04/08/2019
01:51:15
Index du forum Continents Aleucie Westalia

[Presse] Actualités de la Grande République - Page 7

Voir fiche pays Voir sur la carte
23441
Democracy du 9 juillet 2019
Democracy


Journée du 5 juillet : Intervention de Simeon Belagri, chute du gouvernement fédéral et coup de maître à droite


Le Président fédéral Simeon Belagri lors de sa prise de parole en direct devant le Sénat de la Grande République, le 5 juillet 2019.
Le Président fédéral Simeon Belagri lors de sa prise de parole en direct devant le Sénat de la Grande République, le 5 juillet 2019.

La nation face au chaos

Depuis l’attaque des Nouvelles légions contre le village hamajak de Sawati, le 20 juin dernier, le pays est entré dans une phase d’instabilité et de violences alternées entre les attentats du Southern Hamajak Liberation Front et les massacres des milices horvanxiennes à travers tout le territoire, démontrant l’ampleur du chaos qui a commencé à se répandre un peu partout dans la Grande République. Encore récemment, des membres du SHLF ont récemment publié une vidéo où ils ont égorgé un total de quatre policiers qu’ils avaient préalablement capturé dans le comté de Haltstone, dans l’État-Républicain d’Horvanx, appelant les hamajaks de tout le pays à se soulever contre “les colonisateurs westaliens” et à débuter une “grande guerre d’indépendance” pour libérer ce qu’ils considèrent comme “leur pays”. Sans surprise, la publication de cette vidéo a eu une réception particulièrement négative en Westalia, a commencé par le gouvernement fédéral, qui se retrouve de plus en plus dos au mur dans la gestion de cette crise, critiqué de toute part et enchaînant les événements malheureux de ce genre. De l’autre, cet acte a renforcé encore plus les positions de la droite et de l’extrême droite dans l’appel au déploiement de l’armée fédérale pour “reprendre le contrôle du territoire”, s’appuyant sur d’autres propositions radicales, visant notamment à réduire le “poids administratif de la justice” pour que la police puisse agir plus facilement et rapidement, des positions vivement critiqués par des groupes d’avocats et de juges. Du côté des Nouvelles légions, il n'aura fallu attendre seulement que quelques heures pour que ces derniers publient une vidéo en réponse au massacre du SHLF, affirmant avoir capturé, jugé et condamné dix “terroristes hamajaks” à la peine de mort, selon leurs affirmations, tout cela retransmis dans la vidéo en question, où les dix terroristes présumés ont été pendus dans un lieu inconnu. Entre les massacres qui se poursuivent, la colère montante de la population attisée par les horvanxiens, les ghettos hamajaks qui deviennent de plus en plus hostile au pouvoir et le cas du ghetto de Felbord, à Eringam, qui est toujours sous contrôle total des gangs, l’exécutif fédéral se retrouve dans une position particulièrement délicate ces dernières semaines, alors que ce dernier n’arrive pas à prendre de décisions concrètes, sur fond de dissensions en interne.

Le Président fédéral intervient devant le Sénat et le peuple pour débloquer la situation

Le 2 juillet dernier, le Président fédéral Simeon Belagri a annoncé qu’il a convoqué une session spéciale au Sénat de la Grande République, pour le 5 juillet, au cours de laquelle il va s’exprimer sur l’état du pays, devant les élus et retransmis à la télévision pour la population. C’est extrêmement rare qu’un chef de l’État tienne un discours au Sénat en dehors des cérémonies officielles et programmées. Ce dernier étant responsable devant le Congrès Suprême, la chambre haute est généralement l’institution choisie pour ce genre d’intervention inattendue de la part du plus important des représentants de la nation. Cependant, ce n’est pas la première fois qu’un tel cas se présente, puisque l’Histoire de la Grande République possède quelques exemples de ce genre, à l’image du Président fédéral Joseph Borten, lors de l’entrée en guerre du pays aux côtés de la Lermandie, contre la Viétie, en 1958, répétée une seconde fois par l’un de ses successeurs, John Garandor, pour la même raison, en 1982. Ce qui n’était pas son premier coup, puisqu’il l’a déjà fait en 1979 pour demander au Sénat de soutenir l’adoption des accords de Columbia, visant à mettre fin à la ségrégation contre les hamajaks dans le pays. Ainsi, depuis 1982, aucun Président fédéral n’a convoqué de session spéciale au Sénat, même lors de la crise des ghettos au cours des années 90 et durant la période des troubles terroristes hamajaks au début des années 2000, où Victor Hardenbor Sr. avait fait le choix de s’adresser devant le Congrès Suprême à chaque intervention nécessitant de se présenter devant les élus. Un choix du chef de l’État qui souhaite sûrement démontrer toute sa compréhension de la gravité de la situation dans laquelle le pays se trouve actuellement.

Au cours de sa déclaration, diffusée en direct et en début d’après-midi, le Président fédéral a d’abord commencé son discours en rappelant ses principes et ses objectifs à la tête du pays, mais également en soulignant toute la terreur que subit Westalia ces dernières semaines : “Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier autre chose que ce que nous vivons actuellement : notre pays subit une attaque de grande envergure de la part de ces forces hostiles qui veulent remodeler notre société vers un modèle dystopique et particulièrement dangereux pour le futur de nos enfants“. La suite de son discours se poursuit sur le même ton, en accentuant tout particulièrement le fait que le pays est attaqué de toute part, sur l’ensemble du territoire, mais sans jamais prendre position pour un côté ou pour un autre, dénonçant de façon globale les agissements des différents groupes qu’il considère comme extrémistes et terroristes. Il s’attarde sur la volonté de la droite de vouloir déployer l’armée pour résoudre la situation, principale attente de cette dernière dans ce discours et probablement l’élément qui l’a poussé à venir s'exprimer devant le Sénat. Il y critique d’abord les décisions de son prédécesseur, Victor Hardenbor Sr., qui avait fait ce choix au cours des années 90 pour rétablir l’ordre dans les quartiers hamajaks, qualifiant cette solution de “violence aveugle” et de “répression radicale”. Malgré tout, en première décision annoncé, il n’écarte pas l’idée d’utiliser l’armée pour aider à gérer cette situation, mais il souhaite lui donner un rôle de protection et non de maintien de l’ordre : “[...] j’ai décidé d’autoriser le déploiement de contingents spéciaux de l’armée fédérale pour assurer la protection de nos citoyens. Cette mobilisation militaire n’a pas pour objectif de faire la traque au terroriste ou du maintien de l’ordre, l’objectif de leur mission peut être résumé très simplement : la protection de nos compatriotes”. Des déploiements sont déjà annoncés à proximité des lieux de rassemblement importants, ainsi qu’à proximité des cibles pouvant représenter des symboles d’une communauté ethnique, religieux ou en lien avec des activités politiques, faisant probablement référence à l’incendie criminel d’un bâtiment culturel de la communauté hamajak de la ville de Silverport, provoqué deux jours avant par des personnes supposément horvanxiennes. La seconde annonce, qui est plutôt une volonté du Président fédéral, est celle d’inciter le gouvernement fédéral à faciliter par tous les moyens le travail des forces policières et de la Federal Homeland Security Agency pour ramener l’ordre dans le pays, sans plus de détails annoncés. La troisième, qui a reçu le soutien de la gauche, est une approche sociale de la crise, particulièrement auprès de la communauté hamajak, appelant à la rédaction d’une “grande réforme visant à mettre fin à l’existence de ces régions délaissées de notre société, ce que certains appellent les ghettos hamajaks”, justifiant cette décision en reprenant une rhétorique socialiste concernant leur approche de la question hamajak : “La pauvreté et l’insécurité ne doivent plus être une excuse à leur abandon, mais les raisons pour lesquelles nous devons nous mobiliser pour leur apporter une vie stable, paisible et égale à celle de tous nos compatriotes”.

Soutien à gauche, opposition radicale et unie à droite

Les déclarations de Simeon Belagri ont été reçues de façon mitigée par les élus de l’opposition présents ce jour-là. En effet, d’un côté, la gauche, ou plus globalement l’Alliance Populaire, a applaudi le discours du Président fédéral, puisque de nombreux éléments de ce dernier, tout particulièrement l’approche sociale de la crise, est une idée que ces derniers soutiennent depuis plusieurs décennies. Le “nouveau chef” de la gauche, le candidat socialiste Albert Parsent, a réagi lui aussi en direct à ces déclarations, puisqu'il fut présent dans l’hémicycle en tant que Sénateur et Président du groupe Union Sociale et Démocrate au Sénat : “Le Président fédéral a choisi une bonne approche pour la crise que nous rencontrons. Du moins, il a eu les bons mots à nous présenter aujourd’hui. En cette fin de mandat, je ne sais pas ce qu’il va être en capacité de réaliser en l’espace de deux mois, tout particulièrement sur un sujet qui demande une planification sur le long terme et avec sa défaite plus que prévisible qui approche en août. Il faut également espérer que Simeon Belagri ne recommence pas son jeu de pirouette, après nous avoir trahis en 2017, le voilà qu’il se met à trahir la droite en 2019. Il ne faut pas espérer que l’on [L’Alliance Populaire] va se rassembler derrière lui comme en 2015, on en a assez eu avec ses fausses promesses sociales”. Pour le Sénateur Gary Sikyatavo, Président du Mouvement Social Hamajak, numéro deux de l’Alliance Populaire et également présent lors du discours, “le Président fédéral a donné la bonne ligne, mais on voit bien qu’il n’est pas encore totalement ouvert à défendre la cause hamajak. Il traite cela d’un point de vue trop global et abstrait, sans vraiment connaître la terrible réalité sur le terrain. De plus, son jeu de “il y a des méchants partout”, sans explicitement mentionner que les terroristes horvanxiens ont commencé les massacres et redoublent d’inventivité pour en reproduire d'autres, c’est de l’hypocrisie à l’encontre de toute la communauté hamajak, qui a déjà subit un génocide par ces mêmes personnes dans son histoire”.

Les réactions les plus vives sont venues des bancs de la droite, à commencer par ceux des membres de l’Union Horvanxiennes, où les Sénateurs du New Order of Westalia et du Parti National Westalien, ont simultanément décidé de quitter les lieux en signe d’opposition aux annonces faites. Le Président du Parti National Westalien, le Sénateur Henry Ross, a notamment été très critique à l’encontre du chef de l'État concernant son discours : “Simeon Belagri a rejoint le camp des traîtres, le camp des terroristes, le camp des communistes, ceux qui veulent détruire le pays par les armes et la violence. On le voit, il n’a pris strictement aucune décision concrète pour combattre le terrorisme hamajak. Pendant que la vermine tue d’innocents citoyens, que la racaille envahit nos villes et que nos policiers se font égorger, Monsieur le Président fédéral préfère donner des aides sociales à ceux qui déstabilisent le pays et il déploie une “armée de figuration”, qui ne réalisera strictement rien d’utile dans cette situation. Combien de morts encore avant que le gouvernement fédéral ne se réveille ?”. Si le départ des horvanxiens n’a rien d’une surprise pour les observateurs politiques, qui s’attendaient à une telle réaction, celui des Sénateurs de l’Alliance Asfortienne a cependant beaucoup plus surprit le pays. En effet, les élus du Parti de l’Union Républicaine et du Parti Libre et Démocrate ont suivi la marche de leurs collègues d’extrême-droite. Le Président du PUR, également Président de son groupe au Sénat, Arthur Horvanx, a dénoncé les annonces du chef de l'État, à sa sortie devant les journalistes : “Nous réclamons le déploiement de l’armée, le Président a décidé de l’utiliser d’une très mauvaise façon, presque une insulte à nos demandes. L’armée ne doit pas servir qu’à protéger les citoyens des attaques terroristes, elle doit aussi participer activement à l’élimination du terrorisme hamajak pour ne pas subir ce dernier. En annonçant vouloir “désenclaver” les ghettos par le social, Simeon Belagri promet juste des dépenses monstrueuses, de l’argent qui sera détourné par ceux qu’il considère comme des bénéficiaires et des résultats quasi-inexistants. Qui va encore payer tout cela ? Le contribuable. Le westalien moyen en a ras la casquette d’être le porte-monnaie du gouvernement fédéral depuis quatre ans, puisque ces mauvaises décisions impactent directement les impôts que nous devons payer à l'État. Le Président fédéral n’a pas voulu nous entendre, il a voulu courtiser la gauche pro-hamajak et décadente, c’est lui qui va en payer bientôt le prix, avant même sa cuisante défaite en août. Je peux vous l’assurer”. Concernant leur départ peu après celui de l’extrême-droite, Arthur Horvanx nie de son côté “toute entente entre nos deux groupes pour organiser ce départ du Sénat. Il est spontané et un signe clair de contestation de notre part”.

Pour ce qui est de la légalité de cette sortie, nous avons interrogé Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor : “On est dans un cas particulier, où la majorité des Sénateurs ont quitté l’assemblée. Normalement, sans excuse valable, on ne peut pas quitter une séance de la sorte, tout particulièrement lors d’une séance spéciale, qui est encore plus codifiée que la normale. Si on suit le règlement de l’Assemblée, les Sénateurs concernés pourraient se voir retirer quatre jours de salaire ou être suspendu de présence pandant trois ou quatre jours. Cependant, il n’y a aucun cas similaire de cette ampleur dans l’histoire du pays. Pour la stabilité de l’institution, il est possible que la Présidence du Sénat statue sur une sanction plus faible, voire inexistante, en justifiant les risques d’un tel choix. Si nous étions en dehors d’un contexte électoral, ce mouvement aurait pu également pousser le Président fédéral à la dissolution du Sénat, mais il est très peu probable qu’il fasse ce choix”.

Victor Hardenbor Jr., de spectateur à tribun contrôlant la foule

Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), entouré de manifestants horvanxiens sur la place de la Révolution, à quelques dizaines de mètres du Sénat, à Columbia, le 5 juillet 2019.
Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), entouré de manifestants horvanxiens sur la place de la Révolution, à quelques dizaines de mètres du Sénat, à Columbia, le 5 juillet 2019.

Présence notable au cours de cette annonce, en tant que spectateurs dans les tribunes publiques du Sénat, le candidat conservateur pour les élections présidentielles, Victor Hardenbor Jr., avant même le début du discours, avait partagé devant les journalistes le peu de confiance qu’il avait concernant les annonces de Simeon Belagri, dans une brève déclaration dans le hall du Sénat : “Je ne pense pas que Monsieur le Président fédéral va annoncer de quelconques décisions concrètes”, se montrant également très critique à son égard : “Le pays est actuellement dans une situation catastrophique, résultat du laxisme installé par la gauche et les bélagristes. Aujourd’hui encore, les bélagristes font obstruction à ce que n’importe quel autre gouvernement aurait déjà décidé d’appliquer : un retour à l’ordre direct et ferme”. Comme les règles de la chambre basse l’exige, ce dernier ne s’est pas exprimé verbalement ou physiquement pendant et après l’intervention du chef de l'État, ne rejoignant pas le mouvement de sortie de ces confrères de droite à la fin prématurée de la séance. Au même moment, à l’extérieur du Palais Horvanx, un attroupement illégal de plusieurs milliers de personnes se revendiquant comme des horvanxiens a subitement foncé vers l’entrée du Sénat, parvenant à forcer les barrières mise en place et stoppée de justesse par la police et la garde fédérale au niveau des escaliers menant à l’entrée principale. Ce mouvement de foule, initié à la fin des annonces de Simeon Belagri, a immédiatement provoqué une évacuation d’une partie du Sénat, notamment de celle des Sénateurs, qui sont sortis par une autre porte.

Au même moment, Victor Hardenbor Jr. aurait désobéi aux ordres d’un membre du personnel d’évacuer et il aurait rejoint l’extérieur par l’entrée principale. Une fois devant les manifestants, celui-ci a été accueilli par les acclamations de ces derniers, qui lui ont passé un microphone sans fil, depuis lequel il a pu faire un discours politique sans aucune restriction. Dans sa prise de parole, le candidat conservateur rejette toute la faute sur la gouvernance de Simeon Belagri, l’accusant d’être “un lâche qui ne fait qu’avancer ses pions politiques pour espérer en vain de remporter les prochaines élections”, ainsi que de faire la “séduction de l'électorat de gauche qui ne veut plus de lui”, afin de préparer l’après de ces présidentielles. Il utilise également des termes forts, notamment pour se réapproprier le bilan de son père, dont les décisions et le début de son mandat, en 1991, font particulièrement écho avec la situation actuelle : “Notre pays est en guerre ! Oui, notre pays fait face à un conflit aussi ancien que notre existence, un conflit que nous, conservateurs, avions conclu en rétablissant l’ordre, la paix et l’unité sur l’ensemble du pays, il y a plus de vingt ans”. Après avoir galvanisé la foule déjà très en colère, ce dernier se met alors à prendre un ton visant à la calmer, ou du moins, à prendre le contrôle de cette colère. Il appelle ainsi les manifestants à ne pas rejeter la faute sur les institutions, mais sur ceux qui les contrôlent, les convainquant que la seule solution pour sortir de cette crise est avant tout d’aller voter en août, voter pour lui notamment, accentuant sur l’aspect collectif du geste. A la suite de son discours, le candidat conservateur est passé au travers de la muraille de policier et il a invité les manifestants à le suivre sur la place de la Révolution pour écouter leurs revendications, faisant retirer la majorité d’entre eux des lieux, dans une scène aussi surréaliste, qu’improbable, se forgeant l’image d’un leader populaire et d’un tribun expérimenté dans cette situation de crise.

Le jour même, le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri, a réagit concernant cette intervention, la qualifiant “d’illégale” : “Monsieur Hardenbor a refusé d’obéir aux consignes de sécurité du Palais Horvanx, il a tenu un meeting politique improvisé, non déclaré, et il s’est fait le meneur d’une foule dangereuse. Ce n’est pas un acte de bravoure de s’être présenté devant ses manifestants, mais quelque chose de très dangereux, qui aurait pu dégénérer et mettre en danger l’une des plus importantes institutions du pays, notre démocratie et surtout les occupants encore présents dans le palais. Le père comme le fils n’ont aucun respect pour nos lois, notre constitution et nos institutions. Il n’est pas acceptable de faire campagne de la sorte, dans une situation qui ne s’y prête pas, c’est illégal, c’est déloyal et cela ne restera pas impuni”. En réponse, dans un court message sur les réseaux sociaux, le principal concerné a déclaré : “On a eu le Simeon Belagri hamajak, le Simeon Belagri traître et maintenant le Simeon Belagri communiste. Aucun respect de la liberté d’expression, vivement que le Roi fou tombe de son trône en août. C’est pour bientôt”.

Le gouvernement chute, se renouvelle et un hamajak arrive aux affaires étrangères

Le Premier Ministre fédéral Richard Kaylor, lors de la présentation de son nouveau cabinet, au Château de Pourpre, à Columbia, le 8 juillet 2019.
Le Premier Ministre fédéral Richard Kaylor, lors de la présentation de son nouveau cabinet, au Château de Pourpre, à Columbia, le 8 juillet 2019.

A la fin du discours du Président fédéral Simeon Belagri, après le départ des sénateurs de l’aile droite du Sénat, ce sont également les ministres affiliés à l’Alliance Asfortienne qui ont fait le choix de quitter l’hémicycle en signe de protestation. Au cours de l’après-midi, ces derniers ont annoncé leur démission de leur poste à tour de rôle auprès du chef du gouvernement fédéral, Richard Kaylor, qui voit plus d’un tiers de son cabinet le quitter, dont des figures majeures de ce dernier, tel qu’Henry Takajiwa (PUR), qui était aux affaires étrangères, ou encore Justin Darfor (PLD), qui était à la Défense. En conséquence, le Premier ministre fédéral a également annoncé avoir déposé sa lettre de démission sur le bureau du chef de l'État, dans la soirée du 5 juillet. Le lendemain, dans la matinée, Simeon Belagri a annoncé refuser la démission de Richard Kaylor et il lui a demandé de recomposer un nouveau cabinet en urgence, excluant cette fois-ci la participation de la droite, tout comme de la gauche, dans une composition mélangeant des membres du Front Populaire et Démocrate, majoritairement, et quelques profils issus de la société civile. Annoncé le 8 juillet, avec prise en fonction dans la journée, les anciens ministres FPD restent à leur place ou s’échange les postes, tandis que les nouveaux ne se font pas d’espoir sur la longévité de leur présence dans les hautes sphères de l’État, peut importe l’issue du scrutin en août et en septembre, les belagristes faisant le pari d’essayer de se maintenir au pouvoir jusque là, où ils espèrent encore qu’une majorité pourrait se dégager lors des sénatoriales ou du moins une nouvelle composition du Sénat qui pourrait permettre une nouvelle coopération avec la gauche, bien qu’ils ne le déclarent pas ainsi et que les sondages ne donnent pas ce genre de futur comme certain, loin de là.

Qu’en est-il de la composition de ce nouveau cabinet “Kaylor II” ? Dans les personnalités majeures restantes, on retrouve toujours George Garandor à la tête du Ministère fédéral aux affaires intérieures, qui aura la charge de trouver des solutions à court terme, avec Richard Kaylor, pour endiguer la crise et ramener l’ordre le plus rapidement possible. Il n’y a également pas de changement pour la très populaire Ministre fédérale à la santé, Eleanor Declass, qui conserve son poste et qui est l’une des rares personnalités belagristes à ne pas avoir trop souffert des derniers événements, un classement du 1er juin la donnant comme la dixième personnalité politique la plus appréciée des westaliens et la première femme politique la plus appréciée, dans une ascension exclusivement due au passage de la loi United Healthcare. Au Ministère fédéral des Armées, le Général Richard Meylan se maintient toujours, entame sa sixième année et son cinquième gouvernement, de plus en plus consulté par le chef de l’État ces dernières années et qui s’est avéré devenir un élément central dans chaque cabinet. Alicia Petroni, fidèle du Président depuis son ascension au pouvoir, conserve la justice, Alexander Vakter, anciennement au Ministère fédéral des fonctions publiques et du travail, retrouve son portefeuille à l’économie, remplacé par Sadayoshi Yasumoto, anciennement à la Cohésion des peuples. En termes de nouvelles têtes, on voit arriver au gouvernement pour remplacer les Ministres de droite, Lydia Adams (FPD), pour le Ministère fédéral de l’industrie et de la recherche, le général à la retraite Joshua Williamson (Sans étiquette), pour le Ministère fédéral à la Défense, ou encore le chef des délégués belagristes au Congrès Suprême, Alessandro Faiella (FPD), qui récupère le Ministère fédéral à la Cohésion des peuples.

La nomination qui reste la plus surprenante reste sans aucun doute celle de Daniel Tayanita (FPD), à la tête du très important Ministère fédéral aux affaires étrangères. Un nom assez peu connu du public, mais un diplomate de longue date proche de Richard Kaylor, qui est avant tout une personnalité d’origine hamajak. En effet, en obtenant ce ministère, il devient le premier hamajak à l’occuper de l’histoire, mais également le membre de sa communauté ayant occupé le plus haut poste officiel, puisque qu'il est souvent reconnu comme le troisième ministère le plus important dans un gouvernement, depuis le début des années 2000 du moins. Il succède donc au célèbre Henry Takajiwa (PUR-AA) qui quitte de nouveau son ministère fétiche, pour la seconde fois. Ce dernier, dans une déclaration personnelle, justifie sa décision ainsi : “Je ne quitte pas les affaires étrangères pour des raisons idéologiques, je n’y serais pas revenu si cela avait été le problème. Si j’ai décidé de déposer ma démission, c’est tout simplement parce que je ne peux pas cautionner les décisions irresponsables qui sont prises actuellement. Le pays traverse une crise extrêmement grave et les bélagristes ne saisissent nullement la gravité de cette dernière, malgré tout ce que j’ai pu faire pour essayer de convaincre Monsieur le Président fédéral et Monsieur le Premier ministre fédéral. Cela m’attriste d’abandonner les dossiers importants sur lesquels j’étais en train de travailler, mais je n’ai pas d’autre choix. Je ne peux pas accepter moralement de participer à un tel gouvernement. Je souhaite toute la chance possible à mon successeur, il va en avoir grandement besoin”. De son côté, le successeur de “l’architecte” a annoncé ses objectifs à court terme, tout en commentant sa nomination : “C’est un moment historique que de voir un hamajak devenir l’un des visages de la Grande République à l’international, il est important de montrer que notre communauté peut réussir et s’intégrer politiquement dans les pays dans lesquels nous vivons. Je suis le premier à atteindre un tel poste et j’espère que cela inspirera d'autres à faire de même. Concernant notre plan diplomatique sur les deux prochains mois, notre objectif va être de rassurer la communauté internationale dans notre gestion de la crise que nous rencontrons. Il est important de rassurer nos partenaires et alliés que le gouvernement de la Grande République a toujours la main sur cette situation, temporaire, et qui sera résolu avec efficacité grâce à la formation de ce nouveau gouvernement”.

Les bélagristes affaiblis plus que jamais, la droite à son plus haut

Pour le professeur Marcus Odwent, “on se retrouve dans une situation où le gouvernement est plus que jamais isolé politiquement, affaiblie et incapable d’agir. S’il arrive à tenir debout jusqu’aux élections qui arrivent, ce sera déjà une très bonne réussite politique, mais cela signifie que leur marge de manœuvre reste limitée, si ce n’est une méthode de gouvernance à coup de décret, ce qui est le plus probable, mais qui risque de ne pas enchanter l’opposition. De l’autre côté, la droite a réalisé une démonstration de force durant toute la journée du 5 juillet, démontrant également qu’elle n’a pas peur de jouer avec l’illégalité pour arriver à ses fins. Le départ des sénateurs à la fin des annonces de Simeon Belagri, l’intervention de Victor Hardenbor Jr. se transformant en meeting politique ou encore les ministres de droite qui suivent leurs collègues sénateurs dans leur sortie, en pleine séance, tous ces éléments enfreignent des lois ou des règlements, pouvant être des infractions graves pour certaines. Le Président fédéral et son chef du gouvernement n’ayant pas encore réellement sévi sur la question, cela démontre réellement l'affaiblissement politique de ces derniers et, j’en ai bien peur, leur capacité à gérer la situation pour les deux, voire trois derniers mois qui leur reste à faire. La droite vient de réaliser un coup de maître qui pourrait avoir déterminé la finalité des prochains scrutins, en août et en septembre. Il reste encore du temps, et donc autant d’occasion de voir le vent changer de direction, cela n’arrête pas d’arriver depuis quelques mois, mais je pense que les dés sont déjà jetés”.
Haut de page