l’a amené au pouvoir et les critiques internes de l’aile gauche du Front Populaire et Démocrate, qui lui reproche d’avoir cédé trop de terrain à la droite dans ce gouvernement de “compromis” que dirige actuellement Richard Kaylor, un allié de la première heure et seconde figure du FPD. L’actuel chef de l’État est un vétéran de la scène politique westalienne et un homme qui a porté un parti né seulement au début du siècle à la tête des plus hautes instances du pays, en moins de dix ans, détrônant les invincibles conservateurs en jouant astucieusement sur leur affaiblissement politique au milieu des années 2010, récupérant un électorat plus modéré sous son aile et participant à la création d’une grande coalition de gauche qui permettra un retour de cette dernière au pouvoir en 2015. En l’espace de quatre ans, lui et son gouvernement poussent dans l’application de nombreuses réformes majeures pour le pays : réformes constitutionnelles “pour renforcer la démocratie westalienne”, droits du travail réformés en faveur des salariés, grande réforme de la santé pour la rendre plus accessible… Sur le plan diplomatique, il est également un dirigeant qui a dû faire face à de nombreux événements majeurs tels que la guerre froide avec Stérus, dont l’agression militaire qui en a suivi, tout comme l’onde de choc provoqué par l’holocaust d’Estham. Son bilan sur ce plan est à la fois salué comme critiqué sur certains points : d’un côté, Simeon Belagri a grandement contribué à l’élargissement des partenaires westaliens non-aleuciens au cours de son mandat, avec une attention toute particulière portée sur le Nazum, que cela soit un rapprochement avec le Grand Ling ou la signature d’une alliance avec le Wanmiri, mais on lui reproche également une plus grande souplesse avec des régimes plus radicaux et de gauche, à l’image du Grand Kah, où Simeon Belagri est le dirigeant westalien qui a acté la réouverture du dialogue avec la seconde puissance mondiale, après plusieurs années de froid réciproque. Concernant son approche sur l'agression stérusienne de 2016, dévoilée en février 2017, le Président fédéral a d'abord été vivement critiqué pour son approche jugée “trop passive” ou “trop molle”, face à des détracteurs et une opinion populaire en faveur d’une réponse militaire. Malgré tout, le temps lui donnera raison, puisque son approche pragmatique et pacifique a permis à la Grande République de gagner une très bonne réputation à l’international, en s’attirant de nombreux soutiens, certains avançant qu’il est celui qui a fait chuté la Fédération de Stérus sans faire tirer un seul coup de canon.

Le 27 octobre 2018, au cours d’une interview télévisée sur Notizia TV, Simeon Belagri a officiellement déclaré son intention de se représenter candidat pour les élections présidentielles à venir, avec “la ferme intention de sortir le pays de la crise politique, avec le soutien du peuple, avec le peuple et pour le peuple”. S’il n’a pas encore présenté un programme politique clair, le chef du FPD a tout de même accentué sa volonté de proposer une nouvelle réforme du travail qui visera à “mieux protéger les salariés”, tout en annonçant vouloir construire une nouvelle économie westalienne qui favorisera les entreprises qui contribueront à l’épanouissement social de la société, grâce à une participation active, en échange de prêts plus accessibles et d’exonérations d’impôts pour leurs actions. Diplomatiquement, le Président fédéral souhaite recentrer les intérêts de la Grande République sur l’Aleucie, allant à l'opposé de ses précédentes positions, avec la construction de nouveaux partenariats et d’une plus grande contribution à la paix sur le continent, souhaitant reconstruire un nouvel axe de “coopération pacifique et bénéfique” entre les principales nations du continent, citant notamment l’Empire du Nord, l’Akaltie, la Lermandie ou encore la Yukanaslavie, sans être exhaustif. Au cours de son interview, il réitère notamment sa volonté “ferme et certaine” de voir la Grande République intégrer l’Organisation des Nations Démocratiques “avant la fin de l’année 2019 et dans les conditions déjà présentées depuis désormais un an”, malgré une certaine impopularité de cette idée au sein de la population. Il projette notamment le futur de la Grande République comme première nation aleucienne ayant le devoir de contribuer à la stabilité et à la paix du continent, “par des moyens diplomatiques, pacifiques et les plus ouverts possibles à la coopération régionale”, bien qu’il ne fait pas particulièrement mention de son avis sur l’état de l’ASEA, le dirigeant westalien préfère parler d’un “renouveau de la coopération aleucienne”.

Victor Hardenbor Jr., favoris et nouveau champion de la droite westalienne

Victor Hardenbor Jr., Président du Congrès Suprême et candidat officiel pour l’Alliance Asfortienne, au cours d’une conférence de presse, à Columbia, le 7 novembre 2018.
Victor Hardenbor Jr., Président du Congrès Suprême et candidat officiel pour l’Alliance Asfortienne, au cours d’une conférence de presse, à Columbia, le 7 novembre 2018.

Depuis 2017, la droite westalienne sort de sa traversée du désert et surf littéralement sur les crises politiques et diplomatiques que traverse le pays pour gagner grandement en popularité, donnant l’impression que les années Hardenbor (sénior) datent de plusieurs dizaines d’années dans le passé, au lieu de seulement trois, dans une fausse nostalgie et dans un air de déjà vu. Avec une victoire majeure remportée au cours des sénatoriales intermédiaires en 2017 et à celles du Congrès Suprême, au début de l’année, la droite libérale et conservatrice représentée par l’Alliance Asfortienne, coalition pour le moment victorieuse composée du Parti Libre et Démocrate et du Parti de l’Union Républicaine, se pose déjà comme la force politique favorite pour la prochaine recomposition majeure du Sénat, en septembre 2019. C’est donc sans surprise que de nombreux experts présentent le futur candidat AA comme étant également le favoris pour les prochaines élections présidentielles, la même année. Si chez les bélagristes le choix a été très rapidement conclu et sans trop d’opposition, la question s’est beaucoup plus posé au sein de l’Alliance de droite, avec de nombreuses figures majeures en capacité d’endosser un tel rôle : Arthur Horvanx, chef du parti et ancien candidat PUR lors des présidentielles de 2015, Henry Takajiwa, leader de l’aile libérale au sein du PUR et diplomate très influent en Aleucie ou encore Justin Darfor, Président du PLD et vétéran de la scène politique du pays. Il aura fallu plusieurs mois aux membres de la droite pour dégager un nom de leurs rangs, mais plusieurs grandes figures se sont peu à peu fait exclure de cette liste : Justif Darfor face à une dominance désormais acquise du PUR sur la coalition, Arthur Horvanx, qui a déclaré ne pas vouloir se représenter en 2019, et plus récemment Henry Takajiwa, ayant partagé cette même décision au cours d’une interview télévisée donnée en septembre sur WNN. Mais c’est également dans cette interview que l’actuel Ministre fédéral aux affaires étrangères a partagé son soutien à une personnalité de son camp : Victor Hardenbor Jr., actuel Président du Congrès Suprême.

Le fils de l’ancien Président fédéral, Victor Hardenbor (sénior), a toujours été un peu dans l’ombre de son père au cours de son parcours politique, beaucoup considérant son ascension comme le fruit du soutien indéfectible de sa famille et de son père, notamment lorsqu’il se fait élire pour la première fois à la tête du Congrès Suprême, en 2010. Cependant, après le retrait de son père de la politique, en 2015, et du chaos qui règne au sein du PUR, beaucoup s'attendaient à ce que le quarantenaire soit poussé hors des instances dirigeantes, ou à minima écarté des figures de proue du parti. A la surprise de nombreux observateurs politiques, Victor Hardenbor Jr. a au contraire profité de cette instabilité interne pour renforcer son emprise sur le parti, profitant du schisme avec les traditionalistes, qui fonderont le New Order of Westalia, pour mettre à des postes stratégiques ses partisans, sauvant de la disparition l’ADN hardenboriste du parti, dont il en devient le principal représentant. Son intégration au sein du “Triumvirat conservateur”, composé d’Arthur Horvanx, d’Henry Takajiwa et de lui-même, lui permet de s’approprier un poste de Vice-Président du PUR, dans une nouvelle instance dirigeante où il semble régner bien plus en maître qu’on ne le croit. Progressivement, il se construit une image médiatique d’opposant radical à Simeon Belagri, où il est très régulièrement interviewé par les principales chaînes télévisées du pays pour partager son avis sur l’actualité et les décisions du gouvernement. Les westaliens découvrent alors un homme qui tranche beaucoup plus avec l’aura très austère, voir arriéré, de son père en portant sans hésitation des projets d’ouvertures sur le monde, très orienté dans les doctrines Takajiwa, ou encore en étant très présent sur les réseaux sociaux ou auprès d’influenceurs alignés sur les idées du PUR. Malgré tout, dans des sondages publiés cette année, il n’est classé que comme troisième personnalité que l’électorat de droite souhaiterait voir comme son candidat pour les présidentielles, derrière Arthur Horvanx (2ème) et Henry Takajiwa (1er). Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “le choix de Victor Hardenbor Jr., comme candidat officiel de la droite, n’est pas seulement le fruit d’un processus interne, mais également un choix méticuleusement calculé par l’Alliance Asfortienne. Le premier est de jouer sur le patronyme Hardenbor, qui possède encore une très grande popularité, notamment au sein de l’électorat de la droite radicale, qui s’écarte de plus en plus en faveur du NOW. De l’autre, le profil de Victor Hardenbor Jr. est celui d’un homme qui maîtrise bien mieux l’univers très complexe des Dynastic Families, étant lui-même l’héritier d’une, un critère de plus en plus vital pour les dirigeants westaliens, à l’image de Victor Hardenbor et de Simeon Belagri, dont leur maîtrise naturelle de ce monde leur a permis de garder le cap économiquement”.

Sur le plan intérieur, Victor Hardenbor Jr. soutient qu’il y a une nécessité de “revenir en arrière” sur certaines réformes réalisées au cours du mandat Belagri, appelant notamment à une nouvelle loi Safety & Security V qui réintroduirait le délit d’extrémisme, tout en déclarant “organisation terroriste” les gangs hamajaks qui font trafiquer la drogue et orchestrant “de véritable guerres sur notre propre sol, contre nous et contre des millions d’innocents”. Malgré tout, au cours d’une conférence de presse à Columbia, le 7 novembre dernier, où il a annoncé sa candidature, il a promis de ne pas toucher à la réforme “United Healthcare”, voir de “l’améliorer” en accordant de nouvelles dispositions pour favoriser l’accès au soin de proximité et avec un coût “juste et abordable” pour les westaliens. Cependant, il dénonce la loi Latender, sur le travail, qu’il souhaite réformer pour réduire les impôts qui ont été imposés aux entreprises, “une décision qui a grandement affecté notre économie et une correction à venir qui redynamisera notre pays”. Sur le plan de la défense, Victor Hardenbor Jr. promet également une augmentation du budget dédié à l'armée, avec la construction d’un second porte-avions pour la marine fédérale, ainsi qu’une plus grande ouverture sur le marché international de l’armement pour les entreprises du Consortium de Columbia, “pour augmenter la contribution à la croissance, de la part du secteur de l’armement”. Diplomatiquement, Victor Hardenbor Jr. promet une sortie totale de l’ASEA “d’ici 2020 ou 2021”, pour notre pays, actant “la fin d’une alliance sans queue ni tête”. Il promet également d’apporter une réponse définitive “et ferme” sur la question d’une intégration au sein de l’OND dans les premiers mois de son mandat, affirmant “ne pas y être favorable”. Exit le rejet des alliances existantes, il promet d’appliquer un projet diplomatique dont l’objectif serait “d’asseoir l'influence de la Grande République sur l’Aleucie, avec la formation d’une nouvelle alliance, puissante, unie et indivisible face aux étrangers parasitaires et aux États déstabilisateurs”, soutenant le programme diplomatique du Fukkatsu, conçu par Henry Takajiwa, qui imagine notre nation comme la nouvelle “Grande puissance aleucienne”, en charge de créer un nouvel ordre continental de par son influence et ses capacités économiques comme militaires.

Albert Parsent, la nouvelle figure de proue des socialistes

Albert Parsent, Sénateur du Comté de Hington, Président du Groupe Union Sociale et Démocrate au Sénat et candidat officiel de l’Alliance Populaire, lors d’un déplacement à Fort Harvey, le 9 novembre 2018.
Albert Parsent, Sénateur du Comté de Hington, Président du Groupe Union Sociale et Démocrate au Sénat et candidat officiel de l’Alliance Populaire, lors d’un déplacement à Fort Harvey, le 9 novembre 2018.

L’année 2017 a été une terrible année pour la gauche, avec l’effondrement de l’Alliance Sociale et Démocratique (ASD), initié par le départ du Parti des Ouvriers Libres en mai 2017, suivi de la défaite au cours des sénatoriales intermédiaires et finalement le départ des derniers membres qu’étaient l’Union Sociale et Démocrate et le Mouvement Social Hamajak, en raison de leur opposition radicale concernant tout compromis avec la droite asforitenne et hardenboriste, laissant le Front Populaire et Démocrate seul au pouvoir. Avec ce que la gauche westalienne considère comme une “haute trahison politique du Président fédéral Simeon Belagri à l’encontre des idées sociales et progressistes”, le cœur de cette même gauche est alors retournée de lui-même vers son centre historique : les socialistes. Pourtant, fin 2014, tous ces partis étaient plus qu’ouverts à accorder leur confiance au FPD pour les diriger jusqu’à la victoire, bel et bien établie en 2015, mais dont les dissensions internes, notamment avec le POL, mettront rapidement à mal cette alliance nouvellement au pouvoir. L’un des principaux architectes de cette réussite politique, outre le leadership de Simeon Belagri, c’est bel est bien Albert Parsent, une étoile montante au sein du mouvement socialiste qui prône l’union à gauche pour combattre la droite, c’est d’ailleurs de lui-même qu’est venue l’idée (ainsi que l’initiative) de fonder l’ASD avec ses désormais anciens alliés. Son passage à l’exécutif, entre 2015 et 2017, lui permettra de se créer une image particulièrement médiatique, notamment due à sa nomination en tant que Ministre fédéral aux affaires intérieures, bien qu’il fut dans un premier temps pressenti pour le poste de Premier Ministre fédéral. Au cours de ces deux années, il a la charge de deux dossiers majeurs du gouvernement de gauche : la réforme Safety & Security IV, dans laquelle il supprima de nombreux articles de la précédente version, qu’il juge liberticides, mais également de la réforme constitutionnelle de 2016, dite “réforme démocratique Belagri”, où il aurait notamment contribué à certains points clé visant à sécuriser la démocratie westalienne de toutes nouvelles dérives autoritaires, “en faisant table rase de certains fonctionnements archaïques hérités de la dictature et tout autant de tumeurs capables de détruire nos libertés”. Avec l’implosion de l’ASD en novembre 2017, Albert Parsent et l’USD coupent les ponts définitivement avec Simeon Belagri, mais le nouveau leader socialiste rebondit rapidement et se rapproche, le jour même de la nomination du gouvernement Kaylor, de Gary Sikyatavo, Président du MSH, avec lequel il propose la constitution d’une nouvelle alliance politique à gauche. Si le rapprochement s’opère entre les deux partis, déjà proche idéologiquement, il faudra attendre un communiqué commun de ces derniers, le 29 octobre 2018, pour confirmer la création de “L’Alliance Populaire”, en prévision des élections présidentielles et des sénatoriales primaires, où Albert Parsent sera nommé très rapidement comme candidat officiel de cette nouvelle coalition de gauche. Les dirigeants de l’AP inviteront bien évidemment le Parti des Ouvriers Libres et le Rassemblement Communaliste à les rejoindre, mais les deux formations d’extrême-gauche déclineront l’offre assez rapidement.

Ainsi, le programme de l’Alliance Populaire se veut être en rupture avec le Front Populaire et Démocrate, dont certaines parties de leurs électorats se ressemblent. En termes de politique intérieur, Albert Parsent souhaite compléter la loi Latender pour y inclure définitivement le concept de “Revenu Minimum de Développement Social”, déjà en place en Dakantia, et qui imposerait aux entreprises de respecter un salaire minimum à l’échelle fédérale, beaucoup plus élevé que les règles actuellement appliquées. Toujours sur le plan social, poussé par Gary Sikyatavo, l’Alliance Populaire souhaite achever les nouveaux accords de Columbia “avant la fin de l’année 2019”, des accords qu’ils souhaitent voir ouvrir la voie à la création d’un nouvel État-Républicain dans la partie orientale de l’État-Républicain d’Horvanx, une région majoritairement peuplée de communautés hamajaks, qu’ils souhaitent nommer “Ahrpat”. Sur la question sécuritaire, l’AP souhaite réformer les forces de polices “pour qu’elles servent avant tout de lien social avec la population et non d’un outil de répression étatique”, accentuant sur la nécessité d’installer une police “de proximité” dans les zones urbaines sensibles de la mégalopole westalienne. Dans une interview donnée sur WNN, Albert Parsent juge par ailleurs que “la première priorité du gouvernement fédéral devrait être de créer une nouvelle institution en charge du rehaussement sociale des régions les plus pauvres, notamment ce que l’on appelle vulgairement “les ghettos hamajaks”, avec une lutte acharné contre la pauvreté et la nécessité d’y implanter plus d’entreprises offrant de meilleures conditions de travail pour les habitants locaux, toujours plus tenté de se tourner vers l'illégalité”. Sur le plan diplomatique, Albert Parsent ne cache pas sa méfiance quant à la pérennité de l’ASEA, bien qu’il exclut tout projet de sortie dans son programme. A l’inverse, il est beaucoup plus ouvert à une intégration au sein de l’Organisation des Nations Démocratiques, qu’il juge “proche idéologiquement et géopolitiquement de la Grande République”, mais il se montre à la fois critique de cette dernière “ne souhaitant pas que Westalia participe à une quelconque surenchère sur une nouvelle guerre lointaine, avec la garantie que notre vision pragmatique et pacifique de la diplomatie soit assurée”.

Alfred Eisendorf, le prophète horvanxien

Alfred Eisendorf, Sénateur du Comté d’East-Coast, Président du New Order of Westalia et candidat officiel de l’Union Horvanxienne, au cours d’un meeting de campagne, à Lerant City le 12 novembre 2018.
Alfred Eisendorf, Sénateur du Comté d’East-Coast, Président du New Order of Westalia et candidat officiel de l’Union Horvanxienne, au cours d’un meeting de campagne, à Lerant City le 12 novembre 2018.

Au début de l’année 2016, la droite westalienne a connu un schisme qui aurait bien pu faire s’effondrer le Parti de l’Union Républicaine : celui du départ de son aile traditionaliste, partie fonder le New Order of Westalia. Nouvelles méthodes de gouvernance, nouveau design et une radicalité désormais sans limite. Cette scission, survenue sur fond d’opposition concernant la niveau d’opposition à porter au sein du camp conservateur sur la nouvelle loi Safety & Security IV, a tout d’abord mener à la célèbre marche sur Columbia par les différents partisans horvanxiens et nationalistes, celle d’une extrême droite qui a défilé en grand nombre dans la capitale fédérale et marqué par les images des légions horvanxiennes, venues armées, en train de parader dans les rues, avant de rejoindre leur nouveau prophète et héros revendiqué de leur camp : Alfred Eisendorf, “assiégeant” le Sénat de la Grande République, où il tient un discours en extérieur, à seulement une centaine de mètres de la chambre basse westalienne. Il y pose les bases de son nouveau mouvement : le New Order of Westalia, qui se veut être un mouvement politique de droite radicale, conservateur et néo-horvanxien, visant à l'éradication de “l'indépendantisme et de l’autonomisme hamajak, des idéologies anti-westaliennes et des mouvements communistes revendiqués ou non”. Sur ce genre de sujet, Alfred Eisendorf est un homme qui a de la bouteille, puisqu’il est issu d’une famille de militaire connue pour ses stratégies violentes au cours des précédentes guerres contre la Viétie, notamment à l’encontre des civiles, mais également pour sa très controversée prise de commandement des troupes militaires envoyées au début des années 90, sur ordre de Victor Hardenbor, pour réprimer les hamajaks dans leurs quartiers, provoquant plusieurs centaines de morts dans le processus.

Partisan d’une ligne autoritariste de plus en plus revendiquée dans ses discours, l’ancien Ministre fédéral à l’Unité Nationale est l’un des auteurs principaux des différentes versions de la loi Safety & Security (à l’exception de la quatrième), où il est notamment celui qui a poussé à l’introduction du délit d’extrémisme, retiré depuis. En prévision des sénatoriales intermédiaires, qui se sont déroulées en 2017, il pousse le NOW à former une alliance politique avec le Parti National Westalien, plus connu sous le nom “d’Union Horvanxienne”, où il en devient le maître incontesté. Si les premiers sondages de 2016 annonce des résultats médiocres pour l’UH, la révélation d’une attaque stérusienne sur un convois militaire westalien fait exploser les intentions de vote pour la coalition nationaliste, qui conserve presque l’intégralité de ces sièges et gagne même trois sénateurs en plus, au total, qu’avant l’élection, devenant la troisième force politique au Sénat, une réussite qu’il réitérera en 2018 pour le Congrès Suprême. Tout au long de ses campagnes, il invitera à plusieurs reprises le Parti de l’Union Républicaine à le rejoindre dans l’Union Hovanxienne, “dans un nouveau front patriotique”, mais il ne parviendra jamais à convaincre ses anciens camarades. Alfred Eisendorf est également le premier candidat déclaré pour les élections présidentielles, depuis mai 2018, mais ses ambitions pourrait être mise à mal par les affaires judiciaires très sérieuses qui le concernent, notamment pour ses tentatives de censures et ses décisions de répression brutale de manifestant en 1993, ayant même été brièvement arrêté par la police fédérale au cours de cet été, avant d’être relâché sous caution, utilisant ces événements pour galvaniser ses troupes face à ce qu’il accuse d’être une répression politique à son encontre par “des juges rouges et anti-westaliens”.

Concernant son programme, Alfred Eisendorf souhaite lui aussi, à l’image de Victor Hardenbor Jr., revenir sur la loi Safety & Security IV, en rétablissant le délit d’extrémisme et en poussant à la création d’une nouvelle force policière d’élite en charge de la lutte “contre le trafic de drogue, l’indépendantisme hamajak, les déstabilisateurs communistes et les diffuseurs de pensées anti-westaliennes”, promettant de doubler le nombre de place de prisons en prévision d’un “grand nettoyage sécuritaire et nécessaire pour construire une société nouvelle de paix et de stabilité”. Influencé par le multimilliardaire, Vice-Président du NOW et proche ami, Arthur McAubert, le leader horvanxien souhaite le développement d’une économie westalienne avec des entreprises qui œuvrent avant tout “pour le pays”, avec des assurances de protections du gouvernement fédéral. Il accentue particulièrement son discours sur une volonté d’autonomie totale du pays, notamment dans le domaine agraire, et beaucoup moins dépendant de l’extérieur dans son fonctionnement. Il n’hésite pas à critiquer plusieurs groupes qu’il juge “trop progressiste”, notamment les Dynastic Families proches des Belagri, les accusant de détruire le pays de l’intérieur en contribuant à “la diffusion d’idéologies néfastes”, sur lesquelles il promet “une lutte sans faille ni faiblesse” à leur encontre, s’axant ouvertement comme partisans des Dynastic Families les plus conservatrices, recherchant leur soutien. Sur le plan diplomatique, Alfred Eisendorf promet que “le premier décret que je signerai après mon ascension à la présidence fédérale, le jour même, sera le lancement du processus de sortie de l’ASEA, sans hésitation”, renchérent par la suite en affirmant que “la seconde décision que je prendrai, sera d’assurer que la Grande République ne soit jamais annexée par ses socialistes de l’Organisation des Nations Démocratiques, qui veulent juste recoloniser l’Aleucie”. Sur le plan régional, il est également partisan de la construction d’une Westalia “Grande puissance aleucienne”, avec la constitution d’une alliance visant à rassembler les “pays aux idées proches, anti-communistes, contre les révolutionnaires natifs et pour la protection de la souveraineté du continent, contre les influences extérieures indésirables. Il pointe notamment deux ennemis à abattre sur le continent : Stérus, désormais devenu Empire, pour lequel il souhaite “venger par tous les moyens possibles la mort de nos soldats, en les mettant à genoux, par la force si nécessaire”, mais également l’Akaltie, principale cible de sa critique, qu’il considère comme une “menace pour la stabilité du continent et un soutien premier du terrorisme natif et hamajak”, avec la ferme intention de déclarer cette nation “Ennemie de la Grande République”.

John Taranti, chef de la vieille garde ouvriériste

John Taranti, Délégué au Congrès Suprême, Secrétaire-Général du Parti des Ouvriers Libres et candidat officiel aux présidentielles pour son camp, au cours d’une intervention au Congrès Suprême, le 12 octobre 2018.
John Taranti, Délégué au Congrès Suprême, Secrétaire-Général du Parti des Ouvriers Libres et candidat officiel aux présidentielles pour son camp, au cours d’une intervention au Congrès Suprême, le 12 octobre 2018.

Les ouvriéristes, mouvement historique classé à l’extrême-gauche, ne sont pas au meilleur de leur forme et ceci depuis plusieurs décennies. En Westalia, les grandes ferveurs socialistes et révolutionnaires semblent avoir pris fin depuis un bon moment déjà, l’électorat populaire et ouvriers s’orientant vers d’autres partis politiques qu’ils jugent plus séduisant que les discours de révoltes du Parti des Ouvriers Libres, retranchés dans ses derniers bastions du Dakantia et concurrencer par des mouvements plus importants, comme l’Union Sociale et Démocrate ou plus jeune et plus radical, comme le Rassemblement Communaliste. Sous la supervision du très autoritaire John Taranti, le parti essaye tant bien que mal d’inverser la tendance, comme son adhésion à l’Alliance Sociale et Démocratique, en 2014, a pu le prouver, dans l’espoir de regagner du terrain, pour au final en perdre quand même, dans une élection où la gauche a pourtant réalisé des scores historiques. Pas de poste au gouvernement, des positions politiques de plus en plus difficiles à tenir, John Taranti tente à nouveau de provoquer “un coup de maître” en se dissociant très de tôt de l’ASD, début 2017, dans la volonté d’incarner une alternative d’opposition à gauche, mais là aussi le POL ne parviendra pas à remporter de nouveaux sièges, pire, il continue d’en perdre, aussi bien au Sénat qu’au Congrès Suprême, où John Taranti est désormais le seul délégué de son parti à y siéger. Malgré tout, le chef des ouvriéristes ne perd pas espoir et souhaite capitaliser sur le nouveau mode de scrutin aux présidentielles pour provoquer un nouveau sursaut pour 2019. Il peut le garder, puisque le POL dispose encore d’une implantation locale à l’échelle nationale qui ne semble pas tant faiblir, lui permettant notamment de revendiquer les 700 signatures d’élus pour présenter un candidat pour la présidence fédérale, selon ses dires, bien qu’il ne les a pas encore présentés officiellement aux institutions concernées, laissant planer le doute sur sa réelle capacité à participer ou non.

Avec John Taranti en tant que candidat officiel du POL, le programme de ce dernier ne change pas vraiment des élections précédentes : celui de la fin de l'interdiction du communisme en Westalia, la lutte contre la “corruption des Dynastic Families” sur la société, une économie beaucoup plus contrôlée pour assurer une “meilleure répartition des richesses”, avec notamment d’importantes taxations sur les grandes fortunes, Westalia hébergeant le plus grand nombre de millionnaires et de milliardaires de tout le continent, mais avec un taux de pauvretés également plus élevé que ses voisins. Il revendique avoir sous la main tout un projet de loi visant à inverser le rapport de force entre les honnêtes salariés et “ces charognards du patronat”, en facilitant la constitution de syndicats au sein des entreprises, avec des pouvoirs plus important, ainsi que la protection du droit à se syndiquer pour les salariés, face à des patrons qu’il juge “oppressifs vis-à-vis des ouvriers qui souhaitent exprimer leurs désaccords sur la façon dont est géré le pays”. Sur le plan diplomatique, le chef ouvriériste est déjà un soutien de longue date de la Loduarie, qu’il a récemment soutenue publiquement dans son invasion de l’Antares, qu’il qualifie de “libération populaire contre l’oppression bourgeoise”. Il est également un opposant farouche à l’ASEA, dont il souhaite voir le pays quitter rapidement, pour mettre un terme à un système “d’exploitation des ouvriers et de déséquilibre social”, tout autant que l’OND, qu’il considère comme “porte parole de l’oppression mondiale capitaliste et ami des régimes fascistes”. Il souhaite concentrer lui aussi l’attention de la Grande République sur l’Aleucie, en soutenant la levée du blocus maritime contre la République Démocratique de Vlastie et le retour au dialogue immédiat, tout en promettant la recherche de nouveaux partenaires “plus éthiques à l’international” et soutenant notamment un rapprochement avec le Grand Kah, pour constituer un axe de coopération “populaire et social en Paltoleucie”.

Abel Ordan, l’outsider communaliste qui défie les pronostics

Abel Ordan, Secrétaire-général du Rassemblement Communaliste et Sénateur du Comté d’Alsberey, candidat officiel de son camp, au cours d’une séance au Sénat, le 10 novembre 2018.
Abel Ordan, Secrétaire-général du Rassemblement Communaliste et Sénateur du Comté d’Alsberey, candidat officiel de son camp, au cours d’une séance au Sénat, le 10 novembre 2018.

Si l’on doit désigner une anomalie ces quatre dernières années, sur la scène politique westalienne, c’est bien l’ascension fulgurante du communalisme au sein de nos institutions, avec des scores en constante augmentation et une présence désormais au Sénat, avec six sénateurs, et au Congrès Suprême, avec un délégué, nul ne peut dire que l’apparition soudaine de ce mouvement d’extrême-gauche, au milieu des principaux partis nationaux, ne laisse indifférent personne en Westalia. Incarnant un mouvement aux idées nouvelles, plus jeune dans sa base comme dans ses représentants, le Rassemblement Communaliste ne cache pas son origine et son inspiration kah-tanaise, dont son leader, Abel Ordan, en fait régulièrement la révérence, élevant le modèle de société actuellement en place au Grand Kah comme l’objectif ultime, vers laquelle tendre pour la Grande République, qu’il ambitionne de réformer sur un système de communes autonomes et solidaires, avec un rejet profond de la centralisation de plus en plus importante de notre pays, selon ses propres déclarations. Inconnu du grand public avant 2015, il se fait principalement connaître au cours de la crise rurale, en devenant une figure notable de la contestation agricole, principalement grâce au syndicat “Rural Freedoms Union”, très proche idéologiquement, par lequel il obtient une tribune depuis laquelle il tiendra un discours qui lui permettra de se faire connaître nationalement, un discours au départ retransmis uniquement sur Internet et par des médias alternatifs, avant d’être repris en masse par la presse nationale. Avant tout cela, au début des années 2000, Abel Ordan et ses camarades communalistes sont des militants du Parti des Ouvriers Libres, qui gravissent les échelons du mouvement, jusqu’à en devenir cadre, et découvrent le communalisme grâce à la diffusion d’écrits kah-tanais. Il s’oppose à la direction que prend le parti et décide de le quitter en 2009 pour fonder son propre mouvement : le Rassemblement Communaliste, très discret et très local, mais qui remporte quelques élections municipales dans certaines villes reculées du pays, sans trop faire parler de lui.

Depuis 2015 et son entrée fulgurante au Sénat, le Rassemblement Communaliste s’est réellement posé comme une alternative à gauche qui s’inscrit sur la durée, en étant notamment le seul parti de gauche (avec les écologistes) à ne pas avoir rejoint la coalition qu’était l’Alliance Sociale et Démocratique, gagnant encore plus en popularité au fur et à mesure de son effondrement. Si le RC milite par des moyens moins traditionnel, où ses membres propagent souvent leurs idées par des biais alternatif tels que des associations ou par l’art, le parti se retrouve de plus en plus contraint à passer par des moyens “plus conventionnel” afin de toucher un plus grand nombre d’électeurs, tel que le débat télévisé du 14 août 2017, où Abel Ordan supplente littéralement John Taranti comme représentant de l’extrême-gauche sur le plateau, mais dont la prestation globalement jugé plutôt bonne pour une première fois, notamment sur les sujets économiques et sociaux, qui permettront au parti de grimper dans les sondages. Si Abel Ordan a été officiellement choisi comme candidat officiel de son parti, le manque d’implantation locale des communalistes pourrait lui coûter sa participation à ces élections, étant bien loin de rassembler les 700 soutiens nécessaires, malgré de nombreuses tentatives visant à en gagner, qui ne devraient pas être suffisante avant la date limite pour déposer sa candidature. Une ironie quand les derniers sondages donnent à Abel Ordan un score supérieur à son rival d’extrême-gauche, John Taranti.

Le programme d’Abel Ordan est celui de l'institution d’une société communaliste en Westalia : de grandes réformes constitutionnelles où il compte faire transitionner par étape progressive la Grande République vers un modèle d’Union de communes autonomes, particulièrement décentralisé, avec l’application de puissants changements sociaux et économiques, avec la mise en place de lois strictes contre la corruption et les monopoles, où il accuse “l’oligarchie des Dynastic Families, vampires et tortionnaires du peuple, de tout mettre en œuvre pour contrôler le pays dans l’ombre et dans une optique de profit financier uniquement”. Il affirme même que l’étape finale de son plan est la suppression du poste de Président fédéral, qu’il juge comme “une trop grande centralisation du pouvoir”, tout comme pour le poste de Premier ministre fédéral, où ces fonctions régaliennes seraient assumées par un comité populaire, où la population “aura un impact direct sur la sélection des personnes en charge de les représenter à la tête des institutions gouvernementales, ainsi que sur les décisions prises”. Sur le plan diplomatique, c’est sans surprise qu’Abel Ordan soutient haut et fort la nécessité de se rapprocher du Grand Kah, avec à terme le besoin de rejoindre le “grand bloc de la révolution populaire mondiale”, sous-entendant un rapprochement avec les autres nations communalistes. Il s’oppose donc tout naturellement à l’OND, qu’il juge comme une “organisation bourgeoise, fasciste et impérialistes, protégeant l’ordre mondial de l’oppression contre le prolétariat et la liberté”, tout comme l’ASEA qu’il qualifie “d’alliance visant à l’asservissement des peuples aleuciens”, préférant axer sa politique aleucienne sur la diffusion des idées communalistes et le soutien à des gouvernements “compatibles” pour faire sortir la domination capitaliste du continent, avec l’aide du Grand Kah, bien évidemment.

Que disent les sondages à dix mois du premier scrutin ?


Sondage sur les intentions des votes réalisée le 12 novembre 2018, commandé par le Democracy auprès de la Westalian Society of Opinion.

Dans un sondage réalisé le 12 novembre, il n’y a aucune surprise à voir que la personnalité qui se trouve en tête des intentions de vote n’est autre que Victor Hardenbor Jr., candidat de l’Alliance Asfortienne, avec 34,32% d’intentions de vote. Ce dernier profite surtout du regain d’influence et de popularité de la droite au sein de la scène politique westalienne, avec des victoires successives aux sénatoriales intermédiaires et au Congrès Suprême, au début de l’année, où il a notamment été le leader de campagne de cette dernière. Le représentant de l’AA a également pour avantage son nom de famille, Hardenbor, et d’être le fils de l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor qui, bien que retiré de la vie politique, reste encore cité parmi les personnalités les plus appréciées des westaliens dans d’autres sondages, donnant donc à son héritier une certaine légitimité en tant que chef de l’Etat, dans la construction d’une dynastie politique au sein de la Grande République… Malgré tout, l’actuel Président fédéral, Simeon Belagri, conserve des intentions de vote très respectables, à hauteur de 29,69%, démontrant que l’image du dirigeant westalien est suffisamment solide pour encaisser l’instabilité politique du pays et l’impopularité de la population à l’encontre du gouvernement sur certaines décisions. Dans un autre sondage, Simeon Belagri reste toujours parmi les personnalités politiques les plus appréciés de la population, bien qu’il ait dû concéder sa première place à Henry Takajiwa, actuel Ministre fédéral aux affaires étrangères. Si le pourcentage de la population qui le rejette à augmenter au cours de son mandat, ses approbateurs restent assez larges dans le spectre politique, aussi bien à gauche qu’à droite, ce qui pourrait lui être d’un certain avantage lors des présidentielles, bien que l’écart avec son principal rival soit quand même significatif en l’état. Derrière lui, c’est avec une assez grande surprise que l’on retrouve Alfred Eisendorf, candidat pour l’Union Horvanxienne, dont les intentions de vote montent jusqu’à 19,87%, un score largement supérieur à ce qui aurait pu être attendu pour beaucoup d’expert, mais qui démontre le regains de popularité des idées horvanxiennes et nationalistes au sein de la population depuis quelques années, notamment depuis 2016, où le New Order of Westalia continu de grimper dans les sondages de façon surprenante et souvent inattendue.

La gauche marque cependant son recul en se trouvant au pied de ce classement, bien que la candidature d’Albert Parsent semble avoir suscité un certain réveil à gauche, avec des intentions de vote très honorables, à hauteur de 10,79%, mais où ce dernier dispose d’une plus grande marge de progression, notamment en adoptant une stratégie d’opposition à Simeon Belagri, en essayant d’aller chercher un électorat de centre-gauche déçu des politiques bélagristes et ouvert à un candidat social-démocrate, pas si loin idéologiquement, pouvant réserver de bonnes suprises, aussi bien aux présidentielles qu’aux sénatoriales primaires. Du côté de l’extrême gauche, Abel Ordan surprend en se positionnant avec des intentions de vote supérieures à celle de son rival, John Taranti, le premier avec un score de 3,12% et le second 2,21%, ce qui marque toujours plus la transition du communalisme comme le mouvement de plus en plus dominant à l’extrême gauche. Malgré tout, rien ne garantit que le premier arrive à se présenter, voire peut-être même le second également, ouvrant la possibilité à une élection sans candidat de ce bord politique. Pour Marcus Odwent, “la désunion à l’extrême gauche est un élément central dans ces élections, puisqu’ils ne pourraient tout simplement pas avoir la possibilité d’y participer. D’un côté, Abel Ordan semble jouir d’une certaine popularité au sein de ce type d’électorat, voir avec un éventail plus large que son rival, mais peu importe ses intentions, les communalistes n’ont clairement pas les moyens de rassembler les 700 soutiens d’élus nécessaires pour déposer une candidature. Il leur reste encore beaucoup de temps, huit mois pour être exact, mais je ne pense pas que cela sera suffisant pour autant, le mouvement est trop jeune et pas assez implanté localement pour y arriver. Du côté des ouvriéristes, même s’ils affirment avoir les soutiens nécessaires, je ne pense pas que cela soit une réalité, bien qu’ils ne doivent pas en être loin. Deux choix vont donc s’ouvrir à ces derniers : soit ils mettent leurs différends de côté et ils unissent leurs forces pour présenter un candidat commun, bien que je vois mal Abel Ordan ou John Taranti accepter que l’autre le remplace, soit ils se tournent vers l’Alliance Populaire, pour rejoindre les socialistes et les hamajaks dans cette même coalition, Albert Parsent n’ayant pas fermé cette idée, sinon ils seront hors-jeu avant même le premier scrutin”.

Des élections décisives et à l’impact désormais international

En partant du haut à gauche : Abel Ordan (RC), John Taranti (POL), Albert Parsent (USD-AP), Simeon Belagri (FPD), Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), Alfred Eisendorf (NOW-UH).
En partant du haut à gauche : Abel Ordan (RC), John Taranti (POL), Albert Parsent (USD-AP), Simeon Belagri (FPD), Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), Alfred Eisendorf (NOW-UH).

Depuis la chute du gouvernement Garandor en octobre 2017, le pays traverse une période de crise politique, avec un gouvernement fédéral de compromis qui tente tant bien que mal de maintenir un statu quo jusqu’aux prochaines élections. Pour Marcus Odwent, “Westalia est habitué à ce genre de cycle dans son histoire, il y a toujours eu des périodes où la population se cherche politiquement, encore plus depuis l’instauration de la Grande République et d’une véritable société démocratique. Les années 2010 sont parmi les plus riches de l’histoire de notre pays, avec l’apparition de changements nationaux majeurs, mais également à l'échelle mondiale, qui pousse de plus en plus les populations à travers le monde à s’adapter rapidement et presque constamment. En Westalia, l’instabilité politique est due à ces grands changements qui nous frappent de plein fouet, qui poussent les westaliens hors de leur zone de confort, notamment de par la grande croissance économique du pays ou le nouveau rôle international de la Grande République, notamment en Aleucie. Ces élections sont donc une nouvelle étape dans cette adaptation que nous devons mener à bien, la question reste toujours de savoir qu’est-ce que les westaliens souhaitent vraiment pour leur avenir ? Nous en avons peut-être un aperçu dans le renouvellement de l’offre politique westalienne, très rigide pendant des décennies et qui se retrouve maintenant complètement changée et majoritairement nouvelle depuis le début des années 2000”.

A l’international, ces élections sont également scrutées de près, notamment par nos voisins aleuciens, où chaque candidat dispose d’un programme bien défini sur le rôle qu’ils souhaitent donner à la Grande République sur le continent, bien souvent un rôle central dans la géopolitique de ce dernier. Westalia étant un carrefour commercial majeur, les décisions du futur chef de l’Etat pourraient également impacter la bourse et les rapports financiers à travers tout le continent, tout particulièrement suivant ses positions géopolitiques. En effet, ces élections s’orientent également beaucoup dans des choix stricts concernant ces positions, que cela soit le sort de l’ASEA, où les westaliens pourraient avoir le dernier mot suivant le vainqueur de ces scrutins, ou encore l’acceptation ou le rejet d’une intégration au sein de l’OND, un sujet moins abordé ces derniers temps, mais pour autant toujours d’actualité. De par leurs choix, les citoyens électeurs de la Grande République ne vont pas seulement déterminer le futur de leur pays, mais également celui de tout le continent, avec des changements qui ne laisseront pas indifférents de nombreux pays au cours des prochaines années à venir.
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Actualité du 2 juillet 2018 au 31 décembre 2018.
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Actualité en Westalia du 2 juillet 2018 au 31 décembre 2018

Sommaire de l’actualité :

  • 26/07/2018 : Le Sénateur Alfred Eisendorf arrêté pour meutre
  • 29/07/2018 : Pour les 140 ans de la bataille d’Atawa, nostalgie et indignation s’opposent
  • 07/08/2018 : Assassinat du Commandant de la police fédérale de Lerant et d’un juge fédéral
  • 16/09/2018 : Fukkatsu, le nouveau succès d’Henry Takajiwa dans les librairies
  • 28/09/2018 : Le Brocelynwood, la nouvelle bonne affaire pour les investisseurs westaliens
  • 05/10/2018 : Les communalistes se réunissent à Fort Harvey
  • 14/11/2018 : Lancement de la campagne pour les présidentielles
  • 22/11/2018 : Victor Hardenbor et Akito Fujitawa devant la justice
  • 31/12/2018 : L’année 2018 et l’ombre d’une nouvelle décroissance économique


Alfred Eisendorf | Justice | Affaires des années conservatrices
26/07/2018 : Le Sénateur Alfred Eisendorf arrêté pour meutre


Les affaires judiciaires sur les années conservatrices viennent de passer un nouveau cap et un rebondissement particulièrement inattendu : l’arrestation du Sénateur Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia et ancien Ministre fédéral à l’Unité Nationale, sur des accusations d’homicides à l’encontre de quinze manifestants, tué au cours des manifestations pro-hamajaks s’étant déroulées le 24 février 1993. Alors à la tête de l’armée déployée dans les quartiers pour “pacifier les rues et rétablir la paix”, au nom du Président fédéral Victor Hardenbor Sr., les juges fédéraux ont jugé que les directives de l’ancien militaire ont poussé à un usage de la force létale disproportionné et encouragé au cours des opérations de maintien de l’ordre qu’il a dirigé. Des événements qui, déjà à l’époque, avaient poussé à sa démission de son poste de Chef d’État-major des armées et sa mise en retrait durant plusieurs années, avant de revenir en politique au début des années 2000, devenu aujourd’hui une figure incontournable de la scène politique westalienne. Arrêté par la Westalian Federal Police Agency à sa résidence principale d’Oakcity, dans le nord de l’État-Républicain d'Horvanx, le Sénateur a été amené à Atawa dans la matinée, où il a été interrogé et détenu en cellule pendant quelques heures, avant que son allié et riche homme d’affaires, Arthur McAubert, ne viennent personnellement sur place pour payer la caution posée par le justice fédérale pour autoriser une libération de l’élu, pour la somme de 50 millions de Talirs. Sans surprise, le candidat aux présidentielles pour le camp nationaliste a déclaré être la victime d’un acharnement judiciaire et d’une tentative de censure politique orchestrée par des juges “socialistes, communistes et anti-westaliens”. Il a également reçu le soutien public d’une grande partie de la droite conservatrice et de l’extrême-droite, dont plusieurs membres du PUR, notamment le Président du Congrès Suprême Victor Hardenbor Jr., qui a dénoncé une manipulation de la justice fédérale à des fins politiques contre l’opposition de droite. Paradoxalement, Alfred Eisendorf a connu un bond de popularité à la suite de cet événement.


Histoire | Atawa | Horvanxisme | Hamajak | Gary Sikyatavo | Theodore Aterley
29/07/2018 : Pour les 140 ans de la bataille d’Atawa, nostalgie et indignation s’opposent


Comme chaque année, le 29 juillet, de nombreux passionnés d’histoire se rejoignent à Atawa, capitale de l’État-Républicain d'Horvanx, pour organiser une reconstitution grandeur nature de la bataille d’Atawa, s’étant déroulée le 29 juillet 1878 et ayant vu le nouveau dictateur Henry Horvanx prendre le contrôle de la forteresse hamajak du même nom, un événement central dans l’histoire de notre pays, puisque cette date marque la fin officielle des guerres amérindiennes. Pour les 140 ans de cette bataille historique, l’ancien site de la bataille a été le théâtre d’une reconstitution encore plus importante que les années précédentes, avec la construction d’une imitation de la forteresse hamajak grandeur nature, l’originale ayant été détruite au cours des années. Cette reconstitution annuelle est également connue pour attirer de nombreux nostalgiques de la dictature et des horvanxiens convaincus qui profitent de cet événement pour partager leurs idées et promouvoir une réhabilitation publique de l’ancien Président à vie, dont l’ombre plane toujours sur notre pays. Cette année, plusieurs associations hamajaks se sont mobilisées pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme “une tribune gratuite pour des idées nauséabondes et racistes, d’une époque sombre de notre pays et dont il faut combattre la résurgence”. L’État-Républicain n’a pas autorisé les manifestations parallèles souhaitées par ces associations, qui voulaient “présenter une autre vision de l’histoire, celle d’une période où les hamajaks ont été contraint à l’exil, massacré et victime d’un génocide, dont la Grande République poursuit encore sa politique de refus de toute reconnaissance de ce dernier, même après la dictature”. Le Président d’Horvanx, Theodore Aterley (NOW), a annoncé mobiliser les forces de police sous le contrôle de son État-Républicain, “afin de protéger nos citoyens qui honorent notre histoire dans un événement pacifique” face à toute tentative “d’agression terroriste hamajaks à l’encontre de tout innocent westalien présent sur place”. Selon les forces de l’ordre locale, il y aurait eu un total de 28 arrestations, principalement des manifestants pro-hamajaks s’étant rassemblés sans autorisation en groupe et des “perturbateurs” qui auraient essayés de “saboter l’événement”. Le Président du Mouvement Social Hamajak, Gary Sikyatavo, dont le parti politique est la première force d’opposition en Horvanx, a dénoncé “des actions illégales et des entraves à la liberté d’expression de la part du gouvernement Aterley”, promettant de faire remonter cette affaires directement auprès de la justice fédérale, notamment auprès du Conseil de la Justice Fédéral, l’institution la plus à même de trancher ce genre de sujet.


Police | Criminalité | Lerant | Kaijotoshi | Akiyama
07/08/2018 : Assassinat du Commandant de la police fédérale de Lerant et d’une juge fédérale


Au cours de la nuit du 7 août, le Commandant de la police fédérale de l’État-Républicain de Lerant, Robert Haltmore, et la Juge fédérale du comté de Kaijotoshi, Ryon Su-Bin, ont trouvé la mort dans l’incendie du bateau de plaisance à quai de cette dernière. Les flammes ont emporté avec elle trois autres embarcations et endommagé quatre autres avant d’être maîtrisées par les équipes de pompiers de la capitale régionale. Selon le Vice-commandant de la police fédérale de Lerant, Mitsuhide Katabuchi, les deux victimes sont soupçonnées d’entretenir une relation extraconjugale et interdite de par les responsabilités de chacun selon les lois fédérales : “Des témoins affirment avoir aperçu monsieur Haltmore et madame Ryon se rejoindre à l’entrée du port, avant de supposément se rendre au sein du bateau détenu par madame Ryon, autour de 22h30”. En l’état, un suspect a déjà été arrêté, qui n’est autre que le mari de la Juge Ryon Su-Bin, Ryon Seung-Ho, qui aurait déjà avoué le crime peu de temps après son interpellation à son domicile, où il n’aurait démontré aucune résistance face aux agents de la police venus l’arrêter. Toujours selon le Vice-commandant Katabuchi, “le mari de la victime, Ryon Seung-Ho, aurait pris en filature sa femme qu'il soupçonnait depuis plusieurs mois d’avoir une affaire extraconjugale. Il aurait alors confronté les deux amants, avant de frapper Robert Haltmore, qui aurait perdu connaissance. Dans la panique et la colère, il aurait enfermé les deux victimes dans la cabine du navire, avant de mettre le feu au navire à partir de bidons d’essence présents sur le pont, avant de prendre la fuite”. Si le coupable semble bel et bien trouvé, la mort de ces deux personnalités du monde de la justice à Kaijotoshi pose question, alors que la Juge Ryon Su-Bin avait réouvert depuis quelques mois une enquête impliquant l’assassinat de plusieurs commerçants par des hommes supposément affiliés à la famille Akiyama, l’une des plus puissantes du pays, dix ans après que l’affaire fut classée sans suite. Hirayoshi Akiyama, chef de la famille, a toujours nié toute implication de son clan dans toute organisation criminelle, qualifiant ces rumeurs de “calomnieuses”, dont l’objectif serait de ternir “l’image de la plus honnête et altruiste des grandes familles westaliennes”, rappelant les nombreux projets ayant contribué à la population de Lerant et où il a personnellement investie de sa propre fortune. Concernant la mort du Commandant de la police fédérale et la Juge fédérale, qu’il a récemment critiqué lors d’une interview télévisée, il a affirmé “être attristé par la mort de ces personnes” et qu’il “priera pour leur repos dans le monde des morts”, mais critiquant déjà “les viles rumeurs” qui impliqueraient sa famille dans cette affaire, que rien ne semble lier à ce jour.


Diplomatie | Livre | Fukkatsu | Henry Takajiwa
16/09/2018 : Fukkatsu, le nouveau succès d’Henry Takajiwa dans les librairies


Plusieurs années après la publication du livre à succès “Kaiko-bu”, promouvant une politique d’ouverture sur le monde et ayant rencontré un grand succès à l’international, Henry Takajiwa revient avec un projet littéraire fruit de plus d’une décennie d’expérience à la tête de la diplomatie westalienne. Personnalité politique la plus appréciée des westaliens dans de récents sondages, le Ministre fédéral aux affaires étrangères, de retour en poste depuis fin-2017, reste une figure incontournable dans l’analyse géopolitique westalienne et plus globalement aleucienne, dont il est devenu l’un des principaux acteurs ces dernières années. Dans son nouveau livre, “Fukkatsu”, il décrit son souhait de réformer la doctrine diplomatique westalienne et de façon globale celle des pays aleuciens, axant grandement sa volonté de voir le continent se doter d’une “conscience” concernant l’intégrité de sa “souveraineté” face aux menaces étrangères et aux ingérences qui pourraient déstabiliser l’Aleucie. Au centre de ce plan visant à protéger le continent, il ambitionne l’émergence d’une Westalia au rang de Grande puissance aleucienne, jugeant que notre pays n’a pas encore rempli toutes les conditions pour être considérée comme telle, pour le moment. Il y critique notamment l’existence de l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, qu’il considère comme un échec impossible à réparer et construite sur de mauvaises bases inégales, tout comme il se montre méfiant d’une “potentielle main-mise de l’Organisation des Nations Démocratiques” sur le continent. A l’inverse, il souhaite voir la constitution d’une nouvelle alliance continentale qui rassemblerait des nations “proches diplomatiquement et avec une liste d’objectifs communs”, la défense de la souveraineté aleucienne étant le premier d’entre eux. En termes de vente, le livre rencontre un grand succès en librairie, avec plus de 350 000 ventes sur le territoire national seul, battant les chiffres de son précédent succès, avec l’ambition de s’exporter vers l’étranger comme le premier a pu le faire, visant principalement les nations aleuciennes. Sur ce point, Henry Takajiwa est déjà connu à l’échelle du continent pour le “Kaiko-bu”, autant que pour son rôle dans la diplomatie westalienne, reste à voir si le “Fukkatsu” aura autant d’écho chez nos voisins aleuciens que le précédent livre a pu avoir…


International | Brocelynwood | Économie | Investissement | Hardenbor Automobile
28/09/2018 : Le Brocelynwood, la nouvelle bonne affaire pour les investisseurs westaliens


Dans le monde aleucien des affaires, les westaliens font souvent figure de grands investisseurs qui peuvent débourser de larges sommes dans des projets à l’étranger. On pense notamment aux Akiyama en Akaltie, qui possèdent le plus complexe portuaire privé dans le sud du continent, des McAuberts et de leurs importantes installations pétrolières en Kamaltapente, ou encore des Hardenbor qui ont récemment multiplié les investissements locaux en Nouveau-Saptär. Désormais, la bonne affaire pourrait bien se trouver dans l’Est de l’Aleucie, au Brocelynwood, à la suite d’un traité entre la Grande République et le Royaume, qui facilite l'investissement et les échanges commerciaux entre les deux pays. Alors que les “austariens d’Aleucie orientale” entament une croissance dynamique, de nombreux investisseurs westaliens s’intéressent à ce pays en plein développement économique, dont les nouveaux accords permettront d’attirer beaucoup plus facilement les capitaux westaliens, là où le Brocelynwood est pourtant connu pour être une nation très protectionniste. “Une preuve que les westaliens et les brocéliens entretiennent des liens fraternels et une confiance sans pareil”, d’après les récentes déclarations du Ministre fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, qui est le co-auteur de ce nouveau traité majeur en Aleucie. Un appel à investir qui a été entendu par le Président du Groupe Hardenbor et Directeur-Général d’Hardenbor Automobile, Henry Hardenbor, qui a annoncé vouloir monter une nouvelle marque de voiture destinée à la classe moyenne brocélienne. Présentée sous le nom de “Royal Motors” ou tout simplement “RM”, le dirigeant du plus puissant groupe westalien a annoncé vouloir faire de cette nouvelle marque une entreprise majeure en Brocelynwood au cours des dix prochaines années, axant sa communication sur une production majoritairement brocéliennes. Au cours d’une visite sur le chantier de la réorganisation d’un complexe industriel racheté par le groupe, dans la ville d’Oakspire, Henry Hardenbor a tenu un discours très prometteur et assez élogieux des autorités locales : “Avec la création de Royal Motors, nous allons apporter la création directe de plus de mille nouveaux emplois peu de temps après notre installation, mais également la création de milliers d’autres grâce aux relations privilégiés que nous allons entretenir avec nos futurs fournisseurs brocéliens. Royal Motors sera une entreprise de proximité, qui développera des modèles de voitures aussi modernes qu'abordables pour tous les brocéliens. Tout cela n’aurait pas pu être possible, il y a quelques mois encore, sans la vision du gouvernement royal qui a fait le choix de l’ouverture et la confiance du savoir-faire d’exception westalien, que nous partagerons avec nos frères brocéliens. Une nouvelle ère s’ouvre pour l’industrie automobile du Royaume et le Groupe Hardenbor va tout mettre en œuvre pour que le Brocelynwood puisse en profiter pleinement”. Ainsi, la ville d’Oakspire devrait être la première implantation de cette nouvelle entreprise westalo-brocélienne du groupe Hardenbor, avec l’inauguration prochaine d’une ligne de production d’ici 2021 et le dévoilement du premier modèle de voiture RM au cours de l’année 2020, au salon de l’automobile Hardenbor.



Présidentielles 2019 | Fort Harvey | Rassemblement Communaliste | Politique | Abel Ordan
05/10/2018 : Les communalistes se réunissent à Fort Harvey


Au cours de l’après-midi du 5 octobre, le Rassemblement Communaliste a organisé un grand meeting politique dans le New Industrial Hall, un ancien complexe industriel réaménagé pour accueillir des événements divers et variés, dans la ville de Fort Harvey. En prévision des échanges électorales de 2019, les communalistes ont visé grand en rassemblant un total de 35 000 personnes à leur événement, composé de stands présentant les différentes idées du parti, leur programme pour le pays, des prises de paroles d’invités ou de représentants du RC ou encore des débats entre des intervenants, voir même avec le public. Pour financer un tel rassemblement, le mouvement politique d’extrême-gauche a dû faire appel au don de ses partisans à travers le territoire, avant de rassembler une somme suffisante pour planifier cet événement. Abel Ordan, Secrétaire-général du RC et figure de proue du parti, a partagé sa satisfaction concernant l’organisation et l’image renvoyée à l’échelle nationale : “En rassemblant plus de 35 000 personnes autour de nos idées, nous démontrons que les westaliens s’intéressent réellement dans la découverte d’un modèle de société alternatif à celui du capitalisme oppresseur et contrôlé par l’oligarchie des grandes familles. Le peuple n’en peut plus de réélire en boucle les mêmes dirigeants, aux étiquettes politiques différentes, mais aux idées et actions similaires. Le Rassemblement Communaliste incarne l’alternative nécessaire pour un pays en souffrance et détruit jour après jour par une “élite” qui marche sur ses propres citoyens !”. Ce grand événement tombe à point nommé, alors que le parti monte progressivement dans les sondages et gagne en influence élection après élection depuis plusieurs années. De son côté, Abel Ordan porte des ambitions encore plus grandes pour 2019 : “En l’espace de quatre ans, nous avons doublé le nombre de nos membres et nous sommes en capacité de présenter un candidat dans plus de la moitié des circonscriptions pour les sénatoriales primaires et intermédiaires. La route est encore longue, mais je compte bien l’assurer en me présentant comme le candidat de l’alternative en 2019, pour les présidentielles, afin de reconstruire le pays sur des bases saines, égalitaires et sociales pour tous nos citoyens !”.


Présidentielles 2019 | Politique
14/11/2018 : Lancement de la campagne pour les présidentielles


L’année 2019 va être un tournant majeur pour la Grande République, puisqu’elle va notamment organiser les premières élections présidentielles au suffrage direct de son histoire. Ainsi, si les sénatoriales qui se déroulent un mois après sont toutes autant stratégiques, ce sont bien les présidentielles qui éclipsent tous les autres sujets dans les médias westaliens depuis quelques semaines. Fruit de la réforme constitutionnelle “Belagri”, adoptée par référendum en 2016, les partis politiques n’ont jamais été aussi préparé à s’affronter de face pour un poste officiel qui est devenu, depuis la présidence de Victor Hardenbor Sr., le rôle le plus influent au sein des institutions de la Grande République. Comme à chaque élection depuis quelques années, les mêmes sujets centraux sont mis en avant dans les campagnes de chacun : l’économie, l’éducation, la lutte contre la criminalité, les conditions de travail ou encore l’accès à la santé, pour ne citer que certains d’entre eux. Pour autant, cette année, certains sujets semblent se positionner comme plus importants que les autres, à l’image de celui de la défense et de l’armée, où les westaliens soutiennent à une très grande majorité les projets de réarmements massifs entamés par le pays depuis presque dix ans. Un esprit de “changement” est également toujours bien présent au niveau des propositions visant à réformer constitutionnellement une fois de plus le pays, comme lors de la campagne de 2015. Cependant, le sujet le plus central pour ces présidentielles pourrait bien être la diplomatie, à l’image des sénatoriales intermédiaires de 2017, dont le sujet est presque omniprésent dans les médias, et même dans les discours publics, où les partis s’affrontent sur l’avenir diplomatique de la Grande République, dont l’orientation future pourrait bien avoir des impacts majeurs sur le continent. Si les candidats ont jusqu’au 30 juin 2019 pour déposer leur dossier de candidature, plusieurs d’entre eux ont déjà annoncé leur intention de se présenter à ces élections, à l’image de Simeon Belagri, actuel détenteur du poste, qui tente de briguer un nouveau mandat, déjà bien positionné dans les sondages (29,69%), mais dépassé par son principal opposant (34,32%), également candidat, Victor Hardenbor Jr., Président du Congrès Suprême, pour la droite libérale et conservatrice. Derrière lui, on peut notamment retrouver deux autres candidats aux intentions de vote respectables, tels que le candidat du camp nationaliste et horvanxien, Alfred Eisendorf (19,87%), ou encore le représentant de la nouvelle coalition de gauche entre les socialistes et les hamajaks, Albert Parsent (10,79%). Si ces quatre personnalités ont déjà affirmé avoir reçu le soutien d’au moins 700 élus westaliens à travers le pays, ce n’est pas encore le cas pour les deux derniers candidats sérieux annoncés, notamment Albel Ordan (3,12%), dont le Rassemblement Communaliste rencontre de grandes difficultés à trouver des soutiens, ou encore John Taranti (2,21%), dont les récentes défaites du Parti des Ouvriers Libres ces dernières années le mettent en difficulté pour se présenter cette année, alors que les conditions d’un dépôt de candidature sont encore plus complexe que par le passé. Pour tous ces candidats, les prochains mois vont être décisifs pour convaincre la population que leur programme est celui correspondant le plus à leurs attentes, alors que beaucoup craignent une nouvelle course aux dépenses démesurées pour les campagnes, notamment par les trois premier candidats, qui sont soutenus par de grandes familles westaliennes.


Justice | Affaires des années conservatrices | Victor Hardenbor | Akito Fujitawa
22/11/2018 : Victor Hardenbor et Akito Fujitawa devant la justice


Au cours d’une série d'auditions s’étant déroulée sur trois semaines, l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor Sr. et son ancien Premier ministre fédéral, Akito Fujitawa, ont dû répondre devant la police fédérale et le procureur de Columbia, Theodore Martin, des accusations dont ils sont la cible depuis 2016. En effet, ces deux anciens haut-dignitaires sont accusés d’avoir été à la tête d’un vaste réseau de favoritisme et de détournement d’argent entre 2005 et 2014, qui aurait profité à de nombreuses entreprises westaliennes, mais également à financer les campagnes électorales de différents membres du Parti de l’Union Républicaine, ayant abusé leurs positions de l'époque pour réaliser ces méfaits. En plus de cela, Akito Fujitawa, actuellement sénateur, est également accusé d’avoir atteint à la liberté de la presse et à la liberté d’expression en ayant approuvé la tentative de censure et la suspension jugée illégale du Democracy en 2014, dont les répercussions ont poussé à la démission de son gouvernement. Naturellement, les deux hommes nient en bloque toutes les accusations dont ils sont la cible, déclarant être les victimes d’un complot à leur encontre, n’hésitant pas à faire sous-entendre que ces démêlés avec la justice sont orchestrés par le Président fédéral Simeon Belagri, sans jamais le désigner directement. Au cours de leurs différentes auditions, ils ont été interrogés par la police fédérale et le procureur de Columbia, à la tête de cet important dossier des “Affaires des années conservatrices”, dont il en est devenue une figure centrale, un héros de la justice à gauche et au centre, un corrompu et répresseur politique pour la droite. Theodore Martin est donc la cible d’une vaste campagne de dénigrement et de menaces depuis 2016, sous escorte policière permanente à la suite de menaces de mort bien réelles et une tentative d’agression à son domicile au début de l’année. Devant la presse, le procureur est resté ferme et déterminé à mener à bien ces affaires : “Nul ne peut échapper aux lois de notre pays, pas même ses anciens dirigeants. S’ils ont réellement enfreint ces dernières, alors ils doivent en payer les conséquences telles que prévus par nos textes votés par nos représentants. Il n’est pas question d’un acharnement judiciaire à l’encontre d’un ancien haut dignitaire westalien, mais d’une enquête où ces derniers sont traités de la même façon que n’importe quel citoyen de la Grande République”. Concernant les différentes auditions qu’il a eues avec les deux principaux prévenus, le procureur se montre confiant : “Nous avons eu des échanges constructifs et utiles pour l’enquête. Je ne peux pas en dire plus pour le moment, mais nous allons pouvoir avancer beaucoup plus rapidement au cours de l’année prochaine”. Pour ce qui est du troisième accusé, le plus grave d’entre eux, Alfred Eisendorf, celui-ci a réussi à repousser une fois de plus ses convocations à des auditions à Columbia, ses avocats ayant exploité des vices de procédure pour décaler la date au cours de l’année 2019. Une date pour un procès pourrait être annoncée au cours de l’année prochaine, ce qui marquerait un tournant majeur dans ces affaires inédites au sein de notre histoire.


Economie | Croissance | Bourse | Commerce
31/12/2018 : L’année 2018 et l’ombre d’une nouvelle décroissance économique


Depuis 2013, la Grande République est entrée dans une période de croissance économique exceptionnelle dans son histoire, sans pareille depuis presque un siècle et demi, que les médias et experts n'hésitent pas à qualifier de nouvel âge d’or pour Westalia, sur le plan économique. Propulsé comme principale puissance économique du continent en moins d’une décennie, notamment grâce à son omniprésence dans le commerce international, notre pays semble pourtant voir cette miraculeuse croissance diminuer année après année, avec une baisse majeure de cette dernière en 2016, une légère remontée en 2017, avant de replonger en cette fin d’année 2018. Bien évidemment, le pays continue de croître et d’engranger des bénéfices, mais ces derniers ne parviennent plus à suivre la même cadence qu’il y a cinq ans. Pour les économistes, cette baisse de croissance est avant tout la combinaison de plusieurs facteurs : le premier est celui d’un bras de fer entre le monde des affaires et le gouvernement fédéral, entre 2015 et 2017, qui a amené à l’adoption de nombreuses lois ayant augmenté les impôts et taxes des entreprises, entraînant parfois la fermeture, voir la délocalisation d’une partie de leurs activités vers l’étranger, pour une minorité d'entre elles. Si ce facteur n’est pas le plus important, il est considéré par les économistes comme le début de cette baisse de croissance. Un autre facteur majeur est également celui du contexte international, avec la multiplication des conflits à l’étranger, particulièrement en Eurysie, de précieux échanges commerciaux ont perdu de la valeur, une conséquence particulièrement dramatique pour une nation aussi commerçante que Westalia, dont sa plus grande force peut également s’avérer être son talon d’Achille, une situation qui repousse sur le devant de la scène des idées plus protectionnistes dans la gestion économique du pays, dont certaines personnalités, aussi bien à gauche qu’à droite, jugent qu’il y a eu un trop grand laisser aller avec la dépendance au commerce international, des critiques particulièrement uniques dans une société où le libre-échange est présent dans son ADN. Un autre facteur majeur et beaucoup plus récent est celui du contexte politique westalien depuis 2017. Avec la chute du gouvernement Garandor et la constitution d’un gouvernement de compromis, le pays tourne au ralenti et ne parvient pas à prendre de grandes décisions nécessaires à son évolution, pouvant prendre deux à trois ans de retard dans certains cas sur ses voisins aleuciens. Cependant, les économistes ne se montrent pas non plus alarmistes pour l’avenir du pays, de nombreux indicateurs présentant une santé économique toujours largement remarquable, un taux de chômage en légère hausse, mais toujours acceptable, et un taux de pauvreté qui se stabilise pour la première fois depuis plusieurs années. Ils pointent cependant la nécessité pour le gouvernement fédéral, ou ses successeurs, de prendre le plus tôt possible des mesures visant à réadapter l’économie westalienne avec le contexte actuel, au risque que cela deviennent un véritable problème dans les années à venir.
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Democracy du 15 février 2019
Democracy

Albert Parsent à la (re)conquête des classes populaires

Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), candidat de l’Alliance Populaire pour les élections présidentielles, en visite dans la ville de Balmor, en périphérie de New Landor, le 5 février 2019.
Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), candidat de l’Alliance Populaire pour les élections présidentielles, en visite dans la ville de Balmor, en périphérie de New Landor, le 5 février 2019.

La classe populaire westalienne : entre la fin de l’ère socialiste et le début de l'abstentionnisme

Nul ne peut ignorer que les classes populaires de notre pays représentent une large partie de notre population et pour les mouvements politiques un électorat clé pour remporter des élections aussi bien à l’échelle fédérale que locale. Tout au long de l’histoire de la Grande République, ces classes populaires, qui regroupent grossièrement la classe ouvrière et les plus pauvres, ont joué un rôle important dans les évolutions politiques de notre histoire, en étant majoritairement tournées vers la gauche au niveau électoral. Cette part de la population westalienne était très importante entre les années 50 et 80, pouvant représenter jusqu’à un westalien sur deux en 1960, dont l’influence fut suffisamment puissante pour amener plusieurs fois les socialistes au pouvoir sur cette même période, qui feront adopter de multiples réformes sociales permettant à de nombreux citoyens de sortir de la précarité et de nombreux foyers de s'élever socialement. Cependant, ce n’est réellement qu’au début des années 90, et les nombreuses réformes économiques poussées par le Président fédéral Victor Hardenbor Sr. que cette classe sociale va drastiquement se réduire, achevant malgré lui l’élan initié par les socialistes quelques décennies plus tôt pour construire une classe moyenne de plus en plus dominante et stable, face à des classes populaires qui ne représentent aujourd’hui plus que 30% de la population. Naturellement, ces changements sociaux-économiques ont eu un grand impact sur les orientations politiques de la population, avec cette nouvelle classe moyenne qui se tourne vers la droite libérale et conservatrice, entre les années 80 et 2000, contribuant au déclin de l’Union Sociale et Démocrate dans les urnes, mais également par son choix de favoriser ces mêmes classes moyennes dans ses campagnes électorales, s’écartant de son électorat de base. A partir des années 90, les classes populaires se désintéressent de plus en plus de la politique et, bien que Westalia reste un pays avec une mobilisation politique très importante par rapport à la moyenne, ces dernières contribuent grandement à l’augmentation de l’abstention dans les différentes élections, votant toujours majoritairement à gauche, mais dans une proportion qui ne permet plus de marquer autant la différence que par le passé, contribuant donc au déclin politique de cette même gauche entre les années 80 et jusqu’au début des années 2010, dont le retour au pouvoir est bien plus dû à leur coopération avec le centre qu’un réel retour électoral.

Un retour au source pour Albert Parsent, au sein des quartiers populaires

La gauche a eu un léger moment de gloire, entre 2015 et 2017, avant de voir l’Alliance Sociale et Démocratique s’effriter et de s’effondrer sous le poids de ses désaccords majeurs. Albert Parsent, nouveau leader des socialistes depuis 2015, a pourtant grandement contribué à la construction de l’ASD et l’a ardemment défendu tout au long des différentes élections qu’elle a dû traverser, se propulsant comme la nouvelle personnalité dominante à gauche, redonnant un certains souffle à son parti, l’Union Sociale et Démocrate, dont les résultats de ces dernières décennies étaient plus que mauvais pour le mouvement d’envergure qu’il a pu être au cours du XXème siècle. Anciennement Ministre fédéral aux affaires intérieures, co-auteur de la réforme constitutionnelle Belagri et de la loi Safety & Security IV, il n’est plus au gouvernement fédéral depuis son opposition claire à toute coopération avec la droite, chose pour laquelle les bélagriens ont trouvé beaucoup moins de remords à faire. Désormais à la tête d’une nouvelle coalition de gauche, regroupant l’USD, mais également le Mouvement Social Hamajak, très proche politiquement, ce dernier est le candidat désigné de cette dernière, sous le nom “d’Alliance Populaire”. Souhaitant apporter un changement radical à son mouvement, il a surpris une nouvelle fois les observateurs politiques par un tournant encore plus à gauche que ses prises de positions passées à tendance vers le centre-gauche pouvait le faire penser. Il n’hésite donc pas à défendre des propositions très marquée, comme l’application du concept de “Revenu Minimum de Développement Social” à l’échelle fédérale, mais également dans des positions pro-hamajak beaucoup plus accentuées, comme avec la proposition de créer un septième État-Républicain, qui couvrirait presque la moitié de la partie Orientale de l’État-Républicain d’Horvanx et une petite partie du nord de l’État-Républicain de Terracristo, dont l’objectif serait d’avoir une région représentative de l'ethnie Hamajak, comme cela peut déjà être le cas des trois autres principales communautés du pays.

Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP) en visite dans la ville de Nuova Almilano, en périphérie de Santa Maria, le 12 février 2019.
Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP) en visite dans la ville de Nuova Almilano, en périphérie de Santa Maria, le 12 février 2019.

Toutes ces mesures, elles visent ouvertement à voir l’Alliance Populaire se reconstituer une nouvelle base électorale accordant une plus grande importance à ces classes populaires délaissée par les autres partis, majoritaires celles des villes dont le penchant à gauche est toujours présent, mais l’abstention également la plus importante. Cette catégorie de la population représente donc aussi bien les plus démunis, que les ouvriers et bien évidemment la communauté hamajak, dont le taux de pauvreté est le plus important par rapport à toutes les autres communautés. La mission est donc claire pour Albert Parsent, il faut partir à la reconquête de ces quartiers délaissés, considérés par la majorité de la classe politique comme des zones perdues socialement et la principale source des fait-divers tragiques, du trafic de drogues, d’armes et des guerres de gangs qui les ravagent. Considérés comme “les coins sombres de la Grande République”, avec parfois des régions entières vivant dans la précarité et l’insécurité, le candidat socialiste n’a pas peur d’organiser des rencontres directement avec la population locale, accostant les citoyens sur les places publiques, les invitants à échanger avec lui, se rendant dans des immeubles de quartiers sensibles pour faire du porte-à-porte. Accompagné d’une importante équipe de communication, le Sénateur s’est prêté au jeu des réseaux sociaux pour immortaliser tous les moments de proximité pouvant faire augmenter son capital empathie, telle que le moment où il réconforte une mère seule avec ses trois enfants, qui n’arrive plus à joindre les deux bouts, promettant des nombreuses mesures d’aides sociales, ou encore lorsqu’il joue une partie de baseball avec des enfants de ces mêmes quartiers populaires. Ses déplacements annoncés attirent de plus en plus de curieux, mais également de nouveaux partisans, comme ses visites de deux villes parmi les plus pauvres du pays, Balmor, en New Austaria, et Nuova Almilano, en Terracristo, des cités hébergent également d’importantes communautés hamajaks qui ont été au cœur de la crise des ghettos, au cours des années 90.

La construction de l’image d’un homme proche du peuple et à son écoute

S’il ne concentre pas l’essentiel de ses visites dans des villes hébergeant une majorité de citoyens appartenant à une classe populaire, Albert Parsent cherche avant tout à se construire l’image d’un “candidat du peuple”, à l’image de ce que ses prédécesseurs socialistes ont pu faire entre les années 20 et 80, pour se remettre au centre des luttes sociales et porteur de promesses d’un avenir meilleur pour ces westaliens démunis face à une société qui avance trop vite et où les écarts de richesses se creusent de plus en plus. À Balmor, il s’improvise un discours sur une estrade de fortune, où il déclare : “Il n’y a pas de citoyens de seconde zone en Westalia, ce n’est pas quelque chose que nous devons accepter et laisser faire. Nous sommes tous les contributeurs de cette société pour laquelle chacun a le droit de pouvoir vivre convenablement et sans risque de discrimination ou dans la peur d’une classe patronale ayant l’avantage dans un rapport de force qui est aujourd’hui déséquilibré en leur faveur. Westalia est une grande communauté, celle de plusieurs peuples qui s’unissent dans un objectif commun de paix et de prospérité. Si nous souhaitons remettre sur les rails de la solidarité notre nation, il est important que toutes et tous, nous nous unissons ensemble pour les élections qui vont arriver cette année, pour amener au pouvoir une véritable force sociale et humaine, dont l’objectif ne sera pas l’ultra-profit ou de courber l’échine face à la corruption, mais bien d’apporter une réponse concrète à l’évolution sociale de tous nos citoyens, particulièrement ceux qui en ont le plus besoin aujourd’hui. Je parcours le pays depuis un bon moment, j’écoute vos témoignages, vos inquiétudes, vos attentes, de westalien à westalien. Il est temps de remettre à la lumière du jour ceux qui ont été oubliés par une société qui s’est perdue dans la pénombre”.

Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “Albert Parsent applique un jeu de séduction à destination de communautés marginalisées, à savoir les plus pauvres, les ouvriers et les hamajaks des quartiers, pour les sortir de leurs tendances abstentionnistes et augmenter son électorat. C’est en réalité la meilleure stratégie pour laquelle il a pu opter pour ces élections. En effet, continuer à se disputer la vaste classe moyenne avec ses principaux rivaux ne lui permettra pas de changer la donne dans ces élections, avec des efforts considérables à déployer, pour des gains ridiculement petits. A mon avis, il a opté pour une approche assez similaire à celles que les communalistes ont adoptées depuis quelques années, bien qu’elles ne soient pas exactement les mêmes. La différence se trouve surtout dans le fait qu’Albert Parsent ne se positionne pas comme un candidat “anti-système”, mais bien plus comme un réformateur qui ne souhaitent pas non plus se faire voir comme un révolutionnaire avec un trop grand nombre de changements qui pourraient inquiéter d’autres parts de la population, notamment les classes moyennes supérieures, dont la part de votants est également importantes. Dans sa communication, il dose donc les coups de gueule et les grandes promesses, avec les discours beaucoup plus posés et modérés qui cherchent à le présenter comme une alternative sérieuse pour diriger le pays, notamment face à Simeon Belagri, qui est clairement son principal adversaire en termes d’électorat”.

Stratégie réussie pour le socialiste ?

La grande question reste à savoir si la stratégie du Sénateur est la bonne pour les scrutins d’août et de septembre. Selon les derniers sondages de la mi-février, Albert Parsent poursuit une montée dans les intentions de vote, passant de 10,79% au 12 novembre 2018 à 13,48% au 15 février 2019, ce qui est une augmentation de 2,69% en l’espace de quatre mois, ce qui représente une croissance très respectable en si peu de temps. Bien que l’écart se réduise avec ses rivaux aux scores plus élevés, il reste tout de même très important. Ainsi, la seule solution, pour que le Sénateur puisse faire jeu égal avec ces derniers, serait de voir le reste de l’électorat de gauche, celui du Rassemblement Communaliste et du Parti des Ouvriers Libres, se ranger sous sa bannière lors du premier tour. Avec la difficulté des mouvements d’extrême-gauche à rassembler les 700 soutiens d’élus pour déposer une candidature pour leurs leaders respectifs, le scénario où Albert Parsent serait le seul candidat à gauche ne paraît pas si improbable que cela d’ici au mois d’août. D’un point de vue politique, l’Alliance Populaire n’a jamais fermé ses portes aux communalistes et aux ouvriéristes, qui pourraient bien être contraints de l’intégrer, au risque de se retrouver exclus de cette campagne décisive et historique.
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Columbia Chronicle du 16 mars 2019
Columbia Chronicle


Alfred Eisendorf et la quête d’un nouvel électorat pour atteindre le second tour


Le Sénateur Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia et candidat à la présidentielle pour l’Union Horvanxienne, lors d’une interview à Albertville, dans l’État-Républicain de New Austaria, le 14 mars 2019.
Le Sénateur Alfred Eisendorf, Président du New Order of Westalia et candidat à la présidentielle pour l’Union Horvanxienne, lors d’une interview à Albertville, dans l’État-Républicain de New Austaria, le 14 mars 2019.

Le contre coup d’un discours toujours plus extrême

Depuis le moment où Alfred Eisendorf a embrassé une carrière de politicien, ce dernier ne s’est jamais démarqué pour ses positions modérées, bien au contraire, ces dernières sont de plus en plus radicales. Déjà au cours de sa longue occupation à la tête de l’ancien Ministère fédéral à l’Unité nationale, l’ancien militaire avançait des idées beaucoup plus dures que ses confrères du Parti de l’Union Républicaine, celui d’un retour de Westalia vers une idéologie de plus en plus proche de ce que l’on identifie comme de l’horvanxisme, son admiration pour l’ancien dictateur westalien n’ayant jamais été un secret pour personne, tout particulièrement lorsqu’il a grandement contribué à sa réhabilitation public au cours des années 2000. Au sein des gouvernements fédéraux successifs, il fait figure d’homme fort, de celui qui a repoussé les insurrections des ghettos hamajaks dans les années 90, bien qu’avec violence, celui qui au début des années 2000 a écrit de nombreuses lois, dont la fameuse Safety & Security I à III, qui permettront notamment l'interdiction des discours indépendantistes hamajaks, tout en réduisant grandement les actions terroristes du Southern Hamajak Liberation Front, qui avait pris de l’ampleur avant qu’il ne rejoigne le gouvernement. Ainsi, au cours des années 2000, Alfred Eisendorf avait déjà la réputation d’une personnalité dure et radicale dans ses discours, mais respecté pour le bilan très positif en matière de sécurité qu’il a apporté au cours de ses années au sein de l’exécutif. Cependant, alors que son influence est grandissante au sein du PUR, le leader des traditionalistes (à l’époque), prend des positions de plus en plus autoritaires, que certains qualifient d’antidémocratiques, prônant un durcissement de l’autorité que l’Etat exerce sur la population, une position qui se fait clairement ressentir dans la rédaction de la très controversée loi Safety & Security III et l’établissement du délit d’extrémisme. Avec l’échec de sa tentative de censurer le Democracy, début 2014, qui provoquera notamment la chute du pourtant solide gouvernement Fujitawa quelques mois plus tard, sa réputation est mise à mal, avec un taux de désapprobation populaire très important à l’époque, se faisant retirer son Ministère fétiche, pour être relégué à un portefeuille moins médiatique à l’époque, celui de la Défense.

Impopulaire, il est contraint à une courte traversée du désert politique, se faisant très discret les six premiers mois à son nouveau poste à la Défense, avant de revenir en force sur les plateaux télévisés, au cours des débuts d’une crise interne au sein de l’ASEA et où il se retrouve propulsé malgré lui comme un invité naturel de par sa position de l’époque, retrouvant grandement en popularité, mais avec un discours toujours plus radicale qu’avant. Pour certains observateurs, c’est à partir de cette date qu’Alfred Eisendorf va progressivement basculer vers des positions extrémistes et nationalistes, tout particulièrement en 2015, où il soutient la création d’une grande alliance de droite, comprenant notamment le Parti National Westalien, parti d’extrême-droite, dont il se rapproche personnellement. Les défaites électorales successives cette même année et la plongée du PUR dans une crise existentielle menant le mouvement au bord de l’implosion, va lui permettre de servir de trampoline pour fonder son propre mouvement, début 2016, le New Order of Westalia, deux mois après avoir rassemblé ses partisans dans une grande marche sur Columbia et au cours d’un important congrès politique à New Landor. S’alliant assez rapidement avec le PNW, il n’a désormais plus aucun garde-fou du PUR dans ses discours et prend des tournures de plus en plus extrêmes, que cela soit sur la remise en cause des institutions de la Grande République ou la critique de la population hamajak, se forgeant une base électorale de radicaux, mais repoussant également de nombreux électeurs d’une droite plus modérée, devenant l’une des personnalités politiques les plus controversées du pays. Avec les agressions stérusiennes de 2016 et l’affaiblissement du gouvernement l’année suivante à cause de ces événements, il contredira les sondages au cours des sénatoriales intermédiaires de 2017, où son parti deviendra la quatrième force politique du Sénat, grâce à une campagne violente, promettant notamment des réponses militaires contre Stérus s’il retourne au pouvoir.

La nécessité de redorer son image pour attirer un électorat moins radical

Avec l’approche des élections présidentielles, Alfred Eisendorf sait pertinemment que se reposer sur un électorat aussi radical et extrémiste qu’est le sien, aussi fidèle puisse-t-il être, ne suffira pas pour remporter ce scrutin. S’il est donné comme le troisième homme fort dans les sondages, l’écart avec ses principaux rivaux est considérable, Simeon Belagri étant crédité de dix points de plus que lui, sans parler de Victor Hardenbor Jr., qui le dépasse de quinze points. Une position qui ne lui permet donc pas d’espérer un accès au second tour de ces élections, un objectif évident pour le Président du NOW. Ainsi, depuis la fin de l’année dernière, le candidat pour l’Union Horvanxienne se déplace un peu partout dans le pays en essayant de se construire une nouvelle image d’homme “proche du peuple”, il a notamment fait le déplacement dans le marché local de Loysville, dans le centre de New Austaria, où il a échangé avec les commerçants locaux et les habitants sur leurs attentes et les traditions locales de cette ville rurale, avant de se rendre dans un restaurant de cette ville, où il a offert le repas à tous les clients présent ce jour-là. Plus récemment, il a également fait le déplacement dans une manifestation contre l’installation d’un grand centre commercial Astabelagri dans la ville de Santa Maddalena, dans le nord-ouest de Terracristo, qui menacerait les petits commerces locaux de cette cité se trouvant en périphérie de la Mégalopole westalienne, se faisant le défenseur des productions locales du pays et s’opposant à ce qu’il a qualifié de “Monstruosité logistique, qui va tuer l’économie locale, détruire des emplois et des savoirs-faires de longue date et importer de très nombreux produits étrangers, dont les équivalences existent déjà à proximité ou quelque part sur le territoire national. Astabelagri est le symbole de la dépendance de notre pays à l’extérieur, une entreprise qui détruit non seulement les plus petites sociétés, mais également notre souveraineté”.

Avec ses déplacements et ses nouvelles prises de position, l’ancien militaire cherche à conquérir un électorat de droite conservatrice pouvant aussi bien pencher pour l’Alliance Asfortienne que pour sa propre coalition. Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “Alfred Eisendorf souhaite incarner une droite populaire, celle du peuple, pour marquer une opposition nette avec le profil de Victor Hardenbor Jr., qui incarne plutôt la droite des élites, des finances, celle des Dynastic Families. Bien évidemment, le Sénateur ne s’est pas soudainement mis à développer une conscience populaire visant à défendre “l'opprimé face à l’oppresseur”, il reste un grand défenseur du capitalisme à la westalienne, mais il représente aussi celui d’un nouveau courant mêlant capitalisme et nationalisme, en opposition avec les pratiques actuelles très mondialistes, où Alfred Eisendorf souhaite mettre en place une forme de protectionnisme à l’égard de l’économie nationale, critiquant notamment les grandes importations, prônant une autosuffisance du pays, mais également une plus grandes libertés d’actions pour les entreprises nationales”. En effet, cette “nouveauté” idéologique est soufflée par son Vice-Président et riche mécène, Arthur McAubert, qui est un soutien très important de cette réforme du “capitalisme à la westalienne”, une réforme que certains juges plus illibérale, autoritaire et populiste. Toujours selon Wesley Hecton, “on parle beaucoup de volonté de changements de la part de la population ces dernières années et ce genre de tentation d’un “capitalisme nationaliste” peut-être tentant pour une partie de la population, notamment ceux qui ont pu perdre des opportunités à cause de la mondialisation, notamment les classes les plus précaires, puisque sous la volonté de “faire passer le pays en premier”, Alfred Eisendorf tend également vers une plus grande souplesse à l’augmentation des salaires, grâce à une baisse encore plus drastique des impôts aux entreprises, une mesure également promise par son adversaire, Victor Hardenbor Jr., sous la bannière du PUR. Au final, le NOW démontre sa volonté de reconstruire l’économie westalienne beaucoup plus sous contrôle qu’aujourd’hui, mais toujours à l’avantage d’une nouvelle élite politico-économique qu’il souhaite incarner”.

L’épreuve décisive pour l’homme qui a marqué le changement idéologique la droite westalienne

Alfred Eisendorf et Anastasia Lorten, Présidente de l’Association “Memories of Jack Lorten”, lors d’un débat à Columbia, le 2 mars 2019.
Alfred Eisendorf et Anastasia Lorten, Présidente de l’Association “Memories of Jack Lorten”, lors d’un débat à Columbia, le 2 mars 2019.

Alfred Eisendorf n’arrête pas de se présenter de cette façon : il est le “candidat le plus représentatif de la droite patriote et fidèle au principe sacré de l’Union Nationale”, reprenant un terme largement utilisé lors des précédentes campagnes de Victor Hardenbor Sr., au cours des années 2000. En effet, si l’ancien Président fédéral a réussi l’exploit de rassembler sous sa bannière toute la droite conservatrice, à son époque, Alfred Eisendorf n’est également pas une petite figure dans ce grand processus évolutif qu’a connu cette grande branche de la politique westalienne. En devenant Ministre fédéral à l’Unité Nationale, celui qui deviendra le fondateur du New Order of Westalia va influencer les débats de la scène politique wetalienne en mettant en avant les sujets sécuritaires comme primordiaux, mais également en banalisant de plus en plus des idéaux horvanxiens, comme la lutte contre l’autonomisme hamajak ou la nécessité de construire une Westalia puissante sur la scène aleucienne, des concepts qui sont aujourd’hui largement répandu au sein de toute la droite westalienne, des libéraux jusqu’aux nationalistes, n’étant plus le seul apanage de l’extrême-droite. Toujours selon Wesley Hecton, “si Alfred Eisendorf est aussi populaire, malgré les nombreuses polémiques et rejet qu’il provoque, c’est principalement parce qu’il a réussi à se construire une image durable dans l’esprit des westaliens, depuis bientôt deux décennies. Plus que ses discours populistes, c’est sa présence omniprésente dans les crises de ces dernières années qui lui donne les épaules d’un dirigeant capable de tenir le coup face aux menaces et à l’imprévisible, quand bien même avec des méthodes discutables ou violentes, l’électorat de droite ne lui tient pas tellement rigueurs des décisions qu’il a pu prendre en 1992, lors de la crise des ghettos, ou en 2003, dans la lutte contre le terrorisme hamajak, puisqu’il détient d’une certaine façon un bilan sécuritaire bon à leurs yeux. Il dispose donc d’un passif assez avantageux dans cette nouvelle période de crise politique en Westalia, quelque chose que ne possède pas nécessairement l’autre candidat de droite, Victor Hardenbor Jr.”.


Sondage commandé par le Columbia Chronicle auprès de la Westalian Society of Opinion, pour mesurer les choix des électeurs suivants les duels du second tour les plus probables pour les élections présidentielles de 2019.

Si les idées et les positions d’Alfred Eisendorf se banalisent dans le débat public, parfois même reprises par ses adversaires, sa plus grande épreuve reste avant tout de gagner son ticket pour le second tour des élections présidentielles, pour lequel il pourrait avoir surprenamment ses chances face à la majorité des candidats. En effet, à l’exception de Victor Hardenbor Jr., l’autre candidat de la droite, où le fils aîné de l’ancien Président fédéral pourrait faire le double du score du candidat de l’Union Horvanxienne, ce dernier sondage que nous avons commandé présente les deux autres candidats les plus probables pour ces élections comme en difficulté face à Alfred Eisendorf. En effet, même Simeon Belagri pourrait se retrouver dans un duel particulièrement serré avec son adversaire nationaliste, l’actuel Président fédéral rassemblant le soutien de 40% des sondés, 41% pour le Président du NOW, mais marqué par un taux d’abstention particulièrement bas pour une élection fédérale. Dans cette configuration, Simeon Belagri reçoit sans surprise le soutien des électeurs de gauche, mais également d’une majorité des électeurs de centre droit, là où Alfred Eisendorf gagnerait le soutien des électeurs de la droite conservatrice. Cependant, le soutien n’est pas réciproque pour le socialiste Albert Parsent, qui serait battu par le candidat nationaliste, avec un soutien limité du centre-gauche et quasiment absent du centre-droit, un électorat qui choisit en grande partie l’abstention. Une situation assez similaire dans le premier cas de figure, droite versus droite, où l’électorat de gauche et de centre-gauche ferait le choix de l’abstention ou du vote blanc, qui pourrait amener à des résultats historiques pour une élection fédérale, en termes de “non-participation” et de vote blanc “de contestation”. Il est tout de même important de rappeler que ce ne sont que des hypothèses et, comme le souligne Wesley Hecton, “au-delà de la faible probabilité de voir Alfred Eisendorf au second tour, je pense que ce sondage n’est pas encore représentatif du contexte que l’on pourrait avoir en août, même si le Président du NOW viendrait à se qualifier de justesse. Ce qui est cependant très intéressant à ressortir de ces chiffres, c’est de voir que l’électorat conservateur est beaucoup moins réticent à soutenir en second choix un candidat radical, voir classifier à l’extrême-droite, en comparaison avec d’autres données ont pu être présentées ces dix dernières années”.
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The World du 1er mars 2019
The World


“Fukkatsu” : un succès international pour le livre d’Henry Takajiwa ?


Couverture originale du livre “Fukkatsu”, par Henry Takajiwa.
Couverture originale du livre “Fukkatsu”, par Henry Takajiwa.

La doctrine du “Fukkatsu” ou le monde de demain selon Henry Takajiwa

Publié au cours du mois de septembre 2018, le célèbre diplomate westalien, Henry Takajiwa, de retour à la tête de la diplomatie de la Grande République depuis fin-2017, signe un nouveau livre traitant de la géopolitique et particulièrement centré sur les enjeux aleuciens de la prochaine décennie. Au sein de ce livre, il y aborde différentes thématiques, à l’image de ce qu’il qualifie de “souveraineté aleucienne”, un concept selon lequel le continent doit prendre conscience des menaces étrangères, tout particulièrement eurysiennes, appelant les différentes nations du continent à faire de la sauvegarde de l’intégrité de cette souveraineté une priorité absolue dans leur doctrine diplomatique, incitant à un sursaut visant à “chasser les ingérences étrangères néfastes” et à s’unir contre toute tentative de déstabilisation de l’Aleucie. Dans le monde, il s’appuie sur des initiatives étrangères qui démontrent que l’Aleucie “n’est pas contrainte de se subordonner aux directives étrangères pour vivre”, présentant le Pacte Afaréen de Sécurité comme “un exemple de rassemblement continental face à des menaces extérieures, une organisation qui a pour objectif de s’assurer que l’Afarée ne soit plus le terrain de jeu et d’influence des nations étrangères, grâce à l’union de ses occupants”. Cependant, il se montre particulièrement alarmiste sur cette même “conscience” en Aleucie, déclarant, en reprenant l’exemple afaréen, “est-ce que l’on doit attendre qu’une nouvelle Cramoisie apparaisse chez nous pour que le continent prenne conscience du danger qui nous guette ? Que des pantins révolutionnaires et extrémistes renversent nos voisins pour le compte d’une puissance étrangère, comme en Eurysie de l’Est ? Nous devons nous réveiller et faire face à la nouvelle réalité de notre monde : Estham n’a touché que l’Empire du Nord, mais n’importe qui pourrait être victime d’une telle attaque demain, nous sommes tous vulnérables, parce que nous ne sommes pas préparés à une telle éventualité. Il est temps d’y remédier le plus rapidement possible !”.

Si une partie du livre se présente comme le discours d’un “lanceur d’alerte”, il se compose également de nombreuses solutions pour résoudre les inquiétudes que le diplomate soulève dans ses chapitres. Il théorise d’abord sur le concept de “Grande puissance”, affirmant que la Grande République de Westalia est sans aucun doute la première puissance aleucienne, mais elle n’est en aucun cas la “Grande puissance du continent”, affirmant qu’aucune nation ne peut revendiquer ce titre, pour le moment. Pour ce faire, il présente tout un plan visant à faire de la Grande République cette “Grande puissance aleucienne” qu’il a théorisé, jugeant que notre pays serait le plus proche d’atteindre un tel niveau. Outre les critères économiques et militaires pour atteindre une telle reconnaissance, il juge que le cœur de cette “ascension” se trouve dans la diplomatie westalienne, qu’il souhaite réformer une nouvelle fois et donc l’objectif serait de s’orienter vers une posture beaucoup plus centrée sur l’Aleucie, avec pour missions d’élargir les partenaires westaliens sur le continent, dans une nouvelle forme de relations visant à la création de liens de confiance solides, qui permettront de faire émerger le pays comme un leader naturelle dans les dynamiques géopolitiques aleuciennes.

Pour articuler tout cela, Henry Takajiwa théorise également la construction d’une nouvelle alliance de nations aleuciennes, prédisant à la disparition de l’ASEA justifiée selon lui par “sa structure inégalitaire et les sabotages internes de certaines représentations”. Certains parlent d’une nouvelle “Entente Aleucienne”, mais le principal concerné rejette ce terme, qu’il juge “trop réducteur à une certaine région de l’Aleucie”, ambitionnant une organisation qui s'étendrait sur l’ensemble du continent, beaucoup plus égalitaire que l’ASEA, mais aussi beaucoup moins “hétérogène”, appelant à un rassemblement de nations aux visions communes, écartant d’office tous pays rival ou hostile à la Grande République et aux idées de Takajiwa, avançant la cohésion comme l’élément clé de la réussite de cette alliance théorique.

Un succès national… Mais aussi international ?

Sans surprise, le livre de l'homme politique le plus apprécié des westaliens a rencontré un très grand succès dans les librairies de la Grande République, ayant atteint plus de 500 000 ventes sur le territoire national, presque le double de ce qu’a pu réaliser son premier ouvrage, “Kaiko-bu”, paru au début des années 2000. Si les lecteurs sont avant tout des partisans d’Henry Takajiwa, ou proche politiquement, une part non-négligeable l’a également acheté pour le caractère de “référence” qu’est le Ministre fédéral dans les sujets diplomatiques et géopolitiques en Westalia, dont certaines positions qu’il peut avoir sont adoptées par un très large spectre de la scène politique, à l’image de l’influence qu’a pu avoir la doctrine “Kaiko-bu”, des socialistes jusqu’à la droite conservatrice. A l’international, le livre s’est progressivement exporté entre la fin de l’année 2018, avec la parution en décalé des versions traduites, et le début de l’année 2019, où il a, là aussi, rencontré un certain succès chez nos voisins aleuciens. Sans surprise, le livre a été publié en premier dans les nations aux racines austariennes, dont la barrière de la langue n’était pas un problème pour leur parution rapide, on pense notamment au Royaume de Brocelynwood et à l’État fédéré du Navasota, dont les dynamiques politiques et la culture en font des marchés où les logiques westaliennes s'immergent très aisément dans les débats locaux, tout particulièrement à un moment où la Grande République est en plein rapprochement diplomatique avec ces deux nations. Dans l’entourage proche de Westalia, le livre a également connu un très bon succès dans les pays à proximité du notre, avec en premier lieu la République de Lermandie, qui est citée plusieurs fois dans certains chapitres, mais également au sein de la Nouvelle République de Nebrownia, qui a entamé une renormalisation importante de ses relations avec ses voisins, notamment avec le gouvernement fédéral. Comme pour la parution de “Kaiko-bu”, le nouveau livre s’est particulièrement bien vendu en Icamie, avec des traductions en Ikamiguni Hôgen, Icamiaba et notamment en Crioulo Icamiabo. Figure westalienne la plus connue dans la République Fédérative, il est également connu pour avoir influencé indirectement les doctrines diplomatiques icamiennes, tout particulièrement par l’application de certaines de ces idées par la doctoresse Yara Jaci, lors de son ascension à la tête du Ministère des Relations Extérieures, mais également pour la rédaction de préfaces dans les rééditions du premier ouvrage d’Henry Takajiwa et probablement pour celle du nouveau.

D’autres nations plus surprenantes ont également permis la vente du “Fukkatsu”, à l’image de l’Akaltie, où le livre s’est plutôt bien vendu, notamment de par les logiques de luttes anticoloniales akaltiennes qui font écho avec la volonté de cette nouvelle doctrine de “bouter les étrangers hors du continent”, bien que le livre s’oriente plus sur les ingérences que sur les présences historiques, qu’il n’aborde pas. On retrouve également l’Empire de Stérus, dont le visage connu d’Henry Takajiwa aurait permis d’attirer la curiosité de plusieurs stérusiens sur des sujets d’actualités géopolitiques qui leur sont plutôt parlants ces derniers temps. Plus surprenant encore, des copies du livres aurait été également mise à la vente en République Démocratique Vlastique et, si le nombre exacte de vente n’a pas été dévoilé, son exportation dans un tel pays communiste reste une première, mais peut-être aussi un signe de sortie d’isolationnisme et d’hostilité, voir le début d’un intérêt pour les dynamiques aleuciennes, après la défaite de son dernier allié viétique dans les années 80, ayant poussé la dernière nation communiste d’Aleucie dans l’isolement le plus total, alors que le contact semble reprendre entre cette dernière et la Lermandie. De façon plus notable, le livre a également été exporté aux quatre coins du continent, que cela soit au Pontarbello, au Costa Sueñoleja, en Empire du Nord, en Maximus, en Hernandie et même dans l’extrême nord, au Tuktuqivik, démontrant du succès général qu’a pu avoir la vente de ce livre à l’échelle continentale. En-dehors, si ce dernier a été principalement produit pour un public aleucien, il a également connu quelques ventes notables à l’extérieur du continent, principalement auprès de cercles d’intellectuels s’intéressant à la géopolitique mondiale, et probablement par le fait que le Fukkatsu est probablement la première doctrine à théoriser proprement les dynamiques de souveraineté continentale et de grande puissance “leader et exemplaire” à sa tête, bien que centrée sur l’Aleucie, de très nombreux concepts sont applicables hors de ce contexte précis.

La Yukanaslavie, un marché à succès et aux nombreuses traductions

Les cinq éditions du livre dans les cinq langues parlées en Yukanaslavie continentale, de gauche à droite : en austarien (version d’origine, pour le Went), en quichu, en taqui, en kaulthe et en sapythe.
Les cinq éditions du livre dans les cinq langues parlées en Yukanaslavie continentale, de gauche à droite : en austarien (version d’origine, pour le Went), en quichu, en taqui, en kaulthe et en sapythe.

Alors que la Yukanaslavie traverse une période de campagnes électorales stratégiques pour son avenir, le livre Fukkatsu a été édité et mis à la vente dans tous les États de cette nation sud-aleucienne, et encore plus incroyable, ce dernier a été traduit dans la langue la plus parlée dans chaque État de la Yukanaslavie continentale ! En effet, en plus de la version d’origine qui est déjà prête pour sa vente dans le Duché de Went, le livre a été traduit dans quatre autres langues : en quichu, en taqui, en kaulthe et en sapythe. Une volonté de l’éditeur qui présente un objectif clair : la diffusion la plus large et la plus abordable au sein de la population yukanaslave. C’est également sans surprise que les plus grandes ventes de ce livre trouvent leurs sources sur le territoire de la République du Nouveau-Saptär, également surnommée “Petite Westalia”, dont le territoire est devenu une destination de vacances bien connues des westaliens, mais également d’investissements importants depuis quelques années, notamment par la présence régulière de l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor Sr., qui détient une résidence privée à proximité de la capitale, ainsi que des relations de grande proximité avec le Président Volodimir Pervetcha, qu’il conseillerait régulièrement. Cela n’aurait pas pour autant minimisé les ventes dans les autres États fédérés, puisque de nombreuses librairies auraient démontré leur intérêt dans la mise en vente d’un tel ouvrage en cette période électorale.

Pour Mark Tenley, professeur en géopolitique à l’Université de New Landor, “je ne pense pas que la publication massive en Yukanaslavie ne soit un hasard, ni de quantité, ni de calendrier. Nous sommes dans une période électorale majeure pour le pays et de nombreux sujets sont débattus entre les différentes formations politiques qui s’opposent pour la présidence du pays. La main des Hardenbor est déjà proche de la scène politique de cette nation d'Aleucie du sud, comme on peut le voir assez aisément avec la présence très importante de Victor Hardenbor Sr., première fortune du continent et, bien qu'officiellement à la retraite, détenteur d’un grand réseau d'influence très utile pour son nouvel allié qu’est Volodimir Pervetcha. Si Henry Takajiwa est notoirement connu pour être proche de cette famille, je pense que l’objectif de publier en masse son livre en Yukanaslavie est avant tout un test de la diffusion de ses propres idées à l’étranger, et la situation yukanaslaves, de par les échéances électorales qui approchent, permettent de voir à quel point la doctrine du Fukkatsu permettra d’influencer une nation autre que la sienne, dont de nombreux concepts qu’il théorise dans son ouvrage nécessite notamment une certaine forme de réception et de “prise de conscience” de la part des autres gouvernements aleuciens. Si la diplomatie est devenue en quelques années un sujet de débat majeur en Westalia, il reste encore à voir à quel point la parution de ce livre impactera les débats au sein même de la Fédération, au cours des prochains mois”.
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Columbia Chronicle du 14 avril 2019
Columbia Chronicle


La campagne de Victor Hardenbor Jr. : entre jeunesse et nostalgie conservatrice


Le Délégué et Président du Parti Libre et Démocrate, Justin Darfor (à gauche), et le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA) (à droite), lors d’une cérémonie d’hommage à la bataille de Dakantia, dans la ville Stonecoast, le 12 avril 2019.
Le Délégué et Président du Parti Libre et Démocrate, Justin Darfor (à gauche), et le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA) (à droite), lors d’une cérémonie d’hommage à la bataille de Dakantia, dans la ville Stonecoast, le 12 avril 2019.

Le favoris pour les élections et la construction d’une image d’homme fort

Depuis le début de ces élections, Victor Hardenbor Jr. se trouve dans une position très confortable pour les présidentielles qui doivent se tenir en août de cette année. Dans les sondages, il a largement sécurisé sa place au second tour, en dépassant de presque cinq points son principal adversaire, le Président fédéral sortant Simeon Belagri, pour autant le doute reste permis avant l’ultime scrutin qui pourrait jouer des tours au favoris de ce dernier. En effet, Victor Hardenbor Jr., s’il est bien positionné, souffre d'une image trop “mondaine” et à laquelle on rattache beaucoup plus son père, Victor Hardenbor Sr., que lui-même. En soit, beaucoup regarde le candidat de la droite comme manquant trop de personnalité depuis plusieurs années, jusqu’à sa désignation en tant que représentant de l’Alliance Asfortienne qui a fait débat, les sondages plébiscitent plutôt des personnalités plus populaires comme l’actuel Ministre fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa, ou l’ancien Premier Ministre fédéral Arthur Horvanx, pour représenter leur camp politique. Si le “Prince Hardenbor” a réussi à s’imposer sur la scène politique westalienne comme un adversaire surprenament redoutable, calculateur et plus influent que ce que l’on pouvait penser de prime abord, son principal défaut reste celui d’un manque de proximité réel avec la population. Pur produit de la politique conservatrice et hardenborienne, comme pour tous les hommes politiques de sa génération, il ne bénéficie pas d’un passé politique important, ni du très grand avantage d’avoir été un vétéran de la guerre de 58-63, comme son père ou Simeon Belagri, ou un vétéran de la guerre de 82-84, comme Alfred Eisendorf ou Henry Takajiwa, il incarne malgré tout cette nouvelle génération de dirigeants à droite qui souhaitent se démarquer de l’ancienne, de nombreuses personnalités qui ont justement été introduite en politique par ce même Victor Hardenbor Jr., profitant d’un vivier de fidèles au sein du Parti de l’Union Républicaine.

Ainsi, le candidat pour les élections présidentielles concentre sa campagne dans la construction d’une image beaucoup plus populaire et démarquée, puisqu’il est une des personnalités politiques de premier plan à être les plus actives sur les réseaux sociaux. En s’appropriant certains codes et usage de la jeunesse westalienne, Victor Hardenbor Jr. souhaite parler à un électorat plus jeune, mais également se construire cette “véritable image de renouveau” que les westaliens demandent tant depuis plusieurs années. Il n’hésite donc pas à diffuser ses meetings en direct sur Internet, tout comme il n’hésite pas à apparaître dans des interviews en ligne d’influenceurs, majoritairement à droite, où il gagne énormément en visibilité toujours auprès de ce même jeune électorat, certains y voyant une adaptation d’une parti de la stratégie de communication d'Abel Ordan, candidat communaliste, qui travaille beaucoup avec des médias alternatifs, principalement en ligne, pour s’exprimer publiquement. Au-delà de ces nouvelles méthodes, il adopte également un discours et un ton beaucoup plus polémique et franc que par le passé, n’hésitant pas à reprendre certains codes et expressions de langage de son principal adversaire à droite, Alfred Eisendorf, qui est la principale menace pour son électorat, au risque de s'aliéner l'électorat libéral plus modéré. On le voit donc s’exprimer sans filtre sur la politique de Simeon Belagri, qu’il qualifie d’incompétent, ou encore sur l’actualité internationale, critiquant les choix du Navasota concernant sa communauté native ou appelant à la destruction de la Principauté de Carnavale, en soutien à une déclaration d’une représentante d’extrême droite sylvoise. Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “Victor Hardenbor Jr. opte pour une stratégie avec “beaucoup de bruits”, il cherche à se démarquer, à ne pas être seulement la représentation du programme de l’Alliance Asfortienne, mais surtout d’incarner une personnalité forte et avec la tête sur les épaules, celui d’un dirigeant qui veut reprendre en main le pays avec une volonté qui lui est très personnelle”.

Un candidat qui se veut proche de l’armée

Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), lors de sa visite de la base militaire de Fort Aulbert, dans le centre de New Austaria, le 4 avril 2019.
Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), lors de sa visite de la base militaire de Fort Aulbert, dans le centre de New Austaria, le 4 avril 2019.

La proximité des dirigeants politiques avec l’armée fédérale est une constante de toutes les élections et probablement encore plus avec celles à venir, dans un contexte de changements géopolitiques qui appellent à un réarmement militaire important, alors que notre armée se revendique déjà comme la première force sur le continent aleucien. Les militaires ont toujours été proches du pouvoir depuis le règne d’Henry Horvanx, une proximité conservée par le passage du Général Stanislas Asfort à la tête du pays, lors de la fondation de la Grande République et de la démocratisation westalienne, en 1919. On pense notamment à l’occupation du Ministère fédéral des armées, qui est occupé sans discontinuité, depuis 1960, par un militaire de haut rang, sans que cela soit une obligation constitutionnelle, ou encore la présence quasi-systématique d’un ancien militaire de haut rang à la tête du Ministère fédéral à la Défense. La classe politique, particulièrement la vieille génération, est composée quasi-essentiellement de vétérans des dernières guerres, voir d’anciens militaires s’étant démarqués au cours de leur service, une proximité avec le monde militaire qui est notamment caractérisée par un attachement très particulier de la population westalienne à son armée, qui est très loin d’être une inconnue pour cette dernière, puisque tous les westaliens doivent effectuer un service obligatoire d’un an au sein de cette dernière et de très nombreuses familles possèdent au moins un vétéran d’une des deux dernières guerres contre le communisme.

Il est donc essentiel pour un candidat aux présidentielles de se présenter comme une personnalité proche de l’armée fédérale, comme a pu le faire pendant plusieurs années Victor Hardenbor Sr., déjà reconnu comme un héros de la guerre de 58-63, ou encore Simeon Belagri, qui avait promis des augmentations importantes du budget dédié aux armées et à la défenses dans sa campagnes de 2015, avant de l’augmenter bien plus que calculé, la majorité des changements majeurs ayant aboutis au cours de son mandat, notamment la mise en service du nouveau porte-avions ‘Stanislas Asfort’, dont la date de cet événement correspond à un pic de popularité pour le chef de l’État sortant. Victor Hardenbor Jr. souhaite lui aussi démontrer toute sa proximité avec les protecteurs de la nation, notamment en multipliant les déplacements liés au monde militaire et de l’armement ces dernières semaines. Le candidat conservateur a notamment rendu visite aux militaires de la base de Fort Aulbert, dans le centre de l’État-Républicain de New Austaria, un centre d'entraînement stratégique pour les forces de l’armée de terre où sont notamment formées les spécialistes de cette dernière, à l’image des soldats appartenant au génie militaire, qui viennent régulièrement s'entraîner sur les lieux, avec qui le Président du Congrès Suprême a pu longuement s’entretenir, en partageant un repas avec ces derniers, après avoir assisté à des exercices de déminages, d’organisation logistique ou encore de secours de blessés. Victor Hardenbor Jr. ne se rapproche pas seulement des militaires actifs, mais également de ceux qui ne servent plus l’armée directement, mais continue de faire vivre la mémoire de ceux qui sont tombés au combat. Ce fut notamment le cas lors de sa participation au cinquante-neuvième anniversaire de la victoire westalienne de la bataille de Dakantia, où les forces viétiques avaient pris par surprise les forces de l’Entente Aleucienne en débarquant dans le Nord-Est de Westalia, avec pour objectif de couper les lignes logistiques de la Grande République et pour tenter une ultime percée jusqu’à la capitale lermandienne. Au final, ils arriveront à capturer la ville de Northcoal, avec le soutien de communistes westaliens, en l’espace de quelques semaines, mais l’aventure prendra rapidement court avec le renforcement des forces westaliennes, qui vont définitivement chasser les viétiques du territoire six mois après le début des affrontements sur le sol national, les poussant à abandonner leurs positions et à fuir par la ville portuaire de Stonecoast, où de nombreux viétiques seront fait prisonniers dans la débâcle, une ville qui deviendra un symbole de la victoire de cette bataille et lieu où elle est célébrée chaque année le 12 avril. C’est donc au cours de cet événement que Victor Hardenbor Jr. a démontré sa présence, en tenant un discours très apprécié des spectateurs, officiellement tenu en tant que Président du Congrès Suprême, où il a également pu être accompagné d’un allié très proche, le Délégué Justin Darfor, également président du PLD, deuxième homme fort de l’Alliance Asfortienne.

La popularité de Simeon Belagri, plus grand obstacle de la droite

Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), lors d’un essai d’un fusil d’assaut WS-09 destiné à la vente civile, en visite dans un centre de tir sportif, à Kaijotoshi, le 27 mars 2019.
Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), lors d’un essai d’un fusil d’assaut WS-09 destiné à la vente civile, en visite dans un centre de tir sportif, à Kaijotoshi, le 27 mars 2019.

Les sondages présentent Victor Hardenbor Jr. comme le favoris pour les élections présidentielles qui arrivent, mais pour le Professeur Wesley Hecton, “le premier tour ne va pas être un gros problème pour lui, c’est plutôt pour le second qu’il fait déjà campagne aujourd’hui. Il considère à juste titre que son principal adversaire, qui lui fera face dans ce dernier affrontement, sera sans aucun doute l’actuel Président fédéral Simeon Belagri. En termes d’intention de vote, les sondages donnent ce dernier avec cinq point de moins que le candidat conservateur, pour autant, cet écart s’explique beaucoup plus au rejet des politiques appliqués ces deux dernières années, plutôt que de la personne de Simeon Belagri, dont l’indice de popularité, bien qu’ayant baissé, reste beaucoup plus haut que celui de ses deux derniers gouvernements. Ainsi, Victor Hardenbor Jr. cherche à prévoir une éventualité où la popularité de son adversaire pourrait faire pencher la balance en août et il cherche à tout prix à se constituer une image de plus en plus médiatique, moins comme l’héritier de la plus puissante Dynastic Family, et bien plus comme un candidat proche du peuple et surtout, le plus important, qui est humain. Il joue donc beaucoup des bains de foule et de la diffusion de documentaires ou de spots de campagne, qui le présentent notamment comme un père de famille très proche de ses enfants ou encore d’un adepte du tir sportif, où beaucoup de westaliens ont découvert qu’il a joué à un niveau semi-professionnel, un sport actuellement en vogue auprès de la jeunesse ces dernières années. En accentuant beaucoup sur la conquête d’un électorat jeune, il en est notamment devenu le candidat bénéficiant du plus grand taux d’intention de vote chez les 21-30 ans, un titre jusque-là détenu par Simeon Belagri, dans un sondage de mars. A voir si cette stratégie sera la bonne pour les prochaines élections. En-tout-cas, une chose est sûre le concernant, sa prestation au cours des prochains débats télévisés sera la plus scrutée de tous, des événements stratégiques qui seront pour moi l’ultime étape qui confirmera ou non l'engouement populaire qu’il semble rassembler autour de lui, tout particulièrement quand on sait que les débats peuvent particulièrement impacter le choix des électeurs, comme on a pu le voir en 2015”.
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Democracy du 4 mai 2019
Democracy


L’impasse de l’extrême gauche face aux présidentielles


Le Sénateur Abel Ordan, candidat du Rassemblement Communaliste pour les élections présidentielles, lors d’un meeting politique dans la ville de Jacksoncity, dans l'État-Républicain de New Austaria, le 27 avril 2019.
Le Sénateur Abel Ordan, candidat du Rassemblement Communaliste pour les élections présidentielles, lors d’un meeting politique dans la ville de Jacksoncity, dans l'État-Républicain de New Austaria, le 27 avril 2019.

L’impossible réconciliation entre les ouvriéristes et les communalistes

Si la droite a connu un important schisme au début de l’année 2016, entraînant la création du New Order of Westalia, à partir de l’aile traditionaliste du Parti de l’Union Républicaine, on oublie aussi que le Parti des Ouvriers Libres a également connu un passage similaire, en 2009, avec le départ d’une grande partie des opposants à la nouvelle direction de John Taranti, l’indétrônable Secrétaire-général du mouvement depuis plus de dix ans, dont les dissidents sont partis former le Rassemblement Communaliste, avec le jeune Abel Ordan à sa tête. Si le PUR et le NOW ne se vouent pas réellement une haine viscérale à la suite de la séparation du dernier, ce n’est pas le cas entre les ouvriéristes et les communalistes, pour lesquels la rancœur est encore tenace et les différences idéologiques de plus en plus marquées entre les deux partis. D’un côté, les ouvriéristes restent sur leur ligne traditionnelle de la lutte ouvrière et d’une vaste nationalisation de l’économie westalienne, tandis que les communalistes se différencie en visant une lutte plus générale pour les minorités, en plus de la lutte ouvrière, et s’opposent économiquement aux ouvriéristes en souhaitant non pas une “nationalisation de l’économie”, mais la construction d’une économie locale et la mise en place d’une démocratie direct omniprésente, ce qui s’oppose aux tendances centralistes de John Taranti.

La lutte entre les deux mouvements d’extrême-gauche est particulièrement importante sur le terrain, puisque le RC est en parti responsable de la chute progressive du POL ces dernières années, un affrontement qui est particulièrement visible depuis les sénatoriales primaires de 2015, où les communalistes sont entrées pour la première fois de leur histoire au Sénat, et encore plus à la suite des sénatoriales intermédiaires de 2017, où ces derniers ont fait grimper leur nombre de représentants à six, soit un de moins que ceux du POL, qui a quant lui perdu un sénateur au profit des communalistes. Alors que le RC est en passe de devenir la nouvelle formation dominante au sein de l’extrême-gauche westalienne, cette lutte intestine ne permet aucun rapprochement des deux partis à une quelconque échelle électorale, affaiblissant donc leur potentiel politique respectif. Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “depuis 2009, et encore plus depuis 2015, c’est un peu une sorte de petite guerre civile à laquelle on assiste à l’extrême-gauche, mais cette dernière n’est pas vraiment une question d’opposition idéologique, mais bien d’opposition entre les personnalités dirigeantes. En effet, les communalistes sont des critiques réguliers de la gouvernance de John Taranti au sein du POL. Ces derniers l’accusent d’être un autocrate, voire “le chef d’une secte” qui impose sa terreur sur les membres du parti et qui n’hésite pas à ostraciser ses opposants en interne. De l’autre, John Taranti n’hésite pas à qualifier Abel Ordan “d’arriviste” ou encore de “pantin kah-tanais, incapable de penser par lui-même”, critiquant son incapacité à rassembler ou encore le sabotage qu’il provoque à gauche, “contribuant grandement aux victoires récentes de la droite”, selon ce dernier. S’il y avait bien eu des rumeurs d’union entre les deux mouvements pour les présidentielles, l’idée semble avoir été tuée dans l’œuf par leur incapacité à choisir un représentant à cette même union pour les représenter, une rupture qui se remarque tout particulièrement à la vue des critiques de part et d’autre, visant à s’approprier ou à se réapproprier l’électorat de chacun”.

Les ouvriéristes rallient l’Alliance Populaire, John Taranti derrière Albert Parsent

Le Délégué John Taranti (POL-AP), à gauche, avec le candidat de l’Alliance Populaire, le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), à la suite d’une réunion entre les représentants de l’Alliance Populaire et ceux des ouvriéristes, à Columbia, le 3 mai 2019.
Le Délégué John Taranti (POL-AP), à gauche, avec le candidat de l’Alliance Populaire, le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), à la suite d’une réunion entre les représentants de l’Alliance Populaire et ceux des ouvriéristes, à Columbia, le 3 mai 2019.

En finalité, les ouvriéristes ne sont pas parvenus à rassembler le soutien de 700 élus à travers le territoire, ayant pourtant assuré à la fin de l’année dernière “avoir les soutiens suffisants”, avant de changer de discours pour indiquer “le manque de seulement quelques soutiens”, à deux mois de la date butoir pour déposer un dossier de candidature pour les élections présidentielles. A la surprise générale, le Secrétaire-général et candidat désigné du POL, John Taranti, a annoncé avoir accepté l’invitation d’Albert Parsent à une réunion commune au siège de l’Union Sociale et Démocrate, à Columbia, en compagnie du Président du Mouvement Social Hamajak, Gary Sikyatavo, pour essayer de convaincre l’inflexible leader du POL de rejoindre l’Alliance Populaire à ses côtés. Après des échanges d’une durée de plus de deux heures et trente minutes, les trois chefs de parti sont sortis avec le sourire et de grandes annonces devant la presse : retournement de situation, John Taranti accepte d’abandonner la course à la présidence fédérale pour se ranger derrière Albert Parsent, tout en intégrant la nouvelle coalition de gauche. C’est ce même John Taranti qui, presque deux ans en arrière, avait claqué en premier la porte de l’Alliance Sociale et Démocratique pour faire cavalier seul. Devant la presse, celui-ci s’exprime sur son choix surprenant : “De toute évidence, notre société dite “démocratique” n’est pas adaptée pour faciliter la présentation d'alternatives politiques aux westaliens. Je suis bien obligé de reconnaître que les ouvriéristes ne peuvent pas avancer seuls cette année, plus encore, ces derniers doivent participer à la construction de cette nouvelle union de la gauche westalienne, sans ces traîtres de belagristes, pour que nous puissions mettre tout en œuvre afin de lutter contre l’ombre réactionnaire, oppressive et autoritaire qui plane au-dessus de la Grande République. La droite hardenboriste est proche de revenir au pouvoir et avec elle la chute potentielle de notre démocratie. Le fils accomplira avec encore plus de zèle ce que le père avait commencé avant lui. Ne laissons pas les Dynastic Families s’installer comme des dynasties régnantes sur notre pays, la gauche doit s’unir ensemble, dans un front unique, pour lutter contre cette menace, afin d’incarner la véritable transition sociale et démocratique attendue par la population, pour la construction d'une société plus juste, plus égalitaire et sans discriminations ethniques ou sociales”. Au-delà des présidentielles, John Taranti a également confirmé que son parti se rangera également sous la bannière de l’Alliance Populaire pour les sénatoriales primaires devant se dérouler en septembre.

Ce ralliement inattendu a en effet eu un impact très positif sur les intentions de vote à destination d’Albert Parsent, passant de 13,48% en février à 16,31% au lendemain de ces annonces, devenant un concurrent de plus en plus sérieux dans la lutte pour le second tour, alors que les sondages ne lui donnait qu’à peine plus de 10% l’année dernière. Toujours selon le Professeur Marcus Odwent, “on assiste à un véritable retour de la cohésion de la gauche, écrasée à la suite de sa cuisante défaite de 2017, qui retourne sur le devant de la scène politique sans les bélagristes, dans une “ASD 2.0”, beaucoup plus socialiste et pro-hamajak que la précédente version. Il est encore difficile de déterminer à quel point ce changement va impacter les élections, l’accès au second tour étant encore loin pour Albert Parsent, malgré son ascension fulgurante ces derniers mois. Cependant, si la cohésion arrive à survivre aux présidentielles, cela pourrait devenir un atout majeur pour la gauche, tout particulièrement avec l’ancrage local du POL, qui pourrait faire la différence dans certaines circonscriptions”.

La croisade solitaire des communalistes, bientôt sur le banc de touche pour les présidentielles

Du côté des communalistes, la perspective de voir leur représentant, Abel Ordan, se présenter officiellement aux élections présidentielles de cette année s’amenuise semaine après semaine, alors que les 700 soutiens d’élus nécessaires pour déposer une candidature ne sont toujours pas rassemblées et tendent à se présenter comme un objectif inatteignable avant la fin du mois de juin. Malgré tout, le premier concerné ne baisse pas les bras et multiplie les déplacements de campagnes et les meetings à travers le pays, à un rythme parmi les plus importants des tous les candidats déclarés. Ainsi, Abel Ordan essaye d’occuper au maximum l’espace médiatique pour s’inscrire comme une personnalité de haut-rang sur la scène politique westalienne, à la tête d’un parti encore jeune, mais avec une approche de la politique particulièrement unique et moderne en comparaison à ses adversaires. Pour le Professeur Marcus Odwent, “les communalistes ne vont peut-être pas pouvoir présenter un candidat d’ici fin juin, mais il est indéniable que leur ascension est particulièrement remarquable. En l’espace de quelques années, on a vu émerger le RC comme une nouvelle force politique fédérale, qui s’oppose aussi bien à la droite, qu’à la gauche “traditionnelle”, dont le parti cherche à tout prix à se distancer idéologiquement, mais surtout de l’association qui pourrait en être faite. Leur force ne se trouve pas localement, pour le moment, mais bien pour les scrutins qui suivront, dont leur position pourrait être bien plus stratégique, tout particulièrement pour les sénatoriales primaires, en septembre. Désormais, il reste à voir si faire bande à part du reste de la gauche leur sera bénéfique ou non”.

Concernant le Secrétaire-général, sur la question d’un retrait ou d’un ralliement à l’Alliance Populaire, ce dernier continue de fermer la porte à l’idée : “Il n’est pas acceptable de se compromettre dans le but de grappiller quelques sièges en échange d’un programme tronqué et loin de nos idées. Certains déclarent que je ne pourrai même pas me présenter aux présidentielles, mais un tel scénario ne m’étonne guère, dans un système antidémocratique comme celui de la Grande République, seuls les puissants et les riches peuvent se permettre un tel luxe, ces derniers ne laisseront jamais des voix dissidentes s’exprimer et prendre de l’ampleur ! Nous souhaitons renverser ce système imparfait et oppressif, un objectif que nous gardons en vue depuis la fondation de notre mouvement populaire ! Alors, pourquoi est-ce que je continue de maintenir ma candidature ? Parce qu’il faut lutter, par les mots, pour que le message qu’un avenir meilleur est toujours possible, non pas pour s’approprier le pouvoir, mais en étant le vecteur de la diffusion qu’une véritable alternative sociétale existe, qu’elle a fait ses preuves et que nous avons le devoir de l’appliquer ici, en Westalia. La centralisation à marches forcées et l’autoritarisme grandissant vont détruire nos libertés et notre démocratie. Moi, j’appelle notre démocratie à renaître de ses cendres ! Sous une forme humaine et directe !”.
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Democracy du 25 mai 2019
Democracy


Le paradox d’un Simeon Belagri populaire et d’un FPD en perte de vitesse


Le Président fédéral Simeon Belagri, dans l’émission “World view”, sur la chaîne de télévision WNN, le 23 mai 2019.
Le Président fédéral Simeon Belagri, dans l’émission “World view”, sur la chaîne de télévision WNN, le 23 mai 2019.

Le dirigeant d’un pays en crise multiple

Cela va bientôt faire quatre années que Simeon Belagri est à la tête de la Grande République, un mandat mouvementé par l’actualité internationale et tout particulièrement notre pays, qui a évité les escalades militaires par deux fois en 2016 et en 2017, à cause des agressions de la Fédération de Stérus. Le Président fédéral s’est donc forgé l’image d’un dirigeant à la tête d’un pays en état de guerre, lui qui voulait briser avec la doctrine de force hardenborienne, s’est retrouvé à gérer bien plus de crise diplomatique aleucienne que son prédécesseur. Le présentant tantôt comme un leader populaire, rassemblant son peuple entier derrière lui, comme au début de l’année 2016, tantôt comme un dirigeant dont le pacifisme est interprété comme un trop grand laxisme à l’égard de nos ennemis, comme à l’annonce de l'agression stérusienne, en 2017, qui avait à l’époque grandement érodé sa popularité auprès de la population, avec une chute de confiance de 17% par rapport à 2016, par un peuple westalien lui reprochant de s’être trop détaché des affaires continentales au profit de l’extérieur de l’Aleucie, un élément mis en avant par la droite pour justifier l’importance de la Grande République à garder le regard sur notre continent et pointant l’erreur de Simeon Belagri à ce sujet. Le Président fédéral a par ailleur était aussi le dirigeant qui a vu naître la nouvelle crise politique de ce siècle en Westalia, directement influencée par l’instabilité continentale et l’impopularité des décisions du gouvernement à ce sujet, amenant à la défaite de la coalition de gauche qu’il dirigeait encore en septembre 2017, la chute du gouvernement Garandor et l’obligation de composer avec la droite dans un nouvel exécutif de compromis, contraint de jouer l’arbitre entre son propre parti et l’Alliance Asfortienne dans cette coopération difficile entre les deux camps, au risque de voir le pays être paralysé institutionnellement. Malgré tout, Simeon Belagri, c’est également le dirigeant qui s’est attaqué de front aux crises sociales qui rongent notre pays depuis plusieurs décennies, que cela soit le projet de “nouvelle démocratisation” de la Grande République, dont l’objectif premier fut de donner plus de pouvoir au peuple, aux institutions, notamment judiciaires, pour “défaire les structures autocratiques” précédemment mise en place par Victor Hardenbor Sr., au cours des années 2000. Le plus impactant restera sans aucun doute le passage de la loi “United Healthcare”, avec un soutien très large du Sénat, qui a permis de rendre beaucoup plus abordable l’accès au soin pour les westaliens, mais aussi le développement de ce secteur pour les années à venir. Bref, Simeon Belagri, fut le dirigeant d’un pays en crise, voir qui l’est encore, surmontant la majorité des obstacles qui furent dressés face à lui et à son gouvernement.

Le bilan de quatre ans au pouvoir, avantages et inconvénients pour Simeon Belagri


Sondage sur le bilan du mandat de Simeon Belagri en tant que Président fédéral, réalisé le 21 mai 2019, commandé par le Democracy auprès de la Westalian Society of Opinion.

Ainsi, le bilan de Simeon Belagri se compose de plusieurs points forts, mais également de points faibles qu’il va devoir chercher à combler pour contrer les accusations de l’opposition, mais aussi convaincre la population qu’il est la personne capable de reprendre en main les rênes du pays pour un second mandat. Dans un sondage que nous avons commandé sur le sujet, nous avons soumis aux sondés plusieurs domaines sur lequel donner leur avis concernant le bilan du Président fédéral sortant et les réponses obtenues permettent donc de nous donner un aperçu clair de là où le leader du Front Populaire et Démocrate a réussi ces quatre dernières années et là où il n’a pas su convaincre. En commençant par les points forts, c’est sans surprise que la santé remonte avec un très fort taux d’approbation, soit 57% des sondés qui sont satisfait de la gestion de ce domaine par Simeon Belagri, dont 18% “Très satisfait”. Dans le bilan social du Président fédéral, là aussi, la population a globalement jugé que ce dernier avait réalisé du bon travail, avec 45% d’approbation, dont 13% de sondés “très satisfaits”, des chiffres principalement dû à l’application de nouvelles aides sociales et de revalorisation des conditions de travail.

Sur les points faibles du candidat à sa réélection, la gestion sécuritaire du pays remonte en première place, avec 56% des sondés qui jugent être mécontent du bilan de Simeon Belagri sur le sujet, dont 36% de “très mécontent”, ce qui représente le plus gros point noir de son mandat, alors que la criminalité et le nombre de faits divers violents ont bondit ces dernières années, notamment des fusillades qui se rapprochent de plus en plus des quartiers résidentielles de la classe moyenne westalienne. Le bilan économique n’est également pas au beau jour pour un sondé sur deux, qui le jugent décevant, dont 18% “très mécontent” de ce dernier. Un bilan qui peut s’expliquer par les hausses d’impôts ces quatre dernières années, mais également de la baisse de la croissance économique, qui commence à se faire ressentir dans le quotidien des westaliens, bien que de nombreux économistes jugent que le pays est encore “largement dans un très bon état économique”, mais dont il faut faire très attention à ne pas emprunter le mauvais chemin. L’agriculture est aussi un domaine pour lequel le Président fédéral n’a pas brillé, avec 42% de mécontentement sur son bilan, alors qu’une conscience de “consommation made in Westalia” commence à émerger, notamment après les nombreux contrats d’importation de produits agricoles signés sous le mandat du Président fédéral, des choix géo-économique qui lui sont énormément reprochés par l’opposition. Le dernier et plus gros point faible du bilan du chef de l’Etat reste sans aucun doute son bilan diplomatique, avec 49% de mécontentement, pour 29% d’approbation. Un écart qui s’explique par les événements internationaux ayant impliqué notre pays ces trois dernières années, alors que le début du mandat de Simeon Belagri partait sur une approbation des décisions internationales largement supérieure à celle de son prédécesseur, le premier n’ayant pas réussi à s’adapter politiquement aux impacts des changements géopolitiques en Westalia, inversant la tendance initiale.

S’il va être difficile pour le candidat de se rattraper sur ces défauts, il reste d’autres points où ce dernier pourra tenter de convaincre la population de sa bonne réussite. La gestion de la défense et de l’armée peut devenir un point fort du Président fédéral, avec 38% de satisfaction, pour 36% de mécontentement, malgré l’agression stérusienne en fin d’année 2016. En effet, le mandat de Simeon Belagri a énormément contribué au renforcement militaire de la Grande République, que cela soit avec le déploiement de nouvelles technologies, le retour d’un porte-avions dans la marine fédérale ou encore l’augmentation drastique du budget alloué à la défense. L’éducation est également un point sur lequel le chef de l’Etat pourrait essayer de s’appuyer pour se faire réélire, avec 38% d’approbation, pour 43% de mécontentement. Si le ratio est ici négatif, le Président fédéral a tout de même accompagné la mise en place de réformes majeures dans l’accès à l’éducation, notamment aux études supérieures et à la multiplication des bourses étudiantes, des éléments aux conséquences positives sur le long terme, dont les premiers bienfaits ne commencent qu’à être visibles cette année.

De façon globale, les sondés sont majoritairement mécontents du bilan de Simeon Belagri, avec 35% d’approbation, contre 43% de mécontentement. Un résultat qui s’explique notamment par les points identifiés précédemment, mais qui restent un résultat acceptable en comparaison avec d’autres présidents fédéraux l’ayant précédé, restant dans une marge acceptable pour considérer qu’une réélection de Simeon Belagri est toujours possible, mais pour laquelle il va devoir batailler avec force pour l’obtenir.

Un dirigeant toujours populaire pour les westaliens

Si son bilan ne lui donne que 35% d’approbation, ce chiffre est très facilement opposé à celui indiqué pour sa popularité, qui est de 54%, en hausse de 3% depuis l’année dernière. Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “le Président fédéral cultive l’image d’un homme sympathique, honnête, franc et abordable depuis de nombreuses années. C’est un aspect de Simeon Belagri qui lui a notamment permis de remporter les élections de 2015 et qui est un sentiment assez transpartisan, de gauche à droite, si on exclut les extrêmes, qui démontre que sa stratégie de communication est probablement l’une des meilleurs de tous les candidats qui s’affrontent cette année. Malgré tout, l’image et la popularité du Président fédéral ont été mises à mal par ces quatre années, désormais relégué au rang de seconde personnalité politique la plus appréciée des westaliens, depuis 2017, au profit du très populaire Henry Takajiwa. Heureusement pour lui, ce dernier n’est pas un de ses adversaires pour les élections à venir, bénéficiant donc d’un bien meilleur capital sympathie que son principal rival, le fils aîné de son ancien “némésis” historique, Victor Hardenbor Jr., qui gagne malgré tout en popularité depuis sa mise en avant par son parti comme candidat. Désormais, il reste à savoir si ce paramètre de popularité aura un impact plus ou moins grand sur le résultat des élections à venir et sur comment cela va influencer le choix des citoyens-électeurs devant les urnes”.

Pour comprendre un peu plus cette dynamique, nous avons décidé de nous rendre sur le terrain, pour recueillir directement l’avis des westaliens sur leur Président fédéral en cette fin de mandat. A Columbia, un ouvrier dans la cinquantaine à échanger avec l’un de nos journalistes et à la question sur ce qu’il pense de Simeon Belagri, ce dernier nous a confié ceci : “Je ne suis pas d’accord avec toutes ses décisions, je pense qu’il est trop proche du patronat et du monde de la finance pour être un “candidat du peuple”, mais il faut avouer qu’il est n’est pas détestable en tant que personne, je le trouve franc et j’apprécie ce caractère chez lui, beaucoup plus souriant et humain que le père Hardenbor aussi”. Dans son fief de Santa Maria, une jeune femme madrerianne ne nous a pas caché son admiration pour le chef de l’État, lorsque nous lui avons posé la même question : “Simeon Belagri, c’est le représentant des madrerians à l’échelle fédérale, cela fait du bien d’avoir quelqu’un de notre communauté au pouvoir. Tout n’a pas été parfait durant ces quatre ans, mais je pense que l'on vit globalement bien mieux qu’avant. Il a tenu la majorité de ses promesses qu’il avait faites en 2015 et j’espère qu’il sera réélu pour un second mandat, afin d’aller jusqu’au bout de son programme”. Nous avons également voulu recueillir l’avis d’un citoyen vivant en zone rurale, dans le comté de Blackland, où un agriculteur a présenté un avis complètement différent des deux précédents : “Le Président fédéral, c’est peut-être quelqu’un qui a l’air sympathique, mais il n’en a rien à faire des petits gens, comme tous les autres. Il pense d’abord à lui et ses copains et il continue d’écraser le secteur agricole westalien en important la concurrence déloyale étrangère. A croire que l’on a manifesté pour rien, il y a cinq ans. C’est décevant, mais à ce niveau-là, si on ne nous écoute même plus là-haut, qu’est-ce qu’on peut faire à part voir notre agriculture disparaître ?”.

Vers une chute du Front Populaire et Démocrate ?

Le Premier ministre fédéral Richard Kaylor (FPD), lors d’un meeting politique en soutien à Simeon Belagri pour les élections présidentielles, à Kaijotoshi, le 19 mai 2019.
Le Premier ministre fédéral Richard Kaylor (FPD), lors d’un meeting politique en soutien à Simeon Belagri pour les élections présidentielles, à Kaijotoshi, le 19 mai 2019.

Si la popularité de Simeon Belagri est indéniable, la survie du mouvement politique qu’il a contribué à fonder est beaucoup plus discutable. Plusieurs observateurs et de journaux d’analyse politique se pose de plus en plus cette question : “Est-ce que la vague jaune belagriste est terminée ?”. En effet, depuis 2017, le Front Populaire et Démocrate accuse d’un recul de popularité et d’une perte considérable d’influence, comme a pu le démontrer sa terrible défaite aux dernières sénatoriales intermédiaires, avec la perte de 34 sièges de sénateurs, dont la perte de la moitié des sièges remis en jeu en Terracristo, pourtant un bastion naturel pour le FPD. Si le mouvement reste le plus important, aussi bien au Sénat qu’à Terracristo, cette défaite inquiète grandement pour son avenir à court terme. A l’origine, le mouvement belagriste avait réussi à s’imposer comme une formation politique beaucoup plus social que le Parti Libre et Démocrate, mais également beaucoup plus libéral que l’Union Sociale et Démocrate, se présentant comme un parti réformateur et profondément axé dans la question de la démocratie à une période, où les critiques de dérives autoritaires de Victor Hardenbor Sr. étaient particulièrement d’actualité et avec beaucoup d’écho au sein de la population, en quête de changement. Si changements il y a eu en l’espace de quatre ans, il semblerait que la population n’ait pas été suffisamment satisfaite des actions du FPD et son électorat se retourne alors naturellement vers les partis historiques, tels que l’USD ou le PLD, deux mouvements qui ont beaucoup souffert électoralement de l’apparition du FPD, mais qui semblent aujourd’hui prendre leur revanche sur ce dernier, tout particulièrement les asfortiens, qui ont été les plus touchés par cette “vague jaune”.

Aujourd’hui, le Front Populaire et Démocrate ne dispose pas d’une prestance et d’une influence aussi importante qu’il y a quatre ans, là où le mouvement avait eu la capacité d’unifier presque toute la gauche westalienne pour former un gouvernement fédéral. Aujourd’hui, s’ils détiennent toujours le contrôle sur l’exécutif, avec Richard Kaylor à la tête de l’actuel cabinet, ce dernier est avant tout malmené par la présence de la droite qui avance ses pions dans les décisions gouvernementales et pour lequel les membres du FPD passent plus de temps à essayer de contrer ou de maintenir le statu quo, qu’à réellement faire avancer les dossiers, si ce n’est quelques rares exceptions, à l’image de la loi “United Healthcare”, miraculeusement soutenue par cette même droite après quelques ajustements, ou encore la réussite du tandem Belagri-Takajiwa à l’international, qui permet à la Grande République de garder la face diplomatiquement. Toujours selon le Professeur Marcus Odwent, “le grand problème auquel le FPD devra faire face n’est pas les prochaines élections en tant que telles, mais plutôt l’après de ces élections, tout particulièrement les sénatoriales. Soyons honnête, les belagrises seuls ne pourront pas rassembler suffisamment de sénateurs pour former une majorité absolue. Le mouvement est aujourd’hui assez isolé sur l’échiquier politique, contrairement à 2015. La gauche s’est réorganisée sans eux, voir même contre eux, et la droite asfortienne ne semble pas particulièrement enjoué à l’idée de poursuivre la coopération actuelle, qui est bien plus dans un intérêt commun de ne pas voir le pays sombrer dans la crise politique, plutôt qu’une réelle affinité idéologique, qui n’est pas vraiment présente en l’état. La fin d’année et l’année prochaine vont être très difficiles pour les bélagristes qui, même s’ils parviennent à rester une force majeure au Sénat, vont beaucoup souffrir de leur isolement. Il faudra voir à quoi va ressembler la future configuration de la chambre basse de la Grande République pour déterminer leur rôle dans tout cela. Si le contexte s’y prête, ils pourraient arriver à tirer leur épingle du jeu, en essayant tant bien que mal un rapprochement avec la droite ou probablement plutôt la gauche, une victoire de Simeon Belagri aux présidentielles pourrait notamment faire naître l’espoir de voir l’Alliance Sociale et Démocratique renaître de ses cendres, puisque la gauche aurait autant besoin du FPD pour revenir au pouvoir, que le FPD a besoin d’elle pour espérer y rester”.
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Columbia Chronicle du 18 juin 2019
Columbia Chronicle


Assassinat d’Alfred Eisendorf : un séisme national


Des agents de la police fédérale et des membres de la garde républicaine sécurisant les lieux du crimes, peu de temps après l’assassinat, à Southcoal, le 16 juin 2019.
Des agents de la police fédérale et des membres de la garde républicaine sécurisant les lieux du crimes, peu de temps après l’assassinat, à Southcoal, le 16 juin 2019.

Que s’est-il passé à Southcoal, avant-hier, en début d’après-midi ?

Le candidat aux présidentielles pour l’Union Horvanxienne et Sénateur, Alfred Eisendorf, quelques minutes avant son assassinat, tenant un discours devant ses partisans, à Southcoal, le 16 juin 2019.
Le candidat aux présidentielles pour l’Union Horvanxienne et Sénateur, Alfred Eisendorf, quelques minutes avant son assassinat, tenant un discours devant ses partisans, à Southcoal, le 16 juin 2019.

Depuis plusieurs semaines, l’équipe de campagne du candidat aux élections présidentielles pour l’Union Horvanxienne, Alfred Eisendorf, avait annoncé la venu de ce dernier dans la ville de Southcoal, dans le sud de l'État-Républicain de Dakantia, pour rencontrer ses partisans et partir à la conquête d’un électorat local de plus en plus réceptifs à ses idées. Ce grand meeting politique, le plus important survenu dans cette ville minière de gauche, pour un homme de droite, a été organisé sur la place de Newlands, à proximité de l’hôtel Malborg et de la célèbre marche des mineurs, longeant le bras de mer du Golfe Argenté. L’objectif pour le candidat était avant tout de marquer sa présence dans ces terres profondément socialistes, mais également sujettes à la montée de la criminalité ces dernières années, tout particulièrement en provenance des ghettos hamajaks en périphérie, les plus peuplés de tout le nord du pays par cette communauté native. En début d’après-midi, vers 14h, Alfred Eisendorf est monté sur l’estrade installée sur la place et a commencé à tenir un discours devant plusieurs milliers de personnes venues l’écouter ce jour-là. Vers 14h30, un premier tir d’arme à feu touche le pupitre qui se tient face à Alfred Eisendorf, le bougeant légèrement de sa place, surprenant aussi bien le public que le candidat. Ce dernier comprend assez rapidement ce qu'il vient de se passer, appelant à se mettre à couvert, alors que son équipe de sécurité plonge vers lui pour le protéger, mais c’est déjà trop tard : un second tir s’abat cette fois-ci sur la tête du Sénateur, le faisant s’écrouler au sol sans vie. Immédiatement, un mouvement de panique prend toute la foule présente sur la place qui commence à courir dans tous les sens, écrasant parfois des personnes et séparant des parents venus assister au meeting avec leurs enfants, dans le chaos le plus total. On dénombre un total de vingt-huit blessés dans la fuite des spectateurs, dont cinq dans un état grave.

Assez rapidement, la police de l'État-Républicain et la police fédérale commencent à sécuriser les lieux, alors que le corps d’Alfred Eisendorf est mis à l’abri un peu plus loin sur la place, son décès n’ayant été officialisé qu’à l'arrivée des secours sur les lieux. Un groupe de policiers aurait identifié la position du tireur depuis le septième étage de l’hôtel Malborg, où ils se seraient rendus pour l'interpeller, avant de faire face à un homme dangereux contre lequel ils n’auront pas d’autres choix que de répondre par la force létale pour assurer leur protection, mais aussi celle des occupants de l’hôtel. Un fusil de type FP-F1, datant des guerres viétiques et présumé illégalement acquis, sera retrouvé dans la chambre depuis laquelle le suspect aurait tiré sur le candidat de l’Union Horvanxienne. Depuis le milieu d’après-midi, la place Newlands, l’hôtel Malborg et une partie de la marche des mineurs sont complètement bloqués par la police fédérale, mais également par la garde républicaine qui a été déployée sur les ordres du Ministère fédéral aux affaires intérieures. Une enquête a été ouverte pour assassinat et terrorisme, un dossier qui est déjà entre les mains de la Federal Homeland Security Agency, qui a assuré que “toute la lumière sera faite sur cette terrible affaire”.

Que sait-on du principal suspect, abattu avant-hier ?

La FHSA tient régulièrement à jour, depuis les déclarations de son porte-parole et son service de communication à la presse, des informations sur l’avancement de l’enquête et notamment de l’auteur potentiel de cet assassinat. Selon l’agence de la sécurité intérieure, ce dernier se prénommerait “Atepa Matoskah”, un hamajak de 46 ans, pauvre, vivant dans le ghettos de Malveris, dans la banlieue de Southcoal, est un individu connu des forces de police. En effet, l’homme en question a déjà participé à un assassinat en 1994 à Southcoal, dans un contexte de guerre de gangs, et condamné à vingt ans de prison, puis relâché sous liberté conditionnelle en 2009, pour bonne conduite. Il est de nouveau condamné, en 2014, à six mois de prison pour outrage à agent en groupe, puis relâché avec une importante dette pour payer son amende. Les agents de la FHSA, avec le soutien de la police fédérale, auraient perquisitionné tôt dans la matinée du 17 juin son appartement à Malveris, pour y rechercher des indices pouvant éclairer les motivations de l’assassin. Sur place, ces derniers ont affirmé avoir trouvé des écrits avec des revendications “anti-westaliennes”, le Directeur de l’agence, Patrick Belcourt, précisant les informations suivantes : “le suspect Atepa Matoskah a écrit dans un journal ses motivations sur son acte, rejetant la faute de son malheur sur la Grande République et sur les hommes blancs en général. Il a donc voulu, selon lui, faire du mal à celui qui a fait le plus de mal à son peuple et à lui-même, à savoir Alfred Eisendorf. Au cours de la perquisition, nous n’avons retrouvé aucune autre arme, un peu de drogue visiblement destiné à la consommation personnelle et un ancien téléphone portable que nous sommes en train d’examiner pour plus d’information”. Ces premières preuves confirment donc le maintien du caractère terroriste de cet assassinat, bien que la FHSA n’a trouvé pour le moment aucun lien entre Atepa Matoskah et le Southern Hamajak Liberation Front ou tout autre organisation terroriste hamajak, penchant pour l’hypothèse d’un acte isolé. Concernant le mode opératoire de cet assassinat, le directeur de la FHSA précise également les trouvailles faites par ses équipes : “Le suspect se serait présenté à la réception de l’hôtel Malborg sous un faux nom et une valise retrouvée dans la chambre qu’il a réservé, que nous supposons ayant contenue l’arme du crime en pièce détachée, puis réassemblée sur place. Nous ne savons pas encore comment ce dernier a pu entrer en possession d’un FP-F1, ni même de ces faux papiers, et nos équipes travaillent actuellement à creuser une piste liée au marché noir local”. Un agent de sécurité de l’hôtel, qui a préféré rester anonyme, nous a également partagé en exclusivité sa rencontre avec le terroriste hamajak quelques heures avant l’assassinat : “Quand il est rentré dans le hall de l’hôtel, j’ai directement senti qu’il était suspect ce type. J’ai un peu un don pour ça. Il suait et tremblait beaucoup quand je suis allé le voir, pour savoir si tout allait bien. Au début, je pensais que c'était un voleur, mais un terroriste, jamais je n’aurai cru à ça !”.

L’onde de choc sur la scène politique

De gauche à droite, Arthur McAubert, Président par intérim du New Order of Westalia, Ladislas Andover, Vice-Président du New Order of Westalia, et Theodore Aterley (NOW-UH), Président de l'État-Républicain d’Horvanx, lors d’une conférence de presse sur la mort d’Alfred Eisendorf, à Columbia, le 17 juin 2019.
De gauche à droite, Arthur McAubert, Président par intérim du New Order of Westalia, Ladislas Andover, Vice-Président du New Order of Westalia, et Theodore Aterley (NOW-UH), Président de l'État-Républicain d’Horvanx, lors d’une conférence de presse sur la mort d’Alfred Eisendorf, à Columbia, le 17 juin 2019.

Alfred Eisendorf, en tant que candidat pour l’Union Horvanxienne, était plutôt bien positionné dans les sondages, avec 19,54% d’intentions de vote lors de la publication du dernier sondage, au début du mois, faisant de lui le troisième homme fort de ces élections et tutoyant son ticket d’entrée au second tour, malgré un écart de presque 10 points avec Simeon Belagri, qui lui coupe ce passage. Plus qu’un candidat, Alfred Eisendorf, c’est aussi un militaire et homme politique qui a profondément marqué le pays de par les lois qu’il a contribué à rédiger ou les décisions sécuritaires, controversées ou non, qu’il a pu prendre lors de son long passage à la tête du Ministre fédéral à l’Unité nationale, devenant une figure incontournable de la politique westalienne des années 2000 et 2010. Tout naturellement, son assassinat a eu l’effet d’une bombe, aussi bien pour ses adversaires que dans son propre camp. C’est d’ailleurs à la tête du NOW, sur lequel il exerçait un contrôle quasi-total en tant que principal fondateur, que l’annonce de sa mort a été la plus dévastatrice. Le soir même de son décès, les instances dirigeantes du parti se sont réunies pour savoir quelle posture politique adopter désormais, après la perte de leur leader en pleine période électorale. Le lendemain, en début d’après-midi du 17 juin 2019, les principaux dirigeants du mouvements horvanxiens ont organisé une conférence de presse à Columbia, depuis leur siège à la capitale fédérale, où ils ont précisé la marche à suivre. Bras droit d’Alfred Eisendorf, les cadres du parti ont nommé Arthur McAubert Président par intérim du New Order of Westalia, le temps des élections présidentielles et sénatoriales, et c’est ce dernier qui a pris la parole en premier devant les journalistes : “La Grande République a perdu, hier, un grand homme, un patriote dont l’amour pour son pays n’avait aucun égale, une source d’inspiration et une soif à servir le peuple dont il fait partie qui étaient inépuisables. Alfred Eisendorf est et restera à jamais le leader du New Order of Westalia et des idées horvanxiennes qu’il a grandement contribué à démocratiser et à moderniser durant toute sa vie politique. En tant que Vice-Président, et avec l’accord des principaux cadres du parti, je vais reprendre la présidence du NOW de façon temporaire, jusqu’à ce que nous ayons traversé ces élections présidentielles et sénatoriales, que nous n’allons pas abandonner, Alfred n’aurait pas voulu que sa mort soit un obstacle à l’accomplissement de nos objectifs, non, nous irons jusqu’au bout. Nous avons encore jusqu’au 30 juin pour présenter un nouveau dossier de candidature, nous avons déjà tous les éléments nécessaires et notre nouveau représentant ne sera autre que Ladislas Andover !”.

Ladislas Andover est l’ancien et dernière personne à avoir occupé le poste de Ministre fédéral à l’Unité Nationale, avant la défaite de 2015, c’est également l’ancien Président de l'État-Républicain de New Austaria, entre 2009 et 2015, où il est désormais un des principaux représentants de l’opposition, en tant que député à l’Assemblée de cet État. Fidèle d’Eisendorf depuis toujours, bien que considéré comme un peu moins radical, il est l’une des anciennes personnalités du Parti de l’Union Républicaine à l’avoir suivi lors de son schisme et à avoir cofondé le NOW, devenant l’un de ses Vice-Président, ce qu’il est toujours. Ce dernier a pris la parole juste après Arthur McAubert, pour confirmer son intention de se présenter aux présidentielles : “Alfred Eisendorf est mort en martyr de la cause nationale. Il a été tué par les ennemis de l’unité que nous défendons la plus chèrement possible, par un monstre et terroriste hamajak qui a démontré que le dialogue n’est aucunement possible avec ces extrémistes que la gauche défend et soutient, diffusant des idées de haines qui ont finalement coûté la vie au plus noble et au plus patriote de nous tous. Reprendre sa place aux présidentielles, c’est bien plus que de lui faire honneur, c’est d’accomplir son rêve d’une Westalia souveraine, puissante et prospère dans l’ordre et la paix. Cette grande quête, je vais désormais la porter sur mes épaules au cours de ces élections, ensemble, nous reprendrons là où Alfred Eisendorf s’est arrêté, ensemble, nous poursuivrons son incroyable travaille, ensemble, nous apporterons la victoire à sa vision qu’il nous a légué, nous, ses héritiers spirituels et politiques !”

En dehors du New Order of Westalia, les réactions ont également été très vives et rapides sur la scène politique westalienne, notamment de son principal allié, Henry Ross, Président du Parti National Westalien, qui a déclaré “la vermine hamajak a encore frappé sur nos terres, elle a emporté un fidèle de l’Union nationale, ce n’est pas seulement une atteinte à un parti politique, c’est une guerre déclarée à toute notre population ! Aux côtés de Ladislas Andover, nous allons remporter la première bataille de cette guerre, dans les urnes, puis nous nous mettrons au travail pour réaliser un grand ménage de notre société !”. Victor Hardenbor Jr., son principal adversaire à droite, a également réagi avec beaucoup de soutien, mais également beaucoup de critique sur l’état du pays : “Voilà où quatre ans de Belagri nous a amené : une culture de la violence politique, propagée par un trop grand laxisme à l’égard d’extrémistes qui se pensent tellement impunis et libre d’agir, qu’ils en viennent à assassiner en plein jour un Sénateur et candidat aux présidentielles. Bien qu’aujourd’hui adversaire, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour Alfred Eisendorf et nous partagions un constat commun pour le pays : la nécessité de rétablir des lois fortes et des mesures plus que vitales pour rétablir l’ordre dans la nation. Tout ce que Simeon Belagri et sa clique de gauche ont déconstruit durant son mandat”. Le Président fédéral a également réagi à l’assassinat du candidat horvanxien déclarant “que la violence n’a pas sa place au sein de la Grande République et que le terrorisme hamajak représente une menace contre laquelle il faut lutter. Il est cependant important de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus et de laisser les forces de l'ordre mener les enquêtes et opérations nécessaires pour éclaircir sur ce tragique événement, qui ne doit plus se reproduire et contre lequel nous allons redoubler d’efforts dans les mois à venir”, confirmant la mobilisation d’un plus grand nombre de policiers dans les événements politiques à venir. A gauche, le candidat de l’Alliance Populaire, le socialiste Albert Parsent, a eu des propos un peu plus nuancés : “Alfred Eisendorf avait un discours de haine et de violence qui alimente les conflits ethniques dans la Grande République. Pour autant, il n’y aura jamais aucune justification valable pour souhaiter sa mort. On ne règle pas nos différends idéologiques avec des armes, mais avec des mots et des élections. C’est ce que nous comptons faire dans moins de deux mois et j’en appelle à tous nos citoyens de ne pas se laisser avoir par l’acte d’un terroriste isolé pour l’amalgamer à la communauté hamajak, qui n’a qu’un souhait de cohabitation pacifique et qui rejette avec la plus grande ardeur ce genre de violence inacceptable”.

Le risque d’un nouveau conflit ethnique dans la Grande République

Des soldats de la Garde Républicaine déployés à Columbia, sur la place de la Révolution, à proximité du Sénat de la Grande République, le 17 juin 2019.
Des soldats de la Garde Républicaine déployés à Columbia, sur la place de la Révolution, à proximité du Sénat de la Grande République, le 17 juin 2019.

La majorité des westaliens se souviennent de la crise des ghettos et l’impact que cette dernière a pu avoir sur la fin des années 90 et le début des années 2000, avec l’émergence d’un terrorisme hamajak très actif et où cet assassinat fait craindre le retour de ce spectre qui s’était montré plutôt silencieux ces dernières années. Depuis le début de son existence, Westalia a toujours dû faire face à ces conflits ethniques, que cela fut entre les austariens et les madrerians au début du XIXème siècles, mais tout particulièrement les westaliens (dans les sens les autres ethnies) contre les hamajaks, au cours des guerres amérindiennes, au cours de la dictature, durant la ségrégation et bien évidemment la crise des ghettos. A l’inverse des autres communautés, les hamajaks n’ont jamais réussi à réellement s’intégrer au sein de ce tout qu’est “Westalia”, pour des raisons qui peuvent largement varier suivant la personne à qui l’on pose la question, même les experts sur le sujet ne sont pas tous d’accords sur les raisons de ce phénomène qui est, par nature, très politique. Une problématique tout aussi présente dans les autres nations hébergeant une communauté hamajak importante, comme nos voisins lermandiens ou encore en Yukanaslavie, où les mêmes schémas de violences se répètent. Avec la mort d’Alfred Eisendorf, le plus à craindre actuellement n’est pas réellement le terrorisme hamajak, mais les représailles des mouvements ethno-nationalistes profondément anti-hamajak et qui étaient d’important soutiens du candidat assassiné. Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “ce risque de représailles n’est pas à prendre à la légère, très loin de là. Déjà, le jour de l’assassinat, plusieurs légions horvanxiennes, ces groupes paramilitaires nationalistes appartenant à cette importante organisation du même nom, avait déjà annoncé vouloir mener des actions de représailles “contre les bastions indépendantistes hamajaks connus”, sans préciser où et quand. Ces milices idéologiques sont elles mêmes dans un spectre politique très large dans le nationalisme. Si elles se revendiquent toutes de l’horvanxisme, elles ne l’interprètent pas toutes de la même manière. Je pense notamment à celles qui se revendiquent du “Fondamentalisme”, ce courant suprémaciste chrétien et anti-hamajak qui prônent la pureté ethnique au sein de la Grande République et qui pourrait interpréter cet assassinat comme un casus belli valide pour exercer leur violence. Ils ne sont pas une majorité au sein des légions, mais ce sont eux qui ont réagi le plus violemment ces dernières heures. C’est quelque chose de très inquiétant pour le futur proche”.

Le Ministre fédéral aux affaires intérieures, George Garandor, a annoncé avoir ordonné le déploiement immédiat de la garde républicaine dans certaines grandes villes du pays, notamment aux abords des lieux de pouvoirs, à la suite d’une annonce de différents mouvements horvanxiens, nationalistes et notamment du NOW à vouloir manifester leur colère concernant l’assassinat d’Alfred Eisendorf. Le Ministre fédéral a également annoncé “qu’un dispositif spécial va être mis en place en prévision des funérailles du Sénateur Alfred Eisendorf, prévues le 20 juin, dans la ville d’Oakcity. Tout comme la sécurité du cortège qui va avoir lieu est une priorité pour nos forces de l’ordre, elles seront également présentes pour veiller à ce qu’aucun dérapage ne se produise tout le long de l’hommage qui sera fait à Alfred Eisendorf”. Le pays retient désormais son souffle, alors que cette période électorale prend un tournant beaucoup plus sombre et surtout beaucoup plus inquiétant pour la stabilité politique du pays…
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Columbia Chronicle du 4 juillet 2019
Columbia Chronicle


Trois semaines de chaos : dans quel état est notre pays ?


Un centre commercial dévasté par les flammes, à la suite d’un attentat à la bombe du Southern Hamajak Liberation Front, à Nuova Almilano, le 21 juin 2019.
Un centre commercial dévasté par les flammes, à la suite d’un attentat à la bombe du Southern Hamajak Liberation Front, à Nuova Almilano, le 21 juin 2019.

Après de grandes funérailles de niveau national à Oakcity, pour Alfred Eisendorf, certaines légions horvanxiennes ont organisé des représailles contre la communauté hamajak du village de Sewati, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes. Cet événement a entraîné une escalade de la violence dans tout le pays, entre retour du terrorisme hamajak, nouvelle crise des ghettos et l’inarrêtable soif de vengeance entre hamajaks et horvanxiens. Des événements qui dépassent le gouvernement fédéral, au bord de l'implosion...

L’hommage national et militaire à Alfred Eisendorf dans sa ville natale

Cortège funéraire de la dépouille d’Alfred Eisendorf, entouré de milliers de militaires ou d’ex-militaires, à Oakcity, le 20 juin 2019.
Cortège funéraire de la dépouille d’Alfred Eisendorf, entouré de milliers de militaires ou d’ex-militaires, à Oakcity, le 20 juin 2019.

Tout commence le 20 juin, avec l’organisation des funérailles du Sénateur et ancien Général Alfred Eisendorf, assassiné quatre jours plus tôt à Southcoal par un terroriste hamajak, d’une balle dans la tête. Toute la cérémonie s’est déroulée à Oakcity, sa ville natale et fief historique de la famille de militaires Eisendorf, qui a donné à la nation de nombreux généraux de la dictature jusqu’à aujourd’hui. Dans son testament, le candidat aux présidentielles décédé a émis le souhait de recevoir des funérailles militaires “comme son père et ses ancêtres” avant lui, avec une escorte de son cercueil par des soldats de l’armée de terre, dont il était membre. Pour lui rendre un dernier hommage, des milliers de personnes ont fait le déplacement jusqu’à Oakcity, l’une des villes les plus au nord du pays, de taille relativement moyenne et d'ordinaire prisée de l’élite de la capitale d’Horvanx, Atawa, pour ses stations balnéaires sur le bord de la mer intérieure. On retrouve principalement des soldats du régiment dans lequel il a servi durant la guerre de 82-84, en représentation officielle, mais également de nombreux militaires à la retraite ou en permission qui ont fait le déplacement, en tenue de cérémonie. En terme de personnalités importantes, on retrouve tout naturellement les têtes dirigeantes du New Order of Westalia, Arthur McAubert, Ladislas Andover, Theodore Aterley… Ainsi que certains de ces rivaux ou anciens rivaux politiques, tels que Victor Hardenbor Jr., Arthur Horvanx, et même Henry Takajiwa, qui a fait le déplacement, malgré les désaccords profonds connus entre les deux hommes de droite. Du côté du pouvoir, le Président fédéral Simeon Belagri, son chef du gouvernement, le Premier Ministre fédéral Richard Kaylor, le Ministre fédéral à la Défense, Justin Darfor, et le Ministre fédéral des armées, le général Richard Meylan, ont également répondu présent dans leur rôle officiel. Des apparitions plus notables, comme celle de l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor Sr., du PDG d’Akiyama Corporation, Hirayoshi Akiyama, ainsi que l’ancien Chef d’État-major des armées, Maxwell Ledford, ont été aperçu dans l’église où s’est déroulé la cérémonie religieuse.

Ces funérailles ont notamment permis au fils du Sénateur décédé, le Colonel Karl Eisendorf, de pouvoir s’exprimer sur son père, louant ses vertus, son histoire, son ambition et ses idées : “Mon père était quelqu’un qui a toujours porté l’amour de son pays à un niveau bien plus grand que tous les autres, un tel niveau de dévotion à sa patrie qu’il a inspiré des millions de nos compatriotes à l’admirer pour cet aspect, à s’en inspirer comme un modèle pour ce qu’ils souhaitent devenir eux même dans l’avenir. J’ai beaucoup d’admiration pour l’homme qui l’était, pour le militaire qui a risqué sa vie pour repousser les viétiques en Lermandie, dans les années 80, pour le chef avisé qui a ramené l’ordre dans le pays durant la crise des ghettos, pour le politicien sage et visionnaire, qui a contribué à rendre notre pays meilleur et qu’il aurait tant aimé aller jusqu’au bout de ses idées. Un altruiste et un patriote qui doit rester un exemple dans nos mémoires, l’image d’un homme déterminé, aux objectifs désintéressés et au leader populaire et militaire que nous ne pouvons qu’admirer. En tant que son fils, je continuerai à être le soutien de ses idées et de ses ambitions, que je ne partage pas seulement en tant que membre de la même famille, mais aussi en tant que citoyen d’un même pays, dans le respect et l’honneur de l’Union Nationale, qui nous rassemblent tous aujourd’hui, malgré nos différences, pour rendre hommage à un homme si grand !”. Le discours a été retransmis à l’extérieur de l’église, trop petite pour accueillir toutes les personnes venues lui rendre hommage, où de nombreux membres des légions horvanxiennes ont notamment été aperçus dans la foule, brandissant des drapeaux du NOW, le drapeau westalien, et même celui de la dictature. Des chants nationalistes ont également été entonnés par la foule, notamment les célèbres paroles de “We'll Have Our Home Again”.

L’attaque du village hamajak de Sewati, lorsque des miliciens veulent faire justice eux-même

Bill Helst, chef de la légion horvanxienne “True nation” et leader autoproclamé du groupe dissident des “Nouvelles légions”, au cours d’un entraînement en forêt, probablement dans l’État-Républicain d’Horvanx, à une date inconnue au cours de l’année 2019.
Bill Helst, chef de la légion horvanxienne “True nation” et leader autoproclamé du groupe dissident des “Nouvelles légions”, au cours d’un entraînement en forêt, probablement dans l’État-Républicain d’Horvanx, à une date inconnue au cours de l’année 2019.

Soundtrack : “We'll Have Our Home Again”

A la suite des funérailles, plusieurs “légions horvanxiennes” auraient conjointement décidé d’organiser une “opération antiterroriste” à six heures de route d’Oakcity, en visant le village hamajak de Sewati, un rassemblement communautaire d’hamajaks d’environ un millier de personnes et vivant dans un mélange d’anciennes traditions natives et d’intégration de certains éléments modernes. Selon le chef de cette expédition punitive, Bill Helst, le village de Sewati serait un haut lieu de formation et d’organisation du terrorisme hamajak, une théorie du complot depuis longtemps rependue dans les milieux horvanxiens radicaux et tout particulièrement dans la sphère fondamentaliste, où Bill Helst est un représentant notoire de cette dernière. Encore plus loin, ces derniers auraient déclaré qu’Atepa Matoskah, l’assassin d’Alfred Eisendorf, aurait été formé dans ce village quelques années plus tôt, pour devenir un “agent dormant” à Southcoal. Environ une centaine de miliciens horvanxiens se seraient donc rendus dans la soirée du 20 juin, quelques heures après avoir assisté à l’enterrement à Oakcity, pour prendre d’assaut cette communauté reculée à l’extrême-est de l’État-Républicain d’Horvanx. Très bien équipés, selon les images et les vidéos qu’ils ont publiés avant et après l’attaque, ces derniers auraient pris d’assaut les habitations locales, entraînant la destruction d’un tiers du village par les flammes et la mort d'environ cinquante habitants (selon la police fédérale). Un rescapé de l’attaque, qui a rapidement fui avec sa famille pour rejoindre un village quelques kilomètres plus au sud, raconte les événements avec plus de précision : “Des hommes sont arrivés avec des véhicules tout-terrain et ils ont commencé à ouvrir le feu sur tout le monde, je les ai vu prendre en main des sortes de lance-roquettes et ils ont commencé à détruire nos habitations. Je n’ai pas pu rester longtemps, mais assez pour voir les flammes détruire la maison du chef du village en l’espace de quelques minutes”. Pour Bill Helst, ses hommes ont uniquement visé “les infrastructures stratégiques terroristes” et ils ont combattu “tous les terroristes qui ont cherché à résister”, ayant “riposté” avec leurs armes contre une dizaine d’hamajaks armés ou hostiles, avant de quitter les lieux deux heures après le premier assaut.

Bill Helst, leader autoproclamé du groupe dissident des “Nouvelles légions”, au premier plan à gauche, revendiquant l’attaque contre le village de Sewati, dans une vidéo publiée le 21 juin.
Bill Helst, leader autoproclamé du groupe dissident des “Nouvelles légions”, au premier plan à gauche, revendiquant l’attaque contre le village de Sewati, dans une vidéo publiée le 21 juin.

Dès le lendemain matin de l’attaque, le chef de cette attaque, Bill Helst, revendique le succès de son opération “East Pacification” contre le village de Sewati, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. Dans cette dernière, ce dernier déclare : “nous avons accompli ce que le gouvernement fédéral refuse de faire pour apporter de la stabilité au pays : la purification de la vermine terroriste hamajak. Lorsque l’État devient défaillant, c’est désormais à son peuple de prendre en main les choses et la mort de l’honorable patriote Alfred Eisendorf est le signe que la bureaucratie politique de la Grande République n’est pas en capacité de réagir correctement pour protéger la nation. Nous avons agi dans l'intérêt de la population westalienne qui est fatiguée de voir qu’aucun gouvernement n’applique de réelles solutions à la problématique hamajak, une communauté à qui la Grande République a tout donné et lui a même pardonné d’avoir tué nos frères et sœurs, excusant son caractère racial de s’exprimer naturellement par la violence. Les enseignements de Jésus nous ont appris à leur pardonner, à leur offrir une énième chance de s’intégrer dans notre chaleureuse et vaste communauté. Cependant, ce qu’il s’est passé à Southcoal, ce n’est plus acceptable, il faut agir et nous continuerons d’agir pour l’intérêt supérieur des westaliens. Nous sommes des hommes de terrain, des gens du peuple, d’humbles chrétiens, nous savons ce qu’il faut faire pour arrêter cette guerre qu’ils ont commencée. Ce n'est pas des bureaucrates et des banquiers, confortablement assis sur leur argent à Columbia, qui pourront dire comment résoudre cette situation en Horvanx, ils ne savent même pas ce que cela peut-être, aveuglés par leurs chiffres et leurs objectifs de rentabilité. La guerre contre le terrorisme et les ennemis de la patrie doit être remportée à tout prix !”.

La nouvelle de cette attaque a été apprise par la publication de cette vidéo, puis confirmée par les autorités locales qui ont appelé le gouvernement fédéral à réagir. Du côté du groupe des “Légions horvanxiennes”, leur chef, le “Général” Ulyss Baltmord, a déclaré que les agissements de Bill Helst sont complètement indépendants de toutes directives de l’organisation qu’il dirige, appelant à dissocier cette dernière de cet homme et des milices ayant participé à l’attaque, sans pour autant condamner l’agression en tant que telle. Malgré tout, Ulyss Baltmord a confirmé avoir exclu des légions les groupes paramilitaires impliqués dans cette opération. En conséquence, Bill Helst a publié une nouvelle vidéo où il a qualifié son ancien dirigeant de “lâche, corrompu et de traître à la nation”, tout en officialisant la création d’un nouveau groupe paramilitaire : les “Nouvelles légions”, dissident de l’organisation d’origine, avec lui-même à sa tête, se revendiquant de l’horvanxisme fondamentaliste. Dans cette même déclaration, Bill Helst a également annoncé avoir reçu un message divin qui lui ordonne de mener ses hommes pour la victoire de Westalia contre “les ennemis intérieurs de la nation”, s'étant vu confier la mission de les "purifier".

Une explosion de la violence et le retour du terrorisme hamajak

Ouvrir pour visualiser la carte en entierCarte des événements de violences survenues entre le 20 juin et le 3 juillet 2019, à la suite de l’attaque de Sewati. (SHLF = Southern Hamajak Liberation Front)<br>Carte des événements de violences survenues entre le 20 juin et le 3 juillet 2019, à la suite de l’attaque de Sewati. (SHLF = Southern Hamajak Liberation Front)

Soundtrack : “State of Emergency”

L’attaque du village hamajak de Sewati a eu des effets dévastateurs sur la stabilité de la Grande République, à commencer par les représailles côté hamajak concernant cette agression que leur communauté à subit. Dès le lendemain de l’attaque, le 21 juin, un commando terroriste de six hommes armés de fusils d’assaut, affilié au Southern Hamajak Liberation Front (SHLF), a organisé une tuerie dans une station de métro de la capitale de l’État-Républicain d’Horvanx, Atawa, où vingt-sept innocents ont perdu la vie, dont sept hamajaks. Le commando sera rapidement neutralisé par une patrouille de la garde républicaine qui passait à proximité, tuant tous les terroristes. Le 22 juin, le SHLF frappe de nouveau le territoire en faisant sauter plusieurs bombes à l’intérieur d’un centre commercial de Nuova Almilano, à quelques kilomètres de Santa Maria, qui provoquera un incendie dévastateur pour la structure du bâtiment, provoquant la mort de dix personnes, soit par les explosions, soit à cause de l’incendie, qui ne sera maîtrisé qu’après une journée complète de combat contre le feu par les pompiers locaux et ceux venus en renfort pour aider à l’effort de lutte. Le même jour, des hommes non-affiliés aux Nouvelles légions, mais se revendiquant comme partisans des idées de Bill Helst, vont organiser une “traque au terroriste” dans la ville de Brokenbridge, l’un des cœurs historiques de l’extrême-droite westalienne. Ces derniers vont s’armer de battes de baseball ou de différentes armes blanches pour aller saccager un quartier à majorité hamajak de la ville, mettant le feu à cinq maisons, blessant douze personnes et tuant trois habitants, avant qu’une intervention de la police locale ne vienne les disperser pour mettre fin à leurs agissements, sans aucune arrestation pour le moment. Le 24 juin, dans la ville d’Astaran, une manifestation pro-hamajak dégénère et tourne en un affrontement entre les manifestants et la police fédérale, qui va provoquer la destruction de plusieurs voitures, la mort de sept personnes, dont quatre policiers, une trentaine de blessés graves, dont dix-sept policiers, et l’arrestation de seulement une vingtaine de personnes.

Le 26 juin, Bill Helst annonce le lancement de l’opération “West Pacification”, avec une attaque coordonnée sur les ghettos hamajaks de Southcoal, tout particulièrement Malveris, et ceux de Newsite, une autre ville minière un peu plus au nord. A Newsite, les affrontements vont être brefs et entraîner la mort de cinq personnes d’ethnie hamajak, avant que la garde républicaine ne parviennent à repousser les miliciens, qui battront en retraite. A Southcoal, les hommes de Bill Helst vont être confrontés à une résistance importante des gangs locaux, qui se seraient unis pour repousser le nouvel assaut des horvanxiens fondamentalistes, entraînant des morts dans les deux camps, sans que les autorités locales ne puissent intervenir sans risque. Sans détails, ces dernières ont annoncé avoir relevé la mort de plus d’une soixantaine de personnes dans cet affrontement hors du commun. Le 27 juin, le ghetto hamajak de Felbord, dans la ville de New Eringam, dans le sud du pays, se soulève contre ce qu’il considère comme une “nouvelle guerre ethnique” et bloque les accès au quartier, entraînant la mobilisation de la police fédéral et de la garde républicaine, qui ne pourront rien faire pour débloquer la situation. S’il n’y a aucun mort, ni affrontement, l’accès à la zone est complètement impossible pour les services d’urgence, alors que des rumeurs font état d’une organisation minutieuse des gangs locaux dans ce blocage, le ghetto désormais en état de siège, sans changement depuis. Le même jour, dans la capitale fédérale, Columbia, trois voitures explosent dans le centre-ville, provoquant la mort de cinq personnes et blessant quatre autres innocents. Un attentat revendiqué par le SHLF, peu de temps après.

Des miliciens hamajak à Saranti, avant l’attaque sur le quartier madrerian, le 1er juillet 2019.
Des miliciens hamajak à Saranti, avant l’attaque sur le quartier madrerian, le 1er juillet 2019.

Des miliciens hamajaks du village d’Okhmhaka, venu en renfort pour protéger le village d’Howahkan contre les Nouvelles légions. Photographie prise après les combats, le 1er juillet 2019.
Des miliciens hamajaks du village d’Okhmhaka, venu en renfort pour protéger le village d’Howahkan contre les Nouvelles légions. Photographie prise après les combats, le 1er juillet 2019.

Le 1er juillet, Bill Helst renouvelle ses projets de violences en lançant une nouvelle opération d’envergure, nommée “Global Pacification”, appelant “tous les patriotes et les horvanxiens qui n’en peuvent plus du terrorisme hamajak à nettoyer le pays de leur propre main, sans attendre les actions passives et inefficaces du gouvernement fédéral corrompu”. Cette annonce va provoquer des affrontements violents entre les partisans horvanxiens et les communautés hamajaks dans les villes de Lerant City (Lerant) et Lerantia (New Austaria). Les Nouvelles légions vont également organiser une nouvelle attaque sur un village hamajak, Howahkan (Horvanx), qu’ils soupçonnent d’être un centre majeur du terrorisme, dans lequel ils vont rencontrer une résistance importante des locaux, qui seront rejoints par des miliciens hamajaks de villages voisins, pour repousser les horvanxiens. En parallèle, l’importante communauté hamajak de la ville de Saranti (Terracristo), probablement incitée par des gangs locaux ou des terroristes du SHLF, va organiser un vaste mouvement de “contre-attaque”, en envahissant un quartier cossu à majorité madrerian, dont les émeutiers accusent les occupants d’être des horvanxiens. Les habitants se mobiliseront en répondant par des tirs d’armes à feu contre les hamajaks. Toutes ces actions cumulées vont entraîner la mort de plus d’une centaine de personnes sur l’ensemble du territoire, faisant du 1er juillet la journée la plus sanglante depuis le début des hostilités. La dernière action violente recensée date du 3 juillet, où un bâtiment culturel de la communauté hamajak de la ville de Silverport va prendre feu au cours de la nuit, un incendie qui serait d’origine criminelle d’après des témoins qui auraient vu des hommes quitter les lieux peu de temps après l’apparition d’une grande colonne de fumée et des flammes. Maîtrisé au cours de la nuit, il n’y aura que des dégâts matériels.

Incapacité du gouvernement à maîtriser la situation et menace de chute du cabinet Kaylor

Des agents de la police fédérale en train de repousser des émeutiers à Astaran, le 24 juin 2019.
Des agents de la police fédérale en train de repousser des émeutiers à Astaran, le 24 juin 2019.

Alors que le pays sombre dans le conflit ethnique, le retour de la crise politique semble plus que jamais à nos portes. En effet, à droite, la critique est particulièrement forte concernant la gestion des événements par le Ministre fédéral aux affaires intérieures, George Garandor, que ses opposants jugent “incapable de maintenir l’ordre dans nos rues”. En effet, le belagriste et ancien socialiste a multiplié les consignes aux forces de l’ordre d’être très prudentes dans l’usage de la force pour contenir les manifestants, pour éviter de provoquer un double effet à la violence, qui pourrait amener à une escalade de cette dernière, ce qui nécessiterait le déploiement de plus de moyens pour maîtriser la situation. Le Président fédéral se refuse également à déclarer l’état d'urgence dans le pays, “pour le moment”, assurant qu’il est important de “laisser la police et la garde républicaine faire leur travail pour rétablir l’ordre dans les rues de notre pays”. Son principal adversaire aux présidentielles, Victor Hardenbor Jr., s’est montré extrêmement critique de la position que prennent les belagristes sur ces événements, au cours d’une interview sur WNN : “Le Président fédéral et son Ministre fédéral aux affaires intérieures ne savent pas ce qu’ils font, ils ne maîtrisent rien à la situation à laquelle nous faisons face actuellement, cela se voit à comment ils ont géré les émeutes d’Astaran, où nos forces de l’ordre ont été les premières victimes de cette mauvaise gestion. Nous devons répondre avec force, en déclarant l’état d’urgence à travers tout le pays, en publiant des décrets pour élargir les moyens de la police fédérale et de la garde républicaine, mais surtout, plus que tout, nous devons déployer l’armée fédérale dans les ghettos hamajaks et les zones sensibles pour rétablir l’ordre une bonne fois pour toutes. Ce qu’il se passe par exemple à New Eringam est du séparatisme complet, il faut y répondre par la force. Si nous ne faisons rien maintenant, d’autres groupes pourraient profiter de l’instabilité pour s’orienter vers la violence, je pense notamment aux communistes qui n’attendent que ça pour surgir de l’ombre. Je pense aussi aux ingérences étrangères qui pourraient profiter de ce contexte pour faire perdurer la situation à notre désavantage. Il faut de la fermeté face à ce genre de situation. Cela a très bien fonctionné au cours de la première crise des ghettos, dans les années 90, et oui, nous sommes actuellement en train de vivre la seconde. Combien de centaines de morts supplémentaires avant de prendre une bonne décision ? Moi, élu Président fédéral, cette situation sera la première chose que je traiterai lors de ma prise de poste, sans attendre, avec rapidité et surtout avec efficacité !”. Au sein du gouvernement fédéral, les ministres de droite réclament également le déploiement de l’armée pour résoudre la situation, tandis que George Garandor s’y refuse catégoriquement, qualifiant cette décision de violence institutionnalisée et rappelant le nombre de morts que cela avait provoqué entre 1991 et 1992. En réponse, ces mêmes ministres de droite menacent de déposer leur démission d’ici une semaine si rien n’est fait, la balle étant désormais entre les mains de Simeon Belagri pour trancher sur cette décision, puisqu’il est le seul à en avoir le pouvoir.

Une influence majeure sur les intentions de votes pour les présidentielles

La situation est donc très tendue, à un peu plus d’un mois des élections présidentielles et à deux mois des sénatoriales primaires. Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “cela marque une fin de règne particulièrement violente pour Simeon Belagri, qui n’a clairement pas besoin de cela dans sa campagne pour se faire réélire, cela arrive vraiment à un mauvais moment pour lui. En effet, le Président fédéral fait face à des choix difficiles, à presque un mois du scrutin décisif, entre celui d’agir au risque que cela se retourne contre lui ou en faire le minimum et espérer que cela ne se retourne pas contre lui. Au sein des belagristes, il y a une certaine difficulté à reconnaître que le pays est actuellement dans une crise profonde, multiple et grave, puisqu’ils ne veulent pas en assumer la responsabilité, pour des raisons électorales. On se retrouve donc dans une situation où l’opposition à la critique facile et où le pouvoir n’arrive pas à statuer sur les décisions à prendre, démontrant les limites de ce gouvernement de “compromis”, qui a miraculeusement tenu pendant un an et demi. Je pense personnellement que Simeon Belagri ne déploiera pas l’armée comme son prédécesseur a pu le faire dans la même situation et cela va provoquer la chute du cabinet Kaylor dans les prochains jours”. Une séquence qui ne profite pas au chef de l’État, qui chute dans les sondages, avec 25,37% d’intention de vote au 1er juillet, soit une différence de -3,08% depuis juin. Une chute qui concerne également le New Order of Westalia, où la figure de Ladislas Andover ne semble pas être aussi convaincante que celle d’Alfred Eisendorf. Ce dernier était à 19,54% d’intention de vote en juin, tandis que son remplacement entre dans les sondages avec seulement 15,48% d’intention de vote. Si beaucoup auraient pu croire qu’un Alfred Eisendorf martyr aurait grandement aidé aux chances de victoire de son successeur, ce n’est visiblement pas le cas, puisque les sondés ont préféré faire le choix du vote utile à la suite de ce changement majeur d’offre, voyant une partie de l’électorat potentiel du NOW se rabattre sur Victor Hardenbor Jr., qui passe à 39,47%, soit une différence de +6,02%, la plus importante enregistré ce mois-ci, qui siphonne également une partie de l’électorat bélagriste plutôt proche des idées asfortiennes. Un autre grand gagnant de cette séquence, c’est le candidat socialiste Albert Parsent, qui passe de 16,31% d’intentions de vote à 19,68%, une augmentation qui s’explique par l’abandon par défaut de la candidature du communaliste Abel Ordan, faute d’un dossier complet, mais également par la séduction de l’électorat plutôt centre-gauche et social-démocrate qui s’était tourné vers les belagristes, ces dernières années, ainsi que la baisse record des prévisions sur l'abstentionnisme de la communauté hamajak, très majoritairement en sa faveur. Les décisions futures du gouvernement et du Président fédéral pourraient bien provoquer de nouveaux changements majeurs dans ces intentions de vote et sur l’issue des présidentielles, le 18 août, pour le premier tour, et le 25 août, pour le second tour.
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