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[Presse] Actualités de la Grande République - Page 7

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Democracy du 9 juillet 2019
Democracy


Journée du 5 juillet : Intervention de Simeon Belagri, chute du gouvernement fédéral et coup de maître à droite


Le Président fédéral Simeon Belagri lors de sa prise de parole en direct devant le Sénat de la Grande République, le 5 juillet 2019.
Le Président fédéral Simeon Belagri lors de sa prise de parole en direct devant le Sénat de la Grande République, le 5 juillet 2019.

La nation face au chaos

Depuis l’attaque des Nouvelles légions contre le village hamajak de Sawati, le 20 juin dernier, le pays est entré dans une phase d’instabilité et de violences alternées entre les attentats du Southern Hamajak Liberation Front et les massacres des milices horvanxiennes à travers tout le territoire, démontrant l’ampleur du chaos qui a commencé à se répandre un peu partout dans la Grande République. Encore récemment, des membres du SHLF ont récemment publié une vidéo où ils ont égorgé un total de quatre policiers qu’ils avaient préalablement capturé dans le comté de Haltstone, dans l’État-Républicain d’Horvanx, appelant les hamajaks de tout le pays à se soulever contre “les colonisateurs westaliens” et à débuter une “grande guerre d’indépendance” pour libérer ce qu’ils considèrent comme “leur pays”. Sans surprise, la publication de cette vidéo a eu une réception particulièrement négative en Westalia, a commencé par le gouvernement fédéral, qui se retrouve de plus en plus dos au mur dans la gestion de cette crise, critiqué de toute part et enchaînant les événements malheureux de ce genre. De l’autre, cet acte a renforcé encore plus les positions de la droite et de l’extrême droite dans l’appel au déploiement de l’armée fédérale pour “reprendre le contrôle du territoire”, s’appuyant sur d’autres propositions radicales, visant notamment à réduire le “poids administratif de la justice” pour que la police puisse agir plus facilement et rapidement, des positions vivement critiqués par des groupes d’avocats et de juges. Du côté des Nouvelles légions, il n'aura fallu attendre seulement que quelques heures pour que ces derniers publient une vidéo en réponse au massacre du SHLF, affirmant avoir capturé, jugé et condamné dix “terroristes hamajaks” à la peine de mort, selon leurs affirmations, tout cela retransmis dans la vidéo en question, où les dix terroristes présumés ont été pendus dans un lieu inconnu. Entre les massacres qui se poursuivent, la colère montante de la population attisée par les horvanxiens, les ghettos hamajaks qui deviennent de plus en plus hostile au pouvoir et le cas du ghetto de Felbord, à Eringam, qui est toujours sous contrôle total des gangs, l’exécutif fédéral se retrouve dans une position particulièrement délicate ces dernières semaines, alors que ce dernier n’arrive pas à prendre de décisions concrètes, sur fond de dissensions en interne.

Le Président fédéral intervient devant le Sénat et le peuple pour débloquer la situation

Le 2 juillet dernier, le Président fédéral Simeon Belagri a annoncé qu’il a convoqué une session spéciale au Sénat de la Grande République, pour le 5 juillet, au cours de laquelle il va s’exprimer sur l’état du pays, devant les élus et retransmis à la télévision pour la population. C’est extrêmement rare qu’un chef de l’État tienne un discours au Sénat en dehors des cérémonies officielles et programmées. Ce dernier étant responsable devant le Congrès Suprême, la chambre haute est généralement l’institution choisie pour ce genre d’intervention inattendue de la part du plus important des représentants de la nation. Cependant, ce n’est pas la première fois qu’un tel cas se présente, puisque l’Histoire de la Grande République possède quelques exemples de ce genre, à l’image du Président fédéral Joseph Borten, lors de l’entrée en guerre du pays aux côtés de la Lermandie, contre la Viétie, en 1958, répétée une seconde fois par l’un de ses successeurs, John Garandor, pour la même raison, en 1982. Ce qui n’était pas son premier coup, puisqu’il l’a déjà fait en 1979 pour demander au Sénat de soutenir l’adoption des accords de Columbia, visant à mettre fin à la ségrégation contre les hamajaks dans le pays. Ainsi, depuis 1982, aucun Président fédéral n’a convoqué de session spéciale au Sénat, même lors de la crise des ghettos au cours des années 90 et durant la période des troubles terroristes hamajaks au début des années 2000, où Victor Hardenbor Sr. avait fait le choix de s’adresser devant le Congrès Suprême à chaque intervention nécessitant de se présenter devant les élus. Un choix du chef de l’État qui souhaite sûrement démontrer toute sa compréhension de la gravité de la situation dans laquelle le pays se trouve actuellement.

Au cours de sa déclaration, diffusée en direct et en début d’après-midi, le Président fédéral a d’abord commencé son discours en rappelant ses principes et ses objectifs à la tête du pays, mais également en soulignant toute la terreur que subit Westalia ces dernières semaines : “Il n’y a pas d’autres mots pour qualifier autre chose que ce que nous vivons actuellement : notre pays subit une attaque de grande envergure de la part de ces forces hostiles qui veulent remodeler notre société vers un modèle dystopique et particulièrement dangereux pour le futur de nos enfants“. La suite de son discours se poursuit sur le même ton, en accentuant tout particulièrement le fait que le pays est attaqué de toute part, sur l’ensemble du territoire, mais sans jamais prendre position pour un côté ou pour un autre, dénonçant de façon globale les agissements des différents groupes qu’il considère comme extrémistes et terroristes. Il s’attarde sur la volonté de la droite de vouloir déployer l’armée pour résoudre la situation, principale attente de cette dernière dans ce discours et probablement l’élément qui l’a poussé à venir s'exprimer devant le Sénat. Il y critique d’abord les décisions de son prédécesseur, Victor Hardenbor Sr., qui avait fait ce choix au cours des années 90 pour rétablir l’ordre dans les quartiers hamajaks, qualifiant cette solution de “violence aveugle” et de “répression radicale”. Malgré tout, en première décision annoncé, il n’écarte pas l’idée d’utiliser l’armée pour aider à gérer cette situation, mais il souhaite lui donner un rôle de protection et non de maintien de l’ordre : “[...] j’ai décidé d’autoriser le déploiement de contingents spéciaux de l’armée fédérale pour assurer la protection de nos citoyens. Cette mobilisation militaire n’a pas pour objectif de faire la traque au terroriste ou du maintien de l’ordre, l’objectif de leur mission peut être résumé très simplement : la protection de nos compatriotes”. Des déploiements sont déjà annoncés à proximité des lieux de rassemblement importants, ainsi qu’à proximité des cibles pouvant représenter des symboles d’une communauté ethnique, religieux ou en lien avec des activités politiques, faisant probablement référence à l’incendie criminel d’un bâtiment culturel de la communauté hamajak de la ville de Silverport, provoqué deux jours avant par des personnes supposément horvanxiennes. La seconde annonce, qui est plutôt une volonté du Président fédéral, est celle d’inciter le gouvernement fédéral à faciliter par tous les moyens le travail des forces policières et de la Federal Homeland Security Agency pour ramener l’ordre dans le pays, sans plus de détails annoncés. La troisième, qui a reçu le soutien de la gauche, est une approche sociale de la crise, particulièrement auprès de la communauté hamajak, appelant à la rédaction d’une “grande réforme visant à mettre fin à l’existence de ces régions délaissées de notre société, ce que certains appellent les ghettos hamajaks”, justifiant cette décision en reprenant une rhétorique socialiste concernant leur approche de la question hamajak : “La pauvreté et l’insécurité ne doivent plus être une excuse à leur abandon, mais les raisons pour lesquelles nous devons nous mobiliser pour leur apporter une vie stable, paisible et égale à celle de tous nos compatriotes”.

Soutien à gauche, opposition radicale et unie à droite

Les déclarations de Simeon Belagri ont été reçues de façon mitigée par les élus de l’opposition présents ce jour-là. En effet, d’un côté, la gauche, ou plus globalement l’Alliance Populaire, a applaudi le discours du Président fédéral, puisque de nombreux éléments de ce dernier, tout particulièrement l’approche sociale de la crise, est une idée que ces derniers soutiennent depuis plusieurs décennies. Le “nouveau chef” de la gauche, le candidat socialiste Albert Parsent, a réagi lui aussi en direct à ces déclarations, puisqu'il fut présent dans l’hémicycle en tant que Sénateur et Président du groupe Union Sociale et Démocrate au Sénat : “Le Président fédéral a choisi une bonne approche pour la crise que nous rencontrons. Du moins, il a eu les bons mots à nous présenter aujourd’hui. En cette fin de mandat, je ne sais pas ce qu’il va être en capacité de réaliser en l’espace de deux mois, tout particulièrement sur un sujet qui demande une planification sur le long terme et avec sa défaite plus que prévisible qui approche en août. Il faut également espérer que Simeon Belagri ne recommence pas son jeu de pirouette, après nous avoir trahis en 2017, le voilà qu’il se met à trahir la droite en 2019. Il ne faut pas espérer que l’on [L’Alliance Populaire] va se rassembler derrière lui comme en 2015, on en a assez eu avec ses fausses promesses sociales”. Pour le Sénateur Gary Sikyatavo, Président du Mouvement Social Hamajak, numéro deux de l’Alliance Populaire et également présent lors du discours, “le Président fédéral a donné la bonne ligne, mais on voit bien qu’il n’est pas encore totalement ouvert à défendre la cause hamajak. Il traite cela d’un point de vue trop global et abstrait, sans vraiment connaître la terrible réalité sur le terrain. De plus, son jeu de “il y a des méchants partout”, sans explicitement mentionner que les terroristes horvanxiens ont commencé les massacres et redoublent d’inventivité pour en reproduire d'autres, c’est de l’hypocrisie à l’encontre de toute la communauté hamajak, qui a déjà subit un génocide par ces mêmes personnes dans son histoire”.

Les réactions les plus vives sont venues des bancs de la droite, à commencer par ceux des membres de l’Union Horvanxiennes, où les Sénateurs du New Order of Westalia et du Parti National Westalien, ont simultanément décidé de quitter les lieux en signe d’opposition aux annonces faites. Le Président du Parti National Westalien, le Sénateur Henry Ross, a notamment été très critique à l’encontre du chef de l'État concernant son discours : “Simeon Belagri a rejoint le camp des traîtres, le camp des terroristes, le camp des communistes, ceux qui veulent détruire le pays par les armes et la violence. On le voit, il n’a pris strictement aucune décision concrète pour combattre le terrorisme hamajak. Pendant que la vermine tue d’innocents citoyens, que la racaille envahit nos villes et que nos policiers se font égorger, Monsieur le Président fédéral préfère donner des aides sociales à ceux qui déstabilisent le pays et il déploie une “armée de figuration”, qui ne réalisera strictement rien d’utile dans cette situation. Combien de morts encore avant que le gouvernement fédéral ne se réveille ?”. Si le départ des horvanxiens n’a rien d’une surprise pour les observateurs politiques, qui s’attendaient à une telle réaction, celui des Sénateurs de l’Alliance Asfortienne a cependant beaucoup plus surprit le pays. En effet, les élus du Parti de l’Union Républicaine et du Parti Libre et Démocrate ont suivi la marche de leurs collègues d’extrême-droite. Le Président du PUR, également Président de son groupe au Sénat, Arthur Horvanx, a dénoncé les annonces du chef de l'État, à sa sortie devant les journalistes : “Nous réclamons le déploiement de l’armée, le Président a décidé de l’utiliser d’une très mauvaise façon, presque une insulte à nos demandes. L’armée ne doit pas servir qu’à protéger les citoyens des attaques terroristes, elle doit aussi participer activement à l’élimination du terrorisme hamajak pour ne pas subir ce dernier. En annonçant vouloir “désenclaver” les ghettos par le social, Simeon Belagri promet juste des dépenses monstrueuses, de l’argent qui sera détourné par ceux qu’il considère comme des bénéficiaires et des résultats quasi-inexistants. Qui va encore payer tout cela ? Le contribuable. Le westalien moyen en a ras la casquette d’être le porte-monnaie du gouvernement fédéral depuis quatre ans, puisque ces mauvaises décisions impactent directement les impôts que nous devons payer à l'État. Le Président fédéral n’a pas voulu nous entendre, il a voulu courtiser la gauche pro-hamajak et décadente, c’est lui qui va en payer bientôt le prix, avant même sa cuisante défaite en août. Je peux vous l’assurer”. Concernant leur départ peu après celui de l’extrême-droite, Arthur Horvanx nie de son côté “toute entente entre nos deux groupes pour organiser ce départ du Sénat. Il est spontané et un signe clair de contestation de notre part”.

Pour ce qui est de la légalité de cette sortie, nous avons interrogé Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor : “On est dans un cas particulier, où la majorité des Sénateurs ont quitté l’assemblée. Normalement, sans excuse valable, on ne peut pas quitter une séance de la sorte, tout particulièrement lors d’une séance spéciale, qui est encore plus codifiée que la normale. Si on suit le règlement de l’Assemblée, les Sénateurs concernés pourraient se voir retirer quatre jours de salaire ou être suspendu de présence pandant trois ou quatre jours. Cependant, il n’y a aucun cas similaire de cette ampleur dans l’histoire du pays. Pour la stabilité de l’institution, il est possible que la Présidence du Sénat statue sur une sanction plus faible, voire inexistante, en justifiant les risques d’un tel choix. Si nous étions en dehors d’un contexte électoral, ce mouvement aurait pu également pousser le Président fédéral à la dissolution du Sénat, mais il est très peu probable qu’il fasse ce choix”.

Victor Hardenbor Jr., de spectateur à tribun contrôlant la foule

Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), entouré de manifestants horvanxiens sur la place de la Révolution, à quelques dizaines de mètres du Sénat, à Columbia, le 5 juillet 2019.
Le candidat aux élections présidentielles pour l’Alliance Asfortienne, Victor Hardenbor Jr. (PUR-AA), entouré de manifestants horvanxiens sur la place de la Révolution, à quelques dizaines de mètres du Sénat, à Columbia, le 5 juillet 2019.

Présence notable au cours de cette annonce, en tant que spectateurs dans les tribunes publiques du Sénat, le candidat conservateur pour les élections présidentielles, Victor Hardenbor Jr., avant même le début du discours, avait partagé devant les journalistes le peu de confiance qu’il avait concernant les annonces de Simeon Belagri, dans une brève déclaration dans le hall du Sénat : “Je ne pense pas que Monsieur le Président fédéral va annoncer de quelconques décisions concrètes”, se montrant également très critique à son égard : “Le pays est actuellement dans une situation catastrophique, résultat du laxisme installé par la gauche et les bélagristes. Aujourd’hui encore, les bélagristes font obstruction à ce que n’importe quel autre gouvernement aurait déjà décidé d’appliquer : un retour à l’ordre direct et ferme”. Comme les règles de la chambre basse l’exige, ce dernier ne s’est pas exprimé verbalement ou physiquement pendant et après l’intervention du chef de l'État, ne rejoignant pas le mouvement de sortie de ces confrères de droite à la fin prématurée de la séance. Au même moment, à l’extérieur du Palais Horvanx, un attroupement illégal de plusieurs milliers de personnes se revendiquant comme des horvanxiens a subitement foncé vers l’entrée du Sénat, parvenant à forcer les barrières mise en place et stoppée de justesse par la police et la garde fédérale au niveau des escaliers menant à l’entrée principale. Ce mouvement de foule, initié à la fin des annonces de Simeon Belagri, a immédiatement provoqué une évacuation d’une partie du Sénat, notamment de celle des Sénateurs, qui sont sortis par une autre porte.

Au même moment, Victor Hardenbor Jr. aurait désobéi aux ordres d’un membre du personnel d’évacuer et il aurait rejoint l’extérieur par l’entrée principale. Une fois devant les manifestants, celui-ci a été accueilli par les acclamations de ces derniers, qui lui ont passé un microphone sans fil, depuis lequel il a pu faire un discours politique sans aucune restriction. Dans sa prise de parole, le candidat conservateur rejette toute la faute sur la gouvernance de Simeon Belagri, l’accusant d’être “un lâche qui ne fait qu’avancer ses pions politiques pour espérer en vain de remporter les prochaines élections”, ainsi que de faire la “séduction de l'électorat de gauche qui ne veut plus de lui”, afin de préparer l’après de ces présidentielles. Il utilise également des termes forts, notamment pour se réapproprier le bilan de son père, dont les décisions et le début de son mandat, en 1991, font particulièrement écho avec la situation actuelle : “Notre pays est en guerre ! Oui, notre pays fait face à un conflit aussi ancien que notre existence, un conflit que nous, conservateurs, avions conclu en rétablissant l’ordre, la paix et l’unité sur l’ensemble du pays, il y a plus de vingt ans”. Après avoir galvanisé la foule déjà très en colère, ce dernier se met alors à prendre un ton visant à la calmer, ou du moins, à prendre le contrôle de cette colère. Il appelle ainsi les manifestants à ne pas rejeter la faute sur les institutions, mais sur ceux qui les contrôlent, les convainquant que la seule solution pour sortir de cette crise est avant tout d’aller voter en août, voter pour lui notamment, accentuant sur l’aspect collectif du geste. A la suite de son discours, le candidat conservateur est passé au travers de la muraille de policier et il a invité les manifestants à le suivre sur la place de la Révolution pour écouter leurs revendications, faisant retirer la majorité d’entre eux des lieux, dans une scène aussi surréaliste, qu’improbable, se forgeant l’image d’un leader populaire et d’un tribun expérimenté dans cette situation de crise.

Le jour même, le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri, a réagit concernant cette intervention, la qualifiant “d’illégale” : “Monsieur Hardenbor a refusé d’obéir aux consignes de sécurité du Palais Horvanx, il a tenu un meeting politique improvisé, non déclaré, et il s’est fait le meneur d’une foule dangereuse. Ce n’est pas un acte de bravoure de s’être présenté devant ses manifestants, mais quelque chose de très dangereux, qui aurait pu dégénérer et mettre en danger l’une des plus importantes institutions du pays, notre démocratie et surtout les occupants encore présents dans le palais. Le père comme le fils n’ont aucun respect pour nos lois, notre constitution et nos institutions. Il n’est pas acceptable de faire campagne de la sorte, dans une situation qui ne s’y prête pas, c’est illégal, c’est déloyal et cela ne restera pas impuni”. En réponse, dans un court message sur les réseaux sociaux, le principal concerné a déclaré : “On a eu le Simeon Belagri hamajak, le Simeon Belagri traître et maintenant le Simeon Belagri communiste. Aucun respect de la liberté d’expression, vivement que le Roi fou tombe de son trône en août. C’est pour bientôt”.

Le gouvernement chute, se renouvelle et un hamajak arrive aux affaires étrangères

Le Premier Ministre fédéral Richard Kaylor, lors de la présentation de son nouveau cabinet, au Château de Pourpre, à Columbia, le 8 juillet 2019.
Le Premier Ministre fédéral Richard Kaylor, lors de la présentation de son nouveau cabinet, au Château de Pourpre, à Columbia, le 8 juillet 2019.

A la fin du discours du Président fédéral Simeon Belagri, après le départ des sénateurs de l’aile droite du Sénat, ce sont également les ministres affiliés à l’Alliance Asfortienne qui ont fait le choix de quitter l’hémicycle en signe de protestation. Au cours de l’après-midi, ces derniers ont annoncé leur démission de leur poste à tour de rôle auprès du chef du gouvernement fédéral, Richard Kaylor, qui voit plus d’un tiers de son cabinet le quitter, dont des figures majeures de ce dernier, tel qu’Henry Takajiwa (PUR), qui était aux affaires étrangères, ou encore Justin Darfor (PLD), qui était à la Défense. En conséquence, le Premier ministre fédéral a également annoncé avoir déposé sa lettre de démission sur le bureau du chef de l'État, dans la soirée du 5 juillet. Le lendemain, dans la matinée, Simeon Belagri a annoncé refuser la démission de Richard Kaylor et il lui a demandé de recomposer un nouveau cabinet en urgence, excluant cette fois-ci la participation de la droite, tout comme de la gauche, dans une composition mélangeant des membres du Front Populaire et Démocrate, majoritairement, et quelques profils issus de la société civile. Annoncé le 8 juillet, avec prise en fonction dans la journée, les anciens ministres FPD restent à leur place ou s’échange les postes, tandis que les nouveaux ne se font pas d’espoir sur la longévité de leur présence dans les hautes sphères de l’État, peut importe l’issue du scrutin en août et en septembre, les belagristes faisant le pari d’essayer de se maintenir au pouvoir jusque là, où ils espèrent encore qu’une majorité pourrait se dégager lors des sénatoriales ou du moins une nouvelle composition du Sénat qui pourrait permettre une nouvelle coopération avec la gauche, bien qu’ils ne le déclarent pas ainsi et que les sondages ne donnent pas ce genre de futur comme certain, loin de là.

Qu’en est-il de la composition de ce nouveau cabinet “Kaylor II” ? Dans les personnalités majeures restantes, on retrouve toujours George Garandor à la tête du Ministère fédéral aux affaires intérieures, qui aura la charge de trouver des solutions à court terme, avec Richard Kaylor, pour endiguer la crise et ramener l’ordre le plus rapidement possible. Il n’y a également pas de changement pour la très populaire Ministre fédérale à la santé, Eleanor Declass, qui conserve son poste et qui est l’une des rares personnalités belagristes à ne pas avoir trop souffert des derniers événements, un classement du 1er juin la donnant comme la dixième personnalité politique la plus appréciée des westaliens et la première femme politique la plus appréciée, dans une ascension exclusivement due au passage de la loi United Healthcare. Au Ministère fédéral des Armées, le Général Richard Meylan se maintient toujours, entame sa sixième année et son cinquième gouvernement, de plus en plus consulté par le chef de l’État ces dernières années et qui s’est avéré devenir un élément central dans chaque cabinet. Alicia Petroni, fidèle du Président depuis son ascension au pouvoir, conserve la justice, Alexander Vakter, anciennement au Ministère fédéral des fonctions publiques et du travail, retrouve son portefeuille à l’économie, remplacé par Sadayoshi Yasumoto, anciennement à la Cohésion des peuples. En termes de nouvelles têtes, on voit arriver au gouvernement pour remplacer les Ministres de droite, Lydia Adams (FPD), pour le Ministère fédéral de l’industrie et de la recherche, le général à la retraite Joshua Williamson (Sans étiquette), pour le Ministère fédéral à la Défense, ou encore le chef des délégués belagristes au Congrès Suprême, Alessandro Faiella (FPD), qui récupère le Ministère fédéral à la Cohésion des peuples.

La nomination qui reste la plus surprenante reste sans aucun doute celle de Daniel Tayanita (FPD), à la tête du très important Ministère fédéral aux affaires étrangères. Un nom assez peu connu du public, mais un diplomate de longue date proche de Richard Kaylor, qui est avant tout une personnalité d’origine hamajak. En effet, en obtenant ce ministère, il devient le premier hamajak à l’occuper de l’histoire, mais également le membre de sa communauté ayant occupé le plus haut poste officiel, puisque qu'il est souvent reconnu comme le troisième ministère le plus important dans un gouvernement, depuis le début des années 2000 du moins. Il succède donc au célèbre Henry Takajiwa (PUR-AA) qui quitte de nouveau son ministère fétiche, pour la seconde fois. Ce dernier, dans une déclaration personnelle, justifie sa décision ainsi : “Je ne quitte pas les affaires étrangères pour des raisons idéologiques, je n’y serais pas revenu si cela avait été le problème. Si j’ai décidé de déposer ma démission, c’est tout simplement parce que je ne peux pas cautionner les décisions irresponsables qui sont prises actuellement. Le pays traverse une crise extrêmement grave et les bélagristes ne saisissent nullement la gravité de cette dernière, malgré tout ce que j’ai pu faire pour essayer de convaincre Monsieur le Président fédéral et Monsieur le Premier ministre fédéral. Cela m’attriste d’abandonner les dossiers importants sur lesquels j’étais en train de travailler, mais je n’ai pas d’autre choix. Je ne peux pas accepter moralement de participer à un tel gouvernement. Je souhaite toute la chance possible à mon successeur, il va en avoir grandement besoin”. De son côté, le successeur de “l’architecte” a annoncé ses objectifs à court terme, tout en commentant sa nomination : “C’est un moment historique que de voir un hamajak devenir l’un des visages de la Grande République à l’international, il est important de montrer que notre communauté peut réussir et s’intégrer politiquement dans les pays dans lesquels nous vivons. Je suis le premier à atteindre un tel poste et j’espère que cela inspirera d'autres à faire de même. Concernant notre plan diplomatique sur les deux prochains mois, notre objectif va être de rassurer la communauté internationale dans notre gestion de la crise que nous rencontrons. Il est important de rassurer nos partenaires et alliés que le gouvernement de la Grande République a toujours la main sur cette situation, temporaire, et qui sera résolu avec efficacité grâce à la formation de ce nouveau gouvernement”.

Les bélagristes affaiblis plus que jamais, la droite à son plus haut

Pour le professeur Marcus Odwent, “on se retrouve dans une situation où le gouvernement est plus que jamais isolé politiquement, affaiblie et incapable d’agir. S’il arrive à tenir debout jusqu’aux élections qui arrivent, ce sera déjà une très bonne réussite politique, mais cela signifie que leur marge de manœuvre reste limitée, si ce n’est une méthode de gouvernance à coup de décret, ce qui est le plus probable, mais qui risque de ne pas enchanter l’opposition. De l’autre côté, la droite a réalisé une démonstration de force durant toute la journée du 5 juillet, démontrant également qu’elle n’a pas peur de jouer avec l’illégalité pour arriver à ses fins. Le départ des sénateurs à la fin des annonces de Simeon Belagri, l’intervention de Victor Hardenbor Jr. se transformant en meeting politique ou encore les ministres de droite qui suivent leurs collègues sénateurs dans leur sortie, en pleine séance, tous ces éléments enfreignent des lois ou des règlements, pouvant être des infractions graves pour certaines. Le Président fédéral et son chef du gouvernement n’ayant pas encore réellement sévi sur la question, cela démontre réellement l'affaiblissement politique de ces derniers et, j’en ai bien peur, leur capacité à gérer la situation pour les deux, voire trois derniers mois qui leur reste à faire. La droite vient de réaliser un coup de maître qui pourrait avoir déterminé la finalité des prochains scrutins, en août et en septembre. Il reste encore du temps, et donc autant d’occasion de voir le vent changer de direction, cela n’arrête pas d’arriver depuis quelques mois, mais je pense que les dés sont déjà jetés”.
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Democracy du 19 août 2019
Democracy


Présidentielles 2019 : Victor Hardenbor Jr. et Simeon Belagri s’affronteront lors du second tour


Image d’illustration : A gauche, le candidat Victor Hardenbor Jr., à droite, l’actuel Président fédéral et candidat Simeon Belagri, qui vont s’affronter au cours du second tour des élections présidentielles.
Image d’illustration : A gauche, le candidat Victor Hardenbor Jr., à droite, l’actuel Président fédéral et candidat Simeon Belagri, qui vont s’affronter au cours du second tour des élections présidentielles.

Une dernière ligne droite chaotique avant le premier tour

Les derniers mois qui ont précédé le premier tour des présidentielles ont été particulièrement riches en événements et surtout en influence sur les intentions de vote auprès des différents citoyens-électeurs. En effet, la mort d’Alfred Eisendorf a provoqué un véritable cataclysme à l’échelle nationale, entraînant le déchaînement des milices extrémistes des Nouvelles légions à l’encontre de la communauté hamajak, ainsi que le réveil du groupe terroriste Southern Hamajak Liberation Front, qui a multiplié les attentats contre la population depuis presque deux mois, des affrontements et une guerre ethnique qui a provoqué des centaines de morts à travers tout le territoire depuis le 20 juin dernier. Ce contexte d’instabilité a été grandement défavorable pour le Président fédéral sortant et candidat à sa réélection, Simeon Belagri, qui a grandement chuté dans les sondages en quelques semaines, jusqu’à risquer sa place au second tour, convoité par son adversaire et étoile montante de la gauche, Albert Parsent, où certains sondages l’ont même présenté comme ayant un score supérieur à celui du chef de l'État. De son côté, son principal rival, Victor Hardenbor Jr., a été le plus grand gagnant de cette instabilité nationale en fin de mandat, passant de favoris à ultra favoris pour remporter les élections présidentielles. Ce dernier, tout au long de la campagne, a réussi à faire preuve d’une apparition quasi-omniprésente dans les médias, même au cœur de la crise, où ce dernier a impressionné la scène politique en maîtrisant une foule d’horvanxiens en colère devant le sénat, le 5 juillet dernier, devenant le centre de l’attention de cet événement qui aurait dû profiter au Président fédéral, mais qui a au contraire provoqué la chute de son gouvernement. Depuis cet événement, les deux hommes se montrent de plus en plus violents dans leurs propos l’un envers l’autre. Simeon Belagri ayant qualifié son adversaire de “criminel” ou encore de “déloyale”, par l'emploi de méthodes de campagne illégale, notamment son intervention auprès des horvanxiens en colère. De l’autre, Victor Hardenbor Jr. reporte toute la faute de l’instabilité et de la crise sur son rival, le considérant comme “le pire dirigeant westalien de l’histoire”, faisant preuve d’un “laxisme assumé”, tout particulièrement à l’encontre des mouvements “anti-westaliens”. Ainsi, les débats par prises de parole interposées ont pris une tournure assez peu commune dans une campagne électorale westalienne, qui laisse de plus en plus place au populisme et à la démagogie. Ces élections n’ont d’ailleurs pas échappé à la crise qui ravage le pays, puisqu’un grand débat devait avoir lieu sur la chaîne télévisée Jōhō NWK, regroupant les quatre candidats sur le même plateau. Cependant, quelques heures avant le débat, un terroriste du SHLF a tenté de s'infiltrer dans les locaux pour poser des bombes, avant d’être déjoué par des agents de protection du gouvernement, poussant la chaîne à annuler cet événement en direct qu’elle organise tous les quatre ans.

Victor Hardenbor Jr., grand gagnant de ce premier tour


Résultats officiels du premier tour des élections présidentielles du 18 août 2019.

Le 18 août, les citoyens électeurs ont été appelés aux urnes pour ce scrutin particulièrement attendu depuis quelques années et encore plus depuis quelques mois. En effet, les deux dernières années Belagri ont donné une impression de paralysie dans les hautes sphères de l'État, à cause de la perte de la majorité du Président fédéral au Sénat, mais aussi par la chute de l’Alliance Sociale et Démocratique, qui permettait de garder une majorité, poussant le gouvernement fédéral à se recomposer avec des membres de la droite, pour ne pas voir le pays sombrer dans la crise, au risque de le voir tourner au ralenti. Ainsi, les résultats de ce scrutin sont sans appel et dans la ligne directe des derniers sondages réalisés pour l’occasion : Victor Hardenbor arrive en première position, avec un score de 42,54%, écrasant tous ses adversaires, avec presque le double du score de Simeon Belagri (23,27%), se positionnant très confortablement pour le duel qu’il va devoir tenir au second tour contre ce dernier. Le candidat conservateur, fils aîné du précédent Président fédéral, a connu une ascension dans les derniers mois de la campagne, avec la crise et l’instabilité qui ravagent le pays, s’attirant aussi bien l’électorat libéral mécontent de Simeon Belagri, que les conservateurs qui avaient d’abord porté leurs intentions sur Alfred Eisendorf, avant son assassinat. Dans son quartier général de campagne, à New Landor, le Vice-Président du Parti de l’Union Républicaine savoure cette première victoire dans un discours à ses partisans : “Le peuple a parlé ! Presque un westalien sur deux souhaite voir notre programme être appliqué pour notre nation ! Le réveil des patriotes est en marche ! La Grande République traverse une des plus grandes crises de son histoire moderne, nous faisons de nouveau face au terrorisme hamajak qui a emporté la vie de centaines d’innocents, une menace inadmissible et qui n’aurait jamais dû resurgir des tréfonds de l’enfer où nous, les conservateurs, l’avions scellé. Simeon Belagri a ouvert les portes de la prison du mal, en favorisant sa propagation, en se faisant le complice d’une politique de gauche laxiste et auto-destructrice pour notre pays ! Dans une semaine, le 25 août, nous allons nous retrouver face à un choix décisif pour l’avenir de la Grande République : celui de choisir le retour de la stabilité, de la prospérité et de l’ordre, ou de réélir la source de tous nos problèmes, afin que ce dernier puisse faire sombrer notre pays dans la décadence et la guerre civile ! Nous avons gagné une première bataille, une victoire incroyable, du jamais-vu à l’échelle nationale, la prochaine que nous allons affronter, ne sera pas pour autant la dernière, mais celle qui permettra de paver la voie au retour d’une grande Westalia puissante et respectée ! Ensemble, dans une semaine, apportons la victoire au peuple, à l’ordre et à la prospérité !”.

Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “le score de Victor Hardenbor Jr. marque avant tout l’échec de Simeon Belagri dans cette crise, mais plus globalement dans sa propre capacité à gouverner le pays. Si les deux premières années de son mandat ont été très bien reçues par la population, ce n’est pas le cas des deux dernières, où l’état de Westalia s’est progressivement dégradé, entre des crises politiques, économiques et sociales qui ont grandement porté préjudice à son image. Les conflits ethniques récents représentent sans aucun doute un coup fatal à sa popularité, tandis que son principal adversaire se fait l’incarnation de tout ce que le Président fédéral n’a pas réussi à accomplir, jouant beaucoup sur le parallèle avec son propre père, qui s’était retrouvé dans une situation très similaire en 1991 et où la crise des ghettos avait grandement profité à voir son parti, le PUR, atteindre le pouvoir, tandis que la majorité des États-Républicains étaient tombés entre leurs mains. Avec un score de 42,54%, le candidat conservateur commence avec une très grande longueur d’avance, mais il est pour le moment impossible de comparer un tel score avec un autre, puisque ces élections sont les premières à permettre l’élection d’un Président fédéral au suffrage direct. Mais si on le compare avec d’autres nations ou même avec des élections plus locales, comme les sénatoriales, c’est sans aucun doute un score qui devrait devenir historique dans l’avenir”.

Simeon Belagri au second tour, mais en mauvaise posture

Le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri, à son quartier général de campagne, à Santa Maria, le 18 août 2019.
Le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri, à son quartier général de campagne, à Santa Maria, le 18 août 2019.

La douche est froide pour le chef de l’Etat, qui réalise un score de 23,27%, lui permettant de se qualifier de peu au second tour des élections présidentielles, au cours desquelles il va devoir affronter son principal rival, Victor Hardenbor Jr., qui a obtenu presque le double de son propre score. En soit, la position de second du Président fédéral n’est pas réellement une surprise pour beaucoup, puisqu’elle était annoncé depuis plus d’un an par les différents sondages publiés chaque mois, mais c’est surtout le score final qui inquiète ses partisans, on est bien loin des 30% qu’il pouvait avoir au début de l’année, un score qui lui aurait permis d’avoir une plus grande marge de manoeuvre face à son adversaire conservateur, avec qui il est resté pendant un très long moment au coude à coude dans les intentions de vote estimées. La bataille pour le second tour va être difficile pour lui, alors qu’il va probablement essayer de convaincre l’électorat de gauche de se rallier à sa cause et très certainement le stratégique électorat libéral et asfortien, qu’il se dispute avec la droite depuis plusieurs années. On est bien loin des grandes victoires de 2015 et de l’unité politique et populaire qu’il y avait pu avoir lors de la “révolution jaune”, ces manifestations pro-démocraties massives qui avaient donné un important soutien à l’Alliance Sociale et Démocratique pour arriver au pouvoir la même année. Désormais disparu, Simeon Belagri et le Front Populaire et Démocrate se retrouvent encore plus isolés que jamais dans cette ultime étape qui pourrait déterminer son avenir politique. Devant ses partisans, le candidat a voulu se montrer confiant, tout en tirant la sonnette d’alarme pour le pays : “Il ne faut pas baisser les bras face à l’adversité à laquelle nous faisons face ! Une grande partie de la population westalienne est contre un retour d’un Hardenbor au pouvoir ! Nous nous rappelons de la menace pour notre démocratie qu'a pu être le père lors de son interminable mandat, comment ce dernier a déconstruit nos institutions pour faire prospérer la corruption et l’autoritarisme à travers la société, comment il a banalisé la violence politique et policière dans notre quotidien. En l’espace de quatre ans, j’ai porté un programmé qui a remis le choix populaire au cœur de notre pays, qui a rétabli, garanti et protégé les libertés de chacun face à une nouvelle menace du genre. Si Victor Hardenbor Jr. parvient à se hisser à la tête de la Grande République, ce dernier reprendra le travail de son père, il ne laissera pas à la population une seconde chance pour rétablir notre démocratie. La droite est déjà subordonnée aux Hardenbor, qui veulent faire de notre pays leur nouvelle propriété, une dictature à en devenir si rien n’est fait pour s’opposer à eux le 25 août ! A tous les citoyens de la Grande République, défenseurs de la démocratie et de notre modèle de société libre, j’en appelle à votre soutien pour m’aider à représenter vos idées, à repousser une fois de plus le mal que ces hommes représentent, de répéter une nouvelle fois notre victoire de 2015. Nous ne sommes plus dans une lutte politique, mais dans un combat pour notre avenir, pour ce que nous céderons à nos enfants. Le futur ne peut pas être celui de la répression et de l’autoritarisme, ce n’est pas ce que souhaite la population et c’est ce qu’incarne la candidature de mon adversaire pour ce second tour. Ensemble, nous devons ramener au pouvoir un programme social et proche de vos préoccupations, pour contrer le populisme démagogique de cet homme et de ses alliés, pour la Démocratie ! Pour la Grande République !”.

Toujours selon le Professeur Marcus Odwent, “Simeon Belagri, dans son dernier discours, opte pour une stratégie attendue et qui lui a permis d’arriver au pouvoir en 2015 : celui du défenseur d’une alternative, du gardien de la démocratie face aux idées radicales du PUR, particulièrement représentées par la famille Hardenbor. Il souhaite raviver la ferveur populaire qui lui avait permis à lui et à ses partisans d’arriver au pouvoir. Malheureusement, contrairement à 2015, il a désormais un bilan derrière lui, un bilan critiqué par cette même population qui l’avait soutenu quatre ans plus tôt. Son plus grand défi, cela va être de reconquérir cette population qui lui a tourné le dos au premier tour, notamment au profit de la gauche. Il est encore impossible de savoir à quel point le discours du “camp de la démocratie”, qu’il souhaite incarner, aura un effet notable lors du prochain tour, mais il est clair que l’absence d’un rejet de la droite, comme en 2015, risque d’être un problème pour s’assurer de l’efficacité de ce dernier. Le débat télévisé qui va arriver dans la semaine sera probablement son meilleur moment pour essayer d’inverser cette situation dans laquelle il n’est clairement pas avantagé, cette fois-ci”.

Le ralliement des candidats défaits, aucun suspense, ni hésitation

Le candidat et Sénateur socialiste Albert Parsent, dans son quartier général de campagne, après l’annonce des résultats du premier tour des élections présidentielles, à Columbia, le 18 août 2019.
Le candidat et Sénateur socialiste Albert Parsent, dans son quartier général de campagne, après l’annonce des résultats du premier tour des élections présidentielles, à Columbia, le 18 août 2019.

Si Victor Hardenbor Jr. et Simeon Belagri ont réussi à obtenir leur place pour leur second tour, ce n’est naturellement pas le cas des autres candidats à ces élections, pour qui la campagne s’arrête là, du moins, c’est ce que l’on pourrait croire. En effet, c’est désormais le moment tant attendu de voir qui des deux vainqueurs les perdants vont choisir de se rallier ou non. A commencer par le candidat socialiste de l’Alliance Populaire, Albert Parsent, qui a failli atteindre le second tour avec un score de 20,37%, soit un écart de 2,9% des voix par rapport à Simeon Belagri, balayant toutes les estimations initiales qui le situait autour de 11% à la fin de l’année 2018. Si la défaite peut être amère pour le candidat de la gauche, elle est pourtant une grande victoire plus globale, puisque Albert Parsent a démontré une fois de plus qu’il est en capacité de rassembler toute la gauche derrière lui et de lui faire atteindre des sommets qu’elle n’avait pas atteint depuis plusieurs décennies et surtout, l’élément le plus important, sans se reposer sur l’aide des bélagristes, contrairement à 2015. Ce dernier, déjà désigné comme le leader de campagne naturel des sénatoriales primaires qui doivent se tenir dans un mois, pourrait bien profiter de cet élan pour faire de l’Alliance Populaire une véritable force d’opposition face au prochain Président fédéral. En attendant, pour le candidat socialiste défait, la prochaine étape est celle de l’entre deux tours, où il va devoir se prononcer sur ses consignes de vote pour le 25 août, qu’il donne dans son discours de défaite : “Aujourd’hui, nous n’avons pas réussi à atteindre le second tour de ces élections décisives pour notre pays, notre programme n’a pas réussi à séduire suffisamment de westaliens pour nous permettre d’affronter et de battre l’ignoble ombre hardenboriste qui frappe de nouveau la Grande République. Malgré tout, nous avons réussi à aller beaucoup plus loin que ce que nos opposants et les médias pro-conservateurs ont pu faire croire à notre sujet. Plus de 20% des votes, c’est un score incroyable et représentatif d’une chose : la gauche n’est pas morte en Westalia, elle se réinvente et adopte une approche sociale et moderne vis-à-vis des obstacles qui se dressent devant nous. Les westaliens réclament une démocratie sociale et populaire, débarrassée de la corruption, des discriminations et de la violence. Simeon Belagri n’est pas un homme de gauche, mais son programme à le mérite de ne pas vouloir plonger notre pays dans une nouvelle dictature horvanxienne. La question n’est pas de s’allier une fois de plus avec les bélagristes, mais de s’unir pour ce second tour pour repousser le mal autocratique, pour protéger notre démocratie. Il faut faire barrage à Victor Hardenbor Jr., pour que les atrocités du père ne puissent pas être reproduites par le fils, il faut donner votre vote à Simeon Belagri”.

De l’autre côté de l’échiquier politique, c’est le candidat nationaliste Ladislas Andover qui échoue dans sa quête à remplacer le défunt Alfred Eisendorf, avec un score de 13,82%, terminant dernier de ces élections, bien loin des 20% que l’on pouvait donner au fondateur du New Order of Westalia avant sa mort. C’est donc un certain échec qui frappe l’Union Horvanxienne, qui avait espéré un score beaucoup plus important pour ces élections, puisqu’ayant eu le vent en poupe durant plusieurs mois et avec l’espoir de tirer parti de l’instabilité qui fait rage, en posant leur ancien leader en martyr héroïque. Pour autant, plus d’un tiers de l’électorat qu’ils auraient pensé attirer s’est détourné de Ladislas Andover, au profit de Victor Hardenbor Jr., qui a marqué sa dominance sur la droite à ces élections. Pour le Professeur Marcus Odwent, “le NOW, et plus globalement les horvanxiens, ont vu cette crise se retourner contre eux pour plusieurs raisons. La première, c’est leur association évidente avec les milieux extrémistes de droite, notamment les Légions horvanxiennes, qui sont presque devenues la milice armée du NOW grâce au contrôle qu’Arthur McAubert, désormais Président par intérim du parti, exerce dessus. Bien évidemment, ces “légions” en questions ne sont pas celles qui provoquent ces massacres depuis deux mois, mais leur proximité avec ce milieu est très importante. Le second point majeur reste bien évidemment l’effet du “vote utile”. Avec la crise et l’instabilité, l’électorat de droite s’est réorienté vers le candidat le plus à même de gagner ces élections, Victor Hardenbor Jr., qui a également tout fait pour provoquer ce phénomène en séduisant ouvertement ces électeurs radicaux, au cours de l’été”. Dans son discours de défaite, dans son quartier général de campagne à New Landor, Ladislas Andover a assumé cette défaite : “De toute évidence, je n’ai pas pu incarner la même fougue et la même force politique que notre leader, Alfred Eisendorf. Nous avons fait face à une défaite au cours de ces élections, mais elles marquent tout de même la popularité de nos idées au sein des citoyens électeurs, qui demandent le retour de l’ordre et d’une Westalia puissante. Désormais, deux candidats vont s’affronter pour déterminer l’avenir de notre nation. Soyons honnête, Simeon Belagri est un dirigeant qui a fait prospérer les idées anti-westaliennes, responsable de la mort de notre leader de par ses décisions et surtout de son incompétence qui a permis aux terroristes hamajaks de prospérer sur nos terres. Il faut contrer cet homme corrompu par la gauche et il faut que votre vote s’oriente vers Victor Hardenbor Jr. dimanche prochain. Nos idées divergent, mais notre objectif est le même : protéger et servir l’Union nationale sacrée !”.

A l’approche du second tour, un débat télévisé stratégique

Le 22 août, soit jeudi prochain, la chaîne télévisée WNN a annoncé qu’elle hébergera un débat en direct qui opposera les deux candidats restants, à savoir Victor Hardenbor Jr. et Simeon Belagri. Cette étape stratégique et incontournable de ces élections va être décisive pour que les candidats puissent confirmer leur avantage ou inverser la tendance. En effet, ces débats ont historiquement joué un rôle important dans le choix des électeurs, à l’image du dernier débat de 2015, où les intentions de vote pour Simeon Belagri avaient augmenté drastiquement après sa victoire face à une droite désunie en face de lui. Les deux candidats ont d'ores et déjà confirmé leur présence à cet événement incontournable de la démocratie westalienne, chacun avec ses propres objectifs, alors que de nombreux sujets devraient être abordés, comme l’économie, la diplomatie, le social, mais surtout l’état actuel du pays dans cette crise. La suite à suivre le 22 août prochain…
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Diffusé le 22 août 2019, à 20h30

WNN



Présidentielles 2019 : Débat Simeon Belagri et Victor Hardenbor Jr.

Image d’illustration : A gauche, le candidat conservateur Victor Hardenbor Jr, à droite, le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri.
Image d’illustration : A gauche, le candidat conservateur Victor Hardenbor Jr, à droite, le Président fédéral et candidat à sa réélection, Simeon Belagri.


Contexte de l’émission : Les services de WNN produisent cette émission inédite et dédiée aux élections présidentielles de 2019. Cette chaîne télévisée, dont le nom complet est “Westalian News Network”, est l’une des plus importantes chaînes de télévision de la Grande République, et la première en langue austarienne. Elle est principalement dédiée à l’actualité de façon générale, mais elle diffuse également de nombreuses autres émissions de débat ou d’analyse sur des sujets en tout genre, principalement économique, politique ou géopolitique. Suivant les heures de diffusions, elle diffuse également des documentaires divers et variés, qu’elle a financé ou non, voir même des droits de diffusion achetés à l’étranger. Pour cette émission spéciale, la production de la chaîne a invité les deux candidats encore en lice pour le second tour des élections présidentielles. Pour animer le débat qui va opposer les deux rivaux, WNN a décidé de choisir l’un de ses présentateurs vedettes : Joseph Heirfond, qui est majoritairement connu pour son émission “World view”, qui traite de sujets géopolitiques et économiques, ayant déjà reçu de grandes figures de la politique westalienne et étrangère, notamment les deux personnes qui vont être présente sur le plateau. Pour l’accessibilité de ce débat vis-à-vis des téléspectateurs, des sous-titres sont disponibles et traduits dans les trois langues officielles de la Grande République : l’austarien, le dialecte de Kamishiwa et le madrerian.

Informations sur les personnalités invitées :

Retranscription de l'émission suivant les thèmes abordés :


L'émission s’ouvre sur un générique de quelques secondes, qui présente le logo de cette émission spéciale, avec une musique de fond, où l’on peut voir par transparence une vue par-dessus du plateau, avec les différents participants, mais également un public présent derrière les caméras également visibles. Après le générique d’introduction, une transition met le focus sur l’animateur de ce débat, Joseph Heirfond, qui est assis devant une table grise, au centre du plateau et entre les deux candidats, qui font face à un pupitre, pour introduire le débat.

Joseph Heirfond : Mesdames, Messieurs, Chers Téléspectateurs et citoyens-électeurs de la Grande République, je vous souhaite le bonsoir. Dimanche dernier, le 18 août, vous avez été nombreux à vous présenter dans les bureaux de vote pour soutenir l’un des quatre candidats s’étant présenté pour ce premier tour, avec une participation exceptionnelle de 82,7%, démontrant tout l’intérêt de la population pour ces élections décisives pour notre avenir à tous. Désormais, il ne reste plus que deux candidats qui vont s’affronter au cours d’un second tour qui va se tenir ce dimanche 25 août et qui déterminera qui sera le nouveau visage de la Grande République pour les quatre prochaines années. Au cours de cette émission, les deux candidats vont exposer leurs idées et débattre sur des sujets centraux de cette campagne, pour leur permettre de défendre leur programme et de convaincre les électeurs. A ma gauche, Victor Hardenbor Jr., actuel Président du Congrès Suprême et candidat pour l’Alliance Asfortienne.

Victor Hardenbor Jr. : Mes salutations à tous nos concitoyens venus nous écouter ce soir.

Joseph Heirfond : A ma droite, Simeon Belagri, Président fédéral sortant et candidat pour le Front Populaire et Démocrate.

Simeon Belagri : Bonsoir à tous, c’est un honneur de pouvoir être présent sur ce plateau.



Joseph Heirfond : Pour le déroulé de ce débat, l’ensemble des échanges s’effectueront en austarien. Au fur et à mesure de l’émission, j'introduirai un sujet sur lequel nos invités s’exprimeront et débattront, en avançant leurs idées, leur point de vue et leur programme. Ces derniers doivent éviter de dévier du sujet en cours pour la clarté du débat.

Sans plus tarder, je vais introduire le premier sujet de ce débat. Depuis quelques années, la Grande République est devenue la première puissance économique et commerciale du continent, se situant également très confortablement à l’échelle mondiale, souvent citée comme l’une des dix économies les plus importantes de la planète. Au début des années 2010, notre pays est entré dans ce que beaucoup considèrent comme un nouvel âge d’or westalien, avec une croissance sans précédent depuis plus d’un siècle et demi, une croissance qui va perdurer jusqu’à il y a deux ans, où cette dernière va commencer à chuter drastiquement. Si la stabilisation de la croissance après notre ouverture sur le monde est un événement attendu, des économistes s'alarment sur la brutalité de cette dernière et sur la difficulté du pays à endiguer ce qu’ils considèrent comme un problème. Cette situation a déjà un impact notable sur le coût de la vie de nos citoyens et la stabilité de nos emplois. Messieurs, quelles sont vos propositions pour relancer la croissance économique westalienne ? Monsieur Belagri, vous pouvez commencer.

Simeon Belagri : L’économie westalienne repose principalement sur ses capacités commerciales et notamment son rapport à l’international. Depuis environ trois ans, les conflits militaires de grandes ampleurs se multiplient un peu partout autour de la planète, principalement en Eurysie, mais également en Afarée ou au Nazum, épargné jusqu’à présent. Tout cela à un impact sur notre économie, qui voit le danger augmenter sur les principales routes commerciales du monde, tout particulièrement maritime, dont les convois de marchandises sont de plus en plus sécurisés et augmentant naturellement le coût du commerce de façon globale. C’est un problème majeur contre lequel toutes nos entreprises, exportant vers l’international, doivent faire face. Pour autant, sous mon mandat, la Grande République a réussi à se maintenir à un haut niveau de compétitivité en diversifiant ses partenaires à travers la planète, aussi bien en Aleucie, au Nazum ou en Eurysie, ouvrant des marchés stratégiques pour nos acteurs économiques. Nos relations à l’étranger ont permis la signature de plusieurs traités commerciaux qui ont favorisé l’exportation dans de nombreux secteurs et les importations des matières premières nécessaires à notre développement. C’est cet aspect que nous devons continuer à développer dans l’avenir, pour soutenir nos acteurs économiques et notre croissance. Mais cette dernière n’est pas uniquement définie par nos entreprises, mais également pas nos citoyens, qui sont les premiers à y contribuer en consommant auprès de ces dernières. Il est nécessaire, pour une économie comme la nôtre, de revoir notre rapport au travail et à la façon dont nous l’encadrons. Pour qu’un citoyen puisse contribuer à la croissance, il doit avoir les moyens de pouvoir consommer et d’investir. Il y a une nécessité plus qu’urgente de revoir les conditions de travail des westaliens et augmenter leur salaire en conséquence, pour qu’ils ne subissent plus cette inflation et qu’ils puissent également être les bénéficiaires de notre croissance, un aspect que la droite, représentée par monsieur Hardenbor, refuse d’accepter comme une nécessité et qui bloque depuis plus de deux ans tout avancement sur ce sujet.

Tout le long de la prise de parole de Simeon Belagri, on peut voir Victor Hardenbor Jr. en train de prendre des notes, s’exprimant tantôt par le rire en faisant des grands gestes ou soupirant fortement à certains passages de son adversaire.

Victor Hardenbor Jr. : Monsieur le Professeur Belagri, je crois que nous avons déjà eu ce cours il y a deux ans. Cependant, ce que Monsieur le Professeur ne dit pas à nos concitoyens, c’est que la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est essentiellement sa faute. Sous les gouvernements conservateurs, la croissance économique du pays a atteint des niveaux historiques, mais il n’aura fallu que deux pauvres années aux bélagristes et à leurs ex-copains de gauche pour saboter tous les bénéfices de cette dernière. Dès 2016, leur gouvernement a augmenté drastiquement les impôts et les taxes des entreprises, provoquant la fermeture des plus petites d’entre elles, des licenciements et une augmentation des prix, tout cela provoqué dans un délire de lutte contre les acteurs économiques du pays. Monsieur Belagri cite la diversité de nos partenaires à l’étranger, mais il oublie aussi de dire que c’est en important en masse des produits agricoles akaltiens ou kartiens, pour ne citer que quelques exemples, qu’il détruit à grands coups notre indépendance alimentaire et nos agriculteurs, qui rencontrent des difficultés pour faire face à cette concurrence déloyale. Si nous voulons redresser l’économie, ce n’est pas en imposant son point de vue à nos entreprises, mais en travaillant main dans la main pour aboutir à quelque chose de concret et de profitable à tous. Ces impôts et taxes supplémentaires, il n’apporte rien à la population, mais ils financent des associations anti-westaliennes ou des programmes sociaux sans résultats réels. Une fois au pouvoir, tout cela, moi, je vais le faire sauter dans les premiers mois de mon mandat. Nous devons contrôler ce que nous faisons avec notre argent pour investir dans des aspects qui vont profiter à la croissance et inciter nos acteurs économiques à profiter de cette baisse de leurs charges pour augmenter les salaires de façon naturelle, une augmentation continuelle au fur et à mesure que les bénéfices reviendront. Tout cela, c’est une étape nécessaire pour que nous puissions reconstruire une souveraineté économique en Westalia. Nous devons garder la maîtrise de nos importations et de notre production nationale pour nous assurer que la population ne soit pas l’esclave de nations étrangères et puisse pleinement profiter de ce que nous sommes en capacité de réaliser sur notre territoire et, surtout, ce que nous pourrons réaliser dans l’avenir.

Simeon Belagri : L’avenir que vous promettez est seulement celui des entreprises, celui où les salariés auront de moins en moins de pouvoir pour s’exprimer et où ils deviendront dépendants du bon vouloir de leur patron tout-puissant. Vous prêchez une idéologie démagogique et des affirmations qui ne sont pas réelles pour faire avancer votre agenda politique, mais la population n’est pas aveugle à vos mensonges. Avant 2015, malgré une grande croissance, la qualité de vie de nos citoyens n’a que très peu évolué, tout cela grâce à vos politiques qui ont profité à tous sauf au peuple.

Victor Hardenbor Jr. : Arrêté avec votre fausse rhétorique d’homme de gauche. Vous n'impressionnez personne à vouloir jouer le grand défenseur du peuple. Ce n’est pas pour rien que je vous ai écrasé au premier tour, dimanche dernier. La population souhaite voir appliquer le nouveau programme des conservateurs, pour revenir à une époque où chacun pouvait vivre tranquillement, sous une bonne économie. Nous ne sommes plus en 2015, mais en 2019, et en ce moment, on le ressent parfaitement bien. Merci pour votre incompétence flagrante, je n’ai même pas besoin de démontrer toutes les catastrophes que vous avez amené sur notre pays.



Joseph Heirfond : Messieurs, je vous en prie, passons au sujet suivant. Un sujet qui est considéré par la majorité comme le plus important de ces élections. Je parle bien évidemment de la crise et de l’instabilité qui font actuellement des ravages à travers tout le territoire. A la suite de l’assassinat du Sénateur Alfred Eisendorf, le 16 juin dernier, la Grande République a vu se réveiller le spectre des conflits ethniques, opposant notamment les partisans horvanxiens aux mouvements pro-hamajaks. Dans ces différents acteurs, on retrouve notamment les “Nouvelles légions”, des milices paramilitaires qui se revendiquent comme faisant justice eux même contre les hamajaks, ayant provoqué plusieurs massacres et affrontements avec des gangs des ghettos. De l’autre côté, l’organisation terroriste du Southern Hamajak Liberation Front frappe encore plus fort qu’au début des années 2000, avec une multiplication des attentats qui ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes depuis le 21 juin. La population demande un retour à l’ordre et une stabilité solide pour l’avenir. Messieurs, quelles sont vos propositions pour résoudre cette crise majeure et historique de la Grande République ? Monsieur Hardenbor, vous pouvez commencer.

Victor Hardenbor Jr. : Nous traversons aujourd’hui une étape décisive de notre histoire. Celle de protéger notre société, notre culture et notre unité face à une horde de sauvages qui souhaite détruire tout ce qui fait Westalia aujourd’hui. Ils veulent faire naître une véritable guerre ethnique au sein de la Grande République, en commençant par éliminer ceux qui tiennent des discours qui vont à l’encontre de leur idéologie nauséabonde, je pense notamment au défunt Alfred Eisendorf, qui est la première victime de ce conflit. Cela fait désormais deux mois, deux mois que nous subissons le sang et les tueries, deux mois que l’État est incapable de réagir, deux mois que la population souffre et pleure la mort de ses proches. Combien de nouvelles victimes avant qu'on prenne enfin en considération la nécessité d’agir de façon durable et ferme contre ces terroristes et ces racailles qui se croient tout permis sur notre territoire ? S’ils veulent une guerre, moi, je vais leur en faire une de guerre ! Dès que j’obtiendrai une majorité au Sénat, je présenterai immédiatement devant cette dernière la mise en place de l'état d’urgence sur l’ensemble du territoire, avec un déploiement de l’armée fédérale pour mettre un terme aux forces qui provoquent cette instabilité, pour rétablir l’ordre et la paix, en écrasant ces terroristes qui massacrent notre peuple. C’est maintenant qu’il faut agir, Monsieur Belagri tarde à le faire, cela a entraîné la mort de centaines de personnes, au nom d’une “approche sociale”, lâche, laxiste et complice. Dans les premiers mois de ma présidence, j’établirai également une nouvelle réforme sécuritaire, “Safety & Security V”, qui réintroduira notamment le délit d'extrémisme, mais aussi la formation d’une nouvelle unité policière spécialisée dans la lutte contre le terrorisme, qui se composera d’agents qui ont déjà de l’expérience dans la lutte antiterroriste, mais surtout des vétérans des forces spéciales de l’armée fédérale. Il faut que la Grande République se donne des moyens réels pour rétablir l’ordre. Il ne faut pas attendre que ces sauvages décident de se calmer. Il faut rétablir l’ordre, tout de suite, le plus rapidement possible. Il faut stopper le compteur de victimes de cette tragédie !

Simeon Belagri : Les extrémistes, dans ce pays, c’est vous et vos partisans, Monsieur Hardenbor. Votre programme est celui de la mort de notre démocratie, celle de la destruction de la société westalienne telle que nous la connaissons depuis un siècle cette année. Vous donnez l’option de la facilité, de la violence et de l’autoritarisme que vous prônez sans en dire le mot. Vous allez poser les fondements d’une dictature en prenant des décisions encore plus radicales que par le passé. Vous n’allez pas arrêter l’augmentation du nombre de victimes, vous allez le faire croître exponentiellement, vous allez alimenter la colère et justifier le passage à l’acte d’encore plus de violence, d’un côté, comme de l’autre. Monsieur Hardenbor n’est pas très critique des horvanxiens et des Nouvelles légions qui se sont lancées dans une croisade contre tout un peuple, vous vous concentrez uniquement sur le terrorisme hamajak, en oubliant que ce sont les discours horvanxiens et leur massacre à Sawati qui a entraîné le pays dans la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Si on remonte encore plus loin, c’est la violence systémique de la gouvernance conservatrice qui a posé les bases de cette crise. Dans les années 2000, vous n’avez jamais rétabli l’ordre, vous avez contribué à créer un monstre plein de colère et de ressentiment, alimenté par votre propre haine. Vous avez abandonné les hamajaks qui se sont radicalisés et vous avez banalisé les discours horvanxiens dans tout le territoire. Les véritables coupables de cette situation, c’est vous. Cette crise aurait explosé tôt ou tard et elle en dit beaucoup sur votre capacité à gérer le pays sur le long terme. Si nous souhaitons mettre un terme à ces massacres, il faut s’attaquer aux racines de ce problème, celle de la marginalisation de toute une communauté, celle d’une population que l'État n’a pas correctement servie ces dernières décennies et qu’il est nécessaire d’intégrer pleinement à notre société en les aidant à vivre mieux, épuré de la violence, de la criminalité et de la pauvreté. A terme, c’est ce qu’il faut réaliser pour faire disparaître, non seulement le ressentiment entre les communautés, mais aussi pour apporter une réponse durable et sociale à la question hamajak. Il faut lutter contre toutes les formes de terrorisme, qu’elles soient en provenance des indépendantistes hamajaks ou des horvanxiens, il faut mettre un terme à ce bain de sang. Il faut répondre avec fermeté, mais pas au point d'entraîner le pays dans une nouvelle vague de violence orchestrée par l'État. Il faut trouver le juste équilibre dans le rétablissement de l’ordre, pour ne pas partir dans l'excès, sans pour autant tomber dans l’immobilisme. Pour ce faire, les institutions existantes pour la sécurité intérieure sont en capacité de rétablir l’ordre et c’est le rôle du Président fédéral et de son gouvernement de les soutenir à leur maximum dans cette quête. Il y a déjà bien assez de colère dans notre monde, pour laisser un programme comme celui de Monsieur Hardenbor en rajouter plus demain !

Victor Hardenbor Jr. : De la colère ? Il y en a déjà partout de la colère en ce moment ! Comment pouvez-vous en avoir plus ?...

Simeon Belagri interrompt son adversaire à la fin de sa phrase.

Simeon Belagri : Vous croyez vraiment que ce que vous proposez ne va pas…

En retour, Victor Hardenbor Jr. coupe son rival en plein milieu de sa réponse, prenant un ton dramatique et confiant.

Victor Hardenbor Jr. : Écoutez, écoutez… Arrêtez de complexifier la chose. Notre pays est en plein désordre, notre société s’enfonce dans la violence au fur et à mesure que le temps passe. Vous pensez vraiment que ce que je propose va provoquer un peu plus de colère ? Notre monde est déjà plein de colère… Tout ce qui s’est produit jusque-là… On aurait dû être plus ferme avant que cela arrive, vous ne l’avez pas été. Vous ne savez même pas comment résoudre cette situation. Vous avez fait de notre nation un bordel sans nom. Vous m’entendez Monsieur Belagri ? Un bordel sans nom !

Simeon Belagri : Vous souhaitez plonger le pays dans le chaos ! Vous répondez par la violence à des problèmes sociaux, tout comme votre père, et regardez à quoi cela nous amène aujourd’hui !

Joseph Heirfond : Messieurs, je vous en prie…

Le journaliste de la chaîne essaye de calmer les deux candidats, mais il se fait interrompre par le candidat conservateur, qui répond à son rival.

Victor Hardenbor Jr. : Arrêtez de rejeter vos échecs sur mon père. Ce n’est pas lui qui était au pouvoir ces quatre dernières années. Durant tout son mandat, il a gouverné une Westalia stable, prospère et sécurisée. Vous avez détruit tout cela. Tout ce qui se passe aujourd’hui, c’est de votre faute ! Si vous ne savez pas diriger un pays, laissez la place à quelqu’un qui saura le faire, comme moi !



Joseph Heirfond parvient enfin à s’interposer entre les deux adversaires, le sujet de la crise étant sans aucun doute le plus sensible de tous ce soir.

Joseph Heirfond : S’il vous plaît messieurs, un peu de calme dans ce débat. Nous ne devons pas nous écarter des sujets que nous abordons aujourd’hui, veuillez chacun tempérer vos prises de paroles, pour la bienséance de ce débat et pour nos téléspectateurs.

Nous allons justement nous lancer dans le troisième sujet de cette soirée, permettez moi de le présenter. La Grande République, en l’espace de quelques années, s’est construite une réputation diplomatique importante, une figure incontournable du continent aleucien. Cependant, entre la recrudescence des conflits, des guerres civiles et des coups d'État à travers le monde, notre continent n’a jamais semblé aussi vulnérable qu’aujourd’hui, tout particulièrement à la suite de la tragédie d’Estham et de l’agression stérusienne. De nombreux observateurs pointent le rôle central que pourrait jouer notre nation dans l’unité aleucienne, tout comme à l’international, alors que la question d’une intégration au sein de l’Organisation des Nations Démocratiques est toujours en suspens depuis 2017. Messieurs, quelles sont vos ambitions pour le futur de la diplomatie westalienne ? Monsieur Belagri, vous pouvez commencer.

Simeon Belagri : Il est important pour la Grande République de poursuivre ses efforts visant à étendre son influence diplomatique à l’international. C’est par ce biais que nous avons réussi à nous démarquer et à devenir la puissance que nous sommes aujourd’hui, il ne faut donc pas s’arrêter sur un si bon chemin et poursuivre notre stratégie. A l’échelle aleucienne, il est important que nous nous rapprochions de nos différents voisins, comme nous avons pu le faire lors de notre participation au sommet de la mer intérieure, décisif pour l’avenir de notre région. Mais il est aussi nécessaire d’aller chercher de nouveau partenariat avec d’autres nations aleuciennes pour qui nous pourrions devenir un atout stratégique dans leur croissance et leur développement. Je sais que de nombreuses voix s’élèvent contre l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, mais cette organisation reste un atout majeur pour le continent, capable de rassembler de nombreuses nations pour échanger sur tout autant de sujets centraux. L’ASEA ne doit pas être jeté devant le premier obstacle qu’elle rencontre. Oui, je considère cette alliance comme défaillante, mais c’est aussi une justification majeure pour la réformer de l’intérieur, pour lui faire prendre une structure plus ouverte, plus démocratique et surtout promouvant une plus grande cohésion en son sein. Un tel travail pourrait être long, il va demander la mobilisation de l’ensemble de nos membres, un projet dans lequel notre pays pourrait faire figure de leader. Pour ce qui est de notre politique en dehors de l’Aleucie, il faut poursuivre notre rapprochement des nations pouvant représenter des partenaires bénéfiques et renforcer ceux existants, que cela soit notre alliance stratégique avec la République démocratique du Wanmiri ou notre partenariat avec l’Empire du Grand Ling. C’est d’ailleurs dans cette optique que la question d’une adhésion au sein de l’OND doit être abordée : notre pays ne pourra que gagner en influence et en puissance en rejoignant une alliance de cette envergure, soudée, respectable et soutenant le développement des démocraties dans le monde. Mon adversaire aime appeler ça de la soumission, mais il ne fait que vendre une fiction visant à alimenter son narratif nauséabond. Un rapprochement avec l’OND est le plus naturel qu’il soit pour la Grande République, pour nos valeurs, nos ambitions et notre vision commune.

Victor Hardenbor Jr. : Je me permets de rappeler que c’est votre volonté de détourner le regard de l’Aleucie, entre 2015 et 2016, qui a profité à la Fédération de Stérus pour attaquer notre nation et la République de Lermandie. Laissez moi démonter, point par point, comment votre vision de la diplomatie westalienne est fausse et à quel point vous nous avez mis dans l’embarras en l’espace de quatre années. Premièrement, l’ASEA n’est pas une option pour la cohésion ou le rapprochement des nations aleuciennes en l’état actuel. La très grande majorité des membres de cette alliance, qui n’en porte que le nom, n’ont jamais été fidèles qu’à eux même, nous ayant abandonné lâchement lorsque nous avions le plus besoin de leur soutien. Je pense à l’Akaltie, qui a à peine caché son ralliement à l’agression stérusienne ou encore à l’Empire du Nord, et bien d’autres, dont le silence face à nos appels à l’aide en dit long sur l’amitié que nous entretenons avec eux. Ce qu’il faut pour la Grande République, et pour le continent, c’est de voir cette maudite organisation disparaître pour de bons et je peux vous assurer qu’il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que j’annonce notre retrait de cette dernière après mon élection. Cependant, cela ne veut pas dire que nous devons nous retirer de la scène aleucienne, bien au contraire, il faut nous la réapproprier en formant une nouvelle alliance, plus homogène, solide et avec des objectifs précis : celle de protéger la souveraineté de notre continent contre les nations malintentionnées de l’extérieur comme de l’intérieur. Dans ce futur, Westalia est un phare de progrès et de développement qui rayonnera sur l’ensemble de nos alliés et partenaires, qui profiteront de notre puissance pour s’élever au-delà tout ce qu’ils ont pu être dans le passé, afin de s’entourer de puissance de grand calibre, que nous aurons aidé à former au fur et à mesure des années. Voyant l’incapacité de l’ASEA à agir, Monsieur Belagri a préféré vendre notre pays à une quelconque organisation eurysienne aux dents bien pointues concernant notre propre souveraineté et indépendance, se jetant dans les bras du premier venu. Je parle bien évidemment de l’OND, la marionnettiste derrière mon honorable adversaire, qui oublie que cette dernière cherche seulement à enrôler encore plus de monde dans ses guerres, notamment celle à Carnavale, pour laquelle je ne souhaite voir aucun soldat westalien s’y engager. Une adhésion en leur sein n’est donc pas envisageable en l’état, ni envisageable dans l’avenir. Je ne parle pas de les rejeter, nous avons des liens particuliers avec certains de leurs membres qu’il est toujours bon d’entretenir, je pense notamment au Grand Ling ou au Royaume de Teyla, et il n’est pas exclu d’en développer avec les autres membres, mais pas au point de rejoindre leurs rangs. La question d’un rapprochement dépendra de leur bonne réception de nos intentions et surtout de leur approche concernant le continent aleucien, qui ne doit en aucun cas devenir la propriété de l’OND. Une adhésion westalienne, ou d’un tout autre pays, pourrait pousser à ce futur et je ne le souhaite pas pour l’Aleucie, qui doit rester indépendante de ces jeux internationaux.

Simeon Belagri : Vous ne promettez pas le rassemblement du continent, mais une soumission de ce dernier à votre idéologie. Ce que vous souhaitez faire, c’est de l’Aleucie la prochaine propriété de la famille Hardenbor, sans partage et sans pitié. Votre vision géopolitique est celle d’un impérialisme déguisé visant à imposer votre volonté sans aucune cohésion et en influant sur le bon déroulé interne des processus démocratiques de nos voisins, on le voit bien avec la présence indésirable de votre père en Yukanaslavie, soutenant des personnalités locales aux idées tout autant nauséabondes que les vôtres. Ce qu’il faut à l’Aleucie, c’est une cohésion et une approche plus sociale, populaire et surtout proche du peuple. Ce n’est pas en s'enfermant sur nous-même que l’on gagnera quoi que ce soit dans le futur, il faut tendre la main vers l’extérieur et mener des projets qui apporteront de vrais changements pour nos populations.

Victor Hardenbor Jr. : Vous voilà encore à parler de mon père, à croire qu’il vous a traumatisé Monsieur Belagri ? Ou peut-être est-ce de la jalousie de ne pas avoir fait aussi bien que lui et d’avoir été tellement incompétent que vous n’arriverez même pas à vous réélire. Non… Attendez un instant… Vous avez peur de vous faire battre par son fils, n’est-ce pas ? Rassurez-vous, je suis la progéniture du Loti, je sais me battre à la loyal et vous aurez une défaite si grandiose que vous n'oserez pas vous représenter dans quatre ans. Ce que je propose pour l’Aleucie, c’est un véritable programme ancré dans les problématiques actuelles, pas un réchauffé de ce que vous répétez depuis plusieurs années et sans réelles preuves de vos accomplissements à nous présenter. Vous vous raccrochez à une vision qui est dépassée, vous êtes seulement bon pour la retraite. Laissez place à la nouvelle génération, laissez place à ceux qui savent faire.

Simeon Belagri : Vous n’êtes qu’un homme plein d’arrogance qui va mener notre pays à la ruine…

Son adversaire conservateur lui coupe la parole.

Victor Hardenbor Jr. : Désolé, je ne suis pas maître en la matière. Vous êtes bien meilleur à ça que moi, je vous concède au moins cela.



Le journaliste animant le débat reprend la parole, pour éviter que les échanges ne dérivent une fois de plus.

Joseph Heirfond : S’il vous plaît, messieurs, restons courtois dans ce débat. Je pense qu’il est temps d’enchaîner sur le dernier sujet de cette soirée.

En guise de conclusion, comme il est tradition de le faire à la fin de chaque débat de cette envergure, je vous propose de nous présenter chacun l’avenir que vous voyez pour la Grande République dans quatre ans, soit à la fin de votre hypothétique mandat. Monsieur Hardenbor, vous pouvez commencer.

Victor Hardenbor Jr. : Il y a beaucoup à faire pour notre pays, tellement de choses à corriger, tellement de choses à développer, que ces quatre prochaines années seront particulièrement chargées lorsque nous serons de retour au pouvoir. Il va de soi que nos premiers objectifs vont être de traiter les sujets sécuritaires prioritaires, pour rétablir l’ordre et la paix sur notre territoire. D’ici la fin de l’année, nous aurons mis en place les moyens nécessaires pour mettre fin à l’insécurité et au terrorisme, qui seront éradiqués jusqu’à ce qu’ils ne représentent plus aucun danger pour notre population. Cela va être difficile, douloureux, mais nécessaire pour retrouver notre société paisible avant l’arrivée de Monsieur Belagri et de ses mauvaises idées. Avec des baisses d’impôts et de taxes aux sociétés, nous poserons les premières bases d’un retour de la croissance à grande échelle, qui profitera à l’ensemble du pays et qui permettra d’investir localement pour le développement de tout notre territoire, qui représentera l’une des priorités de mon mandat, puisque nécessaire pour renforcer notre souveraineté économique. A l’international, en l’espace de quatre ans, la Grande République sera devenue le visage de l’Aleucie, le leader naturel d’une nouvelle alliance qui regroupera la majorité des pays aleuciens, avec un objectif clair et important : la défense de notre souveraineté. Nous ne serons alors subordonnés à aucune organisation défaillante ou étrangère sur notre ligne à tenir. L’ordre sera rétabli en Westalia et sur l’ensemble du continent, ce qui permettra d’ouvrir les portes d’un nouvel âge d’or qui profitera à tous ceux qui y ont contribué et mènera à la perte à tous ceux qui ont lutté contre son avènement. C’est maintenant qu’un tournant majeur va s’effectuer, pour notre pays, pour notre continent, pour notre monde. Dimanche, votez Victor Hardenbor Jr. pour débuter le renouveau de la Grande République, ensemble et pour le meilleur.

Simeon Belagri : Il n’y a qu’un avenir réaliste pour notre pays : celui d’une nation à la démocratie redorée, aux approches sociales garanties et respectées pour l’évolution qu’elle a prise ces quatre dernières années et les quatre qui vont suivre. Il faut faire évoluer notre approche de la démocratie en gouvernant avec le peuple, en mettant en place des initiatives qui permettront de recueillir proprement les préoccupations de nos citoyens, qui sont des éléments essentiels des futures réformes que j'ambitionne pour notre avenir. Ce qui manque dans notre société actuelle, c’est cette proximité et cette écoute, dont l’absence sur plusieurs décennies a éloigné l'État de son existence première, d’être le gouvernement du peuple. Redresser le pays et le faire sortir de la crise est l’affaire de tous et c’est pour cela que nous devons tous travailler ensemble à faire de notre nation un meilleur lieu où vivre, des ouvriers aux patrons, des plus riches aux plus humbles de nos citoyens… Dans quatre ans, la société aura évolué pour permettre cette proximité, qui mènera à guérir nos plaies d’aujourd’hui et à rétablir l’union qui fait notre réputation depuis des décennies. A l’international, la Grande République de Westalia confirme sa place comme un phare de la démocratie et des libertés à travers le monde, en s’investissant dans le développement de ces aspects, aussi bien à l’échelle continentale, qu’à l’échelle mondiale. C’est pour cette raison que nous devons aller jusqu’au bout du processus d’adhésion au sein de l’OND, qui défend ces mêmes valeurs, et aussi pour laquelle nous devons rester dans l’ASEA, qui sera réformé en l’espace de quatre ans pour atteindre un état fonctionnel et de cohésion sans aucun précédent dans son histoire. Si je souhaite me représenter à la présidence fédérale cette année, ce n’est pas pour le poste, mais pour ce que je peux continuer à apporter en l’occupant. Notre pays fait face à un choix décisif pour son histoire, celui de poursuivre ses réformes démocratiques et sociales qui profiteront à tous, ou celui d’ouvrir les portes pour laisser entrer le mal dans la bergerie, une fois de plus, au risque de ne plus avoir les moyens de le déloger une seconde fois dans quatre ans. Pour notre futur, pour notre démocratie, pour nos enfants, voté Simeon Belagri dimanche prochain, c’est la seule option rationnelle qui sera présente face à vous.



L’image se recentre sur le journaliste qui anime le débat, annonçant la fin de ce dernier.

Joseph Heirfond : C’est par ces conclusions que nous terminons cette émission. J’espère que les échanges qui se sont tenus ce soir ont pu vous aider dans le choix de votre vote ce dimanche et je vous rappelle toute l’importance de votre participation à ces élections, pour le soutien à notre démocratie et à nos institutions. Je remercie nos invités et candidats au second tour des élections présidentielles, Monsieur Simeon Belagri et Monsieur Victor Hardenbor Jr. pour avoir accepté notre invitation et avoir tenu ce débat sur notre plateau. Je remercie également toutes les équipes de la chaîne WNN qui ont rendu possible la tenue de cette émission ce soir et en direct. Je vous remercie également vous, nos téléspectateurs, pour votre présence tout au long de la soirée. Ce dimanche, n’oubliez pas de vous rendre dans votre bureau de vote. Je vous souhaite une très bonne fin de soirée à tous !

La caméra revient à sa position initiale, dans une vue du dessus du plateau. On peut voir que les invités commencent à quitter le plateau, ils ne se croisent pas et quittent les lieux dans des directions opposées, une image qui permet de ressentir la tension et l’hostilité entre les deux hommes. Une musique de fond prend place avec un générique composé des noms des personnes ayant contribué à la réalisation de cette émission spéciale, jusqu’au moment où celle-ci se termine complètement, laissant la chaîne de télévision enchaînée sur le programme suivant.

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Democracy du 23 août 2019
Democracy


Présidentielles 2019 : Le débat de la honte et la dominance conservatrice


Image d’illustration : le plateau de débat de WNN, le 22 août 2019.
Image d’illustration : le plateau de débat de WNN, le 22 août 2019.

Deux adversaires, deux mondes de la Grande République

Le premier tour des élections présidentielles s’est terminé avec un résultat sans appel : Victor Hardenbor Jr. et Simeon Belagri parviennent à se qualifier pour le second tour de ce scrutin historique et particulièrement suivi de la population. Avec un score de 42,54%, le candidat conservateur s’avance très confortablement pour le duel qui va l’opposer ce dimanche au Président fédéral sortant, Simeon Belagri, qui s’est qualifié de peu pour ce second tour, avec un score de 23,27%, proche de son adversaire socialiste derrière lui, Albert Parsent, à 20,37%. Désormais, la campagne se recentre entièrement entre les deux adversaires, des personnalités bien connues des westaliens pour leur présence régulière ou quasi-omniprésente dans les médias du pays. C’est également l’affrontement entre deux vision du monde westalien qui est sur le point d’émerger d’ici la fin de la semaine, avec d’un côté la droite qui tient un discours encore plus radicale et extrême, jusqu’à reprendre des positions horvanxiennes, face à une gauche qui se détourne progressivement de son centre, à contre sens de son évolution ces quarante dernières années, pour retourner vers ses fondamentaux socialistes, à l’image des discours d’Albert Parsent et de Simeon Belagri, qui ont beaucoup moins d’hésitation à tenir des positions beaucoup plus ancrées à gauche, une stratégie visant à se démarquer de la radicalité de la droite. Jamais aucune campagne n’a autant polarisé la politique westalienne de son histoire, provoqué principalement par les événements de ces dernières années, comme la menace stérusienne, mais tout particulièrement par la crise et l’instabilité qui gangrène le pays, au point d’avoir enflammé aussi bien la population que la scène politique du pays, qui cherche à se réapproprier ces événements en jouant sur tel ou tel électorat, un aspect que beaucoup d’observateurs jugent comme contre productif pour résoudre le contexte actuel.

Pour se départager avant le vote final de la population, Simeon Belagri et Victor Hardenbor Jr. se sont rencontrés pour un débat en direct sur la chaîne télévisée WNN, le 22 août, faute d’avoir pu le faire deux semaines plus tôt chez Jōhō NWK, à la suite d’un attentat terroriste déjoué qui a provoqué l’annulation du débat de tous les candidats avant le premier tour. Un ultime rendez-vous de campagne, à seulement trois jours du second tour, où côté performance, la population westalienne a une fois de plus répondue en masse à cet événement, en ayant conquis 20 249 824 de téléspectateurs, soit 81,4% de l’audimat. Un record pour la chaîne, mais également pour un débat télévisé en direct, démontrant l’intérêt majeur des citoyens pour ces élections, les propositions des candidats, mais aussi du rôle central de ce genre d’événement dans notre système démocratique. Comme à chaque débat électoral, le Democracy va vous présenter son analyse des échanges, couvrant les thèmes abordés : l’économie, la crise et l’instabilité, la diplomatie et la vision du futur du pays par les candidats. Pour illustrer notre analyse, nous avons commandé des sondages d’opinion auprès de la Westalian Society of Opinion. Temps forts du débat, affirmations des invités et réception par la population, nous allons faire ressortir la tendance de fond sur qui semble avoir le plus convaincu les téléspectateurs hier soir.

L’état de l’économie westalienne : jeu égale entre les deux candidats

économie

Le premier sujet débattu par les deux candidats a été celui de l’état économique de la Grande République, avec des argumentaires se centrant sur deux points majeurs : le rapport de notre pays avec le commerce international et l’augmentation des salaires. En effet, si le premier représente une source de revenue majeure pour le pays, en plus d’être le principal contributeur de sa croissance, le second est une revendication de longue date d’une écrasante majorité de l’électorat westalien, aussi bien à gauche qu’à droite, des citoyens qui considèrent que leurs revenus ne sont plus en adéquation avec le coût de la vie. Sur ce sujet, les deux candidats ont eu leurs idées et leurs propositions, souvent aux antipodes de l’un et de l’autre, qui ont cherché à convaincre les téléspectateurs, mais qui au final n’ont pas réussi à réellement prendre le dessus sur l’autre. D’un côté, Victor Hardenbor Jr. arrive à s’approprier l’approbation de la majorité de ces derniers, avec un taux de 48,2%, promettant une nouvelle économie très accès sur un retour au capitalisme westalien, avec la promesse classique de la droite de faire baisser les impôts et les taxes, notamment pour les entreprises, tout en assurant que cette manœuvre va permettre de faire augmenter les salaires de façon globale et de façon stable. Pour Denis, un citoyen se revendiquant de la classe moyenne, que nous avons interrogé à New Landor, la confiance est déjà toute accordée pour le candidat natif de sa ville : “Victor Hardenbor Jr. a les moyens d’appliquer ce qu’il propose. Ce n’est pas utopiste, c’est prouvé et éprouvé que cela fonctionne. C’est une grande figure politique, mais aussi économique. Il saura pousser les entreprises à augmenter les salaires, pas comme Belagri qui n’y est pas arrivé en quatre ans”. De l’autre côté, Simeon Belagri ne se trouve pas très loin derrière avec un taux d’approbation de 47,7%, démontrant de la popularité de ses idées qui visent à réformer une nouvelle fois les lois sur le travail, dans des positions beaucoup plus à gauche qu’au cours de son mandat, mais c’est surtout sa répartie qui a bien convaincu les téléspectateurs, en réponse à son adversaire, comme nous l’a confié Marta, une habitante de Reggio di Terracristo : “Simeon Belagri a rappelé une chose importante, la vie sous l’ère Hardenbor père n’était pas meilleure qu’aujourd’hui. On avait un gouvernement soumis aux grandes entreprises et une croissance qui ne profitait pas au peuple. Si le fils est élu, c’est le même avenir qui nous attend et il a bien raison d’en pointer les effets néfastes”.

Crise et instabilité : la domination de Victor Hardenbor Jr.

Crise

Le second thème de cette soirée fut à la fois le plus attendu par les téléspectateurs, mais également le plus clivant de par sa nature. C’est bien de la crise et de la période d’instabilité que l’on traverse qu’il a été question au cours du débat. La mort d’Alfred Eisendorf le 16 juin, le massacre de Sewati le 20, et toutes les horreurs et affrontements qui se sont déroulés depuis ces dates ont grandement marqué l’opinion populaire. En l’espace de deux mois et demi, la Grande République a vu plus d’un demi-millier de personnes, à partir de comptages approximatifs des morts et probablement sous-estimés, perdre la vie dans le cadre de cette crise, que cela soit par la main d’un camp ou d’un autre, ou comme dommage collatéral dans un affrontement armé. Sans surprise, ce contexte social inédit inquiète grandement la population, qui considère à une écrasante majorité ce sujet comme plus important de ces élections, alors que le gouvernement actuel est paralysé par la crise politique provoquée en conséquence et que seules les élections qui arrivent semblent pouvoir faire office de porte de sortie et de reprise en main pour le pays. Sans surprise, c’est le candidat conservateur qui a eu le dessus sur son adversaire dans cette section du débat, avec un taux d’approbation de 57,7% des téléspectateurs hier soir, soit une grande majorité de ces derniers, qui ont été convaincus par les propositions toujours plus radicales de Victor Hardenbor Jr. pour répondre à cette crise. En effet, ce dernier promet le retour d’un nouveau focus du gouvernement sur les questions sécuritaires, notamment par la proposition d’une prochaine et nouvelle version de la loi Safety & Security, la cinquième depuis la première version et la troisième depuis le début de la décennie. Cette dernière devrait rétablir une bonne partie des éléments supprimés de la version III, notamment le délit d’extrémisme. Le candidat de l’Alliance Asfortienne promet également la mise en place de l’état d’urgence au cours du mois de septembre ou octobre, soit après les sénatoriales primaires qui sont nécessaires pour sa quête d’une majorité au Sénat, nécessaire à l’adoption d’une telle mesure. Dans des propos forts, Victor Hardenbor Jr. a déclaré vouloir faire la guerre contre “ces terroristes et ces racailles qui se croient tout permis sur notre territoire“, appelant à la création d’une nouvelle force policière spécialisée dans la lutte anti-terroriste.

De l’autre côté, le Président fédéral a marqué par son manque de capacité à convaincre, avec un taux d’approbation de seulement 31,9% des téléspectateurs. En effet, les positions du chef de l'État sur la question ont été sujet à d’importantes critiques de toute part depuis son discours du 5 juillet, notamment par la droite, qui l’a accusé de faire preuve d’un trop grand laxisme, jusqu’à l'accuser de complicité envers les hamajaks, notamment pour son approche revendiquée “sociale”. Depuis ses annonces, très peu d’actions concrètes ont été prise par Simeon Belagri pour endiguer la crise et mettre fin à la violence, une “inaction” principalement associée au manque de pouvoir et de légitimité du nouveau gouvernement qu’il a formé début juillet, à la suite de la démission de ses ministres de droite. Pour Jacob, un citoyen de Columbia, “le Président fédéral joue la montre sur ce sujet, il a peur de prendre position en agissant. Mais au final, il s’est mis tout le monde à dos pour des raisons politiques. Il faut agir fermement pour stopper tous ces terroristes. Je ne comprends pas pourquoi il réagit comme ça, ce n’est clairement plus le même homme qu’il y a quatre ans, on voit qu’il est isolé”. La donnée intéressante dans le sondage lié à ce sujet est l’importante portion des téléspectateurs qui n’ont pas été convaincus par les deux candidats, soit 10,4%, ce qui représente une part non-négligeable pour un sujet aussi sensible et important. Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “la population westalienne est très majoritairement pour la prise de mesures radicales pour rétablir l’ordre et lutter contre le terrorisme. Si aucun sondage ne vient compléter cette donnée pour savoir envers qui ces moyens doivent être déployés en priorité, une opinion commune se dégage de ces événements : il faut agir rapidement. Victor Hardenbor Jr. a très bien compris cet aspect et se retrouvent comme la seule véritable voix à proposer une solution “quasi-immédiate”, contrairement à Simeon Belagri qui se penche trop tôt sur des idées sur le long terme, souvent en inadéquation avec le contexte actuel. Le Président fédéral n’a pas forcément de mauvaises idées, mais cela ne devrait pas être le cœur de son projet pour cette thématique. Pour moi, ces 10,4%, ce sont les citoyens qui n’adhèrent pas à la solution des conservateurs, mais qui sont quand même favorables à des solutions à application rapide. Sur cet aspect, le chef de l’État risque de perdre ses électeurs libéraux et asfortiens”.

La Grande République à l’international : l’ombre Takajiwa qui profite à son élève

diplomatie

Le troisième sujet abordé lors de cette soirée a été la diplomatie de la Grande République. Ce sujet est devenu un thème majeur à chaque élection, au point d’en devenir le point dominant au cours des sénatoriales intermédiaires de 2017 et un élément important dans le jugement des électeurs. Si la crise et l’instabilité n’avaient pas frappé le pays au début de l’été, une très grande majorité d'observateurs s’attendaient à ce que la diplomatie soit de nouveau le sujet central des débats de ces élections présidentielles, au point où il en serait devenu stratégique de le maîtriser. En effet, de nombreux éléments d’actualité gravitent autour de la diplomatie, que cela soit en lien direct ou non avec notre pays. Depuis 2016, la population westalienne s’est “éveillée” à une sorte de patriotisme à l’international, bousculant toutes les positions des partis politiques à ce sujet, d’abord approprié par la droite, puis par les bélagristes qui ont fait machine arrière sur leur doctrine pour s'adapter au nouveau contexte électoral. ASEA, candidature au sein de l’OND ou encore place de la Grande République en Aleucie, de nombreux sujets ont été abordés et autant de réponses toujours autant aux antipodes entre les deux candidats. Là aussi, Victor Hardenbor Jr. a été plus convaincant que son adversaire, avec un taux d’approbation de 54,3% des téléspectateurs, marchant dans la droite lignée de celui qui a développé la nouvelle doctrine diplomatique des conservateurs au cours de ces quatre dernières années : le célèbre Henry Takajiwa. Proche politiquement et personnellement du candidat, Ministre fédéral aux affaires étrangères il y a encore un peu moins de deux mois, il aurait une influence quasi-totale sur ce domaine au sein du Parti de l’Union Républicaine, en s’affichant comme le bras droit de celui qu’il a eu comme élève dans les années 90. Toujours selon le Professeur Marcus Odwent, “Henry Takajiwa a profondément marqué la réception des sujets internationaux en Westalia et son parrainage de la candidature de Victor Hardenbor Jr. profite tout naturellement à ce dernier dans ce débat et tout particulièrement avec ce sujet. Si le premier est considéré comme beaucoup plus modéré que le second, il n’y a aucun doute sur le fait que les deux hommes jouent en tandem pour ces élections. Henry Takajiwa a quitté le gouvernement au début du mois de juillet, mais ces élections sont l’occasion parfaite pour tenter un retour en force en septembre et appliquer la totalité de sa nouvelle doctrine à l'international”. Tout au long de sa prise de parole, Victor Hardenbor Jr. s’est également montré très critique des différentes organisations internationales gravitant autour de notre pays, mais aussi très négatif vis-à-vis de plusieurs alliés actuels, tel que l’Akaltie, sans aucune surprise, mais plus étonnant, l’Empire du Nord, leur reprochant leur inaction lors de l’agression stérusienne : “dont le silence face à nos appels à l’aide en dit long sur l’amitié que nous entretenons avec eux“.

Simeon Belagri, de son côté, campe sur ses positions traditionnelles en termes de relations internationales, mais cela n’a pas suffit à convaincre la majorité des téléspectateurs, avec 41,9% d’approbation concernant ce thème majeur. Il se positionne comme le parfait opposé de son adversaire à ce sujet : il souhaite rester dans l’ASEA et la réformer, son rival souhaite quitter l’alliance, il souhaite intégrer l’OND, son rival s’y oppose… Le seul point sur lequel les deux candidats tombent plus ou moins d’accord est sur la nécessité de la Grande République de se recentrer sur les affaires aleuciennes en priorité, contrairement à la direction prise début 2016, où ce même Simeon Belagri avait fait le choix d’élargir les partenariats westaliens, en prenant contact avec de nombreuses nations non-aleuciennes, au point de concentrer les efforts diplomatiques de la Grande République vers d’autres continents entre 2015 et 2017. Contraint par les évolutions d’opinion de la population, il axe désormais son programme diplomatique sur l’Aleucie, souhaitant voir l’ASEA redevenir un pilier majeur dans le rassemblement des nations du continent, considérant tout de même l’alliance “comme défaillante”, mais avançant les problèmes rencontrés comme des obstacles à surmonter et une justification pour réformer l’ensemble de l’organisation vers un modèle qu’il souhaite “plus proche du peuple” et avec des impacts réels sur le développement du continent. Comme à son habitude, le Président fédéral se présente comme un défenseur acharné de la démocratie dans ses différents discours, cherchant toujours à promouvoir cette dernière dans ses réformes, et même dans sa politique étrangère. En effet, il est un soutien sans faille d’une adhésion de la Grande République au sein de l’Organisation des Nations Démocratiques, une alliance qu’il approche avec une très haute estime et où il considère les missions de cette dernière comme compatible aux idées westaliennes, dont notre pays devrait également y contribuer. Toujours aux antipodes de son adversaire conservateur, qui considère qu’une adhésion reviendrait à une “soumission” de Westalia, mais également du continent. Si on ne sait pas si le fond de cette opinion est partagé par la population, cette dernière n’a jamais vu d’un très bon œil cette candidature pour rejoindre l’OND, encore plus lorsque cette dernière a été “la goutte d’eau qui a fait déborder le vase” pour faire chuter le gouvernement Garandor en 2017.

Westalia dans quatre ans : le dessin d’un monde conservateur qui parvient à séduire

futur

Dernière étape de ce débat et exercice traditionnel pour les candidats : présenter leur vision de la Grande République à la fin de leur mandat hypothétique, dans quatre ans, soit en 2023. Cette partie du débat est généralement le moment pour les candidats de résumer leur propre vision politique, mais aussi d’aborder d’autres sujets qu’ils n’ont pas eus l’occasion de parler au cours du débat. C’est surtout un exercice de prestance devant les téléspectateurs, dans lequel chacun des adversaires doit pouvoir vendre son futur promis comme un commercial son produit à son client. Réaliste ou utopique, bien souvent plus le second que le premier, l’objectif est donc de marquer et de faire intégrer son projet dans la tête des électeurs rapidement. A ce jeu, Victor Hardenbor Jr. marque de nouveau des points, avec un taux d’approbation de 55,8% de la part des téléspectateurs. Sa prise de parole est un condensé de toutes ses promesses et idées qu’il a pu présenter au cours du débat, soit une bonne partie de ce qui lui a permis de convaincre les téléspectateurs tout au long de l’émission. On le voit donc reprendre point par point dans une conclusion synthétique sa vision : celle d’une Westalia qui retrouve sa croissance du début de la décennie, entraînant de nombreux profits pour beaucoup de monde et surtout le développement d’une “souveraineté économique” pour la Grande République. Un concept qui ne vient pour une fois pas de la droite dure, mais plutôt des néo-asfortiens, soit des rangs du Parti Libre et Démocrate, principal allié du Parti de l’Union Républicaine depuis fin 2016. Avec Justin Darfor à la tête de ce courant, l’objectif est de construire une société beaucoup plus autonome dans ses ressources stratégiques, telles que l’électricité, l’eau, le savoir-faire… Et surtout l’alimentation ! Dépendant énormément de l’extérieur pour s’alimenter, alors que la Grande République dispose de vastes territoires cultivables, ce paradoxe est né au cours des années 2000 et s’est grandement renforcé après la crise rurale de 2015, qui a mis au centre de cette souveraineté le monde agricole, actuellement en pleine souffrance. Sur la diplomatie, toujours la même vision répétée depuis plus de deux ans par les conservateurs : faire de notre nation la “Grande puissance d’Aleucie”, le candidat de droite ayant jusqu’à qualifier de Westalia “le visage de l’Aleucie, le leader naturel d’une nouvelle alliance qui regroupera la majorité des pays aleuciens, avec un objectif clair et important : la défense de notre souveraineté”, un projet d’alliance ambitieux, mais qui demandera réellement d’arriver au pouvoir pour savoir s’il se concrétisera réellement un jour. Bien évidemment, les paroles les plus séduisantes de Victor Hardenbor Jr. restent sans aucun doute celles d’un avenir stable, avec un retour de l’ordre prochain face à la crise actuelle et qui représentent à eux seuls la principale raison de ce haut taux d’approbation.

Du côté de Simeon Belagri, l’accent est mis sur la protection et le développement de la démocratie en Westalia, où il souhaite développer une société promouvant plus de relation directe entre le peuple et les décisions prisent dans le processus législatif, pour “gouverner avec le peuple”, basée sur des “initiatives qui permettront de recueillir proprement les préoccupations de nos citoyens“. Il considère, sûrement à juste titre, que le principal problème de notre société est le manque d’écoute et la trop grande distance de l'État avec la population qu’il gouverne. Il présente donc la majorité de ses propositions comme celle d’un effort collectif, employant à de très nombreuses reprises les mots “tous” et “nous” pour parler des actions réalisées dans son hypothétique avenir où il serait élu pour un second mandat ce dimanche. Sur le plan international, il accentue encore sur cet aspect de sa vision, considérant que la Grande République devra se confirmer “comme un phare de la démocratie et des libertés à travers le monde”, appelant à agir aussi bien en Aleucie que dans le monde pour promouvoir ces idéaux qui lui sont très chers dans sa vision. C’est d’ailleurs en s’appuyant sur ces faits qu’il justifie ses intentions de voir le pays rester dans l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne, mais aussi pour intégrer l’Organisation des Nations Démocratiques, qu’il considère comme une “suite logique” dans le développement de notre pays à l’international. A la fin de sa prise de parole, il se montre beaucoup plus alarmiste sur le risque de voir son adversaire remporter les élections, le danger “d’ouvrir les portes pour laisser entrer le mal dans la bergerie, une fois de plus, au risque de ne plus avoir les moyens de le déloger une seconde fois dans quatre ans”, un sous-entendu que Victor Hardenbor Jr., et plus globalement la droite, serait en train de préparer la constitution d’une dictature en cas de retour à la tête du pays. Cependant, il ne fait qu’une mention très brève sur la crise actuelle, ce que plusieurs observateurs considèrent comme une erreur dans son discours, puisque c’est un élément central pour les électeurs à ces élections, ayant préféré l'englober dans sa volonté “d’effort global” pour redresser le pays. De quoi expliquer le faible taux d'approbation de 38,5% sur cette partie.

Conclusion : Entre l’écrasante victoire d’Hardenbor et un débat de la honte

global

De façon globale, la prestation de Victor Hardenbor Jr. a bien plus convaincu les téléspectateurs que celle de son adversaire, le candidat conservateur obtenant un taux d’approbation de 54,6%, tandis que le Président fédéral n’obtient que 40,1%. Une victoire écrasante pour le premier qui, malgré un discours de plus en plus radical, parvient à convaincre de plus en plus de westaliens. Pour le Professeur Marcus Odwent, qui nous partage son avis global sur ce débat, “Victor Hardenbor Jr. réussi là où Simeon Belagri échoue, c’est la recette de cette victoire à ce débat. Pour être un peu plus exact, le conservateur a eu une bien meilleure préparation au contexte actuel et aux attentes de la population pour s’exprimer dans le sens qu’il a souhaité dans ce débat. Du côté du chef de l’Etat, j’ai cette impression depuis quelque temps que sa capacité à s’adapter politiquement n’est plus aussi incroyable qu’à l’époque. En 2015, il était l’homme providentiel, celui qui avait toutes les attentes du peuple sur les épaules. Aujourd’hui, en 2019, il est toujours cet homme de 2015, ou plutôt, il se croit toujours dans le contexte de 2015. La principale stratégie de Simeon Belagri a été de se poser comme le candidat modéré et défenseur de la démocratie, puisque c’est cette position qui l’a fait élire il y a quatre ans. Je ne sais pas s’il est convaincu qu’un élan populaire va faire barrage à son adversaire, fils du même homme qu’il a combattu pendant des décennies, ou s’il pense que jouer la carte de la différence totale lui permettra de se démarquer. Dans tous les cas, je vois mal le Président fédéral s’en sortir bien avec cette stratégie, ce dernier sondage le prouve et ce n’est pas bon du tout pour dimanche. A l’inverse, Victor Hardenbor Jr. vise là où il faut pour convaincre l’électorat : la gestion de la crise. Il apporte des réponses, beaucoup de réponses, aux principales inquiétudes de la population. La question n’est pas vraiment si ce qu’il promet est bon ou non, mais plutôt que la passivité de son adversaire dans ces sujets lui permet de monopoliser l’offre des solutions. Cela a été son plus grand avantage au cours de ce débat et c’est ce qui lui a permis de le remporter. Dans le fond, je pense que ce débat n’est pas réellement une victoire de Victor Hardenbor Jr., mais plutôt une défaite de Simeon Belagri. Le Président fédéral a offert la victoire à son adversaire, alors qu’il aurait pu bien mieux se positionner sur ses idées et contrer beaucoup plus efficacement la radicalité de son rival conservateur. Il n’a pas saisi l’opportunité d’un tel avantage et c’est très décevant à voir”.

En-dehors des idées, ce débat a été rapidement titrés comme le “débat de la honte” dans de nombreux médias nationaux, mais également par de nombreux westaliens qui n’ont pas hésité à critiquer les deux candidats pour leur manque de savoir-vivre et les reproches non-politiques tout le long du débat. En effet, à plusieurs reprises, le journaliste ayant animé cette émission, Joseph Heirfond, a eu beaucoup de mal, à certains moments, à maintenir l’ordre sur le plateau. D’un côté, Victor Hardenbor Jr. s’est montré particulièrement arrogant et provocateur dans ses prises de paroles et ceci dès le début du débat. De l’autre côté, Simeon Belagri a beaucoup joué sur le lien de parenté de son adversaire avec son prédécesseur à la présidence fédérale, essayant de lui amputer ses erreurs et insistant à plusieurs reprises sur les différents sujets. Des interventions personnelles qui ont parfois fini à l’insulte entre les deux hommes, qui a rendu le débat particulièrement peu appréciable à certains moments et, pour 67% des téléspectateurs, une mauvaise image des participants et de notre pays. Ces accrochages ne sont pas les premiers entre les deux rivaux politiques, qui ont multiplié les attaques personnelles entre eux depuis le début de la crise. Désormais, il reste à voir quel impact cela aura sur le choix des électeurs ce dimanche 25 août… L’histoire de la Grande République va de nouveau s’écrire dans quelques jours.
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Columbia Chronicle du 2 septembre 2019
Columbia Chronicle


Victor Hardenbor Jr. intronisé treizième Président fédéral de la Grande République


Le Président fédéral élu, Victor Hardenbor Jr., est félicité par ses partisans, après l’annonce officielle de sa victoire, devant le Palais d’Argent, à Columbia, le 26 août 2019.
Le Président fédéral élu, Victor Hardenbor Jr., est félicité par ses partisans, après l’annonce officielle de sa victoire, devant le Palais d’Argent, à Columbia, le 26 août 2019.

Une campagne électorale intense en pleine crise

Depuis la fin de l’année 2018, la Grande République est entrée dans une période de campagne électorale avec pour ligne de mire les élections présidentielles, les premières de l’histoire où le choix du nouveau Président fédéral a été donné directement entre les mains du peuple, à la suite de la réforme constitutionnelle “démocratique Belagri” adoptée par référendum en 2016. La course à la présidence est donc devenue l'enjeu majeur de cette année, autant pour le pouvoir qui vient avec ce rôle, que pour le gain de légitimité qu’il peut désormais avoir en se faisant nommer directement par le peuple. Plus que ce nouvel aspect de notre démocratie, c’est avant tout l’attente et l'espoir d’un déblocage politique de nos institutions qui sont particulièrement attendus de la part de la population. En effet, à la suite des sénatoriales intermédiaires de 2017 et de la chute du gouvernement Garandor, le pays a commencé à tourner au ralenti dans de nombreux domaines, avec un système législatif incapable de voter de grandes lois, à l’exception du texte “United Healthcare”, qui avait eu le soutien de presque tout le Sénat après quelques révisions. La crise qui frappe notre pays a également poussé à une fatigue encore plus grande de la population face à ces instabilités multiples : politique, sécuritaire, sociale, et la peur de voir cette dernière devenir économique. D’un côté, le Président fédéral Simeon Belagri s’est lancé dans une campagne pour sa réélection afin de retrouver une force politique qui lui permettrait de s'émanciper d’une droite qui le bloque au Sénat, mais aussi de pouvoir redresser la barre après deux années de gouvernance difficile pour le premier chef d'État de centre-gauche. Malheureusement pour lui, l’assassinat du candidat nationaliste Alfred Eisendorf et les répercussions dramatiques que cela a pu avoir sur la société ont grandement profité à son principal rival dans cette course : Victor Hardenbor Jr., candidat conservateur de l’Alliance Asfortienne. Fils aîné du précédent Président fédéral Victor Hardenbor Sr., qui a gouverné le pays entre 1991 et 2015 sans interruption, s’est progressivement imposé comme l’homme providentiel de la situation, acquérant une importante popularité qu’il n’avait pas jusqu’à présent. Ces derniers mois, il s’est particulièrement démarqué lorsqu’il a maîtrisé une foule d’horvanxiens en colère devant les portes du Sénat, évitant que ces derniers ne pénètrent de force dans le Palais Horvanx à la suite des annonces de Simeon Belagri. Une séquence qui a beaucoup marqué, positivement, le candidat conservateur, puisqu'il a obtenu un score remarquable de 42,54% dès le premier tour des élections présidentielles, écrasant tous ses concurrents. Il a de nouveau marqué la population en remportant le débat du second tour face à Simeon Belagri, sur WNN, malgré des propos et une attitude polémiques, confirmant sa position de favori.

Second tour des présidentielles : Victor Hardenbor Jr. remporte le scrutin final


Résultats officiels du second tour des élections présidentielles du 25 août 2019.

Le 25 août, les citoyens-électeurs ont été appelés à se rendre pour la seconde fois devant les urnes pour déterminer qui sera le prochain Président fédéral de la Grande République de Westalia pour les quatre prochaines années. Le premier tour des élections avait vu la qualification de Simeon Belagri et de Victor Hardenbor Jr., qui furent les deux seuls choix possibles au cours de ce second scrutin. Mais peu de temps après la publication des résultats, les candidats malheureux du premier tour avaient immédiatement donné leurs consignes de vote, à commencer par le socialiste Albert Parsent, qui avait réalisé l’impressionnant score de 20,37% et avait appelé à voter pour le Président fédéral sortant, rejoignant la volonté de faire barrage à la droite pour le second tour. De l’autre côté, le candidat nationaliste et remplaçant d’Alfred Eisendorf, Ladislas Andover, qui avait obtenu 13,82% des votes, bien en dessous des estimations, avait appelé à se ranger derrière Victor Hardenbor Jr. pour s’assurer que la droite arrive au pouvoir lors de ces élections. Au cours de la soirée du 25 août, les premières estimations des résultats ont été publiées par la presse, avant d’être confirmées au cours de la nuit par le ministère fédéral aux Affaires intérieures : le vainqueur final de ces élections est Victor Hardenbor Jr., qui a rassemblé un total de 56,94% des votes, tandis que son adversaire, Simeon Belagri, n’a réussi à convaincre que 43,06% des votants, perdant ces élections. Il semblerait que le soutien de la gauche n’ait pas été aussi important pour le Président fédéral, qui avait énormément perdu en popularité avec cet électorat lorsqu’il avait fait le choix d’intégrer, malgré lui, des ministres de droite, en 2017, dans un gouvernement qu’il avait qualifié de “compromis” et qui lui avait fait perdre l’intégralité de ses alliés de gauche. Ce scrutin a été marqué par une légère baisse de la participation, bien que toujours très importante, à 81,4% (contre 82,7% au premier tour), mais surtout une augmentation de la part des vote blanc ou invalide, à 4,3%, presque le double par rapport au premier tour (2,2%), qui aurait à priori été en la défaveur de Simeon Belagri, bien que cela n’aurait probablement pas changé l’issue de ce vote.

Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “on voit qu’il y a eu une mobilisation importante de l’électorat de droite pour soutenir Victor Hardenbor Jr., qui a confirmé sa popularité en remportant ces élections. Partant du premier tour avec 42,54% des votes, il n’y avait pour moi aucun doute qu’il allait être élu à ces élections. C’est là où on voit une nouvelle différence entre Victor Hardenbor Jr. et Simeon Belagri dans cette mobilisation : le premier est un personnage beaucoup plus rassembleur de l’électorat de droite élargit, adoptant tantôt un ton rassurant pour les asfortiens, tout comme il a su présenter patte blanche aux horvanxiens en reprenant à son compte une partie de leur vocabulaire et de leurs idées, tout particulièrement au cours de l’été, ne devenant pas simplement un second choix, mais une alternative crédible pour le second tour. De l’autre côté, Simeon Belagri dispose d’un électorat beaucoup plus limité, qui s’oriente plutôt entre le centre-droit et le centre-gauche, des asforitens libéraux jusqu’aux socio-libéraux, à quoi le second tour s’est greffé un électorat de gauche qu’il a déçu à plusieurs reprises depuis le début de son mandat et qui, je pense que les chiffres me donneront raison lorsqu’une véritable études aura été mené sur ces élections, n’a pas répondu avec autant d’enthousiasme pour soutenir le Président fédéral sortant”.

Une passation de pouvoir aux nombreux invités

Le Président fédéral élu, Victor Hardenbor Jr., saluant ses partisans à l’extérieur du Palais d’Argent, après la passation de pouvoir officielle avec son prédécesseur, le Président fédéral Simeon Belagri, à Columbia, le 1er septembre 2019.
Le Président fédéral élu, Victor Hardenbor Jr., saluant ses partisans à l’extérieur du Palais d’Argent, après la passation de pouvoir officielle avec son prédécesseur, le Président fédéral Simeon Belagri, à Columbia, le 1er septembre 2019.

Avec sa victoire officiellement confirmée, Victor Hardenbor Jr. a été reconnu comme le Président fédéral élu par le peuple de la Grande République. Avec une prise de fonction prévue pour le 1er septembre, soit une semaine après sa nomination, le nouveau chef de l’Etat a comme première mission de coorganiser sa passation de pouvoir avec son prédécesseur, le Président fédéral Simeon Belagri, qu’il côtoie déjà en amont depuis le 28 août pour préparer cette cérémonie et le traditionnel partage de conseil pour le mandat à venir, la communication des informations stratégiques ne pouvant s’opérer légalement que le jour de la passation, avant la cérémonie. Dans l'organisation de cet événement, le conservateur nouvellement élu a vu les choses en grand, il souhaite marquer l’actualité en s’affichant dans une cérémonie majeure, qui se réalisera en tout premier lieu dans le “Hall des victoires”, la plus imposante des salles de réceptions du Palais d’Argent, où sont notamment présentes de nombreux tableaux retraçant les victoires militaires westaliennes, principalement au cours des guerres amérindiennes et de la révolution, mais également au cours des guerres contre la Viétie communiste. La liste des invités est également tout aussi impressionnante, de nombreux dirigeants étrangers, chefs d’entreprises ou personnalités célèbres sont présents pour assister au changement de pouvoir en Westalia. En termes de personnalités issues de la Grande République, on retrouve en tout premier lieu les membres de la famille du nouveau Président fédéral, tel que son père, Victor Hardenbor Sr., au premier rang, mais également son frère cadet, Henry Hardenbor, également à la tête du groupe Hardenbor. Les alliés politiques sont également présents, à commencer par ses plus proches partisans, Henry Takajiwa et Arthur Horvanx au premier rang, mais aussi Justin Darfor, son allié asfortien à qui une très bonne place a été réservée, tout comme un potentiel ministère stratégique en coulisse, sans aucun doute. Toujours sur le volet politique, le Président par intérim du New Order of Westalia, Arthur McAubert, et le Président du Parti National Westalien, Henry Ross, ont également répondu de leur présence dans le public, les principaux représentants de gauche ayant annoncé boycotter la cérémonie, ainsi qu’une partie de l’aile gauche du Front Populaire et Démocrate. Pour adouber le troisième Président fédéral issue d’une Dynastic Family, l’ensemble des grandes familles westaliennes ont également répondu favorablement à l’invitation du nouveau chef de l'État, avec des présences remarquée au premier rang, tel qu’Hirayoshi Akiyama, Ottavio Beranci ou encore Wilson Larster.

Du côté des invités internationaux, la cérémonie a été l’hôte de nombreux invités de marque, avec la présence notable de plusieurs dirigeants étrangers, à commencer par les voisins et alliés historiques de la Grande République, le Président lermandien Michel Duval et le Président nebrownien Ernest Reyes, assis côte à côte et dans les premiers rangs. La salle a également été l’hôte de nombreux invités yukanaslaves, cette nation sud-aleucienne où la famille Hardenbor y possèdent de nombreux intérêts, à l’image du Président Moctezuma III Kalpàn, le Président du Nouveau-Saptär, Volodimir Pervetcha, également très proche des Hardenbor, le Janggun du Shotugara, Taejo II Mohamoto, ou encore le Président de Shiramazu, Yong Ma Dong. Chez les alliés aleuciens, c’est sans aucune surprise que les membres de la délégation brocélienne, composée du Premier Secrétaire Spécial du Roi, Edmund Valemont, et du Secrétaire Royal aux Affaires Aleuciennes, Julian Westbridge, étaient présents à des places avantageuses et démonstratrices du rapprochement entre les deux pays, tout particulièrement avec l’arrivée au pouvoir de Victor Hardenbor Jr., dont ils ont été les premiers à féliciter l’élection. La salle a également l’honneur d’accueillir le Monarque de l’Empire du Nord, Maximilien II, et son Premier ministre (par intérim), François Adolphe Rouzet, également positionné à des places de premiers ordres, malgré les critiques fréquentes à leur encontre par le nouveau chef de l'État, durant toute la campagne. Toujours côté aleucien, la présence remarquée de la Nouvelle Antérinie, un État confédéré de l’Empire Antérinien, sans contact notable jusqu’à présent, malgré la perte d’une partie de son territoire, dont la présence pourrait ouvrir à un rapprochement avec le nouveau pouvoir conservateur en Westalia, très proche géographiquement. Dans les représentants internationaux hors Aleucie, on retrouve une présence notable de personnalité en provenance du Nazum, à commencer par le principal allié de notre pays dans la région, le Wanmiri, avec la présence de Ethrasyl et Eddonna Tymeri, respectivement dirigeant de la République Démocratique et Première ambassadrice. Ainsi que la présence notable d’une nation ayant récemment établi des liens avec notre nation, les Royaumes-Unis d'Alarya, avec la présence de leur Ministre fédéral des affaires étrangères, Yamamoto Kiwazaki, et de l’ambassadeur en Westalia, Yutaka Hayashi, preuve de l’importance croissante du Nazum comme vivier de partenariats extérieurs pour la Grande République.

La cérémonie de passation a également été l’occasion pour le nouveau Président fédéral d’inviter de nombreuses personnalités aux idées conservatrices et/ou nationalistes pouvant partager des points de vue convergents avec sa propre politique. A commencé par des figures de la droite yukanaslave, qui se rapproche de plus en plus de celle westalienne, à l’image du plus en plus populaire Lukas von Riptoffen, du candidat aux présidentielles Zapàn Moremore ou d’Eadred Yamatori, l’ambitieux politicien du Shiramazu. Victor Hardenbor Jr. semble aussi bien séduire les monarchistes que les républicains, comme en Brocelynwood, avec la présence notable d’Andrew Whitmore, un membre de l’aile droite du Parti Républicain, ou encore le nordiste anti-communiste et d’extrême-droite Atlas Solomon. En-dehors du continent, l’arrivée très remarquée du dernier héritier de la famille impériale kah-tanaise, ayant vécu en exil une première fois en Westalia, avant de partir vivre en Carnavale, mais où la situation locale pourrait les pousser à se rabattre sur leur premier choix, leur ancienne présence dans la capitale fédérale n’étant pas passée inaperçue au sein de l’élite de Columbia, couplé à un retour d'un Hardenbor au pouvoir, qui pourrait être favorable à leur accueil. A nouveau chez des alliés, la cérémonie a également été l’hôte de figures importantes du conservatisme wanmirien, avec la présence d’Adeo Desgah, membre de la Renaissance Wanmirienne, ou encore du Chef des armées Silakheri Galio, bien que présent à titre officiel dans la délégation de la République démocratique.

Un adoubement international aussi bien politique, qu’économique, puisque la Grande République a démontré toute sa présence dans le commerce international en accueillant de nombreux représentants d’entreprises majeures au cours de la cérémonie, à l’image d’Ambre Alienov, dirigeante du célèbre Consortium Hélia Alienov Tellary, un fournisseur d'armement étranger de l’armée fédérale, ainsi que de sa fille, Elena Alienov, qui a la charge de Fondation Alienov pour la Culture, marquant une présence wanmirienne très importante dans cette cérémonie.

Avec une présence internationale aussi importante, la plus grande de l’histoire de la Grande République, Victor Hardenbor Jr. cherche à se présenter comme un dirigeant légitime, influent et puissant à l’échelle internationale, tout en s'incarnant comme une figure majeure en Aleucie, tout comme un point de repère pour la droite continentale, voire internationale.

Une cérémonie exceptionnelle et marquante

Le nouveau Président fédéral a commencé la cérémonie en entrant avec un grand sourire, sur un tapis rouge et sous les applaudissements des personnalités présentes en nombre, sur fond musical de l’hymne national westalien, “Westalia, the Gem of the Ocean”. Serrant la main de nombreuses personnes présentes des deux côtés de l’allée qu’il remonte, Victor Hardenbor Jr. a tout d’abord prêté serment sur la Bible ayant appartenu à Stanislas Asfort, comme ses prédécesseurs, avant de tenir un discours devant ses invités, à côté de son prédécesseur Simeon Belagri :

“Une nouvelle ère s’ouvre pour la Grande République ! Une nouvelle ère s’ouvre pour toute l’Aleucie ! Nous avons traversé et nous traversons encore des temps difficiles, nous affrontons des ennemis qui ne demandent que notre chute, des phénomènes que beaucoup pensent inarrêtables, au point d’en baisser les bras définitivement. Le peuple westalien ne baisse pas les bras, je ne baisse pas les bras face à l’ampleur du travail que j’ai désormais face à moi. Les citoyens de la Grande République ont fait le choix du changement, celui d’un renouveau rayonnant, qui rendra toute sa splendeur à notre nation, en New Austaria, en Terracristo, en Lerant, en Horvanx, à Columbia et jusque dans l’ensemble de l’Aleucie.

Des forces hostiles au sein de nos propres terres font la guerre contre notre peuple, je ne resterai pas passif face à cette crise qui exige la présence d’un dirigeant ferme, vif et sage pour protéger tous les westaliens de ces hordes de terroristes et de cette résurgence de l’horreur qu’est le communisme. Ces quatre dernières années, un establishment radical a profité de ses pouvoirs pour laisser la corruption s'immiscer dans nos institutions, pour appauvrir nos citoyens, tout en déconstruisant les grands piliers de l’Unité nationale que nos ancêtres ont bâti et nous ont laissé en héritage, se faisant l’allié de nos ennemis, amenant à l’état dans lequel nous sommes aujourd’hui.

Mais nous ne pouvons laisser cela se poursuivre. Personne n’a voulu agir jusqu’à présent. Cela va changer ! Nous allons rétablir notre souveraineté, nous allons restaurer notre sécurité, par une justice solide, protectrice et efficace dans les prochaines semaines. Notre pays se trouve à un tournant économique qu’il ne lui reste plus qu’à saisir de ses propres mains, afin que notre croissance reparte d’une amplitude aussi importante qu’au début de la décennie ! Une vague de changements déferlent sur Westalia et sur l’ensemble du continent, c’est désormais notre rôle d’ouvrir la voie pour laisser passer ces puissants rayons de lumière apportant prospérité, paix et sécurité sur tous !

Je vous l’annonce devant vous en ce jour, le déclin de la Grande République prend fin aujourd’hui, notre pays revient sur le devant de la scène et nous comptons bien tout faire pour y apporter les changements nécessaires. L’affaiblissement et l’effondrement de l’Aleucie ne sont pas une fatalité, je refuse d’y croire un seul instant. J’en appelle à tous les dirigeants du continent : il est temps de penser à construire une souveraineté aleucienne pour lutter collectivement face aux ingérences extérieures néfastes. Mon pays possède une puissance remarquable et capable de soutenir dès à présent nos alliés d’aujourd’hui et de demain. D’ici peu, cette puissance sera encore plus incroyable, la Grande République sera bientôt une force incontestée sur le continent, plus exceptionnelle que jamais. C’est le moment de travailler ensemble pour que chacun puisse profiter de cette croissance, pour devenir plus fort, plus grand encore qu’il ne peut l’être aujourd’hui, à nos côtés et pour le bien de tous les aleuciens qui n’aspirent qu’à cet avenir de grandeur et de prospérité que nous souhaitons apporter, par laquelle mon élection marque la première pierre.

La Grande République sera à nouveau respectée et admirée, nous serons prospères, fiers de nos racines et de nos cultures, nous serons forts et nous gagnerons comme jamais auparavant. Nul ne pourra se prévaloir de nous intimider où qu’il soit, ni même de briser notre unité sacrée, nous ne faillirons pas ! Nous ne sommes pas seulement des austariens, des madreriens, des nipozams, des hamajaks ou toute autre peuple habitant nos terres, de toute religion et de croyances possibles, qu’elles soient catholiques, protestantes, bouddhistes, shintôs, athées et bien d’autres ! Nous sommes les westaliens, nous formons une grande communauté puissante, innovante, sage, qui rêve d’audace et d’aventure… C’est ce que nous sommes ! Nous avons l’avenir pour nous, inarrêtable, et notre nouvel Âge d’or n’est qu’à son commencement !

Vive la Grande République ! Vive l’Union Nationale ! Et que Dieu bénisse Westalia !”

La suite de la cérémonie s’est alors poursuivie par un discours sobre du Président fédéral sortant Simeon Belagri, qui a tout de même été applaudi par les personnes présentes ce jour-là, dont Victor Hardenbor Jr. et ses fidèles. Le désormais ancien chef de l'État et sa femme, Yvonne Asta, ont été escorté par son successeur et la nouvelle première dame, Sophia Hardenbor, uniquement accompagnés de membre de gardes cérémonials, jusque dans les jardins arrières du Palais d’Argent, où un hélicoptère de l’armée de l’air a récupéré l’ancien chef de l’Etat et sa femme, pour quitter Columbia, comme le veut la procédure, afin de regagner leur demeure personnelle à Santa Maria. Le nouveau Président fédéral a par la suite débuté une marche sur la place de la Grande République, face au Palais, et la célèbre et imposante Avenue de la Liberté, lourdement escortée par la police et des militaires en parade. Le chef de l'État a été accueilli par une grande foule de partisans agitant des drapeaux westaliens et criant des “Hardenbor” lors de son passage en voiture, tout en saluant les personnes venues l'acclamer.

Le départ de Simeon Belagri, amer et au futur incertain

Le Président fédéral sortant Simeon Belagri, au premier rang, à proximité de son successeur, lors de sa prise de serment, au début de la cérémonie, à Columbia, le 1er septembre 2019.
Le Président fédéral sortant Simeon Belagri, au premier rang, à proximité de son successeur, lors de sa prise de serment, au début de la cérémonie, à Columbia, le 1er septembre 2019.

Tout au long de la cérémonie, le Président fédéral sortant, Simeon Belagri, a paru très froid et peu actif contrairement à son habitude. Lors de son discours de départ, le madrerian est resté particulièrement sobre et sans grande phrase, revenant tout de même sur certaines réussites de son mandat, dont il se juge fière, à l’image de la réforme constitutionnelle de 2016 qui avait permis de renforcer les aspects démocratiques de la Grande République tout en réduisant ses propres pouvoirs pour “éviter une concentration trop importante dans les mains d’un seul homme”, accentuant notamment sur l’indépendance de la justice. De l’autre, il s’est également félicité pour sa réforme sociale du travail, mais aussi sur l’adoption de la loi “United Healthcare”, qui est citée parmi les décisions les plus populaires de son mandat de quatre ans. Pour autant, le désormais ex-Chef de l'État n’est pas au beau jour, avec une défaite cuisante aux élections présidentielles qu’il se voyait gagner depuis leur évolution au suffrage direct qu’il a mis lui-même en place. Particulièrement populaire en 2015, Simeon Belagri a énormément perdu ces deux dernières années en enchaînant les mauvaises décisions et sa difficulté à gérer les crises successives à la fin de son mandat, aussi bien politiques, que sociales. S’il a marqué profondément la Grande République de par ses nombreuses réformes, majoritairement populaire, cela n’aura pas suffi pour qu’il puisse s’élancer dans un second mandat, pire, il laisse la place au fils de son ancien rival historique, Victor Hardenbor Sr., qui l’avait précédé, sa défaite n’ayant pas réussi à vaincre un Hardenbor dans une élection, une fois de plus. Honnie par la gauche pour avoir intégré la droite dans le gouvernement, rejeté par la droite pour avoir pactisé avec la gauche, ce qui aurait dû être le grand succès de son parti, à amener le Front Populaire et Démocrate à s’isoler politiquement, entre les deux grands blocs qui se forment et la difficulté de s’insérer dans l’un des deux. Pour la première fois depuis sa fondation, plusieurs personnalités majeures remettent en question sa position de leader au sein du FPD, à l’image de George Garandor, son ancien Premier ministre fédéral, ou encore d’Eleanor Declass, actuelle Ministre fédérale de la Santé et figure montante de l’aile gauche de son mouvement.

“Alors que le Roi commence à peine à se lever de son trône, que ses vassaux commencent déjà à essayer de lui prendre la couronne”, a commenté de manière très critique l’actuel Premier ministre fédéral Richard Kaylor, pour parler de la volonté de plusieurs membres de son parti à remplacer Simeon Belagri comme leader. S’il est lui-même une figure majeure qui pourrait le remplacer, il est aussi l’un de ses plus proches fidèles, ayant réaffirmé “toute sa confiance” dans sa capacité à diriger le parti, qui doit se re-projeter dans l’opposition. Malgré tout, dans un communiqué fait le soir de la cérémonie du 1er septembre, l’ancien chef de l'État a annoncé qu’il allait mettre sa carrière politique entre parenthèses “jusqu’à nouvel ordre”, écartant l’éventualité d’occuper à nouveau les instances dirigeantes du FPD ou même de se présenter pour un poste de Sénateur d’ici la fin du mois. Cette annonce, aux répercussions encore trop fraîches, pourrait bien provoquer une lutte de pouvoir au sein de son propre mouvement, déjà affaiblie et mal partie pour remporter les sénatoriales à la fin du mois.

La gauche : entre boycotte et manifestations lors du 1er septembre

Des militants de gauche, lors d’une manifestation “Democracy, no Tyranny”; en marge des cérémonies officielles, à Columbia, le 1er septembre.
Des militants de gauche, lors d’une manifestation “Democracy, no Tyranny”; en marge des cérémonies officielles, à Columbia, le 1er septembre.

Toutes les figures politiques de la Grande République n’étaient pas présentes lors de la passation de pouvoir entre l’ancien et le nouveau dirigeant du pays. Un boycotte essentiellement réalisé par la gauche, notamment les membres de l’Alliance Populaire, comme le socialiste et ancien candidat Albert Parsent, qui a qualifié cette élection de “mascarade politique” et cette cérémonie de “coup d'État doré”, pour celui qu’il considère déjà comme un “danger pour la démocratie et les libertés”. Son allié hamajak, Gary Sikyatavo, va même jusqu’à accuser le nouveau Président fédéral de préparer “une nouvelle ségrégation à l’échelle fédérale, une nouvelle répression contre un peuple qui ne souhaite que vivre en paix et être reconnu à sa juste valeur au sein du pays”. Il n’y a aucune obligation pour ces derniers, tout comme leurs partisans, d’être présents lors de la cérémonie, malgré des invitations bel et bien reçues entre leurs mains pour y assister. Ce signe de défiance à l’égard de Victor Hardenbor Jr., c’est également une stratégie politique pour s’ancrer comme la nouvelle force d’opposition principale à la droite, selon le Professeur Wesley Hecton : “Déjà, avec les premiers sondages, on s’attend à ce que la gauche, et tout particulièrement l’Alliance Populaire, gagnent un grand nombre de sièges lors des prochaines élections, poussée par la récupération de l’important électorat social-démocrate, jusque-là fidèle aux bélagristes. Si bien joué, cette coalition a les capacités de former une opposition importante au nouveau Président fédéral. J’ai déjà entendu certains observateurs faire la comparaison avec la scène politique des années 2000, dans la célèbre rivalité entre Simeon Belagri et Victor Hardenbor Sr., qui pourrait être succédé par une nouvelle figure montante de la gauche, potentiellement Albert Parsent, contre Victor Hardenbor Jr., d’ici les prochains mois. Seul l’avenir nous dira ce qu’il en ressortira”.

A l’extrême-gauche, le leader des communalistes, Abel Ordan, qui n’avait pas pu se présenter aux élections présidentielles faute d’avoir pu rassembler suffisamment de soutien, a décidé de rejoindre personnellement les manifestations d’opposition faite en marge de la cérémonie d’investiture, principalement à Columbia, mais aussi un peu partout dans le pays, en protestation à l’élection de Victor Hardenbor Jr., jugeant “ne pas vouloir reconnaître un dictateur comme mon Président fédéral”, selon les propos d’une manifestante. Ces manifestations, surnommées “Democracy, no Tyranny” sur les réseaux sociaux, ont rassemblé quelques milliers de personnes à travers le territoire, sans débordement notoire selon la police fédérale. Pour Abel Ordan, il est important de manifester dès le premier jour : “Nous devons marquer notre opposition dès aujourd’hui, pour ne laisser aucun répit à un homme qui souhaite instaurer une dictature raciste, autoritaire et répressive dans notre pays. Victor Hardenbor Jr. n’est pas le Président fédéral de tous les westaliens, il est uniquement le pantin de la faction dominante au sein de l’oligarchie, celle qui a décidé de renverser Belagri pour le remplacer par quelqu’un qui va tout faire pour mettre tous les citoyens libres au pas, arrêter tous les opposants à ses décisions et surtout détruire progressivement la démocratie en Westalia. Je ne peux pas accepter que cet homme soit le dirigeant d’un pays comme le nôtre, ce n’est pas acceptable, il faut lutter et s’opposer fermement pour protéger nos libertés et notre démocratie face à ses ambitions qui vont faire souffrir le peuple tout entier”.

Premier jour, première action : démission du gouvernement fédéral

Dès le lendemain de la cérémonie, tôt dans la matinée du 2 septembre, le Président fédéral a annoncé qu’il avait demandé à l’actuel Premier ministre fédéral, Richard Kaylor, de déposer la démission de son gouvernement. Un ordre que ce dernier a rapidement exécuté, dans un mouvement politique qui n’a surpris personne, face à tout l’intérêt stratégique qu’il y a à constituer un nouvel exécutif pour Victor Hardenbor Jr., afin de soutenir les efforts de campagne pour les sénatoriales qui approchent à grands pas. Dans un communiqué sur ses réseaux sociaux, le chef de l'État s’est montré confiant dans son choix et dans ses idées claires pour la constitution du gouvernement qui sera dirigé par son futur bras droit, sans donner de nom pour le moment, laissant spéculer sur les candidats potentiels : “Le changement commence avant tout par le démantèlement d’un cabinet qui a échoué à accomplir ses propres devoirs, qui a laissé le chaos prendre place dans le pays et qui n’est plus légitime à le gouverner. D’ici la fin de la semaine, une nouvelle équipe sera annoncée pour débuter le travail que j’ambitionne pour le pays, pour les quatre années à venir. Il ne faut pas perdre de temps et préparer le terrain à notre victoire inéluctable aux sénatoriales primaires, qui nous donnera la majorité nécessaire pour appliquer notre programme”.

Qui pour diriger ce nouveau gouvernement conservateur ? Le nom des potentiels successeurs à Richard Kaylor circule un peu partout et fait déjà l’objet de nombreux débats et spéculation dans les médias et les réseaux sociaux. La première hypothèse est celle d’un retour d’Arthur Horvanx à ce poste, mais l'intéressé a déjà fait savoir qu’il ne comptait pas intégrer le gouvernement et qu’il préfère rester à la tête du groupe PUR au Sénat. Henry Takajiwa est également un profil particulièrement probable, supposant qu’il récupérerait le titre de Premier ministre fédéral, en plus de diriger les affaires étrangères, ce qui serait une première dans l’histoire de la Grande République et qui pourrait donner matière à débat d’un point de vue constitutionnelle, le chef du gouvernement n’ayant pas le droit d’avoir la charge directe des affaires diplomatiques, ce qui pourrait être techniquement annulé en occupant les deux postes. Un autre nom qui remonte souvent est celui de Justin Darfor, Président du Parti Libre et Démocrate, devenu un allié fidèle des conservateurs depuis 2016, sa présence au gouvernement est déjà assurée, mais sa loyauté pourrait être récompensée par le poste le plus éminent au sein de celui-ci. En-dehors, d’autres noms commencent à émerger selon des contacts intérieurs au sein du PUR, tel que des personnalités très proches de l’ancien Président fédéral Victor Hardenbor Sr., comme l’ancien chef du gouvernement Akito Fujitawa, ou encore l’ancien Président du Sénat Wilson Larster, tout comme l’un des petits protégés politiques du chef de l'État actuel, le Sénateur de Santa Maria et ancien membre des forces spéciales Aureliano Celenza. Pour le Professeur Wesley Hecton, “l’ensemble de ces noms représentent à eux seuls la dominance de la famille Hardenbor sur la droite westalienne. Le père a reconstruit la droite conservatrice, le fils l'a ramené au pouvoir. C’est la première fois de l’histoire du pays qu’une famille voit deux de ses membres arriver à se faire élire Président fédéral de la Grande République, le fils héritant de la légitimité de son père. Aujourd’hui, on voit une véritable dynastie politique qui s’installe en Westalia et qui semble prête à y rester et s’ancrer sur notre scène nationale”.
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Columbia Chronicle du 8 septembre 2019
Columbia Chronicle


Nouveau gouvernement fédéral : Aureliano Celenza à la tête d’un exécutif très à droite


Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza (PUR-GUN), alors seulement Sénateur de Santa Maria, lors de la victoire électorale de Victor Hardenbor Jr., à New Nandor, le 25 août 2019.
Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza (PUR-GUN), alors seulement Sénateur de Santa Maria, lors de la victoire électorale de Victor Hardenbor Jr., à New Nandor, le 25 août 2019.

Qui est Aureliano Celenza, le nouveau chef du gouvernement fédéral ?

Le 2 septembre, le Président fédéral Victor Hardenbor Jr., alors que son mandat n’avait pas encore atteint les vingt-quatre heures, a déclaré la démission de l’actuel gouvernement fédéral de Richard Kaylor, formé un peu moins de deux mois plus tôt, en pleine crise politique et sociale. Le nouveau chef de l'État avait alors promis la nomination d’un nouveau cabinet d’ici la fin de la semaine… Et la promesse a été rapidement tenue, puisque deux jours plus tard, le nouveau gouvernement fédéral était présenté officiellement devant la presse. A la tête de ce nouveau cabinet, le sénateur de Santa Maria, hardenboriste radical et membre du cercle rapproché du Président fédéral, Aureliano Celenza. De nombreux noms ont circulé ces derniers jours concernant l'identité et le profil de la personnalité qui allait succéder à Richard Kaylor et, si son nom était déjà apparu, il n’était pas considéré comme un favori pour les observateurs, une nomination qui renforce la stratégie du chef de l'État de nommer ses proches à des postes stratégiques.

En dehors de Terracristo, le nom d’Aureliano Celenza reste peu connu, mais beaucoup moins son nom de famille, qui est inscrit dans les livres d’histoire depuis la guerre de 82-84. En effet, Aureliano Celenza est le fils aîné de Cornelio Celenza, le “héros de la guerre de 82-84”, également surnommé “le soldat sans peur”, qui est connu nationalement pour avoir sauvé pas moins de treize soldats westaliens et lermandiens au cours de plusieurs batailles sanglantes, en plus d’avoir réussi la capture et l’élimination de plusieurs officiers ennemis, au sein des forces spéciales westaliennes. Si le père, devenu par la suite général et chef d’état-major des armées entre 1994 et 1999, ne s’est jamais lancé en politique, et ce jusqu’à sa mort à l’âge de 62 ans, dans un accident d’avion, son fils n’a pas hésité à s’y plonger dès que l’opportunité s’est présentée. Avant cela, il a suivi les traces de son père en intégrant l’armée fédérale, également dans les forces spéciales westaliennes, dont il prendra brièvement la tête entre 2013 et 2015, avant de se retirer du service actif, pour rejoindre cette fois-ci les rangs du Parti de l’Union Républicaine, au sein de l’aile traditionaliste. La même année, il se fait élire député au sein du Parlement de Terracristo et son nom, tout comme sa prestance naturelle, le propulse comme le leader de la droite au sein de l'État-républicain madrerian, dominé par les bélagristes. Il est l’un des rares membres de l’aile traditionaliste à ne pas avoir rejoint Alfred Eisendorf dans sa scission de son aile pour fonder le New Order of Westalia, faisant au contraire le choix de marquer son rapprochement avec Victor Hardenbor Jr. et de la toute nouvelle aile hardenboriste en train de se former au sein du mouvement politique, lui permettant de gagner grandement en influence au sein du PUR. Il marque l’actualité nationale pour la première fois en 2017, en se faisant élire Sénateur de l’un des sièges de Santa Maria remis en jeu aux sénatoriales intermédiaires, contre le candidat bélagriste, qu’il bat au premier tour, devenant un symbole des victoires de la droite en terre centriste, mais aussi celui qui infligea une défaite humiliante au cœur du fief de Simeon Belagri. Depuis lors, celui qui est considéré comme l’un des nouveaux visages de la droite conservatrice westalienne, du renouveau du PUR après sa débandade de 2015, ne manque pas de caractère dans ses idées, se positionnant comme un anti-communiste convaincu, ayant déjà appelé au renforcement de la loi d’interdiction du communisme, ou encore du déploiement de l’armée dans les ghettos hamajaks “pour opérer un nettoyage notre territoire de la racaille et rétablir l’ordre dans ces zones de non-droit”. Sa nomination est donc la continuité de celle du Président fédéral Victor Hardenbor Jr., celle d’un virage très à droite de la Grande République, mais également du PUR, qui avait pourtant pris un tournant plus modéré après sa défaite quatre ans auparavant.

Annonce d’un vote sur l’état d’urgence, une alliance élargie à droite et une campagne bien entamée pour les sénatoriales intermédiaires

Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza (PUR-GUN), en train de présenter la feuille de route de son gouvernement devant le Sénat de la Grande République, à Columbia, le 6 septembre 2019.
Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza (PUR-GUN), en train de présenter la feuille de route de son gouvernement devant le Sénat de la Grande République, à Columbia, le 6 septembre 2019.

Deux jours après sa nomination, le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza a présenté devant les sénateurs de la Grande République la feuille de route de son gouvernement, ainsi que les grandes lignes et objectifs de son cabinet pour les années à venir. Dans une ligne très à droite, il commence tout d’abord par rappeler la volonté d’appliquer le programme et les promesses de campagne de Victor Hardenbor Jr., notamment sur la sécurité nationale : “La sûreté de nos citoyens est gravement menacée et la sécurité de notre pays impuissante face à des groupes terroristes, des racailles et des séparatistes qui ont décidé de faire leur loi sur notre territoire. Le précédent gouvernement fédéral a fait le choix de la passivité, de la lâcheté et de l’incompétence. Ces choix, aussi mauvais que catastrophiques, ont provoqué la mort de milliers de personnes dans toute la Grande République. Des milliers de victimes innocentes qui auraient pu éviter de perdre la vie, des milliers de familles endeuillées qui pourraient encore profiter de leur proche disparu, des milliers d’enfants traumatisés par la violence raciale, raciste et anti-westalienne… Aujourd’hui, mon gouvernement ne compte pas baisser les bras face à cette urgence, qui doit être résolue rapidement par des moyens radicaux et immédiats, proportionnel à la crise que nous rencontrons. C’est pour cette raison que, en qualité de chef du gouvernement fédéral et avec le soutien de notre Président fédéral, j’annonce dès aujourd’hui que nous soumettrons devant les deux chambres la demande de mise en place de l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire westalien, dans une semaine très exactement. Notre demande sera soumise devant les sénateurs le 13 septembre et, si elle est approuvée, sera confirmée par les Délégués du Congrès Suprême le 14 septembre, avec une application prévue au 15 septembre à minuit, pour le centenaire de la Grande République. Nos pères fondateurs nous ont légué les moyens de répondre avec efficacité aux menaces qui planent sur notre peuple et il n’y a aucune raison, si ce n’est de l’incompétence, de la complicité ou de la trahison, que de ne pas les appliquer immédiatement. Tout va bientôt rentrer dans l’ordre, mon cabinet va se charger de faire la reconquête de notre nation, aux côtés du peuple et contre tous les traîtres et terroristes qui se dresseront sur notre route”.

Dans cette déclaration, qui a fait quitter plusieurs sénateurs de gauche de l’assemblée, le Premier ministre fédéral cherche avant tout à marquer les esprits, à établir dès le départ une ligne claire de son programme, particulièrement ancrée à droite et dans la continuité des promesses qui ont été faites durant toute la campagne pour les présidentielles… Tout en s’ouvrant également une magnifique vitrine pour la campagne des sénatoriales primaires, dont il est devenu de facto le leader de la droite, des libéraux jusqu’aux paléo-horvanxiens. En effet, c’est également Aureliano Celenza qui a annoncé, peu après sa nomination à la tête du gouvernement, la création d’une toute nouvelle alliance de droite : la Grande Union Nationale, qui inclut à sa tête le Parti de l’Union Républicaine, dont il est membre, le Parti Libre et Démocrate, déjà allié au premier, mais surtout le New Order of Westalia, qui se rallie à la surprise de tous aux côtés de la coalition à dominance hardenboriste, lâchant son allié nationaliste, le Parti National Westalien, qui ne fait pas partie de cette nouvelle triade de la “droite unifiée” westalienne, un exploit qui aura pris plus de cinq ans à se mettre en place, entre divisions, oppositions et finalement un rassemblement. Pour Wesley Hecton, Professeur en science politique à l’Université de Kaijotoshi, “ce rapprochement inattendu est sans aucun doute une nouvelle conséquence de la mort d’Alfred Eisendorf. Si ce dernier n’a jamais été opposé à une union des droites en Westalia, il n’aurait jamais accepté personne d’autres que lui pour la mener, ce qui a tout naturellement provoqué cette scission entre l’Alliance Asfortienne et l’Union Horvanxienne. Aujourd’hui, c’est désormais Arthur McAubert qui est à la tête du parti, élu à l’unanimité Président du NOW, après avoir occupé le poste par intérim depuis l’assassinat du fondateur de leur mouvement. L’homme d’affaires est beaucoup moins regardant sur cette question et sa proximité avec les personnalités du PUR est beaucoup plus importante que celle du PNW… Et surtout beaucoup plus intéressantes électoralement. En effet, l’alliance avec les nationalistes ces dernières années, bien que naturelles, n’a désormais en réalité plus tellement d’intérêt pour le parti. Rester aux côtés du PNW, du point de vue que je pense qui est celui d’Arthur McAubert, c’est de rester dans une spirale d’opposition alors qu’il y a une opportunité d'exercer une certaine influence sur le pays en rejoignant le gouvernement. Une décision qui ne fait pas l’unanimité en interne, mais qui reste le plus judicieux d’un point de vue purement stratégique”. De son côté, le Président du PNW, Henry Ross, a dénoncé cette “trahison”, accusant les nouveaux leaders du mouvement d’avoir souillé l’héritage d’Alfred Eisendorf et qu’il ne ferait preuve “d’aucune pitié face à cette coalition qui ne représente pas la vraie droite patriotique et horvanxienne”. Sans surprise, de nombreux sondages locaux convergent vers une victoire claire de la Grande Union Nationale, sur l’ensemble du territoire, qui devrait permettre au nouveau gouvernement de se doter d’une majorité suffisante et potentiellement absolue pour diriger le pays.

Le retour du Ministère fédéral à l’Unité nationale… Entre les mains de Ladislas Andover

Ladislas Andover, Vice-Président du New Order of Westalia, ancien candidat aux élections présidentielles et nouveau Ministre fédéral à l’Unité nationale, en campagne pour les sénatoriales primaires, à New Landor, le 7 septembre 2019.
Ladislas Andover, Vice-Président du New Order of Westalia, ancien candidat aux élections présidentielles et nouveau Ministre fédéral à l’Unité nationale, en campagne pour les sénatoriales primaires, à New Landor, le 7 septembre 2019.

Démantelé dès la victoire de la gauche en 2015, le Ministère fédéral à l’Unité nationale était une institution plutôt impopulaire dans les dernières années de son existence, qualifier par l’opposition de l’époque de “Ministre Fédéral de la répression nationale”, notamment à cause de la marque qu’avez pu laisser Alfred Eisendorf, qui l’a quasi exclusivement occupé de 2003 à 2014, avant d’être réassigné à la Défense, suite à la tentative de faire interdire le journal Democracy. Pour autant, sa réintroduction est aujourd’hui soutenue par une majorité de la population westalienne, 51,7% considérant que le retour de Ministère serait une bonne chose, dans une étude très récente. C’est d’ailleurs une promesse de campagne de Victor Hardenbor Jr. qui a été appliquée par son chef du gouvernement, Aureliano Celenza, qui s’est empressé d’annoncer la fusion du Ministère fédéral aux affaires intérieures et du Ministère fédéral à la cohésion des peuples dans cette nouvelle-ancienne entité : le retour du Ministère fédéral à l’Unité Nationale. Créé en 2003 par Victor Hardenbor Sr. en pleine application générale du concept de l’Union Nationale, c’est le Vice-Président du NOW et ancien candidat aux élections présidentielles, Ladislas Andover, qui voit le ralliement de son parti aux conservateurs être récompensé par l'acquisition de ce portefeuille majeur et central dans la politique intérieure à venir du pays. Il avait déjà occupé ce poste de façon très brève, entre 2014 et 2015, encore dans les rangs du Parti de l’Union Républicaine, où il n’avait pas eu le temps, ni le pouvoir, d’appliquer de nombreuses réformes ou grandes décisions, dans une période où la droite était en pleine chute politique et électorale.

Quatre ans plus tard, le boulevard est désormais grand ouvert pour appliquer un programme hardenborien, de plus en plus proche des idées qu’il promeut lui-même. En tant que maître des affaires intérieures, il est naturellement propulsé comme un homme fort de ce nouveau cabinet, dans lequel il est attendu qu’il travaille énormément avec le chef de l'État et le chef du gouvernement fédéral, en plus d’être le superviseur des décisions prises et des futures lois sécuritaires qui vont être adoptée. Dans sa prise de poste, il s’affirme en phase dans cette nouvelle alliance politique de droite, mais aussi dans l’application prochaine et plus que certaine de l'état d’urgence : “Nous devons reconquérir nos rues, nous devons sécuriser nos avenues, nos quartiers, nos villes, reprendre possession de nos champs, de nos villages, de nos forêts, de nos montagnes et de nos plateaux ! La racaille, les terroristes et les déstabilisateurs anti-westalien connaissent leurs derniers jours d’existence avec le retour au pouvoir d’une véritable force politique qui va œuvrer à construire une nation stable, forte, grandiose et toute-puissante. Finies les tueries, finis les fous et les meurtriers qui se baladent encore librement sur nos terres et qui ne respireront bientôt plus le même air que nous. Dès aujourd’hui, avec la collaboration du Président fédéral Victor Hardenbor Jr. et du Premier ministre fédéral Aureliano Celenza, nous allons prendre les devant pour préparer cet état d’urgence, pour préparer les nouvelles forces spéciales qui vont chasser nos ennemis et pour transitionner vers un retour à une société paisible, stable, démocratique et respectueuse de l’Union Nationale ! Ceci est le premier jour des grands travaux de l’Union, des premières pierres vers un avenir incroyable et sans pareil pour la Grande République !”

Le gouvernement semble confiant dans l’adoption de l’état d’urgence avant même la recomposition du Sénat, mais d’où peut venir cet excès de confiance dans un vote aussi stratégique ? Il vient probablement du fait que la droite domine déjà les deux chambres, à commencer par le Sénat, depuis sa victoire de 2017, mais dont les divisions à ce moment-là n’avaient permis de dégager aucune majorité ou union comme cela semble se former actuellement. Ensemble, en l’état, la Grand Union Nationale (GUN) représente 214 sénateurs sur les 453 siégeant dans la chambre basse. Si nous ne sommes pas dans une configuration de majorité absolue, un vote de l’état d’urgence a de très fortes chances d’être adopté. Si la gauche et les bélagristes, représentant ensemble une force de 204 sénateurs voteront contre avec certitude, les nationalistes du PNW, à minima, ne voteront pas contre, au risque d’envoyer un très mauvais message en pleine campagne électorale, dans un contexte où ils se retrouvent de nouveau seule sur scène. Leurs 32 sénateurs devraient donc soit se joindre au vote du reste de la droite, soit s’abstenir suivant les consignes de votes du parti à ce moment-là. Pour ce qui est du Congrès Suprême, dernière étape pour l’adoption de cette loi spéciale, la victoire est déjà assurée, le GUN possédant déjà 62 délégués sur les 105 siégeant dans la chambre haute, soit une majorité absolue déjà acquise. Concrètement, cette loi pourrait permettre au gouvernement d’appliquer des décrets pouvant limiter, voire interdire, le droit de manifester, mais également de pouvoir restreindre la circulation des citoyens localement ou nationalement, tout comme la possibilité d’effectuer des perquisitions sans attendre l’autorisation d’un juge fédéral. Des pouvoirs étendus que le nouvel exécutif juge nécessaire pour rétablir l’ordre, mais qui ont également une durée limitée : pas plus de trois mois, au bout desquels l’état d’urgence doit être renouvelé au cours d’un nouveau vote devant le Sénat, puis devant le Congrès Suprême, mais cette fois-ci au cours d’un autre processus qui le présente comme une loi fixe, avec une durée déterminée explicitement indiquée dans cette dernière.

De retour à la tête de la diplomatie westalienne, carte blanche pour Henry Takajiwa

Le Ministre fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa (PUR-GUN), siégeant sur le banc des ministres dans le Sénat de la Grande République, durant la présentation de la feuille de route du cabinet Celenza I, par le Premier Ministre fédéral Aureliano Celenza, à Columbia, le 6 septembre 2019.
Le Ministre fédéral aux affaires étrangères Henry Takajiwa (PUR-GUN), siégeant sur le banc des ministres dans le Sénat de la Grande République, durant la présentation de la feuille de route du cabinet Celenza I, par le Premier Ministre fédéral Aureliano Celenza, à Columbia, le 6 septembre 2019.

L’homme politique westalien le plus populaire avait quitté les rangs du gouvernement après les annonces du Président fédéral Simeon Belagri, le 5 juillet dernier, en signe d’opposition et provoquant l’apogée de la crise politique. Celui qui est aujourd’hui considéré comme l’une des personnalités les plus proche du nouveau chef de l'État, Victor Hardenbor Jr., reprend de nouveau ses quartiers à la tête du Ministère fédéral aux affaires étrangères, pour la troisième fois de sa vie, faisant d’Henry Takajiwa l’homme ayant occupé le plus grand nombre de fois cette position, mais également celui qui l’a occupé le plus longtemps sans interruption et avec le plus grand cumul de temps de toutes ses nominations. Entre 2017 et 2019, le plus célèbre diplomate westalien a démontré sa capacité à s'approprier la diplomatie de la Grande République, même dans un gouvernement où la droite était minoritaire, bien qu’il fut considéré que, tout au long de ses presque deux ans, qu’il fut grandement limité par l’opposition de Simeon Belagri. En plus d’être un diplomate, Henry Takajiwa est également un théoricien en relations internationales de renommée mondiale, pour ses multiples articles et livres traitant de la géopolitique, tout particulièrement aleucienne. Son dernier ouvrage, “Fukkatsu”, publié en 2018, est depuis lors considéré comme une feuille de route sur la transformation future de la doctrine diplomatique de la Grande République, dans le cas où la droite reviendrait en force au pouvoir, ce qui est désormais le cas aujourd’hui. Désormais, le ministre fédéral n’a plus aucune contrainte, frein ou garde-fou pour appliquer ses idées à l’international, tout particulièrement avec un Victor Hardenbor Jr. complètement acquis à ses théories et qui a déclaré, dans une récente déclaration auprès de journalistes “qu’il [Henry Takajiwa] a carte blanche pour reconstruire notre diplomatie après deux années de destruction et d’humiliation internationale provoquée par la gauche et deux ans où notre vaillant ministre a réussi à redresser légèrement la barre, mais constamment saboté par l’ignoble Simeon Belagri. Il n’y a jamais eu un meilleur chef de la diplomatie de toute notre histoire, de la fondation de notre pays à aujourd’hui. C’est un élément central pour notre nouveau gouvernement, il a toute ma confiance, je saurai lui donner toute la liberté et faire usage de toute ses capacités, contrairement à mon prédécesseur”.

Au cours de sa prise (ou reprise) de poste au Palais Heismester, Henry Takajiwa a présenté ses ambitions pour le futur de la Grande République à l’international, reprenant les principaux points de sa nouvelle doctrine, le Fukkatsu : “Westalia est la première puissance du continent, c’est un fait incontestable à l’international, mais nous ne pouvons pas encore nous considérer comme LA Grande puissance d’Aleucie. Pendant quatre ans, nous avons pris énormément de retard sur cet objectif crucial pour la survie de notre pays et l’avenir de tout le continent, qui en dépend. Désormais, il est temps d’axer nos positions avec cet objectif en tête : notre pays se doit d’être en capacité d’incarner une force capable de mener les efforts de protection de notre continent, de la création d’une souveraineté aleucienne qui manque tellement dans ce contexte d’instabilité internationale. En Aleucie, nous sommes en retard par rapport à tous les autres continents et nous devons faire un choix rapidement : faire comme l’Afarée ou le Nazum en se rapprochant pour lutter contre les ingérences néfastes de l’extérieur, ou faire comme l’Eurysie et plonger dans une multitude de guerres, de révolutions, de guerres civiles, de génocides et de coup d'État à répétition. Il nous faut tout reprendre à zéro, repartir sur une base solide, avec des objectifs clairs et communs à tous. De ce fait, la Grande République ne peut pas reconnaître l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne comme une entité capable d’apporter ces éléments, pas après avoir lâchement abandonné notre pays, pas après avoir fermé les yeux sur les problèmes réels de notre continent et encore moins en se servant de notre présence pour créer une relation bénéfique à sens unique et uniquement profitable pour certains États. Dans les mois à venir, mon ministère va se pencher sur la refondation d’une nouvelle entité capable de répondre à ces besoins et problématiques que nous traversons aujourd’hui, avec l’aide de nouvelles nations de confiance et alignée sur cette vision qui se doit d’être complètement acquise à tous. Il est temps pour la Grande République de se réveiller une bonne fois pour toutes, de reprendre la position qui nous revient de droit, de faire le trie dans nos relations, de faire émerger de nouvelles puissances aleuciennes et surtout d’ouvrir les portes d’un avenir prospère, stable et uni en Aleucie !”.

Si les ambitions d’Henry Takajiwa pour le continent et notre pays ne sont un secret pour personne depuis plusieurs années, son profil beaucoup plus modéré que le Président fédéral est également un choix rassurant pour les chancelleries étrangères, très respectueux des codes diplomatiques et bien loin des réactions parfois impulsives du nouveau chef de l’État, une certaine façon d’équilibrer le visage de la Grande République dans le monde. Pour le professeur Wesley Hecton, “Henry Takajiwa détient aujourd'hui une influence qui je pense est largement sous-estimée, que cela soit par les médias ou les acteurs de la scène politique nationale. En interne, c’est une figure de soutien de la première heure de Victor Hardenbor Jr., à une époque où il était encore largement oublié dans l’ombre de son père. C’est également le leader d’une des deux ailes du Parti de l’Union Républicaine, et ceci depuis déjà presque dix ans consécutifs, sans compter sa victoire électorale au cours de sa campagne pour les sénatoriales intermédiaires de 2017. En l’espace de quelques années, le diplomate a élargi son contrôle sur le parti au-delà de ce que l’on aurait pu attendre de lui, lors de son adhésion en 2003. Sur le plan international, c’est un diplomate influent qui est connu de la plupart des nations aleuciennes, et même mondiale, pour ces nombreuses visites marquées de succès diplomatiques pour la Grande République, mais aussi son omniprésence dans la diplomatie westalienne, même lorsqu’il n’était plus à la tête de son Ministère. Si vous voulez un avis tranché sur le sujet, pour moi, Henry Takajiwa est le véritable numéro deux à la tête de l’État, un homme dont les décisions auront une grande influence sur l’avenir du pays, mais aussi du continent”.

“Souveraineté westalienne” : lorsque la droite se prépare à appliquer ce nouveau concept central de son programme économique et social

De gauche à droite, la Ministre fédérale au Renouveau rural, Scarlett Warren (NOW-GUN), et le Ministre fédéral à la souveraineté économique, Justin Darfor (PLD-GUN).
De gauche à droite, la Ministre fédérale au Renouveau rural, Scarlett Warren (NOW-GUN), et le Ministre fédéral à la souveraineté économique, Justin Darfor (PLD-GUN).

Tout au long de sa campagne, Victor Hardenbor Jr. n’a pas arrêté de marteler mot “Souveraineté”, dans plus ou moins tous les sujets et domaines régaliens. Le Président fédéral ayant appelé à plusieurs reprises sur la nécessité de rendre la Grande République moins dépendante de ses importations et plus autonomes sur la production des ressources stratégiques, la nourriture en tout premier lieu. Ce concept n’est pas nouveau, et il tire ses origines modernes des néo-asfortiens et tout particulièrement de l’actuel Président du Parti Libre et Démocrate, Justin Darfor, qui en a été un soutien inconditionnel depuis son ascension à la tête du parti, en 2013, où il a fait de cet argument idéologique une promesse politique majeur, avant d’influencer ses alliés au PUR, depuis 2015, pour adapter leur doctrine économique dans ce sens, avec beaucoup de difficulté au cours des premières années, avant que le concept de souveraineté ne s'élargisse à d’autres thématiques, permettant à la vision du néo-asfortien de s’intégrer pleinement dans le programme général des deux partis. Précédemment Ministre fédéral à la Défense, avant sa démission le 5 juillet dernier, Justin Darfor se voit une fois de plus récompensé par ses alliés en se voyant accorder le domaine très stratégique de l’économie, dans un portefeuille renommé pour l’occasion et à la signification directe : “Ministère fédéral à la souveraineté économique”, précédemment nommée “Ministère fédéral à l’économie nationale”. Son objectif est annoncé directement : “nous devons faire de la Grande République une nation totalement souveraine de son économie. Nous devons avoir une plus grande maîtrise de nos importations et revitaliser la production nationale pour les ressources que nous sommes en capacité de produire sur notre propre sol. Que cela soit des ressources alimentaires, énergétiques ou encore des matériaux, l’accent doit être mis sur la priorité au développement national et à l’exploitation du potentiel économique westalien. Dans les mois qui vont arriver, mon Ministère va se pencher sur la rédaction de nouvelles lois qui permettront le développement de nouveaux secteurs d’activités stratégiques, ainsi que la création de nombreux emplois, à travers tout le territoire. L’économie sera revitalisée et le quotidien des westaliens beaucoup plus confortable !”

En coopération directe avec Justin Darfor, le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza a annoncé la création d’un tout nouveau portefeuille : celui du Ministère fédéral au Renouveau rural, une réponse directe à la crise rurale qui frappe le pays depuis plusieurs décennies et en réaction à la marche sur Columbia du monde rural, fin 2015, qui avait marqué la fin de mandat des conservateurs. Un sujet que les gouvernements successifs ont préféré éviter ou qui n’ont pas réussi à appliquer de grandes avancées sur les promesses tenues à l’égard de cette population longtemps délaissée. Pour combattre la pauvreté et redynamiser économiquement les territoires ruraux, c’est la sénatrice Scarlett Warren, membre du New Order of Westalia, qui a été nommée à ce poste. Agricultrice de profession, inconnue de la scène politique jusqu’à récemment, elle s’est d’abord fait connaître pour ses discours de colère lors de la marche sur Columbia, en 2015. Invitée régulièrement des plateaux télévisés par la suite, elle va finir par rejoindre le New Order of Westalia, peu après sa fondation, pour se lancer dans une carrière politique “afin de représenter les westaliens ruraux, ceux qui nourrissent tout le pays”, dans un mouvement politique qu’elle juge “avoir des idées concrètes pour répondre à la question rurale”. Elle est élue sénatrice en 2017, grimpant dans la hiérarchie du parti, avant d’être la conseillère spéciale d’Alfred Eisendorf, puis de Ladislas Andover, sur les sujets liés au monde rural et agricole. Lors de sa prise de poste, elle se présente elle-même comme membre de cette population “abandonnée pendant des années par les pouvoirs successifs”. Reconnaissable à son accent très campagnard et son franc parlé, elle se montre ambitieuse dans son programme, pour ce ministère dont elle est la première occupante : “Pendant des décennies, Westalia, cela a été deux mondes : la mégalopole, ses gratte-ciel et ses industries, et de l’autre, le monde rural, celui des villages, des forêts, des champs et des élevages à perte de vue. Dans une société normale, les deux devraient être complémentaires, dépendant l’un de l’autre, mais ce n’est pas le cas. Le premier a oublié que c’est le deuxième qui lui a permis de se développer pendant toute son histoire. Pire, le dernier gouvernement a été jusqu’à créer de toute pièce des remplacements étrangers à ce monde rural si crucial à notre pays. Désormais, il est temps de rétablir l’équilibre dans la balance sociétale : nos campagnes sont la clé de notre souveraineté alimentaire, mais nos agriculteurs n’ont pas les moyens d’y parvenir, ni même suffisamment de terres pour se développer, alors que le centre de notre pays est si vaste et sous-exploité. C’est en donnant plus de moyens, en développant les villages et villes rurales, et en offrant plus d'opportunités à nos citoyens ruraux que cet équilibre se rétablira, mieux, cela fera prospérer notre pays. C’est ce que je vise avec mon Ministère, rétablir cet équilibre et propulser la Grande République vers un âge d’or sans précédent !”

Le retour de vieux visages au sein du gouvernement

De gauche à droite, le Ministre fédéral à la Fonction publique et au travail, Wilson Larster (PUR-GUN), et le Ministre fédéral à la Justice, Akito Fujitawa (PUR-GUN).
De gauche à droite, le Ministre fédéral à la Fonction publique et au travail, Wilson Larster (PUR-GUN), et le Ministre fédéral à la Justice, Akito Fujitawa (PUR-GUN).

La recomposition d’un gouvernement conservateur est également l’occasion pour le Premier ministre fédéral et le Président fédéral de réintroduire des figures historiques de l’hardenborisme, présentes depuis les débuts du parti et des fidèles de l’ancien Chef de l'État, Victor Hardenbor Sr., avec qui ils ont fondé le Parti de l’Union Républicaine. En premier lieu, on retrouve Wilson Larster, qui a déjà participé à d’autres gouvernements entre les années 90 et les années 2000, notamment à l’économie et à l’industrie, avant d’occuper la Présidence du Sénat de la Grande République entre 2007 et 2015. Redevenu simple sénateur après la défaite de son camp en 2015, il fait partie des premiers membres de la “vieille garde conservatrice” à se rallier à Victor Hardenbor Jr., au cours de la réorganisation du parti, en 2016. Un choix qui n’a rien d’anodin, lorsque l’on sait que la Dynastic Family des Larster, qu’il dirige, est considérée comme le principal allié de la Dynastic Family des Hardenbor, depuis plusieurs décennies. Cette proximité lui permettra donc de décrocher un poste dans le nouveau cabinet conservateur au pouvoir, au poste stratégique en charge de la fonction publique et du travail, un second domaine pour lequel les observateurs attendent de Wilson Larster un “détricotage” de la loi Latender, adoptée sous la gouvernance Belagri, qui a été longtemps critiquée par l’opposition de droite et dont sa nouvelle version devrait être plus en faveur des entreprises, notamment par la baisse de différentes charges patronales, mais également salariales, “pour contribuer à une augmentation naturelle des salaires et à la création d’un plus grand nombre d’emplois dans les secteurs d’importance vitale pour notre souveraineté”.

L’autre grande figure à intégrer ce gouvernement, c’est le “bulldog d’Hardenbor”, l’ancien Premier ministre fédéral Akito Fujitawa, entre 2005 et 2014, qui avait notamment contribué à propulser le pays vers l’international et à la mondialisation de son économie. Ancien avocat, il se retrouve pour la troisième fois à la tête du Ministère fédéral à la Justice, alors qu’il est lui-même mis en examen dans une affaire de favoritisme et d’atteinte aux libertés fondamentales, résultante de sa période à la tête du gouvernement fédéral. De nombreuses associations anti-corruption et “pro-démocratie” ont grandement critiqué ce choix, tout particulièrement lorsque le principal intéressé ne cache pas sa volonté de réformer la justice fédérale : “Il est temps pour notre justice de se montrer plus dure avec ces criminels qui détruisent notre pays et déstabilisent notre société. Une nouvelle génération de juges fédéraux, nommée entre 2015 et 2019, ont suivi des consignes politiques et à l’encontre du bon sens sur ce qu’il est nécessaire d’appliquer pour sauvegarder la paix dans notre pays. Il est temps de remettre les pendules à l’heure et d’ouvrir une nouvelle ère de justice fiable, ferme et parfaitement neutre pour nos citoyens, qui ne favorise pas une communauté par rapport à une autre et qui ne se montre pas laxiste par conviction politique”. Sa participation à la rédaction de la future loi Safety & Security V est grandement attendue.

L’armée fédérale désormais bien ancrée dans le gouvernement

De gauche à droite, le Ministre fédéral à la Défense, le Général Maxwell Ledford (PUR-GUN), le Ministre fédéral aux armées, le Général Richard Meylan (SE), le Chef d’État-major des armées, l’Amiral Nobuyoshi Kaminaga.
De gauche à droite, le Ministre fédéral à la Défense, le Général Maxwell Ledford (PUR-GUN), le Ministre fédéral aux armées, le Général Richard Meylan (SE), le Chef d’État-major des armées, l’Amiral Nobuyoshi Kaminaga.

L’empreinte de l’armée se fait toujours plus importante au sein du gouvernement fédéral, au crépuscule d’une décennie parsemée de conflits militaires dans le monde et seulement deux ans après avoir évité l’éclatement d’une guerre sur le continent aleucien. Si l’armée a toujours eu une part d’influence non-négligeable sur le pouvoir, la présence de militaires ou d’ancien militaires étant plutôt commune, le gouvernement d’Aureliano Celenza semble y accorder une très grande importance, notamment avec la reconduction de l’indétrônable Richard Meylan au Ministère fédéral aux armées, un poste qu’il occupe depuis 2013, soit le plus ancien ministre au sein de ce cabinet. Maître des réformes militaires et du renouveau de l’armée fédérale, il est devenu une personnalité indispensable pour les gouvernements et Présidents fédéraux successifs, dont la détermination, chaque année, pour défendre une augmentation du budget dédié aux armées, est bien connue de tous, ce qui en fait un Général aussi bien populaire auprès des troupes, qu’auprès de la population, également très proche de l’armée. Il fait figure d’exception, comme toujours, en incarnant un homme qui se revendique apolitique et se concentre uniquement à l’accomplissement de “sa mission” de doter la Grande République d’une force militaire puissante, déjà la première du continent. Sa reconduction n’a donc aucune surprise, le Président fédéral ayant même qualifié Richard Meylan de “génie de la préparation militaire”, avec qui il partage une “même vision pour le futur de notre armée”, à l’homme dont la popularité et l’impartialité lui avait même permis d’être considéré comme un potentiel chef de gouvernement, en 2017.

La nomination la plus surprenante est sans aucun doute celle du Général Maxwell Ledford à la tête du Ministère fédéral à la Défense. Cet ancien Chef d’État-major des armées, entre 2013 et 2017, a également beaucoup contribué à la réorganisation militaire de nos forces, travaillant de concert avec Richard Meylan, tout en se faisant le chef d’orchestre d'exercices de grandes ampleurs pour l’armée fédérale, ainsi qu’un chef militaire prêt à partir en guerre, entre 2016 et 2017, pour défendre son pays. Après qu’il ait quitté ses fonctions, il fut nommé à la tête de la prestigieuse école militaire d’officiers supérieurs de Fort Auston, avant de se lancer dans une carrière politique en rejoignant les rangs du Parti de l’Union Républicaine, début 2019, où il s’est également annoncé comme candidat aux sénatoriales pour le comté de Lerant city, dont il est originaire. Figure majeure de l’armée, sa présence au sein du gouvernement marque un pas de plus dans l’importance de l’armée au sein des décisions politiques, un niveau sans équivalent depuis la dernière contre la Viétie, entre 1982 et 1984. Avec cette nomination, Aureliano Celenza souhaite créer une dynamique militaire majeure dans les plus hauts sommets de l'État, avec un trio d’officiers qui ont l’habitude de travailler ensemble depuis plusieurs années : Richard Meylan, Maxwell Ledford et l’Amiral Nobuyoshi Kaminaga, actuel Chef d’État-major des armées. De quoi appuyer la volonté du Premier ministre fédéral dans la nouvelle augmentation drastique prévue du budget consacré à la Défense et aux armées, lui-même étant un ancien militaire de profession.

Un cabinet marquant et au programme aussi radical que plein d’ambitions

Pour le professeur Wesley Hecton, “ce gouvernement est le résultat de l’évolution de la droite westalienne ces quatre ou cinq dernières années. On se retrouve avec un gouvernement conservateur encore plus radical sur les questions sécuritaires, bien plus que tous ceux qui l’ont précédé, très certainement appuyé par la crise actuelle. Mais on se retrouve aussi avec un gouvernement qui se veut beaucoup plus actif sur la scène aleucienne, porté par les projets très ambitieux d’Henry Takajiwa, qui ballait définitivement les relents isolationnistes du parti. “Ambitieux”, c’est bien le mot le plus démarquant pour qualifier le programme des ministres d’Aureliano Celenza en cette seconde moitié de l’année 2019. Plusieurs des membres de son cabinet ne manquent pas de vouloir refaire toute la Grande République, dans des promesses et des décisions annoncées dès la prise de poste. Une stratégie de hâte qui est clairement orientée vers les sénatoriales primaires qui arrivent dans quelques semaines, une volonté d’occuper le terrain idéologique en contrôlant l’agenda politico-médiatique de cette campagne. Il reste à savoir si ce gouvernement fédéral parviendra à réussir là où celui de Richard Kaylor a échoué. Mais le plus important, cela reste de voir pour combien de temps ce dernier parviendra à maintenir la cohabitation entre asfortiens, hardenboristes et paléo-horvanxiens, une composition trop large ayant déjà prouvé ses limites lorsque la gauche avait essayé de faire la même chose, quatre ans plus tôt…”
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Democracy du 15 septembre 2019
Democracy


Fête de la Grande République et état d’urgence ou comment la démocratie s’effrite à son centenaire


Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza, après le vote au Congrès Suprême de l’état d’urgence, à Columbia, le 14 septembre 2019.
Le Premier ministre fédéral Aureliano Celenza, après le vote au Congrès Suprême de l’état d’urgence, à Columbia, le 14 septembre 2019.

L’état d’urgence, passage obligé du programme sécuritaire de la droite

S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher au nouveau chef du gouvernement fédéral, c'est de ne pas appliquer son programme et les promesses faites par Victor Hardenbor Jr. au cours des présidentielles. Bras droit du Président fédéral, numéro deux de la Grande République, Aureliano Celenza frappe dès sa prise de fonction en annonçant sa volonté de faire voter la mise en place de l’état d’urgence à l’échelle nationale auprès des deux chambres législatives westaliennes. La dernière mesure de ce genre à avoir été votée date de la crise des ghettos, en 1991, où le nouveau gouvernement conservateur de Victor Hardenbor Sr. avait fait voter une mesure similaire, mais limitée à certains quartiers bien définis, ce qui avait notamment permis le déploiement de l’armée fédérale et des contre-mesures policières beaucoup plus violentes, voire à la limite de la légalité pour l’époque. Le véritable dernier état d’urgence à l’échelle nationale date, quant à lui, de 1961, au cours de la première guerre contre la Viétie et en pleine révoltes communistes à travers le territoire, prolongé jusqu’à la fin du conflit. Autant dire que ce genre de décision reste plutôt rare dans l’histoire de la Grande République et qu'elle est surtout l'apanage des gouvernements de droites radicales, puisque les conservateurs furent au pouvoir en 1961, en 1991 et répètent cette même logique en 2019, désormais de retour à la tête de l'État. La question sécuritaire est toujours au centre de chaque programme de la droite radicale depuis plusieurs décennies, avec la volonté d’apporter, cette fois-ci, l’application de lois encore plus dures que par le passé, promettant notamment de réintroduire le délit d’extrémisme, instauré en 2013, supprimé en 2016, et désormais en préparation d’un retour via la loi Safety & Security V. Pour beaucoup, cet état d’urgence est aussi un moyen de débloquer une plus grande marge de manœuvre pour faire adopter des mesures toujours plus radicales dans la loi, comme cela avait pu être le cas en 1991.

Pour faire adopter cette “demande d’état d’urgence à l’échelle nationale”, le Premier ministre n’a pas eu d’autre choix que de se tourner en premier vers le Sénat de la Grande République, dans l’organisation d’une session exceptionnelle le 13 septembre, une semaine après sa prise de fonction. Pour beaucoup, ce choix a été très surprenant, celui de ne pas attendre les prochaines sénatoriales primaires qui arrivent à la fin du mois et de faire adopter une mesure majeure d’entrée. Le pari ne se trouve pas vraiment dans la question de son adoption, avec une majorité déjà présente pour le gouvernement, une minorité de gauche incapable de s’y opposer et une extrême droite, bien que mise à l’écart par le reste de la droite, qui a préféré s’abstenir, cette demande du gouvernement a passé la première étape législative. Son adoption lors de son passage au Congrès Suprême, le lendemain, n’a pas été une plus grande surprise, puisque le gouvernement dispose d’une majorité absolue déjà acquise à la chambre haute de la Grande République. La véritable question qui s’est posée, c’est plutôt celle du risque de prendre des décisions trop importantes ou clivantes à quelques semaines d’une scrutin décisif pour le gouvernement fédéral qui, bien que la Grande Union Nationale soit donnée comme grande favorite, pourrait lui porter préjudice si l’utilisation de cet état d’urgence n’est pas réceptionnée positivement par les électeurs…

Des mesures radicales, liberticides et très inquiétantes pour l’avenir de la démocratie

Quelques heures après l’adoption de la demande d’état d’urgence par le Congrès Suprême, dans une annonce télévisée programmée à l’avance, le Premier ministre fédéral a détaillé de façon plus officielle les différentes mesures et décrets qui vont être appliqués dès le 15 septembre et dans les jours qui suivront, dans une application “progressive” de l’état d’urgence entre le 15 et le 17 septembre. A minuit pile, aujourd’hui, les premières mesures annoncées par Aureliano Celenza entre en action et ces dernières semblent être déjà très actives dès le premier jour d’application. En effet, depuis le début de cette journée, la police et les agences de sécurité fédérale, n’ont plus besoin d’obtenir un mandat pour procéder à des perquisitions dans le cadre d’une enquêtes pour terrorisme, espionnage ou pour la criminalité organisée, des observateurs locaux remontant un nombre important de convois policiers et d’interventions un peu partout dans le pays, tout particulièrement dans les quartiers à majorité hamajak, entrainant automatiquement une hausse des tensions et des arrestations dans le cadre de ces opérations, soutenues par leurs applications préventives, désormais autorisées par l’état d’urgence. L’armée fédérale a également accentué sa présence dans nos rues, déjà présente depuis début juillet à des fins de protections localisées, sur ordre du Président fédéral Simeon Belagri, son successeur a approuvé la demande de son gouvernement de les faire participer à des opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre public. Une présence qui n’est pas sans rappeler celle de son dernier déploiement pour ces mêmes missions, entre 1991 et 1995, une présence critiquée pour les violences et les morts provoqués lors d’opérations contre des manifestations pro-hamajaks, à l’époque. A ce stade, d’après différents observateurs, l’armée à seulement accentué sa présence en déployant un plus grand nombre de soldats, tout particulièrement à proximité des ghettos hamajaks, réinvestissant les lieux qu’ils avaient abandonnés vingt-quatre ans plus tôt. La police fédérale a également réalisé plusieurs perquisitions dans le cadre du démantèlement de cinq associations hamajaks jugées “indépendantistes” par le gouvernement fédéral, tout comme deux autres accusées de “répandre l’idéologie communiste”, avec l’arrestation de plusieurs leaders de ces groupes, dans une vaste enquête pour complicité de terrorisme et de préparation d’insurrections. Le Ministre fédéral à l’Unité Nationale, Ladislas Andover, a également annoncé que d’autres enquêtes étaient en cours sur d’autres organisations, afin de déterminer “si leur dissolution est justifiable et si des preuves concrètes de leurs mauvais agissements permettent d’autoriser une telle décision”. En parallèle, ce même ministère a la charge d’appliquer “l’interdiction de la diffusion de contenus incitants à la violence”, que cela soit dans les médias, comme sur Internet, dans le cadre de la crise actuelle, une dernière mesure jugée particulièrement liberticide.

De toute évidence, l’ensemble de ces mesures s’apparente à un tour de vis radical sur notre société, les libertés de nos citoyens et tout particulièrement les fondements de notre démocratie, qui s’en voient menacé le jour de son centenaire. Le parallèle avec les mesures prises par Victor Hardenbor Sr, en 1991, est très important, d’autant plus que celles appliquées en 2019 sont beaucoup plus radicales et extrêmes que celles d’il y a vingt-huit ans. Entre les arrestations gratuites, les décrets qui permettent au gouvernement de tracer des contours flous sur des conditions favorables à la censure d’organisations, des médias, et même du peuple, les citoyens de la Grande République n’ont jamais connu un recul aussi important de leurs libertés et de leurs droits depuis l’instauration de la démocratie, faisant craindre le pire pour l’avenir du pays, alors que le nouveau gouvernement conservateur est en place depuis un peu plus d’une semaine désormais. Si Aureliano Celenza reconnaît lui-même que ces mesures “peuvent paraître dures, voir radicales”, tout en insistant bien dans la fin de son discours télévisé sur leur caractère “temporaire”, l’impression est plus d’essayer de convaincre la population de “ses bonnes intentions”, alors que l’ombre autoritariste n’a jamais été aussi grande sur nos institutions, alors que les sondages concernant les sénatoriales primaires semblent confirmer le gouvernement dans son avancée inarrêtable et ses décisions en roue libre.

Après le 15 septembre… Couvre-feu, interdiction de manifester, fermetures des frontières et police personnelle du Premier ministre fédéral

Les mesures du 15 septembre ne sont qu’un avant-goût de ce que réserve le gouvernement fédéral, puisque de nouveaux décrets publiés hier soir encadrent également de nouvelles décisions qui vont entrer en vigueur entre le 16 et le 17 septembre. Des mesures encore plus radicales et plus extrêmes que les précédentes, telles que la détention illégale d’armes de catégorie 4, comme des fusils d’assaut, des grenades ou encore des lance-roquettes, techniquement accessibles grâce à un permis spécial délivré par l'État, pourrait être assimilé à du terrorisme dans certaines villes du pays, une mesure justifiée pour “lutter contre les moyens de lutte armée employés par les terroristes et les organisations criminelles qui les soutiennent pour tuer et terroriser les westaliens innocents”. A partir du 17 septembre, le gouvernement fédéral va également instaurer un couvre-feu dans ces mêmes villes jugées “instables”, couplée à un interdiction de manifester au sein de ces dernières jusqu’à la fin de l’état d’urgence, une mesure similaire qui sera également prise sur l’ensemble du territoire, mais dont la levée de cette interdiction est déjà annoncée pour le 30 octobre 2019, sous couvert que le gouvernement fédéral ne change pas d’avis entre temps. Pour clôturer ce premier volet de mesure, le Premier ministre fédéral a également annoncé la fermeture temporaire des frontières de la Grande République, jusqu’à la fin du mois de septembre, donc avec une réouverture prévue pour le 1er octobre, avec une plus grande sévérité dans les contrôles aux frontières jusqu’à la fin du mois de novembre. Le chef du gouvernement se justifie de cette décision par une considération sécuritaire pour le pays, mais également pour ses voisins, dans une interview qu’il a donné ce matin : “Nous allons opérer à grande échelle sur le territoire, dans les prochains jours, et cela va mener tout naturellement à ce que ces lâches de terroristes essaient de prendre la fuite en quittant le pays. Il n’est pas acceptable que nous laissions cette vermine s’enfuir et échapper à notre justice, tout comme nous avons un devoir de ne pas laisser ces derniers semer le chaos chez nos voisins, je pense notamment à nos alliés lermandiens, qui ont également des problèmes avec leurs communautés hamajaks, encore plus violente et réticente que sur notre territoire. Notre pays pourra encaisser le choc pendant ces quelques semaines, c’est une décision difficile, mais nous ne la regretterons pas”.

Gerald Vensley, Commandant de la National Order Restoration Brigade (NORB), lors d’une interview dans un documentaire de la chaîne de télévision WNN, diffusé le 10 septembre 2019.
Gerald Vensley, Commandant de la National Order Restoration Brigade (NORB), lors d’une interview dans un documentaire de la chaîne de télévision WNN, diffusé le 10 septembre 2019.

De toutes les mesures encore à venir, celle d’un confinement complet du quartier de Felbord, considéré comme un ghetto hamajak, dans la ville de New Eringam, est probablement l’une des plus lourde. En effet, depuis presque trois mois, les gangs locaux se sont soulevés contre les autorités et ont décidé de barricader leur propre quartier, refusant l’accès aux forces de l’ordre, justifiant que ces dernières ne feront rien pour les protéger contre une quelconque attaque d’horvanxiens fondamentalistes. Sous Simeon Belagri, l'ordre avait été donné de ne pas intervenir, poussant à des négociations entre les “leaders” de ce quartier et les forces de l’ordre, ayant notamment permis l’évacuation de personnes blessées ou malades en dehors du quartier, non sans tension et plusieurs débordements violents. Au cours de la campagne présidentielle, Victor Hardenbor Jr. avait qualifié Felbord de “zone de non-droit”, promettant un retour à l’ordre et à une “reconquête du territoire”, devenant un élément central de sa rhétorique sécuritaire. Chose promise, chose due, puisque Aureliano Celenza a fait usage de ses droits spéciaux que lui confère l’état d’urgence pour préparer le terrain. Encore mieux, cette annonce a été l’occasion de présenter officiellement la concrétisation extrêmement rapide de sa nouvelle force policière spécialisée dans la lutte anti-terroriste et qu’il souhaite également employer dans des opérations de rétablissement de l’ordre : la “National Order Restoration Brigade”, également appelée “NORB”, cette dernière serait composée des “meilleurs officiers de la police fédérale et des plus compétents des membres de nos forces spéciales”, dont la particularité de cette dernière est avant tout un poids important et assumée du chef du gouvernement dans le commandement de cette unité spéciale.

A la tête de cette dernière, l’ancien Directeur de la Federal Homeland Security Agency, Gerald Vensley, également très proche de Victor Hardenbor Sr., avait démissionné fin 2015 à la suite d’une opposition avec le gouvernement fédéral de George Garandor sur la nouvelle loi sécuritaire “Safety & Security IV”, également critique du retrait du délit d’extrémisme. Célèbre pour ses opérations anti-terroristes et de démantèlement de réseaux criminels particulièrement médiatisées, c’est une figure majeure des questions sécuritaires et de la police fédérale qui prend la tête de cette unité spéciale, dans une annonce officielle faite ce matin. Selon cette même source, la NORB sera également l’une des forces déployées, au côtés de l’armées et d’agents de la FHSA, pour “rétablir l’ordre, la justice et la loi de la Grande République à Felbord”, le Ministère fédéral à l’Unité Nationale ayant appelé les habitants du quartier à respecter le confinement de vingt-quatre heure pour “leur sécurité”, tout en appelant à leur “pleine coopération pour que cette opération se passe le plus sereinement possible”, alors que les déploiement important autours du quartier et la nervosité des gangs qui l’occupent font craindre à une escalade de la violence…

Une fête de la Grande République entre partisans des mesures et opposants


Sondage sur l'approbation des mesures prises par le gouvernement fédéral, dans le cadre de l’état d’urgence, réalisé entre le 14 et le 15 septembre 2019, commandé par le Democracy auprès de la Westalian Society of Opinion.

Cette année, le centenaire de la Grande République et de la constitution de 1919 a eu un goût amer pour beaucoup de citoyens, tandis que d’autres y ont vu un “renouveau de la nation”, dans l’ascension du nouveau gouvernement conservateur et des décisions rapides qui sont prises. En effet, selon un sondage réalisé entre hier et aujourd’hui, les westaliens soutiennent majoritairement les mesures prises par le gouvernement fédéral, concernant l’état d’urgence, avec un taux d’approbation de 52,14%, dont 27,41% complètement favorables, tandis que 39,63% des sondés s’y opposent, dont 24,82% complètement défavorables. Comme expliquer de tels chiffres, pour des mesures qui, si elles avaient été prises quatre ans plus tôt, auraient eu un résultat plus que différent ? Pour Marcus Odwent, Professeur en science politique à l’Université de New Landor, “la principale cause de cette approbation élevée est, pour moi, dans la fatigue actuelle de la population face à un problème qui s’est aggravé au fur et à mesure des mois derniers. La droite a beaucoup joué sur cette peur et cette fatigue dans ses campagnes passées et actuelles, au point que ses décisions une fois au pouvoir, bien qu’extrêmes et radicales, sont approuvées par une majorité de la population. Ce n’est pas un noyau dur et large de l’électorat conservateur, ce sont des citoyens qui en sont réduit à accepter les propositions extrêmes et immédiates d’une droite qui s’est fait l’incarnation de l’héritière d’un passé fantasmé et pas si lointain d’une stabilité et d’une prospérité importante. De toute évidence, Aureliano Celenza cherche à capitaliser sur la victoire aux présidentielles de Victor Hardenbor Jr. pour prendre pleinement possession des sujets de la campagne pour les sénatoriales primaires, ainsi que d’occuper un maximum de l’espace médiatique durant cette courte période, un objectif qui semble en passe d’être atteint, selon moi”.

Des soldats de l’armée fédérale se rassemblent dans le centre de Columbia, le matin du 15 septembre 2019.
Des soldats de l’armée fédérale se rassemblent dans le centre de Columbia, le matin du 15 septembre 2019.

Ce premier jour d’état d’urgence, comme indiqué précédemment, coïncide avec la Fête de la Grande République, qui célèbre l’adoption de la Constitution de 1919 et la démocratisation de Westalia, après quarante-trois ans de dictature horvanxienne. Un parallèle historique qui semble désormais prendre une tout autre dimension en ce jour férié et de fête nationale pour la population. D’un côté, les partisans du gouvernement, notamment les plus radicaux, ne cachent pas leur dominance en s’exposant publiquement dans la rue, en chantant des chansons horvanxiennes et en agitant aussi bien des drapeaux westaliens, que des drapeaux de la dictature d’Henry Horvanx. Ces derniers n'hésitent pas à crier des slogans de droite du genre “Wake up the Bear !” (“Réveillez l’Ours !”) ou encore “Make Westalia Great Again !” (“Redonnons à Westalia sa grandeur !”), interposés entre des acclamations à destination de leurs leaders : “Hardenbor !”, “Celenza !”, et même au dirigeant du NOW assassiné plutôt dans l'année “Eisendorf !”. Dans la rue, nos journalistes on croisé un groupe d’hommes en tenue paramilitaire, qui se sont revendiqués appartenir aux Légions horvanxiennes, celles sous le contrôle du nouveau Président du NOW, Arthur McAubert, qui n’ont pas caché leur satisfaction : “Le martyr Eisendorf a perdu la vie pour défendre l'idée d’une Westalia puissante et éveillée face aux menaces qui lui font face. Aujourd’hui, avec le retour de véritables hommes qui savent ce qu’ils font au pouvoir, nous allons pouvoir mener le pays vers un avenir prospère, pacifié et purifié des vermines et des tumeurs qui le détruisent de l’intérieur. Les années décadentes des bélagristes sont terminées, la chute va être reversée et nous allons devenir le plus puissant des peuples !”. De l’autre côté, dans une manifestation en complète opposition, des militants de la mouvance “Democracy, no Tyranny”, formée au début du mois, ont fait acte de leur présence pour faire savoir leur opposition aux décisions du gouvernement, appelant Aureliano Celenza à démissionner et voulant faire de ce 15 septembre “le jour où le peuple se bat pour la démocratie”, cent ans après l’adoption de ce modèle de plus en plus menacé par la succession des gouvernances conservatrices.

Des décrets anticonstitutionnels et illégaux ? La gauche contre-attaque !

Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), leader de l’Alliance Populaire, tient un discours au Sénat au sujet de l’état d’urgence, le 14 septembre 2019.
Le Sénateur Albert Parsent (USD-AP), leader de l’Alliance Populaire, tient un discours au Sénat au sujet de l’état d’urgence, le 14 septembre 2019.

Du côté de l’opposition de gauche, le socialiste et leader de l’Alliance Populaire, Albert Parsent prend la tête de la fronde contre le gouvernement fédéral dans une déclaration tenue au Sénat, hier dans la soirée, acclamé par ses partisans, alliés, mais aussi par les bélagristes. Ce dernier affirme que l’application de l’état d’urgence ne peut pas être appliquée à l’échelle nationale dans les conditions actuelles et que cette utilisation rendrait inconstitutionnelle la demande du gouvernement qui a été adoptée plutôt. Dans un communiqué de ce jour, il va jusqu’à qualifier les mesures prises par le Premier ministre fédéral de “préparation à un coup d'État contre la démocratie, la Grande République et toute la population westalienne, dans le but d’établir un régime dictatorial, brutal et répressif”. Il pointe notamment du doigt les nombreux décrets publiés plus tôt dans la journée et souligne sur l’importance que ces derniers vont bien au-delà de ce que la constitution permet de faire avec l’état d’urgence : “Il n’est pas acceptable, même dans une situation comme la nôtre, de recourir à la censure pour faire taire les médias, de détruire la justice pour instaurer un ordre policier sans possibilité de se défendre, d’arrêter des citoyens sans preuves suffisantes ou d’interdire des organisations sur des critères flous et complètement antidémocratiques. Nous ne sommes pas dans une application de l’état d’urgence qui cherche à rétablir l’ordre et la paix sur le territoire, nous sommes dans une application qui cherche à instaurer un nouveau régime autoritaire et qui commence par s’en prendre à la population, en poussant les limites de l’acceptable dans des interprétations faussées de notre constitution. En tant que partisan d’une démocratie westalienne qui se veut sociale, respectueuses des libertés individuelles et de nos institutions, j’annonce déposer une demande d’invalidation de l’état d’urgence auprès du Conseil de la Justice Fédérale, à qui je demande d’examiner les caractères anticonstitutionnels et illégaux des mesures prises par Monsieur Aureliano Celenza. Nous devons nous battre si nous voulons sauvegarder notre démocratie. Elle ne doit pas tomber face aux autoritaristes, elle a tenu un siècle entier aujourd’hui, je compte bien tout faire pour qu’elle continue de vivre pour un nouveau siècle encore !”.

Selon le porte-parole du CJF, la demande du Sénateur Albert Parsent devrait être examinée au cours de la semaine prochaine, avec une décision qui devrait être prise d’ici le 30 septembre, au vu du caractère spécial de la demande qui a été effectuée. Pour le Professeur Marcus Odwent, “le CJF est actuellement occupé par une majorité de membres issus des rangs bélagristes et socialistes (7 sièges sur 11), ce qui pourrait donner un avantage à l’adoption de cette demande, si ces derniers avancent les bonnes justifications. Cependant, la droite détient une arme ultime pour stopper ce processus, ou à minima le repousser, et celle-ci se trouve directement entre les mains du Président fédéral Victor Hardenbor Jr. : le pouvoir de dissolution du CJF, qui entraînera la nécessité de nommer de nouveaux membres. Depuis l’adoption de la réforme constitutionnelle de 2016, le chef de l'État n’a plus le pouvoir de nommer lui-même les membres de cette institution, une ancienne méthode établie en 2003 et supprimée par Simeon Belagri en 2016, dans une volonté de rendre la justice plus indépendante. Désormais, c’est aux juges fédéraux en fonction lors d’une dissolution, ou lorsque l’un de ses membres doit remettre son siège en jeu après six ans d’occupation sur ce dernier, qui ont la charge d'élire les membres de cette institution, comme c'était le cas avant 2003. Il est encore trop tôt et particulièrement difficile de savoir quel pourrait être le résultat de nouvelles élections, à ce stade, mais on peut y voir déjà deux finalités possibles : la première serait celle d’une nouvelle victoire de membres bélagristes et socialistes, qui leur permettrait de reprendre en main la demande du Sénateur, sans être inquiété du Président fédéral cette fois-ci, puisqu’il ne pourrait pas faire usage de son pouvoir de dissolution pendant une année complète. A l’inverse, si le CJF gagne une majorité proche du Chef de l'État, alors cette dernière aura une plus grande marge de manœuvre, non seulement pour rejeter la demande d’Albert Parsent, mais aussi de mettre la justice entre les mains de Victor Hardenbor Jr. pour les six prochaines années. Ce serait donc un scénario à double tranchant, mais je suis persuadé que le Président fédéral va prendre ce risque, même si le pire des scénarios pourrait être d’avoir une CJF capable de bloquer certaines des décisions de son gouvernement jusqu’à l’année prochaine. Il ne faut également pas sous-estimer la part des membres qui ne revendiquent aucune affiliation politique au sein de cette institution, occupant plus de sièges que les conservateurs (3 sièges pour les apolitiques et 1 siège pour la droite), qui, s’ils obtiennent plus de sièges, pourraient rendre le futur encore plus flou pour la CJF”.
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