03/01/2019
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[PRESSE] Affaires nationales et bulletins officiels - Page 8

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Akai Kagami
Le Miroir Rouge, définitivement radical.


Les Brigades Fraternelles : La Garde Communale au service de la souveraineté etznabiste

Ce matin, un premier détachement de la Garde Communales kah-tanaise a débarquée à Silimihi. L'espace d'un bref instant, un cinquième des habitants de la nouvelle porte vers le monde des Républiques était kah-tanaise. Envoyés en Aleucie suite à la signature d'accord de coopération fraternelle entre les deux unions, cette force de formation militaire s'ancre dans un programme plus large d'aide au développement, visant ici à transmettre à la jeune nation les outils de l'autodéfense populaire.
https://i.imgur.com/ngl0gOZ.jpeg

La première leçon, avant même le maniement des armes, fut doctrinale. Il existe un accord de principe fondamental entre les sept Républiques Natives et la Confédération Kah-tanaise : le rejet absolu de l'héritage impérial. Ayant souffert de l'oppression coloniale et de l'appropriation du monopole de la violence par l’État, les Etznabistes savent mieux que quiconque en Aleucie les dangers associés à l'armée de caserne. Le modèle eurysien – antérinien, pour le nommer – a ainsi été vertement critiqué lors des premières réunions visant à définir les contours de la coopération militaire. Dans les documents officiels qui en ont découlé, l'armée de métier est qualifiée de « force coupée du peuple, hiérarchique, conçue pour l'oppression intérieure et l'aventure impérialiste extérieure ». C'est un contre-modèle absolu, un poison dont les Républiques veulent purger leur avenir.

C’est dans ce refus salutaire que s’est inscrite l’offre kah-tanaise. Le modèle de milice populaire, au cœur des doctrines de la Garde Communale, offre une logique plus adaptée aux réalités de la jeune nation aleucienne. Les formateurs des Brigades de Formation Fraternelles déployés sur place ont donc pour mission de forger des unités ancrées dans chaque république et commune. L’objectif est clair : bâtir une force de défense émanant du peuple et lui rendant des comptes, où les soldats sont des citoyens avant d’être des militaires. Une garantie structurelle contre toute dérive autoritaire – un risque hélas trop présent dans les jeunes nations à peine sorties du joug colonial.

Au-delà de ces fondations idéologiques, la question centrale reste l’adaptation aux besoins immédiats. Sur le plan pratique, la priorité est d’asphyxier la Réaction. La menace terroriste que représente la branche locale de l'organisation des Raches n'est que le dernier soubresaut de la barbarie coloniale, une tumeur qui doit être excisée pour assurer l'avenir de la région. À cette fin, le Grand Kah transmet son savoir-faire éprouvé en matière de contre-guérilla, forgé dans les feux du Mokhaï et de la Communaterra. Les forces etznabistes sont ainsi formées en priorité aux doctrines de contre-insurrection et de guerre asymétrique.

Dans la praxis kah-tanaise, la contre-insurrection n'est ni une doctrine purement militaire, ni une pratique répressive. Elle est avant tout politique. Il s'agit de gagner le soutien des populations civiles en les intégrant pleinement aux processus démocratiques et économiques, afin d'isoler les terroristes et de permettre des opérations militaires ciblées et chirurgicales.

Parallèlement, les modules de formation se concentrent sur le contrôle démocratique de l'armée. S'inspirant des modèles libertaires déjà aprouvés, ils incluent l'élection des officiers de rang inférieur, la mise en place d’assemblées de soldats, et des sessions de critique et d'autocritique après chaque opération. C’est ce que nous confirme la Citoyenne-Capitaine Mextelt, du 2ème Corps d'Armée Léger, vétérane des opérations au Mokhaï : « Nous ne sommes pas ici pour leur apprendre à obéir. Le soldat ne doit pas être aliéné mais acteur de sa communauté. C'est primordial : la souveraineté commence lorsque le peuple tient le fusil. »

Au-delà de la menace rachiste, immédiate, l'objectif à long terme est de doter les Républiques Etznabistes d'une capacité de dissuasion autonome. Les risques de résurgence impériale, qu'ils viennent de l'Antérinie ou d'autres régimes "libéraux" du continent animés par un racisme latent envers les premiers peuples, sont réels. S'ajoute à cela la prédation des puissances de l'ONC ou de l'OND, toujours à l'affût d'une cible facile. La présence kah-tanaise en Aleucie tient donc du devoir internationaliste : comme l'a répété le citoyen-directeur Kitano, renforcer chaque bastion révolutionnaire est le seul moyen sûr d'affaiblir le système impérialiste mondiale.

Que les choses soient claires l'Union est là pour transmettre une doctrine de libération à un peuple frère. Cette présence est temporaire et ne durera que le temps nécessaire à la formation de forces etznabistes pleinement autonomes. En partageant son savoir-faire, le Grand Kah ne fait aujourd'hui que rendre au peuple etznabiste les outils de sa propre histoire, une histoire de liberté qui ne fait que commencer.
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Akai Kagami
Le Miroir Rouge, définitivement radical.

24/10/2017Amer Béton : la contre-révolution technocratique dans nos murs

Alors que la Convention Générale vient d'approuver les plans d'une nouvelle "cité réticulaire modèle" à Nayoga Lamanai, et que les cercles technocratiques et certains modérés applaudissent la "vision" du citoyen-architecte Lars Valerius, nous publions avec un plaisir non dissimulé ce texte, rappelant que la Révolution ne se mesure pas à la hauteur de ses édifices, mais à l'espace qu'elle offre à ses citoyens. La contre-révolution technocratique, même vaincue en 1992, continue d'empoisonner les esprits. Ses apôtres, qui confondent efficacité et entassement, voudraient transformer nos communes en ruches productivistes, nos citoyens en variables d'ajustement. Ce texte, camarades, est une arme. Servez-vous en.
https://i.imgur.com/CgMNkjd.jpeg

La croûte sur laquelle nous vivons, ce fragment de Paltoterra et d'ailleurs que nous nommons l'Union, a une surface finie. Faisons d'emblée une première digression : ce concept, l'idée que nos ressources ne sont pas infinies, a mis des millénaires à pénétrer les crânes des empires et des capitalistes, mais il est enseigné dès l'enfance dans nos telpochcalli. Voilà qui démontre la stupidité de la distinction entre ce qui est /simple/ et ce qui est /complexe/ à comprendre. C'est pourquoi une doctrine comme le Kah, qui affirme la marche de l'Histoire par cycles et ruptures révolutionnaires, ne saurait s'abaisser à ne présenter à la classe émancipée que des concepts prémâchés et "faciles".

Contrairement à certains tribuns qui vous bercent de formules creuses, nous allons vous poser des problèmes très, très difficiles. Mais nous vous donnerons les questions et les réponses.

Notre Union, dans sa totalité continentale et exclave, couvre environ 850 000 kilomètres carrés. Une part non négligeable est constituée de jungles impénétrables, de cordillères acérées ou de déserts arides. Conservons, par prudence, 750 000 kilomètres carrés de terres habitables. La population de l'Union, selon le dernier rapport du Commissariat au Consensus, s'élève à 77 millions d'âmes (sans compter celles, bien plus nombreuses, de nos martyrs qui nous observent). Un calcul simple (enseigné dans les premières années de l'éducation communale) nous apprend donc que notre espèce dispose, en moyenne, d'un kilomètre carré pour environ 102 de ses membres.

La densité moyenne de notre Union est donc de 102 citoyens au kilomètre carré.

Nous avons tous une idée de ce que représentent cent personnes. Quant au kilomètre carré, c'est l'espace qu'occupe le Grand Parc de la Révolution à Axis Mundis. Sachant que lors des grandes célébrations, plus d'un million de camarades s'y rassemblent dans une ferveur compacte, un kilomètre carré pourrait contenir la population entière de Heon-Kuang, soit plus de cent fois notre densité moyenne.

Ainsi, si nos 102 citoyens moyens symboliques se plaçaient aux intersections d'un réseau parfaitement égalitaire, ils se trouveraient à environ 98 mètres les uns des autres. Ils pourraient échanger des nouvelles d'un bout à l'autre de la parcelle. Quelle harmonie !

Mais le citoyen kah-tanais n'est ni un arbre enraciné, ni une unité statistique dans un plan technocratique. Par les migrations, les choix communaux et les hasards de l'Histoire, il s'est établi de manière très irrégulière. Nos communes exclaves en témoignent : la densité de Reaving dépasse les 100 hab./km², celle des Marquises est de 38, et celle de Gokiary de 61. Notre territoire principal lui-même est un damier de contrastes, des plaines agricoles aérées du sud-est aux zones côtières surpeuplées.

Cette répartition inégale n'est pas un accident. Elle est le produit de l'Histoire, et notamment des logiques productivistes que même notre Révolution peine à totalement éradiquer.

Les Ruches Urbaines

Si l'on met de côté la population "dispersée", majoritairement rurale, et que l'on se concentre sur les citoyens "agglomérés" dans nos grandes métropoles, on observe un bond spectaculaire, un changement d'ordre de grandeur. Il n'est pas difficile de comprendre que la densité des campagnes, elle, chute bien en dessous de la moyenne de l'Union.

Faisons une estimation grossière : un tiers de notre population vit dans les grands centres urbains. Ce chiffre varie, bien sûr. Nul n'est besoin de préciser qu'il est proche de zéro dans les communes forestières du Sud et tutoie les 100% à Heon-Kuang.

Prenons Nayoga Lamanai. Sur les 600 kilomètres carrés de son agglomération principale, s'entassent près de 5 millions de citoyens. Densité : 8 300. C'est déjà 80 fois la moyenne de l'Union. Mais dans les quartiers historiques du port, les "vieux nids", on atteint des pics de 40 000 habitants au kilomètre carré, soit 400 fois la moyenne ! Si l'on applique un modèle abstrait, celui d'un quartier d'habitation communaliste standard – immeubles de cinq étages, espaces verts et services collectifs occupant la moitié de la surface – un calcul simple montre que chaque citoyen dispose d'environ 20 mètres carrés d'espace "urbain". Cela nous ramène à une densité de 50 000 habitants/km².

Le processus historique qui a concentré les citoyens dans nos villes les a fait passer d'une densité moyenne de 102 à une densité urbaine qui, même dans les cités-jardins les mieux pensées, dépasse les 10 000 (cent fois plus que la moyenne de l'Union).

Nous savons que cette concentration trouve ses racines dans la période coloniale et les débuts de l'industrialisation. Les régimes pré-révolutionnaires se contentaient de quelques capitales administratives dominant une mer de villages. Mais le capitalisme, même dans sa forme embryonnaire ou dans les logiques productivistes qui lui survivent, ne peut pas s'arrêter. Tout ce qui réduit l'espace vital du citoyen au profit d'une abstraction productive est une trahison de la Révolution.

L'Unité d'Habitation Cohésive

Et pourtant, quelqu'un a pensé, et malheureusement construit, encore pire. Son nom : Lars Valerius. Architecte de son état, mais surtout idéologue masqué. Vous le connaissez tous : les grands hommes aiment à se faire connaître. Valerius fait partie de cette caste d'experts, de technocrates, qui constitue un danger suffisant pour nous dégoûter des grands commissariats et de leurs plans quinquennaux. On dit grand bien de lui dans les cercles du Club de l'Ouverture et de Technocratie ©, on vante ses "solutions" et ses "optimisations". Pire, on encourage l'application de ses théories, dont certaines défigurent déjà nos villes nouvelles, ces cités réticulaires dont la logique froide commence à inquiéter jusqu'aux plus modérés d'entre nous.

Axis Mundis, notre cœur politique, a su résister à Sukaretto grâce à ses espaces, à ses constructions basses et aérées qui rendirent l'incendie de la tyrannie impossible. Aujourd'hui, Axis Mundis voudrait rivaliser avec les métropoles du monde capitaliste, et certains y voient une vertu. Mais les gratte-ciel de l'Alguarena et la paranoïa d'un Valerius, ce n'est pas la même chose.

Nous avons lu une description brillante de l'édifice que Valerius a fait construire à Nayoga Lamanai, son "prototype". L'auteur a des formules efficaces. Il dit que dans les 330 "cellules" destinées à 1 600 habitants, « l'espace est plus précieux que le lithium des batteries de nos navettes ». Ce n'est pas une caricature, mais un résumé fidèle des doctrines de Valerius : « mon architecture anticipe un avenir où l'humanité n'aura plus de place pour s'étendre », « c'est une lutte contre le superflu, une conquête anxieuse d'espace pour la vie ».

Mais laissons les jugements de valeur et regardons les chiffres. C'est là que l'on comprend comment la quantité se transforme en qualité – et comment le progrès technique peut devenir une régression humaine.

Le principe de la sur-exploitation de l'espace mène à cette doctrine monstrueuse : le Verticalisme. Superposer les jardins, les routes et les habitations sur une seule et même empreinte au sol. Le capitalisme est verticaliste. Le communalisme doit être horizontaliste. Pour la dictature impériale, on coupait les têtes qui dépassaient. Pour la dictature du prolétariat, il faudra aussi raser les bâtiments qui dépassent. Nous pouvons respecter nos architectes révolutionnaires, mais certainement pas ce technocrate de Valerius.

Citoyens ou sardines ?

Son "unité d'habitation", qu'il a eu le cynisme de baptiser La Concorde, repose sur 36 pilotis de béton. En dessous, une rue et un "jardin minéral". Le rectangle bâti fait environ 800 m² au sol. Au-dessus, neuf "rues intérieures" desservent 330 cellules pour 1600 habitants, où chaque centimètre est "optimisé" pour servir de rangement, de meuble ou de lit. On se demande où est le local prévu pour raboter les citoyens trop grands...

Faire tenir 1 600 camarades sur 800 m² au sol, même sur neuf étages, signifie qu'on est passé de 10 m² couverts par habitant à un demi-mètre carré ! Soyons généreux : admettons que tout n'est pas logement, qu'il y a des services. Chaque habitant occupe alors un espace de 1,5 m². Dans sa cellule même, il dispose d'environ 5 m² – la taille d'une remise.

En appliquant ce modèle à une ville entière, en gardant des espaces pour les rues (disons 30%), on arrive à une densité de 400 000 âmes au kilomètre carré. Même en ajoutant des parcs, Valerius, cet entasseur de génie, réussit à parquer 200 000 bipèdes sur un kilomètre carré.

La nature nous a donné assez de terres pour être 102 au km².
La Révolution, par nécessité, a accepté que nous soyons 1 000 dans nos villes.
La folie technocratique, au nom de la "rationalité", veut nous entasser 2 000 fois plus.

Ceux qui applaudissent une telle vision ne sont pas seulement des complices de la dérive bureaucratique, mais des fossoyeurs de l'idéal communaliste. Ils vantent une science qui fonde les cités sur leurs propres rejets et prétendent organiser la vie de manière si "fonctionnelle" que le citoyen de demain ne saura plus distinguer sa douche des égouts collectifs.

La lutte révolutionnaire pour démanteler les métropoles monstrueuses peut se résumer ainsi : oxygène communaliste contre cloaque bureaucratique. Espace contre ciment.

Cette course à l'entassement ne vient pas d'un manque d'espace. L'espace abonde. Elle vient de la persistance de logiques productivistes qui exigent une concentration toujours plus grande du travail dans des masses de citoyens.

HIER

L'économie sur les "moyens de production collectifs"


Nous n'écrivons pas pour la gloire de l'analyse, mais au service de la Révolution. Il nous faut donc prouver que nous ne faisons que marcher sur les traces de notre doctrine.

Après avoir décrit, dans "La Roue et le Métier à Tisser", le processus de production communaliste, qui analyse le rapport entre le travailleur et la collectivité au sein de la coopérative, et après avoir étudié la circulation des biens (c'est-à-dire comment une part de la production sert non pas à la consommation, mais à renouveler les outils pour la production future), le grand théoricien Xicotencatl "Le Tisseur" étudie dans son troisième volume, hélas inachevé, "le mouvement de la richesse sociale comme un tout".

Le capitalisme, nous le savons, vise à maximiser le profit. Mais même dans notre système, une dérive est possible : celle où la coopérative ou le commissariat cherche à maximiser l'excédent de production, non pour le bien commun, mais pour sa propre expansion, au détriment des conditions du travailleur. C'est ce que Xicotencatl nomme "l'économie sur les moyens de production collectifs".

Le coût de production se divise en deux : la part allouée à la subsistance des travailleurs, et la part allouée aux moyens de production collectifs (matières premières, entretien des machines, bâtiments). Le moyen le plus évident d'augmenter l'excédent est de réduire la part allouée aux travailleurs, mais ce n'est pas la seule menace.

Supposons que la part des travailleurs reste juste. Le gestionnaire zélé (le bureaucrate, le technocrate) cherchera toujours à réduire le coût des moyens de production collectifs.

Xicotencatl identifie trois grandes sources d'économies, qui sont en réalité des appropriations des bénéfices du travail social :

  • 1. La concentration des travailleurs : Rassembler des artisans auparavant isolés dans un seul atelier génère une économie massive sur les bâtiments, le chauffage, etc. "Cette économie," écrit Le Tisseur, "découle du caractère social du travail tout autant que l'excédent juste est issu du travail de chaque citoyen-producteur." La collectivité génère une richesse, mais qui en profite ?
  • 2. La récupération des rejets : Les déchets d'une grande production deviennent la matière première d'une autre. Encore un bénéfice qui naît uniquement du caractère social et à grande échelle du travail.
  • 3. Le progrès technique dans d'autres secteurs : Une coopérative bénéficie des inventions faites par une autre qui lui fournit ses machines ou ses matériaux à moindre coût. "C'est le développement de la force productive du travail social, issu de la division du travail au sein de l'Union et du travail intellectuel de nos chercheurs. Le bureaucrate profite des avantages de tout le système."

Ce que les réformistes et les technocrates oublient, c'est que l'antagonisme ne réside pas seulement dans la part du produit qui revient au travailleur, mais dans l'appropriation par une caste administrative des fruits du progrès social collectif. Si l'on supprimait le surtravail, on travaillerait moins. Mais si l'on redistribuait les gains de productivité sociale, on ne travaillerait qu'une heure par jour !

Où il faut frapper

Aujourd'hui, le système kah-tanais, dans ses dérives, tend à considérer que ces gains sont une vertu de la Planification, et que le travailleur est étranger aux conditions de réalisation du travail. Le citoyen n'a pas à se soucier des économies faites sur les bâtiments ou les machines, seulement de la part qui lui est allouée. C'est ainsi qu'on en vient à économiser sur la sécurité et l'hygiène, à entasser les travailleurs dans des espaces malsains. "Cette économie," poursuit Le Tisseur, "va jusqu'à bourrer les camarades dans des locaux étroits, ce qui, en langage de gestionnaire, s'appelle économiser des bâtiments ; à négliger les protections contre les accidents ; à ignorer les mesures de sécurité dans les processus insalubres. La production communaliste, malgré sa prétendue rationalité, est ainsi terriblement gaspilleuse de matériel humain."

Voilà la description, faite il y a un siècle, de la dérive qui menace aujourd'hui nos cités sous les traits séduisants du "progrès" et de la "modernité" vantés par les Valerius de ce monde.

AUJOURD'HUI

Inflation de technocratie


L'argument de Xicotencatl s'applique parfaitement à la planification de nos villes. "Économiser les faux-frais" est le motif criminel du gestionnaire qui entasse les usines à côté des logements, qui densifie à l'extrême pour "rationaliser les transports", sans comprendre que la première mesure rationnelle serait de décongestionner, de redonner de l'espace. Les leçons des bombardements de la Junte n'ont-elles servi à rien ?

La Révolution a libéré les paysans que les haciendas clouaient à la terre. Mais l'urbanisation a recréé une autre forme de servitude : celle de la densité, nécessaire à l'époque des premières manufactures, mais aujourd'hui rendue absurde par le progrès technique.

Le nombre de travailleurs nécessaires pour une production donnée – ce que nous appelons la densité technologique – ne cesse de diminuer. Une usine de composants automatisée demande une poignée de techniciens là où il fallait autrefois des centaines d'ouvriers. Un tracteur remplace des dizaines de bras. Un navire de fret moderne est manœuvré par moins d'hommes qu'une galère de l'antiquité.

Coordonner, pas étouffer !

Ce que le progrès nous a offert, c'est la coordination de travailleurs dispersés, pas leur entassement. Les formes de production les plus modernes (centrales énergétiques, réseaux de communication) unifient l'action de camarades séparés par des centaines de kilomètres.

Si l'agglomération urbaine et productive subsiste avec une telle densité, ce n'est pas par nécessité technique. C'est à cause de la permanence de la logique de la rentabilité et de la dictature sociale de la bureaucratie.

Quand la dictature du prolétariat aura enfin balayé ces relents contre-révolutionnaires, quand chaque plan sera subordonné à l'amélioration des conditions du travail vivant, alors le verticalisme des monstres de ciment sera abattu. Dans les immenses étendues d'espace libéré, les villes géantes une fois dégonflées, l'intelligence de notre espèce rendra enfin uniforme la densité de la vie et du travail, en harmonie, et non plus en conflit comme dans la civilisation difforme d'aujourd'hui.

La course à l'entassement n'est pas due à un manque de place. Elle est due à la logique d'un système qui a besoin de prospecter le travail dans des masses de citoyens. Notre Révolution n'est pas finie tant que le dernier mur de ces prisons de béton ne sera pas à terre.

HIER

L'Appropriation du Travail Social


Nous n'écrivons pas pour la vaine gloire de l'analyse, mais parce que nous sommes au service de la Révolution. Il nous faut, comme toujours, faire une pause pour prouver que nous ne faisons que marcher sur les traces de notre doctrine, celle qui a libéré cette terre.

Après avoir décrit, dans les premiers volumes de "La Roue et le Métier à Tisser", le processus de production communaliste – ce rapport entre le citoyen-producteur et la collectivité au sein de la coopérative – et après avoir étudié la circulation des biens – comment une part de notre production collective sert à renouveler nos outils pour l'avenir –, le grand théoricien de la Première Révolution, Xicotencatl "Le Tisseur", analyse dans son troisième volume, hélas inachevé, "le mouvement de la richesse sociale comme un tout". C'est cette analyse qui nous permet aujourd'hui de démasquer la contre-révolution qui se cache dans les plans de nos gestionnaires.

Le capitalisme, nous le savons, vise à maximiser le profit. Mais même au sein de notre Union, une dérive est possible, une trahison de nos principes. C'est celle où le Commissariat, le Keiretsu ou la coopérative elle-même ne cherche plus à répondre aux besoins de la communauté, mais à maximiser l'excédent, non pour le bien commun, mais pour sa propre expansion, son propre prestige, sa propre survie bureaucratique, au détriment direct des conditions de vie et de travail de nos camarades. C'est ce que "Le Tisseur" nommait, avec une prescience effrayante, l'économie sur les moyens de production collectifs.

Le coût de notre production collective se divise en deux parts : la part qui revient aux citoyens pour assurer leur existence digne et libre, et la part allouée à l'entretien et au renouvellement de nos moyens de production collectifs (matières premières, machines, usines, infrastructures). Le moyen le plus évident pour un gestionnaire sans scrupule d'augmenter son excédent est de rogner sur la part des travailleurs. Mais ce n'est pas la seule menace, ni la plus insidieuse.

Supposons que la part des citoyens soit respectée. Le technocrate, le planificateur zélé, cherchera toujours à réduire le coût des moyens de production collectifs. Xicotencatl identifie alors trois grandes sources d'économies qui, en réalité, ne sont que l'appropriation des fruits du travail social par une caste administrative :

  • 1. La concentration des travailleurs : Entasser des artisans autrefois dispersés dans une seule et même usine, une seule "unité de production", génère une économie massive sur les bâtiments, le chauffage, l'éclairage. "Cette économie," écrit Le Tisseur, "découle du caractère social du travail lui-même, de l'intelligence collective de la coopération. Mais qui, en fin de compte, en récolte les fruits ? Le travailleur, ou l'administration qui le supervise ?" La richesse est créée par la collectivité, mais elle est trop souvent captée par les structures qui prétendent l'organiser.
  • 2. La récupération des rejets : Les déchets d'une grande coopérative deviennent la matière première d'une autre. Encore un bénéfice immense qui n'est possible que grâce au travail à grande échelle, à l'effort socialisé. Qui en profite ? Le réseau de Keiretsus et leurs planificateurs, ou le peuple qui a produit à la fois le bien et le déchet ?
  • 3. Le progrès technique dans d'autres communes : Une coopérative textile profite des nouvelles machines-outils inventées par les camarades d'un pôle industriel. Elle produit plus, mieux, avec moins d'effort. "C'est le développement de la force productive du travail social," explique Le Tisseur, "issu de la division du travail au sein de l'Union et du génie intellectuel de nos chercheurs et ingénieurs. Le gestionnaire, le Commissariat, profite des avantages de tout le système sans y avoir contribué directement."

C'est sur ce point essentiel que nous devons nous battre. L'antagonisme ne réside pas seulement dans la part du produit qui revient au travailleur, mais dans l'appropriation par une caste administrative des fruits du progrès social collectif. Si l'on supprimait le surtravail, on travaillerait peut-être une heure de moins par jour. Mais si l'on redistribuait équitablement les gains de productivité de la coopération et de l'innovation, camarades, on ne travaillerait qu'une heure par jour !

Aujourd'hui, dans ses dérives, notre système tend à considérer que ces gains de productivité sont une vertu de la Planification, et que le citoyen-producteur est étranger aux conditions de réalisation de son travail. Il n'a pas à se soucier des économies faites sur les bâtiments ou les machines, seulement de la part qui lui est allouée pour sa subsistance. C'est ainsi que, pour "optimiser les coûts", on en vient à économiser sur la sécurité et l'hygiène, sur l'espace vital, sur le bien-être de nos camarades. C'est cette logique qui nous ramène à notre thème : ville et campagne, espace et ciment. "Cette économie," poursuit Le Tisseur avec une colère prophétique, "va jusqu'à bourrer les camarades dans des ateliers étroits et malsains, ce qui, en langage de gestionnaire, s'appelle économiser des bâtiments ; à entasser des machines dangereuses, à négliger les protections contre les accidents ; à ignorer les mesures de sécurité dans les processus insalubres. La production communaliste, malgré sa prétendue rationalité, est ainsi, dans ses dérives, terriblement gaspilleuse de matériel humain."

Voilà la description, faite il y a plus d'un siècle, de la contre-révolution bureaucratique qui menace aujourd'hui nos cités sous les traits séduisants du "progrès" et de la "modernisation" vantés par les Lars Valerius de ce monde.

AUJOURD'HUI

Inflation de Technocratie


L'analyse de Xicotencatl "Le Tisseur" s'applique avec une précision chirurgicale à la planification de nos villes. "Économiser les faux-frais" est le motif criminel du gestionnaire qui entasse les usines chimiques des Keiretsus à côté des nouvelles "cités réticulaires", qui densifie les transports jusqu'à l'asphyxie pour "rationaliser les flux", sans comprendre que la seule mesure véritablement révolutionnaire serait de décongestionner, de redonner de l'espace, de l'air, de la vie. Les leçons des bombardements de la Junte, qui nous ont appris la vulnérabilité de la concentration, n'ont-elles donc servi à rien ?

La Révolution a libéré les peuples des haciendas qui les clouaient à la terre. Mais l'urbanisme technocratique a recréé une autre forme de servitude : celle de la densité, nécessaire à l'époque des premières manufactures, mais aujourd'hui rendue absurde et criminelle par le progrès technique.

Le nombre de travailleurs nécessaires pour une production donnée – ce que nous appelons la densité technologique – ne cesse de diminuer. Une usine de composants automatisée à Chan Chimu demande une poignée de techniciens là où il fallait autrefois des centaines d'ouvriers. Les drones agricoles dans les communes du Sud remplacent des milliers de bras. Nos navires de fret modernes, construits dans les chantiers de Reaving, sont manœuvrés par moins de camarades qu'une péniche du siècle dernier. Et surtout, le Communet, ce réseau qui est le sang de notre Union, permet le travail à distance, la planification décentralisée, la coordination instantanée sans que les corps n'aient besoin de s'entasser !

Ce que le progrès technique nous a offert, ce n'est pas la possibilité d'entasser plus, c'est la coordination de travailleurs libres et dispersés ! Les formes de production les plus modernes de l'Union – nos réseaux énergétiques, nos plateformes de communication, nos chaînes logistiques – unifient l'action de camarades séparés par des milliers de kilomètres.

Si l'agglomération urbaine et productive subsiste avec une telle densité, ce n'est pas par nécessité technique. C'est à cause de la permanence d'une logique de rentabilité bureaucratique et de la dictature sociale de l'administration centralisatrice. C'est un choix politique contre-révolutionnaire !

Quand la Révolution Permanente aura enfin balayé ces relents technocratiques, quand chaque plan sera subordonné à l'amélioration des conditions du travail vivant, alors le verticalisme des monstres de ciment sera abattu. Dans les immenses étendues d'espace libéré, les villes géantes une fois dégonflées, l'intelligence collective de notre peuple rendra enfin uniforme la densité de la vie et du travail, en harmonie, et non plus en conflit comme dans la civilisation difforme d'aujourd'hui.

La course à l'entassement n'est pas due à un manque de place. Elle est due à une idéologie qui a besoin de concentrer les citoyens pour mieux les contrôler, les gérer, les surveiller. Notre Révolution ne sera pas achevée tant que le dernier mur de ces prisons de béton ne sera pas à terre.

L'Union sera horizontale, ou elle ne sera pas !
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La Rente
L'actualité de l'économie.

25/08/2015
Saphir Macrotechnologies lance le projet Masau Minerals en République Tchinouk

La Keiretsu kah-tanaise, en accord avec le gouvernement de l'Union des Républiques Natives Etznabistes et les autorités de la République Tchinouk, a annoncée le lancement du projet Masau Minerals. Cherchant à s'éloigner des modèles d'investissement directs classiques, ce projet se traduit par la création d'une structure économique coopérative souveraine en Etznabie, visant l'exploitation des gisements de terres rares présent dans le sol de la région. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme d'aide complet proposé par le Grand Kah suite à la reconnaissance de l'indépendance de l'Union des Républiques, visant à renforcer son autonomie économique et à palier aux manques d’investissement ayant historiquement marqué l’ancienne colonie antérinienne.
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Une unité de traitement de minerais de Saphir Macrotechnologies, similaire à celle qui seront implantées en territoire Tchinouk.


Rompant avec les logiques traditionnelles d'investissement direct étranger, le Keiretsu kah-tanais Saphir Macrotechnologies a officialisée, en accord avec les autorités de l'Union des Républiques Natives Etznabistes et de la République Tchinouk, le lancement de Masau Minerals, une initiative de coopération économique structurante visant à établir une filière d'extraction souveraine et autogérée sur le sol etznabiste. Le socle de ce projet est la fondation d'une coopérative d'exploitation de l'erbium, entité de loi 100% etznabiste organisée par les travailleurs et représentants des communes de la Républiaue Tchinouk, garantissant un ancrage local et démocratique à l'organisation. Ici, Saphir Macrotechnologie ne joue pas un rôle d'actionnaire ou de propriétaire des moyens de production, mais de partenaire "technique et commercial", selon les déclarations du Keiretsu. La relation entre Saphir et la Coopérative, formalisée par un "Contrat de Partenariat Productif" est d'une durée déterminée de dix ans. La nature de l'implication kah-tanaise est donc transitoire.

C'est pourquoi l'investissement kah-tanais dans la région ne prend pas la forme d'une prise de participation financière, mais d'une aide en nature : le consortium kah-tanais apportera ainsi le matériel et les compétences nécessaires à la création d'une activité d'extration de terres rares dans la région. Important des foreuses de précision, des logiciels de modélisation, participant à la construction d'unités de traitement de minerai incluant des protocoles kah-tanais de gestion durable des ressources tels que le cyclage de l'eau et le traitement des résidus, et finançant la construction des infrastructures de base : routes d'accès, alimentation énergétique de la mine et des futures usines, permettant un développement intégré et conjoint de l'activité d'extraction et de la région.

Le projet est présenté comme un modèle de développement souverain et à contre-temps des logiques néocoloniales animant généralement ce genre de partenariats. Ainsi le Contrat de Partenariat Productif comporte une clause centrale détaillant le processus de transfert de souveraineté, structuré en trois phases distinctes visant à rendre l'implication kah-tanaise progressivement superflue.

La Phase 1, devant durer quatre ans, sera dédiée à la formation et à la supervision active du lancement de l'activité. Des ingénieurs et techniciens de Saphir Macrotechnologies seront ainsi déployés pour diriger les opérations en parallèle d'une mission primordiale de formation intensive de leurs homologues etznabistes sur le terrain. Cette première phase permettra la construction d'une base de compétences locales sur tous les aspects de l'exploitation : maintenance des équipements, analyse géologique, gestion de la production et protocoles de sécurité. Les décisions stratégiques de l'initiative seront à ce stade prises par un comité de pilotage mixte, bien que la supervision opérationnelle restera majoritairement kah-tanaise pour garantir le lancement optimal du projet.

La phase 2, devant durer trois ans, est destinée à la montée en compétence et au passage en cogestion effective de l'initiative. Les postes de coordinateurs d'équipes, de chefs de département et de superviseurs techniques seront ainsi progressivement transférés à des cadres etznabistes formés lors de la première phase. Ce transfert progressif des responsabilités s'accompagnera de la concrétisation des promesses de démocratie sur le lieu de travail avec l'instauration d'assemblées de travailleurs. Le pouvoir décisionnel basculera dès lors vers ces nouvelles structures où chaque membre de la coopérative, etznabistes et kah-tanais encore déployés, auront une voix égale. Les décisions majeures - ajustement de production, investissements mineurs - seront dès lors prises de manière collective et démocratique sur site. Le rôle des kah-tanais évoluera alors vers celui de conseillers techniques et de facilitateurs, assurant la fluidité des processus et la résolution des problèmes complexes.

La troisième et dernière phase, devant s'étendre sur trois ans, sera celle de l'autonomisation complète des structures économiques issues de l'initiative. Le retrait opérationnel de Saphir se fera via un retrait progressif de la gestion quotidienne des activités économiques. La coopérative sera désormais entièrement dirigée et opérée par du personnel etznabiste. Ce retrait s'accompagnera d'une évolution du partenariat : Saphir Macrotechnologies deviendra ainsi un conseiller technique externe, sur demande, et un partenaire commercial privilégié mais non-exclusif, utilisant son réseau mondial pour aider la coopérative à trouver des marchés et à exporter sa production aux meilleures conditions.

Le modèle financier de Masau Minerals sera lui-même pensé et conçu selon des principes communalistes d'anti-impérialisme, et au service de la souveraineté locale. Les bénéfices de l'exportation seront répartis selon une grille prédéfinie. Saphir recevra une part visant à amortir son investissement initial en matériel, ainsi qu'une "marge de coopération" inférieure à la part majoritaire destinée à la coopérative. Cette part ne sera pas distribuée sous forme de dividendes, mais obligatoirement allouée à trois fonds stratégiques :

Un fonds de formation souverain, finançant la formation continue, l'envoi d'ingénieurs etznabistes dans les universités kah-tanaises, et la création d'un centre de formation local. Un fonds de développement communal tchinouk, dont le pourcentage alloué des revenus sera versé aux communes de la République pour financer des projets sociaux – écoles, dispensaires, routes – assurant un bénéfice direct pour la communauté locale. Et un fonds d'autonomie technologique, constituant une réserve de capital permettant à Masau Minerals d'acheter ses propres futurs équipements et de lancer des programmes de Recherche & Développement à l'issue du contrat de 10 ans, afin d'éviter une dépendance technologique à long terme.

L'objectif final est de permettre à la coopérative d'atteindre l'autonomie complète d'ici 2026. À l'échéance du contrat, la Masau Minerals sera propriétaire de ses infrastructures, maîtresse de ses compétences et libre de ses choix commerciaux, incarnant en principe un modèle réussi d'émancipation économique post-coloniale.

Pour les kah-tanais, l'intérêt d'un tel investissement est évident : s'inscrivant dans la logique d'engagement social et écologique voulu par le Comité de Volonté Publique, l'exportation d'un modèle de développement éco-social est perçu comme une priorité stratégique majeure. Le fait même de doter la coopérative d'une gouvernance démocratique la séparera des structures corporatistes classique, assurant à chaque membre, du mineur de fond à l'ingénieur en chef, disposera d'une voix égale lors des votes sur les grandes orientations stratégique. L'élection de la révocation des coordinateurs et des responsables de département, la validation des plans de production annuels, les décisions sur la répartition des primes de travail et des investissements internes, etc. Ce rejet de la hiérarchie patronale qui semble aller de soit dans une courte majorité des économies mondiales permettra d'impliquer chaque travailleur et travailleuse en tant qu'acteur politique et économique à part entière au sein du projet.

L'exploitation minière, industrie polluante s'il en est, sera ici conformée aux normes écologiques les plus strictes de l'Union, qui sont elles-mêmes parmi les plus exigeantes au monde. Cet engagement écologique passe par plusieurs aspects très concrets tels que la mise en place d'une gestion en circuit fermé des eaux usées minimisant la consommation net évitant toute pollution des nappes phréatiques et des rivières de la République Tchinouk. L'utilisatoin de technologies de filtration avancées devrait permettre de drastiquement limiter les rejets atmosphériques et solides. Sur le long terme, un plan de restauration écologique sera mis en place, ainsi qu'une foi de restauration alimenté dès le début de l'exploitation. Il garantira la réhabilitation complète des sites miniers après leur épuisement, soit le reboisement et la restauration de la biodiversité déplacée durant les opérations, afin de laisser un héritage positif plutôt qu'une friche industrielle.

Dans le même temps sera instauré un principe de transparence optimale, assurant que toutes les données de production, les bilans financiers et les décisions de l'assemblée des travailleurs soient publiquement accessibles à tous les citoyens des Républiques via une plateforme dédiée. Enfin, seront mis en place des audits annuels et obligatoires, menés par un comité mixte et indépendant composé de représentants élus de Masau Minerals, de délégués des communes de la République Tchinouk, et d'observateurs neutres désignés par les institutions kah-tanaies. Les rapports de ces audits seront non seulement publics mais aussi débattus publiquement afin de garantir une redevabilité totale du projet envers le peuple etznabiste.

Ces mesures, d'aspect assez lourd, permettront d'éviter une explosion du coup social ou écologique de cette industrie de pointe, et d'assurer le réinvestissement de sa richesse dans la République. De plus, les investissements initiaux nécessaires à la mise en place des méthodes d'exploitation durable seront largement compensés par un accès privilégié au marché kah-tanais. En effet, depuis 2015 les Communes Unies ont mis en place une politique d'abattement fiscal et douanier pour les productions étrangères respectant les normes écologiques et sociétales de l'Union.

Sur le long terme, Masau Minerals doit devenir le premier employeur de la région, et le premier élément d'une chaine de valeur qui devrait assurer l'indépendance économique des jeunes Républiques. Reste à voir si le modèle coopérative kah-tanais peut durablement s'implanter en Aleucie.
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Le Regard
Le Regard, une autre vision du monde.

19/09/2018La croissance de l'Union ralentit : fin du "miracle" ou aube d'une nouvelle phase de développement ?

Alors que la croissance de l'économie kah-tanaise marque le pas, celle des nations profitant de ses aides à la reconstruction subit une restructuration de fond. Si certains regrettent la fin du Miracle Économique de la décennie précédente, les planificateurs l'assurent : l'Union récoltera bientôt les fruits de sa stratégie d'intégration alors que ses partenaires hier sous perfusions deviennent les nouveaux moteurs d'une économie communaliste pleinement intégrée.

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Les chiffres, déjà commentés dans les clubs politiques et au sein des chambres communales, ont été officiellement publiés par le Commissariat au Maximum. L'annonce, quoi que dans le style sobre et factuel auquel nous a habitué l'institution, s'est faite avec une légère avance sur le calendrier d'usage, un élément dont ce sont aussitôt saisis les commentateurs, et accompagnant à merveille la musique de fond en passe de devenir le sujet central. En effet, le Produit Intégral National (PIN) de l'Union a effectué une croissance de 161 milliards d'unités entre janvier 2017 et septembre 2018. D'environs 6%, cette croissance pourtant substantielle, voir même rarissime pour les économies aussi consolidées que celle du Grand Kah, représente tout de même un ralentissement notable par rapport aux taux de croissance à deux chiffres qui ont défini la période du Miracle Economique Kah-tanais de la dernière décennie.

Ainsi, si l’annonce du Commissariat au Maximum était attendue et s’inscrit dans un processus graduel de ralentissement de la croissance, la question que certains se posent reste celle du pourquoi, et de la nature potentiellement inquiétante de ce ralentissement. C'est en tout cas ce que donnent à voir les réactions contrastées qui ont suivi la publication du rapport : une certaine inquiétude dans les cercles financiers dépendant du capitalisme d'occasion, dans les communes urbaines ayant largement profité du Miracle et au sein de certaines communes rurales profitant du plan Caucase de développement territorial. Et à l'opposé, des critiques de la part des clubs isolationnistes, comme le Club de la Conserve dont les membres ont ce maint portés la question du ralentissement économique au sein de la Convention Générale.

Le Grand Kah, moteur économique ayant réussi à se reconstruire pour devenir la seconde puissance mondiale, serait-il en train de caler ? C'est ce qu'estiment les clubs isolationnistes, lesquels ont déjà pointé du doigt la raison supposée : les importantes aides économiques dispensées par le Grand Kah à ses pays "partenaires", nom informel donné aux Communes Unies du Paltoterra Oriental, de Mährenie, de Kotios et aux Etats fédérés du Mokhaï, dont la reconstruction a été largement permise par l’introduction massive de fonds kah-tanais.

Cette lecture, soulevée dans les sphères politiques et culturelle, semble cependant se heurter aux analys émises par les organes économiques confédéraux et la plupart des économistes communalistes orthodoxes, qui avaient prévu de longue date ce ralentissement et cherchaient justement à armer les communes de l'Union pour les aider à comprendre ce que les instances communales qualifient dors-et-déjà de "nouvelle phase de développement du monde libertaire", formule introduite par les économistes Isabella Zeltzin et Quri Xen Suchong dans un entretien fleuve diffusé au sein de la rente.

Les anciens membres du Comité de Volonté Publique Estimable, respectivement connus dans leur milieu pour avoir conceptualisé le Cool Kah-tanais et la Doctrine du Capitalisme d'occasion pour la citoyenne Zeltzin, et écrit d'importants travaux sur la motivation des travailleurs, l'autogestion et l'autonomie, ainsi que la gestion de l'ennui ans une société d'abondances pour le citoyen Suchong, sont généralement considérés comme responsables des politiques ayant amené au miracle économique. Dans l’analyse livrée à nos confrères, ce ralentissement était structurellement inévitable. La politique d'aide à la reconstruction menée par le Commissariat à la Paix, loin d'en être la cause, aurait au contraire permis d'en différer l'échéance.

La docteure Eva Ramírez, chercheuse en économie à l’Université de Lac-Rouge, partage leur oppinion. Une étude menée de longue date par le laboratoire de l'Université indique que ce ralentissement correspond à une phase de consolidation économique inévitable. La conséquence logique et maîtrisée d'une stratégie de croissance rapide, qui peut néenmoins trouver d’autres débouchés par la "fusion économique" avec les partenaires les plus proches du Grand Kah. En somme et pour la citer directement, « la croissance de l'Union n'a pas disparu, évidemment, elle s'est mutualisée. »

Initialement développé par les observateurs internationaux pour désigner les économies du Paltoterra à la croissance rapide, le terme "Jaguar" s'est généralisée dans les sphères économiques pour désigner toute économie profitant d'un haut taux de solvabilité et d'une croissance économique à la fois rapide et saine. On peut dire aujourd'hui qu'il existe d'authentiques Jaguars de la Révolution : une analyse chiffrée de la situation économique du cercle restreint kah-tanais indique ainsi que les principaux partenaires de l'Union profitent en fait de leur propre miracle économique, quoi que différé dans le temps. Ainsi, pendant que l'économie kah-tanaise ralentit à hauteur de 6,7% de croissance par ans, la Mährenie et le Paltoterra Orientals ont une croissance d'environs 12,8%, le Mokhaï, une croissance explosive de 57,6% et Kotios une croissance absolument spectaculaire de 63,6%.

En pratique, concernant le Mokhaï et de Kotios, ces chiffres correspondent en fait à la normalisation de situations économiques jusque-là flous ou sinistrées. Le Mokhaï, impacté par une guerre civile sanguinaire et une indépendance de l’Empire du Nord, qui avait pris grand soin de le maintenir dans une situation de dépendance économique totale, a dû soigner ses séquelles : recréer des chaînes de valeurs, des infrastructures, retrouver des débouchées pour ses propres productions et reconstruire de zéro un système éducatif et économique.

Concernant Kotios, si le port pirate a longtemps été un maillon essentiel du commerce international entre l’Aleucie et l’Eurysie, la commune est entrée dans une nouvelle phase avec la réintégration du territoire de l’ancien duché de Ravendrecht à son territoire confédéral. Cette réintégration fait à plus d’un titre peser un poids disproportionné sur la commune, qui a en fait héritée d’un arrière-pays sinistré, mais présente aussi une opportunité de développement unique pour une ville jusque-là limitée dans sa croissance par des questions démographiques.

La croissance du Paltoterra Oriental et de la Mährenie, plus normales, correspond à une phase de spécialisation de l’économie. Le constat général pour ces pays partenaires et que ces nations, autrefois considérées comme des zones d'intervention humanitaires, sont en train de se changer en économies modernes hautement fonctionnelles.

Le terme d'aide internationale, au centre des débats ces derniers jours, est cependant encore assez mal compris dans son implication pratique. Si l'on ignore pas que l'Union "aide" ses nations partenaires, les mécanismes précis de cette aide sont flous pour une part importante des citoyens de l'Union. Selon la docteure Eva Ramírez, c'est un problème : "la question du soutien économique que l'Union octroi à ses alliés est une question très technique, chiffrée, complexe. Si on ne la rend pas accessible aux citoyens n'ayant pas le temps ou les formations pour se plonger dans leur détail, la question devient flou et le débat doit se porter ailleurs". Actuellement le gros des débats conventionnels et communaux sur ces aide tournent autour d'un rapport avant tout stratégique, ravivant l'opposition classique entre isolationnistes et interventionnistes.

Selon des documents publiés en 2009 par le Commissariat aux Affaires Extérieures et en partie réécrits en 2014, la politique de "Solidarité Stratégique" est tout à fait comparable avec le Plan Caucase de rééquilibrage territoriale interne mis en place par le Comité de Renouvellement. La logique est la même, quoi que portée sur le plan extérieur : l'Union investit massivement dans des zones "périphériques" afin d'établir un système à la fois plus résilient et équilibré sur le plan politique et économique. Les principaux instruments de cette politique est le Fonds Tomorrow, qui a largement employé les dividendes de sa politique eurysienne pour financer la reconstruction d'infrastructures critiques telles que les ports de Nekompromisa au Paltoterra Oriental, ou les routes et pont du Mokhaï.

Le fond a impliqué les keiretsus principaux de l'Union. Saphir Macrotechnologies, Hadess Technologies, Shihai Keiretsu ont ainsi participé à la modernisation des industries en Mährenie via l'établissement de coopératives locales, ou établit des organes transnationaux de transfert technologique massive. Enfin, l'aide confédérale s'est aussi matérialisée de façon directe via une aide économique et humaine dans la formation des cadres, la stabilisation sécuritaire, l'établissement d'écoles, d'universités, d'hôpitaux modernes et aux normes kah-tanaise, considérées comme autant de conditions sine qua non à la croissance économique et à l'établissement d'une prospérité communaliste.

Cette stratégie, validée à plusieurs reprises par la Convention Générale et les communes supérieures au cours des dix dernières années, vise à créer un "espace consolidé de prospérité". Les termes employés par la citoyenne Meredith, dans une séance de questions gouvernementales en Juin 2017, indiquaient ainsi que "une confédération autonome et partenaire est une amie sur laquelle on peut compter, un atout. Un allié dépendant est un protectorat, c'est à dire un fardeau stratégique et moral."

Le terme d'autonomie ne correspond cependant pas tout à fait à la direction que les instances partenaires et kah-tanaises semblent avoir décidé d'adopter. En effet, au-delà de la création de nations économiquement et politiquement indépendantes, la reconstruction du cercle restreint kah-tanais reste un point de basculement pour l'ordre kah-tanais, libertaire et mondial. Jusque-là des "poids" économiques, la croissance de ces nations signifie qu'elles deviennent autant de marchés solvables pour les biens de haute technologie de l'Union, ainsi que des fournisseurs spécialisés capables de répondre aux besoins de leurs industries mutuelles afin de créer une chaîne de valeur intégrée, résilient et surtout, moins dépendante des puissances étrangères. Dans l'ensemble la reconstruction de ces économies en fait des contributeurs nets à la stabilité et à la défense du LiberalIntern, participant à répartir le poids qui pèse traditionnellement sur le Grand Kah en vertu de son statut de première puissance socialiste et libertaire.

Au-delà de cet aspect, il faut aussi noter que cette reconstruction s'est faite en partie selon des plans discutés et établit lors de réunions communes par des groupes de travaux multilatéraux. Une planification largement pensée par les nations concernées et visant une coopération maximum, amenant à une situation de "presque fusion" économique. Ainsi le réseau Synexis - et à dire l'outil privilégié de planification démocratique de l'Union - mais aussi ses normes industrielles, sociales, écologiques, et l'établissement de projets d'infrastructures communs dans le cadre du Collier de Perle mondial, sont en train de fusionner ces économiques au sein d'un même bloc. La croissance globale de ce bloc (plus de 279 milliards pour les partenaires du Grand Kah et 161 milliards pour l'Union même) est ainsi bien plus impressionnante que le seul chiffre kah-tanais.

C'est en tout cas la position d’un grand nombre d’experts sur la question. L'Institut d’Économique Communaliste de l'Université de la Nouvelle Albigärk, d’obédience anarchiste orthodoxe, a ainsi publié une méta analyse des économies du "système intégré kah-tanais" et de plusieurs autres études les concernant. Selon la conclusion de la méta analyse, "le ralentissement du PIN Kah-tanais n'est qu'un effet d'optique. En réalité, nous assistons à la dillution de la croissance du géant communaliste au sein d'un écosystème en pleine expansion. L'Union n'est plus une locomotive solitaire mais le coeur d'un système en pleine croissance."

Le succès de cette stratégie n'est cependant pas sans contradictions ou défis à venir. En rendant ses alliés plus puissants et plus autonomes, le Grand Kah accepte de facto une dilution relative de son hégémonie au sein de son propre camp. Demain, une Mährenie économiquement forte pourrait développer des ambitions politiques propres, pas toujours alignées sur celles d'Axis Mundis. Une position qui ne semble pas inquiéter la Convention Générale. Le Commissariat à la Paix s'est ainsi félicité de ce "risque". Dans un discours à la Convention, la citoyenne Iccauthli s'est ainsi fendue d'une tangente sur le sujet : "Si le Grand Kah était l'Empire que certains veulent voir en nous, la Mährenie ne serait pas gouvernée par une coalition de droite, le Mokhaï en proie à l'agitation nationaliste et libérale, et les communalistes du Paltoterra Oriental auraient une marge de manoeuvre autrement plus limitée. Non. Chacun de ces pays est libre de sa politique."

Cela étant reste la question du ralentissement relatif de la croissance interne. Même s'il est stratégiquement justifié et ne chamboule pas exactement la vie des kah-tanais, il offre tout de même un angle d'attaque facile pour les factions les plus radicales de la Convention. Il semble évident, par exemple, que la Section Défense et sa meneuse, la citoyenne Maïko, se saisiront de la question pour dénoncer une politique pouvant selon eux nuire aux intérêts du Grand Kah alors même que le financement du plan de réarmement naval SHSR en est toujours à être négocié par tranches.

Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que le Miracle Économique n'a pas encore pris fin, mais aurait plutôt changé de nature. Désormais il n'est plus question de reconstruire l'Union, mais de construire un cercle de coopération plus étendu. Le Grand Kah, ayant prouvé sa capacité à générer une prospérité immense, doit désormais faire face au défi qui caractérisera sans doute le prochain cycle révolutionnaire et politique. Celui, autrement plus complexe, de la gestion de cette prospérité et de ces implications.
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Comment le projet Tepeyollotl force l'Union à la prudence

Identifié par sa commune supérieur comme pouvant répondre aux besoins de l'industrie technologique et militaire de l'Union, le Pico Sagrado et sa vallée sont depuis le centre d'une lutte politique de haute intensité entre les défenseurs du patrimoine culturel et écologique et les tenant de l'impératif stratégiques. Aujourd'hui, une alliance inattendue de communes rurales a mis en pause le projet minier qualifié de "stratégique" pour la Garde Communale, en imposant un arbitrage délicat aux Commissariats.
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Les rues d'Axis Mundis sont bondées. Comme à son habitude, la commune spéciale où se concentre le gros de l'activité confédérale est l'épicentre d'un carnaval sans fin de manifestations culturelles, politiques, où se heurtent représentants de tout type, toute origine et aux missions bien souvent contradictoires. Aujourd'hui l'un de ces groupes vient du sud de l'Union. Des danseurs et des musiciens en tenues traditionnelles, qui se produisent à proximité de la Convention Générale. Il ne faut cependant pas s'y tromper. Malgré l'idole religieuse qu'ils brandissent et la qualité festive de leur musique, ces citoyennes et citoyens sont là en mission politique, quoi qu'on les sente de bonne humeur. Ils viennent d'apprendre la suspension du projet Tepeyollotl. Un représentant bien en vue de Confédération et Collaboration est dans leurs rangs. Il sourit, lui aussi.

C’est l’aboutissement d'un drame politique à bas bruit qui a agité les communes du sud est de l'Union avant de remonter jusqu'aux instances confédérales. Représentants les communes autochtones de la cordillère du Paltoterra Oriental, ces hommes et femmes viennent de Capacudad, Tiquara. Le nœud du problème ayant motivé leur présence est le projet Tepeyollotol (cœur de la montagne), proposé par la Commune Supérieure afin de répondre à l'appel d'offre émis par le Commissariat à la Planification. Ce projet devait voir l'édification d'un réseau local de coopératives industrielles et minières permettant d'assurer l'approvisionnement de l'économie kah-tanais en certains métaux rares, rhénium, palladium, zirconium. Des ressources utilisées dans les alliages pour moteurs d'avions, les composants électroniques ou encore les systèmes furtifs des sous-marins de dernière génération. Seul problème, les principales réserves dont dispose la région se trouve à proximité du Pico Sagrado, haut lieu de religiosité où sont vénérés certains Teolt. En outre, le projet aurait vu l'installation de carrières à proximité de plateaux agraires et du principal réservoir naturel d'eau potable de la région, et menaçait en outre la nappe phréatique irriguant toutes les vallées agricoles en contrebas.

La question avait bien été débattue dans les instances de la commune supérieure, mais c'était la position des communes voisins qui avait obtenu gain de cause. En effet, celles-là considèrent que leur développement passe par une contribution active à l'effort industriel national, notamment à travers l'effort de défense de l'Union, au coeur de tout les débats politiques confédéraux. Intégrer la chaîne de production du plan SHSR y était défendu comme un moyen sûr de gagner en prestige mais, surtout, en savoir-faire technologique et en poids politique dans les futures planifications.

Les arguments de la responsabilité et du renforcement de la "Citadelle" n'ont cependant pas suffit à convaincre les premiers concernés. Puisque chaque commune a un droit inaliénable sur le mode d'existence de son territoire, le projet Tepeyollotl pouvait simplement être refusé. Largement compris comme une ingérence sur ce qui constitue le "bien commun" des riverains (l'eau, la terre et le sacré), c'est exactement ce qui lui est arrivé, marquant le début d'une séquence politique très intense.

Qualifiée de "guerre de position démocratique" par un représentant local du Commissariat à la Planification, le constat initial est donc celui d'une absence de consensus entre les communes concernées. Malgré plusieurs réunions au plus haut niveau, les assemblées intrcommunales de la région et les débats directs entre les communes pro et anti-projet ont toutes échouées à différents degrés. Cette incapacité à travers une solution locale a ainsi forcée les représentants des deux camps à changer d'échelle.

La stratégie des communes de la Cordillère s'est essentiellement construite sur la construction d'une majorité au sein de la Confédération. Elles ont pour se faire activer leurs réseaux au sein des autres communes des premiers peuples, sollicitées sur la base du respect des traditions et du sacré, auxquelles se sont jointes les communes Afaréennes et, plus inattendu, la commune supérieure de La Cité des Anges. Les principales communes autonomistes, notamment Reaving, se sont aussi jointes aux revendications des communes de la Cordillère, c'est par ce biais que les clubs pacifistes et écologistes présents à la Convention ont pu être mobilisés pour fournir une expertise technique et un argument idéologique dépassant les enjeux strictement locaux.

Ce travail de fond, effectué sur plusieurs mois, a aussi profité du soutien tacite des principaux syndicats agraires du pays, et d'un soutien appuyé du Citoyen Caucase, lequel a rappelé à plusieurs reprises que le plan de réinvestissement dans les communes les plus "périphériques" visait avant tout à un développement "harmonieux" de l'Union, et tacitement ouvert la voie au financement d'industries alternatives dans les communes favorables au projet. Conscients de la popularité des idées radicales et interventionnistes à la Convention Générale, c'est à l'Assemblée des Communes que les opposants au projet ont porté le combat. En obtenant une majorité en son sein, la coalition a été en mesure de forcer la main de la Convention en faisant adopter une motion exigeant du Commissariat à la Planification de la Convention qu'il trouve des sources d'approvisionnement alternatives pour les matériaux stratégiques, affirmant que la destruction d'un écosystème et d'un lieu sacré n'est pas une option acceptable.

Cette victoire de la démocratie directe sur les impératifs stratégiques des commissions n’a pas manqué de faire grincer des dents bien que le gros de la polémique ait été contenu à dessein par le Comité de Volonté Publique. En effet, si la pression des communes avoisinantes aurait, à terme, pu amener à une inflexion du refus initial des communes de la Cordillère, cela aurait immanquablement ouvert une crise politique majeure imposant une implication directe des organes confédéraux. Une source anonyme dans la Commission à la Paix nous l'assure "Personne ne veut que le débat sur Tepeyolltol devienne un référendum pour un coutre le plan SHSR". On craint en fait que la ligne militariste portée par la gauche de l'assemblée ne fracture la majorité modérée des "pragmatiques", au risque de paralyser la convention pour des mois.

Le Commissariat au Consensus a donc pris en charge un discret pilotage des négociations visant à obtenir un compromis "gagnant-gagnant" au niveau local. La première étape à été la publication immédiate d'un moratoire visant à suspendre le projet minier pour une "étude plus approfondie de ses impacts", ce qui ressemble beaucoup à) un euphémisme pour un enterrement de première classe. Les communes industrielles voisines doivent en échange obtenir des compensations substantielles via les budgets "libres" (non soumis à la planification) des fonds souverains de l'Union, devant amener à la construction d'un pôle de haute technologique (cybernétique, IA, biotechnologies) profitant des récents accords avec Carnavale. Moins prestigieux que l'armement et moins intégré dans une chaîne de production local, de pôle reste cependant durablement lucratif.

Reste la question de l'approvisionnement stratégique. Le Commissariat au Commerce Extérieur a été officiellement chargé de négocier de nouveaux accords avec des pays disposants d'un environnement "favorable". Ont été mentionnés une intensification des partenariats avec les Quatre Vallées, disposant d'importantes ressources minières, et avec République Tchinouk, où la coopérative Masau Minerals devrait bientôt être en mesure de répondre à une partie des besoins de l'Union. Un compromis qui ne satisfait pas les exigences d'autarcie militaire portée par les radicaux de la convention, mais a – pour le Comité – le mérite de répondre aux besoins de l'économie confédérale sans faire imploser son unité politique.

Au fond c'est moins l'histoire d'un conflit intercommunale que d'une victoire pour le modèle communaliste. L'affaire Tepeyollototl aura été une démonstration parlante de la résilience de nos communautés locales face aux tentations planificatrices portées par les avant-gardes technocratiques ou révolutionnaire. Un petit groupe de citoyens déterminés, en utilisant intelligemment les mécanismes institutionnels, ont été en mesure de défendre leurs positions locales face à ce qui était présenté comme l'intérêt général de la Confédération. Cela étant, reste la question de savoir ce qui se passera si aucune solution facile ne se présente. Le Grand Kah a choisi la voie la plus complexe et la plus coûteuse pour rester fidèle à ses principes. C'est la preuve de sa santé idéologique. Mais la question demeure : est-ce un luxe que l'Union pourra toujours s'offrir ? Seul le diront la prochaine crise et sa résolution.
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Vibrance
Vibrations d’une société en mouvement

05/10/2018Le Festival des Anges est de retour à la maison, tout ce qu'il faut savoir sur l'édition de 2019 !


C’est le retour de l’enfant prodigue. Après une parenthèse à Chan Chimù, le plus grand marché du film au monde réinvestit sa terre natale et ses studios de légende. Entre superproductions titanesques, pépites d’auteurs, résurrection du patrimoine et fêtes débridées, l’édition 2019 s’annonce comme celle de la gloire retrouvée. Vibrance vous emmène en avant-première dans les coulisses d’une année qui promet de marquer l’histoire du 7ème art.
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La fin d’année approche et, avec elle, les grandes échéances du monde culturel kah-tanais, lequel attend avec impatience la tenue prochaine du mythique Festival des Anges. Déménagé pour quelques années à Chan Chimù, où il avait opéré un rebranding en tant que « Festival des Arts du Cinéma », le plus grand marché du film au monde est finalement retourné à sa terre natale, sans doute inspiré par la réouverture des mythiques studios de la Cité des Lumières, désormais les plus grands au monde en termes de superficie et de films tournés. C’est la renaissance d’un certain cinéma dit « Côte Est », qui avait en grande partie disparu depuis les années 90 malgré quelques efforts louables coproduits ou tournés en décors réels.

La Cité des Anges, donc, lustre ses projecteurs et prépare ses meilleures salles pour accueillir un public que l’on espère très nombreuse cette année encore. Pendant ce temps les syndicats de production préparent aussi leurs armes, car il ne fait aucun doute que la compétition sera très serrée entre les différents films entrés en compétition. Alors que les Comunets crépitent déjà de rumeurs et de supposition, les journalistes de Vibrance ont pu infiltrer les coulisses et décrypté pour vous les forces en présence. Qui va créer l'événement ? Quelles avant-premières vont définir l'année ? Et surtout, qui portera la tenue la plus radicale sur le tapis rouge ?

Comme à l’accoutumée, les films sur lesquels on dira (et écrira) le plus de choses sont les dernières créations des léviathans du cinéma. Ceux que le star power et (les budgets plus que conséquents) contribuent à mettre à part. C’est que nos Syndicats n’ont pas démérité : portés par le succès du cinéma kah-tanais à l’international, le Syndicat Audiovisuel et Cinématographique de Coa-Lan Mantchi, L’Operational Pictures et Magleandre se sont livrés une véritable guerre de moyens et d’ingéniosité, cherchant à créer l’évènement à grands coups d’œuvres monumentales.

On pense immédiatement à "L’Orbite de la Chimère", la nouvelle épopée de science-fiction du Syndicat de Coa-Lan Mantchi, qui avait déjà fait beaucoup de bruits durant sa production. C’est en effet le premier film à avoir exploité à 100% les capacités du plateau Lunaris de la Cité des Lumières. Mais la vraie curiosité, c’est le pari fou de Magleandre avec "Le Dernier Rempart". Ce film catastrophe choral a nécessité la construction (et la destruction !) d’une réplique taille réelle d’un quartier de Nayoga Lamanai. Si tout le monde a pu suivre l'explosion du budget et les conflits opposant le réalisateur à ses producteurs, le résultat à l’écran reste d’une intensité physique rarement vue, un résultat donc plus que convaincant. Enfin, Operational Pictures devrait présenter "Code : Ronin", un thriller d'espionnage international calibré avec soin, ce qui n'est pas très surprenant puis qu'il s'agit du dernier film écrit et réalisé pas le très minutieux Javier Topo. Tourné entre Heon-Kuang et l'Eurysi et mettant en scène un casting international, le film promet de remettre au goût du jour le film d'action cérébral.

Outre ces superproductions il y a aussi les auteurs les plus en vue, films d’acteurs ou de concepts qui font la réputation des productions kah-tanase ont trouvé un excellent représentant via l’éternel Ken Irobutchi. Le maître incontesté du cinéma kah-tanais revient avec "Les Silences". Loin de la fureur de ses précédents thrillers, il propose cette fois un drame intimiste en noir et blanc, filmé dans les brumes des Îles Marquises. On y retrouve sa muse, Madeleine Beech, dans un rôle de compositrice isolée qui s'annonce déjà comme une performance à prix. C’est le film que tout le monde attend pour pleurer avec élégance. Dans un registre plus solaire, on guettera "La Danse des Fluides" de Xacael Simonetti, qui délaisse le Giallo pour une romance surréaliste et colorée, hommage appuyé aux comédies musicales de l'âge d'or, mais avec cette touche d'étrangeté vénéneuse qui est sa signature.

Il y a aussi "Neon Veins" du collectif Rain Rain Rain. Projeté en séance de minuit, ce film est précédé d'une réputation sulfureuse : des spectateurs auraient quitté la salle lors des projections tests à cause de l'intensité des stroboscopes et de la bande-son industrielle signée par le groupe ExoGenesis. Neon Veins est plongée hallucinatoire dans les sous-sols d'une mégalopole anonyme. Une orgie visuelle où la danse et la violence se confondent dans les plus pures canons du genre. Pour les puristes, c'est le renouveau du néopunk, l'essence même de la vitalité kah-tanaise. Pour les critiques plus classiques, c'est une "agression sensorielle gratuite" qui prouve que le néopunk tourne en rond, et qu'il serait grand temps d'achever l'animal. Rien de nouveau sous le Soleil, donc, mais une chose est sûre : ce sera la séance où il faudra être vu, si on veut briller en société.

Mais le cinéma n’est pas qu’une histoire de moyens ou d’acteurs-star, et le cinéma d’auteur a aussi brillé cette année, notamment à travers les productions dites « intermédiaires », d’un budget de 5 et 10 millions de dev-lib, qui prouvent que l'âme du cinéma ne réside pas que dans les effets spéciaux. On pense très fort à "Petite Sœur de Béton", un drame social poignant réalisé par une jeune équipe issue de l'école de cinéma de Reaving. Le film suit le quotidien d'une fratrie qui tente de monter une pièce de théâtre dans une ville industrielle en pleine mutation. C'est brut, c'est drôle, et ça a cette sincérité désarmante qui manque parfois aux grosses machines. À surveiller aussi, "L’Injonction du Cœur", une comédie romantique qui imagine les déboires amoureux d’un mathématicien en quête de sens. C'est léger, spirituel, et ça pourrait bien être la petite pépite "feel-good" de ce festival.

Impossible d’évoquer la vitalité de nos écrans sans parler du géant de l’animation, Mad Dog. Le studio a manifestement décidé de prendre tout le monde à contre-pied avec "Le Jardin de Rouille", film très éloigné de ses anciennes production hyper vitaminées et urbaine. Le long-métrage, présenté hors-compétition, raconte l'amitié entre un robot agricole obsolète et une faune sauvage qui reprend ses droits dans un univers dépeuplé. Entièrement dessiné à la main et avec une composition musicale de Steven Mixtla, Les premiers retours parlent d'un poème visuel qui pourrait bien arracher une larme aux plus cyniques des critiques.

Enfin, n'oublions pas le cinéma du réel, qui s'offre cette année une vitrine de choix. Parmi la sélection documentaire, "Les Mains Invisibles" de la documentariste Sarah K. fait déjà figure de favori pour le Prix de l'Œil d'Or. Ce film-fleuve de deux heures, tourné sans commentaire, suit le quotidien des petites mains qui ont reconstruit, pierre par pierre, les façades historiques de la Cité des Lumières. Une œuvre austère mais lumineuse.

Au delà des classiques, le Festival ne serait pas fidèle à son esprit d'innovation sans sa section « Nouveaux Regards ». Cette année, l'effervescence se concentre autour du Pavillon X, où le collectif Synapse présente "Mémoire d'Eau", une expérience de réalité virtuelle haptique qui plonge le spectateur dans la peau d'un plongeur immergé dans les récifs de la grande barrière de corail.

Le retour au bercail du festival est aussi l’occasion de regarder en arrière. La section Héritage crée l’événement avec la projection de la version restaurée de "L’Impératrice des Ombres" (1964). Ce chef-d’œuvre du cinéma noir, dont on pensait les bobines originales perdues, a été méticuleusement reconstitué par les archivistes de la Fondation Rai Sukaretto. Revoir ce film dans la Grande Salle de la Cité des Lumières, là même où il fut tourné il y a cinquante ans, promet d’être le moment de frisson cinéphile de la semaine. Une large sélection de films de patrimoine se prolongera tout au long des dix jours de festival, piochant dans plus d'un siècle d’histoire cinéphile et rediffusant en prime quelques compétiteurs historiques.

Mais le Festival, c’est aussi (surtout ?) ce qui se passe une fois les lumières rallumées. Avec la réouverture des grands hôtels historiques de la Cité des Anges, la vie nocturne promet d'être fastueuse ! L’After-party d’ouverture, organisée par le collectif Entiado, devrait avoir lieu sur le toit du mythique Lounge Cannibale, face à l'ancien port industriel de la ville. Le dress-code, qualifié de "Futurisme Vaudou" affolerait déjà les stylistes internationaux. Des informations exclusives obtenus par Vinbrance confirment aussi la présence de Grace Techtuotl, laquelle y dévoilera une tenue conçue entièrement en fibres optiques recyclées par la jeune créatrice Éloïse Heiwa. C’est officiel : la Cité des Anges est réveillée, et se prépare de belles insomnies. Mais la magie du Festival ne se confinera évidemment pas aux salles obscures et clubs. Chaque soir, la Baie des Anges s'illuminera lors de projections géantes et en plein air qui permettront à tous les citoyens de (re)découvrir les grands classiques du cinéma mondial, les pieds dans le sable.

Reste évidemment la dernière pièce du puzzle, celle qui alimente toutes les spéculations dans les cafés de la corniche : qui pour juger cette avalanche de talents ? À l’heure où nous écrivons ces lignes, le comité de sélection garde un silence absolu sur la composition du jury et la liste des compétiteurs étrangers, entretenant un suspense savamment orchestré. Si les rumeurs vont bon train sur la venue de grands noms du cinéma d'auteur eurysien ou de la nouvelle vague de polards nazumis, une chose est certaine : l’attractivité culturelle de l’Union n’a jamais été aussi forte. Les demandes d'accréditations internationales ont explosé. Et pour cause, l’exclusivité est le maître-mot de cette édition de la renaissance. Les organisateurs nous l'ont confirmé ce matin : pas moins de 75 % des œuvres présentées, toutes sections confondues, le seront en avant-première mondiale. Un chiffre vertigineux semblant confirmer que le Festival des Anges est en proie de redevenir le point nodal du cinéma mondial.

Rendez-vous sur le tapis rouge, donc. Nous, on a déjà nos places.
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Le Regard
Le Regard, une autre vision du monde.

Le Grand Kah démantèle l'arsenal balistique de Carnavale

Dans une annonce qui pourrait marquer un tournant décisif dans le conflit d'Eurysie occidentale, la Convention Générale du Grand Kah a officialisé aujourd'hui le début du démantèlement de l'arsenal chimique carnavalais. Cette opération, initiée suite aux négociations ayant mené à la démilitarisation des Îles Marines, est présentée comme une avancée majeure rendue possible par une méthode de neutralisation inédite et une coopération étroite avec les nouvelles autorités de la Principauté.
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Si l'on se base sur le récent communiqué de la Convention Générale, les ingénieurs de l'Union du Centre de Gestion des Risques Chimiques et Bactériologiques ont mis au point un protocole sécurisé permettant de neutraliser le cœur chimique des armes balistiques qui composait jusqu'à peu la principale menace caractérisant le précédent régime carnavalais. L'opération n'aurait, selon eux, pas été possible dans ces temps sans "la précieuse assistance" de savants carnavalais ralliés au nouveau gouvernement municipal. Elle déroule dans des sites sécurisés non divulgués où ont été évacuées les armes. En effet, il a été précisé que l'ensemble des charges balistiques et chimiques identifiées avaient déjà été évacuées du champ de bataille au cours des derniers mois. Cette manœuvre d'une grande complexité logistique visait spécifiquement à prévenir tout accident chimique catastrophique en zone urbaine ou une potentielle utilisation non conventionnelle - entendre, terroriste - de ces stocks d'armes par des factions résiduelles.

Pour le Commissariats aux Affaires Extérieures, cette avancée s'inscrit dans la continuité de la politique d'interposition menée par le Grand Kah et ses partenaires régionaux depuis le déclenchement de l'opération "Aube Sereine". Après avoir sécurisé les îles périphériques et facilité la mise en place d'une mission humanitaire conjointe sur la métropole, la Confédération veut maintenant se positionner comme un acteur clé de la phase la plus délicate du désarmement : l'élimination propre des armes de destruction massive. Outre la prouesse technique, cette opération pourrait en effet avoir un rôle diplomatique important : elle prouve en effet la capacité du Grand Kah à obtenir par la coopération des résultats que des mois de campagne de bombardements intensifs n'ont à ce jour pas pu garantir entièrement. En associant directement les nouvelles instances carnavalaises au processus, l'Union semble proposer une voie de réintégration et de légitimation sur la scène internationale, ce qui contraste avec la logique punitive prévalent depuis début du conflit.

C'est dans ce même esprit que la Convention Générale a profité de cette annonce pour réitérer son souhait de voir le conflit atteindre rapidement son terme. Si le démantèlement de l'arsenal chimique est une étape cruciale, la reconstruction politique et matérielle de Carnavale reste un défi colossal qui nécessitera, selon les termes du communiqué, "une volonté commune de dialogue entre toutes les instances concernées". Pour l'Union cette opération de démantèlement est un pas essentiel sur le long chemin de la reconstruction d'une paix durable en Eurysie, d'autant plus urgent à l'heure où le Golfe des Empires s'embrase d'une nouvelle guerre.

En attendant, "si des observateurs étrangers veulent attester du démantèlement des charges chimiques", a déclaré la citoyenne Iccauthli, "ils peuvent évidemment nous contacter".
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