17/10/2020
12:39:48
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Activités étrangères en Catholagne - Page 8

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"Qu'avons nous fait mon Père ? Pourquoi nous montrons-nous si indignes de Toi ?"


Alors que la bagarre faisait rage entre les cardinaux Araiz et Spinelli en plein milieu de la cafétéria pontificale, Mattin Munditibarrementeria assistait à ce spectacle, démuni, désabusé. Affalé sur sa chaise, il n'avait plus d'énergie ni pour séparer son compatriote qui était en train de donner une bonne leçon au Velsnien ni pour rassurer Désiré Anagonye, tétanisé par ce qui était en train de se passer sous ses yeux. Ce triste spectacle, en plus de ridiculiser une fois de plus l’Église était en train de tuer définitivement la dernière once de tolérance entre les différents courants régionaux ou dogmatiques de l’Église. Mattin se dit que si même les derniers cardinaux qui n'étaient pas déviants commençaient à se comporter comme des animaux, c'était peut-être le signe que la bataille contre le Mal était en train de lui échapper, malgré tous ses efforts.

Soudain, il s'aperçut à la troisième personne. Il se voyait en plongée, le temps devenait bien plus lent, comme au fond d'une piscine, et il n'entendait plus que de manière très lointaine le brouhaha dans la pièce.


"- Vous vous êtes perdus, égarés. Mais Je ne m'inquiète pas, Je sais reconnaître les justes et les repentis des autres.
- Mon Père, je n'ai plus la force de me battre, chaque jour qui passe ici m'éloigne de Toi.
- Ou te rapproche, mon fils. Ceci est une épreuve, non seulement pour toi mais pour l'ensemble de Mes enfants ici.
- Je fais ce qui me semble être le plus juste pour nous. Mais j'ai l'impression de prêcher dans le désert comme Jean le Baptiste.
- Continue. Souviens-toi : prêche la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant...
- ...car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables...
-...mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l’œuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère.
- Amen. Mais, avant que Tu ne partes, dois-je rester candidat ? Je ne sais plus si j'en ai la force. Je ne sais même pas si je serai un bon pape.
- Mon fils, seul toi a la réponse. Ne te demande pas si tu es digne de Moi mais agis en ton âme et conscience."



Tout devint plus clair, retour à la réalité, Araiz empoignait toujours Spinelli et Désiré ressemblait de plus en plus à un lapin pris dans les phares d'une voiture. Il ferma les yeux, prit une longue inspiration puis, lentement, déploya son immense carcasse et :

ASSEZ !!

Araiz et Spinelli s'arrêtèrent net, les gardes polks lâchèrent les deux protagonistes, les autres détournèrent leur regard de l'échauffourée et tous se tournèrent vers Mattin.

"Désiré, qu'a dit Jésus aux marchands du temple ?
- Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.
- Quelle disgrâce mes frères. Quelle disgrâce que ces paroles conviennent parfaitement à notre situation alors que nous sommes censés élire le successeur de Saint-Pierre. Que faisons-nous depuis le décès d'Augustin ? Quel diable est venu nous chuchoter à l'oreille, pour que nous nous donnions en spectacle de la sorte ? Sancte ressemble désormais plus à Gomorrhe qu'au siège de notre foi. Quand certains se sont adonnés au vice et perdus dans les complots et les malversations, par cupidité, orgueil, ou ambition, les autres n'ont eu ni le courage ni l'envie de se dresser contre cela. A mon humble avis, les crapules ne valent pas mieux que les lâches car les deux déshonorent la parole du Christ et j'ai la tristesse de vous dire que je ne vois pas beaucoup d'hommes échappant à ces deux classifications ici. Je voulais devenir pape pour tenter de reconstruire avec vous notre Église. Mais il me semble maintenant qu'il est préférable de régner sur un royaume de porcs que de vous diriger. Je me retire dans mes appartements pour prier, je ne veux pas être dérangé jusqu'au Conclave. En attendant, j'espère que Dieu nous viendra en aide et nous ramènera à la raison."


Il tourne les talons, s'avance vers la porte et à mi-chemin se retourne et s'adresse à Araiz :
"Mateo, nous partageons le même avis, mais votre comportement vous déshonore personnellement ainsi que les millions de catholans vasques dont je fais partie. Je suis peut-être coupable d'avoir entretenu et alimenté votre haine et j'en suis profondément désolé. Seulement, cette scène est inacceptable. C'est pourquoi, à la fin du Conclave, je demanderai au nouveau Pontife de vous démettre de vos fonctions de Cardinal."
Il se tourne ensuite vers Spinelli.
"Quant à vous Giovanni, j'espère que vous aurez la décence, bien que ce trait ne constitue pas une de vos caractéristiques, de faire de-même."

Mattin sort de la cantine, il va prendre le temps de réfléchir au bien-fondé de sa candidature jusqu'au début du conclave en s'isolant dans ses appartements.
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Son Éminence Désiré Anagonye en entrevue avec Jean Baudu. // Son Eminence le Cardinal Robert Sarah, prélat guinéen, à propos de la canonisation de Sa Sainteté Paul VI.

Désiré Anagonye ; le favori des Marcinois aura t’il une chance de gagner ? 

Vere Papa mortuus est ! Sa Sainteté Augustin, de son véritable nom Cesare Crezzini est morte ! Le Saint Siège, loin d’être destabilisé, s’attendait à ce tragique décès, Augustin ayant pris ses fonctions de Vicaire du Christ à l’âge, très avancé, de 73 ans. Et déjà les candidats ne manquent pas pour se proposer à la succession de ce vieil homme ; et une fois de plus les candidats pour le moins hauts en couleurs ne manquent pas. En 2016 nous avions pu constater que l’offre se dégradait avec des personnalités particulièrement instables, notamment Samuel Canto et Fulbertrand le Bienheureux ; des cas médicalement intéressants qui étaient avant tout des malades et des sociopathes qui entâchèrent par leur seule présence ce conclave. En 2020, la situation se dégrade encore plus ; Son Éminence Ludovic Enfant, cardinal carnavalais se prétendant femme et s’étant infligé une vasectomie complète, tout en s’ôtant le matériel génital masculin pour devenir Marie Ière, en hommage à la Vierge selon ce dernier. Autre étrangeté de la nature s’étant invité, le « Techno-Pape » Archibalde III ; un autochtone de la Métabaronnie ayant fait du transhumanisme une religion et tentant d’infiltrer ce conclave. Toute une flopée d’autres candidats plus ou moins loufoques, plus ou moins catholiques et plus ou moins sains d’esprit se sont par ailleurs invités à cette élection du Souverain Pontife. Si la plupart de ces candidats tiennent des positions pour le moins… controversées… De véritables sujets émergent progressivement : Désiré Anagonye fait de la lutte contre la corruption une priorité pour son possible pontificat, de son côté le candidat Velsnien, se prétendant Dodécaliotte, Spinelli, en appelle à plus d’inclusion pour les femmes, les minorités et à un travail de dialogue avec les syndicats, pour Mattin Munditibarrementeria, le candidat de la Youslévie, quant à lui s’oriente sur le dialogue interreligieux… C’est pour cette raison que nous avons invité aujourd’hui Son Éminence Désiré Anagonye afin qu’il puisse donner son avis sur la situation de l’Église catholique, les réformes nécessaires à mettre en œuvres et ses opinions sur les candidats se présentant à un conclave aussi… particulier…

Jean Baldu : - « Bonjour Éminence, c’est un honneur pour nous de pouvoir vous accueillir dans nos locaux et de pouvoir partager avec vous vos réflexions. Pour commencer, que pensez-vous de feu Sa Sainteté Augustin et du conclave de 2016, qui comme nous le savons n’a pas manqué de rebondissements… A commencer par l’assassinat de Son Éminence Palamas, le candidat nordiste à l’élection pontificale, tué par un missile balistique dans une église de campagne nordiste. »

Désiré Anagonye : - « Je vous remercie pour votre invitation, et je suis heureux de pouvoir partager mon avis au grand public. L’un des grands problèmes de l’Église, de manière générale, c’est la difficulté qu’elle a pour discuter et dialoguer avec les institutions de la société civile, en l’occurence la presse. Et pour moi, une couverture médiatique sera absolument nécessaire pour permettre d’établir une véritable proximité avec les fidèles du monde entier. Pour en revenir à votre question ; et bien je dois vous dire que je ne sais par où commencer ; tant les choses problématiques, les drôles d’oiseaux et les évènements tristement sensationnels se sont multipliés en un laps de temps si court… Je vous avoue que je suis moi-même dépassée par de telles choses ; imaginez tout de même la situation ; je suis un évêque de province marcinois qui apprend par la presse que Carnavale à assassiné un cardinal nordiste parce que ce dernier a eu le malheur d’avoir des propos désobligeants vis à vis de Son Éminence le Bienheureux ; normalement tout catholique digne de ce nom aurait dû être dévasté en apprenant cela ; le pouvoir séculier qui s’ingère dans les affaires religieuses pour détruire une église et tuer un homme intègre ce serait impensable au XXIe siècle, et pourtant voilà Palamas est mort ! Non définitivement il n’y a rien qui va ; l’Église n’a pas tant évolué que ça depuis le XVIe siècle. Et c’est à mon sens véritablement dramatique. Et je pense, que beaucoup en Antérinie partagent ce tragique constat.

Évidemment que l’élection d’Augustin a été une bonne chose, et je pense que ce fut la meilleure chose qui ait pu arriver à l’Église dans ce cas de figure ; parce que l’assassinat d’un papabile en plein conclave ne doit pas être vue comme le seul évènement mémorable des actualités religieuses et spirituelles de 2016 ; et non il y a tout un tas d’autres points qu’il serait bon de prendre en compte : à commencer par l’offre déplorable que représentait certaines personnalités se présentant au conclave ! Sincèrement comment Pie XVI a t’il laissé des zouaves pareils se draper dans le rouge de la cardinalice ? Parce que de vous à moi, le nom de Samuel Canto m’ulcère ; je ne puis que mépriser un tel homme qui a fait de la promotion de la pédophilie au sein de l’Église un cheval de bataille ; un homme qui est responsable d’agression sexuelle et qui s’en vante, par dessus le marché, qui aurait pu trôner sur le Siège de Saint Pierre, je vous avoue que le schisme ne m’apparaîtrait pas être une mauvaise idée, bien au contraire… Et qu’une telle abomination ose se présenter lors de ce conclave ne peut que nous indigner, plus encore, nous révolter au plus haut point ! Parce que l’on observe, c’est la pérennisation d’une tendance de fond qui remonte progressivement au grand jour. Et ça ce n’est pas du charabia d’un sociologue quelconque qui assomme ses interlocuteurs avec des mots compliqués pour leur faire sentir qu’il est plus intelligent qu’eux ; c’est un constat objectif et factuel : à chaque nouveau conclave les candidats sont de pire en pire. Ce n’est pas non plus un constat de grand réactionnaire ; déjà en 2010 nous avions eu des candidats pour le moins originaux qui n’avaient probablement jamais entendu parler de la Bible ! Et aujourd’hui nous avons une monstruosité mi-humine mi-machine qui refuse même l’existence de Dieu, du Dieu de l’Évangile. C’est une progression logique qui ne fait que s’aggraver à mesure que le temps passe.

Je ne crains que la grande erreur d’Augustin fut de mettre l’éducation religieuse au dessus de tout ; évidemment c’est quelque chose de louable ; l’Église a besoin de théologiens compétents plus à même de décrypter les évènements actuels au regard de la Parole qui nous a été donnée. En revanche je ne crains que ce désintérêt quasi-systématique pour les évènements terrestres, bassement matériels, ont participé à la mise en place et à l’établissement d’une minorité de cardinaux et d’évêques corrompus ; et ce aux yeux et à la vue de tous. Et c’est justement cela qui peut lui être reproché ; d’avoir délaissé l’aspect matériel et politique de l’existence du Saint Siège. La Papauté a été silencieuse lorsqu’il s’agissait de laisser les carnavalais génocider les kabaliens ; la Papauté a autorisé la nomination d’évêques ouvertement corrompus par l’argent, la luxure, l’hubris ou la paresse pour ensuite les élever au cardinalat. Le désintérêt de Sa Sainteté à coûté à l’Église, et je pense que c’est pour cette raison que l’on ne se souviendra pas de son pontificat. Voire pire, que certains historiens en viennent à le juger sévèrement à cause de cette sorte d’apathie. Et je pense tout de même que ce ne serait pas rendre hommage à un homme qui avait une profonde et une extraordinaire maîtrise de la théologie classique ; il n’était seulement pas taillé pour affronter les épreuves et les difficultés du pouvoir.

Car sans aller jusqu’à dire que son pontificat a été une perte de temps ; je suis convaincu, et intimement convaincu même, qu’il aurait dû prendre des mesures énergiques pour lutter contre la corruption. D’abord en expulsant de la Curie certains cas problématiques ; comme Samuel Canto, un homme qui n’aurait probablement manqué à personne, et encore moins à l’Église. Ne serait-ce que des mesures symboliques qui auraient pu empêcher la mise en avant de cardinaux éminement dangereux ; tant pour les fidèles, que pour notre Très Sainte Mère l’Église Catholique Apostolique et Rhêmienne. Pour ma part je suis assez déçu du pontificat qui aurait pu tenter d’enrayer, ou à minima de ralentir, la progression des courants que certains parmi le clergé antérinien d’« indépendants » ; un charmant euphémisme pour désigner les opportunistes et les corrompus. C’est là à mon avis ce qui a coûté si cher à l’Église, et le pire c’est que ce serait malhonnête d’accuser ce brave Augustin de trahison ou de lâcheté, je pense au contraire qu’il n’avait pas encore identifié le problème et c’est ce qui a permis à ce dernier de grandir et de grandir, de prendre une place si démesurée qu’il en devient presque normal de voir son évêque s’acheter une steiner ou une strama hors de prix ; je ce que je veux dire : c’est que la corruption est devenue si omniprésente qu’elle en devient presque « normale », commune, « acceptable » même. Si acceptable que ce n’est pas une priorité pour les papabiles alors que ça devrait être non seulement la (Et Anagonye appuie clairement dessus) priorité du moment ; c’est incompréhensible et moi-même je ne saisis pas bien ce qui empêche les candidats « sérieux » en quelque sorte de prendre à bras le corps un sujet aussi sérieux ; ce n’est pas comme si le péhnomène était simplement épidermique ; quelque cardinaux corrompus vendant leurs voix pour quelques talents ; non c’est quasi-instiutionnalisée tant l’Église refuse de le voir ; on croirait presque qu’il y existe une sorte de bienveillance aveugle à l’égard de ces pratiques qui rend de fait l’Église incapable de les condamner. 
»

Jean Baldu ; - « Je vous remercie mon père, mais je vous allez que la musique en dénonçant aussi vigoureusement, et à raison évidemment, ce genre de pratique. Je voudrais que vous vous présentiez maintenant. J’ai cru comprendre que vous êtes issus d’une famille mixte du nord de Marcine, votre père est un musulman orocomo converti, et votre mère est une catholique convaincue. Pouvez-vous m’expliquer pour quelles raisons votre père s’est converti ? Et ce que cela a changé dans ses rapports avec sa famille ? Votre grand paternel a t’il accepté cette conversion ou lui en garde t’il rancune, et plus encore est-ce que vous voyez en cela un prétexte pour un dialogue religieux avec les autres religions ? »

Désiré Anagonye ; - « En effet mon père est un « Apostat » selon certains membres de sa famille, c’est à dire un musulman ayant changé de religion ; il est en l’occurence devenu un chrétien catholique convaincu. Je pense qu’il s’est converti au catholicisme pour deux raisons ; d’abord il aimait profondément ma mère et il a accepté, pour pouvoir se marier avec elle, de changer de religion : ne l’oublions pas mais le culte catholique interdit les mariages religieux interconfessionnels. C’est donc pour cette raison que ma religion n’a pas véritablement fait débat lorsqu’ils ont découvert que ma mère était enceinte ; dès le début j’étais « prédestiné » en quelques sortes, à devenir catholique. Ensuite, Marcine est un État à majorité catholique où la religion joue un rôle extrêmement important dans la vie de tout les jours ; et dans les années 70’, espérer avoir une belle carrière ne dépendait pas uniquement de ses performances ; entre un catholique et un musulman, c’était le premier qui avait le plus de chances d’obtenir une promotion en raison, principalement de sa religion. Et puis, je pense aussi que c’était un choix mûrement réfléchi ; vous n’imaginez pas à quel point il est difficile de changer de religion ; c’est tout un travail moral et spirituel, ce n’est pas un simple passage à l’Église, mais un effort fourni pour comprendre Dieu, ce qu’Il signifie pour les catholiques, le rôle que joue l’Église, l’influence des Saints et des Anges ; c’est d’autant plus difficile que la religion musulmane diverge véritablement du culte chrétien ; et puis il faut aussi prendre en compte les pressions personnelles, familiales, sociales ! Imaginez que votre enfant se convertisse à la religion protestante ! Comment réagiriez-vous ? Je connais beaucoup d’Antériniens le déshériterait sur le champ, et qu’ils n’hésiteraient pas à l’isoler socialement… C’est exactement la même chose dans le monde musulman (voire pire…). Donc c’est un choix qui a bouleversé la vie de mon père ; un mariage mixte n’est déjà pas courant, une conversion ça l’est encore moins.

Et au sein de ma famille, vous vous en doutez, ce n’était pas vraiment un sujet consensuel ; du côté de ma mère mon oncle s’est méfié de mon père et m’interrogeait en permanence pour savoir si ce dernier ne m’apprenait pas les sourates et les versets du Coran, tout comme un jour il m’a demandé si je n’étais pas circoncis ! Pour lui, mon père n’était qu’un morrisque ; un converti par intérêt, un crypto-musulman. Du côté paternel c’est encore pire, mon grand-père a longtemps été dans le déni et m’a considéré comme musulman jusqu’à ce que je refuse clairement de prendre de la viande halal… Et lors des repas de famille, l’ambiance était pour le moins électrique ; et les accusations de « traîtrise » fusaient à l’endroit de mon père lorsque le douloureux chapitre religieux était ouvert ; ce sont des moments forts de mon existence lorsque je me rappelle que mon père défendait mordicus, avec une assurance d’un homme sachant qu’il a raison, que les vérités de la Bible valent plus que celles du Coran ; c’est à ce moment là à mon avis que j’ai compris à quel point il était vraiment convaincu par ce qu’il disait ; que sa foi, sa religiosité même, n’était pas simulée, mais belle et bien réelle. Avec le père Louis, c’est mon père qui m’a inculqué les grands principes fondamentaux ; l’amour que l’on doit porter à son prochain, mener une vie droite et rangée, accepter de s’engager pour l’Autre et à son service.

Par ailleurs, j’ai véritablement choqué par l’animosité que pouvait susciter une conversion ; les repas de famille ont été une épreuve pour moi, car à chaque fois je me retrouvais pris entre deux feux ; l’amour de mes parents et les reproches de certains de mes oncles… Et je pense qu’encore aujourd’hui ce n’est pas acquis… Il se suffit de se rendre compte qu’un protestant à statistiquement plus de risques d’être condamné à la peine maximale qu’un catholique et ce pour un même crime… Non je pense que l’on doit mettre en place un dialogue interreligieux ; l’Église doit absolument jouer un rôle de conciliation et d’intermédiaire entre les clergés d’une autre confessions et les minorités catholiques ; je sais que c’est déjà le cas dans certains pays et je ne vois pas en quoi c’est un problème ; regardez les relations sont au beau fixe entre les catholiques azuréens et les musulmans ! C’est à mon sens le meilleur moyen d’éviter des bains de sang inutiles et de promouvoir le message de paix et d’amour du Christ. Je ne vois pas en quoi cela provoquerait des frictions ; globalement les lignes de bougeront pas de sitôt, alors pourquoi refuser le statu quo ; pourquoi prendre le risque de passer pour une force destabilisante alors que notre seule volonté est l’épanouissement de tout les Chrétiens du monde.

Pour ma part ma position est très simple ; là où il y existe des catholiques : l’Église doit à tout prix être là pour eux. Et souvent cette présence passe par l’acceptation d’une cohabitation avec une majorité religieuse ou un État athée et socialiste. L’Église par ailleurs, n’a même plus les moyens de tenter de grandes missions d’évangélisation, ou des « croisades » comme le souhaiterait l’Auguste César de Listonie… Nous sommes obligés de camper sur nos positions et d’accepter que d’autres religions puissent exister. Si l’Église reste dans le déni et refuse d’accepter et de reconnaître les autres religions, des risques pourraient peser sur les minorités chrétiennes et c’est ce que nous voulons tous éviter ; car reconnaître l’existence d’une religion, ne signifie pas pour autant accepter que ses valeurs, ses dogmes, sa philosophie ou sa théologie aient la même valeur que la Vérité biblique ; il s’agit simplement d’entamer un premier pas vers une compréhension mutuelle sans céder du terrain ; c’est exactement ce que fait l’Episcopus de Kaulthie en souhaitant que notre conclave se déroule bien ; cède t’il du terrain ? Non. Cède t’il sur un quelconque point théologique ? Non plus. Il ne fait que reconnaître que l’Église catholique rhêmienne existe, pourquoi refuserions nous de reconnaître que l’Église kaulthe existe aussi ? Ce serait à mon sens une grande absurdité, d’autant plus que cette reconnaissance pourrait mener à des rapports pacifiés sans avoir à nous coûter quoique ce soit. Et puis enfin, est c’est là le plus important, Jésus lui-même était en faveur du dialogue intereligieux ; souvenons-nous de la parabole du Bon Samaritain ; ce dernier aida un Juif alors qu’ils sont farouchement opposés sur tout un tas de questions doctrinales et religieuse ; et ce alors même qu’il ne le connaissait pas. Qu’est-ce qui nous empêche donc de reconnaître ne serait-ce que l’existence des autres branches du christianisme ; dans tout les cas ces territoires sont perdus ; à quoi bon essayer de se maintenir dans un déni de réalité des plus anachronique ?
 »

Jean Baudu : - « Vous avez au moins le mérite d’être clair. Puisque nous passons à votre programme ; quels seraient les trois points clés de ce dernier ? Qu’identifiez-vous comme les chevaux de bataille absolue de l’Église à l’heure actuelle ? Ou du moins selon vous ? »

Désiré Anagonye - « C’est là ma plus grande préoccupation… Et de ce fait, j’essaie d’être compris. Quant à l’Église je dirai que son plus grand problème à l’heure actuelle, est l’image qu’elle renvoie… Vous savez, certains me disent qu’il y a moins de criminels en prison que de criminels au Conclave, et sans approuver sans réserve une opinion aussi tranchée, on est obligé de comprendre qu’il y existe un fond de vérité qui nuit à l’Église. Vous voyez tout ces cardinaux corrompus ; ces Archibald, ces Aguste ou ces Carlosse de Salosse…. Et bien ils sont à mon humble avis la minorité visible qui permet à certains de prétendre que l’Église est plus corrompue encore que l’Hernandie… Mais je n’en crois pas un mot. En revanche, je sais que la corruption et ses quelques représentants, prennent de plus en plus de place et normalisent progressivement le phénomène ; une chose que je condamne vigoureusement et qui, si on ne fait rien, risque de devenir la norme. C’est ce qu’ont visiblement oublié de nombreux cardinaux. Et c’est ce combat qui est mon grand cheval de bataille ; en quelque sorte la base absolue qui guidera toutes mes actions si mes bien aimés frères m’élisent pour porter la tiare.

Si je fais de la corruption un combat prioritaire c’est d’abord et avant tout parce qu’un clerc ne respectant d’aucune manière le vœu de pauvreté, qu’il a pourtant formulé en étant ordonné, détourne non seulement l’argent de l’Église, et donc l’argent qui appartient en théorie au Christ, mais aussi parce que cet argent doit revenir d’une autre manière aux fidèles ; il doit leur bénificier. L’argent de l’Église n’est rien d’autre que celle du peuple chrétien tout entier pour ma part ; ce qu’elle prend, elle doit le rendre à la communauté ou le faire fructifier pour le rendre ensuite à la communauté des Chrétiens. C’est le B.A.BA me semble t’il d’une gestion saine des actifs de Saint Pierre ; après tout des milliers d’églises ont besoin d’être rénovées, des dizaine de programmes visant à sortir de la pauvreté des régions entières manquent de fonds… C’est ce qui paralyse l’Église, mais c’est aussi ce qui explique comment des évêques ont des train de vie fastueux ! Pour moi, la vie simple n’a pas d’égale et il est hors de question qu’un prêtre ou qu’un évêque ne vive dans une grande villa sans avoir de bonnes raisons d’y vivre : nous avons besoin d’hommes de convictions, et non d’hédonistes pour ce genre de postes ; ils représentent l’Église toute entière et doivent donc donner une bonne image d’elle.

Je ne vais pas m’attarder, mais ça ne signifie pas pour autant que ceux qui ont failli, qui ont tenté de profiter de leur statut pour abuser des biens ecclésiastiques seront purgés ; tout homme à ses qualités et ses défauts ; tout homme peut succomber au péché et moi-même j’ai déjà péché. Errare humanum est comme qui dirait. Et puis c’est dans l’ordre voulu par Dieu que l’homme pardonne aux autres leurs erreurs et leurs turpitudes ; c’est un fondamental et je pense que peu de personnes me désapprouveront. Et puis, certains de ces évêques corrompus sont talentueux et se priver de bons éléments relèverait de la folie, d’autant plus si ces derniers sont appréciés par leurs administrés ; donc je le rappelle, mais je promets d’aucune manière des purges massives ; l’Église n’a certainement pas besoin d’être déstabilisée à cause d’erreurs et d’errements bien regrettables. Parce que je n’agis non pas par vangeance, mais pour l’Église, je ne veux pas de mal à ceux qui se sont égarés, nul ne peut se prétendre parfait, et je ne vois pas en quoi les punir de manière disproportionnée serait une bonne chose. L’Église a besoin d’unité pour être forte ; et aujourd’hui plus que jamais, elle a besoin d’économiser ses forces.

Mon second combat se résume à rendre cohérent, autant que possible, le culte et sa pratique dans le monde. Inutile de vous faire un dessin mais d’Axis Mundi jusqu’aux franges les plus conservatrices de Carnavale… Il y a un écart gigantesque, un véritable fossé qui rendrait presque incompatible les deux pratiques du culte. Il faut donc essayer d’apporter de l’unité, sans pour autant essayer d’uniformiser les croyances. Vous savez je suis un particulariste dans l’âme et je ne pense pas qu’imposer aux Marcinois un culte des saints qui se rapprocherait de celui fait à Sancte sans même respecter la signification toute particulière que peuvent avoir certain rite serait des plus regrettables ; tout comme je ne vois pas l’intérêt d’une telle chose. Après tout, l’unité ne signifie pas pour autant l’uniformité. En cela donc je souhaite simplement inviter les principaux représentants des divers courants philosophiques qui traversent notre bien aimée Église pour, définir dans le consensus le plus absolu, la relation qu’entretiendra notre Église avec les nouveaux défis du siècle ; à commencer par l’émergence de minorité sexuelles visibles qui prennent une place de plus en plus conséquente dans nos débats ; et je pense que ce serait intéressant d’avoir l’avis du clergé dans son ensemble et plus seulement de la faction dominante du moment.

Enfin, je pense que la dernière action doit passer par la remise en avant de la nature ; et j’entends par là, la Création. Vous savez, je suis un homme profondément touché par la beauté naturelle des choses ; c’est peut-être mon éducation de provincial, pour le dire avec la condescendance propre aux citadins, mais admirer ne serait-ce que quelques minutes une montagne, un papillon, des oiseaux ou des animaux sauvages, nous extasier devant la beauté naturelle des choses ; c’est découvrir Dieu, c’est entrer en contact avec Lui et de Le découvrir dans un son aspect le plus « intime » si j’ose dire ; c’est là un point qui mérite à mon avis d’être absolument mis en avant dans l’action sociale de l’Église. Elle doit à tout prix intégrer cet aspect dans la formation spirituelle des jeunesses catholiques (les scouts, par exemple) mais aussi dans l’ordination des prêtres et dans son action politique quand l’Église doit à tout prix intervenir pour condamner la mise en place de projets qui pourraient bouleverser durablement des écosystèmes entiers. Je pense que l’on intègre pas assez cet aspect des choses dans la réflexion des mouvances politiques catholiques de droite (Chrétiens Démocrates Messaliottes, par exemple) mais aussi de gauche (les grands partis de la théologie de la Libération notamment). 
»

Jean Baudu : - « Et alors, avez-vous des commentaires à faire sur d’autres candidats ? Vous aviez précisé plus tôt que vous voyez des candidats « sérieux » émergé ; qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Partez-vous du principe qu’ils représentent une menace pour vous ? »

Désiré Anagonye : - « Ce que j’entends par un candidat sérieux est la probabilité qu’il représente de devenir une alternative ; et pour l’instant seuls deux rivaux réussissent à incarner une solution consensuelle pour l’Église ; prenons Son Éminence Spinelli par exemple ; elle a clairement choisi son camps ; celui du progressisme avec la promotion des femmes, des minorités sexuelles et de la collaboration avec les syndicats. Même si je me considère comme un conservateur, je comprend les motivations de Son Éminence et je les trouve tout à fait pertinentes… Même si je n’émettrai qu’une simple remarque : l’Église travaille déjà avec des syndicats. Les travailleurs de la Confédération se sont par exemple regroupés au sein du Syndicat des Travailleurs Chrétiens (S.T.C) qui existe depuis le siècle dernier… Et qui est comme son nom l’indique issu de la doctrine sociale du catholicisme tout en étant en partie structuré par des prêtres… Donc je considère que si cette proposition est des plus sympathiques ; ce n’est pas non plus une nouveauté absolue. Néanmoins je reconnais que je ne maîtrise pas les milieux du travail velsniens ou dodécaliotes, et ça ne me surprendrait pas d’apprendre qu’il n’y ait pas de syndicat explicitement adressé aux Chrétiens… En revanche ses positions incendiaires sur les réseaux sociaux m’amène à penser que l’on ne partage pas exactement le même point de vue sur le dialogue entre les religions…

Pour ce qui relève de Mattin Munditibarrementeria, je ne réussis, pour ma part, à saisir le personnage et la personne qui se cache derrière le masque ; ce que je sais de lui c’est que c’est un homme de principes, intègre et bon qui appelle au dialogue interconfessionnel, une chose louable. Mais malgré tout, il reste un homme d’une foi sincère et profonde.

Quant au reste… Comment dire cela poliment… Et bien ils sont de joyeux lurons qui amène une offre alternative des plus originales… 
»

Jean Baudu : - « Je vous remercie mon père pour vos éclaircissements et je vous souhaite une bonne chance pour ce conclave qui s’annonce des plus agités ! »

Jean Baudu pour Famille Chrétienne.
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Petit Who's who de circonstance, pour bien savoir qui est sur le coup en Sancte ou de l'importance de ne pas négliger les ressources humaines même dans un contexte de terrorisme.


 Les  deux soeurs Irmangarde et Régine, finalisant le plan d'action en fumant des cigarettes et buvant du vin (chateau Volignon évidemment).
Les deux soeurs Irmangarde et Régine, finalisant le plan d'action en fumant des cigarettes et buvant du vin (chateau Volignon évidemment).

Narration de l'Evénement

Comme l’on a beaucoup exposé de choses et que l’on s'est perdu dans mille et une petites barbouzeries assez diverses, il serait bien compréhensible que le lecteur ne sache plus bien quels sont les agents de Volignon actuellement actifs en Sancte et quelle est leur structure. Cependant, comme les hasards entourant la réalisation de l'assassinat de Désiré impliquent que le service peut se faire prendre, il est utile de le présenter en détail via une petite synthése que voici. Notez bien que l’on ne parle ici que des agents liés au service action, ceux que l’on a dépêchés pour châtier les ennemis de l’Église (celle de Volignon, c’est-à-dire la vraie) et qu’il existe en réalité un nombre considérable d’agents dormants et autres sympathisants un peu partout dans l’administration catholane. Naturellement, les services volignonais ne sont pas idiots (fous, ils le sont certainement un peu, et névrosés ils le sont beaucoup, mais idiots certainement pas), aussi les autres composantes des renseignements volignonais qui n’ont aucun rapport avec cette opération n’entretiennent aucun lien avec le personnel de ladite opération.

La tête de ce service action de Volignon en Sancte, nous en avons déjà un peu parlé à l’occasion de quelques RP, est aussi discrète que méfiante. Il s’agit de l’abbé Blondin. Homme assez âgé, de nationalité makotane, c'est un homme taciturne et assez intimidant. Il officie comme « directeur spirituel » et « confesseur » pour les agents placés sur l'opération. Alors, certes, il les confesse et il les dirige spirituellement, c’est indéniable, mais il ne se contente pas de cela car il leur donne aussi des directives et c’est lui qui récupère les informations récoltées par les agents. Concrètement, dans le milieu du renseignement, il s’agit de l’agent de liaison. Il est le seul en lien avec les hiérarques de Volignon. Comme nous l’avons indiqué, c’est un pistollero de profession (pour ne pas dire de vocation) qui est en permanence armé et s’il devait être acculé, il est très probable qu’il vendrait chèrement sa capture.

Sous les ordres de l’abbé Blondin, l’on trouve deux duos d’agentes (qui en réalité, avouons-le, sont aussi deux couples…). Il y a d’abord les sœurs Régine et Irmangarde. Il s’agit des agentes de renseignement à proprement parler. Expertes en infiltration, en collecte d’information en source ouverte, en hacking social, leur terrain de jeu est le monde de la nuit et elles ont des facilités, pour ne pas dire un talent naturel, pour réseauter par le moyen de la fête, de la drogue et de la débauche. Pour le dire concrètement, elles partagent des secrets honteux et inavouables avec nombre de personnes dans la cité sainte, notamment des ecclésiastiques (des deux sexes), ce qui crée des liens et des amitiés de connivence. Ce sont elles qui ont fait tout le travail de préparation et d’infiltration. Pour ce qui est du caractère, les deux religieuses sont des personnes assez médiocres sur le plan humain et assez peu estimables sur le plan spirituel mais elles sont très utiles pour Volignon, d’où le fait que leurs fredaines aient toujours été tolérées et qu'on les ait même recrutées pour mettre à profit ces désordres, et sans doute ont-elles aussi leurs amitiés dans la hiérarchie de Volignon, ne nous leurrons pas…

Le second duo (qui, comme on l'a dit, est, là encore, un couple), c’est celui des tueuses. Il s’agit des sœurs Gaudeline et Lucienne. Elles, ce sont de vraies barbouzes et porte-flingues. Issues de familles de vachers de la prairie makotane, nos deux tueuses ont rapidement découvert les plaisirs du vacherisme et acquis une passion (sans doute maladive et obsessionelle) pour les armes à feu et tout ce qui les entoure. Comme elles étaient homosexuelles exclusives (contrairement à nos deux sœurs du renseignement qui sont beaucoup plus éclectiques dans leurs dilections), elles furent placées assez tôt dans un noviciat de complaisance comme cela se fait fréquemment au Makota (nombre de religieuses défroquées que l’on voit un peu partout dans le monde sortent de ces structures de Nouvelle-Gallouèse qui n’existent que pour sauver la réputation des familles). Cependant, elles risquèrent plusieurs fois le renvoi du fait de leurs inconduites diverses et de leur violence et ne doivent de s’en être sorties que grâce à la main tendue par le service action de Volignon qui avait compris que ces deux hystériques folles d’armes à feu pouvaient être utiles. Notons que si leurs mœurs sont totalement incompatibles avec leurs vœux religieux, il s’agit malgré tout d’authentiques sœurs réginistes sous vœux perpétuels et que, comme nous avons pu le voir, elles ont malgré tout vraiment la foi (largement aménagée pour rester compatible avec leurs centres d'interet, il est vrai…).

Enfin, dépêchée en urgence, il y a la Mère Mahaut. Elle ne fait pas parti, à strictement parler, du dispositif ni, d’ailleurs, du service action de Volignon. Il s’agit de la supérieure des sœurs réginistes à Dakoraville, celles qui s’occupent des innombrables orphelins qui errent dans la capitale dévastée du Dakora. Elle n’est là que pour servir d’interlocuteur dans le cadre des discussions avec le cardinal Spinelli (discussions visant à le raisonner). Hommasse brutale et assez peu charmante, elle n’en est pas moins dévouée et sincère dans sa mission ; elle méprise parfaitement l’abbé Blondin et ses agentes (qui ne l’aiment pas beaucoup non plus car ils la jugent orgueilleuse et hypocrite).

Voilà le dispositif en place à Sancte pour ce qui regarde le service action de Volignon. Sœur Scolastique, clone d'Améthyste Castellage, institutrice de profession et qui intrigue en Carnavale (et qui s’y compromet tout autant) n’est pas liée aux services de renseignement de Volignon mais à ses seuls services diplomatiques ; elle n’apparaît donc pas dans le réseau du père Blondin et ne peut pas être compromise (cela dit, on se doute bien que si Volignon envoie une diplomate en Carnavale ce n'est pas pour la conduite spirituelle de Mlle Castellage).

Effet en terme de jeu

Néant. C'est simplement une synthèse des RP précédents. Ca pourra servir si l'assassinat de Désiré est un fiasco et que la cellule est repérée et démantelée.
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Visite du Cardinal Giovanni Spinelli au Grand Kah

Vers une réforme de l'Eglise ?



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Musique à mettre en lecture (important)


Les manœuvres se multiplient dans la course au conclave suite au décès malheureux de sa sainteté. Il ne faut pas être devin pour comprendre le sens, à cet instant précis, du voyage du cardinal papabile Giovanni Spinelli dans l'épicentre du monde dit "progressiste". Malgré ses principes de sécularisation, le Kah compte plusieurs millions de catholiques, synonyme d'une présence notable au Conclave. Or, il est inconnu de personne la nature des positions du cardinal dodécaliote, et le caractère relativement hétérodoxe de cette candidature.

Durant ses plusieurs jours de séjour à Axis Mundis et dans la campagne kah tanaise, son éminence a ainsi été reçue par plusieurs évêques du pays, dans le cadre d'un "sommet officieux" impliquant plusieurs dizaines de membres éminents du clergé catholan local. Les catholans du pays, bien que s'inscrivant officiellement dans l'œcuménisme et l'universalité de l'Eglise, partagent ainsi des positions avec Spinelli favorisant naturellement un rapprochement: question du mariage des prêtres, position par rapport à l'homosexualité, réforme du conclave... Spinelli n'a pas tarit déloge pour ce qu'il considère être une série de positions qui "vont de soi afin d'assurer la pérennité du message du christ dans le monde, qui s'étende au plus grand nombre".

Ainsi, tout au long de cette rencontre, Spinelli a particulièrement mis l'accent sur les thématiques suivantes:
  • L'accès au mariage des prêtres et des membres de l'Eglise: Son éminence remet en cause depuis plusieurs années l'interdit du mariage de la prêtrise et des autres membres du clergé, arguant que la condamnation du phénomène du "Nicolaïsme" (mariage au sein du clergé) est une règle rendue obsolète par les conditions matérielles actuelles. "L'obligation du célibat a été imposée au XIème siècle afin de permettre à l'Eglise de garantir que les biens détenus par le clergé ne passent pas entre les mains des pouvoirs temporels. Dans le contexte actuel où cet aspect ne revêt plus de la même importance, et où le rapport de force entre l'Eglise, les personnes privées et les pouvoirs temporels ne sont plus les mêmes, cette règle est désormais inutile, et je compte bien le faire savoir si le seigneur me place sur le trône de Saint Pierre."

  • La décriminalisation de l'homosexualité et la reconnaissance des mariages homosexuels: Selon son éminence, aucun verset des textes sacrés ne constituent une condamnation de l'homosexualité (dans le Nouveau testament tout du moins). A ce titre, cela constitue une première raison aux yeux du Cardinal Spinelli de se positionner en faveur d'une reconnaissance de la condition des couples homosexuels par l'Eglise. De plus celui ci aurait dit afin d'appuyer sa position au cours de son entrevue: "Le clergé kah tanais, plein de bon sens, a compris que l'homophobie n'a pas à être l'adage de l'Eglise, et ne doit pas être pointée du doigt comme une forme de honte sociale. Nous avons des centaines de millions de fidèles, et parmi eux probablement énormément de personnes laissées de côté, qui malgré leur amour de dieu se retrouvent condamnés par les mêmes institutions qui sont censées être intercesseurs de dieu sur Terre. Ce paradoxe ne peut plus continuer: soit nous transmettons l'amour de dieu à tout le monde, soit nous ne le donnons à personne. Nous n'abandonnerons plus nos fidèles sur base de critères d'orientation sexuelles dont les raisons de leur expression n'appartiennent qu'à dieu."

  • Renouveau de la doctrine sociale de l'Eglise. L'engagement accru de l'Eglise auprès des associations et des structures sociales laïques: Il ne fait pas secret que le rôle de l'Eglise catholane dans le monde associatif et charitable est absolument indissociable de sa fonction. Pourtant, l'Eglise toujours tenu ses structures de charité à l'écart des institutions laïques, puis du rôle de plus en plus grand de l'Etat dans l'aide sociale. Fort des conseils du clergé kah tanais, le Cardinal Spinelli plaide pour une nouvelle opération de financement des institutions existantes, notamment par la vente de l'arsenal de Catholagne (issu des dons des états aux anciens détenteurs de la chaire de Saint Pierre), qu'il juge inutile et inadapté au rôle politique et social de l'Eglise dans le monde. "Nous n'avons que faire de ces armes, nous ne nous en servons pas et nous ne nous en servirons jamais. Aussi, je préfère utiliser cet argent afin de soigner les vivants que de faire des morts.". Dans le même temps, le cardinal plaide pour un dialogue accru entre les structures d'entraide catholanes et laiques, ainsi que par une collaboration resserrée avec les syndicats de travailleurs, quitte à parfois aligner les positions de l'Eglise sur le travail sur des structures professionnelles d'orientation résoluemet socialistes, voire communistes."Le rôle de l'Eglise est la garantie du salut de l'âme, mais pas seulement. On ne peut pas promettre le paradis tout en fermant les yeux sur les tortures infligées aux corps par le travail extuénuant et l'exploitation, qui avilit ces mêmes âmes."

  • L'ouverture de missions de l'Ordre des moines chapardeurs de San Stefano au Grand Kah: Dans un registre plus personnel, le Cardinal Spinelli, lui-même membre de l'Ordre monastique de San Stefano, est un partisan résolu du renouveau de la vie monacale, et plaide pour un financement des ordres réguliers, qu'il considère comme des centres d'élaboration d'idées au service de l'Eglise. Dans ce cadre, l'implantation de missions de moines chapardeurs de San Stefano au Grand Kah permettrait des échanges plus soutenus et une diffusion réciproque d'idées nouvelles à infuser au sein de l'Eglise entre le clergé kah tanais, relativement indépendant, et l'Eglise de Catholagne, ce par l'intermédiaire des moines chapardeurs. "Nous avons passé le temps où nous pouvions nous permettre d'évoluer en vase clos dans nos petites chapelles. Je rappelle que notre Eglise est universelle, et que nous avons pour mission d'apporter une réflexion collective au message de dieu, et non individuelle."
Le retour de Giovanni Spinelli en Catholagne après une telle rencontre sera très probablement à prompt à déclencher de vifs sur l'orientation sociale et sociétale de l'Eglise, loin des querelles d'égos et d'individuqlités obervées jusqu'à maintenant.

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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Où il s'avère que le petit Stefano est manifestement à la hauteur des espérances volignonaises ou que l'on a jamais raison de chercher à refroidir trop vite les hérétiques les plus manifestes.


 Les sœurs Régine et Irmangarde prennent leur petit déjeuner et tombent sur la performance de Spinelli au Grand Kah .
Les sœurs Régine et Irmangarde prennent leur petit-déjeuner et tombent sur la performance de Spinelli au Grand Kah.

Narration de l'Evénement

Nos deux sœurs volignonistes spécialisées dans le renseignement, qui venaient de boucler les préparatifs concernant l'attrition de Désiré (le serviteur de Satan), pouvaient à présent relâcher la pression et retourner à la vie de patachon qui était la leur et qui leur permettait d’infiltrer toujours mieux Catholagne en profitant de sa pourriture incrustée pour y faire courir l’hyphe de ce champignon discret mais actif qu’étaient les services d'influence de Volignon, champignon dont le mycélium progressait au quotidien dans l'ensemble de la structure écclésiale.

La veille au soir, ça avait été encore mémorable de désordres et de vices : ivrognerie, débauche, gourmandise, colère ; nos deux religieuses qui, depuis qu’elles avaient débarqué en Sancte, étaient dans les faits beaucoup plus agentes d’influence que religieuses, beaucoup plus, en tout cas, qu’à l’époque où elles infectaient Volignon de leurs méconduites discrètes, travaillaient consciencieusement à ce que la Vraie Église voie tout et puisse agir toujours plus aisément. Ce matin, leurs esprits encore embrumés de tous leurs excès et leurs âmes naturellement en état de péché mortel (il y avait même plusieurs péchés mortels, mais il était prévu de passer à Sainte-Émérantine dans la journée pour s’en libérer), nos deux religieuses prenaient leur petit-déjeuner après un rapide temps de sommeil sans doute assez peu réparateur, elles avaient conscience que ce n'était pas une bonne hygiène de vie mais il fallait bien entretenir et développer leur réseau et, de plus, elles aimaient beaucoup leur travail et la débauche invraisemblable qu'il justifiait.

Ce matin, donc, après de longues douches et le changement des habits, qui devaient, c’est une obsession volignonaise, demeurer en permanence absolument blancs et amidonnés, nos deux sœurs s’attablèrent pour prendre leur petit-déjeuner. C’était sans doute le seul vrai moment d’intimité dans la journée qu’elles pouvaient partager seules, ensemble, sans avoir besoin ni de jouer un rôle en cadre officiel ni de faire pire en cadre officieux. Elles étaient juste là, toutes les deux à table, tranquilles, pour boire le café, leur lait, et manger quelques tartines. Tandis qu’Irmangarde faisait les tartines, Régine ouvrait le journal ecclésiastique livré ce matin pour lire les nouvelles du jour et effectuer une bonne partie de sa veille informationnelle quotidienne en source ouverte.

— Je te fais combien de tartines, deux ou trois ? demanda Irmangarde avec une certaine appréhension.

— Je n’ai pas très faim, le lait et le café suffiront bien, fit Régine en feuilletant les pages du journal.

— Il faut que tu manges, tu n’as déjà presque rien mangé hier, tu as la peau sur les os et ce n’est pas joli, tu t’abîmes la santé !

— J’ai pas faim, je te dis, laisse-moi tranquille, tu vois bien que je lis.


— Il faut que tu manges, je veux que tu manges ! Au moins deux tartines, ce n’est pas grand-chose.

— Tu fais chier… D’accord, si tu veux…

— Des choses intéressantes dans le journal, ce matin ?

— Tout est intéressant, tu sais…

— Mais encore ?

— Regarde ça, par exemple.


Elle lui montre un article de journal, sur plusieurs pages, faisant le point sur le voyage du cardinal catholan Spinelli au Grand Kah, « Stefano » comme on l’appelle chez les Volignonistes car on le tient pour une crapule à l’instar de ce curieux saint velsnien. Elles avaient reçu l’ordre de l’abbé Blondin de surveiller avec une attention particulière tout ce que pouvait faire Spinelli, car s’il avait été écarté de la liste des cibles du fait d’un modus vivendi trouvé récemment par l’entremise de la Mère Mahaut, on avait l’intuition qu’il ne fallait pas pour autant cesser de le garder à l’œil.

— Le petit Stefano est au Grand Kah, et alors ? On s’en fout, non ? On s’est arrangés avec lui, n’est-ce pas ?

— Non, on ne s’en fout pas, on surveille… Regarde, il balance des énormités… excellent !

— Ho, il parle du mariage des prêtres, il réhabilite le nicolaïsme, il reprend ce vieux lieu commun moderniste de l’absence d’arguments magistériels anciens…

— Il ne connaît donc pas les canons des conciles tardo-antiques ?

— Faut croire que non… Après tu sais que les Catholans sont ignorants d’à peu près tout sauf de l’illuminisme et de ce qui en découle. Mais c’est bon, ça. C’est bien ça, mon petit Stefano, bonne initiative de réhabiliter le nicolaïsme, tu sauves ta tête avec des coups comme ça. Encore quelques-uns de ce tonneau et on va finir par recevoir l’ordre de te soutenir pour de bon.

— Regarde, il continue en vomissant des abominations, il veut que l’on autorise les mœurs contre nature sous prétexte qu’elles ne seraient pas dans la Sainte Écriture et en particulier le Nouveau Testament…

— Il n’a pas lu saint Paul dans ses épîtres ? Tu sais, il y a la fameuse liste, sans parler de ce passage : « Ils font homme avec homme, ce que l’on doit faire avec les femmes », tu sais, ce passage sur le fait que le mensonge rend sodomite… On est bien placées pour savoir que l’inversion est condamnée par l’Écriture aussi clairement que par la doctrine sacrée… Enfin, je veux dire…


Quand il fut suggéré que, dans un sens, en quelque sorte, elles pourraient être deux lesbiennes honteuses (et que cela était, peut-être, plus fréquent encore du côté volignoniste que du côté catholan), un blanc aussi lourd que gêné vint s’installer entre les deux sœurs. Il dura le temps d’un instant et se trouvait renforcé par cette vérité implacable, et tout simplement incontestable, que nos deux agentes avouaient systématiquement en confession le péché de Gomorrhe (agrémenté de bien d’autres péchés d’impureté diverses et variés inhérents à leur métier d’agente d’infiltration) ; elles savaient donc très bien que ce vice est explicitement condamné dans la Doctrine autant que dans l’Écriture. Enfin, elles se ressaisirent et l’une d’elles dit ce qu’il convenait de dire :

— Nous, ça a rien à voir… Rien du tout…

— … Oui, c’est vrai… Heu, et pour saint Paul donc ?

— Les modernistes de Catholagne jouent perfidement sur le sens des mots, en l’occurrence ici du mot « efféminé » que saint Paul emploie en grec, alors que le contexte est limpide et ne permet aucune ambiguïté. Pour le passage sur le refus de la vérité qui rend gay, ça, par contre, je ne sais pas comment ils le justifient… Je vais dîner ce soir avec une dominicaine moderniste, tu sais, pour infiltrer leur université ; si ça se passe bien et que l’on couche, je lui demanderai comment elle justifie ça. Je te dirai.

— Pas la peine, j’écouterai les bandes directement, tu sais comme j’aime faire les montages de tes kompromat… Et la suite ?

— Il veut… Haaaaa, il veut vendre les armes de Catholagne, il veut désarmer la Contre-Église apostate, mon petit Stefano !

— Mais quel couillon ! Ha ha !

— Non, non, il fait bien ! C’est bien, mon petit Stefano ! Je finis par me demander quand même s’il ne bosse pas pour nous via un autre service que l’on ne connaît pas.

— C’est possible, tu penses ?

— Ah oui, on dirait qu’il a écrit son discours sous la dictée de l’un de nos prêtres cherchant à faire de Catholagne un homme de paille du modernisme… Enfin, en tout cas, c’est certain qu’on va recevoir des ordres pour l’aider, sûr…

— Et la suite ?

— Il parle du clergé régulier et plus particulièrement de la vie monastique. Je pense qu’il veut gratter des avantages pour son ordre… Rien que de très logique. C’est pas important… Bon, il faut que j’aille écrire ma note de renseignement…


Régine plia le journal et commençait de se lever quand Irmangarde la prit fermement par le bras pour lui intimer l’ordre de rester à table, et elle dit, avec autorité :

— Tu manges tes deux tartines, je te les ai faites, tu en as bien besoin…

— Mais…

— Tu as promis ! Tu ne te lèveras pas de cette table avant de les avoir mangées ! Je ne veux pas que tu refasses une crise d’hypoglycémie, tu es trop maigre…

— Si tu veux, mais c’est vraiment pour te faire plaisir…


Une fois les tartines avalées (et ce fut difficile), nos deux nonnes espionnes dirent leurs grâces, firent la vaisselle, rédigèrent la note de renseignement sur Spinelli qu’elles remirent à l’abbé Blondin en même temps qu’elles lui firent leur confession, puis, absoutes en bonne et due forme, elles eurent tout le loisir de préparer le kompromat prévu dans la soirée.



Effet en terme de jeu

Néant. C'est un travail de renseignement en sources ouvertes de routine. J'en profite pour indiquer, parce que ce n'est peut être pas clair pour tout le monde, que j'appréhende Volignon sous l'angle du genre cinématographique que l'on nomme GrindHouse, donc c'est outrancier et ça ne correspond pas parfaitement (c'est le moins que l'on puisse dire) à ce que serait un catholicisme sédévacantiste ayant refondé un siège et repris la main sur quelques pays. En gros, il y a un filtre artistique, un style barbouze/cynique sciemment adopté ( et je préfère ça pour éviter les projections utopistes, ça facilite la prise de distance et ça permet de faire des RP plaisants et souvent même amusants).
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Publié le 9.06.2020 à 18h00 par Aigrette PEYTAVIN
L'APPEL DE L'ARCHEVÊQUE THÉODARD : « L'ÉGLISE DOIT ÊTRE UNE PUISSANCE POLITIQUE ET MILITAIRE ! »
Le cardinal preferito de Messalie appelle le prochain Pape à prendre les rênes d'une diplomatie active et armée sur la scène mondiale.


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Pour la première fois depuis longtemps, l'Eglise de Catholagne pourrait-elle se réapproprier ce qui est à César ? C'est ce que propose le candidat messaliote à la fonction pontificale, Monseigneur Théodard de Grésilvaudan, Archevêque de Notre-Dame-des-Brumes. Brisant un tabou ecclésiastique qui fait serpent de mer à chaque élection papale, il enjoint désormais la communauté catholique à « admettre le monde tel qu'il est » et en appelle au futur Pape : « il devra être le défenseur de tous les catholiques. » Cette déclaration, tenue à la presse à son arrivée à la basilique Sainte-Péperone de l'île sainte, témoigne d'une vision temporelle radicale, à rebours de l'indifférence philosophique des autres membres du clergé.

« Personne d'autre que l'Eglise ne peut assumer le rôle de défense de la communauté » à travers le monde, a-t-il évoqué en ouverture d'un discours bref tenu sur le parvis d'une ancienne forteresse du Moyen-Âge, la Torre del Sol. « Des Etats athées et occupés à leurs petites affaires se sont désintéressés des affaires de la foi », tandis que « des menaces s'élèvent. » « Où est passé l'esprit de croisade ? » demande-t-il, ciblant pour les critiquer le « pacifisme inconséquent » et le « doux relativisme » de la Curie ces dernières décennies. Il s'est notamment alarmé d'un rapport du Camerlingue, qui pointait l'état de vétusté des équipements de défense des Etats pontificaux par rapport à la donne mondiale, en constante et irrépressible croissance. Il a également fait part de son inquiétude de voir, à de multiples endroits du monde, les membres du clergé obligés de s'en remettre à la protection militaire des Etats où ils résident, impliquant une pénétration croissante des objectifs politiques d'entités non catholiques au sein même de l'institution. « Pendant que le temps passe, nous perdons notre temps à, excusez-moi, discuter du sexe des anges. »

« L'homosexualité est une perte de temps »

« J'ai le plus profond respect pour Monseigneur Spinelli », répète le cardinal messaliote, multipliant les « mon frère » ; « sa probité est sans égale. » Néanmoins, Théodard de Grésilvaudan a pu s'en expliquer sur les réseaux sociaux ; « vous faites fausse route », a-t-il répondu aux intentions du cardinal dodécaliote, qui pose aux quatre coins du monde sous d'extravagants étendards associant le ruban arc-en-ciel de la Pride à la pourpre cardinalice. « "Hashtag Jésus Aime Les Gays" », qui orne notamment les publications numériques du candidat progressiste venu d'Eurysie du nord, est-il cependant un slogan blasphématoire ? « Rien n'indique dans l'Evangile que Jésus approuvait la sodomie », ni même qu'il l'ait pratiquée. A de maints égards, les campagnes des progressistes auront outragé la morale traditionnelle de ce qui reste une majorité de catholiques. Morale dont Théodard de Grésilvaudan s'est fait le porte-parole : « l'Eglise n'a pas à reconnaître les LGBT », estime-t-il , « elle accueille toutes les brebis, fûssent-elles galeuses » ; quant à la possibilité de permettre une reconnaissance des « couples homosexuels », comme certaines sources l'indiquent au sujet du programme pontifical de Monseigneur Giovanni Spinelli, « c'est une révision totale de la Doctrine de la Foi. » Pour autant, à l'heure d'un possible affrontement idéologique brutal entre le courant ultraprogressiste des LGBT infiltrés dans l'Eglise, et le courant traditionnellement et sympathiquement réactionnaire des brûleurs d'hérétiques et de sorcières, Monseigneur Théodard privilégie la désescalade et le dialogue. Il a même déclaré, au sujet de la reconnaissance des gays et des lesbiennes dans l'Eglise, « qu'elle allait de soi » ; pour ce conservateur, « tout le monde est invité à la communion de l'Esprit-Saint et à se repentir de ses péchés », que ceux-ci soient « des délits de droit commun » ou « les errements d'une âme désordonnée. » Par ailleurs, il a confirmé qu'une option pour l'Eglise résidait dans la possibilité de déléguer aux évêques un droit de bénédiction pour les personnes homosexuelles, « au même titre que pour les autres cas de péché » ; Théodard de Grésilvaudan pointe cependant le « risque infernal » de « polémiques sexuelles » à l'occasion du conclave. « Nous avons des choses beaucoup plus sérieuses à traiter », des choses « matérialistes » pour ne viser personne ; « que disons-nous de l'économie, de la technologie, de la géopolitique internationale ? » Autant de sujets sur lesquels l'Archevêque appelle l'Eglise à se positionner. « Mettre le doigt dans l'engrenage du débat homosexuel est une voie sans issue. Quitte à s'intéresser à la vie des couples, pourquoi ne pas militer pour le retour à la communion des divorcés ? » On sait en Eurysie les passions que déchaînent ces thématiques, entre wokistes et droitardés. « Plus nous parlerons de ces sujets, plus nous nous diviserons » et « moins nous porterons le message du Christ. » En public, Théodard de Grésilvaudan déclare : « Jésus vous aime d'un amour aveugle. » En privé, il rouspète contre « son frère » le « probe cardinal Spinelli » : « importer la polémique dans le conclave, je ne vois pas meilleure idée pour affaiblir l'Eglise. »

Réaffirmer la force de l'Eglise peut-il passer par des armes ?

« La séparation du temporel et du spirituel inféode le premier au second », a-t-il rappelé, évoquant les temps anciens où rois et empereurs étaient (en principe du moins) supposés courber l'échine face au Pontife Souverain. « La laïcité est un anéantissement de ce bon ordre des choses » ; critique de tout temps du régime laïc, et figure des conservateurs les plus durs à Messalie, l'Eglise s'est peu accommodée de sa séparation totale d'avec les Etats, selon le cardinal. « Aujourd'hui les brebis sont soumises à une double exigence intenable », celle « du monde » (urbi) et celle « du Ciel »[ (orbi ?) ; au point d'être dans un constant dilemme entre l'accomplissements des actes civiques dédiés à la société laïque, et la satisfaction des besoins de l'âme, nécessairement détenus par Dieu. « Des forces malines s'en prennent méthodiquement à la Création de Dieu et à son ordre divin », a-t-il également cité. « Des formes noires et nuisibles de perversion de l'Humanité se multiplient », sur le point moral certes, mais surtout sur le point géopolitique. « Nous ne pouvons permettre que les trésors de l'Eglise soient à la merci de païens ou d'apostats », a-t-il cinglé, rappelant que de très nombreuses reliques de saints sont aujourd'hui détenues comme trophées dans des musées, des églises désacralisées, ou encore dans des collections privées où elles ne peuvent recevoir les prières qui s'y adressent. « Nous devons reconquérir nos reliques », mais aussi préparer « la défense de notre Eglise face à ses adversaires. » Pour cela, la proposition du cardinal messaliote est simple : rouvrir les arsenaux des Etats pontificaux et déployer un réseau d'espionnage relié au Souverain Pontife et à la Curie. « Sans arme pour nous protéger contre nos rivaux et nos concurrents, nous serons dépassés et nous serons annihilés. » Il assume ainsi vouloir doter l'île de Sancte d'un « Etat régalien », assumant « une politique étrangère, une politique intérieure, une politique économique et commerciale » ; l'export d'eau bénite, d'indulgences et de reliques pourraient-ils être des leviers de croissance pour la plus belle île de la Leucytalée ? « Je ne propose pas de refaire une candidature justinienne », s'amuse-t-il en référence au très jeune cardinal Obéron, Justin dit le Bienheureux, connu lors du conclave précédent pour ses propositions commerciales hérétiques ; « non non. » Néanmoins, l'Archevêque considère que « cette île ne peut continuer à n'exister que pour elle-même », « recluse » et cantonnée à ses problèmes minuscules ; « nous devons assumer d'être un acteur mondial de premier plan », car « c'est ce que nous sommes. »

« La théocratie c'est la vie »

Êtes-vous fan de théocratie ? A priori moi non plus quoi que. Cependant, pour Monseigneur de Grésilvaudan, « le modèle théocratique reste à refonder et à repenser », notamment aux Etats pontificaux. « Il n'y a de communauté politique qu'autour de valeurs communes », et celui qui reste un héritier historique de la droite messaliote ne s'en décrit pas moins comme un « universaliste », un « adepte de Jésus-Christ qui a prôné la rémission universelle des péchés et l'Amour de Dieu. » « Les gens qui ont la foi sont beaucoup moins racistes que les athées », note sans aucune contestation possible ce vieux cardinal qui aura pérégriné dans divers coins du monde, notamment en Afarée à quelques reprises. « Regardez les musulmans », fait-il observer : « depuis qu'il y a un Califat, ils défendent chèrement leur communauté et leurs valeurs », de façon « transfrontalière » et « au-delà des divergences politiques, culturelles ou circonstancielles qui pourraient les diviser. » Les Catholiques auraient-ils aussi le droit de rêver ? « Réunir notre Eglise est un beau projet », considère le cardinal messaliote, qui refuse d'en faire un « slogan abstrait » : « nous sommes les plus nombreux, nous sommes répandus dans les plus grandes puissances ; nous pouvons être une communauté mondiale de premier plan, au service de tous » et surtout des clercs, s'il faut en croire le raidissement autoritaire de la pensée théocratique depuis l'invention de la démocratie libérale. « Nous pouvons défendre nos valeurs et réaliser de belles choses », résume-t-il, « ou bien passer notre temps à nous diviser sur des épiphénomènes montés en épingle pour créer des problèmes. » « Je ferais toujours le premier choix », a-t-il conclu à l'approche d'une pluie ensoleillée sur l'île de Sancte, avant de se rendre à l'intérieur du cloître de la Torre del Sol pour assister à un office vénérant le justaucorps de Sainte-Samantha. Son discours a suscité l'enthousiasme et l'approbation chaleureux de la communauté journalistique mondiale, que l'on sait aussi fin connaisseuse de doctrine catholique que douée de discernement narratif. Assistera-t-on, en vue du conclave, à une réaffirmation de l'Eglise en tant que puissance politique sur la scène mondiale ? Les voeux du cardinal messaliote semblent pieux ; entre évangéliques, volignonais, sarrasins et juifs, la vieille maison papale a du souci à se faire.
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Réceptionner ces messieurs Lefebvre et Girard ou comment l'appartenance aux services de renseignement de Volignon peut impliquer de devoir entretenir et promener deux cardinaux barberiens tenus par lesdits services.


 Les sœurs Régine et Irmangarde réceptionnent et prennent en charge deux des cardinaux  barberiens à la descente de leur avion
Les sœurs Régine et Irmangarde réceptionnent et prennent en charge deux des cardinaux barberiens, ceux "tenus", à la descente de leur avion.

Narration de l'Evénement

Le repos fut de courte durée pour nos deux nonnes espionnes Régine et Irmangarde. À peine finissaient-elles les préparatifs concernant l'assassinat de Désiré, et pouvaient-elles reprendre leurs missions de routine (en l’occurrence l’organisation d’un kompromat particulièrement croustillant sur la personne d’une religieuse moderniste très bien placée et influente dans le monde universitaire de Sancte), que l’abbé Blondin, leur directeur spirituel, ce qui dans le contexte signifiait en réalité qu’il officiait comme leur agent de liaison, leur donna de nouveau du travail. Cela se passait, comme à chaque fois, dans le secret du confessionnal. Non pas lors de la confession en elle-même, car il n’était naturellement pas question de souiller les sacrements avec des affaires mondaines — nos barbouzes avaient beau être sans scrupules sur les affaires temporelles, elles se gardaient bien, cependant et à raison, d’offenser sciemment les choses saintes —, c’est pourquoi l’on attendait l’absolution et la fin du sacrement pour parler des affaires du service. On peut se faire une idée concrète du fonctionnement de la chose en allant voir le mouvement relatif aux préparatifs pratiques concernant Désiré : Quand sœur Régine se confesse et rend compte de l’avancement du plan, ou de l’importance de bien accuser ses péchés et d’être circonstanciée concernant ses préparatifs quand on est une tueuse au service de Volignon.

Cette fois, donc, après que les sœurs eurent remis la clé USB contenant le kompromat de la religieuse moderniste, que l’abbé l’eut récupéré et qu’il n’eut pas manqué de les féliciter, car c’était là un moyen pratique d’exercer une pression efficace qui ne manquerait pas de servir, l’abbé Blondin fit savoir qu’elles devaient pour un temps cesser leur mission de noyautage et qu’il avait un nouveau travail pour elles. Un avion allait se poser dans quelques heures sur l’aéroport de Sancte ; dans cet avion, il y aurait deux cardinaux. Des cardinaux catholans naturellement, puisque cela faisait bien longtemps, on s’en doute, qu’aucun cardinal volignonais n’avait posé le pied en Sancte.

C’était un fait peu connu du monde (et que les Néogallésants pouvaient même oublier…) mais Barbery, terre d’immigration du fait de son caractère industriel et du besoin de main-d’œuvre subséquent, avait bel et bien un clergé catholan d’importation. C’est une chose qui n’aurait absolument pas été envisageable au Makota ou au Dakora et qui ne manquait pas de provoquer ponctuellement des troubles et des violences, mais enfin il était difficile d’importer des populations sans amener avec elles leur culte, et il était illusoire de penser que l’on pouvait avoir des populations catholanes sans clergé catholan. C’est ainsi que Barbery accueillait pas moins de quinze millions de Catholans en son sein, ce qui, pour une population de cent millions d’habitants, n’était tout de même pas rien. On devait cette désastreuse initiative, qui ruinait partiellement l’unité religieuse, à l’insatiable avidité des Hoctemare, dont l’industrie manufacturière comme métallurgique nécessitait un nombre de bras tellement important que la cité-État elle-même, pourtant déjà assez populeuse, ne suffisait pas. Bref, c’est ainsi qu’était arrivée en terre volignonaise une importante immigration catholane. Au final, ça faisait pas moins de quinze millions de Catholans qui contribuaient par leur travail à faire tourner l’outil de production de Barbery.

Les papes de Catholagne, qui ne voyaient pas pourquoi ils ne doteraient pas ces populations des cardinaux auxquels elles avaient droit, leur en donnèrent dix, auxquels s’ajoutèrent, petit à petit, cinq cardinaux renégats de Volignon, que l’on appela par là même « ralliés » et qui étaient certainement les plus haïs par le service, lequel aurait donné cher pour pouvoir éliminer ces traîtres hideux. Donc Barbery fournissait quinze cardinaux, la plupart étrangers ou d’origine étrangère. Cela dit, beaucoup d’étrangers n’étaient qualifiés ainsi que pour être des Gallésants de « seconde vague », c’est-à-dire arrivés récemment (bien après la crise volignoniste et donc de confession catholane).

Cependant, bien qu’ils fussent haïs plus encore que tous les autres clercs catholans en ce qu'ils paraissaient être des traitres (ce qu'ils étaient assurément d'un certain point de vue), les ralliés n’étaient pas atteignables car ils étaient particulièrement protégés. De plus, les Hoctemare, qui tenaient à la paix religieuse en Barbery, interdisaient rigoureusement que l’on s’en prenne aux princes de l’Église catholane. Or, en Barbery, ce que veulent les Hoctemare a force de loi. C’est ainsi donc que le clergé volignonais de Barbery en était venu à devoir tolérer tout ce petit monde. Cependant, l’on se doutait bien, dans les services spéciaux de Volignon, que tout cela tournerait mal. D’ailleurs, on était bien décidé à faire le ménage dans la cité dès l’instant où les Hoctemare ne seraient plus assez puissants pour imposer leur volonté. Et cela finirait bien par arriver un jour.

Laissons les ralliés, car ils sont pour l'heure hors de porté de nos barbouzes, et parlons un peu des autres cardinaux barberiens. Les services se sont évidemment beaucoup intéressés à eux. Les ont intensivement espionnés et ont tentés de les compromettre et de les acheter. Le résultat fut cependant très limité puisque sur tous ces princes de l'Eglise, seuls deux tombèrent. Et c'était ces deux cardinaux tenus par Volignon qu'il fallait maintenant aller chercher à l'aéroport. Il fallait ensuite les amener à la résidence qu'on leur avait trouvé en attendant l'entré en Conclave. Il faudrait aussi, naturellement, les informer de ce qu'ils devraient faire durant le Conclave où ils seraient, en quelque sorte, les agents de Volignon. Agents cependant assez peu utiles pour les grandes intrigues puisque le fait qu'ils soient tenus par Volignon était assez fortement suspecté par quiconque était un minimum connaisseur du monde du clergé catholan.

Ces deux cardinaux étaient Leurs Excellences Fabre et Girard, qu’il convenait cependant d’appeler messieurs et de considérer comme des laïcs, car Volignon ne reconnaissait pas la validité de leur ordination ni la réalité de leur cardinalat. C’est ainsi, donc, que nos deux sœurs espionnes furent contraintes d’attendre sur le tarmac l’arrivée de leurs deux invités. Elles en profitèrent pour faire le point tout en fumant une cigarette :

— Si je comprends bien, on va les bichonner et les promener pour les jours qui viennent ? C’est ça ?

— C’est ça… Jusqu'à l'ouverture du Conclave. Et on va leur expliquer ce qu’ils doivent faire. L’abbé m’a donné des instructions précises concernant leur vote au Conclave.

— Ils vont vraiment obéir ? Je veux dire, ils sont censés être nos yeux au Conclave… On n’a donc pas d’yeux pour les surveiller, eux.

— Ils vont se surveiller l’un l’autre. L’un est acheté, et l’autre est tenu. Il paraît que Fabre a vendu cher son soutien à Volignon mais qu'il est fidèle… Quant à Girard, apparemment, il est terrifié à l'idée qu'on le balance à la presse, on a plusieurs kompromat de lui avec d’autres hommes et des trucs plus sombres, enfin c’est ce que l’abbé a dit… En tout cas, je me souviens l’avoir déjà croisé dans plusieurs lupanars de la ville, il pourrait bien être compromis par d’autres services aussi, vue son manque de discrétion…

— Est-ce bien prudent, alors ?

— L’autre est plus sûr, on peut compter sur lui… Enfin c’est ça les ordres, en tout cas…

— Si c’est les ordres, il n’y a rien à dire…

— Non…

— J’aimais bien le noyautage de l’Académie pontificale, moi, je m’éclatais.

— Tu étais magnifique sur les kompromat… Je veux dire, beau boulot, le montage fut un vrai plaisir… Enfin, on pourra continuer dans quelques jours… quand on aura fini de promener ces vieux tordus…

— Je sens que ça va être long, il va falloir baisser la tête, sourire, et se soumettre, en espérant qu'ils ne demandent rien de pénible…

— L'un est un vieux de plus de quatre vingt ans et ne pense qu'à l'argent et l'autre ne s'intéresse qu'à la gente masculine, donc ça devrait être tranquille de ce coté là ...

— C'est déja ça ... Putain de Service…

— Oui, comme tu dis ma sœur, putain de Service …


Quand les cardinaux catholans arrivèrent à la hauteur de la voiture où les sœurs les attendaient, celles-ci écrasèrent immédiatement leurs cigarettes. Puis, en un instant, elles se montrèrent affables, souriantes et dociles ; en un mot, elles reprirent une sorte d’habitus, de surmoi, plus conforme à ce que l’on est censé attendre de religieuses amenées à servir dans la domesticité de princes de l’Église. Cependant, comme il était demandé par le Service, elles leur servirent du monsieur et non de l’Excellence, ce qu’ils ne contestèrent pas. La première étape fut de les conduire à la résidence qu’on avait prévue pour eux, de les y installer et de les mettre en de bonnes dispositions, ce qui impliquait de faire leurs lits, leur cuisine et autres choses semblables ; puis, quand ils furent bien repus, bien disposés, les instructions du Service furent transmises :

— Voilà ce que vous devez faire pour le Conclave, messieurs : commencez par être très discrets, nous ne voulons pas que vous fassiez de déclarations publiques, et encore moins de candidature, naturellement. Vous vous installez en stalle et vous attendez calmement le début des votes… Vous voyez ? Bien. Ensuite, pour les consignes de vote, les voici : au premier tour et tant que c’est possible vous devez voter pour le travesti de Carnavale ou, s’il est éliminé, ce qui est fortement probable, vous voterez pour le pyromane de Listonie.

Le vieux cardinal Fabre se montra circonspect et prononça quelques mots d’une voix chevrotante de vieillard avant d’être coupé sans ménagement par la voix autoritaire et sèche d’une des sœurs :

— Mais enfin, ma sœur, vous savez que ces deux hommes sont fous, l’un se prend pour une femme et l’autre pour Notre Seigneur Jésus-Christ en personne, je m’étonne que…

— Oui, ils sont fous, et vous voterez pour eux autant qu’il vous est possible. Ils seront certainement éliminés, ça ne fait que peu de doute. Quand cela arrivera, vous voterez pour le petit Stefano.

— Qui est Stefano, ma sœur ?
demanda le vieux Fabre, confus.

— Pardon, excusez-moi, c’est Spinelli, le dodécaliote. Nous l’appelons Stefano car nous le tenons pour une fieffée crapule… Un peu comme vous mais plus jeune.

Elle poursuivit en se tournant vers Girard :

— Je pense que c’est un vote qui ne devrait pas vous poser de problème, Stefano semble avoir de la sympathie pour votre vice. Vous voterez donc en conscience.

Ces explications terminées, et une fois qu’elles se furent bien assurées que leurs invités avaient bien compris les ordres, l’une des sœurs fit couler un bon bain au vieux Fabre tandis que l’autre servit de chauffeur à Girard, qui profiterait de ces quelques jours de battement pour fréquenter les clubs très particuliers où elle l’avait déjà aperçu dans le passé.


Effet en terme de jeu

RP visant à introduire les cardinaux barberiens. Il y a eu de la confusion et de la généralisation abusive dans mon premier post déclaratif à ce conclave : dans les statistiques publiées en mai et non modifiées depuis, on voit que Barbery a bien des Catholans (ce qui est logique) et donc des cardinaux. Par ailleurs, j’ai donné ici des instructions claires sur le vote de deux de ces cardinaux. Pour les autres, j’en donne le contrôle à qui veut bien en faire des immigrés de la nationalité de sa NJ (avec la communauté qui va avec, naturellement). Je me réserve seulement les cinq ralliés, qui voteront contre mes intérêts (ou plutôt contre ceux de Volignon).
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : De l'importance de la vertu de patience quand on doit passer ses soirées et une bonne partie de ses nuits à attendre dans sa voiture que le cardinal dont on a la charge consente enfin à sortir de son club gay ou de l'importance de faire de temps à autre un point sur la situation sans se formaliser du contexte désagréable dans lequel on se trouve plongée par la force des choses.


 Soeur Irmangarde attend patiemment dans la voiture que son VIP sorte du Club.
Sœur Irmangarde attend patiemment dans la voiture que son VIP daigne sortir de son club et occupe sa soirée comme elle peut.

Narration de l'Evénement

Seule dans l’obscurité d’une ruelle sordide, sœur Irmangarde, l’une de nos deux agentes de renseignement de Volignon, cherchait à s’occuper comme elle pouvait. Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer, la religieuse avait été temporairement déchargée de ses missions d’influence habituelles (infiltration, kompromat, collecte d’information en source ouverte, etc.) pour servir de chauffeuse à l’un des deux cardinaux barberiens tenus par Volignon et que le Service ne voulait pas voir lui échapper, car ils devaient être ses yeux et ses oreilles au Conclave qui devait s’ouvrir prochainement. Les deux sœurs s’étaient partagé les cardinaux à pile ou face. La plus chanceuse avait été sœur Régine, qui avait écopé de la garde de Fabre, un vieil évêque vénal avec lequel elle faisait de belles sorties et de bons restos, tandis qu’Irmangarde, qui se colletait Girard, devait passer ses soirées à manger sur le pouce, au volant, pendant que son protégé allait s’éclater dans des clubs pour hommes homosexuels où elle ne pouvait, évidemment, pas le suivre.

Elle avait essayé, plusieurs fois, de s’entendre avec les agents de la mafia qui gardaient l’entrée pour qu’ils la laissent passer, indiquant qu’elle assurait la sûreté de Son Excellence, mais ce fut peine perdue : ces messieurs ne laissaient entrer personne du sexe faible. Sœur Irmangarde n’en démordait pas : il y avait un risque manifeste à laisser Girard se rendre seul dans un tel lieu. Pas tellement pour sa sécurité, car en Sancte la mafia ne se risquait pas à attaquer un cardinal sans solide raison ; non, le risque c’était de voir ce dégénéré être retourné par un autre service tandis qu’il se livrait à sa débauche dans les murs du club, hors de sa portée. Elle en avait touché deux mots à l’abbé Blondin, son directeur spirituel et agent de liaison, lors de sa dernière confession à Sainte-Émérantine. Il lui avait répondu que, vu ce que le Service avait contre lui, il y avait peu de chances qu’il fût retourné par qui que ce soit et qu’elle n’avait qu’à trouver un moyen d’occuper ses soirées en attendant que son VIP finît ses fredaines.

Naturellement, elle fumait cigarette sur cigarette, car le temps était long quand on attendait quelqu’un qui ne venait pas, quelqu’un que l’on ne reverrait sans doute qu’au petit matin. Pour tromper son ennui, il lui arrivait, de temps à autre, de sortir de la voiture pour faire quelques pas et discuter avec les mafieux qui gardaient l’entrée du club. Eux non plus, d’ailleurs, ne passaient pas leurs meilleures soirées à faire le pied de grue devant la porte épaisse et discrète du club. Cependant, elle ne pouvait pas passer trop de temps avec eux pour ne pas trop attirer l’attention et ne tardait pas, après un quart d’heure de papotage sur fond de dragouille de la part de ces portefaix (qui n’avaient pas les mêmes dilections, manifestement, que leur clientèle), tentatives de drague, donc, que la nonne avait commencé par accepter avant de finir par les rembarrer dès qu’elle comprit que quoi qu'elle ferait, ils ne la laisseraient jamais, en aucun cas, entrer dans le club, et ce même si elle consentait à donner de sa personne pour ça…

D’ailleurs, elle ne voulait pas trop être vue, car outre qu’il ne soit jamais très valorisant de paraître en compagnie de mafieux, la présence d’une nonne isolée dans la nuit la cataloguait immédiatement dans la catégorie des prostituées fétichistes déguisées. Et il lui déplaisait souverainement que l’on vînt à penser d’elle qu’elle était une prostituée et une fausse religieuse. Non pas qu’elle n’en fût pas une, de prostituée, (car l’art du kompromat et du noyautage par le biais de la sensualité était assurément une forme de prostitution comme une autre), mais elle trouvait ça profondément dégradant que les gens se le figurent alors qu’elle prenait un soin tout particulier, en vraie religieuse volignoniste, à conserver son habit toujours impeccable, d'un blanc sans tache, et parfaitement amidonné. Pour le dire clairement, elle n’était pas sainte, loin de là, mais elle ne voulait pas que les gens le sachent. Surtout les braves gens. Bonne nouvelle pour elle : il n’y avait pas de ces braves gens susceptibles de la reconnaitre qui prenaient cette ruelle nuitamment, mais seulement les clients du club…

Elle passait donc, en définitive, l’essentiel de ses nuits dans la voiture. Elle ne priait jamais dans ces moments-là. Il peut être utile, pour le lecteur, de rappeler la différence de psychologie majeure qui existe entre le duo des tueuses que sont les sœurs Gaudeline et Lucienne, et le duo des espionnes que sont Régine et, donc, Irmangarde, qui est notre héroïne de ce soir. Nos tueuses sont, comme nous avons eu l’occasion de le voir dans des récits précédents, et comme nous le verrons certainement très bientôt dans la tentative d'assassinat contre Désiré, des religieuses sincères mais complètement névrosées et désaxées, issues de ce qui se fait de plus violent au Makota ; il n’en va absolument pas de même de nos espionnes, chez qui le cynisme et le pragmatisme dominent. Naturellement, dans les deux cas il s’agit d’authentiques nonnes, mais les tueuses sont assurément plus mystiques que les espionnes. Enfin, tout ça pour dire qu’Irmangarde ne pensait absolument pas à employer son temps d’attente à prier alors que, et l’on s’en doute, elle n’était absolument pas à jour sur son bréviaire, et il était peu vraisemblable qu’elle eût même commencé à dire ne serait-ce qu’un seul chapelet de son rosaire.

Il faut dire aussi que, quand elle était en mission, elle avait obtenu le droit de s’affranchir de ses obligations religieuses, alors pourquoi se priver de ce droit ? Notons que, comme beaucoup de vocations volignonistes, Irmangarde n’avait pas eu tellement le choix ; pour le dire autrement, c’était une vocation forcée. Toutes les vocations n’étaient pas forcées dans l’Église volignoniste, loin de là, mais beaucoup l’étaient et il se trouvait nombre de religieuses qui acquéraient cet état pour des raisons de convenance familiale, notamment touchant à l’honneur et à la réputation. Ce fut le cas d’Irmangarde et de sa consœur Régine, toutes deux des noceuses au comportement si désordonné qu’il ne fut pas possible de les marier convenablement. Et comme il était impossible de les marier, alors la seule chose qu’on pouvait en faire était de les mettre dans les ordres par le moyen d’un des nombreux noviciats de convenance. C’est ainsi qu’elles devinrent nonnes, et que beaucoup, parmi les centaines de milliers de nonnes volignonistes, le devenaient également. Toutes les religieuses affiliées à Volignon n’étaient pas des cas sans vocation, ce serait absolument exagéré, mais il y en avait énormément tout de même. Cet état de choses contribuait à établir ce constat assez déroutant que si l’Église de Volignon était globalement beaucoup moins décadente que celle de Catholagne, son clergé régulier comprenait sans doute au moins autant, voire plus, de cas sociaux et autres profils dysfonctionnels variés et divers.

Enfin, pour en revenir au moment de notre récit, sœur Irmangarde, qui s’ennuyait ferme, alluma la radio de la voiture dans l’espoir, rapidement douché, de trouver Synthpop FM, la radio barberienne qu’elle écoutait très souvent en Nouvelle-Gallouèse car, comme nombre de ses compatriotes, elle vouait un véritable culte à ce genre musical assez peu ecclésiastique. Naturellement, elle ne la capta pas puisque Sancte se trouvait à des milliers de kilomètres de Barbery et, comme elle détestait le rap et autres horreurs modernes dégénérées, elle se rabattit sur une chaîne d’information sur laquelle, justement, on parlait de la préparation du Conclave et des actualités en conséquence. La voix de Désiré ne tarda pas à se faire entendre puisque l’on passait son entretien (ici), et sœur Irmangarde ne put s’empêcher de s’adresser à Désiré via la radio comme si le cardinal pouvait l’entendre :

« Je vous remercie pour votre invitation, et je suis heureux de pouvoir partager mon avis au grand public. L’un des grands problèmes de l’Église, de manière générale, c’est la difficulté qu’elle a pour discuter et dialoguer avec les institutions de la société civile… »

— Tes avis, on s’en fout, et le problème de ton Église c’est qu’elle est hérétique, pas qu’elle ne fricote pas assez avec la cité de Satan.

Puis elle le laissa parler, mais éclata de rire en l’entendant dire ces paroles :

« Évidemment que l’élection d’Augustin a été une bonne chose, et je pense que ce fut la meilleure chose qui ait pu arriver à l’Église dans ce cas de figure ; parce que l’assassinat d’un papabile en plein conclave… »

— Hi hi, t’es vraiment pas prêt, Désiré, le prochain c’est toi ! Vraiment pas prêt.

Puis Désiré enchaîna sur le constat qu’il y avait pas mal de candidatures loufoques lors du dernier Conclave et la sœur ne put s’empêcher de pouffer à l’évocation des individus, puis elle ajouta :

— Ils sont plus conformes à l’esprit de ta fausse Église que toi, Désiré, tu es une vieillerie, une étape transitoire dans le processus de transformation. C’est vraiment dommage pour toi que tu ne le comprennes pas…

Puis Désiré enchaîna sur les problèmes de corruption et de vices à l’intérieur du clergé catholagnais et l’importance qu’il y a à y mettre fin. Ce qui provoqua de la part de notre religieuse une hilarité accompagnée de ces paroles :

— Mais tu veux me mettre au chômage, Désiré ? Qu’est-ce que je ferais si je ne pouvais pas faire de carabistouille, ici ? Hors de question que je m’enferme ad vitam dans un couvent lugubre pour y répéter les psaumes… Enfin, crois-moi, le vice est loin de disparaître, les affaires vont continuer de bien se porter et toi, tu vas mourir.

Le passage sur la vie de Désiré ne suscita aucune réaction de la part d’Irmangarde ; elle songea, quant à elle, à son père rancher, alcoolique et violent, qui durant toute son enfance battait sa mère, abusait de ses domestiques et, avec l’aide de ses vachers, pendait les misérables qui entendaient voler son bétail. Elle se dit alors que tout le monde a des difficultés dans la vie et que le plus digne est encore de garder son enfance pour soi. Elle fut cependant sortie de ses réflexions mélancoliques par les énormités qu’il se mit à débiter sur l’Église de Khaulte et elle explosa :

— Mais, imbécile, c’est une Église schismatique, vous n’êtes pas en communion, il est absurde de donner ou de recevoir les bénédictions de l’un ou de l’autre, soit tu as raison et ils se damnent, soit c’est eux qui ont raison et c’est vous qui vous damnez. Mais je vais vous mettre d’accord, vous avez tous les deux tort et vous vous damnez. La seule vraie Église est celle de Volignon. Aie au moins le courage de t’élever au-dessus du relativisme et de l’opinionisme, on ne parle pas d’un club de pétanque, Désiré !

Elle coupa la radio quand Désiré commença à parler d’écologie, ça ne l’intéressait pas du tout. La radio éteinte, et l’ennui étant toujours là et ne devant pas partir de sitôt, Irmangarde prit le journal et lut l’article consacré aux déclarations du papabile messaliote. Les premières impressions que donna l’article furent que Théodard était un Catholagnais intransigeant. Quand il évoqua le sexe des anges, la sœur se souvint du peu de théologie qu’elle reçut, elle savait que les anges, étant chacun le seul de son espèce et n’étant pas pris dans le cycle des générations, n’avaient ni sexe ni système d’engendrement. Puis elle se rappela que ce n’était qu’une expression. Ce qu’il affirmait ensuite concernant l’homosexualité et la communion des prétendus divorcés prétendument remariés confirmait cette intuition : Le Messaliote faisait de l’intransigeance dans le modernisme. Mais pouvait-on ne pas être moderniste quand on appartenait à une Église qui était elle-même moderniste dans son essence ?

Quand Théodard évoqua la séparation de l’Église et de l’État, notre religieuse fut de nouveau insupportée, car il ne s’agissait pas, en bonne doctrine, que le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel fussent séparés ou hiérarchisés, mais plutôt qu’ils fussent distingués dans un tout cohérent et organique, un truc comme ça. Quand il parla de défendre les reliques, la nonne opina mais elle ajouta aussi qu’il faudrait déjà enlever les reliques des faux saints modernistes et que le meilleur moyen de protéger les reliques, c’est encore de les remettre sur les autels et de procéder au rite de vénération. Le rite de vénération solennel des reliques étant d’ailleurs très vivace chez les Volignonistes et n’étant jamais omis, quelque fût le jour où il tombait. La suite l’intéressa moins. Elle en profita pour remplir une fiche de renseignement sur Théodard en indiquant qu’il était peut-être plus dangereux que prévu. Elle la donnerait à l’abbé Blondin le lendemain, quand elle se confesserait.

Le cardinal revint cependant, et relativement de bonne heure ! Il était saoul et venait sans doute de sortir d'une orgie puisque beaucoup d'autres hommes sortirent du club en même temps que lui. Il était l’heure de rentrer déposer ce dégénéré. Une bonne journée de faite et qui se finit pas trop tard, elle aurait donc le temps de repasser voir la fameuse dominicaine qu'elle avait séduit à dessein et dont elle entendait se servir pour entrer dans les arcanes de l'académie pontificale et y tisser sa toile d'influence.


Effet en terme de jeu

Néant, c'est du Lore. La soeur Irmangarde rebondit sur les RP de Vador et de Timour pour donner (via son prisme un peu déformant) le point de vue de Volignon. Le messaliote commence à inquiéter même si il est peu probable que la note sur lui provoque une démarche d'assassinat (il faudrait que ce soit réitéré sans doute).
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : De l'agrément de sortir avec Son Excellence Monseigneur Fabre ou comment une soirée de (saine) détente peut être l'occasion d'analyser le profil du dernier papabile en date, monsieur Cormac Vargas y de Duncaster.


 Soeur Régine, chargé de la garde du Cardinal Fabre se fait payer le restaurant et passe une excellente soirée.
Sœur Régine, chargé de la garde du Cardinal Fabre, notoirement acheté par Volignon, se fait payer le restaurant et passe une excellente soirée.

Narration de l'Evénement

Confortablement installée dans un restaurant très étoilé de Sancte, sœur Régine savourait son plat en même temps qu’elle tenait compagnie au vieux cardinal. Manifestement, la Providence était davantage de son côté que de celui de sa consœur Irmangarde, laquelle, ayant perdu au pile ou face, se trouvait à passer des soirées interminables à attendre seule dans sa voiture tandis que son protégé se livrait à toutes sortes de perversions dans le secret de clubs homosexuels masculins où elle n’était pas admise. Il n’en allait absolument pas de même du vieux Fabre et, jusqu’à présent, la religieuse n’avait vraiment pas à se plaindre.

C’est ainsi qu’outre de manger midi et soir dans les meilleurs restaurants de la ville, la religieuse pouvait aussi pénétrer dans ses plus beaux bâtiments en assistant aux plus adroits et élégants exercices de mondanités ecclésiastiques. Car Son Excellence Fabre, qui était un homme droit dans ses mœurs, ce qui à 84 ans est plus facile (mais les connaisseurs du combat spirituel savent que rien n’est jamais acquis en cette matière, quel que soit l’âge), était, en compensation, un intrigant et un superbe, en plus d’être un homme incroyablement vénal. Il aimait l’argent, il aimait beaucoup l’argent, le gagner, le soutirer, le détourner, mais il aimait aussi, chose nettement plus rare pour un Néogallèsant, le dépenser. « Tout doit disparaître avant ma mort, je n’ai plus que quelques années pour dépenser tout ça, il faut faire vite, ma fille, prenons donc du caviar », aurait-il pu dire de sa voix de vieil homme.

Ce goût pour l’argent et pour le dépenser est une chose que comprenait très bien sœur Régine. Issue d’une famille de ranchers makotans plutôt bien lotis, elle avait eu une première jeunesse faite de préciosité et de recherche désordonnée de vaine gloire. Ses extravagances et son immoralité, dont on épargnera la description aux lecteurs mais dont ils pourront aisément imaginer les détails, avaient d’ailleurs été telles que sa famille, se pensant déshonorée aux yeux du monde et dans l’incapacité de marier une fille tenue pour une femme publique, avait décidé de la placer de force dans un des nombreux noviciats de complaisance que l’on peut trouver au Makota. C’est ainsi qu’elle dut renoncer au monde en même temps qu’à sa longue chevelure, car les nonnes makotanes se rasent le crâne par opposition aux femmes du monde de ce même pays, qui portent les cheveux aussi longs qu’elles le peuvent afin de pouvoir réaliser toutes sortes de coiffures complexes, notamment les papillotes, qui sont un élément essentiel du dispositif de distinction sociale. Enfin, toujours est-il que c’est alors que la jeune fille dut par la force des choses renoncer au monde, en apparence en tout cas, tandis que son père et ses frères s’empressaient de mettre en vente ses nombreuses toilettes et bijoux dont ils tiraient de coquettes sommes, sans doute immédiatement reconvertis en or et placé dans un coffre ou bien réinvestie en titres de propriété pour agrandir les terres du ranch familial.

Cependant, comme on se l’imagine, cette vocation forcée qui fut la sienne n’avait pas tué en elle les inspirations à la vie mondaine et à la préciosité. C’est d’ailleurs parce que ces choses n’étaient pas mortes en elle (car on ne peut tuer les vices de quelqu’un d’autre, c’est à chacun d’affronter les siens) que sœur Régine n’avait pas tardé à devenir une religieuse débauchée et gyrovague, cadre dans lequel elle trouva sa consœur Irmangarde avec laquelle elle ne tarda pas à vivre, de fait, maritalement. Et c’est d’ailleurs dans le cadre de cette union et des à-côtés qu’elle admettait que les services de Volignon avaient repéré les deux nonnes comme d’excellentes espionnes potentielles qui s’avéreraient très utiles pour la sainte Cause (en se livrant à toutes sortes de turpitudes absolument immorales mais commodes pour rallier ou compromettre ...).

Enfin, tout ça pour dire que sœur Régine goûtait volontiers à la prodigalité de son VIP, lequel, de son côté, prenait assurément un grand plaisir à faire étalage de ses moyens devant la religieuse, car on ne dépense jamais aussi agréablement son argent que devant quelqu’un que les richesses fascinent. De l’extérieur, pour l’observateur non averti (ou le contre-espion, si jamais des contre-espions existent en Catholagne, ce dont on finirait par douter tant les agents de Volignon peuvent se promener sans difficulté), on aurait pu dire qu’il y avait anguille sous roche, et que le vieux hiérarque, tombé dans la lubricité sénile, entretenait la religieuse comme l’on entretient une courtisane, mais il n’en était rien (sans doute au déplaisir de sœur Régine, à qui l’idée d’être entretenue n’aurait pas déplue), c'est seulement que le vieil homme dépensait son argent avant de mourir et que la nonne veillait sur lui jusqu'à l'ouverture du Conclave dans le plus strict respect des ordres du Service, rien de plus.

Toujours est-il que nos deux ecclésiastiques (car chez les Volignonistes il n’existe aucun code canonique du début du XXe siècle pour établir péremptoirement que des femmes sous vœux et relevant du premier ordre n’appartiennent pas au clergé, mais l’on emploie évidemment les compilations traditionnelles qui admettent sans difficulté l’existence de clercs non tonsurés ; en somme, est clerc quiconque relève de la juridiction de l’Église sur le plan administratif comme judiciaire) sont attablés et discutent avec calme et galanterie sous les regards amusés ou complices (bien à tort) des observateurs. Tandis que la sœur déguste tranquillement sa salade aux truffes, le vieux cardinal lui fait part de ses considérations entre deux bouchées de tournedos. Naturellement, on boit du Château Volignon :

— Saviez-vous, ma fille, que le cardinal Vargas venait, ce matin même, de déclarer sa candidature ? Ça fait un papabile de plus pour nous et une fiche à écrire pour vous. Celui-là, m’est avis qu’il ne devrait pas trop vous déplaire.

— Vraiment ? Oui, j’en ai vaguement entendu parler, je pensais que sœur Irmangarde s’en chargerait compte tenu des soirées qu’elle passe seule…

— Je vous en prie, ma fille, laissez votre pauvre consœur tranquille, elle est déjà certainement bien malheureuse d’avoir à chaperonner cette abominable serpillière qu’est Girard… On s’étonne que Catholagne soit en pleine décadence, mais regardez à qui l’on donne le chapeau de cardinal. Non, ma fille, c’est à vous de remplir cette fiche, nous allons en discuter, vous allez voir, ça va se faire tout seul.

— Puisque vous le dites. Vous affirmez qu’il va nous plaire, et quand vous dites « vous », vous parlez, je pense, de Volignon et non de moi. Pourquoi pensez-vous cela ?

— Sans vouloir paraître orgueilleux, je pense avoir compris la stratégie de votre Service. Il faut dire qu’elle est assez logique. Vous pensez que Catholagne n’a besoin de personne pour s’effondrer, qu’il suffit qu’elle aille jusqu’au bout de ses contradictions. À cette fin vous souhaitez favoriser les papabili les plus fous, notamment le travesti carnavalais ou, à défaut, le pyromane listonien. Cependant, votre Service est malin, il sait qu’il est hautement improbable que de tels fous soient élus car le processus de décadence n’est pas encore assez avancé. Alors, après les avoir soutenus autant qu’il était possible, vous voulez favoriser les modernistes. Les modernistes sont moins précieux que les fous car ils accélèrent beaucoup moins l’effondrement, mais ils l’accélèrent quand même. Non, vos ennemis, vos vrais ennemis j’entends, ceux que vous feriez bien d’écarter, sans doute le préparez-vous d’ailleurs, ce sont ces fameux « tradis », ceux qui, par bêtise ou par ignorance, sans doute aussi un peu par lâcheté, refusent de tirer les conclusions dont ils reconnaissent pourtant les prémisses. Ceux-là vous inquiètent car ils sont susceptibles de retarder les choses en rétablissant temporairement la situation. Est-ce bien ça, ma fille ? Ai-je touché juste ?

— Vous m’impressionnez… C’est exactement ça, enfin de ce que j’en sais…

— Je pense que ce plan ne vient pas de l’abbé Blondin, votre supérieur, ce desperado n’a vraisemblablement pas assez de finesse pour cela. J’ai de l’estime pour votre confesseur, mais enfin, être un bon pistolero et être un bon intrigant ne relèvent pas des mêmes vertus. Je pense que tout cela a été manigancé par la Secrétairerie d’État de Volignon, directement, et sans doute avec la bénédiction du pape en personne, même si l’on ne trouvera évidemment aucun document pour en attester… Votre salade vous plaît-elle ? Vous la picorez, ce n’est pas sérieux, vous êtes épaisse comme un fil, ce n’est pas comme ça que vous allez bien vous remplumer. Et je vous en prie, reprenez un peu de vin, ma fille, je vous préfère un peu grise, cela vous va mieux, je vous assure. Et ne me parlez pas de tempérance ou de mesure, nous savons bien, vous et moi, quel genre de personne vous êtes vraiment.

— Puisque vous insistez, remplissez donc mon verre mais c’est vous qui serez responsable si je commence à faire des choses contraires à la discrétion et à la modestie… Vous me disiez que ce monsieur Vargas allait plaire à Volignon. Pourquoi donc ?

— Parce que cet homme est au nombre des modernistes dont l’élection vous serait bien utile, comme le cardinal Spinelli ou ce Jashurien sympathique, vous savez…

— Vous êtes catégorique sur le fait qu’il soit moderniste ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

— Ses positions sur les mœurs contre nature qu’il estime comme venant de Dieu. Et plus généralement, cet homme a l’audace de placer la théodicée, l’origine du mal, dans une volonté arbitraire et obscure de Dieu… Il s’agit d’un mélange de blasphème et de relativisme qui, s’il devait arriver au souverain pontificat, ferait bien les affaires de Volignon. Imaginez un peu, ma fille, tous les vices se trouveraient ainsi justifiés et donc permis parce que voulus par Dieu. Ce serait, pour le coup, la victoire définitive de Sodome contre l’Église… Pardonnez-moi, ma fille, j’oubliais, vous vivez avec une autre femme, je ne voulais pas…

— Je fonctionne en binôme avec une consœur, rien d’autre, enfin ça ne vous regarde pas. Et puis en tout état de cause, je ne me reconnais pas dans cette folie… Par ailleurs, puisque nous y sommes, sachez que mes inclinations ont toujours été très éclectiques et jamais exclusives et que je me suis intéressée aux garçons bien avant de songer à faire quoi que ce soit avec les filles, choses qui ne vous concernent en rien d’ailleurs car enfin, vous n’êtes pas mon confesseur. Vous savez que mon travail dans les services implique de faire nombre de choses incompatibles avec la morale naturelle comme révélée mais il ne me viendrait pas de chercher à rendre licites mes turpitudes pour les justifier… Mais oui, ce que vous dites là concernant les opinions de Vargas sur l’origine divine de la théodicée est tout à fait invraisemblable et j’ai peine à le croire. Cet homme est en effet un moderniste très prometteur, il va plaire au Service, c’est certain. Autre chose ?

— Il soutient l’œcuménisme et donc, par conséquent, la liberté religieuse.

— Oui, je m’y attendais un peu, le contraire m’aurait surprise. Un excellent candidat donc. Autre chose encore ?

— Non, mais vous avez de quoi faire sa fiche avec tout ça. Sinon, je vais vous recommander un peu de salade, vous risquez d’en manquer pour le fromage.


C’est ainsi que le repas se poursuivit, très agréable, très cordial. Puis, une fois achevé, Régine conduisit le cardinal à la résidence, lui fit couler son bain avant de préparer ses vêtements cardinalices pour le lendemain puis, à son déplaisir due aller se coucher seule, puisque qu’Irmangarde n’était pas encore revenue de son chaperonnage de Girard. Le lendemain elle rédigea la note de renseignement de Vargas, indiquant précisément ses opinions sur la théodicée et l’œcuménisme et en quoi ce papabile pouvait, à la rigueur, être aussi bon que Stefano pour servir la cause de Volignon.


Effet en terme de jeu

Néant, du RP d'influence couvrant l'actualité du Conclave.
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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 20 juin 2020

Attentat de la Basilique San Stefano: l'heure du bilan après la catastrophe


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34 morts et 20 blessés


C'est le bilan à toute définitif des évènements survenus dans la nuit du 16 au 17 juin 2020 sur le parvis de la Basilique San Stefano Di Velsna, sur la place du Forum éponyme au cœur de notre cité. Le récit de l'attentat, au fil des heures, est connu avec de plus en plus de précisions. Dans la soirée du 16, alors qu'un attroupement de citoyens se rassemblait sur le parvis de la Basilique en vue de la traditionnelle messe de minuit faite au saint patron des escrocs et des voleurs, une camionnette, modèle T2 de la marque Strama, lancée à pleine vitesse, a fauché une partie du groupe de riverains et est venue s'encastrer sur le fronton de la Basilique, provoquant le déclenchement d'un important stock d'explosifs à son bord, soufflant tout individu situé dans un rayon d'environ dix mètres, blessant des citoyens plus légèrement jusqu'à un rayon d'une vingtaine de mètres autour de l'épicentre de l'explosion.

La proximité du lieu de l'attentat a permis un quadrillage rapide de la zone par la Garde civique de la cité, de même qu'un soutien des services du renseignement de la Segreda, qui s'est immédiatement emparée de la scène du crime. Le secours, une fois sur place, ont mis en place un cordon de sécurité, tandis que le bilan final s'est stabilisé dans la journée suivant l'attentat, en raison de quatre décès sur le bloc opératoire de l'Hôpital Farrugia di Montezemolo.

Les dommages matériels sont important. Si la structure de la Basilique n'est pas dans une situation de danger immédiat, une partie du fronton a été lourdement endommagée, nécessitant des travaux de restauration qui pourraient s'étendre sur plusieurs mois. Il faut savoir que la Basilique au style baroque, dont l'état définitif date du XVIème siècle, est un bâtiment classé, nécessitant l'intervention de spécialistes, restaurateurs et tailleurs de pierre. L'explosion a également laissé un cratère de quelques mètres de diamètre, nécessitant des travaux sur le parvis, qui eux sevraient être plus courts.


Quid des perpétrateurs ?

Pour l'heure, peu d'informations sont remontées par les renseignements velsniens, l'enquête étant volontairement laissée aux mains de la Segreda qui établit une forme de confidentialité autour des investigations. Il n'est pas connu pour l'heure l'existence de plusieurs auteurs, un seul d'entre eux ayant été plus ou moins identifié. Les revendications rendues publiques par les auteurs de manière relativement tardive apparaissent comme étant relativement floues, évoquant l'implication d'une organisation politico-religieuse connue sous le nom d'Horus Moranza, une secte aréniste paramilitaire opérant dans le pays éponyme. Cela n'a pas été sans surprendre les services d'investigations velsniens, lesquels n'avaient eu jusqu'ici aucun démêlé d'aucune sorte avec cette organisation, pas plus que jamais les intérêts politiques velsniens n'ont été présents dans ce pays. Quoi qu'il en soit, l'acte supposé de cette minorité religieuse, qui n'est présente que dans deux pays, à savoir le Moranza et la Cité du désert, Protectorat colonial poetoscovien, n'a pas été sans jeter une ombre de suspicion sur une implication plus approfondie à l'encontre de l'Etat poetoscovien.


Réactions politiques et conséquences

D'emblée, ces soupçons se sont mués au sein de la classe politique de la cité velsnienne en un sentiment de colère quasi généralisé, dans un contexte où la Poetoscovie est déjà dans un état de conflit avec la Grande République. Lors d'un discours éloquent au Sénat des Mille de la Grande République, son excellence Domenico Sforza s'st fait l'avocat le plus ardent d'une reprise de la guerre avec la Poetoscovie, arguant qu'il s'agissait là de la racine du mal la plus probable. Ce dernier, au terme d'une démonstration de rhétorique éloquente, a ainsi convaincu le Sénat de recourir à la mobilisation de la totalité du Comitatus velsnien, de la plupart des flottes de la Marineria, ainsi que d'une levée citoyenne d'urgence de 50 000 soldats.

L'adoption de telles mesures n'est pas sans poser un certain nombre de problématiques. Si le sentiment de détestation de la Poetoscovie est largement partagé dans l'opinion publique de la cité, les dites mesures représentent un coût financier conséquent pour les cités libres devant procéder aux levées citoyennes. Umbra, par exemple, doit ainsi au cours des deux prochaines semaines, accuser la levée d'une armée de 10 000 citoyens, et pourvoir entièrement à leur équipement léger. Autre élément problématique pour le Gouvernement velsnien: le résultat fiscal des cités libres pour l'année 2020 a déjà été prélevé. La levée d'une telle force devra donc contraindre l'Etat velsnien à émettre des exonérations de taxes auprès des cités libres pour l'année 2021. Afin de ne pas trop pressurer les cités, il a été décidé par le Sénat de concentrer la majorité de l'effort fiscal de l'année prochaine dans les territoires sous l'administration directe de la cité velsnienne (Chôra velsnienne), ainsi que sur les territoires les plus géographiquement proches d'un hypothétique théâtre de conflit avec la Poetoscovie. Dans tous les cas, la levée militaire présente constituerait le plus grand effort financier de la cité depuis la Guerre civile de 2013-2014.

Du côté de l'opposition, quelques timides appels à la tempérance se font entendre. Conformément à ses positions traditionnelles, le PEV a ainsi appelé, malgré son inimitié avec la Poetoscovie, à faire "redescendre la température", tandis que les libéraux du Sénat essaient de mettre en avant la nécessité de poursuivre les investigations avant de procéder formellement à des actions offensives.


Réactions au sein l'Eglise catholane et dans le milieu humanitaire.

Au delà d'un acte hautement politique, ce sont également les institutions de l'Eglise catholane qui sont affectées par l'attentat. Le clergé catholan velsnien a ainsi immédiatement appelé au rassemblement et aux prières collectives afin de soulager la souffrance des victimes. Des contributeurs de la fondation humanitaire de San Stefano ont ainsi été mobilisés afin d'apporter soutien médical et moral aux victimes et aux familles des victimes.

La Basilique a ainsi reçu la visite du Cardinal de la Dodécapole Giovanni Spinelli, qui a lui-même participé aux opérations de premiers secours en compagnie de membres de l'Ordre des moines chapardeurs de San Stefano, avant d'organiser une série de prières communes sur le Forum San Stefano en présence de plusieurs milliers de participants. Ce dernier en appelle ainsi à la solidarité catholane et chrétienne de la toute la communauté religieuse mondiale.


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Le Cardinal Spinelli, de retour d'urgence de Catholagne pour venir au chevet des victimes.


Nomination de chefs de guerre

Le Sénat des Mille, dans une mesure d'urgence, a procédé à la nomination du commandement du Comitatus mis en place pour l'occasion. Dans acte fort, il a été décidé de forcer le rappel de son excellence Sénateur et ancien membre du Gouvernement Matteo Di Grassi, afin de prendre le commandement du Comitatus, c'est à dire de l'ensemble des forces armées velsniennes potentiellement mobilisables sur un hypothétique théâtre d'opération à venir. En tout, ce sont une dizaine de sénateurs et commandants militaires qui ont été choisi à des postes clés pour une durée légale d'un an renouvelables. Le Sénat, par cet acte, consent donc à l'hypothèse sérieuse d'une campagne militaire contre l'ennemi poetoscovien dans le prolongement de la campagne de 2019 de son excellence le Sénateur-Amirraglio Gian Galleazo Barisi. Aucun détail n'a été donné sur la suite des opérations, si ce n'est la mobilisation de 100 000 citoyens dans un délais de plusieurs semaines, ainsi qu'un rappel de la plupart des forces navales et aériennes de la République.

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Porte d'entrée//de sortie de la Chapelle Sixtine (il y a une seconde entrée mais c'est aussi celle du Musée du Vatican qui est un vaste jardin plat) / Musée du Vatican.

Réponse à l’opération des Névrosées de l’église schismatique de Volignon.

- « Désiré, tu es lassant ! »

- « Dites moi mon père, comment réagiriez, si par tout hasard, le gouvernement marcinois tentait de vous protéger malgré vous ? Vous savez, avec tout ces animaux en liberté, ces Youslèves et ces Velsniens qui semblent prêts à tout pour avoir l’insigne honneur de porter la Tiare papale, je me disais qu’il ne serait pas tout à fait exagéré d’assurer votre protection… Ho ne me ragardez pas comme ça mon Père ! On dirait que vous vous apprêtez à sortir un pistolet de votre soutane pour m’abattre de sang froid ; nous le savons tout les deux, et vous plus que tout autres, que le gouvernement marcinois a tout intérêt à voir l’un de ses concitoyens s’asseoir sur le Trône de Saint Pierre ; ce serait pour nous, l’une des plus belles choses qui puisse arriver à notre si belle et si grande nation ! »

- « Mais enfin mon fils ! Où vous croyez-vous ? Le XVIe siècle est passé de mode ; enfin plus aucun État n’intrigue pour poser l’un de ses candidats sur le Trône de Saint Pierre. Si mes frères m’élisent, je vais devenir le Vicaire du Christ ! Je vais gouverner la Sainte Eglise au nom de tout les Catholiques de cette Terre. Et je dois vous prévenir que si je conserverai toute mon amitié vis à vis des gouvernants marcinois, et pas uniquement pour les membres du P.P.A, je refuserai d’être insrumentalisé pour vous permettre de mener vos vindictes personnelles. Pire, d’instrumentaliser l’Église pour l’aligner sur les intérêts marcinois. J’ai une mission universelle qui pourrait me tomber sur les épaules ; il ne s’agirait pas de la réduire à quelques millions de catholiques. Donc non, inutile d’essayer de me protéger, j’ai une entière confiance en l’Église et en ses forces de protection. Après tout, nous ne sommes par des barbares ; qui oserait assassiner un cardinal en plein jour ? Alors qu’il y a tellement plus simple… Comme le poison, une malheureuse rencontre la nuit… Non définitivement je ne pense pas que l’on essaiera de me tuer. Spinelli préférera m’humilier plutot que de me laisser devenir un martyr de la foi… Quant au Youslève ; il sera en ligne directe avec Dieu lors de ce conclave, donc je n’attends pas grand-chose de lui… Et puis, il y a eu assez de morts cette semaine, il n’y a pas besoin que l’Église soit de nouveau endeuillée… D’ailleurs, dites-moi mon fils, que va faire le Royaume pour Velsna ? J’ai entendu dire que ça va chauffer pour la nation littéraire… L’Église peut-elle vous être d’une utilité quelconque ? »

Désiré dut garder toute sa contenance lorsque l’évêque lui signifia clairement qu’il était hors de question pour lui de s’aligner sur les intérêts politiques marcinois… Ce genre de personnes qui font de la morale la plus haute des vertus sont des plaies pour les politiciens comme lui ; après tout ce qu’a fait Marcine pour lui, voilà qu’il refuse de s’aligner sur les intérêts politiques marcinois ! Quel ingrat ! C’est bien la peine de se donner tant de mal pour éviter que l’on ne charcute ce bonhomme à la sortie d’une étroite ruelle sombre. Et puis il n’y avait pas que ça ; durant ces derniers jours, des éléments de plus en plus étranges se multipliaient ; l’Église devenait folle ; elle avait perdu la raison et son clergé ne regardait non plus vers Dieu, mais vers des choses bien plus matérielles… L’or achetait ce que la foi ne pouvait s’offrir. Le ministre savait pour le nouveau directeur de campagne du candidat marcinois, il était au courant des pratiques plus que douteuse de ce dernier ; après tout Monseigneur Juan avait une réputation qu’il savait entretenir ; on le disait « conciliant » et « convainquant » mais en vérité, sa « générosité » n’était pas désintéressée, et il se chargeait de le faire savoir, et tout ça remontait aux oreilles du ministre des Affaires étrangères marcinois.

- « Bien… Bien… Puisque vous insistez Éminence… Quant à ce qu’il s’est passé à Velsna, vous savez je pense que les Services de Renseignement sont sur les dents ; pour eux c’est évident que les Poetscoviens sont dans le coup ; mais tant qu’ils n’ont pas de preuves… Et bien ils sont obligés de laisser tranquille la Nation Littéraire… J’espère seulement pour elle qu’elle a pensé à couvrir convenablement ses traces, parce que sinon… Les velsniens construiront un Cirque et un forum à Hernani tandis que les Jashuriens se permettront de vider la Banque Centrale de tout son or. Enfin, quant à Horus Moranza, je ne donne pas cher de leurs peaux ; ils finiront probablement par danser au bout d’une corde sur le forum de la Grande République… Quant à votre protection personnelle, ce n’est pas négociable ; vous aurez vos anges gardiens. »

- « C’est amusant… Quand vous le dites comme ça, mon fils, on croirait que vous parlez de petits chérubins virevoltant légèrement avec leurs petites ailes, leurs doigts potelés et leurs petits arcs… On oublierait presque que ce sont des gorilles de deux mètres sur deux mètres qui me suivront à la trace… Et ça, et bien c’est hors de question ; je ne veux pas les voir. Ils est hors de question qu’un papabile soit dépendant d’un État, autre que la Catholagne pour sa sécurité. Si je les croise, qu’ils sont à moins de dix mètres de ma personne ; je les excommunies ! »

- « Vous les aurez, mais vous le verrez pas. C’est quand même fou d’avoir une telle confiance envers les gardes polks… »

- « Ils ont l’habitude de ce genre de situation ; depuis quinze siècles que les Papes se succèdent, je pense que la Garde Polk a eu le temps de se faire face à tout type de situations ; y compris les plus radicales… »

- « Puisse que le Seigneur vous entende mon père. » et tandis que le ministre tournait les talons en grommelant que ce petit curé était décidément bien entêté, Monseigneur Juan arrivait éssouflé ;

- « Mon frère ! Désiré de Marcine demande à commander la marche lors du défilé des cardinaux. Il affirme que sans cela, les conservateurs modérés vous retireront leur soutien. Il dit que c’est une question d’honneur et de fierté… »

- « Ils sont fatigants, mais je m’y attendais. Et ils savent pertinemment que je céderai pour maintenir la cohésion de la troupe ; on se connaît depuis longtemps avec Désiré, et je sais qu’il est obnubilé par les apparences ; il y a quelques années, et bien il a obtenu des dons gigantesques et il a en partie rénover la cathédrale de Marcine dans les goûts les plus classiques ; tout ça pour quoi ? Pour nous montrer que Marcine est la capitale du catholicisme afaréen… Et c’est pas nouveau… Mais après, si ce n’est que ça, ça ne me dérange pas vraiment… Et puis qu’il prenne la tête du cortège, les autres cardinaux verront en moi un homme modeste. »

- « Et que va dire Son Éminence l’archevêque d’Antrania ; c’est au plus âgé de prendre la tête du cortège des cardinaux ! »

- « Vous ne savez donc pas Juan ? Et bien en Antérinie, Marcine a toujours été considérée comme une sorte de nation sœur ; c’est pour cela que le cortège est clairement séparée entre les cardinaux antériniens, menés par l’archevêque le plus âgé, et ensuite vient le défilé marcinois, en théorie mené par le plus âgé, mais dans les faits, ça dépend plus ou moins du bon vouloir de chacun ; et les apparences ça compte plus que tout autre chose ; et j’ose espérer qu’il ne m’en demande pas plus. Dans deux semaines se tient le conclave, et voilà qu’il cherche à me faire céder… Il a de la chance que je sois conciliant ; mais sur la programmatique ça ne changera pas ; je lèverai quoiqu’il arrive une partie des condamnations de l’Église vis à vis des relations sodomites ; il ne faut pas que ce Spinelli réussisse à nous dépasser en nous faisant passer pour d’odieux réactionnaires ; en attendant je vais tenter de recentrer le débat sur des sujets plus pressants… Comme la lutte contre la corruption. Et sinon, vous séduisez certains cardinaux… Je veux dire que vous n’avez pas besoin d’avoir recours à la corruption ; car c’est ça le contrat entre nous, n’est-ce pas ? »

- « Vous savez, jamais je n’oserai me livrer à de tels actes qui déplairaient profondément au Seigneur, mon frère. » répondit, calmement, hypocritement aussi, le cardinal hernandien, tandis qu’intérieurement, il se préparait déjà à marchander d’autres voix.

Conséquences :

La ligne de défense de Désiré Anagonye, cible de l’assassinat des représentantes du clergé volignoniais, s’établit en deux points distincts ; d’abord il y existe la sécurité pontificale qui est chargée d’empêcher que l’on n’assassine les cardinaux pendant une élection. Et ensuite vient le gouvernement marcinois et plus simplement les imprévus des campagnes politiques, les guerres d’égo intérieures et les rivalités qui, ironiquement, permettent de protéger Désiré de la vindicte de l’Église volignoniaise.

D’un côté en effet nous avons les institutions sécuritaires de l’Église catholagnique qui peuvent assurer le gros de la défense des cardinaux. Les nonnes semblent oublier que même si les sphères politiques de l’Église catholique sont désorganisées, les services de sécurité ; la Garde pontificale (ici la Garde Polk si je me fie au rp d’Allende) ainsi que la Gendarmerie sanctienne ne sont pas pour autant perturbées dans leur mission de maintient de l’ordre et de sécurité. Il n’y a en effet aucun évènement qui justifierait une quelconque désorganisation ; certes le Pape est mort, mais Augustin avait 73 ans lorsqu’il a été élu, autrement dit son décès n’est pas une surprise absolue qui prend les forces de police au dépourvu. De plus, même si feu Augustin était le chef théorique des forces armées de la Catholagne, l’organisation opérationnelle des forces de sécurité de la cité n’est absolument pas remise en question et les protocoles traditionnels assurant la sécurité des prélats n’est absolument pas remis en question. Rendant de faits, la Garde Polk, ainsi que les forces de la gendarmerie de Catholagne parfaitement capables d’assurer leur mission sans pénalités quelconques. Cela est d’autant plus vrai que la Garde Polk pontificale a l’habitude de ce genre d’évènements ; elle est au service du Saint Siège depuis 1506 (IRL, mais on peut légitiment partir du postulat que c’est à la même période que Sancte a recruté la Garde Polk). Autrement dit, depuis pas moins de cinq siècles que les papes se succèdent, la Garde Polk a assuré la sécurité des conclaves avec l’efficacité que l’on sait tous. Ainsi, je le répète, il n’y aucune raison de considérer que les forces de sécurité locales soient dépassées par les évènements pour la simple et bonne raison qu’elles sont habituées aux conclaves houleux et aux décès des Papes.

Par ailleurs, pour le système de sécurité mis en place par l’Église, je n’invente rien, je ne fais que me baser sur des photographies internet et les méthodes utilisées par la Garde Suisse, pour éviter que l’on ne m’accuse de commettre de l’« antijeu ». Vous retrouverez pour cette raison tout mes liens sourcés.

-1) Un cordon de sécurité physique devrait probablement être mis en place ; d’une part pour éviter que les cardinaux ne communiquent avec le monde extérieur avant la tenue officielle du conclave (ce qui est tout simplement illégale selon la constitution apostolique) mais aussi pour éviter que des fous ne sortent de la foule pour les poignarder. Ainsi, l’allée sur laquelle les cardinaux défilent sera encadrée par une ligne de Gardes Polks/gendarmes de la Principauté des deux côtés, jusqu’à ce qu’ils entrent au sein de la Chapelle Sixtine.

-2) On devrait aussi se poser une autre question, bien plus prosaïque, comment les sœurs ont elles pu avoir accès à leurs armes ? En effet, si l’on part du principe que le centre de la Catholagne est l’équivalent de la ville de Rome, en son centre se situe la résidence pontificale (la place Saint Pierre) et cette dernière serait donc quadrillée par toute une série de détecteurs de métaux ; et personne ne peut y couper, y compris les bonnes sœurs, les officiers italiens ou les évêques. Par ailleurs, dans une si petite place aussi bondée, surtout en période de conclave, difficile de circuler avec un fusil d’assaut sans être surprise.

-3) Si l’on se fie, encore une fois, à la géographie moderne, l’entrée de la Chapelle Sixtine est plane ; autrement dit, la cachette de la nonne volignoniaise est 1) soit inexistante, 2) extrêmement précaire et visible par plus ou moins tout ceux qui entrent dans la chapelle, et à plus forte raison par un Garde Polk qui monte la garde à l’entrée… Autrement dit, le véritable risque pour Désiré Anagonye vient des airs, car on peut légitiment espérer que les cardinaux ne soient pas totalement gâteux et qu’ils se rendent compte qu’une nonne accroupie derrière un buisson est plus que suspecte, d’autant plus si la garde Polk a mis en place son cordon de sécurité. (Si l'on se base sur la "sortie" de la Chapelle, on note aussi l'absence de buisson suffisamment épais pour cacher un humain)

-4) Dans les airs aussi, les tireurs d’élite de la Garde Polk et de la gendarmerie catholagnique surveillent les immeubles, mais aussi la foule, pour ce faire je ne fais rien d’autre que me baser sur la protection du Pape lors de ses apparitions publiques ; je prend ici l’exemple des snipers mauriciens chargés de la sécurité Saint Père lors de son passage sur l’île Maurice, et il est tout à fait pertinent d’imaginer que le même modèle soit employé à Sancte pour protéger les cardinaux des assassins. Ainsi, les snipers sont postés sur tout les points élevés permettant d’avoir une vue dégagée sur l’ensemble de la place et des bâtiments qui s’y trouvent. Forçant ainsi la sœur Gaudeline, la tireuse d’élite, à se montre discrète, à viser en diagonale afin d’éviter qu’un tireur trop curieux ne remarque qu’une sœur pointe un objet long et fin sur la foule, pouvant affecter la fenêtre de tir de cette dernière, et donc son efficacité.

-5) On peut légitiment partir du principe que les signaux sont brouillés ; les véhicules de transmission radio pouvant, s’ils sont équipés de systèmes de type Jamming ou RCIED qui peuvent griser les fréquences radios ; rendant de fait la communication et la coordination impossible entre les deux agents volignoniaises, pouvant ajouter un facteur stress important.

6) L'assassinat il y a quelques années du candidat nordiste, même s'il ne s'est pas déroulé sur le sol de la Catholagne ne doit pas manquer de mettre en alerte les forces de police locales qui doivent savoir que les candidats, au vu de leurs CV respectifs, ne reculeront devant rien pour se débarrasser de rivaux. Les amenant à se montrant d'autant plus vigilants que les tensions entre papabiles sont élevées.

Pour les effectifs armés mobilisés par Sancte on peut facilement tabler sur plusieurs milliers de soldats ; lors de l’enterrement du pape François, on estime qu’il y a eu pas moins de 8.000 agents de police ainsi que 1.500 soldats ; à Maurice ce fut 10.000 policiers… On peut donc partir du principe que les moyens humains ne manqueront pas pour assurer la sécurité des cardinaux lors de cet évènement décisif pour l’avenir de l’Église de Catholagne. Et l’on peut aisément supposer que la Gendarmerie est les Forces Armées ne lésigneront pas sur les moyens ; hélicoptères, avions, navires de combat ; c’est tout ce qui a été employé pour assurer la sécurité des participants au funérailles pontificales de 2025.

Du côté de Désiré, le système mis en place pour le protéger personnellement est beaucoup plus légers ; pour la simple et bonne raison que leur crainte se base sur une attaque physique peu avant la tenue du conclave ; comme je l’avais notifié plus tôt, l’idée d’un sniper n’est même pas envisagée, c’est simplement une embuscade dans les ruelles de Sancte qui effraie les services secrets. D’un autre côté, ce qui peut contribuer à sauver Désiré Anagonye c’est justement l’importance que les Antériniens/Marcinois accordent aux apparences (un fait qui ne sort pas de nul part car dans tout la plupart de mes rps diplomatiques et culturels, l’apparence compte énormément ; tant sur la place symbolique que mes personnages occupent que les vêtements qu’ils portent).

1) Les « Anges-gardiens » se tiennent à une dizaine de mètres de Désiré lors de ses déplacements (ils prennent gardes à toujours se tenir hors de son champ de vision, car gare à sa colère…) dans les rues de la capitale. Néanmoins, dans le cas de cette opération d’assassinat, je les place aux endroits les plus stratégiques de cette processions ; au début, à l’arrivée, et au centre. Ces derniers, sachant pertinemment qu’ils opèrent de manière officieuse ont ordre de se faire discret, ils ne peuvent que suivre de loin la suite des évènements, sans quoi ils pourraient attirer l’attention des forces de sécurité régulière.

2a) Le Cortège antérinien ; ce dernier est divisée en deux parties ; en tête nous avons les cardinaux venant de l’Antérinie à proprement parler (qui regroupe l’intégralité des cardinaux de la Confédération à l’exception des Marcinois) et viennent ensuite les Cardinaux marcinois, qui viennent tous d’Afarée. Pour le dire plus trivialement et simplement ; les « Blancs » d’abord, et les « Noirs » ensuite ; ce qui peut perturber les tueuses ; car finalement Désiré, mis à part ses lunettes, n’a pas de caractéristiques physiques particulières ; pouvant pousser les Tueuses à abattre quelqu’un d’autre à sa place par erreur. Un constat d’autant plus vrai qu’elles doivent avoir quelques difficultés à différencier leur cible de ce bloc d’une quinzaine de cardinaux, et puis il est tout à fait probable (au vue de l’ouverture d’esprit des Makotans) qu’elles aient du mal à différencier les Noirs entre eux…

2b) Il faut aussi, pour les Tueuses, essayer d’identifier la place qu’a pris Désiré dans ce cortège ; ce qui est loin d’être facile ; pour la simple et bonne raison que c’est susceptible de changer à tout moment jusqu’au dernier instant ; l’égo de certains est fragile est être derrière ne pose absolument aucun problème à Désiré qui peut se présenter en personne conciliante et modeste en laissant volontiers sa place à d’autres. Par ailleurs, c’est en fonction du statut (prêtre-cardinal, évêque-cardinal) puis de l’âge que les cardinaux sont placés ; autrement dit essayer de retrouver Désiré Anagonye, qu’elles n’ont vu que sur des photos, peut vite devenir un cauchemar pour ces dernières. Néanmoins j’ai conscience que cette explication peut paraître assez méta, même si mes justifications se basent sur des rps ayant eu lieu bien avant les évènements actuels.

3) Tuer quelqu’un, surtout pour des civiles, peut-être une chose difficile, même si l’on considère ce dernier comme le suppôt de Satan ; le facteur psychologique peut-être bon à prendre en compte ; d’autant plus quand on parle de religieuses (relativement) dévotes (qui contreviendraient donc à la Règle fondamentale condamné à maintes reprises par Dieu ; le meurtre!) et qui n’ont pas l’expérience du feu. C’est un point qui mérite d’être pris en compte, même si elles sont complètement givrées.

P.S : Pour le second point, on constate que la procession dans la vie réelle est largement différente de celle de GK (en effet, les cardinaux défilent tout ensemble et ne se distinguent que par leurs rangs et leur ancienneté ; les plus récents au statut le plus élevé (cardinal-évêque) d’abord, puis les cardinaux-prêtres récemment nommés ect…) seulement je ne fais que me baser sur les précédents Rps qui démontrent que les cardinaux avancent par nationalités et non dans un défilé qui fait fi de leurs nationalités ; c’est d’ailleurs ce qui explique raisonnablement pourquoi les cardinaux d’une même nationalité votent par blocs et non pas au compte goutte.


J’espère que la modération prendre en compte mes commentaires qui découlent d’un important travail de recherche.
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HRP a écrit :
Annulation de l’opération contre Désiré et mise au point en termes de lore

Il n’a jamais été prévu que Volignon agisse autrement que comme une force antagoniste à Catholagne dans le cadre d’une histoire qui, si elle était encore sombre et trouble (dans le sens où elle restait à écrire), était vraisemblablement tragique et se promettait d'être intéressante. Cela impliquait une situation de guerre froide, d’opérations, de barbouzerie. Bref, cela impliquait de la violence et des sales coups. En somme, des choses à mille lieues d’un petit RP scénarisé reprenant en l’édulcorant naïvement certains élements de la situation actuelle IRL. Pour le dire concrètement, les sédévacs de Volignon que je joue n’avaient intérêt à agir en Catholagne que dans un cadre de barbouzeries (que je surjouais pour les rendre plus amusantes et digestes). Comme ce n’est pas jouable (ni agréable) en l’état à cause du mauvais comportement de Vador, et que je ne veux pas m’esquinter les nerfs sans aucun plaisir en m’investissant dans des opérations aussi mal reçues, j'annule tout. En conséquence, sur le plan concret, voici les modifications de lore qui s’appliquent :
  • Volignon n’a aucun rapport avec l’Église moderniste dite de Catholagne et n’est le fruit d’aucun schisme avec elle.

  • L’évêque de Volignon descend épiscopalement directement et sans médiation de l’évêque de Rhême et s’est tout simplement déplacé hors de la ville sainte lors de sa chute (sans doute quelque part au nord de la Gallouèse), dans le cadre d’une histoire dont on pourra tout à fait discuter à l’occasion avec les joueurs intéressés.

  • Aucune des opérations n’a vraiment eu lieu en Catholagne : on a approché Spinelli et on a discuté calmement.

  • L’opération contre Désiré est annulée en termes de jeu, et n’a jamais eu lieu tout court dans le jeu.

  • Catholagne est tenue par Volignon pour une secte protestante comme une autre et ne fait pas l'objet d'un intérêt particulier.

Personnellement, je suis un peu déçu, et je reverrais volontiers ma copie si Spinelli (ou n’importe quel autre candidat autre que celui de Vador) est élu. Il n’y a aucun drama, seulement, il vaut mieux se mettre d’accord dès le début : si je viens en Catholagne, je le répète, c’est uniquement pour jouer l’antagoniste et ses carabistouilles, pas pour jouer à la dînette conciliaire. Merci de votre compréhension. Et merci Brennus pour le sommet qui était sympa.
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HRP a écrit :Ok, cool. Désolé de te décevoir, visiblement les rps se basant sur la vie réelle se raprochent du "mauvais comportement" je vais nullement m'en excuser et je ne vois pas en quoi on devrait me jeter la pierre dessus. J'ai peut être été grossier dans nos MPs, mais de la mauvaise foi de bon matin a le don de me saouler, et puis ce n'est pas moi qui me suis amusé à faire un "rp guerre froide" se basant direct sur une tentative d'assassinat...

Si tu réponds (ce qui est plus qu'évident) sache que je n'ai pas l'intention de faire durer le débat ; nous nous sommes tout dit en Mp, il n'y a pas de raisons d'exposer le linge sale à toute la communauté.
6150
Lundi 14 Juillet, quinze heures, trente-sept minutes et quatorze secondes. Quelque part en Costa Sueñoleja, un homme ouvre brutalement une porte.

Monsieur ! Il est mort !

Votre Sainteté !

Oui, pardon. Votre Sainteté ! Il est mort !

Mort ? Mais qui est mort ? Soit plus précis !

Lundi 14 Juillet, quinze heures, trente-sept minutes et dix-huit secondes. Quelque part en Costa Sueñoleja, un autre homme à peine réveillé saisi vigoureusement une tasse de lait chaud stratégiquement posée sur sa table de nuit avec l'intention louable d'en consommer le contenu.

Le Pape Augustin ! Il est mort !

Lundi 14 Juillet, quinze heures, trente-sept minutes et dix-neuf secondes. Environ 24,5 millilitres de lait semi-écrémé aux céréales Quelogz sont projetés à une vitesse de 28 kilomètres par heure sur un parquet en bouleau ciré deux jours plus tôt.

Augustin ?! Depuis quand ?

Eh bien, ça va faire deux mois.

Deux mois ??? Et c'est que maintenant que tu me l'annonces ?

Je n'ai pas réussi à vous retrouver avant aujourd'hui. Vous n'étiez pas à Sueñoleja et je n'avais pas noté votre numéro de téléphone alors j'ai dû visiter toute vos résidences secondaires avant qu'un auto-stoppeur moranzais que j'ai rencontré par hasard me dise que vous étiez chez votre grand-mère. Mais au fait qu'est-ce que vous faites ici ?

Écoute, il me fallait un peu de temps seul pour planifier tranquillement ma politique pour la Catholagne et la communauté catholique lorsque je deviendra pape. Tu crois que c'est facile d'être un homme d'État fort et charismatique ? Tu crois que les bonnes idées nous viennent toutes seules d'un seul coup, à nous les génies ? Non. Ça demande de la patience et de la réflexion ! On parle de la putain d'Église de Catholagne là ! Ce n'est pas quelque chose que l'on peut venir réclamer pour ensuite s'enfermer chez soi pendant quatre ans alors que le monde entier part en couille !

Alors vous allez être content : les candidatures sont fermées et le vote est déjà commencé, vous allez avoir encore un peu de temps pour réfléchir.

Merde ! Mon plan de domination mondiale tombe à l'eau ! Putain, mais qu'est-ce que t'es con, fait chier !

Gerardo, tu un vicaire convenable mais un piètre messager. Enfin bon, qui se présente ?


Alors, je crois qu'il y'a Jacob Kapoor, Franz vol Schlitvcher...

Qui d'IMPORTANT se présente, j'ai oublié d'être précis.

Eh bien, d'après les cardinaux sueñolejos que j'ai pu contacter, c'est Giovanni Spinelli qui mène les élections pour le moment.

Spinelli, vraiment ? Tiens tiens... Va me chercher le téléphone.

Lundi 14 Juillet, quinze heures, quarante-deux minutes et six secondes. L'individu, dont la grand-mère maternelle se nommait Liona Catarina, s'exécute sans broncher et quitte la pièce de 12 m2 par la porte qu'il avait précédemment ouverte pour y réapparaître approximativement trente-neuf secondes plus tard avec un téléphone filaire à cadran de couleur auburn sur lequel le demandeur dudit artefact s'empresse de composer un numéro de sa connaissance. Tombant naturellement sur un répondeur téléphonique du fait des dix heures de décalage horaire entre la Costa Sueñoleja et la Catholagne, il décide de laisser un message pas piqué des hannetons.

Message téléphonique à Giovanni Spinelli dit Stefano III dit l'Honnête a écrit :
Allo Giovanni ? C'est Pablo ! Pablo Leóndorado. J'étais candidat à la papauté il y'a quatre ans, tu te souviens ? Je t'appelle pour te féliciter pour ta création comme cardinal et pour te dire que tu as mon plein soutien ! Tu es jeune et beau, tu as côtoyé la misère et propagé la Foi tout au long de ta vie, tu as fait des miracles et parcouru le monde pour venir en aide aux hommes et femmes les plus pauvres et affamés de toute la Création... Voilà le genre d'homme de Foi et d'action qui devrait donner l'exemple à tous les chrétiens du monde, pas un artiste de rue qui anime une émission de cuisine pour ménagère retraitée, nous l'avons bien vu ces dernières années lorsque feu Augustin n'est PAS intervenu pour condamner les crimes de guerre commis contre les MILLIARDS de catholiques carnavalais ou qu'il est resté absolument IMPERTURBABLE face à la montée de l'islamo-fascisme totalitaire en Akaltie!

Aussi, je pense que notre bonne Église actuelle ne peut pas rêver d'un meilleur pape que toi, à part moi bien sûr mais j'ai décidé de laisser passer ce conclave pour me concentrer sur le programme que j'appliquerai lorsque je serai fait pape à ta mort... que j'espère la plus lointaine possible bien sûr ! Or, tu n'es pas sans savoir qu'un nombre assez important des cardinaux présents à ce conclave sont de mes compatriotes et que je joui d'une certaine influence sur eux alors, si tu le veux bien, je pourrais essayer de discuter avec eux pour les convaincre que te nommer pape est de loin le meilleur choix qu'ils pourront faire cette année et ainsi de t'assurer du vote d'au moins... disons... une bonne trentaine de cardinaux, de quoi sécuriser ton avance et t'assurer le trône de Saint-Pierre. Je ne te demande rien en échange de mon soutien bien sûr. Je suis un homme honnête particulièrement agacé par la corruption de certains de nos collègues moins scrupuleux que nous et qui n'a à cœur que le bien de l'Église, de la Catholagne et de la Chrétienté toute entière.

Sans aucun rapport. Bien que tu sois sans doute, après moi, le cardinal le plus qualifié pour devenir pontife, tu es encore un jeune homme tout récemment introduit à ce monde complexe qu'est la politique catholane et je sais que tu as besoin de quelqu'un d'un peu plus expérimenté pour t'épauler dans la direction des affaires chrétiennes. Je tiens à te dire que c'est avec joie que je me propose pour cette tâche. Tu n'est pas sans savoir que je suis cardinal depuis déjà plusieurs années et que j'ai beaucoup étudié le fonctionnement de la Catholagne et de la Chrétienté en général. De plus, comme je te l'ai déjà dit, je travaille depuis longtemps sur un plan pour le futur des relations entre le siège apostolique et les mondes catholiques et hérétiques dont j'ai eu la Vision lorsque Jésus et Moïse me sont apparus en rêve et ce serait avec plaisir que je t'en ferai part et que je t'aiderai à le mettre en pratique s'il te convient et que tu sort vainqueur de ce Conclave. Ou plutôt si Dieu en sort vainqueur en s'étant assuré que sa volonté soit respectée, et nul doute qu'elle le sera.

Aussi, si tu avais pour moi un poste dans l'administration ecclésiastique et catholane, comme par exemple celui de Vice-Pape, de Premier Ministre, de Conseiller à la Défense ou de Secrétaire-Général à la Politique Extérieur, je mettrai toute mon âme, mon énergie et ma Foi à servir le Tout Puissant à tes côtés car c'est là le but de ma vie que je poursuis depuis que je suis sorti du ventre de ma mère.

Bien sûr, si tu as déjà pensé à quelqu'un d'autre pour t'épauler, ne t'inquiète pas, je ne suis pas rancunier. Je ne t'en tiendrai pas rigueur et je continuerai à te soutenir car je suis bon et généreux. Je ne puis cependant pas en dire de même de mes compatriotes qui, sensibles et loyaux comme ils sont, pourraient se retrouver tous déboussolés par cette nouvelle ce qui risqueraient de les pousser à commettre une erreur bête et maladroite comme celle de voter malencontreusement pour une personne peut être moins arrangeante. Comment il s'appelle cet achosien déjà...

Enfin bref. Rappelle-moi si tu es d'accord.

Et sur ces mots, il reposa le précieux combiné sur son support et dit à son acolyte :

Gerardo, réserve-nous des places sur le prochain vol pour Sancte. Et emmène le téléphone avec toi. J'attends un appel.
15809
Un dernier espoir ?

Mattin Munditibarrementeria n'était pas du genre à se laisser abattre facilement, il n'était pas non plus bon perdant. Sa jeunesse de sportif passée à l'Athletic Club de Sedjan lui avait inculqué une certaine hargne. Il se souvenait encore des matchs où, en sa qualité d'avant-centre et de capitaine de son équipe, il avait emmené ses coéquipiers à se dépasser vers la victoire en montrant l'exemple par son charisme qui lui semblait inné. Souvent, il avait cru la bataille perdue mais l'expérience lui avait démontré maintes et maintes fois qu'un match n'est terminé qu'aux trois coups de sifflet de l'arbitre, pas avant. Plus tard dans sa vie, ses expériences au sein de l’Église youslève lui avaient montré des similitudes avec ce qu'il avait vécu sur les terrains de football. Mis au ban du monde épiscopal et menacé de mort à cause de l'influence de son prédécesseur Haranburu, il avait attendu le trépas de ce dernier pour finalement devenir, à plus de 70 ans et après des décennies à vivre dans l'ombre, le leader de l’Église youslève et une des références dans le monde catholan. Ce terme n'est pas galvaudé car il a été pendant un temps présenté comme un potentiel papabile.

Mais il semblerait aujourd'hui que ses rêves de devenir pontife et de redorer le blason de cette institution en péril soient bel et bien en train de partir en fumée, sans mauvais jeu de mots avec celle censée annoncer la nomination du nouveau pape. Les épisodes récents pendant ce conclave ont entaché sa réputation, que ce soit la bagarre entre les cardinaux Araiz et Spinelli ainsi que la campagne malhonnête menée par ce dernier ou encore la capacité de Désiré Anagonye à se poser naturellement en candidat crédible de par son calme et sa tempérance, le plaçant aux antipodes d'un caractère comme celui de Mattin. Mais Mattin n'avait pas encore dit son dernier mot. Tant que les trois coups de sifflet n'avaient pas retenti, en l'occurrence ici le fameux habemus papam, rien n'était perdu. Pendant les jours suivant l'altercation dans la cafétéria, il s'était enfermé dans sa chambre, avait prié, s'était remobilisé et avait mis sur pied un plan pour tenter de renverser la vapeur. Revigoré, il avait donc demandé à ses cinq subordonnés ainsi qu'à son ami Georgios Glycas, évêque de Qadishapolis, de le rejoindre dans ses appartements où il comptait expliquer son plan.

Les voilà donc réunis dans cette petite pièce, la climatisation tentant tant bien que mal de rafraîchir l'atmosphère caniculaire qui régnait depuis le début de l'été à Sancte et qui s'immisçait dans les vieux et mal isolés bâtiments de la curie pontificale. Après une demi-heure à déblatérer son plan en enchaînant les cigarettes et avec une rancune non dissimulée envers ses deux principaux concurrents, Mattin s'était rassis, attendant l'avis de ses comparses. Mais, contrairement à lui, ces derniers étaient moins optimistes que lui concernant l'état de la partie en cours. C'est Glycas qui eut en premier le courage de répondre, non sans peur de la réaction de Mattin.

"Mon cher Mattin. Bien que nous soyons amis, mon statut d'évêque de la ville sainte me confère un certain devoir de neutralité et, bien que je vais sans aucun doute voter pour vous, je suis donc resté assez loin de ces jeux d'alliances. Cela me permet à la fois d'avoir une vision d'ensemble et assez objective sur la situation pendant ce conclave tout en pouvant parfois recueillir certaines tendances de la part de nos confrères. Je dois donc, au nom de l'amitié que j'ai pour vous, vous dire en toute honnêteté que leurs Excellences Spinelli et Anagonye ont pris une longueur d'avance, dans les intentions de vote du moins, et votre coup d'éclat dans la cantine n'a pas suffi à faire oublier les évènements qui y ont mené alors qu'il semblerait que Spinelli ne souffre en aucun cas de cela dans sa réputation. Cette double tendance est aussi un bon indicateur.

- Évidemment que sa réputation n'a pas été mise à mal, tout le monde sait que c'est une ordure, il n'a rien à racheter."
rétorqua âprement Mattin.
- Ce que je veux dire par là, ce n'est pas forcément que tout est perdu, mais que beaucoup de cardinaux ont déjà fait leurs choix. Il vaudrait donc peut-être mieux se concentrer sur ceux n'ayant pas encore décidé pour qui ils allaient voter.
- Mais il est trop tard pour cela."


Celui qui venait d'objecter était Asklepio Ariztegui, le plus vieux des cardinaux électeurs youslèves. Du haut de ses 79 ans, l'évêque de Bell-Vill était également le plus sage de ses compères. C'était sans doute son dernier conclave en tant qu'électeur, à moins que le prochain pape quitte ses fonctions moins de deux mois après sa nomination, car il allait bientôt souffler ses 80 bougies. Si dans la garde rapprochée de Mattin Munditibarrementeria, Araiz était le feu, Ariztegui était la glace, celui qui réussissait à calmer les ardeurs de Mattin et à le remettre dans le droit chemin. Il regrettait par ailleurs que ces derniers temps Araiz ait pris beaucoup d'influence auprès de Mattin, le confortant dans son caractère orgueilleux. À avoir suivi ce comportement délétère et en s'étant engrainés entre eux, ces deux-là avaient presque tout gâché. Mais il fallait garder la tête froide et ne pas garder rancœur, du moins pas pour le moment. Il y a un temps pour tout, pour le ressentiment comme pour le pardon, et nous n'étions pas encore à un de ces deux stades. Il fallait rester concentré au maximum sur ce conclave et savoir raison garder encore un peu. Rester lucide passait aussi par ne pas faire de plans sur la comète, le plan en dix étapes que venait de dévoiler Mattin était trop ambitieux, surtout vu le temps qui restait avant les premiers votes. Idem pour ce qui était de convaincre les indécis, si certains cardinaux ne savaient pas pour qui voter, ce n'est pas après les évènements de la cafétéria, ni avec la cabale de Spinelli et encore moins avec quelques heures à peine avant le début de l'isolement et des votes qu'ils allaient réussir à les ramener vers Mattin. Surtout que, bien que l'on se doute des tendances, personne ne savait vraiment qui allait voter pour qui.

Ariztegui expliqua cela calmement et, contrairement à ses attentes, Mattin ne le prit pas forcément mal. Il n'était ni énervé ni abattu, au lieu de cela il se contenta d'allumer une nouvelle cigarette, la dernière de son paquet, qu'il écrasa dans sa main en regardant droit dans les yeux Ariztegui.

"Que préconisez-vous dans ce cas, Asklepio ?

- Comme je l'ai dit, on n'a absolument aucune idée de qui va voter pour qui. On ne sait pas exactement quelles sont les tendances, si les cardinaux vont voter par bloc de région, de pays ou d'idéologie. Vous ne trouvez pas cela bizarre qu'après avoir élu deux papes conservateurs en même pas dix ans, on se retrouve avec deux favoris sur trois qui sont progressistes et Désiré n'est pas ce qu'on peut appeler un "vrai" conservateur.
- Il y a anguille sous roche ?
- Encore un coup de Spinelli !"
vociféra Araiz.
- Pas forcément, bien que ce soit un connard, il ne faut pas non plus le prendre pour l'antéchrist. Seulement, ce que je dis, c'est qu'on n'est pas à l'abri de la percée d'un candidat conservateur qu'on n'aurait pas vu venir. Et peut-être qu'on surestime, ou au contraire on sous-estime, beaucoup un des deux favoris. Et puis comme je l'ai dit, on ne sait pas quelles seront les logiques de bloc pour cette élection. Est-ce qu'il va falloir avant tout parler à la frange conservatrice ou progressiste ? Est-ce que les principaux pôles géographiques à convaincre sont Eurysiens, Nazumis ou Paltoteuciens ? Cela changerait aussi beaucoup selon ces critères.
- Aux faits, Asklepio. Venez-en aux faits.
- Je pense qu'on aura qu'une seule chance, une seule fenêtre de tir et elle arrivera entre le premier et le deuxième vote. Avec un peu de chance, je pense tout de même que vous resterez parmi les cinq cardinaux avec le plus de voix, ce qui vous qualifierait pour le second tour. C'est à ce moment-là qu'il faudra frapper. Vous avez des qualités d'orateur exceptionnelles et avec votre charisme vous pouvez convaincre. Seulement, le collège des électeurs est trop grand, il faudra donc savoir qui viser avant tout pour tenter de récolter le plus de votes.
- Et donc, comment comptez-vous procéder ?
- Il va falloir mener notre enquête. Pendant le peu de temps qu'il nous reste avant l'annonce des résultats du premier vote, nous allons devoir sonder nos confrères, tenter d'établir les tendances et voir par quelles logiques elles sont menées. Attention, il va falloir être finots et ne pas arriver avec nos grands sabots. Je pense déjà que vous, Mattin et Mateo (Araiz), vous devrez rester en dehors de tout ça. Mattin car vous avez dit, et à raison je pense, que vous resteriez ici jusqu'au début officiel du conclave, et Mateo car...


Ariztegui était tenté de dire "car vous avez fait suffisamment de dégâts pour le moment" mais il ne fallait pas rentrer dans ce jeu-là. On n'en était pas au temps des ressentiments.

...car malgré que votre geste ait été juste et dans la volonté de répondre à une parole raciste, vous êtes grillés et trop affiliés à Mattin. Vous comprenez je pense ?

Araiz fit la moue et soupira un oui coupable.

Nous aurons besoin de vous, Georgios. Vous êtes une figure respectée dans notre monde et vous êtes également un conservateur, ce qui nous aidera à parler aux plus fondamentalistes d'entre nous, je vous aiderai dans cette tâche. Vous pourrez aussi discuter avec les Nazumis ou les Afaréens. Pour les autres, je vous propose de paraître le plus dépité possible. Ils pensent que nous sommes dépendants de Mattin, et bien jouons dans ce sens-là. Faisons croire que cette discussion a été l'occasion pour Mattin de nous annoncer son renoncement. Faisons semblant d'être désabusés et perdus. Sans notre berger nous ne sommes que des brebis égarées, surtout s'il ne nous a pas donné de consigne de vote. C'est à ce moment-là que nous verrons qui seront les loups qui sortiront du bois, trop heureux de dévorer de petites proies faciles.

- Mais quand ils verront que Mattin ne s'est finalement pas retiré au moment du vote, ils vont se douter de quelque chose, pire, ils vont penser que nous voulons les tromper, et ils auront raison.
- Un changement d'avis, ça arrive. On pourra le mettre sur le compte de l'ambition, d'une épiphanie ou que sais-je. Nous ne sommes pas non plus obligés de dire qu'il va se désister, seulement que nous ne l'avons jamais vu dans un tel état de doute. Bien prétentieux seront ceux qui lui reprocheront cela, même notre Christ a douté et Mattin n'est qu'un humain, qui ne douterait pas à sa place. Les autres, je vous laisse faire selon vos affinités, votre courant ainsi évidemment que les langues que vous parlez.
- Nous pouvons également jouer la discorde au sein de notre groupe, non ? Cela justifierait également le fait que nous allions vers d'autres.
- Je ne sais pas. Peut-être pouvons-nous mettre en avant des désaccords sur certains sujets comme l'éviction prochaine de Mateo ou encore le mutisme de Mattin, mais n'allons pas trop loin dans la fourberie, cela pourrait nous desservir à terme."


Ariztegui se tourna vers Mattin.

"Qu'en pensez-vous, Mattin ?

- Ça vaut le coup d'essayer. Il est vrai que le temps nous est compté. Pendant que vous mènerez les basses besognes, je vais continuer à méditer et commencer à rédiger des brouillons.
- Eh bien, je crois que nous savons ce qu'il nous reste à faire. Messieurs, j'espère que vous êtes de bons joueurs de mus
(jeu de carte très populaire dans le monde bascophone IRL et sur GK, basé sur le bluff) car nous allons devoir tromper les nôtres.
- Je ne vous demanderai qu'une seule chose, après le conclave, je veux que chacun d'entre vous aille se confesser pour ce que vous vous apprêtez à faire.
- Nous le ferons, Mattin, bien entendu."


Les cardinaux restèrent encore un peu, le temps de peaufiner leur plan et de se dispatcher entre les différents mouvements et groupes du conclave.

Comme prévu, Mattin et Araiz ne feront pas partie de l'opération et Glycas ainsi qu'Ariztegui s'occuperont des conservateurs. Le premier ira également voir les cardinaux nazumis, moins nombreux que les autres. Dieudonné Nekou, du fait de son origine gedemascarienne, s'occupera d'aller voir les Afaréens, excepté les Antériphones qui voteront sans surprise pour Désiré Anagonye. Eneko Iriart et Inaki Bizcargüenaga, respectivement progressiste et conservateur, iront chacun au contact des représentants paltoterrans de la même idéologie qu'eux, les deux parlant un aroblien très correct. Enfin Ariztegui va quant à lui se concentrer plus spécifiquement sur les conservateurs eurysiens, notamment les Slaves.

Les brebis égarées.


Opération clandestine (je suis pas certain de ça) visant Catholagne

Pays infiltrant: Youslévie, par l'intermédiaire des cardinaux vasques, et Qadisha par l'intermédiaire de Georgios Glycas, évêque de Qadishapolis.
Pays infiltré: Catholagne
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 19/07/2020 + 21 soit le 09/07/2020
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 11/09/2020 + 7 soit le 18/09/2020
Type d’opération : Opération de récolte d'informations sensibles


Province cible : #29835

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :
Cette opération prend place pendant le conclave. Juste après la discussion racontée plus haut jusqu'après le premier tour de vote du conclave. La plupart des informations sont répertoriées également dans le texte ci-dessus.
Dans un contexte où la candidature du cardinal Mattin Munditibarrementeria de Sedjan a été entachée par une bagarre entre un de ses plus proches collaborateurs et le cardinal dodecaliote Spinelli et que ce dernier ainsi que le cardinal antérinien Désiré Anagonye ont pris beaucoup d'avance dans les votes, les cardinaux vasques, aidés par un ami de Mattin le qadishitriote Georgios Glycas réagissent.

La première étape de leur plan est d'essayer de voir où vont les tendances de votes en fonction des origines géographiques ainsi que de l'orientation (conservateur/progressiste) de leurs confrères, cela dans le but de savoir par la suite qui aller démarcher, dans l'espoir où Munditibarrementeria passe le premier tour. Ils vont pour cela ruser et prêcher le faux pour connaître en faisant croire qu'ils sont déboussolés face au mutisme de leur leader.


Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • Les cardinaux évoluent dans un monde restreint, où peu de personnes sont enfermées dans un lieu minuscule pendant un temps plutôt long. Il est donc très fort probable que les cardinaux entendent des choses ou réussissent à comprendre les tendances de vote.
  • S'ils réussissent à bien jouer leur coup, les cardinaux sembleront perdus, incapables de savoir pour qui voter. Il est donc à peu près certains que beaucoup viennent leur parler afin d'obtenir leur voix.
  • Glycas est certes un ami du cardinal Mattin mais il n'est pas Vasque, ce qui lui permet d'être un peu moins identifié comme un pro-Mattin que les autres cardinaux. Il a aussi une certaine influence et une certaine crédibilité/respectabilité grâce à son statut d'évêque de la ville sainte de Qadishapolis.
  • Le plan stipule bien de laisser Mattin et Mateo Araiz en dehors de celui-ci. Le premier pour laisser planer le doute autour de sa candidature et ne pas plus l'exposer et le second pour ne pas en rajouter suite à son "exploit" à la cafétéria.
  • Les cardinaux ont aussi identifiés leurs cibles et ceux vers qui ils vont aller tenter de récolter des informations.
  • Je tiens également à préciser et répéter que les cardinaux ne vont essayer de convaincre personne de voter pour Mattin mais essayer de déceler au maximum les tendances de ce conclave.
  • Grâce à ce post de Vador où il explique que les cardinaux youslèves ont désormais accès aux informations comme quoi le cardinal Juan utilise la corruption et les soupçons autour de Spinelli s'intensifient. Cela permet de conforter les arguments précédents, un des joueurs les plus actifs sur ce RP admet que grâce à la promiscuité entre les cardinaux il est relativement facile d'obtenir des informations sur les votes des cardinaux.

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir en Catholagne.


OBJECTIFS DE L’OPÉRATION



Réussite majeure : La chance sourit aux audacieux.
  • Cette petite fourberie tient toutes ses promesses et même plus. Les cardinaux jouent parfaitement leur rôle et trouvent chacun des oreilles attentives face à leurs fausses (ou pas) hésitations. Mieux, les langues se délient si bien que les espions en herbe réussissent à obtenir un panorama total des votes des autres cardinaux et même, grâce à toutes les informations récoltées, peuvent entrevoir les raisons des votes de chacun. Cela leur permettra à la fois de savoir vers qui Mattin devra s'adresser et sur quelles cordes jouer.


Réussite mineure : Pas mal du tout.
  • Sans réussir à connaître le pourquoi du comment, les cardinaux réussissent à avoir une vision à peu près claire des votes de chaque pays et des tendances (progressistes ou conservatrices), le tout sans se faire remarquer mais sans non plus réussir à avoir une idée des raisons de ces votes. Cela leur permettra uniquement de savoir vers qui Mattin devra s'adresser.


Échec mineur : Pas grand chose à gratter.
  • Hormis quelques menues informations ici ou là, les cardinaux ne récoltent aucune information ne leur permettant de pouvoir se renseigner sur les intentions de vote.


Échec majeur : Les pieds dans le tapis.
  • Comme l'échec mineur sauf qu'ils ne récoltent aucune information, et pour cause ! Les cardinaux youslèves font trop dans le pathos et ne sont pas crédibles, leur plan ne tarde pas à être mis à jour. Ils s'affichent donc une fois de plus et les espoirs d'élection de Mattin s'envolent un peu plus.


LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPÉRATION


Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • La limite de temps bien sûr. Il va falloir faire vite dans un espace-temps extrêmement restreint qu'est le conclave.
  • La méfiance des autres cardinaux. La situation du conclave, encore plus celui-ci, pousse à la méfiance. Surtout envers la délégation youslève qui ne s'est pas illustrée de la meilleure des manières ces dernières semaines.
  • Justement, il ne faut pas oublier que les cardinaux vasques/youslèves ne sont pas en odeur de sainteté en ce moment. Habitués à retser entre eux d'habitude, ils ne se sont pas faits beaucoup d'amis, encore moins après les évènements récents.
  • Et ils ont des ennemis coriaces. Désiré Anagonye, bien qu'il soit un rival de circonstance mais surtout Spinelli qui entretien une haine tenace envers les Youslèves et qui semble petit-à-petit prendre le contrôle du conclave.
  • Le résultat de l'opération arrivera après le premier tour (mauvais timing de ma part) donc ils ne peuvent potentiellement servir à rien.


Moyens engagés :
Presque rien, si ce ne sont les quatre cardinaux youslèves et le cardinal qadishitriote.
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